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  • Qu’est-ce qui pourrait enrayer la reprise économique ?

    Qu’est-ce qui pourrait enrayer la reprise économique ?

    La  reprise  économique  est  réelle.  Elle  surprend  même  par  sa  vigueur.  Le  maintien  du pouvoir  d’achat  des  ménages,  le  niveau  élevé  des  trésoreries  des  entreprises  et  le déploiement  des  plans  de  relance  favorisent  le  retour  de  la  croissance.  Si  le  contexte  en cette  fin  d’année  est  porteur,  plusieurs  facteurs  pourraient  cependant  provoquer  un déraillement  de  la  croissance  en  2022  ou  en  2023.  

    Une  croissance  vive  jusqu’en  2022

    Les  différents  instituts  de  conjoncture  économique  parient  sur  le  maintien  à  un  haut niveau  de  l’activité  jusqu’en  2022,  permettant  aux  différents  États  membres  de  l’OCDE d’effacer  la  contraction  du  deuxième  trimestre  2020. Les  indices  économiques  sont  à  des  niveaux  très  élevés,  signe que  les  dirigeants  d’entreprises  croient  en  une  forte  reprise.  Cet  optimisme  est  fondé  sur une restauration  rapide  des  profits.  Après  avoir  baissé  de  plus  de  10  %  au  sein  de  l’OCDE au  cours  de  l’année  2020,  ils  ont  retrouvé  au  premier  semestre  2021  leur  niveau  d’avant crise. 

    Le  maintien  de  taux  d’intérêt  extrêmement  faibles  contribue  à  la  profitabilité  des entreprises.  Le  taux  d’intérêt  des  obligations  d’État  de  l’OCDE  ne  dépassait  pas  0,5  %  à la  fin  du  mois  de  juin  dernier.  Les  plans  de  relance  qui  se  chiffrent  en  milliers  de  milliards de  dollars  conduisent  à  une  hausse  de  la  demande.  La  croissance  pourrait  être  soutenue dans  les  prochains  mois  par  le  déblocage  d’une  partie  de  l’épargne  «  covid  »  dont  le montant  au  niveau  de  l’OCDE  dépasserait  1  000  milliards  de  dollars.  

    Quatre  facteurs  pourraient  contrarier  ce  mouvement  de  croissance :

    – La  hausse  des  prix  des  matières  premières  et  des  coûts  des  consommations intermédiaires  ;

    –  Les difficultés  de  recrutement  des  entreprises ;

    –  Le ralentissement  de  la  croissance  chinoise ;

    –  La réduction  des  déficits  publics.

    La  hausse  des  matières  premières,  de  l’énergie  et  des  biens  intermédiaires

    Alimentée  par  les  plans  de  relance,  la  reprise  économique  mondiale  a  conduit  à  une  forte hausse  des  prix  des  matières  premières  et  de  l’énergie,  des  prix  des  semi-conducteurs ainsi  que  du  coût  du  transport  maritime.  Le  prix  des  métaux  précieux  et  des  matières premières  agricoles  était,  au  mois  de  juillet  2021,  à  un  niveau  inconnu  depuis  dix  ans. L’indice  du  coût  du  fret  a  été  multiplié  par  plus  de  deux  par  rapport  à  la  fin  2019,  celui  des semi-conducteurs  par  trois.  

    Les  entreprises  sont  confrontées  à  la  fois  à  des  hausses  de  prix  et  à  des  difficultés d’approvisionnement  (semi-conducteurs,  matériaux  de  construction,  etc.).  Si  cela  peut provoquer  des  fermetures  temporaires  d’usines  et  reporter  certains  travaux,  ces difficultés  n’ont  pas  eu,  pour  le  moment,  d’effet  majeur  sur  l’activité  et  ne  remettent  pas en  cause  les  perspectives  de  croissance  et  les  profits  des  entreprises.

    L’augmentation  des  difficultés  de  recrutement  des  entreprises  

    Les  entreprises  aux  États-Unis  comme  en  Europe  rencontrent  des  difficultés  croissantes de  recrutement.  Plus  de  la  moitié  des  entreprises  américaines  sont  dans  cette  situation.

    En  France,  le  taux  atteint  15  %  avec  une  pointe  à  40  %  pour  le  bâtiment.  Les  difficultés de  recrutement  sont  liées  à  une  inadéquation  croissante  de  l’offre  et  de  la  demande  sur le  marché  de  l’emploi.  Les  compétences  de  la  population  active  sont  de  plus  en  plus décalées  par  rapport  aux  besoins  des  entreprises.  Les  salariés  rejettent  de  plus  en  plus les  emplois  pénibles,  notamment  ceux  aux  horaires  atypiques,  ainsi  que  les  emplois  mal payés  dans  les  services.  Par  ailleurs,  le  nombre  d’ingénieurs  et  d’informaticiens  est insuffisant  pour  répondre  à  la  demande. 

    Si  les  créations  d’emploi  sont  importantes  depuis le  deuxième  trimestre  2020,  elles  sont  loin  d’avoir  permis  de  retrouver  le  taux  d’emploi d’avant-crise.  Il  y  a  toujours  un  important  déficit  d’emplois  aux  États-Unis  comme  en Europe.

    Le  ralentissement  de  la  croissance  chinoise

    Après  avoir  bénéficié  de  l’arrêt  du  monde  en  2020,  la  Chine  pourrait  connaître  une  phase de  ralentissement  de  son  activité.  Celui-ci  serait  occasionné  par  des  facteurs conjoncturels  et  structurels.  Le  niveau  d’endettement  des  collectivités  locales  chinoises pourrait  peser  sur  la  commande  publique.  Le  secteur  immobilier  pourrait  subir  un  net refroidissement  du  fait  des  pratiques  de  financement. En  outre,  la Chine  est  confrontée  à  un  rapide  vieillissement  démographique. La  faiblesse  de  la couverture  retraite  conduit  les  actifs  à  épargner  de  manière  de  plus  en  plus  importante, ce  qui  pèse  sur  la  consommation. 

    La  population  active  en  Chine  décroit  depuis  2018,  ce qui  nécessite  la  réalisation  d’importants  gains  de  productivité  avec  une  robotisation  des chaînes  de  production.  Les  dépenses  publiques  de  retraite  sont  inférieures  à  8  %  du  PIB, contre  14  %  en  France.  Les  gains  de  productivité  tendent  à  s’amoindrir  en  Chine  avec  la fin  du  rattrapage  économique,  ce qui  induit  automatiquement une  baisse  de  la  croissance. Le  Président  Xi  Jinping  entend  renforcer  le  contrôle  de  l’État  sur  les  grandes  entreprises chinoises,  notamment  celles  intervenant  dans  le  domaine  de  la  haute  technologie  et  dans le  secteur  de  l’information.  Cette  politique  pourrait  ralentir  les  investissements  et l’innovation.  

    La réduction des déficits publics.

    La  demande  mondiale  devrait  connaître  une  moindre  croissance  à  compter  de  2022  en raison  de  la  diminution  des  déficits  publics.  Aux  États-Unis,  le  déficit  public  est  censé passer  de  15  à  8  %  du  PIB  de  2021  à  2022.  Pour  la  France,  les  ratios  respectifs  sont  9 et  6  %. Pour l’ensemble  des pays de l’OCDE,  le  déficit  public  devrait  se  réduire  de  moitié.   En  l’absence  de  gains  de  productivité,  la  croissance  de  l’économie  mondiale  pourrait trouver  ses  limites  en  2023. 

    La  transition  énergétique  si  elle  favorise  l’investissement, génère  des  surcoûts  immédiats.  La  substitution  des  énergies  renouvelables  aux  énergies carbonées  ne s’effectue  pas au nom d’une rentabilité  immédiate mais au nom d’impératifs environnementaux  de  moyen  et  long  terme.  Le  défi  réside  donc  dans  la  nécessité  de trouver  des  solutions  techniques  pour  améliorer  l’efficience  économique  de  l’économie décarbonée. 

    L’économie  mondiale  reste  soutenue  par  des  politiques  monétaires expansionnistes  qui  doivent  logiquement  arriver  à  leur  terme  entre  2022  et  2023.  La hausse  des  taux  d’intérêt,  que  l’arrêt  des  rachats  des  obligations  pourrait  provoquer, pèsera  sur  la  croissance.  Néanmoins,  ces  politiques  ont  pour  conséquence  la  hausse  de la  valeur  des  actifs  (immobilier  et  actions),  hausse  en  partie  déconnectée  de  la  création de  richesses. 

    En  douze  ans,  le  prix  des  logements  a  augmenté  de  plus  de  60  %  au  sein de  l’OCDE  et  les  indices  boursiers  de  plus  de  200  %.

  • La France demande pardon aux harkis

    La France demande pardon aux harkis

    Emmanuel Macron, près de soixante ans après la guerre d’Algérie, demande « pardon au nom de la France » à ces anciens supplétifs de l’armée française et leur famille.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Bertrand Dupont, un Breton engagé au Brésil !

    Bertrand Dupont, un Breton engagé au Brésil !

    Entrepreneur, Président de l’Union des Français de l’étranger – UFE Brésil, Président de l’Association des Bretons, membre de l’Association São Paulo accueil, membre du Comité Exécutif de la Confédération Entrepreneuriale de la Communauté des Pays de Langue Portugaise CE-CPLP, Bertrand Dupont est un homme multicartes. Le fil rouge ? L’engagement pour les Français et la France ! Nous le recevons pour ce premier épisode de notre série consacrée aux responsables des associations de nos régions françaises dans le monde.

    La France au cœur

    Depuis plus de 25 ans en Amérique du Sud, après 8 ans en Argentine où il fonda sa famille, il s’installa au Brésil. Depuis 17 ans, il mène un réseau de consultance, Otimiza Brasil, qu’il mena sur le chemin de la croissance dans différents pays du continent.

    Prolongeant l’engagement familial auprès des citoyens français, naturellement il s’impliqua dans le milieu associatif auprès de l’Union des Français de l’étranger – Brésil. En 2021, il se présente aux élections consulaires sous l’étiquette « Les Républicains ». Nous en profitons pour détailler avec lui le sens de ce mandat et sa vision de la communauté française au Brésil, un pays continent.

    Bertrand Dupont avec Gérard Larcher, le président du Sénat français.

    Autre sujet que nous abordons avec Bertrand Dupont : la pandémie qui a frappé durement le Brésil. Si le Président brésilien a ses responsabilités, l’élu consulaire souligne aussi les lacunes françaises. En effet, le gouvernement français n’ayant pas envoyé de vaccins au Brésil, contrairement à 2009 lors du H1N1, nombre de nos compatriotes ont été vaccinés avec le vaccin chinois Coronavac. Ce vaccin, reconnu par l’OMS, n’est, toujours pas reconnu en France contrairement à d’autres pays comme l’Espagne par exemple. En conséquence, les Français du Brésil ne peuvent pas obtenir le passe sanitaire, ce qui est clairement une discrimination de ces Français qui n’ont fait que suivre les instructions du gouvernement français, soit de se faire vacciner localement. 

    La Bretagne en héritage

    Autre engagement de ce Français multicartes : ses racines bretonnes ! Bertrand Dupont occupe aussi les fonctions de Président de l’association « les Bretons du monde« . Par leur emplacement géographique, leur culture maritime et historique, les Français aux racines bretonnes sont présents aux quatre coins du monde. Avec d’autres, Bertrand Dupont fait la promotion des traditions bretonnes. Des évènements sont organisés mais les associations bretonnes sont aussi un réseau de solidarité, ouvert à tous les Français. Nous revenons en détail en fin de podcast sur les actions que le Président de l’association « les Bretons du monde » mène.

    Ecouter le podcast avec Bertrand Dupont

    Disponible sur toutes vos plateformes préférées

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  • Ouverture des frontières nord-américaines

    Ouverture des frontières nord-américaines

    Le Canada et les USA étaient inaccessibles aux non-résidents depuis prêt de 18 mois. Alors que le Président américain a annoncé ce 20 septembre la réouverture des frontières en novembre, le Canada accueille des touristes et des travailleurs depuis le 07 septembre. On fait le point sur l’ouverture des frontières nord-américaines.

    Le Canada ouvert depuis le 07 septembre 2021

    L’étau s’est desserré un peu plus aux frontières canadiennes. Depuis le mardi 7 septembre, tous les voyageurs internationaux entièrement vaccinés peuvent se rendre au Canada pour des raisons non essentielles comme le tourisme, y compris ceux provenant de pays où le virus se propage plus rapidement.

    Cette levée des restrictions est fondée sur les dernières données disponibles, les preuves scientifiques et la situation épidémiologique tant au Canada qu’à l’étranger, justifie le gouvernement du Canada dans un communiqué. Il précise aussi que même s’il y a actuellement une hausse des cas au Canada, la gravité de la maladie et les taux d’hospitalisation restent gérables, car les taux de vaccination continuent d’augmenter.

    Des chercheurs et des experts remettent toutefois en question ce nouvel assouplissement fédéral qui ne tient pas compte du niveau de circulation du virus à l’étranger, sauf avec l’Inde et le Maroc, pays dont les vols directs ont été temporairement suspendus par Ottawa.

    Vaccination et tests

    Les ressortissants étrangers devront fournir une preuve officielle de vaccination à la frontière. Les vaccins homologués au Canada demeurent les seuls autorisés par les agents des douanes, soit Johnson & Johnson, AstraZeneca, Moderna et Pfizer-BioNTech.

    Les voyageurs devront également présenter un résultat négatif d’un test de dépistage de la COVID-19 effectué au plus tard 72 heures avant le vol prévu ou l’arrivée au poste frontalier terrestre, ou un résultat positif à un test effectué entre 14 et 180 jours avant leur départ pour le Canada.

    Tous devront soumettre leurs preuves de vaccination au moyen de l’application ou du portail web ArriveCAN. La seconde preuve de vaccination devra être datée d’au moins 14 jours avant l’arrivée au Canada. Enfin, les passagers devront confirmer qu’ils ne souffrent pas de symptômes de la COVID-19.

    Les USA ouverts le 01 novembre 2021

    L’administration Biden a annoncé ce lundi que les passagers entièrement vaccinés pourront se rendre dans le pays à partir de novembre. Cette annonce concerne tous les voyageurs internationaux.

    Pour autant, les Etats-Unis vont exiger des tests, le port du masque et un traçage pour les voyageurs en provenance de l’étranger.

    Pressions diplomatiques

    Cela marquera la fin de l’interdiction générale de voyager imposée par Donald Trump, l’ancien Président américain, il y a 18 mois au début de la pandémie de Covid-19, interdiction maintenue par son successeur Joe Biden. Cette situation a provoqué une impatience croissante chez les Européens notamment, causant des situations personnelles et familiales douloureuses.

    En vertu de la politique actuelle, seuls les citoyens américains, leurs familles immédiates, les titulaires d’une carte verte et ceux bénéficiant d’exemptions d’intérêt national peuvent voyager aux États-Unis s’ils ont été au Royaume-Uni ou dans l’UE au cours des 14 jours précédents.

    Le changement de cap de la Maison Blanche intervient au début de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York et marque l’aboutissement de semaines d’intense diplomatie entre Washington, Londres et Bruxelles.

  • Zemmour bientôt en campagne chez les expatriés ?

    Zemmour bientôt en campagne chez les expatriés ?

    Hier éditorialiste, Éric Zemmour est désormais une personnalité politique. Le CSA l’a annoncé mercredi 8 septembre, son temps de parole sera désormais décompté. L’occasion pour Lesfrancais.press de s’intéresser à ce probable candidat à l’élection présidentielle de 2022. Quelle vision de l’expatriation ? Séduit-il chez les expatriés ? Comment ses supporters à l’étranger préparent-ils la campagne ?

    Des dîners de levées de fonds qui s’organisent

    Londres, Bruxelles, Genève : les villes incontournables pour lever des fonds sont ciblées par les partisans du candidat non-déclaré. Des établissements ont été approchés, des listes d’invités dressées, mais encore rien d’officiel. Discrètement sur le Net commencent à apparaître des groupes et des pages dédiées comme au Luxembourg, tout est (presque) prêt pour lancer la campagne. Ils n’attendent plus que le feu vert de l’équipe parisienne (cette dernière contactée ne désire pas commenter ces informations). La première date serait retenue : coup d’envoi le 01 octobre à Bruxelles.

    Mais quel sera l’accueil réservé à Eric Zemmour ? C’est ce que nous avons voulu savoir en vous posant 4 questions du 11 au 16 septembre 2021. Premier signe : vous avez été 3 fois moins nombreux qu’en moyenne à répondre à cette consultation, avec 890 participants.

    Une relation compliquée avec les expatriés

    Les rencontres entre les Français établis hors de France et Eric Zemmour sont rares. Une des dernières réunions majeures qui fut organisée, se déroula en 2014 à Londres dans le cadre de la promotion de son livre « Le Suicide français ». Si plus de 250 Français de Londres ont payé 12 livres (15,30 euros) pour participer à l’événement, l’enthousiasme fut rapidement douché. Plusieurs quiproquos surgirent très vite entre les sympathisants de droite, libéraux et ouverts sur le monde – comment ne pas l’être lorsqu’on vit à Londres ? –, et le nostalgique du gaullisme dirigiste qui magnifie, à leurs yeux, une France passéiste et étriquée. Un militant influent de la feu-UMP avait même conclu à la fin de la rencontre que « Ce n’est pas le modèle économique de la France, c’est son âme qui est atteinte. ».

    C’est d’ailleurs au cours de cette « virée » à Londres qu’Eric Zemmour signa une de ses phrases les plus polémiques. Alors qu’il désignait la féminisation de la France comme source de dégénérescence, une militante de droite lança « Pensez-vous qu’il y a trop de magistrates ? Trop de maîtresses d’école ? ». Il répondit avec malice : « Des maîtresses, il n’y en a jamais trop ! » !

    Eric Zemmour récidivera quelques mois plus tard, en janvier 2015, en Belgique cette fois, dans la fameuse librairie bruxelloise Filigranes, et au club d’affaires B19…

    Ouverture vers le monde, libéralisme, découverte de nouveaux systèmes économiques et politiques, sont des valeurs que partagent de nombreux expatriés, aux antipodes de celles dont Eric Zemmour fait la promotion. Cette fracture, nous la ressentons dans les résultats de la consultation.

    90% des expatriés connaissent Eric Zemmour

    La grande majorité des expatriés connaissent le chroniqueur politique, Eric Zemmour. Officiant sur Cnews, chaîne mal diffusée à l’étranger, ses sorties ont fait écho après des Français établis hors de France. Mais identifier la personne ne veut pas dire adhérer : 44% sont déjà opposés à lui.

    Un candidat d’extrême-droite

    Si près de 2% des répondants identifiaient Eric Zemmour à gauche, pour la majorité (51%), il est un candidat d’extrême-droite. Un courant qui n’a jamais eu de succès chez les Français de l’étranger, comme le score du FN/RN le rappelle à chaque élection. Les expatriés ne sont pas un terrain conquis d’avance pour le polémiste.

    1/4 des expatriés prêts à voter pour lui

    C’est le chiffre surprise de la consultation ! Alors que la défiance semblait être le leitmotiv des expatriés face à Eric Zemmour, ils sont plus d’un 1/4 à indiquer qu’ils voteront pour ce dernier en avril 2022 ! Un chiffre important bien supérieur à celui de Marine Le Pen ! Suffisant pour permettre aux équipes d’Eric Zemmour de conquérir le vote des Français établis hors de France ? A suivre…

    Toujours peu de mobilisation mais…

    S’ils sont 25% à se déclarer prêts à voter pour Eric Zemmour, ils ne sont plus que 15% à vouloir militer. Une mobilisation faible mais qui détonne dans le milieu des expatriés. En effet, les Français de l’Etranger sont, en général, peu engagés. Entre la distance, le manque d’informations et d’autres facteurs, ce phénomène a de multiples origines. Mais Eric Zemmour déclenche plus de passions que les autres acteurs de sa famille politique.

    Ses supporters semblent donc être dans le vrai : leur candidat pourrait faire basculer dans son camp une partie des 2 millions d’électeurs hors de France… Il ne manque plus que sa déclaration !

  • La maladie d’Alzheimer met l’Union Européenne (UE) à l’épreuve

    La maladie d’Alzheimer met l’Union Européenne (UE) à l’épreuve

    La maladie d’Alzheimer et d’autres maladies dégénératives affectent chaque individu de manière différente, mais une détection précoce est toujours la clé d’un traitement efficace.

    Selon Alzheimer’s Europe, 7,8 millions de citoyens de l’UE vivaient avec une maladie neurodégénérative en 2018, sur lesquels la maladie d’Alzheimer représente entre 60 et 80 % des cas.

    Les experts préviennent que ces chiffres devraient doubler si des mesures sérieuses ne sont pas prises pour sensibiliser les citoyens, les professionnels de la santé et les décideurs politiques.

    Dans le même temps, les critiques suggèrent que les systèmes de santé de l’UE devraient investir davantage dans les infrastructures afin de détecter la maladie le plus tôt possible.

    À l’approche de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, le 21 septembre, EURACTIV et ses partenaires publient un rapport spécial qui examine les différents défis que présente la maladie au niveau de l’UE, mais aussi en France, en Allemagne, en Italie, en République tchèque et en Slovénie.

    L’Union européenne à la traîne

    Les pays de l’Union européenne sont toujours à la traîne dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, malgré les appels lancés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à agir rapidement, et alors que le nombre de cas devrait doubler en Europe.

    Dans le même temps, le manque d’infrastructures adéquates dans les systèmes de santé nationaux de l’ensemble du bloc constitue un défi pour la mise en place de nouvelles thérapies prometteuses.

    Alzheimer Europe, une ONG qui représente les patients atteints de démence, estime qu’en 2018, 7,8 millions de citoyens européens vivaient avec une démence – deux tiers sont des femmes. La maladie d’Alzheimer (MA) représente entre 60 et 80 % de ces cas de démence.

    Pour Jean Georges, directeur exécutif d’Alzheimer Europe, ces chiffres ont augmenté notamment en raison du vieillissement de la population européenne. Et ils devraient doubler à l’avenir.

    « Sans un changement significatif dans la manière de traiter et de prévenir la maladie d’Alzheimer et les autres types de démence, nous nous attendons à ce que le nombre de personnes atteintes de démence double d’ici à 2050 pour atteindre 14,3 millions. Il devrait donc être clair qu’une action paneuropéenne urgente est nécessaire pour soutenir la recherche sur la démence et les soins », a-t-il déclaré à EURACTIV.

    Le prochain médicament

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé en juin dernier l’Aduhelm (aducanumab) pour le traitement de la MA, ciblant les premiers stades de la maladie. Son approbation a déclenché de vives réactions aux États-Unis, avec des divisions au sein même de la FDA.

    Les critiques soulignent son coût élevé, estimé à environ 48 000 euros par an.

    Le médicament a également été soumis à l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour approbation et fait l’objet de tests, désormais à la phase finale.

    Toutefois, même si ce médicament, ou une autre thérapie innovante, est approuvé, les critiques suggèrent que les systèmes de santé européens ne sont pas prêts à tirer parti de leur potentiel.

    Selon une enquête d’Alzheimer Europe menée auprès de plus de 1 400 soignants dans cinq pays européens (République tchèque, Finlande, Italie, Pays-Bas et Écosse), les retards dans le diagnostic de la maladie d’Alzheimer sont importants : cela prend en moyenne 2,1 ans pour établir un diagnostic (allant de 1,6 an pour la République tchèque et l’Italie, à 2,5 an pour l’Écosse).

    Selon M. Georges, le manque de sensibilisation des familles des patients et des professionnels de la santé, le déni et la stigmatisation perçue des personnes touchées figurent parmi les principaux obstacles. À cela s’ajoutent les problèmes d’infrastructure avec de longs délais d’attente pour accéder aux spécialistes ou aux diagnostics spécialisés, tels que les scanners cérébraux.

    « Avec les nouveaux traitements qui, espérons-le, se concentreront sur les stades précoces de la MA (par exemple, le stade de la déficience cognitive légère ou de la démence légère), ces défis seront encore importants », a souligné M. Georges.

    Les gouvernements, a-t-il ajouté, devront investir dans des campagnes de sensibilisation, dans la formation médicale des médecins généralistes et des spécialistes, tout en développant l’infrastructure spécialisée nécessaire pour que les gens puissent recevoir un diagnostic en temps voulu et aient accès aux nouveaux traitements.

    À la question d’EURACTIV de savoir si l’Europe serait prête à utiliser l’aducanumab, un porte-parole de la Commission européenne a répondu que l’exécutif n’est pas en mesure de répondre en ce qui concerne des produits particuliers, tant qu’ils font l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché.

    La maladie d’Alzheimer se développe 20 ans avant les premiers symptômes

    La Fédération européenne d’associations et d’industries pharmaceutiques (EFPIA) a indiqué dans une réponse par e-mail que les systèmes de santé de la plupart des États membres de l’UE ne sont pas préparés à l’introduction de médicaments modificateurs de la maladie.

    « Des investissements beaucoup plus conséquents sont nécessaires dans les centres de diagnostic et dans les traitements, et il faudra davantage de personnel qualifié pour diagnostiquer, traiter et suivre l’évolution des patients atteints de démence », a déclaré l’EFPIA, ajoutant qu’une attention particulière doit être accordée au dépistage des troubles cognitifs précoces et de la démence.

    Pour l’industrie pharmaceutique, l’Europe devrait également investir de manière significative dans la sensibilisation à la maladie, qui commence à se développer 20 ans avant les symptômes.

    « Le public doit prendre conscience de cet élément afin de pouvoir identifier les symptômes le plus tôt possible. Les professionnels de la santé ont également besoin d’être formés afin d’identifier la MA à des stades plus précoces ».

    L’EFPIA a déclaré qu’un leadership fort était nécessaire pour faire de la MA la prochaine priorité de la politique de santé : « Cela devrait commencer au niveau européen et se répercuter sur les systèmes de santé nationaux ».

    La société civile et le secteur pharmaceutique appellent à l’élaboration d’un plan d’action européen similaire au plan « vaincre le cancer » afin que la démence devienne une priorité dans les programmes EU4Health et Horizon Europe.

    À la question de savoir si l’exécutif envisage de faire avancer un plan européen sur la maladie d’Alzheimer, un porte-parole de la Commission européenne a répondu que l’accent était mis sur la promotion de la santé et la prévention des maladies en général, plutôt que sur des stratégies spécifiques à une maladie, en parallèle avec des efforts pour renforcer les systèmes de santé nationaux.

    « La Commission est consciente de la charge que représente la maladie d’Alzheimer pour la santé et le bien-être. Elle a adopté une approche globale pour lutter contre les maladies non transmissibles, y compris les troubles mentaux et neurologiques », a déclaré le porte-parole de la Commission.

    Se référant à la stratégie pharmaceutique de l’UE, le porte-parole a déclaré qu’elle reconnaissait que « les traitements pour les maladies importantes, comme les maladies neurodégénératives et les cancers pédiatriques par exemple, font toujours défaut ».

    « La maladie d’Alzheimer est évidemment incluse. Cela fait partie de la stratégie de réfléchir à un meilleur cadre de politique pharmaceutique pour stimuler l’innovation dans les domaines où les besoins ne sont pas satisfaits. »

    Le porte-parole a également déclaré qu’il était encore trop tôt pour dire si le programme de travail EU4Health 2022 inclurait explicitement la MA, car des discussions sont en cours avec les États membres.

    « Un avis positif au sein du comité du programme EU4Health est nécessaire pour l’adoption du programme », a déclaré le fonctionnaire de l’UE, ajoutant que la Commission devrait adopter le programme d’ici à la fin de 2021.

  • Un coup de pied au cul peut être un bon départ

    Un coup de pied au cul peut être un bon départ

    20 ans. J’étais au Pentagone, dans une petite délégation parlementaire menée par Pierre Lellouche[1], pour témoigner de la solidarité de la France après les attaques terroristes du 9/11. Depuis, les États-Unis sont entrés en guerre en Irak –comme nous l’avait annoncé Paul Wolfowitz[2] dans son bureau de Secrétaire adjoint à la défense – en Afghanistan, en Syrie.

    Si tous les cocus du monde pouvaient se donner la main

    En Irak, Chirac s’était opposé à l’engagement de la France. Elle s’est retirée d’Afghanistan avant les États-Unis, en y laissant 90 morts. En Syrie, elle a poussé pour éliminer Bachar el Assad, puis, au dernier moment, Obama a reculé. « Mon plus mauvais souvenir » confesse Jean-Yves Le Drian. En 20 ans, les États-Unis, avec Obama, Trump puis Biden, ont opéré un virage vers le Pacifique, ce qui se comprend, et témoigné pour leurs alliés, européens, kurdes, afghans ou irakiens, d’un manque total de considération.

    Le traitement de la France dans l’histoire des sous-marins australiens n’est pas différent de la façon dont l’Amérique traitera l’Allemagne, voire le Royaume-Uni. Tous les cocus du monde, et surtout les futurs cocus, ne devraient-ils pas se donner la main ?

    Il ne suffit pas de remarquer que les États-Unis se trompent quatre fois sur cinq en politique étrangère, ni de souligner maladresses et illusions françaises, il faut noter que Washington s’étonne de notre étonnement. Là est l’humiliation : comme si on n’existait plus.

    La France a-t-elle le choix d’une politique autonome ?

    Les États-Unis décident – une guerre (avec l’Irak), un retrait (de Kaboul ou de Syrie), une frappe (en Syrie ou en Iran), un arrangement (avec les Talibans ou les Australiens) – les autres n’ont qu’à suivre. Le sceau de l’alliance, ce ne sont pas les invitations au défilé, ou les conférences de l’OTAN, ce sont les commandes militaires et les échanges d’informations. Les Suisses, les Pays-Bas, les Belges, les Polonais, les Italiens  achètent américain. Et Israël ne peut alimenter son Dôme de fer qu’avec les munitions américaines (ce qui l’oblige à ne pas aller trop loin dans ses bombardements en Iran).

    Et la France a besoin de l’œil américain au Sahel (et même pour le Charles de Gaulle). Ce qui pose la question de fond : la France, au delà des coups de colère- rappeler ses ambassadeurs- ou des danses de séduction -câliner Trump le 14 juillet- a-t-elle le choix d’une politique autonome ?

    Sur qui peut-elle compter, peut-elle compter sur elle seule ? A priori la réponse est non. La France n’a pas les moyens d’une politique autonome. Il a fallu supplier les Américains de rester au Sahel. C’est la raison pour laquelle les désirs d’« autonomie stratégique  européenne » sont vus avec scepticisme en Allemagne. D’autant que personne ne comprend l’intérêt français pour les affaires du monde, notamment en Afrique, qui représente à peine 3% du commerce extérieur français. S’il s’agit d’intérêts, il faudrait accorder plus d’importance à la Suisse. S’il s’agit de sécurité, une défense coûte cher. Et puis les tropismes des différents pays d’Europe ne sont pas les mêmes : les uns sont traumatisés par la Russie, les autres par leurs crimes, les derniers par la perte de leur « rang ».

    Appuyer avec quelques forces aux endroits bien choisis

    Pourtant, on s’aperçoit que la Russie, qui n’a pas plus de moyens que la France, mène sa politique. Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas forcément brillant, mais elle compte, même en Méditerranée, même en Afrique.

    Pourtant, la Turquie, qui a encore moins de moyens que la Russie, compte aussi. A tel point qu’elle exerce son chantage à l’Union européenne, et n’est freinée que par… les États-Unis.

    Pourtant, le Qatar, boycotté par l’Arabie saoudite et ses amis, mène aussi sa politique, dans un équilibrisme aussi utile que nocif.

    Il est donc possible d’être indépendant sans être grandiloquent, ni jouer au tout-puissant. Sans donner de leçons ni hausser le ton. Sans déployer de missiles mais en s’appuyant sur quelques forces aux endroits bien choisis.

    Ce qui signifie que la France a tout à fait les moyens de mener une politique indépendante. Elle est même la mieux placée pour le faire. Tant de pays n’aiment ni les États-Unis, ni la Chine, ni la Russie… Il y a un vide stratégique planétaire, dans la désagréable confrontation sino-américaine qui s’annonce. Il suffit de regarder la déshérence diplomatique de l’Amérique latine, les hésitations de l’Inde.

    Dans ce vide stratégique, la France a les moyens d’une politique indépendante

    Certes, l’Europe devrait jouer son rôle. Ce n’est pas seulement la France qui a été écartée de la zone pacifique par le traité Aukus, qui lie désormais l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis (et qui a conduit à annuler la vente des sous-marins français à l’Australie et à vider de son sens le partenariat stratégique conclu avec elle), c’est l’Europe. Au moment même où elle sortait sa contribution stratégique sur l’Indo-pacifique. Drôle de façon que celle des Américains de vouloir impliquer les Européens dans leur conflit avec la Chine en les écartant du Pacifique.

    L’Europe préfère ne pas exister, elle suivra.

    Mais l’Europe préfère ne pas exister. La Commission essaie. L’Allemagne se tait. Les autres s’en moquent, savent qu’ils devront acheter du matériel américain, comme y ont été contraintes la Suisse neutre, la Belgique incertaine, nos voisines et amies. Quand les Américains se mettront d’accord avec les Russes pour des histoires de prix du pétrole au Texas, Polonais et Ukrainiens l’apprendront les derniers. Il y a donc un vide sur la planète que pourrait combler l’Europe, à moins que le vide ne soit l’Europe. Dans le vide, il  y a un espace à emplir.

    Il y a 20 ans, j’étais donc au Pentagone pour témoigner de la solidarité de la France. Nous étions les seuls parlementaires du monde à être spontanément montés dans un avion pour dire aux Américains : la France est là. Comme l’Amiral de Grasse dans la baie de Chesapeake ! Les Américains sont nos alliés spirituels. Parce que la France et l’Amérique ont en commun cette prétention : parler au monde entier, lui parler de liberté.

    C’est pourquoi ils se comprennent si mal : « Comment prétendent-ils parler au monde, eux qui sont le passé ? » pensent les Américains. « Comment osent-ils parler au monde, eux, qui le connaissent si peu, novices incultes ? » pensent les Français.

    Nous sommes alliés, parce qu’au fond, nous sommes les rameaux d’un même système de pensée, d’une même civilisation, d’une même prétention. Nous sommes faits de la même étrangeté : tout ce qui nous a construits vient d’ailleurs (d’Europe pour eux ; de Rome, Athènes et Jérusalem, pour nous). C’est notre capacité à embrasser le monde qui nous construit. C’est pourquoi nous en avons besoin. C’est ce qui doit fonder notre politique, et amener à dire à l’Europe qu’elle n’existera que le jour où elle comptera dans les affaires du monde.

    Construire une politique étrangère indépendante.

    La France doit s’acharner à construire une politique. Ce n’est plus le cas, ou pas encore. Elle doit doubler ses moyens d’influence. Seule une politique extérieure audacieuse, forte, cohérente, active, rayonnante, par tous les moyens – culturels, éducatifs, économiques, financiers, militaires, – peut provoquer un effet d’entrainement qui agrégera d’autres pays, et pourquoi pas, aussi, des pays européens.

    Ce n’est pas le moment de faire un bilan de la politique étrangère des dix dernières années. Soit : nulle part le compte n’y est. C’est le moment, au contraire, de se dire : le compte n’y est pas, il faut réagir, rebondir, oser, en ce domaine comme en d’autres.

    Cette histoire de sous-marins ridiculise la France, (et l’Europe), mais elle oblige tous les pays du monde (et l’Europe) à réfléchir à l’exigence d’une politique indépendante. Un coup de pied au cul peut être un bon départ. C’est donc une excellente nouvelle.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris


    [1] Conseiller diplomatique de Jacques Chirac, député, puis ministre.

    [2] Secrétaire d’Etat adjoint à la défense, puis Président de la Banque mondiale.

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    SpaceX : Les touristes sont rentrés

    SpaceX : Les quatre premiers touristes spatiaux ont regagné la terre après avoir passé trois jours en orbite autour de notre planète bleue.

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  • Bon ou mauvais, mon pays !

    Bon ou mauvais, mon pays !

    Alors que la France se remet à peine du camouflet infligé par les Etats-Unis et l’Australie (bien aidés par nos voisins d’outre-Manche) et de la perte d’un contrat signé de plusieurs dizaines de milliards qui visait à fournir des sous-marins à l’Australie, il est temps de jeter un œil aux réseaux sociaux.

    La cohorte de spécialistes frappe encore !

    Comme il est de coutume désormais, après la génération spontanée de virologues et d’épidémiologistes née avec le Covid, on a bien entendu observé une cohorte de spécialistes en contrat d’armement et en sous-marins qui nous affirmaient que c’était bien fait pour nous, que Macron avait été mauvais, que la France n’était plus respectée etc. etc.

    Tous ces gens, qui se sont gaussés de la perte de 50 milliards pour notre pays en versant dans l’antimacronisme de base ont pourtant le même passeport que moi. Ils sont Français.

    Alors si l’on peut comprendre que critiquer le gouvernement soit un sport national, que dénigrer le pays soit aussi quelque chose de très français, il y a une chose que nous, Francais de l’étranger, ne devons jamais oublier.

    C’est que lorsque la France est attaquée, trahie par ses alliés, peu importe la raison : nous devons être capable de solidarité. Et si l’on n’en est pas capables, le mieux est de s’abstenir de poster sur les réseaux sociaux car au vu de l’état des commentaires émis par nos compatriotes, aucune puissance étrangère n’a intérêt à payer des trolls pour dire du mal de notre pays : nous le faisons gratuitement !

    Trahison de nos alliés

    Je suis le premier à maudire le gouvernement parfois, mais dans un cas comme cette trahison de nos alliés, j’ai aussi tendance à penser à tous ceux qui sont des acteurs de l’influence française et qui se heurtent à armes inégales aux anglo-saxons.

    Je pense aux profs des Alliances Françaises qui jour après jour mettent en avant notre langue face au mastodonte du British Council et à de multiples acteurs anglo-saxons privés.

    Je pense aux proviseurs des lycées français AEFE et MLF, en première ligne pour perpétuer un système scolaire original face à la déferlante des acteurs promouvant la langue de Shakespeare.

    Je pense à moi, petit directeur de la petite French Arabian Business School, qui tente d’imposer notre excellence française en matière d’enseignement supérieur, et à tous ceux qui d’Abu Dhabi à Shanghai doivent contrer au quotidien les assauts de nos concurrents américains.

    Je pense évidemment à tous les représentants économiques de notre petit pays, disséminés partout dans le monde, qui se battent contre l’hégémonie pour montrer le drapeau de temps en temps…

    Oui, la France ne se limite pas à l’hexagone et à l’outre-mer. La défense des intérêts français face à une forme d’impérialisme culturel anglo-saxon est l’affaire des milliers de français, partout dans le monde.

    Ces Français se sont pris une claque avec l’affaire des sous-marins, et lorsqu’ils consultent les réseaux sociaux, qu’ils lisent cette vague de dénigrement venant de leurs compatriotes, pensez-vous vraiment qu’ils se sentent encouragés ? Pensez-vous que la prof de français à Riyad, qui vient de convaincre une gamine saoudienne d’apprendre le français et de s’imprégner de notre culture est heureuse quand des sachants lui expliquent, confortablement derrière leurs écran, que son action ne sert à rien ? Qu’elle ne sait pas s’y prendre ?

    Les anglais ont une expression, que je n’écrirais pas dans leur langue, qui dit « bon ou mauvais : mon pays ». C’est très clair : jamais il ne faut dénigrer son pays à l’étranger, même quand celui-ci se plante manifestement.

    Sans aller jusque-là, un minimum de cohésion et de sentiment patriotique devrait tous nous animer quand notre pays se trouve ainsi déshonoré. Pensez aussi à ceux qui travaillent pour la France, partout dans le monde avant de poster n’importe quoi.

    Arnaud Lacheret
    Arnaud Lacheret

    Arnaud Lacheret

    Docteur en science politique, Associate Professor à l’Arabian Gulf University de Bahreïn où il dirige la French Arabian Business School, partenaire de l’Essec dans le Golfe. Il est l’auteur de « La femme est l’avenir du Golfe » paru aux éditions Le Bord de l’Eau. Il occupa des postes de conseil auprès des élus en mairie et à l’Assemblée nationale.

  • Journées du Patrimoine : à l’étranger aussi

    Journées du Patrimoine : à l’étranger aussi

    Comme depuis 38 ans, la France fête ses monuments et son savoir-faire à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Nos ambassades sont des symboles politiques, économiques mais aussi parfois architecturaux et le reflet de la culture française aux quatre coins du monde. En plus, la France présente un réseau diplomatique parmi les plus étoffés à l’instar des Etats-Unis et de la Chine avec environ 200 postes diplomatiques (ambassades et consulats, agences consulaires). Là où la Covid-19 ne frappe pas, les diplomates ont ouvert leurs portes tout le week-end.

    Découverte de l’ambassade à Bruxelles

    Située boulevard du Régent, la Résidence de France est un hôtel particulier de style néoclassique élevé par l’architecte Jean Culot pour le vicomte Charles de Spoelberch de Lovenjoul, bibliophile passionné par le romantisme français. À sa mort, il légua sa collection de manuscrits originaux à l’Institut de France ainsi que son hôtel particulier, destiné à servir de résidence à l’Ambassadeur ou Ambassadrice de France auprès du Roi des Belges. Un jardin, créé en 1910, réaménagé en 1961 par René Pechère et en 2019 par Erik Dhont permet de rejoindre la chancellerie diplomatique dont le bâtiment a été construit en 1909 par l’architecte français Georges Chedanne.

    Cet édifice est désormais classé comme unique exemple de style Art nouveau français à Bruxelles. Inauguré en 1911, le bâtiment exalte sur sa façade les valeurs de la République française. Sous des guirlandes végétales, des personnages symbolisent la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

    La grille monumentale d’Edgar Brandt est un témoignage unique du renouveau du fer forgé caractéristique de la première décennie du XXe siècle. Ces bâtiments historiques sont les témoins et les acteurs de la diplomatie française en Belgique. Le site est ouvert le samedi 18 et le dimanche 19 septembre.

    Un classique : le Palais Farnèse à Rome

    Le public pourra visiter les salles les plus célèbres du piano nobile du Palais, et notamment découvrir la Salle d’Hercule, la Salle des Fastes Farnésiens, la Salle des Possessions Farnèse, les Camerini, la Galerie des Carrache. Comme les années précédentes, l’École française de Rome, s’associera à l’événement, en ouvrant sa bibliothèque au deuxième étage du palais.

    L’entrée gratuite, avec nombre de place limitées dans le respect des normes sanitaires, se fera exclusivement sur réservation à travers un enregistrement en ligne, obligatoire pour tous les visiteurs dont le lien sera publié dans cet article et sur la page Facebook @FranceenItalie à partir du 20 septembre à midi.

    Veuillez noter qu’il est indispensable de présenter un passe sanitaire valable et disposer d’une pièce d’identité valide, ainsi que de la réservation imprimée de la visite (avec l’heure d’entrée prévue et les noms de chaque visiteur). Dans le contexte de la crise sanitaire, il est rappelé que le port du masque restera obligatoire à l’intérieur du Palais, ainsi que l’utilisation de gels hydro-alcooliques et le respect de la distance d’un mètre entre les personnes.

    Veuillez également noter que les bagages, les sacs volumineux et les casques seront interdits. Il ne sera pas autorisé non plus d’apporter de la nourriture ou des boissons dans l’enceinte du Palais Farnèse.

    Une ambassade à l’architecture moderne à Berlin

    Depuis plus d’un siècle, la France est propriétaire d’un terrain situé sur la Pariser Platz, dominée par la silhouette de la porte de Brandebourg. C’est sur cet emplacement que se trouvait l’ancienne ambassade, depuis son acquisition en 1860 jusqu’à sa destruction en 1945 lors de la seconde guerre mondiale. La parcelle, rasée en 1959, est restée en friche pendant près d’un demi-siècle.

    La France a obtenu la restitution de son terrain après la réunification en 1990. Il était logique que, dans la perspective du transfert de la capitale fédérale de Bonn à Berlin, la France souhaite reconstruire son ambassade sur ce qui a toujours été son emplacement traditionnel, et y regrouper l’ensemble des services français appelés à s’implanter dans cette ville.

    L’Ambassade de France en Allemagne a donc été réinstallée fin septembre 2002 dans la capitale allemande, sur son site historique de la Pariser Platz, situé au cœur même de Berlin, face à la porte de Brandebourg.

    Le bâtiment de l’ambassade regroupe la chancellerie diplomatique, la section consulaire ainsi que l’ensemble des services officiels français à Berlin. A la fin des travaux en octobre 2002, les services de l’ambassade, installés jusque-là dans les locaux provisoires Kochstraße 6/7 (Kreuzberg) et à la Maison de France, Kurfürstendamm 211, ont deménagé dans le nouveau bâtiment.

    Le projet architectural a fait l’objet d’un concours. L’appel public à candidatures a été lancé en décembre 1995. Parmi les 150 candidatures reçues, le jury a retenu sept architectes et autant de bureaux d’études. En mai 1997, le jury a déclaré l’équipe conduite par M. Christian de Portzamparc, architecte-mandataire, lauréate de la consultation. La première pierre a été posée le 10 juillet 1998.

    Une visite virtuelle à Otawa disponible toute l’année

    Situé sur la Promenade Sussex, le bâtiment est un véritable trésor «Arts Déco». Il vaut aussi bien pour les tapisseries de Marcel Gromaire «Les 4 saisons» que pour la décoration murale de 120 m2 signée par Alfred Courmes, intitulée la France heureuse. Tout un programme ! Le site de l’ambassade en propose une visite virtuelle qui en dévoile certains atours.

    En France, découvrez les métiers de la diplomatie

    À l’occasion de cette 38e édition des Journées européennes du patrimoine, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ouvrira ses portes sur quatre de ses sites : l’hôtel du ministre (Quai d’Orsay) à Paris (75), les archives diplomatiques à La Courneuve (93), le jardin du château de La Celle-Saint-Cloud (78) et le centre des archives diplomatiques à Nantes (44).

    Lors de ces journées, le public pourra découvrir le travail des agents du ministère, notamment du Centre de crise et de soutien, des cartographes et des conservateurs des archives. A quelques mois de la présidence française de l’Union européenne, l’Europe sera mise à l’honneur avec une programmation spéciale. Pour vous éviter une trop longue attente, le ministère a mis en place un système de réservation en ligne. Rien de plus simple : il vous suffit de choisir votre heure d’arrivée et de vous inscrire avec votre nom. Vous recevrez ensuite un mail de confirmation avec votre invitation à présenter à l’entrée.