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  • Le commerce extérieur, une ardente obligation pour la France

    Le commerce extérieur, une ardente obligation pour la France

    En France, la tentation protectionniste est prégnante. Le commerce extérieur est perçu comme une contrainte et non comme un atout pour la croissance.

    La théorie des avantages comparatifs de Ricardo, en vertu de laquelle chaque pays trouve avantage de se spécialiser dans les domaines où il est le moins mauvais, est étrangère à l’esprit français. L’Etat a toujours été un régulateur et un acteur des échanges internationaux que ce soit par la création de compagnies nationales sous Colbert, l’adoption de tarifs douaniers dissuasifs ou par son interventionnisme avec la négociation de grands contrats.

    La vision française du commerce extérieur demeure mercantiliste

    Les échanges avec l’étranger ne sont pas appréciés comme un moyen d’accroître la croissance et de réaliser des gains de productivité, mais comme un moyen d’équilibrer des importations, d’augmenter le stock de devises. Dans le passé, il y avait deux moyens pour trouver les ressources qui manquaient : les importations payées en or et la conquête ou le pillage de territoires extérieurs.

    La population française est dans sa globalité assez averse aux échanges internationaux. Les fondements sont multiples : la crainte des destructions d’emplois, celle de la perte de souveraineté et, depuis peu, la défense de l’environnement. La mondialisation est accusée de tous les maux et notamment d’avoir entraîné le déclin de l’industrie française. Plusieurs études ont eu beau souligner que le lien n’était pas évident, la corrélation est admise de toutes et de tous. Les succès allemands en matière de commerce extérieur ne sont pas recevables.

    Le rejet du commerce mondial est avant tout un aveu de faiblesse, un manque de confiance collectif et une certaine forme de nationalisme. Le déficit commercial de plus de 80 milliards d’euros en 2021, la diminution de ses parts de marché et le déclin du poids de son industrie semblent prouver l’incapacité du pays à faire face à la concurrence internationale.

    L’érosion commerciale du pays repose sur de multiples facteurs : le mauvais positionnement de ses productions, trop gamme moyenne et pas assez haut de gamme, la sous-capitalisation de ses entreprises, la faiblesse de la formation, le poids des prélèvements sur les entreprises, etc. Se résigner, refuser la concurrence, amène inéluctablement la décadence. Aucune fatalité en la matière n’existe comme le soulignent les succès récents de la Chine ou de la Corée du Sud.

    Le savoir-faire et la tradition

    Par ailleurs, des secteurs comme le luxe prouvent que des entreprises françaises exploitent parfaitement la théorie des avantages comparatifs en jouant le haut de gamme, le savoir-faire et la tradition. L’aéronautique avec Airbus ou Dassault constitue la preuve qu’en visant l’excellence les résultats sont au rendez-vous. Compte tenu des coûts de production, des besoins sociaux du pays, le choix pour la France est assez simple ; elle ne peut que se spécialiser dans les productions de pointe. Tout choix inverse serait une régression en termes de croissance et de pouvoir d’achat pour les ménages. Les échanges extérieurs permettent une amélioration du niveau de vie de part et d’autre. Depuis une trentaine d’années, des centaines de millions d’habitants issus de pays dits émergents ont intégré la classe moyenne. Contrairement à quelques idées reçues, les classes moyennes des pays occidentaux ont continué à améliorer leur situation malgré la mondialisation, grâce notamment à la baisse des prix générée par les échanges.

    Devanture boutique Christian Dior à Bruxelles

    Souverainisme économique

    Avec la crise sanitaire, le souverainisme économique est redevenu un thème porteur. Les Etats sont appelés à rapatrier les productions dites sensibles sur leur territoire. Le problème est de déterminer la liste des produits dits sensibles. Tout peut être jugé essentiel à un moment ou un autre. Le prix à payer risque d’être élevé avec, à la clef, un affaiblissement de la croissance mondiale. Le sujet n’est pas le souverainisme pour le souverainisme mais la dépendance à un seul fournisseur, c’est le respect des règles fixées par la communauté internationale au niveau des échanges.

    Par ailleurs, il ne faudrait pas que la transition énergétique serve à un regain de protectionnisme. La fixation de normes visant à protéger l’environnement peut se comprendre mais exclure des échanges des pays en développement générera de la pauvreté et de l’instabilité. Punir les pays pauvres qui ont une faible responsabilité dans les émissions des gaz à effet de serre passées serait une réelle injustice. Après la Seconde Guerre mondiale, grâce aux accords du GATT, les alliés ont réussi à éliminer de nombreux obstacles aux échanges internationaux. Il y avait la volonté tout à la fois de favoriser la croissance et d’éviter par les échanges la réédition de conflits dévastateurs. Cette libéralisation a été un des moteurs clefs des Trente Glorieuses. Malgré de nombreuses réticences, la France en avait accepté les règles. Le Général de Gaulle a même agréé le marché commun européen, sachant que la place de la France dans le concert des nations dépendait de sa puissance économique. En 2022, le choix du commerce international et de l’ouverture sur l’extérieur demeure une ardente obligation pour garantir à la population française des emplois de qualité et bien rémunérés.

  • La proposition de loi pour l’éducation à l’étranger de Samantha Cazebonne

    La proposition de loi pour l’éducation à l’étranger de Samantha Cazebonne

    Dans un podcast avec Lesfrancais.press, la sénatrice LREM Samantha Cazebonne revient sur sa proposition de loi visant à faire évoluer la gouvernance de l’AEFE, votée à l’unanimité le 16 février à l’Assemblée nationale. 

    L’ancienne députée des Français de la Vème circonscription à l’étranger, est entrée en fonction au poste de sénatrice le 1er octobre dernier. Membre de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, elle vient de porter une proposition de loi “visant à faire évoluer la gouvernance de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et à créer les instituts régionaux de formation”. Voté à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 16 février dernier – seuls 38 députés étaient présents dans l’hémicycle – le texte est aujourd’hui en attente d’être promulgué dans le Journal Officiel. 

    Une proposition de loi qui voit plus loin que la crise sanitaire

    Après deux années de crise sanitaire intense, la situation à l’air de tendre vers l’amélioration à travers le monde. La sénatrice inscrit donc sa proposition de loi dans une visée de reprise et non plus de réponse à la pandémie. Effectivement, d’après elle, la crise a été gérée « comme il se doit” par le gouvernement grâce à des dispositifs élaborés en fonction des établissements français à l’étranger. D’une part, certains ont reçu des aides de subventions afin d’aménager les écoles, acheter du matériel informatique, former du personnel ou encore aider les élèves en difficulté. Par ailleurs, des aides aux familles françaises et étrangères ont également été apportées. 

    Ainsi, si “le temps de crise” est en train  de se refermer, nous entrons maintenant dans “le temps du développement”. Celui-ci s’inscrit dans l’objectif présidentiel de voir doubler les effectifs du réseau à l’horizon 2030, soutenu par Samantha Cazebonne. 

    Les instituts régionaux de formation

    L’année 2022 va voir naître seize instituts régionaux de formation (IRF). Il devrait s’agir de “nouvelles structures qui renforcent quantitativement et qualitativement la formation au bénéfice de tous les personnels de l’ensemble du réseau scolaire mondial”, d’après le site de l’AEFE. Autrement dit, des organismes gérés par l’AEFE afin de former et certifier de nouveaux professeurs pour le réseau à l’étranger. Les futurs enseignants seront encadrés par les professeurs expatriés, c’est-à-dire, des éducateurs mandatés par l’Éducation nationale le temps de leur mission. 

    Samantha Cazebonne lors de l’inauguration du Lycée français de Panama en présence d’O. Brochet, directeur de l’AEFE

    La plus forte représentativité des parents d’élèves 

    Dans son texte de loi, l’ancienne députée des Français de l’étranger a également octroyé un plus grand nombre de fauteuils au Conseil d’administration de l’AEFE, aux fédérations de parents d’élèves. Jusqu’ici, ils en avaient deux sur vingt-six, alors qu’ils financent le réseau à hauteur de 60%. 

    Si la décision a été mal accueillie par les syndicats de professeurs, qui voient leur part de représentativité baisser de fait, la sénatrice se défend en disant avoir rétabli une forme d’équilibre et explique que les représentants de parents auront ainsi quatre sièges et les enseignants conserveront leurs cinq sièges.

    Par ailleurs, bien que les fédérations de parents d’élèves voient leur nombre de sièges rééquilibrés au nombre de quatre, et que chacune d’entre elles à sa place lorsqu’elle est représentative, Samantha Cazebonne ne pense pas qu’à ce stade l’UNAPE aura l’opportunité d’en posséder un. D’après elle, si la fédération se développe à l’international et en dehors du réseau espagnol et marocain, il n’y a aucune raison qu’elle n’ait pas la possibilité de siéger. Elle précise, cependant, que la décision ne lui revient pas. 

    La promotion des homologations dans le réseau 

    Le thème de la prise en compte des promoteurs privés, tels qu’Odyssey, dans le réseau éducatif français à l’étranger, est source de tensions entre les différents groupes politiques. En effet, EELV et les syndicats de professeurs notamment, s’inquiètent de voir le réseau avancer vers une privatisation du réseau à défaut de l’opérateur public. Pour la parlementaire, il n’en est rien. Elle s’agace d’ailleurs de la façon dont la majorité présidentielle est accusée à tort, sachant que “cela fait près de quinze ans que ce réseau est essentiellement développé par des opérateurs privés”. 

    “Penser qu’aujourd’hui, seule l’école publique à la française a vocation à développer le réseau relève de l’idéologie”. 

    Samantha Cazebonne, sénatrice LREM, dans le podcast accordé à Lesfrancais.press

    Programme présidentiel pour l’éducation française à l’étranger

    Bien que le groupe LREM n’ait pas encore présenté son candidat officiel à l’élection présidentielle, des ébauches de programme commencent à s’écrire. Samantha Cazebonne sera d’ailleurs chargée de la campagne avec le ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Elle compte donc porter et défendre des propositions “ambitieuses” pour rendre le tissu éducatif français à l’étranger plus accessible à tous.  

    Écoutez le podcast avec Samantha Cazebonne

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  • Perdre le Donbass et sauver l’Ukraine

    Perdre le Donbass et sauver l’Ukraine

    Poutine a reconnu les Républiques séparatistes du Donbass et de Lougansk. Il a pris, en fait, ce qu’il avait déjà. Ceux qui voient en Poutine un stratège et déplorent la « gifle «  reçue par les Occidentaux, les prend pour des maîtres du monde ou ne se fient qu’aux apparences.

    Un accord tacite 

    Tout se passe comme si, en réalité, les Occidentaux avaient laissé Poutine reconnaitre ces Républiques sous perfusion russe depuis 2014 afin d’éviter une guerre stupide. Un des éléments qui laisse penser qu’il existe un accord tacite préalable, non dit, est la faiblesse des réactions américaines : interdire tout investissement et commerce américain avec ces deux entités. On aimerait savoir quel était le montant des investissements américains depuis sept ans, et même depuis un siècle… Quant aux sanctions européennes, elles doivent être suffisantes pour montrer à l’opinion que l’on réagit, mais pas trop fortes pour ne pas se sanctionner soi-même.

    Personne ne tient à mourir pour la Donbass, pas même les Ukrainiens. 

    Alors, dira-t-on : Poutine a gagné. Qu’est ce qu’il a gagné ? Sa grande stratégie serait de reconstituer un périmètre de sécurité qui tend à rejoindre les frontières de l’ancienne URSS. Avec la Crimée et le Donbass, il grignote. A ce rythme, rien à craindre, il lui faudrait quelques millénaires. Il a surtout perdu totalement le reste de l’Ukraine, qui, il y a peu, était gouvernée par ses amis et ses copains oligarques. Il récupère des régions qu’il contrôlait déjà, des fiefs pro russes peuplés par des Russes, des provinces pauvres, qui coûtent, comme la Crimée, et n’ont d’intérêt stratégique pour personne. C’est pourquoi personne ne tient à mourir pour la Donbass, pas même les Ukrainiens.

    Ukrainian service members are seen on the front line near the city of Novoluhanske in the Donetsk region, Ukraine February 20, 2022. REUTERS/Gleb Garanich

    Certains regrettent l’absence d’une « Europe puissance », appuyé par des chars. C’est une vue de l’esprit. Même avec la puissance de feu américaine, l’Europe unie n’aurait rien fait, comme les Américains. Risquer une guerre pour le Donbass ? Même pour l’Ukraine ? On n’est plus au 18ème siècle. Il faut être géostratégiquement arriéré pour voir au Donbass un gain de « puissance ».

    Biden n’a aucune raison d’être mécontent 

    Géopolitiquement, Poutine a réussi à redonner vie à l’OTAN, hier en « mort cérébrale», dont plus personne aujourd’hui ne conteste l’utilité. Les Etats-Unis peuvent lui dire merci, et, malgré les apparences, Biden n’a aucune raison d’être mécontent. C’est pourquoi il a agité la menace russe « hystériquement », et ressoude ses alliés autour de lui. Désormais, la Suède et la Finlande se demandent s’ils ne vont pas adhérer à l’Otan et l’Ukraine va s’armer, s’armer encore, avec le soutien américain et européen. Quant à la Géorgie, qui a déjà été amputée de deux provinces rebelles, comme l’Ukraine, -ce qui ne dérange personne-, elle est chauffée à blanc contre les Russes. 

    L’Europe a-t-elle été bafouée, humiliée, ridiculisée ? Pour le croire, il faut oublier la géographie et l’histoire, et croire que l’Europe aurait eu envie, plus encore que les Etats-Unis, de mourir pour le Donbass. Avant-hier, l’empire soviétique tenait Prague, Berlin, Varsovie et Budapest. Hier encore la Russie comptait en Serbie et contrôlait l’Ukraine. Aujourd’hui, les Balkans et l’Ukraine se veulent européens. Demain, si l’Ukraine suit la trajectoire économique de la Pologne avec l’aide de l’Union européenne, beaucoup de Russes regretteront de ne pas être ukrainiens… L’Europe s’étend, l’influence russe diminue.

    Elle ne peut que diminuer puisque son économie sera de plus en plus celle d’un Etat gazier, pétrolier, caractéristique des pays en voie de développement. Privée de liens fiables et forts avec l’Europe, son partenaire naturel, la Russie est devenue redevable géopolitiquement à la Chine, et le sera peut-être économiquement. C’est une mauvaise nouvelle pour les Européens, mais c’est surtout une mauvaise nouvelle pour les Russes. Un beau gâchis, qui ne date pas d’hier.

    La liste des traités et engagements internationaux foulés aux pieds est impressionnante  

    Enfin, le plus important dans cette histoire de reconnaissance des républiques pro russes, est évidemment le coup porté au droit international. Poutine a non seulement manqué à sa parole, mais il a aussi renié sa signature, et celles de ses prédécesseurs, y compris ceux de l’URSS. La liste des traités et engagements internationaux foulés au pieds est impressionnante : Charte des Nations-Unies, Acte final d’Helsinki, Statuts de l’Osce, adhésion au Conseil de l’Europe, Acte constitutif de la Communauté des Etats indépendants (1991), qui installèrent les relations entre les Etats issus de l’ex-Urss, Mémorandum de Budapest (1994), qui définissait les relations entre la nouvelle Russie et la nouvelle Ukraine, avec une reconnaissance mutuelle des frontières, Accord d’amitié Russie-Ukraine de 1997, enfin les accords de Minsk de 2015, sans parler des Constitutions de l’Ukraine et de la Crimée. Difficile ensuite, pour les voisins de la Russie, de penser que la signature d’un traité avec elle sera respectée. La Russie a pris l’habitude de se comporter en Etat voyou, avec des assassinats politiques, des cyberattaques, du racket d’entreprises par pirates interposés, des achats d’influences, des manipulations dans les élections des pays étrangers, et le viol manifeste de ses engagements internationaux.

    L’Ukraine rejoint l’Occident, le Donbass la Russie. Qui y gagne ?

    Difficile de considérer qu’en se comportant de la sorte la Russie gagne quoi que ce soit, sur le long terme. C’est malheureux pour elle, mais aussi pour l’Europe, qui aurait au contraire besoin d’une relation apaisée, une relation de confiance avec son voisin le plus important. Confiance ? On en est loin. Les gagnants du moment dans cette histoire, ce sont les Américains et les Chinois.

    A plus long terme, ce sont peut-être, malgré les apparences, les Ukrainiens : avec le sacrifice des deux provinces rebelles, qui suit celui de la Crimée, ils évitent la guerre, sans doute définitivement (dans six mois ils seront armés), ils sont enfin indépendants. La pression russe, longtemps intérieure, est limitée. C’est pourquoi il est vraisemblable, malgré les cris et les protestations, que la décision de Poutine soit le résultat d’un accord tacite : L’Ukraine rejoint l’Occident, le Donbass la Russie. Qui y gagne ? 

  • Ukraine : la reconnaissance des régions séparatistes par Vladimir Poutine pousse l’UE à adopter des sanctions

    Ukraine : la reconnaissance des régions séparatistes par Vladimir Poutine pousse l’UE à adopter des sanctions

    La reconnaissance par le Président russe Vladimir Poutine des Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, ce lundi 21 février, devrait contraindre l’Union Européenne à accélérer sa décision d’imposer des sanctions à Moscou.

    Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réunissaient à Bruxelles, M. Poutine a présidé une réunion soigneusement mise en scène de son puissant Conseil de sécurité nationale au cours de laquelle de hauts responsables de l’administration ont demandé à Moscou de reconnaître l’indépendance des deux régions ukrainiennes contrôlées par les rebelles.

    « Ceux qui ont choisi la voie de la violence, de l’effusion de sang et de l’anarchie n’ont pas reconnu et ne reconnaissent pas d’autre solution au problème du Donbas que la voie militaire », a déclaré M. Poutine dans une allocution télévisée, après avoir discouru pendant près d’une heure.

    « C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire de prendre la décision, attendue depuis longtemps, de reconnaître sans délai l’indépendance et la souveraineté de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk », a-t-il déclaré.

    Kiev peut maintenant soit accepter la perte d’une énorme partie du territoire, soit risquer d’être entraînée dans une escalade militaire avec son voisin beaucoup plus puissant, qui aurait massé près de 190  000 soldats à ses frontières selon les responsables occidentaux.

    Ces derniers jours, ceux-ci ont averti que les dirigeants séparatistes avaient entrepris des opérations « sous faux drapeau », cherchant apparemment à créer un prétexte pour une intervention militaire russe en Ukraine.

    Les autorités séparatistes ont également lancé une évacuation de civils à grande échelle, affirmant qu’il y aurait une attaque imminente des forces armées ukrainiennes.

    Le Président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a nié à plusieurs reprises ces allégations et a déclaré que ses forces avaient reçu l’ordre de rester calmes.

    cracked concrete wall with painted eu, russia and ukraine flags ©Stock Adobe

    Des sanctions, mais quand ?

    La décision russe met l’UE au pied du mur et l’oblige à mettre à exécution ses menaces de sanctions.

    Avant l’annonce de Poutine, Josep Borrell, le chef de la diplomatie du bloc, avait confié aux journalistes dans la matinée que, si nécessaire, il convoquerait une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UE pour « présenter les sanctions au moment opportun », lesquelles pourraient ensuite recevoir le feu vert politique et être approuvées via la phase écrite de la procédure d’imposition de sanctions.

    Selon un diplomate européen, l’un des scénarios envisagés était de savoir si les États membres décideraient d’imposer des sanctions à la Russie si celle-ci venait à reconnaître les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk dans l’est de l’Ukraine.

    « S’il y a annexion, il y aura des sanctions, et s’il y a reconnaissance, je mettrai les sanctions sur la table et les ministres décideront », a déclaré M. Borrell aux journalistes après la réunion des ministres des Affaires étrangères du bloc à Bruxelles qui a duré près de dix heures.

    « Nous appelons le Président Vladimir Poutine à respecter le droit international (…) Nous sommes prêts à riposter en faisant un front uni et fort au cas où il déciderait d’ignorer ces appels », a annoncé M. Borrell aux journalistes.

    La décision de la Russie a annulé de facto les accords de paix de Minsk de 2015, qui visaient à résoudre le conflit entre la Russie et l’Ukraine, et a torpillé une tentative de dernière minute de l’Occident d’organiser un sommet pour éviter la guerre.

    Au cours des derniers mois, l’UE s’est employée à dresser une liste de sanctions en représailles à une éventuelle agression militaire de Moscou, sans pour autant divulguer trop de détails sur son contenu, tandis que le seuil de déclenchement de ces mesures punitives restait à déterminer.

    Selon plusieurs diplomates européens, une « grande majorité » s’est dégagée lundi en faveur de « sanctions claires et rapides », tandis qu’une poignée seulement est restée du côté de la prudence pour « attendre et voir ce que M. Poutine fera ».

    Dans une déclaration en réaction à cette reconnaissance russe de Donetsk et de Louhansk, les dirigeants de l’UE ont déclaré que le bloc répondrait par des sanctions « contre ceux qui sont impliqués dans cet acte illégal ».

    Toutefois, cela suggérerait des sanctions individuelles et ciblées plutôt que de mettre en œuvre le paquet de sanctions en tant que tel, ce qui risque de ne pas être bien accueilli par les fervents partisans d’une réponse plus ferme à l’égard de Moscou.

    L’Ukraine et l’Europe de l’Est font pression

    Les États-Unis et leurs alliés européens ont déclaré que toute attaque déclencherait des sanctions sévères à l’encontre de Moscou, mais Kiev souhaite que celles-ci soient imposées dès à présent. C’est en tout cas ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, à Bruxelles plus tôt dans la journée de lundi.

    « Nous attendons que des décisions soient prises », a déclaré M. Kuleba aux journalistes dans la matinée.

    « Nous pensons qu’il y a des motifs valables et légitimes pour imposer au moins certaines sanctions dès maintenant afin de démontrer que l’UE ne se contente pas de parler de sanctions, mais qu’elle joint également le geste à la parole », a-t-il ajouté.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE et ses partenaires réagiraient « avec unité, fermeté et détermination », mais que la décision finale revenait aux États membres.

    La Lettonie et la Lituanie ont soutenu la demande d’imposer immédiatement certaines sanctions prévues à l’encontre de la Russie pour « montrer que l’UE réagit », contrairement à la majorité des États membres de l’UE.

    Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a estimé que l’UE « devrait envisager plus qu’une simple invasion » pour déclencher des sanctions, car l’Ukraine subit déjà des conséquences économiques et autres du renforcement militaire russe à ses frontières.

    « Certaines choses ont déjà commencé, elles entraînent déjà un coût, et elles devraient justifier une réponse », a expliqué M. Lansbergis aux journalistes à Bruxelles.

    Un fonctionnaire de l’UE a confié à EURACTIV que « nous sommes maintenant dans une période exceptionnelle et les exceptions à la procédure habituelle sont toujours possibles — à condition que les États membres en conviennent [à l’unanimité], ils peuvent proposer des solutions nouvelles, flexibles et innovantes [à condition que le traité le permette] afin que les sanctions soient adoptées rapidement ».

    Au-delà des sanctions contre la Russie, la Lituanie a également appelé l’UE à imposer des sanctions supplémentaires à la Biélorussie pour avoir accueilli des troupes russes sur son territoire, suggérant que de telles mesures pourraient cibler les exportations de pétrole et de potasse et ainsi combler les failles dans les sanctions qu’elle a déjà imposées à l’encontre de Minsk.

    « Nous devons être très clairs sur le coût du renforcement actuel pour la Biélorussie », a expliqué M. Landsbergis aux journalistes à Bruxelles.

  • Présidentielle et discours xénophobes

    Présidentielle et discours xénophobes

    Chrysoula Zacharopoulou, députée européenne du groupe Renew, se confie sur les propos blessants de certains discours de la campagne présidentielle. 

    La gynécologue de formation et coprésidente du mécanisme Covax a passé un tiers de sa vie en Grèce, un autre en Italie et le dernier en France. Invitée sur le plateau de TV5MONDE, elle se désole des discours xénophobes entendus en France en cette période électorale. Elle revient d’ailleurs sur l’expression “Français de papiers” tenue par la candidate LR Valérie Pécresse lors d’un meeting au Zénith de Paris le 13 février. 

    Elle se dit “très fière d’être Française” et se sent citoyenne de l’hexagone car elle porte en elle les valeurs du pays et les défend. L’eurodéputée entend donc continuer à combattre les discours divisionnaires et haineux qui ne “sont pas à la hauteur de ce pays”. 

    Valérie Pécresse en meeting – ©AFP-Fred MARVAUX

    Un reportage de TV5MONDE 

  • La BCE prépare son changement de cap monétaire

    La BCE prépare son changement de cap monétaire

    Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui ne sont pas les défenseurs les plus zélés de l’orthodoxie monétaire ont, cette semaine, appelé à la fin des achats nets d’obligations dans le cadre du programme d’achats d’actifs (APP – asset purchase programme). Ils justifient leur position par la nouvelle hausse record de l’inflation en janvier et par la baisse du chômage qui a atteint son plus bas niveau historique de 7 % dans la zone euro.

    Isabel Schnabel a déclaré que « le risque d’agir trop tard a augmenté ». Lancé en 2015 pour éviter la déflation, le programme d’achats avait été arrêté en 2018 avant d’être repris avant même la crise sanitaire, à la fin de l’année 2019, dans un climat économique morose. Le taux d’inflation stagnait alors autour de 1,2 %. François Villeroy de Galhau dans un discours à la London School of Economics a indiqué qu’il fallait désormais faire redescendre l’inflation vers la cible de 2 %. Il a déclaré qu’il « n’y a plus vraiment de raison aujourd’hui d’appuyer sur la pédale d’accélérateur en augmentant notre stock d’actifs ». Il a ajouté également que « maintenir sans limitation les achats nets d’actifs jusqu’à octobre ne semble pas approprié, car cela nous lie les mains trop longtemps ». Le gouverneur de la Banque de France propose de renforcer le rythme de réduction des achats annoncé lors de la réunion de décembre.

    À l’époque, pour atténuer les effets de la fin du programme spécial pandémie (PEPP), il avait été prévu une augmentation temporaire de l’enveloppe de l’APP en mars, puis une diminution progressive chaque trimestre. Il recommande de procéder à des ajustements tous les deux mois, voire tous les mois, afin d’arriver à un arrêt des acquisitions nettes « au cours du troisième trimestre ».

    François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

    Hausse des taux d’intérêts

    La perspective d’une fin des achats de l’APP a provoqué une hausse des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud. Le taux italien à 10 ans a atteint, mercredi, 2 %, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis mai 2020. Le pays est l’un des premiers bénéficiaires du soutien de la Banque centrale. Isabelle Schnabel n’a, par ailleurs, pas exclu une remontée des taux directeurs de la Banque centrale d’ici la fin de l’année tout en temporisant. Elle a précisé que la remontée des taux pourrait survenir à la fin du processus d’arrêt des rachats nets d’actifs. François Villeroy de Galhau propose de supprimer cette indication temporelle pour offrir plus de souplesse à la BCE afin notamment de prendre en compte l’évolution des perspectives économiques à l’automne.

  • Ukraine : les Français hésitent

    Ukraine : les Français hésitent

    Alors que la tension et l’incertitude sont à leur comble à la frontière ukrainienne, le gouvernement français appelle désormais tous ses ressortissants à quitter l’Ukraine. Le ministère des Affaires étrangères appelle ceux se trouvant dans les zones les plus exposées au risque de guerre dans l’est du pays à s’en éloigner « sans délai ».

    https://twitter.com/FranceenUkraine/status/1495070240677453825?s=20&t=DAKLqhAHmGAj7LuT5dwzuA

    Négociations diplomatiques

    Alors qu’un sommet entre les présidents américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine sur l’Ukraine est « possible », signe d’une accalmie, les Français sur place hésitent. Conscients que les clés sont dans les mains du maître du Kremlin, l’inquiétude grandit. Cependant la présidence française déclare, après une série d’échanges entre Emmanuel Macron et ses deux homologues, qu’« Il est possible aujourd’hui d’aller vers un sommet, de réunir les parties prenantes », certains Français sur place veulent y croire.

    Transport difficile

    De toute façon, ont-ils réellement le choix ? La compagnie aérienne Air France a annoncé la décision de mettre fin à ses rotations hebdomadaires dès ce lundi 21 février, « au regard de la situation sur place et à titre conservatoire ». Dans un communiqué, elle ajoute qu’elle « réévaluera régulièrement la situation et rappelle que la sécurité et sûreté des vols, de ses clients ainsi que de ses équipages, est un impératif absolu ». Jusqu’à présent, Air France assurait deux rotations par semaine entre Paris et Kiev, le mardi et le dimanche. La compagnie néerlandaise KLM, qui appartient à la même alliance, a de son côté suspendu jusqu’à nouvel ordre tous les vols dans l’espace aérien ukrainien depuis le 12 février. 

    Les compagnies allemandes, américaines ou du golfe ont déjà pris de telles mesures depuis la semaine dernière. Si les expatriés veulent quitter l’Ukraine, il ne reste que la route.

    Plan d’évacuation

    En cas de début réel des hostilités, soit une invasion massive du pays par les Russes, la France a prévu un plan d’évacuation qui peut être déclenché en quelques heures. Ce départ se ferait par la route, en convoi. Par précaution et anticipation, l’ambassadeur de France à Kiev a demandé aux Français sur place de préparer leurs papiers, de faire des réserves d’eau, de nourriture, et de faire un plein de carburant en cas de départ précipité.

    Frontière entre l’Ukraine et la Russie (côté ukrainien) ©AFP

    Si l’ambassadeur donne l’ordre d’évacuation, les îlotiers préviendront les familles dont ils sont responsables. Ils se retrouveront en un point donné, et rejoindront le convoi de l’ambassade afin de quitter le territoire ukrainien sous protection militaire française.

    Des départs anticipés

    On le voit, certains, désirent tenter l’aventure et restent donc sur place. En grande majorité, ce sont des hommes seuls. Du côté des familles, profitant de l’avancée des vacances scolaires dans les établissements français du pays, les retours ont été nombreux ce week-end.

    Lycée français Anne-de-Kiev

    Ainsi un professeur d’une école française avait prévu de partir en vacances ce dimanche. En attendant le vol, il comptait les heures avant le décollage.

    « Je peux affirmer que certains amis, plus sereins que moi, commencent un petit peu à paniquer« 

    Professeur dans une école française voulant garder l’anonymat

    Ainsi ces derniers jours à l’aéroport de Kiev, on pouvait croiser des Français qui quittaient déjà le pays, avec le sentiment d’une guerre toute proche. 

  • Voyage en France ? Quelles règles selon votre pays de départ ?

    Voyage en France ? Quelles règles selon votre pays de départ ?

    La situation continue de s’améliorer. Les règles imposées par les autorités françaises pour les voyages depuis l’étranger diffèrent en fonction de la couleur du pays d’origine, classées vert ou orange. Le rouge n’est toujours pas revenu sur la carte, c’est la bonne nouvelle. Et même ce 15 février 2022, de nombreux pays sont passés en vert, à l’image du Maroc, de l’île Maurice ou de Cuba.

    Circulation du virus en baisse sur la planète

    Vous le savez, les autorités françaises mettent à jour régulièrement leurs recommandations de voyage depuis et vers les pays étrangers. En vigueur depuis le 9 juin, la classification par couleur des pays du monde dépend du niveau de circulation du virus et de la présence de variants de la Covid-19. Initialement composée de trois puis quatre couleurs, elle n’en figure depuis le 4 février plus que deux : vert, le niveau le plus favorable, et orange, le plus défavorable. Classification confirmée par une nouvelle mise à jour, le 16 février 2022, accompagnée d’allègements des restrictions pour le retour en France.

    En provenance d’un pays vert

    La situation sur place selon le gouvernement : «pays ou territoires connaissant une circulation négligeable ou modérée du virus, en l’absence de variant préoccupant émergent».

    Pays concernés au 16 février 2022 : les pays de l’espace européen (27 États membres + Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Saint-Marin, Suisse et Vatican), auxquels s’ajoutent l’Arabie saoudite, le Bahreïn, Cap Vert, le Cambodge, la Colombie, la Corée du Sud, la Côte d’Ivoire, Cuba, l’Équateur, les Émirats arabes unis, le Gabon, le Ghana, la Guinée, la Guinée équatoriale, la Guinée Bissau, le Honduras, Hong Kong, les Îles Fidji, l’Île Maurice, les Îles Samoa, l’Indonésie, le Japon, le Koweït, le Laos, le Maroc, la Mauritanie, le Népal, le Nicaragua, la Nouvelle-Zélande, l’Ouganda, le Qatar, le Rwanda, le Sénégal, le Sri Lanka, Taïwan, la Tanzanie, le Tchad, le Togo, le Vanuatu, le Venezuela et le Vietnam.

    En provenance d’un pays orange

    La situation sur place selon le gouvernement : «pays ou territoires connaissant une circulation active du virus, en l’absence de variant préoccupant émergent et ne présentant pas d’échappement vaccinal ou immunitaire».

    Pays concernés au 16 février : tous les pays n’étant pas inclus dans les listes des pays «verts». Par exemple, en Europe, le Royaume-Uni et les pays des Balkans comme la Bosnie- Herzégovine ou l’Albanie. La Turquie et les États-Unis en font partie.

    Attention au retour

    A priori, voyager vers la France ne comprend donc rien de bien compliqué. Sauf que, et c’est là que le bât blesse, chaque État reste libre d’imposer des mesures supplémentaires aux voyageurs, comme des tests, des quarantaines, voire une pure et simple interdiction d’accès. Classé en «vert» par le gouvernement et l’Europe, le Japon n’accepte pas, par exemple, la venue des touristes étrangers, dont les Français, les résidents légaux eux peuvent rentrer dans le pays mais doivent justifier de motifs impérieux pour sortir de l’archipel. Et il y a presque autant de règles que de pays…

  • La décarbonation de l’énergie en Europe est en marche

    La décarbonation de l’énergie en Europe est en marche

    Au sein de l’Union européenne, en 2020, les combustibles fossiles représentaient 70 % de l’énergie brute disponible. Ce pourcentage a diminué de 13 points au cours des vingt dernières années en lien avec la montée en puissance des énergies renouvelables.

    En 2020, Malte (97 %) était l’État membre de l’Union avec la part la plus élevée de combustibles fossiles dans l’énergie brute disponible, suivi des Pays-Bas (90 %) et de Chypre (89 %). La plupart des autres États membres avaient des parts comprises entre 60 % et 85 %. Seuls la Suède (31 %), la Finlande (41 %), la France (48 %), la Lettonie (57 %) et le Danemark (59 %) avaient des parts inférieures à 60 %.

    Au cours de la dernière décennie, tous les États membres de l’Union ont enregistré une diminution de leur part de combustibles fossiles dans l’énergie brute disponible. La plus forte baisse a été mesurée en Estonie (de 91 % en 2010 à 66 % en 2020), suivie du Danemark (de 81 % à 59 %) et de la Finlande (de 57 % à 41 %). En revanche, la plus faible baisse a été mesurée en Belgique (de 78 % à 76 %), suivie de l’Allemagne (de 81 % à 78 %) et de Malte (de 100 % à 97 %).

    Une pompe à chaleur

    Les énergies renouvelables représentent 23 % de l’énergie totale utilisée pour le chauffage et la climatisation

    En 2020, les énergies renouvelables représentaient 23 % de l’énergie totale utilisée pour le chauffage et la climatisation au sein de l’Union européenne. Ce ratio était de 12 % en 2004. Cette croissance est similaire à celle observée pour la part globale des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie au sein de l’Union. Cette part est, en effet passée de 10 % en 2004 à 22 % en 2020.

    L’évolution du secteur industriel, des services et des ménages (dont l’électrification du chauffage par l’utilisation de pompes à chaleur) a contribué à la croissance des énergies renouvelables dans le chauffage et le refroidissement. Les sources d’énergie renouvelables utilisées pour le chauffage et le refroidissement comprennent le solaire thermique, la géothermie, la chaleur ambiante captée par les pompes à chaleur, les biocarburants solides, liquides et gazeux et la part renouvelable des déchets.

    Parmi les États membres, la Suède arrive en tête pour l’utilisation des énergies renouvelables pour le chauffage et la climatisation, avec un ratio de 66 % en 2020 (principalement la biomasse et les pompes à chaleur). L’Estonie et la Finlande (chacun 58 %), la Lettonie (57 %), le Danemark (51 %) et la Lituanie (50 %) suivent avec plus de la moitié de l’énergie utilisée à ces fins provenant d’énergies renouvelables. La France avec un taux de 23 % se situe dans la moyenne européenne. En revanche, en Irlande (6 %), aux Pays-Bas et en Belgique (8 % chacun), les sources renouvelables ont le moins contribué au chauffage et à la climatisation.

  • Le Parlement européen adopte la directive « Eurovignette » 

    Le Parlement européen adopte la directive « Eurovignette » 

    Les révisions controversées des règles de l’UE relatives aux péages routiers ont été adoptées par le Parlement européen jeudi (17 février), franchissant ainsi le dernier obstacle dans cette véritable odyssée législative qui avait débuté en 2017.

    Les nouvelles règles adoptées devraient grandement profiter aux opérateurs de poids lourds fonctionnant à l’hydrogène et à l’aide de batteries électriques, qui bénéficieront d’importantes réductions au niveau des péages. Elles devraient également mettre fin, pour la plupart, aux redevances basées sur la durée au profit de tarifs calculés sur base de la distance.

    Les règles du compromis, élaborées à la suite de négociations en trilogue entre le Parlement et les gouvernements du bloc en juin dernier, ont été vivement contestées par une alliance peu commune du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit et des Verts, qui s’opposaient tous deux à ce qu’ils considèrent comme des failles trop importantes dans le texte.

    Toutefois, le soutien du groupe centriste Renew Europe et du groupe de centre-gauche des Socialistes & Démocrates (S&D) a permis à la législation d’obtenir le feu vert lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Les États membres ont maintenant deux ans pour transposer ces dispositions dans leur droit national.

    La directive « Eurovignette » avait été présentée par la Commission européenne en mai 2017 dans le cadre de son premier « paquet mobilité », visant à rendre les règles relatives à la taxation des poids lourds plus cohérentes et plus respectueuses de l’environnement.

    En vertu de ces nouvelles règles, les redevances routières pour les camions circulant sur les principales artères d’Europe passeront pour la plupart d’une tarification basée sur la durée à une tarification basée sur le nombre de kilomètres réellement parcourus d’ici 2030.

    Le passage à un système de tarification basé sur la distance, plus précis, a pour but de mieux inscrire le principe de « pollueur-payeur » dans la législation européenne.

    Néanmoins, la règle n’est pas exhaustive : les États membres peuvent conserver l’ancien système basé sur la durée, celui de la « vignette », pour certaines sections de la route s’ils peuvent prouver que son abandon entraînerait une baisse importante des rentrées d’argent. Les États membres qui choisissent de faire payer les véhicules plus légers, tels que les voitures de particuliers et les camionnettes, peuvent également choisir d’appliquer une vignette basée sur le temps.

    Les États membres seront tenus de fixer des tarifs de redevance routière différents en fonction des émissions de CO2 pour les camions et les bus, et en fonction des performances environnementales pour les camionnettes et les minibus à partir de 2026.

    Les transporteurs routiers utilisant des camions écologiques peuvent s’attendre à bénéficier d’une réduction de 50 % sur les péages routiers d’ici mai 2023 – une incitation financière considérable étant donné que les péages peuvent coûter jusqu’à 25 000 euros par an par camion.

    La contribution des poids lourds à la pollution atmosphérique sera également facturée dans le cadre de cet accord révisé. Cependant, les États membres peuvent demander une exemption à la Commission européenne si l’inclusion de ces véhicules entraîne une déviation importante du trafic avec des conséquences négatives.

    Au cours des négociations, le rapporteur du Parlement sur le sujet, Giuseppe Ferrandino du groupe S&D, a fait pression pour que les recettes des péages soient affectées au financement de mesures en faveur de la mobilité verte.

    Bien que le texte final comprenne une disposition relative à l’affectation des taxes aux infrastructures de transport alternatives, elle ne s’applique qu’aux taxes sur les embouteillages, dont l’application n’est pas obligatoire pour les États membres, ainsi qu’aux marges réalisées par les péages.

    Les gouvernements ont toutefois accepté de rendre compte publiquement des sommes perçues sur leur territoire et également de montrer la manière dont ces recettes sont dépensées. Cette obligation de transparence deviendra obligatoire trois ans après l’entrée en vigueur de la règle.

    Afin de s’assurer que les voyageurs qui utilisent les routes peu fréquemment – comme les touristes – ne se voient pas imposer une taxe exorbitante lorsqu’ils traversent un pays, le législateur a également plafonné le prix des vignettes que les voitures de particuliers peuvent se voir imposer.

    « Une révolution copernicienne »

    Le groupe S&D n’a pas tari d’éloges quant à la directive, saluant la législation comme « une révolution copernicienne dans le réseau de transport transeuropéen ».

    « L’élimination de la vignette pour les véhicules lourds permettra d’uniformiser un système qui est actuellement beaucoup trop fragmenté. Nous encouragerons le monde du transport à utiliser des véhicules plus propres », a déclaré l’eurodéputé Giuseppe Ferrandino dans un communiqué.

    L’eurodéputé bulgare Petar Vitanov (S&D) a salué l’adoption comme une avancée vers « un transport routier durable et plus équitable ».

    « Ce cadre [de tarification routière] est l’un des principaux instruments du Pacte vert européen et constituera un tournant dans la décarbonation du transport routier », a-t-il déclaré.

    L’ONG Transport & Environment (T&E), spécialisée dans la mobilité propre, s’est montrée tout aussi enthousiaste, qualifiant la législation de « tournant décisif pour le camionnage vert », qui se montrera bénéfique pour le climat dans les années à venir.

    Giuseppe Ferrandino, eurodéputé italien du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates

    Un véritable « Far West »

    Cependant, la liste des dérogations accompagnant ces règles a rendu furieux les législateurs d’autres groupes politiques.

    L’une des critiques les plus virulentes du texte, l’Autrichienne Barbara Thaler (PPE), a prévenu que la directive créerait « une situation de “Far West” sur nos routes ».

    Selon l’eurodéputée chrétienne-démocrate, le texte permettrait en réalité aux gouvernements successifs de passer outre les règles.

    Qualifiant la législation de « bâclée », Mme Thaler a affirmé qu’elle « conduirait à une fragmentation complète du marché routier intérieur, donnant aux États membres la possibilité de modifier leur système selon leurs préférences après chaque élection ».

    « Les redevances d’infrastructure, les redevances environnementales et les redevances sur le CO2 : tout peut être adapté et modifié, partout et à tout moment. Tout serait possible, de la quasi-absence de péage à une tarification excessive », a-t-elle estimé.

    Les Verts ont également fait part de leur mécontentement vis-à-vis de la législation, affirmant que les dérogations impliquent que la loi ignore largement le principe du pollueur-payeur.

    « La réforme se contente de dérogations et de failles et fait obstacle à l’élan dont a besoin de toute urgence le virage dans le secteur des transports, et elle cimente la concurrence déloyale entre les différents modes de transport », a déclaré la législatrice écologiste Anna Deparnay-Grunenberg.

    L’industrie du fret routier a également critiqué la législation. L’Union internationale des transports routiers (IRU), une organisation mondiale représentant les exploitants d’autobus, d’autocars, de taxis et de camions, a averti que les nouvelles règles imposeraient des coûts supplémentaires aux transporteurs, ce qui pourrait faire augmenter le coût des produits transportés par la route.