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  • les Français de Russie et les sanctions ? Rencontre avec l’élu consulaire

    les Français de Russie et les sanctions ? Rencontre avec l’élu consulaire

    Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les Occidentaux ont, pour l’heure, brandi la carte des sanctions économiques. Le gel des avoirs financiers russes et l’exclusion de certaines banques du pays du système de transactions internationales Swift devraient déstabiliser l’économie nationale. La dernière salve de sanctions décidée samedi soir par l’UE devrait perturber fortement le fonctionnement de l’économie russe. Autre série de mesures qui vont avoir un lourd impact : la fermeture des espaces aériens. L’Union européenne a fermé le ciel des 27 pays aux compagnies russes comme le Japon et d’autres pays de la planète, en retour Vladimir Poutine a fermé l’espace russe à ces pays. Les Français de Russie se retrouvent donc théoriquement isolés en Russie et sans accès à d’autres fonds que ceux détenus sur place en roubles.

    Des solutions existent et la communauté française comme le consulat se mobilisent ce lundi matin pour apporter des réponses aux Français installés sur place et à ceux de passage. Ces derniers doivent quitter le pays « sans délai » comme l’a demandé le Quai d’Orsay hier soir. Nous recevons dans ce podcast Franck Ferrari, le nouvel élu du Conseil consulaire des Français de Russie issu des élections de mai 2021.

    En fin d’article, vous trouverez, en complément, le témoignage de Julien lors de l’émission des expatriés sur Stéréochic.fr, ce lundi 28 février 2022. Ce jeune Français est expatrié à Oufa, une ville de l’Ouest de la Russie. Située à une centaine de kilomètres des monts Oural, elle est la capitale et la plus grande ville de la République fédérée à la Russie de Bachkirie. Julien était parti de France en V.I.E. dans une société française qui fabrique du fromage sur place. Depuis il est ingénieur dans cette usine où un CDI lui a été offert après son V.I.E., il y réside désormais et ne compte pas rentrer à ce jour.

    Ambassade/Consulat de France à Moscou ©AFP

    Un Français du bout au monde

    Franck Ferrari est né à Nouméa (Polynésie française) en 1972, Corse d’origine, il a commencé sa vie d’adulte à Paris où il rencontre sa future épouse, russe. Marié et papa de deux filles, il vit depuis dix ans à Moscou. Professeur de Technologie au LFM et élu au Conseil d’établissement du Lycée depuis 2021, il est très investi dans les différentes missions pédagogiques ou institutionnelles. Membre du parti Les Républicains, il est un des 3 élus représentant la communauté française en Russie.

    « On a du mal à réaliser »

    Avec Franck Ferrari, nous découvrons les conséquences des mesures prises par les occidentaux. Comme nous, en Russie, la population et la communauté française découvrent et tentent d’imaginer les conséquences. Sollicités par les Français sur place, l’élu partage avec nous les difficultés pour trouver les informations pour répondre aux 45000 de nos concitoyens répartis sur le territoire russe (essentiellement à Moscou, St Petersbourg et proches de l’usine Renault du pays).

    Un vent de panique à relativiser

    Dimanche soir, le Quai d’Orsay a demandé aux Français de passage de quitter le territoire russe. Les expatriés n’étaient pas concernés à l’inverse de ceux en Biélorussie. Cependant, l’information partielle a provoqué un vent de panique parmi les Français de Russie. Le consulat et les élus se sont retrouvés confrontés à une explosion des demandes de visas pour les conjoints, à un assaut des expatriés sur les dernières places d’avions disponibles.

    L’occasion pour Franck Ferrari de rappeler qu’il existe encore des solutions. En effet, on peut encore utiliser, pour partir ou revenir, les lignes aériennes suisses (attention la Suisse vient d’annoncer qu’elle va reprendre les mesures européennes), serbes et des émirats ou turques. Des lignes qui risquent de disparaitre à leur tour face aux risques de pénuries de pièces détachées qui immobiliseraient les avions sur le territoire russe.

    Un avenir incertain

    Alors que les décisions ont été prises en pleines vacances scolaires, la question du retour se pose. Les écoles françaises vont-elles rouvrir ? Les professeurs comme les familles ont-ils envie de revenir ?

    Du côté des entreprises, la situation est gérée au cas par cas. Selon la taille de l’entreprise et son activité dans le pays, les expatriés sont mutés dans d’autres pays ou rapatriés en France.

    A ces problèmes de mobilité s’ajoutent ceux liés à l’exclusion du Swift. Si actuellement les plus grands établissements ne sont pas déconnectés du système international, qu’en sera-t-il demain ? Déjà dès ce lundi 28 février, il n’est plus possible de récupérer des devises étrangères.

    Cette vague de sanctions inédites complètent celles toujours en vigueur depuis 2014. Les commerçants français sur place vont devoir continuer à faire preuve d’imagination car les produits français ne re circuleront pas rapidement dans la Grande Russie. Et pourtant, les clients sont toujours là, comme nous l’explique l’élu consulaire, aucune animosité envers les Français n’a été rapportée à l’inverse des précédents conflits sous Nicolas Sarkozy ou François Hollande.

    Ecoutez le Podcast avec Franck Ferrari

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    BONUS STEREOCHIC – La Radio des expatriés

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  • Les cryptoactifs séduisent les Français 

    Les cryptoactifs séduisent les Français 

    Une majorité de Français (77 %) a déjà entendu parler des cryptos. Ce résultat provient du sondage réalisé par KPMG/Ipsos, du mois de décembre 2021, pour l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan). 15% des sondés connaîtraient par ailleurs les NFT (jetons non fongibles). Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en septembre 2021, 11% des Français estimaient que le bitcoin était un placement rentable contre 2% en 2019. La forte appréciation du bitcoin et sa notoriété croissante ont contribué à cette évolution. 

    Plus de cryptoactifs que d’actionnaires en France

    Aux États-Unis, 11% de la population auraient acquis des cryptoactifs. En France, en 2021, 8 % des Français ont déclaré avoir déjà investi dans les cryptos, selon le sondage précité réalisé par KPMG. Ils n’étaient que 3 % en 2020. 

    Les détenteurs de cryptoactifs seraient ainsi plus nombreux que les détenteurs d’actions en direct (6,7 % des Français, selon l’Autorité des marchés financiers). Les Français qui sont réticents à prendre des risques avec des actions le seraient moins à l’encontre des cryptoactifs.

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    Une affaire de jeunes de moins de 35 ans. 

    La «cryptomania » est une affaire de jeunes de moins de 35 ans. Selon l’enquête du cercle de l’Épargne, 22 % des 25/34 ans jugent cet actif particulièrement rentable, contre seulement 3 % des plus de 65 ans. Parmi les 8 % de détenteurs de cryptoactifs, en France, 61 % se sont lancés il y a moins de trois ans, notamment pendant le premier confinement de 2020. 

    Ce sont les indépendants qui sont les plus susceptibles d’investir dans le bitcoin et autres cryptoactifs. Ils sont 37 % à juger ce placement rentable.

  • Nord Stream 2 est mort et enterré

    Nord Stream 2 est mort et enterré

    Lors d’une conférence en ligne sur le projet gazier Nord Stream 2 organisée par EURACTIV Bulgarie jeudi 24 février, un panel d’experts a partagé ses points de vue sur la situation actuelle en Ukraine, le besoin de sécurité énergétique et l’éventail de sanctions qui convient à l’intensité de la crise en cours.

    Nord Stream 2 et sécurité énergétique

    Organisée à un moment où la certification du gazoduc controversé était toujours en cours, la conférence, intitulée « Nord Stream 2 » — pas une monnaie d’échange », s’est concentrée sur le tableau général de l’affrontement géopolitique avec la Russie.

    Même si le gazoduc Nord Stream 2, d’une valeur de 11 milliards de dollars, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, est terminé et prêt à être mis en service, les experts sont unanimes : le projet n’a pas d’avenir.

    « Nord Stream 2 est mort et enterré », a déclaré Andrius Kubilius, eurodéputé lituanien et membre de la commission des affaires étrangères. « Je ne vois pas comment il pourrait être redémarré. Peut-être si la Russie devenait démocratique, mais pour l’instant, je soutiens la décision du chancelier Scholz de l’arrêter », a-t-il ajouté.

    M. Kubilius a en outre exhorté l’UE à « résoudre » son problème de sécurité énergétique. « 40 % du marché européen du gaz est approvisionné par la Russie et plus de 50 % du marché allemand de l’énergie est approvisionné par Gazprom. Ce n’est pas une question de monopole, c’est une question de sécurité géopolitique pour l’Allemagne et l’Europe et la possibilité pour nous de prendre des décisions indépendantes », a déclaré M. Kubilius.

    Il a également souligné, avec Aura Sabadus, auteure à l’Independent Commodity Intelligence Services (ICIS), le besoin tout aussi urgent pour l’Europe de pouvoir inverser les flux de gaz dans les gazoducs existants entre la Grèce et l’Ukraine afin d’assurer l’approvisionnement du pays.

    Toutefois, lors d’une séquence sur l’indépendance gazière européenne, Ilian Vassilev, ancien ambassadeur bulgare en Russie et expert en politique étrangère, est resté optimiste en évoquant les alternatives au gaz russe.

    « Il y a deux semaines, les Russes ont réduit de moitié leur production de gaz en trois jours », a déclaré Vassilev. « Les gens ont pensé que c’était la fin. Mais non. Nous avons obtenu du GNL des États-Unis et non seulement cela a suffi à équilibrer la demande, mais les prix ont baissé ».

    Il a ajouté que l’invasion de l’Ukraine n’était que le premier coup dans le jeu de Poutine et que son impact sur le secteur énergétique restait à voir.

    Implantation prévue du gazoduc Nord Stream 2 ©AFP

    Condamnation de l’attaque russe

    Lors d’une émouvante intervention en direct de Kiev, Svitlana Zalishchuk, conseillère Affaires internationales de Naftogaz Ukraine, a décrit la situation sur le terrain, appelant la communauté internationale à ouvrir les yeux sur la gravité de la situation.

    « Je ne peux pas appeler cela une guerre contre l’Ukraine. C’est une guerre contre le monde démocratique et le monde occidental », a déclaré Mme Zalishchuk, ajoutant que « ce n’est pas seulement à l’armée ukrainienne et au peuple ukrainien de combattre. C’est à la communauté internationale ».

    Mme Zalishchuk a ensuite été contrainte de quitter la conférence en ligne en raison d’appels à l’évacuation lancés par les autorités ukrainiennes.

    M. Kubilius a qualifié les attaques russes contre l’Ukraine de « crime international » et a exhorté les États membres de l’UE à soutenir l’Ukraine comme l’a fait son pays, en fournissant des fonds et des équipements militaires.

    Mme Sabadus, a quant à elle regretté que les avertissements répétés d’une invasion russe n’aient été suivis d’aucune action concrète. « Personne n’a écouté », a-t-elle déclaré, ajoutant que « c’est le moment où l’Occident doit se réveiller ».

    Mme Sabadus s’est toutefois félicitée de la démission de responsables européens de conseils d’administration d’entreprises russes, comme l’ancien Premier ministre Matteo Renzi qui a quitté Delimobil, le plus grand service de covoiturage de Russie, et l’ancien Premier ministre finlandais Esko Aho qui a démissionné de son poste à la Sberbank.

    Le monde selon Poutine

    Interrogés leur avis sur les projets de M. Poutine pour l’Ukraine, les membres du panel ont exprimé des points de vue très similaires.

    « Vladimir Poutine veut reconstruire une sorte d’Empire russe », a déclaré Mme Zalishchuk. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’une sorte de « guerre coloniale » menée sur la base de fausses revendications historiques, en utilisant un « faux narratif » et en formulant de « fausses demandes ».

    Selon l’ancien Premier ministre lituanien Kubilius, la situation en Ukraine est la « guerre d’un homme fou » que la Russie finira par perdre.

    M. Vassilev, pour sa part, a dressé un tableau plus sombre. « Il faut s’attendre au pire, il faut s’attendre à tout. Parce qu’il a franchi le Rubicon. Il n’y a pas de retour possible pour lui », a-t-il déclaré en parlant du président russe. Il a ajouté que les contrats n’ont pas d’importance pour M. Poutine puisqu’il n’a pas respecté les accords de Budapest (sur la dé-nucléarisation post-soviétique de l’Ukraine) ni les accords de Minsk (sur le Donbass).

    « Tout nouvel accord que [Poutine] signerait ne signifierait rien tant qu’il est au pouvoir », a-t-il conclu.

    Selon M. Vassilev, le président russe essaiera de « prendre tout ce qu’il peut » et d’obtenir une nouvelle conférence de Yalta avec des sphères d’influences définies.

    « Il est dangereux car il a cette obsession d’être le prochain Alexandre Nevsky qui restaurera la fierté de l’empire russe. Aucun sacrifice n’est assez grand pour lui ». Alexandre Nevsky est considéré comme une figure clé de la Russie médiévale.

    Sanctions

    Face aux événements en cours en Ukraine, le panel d’experts qui a participé à la conférence a convenu que des sanctions sévères devaient être prises pour dissuader la Russie de nouvelles agressions.

    Mme Zalishchuk a plaidé en faveur de sanctions sévères contre le Belarus et d’un isolement total de l’État russe sur la scène internationale.

    « De lourdes restrictions doivent être mises en œuvre, notamment sur les équipements technologiques et sur l’électronique », a déclaré Mme Zalishchuk de Naftogaz. « Je m’attends à un ensemble de sanctions dévastatrices, contre Poutine, contre son entourage, contre ses enfants et ses proches », a-t-il ajouté.

    Cette opinion est partagée par Mme Abadus de l’ICIS. « Les sanctions les plus importantes seraient celles dirigées contre les oligarques de M. Poutine et, bien sûr, contre M. Poutine lui-même », a-t-elle déclaré, ajoutant que « la Russie devrait être complètement exclue du système de paiement SWIFT ».

    Toutefois, M. Vassilev a préconisé une approche plus prudente, notant que l’UE est encore largement dépendante du gaz russe. Si les sanctions sont nécessaires, il a déclaré qu’elles doivent être pensées intelligemment.

    « Vous pourriez exclure les banques russes et les communautés financières russes de SWIFT, mais ensuite vous devez toujours payer le gaz. C’est donc délicat, si vous commencez à faire une exception, cette faille sera utilisée pour créer d’autres exceptions », a déclaré M. Vassilev.

  • Guerre à la guerre

    Guerre à la guerre

    Le courage : plus de 650 scientifiques russes ont signé une pétition contre la guerre en Ukraine. 1800 manifestants ont été arrêtés à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Les civils ukrainiens portent des kalachnikovs, le Président ukrainien et son prédécesseur appellent à la résistance. 

    La saloperie : Kadyrov, le tyranneau tchétchène, s’est porté volontaire pour nettoyer l’Ukraine ; Bachar Al Assad, Maduro, Loukachenko, le Kazakhstan, la Chine, l’Iran, le Pakistan, Nicaragua, Cuba, ouvertement ou discrètement, soutiennent la Russie. Une coalition se forge, réunissant les despotes de tout bord et de toute religion, unis par la haine de la démocratie, maladie occidentale, maladie contagieuse.

    La crainte de Poutine : être victime d’une révolution démocratique en Russie

    L’Ukraine ne menaçait en rien la Russie. Ceux qui trouvaient toutes les excuses du monde au gentil Poutine contre Otan le méchant n’ont pas compris que la crainte de Poutine était plus profonde : être victime d’une révolution démocratique en Russie. L’Ukraine était encore, en 2014, avec Ianoukovytch, un satellite russe. Ce dernier avait effacé la « Révolution orange » de 2004. Les oligarques ukrainiens versaient leur dime au Kremlin. Puis il y eut la révolte de Maïdan. Déjà, Ianoukovytch n’hésitait pas à « tirer sur la foule », comme le recommande encore Tokaïev, le nouveau satrape kazakh. Mais l’attrait de l’Occident et de la démocratie fut trop fort. L’Ukraine s’échappa du contrôle russe, les oligarques du clan de « Donetsk » durent fuir. En représailles, Poutine prenait la Crimée et armait les séparatistes du Donetsk.

    La démocratie est contagieuse. L’an dernier, en Biélorussie aussi, il fallut tuer. Comme au Kazakhstan. Poutine se sent menacé par un Navalny, fait exécuter ou emprisonner des opposants, disparaitre des journalistes. Certes, il n’est pas le seul. Ailleurs, le risque de contagion est moins grand. Ce qu’il craint, ce ne sont pas les missiles de l’Otan, ce sont les Russes. Et s’ils se mettaient à aimer la démocratie comme des Ukrainiens ? A lui préférer un comédien ? Depuis des années, il se donne un mal de chien pour la singer, éloge du vice à la vertu. Quels sont les Russes qui y croient ? Ils ne voient rien pour le remplacer, il élimine toute possibilité de l’être.

    Le PIB de la Russie a chuté en dix ans

    Avant l’invasion de la Crimée, le PIB de la Russie dépassait les 2200 milliards de dollars par an. Il avoisine aujourd’hui 1500 milliards de dollars. Quelle puissance ! Le niveau de vie stagne. La population diminue. Le PIB par habitant est de 57% de celui des Grecs. Avec l’invasion de l’Ukraine, la valeur de l’Euro a été multipliée par quatre à Saint Petersbourg, la bourse de Moscou a chuté de 45%. 

    Campagne à 80km de Moscou ©AFP

    Les sanctions économiques, ça marche, pourrait-on dire. Huit ans après la Crimée, la Russie envahit l’Ukraine : les sanctions, ça ne marche pas. Tout simplement parce que les dictateurs ne sont pas atteints, ni eux, ni ceux qui les soutiennent. Au contraire, ils profitent d’une économie de pénurie pour organiser la contrebande et vendre des passe-droits. En Iran, les sanctions ont fait la fortune des Gardiens de la Révolution. Frapper Poutine, Lavrov et les députés de la Douma est symbolique, révèle leur richesse. Poutine n’accumule pas des fortunes pour en jouir. Il jouit du pouvoir absolu dans son périmètre, cela flatte son ego jusqu’à la démesure. Il n’a besoin d’argent, comme tous les dictateurs, que pour acheter les amitiés et les consciences. Un tyran se doit d’être généreux. C’est pourquoi dans tous les régimes de force, policiers et militaires sont riches : Algérie, Egypte, Pakistan, Birmanie, etc.

    La première réaction est financière

    Comment arrêter Poutine ? Américains et Européens se resserrent autour de l’Otan. Leur première réaction est financière. D’abord parce que le nerf de la guerre, c’est l’argent (mais seulement à long terme, une fois l’Ukraine étouffée). Ensuite parce que c’est la logique même de l’Occident : l’économie gouverne tout. Et  son erreur : l’idéologie gouverne plus que l’économie, vieux débat ! Enfin parce que l’Occident vit dans la paix, surtout l’Europe, ce qui explique que l’Europe n’est pas prête et n’a pas son mot à dire dans une confrontation de « force ». Alors revient l’Otan et la nécessité d’une Europe militairement consistante et unie. L’Europe de la défense prendrait-elle du galon ? Seulement avec l’accord des Américains.

    Un récent rapport parlementaire montre que l’armée française n’est pas prête à un conflit de longue durée. C’est embêtant puisque c’est la première armée européenne. « Dans un conflit de haute intensité, l’Armée de l’air n’aurait plus d’avions en dix jours et vraisemblablement plus de missiles au bout de deux jours ».

    Les budgets militaires européens vont augmenter

    Les budgets militaires vont donc augmenter. Il faudra du temps, mais cette augmentation – avec une coordination souhaitable – constituera une force bien plus importante que les forces russes. Déjà, les budgets militaires européens sont bien plus élevés que ceux de la Russie. Et puis ? Qui serait prêt à employer la force contre la Russie? Quand Jean-Yves Le Drian rappelle, face à la menace nucléaire de Poutine, que « l’OTAN aussi est une alliance nucléaire », ne frole-t-on pas l’inconscience ?

    Désormais, chaque potentat voudra sa bombe, chaque pas : si l’Ukraine n’avait pas accepté sa dénucléarisation, en échange de la garantie de ses frontières, par la Russie, les États-Unis, et le Royaume-Uni, elle ne serait pas envahie.

    Poutine était sûr que personne n’enverrait de soldats en Ukraine. Biden l’avait dit. Peut-être aurait-il fallu le faire, il y a des mois. Sa folie, son hybris, sa bêtise, (« Les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnait ») l’ont poussé à franchir la ligne autorisée : celle du Donbass. Si Poutine s’en était contenté, il ne se serait rien passé. Mais il a été emporté par son seul guide, la force. Face à une brute, un criminel, on doit aussi se défendre par la force. Nul ne doute donc que l’Europe va s’armer. Mais à partir de quelle attaque est-on prêt à mourir ? Les Sudètes, Dantzig, le Donbass, l’Ukraine, la Moldavie, les Etats baltes ? Quelle est la ligne rouge ? Le croira-t-il ? Une guerre nucléaire pour la Pologne ? Armer l’Europe est nécessaire, notamment pour éviter la montée aux extrêmes.

    Armer l’Europe seulement avec des armes ne suffira pas

    Mais armer l’Europe seulement avec des armes ne suffira pas, parce que l’Europe est fondamentalement un objet politique créé sur les ruines de la guerre, contre la guerre.

    L’identité de l’Europe, c’est la paix, et c’est la démocratie. La seule chance de vaincre Poutine et ses sinistres admirateurs, ce n’est pas seulement de s’armer, comme le font les Ukrainiens, c’est de prendre exemple sur leur courage, leur volonté de vivre en démocratie. Rendre la démocratie contagieuse, comme le craint Poutine. C’est la démocratie qui renversera Loukachenko, Poutine, Tokaïev, et les autres.

    La dissidence est à nouveau l’avenir de la Russie

    La guerre est d’abord dans la tête. Elle est idéologique, politique. C’est pourquoi Poutine refait l’histoire, ferme les médias, dissout Memorial, la fondation de Sakharov, enferme le moindre manifestant. La dissidence est à nouveau l’avenir de la Russie. Ces quelques manifestants, ces 655 scientifiques, avec une intuition folle, montrent plus que de la lucidité, plus que du courage : de l’héroïsme. Il en faut pour gagner contre la guerre.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Les Français de passage doivent quitter la Russie

    Les Français de passage doivent quitter la Russie

    En raison des « restrictions croissantes apportées à la circulation aérienne entre la Russie et l’Europe », du fait de la guerre en Ukraine, la France a « fortement recommandé » à ses ressortissants de passage de quitter la Russie à partir de ce dimanche. Pour l’instant, la consigne ne s’applique pas aux résidents sur place. Cependant, les expatriés sont nombreux à être en France à l’occasion des vacances scolaires, vont-ils rentrer ? Ceux sur place, ne seront-ils pas tentés de quitter le territoire russe au plus vite ? Les prochains jours seront cruciaux pour eux.

    Touristes, cadres en mission et étudiants doivent quitter la Russie

    La France recommande désormais à ses ressortissants de passage en Russie de « quitter sans délai » le pays en raison des « restrictions croissantes apportées à la circulation aérienne entre la Russie et l’Europe », et à tous les Français (les expatriés sont donc aussi concernés) de partir du Bélarus par la route, dans deux communiqués publiés dimanche 27 février.

    Points de passage vers l’Union Européenne depuis la Biélorussie

    Les Français se trouvant en Biélorussie sont invités, par le gouvernement, à quitter sans délai le pays par la route, via les points de passage frontaliers avec la Lituanie, la Pologne ou la Lettonie. Le cas échéant, les passagers arrivés par voie aérienne doivent solliciter, pour la Biélorussie, un visa de sortie auprès des services du ministère biélorusse de l’Intérieur.

    Frontière entre la Pologne et la Biélorussie
  • Valérie Pécresse : « J’exonérerai tous les expatriés de la CSG »

    Valérie Pécresse : « J’exonérerai tous les expatriés de la CSG »

    A 6 semaines du premier tour, nous lançons notre série d’interviews des candidats à l’élection présidentielle du 10 avril 2022. Première candidate que nous recevons, Valérie Pécresse pour le parti Les Républicains, elle nous dévoile en 10 minutes ses propositions pour les expatriés.

    « Des Français de plein droit »

    Comme avec tous les participants à venir, nous commençons l’interview avec la vision de la candidate des LR sur l’expatriation. L’occasion pour elle de partager avec nous ses souvenirs d’expatriée, elle en profite pour définir les liens entre les Français établis hors de France et le pays, mais aussi les ambitions qu’elle a pour cette communauté. Elle voit dans les Français de l’étranger un pilier de la reconquête économique de notre pays et compte les soutenir en densifiant les liens entre citoyens, administration et entrepreneurs.

    Zapptax GIF

    Un fonds d’urgence pour les expatriés

    Reprenant la proposition du sénateur Ronan Le Gleut (LR) de 2020, Valérie Pécresse veut créer un fonds d’urgence pour prémunir les expatriés des catastrophes politiques, sanitaires ou écologiques. Tirant l’expérience de la pandémie et du semi-échec du plan de soutien mis en place par le gouvernement, elle désire aussi renforcer l’encadrement des Français établis hors de France en réactivant les réseaux d’îlotiers.

    Avec ces deux mesures, la candidate Les Républicain désire ainsi apporter un cadre stable et propice à la réussite des projets personnels à chaque Français, en France et aussi à l’étranger.

    Renforcer le lien entre la Nation et les jeunes expatriés

    Questionnée par une expatriée d’Hong-Kong sur l’éducation des plus jeunes à l’étranger, Valérie Pécresse répond avec franchise et réalisme sur l’épineuse question du financement des études. Et elle innove, s’inspirant d’autres réseaux scolaires comme celui déployé par l’Espagne, elle propose de rendre systématique la différenciation tarifaire entre Français et non Français mais aussi d’élargir les critères d’éligibilité à la bourse. Son objectif : permettre aux classes moyennes d’accéder facilement aux établissements du réseau AEFE, qu’ils soient en gestion direct ou via un organisme homologué.

    Autre pont qu’elle veut rétablir, le Service National Universel ! Aujourd’hui, l’administration répond difficilement aux jeunes Français qui désirent participer à cette action civique. Dépassant cette problématique, Valérie Pécresse pose la question de la relation entre l’administration consulaire et ses concitoyens, elle désire renforcer ce réseau en multipliant par exemple les nominations de Consuls honoraires.

    Une résidence d’attache ?

    Que ferait Valérie Pécresse pour les Français établis hors de France dans les 100 premiers jours de son mandat ? Elle rétablirait l’égalité fiscale ! Concrètement, la candidate Les Républicains tordrait le cou au serpent de mer de la CSG. Pour rappel, les Français qui sont établis dans l’Union Européenne sont exemptés de l’impôt finançant la sécurité sociale alors que ceux hors de l’espace commun y sont toujours assujettis sur leurs revenus issus de France.

    Enfin, on finit notre entretien sur la mobilité internationale. La candidate voit en les expatriés, des « Français à part entière ». Ils doivent disposer du droit d’aller construire une vie hors de France, mais elle désire qu’un lien persiste entre les citoyens et le pays. Pour faciliter un éventuel retour, pourquoi pas motivé par une nouvelle attractivité de la France créée par la dynamique que Valérie Pécresse compte insuffler au pays, elle propose de créer le statut de « résidence d’attache ». Cette disposition permettrait aux expatriés de conserver les avantages d’une résidence principale en France tout en conservant le statut de non-résident et les droits qui en découlent.

    En 10 minutes, la candidate Les Républicains détaille ses propositions concrètes pour les Français établis hors de France et revient sur les difficultés rencontrées pendant le mandat d’Emmanuel Macron.

    Regardez l’interview de Valérie Pécresse

  • Les expatriés choisissent le vote utile

    Les expatriés choisissent le vote utile

    Notre deuxième consultation sur l’élection présidentielle a remporté un grand succès. Vous avez été plus de 5000 à participer entre le 20 et le 26 février 2022. Comme en France, les expatriés ont choisi le vote utile !

    Souverainistes ou mondialistes ?

    Alors qu’on s’approche du premier tour (le 10 avril, le 09 pour ceux résidant sur les Amériques et les Caraïbes), la campagne est bouleversée par la politique internationale. Alors qu’on craignait la Covid, c’est la guerre en Ukraine qui parasite les débats. Cependant, les Français établis hors de France ont bien compris les enjeux.

    En France, deux courants s’opposent. D’un côté, les souverainistes menés par Eric Zemmour et Marine Le Pen, de l’autre les mondialistes portés par Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. On retrouve cette fracture chez les expatriés.

    Assurer la présence de son candidat au second tour

    Alors que lors de notre première consultation les votes s’éparpillaient sur l’ensemble du spectre politique, avec une prédominance d’Emmanuel Macron et d’Eric Zemmour, dans cette seconde édition les expatriés ont suivi les consignes venues de France : voter utile !

    Ainsi, 90% des votes se concentrent sur quatre candidats. L’objectif : s’assurer que son camp sera représenté au second tour !

    Zemmour décroche

    Le sursaut citoyen qui semble naitre chez les Français de l’étranger (80% assurent voter le 10 avril) entraine une polarisation des votes. Si le discours de Marine Le Pen n’a jamais pris dans la communauté des expatriés, Eric Zemmour a réussi à créer un socle « souverainiste » parmi nos compatriotes, en particulier à l’Est et en Asie.

    Cependant, malgré la plus forte mobilisation, le score du candidat essayiste se tasse pour rejoindre les estimations réalisées en France. Ainsi 15,60% des participants ont indiqué qu’ils voteront Eric Zemmour lors du premier tour de l’élection présidentielle. S’il perd près de 5 points par rapport à la précédente consultation (20%), ce score reste une surprise pour les expatriés, habituellement réfractaires aux discours de l’extrême-droite.

    Macron capitalise

    Emmanuel Macron et les expatriés, voilà une histoire d’amour qui résiste au temps. Il est ainsi le premier bénéficaire du sursaut démocratique. En effet, 47% des Français établis hors de France ayant participé ont indiqué qu’ils voteront pour le Président de la République actuel dès le premier tour.

    Un score qui rappelle l’adhésion massive des expatriés au programme d’En Marche en 2017. Pour mémoire, ce sont les votes engagés de nos compatriotes hors de France qui ont permis à Emmanuel Macron d’être au second tour. Sans les expatriés, François Fillon aurait été opposé à Marine Le Pen.

    Pécresse et Mélenchon séduisent

    Deux autres candidats réussissent à séduire les Français établis hors de France.

    Valérie Pécresse, dont le mouvement Les Républicains est bien implanté à l’étranger, suit Eric Zemmour, avec plus de 11% des intentions de vote. Clairement, elle est victime de la logique du vote utile qui détourne une partie de ses électeurs vers Emmanuel Macron ou Eric Zemmour. Pourtant, c’est la seule, à ce jour, à avoir présenté un programme complet spécifique aux expatriés.

    L’autre candidat qui dépasse la barre des 5%, c’est Jean-Luc Mélenchon. Le tribun de gauche semble être le seul espoir des électeurs issus de cette mouvance. Taubira, Hidalgo, passent à la trappe, pour les expatriés la gauche c’est Mélenchon à moins que…

    Jadot ne récolte pas les fruits des Consulaires

    Sur la ligne des 5%, on retrouve Yannick Jadot.

    Le candidat EELV. Une surprise que les militants écologistes ne comprennent pas ! Et pourtant comme en France, les électeurs semblent faire confiance au parti vert pour gérer les instances locales. En effet, EELV a obtenu de très bons résultats aux élections consulaires, multipliant les élus consulaires, à l’image de la France, où les candidats écologistes ont remporté de nombreuses municipalités.

    Mais comme en France, le candidat n’arrive pas à convaincre, il obtient dans notre consultation un score similaire à celui indiqué par les instituts de sondage en France, soit 5,01%.

    Les résultats de la consultation des expatriés

  • Solidarité avec les Français d’Ukraine

    Solidarité avec les Français d’Ukraine

    Les Conseillères et Conseillers des Français de l’Etranger de Hongrie et de Slovaquie, avec le soutien des élus des Français de Pologne, de Roumanie, de Moldavie, de République Tchèque et d’Autriche, se mobilisent pour les Français d’Ukraine. Comme les habitants de leur pays de résidence, les Français de ces pays souhaitent exprimer leur solidarité avec les Français d’Ukraine. Ces derniers ont suivi les consignes des autorités françaises qui n’ont appelé à quitter le pays qu’au dernier moment. La solidarité vient donc, dans l’urgence, des citoyens expatriés et de leurs représentants élus, les Conseillers consulaires.

    Une vague de réfugiés ukrainiens

    La guerre russo-ukrainienne est un conflit armé que suit avec inquiétude Amnesty International. L’institution voit venir une grande vague de réfugiés en provenance de l’Ukraine. 100 000 habitants ont ainsi déjà fui les combats en quelques jours pour se réfugier, notamment en Pologne, à l’abri des tirs. Désormais, la loi martiale interdit aux hommes de 18 à 60 ans de quitter le territoire ukrainien. Le cas échéant, ils sont arrêtés aux postes-frontières, séparés de leur famille et invités à aller combattre. Depuis vendredi 25 février, ce sont donc uniquement les femmes, les enfants et les vieillards qui constituent les colonnes traversant les frontières.

    Face à ce flux migratoire, Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice étasunienne à l’Organisation des Nations unies (ONU), estime à près de cinq millions le nombre potentiel de déplacés dans les prochaines semaines. Préparés à l’éventualité d’une nouvelle crise de réfugiés, plusieurs pays limitrophes ont d’ores et déjà assuré leur soutien à la population ukrainienne. La Pologne, qui compte déjà 1,5 million de ressortissants ukrainiens, prépare depuis plusieurs semaines des plans d’urgence pour accueillir « une vague allant même jusqu’à un million de personnes ». Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a formé un groupe de travail dont la mission est de définir les besoins en matière de soins médicaux, de transport, d’éducation et de logistique. Les enfants et adolescents réfugiés pourront intégrer les écoles et universités polonaises.

    En Slovaquie, quatre camps de réfugiés sont prêts à héberger les demandeurs d’asile. « Si la situation l’exige, nous pouvons aussi utiliser les installations d’hébergement existantes du ministère de l’Intérieur et d’autres ministères », a annoncé Roman Mikulec, ministre de l’Intérieur. Même élan de solidarité en Roumanie, pays parmi les plus précaires de l’Union européenne, où l’État envisage de mettre en place des centres d’accueil le long de la frontière. Enfin, la présidente moldave, Maia Sandu, a déclaré sur Twitter avoir offert l’hospitalité à plus de 4 000 personnes, jeudi 24 février : « Nos frontières sont ouvertes aux citoyens ukrainiens qui ont besoin d’un endroit sécurisé. »

    Le Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, craint que la vague migratoire ne redessine « fondamentalement la situation politique et économique » de son pays. Il est en train de déployer ses troupes à la frontière avec l’Ukraine, à des fins de sécurité et d’aide humanitaire. En dépit de sa politique migratoire très restrictive, son voisin autrichien, qui n’a pas de frontière avec l’Ukraine, a également affiché son soutien à la population envahie. « Nous sommes une famille européenne et les familles se soutiennent les unes les autres », a déclaré le chancelier Karl Nehammer.

    La France prête à la solidarité

    « La France prendra sa part ». Vendredi 25 février, à l’issue du Conseil européen dédié à l’invasion de l’Ukraine, Emmanuel Macron a assuré que la France participera à l’accueil des réfugiés, sans donner davantage de précisions.

    La veille, lors d’une manifestation de solidarité tenue sur la place de la Comédie, à Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet appelait l’Europe à une réaction plus forte : « Le niveau des sanctions jusqu’ici symboliques doit s’élever. Si on n’actionne pas tous les leviers, on aura des résultats partiels », a déclaré l’édile, marqué par son expérience dans l’humanitaire avec Handicap international. « En tant que ville, on prendra toute notre part dans la solidarité concrète que l’on pourra exercer auprès du peuple ukrainien. On se tiendra prêt pour accueillir des réfugiés. »

    Les expatriés prêt à faciliter la transition vers la France

    La démarche des élus consulaires, Mathilde Ollivier et Vincent Liegey, Conseillère et Conseiller des Français de l’Etranger de Hongrie et de Slovaquie, à l’origine de ce mouvement de solidarité, s’inscrit donc dans la continuité de l’action gouvernementale française.

    Mathilde Ollivier

    Ils proposent ainsi aux Français habitant dans les pays européens limitrophes de l’Ukraine d’être solidaires avec nos compatriotes qui ont dû fuir les combats. Pour cela, ils organisent un réseau d’expatriés pouvant accueillir les réfugiés avant leur retour en France. Le premier objectif est de faciliter l’acheminement sur le territoire national et soulager les autorités locales, désormais débordées face au flux de migrants ukrainiens. Le second est ciblé vers les Français n’ayant plus leurs papiers ou les familles avec des nourrissons non encore déclarés : il faudra plusieurs jours pour régulariser leur situation, ils ont besoin de la solidarité nationale.

    Pour cela, les élus ont mis en place une plateforme afin de permettre aux Français de ces pays et acceptant de participer à l’opération de s’enregistrer. Les Français d’Ukraine sont bien évidemment invités à se faire connaitre via le même formulaire. L’élu Vassili Lemoigne des Français de Prague centralise les informations pour faciliter la répartition.

    Autre soutien, le député des Français d’Europe centrale et de l’Est, Frédéric Petit (Modem), domicilié à Cracovie, salue ces initiatives locales, et appelle les Français à participer. Cette dynamique s’inscrit pour lui dans les démarches réalisées par la cellule de crise du Quai d’Orsay. A titre personnel, sa famille accueille actuellement des réfugiés ukrainiens en Pologne, il nous rappelle ainsi, comme une évidence, que la solidarité doit dépasser la nationalité.

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  • La dolce vita grecque 

    La dolce vita grecque 

    Depuis plusieurs siècles, la présence française est importante. Aujourd’hui, elle est symbolisée par les nombreuses associations et consulats qui aident et ordonnent la communauté des Français.

    “En Grèce on a envie de se baigner dans le ciel” disait le romancier Henry Miller. Il n’avait pas tort. Règne dans le pays d’Homère, une douceur de vivre qui n’a pas son pareil, et accrue par les températures clémentes en hiver et chaudes en été. Comme le confie Romain un Français d’Athènes, “ici nous avons l’impression d’être constamment en vacances”. Son ami Jules est lui tombé amoureux des mandariniers qui bordent les trottoirs de la ville. “Puis il faut dire que le gyros à 2,9€ c’est pas mal non plus” dit-il avec un air rieur. Vous l’aurez compris, dans le pays méditerranéen il est facile de se laisser bercer par le rythme de la vie, et une expatriation peut facilement donner envie. 

    S’installer en Grèce

    Mais alors comment s’y prendre administrativement pour s’installer dans le pays ? A priori rien de bien compliqué. Trois cas de figure se présentent à vous. 

    • Vous souhaitez vous installer pour moins de trois mois ? Aucune démarche ne vous sera demandée, munissez vous simplement de votre pièce d’identité. 
    • Vous êtes tombé sous le charme du pays et désirez y rester plus longtemps ? Il faut que vous demandiez une attestation d’inscription. Valable cinq ans, elle est entièrement gratuite. Pour l’obtenir, rendez-vous au Service des étrangers du commissariat de police hellénique le plus proche de chez vous, avec les justificatifs nécessaires. Attention, vous avez trois mois maximum pour faire la demande, suite à votre arrivée. 
    • Enfin, vous vous considérez également comme un citoyen grecque et ne pouvez plus quitter les terres helléniques ? Vous devez faire la démarche pour obtenir un titre de séjour permanent

    Si vous déménagez avec des membres de votre famille qui ne sont pas ressortissants d’un pays de l’UE, une carte de séjour de membre de famille sera nécessaire. 

    Aussi, lorsque nous nous installons à l’étranger, il fait partie des priorités de s’inscrire au registre des Français de l’étranger du consulat.

    Les associations des Français en Grèce 

    Pour vous aider dans votre emménagement ou dans votre quotidien sur place, il existe de nombreuses associations pour les Français en Grèce. Petit tour d’horizon des différentes associations. La liste complète est disponible sur le site de l’ambassade française en Grèce. 

    Athènes Accueil

    Si vous posez vos valises au pied de l’Acropole, l’association Athènes Accueil saura vous accompagner à votre arrivée. Créée en 1987, elle fait partie du réseau de la Fédération internationale des accueils français et francophones d’expatriés (FIAFE). Elle est constituée d’une trentaine de bénévoles répartis par quartiers et propose d’accompagner les nouveaux arrivants à s’intégrer dans le pays. Pour cela, elle met en place des rencontres entre expatriés pour faciliter votre installation sur le plan pratique ; mais également des ateliers découvertes et sorties pour tous les âges.

    Association Française d’Entraide

    Cette organisation est née en 1925, durant la période d’entre deux guerres car il y avait déjà une forte diaspora française en Grèce. Elle propose des aides aux personnes en difficulté ou en situation de handicap et s’adresse donc aux personnes âgées, handicapées, malades, isolées, orphelines ou détenues. Pour mener à bien son action, des bénévoles assurent un soutien moral, financier ou encore logistique. Ils planifient des rendez-vous téléphoniques ou en présentiel pour régler les problèmes. 

    De plus, l’association a deux évènements phares dans l’année, à savoir la sortie de printemps en mai, et le déjeuner de Noël offert par l’ambassade. Ils sont tous deux l’occasion de rassembler les bénévoles, les allocataires et les représentants de la communauté des Français de Grèce. 

    Union des Français de l’Étranger

    L’UFE existe depuis 1927 et regroupe les Français, francophones et francophiles dispersés dans une centaine de pays à travers le monde. Son dessein s’organise autour de quatre axes qui sont l’accueil, l’entraide, la convivialité et le rayonnement. Si son site internet s’adresse à toutes les personnes souhaitant se lancer dans l’expatriation ou dans un retour en France, il pourra vous aider pour répondre à vos différentes questions d’ordre général. Par ailleurs, il existe une page Facebook consacrée à la Grèce

    Vivre Athènes, la Grèce comme on l’aime

    Le site Internet a vu le jour au printemps 2017 sous l’initiative de Laure et Sophie, deux Françaises expatriées amoureuses du pays des Cyclades. Construit à l’image d’un blog, le site recense les coups de cœur des deux amies, en termes de voyage, de gastronomie, de visites, mais pas seulement. 

    Vous trouverez dans l’onglet “Vivre en Grèce”, les réponses aux questions les plus courantes sur l’immobilier, la retraite, l’éducation ou encore “les cas d’urgence”. 

    De plus, elles ont également pensé à inscrire les épiceries de produits français pour les jours où le fromage et la charcuterie viendraient à vous manquer. 

    Eglise Saint-Paul, Thessalonique, Grèce

    Les petits plus 

    Pour Guy Brochard, élu des Français de l’étranger, deux choses seront indispensables en Grèce. D’un côté, il rappelle l’importance de s’inscrire sur le registre du consulat, pour pouvoir être accompagné par les représentants. Par ailleurs, il conseille vivement à tous les nouveaux Français de Grèce de trouver un comptable ! D’après lui, l’administration du pays est particulièrement compliquée et nébuleuse. Se rapprocher d’un professionnel pourrait donc vous simplifier la vie. 

    Communauté des Français de Grèce

    La diaspora française a toujours été importante dans le pays de l’est de l’Europe et explique la forte communauté de Franco-Grecs observée actuellement. 

    Au printemps 2021, la circonscription d’Athènes, qui recouvre tout le sud du pays, comprenait plus de 7 000 inscrits au registre du consulat, mais l’ambassade estime qu’ils sont prêts de 5000 à ne pas être enregistrés. De son côté, la circonscription de Thessalonique, au nord du pays, retranscrivait quelques 1500 Français en décembre 2018. 

    D’après Guy Borchard, le nombre de jeunes a grimpé avec la démocratisation du télétravail dans le monde professionnel. Dans sa circonscription, il a effectivement noté l’arrivée de nombreux couples de travailleurs nomades au cours de ces deux dernières années de crise sanitaire. Aujourd’hui, un tiers des Français de Grèce ont moins de trente ans. 40% ont entre 30 et 60 ans et le dernier tiers sont des retraités. 

    Par ailleurs, nos compatriotes de Grèce ne semblent pas s’inscrire dans une activité professionnelle particulière. Nombreux ont monté des commerces ou des petites entreprises, ou sont tout simplement venus couler de beaux jours. Si l’aventure vous parle, n’attendez plus et foncez ! 

  • Derniers jours pour s’inscrire sur la liste électorale

    Derniers jours pour s’inscrire sur la liste électorale

    Pour pouvoir voter à l’élection présidentielle du mois d’avril, vous avez jusqu’au 4 mars pour vous inscrire sur la liste électorale de votre consulat. Vous n’êtes pas sûr de savoir comment faire ? On vous explique tout. La première étape : vérifier sa situation électorale !

    Sur quelle liste, êtes-vous inscrit(e) ?

    Vous avez déjà voté en France ou dans un bureau de vote mis en place par le consulat ? Vous n’êtes plus sûr de votre situation électorale ?

    Sans code, sans accès spécifique, vous pouvez vérifier où vous êtes inscrit(e) !

    Pour cela, rendez-vous sur le site service-public.fr et indiquez la commune ou le consulat dans lequel vous pensez être inscrit(e), votre nom, vos prénom(s), votre sexe et votre date de naissance. Si le téléservice vous identifie, cela signifie que vous êtes bien inscrit dans la commune renseignée ou le consulat indiqué.

    ©site du Ministère des affaires étrangères

    Si vous n’êtes pas inscrit sur la bonne liste ou tout simplement pas inscrit du tout, il faut alors procéder à votre signalement au consulat dont vous dépendez !

    S’inscrire sur une liste électorale consulaire

    En principe, l’inscription sur les listes électorales est automatique dès l’âge de 18 ans sur la liste du consulat pour lequel le jeune ou ses parents l’ont identifié (registre consulaire). Si vous avez déménagé, y compris si ce déménagement a eu lieu dans la même circonscription consulaire, il faut procéder à une inscription manuelle.

    Pour s’inscrire, il faut posséder la nationalité française, « être majeuau plus tard la veille du scrutin ou, en cas de second tour, la veille du second tour » et pouvoir « jouir de ses droits civiques et politiques« , explique le ministère.

    Par exemple, si, âgé de plus de 18 ans, le jeune a déménagé de Belgique au Luxembourg, ou même à l’intérieur même de la Belgique, il est impératif d’entamer une démarche pour se ré-inscrire à la nouvelle adresse, soit en ligne, soit auprès des services du consulat .

    Si vous optez pour la démarche en ligne, vous n’avez que jusqu’au 2 mars pour effectuer votre inscription. Il vous faudra simplement vous rendre sur le site de service-public et renseigner vos informations (là vous aurez besoin d’un identifiant et mot de passe, si vous n’en avez pas vous pouvez utiliser l’identité numérique de la Poste française). Attention, en demandant votre inscription sur la liste électorale consulaire, celle-ci aura pour conséquence votre radiation automatique de la liste électorale sur laquelle vous étiez jusque-là inscrit(e).

    Vous pouvez consulter ou télécharger le tutoriel officiel ci-dessous :

    Si vous désirez faire la démarche directement après du Consulat, vous le pouvez par courrier en vous assurant que les documents soient tous réunis et que l’envoi sera livré au plus tard le 04 mars. Vous pouvez aussi le faire directement auprès d’un agent mais pour cela, il faut avoir pris un rendez-vous au plus tard le 04 mars.