Après plus de quarante jours de révolte en Iran, depuis la mort de Mahsa Amini, cette jeune fille tuée par la police religieuse iranienne parce qu’elle ne portait pas correctement son voile, la révolte des femmes iraniennes ne faiblit pas. Au quarantième jour de deuil, une foule s’est rendue au cimetière lui rendre hommage. La police a tiré.
150 morts
Il y a plus de 150 morts en Iran depuis le début des manifestations. Un tiers sont mineurs. Parmi les jeunes qui défient le régime théocratique, des enfants de la Révolution iranienne, comme la fille de l’ancien Président Rafsandjani, désormais en prison. Jusqu’où les bénéficiaires du régime iront-ils, jusqu’à tirer sur leurs propres enfants ?
Pour la première fois, ceux qui manifestent ne demandent pas seulement des réformes, mais la fin du régime théocratique. En face, ce sont les Gardiens de la révolution, un Etat dans l’Etat, leur police, leurs réseaux financiers et économiques. Ce sont eux qui tiennent l’économie en même temps que les rênes du pouvoir. Dans une économie de pénurie, la corruption est reine.
Le chef des Gardiens de la révolution a mis en garde les manifestants. Que peuvent-ils faire de plus qu’emprisonner, torturer, tirer sur la foule ? Les femmes iraniennes peuvent-elles renverser le régime ? Personne ne peut prédire la chute d’une dictature.
Alliance avec la Russie et la Chine
L’Iran vend des armes à la Russie, a conclu une alliance stratégique avec la Chine qui lui achète son pétrole, trafique avec la Turquie. Elle a sanctionné les médias européens comme la Deutsche Welle, RFI, et la BBC. Mais aussi la Licra (ligue contre le racisme et l’antisémitisme) : un aveu. Pour les dirigeants iraniens, il n’y a pas que les Etats-Unis qui animent les manifestions de femmes iraniennes, il y a aussi l’Europe. Toute une idéologie « satanique », comme le rappelle Poutine dans ses discours.
La liberté religieuse, les droits de l’homme, les droits des femmes, les droits des homosexuels, tout cela fait partie de la « maladie » occidentale contre laquelle luttent les dirigeants iraniens. Ce que prouvent ces femmes iraniennes, au cri de « femme, vie, liberté », comme ce film en témoigne, c’est que l’aspiration à la liberté n’est pas américaine, européenne, occidentale, mais qu’elle est universelle. Sa répression aussi. Comme la guerre contre les femmes, hélas. Pourvu qu’elles gagnent !
Déjà asphyxié par une crise économique inédite, le Liban s’apprête à vivre sans président. Le mandat de Michel Aoun expire ce lundi 31 octobre et faute d’accord au Parlement sur son successeur, le pays va entrer dans une période de vacance du pouvoir. En effet, au Liban, le poste de président est occupé par un chrétien, celui de premier ministre par un musulman sunnite et celui de président du Parlement par un musulman chiite. A quoi doit-on s’attendre après le départ de Michel Aoun ? Quels sont les risques pour la stabilité de ce pays déjà très fragilisé ? Quels seront les défis de son successeur ?
Un mandat qui rime avec un effondrement économique du pays
Le mandat de Michel Aoun a été marqué par une opération de l’armée en 2017 pour chasser du territoire libanais, avec l’aide du Hezbollah, des jihadistes présents près de la frontière syrienne, le vote d’une nouvelle loi électorale en 2018 et au cours de sa dernière semaine, la signature d’un accord sur la délimitation de la frontière maritime entre le Liban et Israël.
Ces réalisations sont applaudies par ses partisans mais jugées bien modestes par ses détracteurs face à la grave crise financière que connaît le Liban depuis 2019, qui a fait basculer 80 % de sa population dans la pauvreté et déclenché de vastes manifestations anti-gouvernementales.
Ce lundi 31 octobre, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a déclaré que sous ce mandat, » le Liban a été au centre des axes de la région et a connu la pire crise existentielle de son histoire récente « . Appelant les députés à élire un nouveau président, » qui a de l’expérience au niveau de la gestion des affaires publiques « , le prélat maronite a rappelé que » la vacance présidentielle n’est pas une fatalité au Liban, mais un complot contre ce pays et sa spécificité au Moyen-Orient « .
Et de préciser, dans son homélie dominicale, qu’ » un État sans président, c’est comme un corps sans tête, et le corps ne peut pas avoir plus d’une tête « . Mgr Raï a en outre refusé » tout accord préalable sur le nom d’un président « , relevant que » l’élection a lieu lors de séances successives et en préservant les concertations et le quorum « .
Souhaitant » bonne chance » au président Aoun, » qui quitte le palais de Baabda sans le confier à un successeur, ni à un gouvernement disposant de toutes ses prérogatives « , il a souligné que la route vers le palais de Baabda » passe par le respect de la Constitution et la légalité, loin de tout axe régional « .
Depuis une vingtaine d’années, dans la quasi-totalité des pays occidentaux, les prix de l’immobilier étaient orientés à la hausse. Les crises de 2008/2009 ou l’épidémie de covid ont eu des effets limités sur le prix de la pierre. Dès le retour à la normale, des accélérations ont même été constatées. Après les confinements, une frénésie d’achats a été observée notamment en faveur des maisons situées à proximité des grands centres urbains ou en bord de mer.
Dans plusieurs pays dont l’Allemagne, la France et le Canada, des mouvements politiques et des associations réclament des mesures afin de limiter la hausse des prix. En France, le dernier projet de loi de finances comporte des dispositions visant à accroître le montant de l’impôt sur les plus-values immobilières. Ces dernières sont discutées au moment même où le marché semble se retourner.
La hausse des taux d’intérêt change la donne
Le marché de l’immobilier a toujours été sensible à l’évolution des taux d’intérêt. Les taux historiquement bas ont accéléré la hausse du prix des logements, des bureaux et des centres de logistique. Ils favorisent le crédit et améliorent le rendement relatif des biens immobiliers. La faible rémunération des obligations a conduit les investisseurs à se reporter sur les actions et l’immobilier.
La résurgence de l’inflation a mis un terme au cycle de diminution des taux d’intérêt. L’objectif des banques centrales est de refroidir l’économie par une réduction des crédits. Le marché immobilier est par nature le premier à ressentir les effets de la hausse des taux, un grand nombre d’opérations étant financées par le recours au crédit.
Aux États-Unis où la hausse des taux est importante, le pouvoir d’achat des emprunteurs aurait perdu 33 % en un an. Pour un même montant de remboursement sur 30 ans, par exemple 1 800 dollars, la somme empruntée est passé de 420 000 à 280 000 dollars. Les banques qui doivent se refinancer à coût croissant sont plus sélectives dans l’attribution des prêts. Si depuis des années, le quantitatif a primé sur le qualitatif au niveau des dossiers d’emprunts, à présent, l’inverse est de mise.
En Nouvelle-Zélande, les taux des crédits immobiliers ont dépassé 7 % pour la première fois en huit ans. En Grande-Bretagne, le prêt moyen à taux fixe sur cinq ans dépasse désormais 6 %.
Une baisse des prix après vingt ans de hausse quasi ininterrompue
Les prix de l’immobilier ont été multipliés par deux, en moyenne, au sein de l’OCDE. Cette progression résulte d’une recherche de rendement de la part des investisseurs qui ont abandonné les obligations, et par un déséquilibre entre l’offre et la demande. Les règlementations de plus en plus contraignantes en matière de construction et la concentration des activités économiques au sein des grandes métropoles ont favorisé ce mouvement haussier. Le marché immobilier résidentiel a été également marqué par le déplacement des populations vers les côtes.
Si la crise des subprimes a provoqué une chute importante des prix dans certains pays, notamment aux États-Unis ou en Espagne, elle a eu des effets temporaires, le marché redémarrant assez rapidement. Les prix des logements en Floride ont ainsi retrouvé en 2021 leur niveau d’avant 2007.
La crise de la Covid, loin de calmer le marché, a débouché sur un fort mouvement d’appréciation des biens immobiliers. Dans tous les pays occidentaux, un nombre croissant de ménages aspirent à des logements plus grands, en bord de mer ou au centre des grandes agglomérations avec, si possible, un petit jardin.
De 2019 à 2022, les prix ont augmenté de 45 % aux États-Unis, 42 % au Canada, de 40 % aux Pays-Bas, de 27 % en Australie, de 38% en Nouvelle Zélande, de 32 % en Suède, de 28 % en Allemagne et de 17 % en France (source The Economist).
Dans neuf pays de l’OCDE, les prix des logements sont en baisse
L’endettement des ménages au sein de l’OCDE s’est fortement accru. Les situations diffèrent néanmoins d’un pays à un autre. Les emprunts immobiliers représentaient, en 2021, 241 % du revenu disponible des ménages au Danemark, 222 % aux Pays-Bas, 203 % en Suède, 124 % en France, 102 % en Allemagne et 101 % aux États-Unis. Plusieurs États qui recourent aux prêts hypothécaires avec des taux variables pourraient connaître quelques tensions. Si les États-Unis se sont prémunis de ce risque, les taux variables étant devenus rares, ce n’est pas le cas en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Royaume-Uni. Par crainte d’une nouvelle crise immobilière, certains États comme l’Espagne envisagent des mesures pour limiter les versements hypothécaires qui pourraient entraîner le marché dans un cycle de forte baisse.
Dans neuf pays de l’OCDE, les prix des logements sont en baisse. Aux États-Unis, la diminution du prix de l’immobilier si elle est faible est néanmoins réelle. Au Canada, une diminution de près de 9 % en moins d’un an sur les maisons est enregistrée. En Nouvelle-Zélande, ils ont chuté de plus de 12 % en un an. Les prix ont également commencé à baisser au Royaume-Uni.
Les transactions sont également en baisse. Les ventes de maisons aux États-Unis ont chuté d’un cinquième en août par rapport à l’année précédente. Pour le mois de septembre, Les ventes de maisons neuves aux États-Unis ont diminué de 10,9 % par rapport à août, un peu moins que prévu par les analystes, mais elles se situent néanmoins 17,6 % en dessous du rythme de ventes d’il y a un an. En Nouvelle-Zélande, les ventes trimestrielles ont été à leur niveau le plus bas depuis 2010 au cours du deuxième trimestre.
En France, les prix en hausse malgré quelques signes de fléchissement
En France, le marché immobilier marque des signes légers de fléchissement. Les prix sur un an sont toujours orientés à la hausse, en septembre, +7,1 % néanmoins en légère décélération par rapport à avril (+8,2 %). Les maisons continuent toujours à s’apprécier (+9,2 % en un an). Le nombre de transactions sur 12 mois glissants s’érode depuis septembre 2021, tout en restant en rythme annuel supérieur à un million, proche du record de 2021 de 1,177 million. Le durcissement des conditions d’octroi des prêts et la hausse des taux devraient se faire ressentir dans les prochains mois. Pour le moment, la production de crédits demeure toujours en hausse mais selon l’Observatoire Crédit logement, une chute de cette production de près de 33 % est attendue. Pour 2023, les transactions sont attendues en baisse. Elles pourraient passer en-dessous d’un million. Les prix des logements devraient continuer à augmenter en 2022 avant de reculer l’année prochaine. Certains avancent l’idée d’une contraction de 10 à 20 % dans les trois prochaines années quand d’autres estiment que celle-ci sera limitée, entre 2 et 5 %.
La pénurie de logement reste importante en France, ce qui contribue à peser à la hausse sur les prix de manière structurelle.
Un risque de crise immobilière dans certains pays
La brutale augmentation des taux affecte avant tout les emprunteurs à taux variable. Au Canada, cela concerne la moitié des ménages qui ont emprunté pour acquérir un logement ; en Australie et en Suède, les deux tiers. En Australie et au Canada, les prix de l’immobilier pourraient baisser jusqu’à 14 % par rapport à leur niveau de 2021. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, une contraction de 15 à 20 % est possible. Les économistes de la Banque Royale du Canada s’attendent à ce que le volume des ventes du pays diminue de plus de 40 % en 2022-23, dépassant la baisse de 38 % enregistrée en 2008-2009.
Au Royaume-Uni, près de 2 millions de ménages, soit un quart de ceux qui ont un prêt hypothécaire, seraient confrontés à des remboursements avec intérêts plus élevés. Le surcoût pourrait représenter 10 % du revenu de leur ménage d’ici le début de 2025. Aux Pays-Bas, la part des propriétaires qui paient plus d’un quart de leur revenu pour leur prêt immobilier passerait de 12 % à 26 % si les taux d’intérêt augmentaient de trois points de pourcentage. Les primo-accédants ayant une faible épargne financière sont les plus exposés à cette augmentation des coûts. L’inflation diminuant le pouvoir d’achat des ménages, ces derniers pourraient être contraints de vendre rapidement leur logement, ne faisant qu’accélérer la chute des prix.
Un marché moins fragile qu’en 2008/2009
La situation n’est pas pour autant comparable à celle de 2008/2009. Le marché est plus sain et les banques sont mieux surveillées. Les banques ont accru leurs fonds propres. Aux États-Unis, le volume de prêts risqués est plus faible et ils sont plus souvent garantis par l’État que dans le passé.
La crise immobilière redoutée ne concerne pas les États-Unis mais la Chine. De nombreux projets immobiliers y ont été réalisés sans aucune rentabilité. Des centaines de milliers de ménages auraient prépayé des logements qui ne sont pas construits et qui pourraient ne pas l’être. Des établissements prêteurs non bancaires sont insolvables. Cette crise reste cantonnée à l’intérieur des frontières. Les banquiers centraux trouveront un réconfort dans le fait que la dette des ménages par rapport au revenu est inférieure à ce qu’elle était à la veille de la crise financière mondiale aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Espagne.
Les mesures prudentielles prises après la crise financière de 2008/2009 limitent le risque de transformation d’une crise immobilière en crise financière. Les banques britanniques détiennent désormais près de quatre fois plus de capital pour couvrir les pertes. Le dernier test de résistance de la Banque d’Angleterre suggère que les banques seraient en mesure d’absorber une baisse de 33 % des prix de l’immobilier et une augmentation du taux de chômage de 3,5 % à 12 %.
Aux États-Unis, les banques se sont retirées du marché immobilier hypothécaire, le marché étant dominé par des acteurs publics et des structures non-bancaires.
Des effets économiques et sociaux en chaîne
En 2019, une étude de la Banque d’Angleterre a révélé qu’une augmentation de 10 % des prix des logements augmentait la consommation de 0,35 à 0,5 %. La chute de l’investissement résidentiel a représenté un tiers de la chute du PIB américain en 2007-2009. La hausse des taux pèsera sur le nombre de propriétaires de résidence principale, même si dans les faits l’augmentation des prix jouait également en leur défaveur. Ce nombre n’avait pas retrouvé dans certains pays son niveau d’avant la crise des subprimes. Au Royaume-Uni, en 2021, 65 % des personnes étaient propriétaires de leur logement, contre 70 % au début de la crise financière mondiale. En Irlande, qui a connu un krach en 2008, le taux d’accession à la propriété est toujours inférieur de plus de dix points de pourcentage de 1999. En France, la proportion de propriétaires de résidence principale reste stable à 58 % depuis dix ans. Le ralentissement économique combiné à la hausse des taux ne contribuera pas à l’augmentation du nombre de propriétaires. Les banques seront amenées à être plus sélectives.
Le marché de l’immobilier a connu une période faste avec un doublement des prix, en partie déconnectée des réalités économiques. En conduisant à la hausse des taux, l’inflation est susceptible de provoquer un retournement. Cet ajustement est en soi assez logique. Par ailleurs, le vieillissement de la population en Occident entraîne une augmentation de la mortalité et une remise plus importante de biens sur le marché. Celui-ci pourrait être touché par les contraintes imposées par la transition énergétique. Des ménages souhaiteront se débarrasser des logements ne répondant pas aux normes environnementales.
Les évolutions de prix ne seront pas uniformes. Les migrations vers le littoral ou vers des villes offrant des espaces verts devraient se poursuivre au détriment du cœur des grandes agglomérations qui avaient connu de fortes augmentations de prix ces dix dernières années.
La fête de la Toussaint est une fête d’origine chrétienne. Chaque année, le 1er novembre devient férié car l’Église Catholique latine met à l’honneur tous les Saints, connus ou non. La Toussaint est la veille de la Commémoration des fidèles défunts. Voyons comment la fête de la Toussaint a vu le jour, sa signification et comment elle est célébrée à travers le monde.
Comment est née la fête de la Toussaint ?
L’histoire de la fête de la Toussaint est assez complexe. Tout d’abord, elle ne trouve pas son origine dans les textes bibliques comme ça peut être le cas pour la plupart des grandes célébrations liturgiques que sont Noël, Pâques ou encore la Pentecôte. C’est l’Église qui a institué la Toussaint pour répondre à différentes situations.
La Toussaint trouve son origine au IVe siècle dans l’Église d’Orient, en Turquie, Syrie ou encore en Égypte. À cette période, les Chrétiens célébraient la fête de tous les martyrs. La Toussaint était alors le dimanche qui suivait la Pentecôte. Puis, cette fête est arrivée à Rome et en Occident. En 609, le Pape Boniface IV se vit offrir le Panthéon, temple païen, en l’honneur de tous les dieux. Il y fit alors transporter des ossements de martyrs provenant des catacombes et, le 13 mai 609, consacra le Panthéon qui devient alors l’Église Sainte Marie aux Martyrs. Par la suite, tous les 13 mai furent célébrés l’anniversaire de cette consécration. De nombreux Chrétiens venaient assister à cette fête qui fut nommée laFête des martyrs et de tous les saints. Initialement, la Toussaint était donc célébrée le 13 mai.
La fresque symbolique des douze apôtres, dans l’église Chiesa di San Dalmazzo par Enrico Reffo, 1914, Turin, Italie
Pourquoi cette date du 1er novembre ?
Depuis des temps lointains, les peuples celtes d’Irlande et de “Grande Bretagne” célébraient Samain à cette date, une fête dédiée aux morts et qui correspondait au nouvel an celte. C’est justement pour combattre cette fête païenne que l’Église a mis en place au même moment sa fête chrétienne appelée la Toussaint, à savoir le 1er novembre. En 835, le Pape Grégoire IV sur l’ordre de Louis le Pieux déclara de façon officielle que le 1er novembre sera la fête de tous les saints et qu’elle sera célébrée dans le monde entier. La Toussaint a pour but de célébrer tous les saints de l’Église, et tout particulièrement les martyrs.
Toussaint ou fête des morts ?
Une mise au point s’impose : la Toussaint et la fête des morts sont à distinguer car n’ont pas la même signification et ne se déroulent pas le même jour.
En effet, la Toussaint est une célébration religieuse qui débute le soir du 31 octobre et se termine celui du 1er novembre. Ce jour est férié car il est la fête de tous les saints, ceux qui figurent sur le calendrier liturgique ou non. À cette date, l’Église fête particulièrement tous les saints qui ont contribué à construire et enrichir son histoire. La Toussaint est une fête catholique et non chrétienne. En effet, les Protestants ne la célèbrent pas. La fête de la Toussaint est “l’occasion de se rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles” (conférence des évêques de France).
A contrario, la fête des morts n’est pas un jour férié. Elle se déroule le 2 novembre de chaque année. C’est une journée dédiée au souvenir de tous les morts. C’est donc durant le jour de la fête des morts que les Chrétiens entretiennent les tombes des défunts et les fleurissent au cimetière. Mais par extension, cette célébration a également touché les athées et autres religions qui en profitent également pour honorer la mémoire de proches disparus. Souvent, ce sont des chrysanthèmes qui viennent décorer les tombes. Plante ornementale d’automne par excellence, elle est très résistante et colorée, d’où sa signification plutôt joyeuse dans le langage des fleurs.
La fête des morts à travers le monde
Tous les pays n’ont pas établi un jour férié pour la Toussaint. Certains comme la France, l’Italie ou l’Espagne l’ont fait. En revanche, pour certains pays marqués par le protestantisme comme l’Angleterre, l’Allemagne ou les pays nordiques, le 1er novembre n’est pas férié.
Mexique
Un pays bien connu pour fêter ses morts pendant deux jours est le Mexique. Le 1er novembre, les Mexicains se recueillent pour rendre hommage aux saints et aux enfants décédés. Le 2 novembre, c’est El Dia de los Muertos, tradition d’origine aztèque selon laquelle mourir était un honneur. Jour où l’on se retrouve généralement en famille, la Toussaint au Mexique est un mélange entre la célébration de la déesse aztèque Mictecacihualt, et la fête chrétienne que les conquistadors espagnols ont apportée.
Autel mexicain avec les offrandes pour El Dia de los Muertos
Chine
En Chine, on ne fête pas la Toussaint mais le Qing Ming. Début avril, ce jour qui signifie “clair et lumineux” est celui pendant lequel les Chinois vont sur les tombes des défunts pour les balayer, et ainsi honorer leur mémoire.
Japon
Au Japon, c’est le O-bon, la “fête des âmes” qui se déroule du 13 au 15 août. Durant cette célébration d’origine bouddhique, les Japonais accrochent des lanternes à leur maison dans le but d’accueillir et raccompagner les âmes des ancêtres.
Sicile
Aussi, en Sicile, la Toussaint est un événement festif. À Palerme notamment, le 2 novembre, on offre des gâteaux aux enfants ainsi que des cadeaux, provenant des morts, au cours de banquets familiaux. Pour célébrer les défunts, la tradition est d’emmener les enfants dans les catacombes. Dans la rue, les commerçants vendent des biscuits recouverts de sucre blanc, l’ossa dei morti, signifiant “les os des morts”.
La Toussaint est donc une fête qui existe depuis de très nombreuses années. D’origine non biblique, cette célébration a connu plusieurs évolutions pour arriver à la signification qu’elle connaît aujourd’hui. Célébrée de plusieurs façons à travers le monde, la Toussaint est surtout une occasion de se recueillir et de célébrer la mémoire des défunts.
Bonjour à tous, c’est férié en Europe et un peu partout dans le monde, mais nous sommes là pour vous informer. Dans le flash de ce 1er novembre, on revient avec Bertrand Dupont sur l’élection de Lula au Brésil, on découvre Save You, le nouveau programme de soutien aux femmes expatriées victimes de violences, et on finit avec les motions de censure qui s’enchaînent en France.
Lula, réélu sur le fil
Alors que les dirigeants du monde ont unanimement salué la victoire, dimanche, de Luiz Inacio Lula da Silva face au président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro, à l’issue d’une campagne ultra-polarisée, on s’est posé la question avec Bertrand Dupont, élu consulaire à Sao Paulo, des conséquences de cette réélection. On l’écoute…
Save You, l’ange gardien des Françaises de l’étranger
Contrairement aux idées reçues, l’expatriation peut parfois être un terreau propice au développement des violences conjugales. C’est la raison pour laquelle THE SORORITY FOUNDATION, l’Alliance Solidaire des Français de l’étranger (ASFE), Cœurs de Guerrières, France Victimes et Mots et Maux de Femmes, ont décidé de fonder ensemble la plateforme téléphonique « SAVE YOU« . Pour cela, un numéro unique, gratuit et accessible depuis le monde entier a été créé : +33.1.88.61.51.51. Une adresse mail est également à disposition : [email protected]. Découvrez Save You en retrouvant le podcast sur Lesfrancais.press.
Et de 3 !
Alors que le gouvernement d’Élisabeth Borne a dégainé pour la troisième fois l’article 49-3, cette fois-ci sur le budget de la Sécurité sociale, la France Insoumise a décidé de déposer une nouvelle motion de censure. Pour cette troisième motion, LFI ne peut pas compter sur ses alliés de la NUPES, qui n’ont pas suivi, par contre une nouvelle fois le RN la votera. Est-ce le début de l’alliance des extrêmes tant redoutée par l’exécutif ? Seul l’avenir nous le dira. Mais pour l’instant, même réunis, LFI et le RN n’arrivent pas à faire tomber le gouvernement, d’ailleurs le veulent-ils vraiment alors qu’Emmanuel Macron a promis de dissoudre l’Assemblée en cas de succès d’une motion de censure ? Après quelques mois, le second mandat d’Emmanuel Macron risque d’être marqué par l’instabilité politique, et ce alors que les défis à surmonter se multiplient pour la France.
Ce lundi 31 octobre, les dirigeants du monde ont unanimement salué la victoire, dimanche, de Luiz Inacio Lula da Silva, face au président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro, à l’issue d’une campagne intense marquée par un fort clivage.
50,84% des voix pour Lula
Luiz Inacio Lula da Silva a obtenu 50,84 % des voix, contre 49,16 % pour le président sortant d’extrême droite, avec les résultats de 99 % des bureaux de vote. C’est l’écart le plus serré entre deux finalistes de la présidentielle depuis le retour à la démocratie après la dictature militaire (1964-1985). La marge est bien plus étroite que ce que prédisaient les sondages, qui avaient déjà sous-estimé le score de Jair Bolsonaro avant le premier tour.
L’ancien métallo de 77 ans au destin digne d’un film de Hollywood, qui a connu la faim dans son Pernambouc (nord-est) natal, fera son retour au sommet de l’Etat le 1er janvier. Il a tweeté le mot « Democracia » (démocratie en français, NDLR) dans un message posté peu avant minuit dimanche HB.
Les Français engagés dans la campagne
Sur place, si la campagne a divisé les Brésiliens, il en a été de même pour les Français sur place. D’ailleurs, Florence Poznanski (La France insoumise/Parti de gauche), ancienne résidente au Brésil et ancienne candidate suppléante aux élections législatives de juin 2022, a fait le déplacement pour soutenir ses camarades brésiliens et mobiliser les binationaux.
Du côté des élus, c’est la réserve diplomatique qui a prévalu. Cependant, ce résultat aura des conséquences tant pour les citoyens du Brésil que pour les Français sur place.
Bertrand Dupont
Bertrand Dupont
Et comme pour le premier tour, c’est à Bertrand Dupont, le président des Bretons de Sao Paulo et de l’UFE du Brésil, élu des Français du Brésil, circonscription Sud, que nous avons demandé de décrypter pour les Français de l’étranger et les autres cette élection et ses conséquences au niveau national comme international.
Contrairement aux idées reçues, l’expatriation peut parfois être un terreau propice au développement des violences conjugales.
Les nombreux appels à l’aide recueillis ces dernières années confirment que bon nombre de nos ressortissantes sont touchées par ces violences, du fait de l’isolement économique, géographique et social qui peut exister dans ce contexte particulier.
C’est la raison pour laquelle THE SORORITY FOUNDATION, l’Alliance Solidaire des Français de l’étranger (ASFE), Cœurs de Guerrières, France Victimes et Mots et Maux de Femmes, ont décidé de fonder ensemble la plateforme téléphonique « SAVE YOU ».
Violences sur les Françaises de l’étranger
Destinée aux Françaises de l’étranger victimes de violences, SAVE YOU leur permet désormais de bénéficier à tout moment d’une écoute spécialisée, assurée par une équipe de professionnels du social, de la santé et du droit.
Suivies à distance, elles pourront s’appuyer sur la communauté de l’application sécurisée THE SORORITY, permettant à chaque femme hors de France, en temps réel, de trouver ou de proposer de l’aide, du soutien ou un lieu sûr pour fuir en cas de danger immédiat.
Pour cela, un numéro unique, gratuit et accessible depuis le monde entier a été créé : +33.1.88.61.51.51
Pour Evelyne Renaud-Garabedian, Sénatrice des Français de l’étranger et présidente de l’ASFE, mouvement indépendant exclusivement consacré aux Françaisétablis hors de France, « cette plateforme était devenue une impérieuse nécessité, car les consulats sont démunis face aux spécificités des violences conjugales. Nous ferons le relai auprès des institutions consulaires et des élus à chaque fois que cela sera nécessaire ».
Participe également à cette initiative Cœurs de Guerrières, association française composée d’anciennes victimes de violences conjugales, qui apporte à la plateforme ses process internes sécurisés et son expertise en matière de prise en charge des personnes victimes de violences.
La fédération France Victimes – via sa plateforme Mémo de vie – met à disposition un véritable espace de stockage numérique pour mettre en sécurité des documents, données, contacts et preuves utiles.
En cas de retour en France, France Victimes pourra également assurer la prise en charge sur l’ensemble du territoire via son réseau d’associations.
Le collectif Mots et Maux de femmes mobilisera son réseau, fort de plus de 700 marraines présentes dans le monde entier.
Le soir du 31 octobre est synonyme de fête pour les petits et les grands. Dans les rues, nous pouvons apercevoir des sorcières, des fantômes, vampires et autres créatures maléfiques… Bien qu’elles n’aient pas l’air très sympathiques, elles ne vous demanderont qu’une poignée de bonbons ou de sucettes (dans le pire des cas, elles vous jetteront un sort…). Mais d’où vient réellement cette tradition ?
Les origines d’Halloween…
Lorsque l’on pense à Halloween, on pense forcément aux Etats-Unis. En effet, les Américains sont très forts pour décorer leur maison aux couleurs d’Halloween, avec des citrouilles, toiles d’araignées, squelettes… mais en réalité ce sont les Celtes qui célébraient cette fête, il y a plus de 3000 ans. Elle porte le nom de Samain !
Leur année était divisée en 2, la saison claire et la saison sombre. La Samain marque le passage entre les deux périodes. Ces cérémonies rassemblent l’ensemble de la communauté autour des druides et de grands feux allumés au sommet des collines pour éloigner les mauvais esprits. En effet, selon les croyances, cette période voit les âmes des défunts retourner auprès de leurs familles. Les vivants se costument et se griment de manière effrayante pour se fondre parmi les revenants.
Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la fête d’Halloween devient telle que nous la connaissons aujourd’hui, suite à l’exode des Irlandais et des Ecossais aux Etats-Unis.
Halloween est une altération de All Hallows Even qui signifie en réalité « le soir de tous les saints ».
Et si la citrouille était un navet !
La légende de Jack O’Lantern, un vieux compte irlandais, raconte l’histoire d’un ivrogne fourbe qui passa un pacte avec le diable… Jack fut condamné à errer dans les ténèbres pour l’éternité, muni d’une braise donnée par le Diable, placée dans une lanterne de fortune faite d’un navet creusé. En effet à cette époque il n’y avait pas de citrouilles en Irlande ou en Ecosse, les bougies furent placées dans des citrouilles après l’arrivée des Anglo-Saxons en Amérique (plus facile à creuser nous direz-vous). Ce fut également l’apparition de la couleur symbolique d’Halloween : l’orange.
Les traditions d’Halloween dans le monde
L’Irlande, l’origine d’Halloween
Pays fondateur d’Halloween, cette fête païenne celte marquait le début d’une nouvelle année, et célébrait les défunts. Aujourd’hui petits et grands perpétuent la tradition en se déguisant en créatures maléfiques : fantômes, zombies, sorcières ou gobelins pour éloigner les mauvais esprits en se faisant passer pour eux. À Derry ont lieu les plus importantes célébrations d’Halloween d’Irlande. Carnavals de rue, feux de joie et feux d’artifice sont au programme pendant la fête.
Parade d’Halloween à Dublin – Credits William Murphy
Le Mexique, fête haute en couleurs
Le 2 novembre au Mexique, on y célèbre el Día de los Muertos (Le Jour des Morts). Durant cette fête joyeuse, les habitants confectionnent toutes sortes de petits objets qu’ils iront déposer auprès de leurs proches disparus le dernier jour du festival. De nombreux défilés ont lieu dans les rues, les habitants arborent alors masques, maquillages ou costumes de squelettes. Fêtes nocturnes, parades, expositions d’art et autres activités se déroulent durant la semaine. On y déguste des produits typiques comme des têtes de mort en sucre, des tamales et du « pan de muerto », le pain du mort !
La Chine et ses fantômes
En Chine, on célèbre également une fête ancestrale plutôt que l’Halloween anglo-saxon : la Fête des Fantômes. Pendant cette période, la tradition veut que les esprits tourmentés de l’enfer chinois soient relâchés sur terre. Pour les apaiser, les habitants leur offrent des repas réconfortants, brûlent de l’encens et organisent des célébrations. Hong Kong est la destination idéale pour célébrer cette version d’Halloween.
Roumanie, le pays de Dracula
En Transylvanie, une région du centre de la Roumanie, se trouve la ville natale de Dracula. À Halloween, des fêtes médiévales et foraines sont organisées dans les châteaux aux alentours. Les rues et maisons sont également décorées dans un style macabre. Vous pourrez aussi assister au Festival des Vampires, où sorcières et vampires déambulent en toute liberté !
Château de Hunedoara – Château des Corvin à Hunedoara
Les États-Unis, experts en la matière
C’est en Amérique où la fête d’Halloween est la plus répandue ! Rappelons-le, cette tradition a été amenée outre-Atlantique par les Anglo-Saxons. Les Américains ne laissent rien au hasard durant cette période ! Leurs maisons sont affreusement décorées, leurs déguisements sont horrifiants, et leurs parades grandioses. Bien sûr c’est « the place to be » pour fêter Halloween dignement.
Les législateurs de l’Union européenne ont conclu un accord dans la soirée du 27 octobre exigeant que les nouvelles voitures et camionnettes soient neutres en carbone à partir de 2035. Cet accord capital met l’Europe sur la voie d’un avenir où l’automobile sera essentiellement électrique. C’est donc la fin programmée des véhicules essence et diesel !
Le Parlement européen, représenté par l’eurodéputé centriste néerlandais Jan Huitema, et le Conseil de l’UE, représenté par le titulaire de la présidence actuelle, la République tchèque, ont conclu un accord peu avant 21 heures, heure de Bruxelles.
Bien que considéré à l’origine comme l’une des propositions législatives les plus controversées de l’UE dans le cadre du « Pacte vert pour l’Europe », le dossier relatif aux normes de CO2 a progressé rapidement, devenant le premier des dossiers du paquet « Fit for 55 » à être approuvé par les États membres et le Parlement.
Voitures neutres en carbone d’ici 2035
C’est une « décision historique de l’UE pour le climat »scande Pascal Canfin, président de la commission Environnement au Parlement européen, à l’issue de l’accord.
La législation exigera dorénavant que toutes les nouvelles voitures et camionnettes vendues dans l’UE soient neutres en carbone d’ici 2035. La mesure interdit, de fait, la vente de nouvelles voitures à essence et diesel équipées d’un moteur à combustion.
Les législateurs ont également convenu d’un objectif intermédiaire de réduction des émissions de CO2 de 55% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2021 pour les voitures, et de 50% pour les camionnettes.
Le commissaire européen à l’Action pour le climat, Frans Timmermans, qui a participé à la soirée de négociation, a déclaré que l’accord constitue un signal fort pour l’industrie et les consommateurs.
« L’Europe s’engage dans la voie de la mobilité à émissions nulles. Les constructeurs automobiles européens prouvent déjà qu’ils sont prêts à passer à l’action, avec l’arrivée sur le marché de voitures électriques de plus en plus nombreuses et de plus en plus abordables », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Síkela, a déclaré que l’accord « ouvrira la voie à une industrie automobile moderne et compétitive dans l’UE ».
#FitFor55 | 🤝 DEAL! We have just reached a provisional political agreement between the @EUCouncil and the @Europarl_EN on the CO2 emission standards for cars and vans 🚙💨
This is the first agreed proposal from the Fit for 55 package.#EU2022CZ
Rapport sur les émissions de CO2 et « clause Ferrari »
Outre l’élimination progressive des voitures à essence et diesel, l’accord introduit une nouvelle méthodologie visant à établir un rapport sur les émissions de CO2 des véhicules sur l’ensemble de leur cycle de vie, que la Commission européenne présentera d’ici 2025.
Conformément à la volonté des États membres, la Commission publiera également, à partir de 2025, un rapport semestriel sur les progrès réalisés en matière de mobilité routière propre. Cela permettra de lancer « un fonds de transition juste dédié pour les salariés de la filière », précise M. Canfin.
Un différend concernant la « clause Ferrari » pour les constructeurs automobiles spécialisés a également été résolu. Dans le cadre de cet accord, les législateurs ont décidé que les constructeurs qui produisent jusqu’à 10 000 voitures et 22 000 camionnettes par an seront exemptés de l’objectif intermédiaire. Ils seront toutefois tenus de respecter l’objectif d’émissions nulles d’ici à la fin de 2035.
Jan Huitema, négociateur en chef du Parlement européen, a salué l’accord, estimant qu’il allait « créer de la clarté pour l’industrie automobile et stimuler l’innovation et les investissements pour les constructeurs automobiles ».
« Je suis heureux que nous soyons parvenus à un accord avec le Conseil sur une révision ambitieuse des objectifs pour 2030 et que nous ayons soutenu un objectif de réduction des émissions de 100 % en 2035 », a-t-il déclaré.
Les carburants neutres en carbone ont le vent en poupe
Malgré les critiques de l’industrie automobile et des eurodéputés conservateurs, le Parlement européen et le Conseil avaient précédemment approuvé l’objectif de 2035.
Le principal point de divergence était une phrase des considérants — une partie non contraignante de la législation — que le gouvernement allemand avait initialement proposée. Celle-ci invite la Commission européenne à faire une proposition visant à autoriser les véhicules « fonctionnant exclusivement avec des carburants neutres en CO2 » même au-delà de 2035.
Les critiques ont mis en garde contre cette proposition, déclarant qu’elle laisserait la porte ouverte aux véhicules fonctionnant avec des carburants de synthèse obtenus à partir d’électricité « verte », appelés e-carburants ou carburants de synthèse.
Le considérant a été intégré à l’accord final, selon une déclaration du Conseil.
L’exception est toutefois destinée à s’appliquer « en dehors du champ d’application des normes relatives au parc automobile », comme le précise le considérant. Cette formulation a suscité une certaine confusion quant à savoir si elle ne s’appliquerait qu’aux véhicules spéciaux tels que les ambulances ou si elle permettrait une utilisation plus large des moteurs à combustion interne.
M. Canfin a cherché à rassurer les critiques, affirmant que le considérant était « très vague » et « n’apporte rien de concret », si ce n’est « stabiliser le soutien de l’Allemagne » sur l’accord.
L’eurodéputé français a également attiré l’attention sur une nouvelle disposition introduite dans l’accord, qui demande à la Commission de faire une proposition « en 2023 » pour accélérer le déploiement des véhicules non polluants au sein des grandes entreprises.
« C’était une demande forte du Parlement d’accélérer la commercialisation des véhicules non polluants et le marché d’occasion des véhicules non polluants », a déclaré M. Canfin, dans un communiqué transmis par courriel.
Le PPE met en garde contre « l’effet La Havane »
Malgré le considérant sur les carburants de synthèse, le groupe PPE (centre droit) du Parlement européen a critiqué l’accord, estimant qu’il ne permet pas suffisamment de diversité technologique.
« L’accord d’aujourd’hui ferme la porte aux nouveaux développements technologiques et met tous les œufs dans le même panier. C’est une erreur », a déclaré l’eurodéputé Jens Gieseke, négociateur du groupe PPE, dans une déclaration après l’accord.
« Avec l’accord d’aujourd’hui, “l’effet La Havane” devient plus réaliste. Après 2035, nos rues pourraient devenir pleines de voitures anciennes, parce que les voitures neuves ne seront pas disponibles ou pas abordables », a averti l’eurodéputé conservateur allemand.
Les Verts, en revanche, ont salué l’accord.
« Ce genre d’ambition prouve que l’UE peut montrer la voie en matière d’action climatique et encouragera d’autres régions à intensifier leurs efforts », a déclaré Bas Eickhout, le négociateur pour les Verts.
L’industrie militaire allemande est une question métaphysique. Non que les noms de Krupp, Thyssen, Porsche, Daimler ou Rheinmetall effraient encore : le complexe militaro-industriel a été fondu après la guerre, la réconciliation franco-allemande a fondé l’Europe, les Allemands sont devenus plus pacifistes que la moyenne des Européens. Le complexe militaire allemand transcende cet objet politique aussi réel qu’imaginaire : l’Union Européenne.
Derrière l’annulation du conseil des ministres franco-allemand (cinq ministres allemands étaient en vacances, ah ces Nordiques qui feignassent aux Baléares !), une panne de libido dans le couple franco-allemand : ce ne serait plus un couple.
A priori, rien que de très normal, chacun son lobby. France et Allemagne sont les deux principaux industriels de l’armement en Europe. Mais depuis la guerre d’Ukraine, l’Allemagne fait sa révolution. Son budget militaire augmentera jusqu’à 2% du PIB en 2024, avec un plan d’urgence de 100 milliards.
Désillusion : rien pour la coopération franco-allemande.
En France aussi : + 3 milliards. C’est peu, par rapport à l’Allemagne, mais c’est +7% en un an, + 36% depuis 2017. La France espérait donc que le budget allemand alimente son industrie, notamment dans les programmes communs déjà décidés depuis Merkel : le Scaf, l’avion du futur, le char du futur.
Désillusion : les Allemands ont programmé leurs 100 milliards pour acheter des F35A, des hélicoptères Chinook, des Poséidons (Boeing) et d’autres équipements « sur la table », américains. Le montant des dépenses demandées par la Bundeswehr dépasserait déjà l’enveloppe des 100 milliards de… 100 milliards !
Rien pour la coopération franco-allemande. Au contraire, l’Allemagne annonce un bouclier aérien (European Sky Shield) avec les Israéliens et les Américains, et 13 autres pays européens. Sans la France ! Qui développe depuis sept ans son projet avec l’Italie (Mamba, déployé actuellement en Roumanie, à la demande de l’OTAN…)
La construction d’un nouvel hélicoptère est presque abandonnée, le char associant Nexter et Rheinmetall s’enlise : Rheinmetall propose son propre char. Pourtant, Nexter est déjà dans une corbeille franco-allemande depuis 2015, l’Etat français s’est marié avec la famille Bode-Wegmann au sein du nouveau groupe, KNDS. C’était le projet baptisé KANT. Métaphysique, déjà.
La politique reprend ses droits.
L’idée était de bâtir un groupe industriel d’armement franco-allemand, ce qui serait en train de se faire, si Rheinmetall ne cherchait à s’emparer du tout. Une tentative d’acheter les parts de la famille Boge Wegmann a échoué, à cause du veto français.
Serait-ce que l’appétit allemand soit démesuré ? Les premiers actionnaires de Rheinmetall sont américains, comme, d’ailleurs, ceux de ThyssenKrupp, peu sensibles à la libido du couple franco-allemand ou à l’autonomie stratégique européenne.
La politique reprend ses droits. Après le déjeuner Scholz-Macron, Airbus et Dassault sont sommés de trouver un accord ; le char franco-allemand est remis sur les rails. Est-ce suffisant ? Non. Là ne s’arrêtent pas les divergences franco-allemandes. Sur la crise énergétique, France et Allemagne n’ont pas la même approche. La France veut un plafonnement des prix, l’Allemagne a dégainé son plan à 200 milliards. L’Allemagne cherche son gaz, la France relance le nucléaire. Est-ce si grave ? Non plus.
L’Allemagne défend son industrie, la France ses déficits.
C’est l’illustration de deux pays sur des trajectoires différentes. L’Allemagne défend son industrie, un modèle économique qui lui permet d’accumuler les excédents budgétaires, les records d’exportation, un revenu par habitant désormais 30% plus élevé que celui des Français.
La France, elle défend ses… déficits. Un Etat beaucoup plus dépensier, beaucoup plus dirigiste, y compris dans l’industrie, militaire ou non.
La France, pour les Allemands, fait partie des pays « cigales », ceux du Club Med. Ils mettent l’euro en danger. Ils sont surpris d’entendre « La Melloni », hier eurosceptique, faire leçon d’européanisme aux Allemands, alors que l’Italie reçoit 200 milliards de l’Europe, grâce au sérieux budgétaire allemand. La France est le pays qui emprunte le plus, qui n’a tenu aucun de ses engagements budgétaires, jamais.
Pour l’Allemagne, ultra décentralisée, fondée sur le compromis politique et syndical, la France est un pays toujours à la limite de la crise sociale, jacobin, monarchique, assez peu démocratique, pour le meilleur et pour le pire, efficace pour envoyer des forces militaires à l’étranger, ce qui inquiète. La France est le pays du monde qui a accompli le plus d’interventions extérieures depuis 1945. L’Allemagne l’interdit, comme elle interdit de vendre des armes à des pays en guerre, un problème pour exporter des armes conçues en commun.
La richesse de l’Allemagne repose sur la stabilité européenne plus que sur son industrie.
D’où cette « nouvelle Allemagne », appuyée sur son économie et l’Europe de l’Est. L’Allemagne est favorable à l’intégration européenne des pays des Balkans et de l’Ukraine, la France rechigne. Avec raison : de telles intégrations tueraient l’UE, en tout cas en changeraient le sens, et la gouvernance franco-allemande.
Aujourd’hui, l’Allemagne a les moyens financiers, et désormais militaires, c’est-à-dire diplomatiques, de jouer seule. Elle aurait tort.
D’abord parce qu’elle est ontologiquement européenne. Elle l’a inscrit dans sa Loi fondamentale. Sa richesse repose sur la stabilité européenne plus que sur son industrie. Elle peut certes conclure une alliance avec les États-Unis, s’appuyer sur l’Europe de l’Est, sans la France. Cela reviendrait à revenir sous tutelle. Se couper de toute latitude, y compris vis-à-vis de la Chine. Alors que Scholz vient de donner son accord pour que les Chinois rachètent un tiers du port de Hambourg… Enfin, à provoquer une suspicion en Europe, et une opposition de la France. Que pourrait devenir une Union européenne avec une France rétive ? Une impasse. Et puis la sujétion américaine coûte cher. Combien coûtent déjà le gaz américain et les restrictions futures au commerce avec la Chine ?
Sans la France, l’Allemagne perd l’Europe.
L’Allemagne ne peut se passer de l’alliance française. Lors de la première rencontre de Jacques Chirac et de Gerhard Schroeder, nouveau chancelier, à Berlin, Schroeder appelait Chirac « Monsieur leprésident ». Chirac le prit par le bras et l’emmena à l’écart : « Alors maintenant, je t’appelle Gerhard et tu m’appelles Jacques. On est amis. Parce que si on n’est pas amis, tous là, ils vont dire qu’il y a un froid entre la France et l’Allemagne. Or c’est impossible. Donc on est amis, que ça plaise ou non. Hein Gerhard ? ». La France craint toujours que l’Allemagne la lâche. C’est oublier que sans la France l’Allemagne perdrait l’Europe.
Alors l’avion de combat verra le jour, le char aussi. Sébastien Lecornu et Christine Lambrecht ont mission de réussir. D’autant que les industries françaises peuvent jouer en solitaire -même un programme de 80 milliards comme le SCAF est finançable sur 40 ans-, elles sont meilleures que les industries allemandes. C’est bien le problème de Dassault qui ne veut pas partager son savoir-faire…
L’euro n’est pas que de la monnaie et l’industrie militaire pas que de l’industrie.
S’il n’y a pas d’accord industriel, il ne peut y avoir d’accord stratégique ; s’il n’y a pas d’accord stratégique, il n’y a pas d’Europe des Européens, disait De Gaulle (en opposition avec l’Europe des Américains). S’il n’y a pas d’Europe des Européens, il n’y a pas d’Allemagne autonome. Voilà pourquoi l’Euro n’est pas que de la monnaie et l’industrie militaire pas que de l’industrie.
L’Allemagne, après sa destruction en 1945, s’est refondée sur la « dignité de l’homme » (articles dits « éternels », immodifiables) de la Loi Fondamentale allemande, et la paix. Tout ce qu’elle avait détruit, qui l’avait détruite. Le nouveau chant de la Ruhr -le plomb qui se transforme en or, plutôt que l’or qui se transforme en plomb-, est la prière de l’Allemagne pour ne pas sortir de son lit européen. Kant, n’est-ce pas celui qui écrivit un projet de paix perpétuelle ? Métaphysique, la politique.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press