Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • La hausse des taux d’intérêt, une bonne nouvelle ! 

    La hausse des taux d’intérêt, une bonne nouvelle ! 

    Depuis une génération, les taux d’intérêt étaient orientés à la baisse au point de devenir négatifs pour l’Etat et certaines grandes entreprises. Les emprunteurs remboursaient alors moins que ce qu’ils avaient emprunté. Pour beaucoup, c’était inconcevable voire irrationnel. La diminution des taux téléguidée par les banques centrales avait comme objectif de lutter contre la déflation et de favoriser la croissance de l’économie. 

    Cette évolution n’a jamais eu vocation d’être pérenne. La politique monétaire dite accommodante, supposée être temporaire et exceptionnelle, s’est pourtant installée dans la durée en raison de la persistance d’une inflation faible entre 2010 et 2019 et aussi par facilité. Le bilan de cette politique est ambigu. A défaut de favoriser une réelle augmentation des prix des biens réels, elle a provoqué une augmentation sans précédent de ceux de l’immobilier et des actions.

    Les taux bas ont entretenu l’économie de rente 

    L’inflation au lieu de se loger dans les premiers s’est épanoui dans les seconds, générant de véritables bulles spéculatives. Si les ménages pouvaient emprunter à des conditions avantageuses, ils étaient cependant confrontés à des prix de l’immobilier sans précédent. Pour les jeunes ménages, la marche vers l’accession à la propriété est ainsi devenue bien souvent trop haute. Les taux bas ont entretenu l’économie de rente. Au sein des grandes agglomérations les prix des logements et des terrains ont atteint des sommets générant des richesses rapides déconnectées des réalités économiques. 

    La rente était également présente sur les marchés « actions ». Les gains étaient réalisés bien souvent par la valorisation du cours et non par la rentabilité des activités économiques, la baisse des gains de productivité en étant un des signes. Les investisseurs privilégiaient non pas le marché primaire, celui des émissions, mais le marché secondaire qui, dans les faits, ne contribue pas au financement de l’économie réelle. Les faibles taux d’intérêt ont faussé l’échelle des valeurs et ont incité les Etats voire l’ensemble des agents économiques à se surendetter.

    L’argent facile ne fait pas le bonheur.

    Ils ont conduit à l’illusion d’un argent gratuit ou presque et sans limite, illusion renforcée par les politiques du « quoi qu’il en coûte » mises en œuvre en réponse à l’épidémie de Covid. Les taux bas sont devenus une drogue à fort effet d’accoutumance. L’argent bon marché n’a pas amené des investissements productifs. L’argent facile ne fait pas le bonheur. Il conduit à une mauvaise allocation des ressources. 

    Des entreprises peu rentables peuvent se maintenir au détriment d’autres qui auraient besoin de ressources financières pour se développer. Les faibles taux ont ralenti la diffusion du progrès technique et le renouvellement du tissu économique. Les épargnants privilégiant les produits de taux ont été également perdants, poussant un certain nombre d’entre eux à opter pour des placements spéculatifs comme ce fut le cas, ces dernières années, avec les cryptoactifs. Le retour de l’inflation oblige les banques centrales à sortir de cette période anormale. La hausse des taux est vécue comme un drame quand elle est indispensable pour enrayer l’inflation. Elle est surtout logique d’un point de vue économique et financier. 

    Logiquement, le niveau des taux d’intérêt est fonction de l’inflation et de la croissance anticipée sur la période de l’emprunt. Cette équation n’est plus respectée depuis de très nombreuses années. Avec une inflation de près de 10% au sein de la zone euro, les taux de banque centrale devraient à minima évoluer autour de 7 voire 8% et non se situer comme aujourd’hui autour de 1,5%.

    Les taux d’intérêt réels sont négatifs 

    La politique monétaire pratiquée actuellement reste plus qu’accommodante dans les faits. Les taux d’intérêt réels sont négatifs de plusieurs points rendant le coût de l’endettement faible sous réserve que les revenus de l’emprunteur suivent l’inflation. Le 30 septembre 1989, le taux de l’emprunt d’Etat français à 10 ans était de 9% quand l’inflation était de 3,6%. 

    Avant la crise financière de 2007, le taux de cette même obligation d’Etat était de 4,5%. A la fin du mois de septembre de cette année, il s’élevait à 2,8% avec une inflation de 5,6%. Le chemin à parcourir pour revenir à un niveau dit normal des taux sera sans nul doute long, voire très long.

    Une solution inavouable 

    Les Etats surendettés sont exposés comme jamais à leur remontée, celle-ci pouvant entraîner une crise de solvabilité de grande ampleur. L’inflation érodant la valeur nominale des dettes constitue une solution inavouable pour bien des gouvernements. Après une série de crises, les populations sont par ailleurs sensibles et réactives face aux pertes éventuelles de pouvoir d’achat. Les pouvoirs publics craignent les conséquences d’une récession brutale qui serait provoquée par une hausse des taux. Quoi qu’il en soit le retour à la normale en matière de taux d’intérêt sera salutaire pour tous. L’argent est une ressource rare, qu’il faut utiliser avec parcimonie et justesse. Les taux ont pour mission de le rappeler. 

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.10.22

    Bonjour à tous, et bienvenue dans le flash des expatriés du mardi 04 octobre. Dans l’actu des Français de l’étranger, ce qu’il fallait retenir de la première journée de l’AFE, l’élection brésilienne vue par les Français et la situation de nos compatriotes au Burkina Faso.  

    A l’assemblée des Français de l’étranger, le ministre n’est pas magicien 

    Comme pour chaque session de l’AFE, c’est le ministre en charge des Français de l’étranger qui ouvre les festivités. Olivier Becht, en fonction depuis le remaniement de juillet 2022, a donc prononcé son discours qui reprenait les éléments de langage déjà communiqués sur notre site lors de son interview ou dans son message vidéo sur Youtube. On notera tout de même que les élus ont fait preuve de courage en admettant que leurs résolutions ne sont pas suivies d’effets. Une situation que déplore le ministre mais à laquelle il reconnaît une impuissance puisqu’il n’est pas « magicien » comme il l’a dit lui même ce 03 octobre.  

    Un inattendu second tour au Brésil 

    Et c’est une bonne nouvelle, signe de la richesse du débat public dans ce pays qui a longtemps été marqué par la dictature. Alors que dans de nombreux pays ont annoncé une victoire dès le premier tour, sur place, les Français comme les Brésiliens s’attendaient à un score serré. Une réflexion que partage le président de l’UFE Brésil et conseiller consulaire Bertrand Dupont. On l’écoute.  

    Les Français pris en otage au Burkina Faso 

    Les 4000 Français du Burkina Faso vivent des heures difficiles alors que le pays est en proie à un coup d’Etat, le deuxième de l’année. Entre fausses rumeurs, propagande russe, haine de l’ancien colonisateur et absence d’autorité forte, les exactions se multiplient. Ce week-end l’ambassade de France fut attaqué à plusieurs reprises et en ce début de semaine la tension est toujours forte. Les Français sur place sont prisonniers actuellement de leur résidence, circuler en ville serait trop dangereux et quitter le pays se révèle impossible alors que les bandes de pillards contrôlent les grands axes et que l’aéroport reste fermé.  

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.  

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Brésil : le second tour de tous les dangers ! Témoignage d’un élu consulaire

    Brésil : le second tour de tous les dangers ! Témoignage d’un élu consulaire

    Au Brésil, la démocratie s’enracine. Depuis 2002 et la première élection de Luiz Inácio Lula da Silva dit Lula, le jeu des élections et de l’alternance politique se sont ancrés dans la vie politique du géant d’Amérique du sud comme le démontre la forte participation. Cependant le second tour s’annonce comme le « grand oral » du peuple brésilien. Est-ce que la campagne va rester non violente même si elle est rugueuse entre les deux candidats aux antipodes de l’échiquier politique ? Est-ce que les électeurs brésiliens vont accepter le résultat des urnes ? Des questions au coeur des préoccupations des Français de l’étranger.

    Pour bien comprendre les enjeux et sonder la communauté française du pays, on a reçu Bertrand Dupont, le président des Bretons de Sao Paulo et de l’UFE du Brésil. Ce Français installé de longue date au Brésil est aussi élu des Français du Brésil – Sud.

    Une élection finalement pas si facile pour Lula

    Le président brésilien sortant Jair Bolsonaro a créé la surprise dimanche en talonnant le leader de la gauche Luiz Inácio Lula da Silva au premier tour de l’élection présidentielle. Un résultat bien loin des annonces de victoire au premier tour qu’annonçaient les médias européens.

    « Les sondages se sont trompés. Ils annonçaient 51% contre 36%. La différence est énorme. Personnellement j’étais réservé, en particulier depuis les manifestations de soutien au président Bolsonaro. »

    Bertrand Dupont, élu des Français du Brésil

    Mais un second tour, c’est aussi le signe d’un débat public libre et intense, une bonne nouvelle. Mais cela n’empêche pas qu’entre Bolsonaro et Lula, le duel s’annonce très incertain. Un duel au couteau se prépare entre les deux ennemis. Ils auront trois semaines de campagne d’ici au second tour, le 30 octobre, pour convaincre leurs compatriotes.

    Interrogé par la presse, Bolsonaro s’est abstenu de lancer ses habituelles attaques contre le système électoral ou les juges de la Cour suprême et a reconnu qu’il y avait «une volonté de changement d’une partie de la population. Mais certains changements peuvent mener au pire», a-t-il mis en garde.

    Le président brésilien a aussi réussi à faire élire une vague de gouverneurs, sénateurs et députés, montrant un enracinement des valeurs ultra-conservatrices incarnées par le bolsonarisme, séduisant notamment le stratégique électorat évangélique. Le président a également déversé des milliards en aides sociales pour les plus pauvres à quelques mois de l’élection pour faire oublier sa gestion calamiteuse de la crise de la Covid-19 qui a fait près de 700.000 morts, et la faim qui affecte 30 millions de Brésiliens.

    Une campagne très longue

    Bertrand Dupont
    Bertrand Dupont

    Avec Bertrand Dupont, on s’immerge dans l’ambiance de la campagne. On en profite aussi pour découvrir le système électoral du Brésil. Vote électronique, second tour éloigné de 4 semaines, gestion des fuseaux horaires… l’élu consulaire nous explique tout.

    Evidemment, on se demandera quel regard portent les 40 000 Français résidant au Brésil sur ces élections et quels sont les enjeux pour eux ?

    Ecoutez le podcast avec Bertrand Dupont

  • Emmanuel Quidet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe naturalisé russe en pleine crise ukrainienne

    Emmanuel Quidet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe naturalisé russe en pleine crise ukrainienne

    Dans la communauté française de Moscou, tous ceux qui veulent faire du business avec la Russie connaissent Emmanuel Quidet. Cet homme qui a co-fondé il y a 25 ans la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe est depuis quelques jours un citoyen russe par la grâce de Vladimir Poutine. Zoom sur une curieuse naturalisation en plein crise opposant la Russie et les Occidentaux sur l’Ukraine.

    Une Chambre de Commerce et d’Industrie influente

    La CCI France Russie regroupe 400 entreprises françaises, russes et internationales en 2021. Les adhésions constituent la principale source de financement, assurée principalement par 49 partenaires dont Business France. Elle propose de nombreux services de soutien au développement commercial pour les entreprises françaises souhaitant se développer en Russie.

    Ainsi, la CCI France Russie fait du lobbying auprès de l’administration russe pour faciliter l’implantation de nos entreprises sur le territoire russe. Dans son conseil économique, qui était présidé jusqu’au 12 avril 2022 par Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, depuis c’est Gennady Timchenko, propriétaire du groupe d’investissement privé Volga Group, qui a pris le relais, il était co-président avant le départ du patron français. Dans ce cadre, plusieurs réunions ont eu lieu, ces dernières semaines, entre les services de Vladimir Poutine et des personnalités françaises et russes, comme les directeurs des sociétés membres pour tenter de trouver une solution afin de pérenniser les investissement français dans le pays. Une mission partiellement réussie, puisque de nombreux acteurs français ont du se retirer de Russie.

    Un homme au coeur du pouvoir

    En mars 2021, à son domicile, Emmanuel Quidet avait organisé un dîner entre son ami oligarque Guennadi Timtchenko, proche du chef du Kremlin, président du conseil économique de la CCIFR et François Fillon lorsque l’ex-Premier ministre français était en quête d’un poste dans un conseil d’administration d’une grande entreprise en Russie. Preuve de l’étendue de son réseau à travers toutes les Russies.

    Mais depuis, Guennadi Timtchenko est sur les listes de sanctions européenne et américaine ce qui n’empêche pas la CCI de le laisser piloter son conseil économique. Une bienveillance d’Emmanuel Quidet pour laquelle il fut récompensée, si on peut dire, par l’octroi d’un passeport russe. Mais il ne fut pas le seul, dans la liste figurent onze autres Français, pour la plupart des descendants d’émigrés russes « blancs ». Vivant en Russie depuis longtemps, ils cherchaient depuis des années à récupérer une citoyenneté dont ils avaient été privés.

    Un traite ?

    La nouvelle de l’attribution du passeport russe à Emmanuel Quidet a provoqué la surprise et l’embarras parmi les Français installés à Moscou. « Je n’en reviens pas », confie un haut diplomate français au journal « Les Echos ».

    Pourtant comme nous l’indique le dirigeant d’une société française membre de la CCI, « depuis longtemps, Emmanuel Quidet avait choisi son camp ». Une position dont essaye de se détacher les quelques rares businessmen français encore présents sur place pour qui il faut savoir se fixer des limites éthiques entre les valeurs humaines et les besoins professionnels.

    Emmanuel Quidet peut encore faire le choix de refuser le passeport afin de respecter son engagement auprès de la France. Notre pays en lui confiant la CCI Franco-russe a largement participé à la réussite de ce monsieur en Russie, peut-il, convenance économique, tourner le dos à notre pays ? Du côté d’Olivier Becht, le ministre des Français de l’étranger et du commerce extérieur, on se dit préoccupé, et on réfléchit à d’éventuelles sanctions comme le retrait du label Chambre de commerce et d’industrie internationale française. Que va faire Emmanuel Quidet ? La réponse dans les prochains jours.

  • Finances publiques, la sortie de route est-elle évitable ? 

    Finances publiques, la sortie de route est-elle évitable ? 

    Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, le taux d’endettement public a augmenté depuis 20 ans, aidé en cela par des taux d’intérêt restés historiquement bas et en lien avec une succession de crises (subprimes en 2008, crise des dettes publiques en zone euro en 2011/2013, crise sanitaire en 2020 et guerre en Ukraine).

    Une faible hausse des taux d’intérêt par rapport aux taux de croissance suffirait à déclencher une crise généralisée

    Les États ont de plus en plus recours à la politique budgétaire pour soutenir les profits des entreprises et les revenus des ménages. Dans cette configuration, une assez faible hausse des taux d’intérêt à long terme par rapport aux taux de croissance suffirait à déclencher une crise généralisée de perte de solvabilité budgétaire. 

    Depuis le début du XXIe siècle, au sein de l’OCDE, l’interventionnisme public est de mise dès qu’il y a un ralentissement de la croissance. Le niveau de soutien s’accroît de crise en crise, ces dernières ayant tendance à devenir de plus en plus violentes.

    Si lors de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, le déficit public fut porté de 1 à 2 % du PIB, en 2008, lors de la crise des subprimes, il est passé de 2 à 8 % du PIB. Durant l’épidémie de Covid-19, le déficit au sein de l’OCDE s’éleva de 2 à 12 % du PIB. Avec la guerre en Ukraine, il reste supérieur à 5 % du PIB.

    La dette publique a atteint 125 % du PIB en 2022, contre 75 % en 2002.  

    Les gouvernements augmentent les dépenses et baissent les prélèvements. Au sein de l’OCDE, les prestations sociales sont ainsi passées de 17 à 20 % du PIB en vingt ans quand le taux d’imposition des profits est passé de 33 à 23 %. Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, la dette publique a atteint 125 % du PIB en 2022, contre 75 % en 2002. Tant que les taux d’intérêt à long terme étaient inférieurs au taux de croissance à long terme, ce qui était le cas depuis la crise des subprimes, la soutenabilité de la dette publique était satisfaite. Dès lors que le taux d’intérêt à long terme devient supérieur au taux de croissance, la maîtrise de la dette publique suppose un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts) plus élevé.

    Diminuer les dépenses, augmenter les impôts ? 

    Une hausse des taux d’intérêt au-dessus des taux de croissance peut donc provoquer une perte de la solvabilité budgétaire. Pour éviter ce problème, les États peuvent mener des politiques budgétaires plus restrictives en diminuant les dépenses publiques et en augmentant les impôts. La réduction des déficits aurait comme conséquence une diminution des taux d’intérêt, ce qui faciliterait d’autant la soutenabilité de la dette. L’effort budgétaire à mener pourrait être élevé si les taux à long terme revenaient au niveau de la croissance de long terme. Dans ce cas, le budget primaire (hors intérêts sur la dette) devrait être équilibré. 

    La réduction à réaliser serait au minimum de deux points de PIB. Une telle contraction du déficit aurait un effet récessif non négligeable.

    Une réduction du poids de la dette par l’inflation. 

    La sensibilité de l’opinion publique à tout ralentissement économique est telle que, quelle que soit l’inflation, les gouvernements sont sans nul doute disposés à maintenir des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance. La politique monétaire garantirait ainsi la soutenabilité de la dette publique en lieu et place de la politique budgétaire. Ce choix a comme inconvénient d’alimenter l’inflation. De plus, les taux d’intérêt anormalement bas conduisent à l’instabilité financière (bulles sur les prix des actifs). La taxe inflationniste, par érosion des encaisses, pourrait ainsi dépasser 6 % du PIB au sein de l’OCDE en 2022. Elle permettrait une réduction du poids de la dette publique au sein du PIB. 

    Le maintien de taux d’intérêt bas suppose que les épargnants continuent à investir dans des produits obligataires. L’aversion aux risques favorise ce comportement. La cohabitation de l’inflation et des taux bas pénalisera les épargnants engagés dans les produits de taux.

  • La France dans les eaux troubles du Burkina Faso

    La France dans les eaux troubles du Burkina Faso

    Les 4000 Français du Burkina Faso vivent des heures difficiles alors que le pays est en proie à un coup d’Etat, le deuxième de l’année. Entre fausses rumeurs, propagande russe, haine de l’ancien colonisateur et absence d’autorité forte, les exactions se multiplient. Première cible, l’ambassade de France à Ouagadougou.

    Un coup d’Etat piloté depuis Moscou ?

    La capitale du Burkina Faso est plongée dans le chaos depuis le coup d’État survenu ce vendredi, et la France est directement prise pour cible par les manifestants favorables aux putschistes.

    Les manifestants expriment à la fois un fort ressentiment anti-français et un appel à l’intervention de la Russie !

    « On veut la Russie, on veut une collaboration avec le Mali, la France à bas ! »

    Une manifestante au milieu d’une foule où on aperçoit quelques drapeaux russes.

    Dès leur déclaration de samedi, signée du capitaine Ibrahim Traoré, les putschistes avaient mentionné leur « ferme volonté d’aller vers d’autres partenaires prêts à aider dans la lutte contre le terrorisme ». Si la Russie n’est pas explicitement citée, c’est bien elle qu’appellent à la rescousse les manifestants de Ouagadougou, brandissant des drapeaux russes et appelant à imiter le Mali. L’armée malienne a en effet eu recours à des « instructeurs » du groupe paramilitaire Wagner, qui ont parfois directement repris les bases abandonnées par les militaires français lors du retrait de l’opération Barkhane. Ces mercenaires russes sont proches du Kremlin, ne répondant qu’à Poutine, ils sont devenus le bras armé d’une influence russe grandissante dans toute l’Afrique francophone.

    Les drapeaux russes ont déjà fait leur apparition plusieurs fois dans des manifestations du même type dans tout le Sahel. En échouant à neutraliser les groupes djihadistes dans la région, qui se sont au contraire développés malgré l’ampleur de l’opération Barkhane, la France en est paradoxalement vue comme la responsable, voire la complice. 

    Les réseaux sociaux diffusent sans relâche des rumeurs colportant cette collusion supposée, parfois relayées aussi par des acteurs politiques majeurs, comme récemment le ministre des Affaires étrangères malien. Les réseaux russes semblent ne pas être étrangers à ce qui semble être une campagne orchestrée de désinformation. 

    Lors du putsch de janvier dernier, l’homme d’affaires russe Evgueni Prigojine, proche du Kremlin et qui a depuis reconnu avoir fondé le groupe Wagner, avait salué le coup d’État comme le signe d’une « nouvelle ère de décolonisation », faisant implicitement offre de services au nouveau pouvoir à Ouagadougou. L’IRSEM (Institut stratégique de l’Ecole militaire), avait d’ailleurs pointé dans un rapport du mois dernier, la « percée » récente, dans l’audience burkinabée, des antennes francophones de RT et Sputnik, deux médias téléguidés par Moscou.

    L’ambassade de France au coeur de la tempête

    L’ambassade de France à Ouagadougou a été prise pour cible par des manifestants dimanche pour la deuxième fois en deux jours. Quelques dizaines de manifestants ont mis le feu à des barrières et jeté des pierres contre le bâtiment. Des grenades de gaz lacrymogène ont été tirées pour les disperser, selon un journaliste sur place. Ils soutiennent les militaires auteurs d’un coup d’Etat, vendredi. Samedi, ces derniers accusent la France d’aider le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qu’ils ont renversé, à préparer la reprise du pouvoir.

    Attaque de l’Ambassade de France à Ouagadougou ce dimanche 02 octobre 2022 ©AFP

    Des manifestants s’étaient déjà réunis devant l’ambassade de France en fin de journée, et un incendie s’était déclaré. Un autre feu avait été allumé devant l’Institut français à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays. Le ministère français des Affaires étrangères a condamné les violences et appelé les Français à « rester chez eux jusqu’à nouvel ordre ».

    Des rumeurs qui ciblent la France

    Si les manifestants s’en sont pris à notre ambassade samedi, c’est que ce jour, les putschistes ont affirmé que l’ancien chef de la junte s’était réfugié sur la base de Kamboinsin, où des militaires français forment l’armée burkinabée, et d’y préparer une « contre-offensive ». Ce dernier l’a démenti dans un communiqué sur Facebook, sans dévoiler où il se trouve. Le Quai d’Orsay a fait de même, et sa porte-parole Anne-Claire Legendre a décrit les manifestants comme « manipulés par une campagne de désinformation à notre encontre ».

    Manifestation le 01 octobre devant l’ambassade de France ©REUTERS/Vincent Bado

    Des consignes de prudence

    Logiquement depuis le 30 septembre, les services consulaires sont mobilisés pour nos compatriotes. La situation reste tendue à Ouagadougou ce lundi. Il est recommandé de limiter ses déplacements au strict nécessaire, d’observer une attitude de prudence et de réserve, et d’éviter les attroupements. Les citoyens français peuvent être pris pour cible surtout que les possibilités pour ces derniers de quitter le territoire sont limitées avec des routes tenues par des bandes, profitant du chaos, et la fermeture de l’aéroport.

  • Hégémonie occidentale

    Hégémonie occidentale

    Il n’y a pas de guerre mondiale, mais il y a bien une guerre mondialisée. Poutine a raison : l’Occident impose son hégémonie. America is back, en grande partie grâce à lui. Soit, la récession s’annonce aux Etats-Unis. Mais elle se pointe partout dans le monde. 

    Dans la crise qui vient, celle qui succède à la crise de la Covid, après la crise de l’euro, après celle des subprimes, dans la crise annoncée, qui sera peut-être moins forte qu’annoncée, peut-être plus, parce que les crises engendrent les crises, les Etats-Unis entrent peut-être les premiers -c’est à voir- mais en sortiront les premiers -c’est certain. 

    Le dollar a gagné 20%, en moyenne, en un an, par rapport aux autres devises. L’euro (-15%) oscille autour de la parité.  Le yuan chinois est tombé à son plus bas niveau depuis 2008. La croissance chinoise, l’année prochaine, devrait être en dessous de 3%, une croissance inférieure à celle de ses voisins : du jamais vu depuis Deng. Insuffisant pour maîtriser la société chinoise sans accroître la surveillance policière. Les purges au sein de l’appareil s’accentuent, les faillites aussi. 

    Et l’Europe ? Elle prévoit -15% de consommation de gaz et multiplie les diversifications d’approvisionnement. L’Allemagne entre en récession. Les pays européens craignent l’hiver. La crise peut venir de l’intérieur de chaque pays, entre chaque pays : crise sociale face aux gouvernements affaiblis, crise monétaire à cause des écarts de taux entre Etats.

    La BCE monte les taux pas à pas, comme un condamné à l’échafaud.

    Pour éviter la crise sociale, des chèques. La hausse des prix est une ponction directe sur le pouvoir d’achat, non compensée par les augmentations de salaires, qui, si elles étaient accordées, alimenteraient l’inflation. L’Allemagne met 200 milliards sur la table. Le Royaume-Uni 90. La France en reste à 40. Mais l’Italie, avec ses Fratelli, combien peut-elle mettre ? Rien, sauf ce qui vient de la Banque centrale européenne. Et si les taux italiens devaient grimper comme ceux des Grecs il y a quelques années, virer la Meloni et rappeler Draghi suffirait-il ? Quel écho aurait un Salvini pacifiste pro-russe ? La BCE monte les taux pas à pas, comme un condamné à l’échafaud : toute hausse de taux plombe la croissance et accroit le poids de la dette.

    Le « petit-bourgeois » « occidental » plus douillet que le moujik « russe ».  

    C’est sur la crise sociale à venir, la division européenne, que compte Poutine. Il pense que le « petit-bourgeois » « occidental » est plus douillet que le moujik « russe ». Mais qui, de la crise mondiale, s’en sortira le mieux ? Quels sont les pays qui tiendront face à l’étranglement des circuits de financement et de distribution ? Ceux qui peuvent s’appuyer sur une monnaie et une économie solide : les pays capitalistes ont du capital.

    En cinquante ans, le « déclin », relatif, de l’Occident correspond à ce moment, la mondialisation, où la croissance mondiale a tiré les pays émergents et permis aux moins riches de rattraper les autres. A l’inverse, en temps de crise, les dodus ont des capacités de résistance que n’ont pas les autres. Les pays capitalistes ont du capital. La Banque de France évalue le « patrimoine » de la France à 18.000 milliards d’euros (détenu à moitié en immobilier par les ménages), en progression de 8% en un an.

    Un peu comme si un Américain avait gagné 20% de bons d’achats sur le monde. 

    D’un côté, la faim qui revient, avec 345 millions de personnes menacés, alerte le FMI, qui ouvre des lignes de crédits d’urgence. De l’autre, des capacités de crédit fondées sur un patrimoine, et des monnaies fortes, notamment le dollar. Encore une fois : +20%. En caricaturant, c’est un peu comme si un Américain avait gagné 20% de bons d’achats sur le monde.

    Otan, dollar, énergie, GAFAM, les Etats-Unis voient leur poids mondial renforcé. L « alliance anti occidentale » s’effrite déjà. La Chine lâche la Russie. L’Iran se cabre sous les coups de ces femmes « occidentalisées » qui défient la police religieuse. Car là aussi, la lutte se joue entre la modernité occidentale et l’archaïsme théocratique. Les droits des femmes : un impérialisme culturel …

    Voilà le vrai poison : l’Occident n’est plus en Occident. Poutine a raison : l’Occident est mondial. Il est à Téhéran. Il est à Tokyo, Taipeh, Séoul, Singapour, Rio, Oslo, demain à Saint Pétersbourg, il faut l’espérer. Les racines finoises des Finlandais sont-elles plus « occidentales » que celles des Slaves russes ? L’Occident est partout.

    L’Inde sera-telle le pivot de l’Occident ? 

    Les Chinois anciens appelaient l’Inde : « le paradis occidental ». L’Inde, pays misérable à la croissance robuste, avec ses guerres religieuses et ses apôtres de la non-violence, pays polythéiste et membre du Commonwealth, sera-t-il le pivot de l’Occident ? 

    L’Occident est un faux pays, un mirage oriental, à moins qu’il ne représente tout ce que Poutine et autres tyranneaux craignent, envient, admirent, redoutent. 

    Pendant que de pauvres jeunes gens meurent sous les ordres de brutes imbéciles au nom d’un drapeau souillé de crimes, un nouvel ordre mondial apparait, dans une révolution qui saute de crise en crise. Ses déchirures sont violentes, ses promesses aussi. Il peut se faire sans la Russie, pas sans les Etats-Unis ni l’Europe. Il ne se fera pas non plus sans les valeurs « occidentales » : pas parce que les « Occidentaux » seraient les plus forts -ils sont de moins en moins en Occident- mais parce que ces valeurs renforcent ceux qui les adoptent. 

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 03.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 03.10.22

    Bonjour, à tous, nous voilà déjà au mois d’octobre, on commence le mois par l’ouverture ce lundi 03 octobre de l’AFE, l’occasion de faire le point avec Ronan Le Gleut sur la rentrée des LR tandis que la réforme des retraites plombe le nouveau mandat d’Emmanuel Macron. 

    Ouverture de l’Assemblée des Français de l’étranger

    C’est la deuxième session de l’année 2022 et la deuxième que préside la nouvelle élue Hélène Degryse. Elle a d’ailleurs mis sa patte à cette organisation qui sera ponctuée de réunions sur le thème de l’égalité des sexes mais dont l’enjeu principal est l’avis émis sur le budget 2023. Alors que la commission finance avait alerté la semaine dernière sur l’absence des documents nécessaires à l’étude, depuis la situation s’est normalisée. Cependant, à un an de la sénatoriale, l’ambiance sera lourde dans le centre de conférence du Ministère des Affaires étrangères. Les 90 élus se préparent à une campagne rugueuse. Une session qui se déroulera sur toute la semaine, nous en parlerons chaque jour. 

    Participez à notre consultation

    Ronan Le Gleut et la résidence d’attache 

    Alors que son mandat sera remis en jeu l’année prochaine, le sénateur et président de la fédération des Français de l’étranger se mobilise pour que la promesse du président de la république d’instaurer une résidence d’attache se concrétise. Lui-même en charge du programme de Valérie Pecresse, Ronan Le Gleut avait fait inscrit une proposition similaire. Cette dernière a été reprise lors du dépôt d’une proposition de loi en septembre au Sénat afin de créer cette résidence de refuge pour les Français de l’étranger, on l’écoute nous expliquer l’intérêt de cette mesure : 

    Une interview d’un quart d’heure à retrouver sur votre site d’actualité Lesfrancais.press ainsi que sur toutes les plateformes de podcasts.

    Ronan Le Gleut

    La réforme des retraites réveillent les oppositions 

    Cette semaine, l’exécutif a décidé de temporiser sur cette réforme, axe majeur de la campagne de réélection d’Emmanuel Macron, en rouvrant un cycle de concertations pour l’adoption d’un projet de loi « avant la fin de l’hiver ». Et ce alors qu’une partie de la majorité, dont le président du MoDem François Bayrou, s’opposait à une réforme rapide tandis que la France Insoumise et le Rassemblement national se préparent à retourner aux urnes. En effet, ces derniers comptent bien faire capoter la réforme malgré la menace présidentielle de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de blocage de la réforme des retraites.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition dédiée aux Français résidant hors de France. Bonne journée où que vous soyez .

    Ecouter le flash des Français de l’étranger

  • La rentrée des Républicains avec Ronan Le Gleut

    La rentrée des Républicains avec Ronan Le Gleut

    Avec Ronan Le Gleut, président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains », sénateur des Français résidant hors de France et président du groupe de réflexion sur les expatriés au sénat, ensemble on analyse le budget 2023, la réforme de la résidence de repli ou d’attache, proposée pendant l’élection présidentielle tant par Valérie Pécresse qu’Emmanuel Macron. On évoque, aussi, évidemment l’actualité, soit l’élection du président de sa famille politique et la consulaire partielle à Montréal.

    La résidence d’attache

    Voilà une idée qui fait du chemin depuis de nombreuses années, en effet la résidence d’attache est évoquée depuis la présidence de Nicolas Sarkozy. Reprise et développée par Frédéric Petit (député Modem des Français d’Europe centrale), elle fut inclue au programme d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle mais aussi tout naturellement dans le programme de Valérie Pécresse, l’idée étant née au sein de sa ligne politique.

    Alors que les premières semaines sont passées, que le budget 2023 est présenté, donnant le cap des réforme à venir, ils sont nombreux à s’étonner du passage sous silence par Renaissance et ses alliés de ce projet. Ronan Le Gleut a donc réagi et a déposé, et c’est la première fois, un projet de loi au Sénat pour lancer cette réforme. Mais qu’est-ce que la résidence d’attache ?

    Un ancrage en France

    A ce jour, les Français de l’étranger ont souvent gardé une habitation en France, soit celle qu’ils avaient achetée avant de partir, ou un bien hérité. Pour eux, cet appartement ou cette maison représentent bien plus qu’une résidence secondaire, c’est souvent le lien qu’ils conservent avec leur pays, leur famille, leurs amis, et apporte une sécurité en cas de soucis dans le nouveau pays de résidence. Dans le podcast, le sénateur Ronan Le Gleut revient sur des cas concrets et sur les conséquences de la situation actuelle.

    Car, sans cette réforme, les services fiscaux continueront à considérer ce domicile comme une résidence secondaire et lui appliquent donc une série de taxes dédiées et même la taxe d’habitation. Or ce n’est pas un luxe, c’est une assurance ou une garantie de disposer d’une résidence en vue de la retraite. La proposition du sénateur Ronan Le Gleut est d’introduire à côté des statuts existants de « résidence principale » et de « résidence secondaire », un troisième statut de « résidence d’attache », qui serait exonéré de la taxe d’habitation. Une seule résidence en France pourrait bénéficier de ce statut à condition qu’elle soit libre de toute occupation permanente et ne génère aucun revenu locatif.

    Désormais, ce dispositif va suivre son parcours législatif et sera aussi examiné par l’Assemblée des Français de l’étranger lors de la session plénière qui s’ouvre cette semaine. Ensuite, il sera examiné par la commission des finances des assemblées constituant le parlement mais sans soutien du gouvernement, elle ne devrait donc pas aboutir à une loi sauf surprise si la NUPES et les LR avec le RN s’allient contre Ensemble, le mouvement réunissant Renaissance et ses alliés.

    L’élection du président du parti « Les Républicains »

    Autre actualité pour le président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains », Ronan Le Gleut, l’organisation de l’élection de la présidence de son parti. Comme les militants résidant en France, les Français de l’étranger membres des Républicains seront invités à choisir entre les candidats.

    ©PHOTOPQR/LA PROVENCE/Frederic SPEICH ; La Ciotat ; 17/09/2022 ; Meeting de rentrée du fédération des Bouches du Rhône du parti politique Les Républicains au parc du Domaine de la Tour a La Ciotat, en présence des trois candidats à la direction du mouvement Aurélien PRADIE (G) Eric CIOTTI (C) et Bruno RETAILLEAU (D)

    Pour cela, les expatriés ont jusqu’au 03 novembre 2022 pour renouveler leur adhésion ou pour rejoindre ce parti. L’élection aura lieu le 03 décembre par voie électronique. Ronan Le Gleut s’est rapproché des équipes d’Eric Ciotti, de Bruno Retailleau et d’Aurélien Pradié. Dans les prochaines semaines, la fédération des Français de l’étranger organisera des rencontres en visioconférence entre les candidats et les militants hors de France. La première audition aura lieu dès ce dimanche 02 octobre avec Aurélien Pradié.

    La consulaire partielle de Montréal

    Autre élection pour Ronan Le Gleut, la consulaire partielle de Montréal du 22 octobre 2022. Les Républicains soutiennent la liste de François Lubrina. Ce vétérinaire est bien connu en France comme fournisseur officiel de chiens présidentiels. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande ont tous un point commun, ils ont tous reçu un labrador de ses mains.

    Mais François Lubrina est aussi investi localement contre les mesures de fermetures d’agences consulaires sur son territoire, la reconnaissance des diplômes, et s’attache à veiller au bien-être des anciens combattants.

    Avec Ronan Le Gleut, on reviens dans le podcast sur l’enjeu primordial de cette élection, la participation. On le sait lors de partielles, la mobilisation est moindre, sans vote en ligne, le cas d’une annulation d’élection n’avait pas été prévu par l’administration avec le prestataire, la consulaire partielle risque d’être très peu suivie. Alors que comme nous le rappelle le sénateur dans le podcast, les enjeux sont importants pour la circonscription consulaire.

    Les enjeux au parlement

    En fin de podcast, on revient avec Ronan Le Gleut sur l’actualité nationale alors que le président de la République « montre les muscles » en menaçant de dissoudre l’Assemblée nationale si la réforme des retraites n’est pas adoptée.

    « S’il faut retourner aux élections, nous y retournerons »

    Ronan Le Gleut, Président de la fédération des Français de l’étranger LR

    Le parlementaire exprime, logiquement, son inquiétude alors qu’Emmanuel Macron déclarait vouloir instaurer une « relation apaisée », il constate que le gouvernement joue plutôt « les gros bras ».

    Ronan Le Gleut

    De son côté, Ronan Le Gleut reste serein, profitant de la semaine de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), le sénateur réunira le groupe d’études dédié aux expatriés qu’il préside au Palais du Luxembourg.

    Ce dispositif a comme objectif de renouer le lien entre l’AFE et le parlement, les sénateurs ne siégeant plus dans l’instance consultative depuis la réforme de 2012. Ainsi, jeudi 06 octobre, le bureau de l’AFE rejoindra le groupe de sénateurs afin d’exposer les conclusions de leur assemblée et partager leurs analyses et leurs besoins.

    Enfin, on conclut l’émission en revenant sur l’application d’une réforme de la gouvernance du réseau scolaire français à l’étranger. Le sénateur Ronan Le Gleut évoque la présence d’un conseiller des Français de l’étranger au conseil d’administration de l’AEFE et les bénéfices qui devraient en découler au fil des années.

    Ecoutez le podcast avec Ronan Le Gleut

  • Un nouveau guide de l’expatriation

    Un nouveau guide de l’expatriation

    Nabil Lasfer a découvert l’étranger à travers cette expérience désormais banale mais fondatrice du programme Erasmus, depuis il n’est plus revenu. De son expérience et de celle d’autres Français de l’étranger, il en a tiré un nouveau guide de l’expatriation !

    En Espagne il fait l’expérience de l’Europe vécue et passe des soirées enfiévrées à refaire le monde en compagnie de camarades espagnols ou allemands. Ce diplômé de l’IAE de Montpellier, spécialiste des RH, se prend alors de passion pour la vie des Français hors de France. Il devient un de ces « expatriés », ambassadeurs de leurs pays, jamais autant français dans le cœur que quand ils vivent hors de nos frontières. Nabil nous a parlé, amusé, de sa vie en Tunisie où son patronyme nord-africain le fait passer pour un enfant du pays recherchant un emploi dans l’hexagone alors qu’il était bel et bien un Français « à l’accent vosgien » désirant vivre et travailler dans ce pays méditerranéen et francophone, une nation qui allait d’ailleurs connaitre sa révolution de Jasmin.

    Cet officier de réserve qui est passé par la prestigieuse école de Saint Cyr avoue un attachement fort à la nation qu’il décline à travers ses expériences à l’étranger. Il a un grand sens civique mais n’est pas engagé formellement dans un parti.  Il espère un jour « se réconcilier avec un parti, un programme et des idées » comme il le dit avec une pointe d’idéalisme républicain. 

    Entrainement à St Cyr

    Son sens du partage et des convictions tournées vers l’autre le font publier, avec ses co-auteurs et amis, un guide de l’expatriation qui fera peutêtre date et à propos duquel nous avons souhaité l’interroger. 

    Rencontre avec Nabil Lasfer

    Nabil Lasfer

    Nabil, vous êtes un expatrié dans l’âme. La vie vous a conduit dans trois pays très différents que sont la Tunisie le Mexique et l’Espagne. Vous avez réfléchi aux caractéristiques et moteurs d’une expatriation réussie, et ces conseils vous les formalisez aujourd’hui dans ce guide « Comment réussir son expatriation ? ». 

    Lesfrancais.press : Comment vous est venue l’envie d’écrire ce guide ?

    C’est la passion de l’expatriation et l’envie de la partager qui ont été moteur dans cette aventure livresque.

    J’avais écrit un premier roman et amorçais une série de podcasts dédiée à l’expatriation. En en parlant avec Olivier-Pierre (un des co-auteurs), à son retour de New York, l’idée d’aller plus loin à travers un ouvrage rédigé exclusivement par des expatriés venait de naître. 

    Comment réussir son expatriation ? C’est un guide mais c’est aussi l’histoire d’hommes et de femmes, passionnés par le monde qui les entoure. Le livre est donc à la croisée entre le guide pratique et les récits autobiographiques.

    Lesfrancais.press : Dans le guide on voit l’importance de la première expérience à l’étranger et vous faites dans ce cadre la promotion du dispositif de VIA/ VIE, pouvez-vous nous parler de ce dispositif mais aussi plus largement des premières expériences « marche-pied » pour découvrir l’expatriation ?

    Le dispositif V.I.E et V.I.A signifie respectivement Volontariat International en Entreprise et Volontariat International en Administration et est comme vous l’indiquez un véritable tremplin vers l’expatriation. Il offre clé en main des opportunités à l’étranger d’une durée allant de 6 à 24 mois, pour des personnes de nationalité française ou pour des ressortissants européens, âgés de 18 à 28 ans.

    Je trouve la formule V.I.E intéressante dans le sens où elle permet de se concentrer principalement sur son expérience à l’étranger. Lorsque l’on fait ses classes dans le monde de l’expatriation, on n’est pas sensibilisé à tous les détails qui peuvent venir gâcher ou complexifier le quotidien, telles que les démarches administratives. Dans le cadre du V.I.E, l’entreprise ainsi que Business France vous facilitent ces aspects.

    Lesfrancais.press : Vous évoquez la problématique de l’expatriation en famille. Il y a à la fois une « prime à la stabilité » pour les personnes qui sont entourées lors de leur départ mais aussi la problématique du conjoint ou de la conjointe sans emploi qui doit parfois lutter contre un sentiment de désœuvrement. Le sujet de la scolarité payante dans les lycées français est également d’importance pour les familles avec enfants. Quels sont vos conseils pour réussir l’expatriation en famille ?

    Dans le cas de figure où l’expatriation se pense à plusieurs, je recommande d’anticiper autant que faire se peut les différents écueils à venir (emploi, logement, scolarité, etc.). Nous clarifions ces modalités dans l’ouvrage.

    Par ailleurs, nous avons prévu un webinar dédié à cette question et j’invite toutes les personnes intéressées à s’inscrire sur notre site internet https://www.commentreussirsonexpatriation.com/

    Lesfrancais.press : Vous avez connu à titre personnel l’instabilité politique de la révolution de Jasmin en Tunisie et c’est le lot de nombreux expatriés d’être confrontés à de l’instabilité dans les pays d’accueil. Comment gérer au mieux la problématique de la gestion de l’insécurité quand on est expatrié ?

    Dans le contexte qui fût le mien, il n’y avait pas de précédent et donc pas la possibilité de s’appuyer sur les locaux ou expatriés de longue date pour savoir quelle attitude adopter. Ce que je conseillerais avec le recul, c’est dans un premier temps de s’informer via des sources fiables pour connaître la progression de la situation et surtout son niveau de dangerosité. A cet effet, je recommande vivement de s’inscrire sur Ariane qui est un dispositif intéressant d’informations proposé par le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. 

    Lesfrancais.press : Vous parlez dans le guide des relations avec la « France institutionnelle » que ce soit par exemple l’Ambassade ou le consulat ou Business France pour les expatriés qui travaillent dans le privé. Quel regard portez-vous sur ce réseau français ? Est-il efficace ? Est-il perfectible dans son fonctionnement ?

    Le réseau des Français à l’étranger a déjà le mérite d’exister. Je salue au passage l’engagement et les efforts de celles et ceux qui investissent de leur temps au profit de la communauté. Je pense que comme tout dispositif, il peut être amélioré notamment sur le plan technologique. Il serait par exemple intéressant d’avoir un outil digital nomade, permettant de nouer des liens avec d’autres personnes vivant la même expérience que vous sur la même période. 

    Lesfrancais.press : De nombreux expatriés décident de s’implanter durablement dans le pays d’accueil. Que ce soit en y fondant une famille, en montant un projet d’entreprise ou en décidant de passer sa retraite à l’étranger. Ce guide pour les expatriés s’adresse-t-il aussi à eux ?

    Vous avez raison de rappeler (car cela est méconnu) qu’il existe une grande diversité dans les formats d’expatriation. Nous avons bien pris en compte tous les profils d’expatriés ainsi que toutes les étapes du projet (départ, installation et éventuel retour).

    Lesfrancais.press : Il y a un réseau d’associations reconnues d’utilités publiques à l’étranger et notamment Français du monde et l’UFE. Quel est votre point de vue sur ces associations qui aident à construire des relations plus denses entre membres d’une même communauté française ?

    Je n’ai pas eu la chance d’être approché, ni en contact avec ces associations une fois sur place et je n’ai donc pas de point de vue éclairé et éclairant à ce sujet. Je serais ravi d’échanger avec elles dans le cadre de la réédition de notre ouvrage. L’appel est lancé 😉

    Lesfrancais.press : La communauté française à l’étranger grandit et se diversifie. Quel conseil donnez-vous aux personnes qui n’ont pas eu la chance de faire de longues études et qui n’ont pas de réseau personnel ou professionnel à l’étranger, mais qui veulent découvrir l’expérience de travail et de vie hors de France ?

    Il y a dans l’ouvrage des exemples concrets de personnes ayant le profil que vous mentionnez.

    Dans un premier temps, je les invite à croire en elles et en leur talent, car le plus gros du travail se joue dans la détermination et l’état d’esprit.

    Ensuite, pour les aspects plus techniques, je les invite à préparer leur projet en s’appuyant sur notre ouvrage. 

    Enfin, je me ferai un plaisir de répondre à leurs éventuelles questions sur ma chaîne YouTube ou sur mon compte LinkedIn.

    Commandez le nouveau guide de l’expatriation