Philippe DELPAL, ce Français de Russie risque toujours la prison !

Philippe DELPAL, ce Français de Russie risque toujours la prison !

Arrêté en février 2019, emprisonné puis assigné à résidence sous régime strict depuis août 2019 (ni sortie, ni visite, ni échange), Philippe DELPAL reste soumis à des restrictions mais il peut désormais sortir de chez lui durant la journée grâce à une transaction financière consentie par la société qu'il dirigeait. Les relations franco-russes restent affectées par cette affaire.

Petit retour sur cette affaire qui empoisonne les relations franco-russes.

Phillipe Delpal, banquier français a été arrêté suite à une accusation de détournement de fonds estimé à 2,5 milliards de roubles (33 millions d’euros). L’homme d’affaires français travaillait pour Baring Vostok, un fonds d’investissement russe créé par Calvey.

Anne Genetet a récemment demandé l'appui de Gerald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, sur cette affaire lors de son déplacement en Russie. Emmanuel Macron lui, s’était entretenu à ce sujet avec Vladimir Poutine lors du sommet du G20 au Japon, l’année dernière. Jean-Yves le Drian et Bruno le Maire suivent avec attention le dossier.

Cependant ce n'est pas la politique qui a permis de voir le régime de notre compatriote s'améliorer mais un compromis financier.

28 millions d'euros pour mettre fin aux poursuites civiles

Après un an et huit mois de poursuites judiciaires, Baring Vostok a cédé. Le fonds d'investissement codirigé par le Français Philippe Delpal a signé en octobre un accord à l'amiable avec son ancien partenaire et accusateur.

Baring Vostok paiera 2,5 milliards de roubles (quelque 28 millions d'euros) à son ex-allié Artem Avetisyan qui, pour l'emporter dans leur différend commercial, est soupçonné d'avoir porté au pénal ce conflit aux allures de règlement de comptes. Il a, de facto, pris le contrôle de leur banque commune, Vostochny Express.

Mais l'affaire continue au pénal

L'accord met fin aux poursuites civiles, mais pas à celles pénales. Le procureur a annoncé quelques heures avant sa publication que l'affaire sera jugée, et le procès pourrait commencer dès la fin novembre. Les plus optimistes à Moscou estiment que l'accord devrait accélérer la procédure judiciaire et annoncer une libération rapide pour Michael Calvey, fondateur américain du fonds.

Une affaire inhabituelle

A Moscou, plusieurs personnalités libérales avaient pris publiquement la défense de Baring Vostok, dont l'ex-ministre des Finances Alexeï Koudrine, le PDG de la principale banque Sberbank German Gref, le président du patronat Alexandre Chokhine ou le directeur du fonds souverain Kirill Dmitriev.

Pour Baring Vostok, cet accord a le goût amer de la défaite. Au tribunal, lors des quelque trente audiences préliminaires, Philippe Delpal et ses collègues n'ont eu de cesse de démontrer « l'absurdité » et « les mensonges » des accusations. Baring Vostok a été rattrapé par ce qui est souvent le quotidien des entreprises en Russie : un actionnaire se débarrasse d'un autre en le faisant mettre en prison.

Afin de renflouer sa banque Vostochny Express, le fonds s'était associé à Artem Avetisyan, banquier controversé. Celui-ci s'estimait lésé lors de la recapitalisation. Avant un arbitrage à Londres s'annonçant défavorable, il est soupçonné d'avoir voulu régler son litige au pénal grâce à des contacts haut placés dans les structures de forces de l'ordre et dans un système judiciaire peu indépendant. Jusque-là, aucun homme d'affaires occidental n'avait été arrêté dans ce type de règlement de comptes.

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