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  • Nationalisation d’EDF : le texte adopté à l’Assemblée s’oppose au droit européen

    Nationalisation d’EDF : le texte adopté à l’Assemblée s’oppose au droit européen

    Les députés ont voté jeudi 7 février 2023 en faveur de la proposition de loi du groupe socialiste pour nationaliser EDF, dans une Assemblée nationale boudée par la majorité présidentielle qui proteste contre le bien-fondé juridique du texte, au regard notamment du droit européen. 

    Début juillet, lorsque le gouvernement annonçait aux députés qu’il allait recapitaliser à 100% le premier énergéticien d’Europe, EDF, l’Assemblée nationale applaudissait d’un seul homme. 

    Quelques semaines plus tard, le député socialiste (PS — NUPES) Philippe Brun révélait dans un rapport les supposées intentions cachées du gouvernement derrière la recapitalisation d’EDF, à savoir la division des activités du groupe. Une accusation que le gouvernement a, depuis, démentie. 

    Lancé, le député socialiste a profité de la séquence pour présenter une proposition de loi opposant une « vraie nationalisation d’EDF » au projet de l’exécutif.

    Après son adoption en commission des Affaires économiques, le texte a été adopté jeudi (7 février) par les députés à 205 voix contre 1. 

    Un « premier pas »

    De l’aveu même des députés qui ont voté en faveur du texte, celui-ci est imparfait.

    À gauche, il s’agit néanmoins d’un « premier pas » vers un « grand pôle public de l’énergie » déclare depuis les rangs insoumis (LFI — NUPES) la députée Clémence Guetté.

    À droite, il s’agit d’un « signal essentiel pour ne pas démembrer le groupe intégré qu’est EDF », martèle le député Les républicains (LR) Raphaël Schellenberger.

    Mais selon le gouvernement et les membres de la majorité présidentielle, le texte est si imparfait qu’il serait tout bonnement inutile. D’abord, parce que l’offre publique d’achat de l’État pour racheter les parts des actionnaires minoritaires serait un « franc succès », selon le ministre de l’Industrie, Roland Lescure (ancien député des Français d’Amérique du Nord), présent lors des débats.

    Il rappelle en outre que celle-ci devrait être définitivement validée après le mois de mai de cette année, rendant ainsi caduque la présente proposition de loi.

    Ensuite, parce que le texte seraitaussi « juridiquement bancal », déclare le ministre.

    EDF
    « La proposition de loi fait porter des risques réels à l’écosystème énergétique. Si vous aviez auditionné RTE [filiale d’EDF en charge de la gestion des réseaux français d’électricité, NDLR], vous sauriez qu’elle est extrêmement inquiète », a déclaré le ministre de l’Industrie, Roland Lescure. [EPA-EFE/Mohammed Badra]

    Couac juridique

    Les députés de la majorité présidentielle ont en effet rappelé à de très nombreuses reprises lors des débats que le texte contreviendrait à la Constitution française qui prévoit que les parlementaires ne peuvent pas formuler de proposition de loi qui créer une dépense publique. 

    Or, le ministre de l’Industrie avance que la nationalisation d’EDF telle que présentée coûterait 16 à 18 milliards d’euros. Sans compter qu’elle prévoit d’augmenter les dépenses publiques en généralisant les tarifs réglementés de vente d’électricité. 

    L’exécutif se demande également si la proposition de loi respecte le droit européen.

    La directive européenne sur les règles communes pour le marché de l’électricité de 2003 impose en effet la séparation des activités de production, de fourniture et de distribution d’électricité. Or, la proposition de loi mentionne que « EDF est un groupe public unifié » dont les activités sont, entre autres, « la production, le transport, la distribution, l’importation et l’exportation d’électricité ».

    « La proposition de loi fait porter des risques réels à l’écosystème énergétique. Si vous aviez auditionné RTE [filiale d’EDF en charge de la gestion des réseaux français d’électricité, NDLR], vous sauriez qu’elle est extrêmement inquiète », a ajouté le ministre de l’Industrie.

    Passage au Sénat

    Néanmoins, les députés de gauche, républicains, nationalistes et les indépendants du groupe LIOT ont eu gain de cause. Une opération moins difficile à mener dès lors que les députés de la majorité présidentielle, pour le coup minoritaires, ont quitté en masse l’hémicycle avant le vote. 

    En revanche, la « mascarade » décrite par la députée Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée, pourrait ne pas survivre à l’examen en chambre haute à venir dans les prochaines semaines. 

    La représentation de gauche y est minoritaire et celle du Rassemblement nationale inexistante. La majorité sénatoriale, bien que conservatrice (LR), ne joue pas toujours les mêmes cartes que ses collègues de la droite de la chambre basse. Preuve en est du dernier vote sur la loi d’accélération des énergies renouvelables.

  • Un déficit commercial historique pour la France 

    Un déficit commercial historique pour la France 

    En 2022, le déficit de la balance commerciale des biens (FAB/FAB) s’est élevé, en 2022, à 163,6 milliards d’euros en hausse de 78,1 milliards d’euros par rapport à 2021. Ce solde négatif historique est la conséquence du déficit de la balance des produits énergétiques avec des prix en hausse et des importations importantes d’électricité ainsi que de la persistance dans une moindre mesure, de celui des produits manufacturés. 

    Avant la crise sanitaire, le déficit commercial avoisinait 60 milliards d’euros, la France enregistrant des déficits commerciaux depuis vingt ans

    © AFP/Douanes françaises

    Des importations en forte hausse en raison de l’augmentation des prix de l’énergie 

    Les importations ont augmenté de +29,4 % en 2022, après +19,5 % en 2021 du fait de la hausse du prix du pétrole et du gaz. La France est devenue importatrice nette d’électricité pour la première fois du fait notamment de l’arrêt de plus de la moitié de son parc nucléaire une partie de l’année. Le prix des importations libellées en dollars a également été renchéri par la dépréciation de 11 % de l’euro face à la devise américaine. Le montant des importations s’est accru pour les produits chimiques et métalliques dont la production est intensive en énergie. Il en a été de même pour les produits agroalimentaires ainsi que pour le textile et l’habillement. 

    Les exportations ont progressé de +18,5 %, après +17,1 % en 2021. Cette progression est moins rapide que les importations. Elle a été portée par les exportations de produits agricoles et par celles de l’industrie aéronautique. 

    Les soldes énergétique et manufacturier responsables de la dégradation de la balance commerciale 

    Le déficit énergétique s’est dégradé de 70,7 milliards d’euros passant de 45 à 115 milliards d’euros. Cette dégradation explique à elle seule 85 % la hausse du déficit commercial. Plus des deux tiers de la chute du solde énergétique sont dus à la baisse de celui des hydrocarbures (49,6 milliards d’euros) regroupant le gaz naturel liquéfié, gazeux et le pétrole brut. Les achats de gaz par exemple ont été multipliés par 2,4. 

    Suivent à parts quasi-égales la baisse du solde de l’électricité (10,0 milliards d’euros) et celle du pétrole raffiné (9,6 milliards d’euros). Le solde manufacturier s’est dégradé de 15 milliards d’euros. Celui de la chimie recule de 5,6 milliards d’euros, celui de la métallurgie de 3,5 milliards d’euros et celui du textile/habillement de 2,4 milliards d’euros. Le solde des parfums est en hausse de 2,3 milliards d’euros, de l’aéronautique de 2,4 milliards d’euro. L’amélioration du solde des navires et bateaux a atteint 3,3 milliards d’euros. La contreperformance de l’industrie à l’exportation est à mettre en parallèle avec la baisse de la production manufacturière qui ne représente plus que 9 % du PIB, contre 18 % en 2000. 

    Le solde des produits agricoles s’améliore de 3,3 milliards d’euros, atteignant un record historique. Soutenues par un cours des céréales en hausse, les exportations de blé ont également augmenté en volume. 

    Les services compensent en partie le déficit commercial 

    Les échanges de services compensent une partie du déficit commercial. Ils ont dégagé un solde positif de 50 milliards d’euros, contre 36 milliards d’euros en 2021. Ce résultat record s’explique par le retour des touristes étrangers en France et par le dynamisme du fret maritime ainsi que des services financiers. La balance des revenus de placements à l’étranger enregistre un excédent de 31 milliards d’euros. 

    Excédentaire en 2021, la balance courante de la France – qui comprend aussi les revenus des investissements directs à l’étranger – est devenue négative en 2022 de près de 80 milliards d’euros. Ce déficit suppose soit un endettement extérieur de la France, soit une cession d’actifs.

  • Ceux qui décideront de la paix 

    Ceux qui décideront de la paix 

    L’Union européenne accueille l’Ukraine. Au-delà des sentiments, une telle intégration changerait la nature et l’équilibre de l’UE. Avant même d’accueillir les Ukrainiens, il faut déjà accueillir les Russes : les réfugiés, les exilés, les dissidents. Ils sont le véritable espoir de l’Europe, de l’Ukraine, de la Russie et de la paix !

    Accueillir les Russes exilés 

    Bien sûr, il faut fournir des armes à l’Ukraine. Seuls les « idiots utiles » occidentaux, « agents de l’étranger », dirait Poutine, pensent le contraire. L’offensive de printemps est attendue. La contre-offensive aussi. De chaque bombe, chaque goutte de sang, hélas, dépend l’issue de la guerre. De la guerre, le sort de l’Ukraine, de la Russie, de l’Europe, et du monde. Quel sera le monde d’après la guerre d’Ukraine ? Comment gagner la paix ? Les Russes, les exilés et leurs soutiens en Russie ont la réponse. 

    Il n’y a que trois hypothèses pour la fin de cette guerre : soit la Russie l’emporte, soit l’Ukraine, soit personne. 

    Comment la Russie peut-elle gagner, elle qui a déjà tant perdu ? Grâce à la mobilisation de nouvelles troupes, qui lui permettrait de percer les défenses ukrainiennes, en gommant la défaite initiale. Alors Poutine pourrait imposer ses règles, espérer un gouvernement à sa botte, empocher ses annexions. 

    Paix terrible pour les Ukrainiens, dangereuse pour le reste du monde, y compris les Russes. Les Ukrainiens auraient le choix de l’exil. Les Russes non, enfermés en Russie, ils devront assumer l’isolement de leur pays, le coût de la reconstruction de l’Ukraine, un régime de plus en plus violent, prédateur, en butte à des résistances internes. La Russie restera appauvrie. Une domination russe en Ukraine serait un épuisement perpétuel.

    Une offensive russe obligerait les Occidentaux à réagir plus fortement encore 

    L’Europe aussi paiera. La peur s’installera. Plus personne ne croira à la protection de qui que ce soit, ni en l’Otan, ni en l’UE. Un nouvel hiver s’installera au cœur de l’Eurasie, avec des tentacules en Méditerranée, en Afrique, au Moyen-Orient. 

    Offensive russe en février 2022 ©SIPA

    La victoire russe n’est pas l’hypothèse la plus probable. La Russie a peu de chance de gagner. Il faudrait que l’armée russe devienne plus forte, alors que la Russie s’affaiblit. Une troisième mobilisation serait nécessaire, avec quel impact dans la société, avec quelles armes ? Il faudrait aussi que l’armée ukrainienne se désagrège alors qu’elle se renforce. Même si une offensive russe réussissait, elle obligerait les Occidentaux à réagir plus fortement. C’est le sens de l’accueil de Zelensky à Londres, Paris et Bruxelles. Tous l’ont dit : une escalade russe entraîne immédiatement une riposte occidentale. Aujourd’hui les chars, demain, forcément, les avions. Une victoire russe n’est donc qu’une hypothèse de principe.

    Victoire ukrainienne, chaos à Moscou

    L’autre hypothèse est une victoire ukrainienne. Possible, elle reste difficile. Si l’armée russe est incapable de vaincre, elle est capable de tenir. Surtout qu’une victoire ukrainienne doit être incontestable. Il n’y a de victoire que lorsque l’adversaire reconnait la défaite.  Soit que les Ukrainiens reprennent les territoires occupés, soit que l’armée russe s’effondre et oblige à demander la paix.

    Dans une telle hypothèse, l’Ukraine sera à reconstruire, mais la sécurité de l’Europe serait assurée, ainsi que ses alentours. Partout, la ligue des dictateurs s’effriterait. Il resterait malgré tout un danger, un grand danger : un chaos à Moscou. 

    Que se passerait-il en Russie en cas de victoire ukrainienne ? Un durcissement du régime, pour éviter le plus probable : une dislocation, avec une guerre des clans, à Moscou et dans les provinces. C’est ce que dit Lavrov quand il accuse l’Amérique de vouloir la « disparition de la Russie ». Il confond la Russie et le clan Poutine. Or cet effondrement ne sera pas sans conséquences sur la sécurité du monde, en particulier de l’Europe. Le chaos n’est bon pour personne.

    La question fondamentale est celle du régime en Russie

    Dernière possibilité : la victoire impossible. Avec une ligne de front plus ou moins stabilisée, avec bien des victimes et des ruines, viendra, tôt ou tard, le moment de trouver un compromis. Ce sera une fausse paix. Aucune confiance. Chacun tombera dans la dépendance de tiers. Les Russes de leurs clients chinois, les Ukrainiens de leurs soutiens. Chine et États-Unis seront les seuls gagnants d’un conflit loin de leurs bases. A terme, la partie libre de l’Ukraine sera reconstruite et deviendra plus prospère, libre, dynamique que la partie laissée aux Russes. Alors viendra un nouveau chantage, un nouveau conflit, ou un appauvrissement tel de la Russie que le régime n’y résistera pas. Ce sera plus long, c’est tout.

    A regarder ces scénarios, la question fondamentale est celle du régime. Ou plutôt, sa suite. La seule issue pour une paix durable, une Russie heureuse, serait une évolution démocratique. Illusoire ? Il y a peu les gouverneurs étaient élus. Des libéraux participaient au gouvernement, le patron de Poutine, Sobtchak, était un libéral, comme Nemtsov, son rival assassiné. 

    La meilleure solution serait que le régime s’effondre avant une défaite. C’est le quatrième scénario. Fol espoir, sans doute, mais possible, le meilleur pour la Russie. Le seul qui évite une défaite militaire, une humiliation, une lutte des clans.

    Condamner les Russes à la tyrannie est une sorte de racisme politique structurel 

    La Russie actuelle repose sur des groupes qui ont les caractéristiques des clans mafieux. Pendant la période soviétique, le KGB travaillait avec les réseaux criminels qui cogéraient les goulags, les informateurs, les corruptions et les financements parallèles. Lors de l’effondrement de l’URSS, les mafias sont vite apparues : elles existaient déjà. Le FSB a continué à fonctionner avec elles. Le régime tient plus par ses réseaux que par son administration. Il y a ainsi plusieurs forces armées, plusieurs armées privés, plusieurs polices, plusieurs réseaux de financement, d’informations, y compris dans les provinces, que le centre contrôle, oppose, manipule. Tant qu’il le peut.

    Beaucoup considèrent que la continuité l’emportera. Que même les ruptures ne visent qu’à reconstituer l’« ordre russe » : l’arbitraire policier, une élite de profiteurs autour d’un tsar tout puissant. D’Ivan le Terrible à Poutine en passant par Staline, le tyran serait une émanation du « peuple russe », voire de son « âme ». Un pays qui n’a jamais connu la démocratie peut-il la comprendre, la désirer ? C’est oublier que les Ukrainiens sont comme les Russes. Et les Baltes. Et les Finlandais. Les Polonais, Roumains, Bulgares, Serbes, Croates, Coréens, Taïwanais, Indiens et autres. Condamner les Russes à la tyrannie est une sorte de racisme politique structurel.

    Les Exilés russes doivent gagner 

    Boris Nemstov, Mikhaïl Kassianov, Alexis Navalny, Gary Kasparov seraient peu populaires. C’est sans doute en raison de leur insignifiance que l’un fut assassiné, les autres empoisonnés, jetés en prison, exilés. Navalny, seul, n’avait récolté « que » 30% des voix à la mairie de Moscou dans une élection marquée par la fraude.

    Supposer que les Russes sont passifs et soumis revient à oublier qu’il a fallu inventer un univers concentrationnaire pour les tenir. La Russie actuelle n’a plus de goulag.  Poutine n’est pas tout puissant, ni intouchable. Peut-être peut-il se maintenir. Mais les menaces contre lui sont réelles. Il faut les fortifier. Ce sont les meilleures chances pour la Russie et pour la paix. Il sera alors possible de revenir à un partenariat entre l’Europe et la Russie. 

    Tout autre scénario reste un danger. On peut vivre dans un monde toujours plus dangereux, mais bien armé, et les armes ne suffisent pas. Il faut des combattants, des volontaires, comme les exilés russes. C’est pourquoi il faut les accueillir, les attirer, pour gagner vraiment la paix. Ce sont ces Russes-là qui doivent gagner. 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.02.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.02.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le premier flash de cette semaine spéciale, dédiée à l’amour ! Pour les « têtes en l’air », pour rappel c’est demain la St Valentin. Sinon ce 13 février, on revient sur le succès des manifestations, on compatit à la douleur des familles en Turquie et on explore la littérature sur l’amour à distance avec Boris Faure. 

    Cap sur le 7 mars 

    Après deux journées de mobilisation la semaine dernière qui furent des succès, samedi entre 1 et 2 millions de Français (selon les sources) étaient dans les rues contre la réforme des retraites, et l’intersyndicale donne un ultimatum au gouvernement, soit le retrait d’ici le 7 mars soit un blocage généralisé du pays dans la durée. Un printemps social qui s’annonce bouillant pour Elisabeth Borne et Emmanuel Macron. 

    Photo Charly TRIBALLEAU / AFP

    4 Français sont morts en Turquie lors des deux séismes

    Les morts se comptent en dizaines de milliers en Turquie et en Syrie suite aux deux tremblements de terre du 6 février 2023, parmi eux 4 Français, touristes, expatriés ou binationaux ? Nous posons la question à une élue consulaire sur place dans un podcast disponible ce jour à 14h (heure de Paris) sur le site de votre radio ou sur Lesfrancais.press.

    séisme en Turquie
    Séisme en Turquie ©AFP

    Pour la St Valentin, le littéraire de la rédaction vous a choisi 4 livres

    L’amour à distance, vaste sujet, parfois marqué par le succès et la passion mais souvent frappé de lassitude et d’éloignement des coeurs. Boris Faure vous a sélectionné des livres qu’il explore avec des critiques littéraires expatriés. Besoin d’une idée cadeau, direction le site Lesfrancais.press !

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain mardi 14 février ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Succès des manifestations contre la réforme des retraites

    Succès des manifestations contre la réforme des retraites

    Pari réussi pour les syndicats et l’opposition, les Français se sont mobilisés et ont défilé dans de nombreuses villes. Avec en bonus, une petite surprise à l’arrivée pour nos compatriotes de retour en France, le personnel de l’aéroport d’Orly a débrayé alors que ce n’était pas prévu ! Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur les événements marquants de ce samedi 11 février 2023 dédié aux manifestations contre la réforme des retraites qui ont réunis selon les syndicats 2,5 millions de Français.

    500 000 citoyens dans les rues de Paris

    La CGT a annoncé à l’AFP que 500.000 personnes avaient manifesté ce samedi à Paris. Ce chiffre donné ce samedi par la CGT est équivalent au nombre de manifestants donné par les syndicats le 31 janvier, au-dessus des deux autres mobilisations (le 19 janvier et ce mardi). En raison de la forte affluence à Paris, la préfecture de police a même dû à 14h10 ouvrir un itinéraire bis cependant elle estime que le nombre de personnes ayant participé au défilé parisien fut de 93 000.

    Mais malheureusement au cours de l’après-midi, quelques tensions ont éclaté entre des manifestants et des forces de l’ordre à Paris, au niveau du métro Charonne, mais la situation a rapidement été contrôlée.

    On note que pour cette première mobilisation un samedi, certains sont venus en famille. C’est par exemple le cas de Lilla, Nefissa, Naël et Lina qui ont entre 9 et 13 ans. Ils s’inquiètent pour leurs parents qu’ils disent « fatigués » par leur travail.

    Enfin, de nombreux députés de la NUPES et en particulier « les Insoumis » ont marqué leur présence dans le cortège via les réseaux sociaux comme Clémence Guetté, Rachel Keke, Alexis Corbière…

    En province, bataille de chiffres

    Les chiffres de la participation en régions donnés par les autorités divergent fortement de ceux donnés par les syndicats. C’est notamment le cas à Tarbes, avec 4.600 manifestants selon la police et 10.000 d’après les organisateurs. A Saint-Etienne, les chiffres varient même de un à six (entre 5.300 à 30.000), comme à Clermont-Ferrand (entre 8.000 et 50.000). Idem à Toulouse, où la préfecture a dénombré 25.000 manifestants. Mais la CGT en a compté 100.000.

    Dans le cortège à Marseille, une camionnette a transporté une poupée gonflable pendue à l’effigie de la Première ministre, Elisabeth Borne. Dans la capitale du Sud, l’intersyndicale a annoncé que la manifestation avait mobilisé 140.000 personnes, un chiffre en baisse par rapport aux deux précédentes mobilisations et équivalent à la première. La préfecture de Police donne quant à elle 12.000 manifestants, le plus bas chiffre donné par les autorités à Marseille depuis le début des manifestations (26.000 le 19 janvier, 40.000 le 31 et 15.000 mardi).

    Les jeunes aussi

    Le syndicat étudiant UNEF annonce que « 120.000 jeunes » ont manifesté dans toute la France ce samedi, dont 15.000 à Paris. Selon le syndicat, 180.000 jeunes avaient participé à la manifestation de mardi en France.

    Le RN fait campagne

    Du côté des députés du Rassemblement national, également opposés à la réforme des retraites, on s’affiche en train de tracter dans sa circonscription. C’est notamment le cas de Bruno Bilde, Steeve Briois, Frédéric Boccaletti et Thibaut François.

  • 4 Français décèdent dans le séisme en Turquie

    4 Français décèdent dans le séisme en Turquie

    Quatre ressortissants français font partie des victimes du violent séisme survenu en Turquie et en Syrie lundi, a annoncé vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

    A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas encore le statut de nos compatriotes, touristes, expatriés, binationaux. Mais la saison comme l’emplacement géographique des tremblements de terre permettent d’éloigner la thèse des touristes, ainsi ce sont des Français de l’étranger qui seraient à déplorer parmi les victimes.

    Deux tremblements de terre meurtriers

    Plus de 100 heures après le violent séisme qui a tué plus de 21.700 personnes en Turquie et en Syrie, l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise. Pour autant, les récits de sauvetages exceptionnels se multiplient. Un père et son fils ont notamment été sortis des décombres 76 heures après la catastrophe, et deux adolescentes 100 heures après.

    Peut-on encore sauver des survivants, cinq jours après la catastrophe ? « En théorie oui, dans la pratique il faut espérer », explique sur LCI Patrick Coulombel, de l’ONG « Architectes de l’urgence ».

    « Des personnes ont survécu pendant quinze jours, cela est déjà arrivé, lorsqu’ils avaient accès à de l’eau, de la nourriture, et n’avaient pas trop froid. Dans une bonne semaine, il n’y aura plus personne »

    Patrick Coulombel, de l’ONG « Architectes de l’urgence » sur LCI

    En revanche, « s’il y a de l’eau et que les gens ne sont pas blessés », les chances de survie remontent.
    Mais en Turquie et en Syrie, les habitants ont été surpris dans leur sommeil, ils étaient donc peu vêtus, alors que le temps est glacial. « C’est le scénario du pire, À ces températures-là, il ne faut pas rêver. Les conditions climatiques ne sont pas bonnes, on manque d’images satellites des destructions », mais aussi « d’informations », à cause de « la couverture nuageuse qui ne permet pas le passage de satellites, d’imagerie de bonne qualité », mais aussi des « infrastructures cassées », déplore l’expert. 

    Cadavre découvert par sa famille dans un immeuble effondré à proximité de l’épicentre du séisme ©AFP

    La France solidaire de la Turquie

    Une opération d’envergure de la sécurité civile a été organisée dès lundi soir. Deux détachements de recherche et secours sous décombres du ministère de l’Intérieur et d’outre-mer sont à l’œuvre en Turquie pour mener des opérations de sauvetage, de recherche et d’assistance. Cela représente concrètement 71 sapeurs-sauveteurs et 4 chiens de l’Unité d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile n°1 de Nogent-le-Rotrou, 65 sapeurs-pompiers et 6 chiens de la zone de défense et de sécurité d’Île-de-France. Ce dispositif est complété par une équipe du CDCS. Par ailleurs a été détaché un agent français au sein de l’équipe de coordination européenne envoyée sur place.
    C’est dans ce contexte que les autorités turques ont demandé à la France l’envoi d’un hôpital de campagne de grande capacité. Avec le ministère de l’intérieur et des outre-mer, a été projeté l’ESCRIM (Elément de sécurité civile rapide d’intervention médicale) qui permet de traiter plusieurs centaines de blessés par jour. Une équipe de la sécurité civile chargée d’organiser la logistique de ce déploiement très lourd et très complexe partira dans dès ce samedi dans le Sud de la Turquie.

  • 4 livres pour s’enflammer à la Saint Valentin

    4 livres pour s’enflammer à la Saint Valentin

    A l’approche de la Saint Valentin, notre analyse des relations amoureuses à distance à travers la littérature continue. Après les classiques du roman, voilà venus les livres plus contemporains qui se sont coltinés ce thème qui est cher aux Français de l’étranger : aimer de loin, aimer par correspondance, aimer sans que le lien ne s’effiloche. Nous avons voulu aller à la rencontre de lectrices, toutes férues de lettres, pour recueillir ressentis et analyses autour de leurs retours de lectures.

    L’amour dans la forêt sombre des passions, les pièges de la recherche d’amour passionnel.

    Du côté des contemporains, Éric Reinhardt a livré avec « L’amour et les forêts » publié en 2015, un chef d’œuvre tragique de l’amour à distance. Le roman lui a été inspiré par sa propre correspondance avec une de ses lectrices. Celle qu’il nomme Bénédicte dans le roman est une professeur de lettres enfermée dans un quotidien morose et violent où elle subit les foudres de son mari harceleur. L’écrivain va mettre en scène la correspondance entre un auteur à succès et une de ses admiratrices dans un jeu de miroirs et de transposition autobiographique. Ces deux personnages ne vont se croiser qu’une fois sans qu’il ne se passe rien malgré une évidente attirance naissante. Bénédicte utilisera ensuite l’application Meetic pour rencontrer un homme, l’antiquaire Christian, qu’elle imagine en capacité de la sauver de son désespoir latent. De la rencontre au fond des bois où habite cet être original naîtra… l’immense déception d’une histoire sans lendemain.

    L’amour à distance est ainsi aussi touffu et sombre qu’une forêt d’épineux de l’est de la France. Et celui qu’on voit de loin comme le prince charmant n’est parfois, de près et à l’usage, qu’un profiteur sans cœur.

    « Je me suis totalement identifiée à Bénédicte. Je suis originaire des Vosges. La description puissante des forêts de l’est, écrin des amours ratés de cette enseignante en lettres m’a bouleversée. J’ai vécu une histoire extra conjugale avec un collègue enseignant. Il avait publié un recueil de poésie. Ses mots m’ont d’abord envoûtée après qu’il m’a offert son livre pour mon anniversaire. Nous avons commencé notre liaison par de jolies missives  enflammées. Je relis encore parfois notre correspondance amoureuse de l’époque avant le passage à l’acte. J’étais grisée. Je suis un esprit pourtant rationnel, j’enseigne les sciences. J’étais alors mariée et je travaillais dans le réseau AEFE. Un petit monde où tout le monde se connaît. Notre histoire a été terriblement passionnée. Au bout de 6 mois  il était muté dans un pays d’europe voisin. Pas suffisamment loin pour que l’on rompe. Pas suffisamment près  pour que notre histoire s’épanouisse. L’amour s’est étiolé avec la difficulté à se retrouver. J’ai divorcé deux ans plus tard. J’en parle maintenant librement car cela fait plus de 10 ans et la prescription est de mise. Mais soyons  réalistes : l’amour à distance est souvent tragique, non ? »
    Christine Yann
    Christine YannProfesseur à l’AEFE

    L’amour à distance est comme un soleil à coudre

    « je crève ici et à cela je le sais, une seule raison : tu n’existes pas à New-York. Je t’ai cherchée dans ses rumeurs vagabondes, ses enfances vives et ses lueurs agitées »

    Voilà un roman qui parle de la passion d’une jeune fille haïtienne pauvre pour une de ses compatriotes plus fortunée. Soleil à coudre a été publié en 2021 par un romancier et poète de 28 ans, Jean d’Amérique, qui livre le récit du coup de foudre de deux petits filles sur les bancs de l’école puis la correspondance imaginaire qu’auraient pu initier les deux amantes si l’exil d’une d’elle aux Etats-Unis n’avait pas brisé leurs espoirs amoureux.

    « Mes jours endossent la tristesse pour bagage » et le romancier trouve en quelques formules sublimes le langage de la douleur d’aimer au loin sans espoir de retour.

    C’est beau, c’est triste, ça déchire le cœur.

    Il est donc des amours à distance qui demeurent inféconds. La distance est alors un long et lent purgatoire.

    2 questions à Marion Bauer, critique littéraire

    Boris Faure : vous êtes une grande lectrice et une amatrice de voyages autour du monde. Pour illustrer le thème de l’amour à distance vous avez opté pour un roman qui raconte une histoire d’amour inachevée où la distance entre le bidonville d’Haïti et la grande métropole de New-York devient une frontière infranchissable. Les conditions sociales des deux personnages sont particulièrement contrastées. Peut-on aimer au-delà de sa classe ?
    Boris Faure
    Boris Faure Journaliste – Lesfrancais.press
    Marion Bauer : Oui, définitivement, et la littérature est là pour nous le rappeler. Nos relations et nos mariages sont certes la synthèse de tout un tas de facteurs sociologiques et économiques mais l’amour, que nul ne peut avoir la prétention de saisir entièrement, est universel. Dans cette merveille qu’est Soleil à coudre de Jean D’Amérique, Tête Fêlée et Silence, deux jeunes filles âgées de douze ans que tout oppose socialement, se découvrent une passion dévorante l’une pour l’autre. A cet âge, nous n’avons pas encore nécessairement conscience des codes étriqués qui régissent nos sociétés. De tels amours impossibles se font-il par conséquent plus rares à l’âge adulte ? L’histoire de Ruth et de Martin Eden dans l’illustre roman éponyme de Jack London semble pourtant nous susurrer le contraire …
    Marion Bauer
    Marion Bauer critique littéraire
    Boris Faure : il y a une dimension d’amour imaginaire dans cette correspondance inventée. La distance et la frustration amoureuse fertilisent-t-elles la créativité ?
    Boris Faure
    Boris Faure Journaliste – Lesfrancais.press
    Marion Bauer : Là où il y a de la souffrance, il y a un potentiel artistique qui n’attend qu’à être exploité. L’absence de l’être aimé, réelle ou fictive, regrettée ou crainte, nous renvoie à notre propre solitude. Pour l’héroïne de Soleil à coudre, ce recours à l’imagination est un mécanisme de survie. Poussé à l’extrême, il conduit à la folie. Mais justement maîtrisé, il se fait compagnon de route, permettant l’acceptation de la solitude et de l’impermanence propre à toute vie humaine.
    Marion Bauer
    Marion Bauer critique littéraire
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    Maggie O’ Farrel, la distance entre nous

    Situé en grande partie entre Hong Kong et l’Ecosse, le troisième roman de Maggie  O’Farrell est une histoire de famille et d’émigration – qui décrit la façon dont on n’échappe jamais à sa famille ou à son histoire, quelle que soit la distance parcourue. La romancière irlandaise décrit souvent dans son œuvre des êtres  embarqués  dans des intrigues autour du voyage et  des personnages qui se caractérisent par une sentimentalité forte. Aimer à distance semble à la fois une gageure et un accélérateur de sentiments. 

    « la distance entre nous » a touché particulièrement une lectrice qui nous livre des réflexions  fortes sur l’écho du livre dans sa propre vie. 

    L’avis d’une élue des Français de l’étranger. Elle a souhaité garder l’anonymat pour protéger sa vie privée qui ressemble à celle des personnages du roman.

    « Ce livre est paru en 2004, l’année où je suis arrivée à Hong-Kong à l’âge de 23 ans et il m’a marquée. Comme moi depuis 20 ans, les personnages de ce roman se précipitent, sautent dans des avions et des trains et errent d’endroits nouveaux à d’anciens lieux. C’est sûrement car O’Farrell les jette dans des situations difficiles où le passé les rattrape, nous rattrape.
    Lors d’un défilé pour le Nouvel An chinois à Hong Kong, Jake est séduit par Mel, une fille qui ce jour-là a failli être tuée. Alors qu’elle est à l’hôpital, Jake accepte de l’épouser à contre-cœur et les deux s’en retournent en Angleterre où Jake n’a jamais vécu. Commence la pression d’une vie conjugale qui pousse Jake à rechercher son père disparu. Au même moment, à Londres, Stella Gilmore rentre de son travail dans une radio lorsqu’elle aperçoit un homme roux sur Waterloo Bridge qui la dérange tellement qu’elle fuit le pays.
    Qui est cet homme aux cheveux roux ? Qu’est-il arrivé au père de Jake ? Pourquoi Stella et Jake se rencontreront-ils dans le nord de l’Écosse ? Des mystères similaires du destin et du hasard animent les romans d’O’Farrell, il n’y a pas de hasards, que des rendez-vous disait Paul Eluard.
    Vivant leur amour, Jake reste tellement obsédé par l’homme inconnu qui l’a engendré qu’il a peu d’énergie pour les personnes qui l’entourent. Stella est elle trop attachée à son passé pour prêter attention à son présent.
    Dans mon souvenir, les personnages sont assez opaques, au fond on ne sait jamais ce qu’ils cherchent vraiment dans leur travail, leur vie privée, leurs relations familiales. Une forme d’immaturité aussi.
    L’expatriation est-elle un accélérateur passionnel ? La distance est-elle le désir inassouvi qui rend les projets de retrouvailles plus intenses ? Dans ce livre deux amants se retrouvent en Ecosse vivre leur amour, mais en sont-ils seulement capables ?
    L’amour véritable est une volonté ».
    Madame X
    Madame X Elue consulaire

    Camille Laurens et les jeux de rôles numériques pour séduire à distance.

    Dans « celle que vous croyez » Camille Laurens nous plonge dans une fiction psychologique dont elle a le secret. Ce roman sorti en 2016 est un petit chef d’œuvre sur les masques et les identités d’emprunt que le numérique nous permet d’endosser. Quand ce jeu sur les réseaux sociaux s’exerce en matière de séduction et que la jalousie s’en mêle, on tient un bon livre qui a su captiver Gabrielle Gabelle. 

    Cette femme a connu l’expatriation avant de devenir fonctionnaire au ministère de la Défense et d’exercer dans les services administratifs d’un cabinet ministériel. Cette ex-enseignante est une lectrice assidue qui nous livre son ressenti sur ce roman marquant.

    3 questions à Gabrielle Gabelle

    Gabrielle, vous avez choisi un livre de Camille Laurens qui nous parle de l’amour masqué derrière son écran. Une nouvelle manière d’aimer à distance, par des jeux de rôles numériques sous pseudo, ou sous une identité d’emprunt. Est-ce à dire que l’amour 2.0 est une tromperie en puissance ?
    Boris Faure
    Boris Faure Journaliste – Lesfrancais.press
    Ce livre de Camille Laurens est effectivement basé sur la tromperie puisque le personnage principal, Claire, invente un pseudo pour se rapprocher du meilleur ami de l’homme qu’elle aime pour le surveiller. Un mensonge en appelant un autre, elle se rajeunit et se crée un véritable double virtuel. Je pense effectivement qu’à vivre une relation par écran interposé, on peut être tenté de mentir par omission ou de ne pas tout dire pour se montrer sous son meilleur jour. Mais c’était sans doute déjà le cas à l’époque des relations épistolaires. Quand Apollinaire écrit à Lou, ne décide-t-il pas d’escamoter la vérité pour ne parler que d’amour et de désir ?
    A cet égard, le livre de Camille Laurens est intéressant car il pose la question du désir des femmes.
    Gabrielle Gabelle
    Gabrielle GabelleFonctionnaire au ministère de la Défense
    Est-ce acceptable aux yeux de la société qu’une femme se rajeunisse de 20 ans sur Facebook car elle a envie de se sentir désirée alors que dans la vraie vie elle n’intéresse plus les hommes ?
    Ce qui est terrifiant dans ce roman comme sans doute dans la vraie vie c’est de voir jusqu’où les gens sont prêts à aller pour se sentir aimés, désirés et désirables. Claire veut ressentir le frisson, se sentir encore vivante mais dans ce jeu de faux semblants elle va perdre et payer le prix fort.
    Finalement derrière son écran, à trop chercher l’amour, le personnage se retrouve en plein désert affectif. Tous ces sites censés créer des relations isolent bel et bien davantage les personnes fragilisées. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti à la lecture du livre.
    Gabrielle Gabelle
    Gabrielle GabelleFonctionnaire au ministère de la Défense
    Vous avez vécu aux Émirats arabes unis comme femme d’expat’. Avez- vous observé des relations d’amour à distance entre couples obligés de vivre loin l’un de l’autre et est-ce automatiquement une matière romanesque à exploiter ?
    Boris Faure
    Boris Faure Journaliste – Lesfrancais.press
    J’ai vécu aux Émirats auprès d’un mari souvent en déplacement professionnel, comme nombre de ses collègues. En expatriation comme ailleurs, il y a toutes sortes d’histoires d’amour. Certaines durent. D’autres pas. Effectivement cela peut servir de matériau romanesque.
    Gabrielle Gabelle
    Gabrielle GabelleFonctionnaire au ministère de la Défense
    J’ai le sentiment que vous ne me dites pas tout ?
    Boris Faure
    Boris Faure Journaliste – Lesfrancais.press
    L’histoire qui me vient à l’esprit quand je pense en fait aux Émirats où j’ai vécu trois ans est celle d’une maid philippine qui était employée par une de mes amies et qui vivait une histoire d’amour avec un Philippin venu lui aussi travailler à Abu Dhabi.
    Ce qui devait arriver arriva et contrairement à ce qui se passe chez nous, cette grossesse ne fut pas un heureux événement mais une source de problème car aux Émirats il n’est pas permis pour un couple non marié d’avoir un enfant. L’amour à distance dont vous parlez prend donc un tout autre sens quand la justice s’en mêle…
    Gabrielle Gabelle
    Gabrielle GabelleFonctionnaire au ministère de la Défense
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    Et pour conclure …

    Ce court voyage à travers l’amour à distance raconté dans des romans se termine.

    Soyons sûrs que la vie a plus d’imagination que n’en portent les livres de fiction. Et que la prochaine histoire passionnelle qui bravera la distance et se moquera des milliers de kilomètres qui séparent les amants alanguis c’est sans doute vous qui l’écrirez !

    La distance ne compte pas vraiment quand le cœur rapproche et unit toujours  les amants.

  • L’amour à distance à travers les romans !

    L’amour à distance à travers les romans !

    La géographie amoureuse des Français de l’étranger comporte une singularité topographique : nos compatriotes semblent, plus que d’autres, contraints de s’aimer à distance, de vivre l’amour outre-frontière, à travers des diagonales kilométriques parfois vertigineuses. Nous connaissons les causes habituelles de l’éloignement des amoureux : une expatriation à Dubaï en célibataire géographique et un conjoint obligé de rester dans l’hexagone avec les enfants. Un couple bruxellois solidement constitué dont les destinées professionnelles soudainement bifurquent – qui résisterait à cette promotion dans la succursale new-yorkaise  d’une grande banque française ? Et comment ignorer les rencontres foudroyantes et passionnelles qui font voler en éclat les belles certitudes matrimoniales ? Notre communauté est faite de couples mixtes, de mélanges heureux mais aussi de trajectoires en amour qui s’étirent, s’allongent et prennent des détours. Alors, loin des yeux, loin du cœur et un amour distant est un amour finissant ? L’amour se moque parfois  des frontières et des kilomètres à avaler en avion. À l’heure des vols low-cost on s’aime au mépris des distances  et on essaie d’oublier l’empreinte carbone en contemplant tendrement l’empreinte du corps aimé après des retrouvailles torrides. 

    De cette géographie amoureuse de la distance nous avons souhaité vous présenter l’histoire. Ou plutôt les histoires. Celles que les écrivains ont contées, à travers la fiction ou les échanges épistolaires. Dire l’absence, penser la passion lointaine, désespérer de l’autre ou aimer autrement : ces livres racontent des histoires qui ressemblent peut-être un peu aux vôtres… 

    « J’attendrai toujours ton retour » : les classiques, Homère, Giono, Pasternak

    C’est beau comme une chanson de Dalida. Pénélope attend Ulysse qui vogue résolument vers Ithaque. Mais la route n’est pas une ligne droite. Il mettra 20 ans à retrouver sa belle. L’histoire mythologique de cette séparation – malédiction voulue par les dieux jaloux d’Ulysse – tout le monde la connaît. La reine fidèle cernée par les prétendants qui file sa quenouille et fait et défait sa toile pour retarder l’échéance où elle devra choisir un nouvel amant et le faire roi. Pendant 20 ans la superbe reine résiste à toutes les tentations quand Ulysse succombe, lui, aux charmes irrésistibles de la magicienne Circé qui met dans son lit le guerrier intrépide grâce à ses philtres et sortilèges. Elle aura d’ailleurs plusieurs enfants du vigoureux marin.

    Homère nous a livré, huit siècles avant Jésus-Christ, une première leçon sur la gestion de la distance en amour : la fidélité c’est mieux, mais l’infidélité devient quasi inévitable quand l’ensorcellement amoureux opère. Et loin des yeux de l’épouse ou époux officiel toute licence est permise. 

    Jean Giono dans « Naissance de l’odyssée », son premier roman écrit en 1930, s’empare justement de façon burlesque de l’infidélité d’Ulysse qu’il présente en érotomane insatiable retardé dans son retour vers sa reine et sa patrie par de multiples conquêtes. Le voilà contraint d’inventer les aventures de l’Odyssée, d’inventer des péripéties grandiloquentes pour masquer des années d’errance lubrique entre filles frivoles et catins d’outre-mer. L’écrivain de Manosque pousse l’audace, dans ce roman initialement refusé par Grasset, de présenter Pénélope en frivole femme à la cuisse légère… Giono livre un puissant conte transgressif où le héros n’en est pas un, où la dame marmoréenne ne reste pas de marbre pendant 20 ans face à ses nombreux prétendants. Logique non ? On est prêt à attendre l’être aimé, un peu, beaucoup passionnément mais pas forcément à la folie !

    La distance quand on s’aime faciliterait-elle le mensonge et la ruse ?

    Le docteur Jivago, célèbre roman du prix Nobel de littérature Boris Pasternak, est une grande fresque amoureuse entre Iouri et Lara, un chassé- croisé de passions prises dans le tumulte de l’histoire. Iouri Jivago est un médecin militaire également poète, un orphelin issu d’une grande famille industrielle de Sibérie aujourd’hui décimée. Lara, elle, est mariée à un général de l’armée rouge qu’elle aime peu. Entre la révolution de 1917 et la seconde guerre mondiale ces deux êtres enflammés vont se tourner autour, dévoiler peu à peu leurs sentiments pour qu’au final… la mort les sépare.

    Le point de vue d’une lectrice, Valérie Battaglia, dramaturge qui réside à Bruxelles. Cliquez sur les points ci-dessous pour lire son avis ! Valérie Battaglia Valérie BattagliaDramaturge « Dans Le Docteur Jivago, Boris Pasternak raconte entre les lignes son grand amour avec la poétesse Marina Tsvetaeva, amour plus épistolaire que charnel, amour d’exils. Lara et Iouri, emportés dans les fracas de la Révolution d’Octobre, de la guerre civile, des exodes et des déportations, vivent une relation épisodique, chaotique, déchirée par la tragédie de l’histoire de cet immense territoire russe. Un chef d’œuvre international, un roman intemporel.   Valérie Battaglia Valérie BattagliaDramaturge « Ma charmante, mon inoubliable ! Tant que les creux de mes bras se souviendront de toi, tant que tu seras encore sur mon épaule et sur mes lèvres, je serai avec toi. Je mettrai toutes mes larmes dans quelque chose qui soit digne de toi, et qui reste. J’inscrirai ton souvenir dans des images tendres, tristes à vous fendre le cœur. Je resterai ici jusqu’à ce que ce soit fait. Et ensuite je partirai moi aussi. (…) C’est ainsi que t’ont jeté vers moi les tempêtes de la vie, ô ma fierté. »  « Quel amour ils avaient connu, libre, rare, incomparable. Ils avaient pensé comme d’autres chantent. » » Valérie Battaglia Valérie BattagliaDramaturge Précédent Suivant

    Le brasier qui consume la Russie en train de faire sa révolution et de gérer ses immenses conséquences va entraîner ce couple de légende dans le feu des passions. Le carburant de cette attirance largement inassouvie se nourrit du manque et des fils du destin qui se croisent et s’éloignent pour un dénouement mélodramatique. Au final une fresque historique et amoureuse  inoubliable que Julie Christie et Omar Sharif auront su incarner magnifiquement au cinéma dans le film de David Lean. 

    Quand la distance crée le malentendu  : Voltaire et la princesse de Babylone.

    Le thème de la confusion et des malentendus créés par la distance aura été été exploré par Voltaire dans la princesse de Babylone, un conte philosophique qui date de 1768, en pleine époque des Lumières triomphantes. La fille du roi de Babylone s’éprend d’Amazan, le fils d’un berger venu du pays imaginaire des Gangarides, sorte d’utopie socialiste où les hommes sont tous bons, justes et égaux. Un quiproquo advient car Formosante embrasse le fils du roi d’Egypte pour mieux… lui refuser l’accès à sa couche. Cela provoquera la fuite d’Amazan dont le cœur est brisé par ce qu’il perçoit à tort comme une trahison. C’est alors le prétexte de pérégrinations entre l’Asie et l’Europe dans une course poursuite de ces deux êtres en feu, littéralement déboussolés. Fuis-moi je te suis, suis-moi je te suis. Un sacré méli-mélo qui est surtout l’occasion pour Voltaire de stigmatiser la déréliction des mœurs politiques de régimes dictatoriaux et corrompus que les deux amoureux visitent au passage. 

    On peut rire de la situation : au fond, embrasser ce n’est pas vraiment tromper… Sauf quand on se fait pincer. 

  • Un nouveau round de dette commune pour l’UE

    Un nouveau round de dette commune pour l’UE

    Alors que l’attention des dirigeants européens, réunis à Bruxelles lors d’un Conseil européen extraordinaire, s’éloigne des questions purement économiques pour se pencher sur la réforme du pacte migratoire, des références à la « solidarité » économique au sein de l’UE, et la possibilité d’un nouveau round de dette commune ont été retirées du projet de déclaration commune.

    Face au Inflation Reduction Act américain, un plan d’investissement massif pour soutenir le développement d’une économie verte outre-Atlantique, qui met en péril la compétitivité de l’industrie européenne, la Commission européenne a présenté le 1er février dernier, en guise de réponse, un ambitieux Plan industriel vert (Green Deal Industrial Plan).

    A la carte, assouplissement et simplification des aides d’État, dont les modalités les plus urgentes devraient être approuvées par les chefs d’États lors du Conseil européen extraordinaire des 9 et 10 février.

    Dans le même temps, la Commission européenne a promis d’engager une réflexion plus longue sur le financement de projets stratégiques verts – et la mise en œuvre d’un fonds de souveraineté européen est à l’étude, dédié au financement des industries et projets les plus innovants en faveur du climat.

    Seulement, les Etats membres s’écharpent sur la pertinence d’un tel fonds et, surtout, les modalités de financements. En effet, si l’Elysée confirmait dès mercredi (8 février) qu’une référence au principe d’un fonds serait présente dans les conclusions – exercice de communication de la part des dirigeants européens, qui résume les décisions actées pendant le Conseil -, l’Allemagne refuse de donner plus de garanties à ce stade.

    EURACTIV Allemagne a pu avoir accès au dernier jet de ces conclusions, dans lequel la référence à la « solidarité » économique et les quelques mots de « réponse politique européenne efficace de l’UE » face à l’IRA ont été supprimés.

    La phrase « à cette fin, le Conseil européen invite la Commission et le Conseil à faire avancer les travaux en s’appuyant notamment sur le succès du programme SURE », présente dans des versions précédentes, a aussi disparu.

    Le programme SURE, qui fait partie de la réponse européenne face à la crise de la Covid-19, permet à la Commission européenne d’emprunter sur les marchés financiers dans des conditions particulièrement favorables, afin d’octroyer des prêts à taux réduits aux Etats Membres tout en gardant le contrôle sur les niveaux de dette.

    En pratique, cela consiste en de la dette commune, contractée par la Commission européenne « au nom » des Etats membres. Une pratique tout à fait nouvelle dans l’histoire économique européenne – et que l’Allemagne voit d’un très mauvais œil.

    La dernière version des conclusions du sommet vu par EURACTIV Allemagne ne fait référence qu’aux « fonds européens existants », qui « devraient être déployés de manière plus flexible, tandis que les options visant à faciliter l’accès au financement devraient être explorées ».

    De quoi doucher les attentes les plus ambitieuses de certains Etats membres, dont la France, qui voyaient en ce nouveau fonds de souveraineté un outil permettant un nouveau round de dette commune.

    Si les conclusions mentionnent effectivement la volonté des Etats membres de créer ce fonds de souveraineté, c’est bien du bout des lèvres. « Le Conseil européen prend note de l’intention de la Commission de proposer un fonds de souveraineté européen avant l’été 2023 en vue de soutenir les investissements dans les secteurs stratégiques », peut-on lire.

    « L’Europe n’a aucune raison de se cacher », a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz, mercredi (8 janvier), en référence aux milliards d’euros disponibles en vertu du Plan industriel du pacte vert de l’UE. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

    Olaf Scholz fait preuve d’optimisme

    Cette position très gardée est conforme à celle de l’Allemagne, première économie de l’UE, qui s’est opposée à tout nouvel emprunt commun et a fait valoir que la réorientation des fonds européens existants suffirait à soutenir la compétitivité industrielle.

    C’est ce qu’a réaffirmé le chancelier social-démocrate Olaf Scholz devant le Bundestag (Parlement allemand), mercredi (8 février), à la veille de la réunion du Conseil européen.

    « Le plan de relance, que nous avons créé lors de la pandémie de coronavirus, représente à lui seul 250 milliards pour la décarbonation de l’industrie européenne », a déclaré M. Scholz. Et d’ajouter que « seule une petite partie de cette somme a été dépensée jusqu’à présent. »

    Il a également déclaré que « l’Europe n’a aucune raison d’avoir honte », mettant en exergue les 20 milliards d’euros supplémentaires du programme « REPowerEU », qui a pour but de renforcer l’indépendance de l’UE vis-à-vis des importations russes de combustibles fossiles.

    Le chancelier allemand a aussi évoqué les 26 milliards d’euros de garanties européennes pour les investissements privés et publics du programme « InvestEU », ainsi que les 40 milliards d’euros pour la recherche et l’innovation. Enfin, il a mis l’accent sur les ressources existantes du Fonds de cohésion de l’UE et des recettes du système d’échange de quotas d’émission.

    Ces chiffres sont à comparer aux 370 milliards de dollars (344 milliards d’euros) prévus par l’IRA américain, a précisé M. Scholz.

    « Aussi nécessaire soit-il de faire face aux conséquences de cette politique [l’IRA américain] pour l’Europe », a déclaré M. Scholz, il a souligné qu’il n’était pas nécessaire de se livrer à de sombres prédictions.

    Les règles relatives aux subventions nationales devront néanmoins être assouplies et les périodes d’approbation plus rapides, a-t-il averti.

    « Afin de renforcer la position de l’Europe dans la concurrence mondiale, nous devons, premièrement, prendre au sérieux cette flexibilisation annoncée des règles européennes en matière d’aides d’État, en particulier dans les secteurs dont nous avons besoin pour la transformation », a-t-il indiqué.

    « Et deuxièmement, nous développerons nos capacités de production européennes pour les technologies de pointe et les technologies propres, par exemple dans les secteurs de l’énergie, de la construction et des transports », a lancé M. Scholz. Il a également fait part de son soutien au « Plan industriel du pacte vert » présenté par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 10.02.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 10.02.23

    Bienvenue dans la dernière édition de la semaine, ce vendredi 10 février on revient sur l’annulation des élections de 3 députés des Français de l’étranger, la généralisation du dépôt de plainte en ligne et enfin on fait le bilan de la visite du président ukrainien en Europe. 

    Premier tour le 01 et 02 avril 2023 

    En Amérique du Sud, Eléonore Caroit affrontera Christian Rodriguez, le directeur des relations internationales de LFI et Bertrand Dupont (le plus breton des Brésiliens) du parti Les Républicains, le samedi 01 avril. Pour les deux autres circonscriptions, l’Afrique du Nord et de l’Ouest ainsi que la Méditerranée de l’Est, le premier tour aura lieu le dimanche 02 avril. Dans cette dernière région, Meyer Habib, toujours pas ambassadeur, devrait finalement se représenter. 

    Elections législatives partielles
    Elections législatives partielles

    Escroqué sur le net ? La France mène l’enquête 

    Pour tous les Français, résidents ou non, la compétence judiciaire de notre pays est mondiale. Ainsi si vous êtes victime d’agression sur les réseaux sociaux, d’arnaque dans un webshop, ou d’un vol d’identité, vous pouvez solliciter le procureur de la République. La démarche est entièrement en ligne et sans avocat sur les sites THESEE et PHAROS. Tous les détails sur notre site ! 

    Carton plein pour Zelensky 

    Que ce soit à Londres, à Paris, où il a passé la nuit, ou hier matin à Bruxelles, le président ukrainien a reçu les honneurs des autorités mais a aussi pu bénéficier d’une oreille attentive. Si aucune annonce majeure n’a été faite, le message est clair : l’UE, sa première puissance économique, l’Allemagne, et sa première puissance militaire, la France, se tiendront aux côtés de l’Ukraine jusqu’au bout. 

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine de flashs dédiés aux Français de l’étranger. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger