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  • « Buy European Act » : une réponse efficace face à l’IRA américain ?

    « Buy European Act » : une réponse efficace face à l’IRA américain ?

    Alors que le principe d’un Plan industriel vert européen (« Green Deal Industrial Plan ») a été acté lors du Conseil européen la semaine dernière, un débat s’ouvre autour d’une préférence européenne dans les marchés publics. Le « Buy European Act« , une nouvelle forme de protectionnisme vert qui est loin de faire l’unanimité.

    « C’est un levier de transformation déterminant », le début d’un « protectionnisme vert européen » : les mots du sénateur Jacques Fernique à la tribune du Sénat mercredi (8 février) ne manquent pas de panache pour parler d’un « Buy European Act ».

    Sa prise de parole s’inscrit dans un débat en séance publique, intitulé « quelle réponse européenne aux récentes mesures protectionnistes américaines ? » et qui ancre dans le débat français la question de la défense industrielle européenne.

    Fait assez rare pour être noté, M. Fernique, écologiste, emboîtait le pas au président français Emmanuel Macron et son ministre de l’Économie Bruno Le Maire, tous deux en faveur d’une telle mesure.

    « L’Europe ne peut pas être le seul endroit où il n’y a pas de ‘Buy European Act’ »estimait M. Macron en novembre 2022.

    Pourtant, bien malin celui qui saura définir les contours de cette législation. Pour certains, il est avant tout question de revoir les règles relatives aux marchés publics européens pour créer une « préférence européenne ».

    Pour d’autres, il faut copier les États-Unis en imposant, comme nos rivaux outre-Atlantique le font dans l’Inflation Reduction Act (IRA), des clauses de « contenu local » (« local content rules »), qui conditionnerait tout octroi d’aides d’Etats et de crédits d’impôts à une obligation de rapatrier une partie de la production sur le sol européen – au risque de déroger aux principes de l’Organisme mondial du commerce (OMC).

    L’impératif de la « préférence européenne »

    Assouplissement et simplification des aides d’État, fonds de souveraineté européenne, politique commerciale offensive… Dès le 1er février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lançait un Plan industriel vert européen pour répondre aux effets les plus pervers de l’IRA – un plan d’investissement américain de 430 milliards de dollars prévoyant de distribuer des subventions aux industries vertes telles que les fabricants de batteries pour voitures électriques et de panneaux solaires.

    Mme von der Leyen a un plan : celui de « faire de l’Europe le foyer des technologies propres et de l’innovation industrielle sur la voie de la neutralité carbone », arguait-elle lors d’un discours au Forum économique de Davos, le 17 janvier.

    Si ce Plan vert industriel a été largement approuvé par les chefs d’États lors du Conseil européen des 9-10 février, certains estiment que la Commission ne va pas assez loin, et une révision des règles relatives aux marchés publics s’impose.

    Selon M. Fernique, un « Buy European Act » serait plus adéquat pour favoriser les produits européens. « Les critères qualitatifs et environnementaux européens doivent être pris en compte dans le cahier des charges » explique-t-il à EURACTIV.

    Stéphanie Yon-Courtin, députée européenne Renew (centre) en pointe sur ces sujets, est claire dans sa réponse aux questions d’EURACTIV : « Lorsqu’il y a des fonds européens investis, nous devrions acheter européen en priorité ».

    Une proposition de résolution au Parlement européen, dont doivent débattre les députés européens mercredi (15 février), soutient quant à elle une stratégie « Made in Europe », dont bénéficieraient tous les pays membres équitablement : « la réaction de l’Union aux régimes de soutien à l’innovation mis en place par les pays tiers devrait être efficace, proportionnée, ciblée […] et protéger les fondements du marché intérieur de l’Union », lit-on dans la résolution.

    Du côté du monde de l’entreprise, quinze associations de start-ups, France Digitale en tête de file, publiaient la semaine dernière une note pour appeler à une révision des règles européennes relatives aux marchés publics. Créer un terrain fertile pour l’innovation technologique et écologique dans la commande publique est impératif : « l’innovation doit être analysée par le prisme de la valeur ajoutée à l’économie européenne » et les règles existantes ne vont pas assez loin en la matière, selon France Digitale.

    « Contre toute la génétique de la Commission »

    Mais cette « préférence européenne » n’est pas du goût de tous.

    « C’est contre toute la génétique de la Commission » affirme Michel Petite, associé chez Clifford Chance et ancien directeur général du service juridique de la Commission européenne, pour EURACTIV. Selon lui, des outils existent déjà dans l’arsenal juridique européen pour faire face aux distorsions de concurrence avec les États-Unis et la Chine.

    Il en est ainsi de l’Instrument relatif aux marchés publics internationaux (IPI), qui vise à restreindre l’accès aux marchés publics européens d’entreprises étrangères lorsque les entreprises européennes ne bénéficient pas du même niveau d’accès dans les pays tiers. Une clause de réciprocité, en quelque sorte, dont l’adoption en 2022 avait été vue du meilleur œil par la France.

    Un nouveau règlement relatif aux subventions étrangères (« RSE ») a aussi vu le jour le 12 janvier. Il crée une obligation pour les entreprises de notifier toute contribution financière d’un pays tiers dont elles pourraient bénéficier, dès lors que la contribution est d’un minimum de 50 millions d’euros, ou que le chiffre d’affaires de la compagnie est de 500 millions d’euros.

    Adopter un protectionnisme plus exacerbé, soit par les marchés publics, soit par des clauses de contenu local, enverrait donc un « signal allant à l’encontre des équilibres recherchés par la Commission et du rejet des replis régionaux », explique M. Petite.

    Même son de cloche de la part de Sébastien Jean, professeur d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), pour qui la question des marchés publics et des clauses « contenu local » est hors sujet : « la Commission n’en viendra pas là, car c’est en infraction manifeste avec ses engagements auprès de l’OMC ».

    Lui préfère évoquer l’utilisation plus forte des outils existants, comme les « mesures compensatoires », qui s’appliquent à tout produit provenant d’un pays tiers qui aurait fait l’objet d’une subvention déloyale. Le droit compensateur vise à corriger les effets de ce déséquilibre artificiel.

    Même la secrétaire d’État chargée de l’Europe, Laurence Boone, ne veut pas entendre parler de protectionnisme, mais plutôt d’une « stratégie ‘Made in Europe’ » et de « clauses miroir » pour « protéger la santé et l’environnement » des Européens.

    Le débat est donc bien ouvert, et les dirigeants européens ont déjà prévu d’en reparler lors d’un Conseil européen en mars. L’objectif est de taille : renforcer l’autonomie stratégique européenne et atteindre la neutralité carbone en 2050, sans tomber dans une distorsion de concurrence entre pays membres.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.02.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 15.02.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash des expatriés de ce mercredi 15 février. Jour de carnaval dans de nombreuses écoles que ce soit dans l’hémisphère nord ou sud, profitez bien si vous le pouvez ! En attendant, nous on revient sur le soutien promis par Olivier Becht aux entrepreneurs français expatriés, sur les élections à Berlin qui ont divisé les allemands sur la place de la voiture en ville, tandis qu’en France on se passionne pour l’accident de l’humoriste Pierre Palmade. 

    Olivier Becht compte sur les expatriés

    Cette démarche s’inscrit dans un plan d’action général après l’annonce la semaine dernière du deuxième déficit record d’affilé de notre balance commerciale. Aucune mesure concrète ne sera annoncée avant plusieurs semaines et elles seront axées en priorité sur les entreprises exportatrices. Les Chambres de commerce hors de France seront parties prenantes des dispositifs selon la déclaration du ministre au Sénat suite à une question d’Evelyne Renaud-Garabedian.

    Les Berlinois se déchirent sur la place de la voiture en ville 

    Signe des temps, d’un changement de génération, dans les grandes villes, la voiture ne trouve plus sa place. Les moins de cinquante ans militent pour une réduction plus forte de la circulation automobile au profit d’une mobilité douce et respectueuse de l’environnement. Ainsi 47% des berlinois sont pour tandis que 49% sont contre. Pour autant, les partis qui prônaient un retour plein de la voiture dans la ville ont été sanctionnés en perdant tous leurs sièges au conseil régional de Berlin. Une situation et une fracture générationnelle qu’on retrouve dans de nombreuses villes dans le monde . 

    L’accident de Pierre Palmade déchaîne les passions en France 

    Le week-end dernier, sous l’emprise de la cocaïne et avec deux jeunes prostitués, Pierre Palmade a provoqué un accident qui a coûté la vie à un foetus et plongé dans le coma la future mère, son fils de 6 ans et son beau-frère. Un horrible fait divers qui prend des proportions folles alors que les anti-avortement profitent de l’émotion pour exiger que l’humoriste, à la carrière désormais finie, soit poursuivi pour homicide involontaire. Problème : un foetus en France n’a pas de statut juridique tant qu’il ne respire pas, d’après une décision de la cour de cassation de plus de 20 ans, la remettre en cause c’est mettre en danger le droit à l’avortement à moyen terme. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin dédié aux Français de l’étranger. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Expatriés et entrepreneurs : Olivier Becht compte sur vous

    Expatriés et entrepreneurs : Olivier Becht compte sur vous

    Le ministre des Français de l’étranger et du commerce extérieur Olivier Becht a annoncé, jeudi 9 février 2023, la préparation de nouveaux dispositifs d’aides visant à renforcer l’offre des entreprises françaises à l’étranger. Cette annonce est faite alors que la France a atteint un déficit commercial record l’an dernier. Olivier Becht compte sur les expatriés et entrepreneurs pour participer au rebond national et pour cela il s’engage auprès de vous !

    Les entreprises françaises exportatrices en plein boom

    Pour l’heure, après un déficit commercial record en 2021, la balance des échanges de biens de la France a enregistré un nouveau plongeon historique en 2022 à 164 milliards d’euros, particulièrement plombée par la facture énergétique. Un motif d’espoir toutefois : le nombre d’entreprises exportatrices a atteint le niveau historique de 144 400.

    Elles sont de plus en plus nombreuses à tenter l’aventure hors de France et à aller conquérir des marchés aux 4 coins du monde comme on a pu le constater lors des divers déplacements du ministre VRP Olivier Becht.

    Olivier Becht en Thaïlande ©Ambassade de France à Bangkok

    Aider les entrepreneurs français expatriés à plus importer

    Parmi les pistes identifiées pour réduire le déficit commercial, le soutien aux entrepreneurs français installés hors de France. On le sait, même si il est difficile de quantifier leur action, qu’ils sont des moteurs dans leur pays de résidence pour le savoir-faire français.

    En effet, ils sont souvent les relais des productions françaises dans leur nouvel environnement économique. C’est pour les soutenir et par ricochet donner de nouvelles opportunités aux entreprises en France, qu’Olivier Becht a rappelé au Sénat son engagement auprès des Chambres de Commerce hors de France. Celles-ci seront inclues dans la Team France Export.

    Ainsi des annonces détaillées pourraient avoir lieu « dans les prochaines semaines, les prochains mois », a précisé le ministre au cours d’une conférence au ministère des Finances sans donner de détails sur leur nature. Les parlementaires comme les Français de l’étranger s’impatientent et souhaitent les découvrir au plus tôt alors que des promesses ont été faites depuis 6 ans sans concrétisation.

  • TV5MONDEplus : « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs »

    TV5MONDEplus : « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs »

    Sur TV5MONDEplus, la seule plateforme de AVOD francophone mondiale, en février, c’est un programme éclectique et unique qui vous est proposé. Comme le dit François Mazure, le journaliste belge de l’émission « Un monde à part » produite par la RTBF, « Ce que vous verrez ici, vous ne le verrez pas ailleurs ». Tour d’horizon des programmes du mois qui viennent compléter les 3500 heures de cinéma, séries, documentaires et émissions déjà disponibles gratuitement quasiment partout dans le monde !

    2 films et 1 série entre histoire et passion

    Zwingli, le réformateur

    XVle siècle. Huldrych Zwingli, prêtre catholique, dénonce les abus de l’Église. Il ne craint
    pas de tenir tête aux gens de pouvoir. Principal artisan de la Réforme protestante à
    Zurich, l’influence de ce contemporain de Luther s’étendra à toute la Suisse alémanique.

    ©RTS

    Un film suisse produit par la RTS en 2019 et réalisé par Stefan Haupt

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Mont Foster

    Afin de se retrouver et de se remettre d’une dure épreuve, Mathieu et Chloé se rendent
    dans leur maison de campagne, située en pleine forêt. Mais leur retraite paisible est vite
    perturbée par de curieux incidents qui vont ébranler le fragile équilibre de Chloé…

    ©K-Films Amérique

    Un film produit au Canada et réalisé par Louis Godbout

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    La maison bleue – Saison 2

    Le président Hamelin n’a plus la cote. Pour les prochaines élections, il ne peut compter
    que sur Boudreau, chouchou des Québécois, dans une campagne accompagnée d’une
    crise inédite : les érables ne coulent plus. Privée de sirop, la population est mécontente.

    ©Radio Canada

    Une série réalisée et produite au Canada par Ricardo Trogi en 10 épisodes (tous disponibles dès à présent comme la saison 1 sur TV5MONDEplus).

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    2 documentaires pour mieux comprendre le monde

    Le fleuve n’est pas une frontière

    En 1989, un accrochage entre bergers et paysans a provoqué une guerre raciste entre
    Mauritaniens et Sénégalais sur le fleuve Sénégal, occasionnant des milliers de morts et des dizaines de milliers de réfugiés. Aujourd’hui, les plaies ne sont pas refermées…

    ©Locarno Films

    Une coproduction entre le Sénégal, la France et l’Allemagne de 2022 réalisée par Alassane Diago.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Un monde à part

    Rencontres humaines surprenantes, lieux inattendus, situations improbables : les aven-
    tures du journaliste baroudeur François Mazure aux quatre coins de la planète.

    ©RTBF

    Une production phare de la chaîne publique francophone RTBF ! 9 épisodes de 30 minutes.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Hommage à un maitre des mots et de l’humour pour se détendre

    Le 9 novembre 2022, Raymond Devos aurait eu 100 ans. Les Frères Taloche proposent
    de célébrer son anniversaire et de lui rendre hommage à l’Opéra royal de Wallonie. Des
    artistes et amis de Raymond Devos y interprètent ses textes, mettant en valeur sa car-
    rière et son imaginaire fantastique, fait de musique, de cirque et de théâtre.

    ©RTBF

    Diffusé sur la RTBF selon une mise en scène d’ Alain Sachs avec Michel Boujenah, François Morel, Anne Roumanoff, Olivier de Benoist…

    https://www.tv5mondeplus.com/login
  • Environnement et protectionnisme, un mauvais compagnonnage 

    Environnement et protectionnisme, un mauvais compagnonnage 

    Le Royaume-Uni a assis sa suprématie économique sur le charbon au XIXe siècle. Au XXe siècle, les États-Unis ont bâti leur hégémonie sur le pétrole. L’ancien Président, Donald Trump avait entendu protéger le secteur pétrolier américain en sortant son pays de l’Accord de Paris sur le climat. Dès les premiers jours de son mandat, son successeur, Joe Biden, a décidé de ratifier à nouveau ce traité dédié à l’environnement. 

    La lutte contre le réchauffement climatique, un instrument de politique intérieure 

    Si la lutte contre le réchauffement est devenue outre-Atlantique une cause nationale, elle permet de légitimer le retour du protectionnisme. L’administration démocrate met en avant le fait que la transition énergétique donnera du travail aux ouvriers, aux employés et aux cadres moyens, qu’elle réduira le poids de la Chine et des autres concurrents des Etats-Unis. Si à l’inverse de Donald Trump, les Démocrates ne sont pas climatosceptiques, ils reprennent une partie des éléments de langage de « l’American First ». Le changement de mix énergétique doit s’effectuer dans l’intérêt des États-Unis et de ses habitants. L’objectif est que les batteries comme les véhicules électriques soient fabriquées aux États-Unis, tout comme les semi-conducteurs qui sont indispensables au bon fonctionnement des voitures. 

    L’administration américaine a décidé par ailleurs de développer de nouvelles centrales nucléaires, de créer des usines de production d’hydrogène vert et de réaliser des champs solaires. Au cours des deux dernières années, le Congrès a adopté trois projets de loi sur les infrastructures, les puces semi-conductrices et l’environnement avec, à la clef, 2000 milliards de dollars d’aides publiques. Le projet de loi sur l’infrastructure met à disposition 1 200 milliard de dollars sur dix ans pour les routes, les ponts et les câbles d’un nouveau réseau vert. 

    Le chips Act, qui promeut la fabrication de semi-conducteurs en Amérique, contient 280 milliards de dollars de dépenses. Le projet de loi sur la réduction de l’inflation contient 400 milliards de dollars de subventions pour les technologies vertes sur dix ans. Pour certains experts, le montant des aides atteindrait plus de 800 milliards de dollars.

    Sentiments anti-chinois, pro-environnement et nationalistes

    Les projets du gouvernement prévoient la mise en place de normes visant à obliger des productions locales et à restreindre les importations ou les exportations de technologies pour des raisons de sécurité nationale. 

    L’Amérique veut, tout comme l’Europe, se réindustrialiser et être moins dépendante de la Chine en opérant rapidement sa transition énergétique. Depuis le New Deal, aucun gouvernement n’avait pris de telles dispositions afin de refaçonner, de manière dirigiste, le pays. 

    Pour obtenir le vote du Congrès, Joe Biden joue tout à la fois sur les sentiments anti-chinois, pro-environnement et nationalistes qui parcourent les travées. 

    Le protectionnisme des mesures proposées a provoqué des réactions assez vives de la part d’une partie des alliés traditionnels des États-Unis. Ce plan, d’une ampleur inconnue, poursuivant des objectifs disparates, peut-il réussir ? Obéira-t-il à la règle économique en vertu de laquelle une politique ayant plusieurs objectifs n’en atteint aucun ?

    La réalisation des plans américains en faveur de la transition énergétique sera freinée, souligne The Economist, par les contraintes administratives qui ont tendance à se multiplier aux États-Unis tout comme en Europe. Une décennie a été nécessaire pour obtenir les autorisations de connexion au réseau californien des installations d’énergie renouvelable dans le Wyoming. Les entreprises doivent gérer plusieurs niveaux de réglementation, niveau local, fédéré et fédéral. Elles sont contraintes de dépenser des milliards de dollars en lobbying pour obtenir des permis de construire, ce sont autant de milliards de dollars en moins pour les investissements. 

    Mauvaise allocation des ressources, dette, inflation, rétorsions… 

    Ces plans risquent de provoquer une mauvaise allocation des ressources avec à la clef un endettement accru de l’État fédéral. La priorité donnée aux productions d’origine américaine sera inflationniste en limitant la concurrence. Les consommateurs américains seraient ainsi pénalisés. 

    Les plans protectionnistes des États-Unis pourraient entraîner des mesures de rétorsion de la part de leurs alliés. L’esprit qui prévaut en matière de commerce international depuis 1945 pourrait être ainsi remis en cause. L’économie américaine n’avait pas réellement besoin des milliers de milliards de dollars d’argent public pour opérer sa transition énergétique. Elle attire les capitaux de l’ensemble de la planète et ses entreprises réalisent des résultats leur permettant sans problème d’investir. Les États-Unis disposent des meilleures écoles d’ingénieurs du monde. Sa recherche est l’une des plus dynamiques. 

    En Europe, les gouvernements sont également tentés d’opter pour des solutions de financements spécifiques pour les investissements en lien avec la transition énergétique. Le gouvernement français étudie ainsi la possibilité d’utiliser les ressources du Livret A pour financer la construction des centrales nucléaires. 

    La tentation protectionniste et nationaliste est d’autant plus incompréhensible au sein des pays occidentaux qu’ils sont tous confrontés au risque de pénurie de main-d’œuvre. Les besoins de rationaliser les productions, de partager les solutions et de réduire les coûts devraient s’imposer en lieu et place d’une repli des États sur eux-mêmes. 

    Les plans américains par leurs montants pourraient générer des effets de rente pour certaines entreprises et ne pas favoriser les emplois pour les Américains les plus modestes. En ne centrant l’aide que sur les États-Unis, le gouvernement fédéral néglige le caractère mondial du problème. II ne comporte pas de volet en faveur de l’aide à la transition énergétique au sein des pays en voie de développement.

    Des réponses nationales à des questions mondiales

    Face à ces critiques, l’administration américaine répond que ces plans permettront de développer de nouvelles technologies, de construire des chaînes d’approvisionnement moins dépendantes de la Chine et de réduire le coût des sources d’énergie propres. Les autorités américaines estiment que tous les pays profiteront de ces gains. 

    Le problème de la réduction des gaz à effet de serre est par nature mondial. Il ne connaît pas les frontières. La mise en place d’une taxe carbone à l’échelle mondiale, sous l’égide de l’OCDE par exemple, serait bien plus efficace. Cette taxe pourrait s’accompagner pour les pays en voie de développement d’aides. Au niveau national, les subventions pourraient se concentrer sur les nouvelles technologies qui ne sont pas encore commercialement viables. Elles pourraient par exemple être affectées aux recherches concernant les nouveaux réacteurs nucléaires, le captage du CO2, etc.

  • Séisme – Syrie : du drame à la normalisation diplomatique ?

    Séisme – Syrie : du drame à la normalisation diplomatique ?

    Le président syrien Bachar al-Assad a remercié dimanche 12 février 2023 les Émirats arabes unis pour leur énorme aide humanitaire ​fournie à son pays après le séisme dévastateur qui a frappé le Syrie et la Turquie voisine, lundi 6 février, alors qu’il recevait le chef de la diplomatie émiratie, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane.

    Bachar al-Assad tente de profiter du drame lié aux séismes ressentis dans la région pour reprendre la main sur le plan géopolitique. Depuis la semaine dernière, il multiplie les critiques sur l’Occident et en appelle à ses frères « arabes ». Ces derniers semblent aussi prêts à le réintégrer dans la communauté des nations arabo-musulmanes.

    « C’est un moment clé pour le régime syrien, et certains gouvernements arabes sont prêts à aller au-delà de l’aide humanitaire vers une normalisation politique »

    L’universitaire Ziad Majed, au sujet des opportunités politiques issues du séisme meurtrier pour le régime Assad

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La ville de Berlin divisée sur la question des voitures

    La ville de Berlin divisée sur la question des voitures

    À Berlin, les élections régionales ont abouti à une victoire écrasante du parti conservateur de l’Union chrétienne-démocrate (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU), membre du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen. La CDU a fait campagne pour une ville fonctionnelle et s’est opposée à l’interdiction des voitures.

    La CDU a remporté les élections régionales à Berlin, mais pourrait ne pas être en mesure de former un gouvernement en raison de désaccords avec la plupart des autres partis, notamment sur la politique des transports.

    La CDU a obtenu de très bons résultats dans la périphérie de Berlin, tandis que les Verts sont arrivés en tête dans le centre-ville, ce qui indique un clivage important entre le centre et la banlieue.

    Des campagnes ont également été menées sur la politique des transports, notamment sur le rôle futur des voitures dans le centre-ville, les Verts souhaitant faire de la place pour de nouvelles pistes cyclables plus larges.

    Les conservateurs ont reproché aux Verts leur politique anti-voiture après que le leader du groupe, Werner Graf, a annoncé lors d’un entretien qu’il souhaite réduire les places de stationnement de moitié dans les dix prochaines années.

    « Berlin est pour tout le monde, même pour les automobilistes », lisait-on sur une affiche électorale de la CDU.

    Les conservateurs ont reproché aux Verts leur politique anti-voiture après que le leader du groupe, Werner Graf, a annoncé lors d’un entretien qu’il souhaite réduire les places de stationnement de moitié dans les dix prochaines années. [SHUTTERSTOCK/VanderWolf Images]

    Les transports, principal élément de désaccord

    Selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote par la chaîne de télévision allemande ARD, 45 % des électeurs seraient favorables à une « expansion des pistes cyclables au détriment de la circulation automobile » et 49 % seraient opposés à cette idée.

    Dans le même temps, une faible majorité des électeurs (53 %) est favorable à une nouvelle extension de l’autoroute urbaine A100, une mesure soutenue par la CDU alors que 36 % s’y opposent. La CDU a fait valoir que le projet de route dans l’est de Berlin pourrait être réalisé sous la forme d’une « autoroute climatique » couverte de panneaux solaires qui réduirait la circulation automobile dans certaines zones résidentielles.

    Mais de nombreux membres du parti écologiste considèrent que l’expansion des autoroutes est incompatible avec les objectifs climatiques et veulent donc stopper le projet, une question qui est à l’origine d’un différend qui dure depuis longtemps.

    Sur les affiches électorales de la CDU, on pouvait également lire : « Berlin, ne les laissez pas vous interdire la voiture », faisant allusion à un différend concernant la chaussée de la Friedrichstraße, que Bettina Jarasch (Verts), la maire adjointe et sénatrice pour l’environnement, la mobilité, a transformée en zone piétonne quelques semaines seulement avant les élections. Les détracteurs de ce projet ont affirmé qu’il avait été réalisé sans consulter correctement les habitants.

    Le SPD a perdu mais pourrait rester au pouvoir

    Ces élections ont eu lieu après que les élections régionales de 2021 ont dû être réorganisées en raison d’erreurs d’organisation qui ont entraîné un nombre insuffisant de bulletins de vote et de longues heures d’attente dans de nombreux bureaux de vote.

    Le Parti social-démocrate (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), qui est au pouvoir, est tenu pour responsable du désastre par la plupart des électeurs et a de ce fait perdu leur soutien et a obtenu le pire résultat de son histoire.

    Le parti a tenté de séduire les électeurs automobilistes de la périphérie et ceux du centre-ville, en promettant un abonnement mensuel à 29 euros pour les transports publics, introduit temporairement à Berlin en réponse à la crise du coût de la vie.

    Au niveau fédéral, un abonnement similaire, à 49 euros, sera introduit en mai, et contrairement à son homologue berlinois, il sera valable pour les transports publics régionaux et locaux dans toute l’Allemagne.

    Bien qu’elle n’a pas convaincu autant d’électeurs qu’avant, la maire de Berlin, Franziska Giffey (SPD), pourrait poursuivre sa coalition de gauche avec les Verts et le parti Die Linke (La Gauche), qui a atteint une majorité au parlement régional.

    Le SPD n’a obtenu que 105 voix de plus que les Verts, selon le résultat final préliminaire, ce qui pourrait changer avec le recomptage des districts.

    Interrogé sur une éventuelle coalition avec les Verts avant les élections, le candidat de la CDU à la mairie, Kai Wegner, a déclaré : « Ce que Mme Jarasch et les Verts ont dit au cours des dernières semaines et des derniers mois, je ne le ferai pas ». Il a ajouté ne pas vouloir « de cette politique de transport pour Berlin » qui ne conviendrait selon lui pas à Berlin.

    La position pro-voitures ne garantit pas d’être élu

    Entre-temps, le Parti libéral-démocrate (Freie Demokratische Partei, FDP) a perdu ses sièges au parlement régional car il n’a pas atteint le seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges à la Chambre.

    Le parti, qui détient également le ministère allemand des Transports au niveau fédéral, a fait campagne contre les Verts, affirmant qu’il ne peut y avoir de « politique de transport contre les voitures ».

    Il pourrait maintenant durcir sa position dans le conflit en cours au niveau fédéral sur les objectifs d’émissions de carbone pour le secteur des transports, car il ressent le besoin de gagner en visibilité face à ses partenaires de coalition de centre-gauche à ce niveau.

    Un partenaire de coalition potentiel pour la CDU dans la région de Berlin pourrait être le SPD, mais cela est peu probable si Mme Giffey reste maire à la tête d’une coalition de gauche.

    En ce qui concerne la politique des transports, le SPD a tenté de trouver un terrain d’entente, Mme Giffey affirmant qu’« il ne peut y avoir une situation dans laquelle tous les groupes obtiennent 100 % de ce qu’ils veulent ».

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.02.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 14.02.23

    Bonjour à tous, et particulièrement à tous les amoureux dans le monde ! Aujourd’hui dans l’édition dédiée aux Français de l’étranger, on revient sur le voyage de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam en Ukraine, sur la situation en Turquie et sur la prolongation de l’aide au carburant en France. 

    La présidente de l’assemblée parlementaire de l’OTAN en Ukraine 

    Car c’est bien une sénatrice des Français de l’étranger qui a été élue à ce poste par ses pairs en 2022. Ainsi Joëlle Garriaud-Maylam devient la porte-parole des parlements de l’Occident, un mandat qui l’a conduite dans les ruines des villages proches de Kiev et auprès des autorités de ce pays. Et malgré ses obligations internationales, elle a aussi pris le temps d’aller à la rencontre du conseiller consulaire David Franck encore sur place, sans oublier le Lycée français de Kiev où elle a partagé l’abri lors d’une alerte aux bombardements avec les 65 élèves encore présents. 

    Joëlle Garriaud-Maylam en visite dans un village proche de Kiev ©UKRINFORM

    Belgin Ozdilmen, élue consulaire en Turquie témoigne 

    Sur lesfrancais.press et sur le site de votre radio, comme sur toutes les plateformes, vous pouvez retrouver le podcast enregistré avec Belgin Ozdilmen. Avec elle, on revient sur la situation des 300 Français qui vivent dans les régions touchées, et on essaie de comprendre les raisons de ce drame en évoquant la corruption et l’impréparation des autorités. 

    Belgin Ozdilmen
    Immeuble effondré en Turquie suite aux séismes du 06 février 2023 ©AFP

    Bruno Le Maire fait un cadeau 

    Alors que la rue gronde contre la réforme des retraites, le ministre de l’économie a décidé de prolonger l’aide au carburant jusqu’à fin mars. Une bonne nouvelle pour les 5 millions de foyers éligibles à l’aide et qui n’ont toujours pas fait la demande sur impôts.gouv.fr

    (FILES) This file photo taken on June 08, 2022 shows gasoline nose units at a petrol station in Quimper, Brittany, western France. – France’s Minister of Economy Bruno Le Maire, announced on February 13, 2023 on RTL radio network the extension by one month, until the end of March, of the 100 euro fuel allowance available since mid-January for the 10 million poorest tax households. (Photo by FRED TANNEAU / AFP)

    Profitez bien de votre journée à deux et si vous êtes célibataire rappelez-vous que vous n’êtes pas la ou le seul surtout en tant qu’expatrié(e) ! Bon mardi à tous ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Joëlle Garriaud-Maylam en Ukraine

    Joëlle Garriaud-Maylam en Ukraine

    La sénatrice des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, a été élue Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN le 22 novembre 2022 lors de la 68ème session annuelle qui se déroulait à Madrid. La semaine dernière, elle est allée sur le terrain auprès des Ukrainiens mais aussi des Français sur place. Nous l’avons suivie.

    Une arrivée sous haute sécurité

    Le 06 février, Joëlle Garriaud-Maylam est arrivée à Kiev sous très haute protection avec des conditions de sécurité draconiennes. Son élection à la tête de l’assemblée de l’OTAN en fait une cible potentielle pour les gouvernements ennemis et les groupes terroristes.

    Arrivée en Ukraine ©JGM

    Déjà pour arriver dans la capitale ukrainienne, le périple fut long pour la sénatrice des Français de l’étranger. En effet, il a fallu depuis Paris prendre l’avion jusqu’à Varsovie, y passer une nuit, prendre un premier train pour un trajet de 3 heures jusqu’à la gare de Cheml, puis monter dans un autre train, ukrainien celui-là, attendre 2 heures à la frontière avant 10 heures de train pour une arrivée à Kiev à 6 heures du matin.

    Et pourtant c’est déjà son deuxième déplacement en Ukraine depuis le début de la guerre, cette fois, elle est accompagnée par la Secrétaire générale de l’AP OTAN, Ruxandra Popa. Les deux femmes en 48h sont allées à la rencontre des Ukrainiens et des Ukrainiennes.

    90% de la population maintenue à Kiev

    Alors qu’on aurait pu s’attendre à une ville désertée, les deux représentantes de l’Occident ont découvert une ville où 90% de la population était toujours présente.

    Joëlle Garriaud-Maylam et Vitali Klitschko

    Pour comprendre, Joëlle Garriaud-Maylam a rencontré dans son bureau à la mairie de Kiev, Vitaly Klitscko, le premier magistrat de la ville.

    « Ses qualités personnelles de simplicité et d’empathie, alliées à un indéniable charisme, ont certainement largement contribué à ce que Kiev ait aussi bien résisté – en maintenant sur place 90% de sa population !« 

    Joëlle Garriaud-Maylam, Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et sénatrice des Français de l’étranger

    Dans son périple, elle a eu l’opportunité de revoir l’avocate Oleksandra Matvichuk, responsable du Centre des Libertés civiles d’Ukraine et Prix Nobel de la Paix 2022 le Prix Nobel (rencontrée à Paris peu après l’attribution de son prix) pour faire le point sur son travail d’établissement des crimes de guerre, les déplacements d’enfants et les avancées sur la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre.

    Toujours dans le cadre de son mandat pour l’OTAN, elle rencontra aussi le ministre de la Défense Oleksiy Reznikov pour faire le point sur la situation dans le Donbass et l’aide militaire à apporter par les Etats membres de l’OTAN. Pendant 48h les rendez-vous se sont ainsi enchaînés.

    Borodianka, le choc de l’horreur

    Enfin, Joëlle Garriaud-Maylam a effectué une « émouvante visite » dans la ville martyre de Borodianka, à une cinquantaine de kilomètres de Kiev où elle rencontra aussi des survivants à l’invasion russe.

    Visite de Borodianka ©UKRINFORM

    Ainsi, elle a pu voir les conséquences de l’occupation par les troupes russes, en particulier, les blocs d’appartements détruits comme l’école, elle aussi ravagée. Pour rappel, le village de Borodianka à l’Est de Kiev est au coeur de la région qui a subi le plus de destructions pendant l’occupation russe. Face à ce déchaînement, elle a confirmé la volonté de la communauté internationale de mettre en place un Tribunal de guerre dédié aux crimes russes en Ukraine.

    « L’Assemblée parlementaire de l’OTAN soutient la création d’un tribunal chargé d’enquêter sur les crimes de guerre en Russie »

    Joëlle Garriaud-Maylam, Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et sénatrice des Français de l’étranger

    Une communauté française dynamique

    Et malgré ses obligations internationales, Joëlle Garriaud-Maylam a pris du temps pour nos compatriotes encore sur place comme David Franck, conseiller élu des Français d’Ukraine, a qui elle a remis la médaille du Sénat pour son engagement pour les expatriés et binationaux au coeur de ce conflit.

    Joëlle Garriaud-Maylam avec David Franck

    Autre temps fort, la visite du Lycée Français de Kiev qui est le seul établissement resté ouvert depuis le 24 février 2022 (Vous pourrez découvrir la vie de la directrice de l’établissement, Emily Vermersch, dans un prochain podcast à la fin du mois de février sur le site Lesfrancais.press et toutes les plateformes). Des 500 inscrits le 24 février dernier, il ne reste plus que 65 enfants mais elle a tenu à féliciter l’équipe de direction, les enseignants français et les parents qui ont souhaité rester à Kiev pour soutenir les efforts de l’Ukraine. Un cadre scolaire qui malgré les efforts de tous reste particulier, avec un planning de cours ponctué par des alertes aériennes.

    Abri pour les enfants du Lycée français de Kiev ©JGM
    Joëlle Garriaud-Maylam et Etienne de Poncins

    D’ailleurs, il y en eu une pendant sa visite et la sénatrice a pu constater le courage et le sang-froid de ces enfants qui en ont pris l’habitude et qui désormais poursuivent sagement leurs cours au sous-sol, transformé en abri sécurisé et joliment décoré sur le thème d’une guinguette pour faire oublier la rigueur de l’hiver et l’horreur de la guerre.

    Bien sûr, elle est allée aussi visiter notre ambassade, toujours dirigée par Etienne de Poncins qui a reçu des mains de Joëlle Garriaud-Maylam la médaille de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

  • Témoignage de Belgin Ozdilmen, élue consulaire en Turquie

    Témoignage de Belgin Ozdilmen, élue consulaire en Turquie

    Alors que le nombre de morts ne fait qu’augmenter en Turquie comme en Syrie suite aux séismes du 6 février 2023, nous recevons Belgin Ozdilmen, élue consulaire (ASFE) en Turquie. Avec elle, on fait le point sur la situation sur place et ses conséquences.

    Ecoutez le podcast avec Belgin Ozdilmen

    Une zone sismique dangereuse

    On commence ce podcast en revenant sur les séismes en eux-mêmes et la longue histoire de la région dite de l’Anatolie qui fut marquée par de nombreuses catastrophes similaires depuis des millénaires.

    « Je tiens à présenter mes condoléances à la Turquie qui est mon pays d’origine et où je vis depuis 15 ans »

    Belgin Ozdilmen – Elue consulaire en Turquie

    En effet, au centre de trois plaques tectoniques, la Turquie se situe sur l’une des zones sismiques les plus actives au monde. Ces 120 dernières années, 18 séismes de magnitude supérieure à 7 sur l’échelle de Richter y ont été enregistrés. Mais de nombreux exemples depuis les Grecs ou les Perses ont traversé les siècles à travers récits, légendes et autres codex.

    Belgin Ozdilmen ©Belgin Ozdilmen

    Mobilisation de tous

    A Ankara, les autorités locales se sont immédiatement mobilisées comme tous les Turcs. Mais pas seulement, les services consulaires ont aussi mis en place un dispositif à destination des Français qui résidaient dans ces zones ou les éventuels touristes. Pour cela, une cellule de crise était accessible par téléphone et par mail.

    Autre institution touchée, l’Education ! Au niveau national, tous les cours ont été interrompus pendant plusieurs jours. Dans les établissements scolaires français, que ce soit à Ankara ou à Istanbul, des exercices avaient déjà été mis en place pour acquérir les bons réflexes en cas de tremblement de terre. Personnels comme élèves ont connaissance d’un processus dont l’application pourrait sauver des vies.

    « Nous sommes dévastés »

    Dans la seconde partie du podcast, on s’intéresse avec l’élue consulaire, Belgin Ozdilmen, à l’état d’esprit des populations frappées par cette catastrophe naturelle imprévisible et dévastatrice.

    Entre état de choc et colère, tout le monde s’interroge sur le niveau d’encadrement des constructions. Une colère qui prend racine dans des rumeurs de corruption sur le contrôle des normes lors des livraisons des bâtiments.

    « L’ampleur des séismes était impressionnante. La zone touchée s’étend sur 464 kilomètres, 8 000 bâtiments effondrés. Le bilan humain est catastrophique.« 

    Belgin Ozdilmen – Elue consulaire en Turquie

    Autre point que souligne Belgin Ozdilmen, c’est le manque de préparation des services de secours turques alors que la Turquie est connue pour « être un pays de tremblements de terre ».

    « Personne n’ose rentrer chez soi »

    Dans les régions touchées, des millions de personnes y vivaient et pour beaucoup ont tout perdu. Ce constat s’applique aussi pour les 300 Français qui y résident dont 4 qui y ont perdu la vie.

    Dans le podcast, l’élue consulaire nous raconte avec passion et émotion les échanges qu’elle a pu avoir avec nos compatriotes touchés par ces séismes. On y apprend que du fait des fortes répliques et du traumatisme vécu, il y a une semaine, les populations restent encore terrées dans les abris de fortune par crainte d’une nouvelle catastrophe, ou ont fui la région. Les hôtels des régions non-impactées les reçoivent gratuitement.

    Avec Belgin Ozdilmen, on est rassuré par la solidarité entre êtres humains qui s’est construite par delà les conflits politiques ou d’idéologies qui ont pu rendre plus difficiles les relations diplomatiques.

    Une solidarité qui a besoin de tous

    Au delà des ONG, des services officiels, tous les habitants, quelle que soit la nationalité, se sont rués au secours des sinistrés.
    Du côté des associations françaises, la conseillère consulaire nous remonte toutes les actions mises en place par ces dernières mais aussi les établissements dédiés à la « petite enfance » de droit privé.

    Au niveau international, la France, comme l’Union européenne, mais aussi tous les pays qui le pouvaient, ont envoyé des hommes, des fonds, du matériel. Une mobilisation sans faille et qui continue. Ce dimanche, un hôpital de campagne français a été embarqué dans des avions et est en cours de déploiement sur plus de 1000m2.

    Enfin, Belgin Ozdilmen a voulu lancer un appel pour que tous prennent en compte le risque sismologique et s’équipent à la maison d’un sac de survie. Une idée simple mais qu’on n’a pas souvent à l’esprit. Merci Belgin !