Les aéroports européens ont retrouvé l’année dernière 79 % de leurs clients de 2019, un doublement en volume sur un an, et espèrent avoir « tourné la page » de la Covid-19 même si des « incertitudes » économiques et géopolitiques persistent.
« La hausse du trafic de passagers l’année dernière a été phénoménale », a déclaré Olivier Jankovec, directeur général de la branche européenne du Conseil international des aéroports (ACI Europe), cité mardi (7 février) dans un communiqué de son organisation.
La fréquentation dans les aéroports européens « a presque doublé (+98 %) en 2022 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 1,94 milliard de passagers », selon ACI Europe, qui fédère plus de 500 plateformes aéroportuaires dans 55 pays.
Istambul, Londres, Paris CDG
Ces chiffres restent « toutefois de 21 % inférieurs aux volumes de 2019 », avant la crise sanitaire qui a torpillé le transport aérien mondial. En outre, « seuls 27% des aéroports européens ont retrouvé leur niveau de passagers » d’avant la pandémie.
La reprise s’avère inégale selon les pays, « reflétant un ensemble de facteurs, dont la poursuite de la demande de voyages pour raisons familiales et de loisirs » qui « dopent la fréquentation des aéroports dans les pays touristiques ». Les déplacements d’affaires restent en revanche en retrait.
Autres facteurs de déséquilibre, « le développement ciblé des transporteurs low-cost, l’impact persistant des anciennes restrictions de déplacement et la guerre en Ukraine », selon ACI Europe.
Exemples : les aéroports grecs, soutenus par une excellente saison touristique, ont pointé à 98,1 % de leur fréquentation de 2019, les plateformes portugaises à 94,2 % et les espagnoles à 88,6 %.
Sur de plus petits marchés, des records ont été largement battus : l’Albanie a accueilli 155,7 % du volume de passagers aériens de 2019, le Kosovo 126,1 % et la Bosnie-Herzégovine 120,4 %.
L’Italie et la France ont réalisé respectivement 82,1 % et 81,2 %, tandis que le Royaume-Uni (75,2 %) et surtout l’Allemagne (65,1 %) se sont placés en dessous de la moyenne.
Au classement des aéroports, c’est Istanbul qui a accueilli le plus de passagers, à 64,3 millions, devant Londres-Heathrow (61,6 millions), Paris-Charles-de-Gaulle (57,5 millions), Amsterdam-Schiphol (52,5 millions) et Madrid (50,6 millions).
Pour 2023, M. Jankovec s’est dit « prudemment optimiste » malgré « les tensions géopolitiques »: « Les prévisions de trafic s’améliorent […] grâce à la réouverture de la Chine » mais aussi aux perspectives de récession qui s’éloignent et au ralentissement de l’inflation, selon lui.
Comme en France, le nombre de grévistes a chuté dans le réseau scolaire hors de France ce mardi 07 février 2023. Cependant, pour les syndicats, ce phénomène s’explique facilement et ne remet pas en cause la mobilisation à l’AEFE.
Des grévistes qui se réservent
On l’oublie trop souvent, mais les journée de grève ne sont pas payées, même pour les fonctionnaires et apparentés. Ainsi après 2 journées en janvier, certains professeurs et membres du personnel administratif ont fait une pause dans ce combat qui s’annonce long.
Mais si certains établissements ont vu leur taux de grévistes s’effondrer comme à Bruxelles où ces derniers se comptaient sur les doigts d’une main, d’autres ont rejoint le mouvement. Comme à Prague, là-bas 69% du personnel était en grève pour la première, idem au Mozambique et bien d’autres.
Dans d’autres établissements, la mobilisation est constante comme à Barcelone ou Tunis où le nombre de participants au mouvement n’a quasiment pas reculé.
Tous ont en tête les prochains mois, car comme nous le rappelle Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France, « l’objectif reste et restera le retrait pur et simple de la réforme« . Ainsi, au-delà des vacances scolaires qui s’annoncent, le mouvement suivra le parcours parlementaire et le ponctuera d’autres actions.
Car l’intersyndicale veut mettre en lumière toutes les difficultés que provoquerait la réforme des retraites. Car au-delà des trimestres en plus, la situation des Français, issus de l’Education Nationale, mais sous contrat local du fait du manque de postes comme détachés, est inquiétante.
En effet, pendant ces périodes où ils sont « hors administration » et embauchés sous un contrat de travail de droit local, ils ne cotisent plus à leur caisse de retraite. Si dans certains établissements, au prix de lourdes dépenses, ils décident de cotiser via la CFE au système français, les trimestres ainsi cumulés ne le sont pas dans le cadre de leur emploi de fonctionnaire en France mais viennent abonder ceux liés aux salariés du privé. Dans tous les cas, ces professeurs sont donc condamnés à rattraper ces années pour correspondre aux exigences demandées pour toucher une retraite de fonctionnaire à taux plein.
Cette anomalie explique la solidarité des personnels locaux avec ceux détachés qui font grève et renforce la mobilisation des syndicats contre le gouvernement.
Bonjour à tous, nous sommes le mercredi 08 février, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés. Aujourd’hui, on revient sur la grève à l’AEFE et en France avant de faire le point sur la situation en Turquie et en Syrie.
A l’AEFE, les grévistes s’organisent pour durer
Comme en France, le nombre de grévistes a chuté dans le réseau AEFE et pourtant les syndicats se félicitent de cette troisième journée. Pour eux, après 2 journées de salaire déduites, les concernés devaient prendre une pause afin de se réserver pour les futures journées. Ils l’ont répété, leur objectif reste le retrait pur et simple de la réforme.
Car malgré les éternelles différences de décomptes entre les syndicats et la police, la mobilisation semble être en baisse mais toujours importante dans la rue. Cependant, la CGT estime que près de 2 millions de personnes ont manifesté contre la réforme des retraites aujourd’hui partout en France. Un chiffre en baisse par rapport au 31 janvier où 2,8 millions de personnes s’étaient mobilisées selon le syndicat.
Charly TRIBALLEAU / AFP
6000 morts en Turquie et en Syrie
On finit cette édition sur ce décompte bien malheureux. Mais si les morts sont nombreux, notons que plus de 8 000 personnes ont été extraites des décombres. Il reste cependant encore des milliers de personnes qui restent piégées sous les bâtiments détruits des zones sinistrées.
Selon la CGT, « près de deux millions » de personnes ont manifesté partout en France durant cette troisième journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Un chiffre en baisse par rapport au 31 janvier où 2,8 millions de personnes s’étaient mobilisées selon le syndicat.
Des mairies solidaires
Comme lors du 31 janvier, la maire de Paris Anne Hidalgo avait annoncé la fermeture de sa mairie en solidarité avec le mouvement de mobilisation contre le projet de réforme des retraites.
A Paris, selon les chiffres de la CGT, ce sont 400.000 personnes qui ont manifesté dans les rues de la capitale, soit quasiment le même nombre de personnes mobilisées lors du 19 janvier, mais moins que le 31 janvier, où elles étaient selon la CGT 500.000.
Par contre, selon un nouveau bilan, qui reste provisoire, de la part de la préfecture de Paris, après trois interpellations faites par la police, une quatrième personne a été arrêtée pour des jets de projectiles place de la République. Six autres interpellations ont été réalisées, pour le même motif, rue Amelot et rue Chemin Vert. En tout, ce sont donc 10 personnes qui ont été interpellées durant cette manifestation qui se déroule toujours, dans l’ensemble, dans le calme.
Manifestation dans les rues de Paris ce 08 février 2023 / Photo de Charly TRIBALLEAU / AFP
Mobilisation ce samedi ?
Cette semaine, une deuxième journée est prévue par les syndicats. Ainsi au départ du cortège de ce jour, les représentants syndicaux ont assuré que la mobilisation ne s’essoufflerait pas, avec en ligne de mire la journée de samedi. « On va essayer de faire plus fort samedi prochain », a déclaré Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT.
Interrogé sur la baisse de la mobilisation en cette 3e journée de manifestation, le député LFI Manuel Bompard a rappelé qu’il y avait « encore beaucoup de monde ». « L’objectif aujourd’hui, c’est de maintenir la pression sur le gouvernement au moment où commence le débat dans l’hémicycle. La date de samedi est la date décisive. Aujourd’hui, le mouvement garde son souffle mais le plus important, c’est samedi », détaille l’élu des Bouches-du-Rhône, présent dans le cortège parisien.
Des perturbations toute la semaine
En attendant samedi, les Français devront compter avec des opérations spéciales dans différentes administrations et entreprises publiques. Ainsi, la SNCF annonce encore une journée difficile ce mercredi comme à la RATP.
Un des objectifs de la réforme des retraites présentée par le Gouvernement est d’augmenter le taux d’emploi des seniors qui est en France inférieur à la moyenne européenne. En 2010, le report de l’âge légal de 60 à 62 ans avait contribué à une nette augmentation du taux d’emploi des 55/64 ans qui est passé de 42 à 56 % de 2011 à 2021. L’augmentation du taux d’emploi suppose un report de l’âge effectif de départ à la retraite et un maintien réel dans les effectifs des entreprises des salariés.
Une corrélation assez logique existe entre âge légal et âge effectif
Au sein de l’Union européenne, les âges légaux de départ à la retraite varient entre 62 (France) et 67 ans (Italie, Danemark) quand les âges effectifs varient de leur côté de 60,2 (Luxembourg) et 65,5 ans (Italie). En France, l’âge effectif est de 62,5 ans selon la Commission européenne. En moyenne au sein de l’Union, l’âge légal est de 64,5 ans et l’âge effectif est de 63,4 ans.
Une corrélation assez logique existe entre âge légal et âge effectif. Les États qui ont les âges légaux les plus élevés sont ceux où les actifs partent le plus tard à la retraite. Seuls le Luxembourg et la Croatie se distinguent en la matière en ayant des âges effectifs parmi les plus faibles malgré le fait que leur âge légal soit dans la moyenne.
Les sorties anticipées peuvent peser sur l’âge effectif. En France, un quart des actifs partent avant 62 ans. Peuvent ainsi partir de manière anticipée à la retraite les fonctionnaires de catégorie active (policiers, personnels pénitentiaires, infirmiers, etc.), certains personnels des régimes spéciaux, les bénéficiaires du dispositif « carrières longues », etc.
Le taux d’emploi des seniors est plus important au sein des États dont les âges légaux de départ à la retraite sont plus élevés. Cette corrélation est surtout vérifiée entre 55 et 59 ans.
Un taux de chômage élevé peut expliquer que certains États ont des taux d’emploi relativement faibles après 60 ans même si leur âge légal est élevé. Les mécanismes d’invalidité peuvent également réduire le taux d’emploi. L’Italie est dans cette situation.
Le taux d’emploi au-delà de 60 ans dépend avant tout du niveau des compétences
Selon les calculs réalisés par Patrick Artus, Directeur de la recherche et des études de Natixis, le recul d’un an de l’âge légal de la retraite accroît, en moyenne, de 0,40 an l’âge effectif de la retraite et augmente de 2,4 points le taux d’emploi des 60-64 ans.
Le report de l’âge légal nécessite des actions en faveur de l’emploi des seniors avec une politique de formation adaptée afin de préparer en amont des reconversions. Le taux d’emploi au-delà de 60 ans dépend avant tout du niveau des compétences de la population active. Les États les mieux classés dans l’enquête sur les compétences de la population active de l’OCDE (enquête PIAAC), à savoir la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark et la République tchèque, ont des taux d’emploi et un niveau de formation supérieurs à la moyenne de l’OCDE.
Le bilan du séisme en Turquie et en Syrie est effroyable : plus de 2 300 morts.
Un séisme de magnitude 7,8 a frappé vers 4h du matin le sud-est de la Turquie, près de la ville de Gaziantep (loin des touristes), ainsi qu’une large partie du nord de la Syrie. Il a été ressenti dans plusieurs pays de la région et même jusqu’au Groenland. Une nouvelle secousse a été recensée en fin de matinée en Turquie. Florent Brenguier est sismologue à l’Institut des Sciences de la Terre, il est interviewé par les équipes de TV5MONDE.
Un « IRA européen » est sur le point de voir le jour, a affirmé lundi le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire, se réjouissant de la proposition de la Commission européenne pour contrer les centaines de milliards de dollars du grand plan climat des Etats-Unis.
« Nous sommes sur le point d’avoir cet IRA européen, cela va se jouer au Conseil européen dans les prochains jours », a commenté le ministre français au cours d’une interview sur France Inter lundi (6 février).
L’Inflation Reduction Act américain (IRA), un plan de 430 milliards de dollars prévoyant de distribuer des subventions aux industries vertes telles que les fabricants de batteries pour voitures électriques et de panneaux solaires, inquiète les Européens qui craignent de voir des industries d’avenir s’implanter aux Etats-Unis en raison des incitations financières.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mercredi (1er février) de faciliter les aides d’État pour soutenir la transition verte des industriels européens face aux subventions américaines et chinoises, sans nouveaux financements de l’UE dans l’immédiat.
Ses propositions seront débattues lors d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE jeudi et vendredi à Bruxelles, avant des décisions attendues en mars.
Outre le volet subventions, elles consistent essentiellement en des redéploiements de moyens existants, un « repackaging » de mesures qui lui vaut des critiques.
« L’Europe aura enfin engagé ce virage stratégique vers une intervention plus forte pour défendre nos industries, notre production », a poursuivi lundi le ministre français, citant les secteurs de l’hydrogène, des éoliennes et des panneaux solaires.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire au World Economic Forum à Davos, le 20 janvier 2023 [GIAN EHRENZELLER/EPA-EFE]
Une réponse à l’Inflation Reduction Act
Avant le sommet européen de la fin de semaine, M. Le Maire et son homologue allemand Robert Habeck se déplacent lundi à Washington afin de rencontrer la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen et tenter de négocier des aménagements au grand plan américain.
Dans le même temps, une réunion informelle des ministres chargés de la Compétitivité est organisée à Stockholm mardi (7 février), au cours de laquelle ce nouveau plan industriel sera discuté. Le ministre délégué chargé de l’Industrie Roland Lescure sera présent.
Samedi, le ministre français a appelé les Etats-Unis à faire preuve de « transparence » dans le déploiement de leurs subventions massives, dans un entretien accordé à l’AFP.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, ce 07 février on fait le point sur les conséquences de la grève pour les Français de l’étranger, on découvre un nouveau groupe à l’AFE et on se prépare à l’étiquetage sanitaire des alcools !
Les établissements scolaires toujours mobilisés
Si en France la mobilisation ne faiblit pas, à l’étranger celle-ci prend des voies différentes. Du côté de l’administration consulaire, aucune perturbation n’est attendue dans dans les consulats et autres services. A l’AEFE et à la Mission Laïque française, renforcés par une caisse de grève abondé par les non-grévistes, les personnels locaux et les parents d’élèves, la mobilisation contre la réforme des retraites s’annonce encore importante. On fera le décompte demain comme à chaque fois. Coté transports, à l’international les annulations seront rares.
Mobilisation à Barcelone le 31 janvier contre la réforme des retraites
Les indépendants prennent leur indépendance à l’AFE
A l’Assemblée des Français de l’étranger les alliances bougent. Les non-inscrits s’étaient regroupés autour d’Olivier Cadic, le sénateur UDI à la liberté affirmée, pour constituer un sous-groupe qui était venu renforcer les troupes du parti présidentiel. A quelques mois des élections sénatoriales, et alors qu’Hélène Degryse, la présidente de l’instance représentative, elle-même issue des indépendants, se prépare à annoncer sa candidature au détriment de la candidate poussée par l’ancien sénateur des Français de l’étranger « En Marche » Robert del Picchia et par Olivier Cadic, l’union éclate. Les indépendants sauf Hélène Degryse et son numéro 2, Olivier Bertin, ont donc quitté le groupe commun avec Renaissance pour constituer leur propre groupe. Prévues en octobre, les sénatoriales vont ponctuer les travaux de l’AFE tout au long de l’année.
Olivier Cadic au Sénat
Le Danemark veut un étiquetage sanitaire contre l’alcool
Pour les Français que nous sommes sommes, cela semble une aberration, et pourtant le petit pays tout au nord de l’Allemagne est en passe de convaincre les 27 de mettre en place une signalétique comme sur les paquets de cigarettes sur les bouteilles d’alcools, de la bière au whisky en passant par les vins. On sera fixé d’ici juin sur l’avenir de cette proposition.
Etiquetage sanitaire de l’alcool
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain et bon courage à ceux impactés par la grève contre la réforme des retraites.
A l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les groupes politiques se font et défont au gré des alliances idéologiques ou personnelles. Alors qu’un intergroupe, « IDP », regroupant les élus issus du parti présidentiel, Renaissance, et les indépendants, avait été créé en 2021 pour permettre d’élire Hélène Degryse à la présidence de cette instance regroupant les représentants des élus locaux des Français de l’étranger, il a volé en éclat ce vendredi 03 février avec en perspective les élections sénatoriales de l’automne 2023.
Une alliance de circonstance
Tout a commencé en 2021, à la suite des élections consulaires et de celles des conseillers AFE, aucune majorité claire ne se dégageait. Les forces de gauche représentaient le bloc le plus important. Comme dans toute assemblée représentative, les manoeuvres ont commencé pour faire émerger une majorité composée des élus Renaissance et de ceux de droite (URCI). Problème, pour équilibrer les forces, les hommes et les femmes du Président de la République avaient besoin de renfort.
Pour cela, ils sont allés chercher les candidats élus sur des listes dites indépendantes, mais en réalité, souvent portées par les réseaux d’Olivier Cadic, le sénateur, issu de l’UDI (donc de centre-droit). Preuve du caractère indispensable de cet apport de voix, c’est Hélène Degryse qui hérite de la Présidence de l’AFE.
Ambitions et désamour
Mais ce vendredi 03 février, la grande majorité des soutiens au sénateur Cadic ont décidé de reprendre leur indépendance en créant un nouveau groupe dit des « indépendants ». S’ils ne remettent pas en cause l’année précédente, ils expriment le désir de retrouver une liberté de ton et d’opinion.
« Ce choix nous permet de poursuivre nos travaux au sein d’un groupe à part entière, Les Indépendants, fidèle à nos valeurs de liberté, de pragmatisme, et de respect du pluralisme des opinions. »
Communiqué de presse des 12 élus concernés
Mais derrière ce noble sentiment, se cache un différend sur le ou la candidate à soutenir lors des élections sénatoriales à venir après la pause estivale.
Changement de ligne politique ?
En effet, Hélène Degryse prépare une candidature, ses appels du pied à de nombreux potentiels colistiers étant fortement remarqués dans le microcosme de l’AFE.
A travers un courrier émis ce week-end par un de ses proches, le conseiller des Français de Londres, Olivier Bertin, elle évoque son opposition à des prises de position d’Olivier Cadic. Elle lui reproche d’avoir soutenu la présence de Patrick Poivre d’Arvor au jury du Grand prix du rayonnement des Français à l’étranger de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam et ses positions relatives aux droits humains au Qatar. Deux problèmes : en premier le célèbre présentateur, accusé d’avoir eu des attitudes déplacées avec ses collaboratrices, n’était pas membre du jury comme l’a précisé de nombreuses fois la sénatrice organisatrice, puis Olivier Cadic, s’il préside le groupe d’amitié avec les Pays du Golfe, n’a évidemment pas soutenu les dérapages liés aux chantiers du « Mondial 2022 », comme il l’a indiqué dans une conférence de presse en novembre 2022.
Pour Hélène Degryse et Olivier Bertin, Olivier Cadic tente de rallier les LR à son combat pour constituer une liste unique avec Ronan Le Gleut, qu’Olivier Bertin voit déjà tête de liste pour la formation de droite, ce que ce dernier dément.
« Permettez-moi tout d’abord une touche d’humour en le remerciant de me considérer comme la tête de liste naturelle de la droite aux prochaines sénatoriales ! Pour parler plus sérieusement, la commission d’investiture des LR ne se réunira que plus tard. Selon moi l’heure de la campagne n’est pas encore venue. Pour ma part, je reste pleinement au travail dans l’exercice de mon mandat, avec de gros dossiers en cours pour faire avancer les droits des Français de l’étranger. Telle est ma seule priorité pour l’instant. »
Ronan Le Gleut, sénateur des Français de l’étranger et président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains »
Un nouveau groupe, pour quoi faire ?
Ainsi les 12 élus qui constituaient le sous-groupe des « indépendants » au sein de l' »IDP » ont donc décidé de reprendre leur liberté. C’est clairement un signe de défiance de ces derniers vis à vis d’Hélène Degryse.
Mais est-ce juste la création d’un outil au service des ambitions sénatoriales des uns ou des autres ou est-ce un nouvel espace de vie démocratique pour les Français de l’étranger ? C’est une question que nous poserons à la nouvelle présidente de ce groupe, Nadia Chaaya, dans un prochain podcast.
Car si la présidente de l’AFE décrit le rôle des Conseillers comme celui de lanceurs d’alerte, une fonction plutôt attribuée aux acteurs de la société civile, les attentes de nos compatriotes résidant hors de France sont bien plus importantes. En effet, les citoyens attendent de leurs élus d’agir et de concrétiser des actions pour les Français de l’étranger.
Si le seul pouvoir de l’Assemblée des Français de l’étranger est celui d’alerter les parlementaires ou le gouvernement, le riche tissu des associations et les élus locaux dans les consulats sont largement suffisants. Avons-nous besoin d’un autre échelon qui ne ferait que compiler les problèmes comme la présidente, Hélène Degryse, semble le penser, ou qui aiguiserait les ambitions personnelles comme ces bisbilles internes le font deviner ?
Nous voilà à la veille d’une troisième journée d’actions contre la réforme des retraites qui commence aujourd’hui, lundi 06 février, à être discutée dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. On fait le point pour les Français de l’étranger sur la mobilisation hors de France et dans l’hexagone.
AEFE : caisse de grève et pétition
Le représentant du SNES-FSU, Jérôme Nassoy, nous réaffirme, ce lundi, le haut niveau de mobilisation dans le réseau des établissements scolaires de l’AEFE et de la Mission laïque française.
« La FSU appelle de nouveau à la grève sur l’ensemble du réseau AEFE le 7 février, et a également déposé un préavis à la Mission laïque française. Avec l’intersyndicale, nous demandons le retrait du projet de réforme des retraites, injuste et injustifié. La population française soutient très majoritairement les revendications et les mobilisations de l’intersyndicale, il faut donc poursuivre et amplifier les actions jusqu’à l’obtention du retrait.«
Jérôme Nassoy, militant du SNES-FSU hors de France
Il faut donc s’attendre à de nombreuses perturbations dans les différents établissements scolaires français hors de France. Surtout que la solidarité entre personnels mais aussi avec les parents d’élèves est importante. Ainsi, une « caisse de grève » a été mise en place dans certains établissements contre à Dakar ou Madrid, les professeurs qui n’ont pas cours ou qui ne font pas grève sont invités à verser une somme, qui sera ensuite redistribuée aux grévistes à partir de leur 3eme jour de grève, selon des critères définis collectivement. Les personnels de droit local d’établissements conventionnés, qui à ce titre ne sont pas couverts par les préavis nationaux, sont aussi de la partie, sollicités par les syndicats, ils ont décidé de verser une cotisation de solidarité, ce qui de l’aveu même de Jérôme Nassoy est « remarquable » si ce n’est exceptionnel.
Les parents peuvent donc aussi participer au mouvement en signant la pétition qui circule largement dans les écoles, collèges et lycées. Plus de 900 000 personnes l’ont déjà signée. Si vous désirez joindre votre voix aux pétitionnaires, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.
Cette fois, l’intersyndicale du Quai d’Orsay est moins virulente. Alors qu’elle avait réussi à mobiliser lors de la première journée de manifestations, ce fut nettement moins le cas mardi dernier. Pour ce 07 février, elle appelle à des actions ponctuelles et localisées.
Normalement, aucun consulat ne devrait donc voir ses portes closes, mais des ralentissements comme des débrayages localisés ne sont pas à exclure.
Mobilisation devant l’Ambassade de France à Rabat le 31 janvier 2023
Transports
Autre point qui cristallise l’attention des Français de l’étranger, le niveau de blocage attendu dans les transports depuis et vers la France sans oublier les voyages intra-hexagonaux.
Peu de perturbations à l’international
La direction générale de l’Aviation civile (DGAC) a demandé dimanche aux compagnies aériennes d’annuler préventivement un vol sur cinq à l’aéroport parisien d’Orly mardi, du fait d’une grève de contrôleurs aériens pour la troisième journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Aucune action n’est attendue à Roissy.
Vous devriez pouvoir voyager facilement par avion, et du côté des trains, seul le Lyria, reliant Paris et Genève, devrait être touché avec 1 TGV sur 2 de prévu. Eurostar n’annonce qu’un train sur cinq d’annulé, tandis que les lignes Thalys fonctionnement normalement.
Beaucoup sur le plan national
Seule la moitié des TGV Inoui et des Ouigo devraient circuler normalement. Du côté des TER, trois trains sur dix devraient circuler.
Concernant la région parisienne, la RATP fait état d’un trafic « très perturbé sur les réseaux RER et métro ». Les perturbations seront en revanche moins importantes pour le bus et le tramway.
Bon courage à ceux qui seront touchés par les conséquences de cette troisième journée d’action nationale.