Un événement reporté à plusieurs reprises, bien loin de faire l’unanimité. Initialement prévu en 2020, l’hommage national rendu a Gisèle Halimi, avocate, femme politique et écrivaine disparue en juillet de cette même année avait été ajourné en raison de l’explosion du port de Beyrouth, au Liban. Comme le rappelle Franceinfo, une deuxième date avait également été proposée début 2022, sans suite.
C’est finalement ce mercredi 8 mars, Journée internationale du droit des femmes, qu’Emmanuel Macron a rendu hommage à celle qui a consacré sa vie au combat pour les droits des femmes, devenant une icône pour les féministes.
Le journaliste Serge Halimi, son fils, s’est désolidarisé de cette initiative en affirmant dimanche qu’il n’y assisterait pas. Selon lui, l’hommage intervient « alors que le pays est mobilisé contre une réforme des retraites » que sa mère aurait, pense-t-il, combattue.
Dans ce même document, celui-ci regrette également la manière dont il a été averti de l’événement, « après plus de deux ans de tergiversations. » « La présidence de la République m’a subitement informé, en même temps que la presse », tacle encore Serge Halimi.
— Choisir- la cause des femmes (@ChoisirF) March 2, 2023
Violaine Lucas, présidente de l’association « Choisir la cause des femmes », fondée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir en 1971, a exprimé une position similaire.
Du côté de l’Élysée, on rejette le « procès » fait par Serge Halimi. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le président va prononcer un discours au palais de Justice de Paris, un lieu « chargé d’histoire », confie l’entourage du président. Le 8 mars « fait écho à tous les combats qu’a menés Gisèle Halimi. Ce procès qui est fait n’engage que ses auteurs », précise-t-on.
En période de crises, de doutes, d’incertitudes, la tentation est au souverainisme économique et au protectionnisme. Avec le soutien plus ou moins explicite des populations, les pouvoirs publics entendent développer des filières nationales de production, créer des champions nationaux et restreindre les importations. L’épidémie de covid-19, la guerre en Ukraine et la transition énergétique donnent ainsi lieu à une surenchère de la part des grands États pour défendre le retour par la grande porte du patriotisme économique.
Malgré un surendettement, les États multiplient les aides pour favoriser l’installation sur leur territoire d’usines de microprocesseurs, de batteries, d’éoliennes ou de masques. La préférence nationale devient la règle dans la mise en œuvre des grands plans publics que ce soit aux États-Unis, en Europe ou en Chine, chacun s’accusant de pratiques protectionnistes au détriment de l’autre.
Les zélotes du nouveau nationalisme économique rêvent d’achever la mondialisation honnie
Dans le passé, ces vieilles lunes ont toujours échoué, amenant guerres et récessions. Des milliards d’euros ont été dépensés en vain pour bâtir de manière artificielle des filières ou pour sauver des secteurs d’activité. Du plan calcul aux plans textiles en passant par la sidérurgie, la France n’a pas été avare en la matière. Aujourd’hui, les zélotes du nouveau nationalisme économique rêvent d’achever la mondialisation honnie et accusée de tous les maux et notamment d’avoir provoqué la disparition de l’industrie européenne.
La mondialisation a pourtant permis d’importants gains de pouvoir d’achat au sein des pays occidentaux et aidé des milliards d’habitants à sortir de la pauvreté, ce qui en soi est un réel succès. Le déclin de l’industrie française est avant tout une affaire nationale ou européenne plus que mondiale. Les produits français ont été avant tout remplacés par ceux en provenance d’Allemagne, d’Italie ou de l’Espagne. La fermeture économique des frontières est synonyme de régression.
La réussite de la France dans le domaine de l’énergie nucléaire est le résultat d’une association avec les Américains de Westinghouse. Airbus, fruit d’une coopération européenne, est devenue le numéro un de l’industrie aéronautique mondiale grâce notamment à l’utilisation des réacteurs de General Electric. Son concurrent Boeing utilise, pour concevoir ses avions, les logiciels de Dassault Systèmes. Le groupe d’automobile Stellantis est devenu un des plus rentables au monde grâce aux ventes de ses filiales américaines.
L’économie mondiale souffre d’une insuffisance de concurrence
L’économie mondiale souffre non pas d’un excès mais d’une insuffisance de concurrence. La multiplication des positions de rente ralentit la diffusion du progrès technique et explique, en partie, le dangereux déclin de la productivité.
De plus en plus de secteurs sont oligopolistiques comme ceux de l’énergie, de l’automobile, de l’information et de la communication, de l’informatique, de la sidérurgie, de la grande distribution, etc.
Les consommateurs comme les salariés sont pris en otage par des grandes entreprises dont la taille, le poids, l’influence les placent au-dessus des États. Le débat sur les profits est l’illustration des positions de rente. Ils ne sont en rien l’expression du libéralisme en vertu duquel les bénéfices doivent, en effet, tendre vers zéro grâce à la concurrence.
Le meilleur remède pour lutter contre l’inflation, pour augmenter le pouvoir d’achat
La concurrence constitue le meilleur remède pour lutter contre l’inflation, pour augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs, pour limiter les profits et pour améliorer la productivité. L’adoption d’un code de la concurrence mondiale avec une réaffirmation du rôle essentiel du commerce international comme facteur essentiel de développement constituerait un moyen de lutte contre les tentations souverainistes. Dans l’entre-deux guerres et dans les années 1960, les États-Unis avaient réussi à casser les oligopoles dans l’énergie et les communications avec l’adoption des lois antitrust. Cette politique doit être reprise et adaptée aux temps nouveaux.
Les États n’ont pas à se substituer aux producteurs, ils se doivent avant tout de permettre au marché de remplir au mieux son rôle et ses missions.
Les salariés des secteurs « Énergie et Carburant » sont engagés dans la grève, conscients que leur mobilisation pourrait devenir un outil de pression sur le gouvernement, à qui ils promettent une « semaine noire ».
Dès vendredi 3 mars, plusieurs centrales nucléaires accusaient des baisses de production. Plus de 5 000 mégawatts (MW) étaient retirés du réseau électrique, rien qu’entre le 3 mars, début de la mobilisation dans les secteurs de l’énergie, et le dimanche 5 mars dans l’après-midi.
Dans un tract diffusé par la FNME-CGT (branche mines-énergie du syndicat), le programme des mobilisations s’étend jusqu’au vendredi 10 mars. Ils espèrent ainsi engendrer une « semaine noire de l’énergie », pour aboutir au « retrait » du projet de réforme des retraites, qui devrait supprimer les régimes spéciaux des industries énergétiques et gazières.
Selon les chiffres du syndicat diffusés sur ce même document, ce sont plus de 17 000 MW de puissance nucléaire, hydraulique et thermique qui seraient « aux mains des grévistes ».
Un autre décompte de la CGT obtenu par EURACTIV fait état de plus de 20 600 MW de puissance installée à être aux mains des grévistes entre lundi soir et mardi après-midi, dont presque 8 000 MW respectivement pour les filières hydraulique et thermique, et un peu moins de 5 000 MW pour le secteur nucléaire.
Sollicité par EURACTIV, l’énergéticien EDF a indiqué que « la baisse de charge à 15h30 [du mardi 7 mars] était de 14 900 MW : 3 400 MW sur le parc nucléaire, 7 000 MW sur le parc hydraulique, 4 500 MW sur le parc thermique à flamme ».
À noter que les grévistes comptent la puissance dite « installée », à savoir la capacité de production d’une machine ou d’une installation, tandis qu’EDF ou RTE se basent, dans leurs calculs, sur le programme de production prévu sur la journée concernée.
Un total de 20 GW de puissance installée à l’arrêt peut paraître faible compte tenu de la capacité installée totale, qui s’établit autour de 143 GW. Or, cela peut potentiellement affecter de manière assez forte la production et le réseau, s’agissant de capacités pilotables qui sont à l’arrêt, qui donc permettent de produire davantage d’électricité.
Des manifestants de la branche énergie de la CGT, lors d’une grève des raffineries, à Martigues en janvier 2023. [EPA-EFE/Guillaume Horcajuelo]
Expéditions de carburants bloquées
En matière de carburants en revanche, ce n’est pas la production qui est affectée, mais bien les expéditions de carburants qui sont bloquées. Cette situation devrait durer jusqu’à mercredi midi (8 mars) au moins, selon le syndicat Force ouvrière (FO). Localement, les grèves pourraient se poursuivre au-delà, les grévistes de la raffinerie de Gonfreville (TotalEnergies) ayant par exemple voté pour une grève de 72 heures et reconductible. Tous les sites de TotalEnergies ont opté pour une reconduite de la grève après la journée du 7 mars, a indiqué la CGT en fin de journée.
Le syndicat a d’ailleurs insisté sur le fait que le blocage des expéditions concernait « toutes les raffineries » françaises, ce qu’a confirmé le géant pétrolier TotalEnergies à l’AFP. Le taux de grévistes oscille entre 40 % et 100 % selon les sites. Rien qui devrait cependant alarmer le consommateur au détail, TotalEnergies ayant indiqué que les stocks des stations essence n’étaient pas en danger, pour le moment.
L’ensemble des sites de stockages français de gaz sont touchés par le mouvement de grève. Par ailleurs, rapporte BFMTV, trois des quatre terminaux méthaniers qui permettent l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) en France ont été mis à l’arrêt pour « sept jours », a indiqué lundi soir la CGT. La CGT a évoqué un taux de 80 % de grévistes en moyenne sur les différents sites de Storengy, filiale d’Engie. Ces événements ne devraient pas avoir non plus, à ce stade, de conséquences pour les clients.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du jeudi 09 mars. Aujourd’hui, on revient sur le succès de la pierre papier, puis on se penchera sur le difficile rapport des Français avec le travail avant de faire le point sur les bras d’honneur du garde des Sceaux à la représentation nationale.
Envie d’acheter sans gérer les aléas de la location ?
C’est la promesse des SCPI et compagnie. Un dispositif qui permet via son banquier ou un intermédiaire d’acquérir des parts d’une SCI version mastodonte gérée par une organisme spécialisé. Une bonne solution en particulier pour les expatriés qui ne veulent pas avoir à gérer un locataire tout en se constituant un capital immobilier en France.
Le travail, je t’aime moi non plus
Voilà comment résumer le rapport des Français avec le travail. Dans un article à découvrir sur le site Lesfrancais.press, on revient en détail sur les antagonismes qui parcourent la société française. Si en 1990, ils étaient 60% à déclarer le travail comme la valeur la plus importante, ils ne sont plus que 22% en 2022. En parallèle, les loisirs deviennent la valeur la plus importante pour 41% des Français. Voilà ce qui peut expliquer les difficultés du gouvernement à faire passer 2 ans de travail en plus pour assurer le régime des retraites.
Quand Eric Dupond-Moretti pète les plombs
Alors que les députés examinaient mardi un texte visant à imposer une peine d’inéligibilité contre des auteurs de violences, le président du groupe LR Olivier Marleix a invité la majorité à « s’offrir une séance d’introspection » et commencé à énumérer plusieurs condamnations, mises en examen et enquêtes concernant des membres du gouvernement, dont Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux. Il lui a répondu par deux bras d’honneur, avant de « regretter » ses gestes, qui n’étaient selon lui « pas adressés au député Marleix » mais à l’atteinte à « la présomption d’innocence ». Du fait de la séparation des pouvoirs le ministre ne risque rien pour ces gestes peu adaptés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine.
A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous avons reçu, ce 07 mars, Cécilia Gondard, présidente de la fédération socialiste des Français de l’étranger et conseillère des Français de Belgique.
Avec elle, nous aborderons la situation des femmes expatriées, mais on évoquera aussi la réforme des retraites et les problèmes liés à la double imposition et au télétravail en Belgique, son pays de résidence.
Ecoutez le podcast avec Cécilia Gondard
Les femmes, les « conjoints suiveurs » ?
Cécilia Gondard
On commence naturellement par les droits des femmes, françaises de l’étranger. Rapidement, on s’éloigne du cliché de l’épouse qui suit son mari cadre en détachement, une situation qui ne correspond plus à l’expatriation au XXIème siècle.
Si les femmes sont le plus souvent désormais émancipées, elles sont malheureusement, en tant qu’expatriées, aussi fragilisées sur les drames du quotidien. Avec Cécilia Gondard, on fait le point sur la protection que l’Etat français peut apporter à ses citoyennes victimes de violences conjugales. C’est aussi l’occasion de faire le point sur le droit à l’avortement, en recul dans de nombreuses régions du monde.
La réforme des retraites
Actualité oblige, le deuxième thème abordé dans ce podcast : la réforme des retraites voulue par le président Emmanuel Macron à laquelle, comme la plupart des forces de gauche, le Parti socialiste s’y oppose.
« Cette réforme va pénaliser ceux qui ont travaillé tôt ou qui ont eu les carrières les plus difficiles »
Cécilia Gondard
Avec la présidente de la fédération socialiste des Français de l’étranger, on évoque les revendications qui fondent l’opposition à cette réforme et les conséquences de celles-ci, si elle était votée, pour les expatriés ayant cotisé ou continuant à cotiser en France.
« Cette réforme va aussi pénaliser ceux qui ont eu une carrière hachée, comme les femmes mais aussi les Français de l’étranger. Quand on cumule des droits issus de pays hors Union européenne, on peut perdre jusqu’à une dizaine de trimestres »
Cécilia Gondard
Le surréalisme fiscal belge
Dans la dernière partie du podcast, on évoque la situation spécifique des fonctionnaires franco-belges victimes d’une double imposition du fait d’une nouvelle interprétation de la convention fiscale de 1931 par la Cour de Cassation belge.
« Il faut un accord bilatéral. Actuellement, personne ne bouge. Ce n’est pas la priorité du gouvernement, il s’en fiche un peu. Pourtant je reçois de plus en plus de mails à ce sujet »
Cécilia Gondard
Une situation ubuesque qui amène le fisc belge à réclamer l’ensemble des impôts, sans tenir compte de ce qui a été payé à la France, aux fonctionnaires franco-belges. Avec Cécilia Gondard, on décrypte les conditions juridiques qui ont amené à ce dérapage fiscal.
« Il faut intégrer, via un amendement urgent, ces situations à la convention fiscale actuelle sans attendre la ratification de la nouvelle »
Cécilia Gondard
On conclut ce podcast avec le cas des télétravailleurs en Belgique pour une entreprise française. Une situation qui génère de nombreux problèmes. Pourquoi ? Car cette situation n’a pas été prise en compte par les Etats concernés, même dans la nouvelle convention fiscale qui doit lier les deux pays et dont on attend la ratification, malgré une signature par les ministres concernés en 2021.
Ainsi un télétravailleur français doit les impôts à la Belgique dès le premier jour de télétravail, et son entreprise doit faire les démarches auprès des administrations belges pour payer les droits sociaux du pays. Une problématique que beaucoup d’entreprises ne peuvent assumer et qui sanctionne donc nos compatriotes.
« Il faut arrêter de réfléchir en clusters, en pensant à la sécurité sociale d’un côté, à la fiscalité de l’autre, il faut repenser ces normes en prenant en compte le parcours de vie.Tout ça doit s’harmoniser au niveau européen. »
La place du travail chez les Français évolue, alors qu’ils souhaitent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Or, la réforme des retraites fait fi de cette nouvelle donne sociologique – au risque d’apparaître déconnectée des réalités du travail. Alors les Français au travail, un tabou ?
La France s’est engagée dès mardi (7 mars) dans une grève reconductible, alors qu’une majorité de Français se dit opposée à la réforme des retraites, qui acte le recul de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans.
Cette « mère des réformes » a un but avant tout financier : combler le déficit du système des retraites, voué à se creuser dans les 15 prochaines années « si rien n’est fait », explique l’exécutif.
Or, le gouvernement fait le choix de ne pas s’engager sur un autre sujet : la relation que les Français entretiennent avec le travail.
Le travail n’est plus « structurant » dans la vie des Français
Une note de la Fondation Jean Jaurès révélait en juillet 2022 que 24 % des salariés affirment que leur travail leur est « très important ». En 1990, ils étaient 60 % à tenir le même discours. Dans le même temps, l’attachement aux loisirs a augmenté en trente ans, passant de 31 % à 41 %.
« Le travail n’occupe plus une place structurante dans la vie des Français », écrit Romain Bendavid, l’auteur de la note. « Beaucoup de salariés ne lui confèrent plus une fonction statutaire essentielle. Il constitue moins un marqueur d’inscription sociale ou un levier de bonheur ».
Une analyse que partage parfaitement Pierre Larrouturou, député européen et pionnier des débats sur le partage du temps de travail. Pour lui, « l’effet COVID » est indéniable : « ce n’est pas la fin du travail ; mais nous sommes à la recherche de plus de temps pour soi », explique-t-il à EURACTIV.
En parallèle, le sujet du « burn-out », soit l’épuisement psychologique à cause du travail est réel. Selon un cabinet de conseil spécialisé dans les ressources humaines, 480 000 personnes en France seraient en détresse psychologiques au travail en 2022.
Une autre analyse estime que 3,2 millions d’employés présenteraient un « risque de burn-out ». Enfin, une étude réalisée l’été dernier par OpinionWay met en exergue la détresse psychologique des salariés, qui « reste à un niveau élevé et inquiétant » (41 %) par rapport à début 2022. Or, le « burn-out » n’est pas reconnu comme maladie professionnelle aujourd’hui en France.
Assez pour mobiliser les sénateurs écologistes qui, dans le cadre des débats sur la réforme des retraites qui ont lieu en ce moment au Sénat, ont déposé un amendement visant à instaurer « un tableau spécial énumérant les pathologies psychiques relevant de l’épuisement professionnel ».
Une note de la Fondation Jean Jaurès révélait en juillet 2022 que 24 % des salariés affirment que leur travail leur est « très important ». En 1990, ils étaient 60 % à tenir le même discours. [TERESA SUAREZ/EPA-EFE]
La semaine de 35 heures
Le débat sur le partage du temps de travail est intrinsèquement lié à celui sur les 35 heures, totem du gouvernement socialiste de Lionel Jospin à la fin des années 90, qui présentait la réforme comme une réponse au chômage de masse.
Dès 2000, la France adoptait donc la réforme des 35 heures, qui réduisait la durée légale du temps de travail, alors à 39 heures. 700 000 emplois étaient à la clef, selon le gouvernement de l’époque.
Presque 25 ans plus tard, le bilan reste flou. La réforme a-t-elle relancé l’emploi ? « Vous ne trouverez pas deux économistes d’accord »écrivait Henri Gibier, directeur de la rédaction des Echos, en 2020 lors des 20 ans de la loi.
Quant au taux de chômage de la France, il est resté relativement stable autour de 8,5 % entre 2000 et 2006, pour redescendre à 6,9 % quelques mois avant la récession de 2008. Au début des années 2000, le chômage en Europe oscillait en moyenne entre 9,5 % et 10 %.
En revanche, la productivité des salariés français était et reste en tête de peloton, par rapport aux autres pays membres de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE). Le PIB par heure travaillée s’élevait à 55,70 dollars en France en 1999, contre une moyenne européenne de 42,80 dollars.
Si la productivité a largement augmenté partout dans le monde, notamment grâce à la révolution numérique, la France continue à être fer de lance, 25 ans après la réforme : 68 dollars par heure travaillée en 2020, à égalité avec l’Allemagne, loin devant la moyenne européenne de 55 dollars.
Heures supplémentaires et temps de travail
D’heures supplémentaires en RTT, les Français ont continué à travailler plus que 35 heures : en 2022, un salarié avait une durée de travail hebdomadaire moyenne de 38,5 heures, selon les données du ministère de la Santé.
Rien de mieux qu’une réforme des retraites, donc, pour relancer le débat sur la durée légale de travail.
« Ajouter 30 min au temps de travail hebdomadaire rapporterait 5,7 milliards d’euros à l’État », explique le député Modem Philippe Vigier à EURACTIV – argument de poids alors que le gouvernement cherche à faire 17,7 milliards d’économie pour pérenniser le système des retraites.
M. Vigier avait fait part de son intention de déposer des amendements en séance publique en février allant dans le sens d’un relèvement de seuil de la durée de travail légale, avant de les retirer : cela aurait été « politiquement explosif », glisse-t-il.
De l’autre côté de l’Hémicycle, la réflexion est plutôt à une réduction du temps de travail à 32 heures. « Augmenter la durée légale de travail au-delà des 35 heures, cela veut dire que les Français travailleront plus, mais ils seront cassés », déclare le député LFI Hadrien Clouet à EURACTIV. « Le gouvernement veut augmenter les cotisations ? Qu’il augmente les salaires ! ».
Quant au gouvernement, il refuse de lancer le débat. Le statu quo des 35 heures « avec des dérogations […] constitue un bon équilibre »,déclarait le ministre du Travail Olivier Dussopt en février sur Public Sénat.
La semaine de quatre jours
Parler des retraites sans s’engager dans une réflexion autour du partage du temps de travail « n’a aucun sens », abonde M. Larrouturou.
Ancien député proche de Michel Rocard, il porte depuis longtemps l’idée de la semaine de quatre jours et à 32 heures. Selon lui, étendre ce dispositif à toutes les entreprises françaises pourrait créer 1,6 million d’emplois en France, « soit 1,6 million de nouveaux cotisants ».
Il était d’ailleurs l’un des plus fervents soutiens de la « loi Robien » de 1996, qui permettait aux entreprises de réduire le temps de travail de leurs salariés pour embaucher davantage. Si l’entreprise embauchait 10 % de salariés en CDI, elle bénéficiait alors d’un allègement des cotisations patronales de sécurité sociale.
300 entreprises auraient tiré parti de ce dispositif : « un succès » que M. Larrouturou, maintenant député européen, souhaite voir se développer partout en Europe.
D’ailleurs, des tests grandeur nature ont déjà vu le jour chez nos voisins européens et britanniques. Les résultats d’une vaste étude menée au Royaume-Uni avec 61 entreprises et 2 900 salariés, révélés en février, ont conclu à une baisse de 71 % des risques de burn-out par rapport à avant l’étude, tandis que 39 % des salariés se disaient moins stressés.
Dans le même temps, le chiffre d’affaires des entreprises a augmenté de 35 % par rapport aux mêmes mois d’années précédentes. Le taux de démission a chuté de 5,7 %.
Pour le moment, une réforme sur le partage du temps de travail et la semaine des quatre jours n’est pas à l’étude. « La question du travail est taboue en France », soupire M. Larrouturou. Mais il ne désespère pas : la réforme des retraites peut marquer le début d’un nouveau départ.
En cette journée internationale des droits des femmes, on ne pouvait pas ne pas évoquer la situation des Iraniennes qui se battent toujours pour leur liberté. TV5MONDE a accueilli l’organisatrice d’un débat qui a eu lieu le 07 mars au soir à Paris en présence de François Hollande.
Les artistes mobilisés
Les artistes et les militantes iraniennes se mobilisent à Paris pour soutenir la lutte des femmes en Iran, avec François Hollande et la réalisatrice Sepideh Farsi à leurs côtés.
Regardez l’interview de François Hollande et de Sepideh Farsi sur TV5MONDE
Ce mercredi 8 mars 2023, la communauté internationale célèbre la journée des droits des femmes. C’est l’occasion de mettre les femmes en lumière, grâce à une sélection de programmes des 4 coins du monde à découvrir sur la seule plateforme gratuite et francophone, disponible dans le monde entier, TV5MONDEplus.
4 fictions dédiées aux femmes du monde
Les femmes sont régulièrement représentées comme sentimentales, romantiques, douces et émotives (particulièrement dans les séries familiales)… mais également comme travailleuses. Le travail a en effet une valeur importante pour une grande partie de personnages féminins que l’on pourrait qualifier d’héroïnes « post-féministes « : ces femmes cherchent à concilier vie de famille, relations sentimentales et carrière professionnelle.
Ces différents points sont des éléments positifs et encourageants, qui témoignent de certaines reconfigurations quant à la représentation des femmes à l’écran. TV5MONDEplus a sélectionné 3 séries et 1 film suivant cette ligne.
Toute la vie
L’école Marie-Labrecque accueille une soixantaine d’adolescentes, certaines enceintes, d’autres qui viennent d’accoucher. Toutes sont déterminées à obtenir leur diplôme de fin d’études. Un défi de taille pour elles et les deux responsables de l’établissement, Tina et Christophe, qu’on suit dans une fiction de 24 épisodes de 43 minutes.
Les Simone
Maxim, Laurence, Nikki et Élizabeth, quatre amies trentenaires, mènent des vies aussi différentes que trépidantes. Au fil des années, elles doivent faire face à différentes problématiques. 3 saisons de 13 épisodes à découvrir en exclusivité sur TV5MONDEplus.
Super Lola
Lola est infirmière à domicile. Sa timidité maladive et sa peur du vide handicapent terriblement son quotidien, mais les circonstances vont la transformer en superhéroïne masquée. Elle attire l’attention de Laurent, modeste pigiste qui se rêve journaliste d’investigation, mais qui ignore que derrière le masque se cache sa femme Lola… Un film de 83 minutes à déguster en famille pour avoir le sourire.
Frontières
Adjara, Emma et Sali se rencontrent dans le bus. Toutes trois se rendent à Lagos en empruntant la ligne Bamako-Ouagadougou-Cotonou. Pannes de voitures, coupeurs de routes, vols entre passagers… Ce voyage apparaît comme un véritable parcours du combattant ! Mais le plus difficile reste le franchissement des frontières.
2 documentaires en l’honneur des femmes combattantes
L’histoire des féminismes est étroitement liée aux différents mouvements et combats qui luttent pour la reconnaissance des droits des femmes, inexistants et bafoués pendant des siècles, ainsi que pour l’égalité entre les femmes et les hommes. TV5MONDEplus a sélectionné deux documentaires pour leur rendre hommage.
Les combattantes : paroles de femmes sans voix
Les Suissesses ont obtenu le droit de vote le 7 février 1971, il y a cinquante ans. Inimaginable pour Kelly Santos Da Costa, 18 ans. La Vaudoise va à la rencontre d’Élisabeth Copt, Béatrice Caspecha Aebischer et Gabrielle Nanchen, des femmes qui ont participé au combat pour l’égalité des sexes.
Adélaïde Charlier, la meuf du climat
Elle est la porte-parole belge francophone du mouvement international des jeunes pour le climat (Youth for Climate), qui prend de plus en plus d’ampleur. Adélaïde Charlier, 20 ans, raconte ses combats, ses doutes, ses réflexions sur l’avenir. Portrait de l’activiste namuroise.
La collecte nette des fonds immobiliers accessibles au grand public a atteint, selon l’Association Française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM), 16,1 milliards d’euros en 2022, en hausse de + 47 % sur un an et dépassant ainsi le précédent record de 2019 (14,8 milliards d’euros). La « pierre papier » a le vent en poupe !
Au cours du dernier trimestre de l’année 2022, la collecte de l’ensemble des fonds s’est élevé à 3,8 milliards d’euros (+ 26 % sur un an). La pierre papier a continué à attirer les épargnants dans un contexte d’inflation et de hausse des taux. Une part croissante de la collecte s’est effectuée via les unités de compte dans le cadre des contrats d’assurance vie.
Succès des fonds immobiliers
En tenant compte de la détention en unités de compte immobilières, 4 millions de Français détiennent des parts de fonds immobiliers non cotés. Le taux de distribution des SCPI s’établit à 4,53 % en 2022 en légère augmentation par rapport à 2021. Avec un taux d’inflation de 5,2 %, le rendement réel a été légèrement négatif (-0,7 point). Selon l’ASPIM, le taux de distribution de 2022 comprend une distribution sur résultat courant de l’ordre de 4,02 %, d’une distribution exceptionnelle, principalement sur réserves de plus-values, de l’ordre de 0,38 % et d’une fiscalité acquittée à la source de l’ordre de 0,13 %.