Laure Pallez depuis Miami (USA) et Philippe Loiseau à Berlin (Allemagne) sont invités sur l’antenne de la Radio des Français dans le monde pour réaliser une synthèse du travail réalisé avec le « think tank« , « La France & le Monde en commun », sur la représentation politique des Français établis hors de France.
Ecoutez le podcast avec Laure Pallez et Philippe Loiseau
10 après la réforme
10 ans après la réforme de la rénovation politique (loi du 22 Juillet 2013), nos invités rappellent ce qu’a amené ce texte notamment sur une meilleure proximité voulue avec les élus, rappellent le fonctionnement des conseillers élus et de l’assemblée AFE, et portent un bilan – mitigé – sur l’effet de cette réforme 10 ans après son déploiement.
Autour de Philippe Loiseau, Conseiller des Français d’Allemagne, nous faisons le point sur le long chemin de la représentativité qui attend encore la communauté des Français de l’étranger.
Riche de ses 15 ans d’expérience comme élu des Français de l’étranger, Philippe Loiseau constate que la réforme voulue par la sénatrice Hélène Conway, qui était ministre délégué sous François Hollande, a permis de mieux définir les mandats et les rôles de chacun des acteurs de la vie consulaire. Cependant, il ne cache pas sous le tapis les écueils qui ont ponctué la décennie écoulée.
La sénatrice Hélène Conway
En premier lieu, La France & le Monde en commun fait le constat que souvent l’administration et les Conseillers consulaires ne sont pas rythmés par le même calendrier et les mêmes priorités. Un problème de cadence qui nuit à l’intérêt commun et dévalorise l’action des élus locaux. Ces derniers regrettent souvent que leurs travaux ne sont pas pris en compte, entraînant une perte du lien de confiance entre le citoyen et son élu.
« On n’a jamais la main sur le décisionnel »
Philippe Loiseau, Conseiller des Français d’Allemagne
Un phénomène qu’on retrouve, évidemment et avec regret, quand les décisions sont prises à Paris. Même pour le STAFE ou les subventions aux « écoles » Flam, ce qui représente moins de 3 millions d’euros au niveau mondial, les élus locaux n’ont pas la main comme le déplore Philippe Loiseau.
Pour exemple, le STAFE qui devait permettre à un plus grand nombres d’associations ou de collectifs d’accéder à des subventions a été globalement capté par l’administration et ses antennes. Là aussi, les élus locaux ne sont pas entendus.
« La mécanique n’est pas la bonne, on doit se prononcer sur des projets qu’on connaît, réalisés par des gens qu’on connaît. La décision finale revient donc à Paris »
Philippe Loiseau, Conseiller des Français d’Allemagne
Ainsi, si tous se félicitent des progrès quant à la représentation des Français de l’étranger grâce à cette réforme de 2013, le bilan laisse apparaître de nombreuses pistes d’évolution que nos invités détaillent dans le podcast.
« On a gagné en notoriété mais pas en autorité »
Philippe Loiseau, Conseiller des Français d’Allemagne
AFE, une ambition déçue
L’autre volet de la réforme de 2013 concernait l’Assemblée des Français de l’étranger. Le texte initial s’inscrivait dans une démarche globale ayant comme objectif de créer une véritable collectivité territoriale disposant de ses compétences et de son budget.
Mais c’est un projet qu’Emmanuel Macron n’a pas repris. Et c’est donc un organe consultatif plein de paradoxes qui est désormais en place. Avec une présidence déconnectée de l’Exécutif (la fonction n’est plus réservée au Ministre des Affaires étrangères), l’Assemblée des Français de l’Etranger, pour les auteurs du rapport, disponible en fin d’article en libre téléchargement, n’arrive plus à se faire entendre.
Ainsi, si au niveau des consulats, comme nous le rappelle Laure Pallez, il est possible aux élus de travailler en symbiose avec les représentants de l’Etat, les réflexes corporatistes prennent le dessus une fois à Paris. Il faut donc là aussi revoir les relations entre élus et administration mais surtout renforcer les liens avec le niveau de proximité le plus adapté aux problématiques rencontrées par les expatriés.
« De belles choses peuvent se faire localement »
Laure Pallez, présidente du Conseil consulaire à Miami
Une étude avec la Fondation Jean Jaurès
Le groupe de réflexion « La France & le Monde en commun », think tank, vient de publier en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, sa deuxième étude d’envergure, que nous vous proposons de découvrir en la téléchargeant ou en la consultant ci-dessous.
Pour fêter l’arrivée du printemps et en attendant Cannes 2023, TV5MONDEplus vous offre un bouquet de Claude Chabrol. Cultissime, légendaire, les qualificatifs pour ce journaliste, réalisateur, acteur, qui a marqué toute la seconde moitié du XX ème siècle.
Claude Chabrol et le cinéma, une histoire née pendant la seconde guerre mondiale
Fils de pharmacien, Claude Chabrol tient un ciné-club dans la Creuse pendant la guerre. De retour à Paris, il suit des études de droit et de lettres, mais fréquente surtout assidûment les cinémas de la ville. Il y côtoie de jeunes passionnés avec qui il participe à l’aventure des Cahiers du cinéma de 1952 à 1957, et rencontre le romancier Paul Gégauff, dont l’influence le détourne de son éducation bourgeoise. Attaché de presse à la Fox, il profite d’un héritage de son épouse pour produire Le Coup du berger (1957) de Rivette et réaliser Le Beau Serge (1958), son premier long métrage. En grande partie autobiographique, ce film-clef de la Nouvelle vague, prix Jean Vigo, est un beau succès public et critique.Le destin du cinéaste est alors lié à ceux de Gégauff, fidèle coscénariste, et de Stéphane Audran qu’il épouse en secondes noces et dirigera à 23 reprises…
Le plus populaire des cinéastes
Chabrol aura été sans doute le plus populaire des cinéastes français. Tout le monde le connaissait, tout le monde l’aimait. Jamais bêcheur, toujours simple, familier, marrant, enfin sympa, quoi… À la télévision, quand il passait – pas assez souvent – on était toujours content de le voir, avec ses gros yeux scrogneugneu de père fouettard. On était encore plus heureux de l’entendre, il adorait quand on lui posait des questions. Et quand il répondait, il ne mâchait pas ses mots, jamais de grands mots. Par exemple, il disait « le pognon », pas l’argent. À propos de ses films, ceux qu’il n’aimait pas, il disait tout naturellement : « celui-là, c’est une merde ». Au fond, il parlait juste, il parlait vrai. Il inventait aussi la langue riche d’un Rabelais d’aujourd’hui. On se disait que s’il avait été prof, on aurait aimé retourner à l’école, seulement voilà, il avait choisi de faire du cinéma.
Claude Chabrol sur le tournage de L’Ivresse du pouvoir – Crédit DR – TCD
Et ce cinéma ne lui ressemble pas. On n’y retrouve pas la jubilation qui émane de lui. Sur l’écran se succèdent des paumés, des abîmés de la vie (Le beau Serge, Les bonnes femmes, Violette Nozière), des cinglés, des tordus innocents ou dangereux (Les fantômes du chapelier, Le boucher), des notables qui se révèlent être des monstres (Landru, La femme infidèle, Masques, La fleur du mal, L’ivresse du pouvoir), des victimes qui se métamorphosent en prédateurs (Que la bête meure, La cérémonie), et j’en passe… Plus de soixante films et téléfilms, longs et courts métrages, du meilleur et du pire, avec de vrais navets et une bonne douzaine d’incontestables chefs-d’œuvre. Tonalité générale donc plutôt sombre, « série noire ». On pourrait résumer le tout à la manière de Thomas Chabrol (le plus jeune fils du cinéaste, qui se nomme justement Félix, l’homme heureux dans L’ivresse du pouvoir) : « Rien n’est sérieux, tout est tragique ».
Un univers gourmand du monde
Quand on observe aujourd’hui l’univers de Chabrol, on est frappé par la diversité des territoires où il se situe.
« Affaire de gastronomie », disait-on, « le choix des meilleurs restaurants imposait les lieux de tournage ». Un regard moins gourmand et plus attentif révélerait peut-être en Chabrol un amour véritable de la France profonde, un goût plus éclairé que touristique. Regard passionné sur la diversité du pays et de ses habitants.
Chaque film est enraciné dans une province, un espace, rural ou urbain, un terroir qui donne au récit et aux images une couleur locale, et plus profondément une vision du monde particulière. Le Périgord du Boucher, la Bretagne de Au cœur du mensonge, Nîmes et Sète pour Bellamy.Cet enracinement est aussi culturel.
La France de Chabrol a un style et une histoire. De Molière à Maupassant, sans oublier La Fontaine, le Français (l’homme et sa langue) a les pieds sur terre, solidement plantés en terre, et la tête jamais dans les nuages. En exergue aux Bonnes femmes (1960), Chabrol citait la fable Les poissons et le cormoran.
Qu’importe qui vous mange ? Homme ou loup
Toute panse me paraît une à cet égard,
Un jour plus tôt, un jour plus tard,
Ce n’est pas grande différence.
Claude Chabrol
Si on avait vraiment lu ces lignes, on aurait sans doute mieux senti la progression de ce film si mal aimé vers la tragédie finale, et mieux apprécié l’humour noir, « l’œil de poisson » de la caméra chabrolienne. Dans l’avant dernier film, adaptation en 26 minutes pour la télévision d’un conte de Maupassant, Le petit fût (2008), on retrouve la même cruauté implacable, le même regard distant sur le drame qui se joue dans ce village normand d’une autre époque, mais tellement métaphorique de la nôtre. De l’âge des cavernes à celui de la télévision et du portable, l’éventail des personnages déploie tous les stades de l’évolution. De la bête (Le boucher 1969) aux grands patrons de La Défense (L’ivresse du pouvoir 2007), même férocité sous le vernis – ô combien fragile – d’une trop récente « urbanisation ».
À la qualité désirée pour un homme dans le questionnaire de Proust, la réponse de Chabrol était l’urbanité.
L’Italie a déclaré mardi 11 avril l’état d’urgence à l’échelle nationale pour les six prochains mois, suite à l’augmentation exceptionnelle du nombre de migrants arrivant continuellement par les routes méditerranéennes.
Mardi, le Conseil des ministres dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni (FDI/ECR) a déclaré l’état d’urgence national en matière d’immigration après que le ministre de la Protection civile et des Politiques maritimes, Nello Musumeci, l’ait proposé. Cette décision fait également suite à une réunion entre M. Musumeci et le ministre de I’Intérieur Matteo Piantedosi.
L’état d’urgence sera financé à hauteur de 5 millions d’euros.
« Soyons clairs. Le problème n’est pas résolu et sa solution n’est liée qu’à une intervention réfléchie et responsable de l’Union européenne », a affirmé M. Musumeci après que l’état d’urgence a été décrété en Italie par le gouvernement.
« Il y a une situation d’urgence absolue. Ce n’est pas un fait nouveau […] C’est un problème destiné à ne pas être résolu pendant au moins les dix prochaines années », a déclaré le ministre à Radio Anch’io, soulignant la nécessité de « neutraliser la mafia des boucs émissaires ».
« Il y a une situation d’urgence absolue. […] C’est un problème destiné à ne pas être résolu pendant au moins les dix prochaines années », a déclaré le ministre de la Protection civile et des Politiques maritimes, Nello Musumeci. [EPA]
Un code de conduite pour les ONG
En février dernier, le parlement italien a approuvé le « Code de conduite pour les ONG » — un décret gouvernemental établissant un code de conduite pour les navires intervenant pour secourir les migrants — malgré les critiques de l’ONU et des groupes humanitaires.
Les flux migratoires de ces derniers mois vers l’Italie ont mis à rude épreuve les structures de l’État, selon M. Musumeci, qui a appelé à une « approche responsable » à l’égard des migrants et de leurs droits.
Le ministre a notamment souligné la difficulté de gérer les flux arrivant sur les îles — Lampedusa et toute la côte sud de la Sicile — des zones où les centres de premier accueil ne cessent de crouler.
Le week-end de Pâques a été chargé pour les autorités nationales, avec des bateaux en panne et des migrants en mer. Environ 2 000 personnes ont été secourues et des opérations de sauvetage sont en cours pour 1 200 autres. Les garde-côtes et les moyens aériens de Frontex participent aux opérations de recherche et de sauvetage (SAR).
« Les opérations de sauvetage sont toujours en cours dans la mer ionienne », ont tweeté les garde-côtes mardi, faisant référence à deux barges — l’une avec 800 et l’autre avec 400 migrants à bord — interceptées à plus de 160 kilomètres au sud-est de la Sicile. Les deux bateaux ont été escortés vers la côte en raison de conditions météorologiques défavorables.
Selon les données du ministère de l’Intérieur, 31 292 migrants ont débarqué entre le 1er janvier et le 11 avril. Au cours de la même période des deux années précédentes, les arrivées ont été nettement inférieures : 7 928 en 2022 et 8 505 en 2021.
Grâce à l’application d’intelligence artificielle intégrée dans le système de conférence vidéo Teams, de Microsoft, les utilisateurs peuvent obtenir à la fin de leur réunion en ligne un compte-rendu automatique contenant les questions abordées, les réponses apportées et les éventuels points à traiter ultérieurement. Microsoft entend équiper tous ses logiciels comme Word, Excel, Powerpoint, de modules d’intelligence artificielle. Alphabet, la société mère de Google, a également indiqué faire de même pour ses produits comme Gmail ou Sheets. Le 21 mars dernier, Google a lancé son propre chatbot, appelé Bard, pour rivaliser avec ChatGPT.
La révolution de l’intelligence artificielle s’est diffusée à l’ensemble de la sphère du digital qui depuis plusieurs années était à la peine en matière d’innovation. Microsoft et le logiciel de sa filiale OpenAI, ChatGPT, a créé un électrochoc. Amazon Web Services (AWS), la branche de cloud computing du groupe de commerce électronique, a annoncé un approfondissement de son partenariat avec Hugging Face, une startup d’intelligence artificielle. Apple testerait de nouvelles applications d’IA sur ses produits, y compris son assistant virtuel, Siri.
La diffusion des logiciels d’intelligence artificielle effraie : elle menacerait des professions entières
Mark Zuckerberg, le PDG de Meta qui ne jurait que par le métavers, a annoncé vouloir équiper tous ses produits dont Facebook et Instagram d’intelligence artificielle. La diffusion des logiciels d’IA est si rapide qu’elle effraie par ses conséquences. Elle menacerait des professions entières. Elle pourrait conduire les étudiants à ne plus réviser leurs examens et à les utiliser pour passer des épreuves.
L’Italie a décidé de bloquer l’accès à ChatGPT à compter du 31 mars 2023. L’Allemagne et plusieurs pays européens ont décidé d’ouvrir des enquêtes sur les robots conversationnels sur le thème de la protection des données. Elon Musk, le PDG de Tesla, et une centaine d’experts, ont appelé à une pause dans le déploiement de l’intelligence artificielle.
Depuis des années, les équipes de recherche des géants du digital travaillent sur l’intelligence artificielle. De nombreux logiciels utilisent déjà des briques d’intelligence artificielle afin de cibler les messages publicitaires, gérer des voitures autonomes, répondre à des requêtes de recherche sur Internet.
Les GAFAM ont investi 223 milliards de dollars dans la recherche et le développement
ChatGPT par sa puissance de calcul a créé une rupture ou une prise de conscience du changement de dimension que permettent les nouvelles technologies. La capacité des nouveaux robots à produire du contenu rationnel a marqué les esprits. Les entreprises du digital n’entendent pas perdre la bataille de l’intelligence artificielle. Elles ont conscience que leur survie passe par l’innovation permanente. Leurs dirigeants ont en mémoire le destin funeste de Kodak et de Blackberry qui ont refusé de prendre en compte certaines ruptures technologiques.
En 2022, malgré la chute des cours boursiers des valeurs technologiques, les GAFAM ont investi 223 milliards de dollars dans la recherche et le développement (R&D), contre 109 milliards de dollars en 2019, auxquels s’ajoutent 161 milliards de dollars de dépenses en capital, un montant qui a doublé en trois ans. Au total, elles ont consacré 26 % de leur chiffre d’affaires à la recherche et l’investissement en 2022, contre 16 % en 2015. (A titre de comparaison, le déficit de la France est de 125 milliards).
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a récemment déclaré que l’intelligence artificielle était désormais sa priorité en matière d’investissement. Dans son prochain rapport relatif aux résultats du groupe au premier trimestre 2023, Alphabet a prévu de mentionner explicitement les montants investis dans l’intelligence artificielle. Selon les données de PitchBook, une société d’études économiques, un cinquième des acquisitions et des investissements combinés des entreprises depuis 2019 impliquaient des entreprises d’intelligence artificielle, soit plus que les sommes consacrées aux cryptoactifs, à la blockchain, au métavers ou à la réalité virtuelle.
Un système pour prédire la forme des protéines, permettant d’accélérer la découverte de médicaments
Au cours des quatre dernières années, les grandes technologies ont pris des participations dans quelque 200 entreprises travaillant sur l’intelligence artificielle. Selon les chiffres de PredictLeads, un autre cabinet d’études, environ un dixième des offres d’emploi des GAFAM exigent des compétences en intelligence artificielle. Microsoft et Alphabet sont en pointe en matière d’investissements et d’emplois en lien avec l’IA, Meta, Amazon ou Apple étant un peu retrait.
Un tiers des partenariats et acquisitions de Microsoft concerne l’intelligence artificielle, soit le double d’Amazon ou d’Alphabet et six fois plus que Meta. En acquérant, pour 11 milliards de dollars, des parts d’OpenAI qui a développé ChatGPT, Microsoft a fait un pari gagnant lui permettant de repositionner son moteur de recherche Bing dont les parts de marché étaient faibles par rapport à celui de Google. Microsoft a également investi dans D-Matrix, une entreprise travaillant sur des technologies d’intelligence artificielle pour les centres de données et Noble.ai qui utilisent des algorithmes pour rationaliser les travaux de laboratoire et d’autres projets de R&D. Microsoft a par ailleurs fait l’acquisition de Nuance, qui développe la reconnaissance vocale pour la santé.
De son côté, Alphabet renforce sa filiale dédiée à l’intelligence artificielle, DeepMind, localisée à Londres et acquise en 2014. DeepMind a été à l’origine de d’AlphaFold, un système pour prédire la forme des protéines, permettant d’accélérer la découverte de médicaments. Apple qui était en retard par rapport à ses concurrents entend le rattraper en multipliant les rachats de startups. Près de la moitié de ses objectifs de rachats sont liés à l’intelligence artificielle. Elle a ainsi acheté ai.Music, qui compose de nouveaux morceaux en fonction des morceaux trouvés sur Internet, à Credit Kudos qui utilise l’intelligence artificielle pour évaluer la solvabilité des demandeurs de prêt.
Les acquisitions d’Apple sont moins flamboyantes que celles d’Alphabet voire que celles de Microsoft mais sont en règle générale plus faciles à intégrer dans les produits maison. Au niveau des publications scientifiques, l’intelligence artificielle occupe de plus en plus de place. Entre 2020 et 2022, Alphabet a publié environ 9 000 articles sur le sujet. Microsoft en a accumulé environ 8 000 et Meta 4 000.
En 2022, la proportion d’emplois en lien avec l’intelligence artificielle est de 27 % pour Alphabet et de 18 % pour Meta. Cette dernière pour attirer les jeunes talents communique assidûment sur l’intelligence artificielle et joue la carte de « l’opendata ». Sa bibliothèque de logiciels d’IA, appelée « PyTorch », est accessible à toutes et à tous comme le langage maison appelé « Lama ». Compte tenu de son poids relatif plus faible que Microsoft, Apple ou Amazon, Meta est l’entreprise qui réalise l’effort le plus important en matière d’intelligence artificielle. L’objectif de Meta est de générer du contenu sur ses réseaux à moindres coûts et ainsi concurrencer Apple ou Alphabet.
Automatiser 70 à 80 % de ses quelque 90 millions d’approbations de factures annuelles
Les GAFAM utilisent la force de l’intelligence artificielle pour leur propre compte. Le service financier de Microsoft utilise cette dernière pour automatiser 70 à 80 % de ses quelque 90 millions d’approbations de factures annuelles. Un chatbot lié à un logiciel d’intelligence artificielle signale les factures douteuses qu’il convient de contrôler. La production de lignes informatiques est de plus en plus automatisée permettant de générer d’importants gains de productivité.
La révolution provoquée par ChatGPT est rapide. Quatre mois après avoir été révélée au grand public, cette application a créé une onde de choc qui ne semble pas s’arrêter. Microsoft et Google ont revu leur moteur de recherche. Leurs programmes de productivité comme les traitements de texte sont assistés par l’intelligence artificielle. Alphabet et Meta proposent un outil qui génère des campagnes publicitaires en fonction des objectifs des annonceurs.
L’IA peut désormais proposer des campagnes commerciales ciblées sur des catégories socioprofessionnelles en fournissant les éléments de langage pour les commerciaux. Les systèmes d’incitation des achats risquent de devenir de plus en plus intrusifs et personnalisés, ce qui pose des problèmes de respect de la vie privée et de libre consentement.
Bonjour à tous? bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du jeudi 13 avril. Dans nos titres, le petit sursaut de participation pour le vote en ligne dans les 3 circonscriptions concernées par les élections législatives partielles, on revient sur la résidence d’attache et enfin on fait le point sur la situation en France pour cette 12ème journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
Frémissement pour le vote en ligne
Avec des scores de participation de 09 à 11% contre 08 à 10% lors du premier tour, l’ensemble des circonscriptions ont bénéficié d’un tout petit sursaut démocratique lors de ce second tour en ligne. Et pourtant les candidats se démènent pour faire parler d’eux. Retrouvez les moments forts de la campagne dans notre article disponible sur le site Lesfrancais.press. Pour rappel, il est encore possible de voter à l’urne samedi 15 avril en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, tandis qu’en Afrique du Nord et de l’Ouest comme dans le reste du bassin méditerranéen on pourra voter ce dimanche 16 avril.
Elections législatives partielles
Ronan Le Gleut défendra sa proposition de résidence d’attache
Nous en avions parlé la semaine dernière, le Sénat a adopté le projet de loi du sénateur LR Ronan Le Gleut créant un nouveau statut de résidence d’attache pour les Français de l’étranger. Petit bémol, par rapport au texte initial, à la demande du gouvernement, son champ d’application a été réduit aux expatriés vivant dans des pays classés rouge ou orange par le Quai d’Orsay. Une option qui ne satisfait par le sénateur comme les Français de l’étranger qui ont répondu à notre consultation. Le sénateur Ronan Le Gleut dans une interview à retrouver sur le site Lesfrancais.press se dit prêt à défendre son texte. A suivre.
Ronan Le Gleut
Moins de manifestants, plus de violence
C’est le programme selon le ministère de l’intérieur pour la 12ème journée de mobilisation contre la réforme des retraites. En effet, les autorités s’attendent ce jeudi à une participation en baisse par rapport au 6 avril. Le renseignement territorial alerte sur la présence de manifestants violents, notamment dans le cortège parisien.
Manifestation à Paris le 06 avril 2023
C’est tout pour aujourd’hui, on fera le point sur la mobilisation hors de France demain dans une nouvelle édition du flash quotidien des expatriés.
Les Français inscrits sur les listes électorales d’Amérique du Sud (IIème circonscription) ou du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) et sur celle regroupant les expatriés installés dans le bassin Est de la Méditerranée (VIIIème circonscription) étaient invités à participer au second tour des élections législatives partielles via le mode de scrutin dit du vote en ligne jusqu’à ce mercredi 12 avril midi (CET). Vous n’avez pas pu faire entendre votre voix ? Ne vous inquiétez pas, il sera possible de voter samedi 15 avril dans un des bureaux de vote mis en place par les consulats en Amérique latine (IIème) et de même pour les deux autres circonscriptions le dimanche 16 avril. Aujourd’hui, nous faisons le point sur la participation et les événements clefs circonscription par circonscription !
Les candidats en lice dans les 3 circonscriptions
Amérique du Sud et Caraïbes
Dans la deuxième circonscription des Français de l’étranger, soit les pays de l’Amérique latine (du Mexique à l’Argentine, hors Guyane française) et des Caraïbes (hors territoires français), c’est Eléonore Caroit, la candidate Renaissance, le parti présidentiel, qui est arrivée en tête à l’issue du premier tour avec 38,95 % des voix. En face, c’est Christian Rodriguez, un des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon, Chilien naturalisé français après sa fuite du pays alors sous dictature, qui s’est qualifié avec 26,23 % des bulletins de vote comptabilisés.
Nous avions proposé aux deux candidats de faire un débat, si Eléonore Caroit avait répondu positivement, nous attendons toujours la réponse du candidat NUPES. Un silence que nous ne pouvons que regretter. Mais finalement qui se comprend puisque les deux adversaires se sont globalement ignorés tout au long de la campagne, chacun se concentrant sur son argumentaire.
Pour la candidate qui porte les couleurs d’Emmanuel Macron, c’est le bilan des 7 premiers mois de mandat qu’elle met en avant. Elle se projette pour les années à venir, comme vous pouvez l’entendre dans un podcast enregistré en début de semaine et publié sur notre site.
Tandis que Christian Rodriguez a préféré mettre en avant le message envoyé au Président de la République que symboliserait la défaite d’une candidate du parti présidentiel à l’heure où la contestation s’est emparée des rues de France. En sus, il a pu compter sur le soutien des forces du PS et d’EELV qui se sont mobilisées à ses côtés.
Merci aux forces de la #NUPES pour leur message de soutien.
Merci aux sénateurs Jean-Yves Leconte (PS-NUPES) et Mélanie Vogel (EELV-NUPES), et au député André Chassaigne (GDR-NUPES).#Rodriguez2023pic.twitter.com/YlgNXIIVPD
Concernant la participation au second tour via le vote en ligne, les chiffres communiqués par l’administration consulaire, s’ils sont encore bas, montrent un léger frémissement avec une progression de plus d’un 1 point pour s’établir à 10,40% contre 09,15% lors du premier tour (en ligne).
Le point positif, c’est que la technologie semble enfin maîtrisée puisqu’aucun bug majeur n’a été reporté, ce dont se félicite la candidate Eléonore Caroit.
« Je constate qu’il y a une participation légèrement supérieure à celle du premier tour. Le vote en ligne semble avoir mieux fonctionné, ce qui est une bonne chose. J’invite tous les électeurs qui ne l’ont pas encore fait à voter samedi.«
Eléonore Caroit, députée sortante et candidate Renaissance dans la IIème circonscription des Français de l’étranger
Bassin Est de la Méditerranée
Dans la huitième circonscription des Français de l’étranger, soit les pays de l’Est du bassin méditerranéen , c’est Meyer Habib, le candidat UDI/LR, qui est arrivé en tête à l’issu du premier tour avec 38,35 % des voix. En face, c’est Deborah Abisror-De Lieme, l’ancienne chef de cabinet d’Olivier Véran, alors ministre de la santé et actuellement en charge des relations entre le parlement et le parti présidentiel, qui s’est qualifiée avec 24,67% des bulletins de vote comptabilisés.
Nous avions proposé aux deux candidats de faire un débat, mais prudents, les deux adversaires n’ont pas donné suite à notre proposition.
A travers les réseaux sociaux, Meyer Habib comme Deborah Asbiror – De Lieme ont passé les deux dernières semaines à s’accuser de tous les maux.
Parmi les soutiens, la candidate Renaissance a pu compter sur l’ancien député des Français d’Amérique du Nord, désormais ministre de l’Industrie, Roland Lescure.
— Deborah Abisror – de Lieme (@deborahabisror) April 9, 2023
Tandis que Meyer Habib a pu, lui, s’appuyer sur ses nombreux partisans installés en Israël et ailleurs comme à Paris où le célèbre avocat, Arno Klarsfeld, fils des deux défenseurs de la cause des victimes de la Shoah, Béatrice et Serge, lui a apporté son soutien.
Merci de ton soutien @arnoklarsfeld ! Un combat commun d’une vie avec toi et tes magnifiques parents, ces géants Beate et Serge, pour la mémoire de la Shoah, contre le racisme, l’antisémitisme et son nouveau visage l’antisionisme ! pic.twitter.com/WVAFPf5K1S
Malgré l’énergie dépensée par les deux candidats, la participation a peu évolué pour ce second tour pour s’établir à 11,22% contre 10,84% au premier tour. Dans cette circonscription, le vote à l’urne, et en particulier en Israël, reste un élément déterminant du scrutin. Le suspens reste entier donc jusqu’à dimanche soir.
Maghreb et Afrique de l’Ouest
Dans la neuvième circonscription des Français de l’étranger, soit les pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, c’est Karim Ben Cheïkh, le candidat NUPES, qui est arrivé en tête à l’issue du premier tour avec plus de 43,24 % des voix. En face, c’est Caroline Traverse, investie par Renaissance, avocate de formation et ancrée depuis 18 ans dans la circonscription, qui s’est qualifiée avec 16,31% des bulletins de vote comptabilisés, juste devant le candidat renégat M’jid El Guerrab (ancien député du parti présidentiel, condamné pour violences en 2022).
Les deux candidats ont accepté, eux, de participer à l’exercice démocratique que nous leur proposions. Dans un débat de près d’une heure, Karim Ben Cheïkh et Caroline Traverse ont confronté leur vision du monde et leurs priorités pour la circonscription. Vous n’êtes pas encore sûr de votre choix ? Ecoutez-le !
Une participation stable
Malgré le succès d’audience du débat, avec plus de 2000 écoutes, le nombre d’électeurs mobilisés pour ce second tour en ligne reste bien bas, ils ne sont que 8 759 à avoir participé au scrutin. Cependant le taux de participation affiché est en progression avec 08,71% contre 08,11% lors du premier tour.
La résidence d’attache est une idée qui fait du chemin depuis de nombreuses années, en effet celle-ci est évoquée depuis la présidence de Nicolas Sarkozy. Reprise et développée par le sénateur Les Républicains Ronan Le Gleut, elle fut aussi proposée par Frédéric Petit (député Modem des Français d’Europe centrale) et fut, donc, incluse au programme d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle.
Ce mardi 4 avril 2023, le Sénat a adopté la proposition de loi, portée par M. Ronan Le Gleut, créant une résidence d’attache pour les Français établis hors de France. Pourtant le gouvernement par la voix de Gabriel Attal s’y opposait, tout en précisant « accueillir favorablement la proposition« . Ce dernier désire mettre en place un groupe de travail afin de déminer les écueils juridiques possibles, redéfinissant au passage le périmètre d’application du projet de loi.
Ce mercredi 12 avril, nous recevons le sénateur Ronan Le Gleut pour faire le point sur cette disposition, particulièrement attendue par nos compatriotes et ce où qu’ils soient, comme nous le révèle la consultation menée du vendredi 07 avril au mardi 11 avril. Vous avez été 1187 à vous prononcer.
Ecoutez le podcast avec Ronan Le Gleut
Quels objectifs pour ce projet ?
Depuis la suppression de la taxe d’habitation, la résidence conservée ou acquise ou reçue en héritage par un(e) Français(e) subit, selon le sénateur Ronan Le Gleut, « un matraquage fiscal ». En effet, pour les autorités fiscales, ce domicile maintenu en France, est considéré comme une résidence secondaire et est donc soumis aux taxes complémentaires liées à ce statut. L’idée du texte étant de rétablir une égalité de traitement fiscal, tant pour les taxes mais aussi pour accéder aux aides à la rénovation, à la transition énergétique et autres.
Et pourtant, comme le rappelle le sénateur Ronan Le Gleut dans l’interview, ce bien immobilier représente plus qu’un simple lieu de villégiature, il est aussi un refuge et une opportunité pour maintenir le lien entre le citoyen expatrié et son, notre, pays, la France.
« Pour les Français d’Ukraine, disposer d’un pied-à-terre en France est bien plus qu’un lieu de villégiature, c’est aussi un refuge »
Le sénateur Ronan Le Gleut
Et les cas sont plus nombreux que les autorités ne l’imaginent, en dehors de conflits ou de catastrophes, des événements considérés comme banals peuvent conduire à un retour précipité en France. Ronan Le Gleut nous donne l’exemple des Français salariés dans des pays du Golfe, en effet, quand on est licencié, on perd de fait le visa pour rester sur le territoire, et les citoyens concernés doivent rentrer en France en quelques semaines, souvent en moins d’un mois. Comment faire si on a dû se séparer de son domicile en France ?
C’est donc face à ces situations qu’est née l’idée de créer un statut entre la résidence principale et la résidence secondaire, qui serait donc la fameuse résidence d’attache (ou de repli pour le parti présidentiel).
Ronan Le Gleut
Les Français de l’étranger et l’immobilier en France
Car comme nous le révèle la consultation menée par Lesfrancais.press, les expatriés ont conservé dans 30% des cas leur logement sans le mettre en location (ils sont 9,65% à l’avoir conservé en le mettant en location). Près de la moitié des Français de l’étranger ont, donc, toujours un ancrage en France. Et ils seraient plus nombreux si une telle disposition était mise en place, ainsi 14% des personnes ayant répondu indiquent qu’ils achèteraient un bien en France sous ce régime de la résidence d’attache. Une bonne nouvelle, alors que l’immobilier patine au pays depuis l’augmentation des taux de crédit.
Une réforme soutenue
Malgré le fait qu’un 1/4 des répondants ne connaissaient pas le projet, le soutien des expatriés à la proposition de M. Le Gleut est massif. Ainsi, 56% soutiennent sans réserve le texte et ils seraient près de 70% si la proposition de loi s’appliquait sans distinction entre les Français de l’étranger.
Un texte attaqué de toutes parts ?
Malgré l’intérêt évident que peut avoir une telle loi, l’accueil fut mitigé lors des premiers travaux parlementaires. La gauche, par la voix de la sénatrice des Français de l’étranger, Mélanie Vogel, assimile une telle disposition à un cadeau fiscal, tandis que le gouvernement s’inquiète du coût d’une telle disposition qui concernerait 300 000 résidences selon Gabriel Attal, qui alerte sur une contrainte juridique qui obligerait le gouvernement à étendre une telle mesure a minima à tous les Européens ayant un bien en France. C’est la fameuse égalité de traitement entre Européens qui l’imposerait.
Pour autant, le gouvernement a mis en place un groupe de travail avec les parlementaires. La première réunion était prévue le 11 avril puis finalement décalée à la semaine prochaine, signe de l’embarras des élus et de l’exécutif ?
En tout cas, Ronan Le Gleut a décidé d’y participer, avec une idée précise. Pour lui, comme il l’avait fait avec le fonds d’urgence, il compte à travers ces ateliers de travail avec le groupe mis en place, convaincre de la pertinence du texte alors que le gouvernement veut réduire son champ d’application.
« Je veux exercer une pression maximale sur le gouvernement »
Le sénateur Ronan Le Gleut
Réserver les dispositions fiscales à certains expatriés ?
Car si le projet de loi a été adopté au Sénat, c’est au prix de l’exclusion d’une partie des Français de l’étranger. En effet, Gabriel Attal, le ministre du Budget, voudrait limiter l’application d’une telle disposition aux seuls Français résidant dans des pays classés rouge ou orange par le ministère des Affaires étrangères et européennes.
Pourtant, Ronan Le Gleut déclare qu’il ira au bout, et en exerçant une pression continue sur le gouvernement, il espère pouvoir amender le projet de loi de finance 2024 pour inscrire sa proposition dans la loi et en la gardant ouverte à tous nos compatriotes résidant hors de France. Il pourra compter sur le soutien des Français de l’étranger qui souhaitent à 69%, selon notre consultation, se voir considérés comme des Français à part entière, en étant libérés du « matraquage fiscal » que dénonce le sénateur Les Républicains.
« Ma position de départ est toujours la même, je souhaite que la résidence d’attache s’applique à tous les Français de l’étranger »
Le sénateur Ronan Le Gleut
Désormais le destin de cette proposition est dans les mains du groupe du travail, avant d’être présentée à l’Assemblée nationale. Afin de compléter l’analyse des conséquences d’une telle loi, Ronan Le Gleut désire voir se créer une commission temporaire qui présenterait ses conclusions lors de l’examen du budget 2024 à l’automne aux deux assemblées constituant notre parlement.
Pour la douzième fois depuis mi-janvier, des manifestations auront donc lieu dans de nombreuses villes de l’Hexagone, et des grèves vont perturber l’activité dans plusieurs secteurs dont certains établissements scolaires hors de France. On fait le point pour les Français de l’étranger.
Secteur aérien
Dans un communiqué transmis ce mardi, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) indique avoir demandé aux compagnies aériennes d’annuler 20% des vols prévus «sur les aéroports de Toulouse, Bordeaux et Nantes». Pour l’heure, les aéroports parisiens ne sont donc pas concernés. «En dépit de ces mesures préventives, des perturbations et des retards sont néanmoins à prévoir», précise l’administration.
Vous devriez donc pouvoir voyager vers la France sans encombre malgré les mouvements contre la réforme des retraites. Bordeaux et Nantes étant rarement des points d’entrée pour la France lors de voyages internationaux. Par contre, après, il faudra rejoindre votre destination finale et là les problèmes pourraient commencer.
Secteur transports ferrés
La grève contre la réforme des retraites sera-t-elle suivie ce jeudi 13 avril à la SNCF ? L’entreprise s’attend à un trafic à nouveau «perturbé» sur son réseau, mais moins que lors des premières journées interprofessionnelles du mouvement social. Dans le détail, sur les grandes lignes, quatre TGV Inoui et trains Ouigo sur cinq devraient circuler. De même, à l’international, «les circulations Eurostar et Thalys seront quasi-normales», précise le groupe ferroviaire. La SNCF s’attend à proposer trois TER sur cinq, ainsi qu’un Intercités sur cinq la journée, mais aucun la nuit.
En Île-de-France, Transilien s’attend à des difficultés sur plusieurs lignes. «La circulation des trains sera perturbée sur les RER A, C, D et E ainsi que sur les lignes Transilien H, L, N, P et R», précise l’entreprise sur son site. Dans le détail, selon la SNCF, trois trains sur quatre circuleront sur les lignes N et P, ainsi que sur le RER A, et deux sur trois sur les RER C, E et les lignes H, L et R. De même, trois RER D sur cinq circuleront.
Tandis que la RATP s’attend à peu de perturbations dans l’ensemble sur son réseau, le trafic devrait ainsi être «quasi normal» sur le RER, ainsi que sur le métro, «à l’exception de quelques lignes», note l’entreprise, sans préciser encore quels axes seront concernés. En outre, aucune perturbation n’est attendue sur les réseaux bus et tramways.
AEFE et administration consulaire
Chez les Français de l’étranger, la mobilisation contre la réforme des retraites s’essouffle. Déjà 3 journées auxquelles les fonctionnaires de l’administration consulaire ne participent plus au mouvement.
Dans les établissements scolaires français hors de France, l’intersyndicale espère un sursaut pour cette 12ème journée après le relatif échec de jeudi dernier. Les caisses de grève, la fin des vacances, et la proximité de l’avis du Conseil constitutionnel vont-elles redonner un nouveau souffle à la mobilisation ?
Réponse demain jeudi 13 avril en fin de journée sur Lesfrancais.press.
Selon le rapport de l’INSEE « Immigrés et descendants d’immigrés en France » de 2023, 10,3 % de la population vivant en France en 2021 est immigrée, contre 6,5 % en 1968. Les origines de la population immigrée se sont diversifiées en cinquante ans, les nouveaux immigrés arrivant en France étant nés dans des pays de plus en plus variés.
Les statistiques de l’immigration donnent lieu à de nombreuses polémiques sur fond d’amalgames avec, à la clef, des erreurs. Ainsi, de nombreux immigrés ne sont que de passage : il s’agit en premier lieu des étudiants étrangers qui peuvent rester quelques mois à quelques années en France. Il faut également tenir compte des flux croisés, des étrangers arrivent en France et d’autres en repartent. Enfin, pour effectuer des comparaisons internationales, il faut prendre en compte le poids démographique respectif des différents pays.
Une augmentation modérée du nombre d’immigrés en France
En matière d’immigration, la France est proche de la moyenne européenne. Selon l’INSEE, cette part est de 18,2 % en Allemagne, de 15,2 % en Espagne et de 10,6 % en Italie. Entre 1968 et 2021, le nombre d’immigrés en France a été multiplié par 2,2, tandis que la population française l’a été par 1,4. Entre 1968 et le milieu des années 1970, la part des immigrés dans la population française est passée de 6,5 % à 7,4 %. Cette part s’est ensuite stabilisée entre 1975 et la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau un peu plus rapidement que la population totale. Entre 1999 et 2021, le nombre d’immigrés a été multiplié par 1,6, tandis que la population totale a été multipliée par 1,1.
Sur la même période, les origines des immigrés se diversifient. La part de ceux originaires d’Europe du Sud, en particulier d’Espagne et d’Italie, baisse, tandis que la part de ceux venant du Maghreb, notamment du Maroc, augmente. En 1968, 72 % des immigrés vivant en France étaient originaires de ces deux grandes régions, contre 50 % en 2011 et 45 % en 2021.
Dans le même temps, l’immigration en provenance d’Asie (notamment de Turquie et d’Asie du Sud-Est jusqu’en 1990, et de Chine plus récemment) et d’Afrique hors Maghreb se développe. 32 % des immigrés sont originaires de ces régions en 2021, contre 4 % en 1968.
La poursuite des études, première cause d’immigration
En 2007, plus de la moitié (51 %) des premiers titres de séjour délivrés à des ressortissants de pays tiers, toutes durées confondues, l’étaient pour motif familial. Ils ne sont plus que 32 % en 2021. Les titres sont dorénavant accordés au titre du travail, de la demande d’asile et au titre de la poursuite d’études en France.
En 2021, l’immigration étudiante représente, pour la première fois, le premier motif de venue en France pour les ressortissants de pays tiers bénéficiant d’un titre de séjour (87 700 premiers titres de séjour délivrés pour ce motif, soit près du tiers), légèrement devant l’immigration familiale (85 800 premiers titres).
La France en retrait en matière d’accueil des réfugiés
Comme le souligne François Héran dans son ouvrage « Immigration, le grand déni », ces dernières années, la France a été en retrait en ce qui concerne l’accueil des réfugiés. Ainsi, de 2014 à 2020, le nombre de Syriens entrés en France pour déposer une première demande d’asile ou être admis au titre d’une relocalisation s’est élevé à 36 860, contre 645 520 pour l’Allemagne. Pour les Irakiens, le constat est le même. 400 100 ont déposé une demande auprès d’un des États membres de l’Union européenne entre 2014 et 2020. 193 300 l’ont fait en Allemagne, contre 14 100 en France. Sur la même période, 588 900 Afghans ont déposé une demande d’asile ou de relocalisation dont 213 300 en Allemagne et 49 300 en France.
Au total, la France a traité, de 2014 à 2020, 106 000 demandes de ressortissants en provenance de ces trois pays sur un total pour l’Union européenne de 2,33 millions. La France s’est plutôt alignée sur les pays opposés à l’arrivée de réfugiés (pays du groupe de Višegrad – Hongrie – Pologne – République tchèque – Slovaquie).
Les consignes de l’administration française ont freiné les arrivées des réfugiés en France. Leur faible nombre s’explique également par le caractère peu attractif de la France sur le plan économique. La faible croissance et le chômage qui était durant des années élevé ont dissuadé de nombreux étrangers à déposer leur demande d’installation en France.
Les immigrés en France, de plus en plus de femmes et de diplômés
52 % des immigrés vivant en France en 2021 sont des femmes, contre 44 % en 1968. La moitié des immigrés arrivant en France en 2019 ont moins de 26 ans. Ils sont de plus en plus diplômés. 43 % des nouveaux arrivants âgés de 15 ans ou plus sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 38 % des immigrés de 15 ans ou plus arrivés en France en 2006.
Une répartition inégale des immigrés sur le territoire
La répartition des immigrés sur le territoire français est très inégale, ceux-ci étant surreprésentés dans les agglomérations urbaines en raison de leur attractivité économique, notamment en Ile-de-France, et dans les agglomérations lyonnaise et marseillaise. Si à l’échelle nationale, 10 % de la population française est immigrée en 2020/2021, cette proportion atteint 20 % à Paris et 32 % en Seine-Saint-Denis.
Les immigrés sont également surreprésentés dans les départements frontaliers de pays étrangers, comme en Guyane (28 % de la population), dans les Alpes-Maritimes (15 %) ou encore dans le Haut-Rhin (13 %). 50 % de la population immigrée est concentrée dans 13 départements. La répartition territoriale des descendants d’immigrés est tout aussi concentrée : 12 départements regroupent la moitié de la population des descendants d’immigrés.
Un taux de chômage et un taux de pauvreté plus importants que la moyenne
En 2021, les hommes immigrés âgés de 15 à 64 ans ont un taux d’activité de 80 %, supérieur à celui de leurs homologues ni immigrés ni descendants d’immigrés (76 %). Le taux d’activité des femmes immigrées (62 %) est, en revanche, inférieur de 10 points à celui des femmes sans ascendance migratoire (72 %). 14 % des femmes immigrées et 12 % des hommes immigrés sont au chômage, contre 7 % des femmes et hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés.
Les immigrés occupent également plus souvent des emplois moins qualifiés, associés à des rémunérations moindres et des conditions de travail plus difficiles. 39 % des hommes immigrés en emploi sont ouvriers, contre 29 % des hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés.
Les immigrés sont deux fois plus fréquemment en situation de pauvreté monétaire que l’ensemble de la population. Les salaires moindres des immigrés contribuent à des niveaux de vie plus faibles : en 2019, avec 20 520 euros de revenu annuel par unité de consommation, le niveau de vie moyen des immigrés est inférieur de 22 % à celui des personnes ni immigrées ni descendantes d’immigrés (26 170 euros). Le taux de pauvreté monétaire des immigrés est de 32 %, soit plus de deux fois plus que pour l’ensemble de la population (15 %).
Dans l’ensemble, en 2019/2020, 44 % des immigrés âgés de 18 à 59 ans considèrent que leur position actuelle sur l’échelle sociale en France est meilleure que celle qu’ils avaient dans leur pays d’origine avant la migration, 27 % qu’elle est la même, et 29 % qu’elle est moins bonne.
Un état de santé dégradé chez les immigrés
L’état de santé général déclaré par les immigrés est en moyenne moins bon que celui des personnes qui ne sont ni immigrées ni descendantes d’immigrés. Parmi les immigrés, 11 % des femmes et 10 % des hommes déclarent être en mauvaise ou très mauvaise santé en 2019, contre 7 % de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés. La santé mentale déclarée par les femmes immigrées est plus dégradée que celle des femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés : 7 % des femmes immigrées déclarent souffrir d’un syndrome dépressif majeur (contre 4 % des femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés) et 11 % d’un syndrome dépressif mineur (contre 7 %).
Les immigrés arrivés en France pour motif humanitaire souffrent plus fréquemment de problèmes de santé mentale. 45 % des personnes ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018 pour ce motif présentent une santé mentale fragile un an après l’obtention de ce titre, contre 31 % de celles arrivées pour d’autres motifs.
Les descendants d’immigrés sont autant diplômés que le reste de la population
Plus d’un descendant d’immigrés sur deux a un parent non immigré. En 2021, 7,3 millions de personnes en France hors Mayotte sont des descendants d’immigrés de deuxième génération, c’est-à-dire des personnes nées en France d’au moins un parent immigré. Elles représentent 10,9 % de la population totale. La mixité des unions augmente au fil des générations : en 2019-2020, 27 % des immigrés vivent en couple avec une personne ni immigrée ni descendante d’immigrés, contre 66 % des descendants d’immigrés.
Le lien à l’immigration se distend encore à la troisième génération : parmi les 10,2 % de personnes de moins de 60 ans (soit 4,8 millions de personnes) descendantes d’immigrés de troisième génération – c’est-à-dire nées en France de deux parents non immigrés mais ayant au moins un de leurs grands-parents immigré, plus d’une sur deux n’a qu’un seul grand-parent immigré, et 90 % ont au plus deux grands-parents immigrés. Moins de 1 % des personnes de moins de 60 ans ont quatre grands-parents immigrés.
Les descendants d’immigrés atteignent des niveaux de diplômes comparables à ceux de la population sans ascendance migratoire. Nés en France et ayant pour la plupart effectué leur scolarité en France, les descendants d’immigrés de deuxième génération de 30 à 64 ans ont des niveaux d’éducation similaires à ceux de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés.
40 % des descendants d’un seul parent immigré et 36 % des descendants de deux immigrés sont diplômés du supérieur en 2021, contre 41 % des personnes ni immigrées ni descendantes d’immigrés. Le taux d’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur est plus élevé pour les descendantes d’immigrés (42 %) que pour leurs homologues masculins (33 %).
Une intégration professionnelle relative des descendants
Les emplois des descendants d’immigrés se rapprochent de ceux des personnes sans ascendance migratoire. Pour les descendants d’immigrés, comme pour les immigrés, les taux d’activité sont plus faibles (67 %) et les taux de chômage plus élevés (12 %) que pour l’ensemble de la population (respectivement 73 % et 8 %). Le taux d’activité des descendants d’un seul parent immigré (65 %) est inférieur de 4 points à celui des descendants de deux immigrés (69 %).
À structure de classe d’âge similaire, les écarts de situation entre descendants d’immigrés et population sans ascendance migratoire sont moindres que ceux entre immigrés et population sans ascendance migratoire.
Les descendants d’immigrés qui rencontrent le plus de problèmes sont ceux qui sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Les emplois occupés par les descendants d’immigrés diffèrent peu de ceux de la population sans ascendance migratoire directe. La rémunération moyenne des descendants d’immigrés reste légèrement plus faible mais cet écart disparaît à niveau de qualification équivalent. Leur niveau de vie moyen (23 150 euros par an) est inférieur de 12 % à celui de la population sans ascendance migratoire.
Le sentiment de discrimination demeure prégnant chez les descendants d’immigrés
Le sentiment de discrimination est moindre pour les descendants d’un seul parent immigré (20 %) que pour ceux de deux parents immigrés (29 %), mais reste supérieur à celui de la population sans ascendance migratoire ou ultramarine (14 %). Dans 69 % des cas, les descendants d’immigrés ayant vécu des discriminations citent l’origine, la nationalité ou la couleur de peau comme un des motifs.
L’intégration des immigrés dans la société française s’effectue toujours notamment grâce aux mariages mixtes et à l’école. Dans les années 1930, 1950 ou 1960, l’intégration des Polonais, des Italiens ou des Portugais ne s’étaient pas effectués sans heurts. Les difficultés du système éducatif expliquent en partie celles que rencontrent les jeunes immigrés ou leurs descendants. En la matière, l’Allemagne ou les Etats d’Europe du Nord ont mis en place des programmes spécifiques afin de faciliter l’apprentissage de la langue et la formation des réfugiés. Il convient de souligner que la France l’a fait pour les Ukrainiens mais à une échelle réduite.