Emmanuel Macron s’est rendu mardi 11 avril aux Pays-Bas pour une visite d’État de deux jours. Au programme : industrie, énergie et technologie pour la souveraineté européenne.
À peine rentré de Chine, Emmanuel Macron s’est rendu hier aux Pays-Bas pour rencontrer le couple royal, le Premier ministre Mark Rutte, des chercheurs et des entrepreneurs néerlandais.
Il s’agit de la première visite d’État d’un président français au Royaume des Pays-Bas depuis celle du président Jacques Chirac en 2000. En conséquence, Emmanuel Macron est accompagné d’un large panel de représentants du monde politique – les ministres de l’Energie, de l’Intérieure, des Affaires étrangères et européennes, de l’Armée, de la Recherche, de l’Industrie et du Transport – et économique – entre autres, la PDG d’Engie et le DG d’Air France/KLM.
Les haltes à Amsterdam et La Haye sont placées sous le signe de la « souveraineté européenne dans sa dimension économique et industrielle », a indiqué l’Élysée lors d’une conférence de presse précédent le voyage.
Le président français pousse en effet pour la constitution d’un plan d’investissement massif au niveau européen, dans la lignée du Net-Zero Industry act proposé par la Commission européenne mi-mars.
Déjà lors d’une conférence de presse conjointe le 30 janvier dernier à La Haye, M. Macron et M. Rutte avaient avancé que le séjour d’avril serait l’occasion de discuter des subventions en faveur de l’industrie verte de l’UE.
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (R) et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse au Binnenhof à La Haye, aux Pays-Bas, le 30 janvier 2023. [EPA-EFE/LEX VAN LIESHOUT]
Rapprochement économique et énergétique
La France et les Pays-Bas devraient en profiter pour rapprocher leurs positions dans les matières énergétique et scientifique.
Devrait ainsi être signé un pacte pour l’innovation et la croissance durable, a indiqué l’Élysée. Ce « sera l’occasion d’annoncer de nouvelles coopérations dans un certain nombre de domaines : semi-conducteurs, quantique, énergie et d’autres domaines », a souligné le Palais.
En matière d’énergie, M. Rutte et M. Macron devraient signer une « déclaration conjointe qui contiendra une partie spécifique sur le nucléaire ». Sur ce point, les deux pays sont « très alignés », a confié l’Élysée.
En amont de la visite, Julie Laernoes, députée écologiste (EELV – NUPES) qui fera partie du voyage, avait déclaré à EURACTIV France que « Emmanuel Macron [cherchait] des alliés très libéraux », comme les Pays-Bas, pour avancer ses pions dans le nucléaire.
Le Royaume est déjà « observateur » de l’ « alliance du nucléaire » menée par la France pour faire valoir les atours du nucléaire au niveau européen. Il souhaite également construire deux réacteurs nucléaires.
À ce sujet, l’Élysée précise que les Bataves n’auraient pas encore choisi leur opérateur. M. Macron pourrait donc profiter du séjour pour positionner le nucléariste français EDF.
Concernant la réforme du marché européen de l’électricité, « on ne partait pas exactement du même point de vue », notamment sur le contenu et le calendrier. Mais les positions se rapprochent, « comme elles se rapprochent d’ailleurs avec Berlin », a noté l’Élysée.
Sur l’innovation, le président de la République participera à une table ronde sur la quantique. L’UE compte investir plus de sept milliards d’euros dans ce dernier modèle.
M. Macron fera également un discours à l’Institut culturel Nexus. L’occasion, selon l’Élysée, d’exposer sa vision de la notion de « doctrine de sécurité économique » qui préoccupe grandement les dirigeants européen dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui s’est exprimée sur ce thème la semaine dernière en Chine, mais aussi aux États-unis début mars.
Bonjour à tous, nous sommes déjà le mercredi 12 avril, dans le flash quotidien des expatriés aujourd’hui on revient sur les élections législatives partielles, la visite d’Emmanuel Macron aux Pays-Bas, et enfin on conclut cette édition par les pronostics sur la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
Plus que quelques heures pour voter en ligne
Dans les 3 circonscriptions des Français de l’étranger concernées par l’annulation des scrutins de juin 2022, les électeurs des deuxième, huitième et neuvième circonscriptions des Français de l’étranger peuvent s’exprimer en ligne via les identifiants et mots de passe reçus sur les adresses email et numéros de téléphone transmis aux consulats. Vous ne les avez pas, pas de panique vous pouvez les demander au support disponible 24/24. Toutes les infos sur le site Lesfrancais.press. Dans tous les cas, dans la IIème, des bureaux de vote seront ouverts ce samedi et dans les deux autres, c’est dimanche que ceux-ci seront à votre disposition. Faites entendre votre voix, votez !
Emmanuel Macron à la conquête des Pays-Bas
Il s’agit de la première visite d’État d’un président français au Royaume des Pays-Bas depuis celle du président Jacques Chirac en 2000. En conséquence, Emmanuel Macron est accompagné d’un large panel de représentants du monde politique – les ministres de l’Energie, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et européennes, de l’Armée, de la Recherche, de l’Industrie et du Transport – et économique – entre autres, la PDG d’Engie et le DG d’Air France/KLM. Objectif : vendre nos technologies et renforcer nos liens pour un meilleur fonctionnement de l’Union européenne.
Emmanuel Macron arrivant aux Pays-Bas ce mardi 11 avril 2023
En attendant la décision du Conseil Constitutionnel
Qui devrait intervenir vendredi, les syndicats appellent une nouvelle fois à la mobilisation contre la réforme des retraites. Pour ce 12ème jour, des débrayages seront encore nombreux dans les transports et certaines administrations ce jeudi 13 avril. Cependant, malgré les caisses de grève, le poids financier de ces journées commencent à peser sur les concernés. C’est aussi le cas chez les Français de l’étranger, comme la semaine dernière, on s’attend à un net recul de la mobilisation.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin consacré aux Français hors de France. Prenez soin de vous où que vous soyez.
Après un premier tour marqué par l’abstention, Eléonore Caroit (Renaissance) et Christian Rodriguez se sont qualifiés et se présentent devant les Français d’Amérique latine et des Caraïbes afin de devenir leur représentant à l’Assemblée nationale.
Le vote en ligne pour ce deuxième tour se conclura ce mercredi 12 avril à midi (heure de Paris) soit dans la soirée du 11 avril des électeurs, décalage horaire oblige. Les bureaux de vote seront ouverts dans les lieux usuels (rendez-vous sur la page de votre consulat pour connaître les lieux et les horaires) ce samedi 15 avril. Dans tous les cas, vous avez dû recevoir une convocation par voie électronique sur l’adresse communiquée au consulat. Si vous avez changé d’adresse email, vous retrouvez toutes les informations pour récupérer vos identifiants et autres informations dans notre article.
Ecoutez le podcast avec Eléonore Caroit
Une élection annulée par le Conseil constitutionnel
Le 20 janvier dernier, le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation de l’élection de la députée des Français d’Amérique du Sud (II ème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance). Une décision motivée par les soucis rencontrés lors du déploiement du vote en ligne.
Souvenez-vous, nous étions le 27 mai à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents). La raison, des erreurs dans l’organisation mais aussi des incompatibilités avec les opérateurs de certains pays comme, dans ce cas, en Argentine.
Des problèmes qui ont, à un moment, remis en cause la poursuite du vote en ligne alors que ce dernier est un outil majeur pour les électeurs dispersés dans des circonscriptions de la taille d’un pays. Et ils sont souvent très vastes en Amérique du Sud.
Finalement, Docapost, le prestataire, a réussi à trouver une disposition qui devrait assurer la bonne tenue du vote cette fois malgré quelques anicroches rencontrées lors du premier tour, en particulier sur les Bahamas. Pour tous, électeurs, contrôleurs ou candidats, le vote en ligne a été mieux maîtrisé qu’en juin 2022, une bonne nouvelle pour la démocratie.
Une participation faible
La participation au premier tour, malgré une nette augmentation de la qualité du service d’identification au vote en ligne, a été particulièrement faible, même pour une partielle, à moins de 10%. Vous trouverez dans cet article toutes les informations nécessaires pour prendre part au scrutin sur internet. Participez à la vie démocratique et citoyenne de votre pays, la France, en saisissant l’opportunité qu’il vous est donnée de faire entendre votre voix.
Télécharger la présentation du portail de vote en ligne
Née à Paris en juillet 1985 d’un père français et d’une mère dominicaine, Éléonore Caroit part à l’âge de trois ans vivre à Saint-Domingue en République Dominicaine où elle y fera toute sa scolarité. À 17 ans, elle rentre à Paris et intègre Sciences Po. Elle se dirige ensuite vers des études de droit international et sera diplômée de l’école de droit de Sciences-Po / Paris I.
Elle passera d’ailleurs son premier barreau à New York et devient avocate spécialisée en contentieux international. Après quelques années passées à Paris, la Française décide de partir pour Genève en 2015, accompagnée de son mari franco-suisse et de leur jeune enfant. Sur place, elle est d’abord recrutée par un cabinet d’avocat spécialisé en arbitrage avant de rejoindre une structure en tant qu’associée.
En 2021, elle est d’ailleurs élue au Conseil consulaire de Genève, où elle se fait repérer par les instances dirigeantes du camp présidentiel qui lui proposent de représenter « Renaissance » dans la circonscription où elle a passé toute son enfance, l’Amérique latine et les Caraïbes.
7 mois de mandat
Eléonore Caroit a été élue lors des élections législatives de juin 2022. Logiquement, elle a donc tiré un premier bilan de ses 7 mois de mandat que vous pouvez consulter dans une brochure mise à disposition par la candidate, ci-dessous.
Avec la candidate du parti Renaissance, Eléonore Caroit, nous avons articulé notre entretien autour de 3 thèmes :
La fiscalité et les aides sociales
L’accès aux services consulaires
Les enjeux politiques
Découvrez les positions de la candidate en écoutant le podcast en haut de cet article.
Un rendez-vous à Sao Paulo au Brésil et en ligne le 12 avril
Vous pouvez rencontrer la candidate à Sao Paulo au Brésil ce mercredi 12 avril à 19h (heure locale). Olivier Becht, le ministre délégué aux Français de l’étranger, sera présent en vidéoconférence à 20h. Eléonore Caroit invite tous les Français de la circonscription à les rejoindre via le système de visioconférence ZOOM dès 20h (heure locale).
Au cours de cet échange, les entreprises françaises à l’étranger seront au coeur du débat que lance la candidate. Pour y participer, il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.
Depuis l’année dernière, on assiste à un retour de l’inflation. Longtemps considérée comme un vestige de l’Histoire, l’inflation a fait son grand retour au premier plan économique après avoir joué les seconds rôles pendant plus de 30 ans. Avec Kevin Eparvier, le directeur général délégué pour l’international de Laplace, une marque du groupe Crystal, la référence de l’investissement pour les expatriés, on fait le point sur les opportunités à saisir et les réflexes à avoir.
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25 ans après la signature de l’accord du Vendredi saint, qu’en reste-t-il ? Est-ce que le Brexit a laissé des traces en Irlande du nord ? Réponses avec Christophe Gillissen, professeur d’études irlandaises à l’université de Caen.
Regardez le reportage de TV5MONDE
Après 3 décennies de violences
L’Irlande du Nord marque lundi dans la sobriété le 25e anniversaire de l’accord de paix du Vendredi saint, qui a mis fin à trois décennies de violences, et s’apprête à recevoir le président américain Joe Biden qui fait le déplacement pour l’occasion.
Le 10 avril 1998, le jour du Vendredi saint précédant Pâques chez les chrétiens, les républicains favorables à une réunification avec l’Irlande et les unionistes attachés au maintien au sein du Royaume-Uni décrochaient un accord de paix inespéré après d’intenses négociations impliquant Londres, Dublin et Washington.
L’accord mit fin à trois décennies de violences qui ont fait 3500 morts, entre unionistes, surtout protestants, et républicains en majorité catholiques, avec l’implication de l’armée britannique. Un quart de siècle plus tard, l’heure n’est pas à la fête, entre blocage politique et inquiétudes sécuritaires.
Aucun événement majeur n’est prévu lundi mais de nombreuses personnalités politiques sont attendues dans la semaine, au premier rang desquelles le président américain Joe Biden, qui a des origines irlandaises et qui arrive mardi soir à Belfast, où il sera accueilli sur le tarmac par le Premier ministre britannique Rishi Sunak.
« Nous nous souvenons aujourd’hui du début d’un nouveau chapitre pour l’histoire du peuple nord-irlandais »
Communiqué du Prémier Ministre Rishi Sunak, qui n’avait que 17 ans au moment de la signature de l’accord.
C’est une petite révolution. Pour la première fois, les catholiques sont sortis majoritaires du dernier recensement en Irlande du Nord , meurtrie par des décennies de violences intercommunautaires. Cette province britannique a vu le jour il y a 101 ans avec un découpage géographique y assurant une majorité protestante et ainsi le pouvoir aux unionistes, partisans du rattachement avec le Royaume-Uni. Dans le reste de l’île, aujourd’hui la République d’Irlande, les catholiques sont majoritaires.
Selon les résultats publiés en septembre 2022 par l’Agence de statistiques et de recherches d’Irlande du Nord (Nisra), 42,3 % de la population nord-irlandaise s’identifie comme catholique, contre 37,3 % comme protestante ou d’autres religions chrétiennes. Plus largement, 45,7 % des Nord-Irlandais se disent catholiques ou élevés dans la religion catholique, quand 43,5 % se disent protestants ou élevés dans cette religion. Le nombre de personnes ne revendiquant aucune appartenance religieuse personnelle ou dans leur éducation a quant à lui bondi à 9,3 %.
Paris et Berlin se sont associés au recours introduit par la Commission européenne contre une loi hongroise jugée discriminatoire à l’égard des personnes LGBT+, a annoncé jeudi soir (6 avril) l’Elysée.
« La France, en coordination avec l’Allemagne, a décidé de soutenir la Commission européenne dans son recours contre la loi anti-LGBT en vigueur en Hongrie depuis juin 2021 »
Communiqué de l’Elysée
La Hongrie a adopté en juin 2021 une loi interdisant « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs. [Raketir/Shutterstock]
8 Etats, le parlement et la Commission européenne
Au moins huit autres Etats membres, ainsi que le Parlement européen, se sont déjà joints à la procédure : la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, l’Irlande, Malte, le Danemark et le Portugal. En tout, ce sont une quinzaine d’Etats qui devraient se mobiliser contre cette loi.
La Hongrie a adopté en juin 2021 une loi interdisant « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs, qui avait suscité des réactions indignées, notamment de la part de dirigeants européens.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait parlé de « honte », et l’exécutif européen a saisi la Cour de justice de l’UE en décembre 2022.
La Commission estime que cette loi hongroise viole les directives sur le commerce électronique, sur les services dans le marché intérieur, sur les services de médias audiovisuels, la charte des droits fondamentaux de l’UE, mais aussi l’article 2 du Traité sur l’Union européenne portant notamment sur le respect des droits humains et la non-discrimination.
Le trafic frauduleux de microprocesseurs entre les États-Unis et la Chine se développe depuis que les premiers imposent à la seconde des embargos. Des femmes et des hommes sont même utilisés comme mules afin de passer les frontières. Les passages en fraude de marchandises n’empêchent pas les entreprises chinoises de manquer de puces de haute technologie. Yangtze Memory Technologies Corp (YMTC), un fabricant public de cartes mémoire, qui est une des entreprises chinoises les plus performantes, est entravée dans son développement depuis l’instauration des sanctions. YMTC serait en voie de différer la construction d’une nouvelle usine de production. La guerre technologique serait-elle déclarée ?
Entraver le développement en Chine des technologies fondamentales
Les difficultés des entreprises de pointe chinoises se répercutent sur l’ensemble des chaînes de production, entraînant des licenciements. Elles pèsent sur la croissance du pays et montrent la dépendance encore réelle vis-à-vis des Occidentaux. Les prévisions concernant la mainmise technologique chinoise sont revues à la baisse. Selon le cabinet « International Business Strategies », d’ici 2030, les entreprises devraient contrôler 33 % de la production de microprocesseurs, contre 50 % lors des précédentes prévisions. L’objectif des Américains est d’empêcher la Chine d’accéder non seulement à des armes avancées et à des technologies civiles de pointe, mais aussi d’affaiblir les capacités exportatrices du pays. Dans un discours prononcé en septembre 2022, Jake Sullivan, le conseiller américain à la sécurité nationale, a expliqué que le gouvernement souhaitait entraver le développement en Chine des technologies fondamentales comme l’intelligence artificielle, la biotechnologie et l’énergie propre.
Pour appliquer cette doctrine, l’administration américaine a adopté des mesures visant à restreindre la vente non seulement de biens fabriqués aux États-Unis, mais également de tout article fabriqué dans des pays tiers qui incorporerait des brevets ou des biens intermédiaires américains (règle de l’extraterritorialité). Les entreprises américaines et non-américaines qui enfreignent ces règles risquent des poursuites. Les autorités américaines interdisent également aux ingénieurs américains, et encore plus aux ressortissants chinois titulaires d’une carte verte américaine, de travailler dans les sociétés de microprocesseurs chinoises.
Déclaration de guerre technologique
Ces sanctions sont, par leur ampleur, selon Joerg Wuttke de la Chambre de commerce de l’Union européenne à Pékin, une véritable « déclaration de guerre technologique ». La guerre a réellement commencé durant le mandat de Donald Trump avec les mesures prises notamment, en 2019, contre Huawei. Depuis quatre ans, les autorités américaines essaient de contraindre l’entreprise chinoise ByteDance de vendre son application TikTok, voire de l’interdire.
Les États-Unis pourraient encore durcir les règles concernant les exportations de microprocesseurs, les Chinois contournant celles actuellement en vigueur en multipliant le nombre de puces. Les Américains pourraient se concentrer uniquement sur la puissance de calcul des puces afin de pénaliser les systèmes d’intelligence artificielle et l’industrie des jeux vidéo, un marché en croissance rapide d’une valeur de 40 milliards de dollars l’année dernière. Les autorités américaines doivent néanmoins tenir compte des conséquences sur les fabricants américains de puces.
Dépendances en biopharmacie et agroalimentaire
Autre secteur qui pourrait être pénalisé par les restrictions commerciales, la biopharmacie chinoise, une industrie dont les ventes devraient atteindre plus de 100 milliards de dollars d’ici 2025. Celle-ci est fortement dépendante des brevets américains. Les entreprises américaines fournissent également de nombreux matériaux biologiques, des informations techniques et des équipements de laboratoire aux installations chinoises chargées de produire de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies. Les autorités américaines ont dans le collimateur un logiciel développé par les États-Unis que les entreprises chinoises utilisent pour fabriquer des médicaments. Ces derniers sont ensuite exportés en Europe et aux États-Unis. De nombreuses entreprises occidentales exportent également des données vers la Chine afin de développer de nouveaux traitements médicaux. À l’avenir, de tels transferts de données pourraient également être restreints du fait de l’incapacité des entreprises chinoises d’utiliser des logiciels d’origine américaine.
L’administration fédérale pourrait allonger la liste des entreprises américaines ne pouvant plus commercer avec des sociétés chinoises comme Huawei. En mars, le ministère américain de l’Agriculture a annoncé qu’il constituait un groupe de de travail pour étudier les règles commerciales en vigueur en matière de semences afin de promouvoir une concurrence loyale. La valeur des obligations émises par Sinochem, un groupe agro-industriel chinois, a chuté à cette annonce, en raison des craintes que le nouvel organisme puisse recommander des restrictions sur ses semences. L’industrie agroalimentaire chinoise dépend des brevets occidentaux dans de nombreux domaines. Une réduction des échanges serait également préjudiciable au secteur agro-alimentaire des États-Unis et de l’Europe.
La fragmentation économique et financière est en marche
Dans certains secteurs comme l’informatique quantique, les Chinois sont en pointe et sont peu dépendants des Américains. En revanche, les échanges sont nombreux. Un arrêt des coopérations serait nuisible pour les deux zones économiques. Les spécialistes américains de l’informatique quantique écrivent plus d’articles avec des Chinois qu’avec des Européens. Les États-Unis seront prudents en ce qui concerne les flux de capitaux. Une interdiction d’une utilisation du dollar pour certaines exportations en direction de la Chine pourrait se répercuter sur l’économie américaine, ce pays n’étant ni l’Iran ou la Russie. Elle inciterait les autorités chinoises à se « dé-dollariser » encore plus vite et, par voie de conséquence, à se rapprocher un peu plus des ennemis des États-Unis.
The dematerialization of money, dollars are dematerialized on a black background.
La fragmentation économique et financière est en marche. Depuis 2019, les flux de capitaux à destination de la Chine en provenance des États-Unis sont en baisse. L’épidémie de covid a provoqué un repli de l’Empire du Milieu avec une accentuation de la tendance nationaliste du gouvernement. L’argent américain est moins important pour l’industrie chinoise du capital-risque en 2023 que dans les années 2000.
L’application des restrictions commerciales n’est pas sans limite. Les compagnies aériennes chinoises dépendent des avions et des pièces importées, dont beaucoup sont américaines. Or, ces pièces comportent, pour certaines d’entre elles des microprocesseurs. L’Amérique pourrait donc paralyser l’aviation en Chine mais accélérer le développement des producteurs de ce pays. Airbus, le constructeur européen pourrait être pris entre deux feux. Ses avions incorporent des puces américaines, ce qui peut les soumettre aux règles d’extraterritorialité américaines. Le fabricant européen pourrait être ainsi poursuivi voire être interdit d’accès aux États-Unis.
Remplacer rapidement les matériels américains interdits
Les Chinois travaillent en outre à remplacer rapidement les matériels américains interdits. Huawei a réussi à assurer l’approvisionnement national de 13 000 composants électroniques malgré les sanctions. Cette société a repensé plus de 4 000 circuits imprimés et a lancé des logiciels pour concurrencer Microsoft, Google, Oracle ou Apple.
Xi Jinping s’est fixé comme objectif « l’autonomie en science et en technologie ». Des sommes conséquentes ont été versées aux entreprises publiques afin de créer des systèmes non dépendants de la technologie occidentale. Les sanctions américaines pourraient finir par stimuler ce qu’elles sont censées empêcher. Les blocus dans l’histoire ne sont pas toujours fructueux pour ceux qui les mettent en place comme l’a prouvé celui de Napoléon à l’encontre du Royaume-Uni.
Les réticences des autres pays aux sanctions
Les sanctions américaines sont, en outre, de plus en plus mal acceptées par les autres pays. Les entreprises occidentales non américaines sont obligées de considérer leurs opérations en Chine comme des entités autonomes et isolées ne pouvant pas avoir de liens avec leurs départements de recherche qui peuvent être amenés à travailler avec les États-Unis. L’Allemagne dont la Chine est un de ses principaux clients est la plus hostile à la politique américaine. La France même si elle est moins concernée lui a emboîté le pas avec les déclarations d’Emmanuel Macron à Pékin lors de sa visite officielle le 5 avril. Les Pays-Bas, la Corée du Sud et le Japon sont également plus que réservés sur ce sujet car ces pays fabriquent des puces et des biens et équipements électroniques qui sont vendus en Chine. La Corée du Sud exporte environ la moitié de ses puces mémoire vers la Chine. Ce pays a obtenu un délai d’un an pour se conformer à la réglementation américaine. Samsung et Sk Hynix, deux grands fabricants de puces sud-coréens, ont investi des milliards de dollars dans des installations de fabrication. Ils sont menacés de pénalités de la part des États-Unis s’ils n’y renoncent pas. ASML, un fabricant néerlandais d’équipements de fabrication de puces, a accepté de s’y plier mais de mauvaise grâce tout comme les grandes entreprises japonaises.
Marginaliser la Chine et… les Etats-Unis ?
Le vaste programme de sanctions américain se heurte à de nombreux obstacles de ce type, note Mme Howell. Les dirigeants chinois se sont jusqu’à présent abstenus de mesures de représailles de la même ampleur, constatant que certaines entreprises américaines comme Apple continuent d’investir dans leur pays. À l’occasion d’une visite en Chine, Tim Cook, le PDG d’Apple, a cherché à apaiser les craintes d’un découplage économique avec les États-Unis. Il a déclaré le 25 mars à Pékin que la relation symbiotique entre les deux pays au cours des 30 dernières années les avait aidés à grandir.
Le ministère chinois du Commerce envisage néanmoins d’interdire les exportations de certaines tranches de silicium avancées utilisées dans les panneaux solaires, ce qui pénaliserait de nombreuses entreprises américaines. Des mesures sont également envisagées à l’encontre des exportations de produits issus de la biotechnologie, car de nombreuses entreprises américaines ont une « dépendance inconfortable » vis-à-vis de la Chine pour les intrants pharmaceutiques et les dispositifs médicaux. Certains des ingrédients utilisés dans les anticorps contre l’anthrax, par exemple, ne sont produits qu’en Chine.
La politique américaine risque de peser sur la croissance de ses propres entreprises, et de freiner l’innovation et sa diffusion. Les coûts de production pour les entreprises des secteurs concernés devraient augmenter et alimenter l’inflation. La campagne de sanctions risque également de marginaliser les États-Unis au sein du monde des pays émergents et en développement en donnant le beau rôle à la Chine.
Bonjour à tous, j’espère que vous avez passé un bon week-end pascal, si ce lundi était aussi férié pour vous. On commence donc la semaine ce mardi 11 avril en revenant dans le flash quotidien des expatriés sur le vote en ligne pour les élections législatives partielles dans 3 circonscriptions, on fait un point notaire avant de faire le bilan sur l’effondrement d’immeubles à Marseille.
Le vote en ligne se clôture ce mercredi
Si vous habitez en Amérique du Sud, en Afrique de l’Ouest et au Maghreb ou dans l’Est du bassin méditerranéen, vous êtes appelés à voter pour choisir votre député suite à l’annulation de ces 3 scrutins par le Conseil constitutionnel fin février/début mars. Si les bureaux de vote seront ouverts samedi outre-Atlantique ce samedi et dimanche dans les autres pays concernés, il est possible de voter en ligne d’ici mercredi 12h (heure de Paris). Tous les détails et le mode d’emploi sur le site Lesfrancais.press.
Et si vous aviez besoin d’un notaire ?
Dans un article à découvrir sur le site de votre radio ou sur Lesfrancais.press on fait le point sur les moments forts d’une vie d’expatrié(e) qui nécessitent l’intervention d’un notaire : achat de bien évidemment, mais aussi mariage et succession. Découvrez le cabinet AMC Notaires dans nos publications.
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Immeubles effondrés à Marseille
Un immeuble de quatre étages s’est effondré dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille, faisant au moins cinq blessés et huit disparus. Les corps de six d’entre eux ont été retrouvés par les pompiers. Cette catastrophe aurait été provoquée par une explosion dont l’origine est inconnue et a entraîné la chute de 2 immeubles connexes et l’évacuation de tout le quartier. Ce lundi soir, les pompiers avaient maîtrisé l’incendie et continuaient à rechercher des victimes.
Marseille le 09 avril 2023
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des Français de l’étranger.