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  • Emmanuel Macron propose Thierry Breton après le rejet de Sylvie Goulard

    Emmanuel Macron propose Thierry Breton après le rejet de Sylvie Goulard

    Emmanuel Macron a transmis ce jeudi à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, sa proposition de nommer l’ancien ministre de l’Économie Thierry Breton comme membre de la Commission européenne.

    Deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Économie, comme nouveau membre français à la Commission européenne, a annoncé l’Élysée ce jeudi 24 octobre 2019.

    « Le président de la République a transmis à Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, sa proposition de nommer Thierry Breton comme membre de la Commission européenne », a indiqué l’Élysée.

    La France a promis de présenter un ou une candidat(e) à la Commission européenne rapidement. L’hypothèse Thierry Breton serait envisagée.

    Le prochain commissaire français ne sera sans doute pas une femme, si l’on en croit les dernières rumeurs parisiennes. En plus …

    Un camouflet

    Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le Commissaire français — politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace — restera inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, a précisé la présidence.

    « Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille », s’était écrié le chef de l’État, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

    La future présidente de la Commission a déjà approuvé son nouveau choix. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen « se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient », commente l’Élysée.

    Un ami de Jacques Chirac

    Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l’industrie, cet ami de Jacques Chirac coche en effet de nombreuses cases.

    « Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’Économie (sous Jacques Chirac) entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense (Thomson, France Télécom, Atos) et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action », fait valoir la présidence.

    C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endettée, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation.

    Il est aussi Macron-compatible, « aligné » avec les positions du chef de l’État. Il s’était rallié à sa candidature dès avant le 1er tour, après le retrait d’Alain Juppé.

    « C’est aussi un européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands », ajoute l’Élysée, en particulier à la tête d’Atos qui a un siège en France et un à Munich. Thierry Breton est un ardent défenseur du développement en l’Europe de supercalculateurs capables de rivaliser avec la Chine et les États-Unis.

    En prime, il connaît Ursula von der Leyen, avec qui il a travaillé lorsqu’elle était ministre allemande de la Défense, sur la création d’un fonds européen de la défense et de la sécurité, pour doper les investissements européens dans ces domaines.

    C’est enfin un ancien élu de terrain, qui a été conseiller régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992.

  • Tokyo: 50 quartiers à la loupe

    C’est un guide original qui nous est proposé par la maison d’édition les arènes. Le sujet: Tokyo. La méthode: 50 quartiers à la loupe. L’auteur, Jérôme Schmidt, que nous avons rencontré, a une vie déjà bien remplie malgré son  âge: musicien (avec Richard Pinhas, Maurice Dantec & Norman Spinrad) pendant 15 ans, mais aussi éditeur (éditions inculte, qu’il a créé en 2004) et auteur de documentaires culturels (Arte, France 5, etc.).
    Le Japon, une découverte lors de tournées musicales en 2005. Et de nombreux aller-retour depuis. « C’est le pays qui m’apaise le plus, et m’étonne à chaque fois de par sa densité et l’étendue de ses endroits inimaginables » nous a-t-il indiqué.

    La description de 50 quartiers

    Mais alors où aller? M. Schmidt nous propose non moins de 50 quartiers:

    Tokyo, ville monde, regorge de quartiers totalement différents

    Kichijoj, banlieue agréable et paisible et  Jyugaoka, quartier cossu à l’allure européenne. Les adeptes du Tokyo rétro privilégieront Tateishi: c’est un peu sale selon les critères japonais, personne ne parle anglais et il n’y a pas de monuments particuliers mais cela regorge de bars peuplés de personnes chaleureuses qui aident bien volontiers les visiteurs perdus! Jérôme Schmidt ne recommende en revanche pas Harajuku en raison de son « hystérie collective ». Le quartier abrite cependant le magnifique temple Shintoïste Meiji-jingū.

    Le Japon, c’est aussi une gastronomie unique au monde. Il est possible de se restaurer dans des établissements parfois étoilés et ce à peu de frais! 3 exemples: Tsuta, Kyourakutei Soba, et Nakajima!

    Des habitudes à prendre pour ne pas choquer

    Donner un pourboire est considéré comme une insulte au Japon

    La culture Japonaise est fascinante. Elle est aussi très différente de la notre. Donner un pourboire par exemple est totalement hors propos d’un point de vue culturel, et insister est très gênant. Egalement : entrer dans un restaurant ou un bar et s’asseoir sans demander l’autorisation est malvenu. Nous sommes invités du maître des lieux, et c’est un honneur qu’il nous accepte – attendez-vous donc parfois à être refusé dans un endroit même vide, car le maitre des lieux aura peur de ne pas pouvoir bien vous comprendre, notamment à cause de la langue.

    Une communauté française restreinte

    La communauté française au Japon est relativement faible, environ 11 000 personnes. Beaucoup de jeunes expatriés, souvent franco-japonais, animent la communauté de leur esprit d’entreprise, dans le commerce, la distribution, les écoles de langue … Ce dynamisme est constaté aussi dans la démographie avec un lycée français international de Tokyo  qui compte jusque 5 classes par niveaux.

    Nul doute qu’eux aussi, bien que locaux, trouveront un intérêt dans ce guide « idéal » de la capitale niponne…

    Tokyo, le guide idéal

    Jérôme Schmidt

    Edition les arènes

    19.90 €

  • Financement des écoles françaises à l’étranger, une issue en vue?

    Notre pays est surprenant : au moment  où son Président exprime une grande ambition pour notre réseau d’écoles à l’étranger dont il veut doubler le nombre  d’élèves d’ici à 2030, son administration des Finances interrompt le processus qui permet à nos écoles qui veulent se créer,  s’agrandir, se moderniser, d’obtenir la garantie de l’Etat pour le financement de ces opérations !

     166 projets depuis 1975

    Le Sénateur Jacques Habert

    Ce dispositif, géré par l’ANEFE (Association Nationale des Ecoles  françaises de l’Etranger) a permis, depuis sa création en 1975 par le Sénateur des Français de l’étranger Jacques Habert, de  faire  bénéficier de la garantie de l’Etat 166 projets,  au bénéfice de 112 écoles, dans 95 pays. L’ANEFE joue le rôle d’intermédiaire pour l’obtention de prêts par les écoles du réseau à l’étranger.

    Abrité par le Sénat, il n’a, depuis, pas coûté le moindre denier à l’Etat, ni en garantie, ni en fonctionnement.

     Processus bloqué par le Ministère des Finances

    Aujourd’hui sa structure (héritée de son histoire) ne convient plus aux responsables concernés  du Ministère des Finances qui a bloqué le processus depuis plus d’un an. Il s’agit en effet d’une association 1901 alors qu’elle joue le rôle dans les faits d’un établissement financier.

    Ce blocage pose problème en raison des besoins des établissements qui veulent se développer ou se créer comme cela est souhaité au plus haut niveau de l’Etat.

    Un autre problème est que si la structure actuelle est remplacée, modifiée, adaptée, par quoi? Cela n’est pas indiqué pour le moment et dans tous les cas il est fort à parier que la nouvelle structure n’aura pas forcément les mêmes caractéristiques: proximité avec le terrain, expérience, connaissance des enjeux.

     Le Ministère des Affaires Etrangères attentif

    Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de mettre en œuvre l’ambitieux plan de développement qui vient d’être présenté regrette, lui aussi, cette interruption.

    Il faut seulement souhaiter que son influence lui permette d’obtenir une solution raisonnable.

  • L’intelligence artificielle au service de la régulation sociale et politique – Le crédit social en Chine

    En Chine, de plus en plus de villes mettent en place le permis social à points par lesquels les citoyens sont notés et surveillés. L’élaboration d’un système de crédit social a commencé au début du XXIe siècle. Les autorités ont craint que la montée en puissance du capitalisme ne débouche sur celle de l’individualisme et remette en cause l’ordre restauré en 1949 avec l’arrivée au pouvoir de Mao.

    Le système de crédit social chinois visait aussi à lutter contre certaines pratiques pouvant nuire à la bonne réalisation des échanges économiques et financiers. L’objectif était de créer une société chinoise « plus civilisée » et « plus harmonieuse ». Le déploiement de ce système intervient au moment où le Président Xi Jinping entend restaurer des pratiques confucéennes « vertueuses » au sein de la société chinoise. La Chine repose sur une culture multiséculaire dont l’ordre et la primauté du collectif sur l’individuel constituent la clef de voûte. Les déviances par rapport à l’ordre établi sont perçues comme des menaces pouvant porter atteintes à la stabilité et au progrès de l’ensemble qui est apprécié sur une longue période.

    Le permis social à points, un capital de 1000 points

    En Occident, l’individualisme et le court terme sont sacralisés. Le rapport à la liberté est donc totalement différent. Elle est un des éléments du pacte occidental quand elle est accessoire aux yeux des autorités chinoises.

    Le permis social à points n’est que la déclinaison des permis de travail ou de déplacement. Le système de crédit social devrait être institué en 2020 au niveau national. Il concernera non seulement les citoyens mais aussi les entreprises et les organismes publics. Ce système permettra de sérier les personnes morales et physiques en mettant l’accent sur des critères d’honnêteté. Les individus et les entreprises mal classés seront pénalisés pour l’accès aux prestations, aux subventions et aux services publics. Le projet en cours d’élaboration rencontre quelques retards du fait des problèmes de logistique qu’il pose. Le recours à l’intelligence artificielle pour traiter le grand nombre de données est envisagé.

    Le Gouvernement pourrait confier la gestion de ce système aux autorités locales dont certaines ont déjà mis en œuvre des outils de contrôle des comportements. 43 municipalités ont institué des projets pilotes. Le système de contrôle de Rongcheng, dans le Shandong, classe les individus en six catégories en fonction du nombre de points possédés par chacun :

    • AAA (plus de 1 050 points) : citoyen exemplaire ;
    • AA (entre 1030 et 1 049 points) : citoyen excellent ;
    • A (entre 960 et 1 029 points) : citoyen honnête ;
    • B (entre 850 et 959) : relativement honnête ;
    • C (entre 600 et 849) : niveau d’avertissement ;
    • D (549 et moins) : malhonnêteté.

     

    Au départ, tous les citoyens se voient attribuer un capital de 1 000 points, capital qu’ils peuvent améliorer en réalisant de bonnes actions ou qu’ils peuvent perdre en ayant de mauvais comportements.

    À Shanghai, les habitants de la ville peuvent entrer leur numéro personnel d’identification administrative sur une application dénommée Honest Shanghaï pour obtenir une évaluation de leur crédit social fondée sur leur statut professionnel, le paiement de leurs assurances et de leurs impôts, leur casier judiciaire, etc. La ville de Pékin étudie également la possibilité d’instaurer un système de notation des citoyens avec la création de « listes noires ».

    Carottes et bâtons

    L’accès aux services publics, la possibilité de création d’entreprise de déplacement ou de voyage ainsi que la recherche d’emploi seraient conditionnés à la possession d’un certain volume de points. Les personnes de confiance bénéficieront d’un traitement accéléré de leurs requêtes, de facilités de crédits ou d’accès privilégiés aux voyages et évènements. Le système de listes noires déjà en vigueur sera amplifié avec la mise à jour en permanence des niveaux de crédits des entreprises et des particuliers non fiables.

    Des mécanismes de sanctions pour les personnes « non fiables » sont prévus. La perte de points pourra intervenir non seulement en cas de délits ou de crimes mais aussi en cas de défaut de paiement dans le cadre d’un crédit ou d’amendes pour non respect du code de la route. Le fait de ne pas rendre visite régulièrement à des parents âgés, de manger dans le métro, de tricher dans le cadre de jeux en ligne et d’appartenir à un « culte hérétique » (toute religion non reconnue par le pouvoir communiste et athée) engendrera une perte de points. Il en sera de même si les citoyens contribuent à véhiculer des « rumeurs » sur Internet.

    À l’inverse, ils pourront gagner des points quand leur comportement aura « influence positive » sur leur entourage et la société. Donner son sang et s’occuper des personnes âgées permettront d’obtenir une majoration du crédit social.

    Vidéosurveillance avec reconnaissance faciale

    Pour bâtir leur projet, les autorités chinoises prévoient de recourir à la vidéosurveillance avec reconnaissance faciale, aux décisions de justice, aux réseaux sociaux, et aux informations recueillies auprès des entreprises de transport, des entreprises de crédit, des banques, des systèmes de paiements dématérialisés omniprésents en Chine.

    Plus de treize millions de Chinois sur liste noire

    En Chine, à fin mars 2019, 13,49 millions de personnes étaient jugés « indignes de confiance » et placées sur des listes noires. 20,47 millions de demandes de billets d’avion et 5,71 millions de demandes de billets de train à grande vitesse ont été rejetées pour « malhonnêteté ». Les autorités chinoises ont prévu des dispositifs de réhabilitation des personnes placées sur listes noires afin d’éviter une stigmatisation excessive. Ce système de contrôle devrait concerner les personnes morales et physiques étrangères installées ou réalisant des affaires en Chine.

    Les autorités chinoises indiquent que les États-Unis pratiquent de même en imposant les décisions qu’ils prennent en matière d’embargo aux entreprises étrangères. Le non-respect des règles américaines se traduit par de possibles amendes et interdiction de commercer, ce qui, aux yeux des Chinois, n’est guère différent de leur système de crédits.

    L’Occident en déclin, la chine à la pointe de la civilisation

    Le Gouvernement chinois estime que les pays occidentaux sont en proie à un déclin tant moral qu’économique. La crise des subprimes a révélé que le système capitaliste traditionnel n’était pas infaillible, que l’individualisme et l’hédonisme pouvaient entraîner un collapse civilisationnel.

    La surveillance collective en Chine est une vieille pratique. Durant le régime impérial, ce rôle est dévolu aux Baojia qui rassemble les familles au niveau local dans un système communautaire. Les Baojia apparus 350 ans avant Jésus Christ prennent leur essor à partir de l’an 1000. Ils ont comme mission de veiller à la bonne application des lois. Lorsqu’une faute était commise, elle se devait d’être rapportée aux autorités et l’ensemble du groupe était menacé de sanction. Les Baojia jouaient un rôle de caution solidaire.

    Surveillance du parti

    Si les Baojia disparaissent a priori en 1949, le Parti communiste chinois a dès la fin de l’année 1954, créé des « comités de quartier » qui y ressemblent. Ils ont comme missions d’informer, de surveiller et de dénoncer les actes répréhensibles. L’urbanisation du pays ainsi que la montée en puissance des classes moyennes réduisent l’efficacité des conseils de quartier. Le permis social vise donc à compenser la perte d’influence des structures de surveillance contrôlées par le Parti.

  • Thierry Breton fait campagne pour être le commissaire français

    La France a promis de présenter un ou une candidat(e) à la Commission européenne rapidement. L’hypothèse Thierry Breton serait envisagée.

    Le prochain commissaire français ne sera sans doute pas une femme, si l’on en croit les dernières rumeurs parisiennes. En plus de Michel Barnier, dont la candidature potentielle revient sur le devant de la scène, un autre candidat est apparu selon le Canard Enchainé : Thierry Breton.

    Une hypothèse surprenante dans la mesure où Sylvie Goulard a été recalée en raison de casseroles potentielles, et que le dirigeant de la société d’ingénierie Atos n’en est lui-même pas dépourvu. Et s’il a passé l’âge légal de la retraite, 62 ans, depuis deux ans, il mène néanmoins une campagne active à laquelle l’Elysée se montrerait sensible.

    Ex ministre de l’Economie sous Chirac entre 2005 et 2007, le dirigeant marqué à droite a surtout été à la tête d’entreprises de technologies, comme Bull, France Telecom, puis Thomson Multimedia et enfin Atos, ce qui fait que ses conflits d’intérêts potentiels sont d’emblée multiples. La société qu’il dirige actuellement a notamment une filiale qui a été mise en cause pour des activités d’espionnage illégale par les Etats comme l’Egypte. Il a dans le passé été mis en cause et sujet à des perquisitions, notamment dans l’affaire Rhodia, lors de laquelle des actionnaires s’étaient plaint d’avoir été roulés par les dirigeants de la société avant son introduction en bourse. Il  était alors président du comité d’audit de la structure aujourd’hui fusionnée avec  Solvay.

    La mutualisation des coûts de la défense en Europe

    Il y a trois ans, Thierry Breton avait poussé des propositions pour l’Europe de la défense, dans un rapport publié par le think-tank libéral Ifrap, alors que la société qu’il dirige est impliquée sur le sujet.

    L’idée principale de ce rapport serait de mettre en commun les coûts de défense au niveau européen au travers d’un fonds qui permettrait d’alléger la dette de certains Etats, et donc d’améliorer la santé financière de la zone euro tout en mutualisant la gestion de la défense européenne plutôt que de la confier à quelques-uns, et en l’occurrence surtout à la France.

    Le fonds de défense qui a été crée pour l’instant au niveau européen prévoit d’investir dans des capacités militaires communes, et non d’éponger les dettes existantes.

  • Francophobie dans le monde: #1 en Angleterre

    3 jours après les terribles attentats de Paris du 13 novembre 2015 se déroulait un match amical France-Angleterre dans un lieu mythique du foot anglais: Wembley. En présence du Prince William, 90 000 spectateurs, dans l’écrasante majorité de nationalité britannique, ont entonné, phonétiquement pour la plupart, l’une des plus belles Marseillaise de l’histoire du football, alors que notre devise nationale était projetée à l’extérieur de l’immense stade.

    Voici l’Angleterre que l’on aime. Tolérante, solidaire, multiculturelle, ouverte, émouvante parfois, drôle souvent. A des années lumières de l’Angleterre du Brexit, de la haine de l’autre, du repli sur soi, de la francophobie aussi.

    « Chirac est un ver »

    En 2003, en pleine polémique de la guerre en Irak, le tabloid « The Sun », journal en langue anglaise le plus lu au monde et propriété du magnat australien des médias Rupert Murdoch, publia partiellement en français une édition spéciale entièrement consacrée à la position française sur le conflit. Conflit soutenu par The Sun qui se montra sans ambiguïté et sans modération. Le Président Chirac était qualifié de « ver », « hypocrite », « traitre ».

    Une violence incroyable mais non surprenante. Une partie, infime certes mais significative tout de même, de la population anglaise déteste la France et les Français. Fruit complexe et sordide d’ignorance et de relents historiques qui existent d’ailleurs aussi en sens inverse (parmi les opposants de la « perfide Albion »), cette situation est problématique dans un pays qui compte des centaines de milliers de nos compatriotes y habitant, et le visitant.

    Et les Français du Royaume-Uni ?

    Nous devons être objectifs : les autorités et le monde politique britannique prennent sans aucune ambiguïté les actes racistes, y compris francophobes, au sérieux, et sont sans concession avec les auteurs.

    Le Lycée français de Londres, un des établissements les plus prestigieux de la capitale du Royaume-Uni

    Pour autant il faut aussi être réaliste, les crimes racistes, dans leur globalité, ont explosé en particulier depuis le début du Brexit, passant de moins de 40 000 en 2011-2012 à environ 70 000 l’année dernière. Les Français du Royaume-Uni se sentent ils en danger ? « L’atmosphère est assez lourde mais c’est plus lié aux débats sur le Brexit en tant que tel, en revanche il est vrai que la France est vue par les partisans les plus acharnés d’un Brexit dur comme l’empêcheur de tourner en rond, et parfois les discussions ne sont pas simples… » témoigne Florence qui vit et travaille à Londres depuis de nombreuses années.

    La suite de ce feuilleton sans fin aura-t-elle une influence sur la francophobie et le racisme en général ? Réponse au prochain épisode…  En attendant, soyons optimistes: le Lycée français de Londres a une immense liste d’attente preuve de son attractivité, et les ressortissants anglais aiment toujours autant flaner sur les bords de Seine et de la Côte d’Azur.

  • La Catalogne, l’indépendance, l’Espagne.. Echanges avec les Français de Barcelone

    Des militants indépendantistes ont affronté la police en fin de semaine dernière en Catalogne, une escalade dénoncée par les autorités séparatistes de cette région autonome tandis que le gouvernement espagnol se tenait prêt à intervenir.

    Des manifestations ont commencé avec la condamnation lundi par la Cour suprême de neuf dirigeants indépendantistes à des peines de neuf à treize ans de prison pour l’organisation du référendum sur l’indépendance de la région catalane, en 2017, jugé illégal par Madrid.

    Un mouvement anonyme qui se développe sur Internet

    Le mouvement, totalement anonyme, s’est développé sur Internet. Il se définit comme un collectif prônant la désobéissance civile et l’action non violente. Dès l’annonce du verdict, lundi, le groupe a appelé les indépendantistes à occuper les rues de Barcelone et les routes de Catalogne, puis à organiser le blocage de l’aéroport. Mission réussie.

    Résultat de recherche d'images pour "Tsunami catalogne"Des opérations soigneusement organisées

    C’est le secret le mieux gardé d’Espagne. Le ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska a reconnu qu’il ne savait pas qui sont les instigateurs des manifestations. « C’est le gouvernement catalan », souffle un parlementaire indépendantiste.

    Une opinion partagée par une frange importante du mouvement. Selon plusieurs médias locaux, le groupe serait également soutenu par l’ex-président catalan Carles Puigdemont, toujours réfugié en Belgique. Une chose est sûre : Tsunami Démocratique dispose de moyens conséquents et organise les opérations avec un professionnalisme bien supérieur à celui des habituels groupes indépendantistes autogérés.

    Retour au calme ?

    Fait nouveau, la police régionale aux ordres du gouvernement catalan, les Mossos d’Esquadra, a été engagée en première ligne ces derniers jours face aux manifestants radicaux, utilisant balles en caoutchouc et canon à eau. Mais ce recours aux forces de l’ordre catalanes vaut au président séparatiste catalan d’être critiqué dans son propre camp. Quim Torra est ainsi accusé d’étouffer des protestations qu’il encourage dans ses discours et peut-être à travers le mouvement anonyme.

    Samedi, le gouvernement indépendantiste catalan a demandé au gouvernement espagnol la tenue de négociations « sans conditions ». Mais ce « sans conditions » signifie dans la bouche de Quim Torra qu’il demande à Madrid de ne pas exclure la possibilité de discuter d’un référendum d’autodétermination. Or le gouvernement espagnol ne veut pas en entendre parler.

    Le dirigeant catalan s’est aussitôt vu opposer une fin de non-recevoir de la part du gouvernement central. Madrid lui a demandé de « condamner fermement la violence » – au vu de l’ambiguïté de ses dernières déclarations – et de reconnaître les Catalans opposés à la sécession, une question qui divise profondément les habitants de la région.

    Une communauté d’expatriés au diapason des catalans

    Résultat de recherche d'images pour "Renaud Le Berre"Et il n’y a pas que la population locale qui est divisée, les français de cette région le sont aussi. Selon son environnement économique, social ou familial, le français expatrié épouse la cause de ses hôtes catalans ou espagnols. Comme nous le rappelle,  Renaud Le Berre, élu consulaire de la liste Union des Gauches (2014), les classes ouvrières sont attachées à l’unité du pays, tandis que les classes moyennes et supérieurs, qui poussent à l’indépendance, sont les grands gagnantes de l’autonomie. Et beaucoup d’expatriés sont des top managers, des cadres ou des fonctionnaires… Certains vivent donc dans un univers catalan, plus totalement en Espagne..

    Cependant nos concitoyens sont de grands jacobins et ils sont donc surpris par l’autonomie de la région catalane, et en particuliers sur des sujets considérés, par essence, nationaux pour les Français comme l’éducation, la santé, etc. Le modèle reste l’Etat centralisé et unitaire.

    Par contre chez les binationaux, en particuliers les jeunes, l’indépendance est sur toutes les lèvres. Ils ont participé activement aux évènements de ces derniers mois.

    Résultat de recherche d'images pour "pascal bourbon"Pascal Bourbon, seul élu indépendant de la circonscription (2014), voit, surtout, dans ce mouvement le signe d’une inquiétude de la population pour l’avenir économique de Barcelone et plus généralement de la Catalogne, talonnée par Valence, Madrid et désormais aussi par Bilbao/San Sébastien. Dans les derniers sondages d’opinions, 46% de la population est mécontente à Barcelone. Malgré les progrès notables, le taux de chômage est toujours supérieur à 10%. Les retraités, comme en France, s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat et les fortes racines indépendantistes se renforcent dans ces inquiétudes.

    La semaine a cependant commencé par un retour au calme dans toutes les rues de Barcelone, la ville pense ses plaies, se désole des nombreux événements annulés.. Mais la situation reste propice à un nouvel embrasement. 

  • Épisode méditerranéen : le déluge s’abat sur le sud de la France

    L’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur sont traversées par des pluies orageuses violentes. Des routes et des voies de chemin de fer sont coupées, de nombreux dégâts…

    Depuis 6 heures ce mercredi 23 octobre au  matin, trois départements ont été ajoutés a ux six qui étaient en alerte depuis mardi du fait d’un épisode méditerranéen. Les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse rejoignent l’Aude, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Tarn au rang des territoires placés sous vigilance orange par Météo France en raison d’un épisode pluvieux et orageux particulièrement violent, et qui prend son temps. La principauté d’Andorre est également en alerte.

    Des toitures et des arbres ont été arrachés, des habitations inondées, mais cet épisode méditerranéen n’est heureusement « pas significatif d’un point de vue de sécurité civile », a rassuré dans un point de presse matinal le colonel Arnaud Wilm, chef adjoint du Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC). « La situation ne présente pas de degré » de dangerosité qui nécessiterait « de réorganiser le dispositif » déployé depuis mardi. Au total, 1 500 pompiers et sauveteurs ainsi que six hélicoptères, sont sur le pont.

    La carte de vigilance ce mercredi à 6 heures. Météo France
    La carte de vigilance ce mercredi à 6 heures. Météo France  

    « La période à haut risque de pluies intenses et de crue se déroule ce matin, et jusqu’à ce midi. Les cumuls pourront alors dépasser 200 mm en 24 heures, avec des intensités de précipitations fortes sur plusieurs heures. Le vent de secteur est devient soutenu avec des rafales jusqu’à 110 km/h », note la Chaîne Météo.

    Remontant de Catalogne, de fortes cellules orageuses et pluvieuses ont circulé sur les Pyrénées Orientales et l’Aude, selon l’institut national de météorologie, et elles avancent doucement, donc pesamment, ce mercredi matin sur l’ouest de l’Hérault et le sud de l’Aveyron.

    Des cumuls de pluie de 100 à 150 mm

    « Des lignes d’orages actifs circulent lentement, générant de très forts cumuls de pluie en quelques heures, de l’ordre de 50 à plus de 100 mm. Les orages pourront s’accompagner de violentes rafales de vent, de chutes de grêle, et d’une forte activité électrique », avise Météo France. Sur les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Hérault, les cumuls attendus de pluie vont être de l’ordre de 100 à 150 mm, localement jusqu’à 200 à 300 mm.

    Un an après les terribles inondations qui ont fait 14 morts et 75 blessés dans l’Aude, notamment à Trèbes, deux campings ont été évacués à titre préventif, et leurs 150 résidents mis à l’abri. Le port de Port-la-Nouvelle est fermé. Des routes secondaires sont déjà inondées. Impraticables, elles s’ajoutent à la départementale D 607 et quelques autres, interdites d’accès préventivement.

    Dans les Pyrénées-Orientales, le littoral a été le plus impacté, avec une douzaine de départementales fermées ou coupées et l’inondation à Saint-Cyprien des rues menant au front de mer, tandis que dix personnes ont dû être relogées suite à une mini-tornade, selon la préfecture et le COGIC. Météo Pyrénées affirme qu’il est tombé 80 mm de pluie entre 3 et 5 heures du matin à Banyuls-sur-Mer.

    La circulation ferroviaire a aussi été interrompue sur la ligne Narbonne-Béziers, avec des voies inondées en gare de Salses (Pyrénées-Orientales) et Béziers, a tweeté la SNCF.

    Sur le Gard, le Tarn et l’Aveyron, les précipitations demeurent sensiblement plus faibles, il est tombé de l’ordre de 30 à 70 mm. Mais ce n’est qu’un début : les cumuls devraient atteindre 60 à 110 mm en plaine, et plus du double sur les reliefs.

    Entre 7 heures du matin mardi et la même heure ce mercredi, sont tombés 202 mm de pluie à Argelès-sur-Mer, 127 mm à Perpignan, 131 mm à Taurinya dans les Pyrénées-Orientales ; 191 mm à Sigean, 178 à Narbonne dans l’Aude ; 113 mm à Vieussan, 164 mm à Béziers dans l’Hérault.

  • Caisse des Français de l’étranger : mode d’emploi et réalités cachées

    Pour un mois ou pour la vie, après sa carrière professionnelle ou pour au contraire booster celle-ci, l’expatriation n’est jamais un acte anodin. Et ce qui l’entoure non plus ! La caisse des Français de l’étranger (CFE), caisse de sécurité sociale destinée aux expatriés est une possibilité pour celles et ceux qui font le choix du départ, en particulier dans les pays qui n’ont pas de couverture sociale optimale.

    Plusieurs caractéristiques de cette caisse : l’adhésion est volontaire, la caisse est forcée d’être à l’équilibre budgétaire et ses ressources ne reposent que sur les adhésions de ses membres. Créée en 1978 à l’attention des salariés, la CFE est depuis 1984 étendue à tous les expatriés.

    3 champs d’action

    La CFE dispose de trois champs d’action pour ses prestations :

    Maladie-maternité-invalidité : elle propose des remboursements en ce qui concerne les actes médicaux. Les médicaments sont remboursés dans les mêmes conditions de taux qu’en France mais selon les prix locaux

    Accident du travail-maladie professionnelle :  Elle propose des prestations identiques à celles de la caisse primaire d’assurance maladie en France

    Vieillesse : cette assurance s’adresse aux salariés, aux personnes chargées de famille (ayant au moins un enfant charge de moins de 20 ans), aux anciens salariés d’un régime obligatoire français n’ayant pas repris d’activité à l’étranger (pouvant justifier d’une affiliation de 6 mois à une caisse de retraite française avant le départ de France)

    Une caisse réformée

    La CFE a été réformée en 2018

    La CFE a été réformée autour de 3 axes en 2018 :

    1/simplification de l’offre tarifaire de la CFE en matière d’assurance maladie volontaire. La cotisation volontaire pour la couverture de ses frais de santé à l’étranger est désormais déterminée en fonction de sa tranche d’âge et de sa composition familiale (expatrié seul ou en famille) quel que soit le statut de l’adhérent (salarié, non salarié, étudiant, pensionné, inactif…etc.),

    2/ remboursements adaptés aux tarifs pratiqués à l’étranger et pas seulement à ceux de la Sécurité Sociale, pour les médicaments notamment comment indiqué plus haut

    3/ suppression de la condition de nationalité

    La CFE propose depuis le 8 janvier 2019 4 catégories de produits :

    MondExpat Santé couvrant tous les frais de santé dans le monde, y compris en France, des expatriés
    JeunExpat Santé, sa déclinaison pour les moins de 30 ans.
    RetraitExpat Santé couvrant tous les frais de santé, à l’étranger, des retraités du système de retraite français expatriés dont les soins en France sont pris en charge par la Sécurité sociale
    FrancExpat Santé couvrant tous les frais de santé, réalisés uniquement en France, lors de séjours temporaires, des expatriés

    Des frais en hausse ?

    Les frais sont ils en hausse?

    Des témoignages, notamment venant de Français retraités au Brésil, font état d’une hausse significative des coûts, de l’ordre de 5% alors que l’inflation en France dépasse à peine 1%. Cela pourrait mettre en difficulté les personnes qui parfois ont des revenus modestes et ce alors que la CFE joue un rôle essentiel pour plus de 200 000 personnes à travers le monde.

    Avez-vous constaté une telle hausse ? N’hésitez pas à nous faire part de vos témoignages en écrivant à [email protected]

  • Chili: explosion de violence inattendue: 11 morts

    Santiago du Chili

    Cela commença par une simple hausse du tarif des tickets de métro. La colère fut alors bon enfant, notamment parmi les étudiants de Santiago du Chili. Dans cette ville prospère et dans ce pays riche mais terriblement inégalitaire, les violences ne tardèrent pas. Emeutes, guérilla urbaine, intervention de l’armée, 11 morts, du jamais vu depuis la fin de la dictature de Pinochet.

    Le Président Pinera qui parlait encore quelques jours de son pays comme d’un oasis de bonheur le déclare désormais en guerre.

    Une violence inattendue mais pas imprévisible

    Pour le conseiller consulaire des Français du Chili Jean-Marc Besnier que nous avons contacté, 6 causes sont identifiables

    1. Les retraites par capitalisation qui donnent au retraités les plus pauvres des sommes dérisoires
    2. La protection santé jugée insuffisante et une mauvaise qualité des soins dans les hôpitaux publics
    3. Le transport public jugé trop cher et pas assez développé
    4. La privatisation de l’eau, ce qui a augmenté le coût .
    5. Le niveau très médiocre  de l’éducation publique cause d’une faible mobilité sociale.
    6. Les abus et la corruption ( Eglise, Armée, Politiques, .. ) qui discréditent la politique et les institutions

    L’ambassade de France mobilisée

    Le Lycée français de Santiago

    Les services de l’ambassade sont mobilisés. L’ambassadeur Roland Dubertrand fait parvenir par la page de la représentation diplomatique le message suivant:

    « Je vous demande dans ces circonstances de faire preuve de la plus grande prudence et de la plus grande vigilance et de respecter les instructions et recommandations qui sont données par les autorités, ainsi que d’éviter tout rassemblement sur la voie publique.

    Je vous demande également de demeurer en contact avec votre chef d’îlot en cas de nécessité et de lui communiquer toute information sur des Français qui pourraient être affectés par les évènements. La liste des chefs d’îlot est publiée sur notre site Internet en bas de page. En cas d’urgence avérée, vous pouvez également contacter le portable d’astreinte consulaire 9 44 54 39 11″

    M. Besnier confirme l’activité de l’ambassade: « Les consignes de l’Ambassade ont bien été diffusées, d’abord auprès des Conseillers Consulaires, ensuite auprès de la communauté.
    De plus le réseau des chefs d’ilot monté par le Consulat est très actif et renseigne à tout moment de la situation des ilots dont ils ont la responsabilité ».

    Cela n’empêche pas chacun de rester très vigilant!

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