Les taux ultra-bas, voire négatifs, appartiennent au passé. La Banque centrale européenne n’aura pas besoin de revenir à des taux d’intérêt ultra-bas car l’inflation s’installera dans un nouveau régime proche de son objectif à moyen terme de 2%, selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et donc membre de droit du Conseil des gouverneurs de la BCE.
Niveler les taux d’intérêt
« Je pense personnellement qu’une fois que nous aurons combattu l’inflation et que nous serons revenus à 2%, nous serons dans un nouveau régime d’inflation, probablement plus proche de notre objectif. Alors nous aurons probablement à moyen terme un niveau de taux d’intérêt qui sera plus normal que dans le passé récent ».
Le gouverneur de la Banque de France cité par Bloomberg
Lors d’une conférence en ligne, le dirigeant a affirmé qu’à court terme, la BCE se concentrera sur la lutte contre l’inflation sous-jacente, qui est « beaucoup trop élevée« . « La politique monétaire doit agir et la politique monétaire est capable d’agir pour contrer la hausse de l’inflation sous-jacente« .
« La BCE ramènera l’inflation vers 2% d’ici fin 2024 ou 2025. Ce n’est pas seulement notre prévision, c’est aussi notre engagement », a ajouté François Villeroy de Galhau.
« Ce que nous voyons jusqu’à présent sur l’activité dans la zone euro, que ce soit en Allemagne, en France ou ailleurs, est une meilleure nouvelle que ce que nous craignions il y a quelques mois. Nous éviterons très probablement une récession cette année… Je ne pense pas que nous ayons à choisir entre lutter contre l’inflation ou éviter la récession ; nous éviterons une récession et nous lutterons contre l’inflation. Ce meilleur environnement économique facilite probablement notre tâche monétaire ».
François Villeroy de Galhau – gouverneur de la Banque de France
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a été critiqué pour ses voyages fréquents et coûteux. Face à cela, il s’est défendu auprès de nombreux médias belges.
Charles Michel, qui était Premier ministre de Belgique avant de devenir président du Conseil européen, a vu son budget 2024 — qui est actuellement en cours d’adoption — augmenter de 27,5 % par rapport à 2023, rapportait le média Politico le mois dernier.
Ses frais de voyage, ainsi que ceux de son personnel, auraient augmenté de plus d’un tiers par rapport à 2023, soit près de quatre fois les dépenses de ses prédécesseurs Donald Tusk (2014-2019) et Herman Van Rompuy (2010-2014).
Ce dimanche (9 avril), le journal français Le Monde expliquait que cette augmentation serait en partie due au fait que M. Michel voyageait en jet privé.
Certains, comme l’eurodéputée écologiste belge Saskia Bricmont (Verts/ALE), attirent également l’attention sur le coût climatique de ces voyages. Au vu des derniers rapports du GIEC, « il n’est pas normal de continuer à voyager en jet privé », estime-t-elle selon le quotidien Le Soir.
Ce budget doit être discuté par le Parlement lors d’une session plénière en mai et devrait susciter des débats, notamment parmi les socialistes et les verts, expliquent plusieurs analystes.
Le budget du président du Conseil européen a également été critiqué par neuf États membres, notamment l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, qui ont demandé au président des « clarifications » à ce sujet lors d’une réunion le 9 mars dernier.
M. Michel et son porte-parole ont souligné que les voyages sont mis en œuvre et contrôlés par des fonctionnaires du Conseil, sur lesquels le président du Conseil n’a aucun pouvoir. Il y a également une « transparence totale » sur les règles régissant le budget et sur le budget lui-même, puisque les dépenses de M. Michel sont également disponibles en ligne.
Le président du Conseil européen Charles Michel (à droite) sort du palais présidentiel après avoir rencontré le président de la Moldavie à Chisinau, en Moldavie, le 28 mars 2023. [EPA-EFE/DUMITRU DORU]
Un contexte différent
M. Michel et son porte-parole, Jurek Kuczkiewicz, ont souligné lors de divers entretiens accordés à la presse cette semaine que le contexte international avait changé de manière significative au cours des trois dernières années. En tant que président du Conseil européen, M. Michel doit se rendre dans des endroits éloignés, et ce dans des délais très courts, avec pour conséquence une augmentation des coûts.
L’augmentation du nombre de voyages serait donc liée au contexte international « instable » dans le cadre duquel « il est important que l’UE tienne son rôle international », a expliqué M. Kuczkiewicz au média Le Vif. « Comme lorsque Charles Michel a été le premier à faire dire au président chinois Xi Jinping qu’il ne livrerait pas d’armes à la Russie. Était-ce un déplacement inutile ? Je ne pense pas », a-t-il ajouté. Outre, l’augmentation du nombre de voyages, l’inflation (15 à 20 %) peut également expliquer l’augmentation du budget, poursuit le porte-parole.
M. Kuczkiewicz indique également que dans l’agenda stratégique, décidé par le précédent Conseil européen, l’une des principales tâches du président de l’institution est de « renforcer le rôle de l’UE sur la scène internationale », et selon lui, c’est ce que Charles Michel a fait jusqu’à présent. Pour l’ex-Premier ministre belge, ces voyages étaient nécessaires aux intérêts de l’UE.
Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision RTL, Charles Michel a fait référence à la mission qui lui a été confiée dans le traité de Lisbonne.
Dans celui-ci, on retrouve une définition quelque peu évasive du rôle de représentation du président de l’institution, qui « assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, sans préjudice des attributions du Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ».
Ainsi, M. Michel doit assurer, conjointement avec le Haut représentant Josep Borrell, mais également la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, la fonction de représentation de l’UE. Et parfois, les trois dirigeants semblent marcher sur leurs plates-bandes.
Et justement, M. Michel exerce son rôle de représentation « depuis le début de son mandat », affirme son porte-parole, et cela ferait « grincer des dents » et « dérangerait » certains diplomates de voir le Conseil européen « jouer sa propre partition à l’international ». « Cette vague injustifiée de critiques à l’encontre de Charles Michel est peut-être aussi liée à cela. »
Une tentative de déstabilisation
M. Michel voit ces critiques comme « une tentative de déstabilisation ou d’intimidation » à son égard, d’une part, et à l’égard du Conseil, d’autre part, a-t-il expliqué à plusieurs médias, ajoutant qu’il préférait qu’on lui reproche d’en faire « trop » plutôt que « pas assez ».
Selon le responsable politique, ces attaques « largement injustifiées et infondées » à son encontre pourraient potentiellement provenir de candidats qui « commenceraient à se positionner » et souhaiteraient donc « mettre de l’ombre » sur lui.
Sur le plateau de RTL, Charles Michel a également indiqué qu’en raison de la guerre en Ukraine notamment, les voyages de la Commission européenne et du Haut représentant de l’Union avaient eux aussi augmenté. Il a déclaré souhaiter que l’UE ne se contente pas de « subir » les événements, mais qu’elle défende ses intérêts.
Avec le mauvais temps, les mines placées devant le port d’Odessa en Ukraine, ont dérivé. Turcs, Bulgares et Roumains ont fait un travail remarquable « pour détecter les mines à la dérive et les neutraliser ». Certes, elles n’auraient pu franchir le Bosphore. Même les navires militaires russes ne le peuvent plus. Une partie de la flotte russe reste bloquée en Méditerranée, une autre s’en est allée vers l’Atlantique. La Méditerranée serait-elle un lac de paix ? Ou est-ce le calme avant la tempête ?
La VIème flotte américaine s’était peu à peu retirée, gardant ses bases : Rota, Moron, Naples, Aviano, Souda ou Izmir. La Russie s’était réinstallée en Syrie, à Tartous, mais aussi en Algérie et en Libye. La Chine achetait le port du Pirée, en Grèce. La Turquie, considérant qu’elle pouvait agir avec impunité, parce qu’elle abritait les missiles américains à Incirlik, parce qu’elle menaçait l’Union Européenne d’une vague migratoire, rêvait de redevenir le pivot du monde musulman. Active en Syrie, en Libye, menaçante face à la Grèce et Chypre, entre Russie, Iran, Azerbaïdjan, États-Unis et Union Européenne, elle jouait de ses relais islamistes avec les Frères musulmans.
Qui paie commande, dit-on : l’Europe paie et subit.
Comme 65% de l’apprivoisement énergétique de l’Union européenne et 30% du commerce mondial passent par la Méditerranée, tout chantage effraie, toute crise, en Crimée, au Moyen-Orient, en Afrique, s’y déverse.
Curieusement, l’Europe, dont la Méditerranée est la façade la plus trouble, comme en témoignent les drames des migrants ou les routes de la drogue, n’a pas de politique définie. Premier donateur des pays du sud, elle est aussi l’ensemble politique qui y a le moins d’influence, que ce soit en Algérie, en Libye, au Liban ou en Syrie. Qui paie commande, dit-on : l’Europe paie et subit.
Près de 2000 personnes ont été secourues en mer sur le mois de juillet 2022 en Méditerranée centrale, rapporte l’ONG SOS Méditerranée.
Le Med 7 (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Chypre et Malte) essaie de renforcer sa coopération. Mais on reste loin, très loin, d’une vision stratégique commune. En témoignent les divergences entre la France et l’Italie, sur l’énergie, les migrations, la Libye ou l’Algérie. Les signatures du traité du Quirinal avec l’Italie (2021), de Barcelone avec l’Espagne (2023), restent plus symboliques qu’opérationnelles.
L’Europe est passée près de la catastrophe stratégique.
Avec l’invasion de l’Ukraine, la militarisation de la mer s’est accrue. Les Russes avec une victoire rapide, avaient mis leurs pions en place : Algérie, Libye, Syrie, Liban, Turquie. Une victoire éclair leur aurait donné les clés de la Méditerranée et de l’Afrique. L’Europe est passée près de la catastrophe stratégique, en Ukraine, mais aussi en Méditerranée. Si elle a déjà pu vivre avec une Ukraine russe, elle n’a plus vécu avec une Méditerranée hostile depuis Lépante. C’est dire ce qu’eut été l’ampleur d’une telle défaite.
Les navires russes s’essaient encore aux provocations. En janvier, la frégate « Amiral Gorshkov » a été repérée au large des côtes espagnoles. En février le chef d’état-major de la marine italienne, Enrico Credendino, prévenait que la marine russe adoptait une « attitude agressive » entraînant un risque d’incidents.
En réalité, avec leurs déconvenues en Ukraine, le dispositif russe s’est étiolé ; il n’y a plus aujourd’hui qu’une quinzaine de bâtiments en Méditerranée, deux fois moins qu’au début de la guerre. Les États-Unis, au contraire, ont redéployé un groupe aéronaval permanent. Là comme en Baltique ou en Roumanie, le dispositif de l’Otan s’est renforcé. La France organisera bientôt en Méditerranée un exercice qui mobilisera 12.000 militaires.
Avec l’échec russe, la Turquie joue un peu moins double jeu. Elle met fin petit à petit aux trafics des produits sous sanctions qu’elle réexportait. Sa débâcle économique y est pour beaucoup. Mais l’élection présidentielle à venir pourrait inciter Erdogan à tenter un conflit pour provoquer une réaction nationaliste en sa faveur. Comment imaginer Erdogan lâcher le pouvoir, lui qui se prend pour un sultan, pire, pour un génie ?
La route du gaz russe étant coupée, celles de Méditerranée deviennent plus stratégiques.
L’enjeu gazier en Méditerranée orientale gonfle, au fur et à mesure de la taille des gisements. La route du gaz russe étant coupée, celles de Méditerranée deviennent plus stratégiques encore, qu’elles viennent de Bakou, du Qatar, de Chypre, de Libye ou d’Algérie. Un sabotage du type de celui de Nordstream 2 est dans la tête des états-majors.
Un sabotage des câbles sous-marins aussi. De Marseille, 7ème « hub » mondial en matière de communications par câble, ils vont jusqu’en Asie. A la maîtrise de la mer s’ajoute le besoin de surveillance des fonds marins, ce qui suppose des investissements nouveaux. La prochaine loi de programmation militaire française, en pleine élaboration, en tient compte. Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, parie sur les nouvelles technologies : drones sous-marins, investissement dans le renseignement, humain ou spatial, dans le cyber, le calcul quantique, la surveillance des détroits…
La militarisation de la Méditerranée gagne tous les pays, à commencer par les plus pauvres.
La militarisation de la Méditerranée gagne tous les pays, à commencer par les plus pauvres. Le Maroc augmente le tonnage de sa marine de guerre de 50%. L’Algérie, de 120%. L’Egypte de 170%. La puissance militaire est une méthode de chantage efficace. Et chaque transaction donne lieu à des commissions qui réconfortent les militaires, bien utiles dans des régimes qui reposent sur la loyauté des officiers supérieurs.
La situation intérieure des pays du sud s’aggrave. Kais Saied concentre les pouvoirs en Tunisie, le pays est au bord de la banqueroute, manifestations et arrestations se multiplient. Giorgia Meloni appelle le FMI à donner sans contrepartie pour éviter une émigration massive des Tunisiens. Donner à fonds perdus, conforter les pouvoirs en place, comme en Turquie, pis-aller ou aveu d’impuissance ?
Algérie, Maroc, Français, Russes et Américains
Le Président algérien Tebboune continue sa répression du « Hirak », le mouvement qui menace de mettre fin au régime. Tout en accusant régulièrement la France, il affiche un semblant de réconciliation avec elle. C’est le résultat de l’échec russe. La Russie est le premier fournisseur d’armes de l’Algérie, son allié stratégique. Le budget militaire algérien est un des plus élevés du monde (6% du PIB, la France moins de 2%). Il a doublé en 2023, 20 milliards ! Juteuses commissions. Mais l’alliance russe, le matériel russe, sont dévalués. D’où ce ballet avec la France. Son but est de provoquer une brèche entre le Maroc et la France, ce qui est en train de se passer.
Jamais les relations entre la France et le Maroc n’ont été aussi froides. Le Maroc a rejoint les Accords d’Abraham entre Israël, le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, comme l’ont fait d’autres pays européens (Espagne, Allemagne, Pays-Bas), alors que la position française se veut « équidistante » entre l’Algérie et le Maroc. Tout rapprochement avec l’Algérie, qui a rompu les relations diplomatiques avec le royaume chérifien, éloigne la France du Maroc. Est-ce vraiment une bonne stratégie ?
Chamboule-tout au Moyen-Orient, entre Accords d’Abraham et réconciliation irano-saoudienne.
Du détroit de Gibraltar jusqu’à celui des Dardanelles, tous s’arment et se raidissent. Tandis que la Syrie revient en grâce avec la reprise des relations diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie saoudite, sous parrainage chinois. Le chamboule-tout au Moyen-Orient, entre Accords d’Abraham et réconciliation irano-saoudienne ne sera pas sans conséquences en Méditerranée. On le voit au Maroc, on le voit au Liban.
L’Iran, confortée par l’alliance chinoise et russe, est au seuil de l’acquisition de la bombe nucléaire. Elle a un pied en Méditerranée avec le port de Beyrouth que contrôle le Hezbollah. En proie à la « Révolution des femmes », le régime joue sa survie. N’importe quel dirigeant menacé peut être tenté de trouver dans une aventure extérieure une légitimité nouvelle.
« Dark diplomatie » : les réseaux criminels agissent avec la connivence des Etats.
Aux menaces qui pèsent sur l’interruption des circuits commerciaux, comme on l’a vu avec les céréales, s’ajoute, à l’inverse, l’amplification des réseaux de contrebande : les trafics humains de l’immigration, des produits sous embargo, armes ou composants électroniques, les trafics de drogue. Autant de menaces permanentes : une « dark diplomatie » menée par les Etats. Chantages aux flux migratoires (Turquie, mais aussi Maghreb et Libye), circuits de la drogue (la Syrie est un narco-état), les réseaux criminels agissent avec la connivence des Etats et se mêlent aux réseaux terroristes.
Ce qui, heureusement, permet aussi des coopérations. Bien des Etats se sentent menacés par ces réseaux criminels et terroristes (comme l’Algérie ou l’Egypte). D’autres profitent des flux financiers qui les accompagnent.
Hélas, l’Europe, enjeu de la plupart des chantages et des menaces, n’a, de fait, aucune véritable politique méditerranéenne. Si France, Italie, Espagne, Grèce se coordonnent et improvisent, l’aveuglement européen – celui des pays du nord et de l’est – est coupable. C’est ce vide européen qui attire autant les appétits.
C’est à la France de définir et partager une stratégie pour la Méditerranée.
Face à la Russie, les Américains, heureusement, sont là. Sans eux, l’Ukraine serait vassalisée. En Méditerranée, les Etats-Unis n’ont pas le même regard que les Européens. Ils ont moins d’intérêt pour Gibraltar que pour Ormuz. Sans parler de la mer de Chine.
C’est à la France de définir et partager une stratégie pour la Méditerranée. Inutile de parler d’ « autonomie stratégique européenne » si l’on navigue au gré du vent des intérêts du moment, comme le font en désordre les pays européens. Si l’Union européenne existait en Méditerranée, alors chacun, au nord et au sud, pourrait vivre au bord d’une « mare nostrum » commune, un lac de paix. Aujourd’hui, la mer est minée.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du lundi 17 avril. On ouvre l’édition avec les résultats des élections législatives partielles dans les IIème, VIIIème et IXème circonscriptions, avant de se pencher sur la promulgation de la loi portant sur la réforme des retraites et ses conséquences.
Prime aux sortants
La participation est encore la grande perdante, comme souvent dans les élections partielles, on aurait aimé voir un sursaut démocratique, mais malgré une légère progression, on ne dépasse toujours pas les 10% en moyenne. Les gagnants sont les députés sortants, ils ont été tous les 3 réélus, Eléonore Caroit avec 62,47% des voix exprimées, Meyer Habib avec 55% et Karim Ben Cheïkh avec 66,4%. Renaissance, les Républicains ainsi que la NUPES récupèrent donc tous les 3 les sièges mis au vote après la décision d’annulation du Conseil constitutionnel des élections de juin 2022.
Voilà ce qu’on retient de l’autre décision du Conseil constitutionnel mais qui cette fois touche tous les Français. Les « Sages » ont ainsi validé l’essentiel de la loi qu’ils ont jugé conforme à la constitution. Par contre ils ont rejeté le CDI senior, le suivi personnalisé qui, eux, n’avaient pas leur place dans une loi rectificative du budget de la sécurité sociale. Une décision qui a entraîné des manifestations spontanées dès vendredi soir dans les rues des villes de France alors que les syndicats annonçaient de nouvelles actions fin avril et surtout le 1er mai.
L’autre conséquence, c’est la programmation d’un rendez-vous entre le Président de la République et les Français, ce lundi soir à 20h (heure de Paris) sur les principales chaînes. Si certains espèrent encore un geste d’apaisement, pour les observateurs bien informés, Emmanuel Macron va plutôt tenter de lancer d’autres séquences, comme la lutte pour le pouvoir d’achat, les réformes institutionnelles, etc. Mais les Français sont-ils prêts à tourner la page ? Rien n’est moins sûr, dans un sondage publié par France Télévision ce week-end, 61% des Français souhaitent la poursuite du mouvement.
C’est tout pour ce début de semaine, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin !
Les Français inscrits sur les listes électorales d’Amérique du Sud (II ème circonscription) ou du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IX ème circonscription) et sur celles regroupant ceux installés dans le bassin Est de la Méditerranée (VIII ème circonscription), étaient invités à participer au deuxième tour de l’élection de leur député(e) ces samedi 15 et dimanche 16 avril 2023. Le vote en ligne s’était clos mercredi dernier à midi (heure de Paris). On vous dévoile en primeur les résultats des élections législatives partielles dans les 3 circonscriptions des Français de l’étranger.
Mise à jour le 17 avril 2023 à 13h35
Sursaut démocratique ?
Comme toujours lors des élections partielles, le grand enjeu c’est la participation. En effet, comme nous l’ont rappelé les membres du think-thank « La France et le Monde en commun » dans un podcast publié la semaine dernière, le nombre d’électeurs qui donnent leur confiance à un parlementaire est un élément majeur de la légitimité de la représentation parlementaire, que ce soit pour les députés ou les sénateurs, élus par un trop petit nombre de grands électeurs pour les Français de l’étranger.
Et malheureusement, malgré la meilleure maîtrise par l’administration et le prestataire des paramètres techniques liés au vote en ligne, la participation est restée faible. En cumulant, tous les modes de participation au scrutin, la participation fut de 11,84% dans la seconde circonscription, de 10,82% dans la huitième circonscription et de 9,49% dans la neuvième circonscription.
Eléonore Caroit en Amérique du Sud
C’est donc la députée sortante, Eléonore Caroit, qui retrouve son siège à l’Assemblée nationale où elle représentera les Français installés en Amérique du Sud et aux Caraïbes. Elle remporte le scrutin avec 62,44% des voix exprimées face à Christian Rodriguez, le responsable pour l’international de La France Insoumise et originaire du continent comme Eléonore Caroit.
Une victoire qui étonne certains qui pensaient qu’une candidate portant les couleurs d’Emmanuel Macron serait balayée. Les remous liés à la réforme des retraites n’ont pas traversé l’Atlantique. Renaissance conserve donc ce siège.
Eléonore Caroit
Meyer Habib dans l’Est de la méditerranée
Là aussi, c’est donc le député sortant, Meyer Habib, qui retrouve son siège à l’Assemblée nationale où il représentera les Français installés en Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Chypre, Grèce, Turquie, Israël. Il remporte le scrutin avec 53,99% des voix exprimées face à Déborah Abisror – De Lieme, la responsable pour le parti Renaissance des relations avec le parlement.
Une victoire qui, dans cette circonscription, n’étonne personne. L’ancrage de Meyer Habib en Israël, principal pays pourvoyeur de votants, est important et se confirme avec cette réélection. Le groupe « Les Républicains » conserve donc ce siège.
Meyer Habib
Karim Ben Cheïkh en Afrique du Nord et de l’Ouest
Jamais deux sans trois, c’est donc là encore le député sortant, Karim Ben Cheïkh, qui retrouve lui aussi son siège à l’Assemblée nationale où il représentera les Français installés en Afrique du Nord et de l’Ouest. Il remporte le scrutin avec 67,65% des voix exprimées face à Caroline Traverse, installée dans la circonscription depuis 18 ans mais investie par Renaissance au dernier moment, et qui malgré une campagne intense n’a pu remonter l’avance prise par le candidat investi par la NUPES.
Une victoire que Karim Ben Cheïkh a remportée grâce à un maillage dense de la circonscription, sa connaissance des problématiques locales et son expérience comme ancien Consul général de France. Le groupe « NUPES »‘ conserve donc ce siège et le député devrait retrouver sa place, ô combien importante, à la commission des finances de l’Assemblée nationale.
Elles se prénomment Circé, Caroline et Natalia. Ce sont trois Françaises d’Espagne. Trois résidentes de Madrid. Mais ce sont surtout trois personnes aidantes et entreprenantes. Le 26 avril elles lanceront officiellement l’association Mazette. Un projet conçu et bâti à la lumière de leurs expériences professionnelles antérieures et forgé grâce à leurs personnalités rayonnantes et tournées vers les autres.
Un projet né de la rencontre entre trois femmes :
Circé de Lylle a travaillé dans une filière bancaire d’un groupe français. En 2017 elle rejoint l’Espagne au service de ce groupe. Mais pendant la pandémie elle va opérer, comme beaucoup, une introspection l’amenant à faire le point sur son devenir professionnel. Elle ressent alors l’appel de l’entrepreneuriat comme un désir d’autonomie et de liberté d’agir. Et perçoit le besoin de créer une association qui proposera du lien humain autour de projets concrets.
Circé de Lylle
Le projet Mazette naît alors de rencontres féminines : Caroline Poisneau vient aussi de l’univers de l’entreprise. Elle a travaillé à New-York, Paris et Londres dans le design d’intérieur et l’hôtellerie. Elle est madrilène depuis un peu plus d’un an et travaille en tant que Country manager pour une grande marque française qui souhaite s’implanter sur le marché espagnol. Elle sera le deuxième pilier du trio comme trésorière de l’association.
Natalia Rivas vient compléter l’équipe. Elle est franco-espagnole. Née à Madrid, c’est l’enfant du pays. Elle apporte la connection directe avec le pays d’accueil, l’enracinement culturel et le regard mixte de la binationale qui a connu l’ailleurs : 12 ans de relations gouvernementales et internationales passées à Bruxelles à oeuvrer pour la communication et le marketing pour des projets de recherche et d’innovation de l’Union Européenne. Loin d’être une pure citadine active elle revendique aussi un attachement à la ruralité et a pour projet d’ouvrir une maison d’hôte pour des retraites linguistiques en Estrémadure. Elle est la secrétaire générale de Mazette.
Si Mazette s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, ses fondatrices assument aussi leur idéal féministe pour un monde plus égalitaire. Comme l’affirme, lucide, Circé avec qui nous avons pu échanger, « Il y a encore beaucoup à faire pour vivre dans un monde égalitaire ». C’est le plafond de verre que subissent les femmes qui donne à ce trio « une envie et une énergie » pour promouvoir l’ambition professionnelle des femmes, être à leurs côtés et développer concrètement le fameux « empowerment » qui génère prise de responsabilité et assertivité chez les femmes qui travaillent les unes avec les autres en se serrant les coudes.
Mazette est donc avant tout un forum qui va permettre la mise en contact des talents francophones et un lieu de formation où le coaching et le développement personnel vont irriguer des moments d’échange et d’addition des énergies. Des « parcours formants » devraient amener des porteurs de projet à mieux les réaliser. Le fonctionnement se fera en réseau et favorisera l’entraide et une approche résolument collaboratrice.
Une association qui devra trouver sa place en jouant de sa vocation d’aide à l’entrepreneuriat :
Circé De Lylle évoque la capacité des Français de l’étranger à se constituer en communauté. Mais le souhait de Mazette est de décloisonner en créant des passerelles avec les francophiles d’Espagne comme avec le réseau institutionnel des Alliances et Instituts français ou des écoles et lycées français d’Espagne.
Mazette devra trouver sa place dans l’univers déjà constitué des associations reconnues d’utilité publique comme Français du Monde ou l’Union des Français de l’Etranger. Pour Circé « il y a un trou dans la raquette dans le paysage associatif ». « Ce qui nous distingue c’est l’ambition professionnelle qui peut prendre plusieurs formes comme celle de réunir ensemble des personnes qui ont l’ambition d’entreprendre ».
Le lancement se fait grâce au partenariat avec le journal Elle Education qui met à disposition ses locaux. Un partenariat avec un entrepreneur français « Le brie Alto » permet aussi de convoquer les produits du terroir à cette soirée qui sera aussi bien aux couleurs bleu blanc rouge qu’aux couleurs de l’Espagne. « On compte sur la générosité et l’altruisme pour progressivement nouer des partenariats nombreux ».
L’association se veut complètement neutre vis à vis du politique. « On s’adresse à chaque personne individuellement, sans étiquette, pour participer au bien de l’association.L’emploi et le développement de l’entrepreneuriat sont dans les priorités politiques de tous », sans affichage partisan.
Co-construire l’association avec les premiers membres :
Sur la méthode pour accompagner les premiers pas de l’association, Circé se réclame de l’écoute et de la co-construction avec les premières personnes intéressées.
« Après la phase d’écoute, en septembre nous devrions être en mesure de proposer un membership. Créer des ateliers formants, de la mise en relation directe pour provoquer le succès. Créer des Mastermind et des connections avec l’Espagne pour provoquer des événements biculturels avec des associations agissant dans le même champ ».
Circé de Lylle
La fondatrice est consciente que la recherche de subventions prendra du temps « puisqu’il faut avoir un an d’existence en général ». « On va compter sur des partenariats d’entreprises et certaines activités seront payantes ».
Une ambition qui dépasse Madrid :
L’ambition de long terme est d’aller dans les villes où la communauté française est présente. Valence, Malaga, Barcelone ou Alicante sont ainsi évoqués comme potentiels caps futurs.
L’équipe du site Lesfrançais.press souhaite bonne chance à ces trois entrepreneuses qui apporteront leur énergie au service de la francophonie et de la francophilie.
« Ce soir, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu« , c’est par cette phrase que la Première ministre, Elisabeth Borne, a commenté la décision du Conseil constitutionnel de ce 14 avril. Dans son avis publié à 18h, les Sages ont validé la loi comprenant la réforme des retraites à l’exception de quelques dispositions mineures qui étaient pourtant favorables aux cotisants comme le déplore le leader du Parti communiste, Fabien Roussel.
« La décision du Conseil constitutionnel fait que cette loi est amputée de toutes les mesures dites sociales qu’il y avait dedans »
Fabien Roussel, secrétaire générale du Parti communiste français
La retraite à 64 ans
Emmanuel Macron l’a annoncé, quelques minutes après la communication de la décision du Conseil constitutionnel, il promulguera la loi instaurant l’âge légal du départ à la retraite à 64 ans dès ce week-end. Ce fut fait dès le soir avec la promulgation du décret portant sur la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023.
Un empressement que ne comprend pas l’opposition. Ainsi le député LFI de la Somme François Ruffin a dénoncé sur Twitter le report de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans validé par le Conseil constitutionnel, estimant « le peuple ignoré » par cette décision. Même son de cloche pour le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a déploré une décision qui, pour lui, montre que le Conseil constitutionnel « est plus attentif aux besoins de la monarchie présidentielle qu’à ceux du peuple souverain. La lutte continue et doit rassembler ses forces.«
« Le Président ne doit pas la promulguer. Restons mobilisés derrière l’intersyndicale ! »
Le chef de file EELV Yannick Jadot
A l’autre bout de l’échiquier, la députée Rassemblement National Marine Le Pen a réagi sur Twitter ce vendredi à l’annonce de la validation partielle de la réforme des retraites par le Conseil constitutionnel, assurant que la partie n’était pas encore jouée.
« Le peuple ayant toujours le dernier mot, il lui appartiendra de préparer l’alternance qui reviendra sur cette réforme inutile et injuste »
Marine Le Pen se projetant déjà en 2027
A droite, c’est surtout la légitimité du Conseil constitutionnel et par ricochet celle de la Vème République qui est au coeur des messages des élus « Les Républicains ». Comme leur président, Éric Ciotti qui a appelé « ‘toutes les forces politiques » à « accepter » la décision du Conseil constitutionnel. Ils répondent ainsi à certaines personnalités de l’extrême gauche qui visent, à travers leurs commentaires, nos institutions.
Si la validation de l’âge de 64 ans retient toutes les attentions, le Conseil constitutionnel a tout de même rejeté une partie du texte. Des éléments qui n’étaient pas liés directement au financement de la sécurité sociale, qui ne l’oublions pas, était l’objet de la loi qui inclut ladite réforme tant contestée.
Et logiquement, en pure application du droit, ce sont les ajouts du gouvernement pour tenter de satisfaire les syndicats et l’opposition qui ont été considérés comme contraires à la constitution.
Comme l’expérimentation du CDI senior, était-elle vraiment liée au financement de la protection sociale en France ? L’index senior qui vise à mesurer l’emploi des seniors dans les entreprises avait-elle également sa place dans le texte ? Les membres de la rue de Montpensier ont dit non, y voyant ce qu’on appelle des « cavaliers sociaux ».
Le « suivi individuel spécifique » pour les salariés ayant des métiers pénibles est également retoqué.
Le Conseil constitutionnel y a vu ce qu’on appelle « des cavaliers budgétaires » et a donc censuré ces dispositions. Cette décision n’est pas vraiment une surprise car elle s’inscrit purement dans le respect des règles de la Vème République.
« Tout ce qui est hors champ financier peut être considéré comme un cavalier budgétaire »
Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel.
Rejet du référendum d’initiative partagée
L’autre grande déception des opposants à la réforme, c’est le rejet du référendum d’initiative partagée (RIP) !
Les membres du Conseil constitutionnel ont donc estimé que le RIP ne portait pas sur les domaines de « l’organisation des pouvoirs publics, des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale et aux services publics qui y concourent« , comme l’exige la Constitution.
La gauche ne se dit pas vaincue pour autant. Une deuxième demande de RIP a été déposée par la gauche sénatoriale ce jeudi après-midi sur le bureau de la présidence du Sénat. Pour autant, en cas de validation (la décision des Sages sur cette nouvelle demande devrait intervenir le 03 mai), un chemin semé d’embûches s’ouvrira. Mathilde Panot, la présidente des députés LFI, a elle-même reconnu « un parcours du combattant« . D’ailleurs depuis son introduction dans la Constitution en 2008, cette procédure complexe n’a jamais abouti.
Main tendue du gouvernement
Emmanuel Macron a formellement invité les organisations syndicales et patronales à l’Élysée mardi prochain pour échanger sur la réforme des retraites. Une proposition rejetée ce samedi 15 avril à l’annonce de la promulgation dans la nuit de la loi.
« Nous n’irons pas voir celui qui nous crache au visage depuis 3 mois »
Sophie Binet, secrétaire général de la CGT
Ainsi l’intersyndicale reste toujours unie et mobilisée. Les leaders des syndicats ont annoncé une réunion, ce lundi 17 avril, qui permettra de répondre « par une réaction unanime », selon Sophie Binet, de la CGT, rassurant toujours sur « l’unité » de la « combativité » de l’intersyndicale, citant l’exemple de la loi sur le CPE, retirée par l’exécutif après une validation par le Conseil constitutionnel, en 2006. Les organisations des Français de l’étranger ont annoncé qu’elles suivraient les décisions de l’Intersyndicale nationale.Du côté de l’exécutif, Olivier Dussopt, le ministre en charge de la réforme, a annoncé la création du groupe de travail sur les conséquences de la reforme pour les Français de l’étranger.
Le combat est donc loin d’être fini pour les opposants à la réforme des retraites mais le gouvernement va tenter de passer rapidement à une autre séquence. D’ailleurs, ce vendredi 14 avril, la Première ministre, Elisabeth Borne, a décidé d’ouvrir le chantier du pouvoir d’achat, amputé au cours des derniers mois par l’inflation. Est-ce que cela sera suffisant ? Les manifestations spontanées qui se sont déclenchées dans les villes de France ce vendredi soir permettent d’en douter. Un rendez-vous est déjà connu, ça sera le 1er Mai pour la Fête du Travail.
Télécharger la décision du Conseil constitutionnel
Pour les non-résidents contribuables en France, ce jeudi 13 avril a marqué le début de la campagne de déclaration en ligne de vos revenus 2022. Plusieurs options de déclaration pour les « Impôts 2023 » existent, nous faisons le point pour les Français de l’étranger.
Jeudi 25 mai 2023
Le service de déclaration en ligne est ouvert depuis le jeudi 13 avril 2023 et jusqu’aux dates limites établies par département et par zone, pour les non-résidents, elle est fixée au 25 mai 2023 (minuit CET).
Pour déclarer vos revenus simplement, il vous suffira de vous rendre dans votre espace « particulier » sur impots.gouv.fr et de vous laisser guider. Pour vous y connecter, il vous faudra votre code de télédéclarant et le mot de passe. Si vous ne vous en souvenez plus, vous pourrez y accéder via l’Identité numérique du groupe La Poste ou via votre numéro de sécurité sociale. Il existe aussi une procédure pour récupérer l’accès en ayant son numéro de télédéclarant et le dernier revenu fiscal de référence.
Quels revenus déclarer ?
Si votre domicile fiscal est situé hors de France, vous devez payer des impôts en France sur vos revenus de source française.
Vous serez imposé seulement sur ces revenus.
Il s’agit des revenus suivants :
Revenus provenant de biens, de droits ou d’activités localisées en France (revenus tirés de biens immobiliers, revenus professionnels, etc.)
Revenus versés par un débiteur domicilié ou établi en France (pensions et rentes viagères, droits d’auteurs, salaires etc.)
Cependant, vous ne pourrez pas déduire de charges de vos revenus.
En tant que non résident fiscal de France, vous êtes imposé selon le barème progressif de l’impôt dédié aux Français de l’étranger.
Vous êtes, donc, soumis au taux minimum d’imposition pour les revenus 2022 suivant :
20 % pour vos revenus inférieurs à 27 478 €
· 30 % pour vos revenus à partir de 27 478 €
Mais attention pour les salaires et pensions reçus de France ces taux ne s’appliquent qu’au dessus de 44 172 € et donc dans ces cas le barème est de :
· 0% pour vos revenus inférieurs à 15 228 €
· 12 % pour vos revenus de 15 228 € à 44 172 €
· 20 % pour vos revenus à partir de 44 172€ , puis 30% à partir de 71 650 €
Ce taux de 20% / 30% est un taux minimum par rapport au taux du calcul de droit commun qui s’applique aux résidents et aux non-résidents, donc pour des forts revenus si le taux de droit commun est supérieur a ces 20% puis 30% , il s’applique et peut donc aller jusqu’au taux maximum de 45%.
Le taux moyen
En tant que non-résident, vous avez donc la possibilité de bénéficier de l’application du taux moyen pour l’imposition de vos revenus, lorsqu’il est plus favorable.
Pour cela, vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus de sources française et étrangère et être en mesure de les justifier.
Le taux moyen sera déterminé à partir du barème de droit commun appliqué à vos revenus mondiaux.
Pour les pensions et salaires reçus de France, ce taux moyen s’applique qu’au dessus de 44 172 € et en dessous de 44 172 € les deux tranches à 0% et 12 % s’appliquent.
Pour déterminer le revenu mondial net imposable et le taux moyen applicable, il sera fait application aux revenus étrangers des mêmes déductions et abattements qu’aux revenus de source française. Il peut s’agir de déductions ou d’abattements forfaitaires ou de la déduction de charges réelles.
Selon la catégorie de revenu concernée et le régime d’imposition de ces revenus, il vous appartient de déclarer soit un montant brut, soit un montant après déduction des charges :
pour les traitements, salaires et pensions, une déduction forfaitaire de 10 % est appliquée automatiquement aux revenus imposables.
pour vos revenus fonciers, si vous relevez du régime micro foncier, un abattement de 30 % (évaluation forfaitaire de vos charges) est calculé automatiquement. En revanche, pour le régime réel foncier, il convient de déclarer le revenu net de charges.
Seuls vos revenus de source française seront imposés au taux moyen. Il n’est pas nécessaire de disposer de revenus de source étrangère pour demander le bénéfice du taux moyen. Ce taux ne s’applique que s’il est plus favorable au contribuable et permet d’écarter le taux minimum.
Par ailleurs, l’option pour le taux moyen permet, pour le calcul de ce taux, de déduire les pensions alimentaires versées, sous réserve que ces pensions soient imposables en France entre les mains du bénéficiaire et qu’elles n’aient pas déjà donné lieu, pour le contribuable qui les verse, à un avantage fiscal dans son Etat de résidence.
Lorsque vous déclarerez en ligne vos revenus, le calcul du revenu mondial sera automatisé.Une estimation de votre impôt avec application du taux moyen vous sera communiquée.
Les autres obligations
En déclarant vos revenus, vous devrez comme chaque année aussi indiquer vos comptes bancaires détenus hors de France mais aussi, nouveauté de l’année, déclarer l’ensemble de vos biens détenus sur le territoire national et indiquer leur destination.
Déclarer ses comptes hors de France ?
La réglementation française oblige les résidants à déclarer tout compte bancaire ouvert, utilisé ou clos hors de France à l’occasion de votre déclaration d’impôts annuelle. C’est le Code général des impôts qui l’impose : “Les personnes physiques, les associations, les sociétés n’ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l’étranger.” (article 1649 A du Code général des impôts).
Cette déclaration n’est donc une formalité obligatoire pour les non-résidents et si vous le faites, pas d’inquiétude, cela ne signifiera pas que votre compte sera taxé.
Déclarer ses biens détenus en France
Tous les propriétaires sont soumis à une nouvelle obligation déclarative en 2023. À partir du 1er janvier et jusqu’au 30 juin 2023 inclus, tous les propriétaires de biens immobiliers à usage d’habitation, particuliers et entreprises, doivent déclarer l’occupation de leurs logements sur l’espace « Gérer mes biens immobiliers » du site impots.gouv.fr.
La taxe d’habitation est supprimée pour les résidences principales à partir de 2023. Afin de déterminer précisément les propriétaires encore redevables de la taxe d’habitation (résidence secondaire, logement locatif) ou de la taxe sur les logements vacants (voir ci-dessous), la Direction générale des finances publiques (DGFiP) demande à tous les propriétaires d’une résidence principale, secondaire ou d’un logement loué, d’effectuer une déclaration supplémentaire à l’administration fiscale avant le 1er juillet 2023. Cette nouvelle déclaration d’occupation des logements à effectuer par les propriétaires est prévue par la loi de finances pour 2020.
Taxe sur les logements vacants ?
Cette disposition renforce l’intérêt de la création d’une résidence d’attache afin d’éviter un matraquage fiscal. Surtout que dans les zones dites « tendues » dans lesquelles il existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements, les propriétaires de logements vacants, c’est-à-dire les logements habitables mais non meublés, et inoccupés, doivent s’acquitter de la Taxe sur les logements vacants (TLV) ou de la Taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV).
Depuis le 1er janvier 2023, cette TLV ou THLV s’applique également aux communes en dehors de la zone tendue présentant un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements et entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement. Ces difficultés sont caractérisées par un niveau élevé des loyers, par un niveau élevé des prix d’acquisition des logements anciens ou par une proportion élevée de résidences secondaires par rapport au nombre total de logements.
Au-delà de cet élargissement du périmètre, les taux d’imposition de la TLV sont relevés de 12,5 % à 17 % (la première année) et de 25 % à 34 % (les années suivantes)
Une mission d’information relative au « suivi des engagements pris par la France dans les COP climat », dont le rapport a été adopté mercredi (12 avril), alerte sur le « retard » de la France « dans sa trajectoire d’émissions » de gaz à effet de serre (GES), et préconise la mise en œuvre d’une « véritable planification écologique ».
La mission d’information « flash », confiée aux députés Laurence Heydel Grillère (Renaissance) et Antoine Vermorel-Marques (Les Républicains), visait à évaluer les progrès réalisés par la France à l’aune des objectifs de l’Accord de Paris de décembre 2015.
L’accord de Paris s’est donné comme objectif primordial de maintenir « l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2°C » et de « limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels », selon le site de l’ONU.
Depuis 2015, les co-rapporteurs soulignent que la France a fait siens les objectifs européens de réduction des émissions GES de 55 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, ancrés dans le paquet législatif « Fit for 55 ».
L’obligation de reporting à laquelle les pays signataires de l’Accord de Paris sont contraints est aussi respectée par la France avec, en son cœur, le Haut Conseil pour le climat (HCC), qui assure le suivi des engagements français en matière climatique.
Le rapport précise que « la France connaît un retard dans sa trajectoire de réduction d’émissions », tant et si bien que le rattrapage nécessitera une « accélération du rythme de baisse » de –4,7 % en moyenne par an. [LanaElcova/Shutterstock]
La France n’est pas dans les clous
Mais les difficultés restent nombreuses. Le rapport précise que « la France connaît un retard dans sa trajectoire de réduction d’émissions », tant et si bien que le rattrapage nécessitera une « accélération du rythme de baisse » de – 4,7 % en moyenne par an. Et cela pour « rester dans les clous de l’Accord de Paris », expliquait M. Vermorel-Marques sur France Inter.
Le Citepa, organisme public chargé de décompter les émissions de GES française, a déclaré début avril que les émissions de la France n’avait baissé que de 2,5 % en 2022 par rapport à 2021. Le pays respecte donc bien les objectifs de sa Stratégie nationale bas-carbone qui fixe les objectifs français, mais le rythme de baisse est insuffisant pour atteindre les objectifs européens.
C’est aussi le constat que fait le HCC dans son dernier rapport publié en juin 2022 dans lequel il relève que les objectifs européens « impliquent un réhaussement de l’ambition climatique française« .
En outre, les émissions des transports aériens et maritimes internationaux ne sont pas prises en compte dans le reporting général. Or, elles « ont augmenté de près de 50 % depuis 1990 », souligne le rapport.
Enfin, les co-rapporteurs déplorent l’absence de débats citoyens sur les questions climatiques, estimant que les travaux de HCC sont trop peu visibles et les élus locaux et nationaux trop peu formés aux problématiques climatiques.
Il faut « donner de la visibilité aux entreprises et aux collectivités locales qui ont besoin de savoir, à horizon dix ans, vers où on se dirige », abonde M. Vermorel-Marques sur France Inter.
Une « véritable planification écologique »
Cependant, tout n’est pas perdu. Les deux députés appellent de leurs vœux à une « stratégie de planification écologique qui permette de fixer des objectifs, de les actualiser et de déterminer les moyens nécessaires pour les atteindre ».
Le rapport préconise aussi de renforcer le rôle du Parlement avec un débat annuel, l’adoption d’une loi pluriannuelle de planification écologique, ou encore le renforcement des connaissances des députés.
Enfin, un « dialogue environnemental » est nécessaire avec toutes les parties prenantes, afin de renforcer la participation citoyenne. Celui -ci nécessitera le renforcement des capacités du HCC.
En conséquence, M. Vermorel-Marques relève que l’État français « risque une nouvelle condamnation » pour inaction climatique, comme ce fut le cas en octobre 2021 suite au jugement du tribunal administratif de Paris.
« Ce n’est pas pour ma pomme », avait rétorqué le président français Emmanuel Macron, rejetant la responsabilité de la condamnation sur le quinquennat précédent de François Hollande.