Les combats qui opposent l’armée soudanaise du général Al-Burhane et les Forces de réaction rapide du général Daglo surnommé « Hemetti » à Khartoum, entrent dans leur deuxième semaine. Samedi 22 avril, les chancelleries étrangères ont déclenché des opérations d’évacuation, dont certaines de l’Union européenne, qui compte quelque 1.500 ressortissants au Soudan.
Mis à jour le 25 avril 2023 à 17h17
L’Afrique du Sud évacue plusieurs dizaines de ressortissants du Soudan
Le gouvernement sud-africain annonce le 24 avril l’évacuation de plusieurs dizaines de ressortissants du Soudan, dans le cadre du mouvement de départ des ressortissants étrangers et personnels diplomatiques de plusieurs pays après plus d’une semaine de combats meurtriers entre armée et paramilitaires. « Les opérations d’évacuation des Sud-Africains au Soudan et du personnel de l’ambassade sud-africaine sont actuellement en cours. Ils sont conduits dans un pays voisin pour être mis en sécurité« , déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Clayson Monyela.
Plus de 1 000 ressortissants de l’UE évacués
Plus de 1 000 ressortissants de l’UE ont été évacués du Soudan où des combats meurtriers font rage, indique le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell le 24 avril. « C’est une opération complexe mais elle a été couronnée de succès« , déclare Borrell en marge d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères au Luxembourg. « Je ne peux vous donner de chiffres exacts, mais il est certain que plus de 1 000 personnes » ont été évacuées, ajoute-t-il.
Selon le ministère français des armées, 150 militaires ont été déployés pour l’opération d’évacuation nommée Opération Sagittaire. Il a confirmé que la France évacuait d’autres ressortissants européens. Emmanuel Macron annonce que la France a évacué 538 personnes, dont 209 Français, du Soudan.
Au 1er janvier 2021, 67,4 millions de personnes vivent en France, dont 7 millions d’immigrés selon le dernier recensement de la population. Entre le 1er janvier 2019 et le 1er janvier 2020, la population résidant en France a augmenté de 268 000 personnes, dont 140 000 au titre du solde naturel et 128 000 au titre du solde migratoire. Ce dernier est en recul. Il était en effet passé de +182 000 en 2019 et de +222 000 en 2018. Celui des non-immigrés, nés en France ou nés Français à l’étranger, reste négatif, les sorties étant plus nombreuses que les entrées. Cela signifie que le nombre de Français émigrants est plus élevé que celui des Français décidant de revenir en France.
Le nombre de Français émigrants est plus élevé que celui des Français décidant de revenir en France.
Chaque année depuis 2006, le solde migratoire des personnes non-immigrées est négatif. En 2021, la France était encore touchée par la crise sanitaire mais moins durement qu’en 2020. Le nombre d’entrées sur le territoire était de ce fait en progression par rapport à 2020 tout en restant inférieur de 13 % à celui de 2019. La moitié des immigrés entrés en France en 2021 ont entre 19 et 37 ans à leur arrivée, et la moitié de ceux âgés d’au moins 25 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur au début de l’année 2022.
Plus de la moitié des nouveaux immigrés sont des femmes mais leur part diminue depuis le milieu des années 2010. Entre le 1er janvier 2006 et le 1er janvier 2020, la population vivant en France a augmenté de 4,4 millions de personnes et le nombre d’immigrés vivant en France de 1,7 million. La croissance de la population immigrée représente donc 38 % de la croissance de la population totale sur cette période. Cette proportion qui était de 25 % à 28 % chaque année entre 2006 et 2010 est passée de 44 % à 47 % entre 2017 et 2019 avant de revenir en-dessous de 40 %. L’augmentation de la part relative des immigrés dans celle de la population totale est liée à la forte baisse du solde naturel en lien avec la réduction du taux de natalité et du taux de fécondité. Le solde naturel est passé de +302 000 en 2006 à +140 000 en 2019.
Des flux entrants sortants élevés du fait des étudiants étrangers
En moyenne entre 2006 et 2019, quatre immigrés entrent sur le territoire quand un en sort. De nombreux étudiants étrangers à la fin de leurs cursus rejoignent leur pays d’origine ou émigrent dans un autre pays. 20 % des immigrés de plus de 15 ans entrés en France sont en études au début de l’année 2022. Cette situation concerne principalement les nouveaux immigrés âgés de 15 à 24 ans, dont 53 % sont étudiants.
Parmi les immigrés entrés en France en 2021, 101 000 sont originaires d’Afrique, 42 000 d’Asie, 78 000 d’Europe et 25 000 d’Amérique ou d’Océanie. Toutes origines confondues, un quart des immigrés entrés en France en 2021 ont moins de 19 ans, et la moitié ont entre 19 et 37 ans. Les immigrés nés dans un pays d’Europe du Sud ou d’Afrique hors Maghreb sont particulièrement plus jeunes que la moyenne. La moitié des nouveaux immigrés nés en Afrique hors Maghreb ont moins de 23 ans. Les nouveaux immigrés nés dans les autres pays européens sont plus âgés. 50 % ont plus de 31 ans.
La part des immigrés européens parmi les entrants est nettement moindre qu’il y a quinze ans, sauf pour les pays d’Europe du Sud. La part des immigrés originaires d’Afrique hors Maghreb parmi l’ensemble des immigrés entrant en France augmente fortement entre 2006 (12 %) et 2021 (20 %), tandis que celle des immigrés nés au Maghreb augmente plus modérément, de 18 % en 2006 à 21 % en 2021. À l’inverse, la part des immigrés originaires de pays européens autres que ceux d’Europe du Sud parmi l’ensemble des immigrés entrant en France diminue, passant de 33 % en 2006 à 22 % en 2021.
Les immigrés nés en Europe du Sud ont représenté plus de 17 % des nouveaux immigrés en 2012 et 2013, conséquence de la crise économique traversée alors par ces pays. Leur part retrouve depuis la fin des années 2010, un niveau proche de celui de la fin des années 2000, soit 10 % à 11 %.
De moins en moins de femmes parmi les nouveaux entrants
Jusqu’au milieu des années 1970, les nouveaux immigrés étaient majoritairement des hommes dans un contexte de besoin de main-d’œuvre. Avec l’augmentation du chômage, l’immigration de travail a ralenti. L’immigration en France est devenue majoritairement féminine en raison notamment de migrations familiales. Depuis 2016, une nouvelle inflexion est constatée. La part des femmes a diminué de 3 points en 2021 par rapport à la période 2006-2014 et de 1 point par rapport à la période 2015-2019. Cette tendance à la baisse de la part des femmes parmi les nouveaux immigrés s’observe pour la majorité des régions d’origine. Elle est particulièrement marquée pour les nouveaux immigrés originaires d’Afrique hors Maghreb (pour lesquels la part de femmes était de 53 % entre 2006 et 2014, contre 47 % entre 2015 et 2019 et 48 % en 2021) et pour ceux d’Asie hors Turquie et Moyen-Orient (60 % de femmes entre 2006 et 2014, contre 54 % entre 2015 et 2019 et 45 % en 2021). La baisse de 9 points entre 2019 et 2021 de la part des femmes parmi les immigrés originaires d’Asie hors Turquie et Moyen-Orient s’explique principalement par un renouvellement des pays d’origine.
Les immigrés chinois ont été peu nombreux des dernières années en raison des interdictions de sortie du territoire décidées par les autorités durant la crise sanitaire. Or, à 60 % les immigrés chinois étaient des femmes. À l’inverse, le nombre d’immigrés nés en Afghanistan ont augmenté après la prise du pouvoir par les Talibans. Ces immigrés afghans sont à 75 % des hommes.
Les immigrés plus qualifiés que la moyenne de la population française
51 % des immigrés âgés de 25 ans ou plus en 2021 sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 35 % de l’ensemble de la population âgée de 25 ans ou plus.
Cette proportion est plus faible pour les personnes originaires d’Afrique hors Maghreb (42 %) et d’autres pays européens que ceux de l’Union européenne (46 %) et, au contraire, plus élevée pour celles venant de Turquie ou du Moyen-Orient (64 %), d’autres pays d’Asie (53 %) et d’Amérique ou d’Océanie (60 %). Les femmes sont plus fréquemment diplômées de l’enseignement supérieur (55 %) que les hommes (46 %).
Des taux d’emploi variables en lien avec le motif de l’immigration
Un tiers des immigrés entrés en France en 2021 et âgés de 15 ans ou plus sont en emploi au début de l’année 2022. Les taux d’emploi des immigrés varient en fonction des motifs de l’arrivée en France. Ceux ayant décidé de poursuivre leurs études sont évidemment moins sur le marché du travail que ceux qui sont arrivés pour des raisons économiques. Le taux d’emploi des immigrés en provenance d’un pays de l’Union européenne est de 56 %, contre 24 % pour ceux d’Asie ou d’Afrique.
Afin d’accélérer les procédures de demande pour les ressortissants de pays tiers, le Parlement européen a voté jeudi dernier, le 20 avril, en faveur de l’ouverture de négociations interinstitutionnelles sur les directives relatives aux permis uniques et aux titres de résident de longue durée, qui permettent de résider et de travailler dans un État membre de l’UE.
La directive propose un permis unique grâce auquel les personnes qui se trouvent légalement dans l’UE ou qui ont obtenu une protection internationale peuvent demander pour résider et travailler dans un pays de l’UE. La directive limiterait le délai de traitement à 90 jours et la durée du permis unique dépendrait du contrat.
La directive sur les titres de résident de longue durée permettrait quant à elle aux ressortissants de pays tiers de demander à une autorité nationale de pouvoir vivre et travailler sur le territoire pour une longue période après avoir vécu trois ans dans le pays. Actuellement, dans la plupart des États membres, les ressortissants de pays tiers peuvent demander la résidence permanente après cinq ans de vie dans un État membre.
Pour le titre de résident de longue durée, la période d’approbation sera limitée à 60 jours. Si leur demande est acceptée, les ressortissants de pays tiers pourront également se rendre dans un autre État membre pour y travailler ou y étudier, sans avoir à se soumettre à des exigences supplémentaires, telles que des exigences d’intégration.
En outre, les enfants à charge pourront bénéficier du titre de résident de longue durée si la personne qui s’occupe d’eux en est déjà titulaire.
Dans le cadre de ce régime, les bénéficiaires pourraient également être autorisés à s’absenter du territoire de l’UE jusqu’à 24 mois consécutifs sans perdre leur statut.
Allant au-delà de la proposition initiale de la Commission européenne, le Parlement européen a ajouté les travailleurs saisonniers et les personnes ayant obtenu une protection temporaire comme éligibles aux permis uniques et aux titres de résident de longue durée.
Les rapporteurs des deux dossiers, Javier Moreno Sánchez (permis unique) et Damian Boeselager (titre de résident de longue durée), ont confié aux journalistes mercredi dernier (19 avril) qu’ils s’attendaient à ce que la législation soit approuvée avant Noël prochain.
M. Boeselager a toutefois précisé que l’approbation de la directive sur le permis unique devrait être plus rapide que celle du permis à long terme.
Les directives relatives aux permis uniques et aux titres de résident de longue durée devraient être approuvées avant Noël prochain, selon les rapporteurs des deux dossiers, Javier Moreno Sánchez et Damian Boeselager. [Shutterstock/Kseniya Lanzarote]
Pacte sur l’immigration et l’asile
Le même jour, le Parlement a voté en faveur de l’ouverture des négociations sur le Pacte sur la migration et l’asile, une série de dossiers consacrés au mécanisme de solidarité sur la migration, aux procédures de filtrage des personnes entrant sur le territoire de l’UE et à la gestion des crises.
La position de négociation du Parlement européen a déjà été votée par la Commission des libertés civiles le 28 mars, et la session plénière d’avril n’aurait eu qu’à entamer formellement les négociations sans aucun vote.
Cependant, le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) et le groupe nationaliste des Conservateurs et réformistes européens (CRE) ont demandé à ce que les négociations ne soient pas poursuivies en session plénière, mais à ce qu’un vote sur le sujet soit tenu jeudi, afin de s’y opposer.
« Nous refusons que ces rapports concernant le Pacte sur l’asile et les migrations soient négociés rapidement et surtout discrètement », a confié à EURACTIV l’eurodéputé Jean-Paul Garraud, du parti Rassemblement national (ID).
« Il y a une volonté assumée que ce pacte soit adopté, à tout prix, avant les élections européennes de 2024 et l’arrivée possible d’une nouvelle majorité parlementaire qui pourrait vouloir le bloquer. »
Malgré leurs objections, les législateurs de l’UE ont donné leur feu vert à tous les dossiers avec une large majorité.
Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du mardi 25 avril du bulletin consacré aux Français de l’étranger. On ouvre notre flash quotidien des expatriés en faisant un point sur la situation au Soudan, avant de revenir sur l’élection de Stéphane Vojetta comme député et enfin on s’attardera sur le désamour entre les Français et Emmanuel Macron.
Difficile opération d’évacuation au Soudan
Nous en parlions hier, depuis samedi la France tente d’évacuer ses citoyens de l’enfer de Khartoum. Après un dimanche marqué par un incident qui a conduit au report des opérations, les évacuations ont pu commencer ce lundi. En fin de journée, 493 personnes avaient pu être exfiltrées par la France dont 196 Français. Notre pays a porté aussi assistance à des Européens mais aussi des Marocains, des Japonais ou des Australiens. Le ministère des Affaires étrangères espère boucler les opérations ce jour.
Stéphane Vojetta à la recherche de bulles de paix
En pleine pause parlementaire, Lesfrancais.press ont reçu Stéphane Vojetta, le député affilié Renaissance qui a avait réussi à battre Manuel Valls, candidat officiel du parti présidentiel dans la péninsule ibérique. On revient avec lui sur le succès de son texte encadrant l’activité des influenceurs qui fut adopté à l’unanimité et ce en pleine crise de la réforme des retraites. Une méthodologie que le député veut multiplier en créant des « bulles de paix » pour permettre à des textes transpartisans d’aboutir. Il tentera dès la reprise de l’appliquer aux projets dédiés aux Français de l’étranger. Nous le suivrons tout au long des semaines à venir.
Stéphane Vojetta
7 Français sur 10 regrettent jl’élection d’Emmanuel Macron
Un an après avoir réélu Emmanuel Macron à la tête du pays, l’heure du bilan est arrivée pour les Français. Et pour 69% d’entre eux, soit sept sur dix, la réélection du candidat Renaissance a été une mauvaise chose pour le pays, selon une enquête « L’Opinion en direct » menée par l’institut Elabe pour BFMTV publiée ce lundi. Cette perception a augmenté de 14 points depuis la dernière mesure effectuée peu après sa réélection, le 27 avril 2022. A l’inverse, 30% des Français considèrent que sa réélection a été une « bonne chose ».
Emmanuel Macron
C’est tout pour aujourd’hui, à demain pour un nouveau flash !
En pleine pause parlementaire, nous recevons Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco (Vème circonscription des Français de l’étranger), rattaché au groupe « Ensemble » réunissant les soutiens à Emmanuel Macron. Candidat sans étiquette, alors que Renaissance, le parti présidentiel lui avait préféré Manuel Valls, Stéphane Vojetta a remporté le siège avec 57,27% face à Renaud Le Berre, candidat pour la NUPES en juin 2022.
Ecoutez le podcast avec Stéphane Vojetta
L’électron libre de la majorité
On commence notre interview, évidemment, en revenant sur cette séquence qui l’a vu perdre l’investiture « Renaissance » alors qu’il était député sortant « En Marche » suite à l’élection au sénat de Samantha Cazebonne, députée de la Vème circonscription des Français de l’étranger depuis 2017, au profit de Manuel Valls, l’ancien premier ministre socialiste.
« La légitimité n’est pas télégraphée par Paris, elle sort des urnes »
Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco
Stéphane Vojetta revient en toute franchise sur ces semaines qui ont précédé la publication des investitures. Des journées qui ne furent pas faciles pour le député qui a découvert par la presse l’investiture de l’édile parisienne. Une situation que ne pouvait accepter Stéphane Vojetta, qui aurait été enclin à se retirer pour un candidat issu de la circonscription porteur d’un message positif.
Poussé par la base militante, le député sortant a décidé de mener la « bataille » et de transformer cet écueil en « opportunité ». Un pari gagnant qui lui a permis d’acquérir en notoriété, indépendance et en influence lors de son retour dans l’hémicycle.
« Si je gagnais, ça me ferait passer dans une autre dimension »
Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco
Un retour qui s’est passé sous les meilleurs auspices puisque Stéphane Vojetta a pu s’affilier au groupe « Ensemble ! » qui additionne les soutiens au Président de la République (Renaissance, Modem, Horizon et indépendants).
Le député des Français de la Vème circonscription a pu ainsi acquérir la réputation d’être « l »électron libre de la majorité », un rôle qu’il assume comme une passerelle avec les autres partis comme le démontre sa dernière proposition de loi.
Un exercice réussi puisque c’est à l’unanimité que les élus de la Nation française ont adopté ce texte le 30 mars. Cette loi, soutenue par Bercy et la ministre des PME Olivia Grégoire, en plus de donner une définition légale aux influenceurs, interdira certaines pratiques, principalement la promotion de la chirurgie esthétique. En cas de manquement, les contrevenants encourront jusqu’à six mois de prison et 300.000 euros d’amende. Aussi, les influenceurs n’ont pas le droit de faire la promotion de remèdes fallacieux, qui mettraient en danger la santé des abonnés. Enfin, les promotions de certains placements financiers à risque, notamment dans le domaine du numérique ou des cryptomonnaies, seront plus strictement encadrées.
Cette réussite pour le député Stéphane Vojetta est un exemple à suivre, car opposition et majorité ont réussi à une créer une « bulle paix » permettant de travailler pour l’intérêt commun. Une méthode qu’on espère voir s’appliquer aux sujets des Français de l’étranger.
Fiscalité et nationalité
Enfin, on conclut ce podcast en penchant sur l’activité parlementaire consacrée aux Français de l’étranger. Celle-ci est malheureusement souvent marquée par des préjugés et une réputation d’expatriés fiscaux bien loin de la réalité du quotidien de près des 3 millions de Français résidant hors de France. Une attitude de certains de ces collègues que Stéphane Vojetta dénonce depuis plusieurs mois dans les médias spécialisés mais aussi dans ceux nationaux.
Pour Stéphane Vojetta, il faut changer le regard de nos compatriotes sur les citoyens qui ont fait le choix de l’expatriation. C’est un pré-requis pour permettre un débat serein sur les propositions de lois consacrées aux Français de l’étranger comme la résidence de repli, qu’il défend à l’instar de Frédéric Petit, député des Français de la VIIème circonscription comprenant l’Europe centrale et les Balkans.
Le RNH au Portugal
Si l’optimisation fiscale n’est pas le premier moteur à l’expatriation, dans sa circonscription il existe un foyer de retraités installés au Portugal afin de bénéficier du statut des Non-Résidents Habituels, le fameux RNH. Créé en 2009, réformé en 2020, ce statut, qui annulait avant de simplement réduire la fiscalité sur les revenus issus du privé pour les nouveaux résidents au Portugal, ne peux excéder 10 ans. Ainsi depuis 2019, les premiers bénéficiaires sont sortis du dispositif. Nous avons demandé à Stéphane Vojetta quel était l’impact de cette mesure sur la population française.
La bi-nationalité en Espagne
Résidant en Espagne, Stéphane Vojetta y a construit sa vie et est le seul député à y avoir maintenu sa résidence depuis son élection. Et comme nombre d’expatriés, il aurait voulu devenir espagnol, mais la loi fédérale du royaume ibérique ne prévoyait pas la possibilité d’obtenir la nationalité espagnole si on disposait de celle française. Et vu qu’il est impossible (sauf déchéance pour acte grave comme le terrorisme et dans uniquement dans certains cas) de se défaire de la nationalité française, les Français sur place devaient donc y renoncer ou « mentir ».
Dès sa prise de fonction comme suppléant de Mme Cazebonne, Stéphane Vojetta a pris ce dossier en main jusqu’à conclure un accord avec le gouvernement espagnol sous la houlette du Ministère des Affaires étrangères françaises. Ce dernier fut adopté par les deux pays en janvier 2022.
Ensemble, on fait le point sur l’adhésion de la population à cette nouvelle possibilité.
Défendre les Français de l’étranger
On conclut ce podcast sur les missions que se donne Stéphane Vojetta pour les 4 années de mandat qui lui restent. Sans surprise, le député enraciné dans sa circonscription veut les consacrer à la défense des Français de l’étranger et pour cela il veut développer une approche transpartisane.
« Je ne me suis pas fait élire pour ne pas faire grand chose, je suis là pour faire bouger les choses »
Stéphane Vojetta, député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco
De nombreux ressortissants étrangers restent bloqués à Khartoum, la capitale du Soudan, où de violents combats opposent l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Comment les exfiltrer du pays ? L’évacuation de leurs ressortissants est un véritable casse-tête pour les chancelleries étrangères…
Mis à jour le lundi 23 avril 2023 à 17h45 (CET)
Un cessez-le-feu humanitaire
Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a participé jeudi 20 avril à une réunion organisée par l’Union africaine et rassemblant le Secrétaire général des Nations unies, les membres permanents et africains du Conseil de sécurité, ainsi que des représentants de la Ligue arabe, de l’IGAD, de l’Union européenne et de pays intéressés à la résolution de la crise soudanaise.
Comme l’a indiqué la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Catherine Colonna, la France apporte son plein soutien à l’appel conjoint de tous les participants à un cessez-le-feu humanitaire, immédiat et sans conditions au Soudan à l’occasion de la fête de l’Aïd. Elle appelle au respect strict du cessez-le-feu par toutes les parties et à la mise en place de couloirs humanitaires permettant la protection des civils et notamment de nos compatriotes et un accès humanitaire sans entrave.
Ne pas écouter les rumeurs
Dans un message transmis par l’ambassade de France, l’ambassadrice Raja Rabia, appelle les Français présents sur place à garder leur sang -froid alors que la France est en train d’organiser le rapatriement de tous les Occidentaux présents dans le pays.
« Pour votre équilibre dans ces moments si angoissants, évitez de prêter attention aux rumeurs et infox circulant sur les réseaux sociaux et médias. Concentrez-vous sur l’essentiel : votre sécurité.«
Raja Rabia, ambassadrice de France
Lancement poussif de l’opération d’évacuation
Alors que l’opération identique lancée par les Américains aurait duré une heure et aurait permis d’exfiltrer sans encombre un peu moins de 100 citoyens américains, l’opération française du week-end a connu des déboires, comme le reconnaissent des sources françaises.
La première information qui a fait état de difficultés provient des Forces de soutien rapide (les FSR), les milices antigouvernementales qui combattent l’armée régulière soudanaise depuis 8 jours.
Selon un communiqué de ces FSR, le convoi d’évacuation français a été mis en danger par des frappes aériennes à Omdurman, dans la banlieue nord de Khartoum, la capitale, ce dimanche. Un ressortissant français aurait été blessé, et le convoi français aurait dû faire demi-tour. Ce que la France a confirmé ce lundi.
Le convoi se dirigeait donc d’Omdurman vers l’autre quartier du nord de la capitale, Bahri, là où se trouve l’aéroport international qui devait servir de hub pour les opérations d’évacuation. Les tirs dont parlent les FSR ont donc provoqué le report de la RESEVAC française.
491 personnes déjà évacuées
Depuis le début de l’opération, ces rotations ont permis d’évacuer un total de 491 personnes, dont 196 ressortissants français qui souhaitaient quitter le Soudan, ainsi qu’un nombre significatif de citoyens de 36 autres nationalités, notamment européennes (Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Irlande, Islande, Moldavie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, Suisse) mais également africaines (Afrique du Sud, Burundi, Ethiopie, Lesotho, Maroc, Namibie, Niger, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Soudan, Togo, Tchad), d’Amérique (Etats-Unis, Canada) et d’Asie (Australie, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Philippines).
Les autorités françaises espèrent que l’opération sera terminée d’ici mardi soir. Mais ils préviennent : le contexte est « volatile », « des blocages restent possibles avec les belligérants ». Ils invitent donc à la plus grande prudence, et refusent de confirmer qu’un des évacués français a été blessé, dimanche 23 avril, par des tirs dont les deux camps se rejettent la responsabilité.
Il semble aussi que le choix de la voie aérienne ne constitue plus la seule possibilité étudiée par Paris. Une exfiltration par voie terrestre est aussi possible. C’est le choix fait samedi par l’Arabie saoudite qui a fait transiter près de 200 personnes par Port-Soudan à 800 km au nord-est de Khartoum.
Après une période de faible inflation, les pays occidentaux et tout particulièrement ceux de la zone euro sont confrontés à sa résurgence. Les pouvoirs publics veulent croire en son caractère éphémère et à son retour rapide dans la zone cible des 2 % retenue par les autorités monétaires. De nombreux facteurs structurels sont néanmoins susceptibles de maintenir l’inflation au-delà des 2 %. Par ailleurs, les États ont peut-être intérêt à accepter une inflation plus forte que dans le passé afin de financer le surcroît de dépenses publiques ou pour élimer de manière plus ou moins indolore les pensions de retraite par exemple.
Une énergie plus chère
L’énergie devrait coûter plus cher demain. La transition énergétique impose de substituer des énergies renouvelables à celles carbonées. Or, cette substitution suppose la réalisation d’investissements coûteux. En raison du caractère aléatoire des énergies renouvelables, des infrastructures de substitution et de stockage devront être prévues. La transition énergétique provoquera une obsolescence des équipements passés sans que ces derniers aient été obligatoirement amortis, ce qui induit également des surcoûts.
Des coûts salariaux en hausse
La baisse du taux de chômage en lien avec la stagnation voire le déclin de la population active devrait accroître le pouvoir de négociation des salariés et donc la croissance des salaires. Le taux de chômage est, en effet, tombé en-dessous de7 % en zone euro. Le vieillissement démographique devrait se faire ressentir jusqu’en 2050. Il conduit à des besoins de main-d’œuvre dans les services domestiques. Le rejet des emplois pénibles ou à horaires décalés par un nombre croissant d’actifs devrait également inciter à des augmentations de salaires. Les entreprises ne peuvent pas, en outre, compenser les augmentations des salaires par des gains de productivité, ces derniers étant faibles voire nuls depuis plusieurs années.
Le renouveau du protectionnisme
Les relocalisations industrielles au nom du souverainisme économique devraient s’accompagner d’une hausse des prix. Elles devraient aboutir à des transferts de production de pays à faibles coûts salariaux vers les pays de la zone euro. Par ailleurs, la mise en place de la taxe carbone aux frontières pourrait également conduire à une hausse des prix.
Les gouvernements ont augmenté les dépenses publiques pour limiter les effets des crises à répétition. L’épidémie de covid-19 et la guerre en Ukraine ont provoqué une progression de la dette publique de 20 points de PIB, en moyenne, au sein de la zone euro. Tout déficit est par nature inflationniste. Compte tenu des besoins en dépenses publiques dans les prochaines années, les déficits devraient rester élevés sauf à augmenter fortement les prélèvements obligatoires. Les gouvernements sont confrontés à une demande croissante en matière de défense, d’éducation, de santé, de retraite ou de dépendance. Ils devront financer une partie des équipements pour la transition énergétique et compenser les effets de celle-ci sur les ménages les plus modestes. Toute augmentation des taux provoque celle du service de la dette. Avec un déficit de plus de 4 points de PIB, les effets sont immédiats.
La politique monétaire accommodante de la BCE
La Banque centrale européenne mène une politique tout en retenue en matière monétaire. Pour éviter des problèmes de solvabilité, elle a relevé avec modération ses taux directeurs. La hausse est bien moins forte et plus lente que celle effectuée par la FED. Les taux d’intérêts réels restent amplement négatifs en Europe. Sans changement de la part de la BCE, la résorption de l’inflation sera lente. Si la BCE entendait faire revenir l’inflation dans la zone cible des 2 %, elle devrait augmenter plus fortement ses taux directeurs ce qui pourrait provoquer des tensions financières non négligeables. Une hausse des taux affaiblirait le taux d’investissement des entreprises au moment où elles doivent l’accroître pour rattraper les retards accumulés ces dernières années.
La hausse des taux par la BCE devrait également limiter l’investissement en logement des ménages qui est déjà en retrait depuis le milieu de l’année 2022. Elle pourrait amener ainsi une récession ; or, compte tenu de l’état des opinions en Europe, la survenue d’une récession est redoutée par les gouvernements.
L’inflation joue le rôle d’une taxe implicite
Dans ce contexte, l’inflation sera sans nul doute supérieure aux 2 % réglementaires. Une inflation plus élevée a plusieurs avantages pour les pouvoirs publics. Elle permet une érosion de la valeur relative de la dette publique. Les épargnants seront perdants, l’inflation jouant le rôle d’une taxe implicite. Une hausse des prix favorisera les rémunérations indexées par rapport à celles qui ne le seront pas. Les pouvoirs publics pourraient insidieusement rogner le pouvoir d’achat de certaines prestations dont celles liées à la retraite afin de favoriser les actifs.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et son homologue des Comptes publics Gabriel Attal ont présenté jeudi 20 avril le « Programme de stabilité de la France », dont l’objectif principal est « l’accélération » de la réduction de la dette. Des députés de gauche alertent sur une nouvelle « cure d’austérité ».
Fut un temps où la politique du « quoi qu’il en coûte » guidait l’action publique : tout euro dépensé pour relancer la croissance après la pandémie de la Covid-19 était légitime. La présentation du « Programme de stabilité » français siffle la fin de la partie.
240 milliards d’euros ont été dépensés depuis le début de la pandémie, soit environ 10 % du PIB français. Le bouclier fiscal, mis en œuvre suite à la guerre en Ukraine pour contrer les pires effets de l’inflation, a aussi pesé sur les finances publiques : 24 milliards d’euros cette dernière année.
Ces dépenses publiques tous azimuts étaient nécessaires, explique Bruno Le Maire : « nous avons eu pendant deux ans le niveau d’inflation le plus faible de la zone euro », à 5,2 % en 2022.
Mais l’heure est à la « fermeté » pour reprendre la main sur les finances publiques, et réduire la dette souveraine de l’ordre de 4 points d’ici 2027, de 111,6 % du PIB aujourd’hui à 108,3 %. L’exécutif table aussi sur une réduction du déficit, qui devrait atteindre 2,9 % du PIB en 2027, soit sous la barre des 3 % du « Pacte de stabilité et de croissance », pierre angulaire de la politique budgétaire européenne.
« Nous accélérons le désendettement de la France », a martelé M. Le Maire, qui justifie cette décision par le besoin de retrouver des « marges de manœuvres » afin de pouvoir faire face à un « nouveau choc conjoncturel ».
Une réduction d’autant plus urgente aux yeux de Bercy que la charge de la dette – les intérêts que l’Etat s’engagent à payer aux créanciers – est en phase d’exploser, de 46,3 milliards d’euros à 71,2 milliards, le résultat d’un resserrement « radical » des taux directeurs de la banque centrale européenne (BCE), souligne le ministre de l’Economie.
« Au moment où nous venons de demander un effort à nos compatriotes avec la réforme des retraites en leur demandant de travailler tous davantage », Bruno Le Maire estime que l’Etat doit aussi mettre la main à la patte. Il fait le pari d’une inflation à la baisse, qui atteindrait 1,75 % en 2027 – sous les 2 %, objectif sacré de la BCE.
En conséquence, la part des dépenses publiques baissera de 57,5 % du PIB à 53,5 % sur les quatre prochaines années. « C’est soit la réduction accélérée de la dette maintenant […], soit les impôts demain », a conclu le ministre.
Fut un temps où la politique du « quoi qu’il en coûte » guidait l’action publique : tout euro dépensé pour relancer la croissance après la pandémie de la Covid-19 était légitime. La présentation du « Programme de stabilité » français en marque sans aucun doute la fin. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]
« Cure d’austérité »
De quoi faire bondir les députés de l’opposition : « après la réforme des retraites, une cure d’austérité se prépare » a tweeté la députée socialiste Christine Pirès-Beaune.
Manon Aubry, députée européenne La France insoumise et présidente du groupe La Gauche au Parlement européen, ne dit rien d’autre : les annonces du gouvernement seraient « un avant-goût de la cure d’austérité que le gouvernement français promet à Bruxelles au nom de la sacro-sainte stabilité budgétaire ».
Dès janvier, au plus fort des manifestations contre la réforme des retraites, Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), expliquait à EURACTIV France qu’une « nouvelle vague d’austérité » s’abattait sur l’Europe, alors que les taux de dette ont explosé suite à la pandémie.
« Cette politique d’austérité, au moment où la crise inflationniste assomme les ménages partout en Europe, n’a aucun sens », ajoutait-elle.
La présentation du programme de stabilité s’ancre dans une réflexion plus large autour d’une révision du « Pacte de stabilité et de croissance » européen, dans un souci de rendre sa mise en œuvre plus rapide et efficace.
Enterrée. La Covid ne fait plus la une, pas même les dernières pages. L’Université John Hopkins a renoncé à suivre les chiffres jour par jour. En France, les indicateurs ne sont plus actualisés depuis mars. Les Nations Unies aussi ont arrêté tout décompte. Le monde a vaincu la Covid. Joie ! Joie ! Victoire ! Vraiment ?
De temps en temps, une alarme retentit. Les Chinois ont été les derniers à s’affoler, leur déconfinement a provoqué moins de ravages qu’attendu. Des dizaines d’études et de livres paraissent, avec plus ou moins de révélations, de crédibilité.
A observer le nombre de décès par pays et par habitant, quel bilan ?
La crédibilité, voilà la question. A observer le nombre de décès par pays et par habitant, critère presque aussi certain que la mort, quel bilan ?
Selon l’Université d’Oxford, la Covid aurait tué 6.7 millions de personnes sur la planète en trois ans, avec des écarts considérables entre les pays. Deux millions en Europe, un aux Etats-Unis.
Record mondial, le Pérou compte plus de 680 décès pour 100.000 habitants. Les autres pays les plus touchés sont tous en Europe de l’Est : Bulgarie (544 pour 100.000), Hongrie (500), Bosnie (489), Macédoine (463), Géorgie (454), Croatie (439), Tchéquie (400), Slovaquie (386), Roumanie (347), Lituanie (344), Slovénie (342), Moldavie (338), Lettonie (325), Pologne (313). Personne n’explique l’exception péruvienne, ni la concentration en Europe de l’Est.
En Amérique latine, le Chili compte aussi un nombre élevé de décès : 343 (pour 100.000). Plus que le Brésil (333), et l’Argentine (293). L’Argentine, qui a confiné six mois, a un taux de décès supérieur à la Colombie, le Paraguay, le Mexique ou l’Uruguay (220).
Les États-Unis comptent un nombre élevé de décès par rapport au nombre d’habitants : 343. Ils sont le douzième pays le plus touché. En Europe, en dehors des pays de l’est, le Royaume-Uni (331), la Grèce (324), l’Italie (311), la Belgique (295) ont été les plus meurtris.
Sur les trois années de pandémie, la Suède affiche le plus faible excès de surmortalité en Europe.
La France, avec 246 décès pour 100.000 habitants, est à la trentième place. Mieux que l’Espagne, le Portugal ou l’Autriche, moins bien que la Suède (233). Cette Suède qui a refusé de confiner n’a donc pas un taux de mortalité plus élevé que les autres. Il est même plus bas. Sur les trois années de pandémie de Covid, elle affiche le plus faible excès de surmortalité en Europe. Le confinement, surtout absolu comme en France, a été une erreur du seul point de vue de la santé publique. Sans même parler de ses conséquences économiques.
L’Allemagne a un taux de décès « bas » (203), comme l’Irlande, la Finlande ou le Danemark. Le pays le plus résistant est les Pays-Bas (137), où le confinement a été léger. Voilà pour les chiffres, contestés, contestables, puisqu’ils dépendent de la façon dont les gouvernements déclarent les « morts de la Covid ».
Première leçon : difficile de comprendre les écarts. L’ignorance est un progrès du savoir. Deuxième leçon : le confinement n’a pas assuré une protection supérieure, comme le montrent les comparaisons entre l’Argentine et ses voisins, la France et la Suède, les Pays-Bas et la Belgique. Trois mois après la fin de la stratégie « zéro Covid » en Chine, c’est-à-dire un confinement policier, la Covid a disparu, au lieu d’exploser.
Le confinement, surtout absolu, a été une erreur.
Troisième leçon : le système de soins n’a pas fait la différence. Les pays les moins touchés sont ceux dans lesquels la couverture sociale et médicale est la moins développée. L’Europe et les Etats-Unis, où les dépenses de santé sont les plus fortes au monde, ont été les plus frappés.
Est-ce la part de jeunes dans la population ? Le virus a frappé des pays marqués par la forte proportion de personnes âgées. Aux Etats-Unis, l’âge moyen des décès dus à la Covid est supérieur à 80 ans. L’espérance de vie n’y est que de 76 ans. 200.000 personnes de plus de 80 ans y sont mortes de la Covid en 2022, mais aussi, comme chaque année, 44.000 par les armes à feu (des jeunes), et 50.000 par des surdoses d’opiacés.
La vaccination aurait sauvé des millions de personnes. Elle a démontré les progrès extraordinaires de la science et la capacité de recherche des laboratoires. En deux ans et quelques milliards, plusieurs vaccins ont été élaborés, avec des techniques révolutionnaires.
Tout ce qui diminue les risques est utile. L’obligation et le contrôle policier sont-ils pour autant légitimes ?
Curieusement, la carte mondiale de la vaccination reproduit la carte des pays les plus touchés, non celles des pays qui ont le mieux résisté. Au 1er janvier 2022, 10 % de la population africaine était vacciné, contre plus de 60 % aux États-Unis et en Europe. Sur deux milliards de doses, 800 millions ont été données en Europe. Aux dénonciations d’égoïsme répondirent des protestations de solidarité. La France s’était d’ailleurs placée en première ligne pour activer un fonds de solidarité pour les pays les plus pauvres.
En fait, ce n’est pas le vaccin, mais le variant Omicron, plus contagieux, moins tueur, qui a répandu l’immunité collective. Il y eut mille polémiques sur les dangers de la vaccination : avec deux milliards de doses, on sait que les effets indésirables sont négligeables et que sa protection n’est pas absolue. Tout ce qui diminue les risques est utile. L’obligation et le contrôle policier sont-ils pour autant légitimes ?
Sans vaccins, les pays les plus pauvres, aux systèmes de santé plus fragiles, auraient dû être touchés de plein fouet. Il n’en a rien été. A moins que les défaillances statistiques masquent les décès. Mais, comme en Russie, on se serait aperçu des pics de surmortalité : le gouvernement a fini par reconnaître 329.443 décès dus à la Covid ; l’agence officielle Rosstat en dénombre par la surmortalité 660.000 en 2020 et en 2021, le double.
En prenant en compte cette surmortalité l’OMS évalue à 14,83 millions le bilan de l’épidémie. Plus du double des 6.9 millions recensés. Sont-ils dus à la Covid, aux retards de traitement des autres maladies, aux regains de la malnutrition, aux défauts statistiques ? The Lancet publie une étude de 28 chercheurs qui évaluent à 17.5 millions les morts de la Covid. The Lancet en conclut que le monde a été « incapable d’y faire face ». À l’automne 2019 pourtant, l’OMS mettait en garde contre un risque de pandémie capable de tuer « jusqu’à 80 millions » de personnes.
Les pays les plus pauvres ont plus été touchés par la panne de l’économie mondiale que par la Covid.
Ces prévisions et évaluations disent notre ignorance. Seule certitude : les pays les plus pauvres ont plus été touchés par la panne de l’économie mondiale que par la Covid. Les pays développés aussi, mais ils avaient la capacité de s’endetter. Les conséquences psychologiques de l’épidémie et des confinements, la désorganisation hospitalière, le report des actes médicaux, les retards dans la scolarisation sont trop peu étudiés.
Si l’on s’en tient, pour une population mondiale de 8 milliards d’habitants, à 7 millions de décès en trois ans, dont 90% avaient plus de 80 ans, principalement dans les pays riches, a-t-on eu raison de mettre à l’arrêt l’économie de la planète, de bloquer l’éducation et les échanges ?
Au-delà des coûts, reste la question la plus importante : celle des restrictions, des régimes policiers mis en place, y compris dans les pays démocratiques. Jamais on ne vécut cet enfermement.
Plus on a parlé de Covid, plus on y a succombé.
La planète vit déjà dans un monde virtuel, ultra dépendant de l’information : les pays les plus touchés sont ceux où les systèmes d’information sont les plus performants, perforants. Plus on a parlé de Covid, plus on y a succombé. Comme si la télé et les réseaux sociaux répandaient le virus, frappant non seulement les esprits, mais aussi les corps. C’est pourquoi le fait de ne plus en parler est une excellente nouvelle.
Par peur ou discipline, chacun renonce aux principes élémentaires.
Pardonnez donc d’avoir brisé ce silence. Il faut bien y revenir pour conjurer la malédiction diffusée : ni la rapidité de son expansion, ni la panique des pouvoirs publics, ni les polémiques scientifiques. Le mal le plus profond : la facilité avec laquelle la suspension des libertés publiques a été acceptée.
Par peur ou discipline, chacun renonce aux principes élémentaires, comme celui d’aller et de venir.
La vie est une maladie mortelle. L’accepter est difficile. Les puissances en jouent, échangent la vie contre l’obéissance. Le principe même de l’esclavage. La liberté, même la plus élémentaire, est fragile. La liberté est un combat. Comment oser le mener si on ne le sait pas ?
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press