Politico europe a fait une révélation étonnante, ce 5 mai. On apprend par le web-magazine anglophone que l’ancien consul général de France à Marrakech, Philippe Casenave, prêtait sa résidence officielle à un ami. Et ce dernier en a bien profité, ledit « ami » utilisait la propriété de l’Etat, un riad de 785m², un jardin de de 5 000m² avec piscine comme sa propre maison.
Un directeur du protocole d’État éphémère
Si l’affaire est désormais connue, c’est tout simplement que Philippe Casenave a été nommé mardi 02 mai directeur du protocole d’État. Poste qu’il ne conserva que quelques heures.
Rappelons que cette fonction, quoique discrète, est cruciale pour le fonctionnement de l’Elysée. Attaché au Quai d’Orsay, où il dispose d’un joli bureau avec vue sur la Seine, le directeur du protocole, témoin privilégié de toutes les histoires, petites et grandes, est aussi présent à l’Elysée, dans l’aile ouest du Palais, où il veille à l’organisation des dîners d’État, visites royales ou de visites de chefs d’État étrangers. En chef d’orchestre, il suit en première ligne tous les événements diplomatiques internationaux auxquels participent le président de la République, la Première ministre et la ministre des Affaires étrangères, et organise leurs déplacements à l’étranger.
S’il dut renoncer à ce poste prestigieux, c’est suite aux révélations de 3 diplomates entraînant l’ouverture d’une enquête « express ». Et le pot aux roses fut donc découvert. Cependant, la décision de nommer Philippe Casenave au prestigieux poste de directeur du protocole d’État en avril soulève des questions sur l’efficacité du processus de contrôle au ministère des Affaires étrangères.
Philippe Casenave
Des orgies sous les ors de la République ?
Si l’affaire fait tant scandale dans le monde feutré de la diplomatie, c’est que l’ami, décorateur de profession, recevait des amis le week-end et se permettait même d’utiliser l’argenterie et le service de dîner gravé aux insignes de la République française.
L’enquête interne a également révélé que l’ »ami » du consul recevait régulièrement des « jeunes, vraisemblablement des prostituées », en l’absence du consul.
Ces faits se sont produits pendant 2 ans, de 2018 à 2020. Un point qui soulève, là aussi, des interrogations sur l’encadrement de nos diplomates et sur la mise à disposition des biens de la Nation. Espérons que cette révélation poussera Mme Colonna, ministre des Affaires étrangères, à repenser la gestion des ressources humaines comme celle des biens de la République.
A moins que nos diplomates soient simplement happés par « la cuisine marocaine » à l’instar d’un proviseur du Lycée Français à Marrakech qui fut accusé d’harcèlement sexuel ?
Le 26 avril, la Première ministre Elisabeth Borne présentait la feuille de route de son gouvernement pour l’année à venir, avec en son cœur un nouveau « Pacte de la vie au travail » et une future « Loi Travail ». Tour d’horizon des réformes déjà engagées ces dernières années sur le travail et l’emploi en France, et ce qui pourrait bientôt changer.
Renouer le lien qu’ont les Français avec leur travail tout en atteignant le plein-emploi : telle est la mission que le président de la République s’est donné, au sortir d’une réforme des retraites politiquement explosive. La nouvelle séquence politique, marquée du sceau de « l’apaisement », doit remettre la question du travail au centre des débats, avec des mesures fortes dès l’été 2023.
EURACTIV revient sur les dispositifs existants pour améliorer le travail et l’emploi en France, et ce qui pourrait changer au sein d’une nouvelle « Loi Travail ».
Réforme de l’assurance chômage
Dès 2019, une réforme de l’assurance chômage de grande envergure voyait le jour. Objectif : lutter contre le recours abusif aux contrats courts, inciter à la reprise d’un emploi en établissant de nouvelles règles d’indemnisation et renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
Suite à l’échec des négociations entre les partenaires sociaux en 2019, le gouvernement a légiféré par décret. Ces règles doivent rester en vigueur au moins jusqu’au 31 décembre 2023.
Lors de la campagne présidentielle de 2022, Emmanuel Macron annonçait une deuxième partie de la réforme, qui viserait à moduler la durée d’indemnisation des chômeurs pour pousser au retour à l’emploi dans un contexte de pénurie de main d’œuvre. Cette loi est entrée en vigueur le 1er février 2023.
Selon le texte, si le taux de chômage national passe sous la barre des 9 %, les chômeurs verront leur durée d’indemnisation baisser de 25 %. Le statu quo sera rétabli si le taux de chômage dépasse 9 %, ou s’il augmente de plus de 0,8 % au cours d’un trimestre.
Ainsi, la durée maximale pendant laquelle un chômeur de moins de 53 ans peut prétendre à des allocations chômage, aujourd’hui à 24 mois, tombe à 18 mois.
La réforme prévoit également d’interdire le versement d’indemnisations aux personnes ayant abandonné leur poste sans préavis. En outre, un travailleur sous contrat à durée déterminée (CDD) qui refuse un contrat à durée indéterminée (CDI) deux fois dans la même année se verra également refuser ses droits au chômage. Les décrets d’application portant sur ces mesures n’ont toutefois pas encore été publiés.
Un nouveau cycle de négociations avec les partenaires sociaux doit voir le jour d’ici la fin 2023.
Transformer Pôle Emploi en « France Travail »
Le gouvernement a annoncé vouloir transformer Pôle Emploi en « France Travail », dans le cadre d’un projet de loi qui devrait être présenté début juin. L’idée est d’en venir à un « service public de l’emploi plus efficace avec une gouvernance partagée entre Etat, collectivités et partenaires sociaux », a souligné Mme Borne.
Si les contours de la réforme restent flous, le haut-commissaire à l’Emploi et à l’Engagement des Entreprises Thibaut Guilluy a rendu un rapport fin avril qui délimite la nature des changements « pour atteindre le plein emploi et permettre ainsi l’accès de tous à l’autonomie ».
Le rapport, fruit d’une réflexion de plusieurs mois, fait état d’une situation presque paradoxale qui veut qu’au même moment où les entreprises souffrent d’une pénurie de main d’œuvre historique,des chercheurs d’emploi peinent toujours à réintégrer le marché du travail.
Il s’agit de faire de France Travail la porte d’entrée de toute recherche d’emploi, et favoriser la coopération entre tous les acteurs concernés par la création d’un « réseau France Travail ». L’objectif, par ce biais, serait de « réduire significativement les emplois non pourvus faute de candidats et diminuer plus encore les délais de recrutement », souligne le rapport.
Conditionnement du RSA
Annonce phare du président de la République dès la campagne présidentielle de 2022, et réitérée lors de son interview le 13 avril dernier sur TF1 et France 2, l’octroi du Revenu de solidarité active (RSA) devrait bientôt être conditionné « d’activités d’accompagnement de 15 à 20 heures par semaine », explique le rapport de M. Guilluy.
Le RSA assure aux personnes sans aucune ressources et d’au moins 25 ans un niveau minimum de revenus. Au 1er avril, il était de 607,75 euros par mois pour une personne vivant seule en métropole.
Avec cette mesure, le président s’est donc engagé à « aller chercher » les personnes au RSA et « les aider à revenir vers l’emploi », puis les « responsabiliser ». Selon les chiffres les plus à jour du ministère du Travail, 4,25 millions de personnes étaient allocataires du RSA en 2021.
Prévention de l’usure professionnelle
Dès 2014, une réforme des retraites, dite « réforme Touraine », créait le Compte personnel de prévention de la Pénibilité (C3P), octroyé à tout travailleur exposé à des critères de pénibilité. Ces critères, au nombre de 10, incluaient les manutentions manuelles de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, ou encore les températures extrêmes ou le bruit.
Chaque trimestre « d’exposition » donne alors droit à un certain nombre de points qui, une fois accumulés, pouvaient permettre de suivre des formations pour faciliter une réorientation professionnelle, financer un maintien de rémunération ou gagner des trimestres de retraite.
En 2017, le C3P fait place au Compte professionnel de prévention (C2P), dont le fonctionnement est peu ou prou identique, mais le nombre de critères passe de 10 à six. Le calcul de certains critères d’origine étaient en effet considérés trop complexes.
Plus récemment, suite à la promulgation de la réforme des retraites de 2023 en avril, l’accumulation de points au sein d’un C2P peut aussi permettre un « congé de reconversion » vers un emploi moins exposé à des facteurs de risques professionnels.
La réforme crée aussi un « fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle » à hauteur d’un milliard d’euros d’ici à 2027, qui devrait financer des actions de sensibilisation et de formation.
La nouvelle séquence politique, marquée du sceau de « l’apaisement », doit remettre la question du travail au centre des débats, avec des engagements forts dès l’été 2023. [STEPHANIE LECOCQ/EPA-EFE]
Emploi des seniors
Les mesures relatives à l’emploi des seniors, qui avaient cristallisé les débats sur la réforme des retraites, avaient finalement été retoquées par le Conseil constitutionnel.
Le gouvernement compte les réintégrer dans une « Loi Travail » plus large.
Il souhaite, d’abord, créer un « index senior », qui prévoit l’obligation – avec sanctions en cas de non-respect – pour les entreprises de plus de 300 salariés de publier « les indicateurs relatifs à l’emploi des salariés âgés » et les mesures prises « pour favoriser leur emploi dans l’entreprise », pouvait-on lire dans le projet de réforme.
Le « CDI seniors », une demande expresse des organisations patronales qui avait été défendue par les sénateurs, devrait aussi (re)voir le jour. Il consisterait en un contrat exonéré de cotisations familiales pour compenser le coût des salaires.
Ainsi, « on adapte les conditions de travail des salariés en fonction de [leur] âge ou du phénomène d’usure », expliquaient les sénateurs René-Paul Savary (Les Républicains) et Elisabeth Doineau (Union des démocrates et indépendants) lors des débats sur la réforme des retraites en mars.
Dès 2010, les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation légale de mettre en œuvre des dispositifs pour accompagner l’emploi des seniors. L’État peut aussi accorder une subvention financière pour tout recrutement d’une personne de plus de 45 ans. Enfin, un « CDD seniors » de 18 mois permet de garder en emploi sans engagement les personnes de plus de 57 ans.
Un Compte épargne-temps (CET) « universel » et « portable »
Le CET, créé en 1994, a comme vocation de « permettre au salarié d’accumuler des droits à congé rémunéré […] en contrepartie des périodes de congé ou de repos non prises », selon la définition du ministère du Travail.
Un décompte du ministère indique que seul un salarié sur 10 bénéficie d’un CET, dont la mise en œuvre n’est pas obligatoire, tant les contraintes pourraient être grandes pour les plus petites entreprises.
Lors de la campagne présidentielle de 2022, Emmanuel Macron promettait la mise en œuvre d’un CET « universel » et « portable », dont tous les salariés pourraient bénéficier et conserver tout au long de leur carrière, même en changeant d’employeur.
Une idée qui pourrait donc être reprise par le gouvernement dans le cadre de ce nouveau « Pacte ».
Index « égalité professionnelle »
Depuis 2020, toute entreprise de plus de 50 salariés a l’obligation de publier un « Index égalité professionnelle ». Le dispositif, créé en 2018, mesure les écarts de rémunération, d’augmentations individuelles, de promotions et la mise en œuvre de tout mécanisme facilitant l’accès à un congé maternité et à la parité au sein des dix salariés les mieux payés dans l’entreprise.
En 2023, la note moyenne des entreprises concernées était de 86 sur 100 en 2022, soit une augmentation d’un point chaque année depuis 2020.
Malgré l’obligation légale, le taux de respect de l’obligation était de « seulement » 72 %.
Dans le cadre du « Pacte », le gouvernement devrait donc s’engager à tout faire pour que la note globale des entreprises continue de s’améliorer, et faire en sorte que 100 % d’entre elles se plient à l’exercice.
Formation continue
Promulguée en septembre 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » vise à faciliter l’accès à la formation professionnelle continue.
L’une des mesures phase concerne le Compte personnel de formation (CPF), qui est maintenant crédité en euros, et non plus en heures, permettant aux actifs de suivre des formations éligibles à tout moment de leur parcours professionnel.
La loi intègre aussi des dispositifs pour favoriser la mobilité professionnelle, comme un nouveau Projet de transition professionnelle, qui permet de suivre une formation qualifiante afin de changer de métier.
Les indemnités chômage pour les démissionnaires porteurs d’un projet de reconversion sont aussi allongées.
Les ambitions de l’exécutif sur ce thème dans le cadre de la nouvelle « Loi Travail » restent encore inconnues.
Transposition de l’accord sur le partage de la valeur
En février 2023, les partenaires sociaux parvenaient à un accord sur un meilleur partage de la valeur en entreprise. L’accord oblige les entreprises entre 11 et 49 salariés à mettre en œuvre un dispositif de partage de la valeur — intéressement, primes, etc. — lorsque les bénéfices nets fiscaux sont au moins égaux à 1 % du chiffre d’affaires.
La Première ministre s’est engagée à transcrire les termes de l’accord de manière « fidèle et totale » dans une loi spécifique.
La loi « Pouvoir d’achat » de l’été 2022 crée aussi une Prime de partage de la valeur (PPV), qui peuvent être versées à la discrétion de l’employeur, dans les limites des 3 000 euros par an, ou 6 000 euros dans la cadre d’un accord d’intéressement.
Pour tous les salariés gagnant jusqu’à trois fois le SMIC, la prime est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.
Près de 5 millions de salariés ont touché une PPV en 2022, pour un montant moyen de 806 euros, selon l’INSEE.
Le couronnement du Roi Charles III se déroulera ce samedi 6 mai à Londres. Les Britanniques en sont très heureux. Pour célébrer l’événement, les sujets ont posé des décorations spécialement conçues pour cette date historique. Signe de leur impatience, elles sont en place depuis des semaines que ce soit dans les rues et dans les commerces. L’ensemble des festivités pour célébrer le nouveau monarque se dérouleront sur 3 jours. Nous avons voulu savoir ce que les Français à Londres et au Royaume-Uni pensent du Roi et de ce couronnement.
Des Français joueront le jeu
Charles prêtera serment dans l’abbaye de Westminster. Assis sur la chaise du roi Édouard, il recevra l’onction d’huile de l’archevêque puis les attributs royaux. Après la cérémonie, 4 000 militaires vont défiler et les avions de la Royal Air Force traverseront le ciel londonien. Il y aura des leaders bouddhistes, hindous, juifs, musulmans et sikhs qui participeront à plusieurs aspects du couronnement.
Anne-Marie, qui travaille en France en open space a hier avec plusieurs collègues a décidé de savourer des mets anglais le jour J, en l’honneur de l’événement. Fish and chips, rôti à la menthe, pudding, petits pois, gelée, etc.
“Chacun rivalisait de créativité et nous allons passer un moment réjouissant !”
Anne-Marie, Française de Londres qui va célébrer le nouveau roi avec ses collègues
Elle ne sera pas la seule française, car si comme nous le verrons plus bas dans cet article, les Français de Londres sont sceptiques sur les capacités du nouveau roi à relever les défis qui attendent le Royaume-Uni, les citoyens résidant en France sont nombreux à traverser la Manche pour participer à cet événement, que certains qualifient d’historique.
London, England – 10.05.22: PRINCE CHARLES REPRESENTS QUEEN ELIZABETH at the State Opening of Parliament. The Prince of Wales was accompanied by Camilla, Duchess of Cornwall and Prince William to the ceremony.
Et les anti-monarchie ?
Mais le ciel n’est pas totalement bleu pour Charles III. Ainsi, les groupes anti-monarchie seront autorisés à manifester lors du couronnement du roi, a déclaré le ministre de la Sécurité, Tom Tugendhat, à l’émission Today de la BBC. Des précisions qui sont intervenues après qu’un groupe planifiant une manifestation sur la route du couronnement a été averti de nouvelles lois interdisant les « perturbations graves ».
Aussi, le mouvement “Republic” coordonne des manifestations à travers le Royaume-Uni et a eu des entretiens avec la Met Police (police métropolitaine) au sujet d’une manifestation à Trafalgar Square à Londres, au passage de la procession du roi. Les chefs de police ont accepté que cette manifestation soit légale et pacifique. Le groupe espère que jusqu’à 1 700 partisans se rassembleront autour de la statue de Charles Ier, décapité en 1649, et tiendront des pancartes jaunes déclarant « Pas mon roi ».
Une décapitation qui fait écho à la guillotine française. Car les Français de Londres se révèlent finalement attachés aux valeurs républicaines. Ainsi Catherine, elle, se sent complètement déconnectée de l’événement… et de la famille royale. Pourtant, elle est à Londres depuis 14 ans et a acquis la nationalité britannique.
“Mes enfants vont à l’école anglaise et forcément ils travaillent là-dessus. Donc je suis ce que demande l’école pour ne pas faire de vagues mais je ne mettrai pas la télé en route samedi matin ! Je trouve ça indécent aussi la quantité d’argent mise là dedans quand tellement d’autres en auraient besoin.”
Catherine, Français de Londres depuis 14 ans
Un sondage de l’institut YouGov montre que 58% des 4 592 Britanniques ayant participé estiment toujours qu’un monarque est préférable à un chef d’État élu, souhaité par 26% des sondés. Reste que les Britanniques sont majoritairement pro-monarchie même si les chiffres sont en recul.
Ainsi, si 78% des plus de 65 ans sont favorables à la monarchie, seuls 32% des 18-24 ans sont d’accord (contre 38% qui souhaitent un chef d’Etat élu et 30% sans opinion). Les trois quarts des jeunes sondés (78%) se disent par ailleurs “pas intéressés” par la famille royale.
Sécurité
Le Met a déclaré que plus de 11 500 policiers seront en service à Londres samedi – dont 9 000 sur la route du cortège entre le palais de Buckingham et l’abbaye de Westminster – et près de 30 000 impliqués au total dans le week-end précédent et le week-end férié.
Les officiers équipés d’armes à feu seront prêts à répondre à tout incident, et bénéficieront du soutien maritime sur la Tamise, de l’unité cynophile et des officiers de la gendarmerie spéciale. Environ 1 000 officiers sont en cours de recrutement à partir de forces ailleurs dans le pays pour renforcer les effectifs.
Beaucoup de chefs d’État seront présents dont Emmanuel Macron. On se rappelle que le Président français a assisté à l’enterrement de la Reine Elizabeth II en septembre 2022. Dimanche il y aura un concert géant à Windsor avec des fêtes de rue. Beaucoup de Britanniques et des Français, plutôt des touristes, profitant du long week-end du 8 mai, seront présents pour célébrer cet événement historique.
Nous serons à leurs côtés tout au long du week-end pour vous faire vivre les événements vus par les Français de et à Londres.
Bienvenue dans le dernier flash quotidien des expatriés de cette semaine. Ce vendredi 05 mai, on évoque bien sûr l’événement du week-end, le couronnement du roi Charles III, on revient sur le lundi 8 mai qui sera férié dans quelques pays, tandis qu’en France Marlène Schiappa est engluée dans un scandale financier.
On vous aime, nous non plus
C’est ainsi qu’on peut définir l’état d’esprit des Français alors que le fils d’Elisabeth II sera couronné demain samedi 06 mai. En effet, si les résidents dans l’hexagone se sont pressés de réserver avions, trains et nuitées pour venir assister à l’événement historique, les Français de Londres sont indifférents à cette démonstration de patriotisme britannique et sont plutôt inquiets sur les compétences de Charles III alors que le Royaume-uni traverse une des plus grandes crises de son histoire. Cependant vous pourrez retrouver tout au long du weekend, une touche « british » chaque début d’heure et un classement TOP TEN spécial animé par Olivier depuis notre studio de Londres, à retrouver en replay sur francaisdanslemonde.fr.
8 mai, le jour de la victoire
Alors que plus de 60% des humains avaient le droit à un jour chômé lundi dernier, il n’en sera pas de même pour le 8 mai. Journée célébrant la victoire contre l’Allemagne nazie, la capitulation en Europe occidentale ayant été signée le 8 mai 1945, il n’est, pourtant, férié qu’en France ainsi qu’en République tchèque et en Slovaquie. Les Russes célèbrent aussi la fin de la « Guerre patriotique » comme elle est désigné dans ce pays mais le 09 mai. En 1945, les Soviétiques avaient exigé une autre cérémonie de capitulation qui s’est tenue donc le lendemain de celle signée par les Français, les Américains et les Anglais.
Marlène Schiappa aurait-elle détourné des subventions de son fonds Marianne ?
Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire dans l’affaire du « Fonds Marianne » lancé en 2021 par Marlène Schiappa après l’assassinat de Samuel Paty afin de lutter contre le séparatisme. Selon l’AFP, cette information judiciaire a été ouverte sur des chefs de détournement de fonds publics, détournement de fonds publics par négligence, abus de confiance et prise illégale d’intérêts. Les investigations se poursuivent sous la conduite du ou des magistrats instructeurs désignés.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve mardi. Courage à tous ceux qui bossent lundi !
Vous souhaitez partir en vacances, en France ou ailleurs pour les vacances d’été ? C’est possible ! Comme expliqué sur le site du ministère de l’Intérieur, depuis le 1er août 2022, les voyageurs n’ont plus aucune formalité à accomplir avant leur arrivée en France, en métropole comme outre-mer, et la présentation du passe sanitaire ne peut plus être exigée, quel que soit le pays ou la zone de provenance. Il n’y plus besoin de justifier son voyage avec un « motif impérieux« . Enfin, les voyageurs n’ont plus à présenter d’attestation sur l’honneur de non-contamination et d’engagement à se soumettre à un test antigénique ou un examen biologique à l’arrivée sur le territoire national. Même chose pour les déplacements entre la métropole et chacun des territoires ultramarins. En revanche, certains pays étrangers sont susceptibles de conserver des mesures et formalités spécifiques pour l’accès à leur territoire.
Faut-il un masque dans l’avion ?
Le port du masque chirurgical ou de type FFP1, 2, 3 (sans valve) peut être obligatoire à bord ou à l’aéroport selon votre pays de départ ou de destination. Pour les compagnies espagnoles par exemple, le masque est obligatoire à bord de l’avion. Veuillez vérifier la réglementation pour votre voyage avant le départ, conseille Air France.
Certains pays demandent un schéma vaccinal complet ?
L’attestation de vaccination n’est plus nécessaire pour voyager en France ou pour regagner l’Hexagone. Elle peut cependant être demandée par certains pays.
Pour le vaccin Janssen, le schéma initial est complet 28 jours après l’administration d’une dose.
Pour les autres vaccins (Pfizer/Comirnaty,Moderna, AstraZeneca/Vaxzevria/Covishield), le schéma initial est complet 7 jours après l’administration d’une 2e dose. Une infection à la Covid-19 équivaut à l’administration de l’une de ces 2 premières doses.
Certains vaccins ne sont pas autorisés par la Commission européenne ou ne sont pas reconnus par l’Agence nationale de sécurité des médicaments. Pour autant, ils sont autorisés par l’Organisation mondiale de la santé. Pour ceux-là et à condition que toutes les doses requises aient été reçues, le délai est de 7 jours après l’administration d’une dose complémentaire d’un vaccin ARN messager bénéficiant d’une telle autorisation ou reconnaissance. Pour que le schéma demeure complet, un rappel peut être nécessaire.
Voyager en Europe
On commence par un petit tour d’horizons des dernières règles en vigueur en Europe.
Espagne
Toutes les restrictions aux déplacements vers l’Espagne par voie terrestre, aérienne ou maritime sont levées pour les passagers en provenance de l’Union Européenne ou pays associés Schengen.
L’ensemble du territoire espagnol est soumis aux règles de la « nouvelle normalité », qui prévoient notamment :
le port du masque obligatoire pour toute personne de plus de 6 ans dans les établissements de santé, y compris les pharmacies, dans les résidences pour personnes âgées ainsi que dans tous les transports publics ;
le respect des gestes barrières.
Italie
Si vous arrivez de France, l’entrée sur le territoire italien n’est pas soumise à la présentation d’une preuve de vaccination ou de guérison, ni d’un test. Le passenger locator form (PLF) n’est plus requis depuis le 1er mai 2022. Mais depuis d’autres pays, hors UE, des mesures peuvent être encore d’actualité.
Le port du masque reste obligatoire dans certains lieux :
masque FFP2 dans les transports (sauf aérien), y compris dans les taxis ;
masque (FFP2 ou chirurgical, au choix) dans les établissements de santé, les établissements d’hébergement pour personnes âgées, les hôpitaux et les structures sanitaires.
Dans les cas où le port du masque est obligatoire, en sont exemptées les personnes suivantes :
les enfants de moins de six ans ;
les personnes présentant une pathologie ou un handicap incompatible avec le port d’un masque ;
les personnes pratiquant des activités sportives.
Important : Un ressortissant français positif en Italie est soumis aux règles sanitaires italiennes et doit respecter un isolement strict dont la durée diffère selon les cas et les variants. Celui-ci peut aller de 7 à 21 jours pour les positifs de longue durée et ne peut être interrompu qu’avec l’autorisation des autorités sanitaires locales.
Portugal
Depuis le 1er juillet 2022, vous n’avez plus besoin d’un certificat de vaccination COVID-19 ou d’un test COVID-19 négatif pour entrer au Portugal. Il n’existe aucune restriction sanitaire pour entrer sur les îles de Madère et des Açores. L’obligation du port du masque est maintenue :
dans les lieux où les personnes qui les fréquentent sont particulièrement vulnérables (établissements et services de santé, établissements d’hébergement, foyers ou services de maintien à domicile pour les populations vulnérables ou les personnes âgées, et unités de soins de longue durée) ;
dans les lieux caractérisés par une utilisation intensive (transports publics de passagers, y compris le transport aérien, le transport de passagers en taxi ou TVDE (Uber).
Ailleurs dans le monde ?
Hors de l’Union Européenne des mesures sont encore en place ou viennent d’être levées.
USA
C’est officiel, l’obligation d’être vacciné contre la Covid-19 pour les voyageurs internationaux à destination des États-Unis ne sera plus d’actualité à partir du 11 mai 2023.
Brésil
L’arrêté interministériel n°678 du 12 septembre 2022prévoit que pour entrer sur le territoire brésilien, il convient sauf pour les enfants de moins de 12 ans, les transporteurs, les équipages d’avions, les résidents frontaliers des cités jumelles, et les personnes en situation de vulnérabilité du fait d’une crise humanitaire :
soit de présenter une preuve de schéma complet de vaccination contre la Covid19 (en langues portugaise, ou espagnole, ou anglaise, comportant le nom du voyageur, la référence du vaccin injecté, et les dates de vaccination nécessairement antérieures de 14 jours à la date d’embarquement),
soit de présenter un résultat négatif ou indétectable de test antigène ou RT-PCR, réalisé un jour avant l’embarquement.
L’entrée sur le territoire national des voyageurs ayant eu la Covid-19 au cours des 90 (quatre-vingt-dix) derniers jours, à compter de la date d’apparition des symptômes, et qui sont asymptomatiques et persistent avec le test RT-PCR ou test antigénique détectable pour la Covid-19, sera autorisée sur présentation des documents suivants :
2 (deux) résultats de RT-PCR détectables, avec un intervalle d’au moins 14 (quatorze) jours, le dernier étant réalisé 1 (un) jour avant l’embarquement ; et,
Certificat médical avec la signature du médecin responsable, attestant que la personne est asymptomatique et apte à voyager, incluant la date du voyage.
Les attestations de rétablissement de la Covid19 ne sont pas admises en substitution du certificat de vaccination ou du test.
Tunisie
Il est très vivement recommandé aux voyageurs de plus de 18 ans se rendant en Tunisie d’avoir achevé leur schéma vaccinal contre la Covid-19 avant leur départ.
Depuis le 27 mai 2022 :
a. Les voyageurs vaccinés de plus de 18 ans doivent :
présenter le certificat de leur schéma vaccinal complet contre la Covid-19 ;
se soumettre aux tests de dépistage aléatoires qui seront réalisés à l’arrivée. Les personnes positives devront appliquer un auto-isolement de 5 jours, qui peut être prolongé à 7 jours en cas d’apparition des symptômes.
b. Les voyageurs de plus de 18 ans non vaccinés ou présentant un schéma vaccinal incomplet y compris ceux n’ayant reçu qu’une seule dose de vaccin (pour les vaccins à deux injections) entrant en Tunisie doivent :
présenter un test PCR négatif à la Covid-19, portant un QR code, réalisé moins de 48 heures avant le premier embarquement ou un test antigénique (TDR-Ag) négatif, portant un QR code, réalisé moins de 24 heures avant le premier embarquement (les auto-tests ne sont pas reconnus) ;
se soumettre aux tests de dépistage aléatoires à l’arrivée.
Les voyageurs de moins de 18 ans sont exemptés de l’obligation de test ou de vaccination.
Mesures en vigueur en Tunisie : un passe vaccinal est exigible pour accéder aux lieux publics pour toutes les personnes de plus de 18 ans. Le passe sanitaire européen est reconnu par les autorités tunisiennes.
Depuis le 30 septembre 2022, toutes les restrictions sanitaires (présentation du passe vaccinal ou d’un test PCR négatif) à l’entrée sur le territoire marocain sont levées. Seule la fiche sanitaire du passager (https://www.onda.ma/form.php) dûment renseignée doit être présentée à l’arrivée au Maroc.
Japon
C’est de nouveau possible d’aller au Japon. Mais avec certaines conditions. Comme expliqué sur le site de France Diplomatie. Depuis le 11 octobre 2022, l’entrée sur le territoire japonais pour un court séjour ne dépassant pas 90 jours ne nécessite plus l’obtention préalable d’un visa pour les ressortissants français. En revanche, pour un long séjour de plus de 90 jours, il y a toujours une obligation de visa. Pour entrer au Japon, depuis le 7 septembre, la présentation d’un résultat de test PCR négatif réalisé moins de 72 heures avant le vol n’est plus requise pour les voyageurs disposant d’un schéma vaccinal complet (3 doses ; les vaccins autorisés sont les vaccins Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen – 2 doses uniquement – , Novavax et Covaxin/Bharat Biotech). Les informations (nom et prénom(s), date de naissance, nom du vaccin, date de vaccination et nombre de doses) des certificats de vaccination doivent être rédigées (ou traduites) en japonais ou en anglais. Cette mesure concerne uniquement les voyageurs en provenance de pays/régions où la circulation du variant est prépondérante (cas de la France). Une attestation de test PCR négatif de moins de 72 heures reste toutefois obligatoire pour les personnes ne pouvant justifier d’un tel schéma vaccinal. Seul le modèle d’attestation édité par le ministère de la santé du Japon doit être utilisé dans ce cas.
► Les voyageurs sont invités à renseigner en ligne, préalablement à leur entrée sur le territoire japonais, les informations demandées par les autorités japonaises dans le cadre de la procédure Fast Track et sur le site Visit Japan Web afin de faciliter les contrôles à leur arrivée sur le territoire japonais.
Avec le vieillissement de la population, les pénuries de main-d’œuvre ont vocation à se multiplier en particulier dans le secteur des services. L’automatisation et la robotisation sont des moyens pour compenser ce manque. Les progrès de l’intelligence artificielle offrent de nouveaux moyens pour substituer la machine aux hommes et aux femmes. Cette évolution génère des craintes au point qu’une tribune de l’ONG Future of Life Institute, signée par de nombreux responsables de la haute technologie dont Elon Musk, appelle à une « pause » de six mois dans la création des formes les plus avancées d’intelligence artificielle.
Les progrès des robots conversationnels ont surpris par leur ampleur et leur rapidité grâce à leurs capacités auto-apprenantes. ChatGPT d’Openai est ainsi capable de résoudre des énigmes logiques, d’écrire des codes informatiques et d’identifier des films à partir de résumés. Ces modèles sont appelés à transformer la relation des humains avec les ordinateurs. Les partisans de l’intelligence artificielle mettent en avant les gains de temps pour résoudre des problèmes complexes. Ces derniers seraient importants en matière de conception de médicaments ou en matière de météorologie. Pour d’autres, en revanche, le recours croissant aux machines dotées d’intelligence artificielle pourrait aboutir à une perte de contrôle des humains sur des processus de décision.
Intelligence artificielle
Le scénario des films « Terminator »
Le scénario des films « Terminator » pourrait ainsi devenir réalité avec une autonomisation des ordinateurs pouvant amener à des catastrophes. La force des nouveaux langages d’intelligence artificielle est de pouvoir se nourrir de l’ensemble des données disponibles sans étiquetage préalable. Ils absorbent les fichiers en distinguant leur nature. Ils bénéficient également de l’accélération des processus de traitement des données.
Le succès médiatique de ChatGPT a été rapide. Révélée au grand public au mois de novembre 2022, cette application a été utilisée en moins d’une semaine par un million de personnes. En deux mois, ce nombre a dépassé 100 millions. De nombreux élèves l’ont utilisé pour leurs devoirs. Des élus aux États-Unis ont avoué l’utiliser pour faire leurs discours.
L’efficacité de ChatGPT est telle que Microsoft a décidé de l’intégrer dans son moteur de recherche Bing. Chaque révolution industrielle génère des peurs et des fantasmes. Des machines à tisser au XVIIIe siècle à ChatGPT au XXIe siècle en passant par les robots et les ordinateurs à la fin du XXe, les précédents sont nombreux. Jusqu’à présent, la nouvelle technologie a créé de nouveaux emplois pour remplacer ceux qu’elle a détruits. Le développement du machinisme a créé de nombreux emplois. Ceux qui ont été détruits dans les champs ou dans les usines ont été remplacés assez aisément. Certains craignent une dislocation des marchés du travail avec la suppression rapide de millions d’emplois dans les services. Ces robots affaibliraient encore plus les classes moyennes en s’attaquant aux fonctions remplies par de nombreux employés et cadres moyens voire supérieurs. Ils peuvent ainsi réaliser des synthèses de documents et écrire des codes informatiques.
Dans une enquête menée en 2022 auprès de chercheurs en intelligence artificielle, 48 % d’entre eux pensaient qu’il y avait au moins 10 % de chances que l’intelligence artificielle ait un impact « extrêmement mauvais » et 25 % ont déclaré que le risque était de 0 %. Le chercheur médian a évalué le risque à 5 %.
Pause ou rente de situation
Les experts qui ont demandé une pause sont pour un certain nombre d’entre eux, comme Elon Musk, des acteurs de l’intelligence artificielle. Cette pause pourrait leur offrir des rentes de situation en bloquant l’accès à de nouveaux entrants. Elle pourrait également obliger les différents acteurs à montrer leur jeu ce qui, évidemment, limiterait la concurrence dans un secteur qui nécessite des investissements coûteux.
L’intelligence artificielle nécessite une régulation afin de protéger la propriété intellectuelle et les droits des consommateurs. La réalisation de chansons digitales en recourant à des données sonores existantes pose évidemment des questions sur les droits d’auteurs et sur le processus de création. Il en est de même pour la photographie ou la littérature.
Face aux défis de l’intelligence artificielle, les États apportent, pour le moment, des réponses différentes. Le Royaume-Uni a adopté une position souple en refusant la mise en place de nouvelles règles et de tout organisme de régulation. Il se limite à l’application des réglementations existantes. L’objectif est de faire du Royaume-Uni une superpuissance de l’intelligence artificielle. Les États-Unis sont sur la même longueur d’onde avec néanmoins l’adoption d’un code de bonne conduite.
La mise en place de conventions internationales serait nécessaire
L’Union européenne défend une ligne plus dure. Un projet de directive vise à distinguer les différentes utilisations de l’intelligence artificielle en fonction du degré de risques. Il prévoit des systèmes de surveillance plus ou moins poussés en fonction des risques.
Certaines utilisations de l’IA sont totalement interdites, comme la publicité subliminale et la biométrie à distance. Les entreprises qui enfreignent les règles seront condamnées à une amende. En Italie, ChatGPT a été partiellement suspendu et d’autres gouvernements réfléchissent à suivre cette dernière.
De son côté, la Chine oblige les entreprises à enregistrer leurs produits d’intelligence artificielle qui sont, en outre, censées valoriser les valeurs fondamentales du communisme. Compte tenu des enjeux, la mise en place de conventions internationales serait nécessaire. Cette solution suppose un minimum d’entente entre la Chine et les États-Unis.
Un bras de fer diplomatique oppose Paris et Moroni. Depuis un certain nombre d’années, les autorités comoriennes revendiquent la souveraineté sur Mayotte. Cet imbroglio est l’occasion de s’intéresser à l’histoire de ce territoire disputé.
Mayotte, française par accident ?
Mayotte, dans le canal de Mozambique, a été vendue le 25 avril 1841 à un officier de marine français par le sultan local.
Longtemps délaissée par le colonisateur, l’île est devenue le 31 mars 2011 un département d’outre-mer de plein droit suite au référendum du 29 mars 2009 initié par le gouvernement français. Elle n’en demeure pas moins une société de type colonial, où une poignée d’« expats » (expatriés) tente de contenir des immigrants irréguliers démunis, jeunes, illettrés, attachés à leur identité comorienne ou africaine, en croissance exponentielle et désormais plus nombreux que les Mahorais eux-mêmes.
Il est à craindre que le recours à la police et à la magistrature se révèle impuissant face à des déchaînements de violence meurtrière et récurrente qui ressemblent de plus en plus à un état de guerre…
Une manifestation de soutien à l’opération Wuambushu à Chirongui, sur l’île de Mayotte, le 27 avril 2023
Sous la protection de la France
Là-dessus, dans l’indifférence des médias et des commentateurs, le gouvernement de Nicolas Sarkozy permit aux Mahorais, par le référendum du 29 mars 2009, de devenir département d’outre-mer, à l’image des vieilles colonies de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.
Mais dès l’automne 2011, des émeutes violentes – avec mort d’homme – opposèrent la jeunesse de Mayotte aux policiers venus de métropole. Elles révélèrent une société coloniale très éloignée du rêve assimilationniste et dont le fonctionnement est assuré plutôt mal que bien par les « expatriés » ou « m’zungus » (administrateurs, enseignants, médecins). Certains de ces métropolitains blancs, riches de leurs salaires et de leurs primes, se laissent corrompre par l’atmosphère locale : soirées alcoolisées, consommation sexuelle de mineures, etc.
L’avenir s’avère d’autant plus sombre que les Mahorais de souche tendent à abandonner leur île aux immigrants illégaux. Ils usent de leur citoyenneté pour aller chercher une vie plus sereine à la Réunion ou en métropole (Marseille abrite plus de Comoriens que Mayotte). Ceux qui sont encore présents sur l’île manifestent leur colère en prenant des armes pour combattre les clandestins ainsi qu’en donnant leurs votes à l’extrême-droite… Aux élections présidentielles de mai 2017, la candidate du Front national a ainsi recueilli 42,85% des suffrages exprimés, soit nettement plus que la moyenne métropolitaine (note).
Par une aberration singulière, les immigrants illégaux et leurs enfants, qui ne peuvent sortir de l’île légalement, pourraient bientôt devenir les seuls habitants permanents de l’île, aux côtés des policiers et administrateurs métropolitains.
Sans doute la départementalisation de Mayotte demeurera-t-elle dans l’Histoire comme le legs le plus coûteux et le plus lourd de conséquences de la présidence Sarkozy.
Un appel transpartisan a été lancé mardi 2 mai pour un encadrement plus strict des locations de courte durée. L’initiative s’ancre dans une réflexion européenne plus profonde, dont l’objectif est de faciliter la collecte de données émanant des plateformes en ligne. Une proposition de loi est à l’étude.
Co-signée par trois députés et un sénateur, chacun membre d’un groupe parlementaire différent, l’initiative « encadrons Airbnb » vise avant tout à lutter contre le « surtourisme » et le mal-logement, auxquels contribueraient des plateformes de location en ligne comme Airbnb, Booking.com ou encore Abritel.
« Alors que 4,1 millions de personnes sont non- ou mal-logées, la prolifération de ces locations accentue encore la crise du logement » affirme le site internet créé pour l’occasion.
« Nous faisons un constat partagé et unanime » sur la réalité des locations de courte durée partout sur le territoire, souligne pour EURACTIV France Iñaki Echaniz, député socialiste à l’origine du projet.
Idem chez son homologue écologiste, Julien Bayou, qui explique à EURACTIV France être « dans la phase de proposition de solutions, plus tellement dans celle du constat ». Pour donner la mesure de l’urgence, il parle d’une situation « alarmante » dans le Pays basque, destination touristique de premier plan, ou encore le cœur de Paris, où, explique-t-il, le surtourisme aurait fait exploser les prix des loyers.
Un « cercle vicieux » qui repousse les populations locales toujours plus loin des centres-villes, « dégradant [leurs] conditions et aggravant [leur] précarité », affirme le manifeste.
L’INSEE recensait 109 millions de nuitées en 2019 en France, pour 554 millions de nuitées sur l’ensemble de l’Union européenne la même année.
« Nous faisons un constat partagé et unanime » sur la réalité des locations de courte durée partout sur le territoire, souligne à EURACTIV France Iñaki Echaniz, député socialiste à la genèse du projet. [Catherine Zibo/Shutterstock]
Fiscalité et nombre de nuitées
Une réglementation plus stricte s’impose donc, expliquent les élus, qui veulent d’abord s’attaquer à la niche fiscale dont bénéficient les locations de courte durée, et poussent à une refonte de la fiscalité des résidences secondaires.
En effet, les abattements fiscaux rendraient les locations de courte durée en pratique beaucoup plus lucratives qu’une location à l’année. Dans le cadre d’une location d’un « meublé de tourisme classé », un abattement fiscal de 71 % s’applique sur les loyers déclarés.
Toujours dans un souci de rééquilibrer le marché vers les locations longue durée, les parlementaires français prévoient une réduction de 25 % du nombre de nuitées autorisées à la location courte durée – qui passeraient de 120 aujourd’hui, à 90.
« Qui est absent de sa résidence principale pendant 120 jours ? Personne, sauf à mentir au fisc », lance M. Echaniz.
Enfin, les parlementaires proposent d’interdire à la location courte durée les biens immobiliers considérés comme des « passoires thermiques », en lien avec le calendrier de la France sur la rénovation énergétique des bâtiments, s’appuyant sur les obligations de notations européennes du diagnostic de performance énergétique.
Une série de mesures que l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV) condamne tous azimuts, tant elle constituerait « une menace pour le pouvoir d’achat des Français ».
« La problématique de l’accès au logement pour tous est complexe et mérite mieux qu’un inventaire de mesures d’affichage dirigées contre les seuls acteurs de la location meublée touristique », souligne le syndicat, parlant au nom des grands acteurs du secteur, et appellant de ses vœux à un « travail de fond et de long terme ».
Une réglementation européenne à l’étude
D’autres mesures proposées font plus ou moins directement référence au projet de réglementation présenté par la Commission Européenne en novembre dernier.
Faisant état d’un manque crucial « d’informations fiables » sur « l’identité de l’hôte, l’endroit où ces services sont offerts et leur durée », le règlement vise à définir un système commun pour les procédures d’enregistrement, qui attribuerait un numéro unique aux hôtes et aux logements afin de garantir une plus grande transparence et une meilleure compréhension du phénomène de « multi-listing » — ou « multi-référencement ».
Les hôtes seraient tenus de fournir régulièrement des informations, notamment l’adresse, le type et la taille du logement répertorié, ainsi que le nom, les coordonnées et le numéro d’enregistrement de l’entreprise, si l’hôte est un professionnel et existe en tant que personne morale.
L’initiative des élus français s’intègre dans cette volonté européenne d’harmoniser la collecte de données entre tous les États membres et au niveau européen. Ainsi, une des préconisations d’« encadrons Airbnb » serait la mise en œuvre d’un « agrément meublé de courte durée » afin de vérifier et certifier par une personne tierce homologuée l’existence réelle de la location.
En outre, un accès plus important aux données relatives à la nature de chaque bien en location permettrait, comme l’indiquent les parlementaires, de « renforcer la lutte contre les pratiques frauduleuses pour favoriser l’accès au logement ».
Enfin, les élus veulent donner aux collectivités la liberté « d’exiger » des documents qui concerneraient une mise en location.
Les États membres de l’UE se sont accordés dès février sur une position commune, ouvrant ainsi la voie à des négociations interinstitutionnelles, mieux connues sous le nom de « trilogues ». Le Parlement Européen, lui, est toujours en phase de négociation.
Selon les informations d’EURACTIV France, une proposition de loi devrait être déposée à l’Assemblée nationale pour étude la semaine du 12 juin.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés. Ce jeudi 04 mai, on s’intéresse au retour en France, on zoome sur la relance de l’association des Alsaciens de Barcelone avant de finir avec la décision du conseil constitutionnel sur le référendum d’initiative populaire contre la réforme des retraites.
L’administration veut simplifier le retour en France
Pour cela la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) lance une enquête auprès des expatriés de retour en France depuis l’étranger. Cette démarche s’inscrit dans le plan de simplification des parcours et des démarches administratives des Français qui est une politique prioritaire du Gouvernement. Tous les renseignements sur France Diplomatie ou sur le site Lesfrancais.press.
Sous l’impulsion de Claude Schwartzmann, l’association des Amis de l’Alsace en Catalogne fait son retour sur la scène barcelonaise. Après une soirée réunissant à Barcelone 90 personnes à la brasserie Damm début mars, l’association enchaîne par une soirée choucroute réussie le 14 avril. Seule association régionale de Barcelone, vous pouvez les découvrir dans une interview exclusive disponible sur nos sites.
Barcelone
Le Conseil Constitutionnel rejette la deuxième demande de référendum
Les syndicats comme les partis d’opposition n’y croyaient plus, et ils ont eu raison, les Sages ont rejeté la seconde demande de référendum d’initiative populaire. Les opposants se raccrochent à la proposition de loi qui doit être examinée le 08 juin à l’Assemblée pour annuler le report à 64 ans de l’âge légal pour un départ à la retraite.
Conseil constitutionnel
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash avant un nouveau long week-end. En tout cas pour certains !