Claudia Scherer-Effosse, ambassadrice de France en Argentine, encore pour quelques jours, va rejoindre le siège de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger. Elle a été nommée par décret en juillet, directrice générale de l’AEFE en remplacement d’Olivier Brochet. L’occasion pour nous de nous pencher sur son parcours mais aussi sur la gouvernance de l’AEFE.
Claudia Scherer-Effosse, de l’Orient à l’AEFE
Claudia Scherer-Effosse est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, et a été admise au concours du ministère des Affaires étrangères (Orient) en 1994. Elle a débuté sa carrière dans l’administration centrale, puis a occupé divers postes de responsabilité en Asie, en Europe, aux Etats-Unis et en Argentine, de 2008 à 2012, comme numéro deux de l’ambassade de France.
Avant de repartir pour l’Argentine, Claudia Scherer-Effosse était rentrée à Paris de 2012 à 2016 pour occuper les fonctions de sous-directrice de la formation et des concours (Ressources humaines). Puis de 2016 à 2019 elle a été ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire en Estonie. Enfin, elle occupa le poste d’ambassadrice en Argentine de mai 2019 à août 2023. Sur le plan personnel, elle est mariée et a deux enfants.
Quelles sont les fonctions de le direction générale de l’AEFE ?
La nouvelle directrice générale de l’AEFE, Claudia Scherer-Effosse, sera donc en charge d’animer et de diriger le réseau dédié à l’éducation française hors de France. En effet, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, établissement public national administratif placé sous la tutelle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, assure les missions de service public relatives à l’éducation en scolarisant des enfants français résidant hors de France. De plus, elle contribue au rayonnement de la langue et de la culture françaises grâce à la scolarisation d’élèves étrangers dans les établissements d’enseignement français. Par ailleurs, elle participe au renforcement des relations entre les systèmes éducatifs français et étrangers.
567 établissements à la rentrée 2023
Pour rappel, l’AEFE coordonne un réseau de 567 établissements d’enseignement français à l’étranger, homologués par le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse (MENJ) à la rentrée 2022. Elle gère directement 68 établissements scolaires, services déconcentrés de l’Agence. De plus, elle affecte des moyens publics et entretient un dialogue de gestion étroit avec les 163 établissements avec lesquels elle est liée par une convention.
Elle est liée enfin par un accord de partenariat avec 336 établissements partenaires pour lesquels elle offre des services en matière de formation des personnels, d’aide à l’orientation des élèves et au suivi pédagogique des enseignants.
Dotée d’un budget de plus d’1 milliard d’euros, elle assure la gestion de 5 600 personnels détachés à l’étranger. Elle est chargée d’animer le réseau d’enseignement français à l’étranger, lequel scolarise 390 000 élèves dans 138 pays. Elle gère et répartit les fonds dédiés à l’aide à la scolarité pour les élèves français et finance des bourses.
Quel rôle pour Claudia Scherer-Effosse ?
La nouvelle directrice générale assurera la direction exécutive de l’AEFE, dans le cadre du contrat d’objectifs et de moyens et des orientations définies par le conseil d’administration. Elle veillera ainsi en particulier à la mise en œuvre des objectifs fixés dans le cadre du plan de développement de l’enseignement français à l’étranger, qui détermine la priorité de son action.
De fait, la directrice générale est au coeur de la dynamique de l’agence. Ainsi, elle devra préparer et exécuter les délibérations du conseil d’administration. Elle assurera donc le fonctionnement des services de l’Agence. Elle recrutera, affectera et gèrera l’ensemble des personnels de l’Agence sur lesquels elle a autorité.
Aussi, elle représentera l’Agence en justice et dans les actes de la vie civile. Sans oublier qu’elle sera responsable des dépenses et des recettes de l’Agence. Dans le cadre du budget de l’Agence approuvé par le conseil d’administration, elle répartira les budgets des établissements en gestion directe ou des groupements de gestion d’établissements.
Crucial, pour les familles, c’est elle qui déterminera le montant des frais de scolarité, et procèdera, avec le concours des conseillers consulaires, à l’attribution des bourses scolaires (notons qu’aucune référence à ces derniers n’est faite dans le descriptif officiel du poste). Globalement, la directrice générale veillera à ce que soit élaborée une trajectoire budgétaire avec pour objectif de garantir la soutenabilité financière de l’opérateur.
Pour finir, la directrice générale présidera les instances centrales de l’opérateur (hors conseil d’administration), notamment les instances de dialogue social.
L’été est souvent la période propice pour s’expatrier et ça y est, après des mois d’attente vos papiers et visas sont enfin en règle. Le grand jour est arrivé, vous débarquez à l’aéroport de Montréal. Votre nouvelle vie au Québec peut enfin commencer. Votre cœur cogne, vous oscillez entre enthousiasme, joie et stress. Car, même si vous n’avez pas vécu une expérience à l’international, vous savez que l’aventure sera intense. Voici quelques repères pour vous aider !
Se préparer, mais pas trop
Vous avez lu tout ce qui est accessible sur la vie à Montréal pour les nouveaux arrivants, sur la vie au Québec en général. C’est bien, mais parfois trop c’est comme pas assez. Car à trop cadrer vos attentes avec des idées très ‘’françaises’’ cela pourrait vous empêcher de vivre pleinement votre arrivée. Je m’explique. Oui, c’est une très bonne idée de vous renseigner, de lire un peu partout sur la toile (notez ici la francisation du vocabulaire à laquelle vous allez être confrontés rapidement). Après, trop d’infos tue l’info et vous risquez de vous noyer sous des références qui vous échappent, de vous sentir un peu dépassés, c’est normal. Si vous êtes bien préparés, faites-vous confiance et profitez avec un regard candide de vos débuts. C’est un moment magique et cela ne reviendra pas.
Prendre ses marques
Vos premiers jours sont assurés côté hébergement chez des amis, de la parenté, en airbn ou auberge de jeunesse? Parfait. C’est l’étape de la découverte, de l’émerveillement, de la perte d’équilibre aussi car vous n’avez pas encore de repères. Profitez-en pour vous immerger dans l’atmosphère de ce nouveau territoire, pour sentir la ‘’vibe’’ de Montréal, écouter les bruits différents (même le métro a une ambiance sonore différente!), noter la lumière, l’architecture, les passants… Les maîtres-mots pour ces premiers jours sont de garder un regard curieux pour ce que vous découvrez. Il n’y aura pas de deuxième premières fois ! C’est un moment unique dans votre aventure.
Profiter de votre lune de miel
Dans toute expérience d’expatriation (immigration, études/stages à l’international, PVT, VIE ou expatriation) il faut savoir que l’on vit tous un processus d’acculturation. Pour résumer, il s’agit d’un processus qui nous permet d’intégrer une culture étrangère à la nôtre, avec des phases. Le savoir nous permet de prendre du recul.
Alors profitez de votre ‘’lune de miel’’ avec le Québec pour contacter toutes les personnes dans votre réseau très élargi. Et oui, le cousin de la voisine de votre pote d’enfance, pourrait bien vous aider à trouver du travail, partager avec vous des infos sur des randos incroyables pas loin de Montréal ou comment trouver un bon dentiste. Pendant votre lune de miel, vous avez une énergie positive et dynamique, c’est le moment de commencer votre réseau professionnel, amical et social ! Osez faire le premier pas…
Plongez dans la culture locale au sens large
Soir d’été à Montréal
Cela peut paraître secondaire quand on arrive, mais commencer à vous connecter à la culture locale est un bon début d’intégration. Quelques soient vos goûts, vous allez trouver des équivalents pour les médias. Cela vous permettra de savoir ce qui se passe sur place et de commencer vos références communes avec les locaux. Voici quelques pistes intéressantes :
Urbania une approche intéressante et irrévérencieuse
Vous cherchez du travail ou comment faire votre Carte d’assurance maladie, votre cv ? En quête d’un appartement, d’infos pertinentes regroupées et très vairées ? Voici un site qui pourrait vous aider, Immigrant Québec. Ils offrent gratuitement des guides pour vous y retrouver : Vivre à Montréal, Vivre à Québec.
La force du réseau
Même s’il y a 8,5 millions d’habitants au Québec qui fait trois fois la France en superficie, vous allez vous rendre compte rapidement que tout le monde est connecté, d’une manière ou d’une autre au Québec. Commencer rapidement votre réseau est primordial, tant pour le côté professionnel, social ou amical. Vous ne savez jamais où un contact pourra vous mener et qui connaît qui. Quel que soit votre milieu métier, Linkedin est le réseau où vous devez être présent. Cela vous permet de faire des recherches sur vos contacts et sur les entreprises qui vous intéressent, de monter votre profil en mettant en valeur votre passé professionnel et votre légitimité. Vous pouvez également contacter directement les personnes qui vous intéressent ! Aller voir votre profil sur Linkedin sera le premier réflexe des recruteurs ! Ne manquez pas le bateau.
Une idée contre-intuitive qui pourrait changer votre vie au Québec
Automne à à Montréal
En arrivant au Québec, on cherche du travail, on est focalisé sur le besoin financier et la nécessité de trouver un premier poste. C’est logique. Cependant le terme ‘’première expérience québécoise’’ sera souvent évoqué comme un manque à votre cv. C’est un peu la poule et l’oeuf. Une alternative très intéressante et qui peut paraître contre-intuitive est de faire du bénévolat. Je sais que vous cherchez du travail, que vous en avez besoin. Mais l’un n’empêche pas l’autre ! En effet, vous pouvez chercher du travail dans la journée et vous engager dans du bénévolat le soir ou les fins de semaines. C’est une manière très positive de participer à la société, très valorisée même au niveau professionnel. Un petit conseil, choisissez un milieu qui vous inspire. Ainsi, vous aurez la chance de partager avec des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt que vous (les enfants, la permaculture, les personnes âgées, les arts, le sport…) en dehors du milieu professionnel. Là encore, vous allez enrichir votre réseau, faire vos faux pas interculturels dans un milieu sécurisant et … avoir votre première expérience québécoise à valoriser sur votre cv! Au Québec tout le monde fait du bénévolat, les étudiants, les professionnels, les dirigeants d’entreprises, les retraités, même à l’école primaire. Et pour l’anecdote, j’ai trouvé mon premier poste en communication en postulant comme ouvreuse bénévole dans un organisme culturel !
Quelques sites pour trouver le bénévolat de vos rêves :
En pleine période estivale, la fermeture de l’espace aérien nigérien, décrétée par les putschistes ce dimanche 06 août, au coeur de l’Afrique, entraîne de nombreux retards et annulations au départ comme à l’arrivée des aéroports européens. On fait le point pour les Français de l’étranger.
«Face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins, l’espace aérien nigérien est fermé à compter de ce jour dimanche (…) jusqu’à nouvel ordre»
Communiqué de la junte militaire au Niger ce dimanche 06 août 2023
Air France, la plus touchée
La décision des militaires rebelles, au pouvoir depuis 1 semaine, a contraint de nombreuses compagnies aériennes, dont Air France, à dérouter, voire annuler des vols. L’exercice tourne au véritable casse-tête.
Notre compagnie nationale a annoncé avoir pris des mesures pour s’adapter à la situation au Sahel. Les vols vers Niamey sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, tandis que les liaisons vers Bamako (Mali) et Ouagadougou (Burkina Faso) sont interrompues jusqu’au 11 août inclus. Cette fermeture s’ajoute à une bande d’espace aérien africain confrontée à des perturbations géopolitiques, notamment en Libye et au Soudan, certains vols devant faire des détours pouvant aller jusqu’à 1000 kilomètres (620 miles).
Un nouveau coup dur pour la compagnie française qui reste le principal opérateur entre l’Europe et l’Afrique avec 33 destinations et plus de 3 millions de passagers par an (hors Afrique du Nord). Côté sécurité, dès le printemps Air France déclarait suivre «en permanence l’évolution de la situation géopolitique des territoires qu’elle dessert – dont le Mali – afin d’assurer le plus haut niveau de sûreté et de sécurité des vols».
Mais ce n’est pas la seule. Les vols de nuit de Virgin Atlantic et de British Airways ont été détournés vers Lagos pour faire le plein. Ainsi, les passagers de l’Airbus A380 de British Airways reliant Johannesburg à Londres Heathrow ont subi un «vol vers nulle part» de 10 heures lorsque l’espace aérien du Niger a été soudainement fermé, tard dans la nuit de dimanche à lundi. D’autres vols entre le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud ont été déroutés ou détournés pour prendre du carburant supplémentaire ou sont revenus à leur point de départ en raison de la fermeture de l’espace aérien.
D’autres compagnies ont aussi dérouté certaines lignes. Ainsi dès ce matin, le vol Air Belgium, Bruxelles – Johannesburg, changeait de cap, tandis que le vol Turkish Airlines, Lagos – Istanbul, se déroute à l’ouest du Niger. British Airways, Lufthansa, Swiss, Virgin changent les routes de leurs vols.
La fermeture de l’espace aérien au Niger a également des conséquences sur 12 des 17 destinations africaines de Brussels Airlines. Les vols concernés seront détournés pour éviter le Niger, a indiqué la compagnie aérienne à l’agence Belga lundi qui utilise habituellement l’espace aérien du Niger comme corridor pour les vols vers l’Afrique centrale et orientale. Ainsi, tous les vols devraient être assurés mais leur durée sera prolongée d’une heure et demie à trois heures et demie en raison du détournement. Toujours selon Brussels Airlines, les vols pourraient également devoir faire une escale pour se ravitailler en carburant. La compagnie et sa maison mère Lufthansa disent suivre la situation de près.
Est-ce parce que les Méditerranéens, de la rive nord comme de la rive sud, de la Turquie à l’Espagne sont d’atroces machos ? Ce serait une explication simple, mais simpliste. La Méditerranée est la mère des cultures européennes, arabes, musulmanes, etc., par un mélange qui a brassé tant de modes de vies, de religions et de systèmes de « domination » qu’on peut les comparer aux autres.
La Méditerranée est la mère de tout l’Occident. Y compris de la culture dite « anglo-saxonne », chrétienne. La Méditerranée est aussi la mère d’une grande partie de l’Orient, du monde arabe jusqu’à la Russie (Tsar, c’est César, Kandahar c’est, Eskandar, Alexandrie).
La Méditerranée est la mère de tout l’Occident
Qu’est-ce que la culture méditerranéenne ? La pluralité, la diversité, des langues, des peuples, des dieux, du droit. Le wokisme dénonce dans l’Occident le colonialisme, le néo-colonialisme, l’esclavage, l’oppression des femmes, le racisme, le pouvoir. La Méditerranée, c’est tout cela. Elle commence par la colonisation, de Tyr à Tartessos, de Phocée à Marseille, jusqu’à Strasbourg et Londinium. Mais n’est-ce pas le cas des Chinois ? Que font les Turcs, tribus de l’Altaï, à Constantinople ? Les Arabes à Tunis ? Les Zoulous, en Afrique du Sud ? Les Russes à Vladivostok, les Hongrois à Budapest ? Les Celtes en Écosse ? Les Aztèques à Mexico ? Ce qui marque les élites américaines, c’est qu’elles n’ont pas colonisé l’Amérique, elles en ont exterminé les occupants. Tout comme le racisme institutionnel, malgré la guerre de Sécession, s’est maintenu jusque dans les années soixante. Il y eut un Président noir aux États-Unis en 2008 ; en France, Gaston Monnerville était ministre en 1937, Président du Sénat de 1948 à 1968. La Méditerranée a tout connu, comme les autres, sauf, peut-être, le racisme.
Les Hilotes de Sparte, étaient grecs, vaincus soumis à l’esclavage, règle quasiment universelle. L’origine des castes en Inde vient-elle d’une hiérarchie de races ou de tabous religieux ? Le racisme semble présent, de la Bible au Japon, des Incas aux Papous, mais ne semble être théorisé qu’à partir du dix-huitième. Sur les centaines de sociétés étudiées à travers le monde, l’esclavage est quasiment universel. Il existe en Asie comme chez les Précolombiens, chez les Indiens de Californie comme en Arabie, chez les Juifs comme chez les Peuls. L’esclavage n’est pas une particularité occidentale.
L’esclavage est quasiment universel. Ce sont les Européens qui y mirent fin, parfois à coups de canon.
Les Européens n’allaient pas chercher les esclaves africains à l’intérieur des terres. Rois et marchands les leur amenaient sur les côtes, comme ils le faisaient depuis des siècles, pour les Arabes vers les côtes orientales de l’Afrique, vers les côtes méditerranéennes par les routes du Sahara. Et les Barbaresques réduisaient les Chrétiens en esclavage.
En revanche, ce sont les Européens qui mirent fin à l’esclavage, Français et Britanniques en tête. Après en avoir profité, comme les autres, peut-être mieux que d’autres. Ils le firent à coup de baïonnettes et de canons : ce fut le cas au Dahomey, en Algérie, à Oman, en Arabie, dans les Indes occidentales. S’il y a une caractéristique de l’Occident, ce n’est pas l’esclavagisme, mais l’anti-esclavagisme. La dénonciation de l’esclavage n’existe dans aucune autre « civilisation ».
D’où cela vient-il ? Du christianisme, qui considère tous les hommes comme « égaux ». Du droit, qui invente la notion juridique de la « personne ». Dans la plupart des sociétés, la « personne » en tant que telle n’existe pas. Sa vie, ses droits, sont définis par sa famille, son clan, sa tribu. D’où l’importance du nom, généralement « fils de ». L’esclave n’a pas de nom, pas de parents. À Rome, personna est le masque que l’on sort lors des funérailles, qui représente les ancêtres, le lignage. Mais le « masque » devint une notion juridique : c’est « quelqu’un », qui a des droits. À l’individu, qui a sa place dans la famille et la société, se superpose une « personnalité juridique ». Le père de famille (paterfamilias) a tous les droits, certes, mais n’est, en fait, que le gestionnaire, provisoire, de la famille. Il a ses ancêtres avant lui, et ses héritiers. Lesquels ne sont pas que les siens : la femme existe. Elle a aussi des droits, qui lui viennent de sa famille. Même le droit de divorcer (ce que fit Messaline).
L’invention de la « personne » juridique est parallèle à celle du citoyen.
L’invention de la personne juridique est parallèle à celle du citoyen. Le droit de la personne est une spécificité méditerranéenne, inséparable de la notion de liberté. Parmi les mille explications de la disparition de la civilisation antique, celle d’une tyrannie impériale, qui niait ces droits, ne serait-ce que par l’obligation de reprendre le métier de son père, d’où l’interdiction de quitter la terre, origine du servage.
L’esclavage est aboli assez vite sur la terre européenne. Notamment en France : dès 1315 , Louis X le hutin proclame : « selon le droit de nature, chacun doit naître franc », « partout notre royaume les serviteurs seront amenés à franchise ». Le 8 février 1815, lors du Congrès de Vienne, tous les belligérants approuvent une « déclaration sur l’abolition de la traite des Nègres ».
Le droit de propriété des femmes est reconnu depuis longtemps. L’interdiction du divorce est aussi une protection des femmes (et des enfants), l’homme ne peut répudier son épouse. En Islam, le mari divorce en disant trois fois : « Je te répudie, je te répudie, je te répudie ». Évidemment, l’Occident est paternaliste, patriarcal ; quelle société ne l’est pas ? La Chine ? L’Islam ? Les Aborigènes ? les Guaranis ? Toutes. En revanche, dans quelle société les femmes ont les mêmes droits que les hommes ? Tardivement, seulement, les sociétés occidentales.
Le wokisme, anglo-saxon, vient de cultures protestantes, où, certes, le féminisme parut en avance sur les sociétés catholiques, mais où, aussi, le culte de la Vierge n’existe pas.
Le sentiment de culpabilité du wokisme s’épanouit plus volontiers en l’absence de miséricorde, puisque le wokisme est un sentiment de culpabilité sans pardon. Mais ce n’est pas le protestantisme qui génère le féminisme. L’idée d’une égalité entre les femmes et les hommes surgit au moment de la révolution industrielle, du capitalisme. Soit, c’est en Amérique et en Angleterre que naissent les « suffragettes ». On dirait que la Méditerranée y est étrangère. La Méditerranée était en avance. En Corse, avec Pascal Paoli, les femmes, celles qui étaient chefs de famille, ont eu, les premières dans l’Histoire, le droit de vote.
Le féminisme est la conséquence directe de la révolution capitaliste.
Nulle part, avant le XXème siècle, les femmes n’eurent les mêmes droits que les hommes. Historiquement, culturellement, politiquement, seule la « domination coloniale » occidentale a imposé l’égalité. Le capitalisme y est pour beaucoup, puisque le capitalisme est anti-aristocratique. Le « règne de l’argent », celui des marchands, de la « vile bourgeoisie », nie le « statut ». Le droit de propriété anciennement reconnu aux femmes, permet, avec l’avènement de la bourgeoisie, à celles-ci d’être, logiquement, propriétaires et « libres ». Le féminisme est la conséquence directe de la révolution capitaliste. Même s’il ne faut pas oublier que la révolution est, avant d’être économique, culturelle, philosophique, politique : révolution humaniste, révolution des Lumières, révolution libérale.
La Méditerranée, c’est l’invention de la liberté : « Thalassa », s’exclamèrent les Grecs de l’expédition des Dix mille perdus dans l’Empire perse. « Salamine », chantait Byron lors de la guerre de Grèce. L’invention du « peuple » et du « citoyen », c’est la Grèce et Rome. Le wokisme, s’il est un éveil politique de libération, s’inscrit dans la continuité occidentale. S’il n’est qu’un dogme dénonciateur, il passera comme toutes les modes.
Le wokisme, s’il est un éveil politique de libération, s’inscrit dans la continuité occidentale.
Aujourd’hui, ce « néocolonialisme idéologique » s’exprime à travers l’ONU, la FMI, l’Unesco, la Banque mondiale, avec les Droits de l’homme et celui des minorités. Beaucoup d’États s’en plaignent. À commencer par la Chine, la Russie, l’Iran ou les Talibans, mais pas seulement. Au Cameroun, l’ambassadeur LGTB+ a été invité à faire une conférence par l’Institut de France, sur les droits des LGTB+. L’homosexualité est interdite au Cameroun, comme dans la plupart des pays d’Afrique et du Moyen-Orient. L’ambassadeur de France a été déclaré personna non grata et expulsé.
Anti-racisme, anti-esclavagisme, anti-classisme, égalité, féminisme, droits des minorités, droits des LGTB, marqueurs de l’Occident.
Le wokisme serait-il un néocolonialisme qui s’ignore ? Les valeurs qu’il prône : anti-racisme, anti-esclavagisme, anti-classisme, égalité, féminisme, droits des minorités, droits des LGTB, sont considérées par beaucoup de pays comme la marque de l’Occident décadent.
Ces valeurs, droits de l’homme, droits des femmes, ont été imposées aux pays « colonisés », ou impactés par la puissance de l’Occident. Certains les ont franchement adoptés, d’autres pas à pas, peu à peu, ou de moins en moins. D’autres les récusent, au nom d’une morale autonome, dans une lutte en forme de libération de la domination culturelle occidentale.
Le wokisme est le fruit de la civilisation occidentale, qui se caractérise par la critique systématique de ce qui précède. La philosophie cartésienne est celle du doute. La science, celle de la recherche qui remettra en cause la théorie admise provisoirement. « Ce que l’Occident propose de plus profond, ce n’est pas la puissance, c’est l’interrogation. L’Occident est une mise en question devenue folle, la puissance la renforce et ne la guérit pas », écrivait Malraux, il y a soixante ans. Le wokisme fait partie de cette tradition occidentale de tout remettre en cause, à commencer par soi-même. Cet esprit critique, cet excès, ce procès intellectuel « moral » est la marque de l’Occident bourgeois.
Si le wokisme n’atteint pas la Méditerranée, c’est parce que la culture méditerranéenne, depuis les Grecs et les Romains en a l’habitude. Les hérésies ont commencé en Afrique chrétienne, colonisée par les arabes. Le wokisme est anglo-saxon, il le restera, ne troublera pas des cultures qui cultivent la raison autant que l’irrationnel, le culte comme la rébellion, l’esclavage antique comme la liberté, qui ont inventé le scepticisme avant le dogmatisme.
L’éveil wokiste n’en est qu’à ses premiers pas. Ses militants les plus lucides s’apercevront, que ce soit pour la lutte des femmes, contre l’esclavage, le racisme, que l’Occident et sa misérable démocratie, son terrifiant matérialisme capitaliste, valent mieux que les traditions du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Asie.
Une perpétuelle remise en cause par une jeunesse avide de faire mieux que la génération précédente.
Nulle part le wokisme ne pourrait y naître. Ils s’apercevront qu’il y a un vrai combat à mener, car l’anti-occidentalisme se répand, de la Chine à l’Iran, du Venezuela à la Russie, de l’Afrique à la Turquie, ce qui en sort n’est pas vraiment en faveur des femmes, ni antiraciste, ni anticolonial. Il suffit de regarder l’Éthiopie, le Soudan, le Niger, l’Algérie, la Côte d’ivoire, le Bangladesh, la Birmanie, l’Inde, la Chine, l’Ukraine, la Bolivie, le Brésil, pour s’apercevoir que les « racisés » y sont discriminés « légalement ». Que les immigrés y sont chassés, les minorités expulsées, par les armes.
Les valeurs occidentales, malgré tous les défauts du capitalisme et de la démocratie, méritent, pour le bien de l’Humanité, d’échapper à la destruction. Mais cela n’arrivera pas. Parce que la force de l’Occident, c’est d’être en déclin depuis toujours. Si le wokisme est une forme de déclin, de révolte, c’est aussi une énergie qui permet de réclamer à cette culture occidentale « plus d’Occident » : plus de force au droit, plus de justice et de liberté. Et cela n’est en rien néfaste. Telle est la nature de la culture occidentale, le surplus d’énergie de sa perpétuelle remise en cause par une jeunesse avide de faire mieux que la génération précédente.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
38% des Français de l’étranger sont installés dans l’Union européenne. C’est dans ces pays que la croissance du nombre d’inscrits est la plus intense mais surtout la plus stable alors qu’hors de l’espace commun, la volatilité des installations est forte et liée aux résultats économiques du pays cible ou à la géopolitique. Grâce aux accords de Schengen, les Français peuvent s’installer et travailler sans restrictions dans les 24 pays signataires soit en plus de la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, le Suède. C’est pour cela que votre site, Lesfrancais.press, avec son partenaire Euractiv, fait une large place à l’actualité européenne. Retour sur les faits marquants de la saison 2022/2023.
Nous avons décidé de classer cette compilation en 5 thèmes, la politique économique, migratoire, le volet militaire, le Brexit puis nous finirons par les élections qui auront lieu au premier trimestre 2024.
Mais on commence par un petit rappel des facilités mises en place par l’UE pour faciliter la mobilité européenne. Pour cela, on vous invite à lire un article publié le 09 mai à l’occasion de la « Journée de l’Europe ».
On a retrouvé, tout au long de ces derniers mois, au coeur des discutions des 27 chefs d’Etat, la lutte contre l’inflation et le retour des règles budgétaires, mises en pause en 2021 et 2022 du fait de la pandémie.
États-Unis et zone euro, pas égaux face aux crises
En provoquant une hausse des cours de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles, la guerre en Ukraine conduit à un transfert de revenus au profit des pays exportateurs de ces produits. Elle influe donc sur le partage des revenus que ce soit pour les États, les ménages ou les entreprises. Tous les pays occidentaux ne sont pas dans la même situation. Etats-Unis et zone euro marquent leur différence.
Après une période de faible inflation, les pays occidentaux et tout particulièrement ceux de la zone euro sont confrontés à sa résurgence. Les pouvoirs publics veulent croire en son caractère éphémère et à son retour rapide dans la zone cible des 2 % retenue par les autorités monétaires. De nombreux facteurs structurels sont néanmoins susceptibles de maintenir l’inflation au-delà des 2 %. Par ailleurs, les États ont peut-être intérêt à accepter une inflation plus forte que dans le passé afin de financer le surcroît de dépenses publiques ou pour élimer de manière plus ou moins indolore les pensions de retraite par exemple.
Les points clés de la réforme du marché européen de l’électricité
Premier facteur d’inflation, la flambée de l’énergie ! La Commission européenne a publié sa proposition de réforme du marché de l’électricité de l’UE ce mardi (14 mars). Cette dernière se concentre sur les moyens de faire face à la volatilité des prix du gaz en offrant davantage de protection aux consommateurs, en stimulant le développement des énergies renouvelables et en soutenant les mesures agissant sur la demande.
« Buy European Act » : une réponse efficace face à l’IRA américain ?
Alors que le principe d’un Plan industriel vert européen (« Green Deal Industrial Plan ») a été acté lors d’un Conseil européen, un débat s’ouvre autour d’une préférence européenne dans les marchés publics. Le « Buy European Act« , une nouvelle forme de protectionnisme vert qui est loin de faire l’unanimité.
Alors que l’attention des dirigeants européens, réunis à Bruxelles lors d’un Conseil européen extraordinaire, s’éloigne des questions purement économiques pour se pencher sur la réforme du pacte migratoire, des références à la « solidarité » économique au sein de l’UE, et la possibilité d’un nouveau round de dette commune ont été retirées du projet de déclaration commune.
Face au Inflation Reduction Act américain, un plan d’investissement massif pour soutenir le développement d’une économie verte outre-Atlantique, qui met en péril la compétitivité de l’industrie européenne, la Commission européenne a présenté le 1er février dernier, en guise de réponse, un ambitieux Plan industriel vert (Green Deal Industrial Plan).
Dette publique : la nouvelle proposition de la Commission sur les règles budgétaires européennes
La Commission européenne a présenté mercredi 9 novembre ses propositions de réforme sur les règles budgétaires européennes. La dette et les dépenses des gouvernements nationaux seront désormais gérées sous la forme de plans individuels pour chaque pays de l’UE, négociés entre les gouvernements nationaux et la Commission.
Une crise des dettes souveraines est-elle possible en Europe ?
Avec la hausse des taux d’intérêt, la crainte d’un retour du risque souverain se fait jour en Europe. Depuis la crise grecque de 2011, la situation économique et financière en zone euro a évolué. Les pays dits périphériques sont moins exposés à ce risque. Les investisseurs seraient-ils donc exagérément pessimistes sur ce sujet ?
Après quelques hésitations, la Banque Centrale Européenne s’est engagée dans la bataille contre l’inflation. Depuis le mois de juillet 2022, l’augmentation cumulée des taux directeurs s’élève à 250 points de base. Cette progression est la plus forte constatée depuis la création de l’euro en 1999 sur une période aussi courte. Ce processus devrait se poursuivre durant le premier semestre 2023.
Cette hausse de taux pourrait poser la question de la soutenabilité des dettes publiques pour certains États membres. À la fin du mois de décembre 2022, la BCE a clairement indiqué sa volonté de lutter contre l’inflation, provoquant un rebond des taux des obligations d’État. Ce choix est justifié par le maintien d’un taux d’inflation au-dessus de 10 % et par la progression de l’inflation sous-jacente qui dépasse désormais 6 %. Les taux des obligations d’État à dix ans qui ont été en territoire négatif de 2010 à 2021 sont remontés à plus de 2,5 % en 2022.
Accord sur la directive renouvelable : la France est enfin satisfaite
L’UE est parvenue à un accord définitif sur 42,5 % de renouvelable dans la consommation finale d’énergie d’ici à 2030 à travers la révision de la directive sur les énergies renouvelables (RED).
La France, soutenue par d’autres États membres favorables au nucléaire, avait bloqué mi-mai la validation de l’accord politique sur RED avec le Parlement européen. Le motif ? Les modalités de mise en œuvre des objectifs de production d’hydrogène renouvelable contenus dans la directive étaient insatisfaisantes.
En régulant les cryptoactifs, l’Europe prend une longueur d’avance sur les États-Unis
Le monde des cryptoactifs a longtemps été allergique à toute forme de contrôle. Pourtant, les règles fixées récemment par l’UE sont aujourd’hui saluées par certains de ses acteurs comme « un argument de vente pour l’Europe », qui a pris une longueur d’avance sur les États-Unis.
Locations de courte durée : l’offensive transpartisane d’élus français
Un appel transpartisan a été lancé mardi 2 mai pour un encadrement plus strict des locations de courte durée. L’initiative s’ancre dans une réflexion européenne plus profonde, dont l’objectif est de faciliter la collecte de données émanant des plateformes en ligne. Une proposition de loi est à l’étude.
Co-signée par trois députés et un sénateur, chacun membre d’un groupe parlementaire différent, l’initiative « encadrons Airbnb » vise avant tout à lutter contre le « surtourisme » et le mal-logement, auxquels contribueraient des plateformes de location en ligne comme Airbnb, Booking.com ou encore Abritel.
Plus de contrôles aux frontières extérieures et unification de la politique des visas
Titre de résident de longue durée
Alors que le réchauffement climatique comme les tensions géopolitiques sont des moteurs à l’émigration, l’Union européenne et en particulier les Etats membres de l’espace Schengen cherchent une réponse commune à ces défis. Non sans difficultés.
La réforme du permis de longue durée pour les ressortissants non européens rejetée ?
La proposition présentée par la Commission européenne a pour objectif d’attirer des travailleurs « qualifiés et talentueux » dans l’Union. Le Parlement européen a adopté sa position sur la question en avril dernier, proposant différentes mesures qui faciliteraient la demande de permis de longue durée. Mais les gouvernements des États membres sont sur le point de rejeter les plans visant à faciliter l’octroi de permis de longue durée pour les ressortissants non européens, selon un projet de position que le Conseil va adopter, obtenu par Statewatch et EURACTIV.
Le Parlement européen et les Etats membres de l’UE ont trouvé un accord sur la numérisation de la procédure de visa pour les pays de l’espace Schengen au cours du mois de juin. Le secrétariat du Conseil des chefs d’Etats vient d’annoncer que ces derniers ne devraient pas s’y opposer.
UE : que retenir de l’accord des 27 sur la réforme de la politique migratoire ?
Au terme d’une journée de difficiles négociations, les ministres européens de l’Intérieur ont trouvé un accord ce jeudi 8 juin sur deux volets clés d’une réforme de la politique migratoire. Une décision qualifiée d’« historique » par la ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser. Mais que contient ce texte qui a mis d’accord l’Italie, la Grèce et la Hongrie, malgré leurs réticences ?
Schengen : la Commission européenne menace l’Autriche de poursuites judiciaires pour des contrôles aux frontières intérieures
La Commission européenne a menacé l’Autriche de poursuites judiciaires pour la prolongation des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen et a lancé une procédure de consultation formelle avec tous les États membres ayant rétabli ou étant concernés par de tels contrôles.
Le Parlement européen face à la difficile réforme de l’asile
La question migratoire est revenue en haut de l’agenda européen : les demandes d’asile sont reparties à la hausse dans l’UE et des migrants meurent régulièrement en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune.
La Commission européenne a présenté en septembre 2020 un « Pacte sur la migration et l’asile » afin d’assurer une meilleure répartition des demandeurs d’asile au sein du bloc, une nouvelle tentative de réforme après l’échec des quotas obligatoires décidés dans la foulée de la crise des réfugiés de 2015.
Le dernier sommet de l’UE a été consacré en partie aux migrations. Les divergences ont souvent divisé les pays, les uns seraient trop ouverts, les autres trop fermés, les quotas et les critères de Schengen peu respectés. La dernière crise entre l’Italie et la France a montré que les invectives venaient vite, sur un sujet souvent manipulé à des fins intérieurs, et très difficile à traiter puisqu’il s’agit aussi de pauvreté, d’exil, de misère et de morts.
Préoccupé de voir la citoyenneté européenne mise en vente, le Parlement Européen a adopté, en mars 2022, des règles communes pour résoudre les problèmes liés aux programmes de « citoyenneté/résidence par investissement ». Les premières conséquences se font ressentir comme au Portugal qui vient d’annoncer la fin de son programme.
Si pour les Français de l’étranger, il n’y aura évidemment jamais besoin de demander l’autorisation pour rejoindre son sol national (rappelez-vous les annulations du Conseil d’Etat lors des tentatives de restriction de voyager par Olivier Véran, alors ministre de la Santé), il n’en est pas de même pour les étrangers. Si de nombreuses nationalités n’ont pas besoin de visa pour rejoindre la France ou l’Europe, il faudra pour tous à partir de mai 2023 se plier à la procédure ETIAS pour « système européen d’autorisation et d’information concernant les voyages ». Une disposition qui s’appliquera donc aux non-Européens qui vous accompagneront lors de vos voyages en France.
Soldier silhouette on grunge European Union flag. Army, military of Europe concept.
Alors que le continent pensait s’être installé dans une longue ère de paix, la crise ukrainienne a rappelé aux peuples européens que la guerre peut de nouveau prendre pied en Europe. Sous l’impulsion de notre pays, l’UE cherche à créer une défense commune.
L’Europe a eu tort de réduire ses capacités de défense, selon le Premier ministre néerlandais
L’Europe a eu tort de réduire ses capacités de défense dans les années et les décennies qui ont précédé la guerre en Ukraine, a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte du parti libéral VVD (Renew) lors d’un discours prononcé samedi 24 juin à l’occasion de la Journée des anciens combattants.
M. Rutte a prononcé son discours devant des anciens combattants néerlandais, des soldats en poste, des hommes politiques et des acteurs de la société civile au Théâtre royal de La Haye, où il a également évoqué la guerre en Ukraine.
A Bruxelles, l’adhésion de l’Ukraine à l’UE en question
Les 27 pays membres de l’Union Européenne se sont réunis à Bruxelles. Le soutien à l’Ukraine était une nouvelle fois au coeur des discussions.
OTAN : l’adhésion ukrainienne encore loin
Alors que la Turquie a donné son feu vert à l’adhésion de la Suède dans l’OTAN, le cas de l’Ukraine divise les alliés. Plus de précisions avec Richard Werly, en direct de Vilnius.
L’OTAN et l’UE coopèrent pour protéger les infrastructures critiques
Mercredi 11 janvier, l’Union européenne et l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ont annoncé la création d’une « task force conjointe » visant à renforcer la protection des infrastructures critiques face aux potentielles menaces hybrides de la Russie.
Cette initiative découle du sabotage des gazoducs sous-marins Nord Stream en septembre 2022, alors que les deux organisations cherchaient à renforcer leur coopération en matière de sécurité suite à l’invasion russe en Ukraine.
Brexit : l’onde de choc frappe encore le Royaume-Uni
Les échanges avec l’Union européenne se sont ralentis. Les exportations britanniques vers l’Europe sont passées de 70 000 à 42 000 types de produits, selon un article de chercheurs de l’Aston Business School. L’ensemble de l’économie britannique pâtit de la réduction du commerce avec le continent. Selon l’économiste John Springford, du Center for European Reform, le Brexit aurait réduit le PIB du Royaume-Uni de 5,5 % et entraîné une baisse de l’investissement de 11 %.
Le Brexit a accentué les faiblesses du pays contrairement à ce qu’avaient espéré ses partisans. La désindustrialisation s’est accentuée tout comme le déficit commercial. Les accords commerciaux signés avec la Nouvelle-Zélande ou l’Australie ne changent pas la donne, les échanges avec ces deux pays étant réduits. Les États-Unis qui avaient promis monts et merveilles sous la présidence de Donald Trump se montrent avares en soutien, la priorité de l’administration de Joe Biden étant d’entretenir de bonnes relations économiques avec l’Union européenne.
Dans un fief pro-Brexit, l’heure des regrets est arrivée
Lors du référendum en juin 2016, 72,3% des électeurs ont voté en faveur du Brexit dans la circonscription locale de Thurrock, dont Grays est la plus grande ville avec environ 75.000 habitants, contre 52% à l’échelle du Royaume-Uni.
Trois ans après la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, la City de Londres a vu quelques départs de traders et de banquiers et s’est vue dépassée par ses rivaux européens en courtage d’actions. Malgré les allers et départs, le quartier de Canary Wharf reste la première place financière en Europe.
Brexit : la CJUE confirme que les Britanniques ne peuvent pas garder leurs droits de citoyens de l’UE
Les ressortissants britanniques ne peuvent pas automatiquement conserver leurs droits en tant que citoyens de l’UE après le Brexit, a confirmé jeudi 15 juin la plus haute juridiction de l’UE.
Le recours avait été introduit par des citoyens britanniques vivant au Royaume-Uni et dans une poignée d’États membres de l’UE, contestant l’accord de retrait du Brexit au motif qu’il les avait privés de droits qu’ils avaient exercés et acquis en tant que citoyens de l’UE.
Du 6 au 9 juin 2024, les citoyens européens seront appelés aux urnes pour désigner les 705 membres du Parlement européen. Nous avons lancé une série de rencontres avec les députés actuels et un conseiller politique pour mieux comprendre les enjeux. (Re)découvrez-les !
Des listes transnationales pour les Européennes 2024 ?
La réforme de la loi électorale de l’UE, qui est restée inchangée depuis l’introduction des élections directes en 1979, a été votée par le Parlement européen en mai 2022. Le texte adopté par le Parlement propose la création de listes transnationales qui permettraient d’élire 27 eurodéputés à travers le bloc, ainsi que de donner la possibilité aux citoyens de l’UE d’indiquer leur candidat favori pour la présidence de la Commission européenne.
Pourtant la plupart des États membres hésitent ou s’opposent à certaines des propositions clés de la réforme de la loi électorale de l’Union européenne, selon les résultats d’une enquête menée par la présidence suédoise consultés par EURACTIV, notre partenaire.
Sondage : les projections pour les élections européennes de 2024
Un an avant les élections européennes, les projections d’Europe Elects montrent que la coalition informelle du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) de centre gauche et du parti libéral Renew Europe devrait conserver la majorité au Parlement européen.
Toutefois, cette majorité est appelée à se réduire : selon les projections actuelles, le PPE de centre droit devrait remporter 161 des 705 sièges, contre les 177 qu’il détient en ce moment. Le groupe S&D devrait obtenir 144 sièges, soit un de plus qu’actuellement. Renew devrait pour sa part passer de 101 à 90 sièges.
À droite de l’échiquier politique, le groupe national-conservateur des Conservateurs et réformistes européens (CRE) devrait passer de 66 à 82 sièges, tandis que le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) devrait passer de 62 à 66 sièges.
Le groupe des Verts/ALE devrait pour sa part obtenir 48 sièges, contre 72 auparavant.
Toutefois, les partis écologistes et régionalistes de ce groupe dépassent généralement les résultats des sondages lors des élections européennes. Par ailleurs, l’inverse est généralement vrai pour le groupe de la gauche, qui devrait remporter 53 sièges, soit 16 de plus que ce qu’il détient actuellement.
Avec Franck Ferrari, nous nous sommes rencontrés, le 12 juin. Et en Russie, aujourd’hui, c’est la fête de la souveraineté, une journée où on célèbre l’indépendance du pays gagnée sur l’Union soviétique.
Franck Ferrari est enseignant au lycée français Alexandre Dumas et profite de son jour chômé pour nous parler de la France et de la Russie, 4ème épisode de notre série de « Lettres à la France ».
Qu’est-ce que ça fait d’être un Français de Moscou en ce jour de célébration et alors qu’une guerre fait rage ?
Franck Ferrari :C’est un jour non travaillé comme les autres. On se promène mais vu la situation globale c’est un peu moins la fête. Mais on ne sent pas le climat de mobilisation militaire. Aujourd’hui j’ai même vu un défilé de soldats déguisés en Romains. Des Romains ! Il fait un superbe soleil. Les Moscovites sont partis en région pour célébrer ces trois jours fériés en famille. Dans les datchas c’est l’époque des barbecues qui commence. La ville s’est vidée de ses habitants.
« Aujourd’hui j’ai vu un défilé de soldats russes déguisés en Romains.«
Boris Faure : Si on parlait de vos origines ? Que fait un Corse ici ?
Franck Ferrari : Je suis né en fait en Nouvelle-Calédonie. J’ai vécu toute mon enfance dans des îles entre la Nouvelle Calédonie, la Martinique et la Corse où j’ai mes origines. J’ai atterri en 2012 à Moscou et j’ai trouvé un appartement … dans l’île centrale de la ville.
Boris Faure : On se croirait un peu dans un roman de Beigbeder, non ?
Franck Ferrari : Je me suis marié avec une Russe mais on s’était, nous, rencontrés à Paris. Ce n’est pas elle qui voulait rentrer mais moi qui l’ai poussé. Elle n’était pas amoureuse de Paris et j’avais fait mon temps dans la capitale…16 ou 17 ans… Elle bossait dans l’hôtellerie et je lui ai laissé le choix de trouver un travail à l’étranger et de la suivre. Et comme elle ne trouvait pas on est rentré en Russie. Je travaillais déjà avec les milieux russes à Paris. Je n’avais pas plus que cela le fantasme de la Russie, et ma femme en plus ne correspond pas au cliché de la Slave puisqu’elle est à moitié tatare. J’avais la sensation d’avoir vraiment fait le tour de Paris. J’avais étudié à Dauphine, à l’époque c’était le rêve de vivre dans la capitale mais là je saturais.
J’avais en fait besoin de partir pour n’importe où. J’avais été un amoureux sincère de Paris quand j’étais en Corse. J’avais trouvé la fac de Dauphine par hasard, j’étais obsédé à l’idée d’aller à Paris. Mais 17 ans de mariage avec Paris faisait que je m’ennuyais dans mon couple (rires).
Vue depuis le lieu de résidence de Franck Ferrari sur l’île centrale de Moscou
« 17 ans de mariage avec Paris faisait que je m’ennuyais dans mon couple (rires) ».
Boris Faure : Vous êtes français et corse, vous me parlez de cette double appartenance ?
Franck Ferrari : Je suis quand même français mais je suis corse aussi. Je n’aime pas dire que je suis corse avant d’être français. Mais il y a un attachement à mon île presque plus fort qu’à la France. Je n’ai jamais raté un retour estival en Corse sauf… cet été. Ma troisième fille va naître début juillet. A cause des problèmes de transport elle n’aurait son passeport qu’à la mi août. Et on ne profiterait que d’un bout de vacances. J’ai préféré renoncer.
Boris Faure : Comment vivez-vous votre vie de Corse de l’étranger ?
Franck Ferrari : Quand je suis en stress, quand je ne suis pas bien, j’ai un besoin de retour… musical, des odeurs, des saveurs, comme un besoin de retourner aux racines. A Moscou on n’est pas dans une région où il y a beaucoup de Corses, trois ou quatre Corses « égarés » tout au plus.
Boris Faure : Et votre acclimatation au premier hiver russe pour vous le Méditerranéen ?
Franck Ferrari : Le 14 janvier 2012 on arrive ici. L’hiver est déjà entamé. Je demande à mon épouse de conserver son travail en France pour voir si j’arrive à survivre. Et j’ai dû changer ma mentalité à propos du froid. Ici on s’habille pour se couvrir et pas pour être beau. Je n’aime pas les chapeaux et à – 15 je mets pourtant un bonnet.
« Ici on s’habille pour se couvrir et pas pour être beau«
Boris Faure : Vous connaissez bien la Russie hors de Moscou ?
Franck Ferrari : Les vacances on les passe à l’extérieur de la Russie. Maintenant les « nationalités » propres au pays, les Tatares, les Géorgiens, les Arméniens, ont des façons culinaires différentes, des façons de penser distinctes mais une certaine homogénéité. Car Le soviétisme a produit une certaine homogénéité.
Boris Faure : Vous êtes élu des Français de l’étranger. Quand vous rencontrez vos collègues conseillers est-ce que vous êtes le Russe de service ?
Franck Ferrari : Quand je me présente à mes collègues conseillers en tant que conseiller pour la Russie et la Biélorussie, la première réaction c’est « ahha… » et la deuxième « mais comment ça va ?… »
Une communauté française en Russie divisée en trois tiers.
Boris Faure : La communauté française de Moscou, vous pouvez la décrire ?
Franck Ferrari : Avant le 24 février c’était un tiers d’expatriés avec un lien peu étroit avec la Russie. Qui vivent dans le même quartier. Et sont là pour trois ans.
Il y a aussi un tiers de binationaux, qui se sont installés, qui se sont mariés, russifiés et ont des enfants.
Il y avait un troisième tiers que je ne peux pas qualifier tout à fait d’aventuriers mais qui est plus mouvant. Avec des problèmes de visas pas simples. Moi j’appelais ça « le tiers mouvant ».
Après le 24 février la part des expatriés est réduite à la portion congrue. Restent surtout les binationaux. Les aventuriers ont disparu. Il y a aussi une forme de communauté mosellane et alsacienne qui a une association dynamique qui fête la saint Nicolas. C’est singulier.
Boris Faure : C’est facile d’obtenir la nationalité russe ?
Franck Ferrari : Grâce aux enfants on devient russe ou par mariage. C’est assez rapide. Tu passes aussi par la carte de résident temporaire puis permanente.
Boris Faure : Et les liens avec la France ?
Franck Ferrari : Si tu n’as pas de lien avec le lycée français le lien avec la France est naturellement plus distendu.
L’institut culturel français n’est pas ouvert sur le compatriote qui a besoin de sa dose de français. On y vend des cours pour les Moscovites. C’est plutôt par tes copains ou des associations d’entrepreneurs que le lien perdure. Sinon ça se fait par internet.
On a encore « Moscou accueil » mais on est loin de ce qui se passait avant au plan associatif, avec l’UFE et FDM, les deux principales associations de Français qui rayonnaient avant la Covid et la guerre. Là l’effet de la guerre se fait clairement sentir. Quand les français se rencontrent on est en dehors des réseaux associatifs ou institutionnels. Quasiment tout a fermé avec la Covid, on avait deux restaurants « Chez maman » et « Chez papa », lors de la finale de l’Euro où on a perdu contre le Portugal il y avait foule. Il y a eu une volonté de l’Ambassade de se replier, de tout fermer. La COVID a tué le reste et cela n’a pas pu repartir.
« L ’effet de la guerre se fait clairement sentir. Quand les Français se rencontrent on est en dehors des réseaux associatifs. »
Boris Faure : Est-ce que les russes correspondent aux clichés de la Russie littéraire entre Anna Karénine et les Frères Karamazov ?
Franck Ferrari : Quoi qu’on dise en Occident, Moscou est occidentale. On marche au 2.0, tout notre système bancaire est numérique. La ville a énormément changé. Elle était sauvage avant, elle ne l’est plus du tout. L’âme slave littéraire est en réalité un peu noire. Quand tout va bien c’est qu’il y a un problème. C’est ainsi dans la religion orthodoxe et le protestantisme. Quand tout va bien c’est suspect.
Ici c’est aussi le bordel organisé. Au départ c’est n’importe quoi mais au final tout le monde se range sur la file de droite dans l’escalator. Ici on ne te fait pas un sourire pour sourire. On ne te le fait que si tu rentres dans sa tête ou son esprit et que tu es invité enfin chez un Moscovite.
Boris Faure : Et en Corse la fête se mène comment ?
Franck Ferrari : Une fête corse classique c’est… tu es parti tranquillement pour boire un café sur la place du village… et tu rentres à 6H du matin.
Les Russes c’est la même chose. Tu viens pour un apéro et dans l’ordre et le désordre tu finis au petit matin.
Boris Faure : Après la mort vous rêvez d’être enterré en Corse?
Franck Ferrari : C’est fifty-fifty. J’aimerais qu’on disperse mes cendres dans l’océan pacifique et au stade de Furiani. Mais je ne veux pas compliquer les choses à mes filles… donc ce sera en Corse.
J’espère que mes filles laisseront un message gentil sur ma tombe. Genre « Ça a été un bon papa ». Elles ont la première place dans mon coeur. Parfois on me demande pourquoi je suis arrivé comme prof au lycée français ? C’est pour mieux les surveiller de près (rires).
« J’aimerais qu’on disperse mes cendres dans l’océan pacifique et au stade de Furiani.«
Boris Faure : Vous enseignez quelle matière ?
Franck Ferrari :Je suis passé du secondaire, prof principal en SES et techno, au CE2 dans le primaire. Professionnellement ça va. Mentalement ça a été au départ un choc. Mais un choc totalement amorti. Je resigne d’ailleurs l’année prochaine.
La « cause profonde » du coup d’État au Niger est avant tout celle d’une relation « incestueuse » que la France a entretenue avec l’Afrique ces soixante dernières années, ancrée dans une certaine forme de « néocolonialisme », a confié l’ancien ambassadeur français Gérard Araud à EURACTIV lors d’un entretien mercredi (2 août).
Mercredi dernier (26 juillet), un coup d’État militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani au Niger a renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum.
Cette crise découle d’un « rejet de la France », estime M. Araud, et de la frustration des populations locales vis-à-vis de l’héritage de la « Françafrique »— un terme utilisé pour décrire les liens économiques et diplomatiques étroits et « incestueux » que la France entretient avec d’anciennes colonies africaines.
Cette crise découle d’un « rejet de la France », estime Gérard Araud, et de la frustration des populations locales vis-à-vis de l’héritage de la « Françafrique ». [EPA-EFE/ISSIFOU DJIBO]
Gérard Araud, ancien ambassadeur aux Nations unies, à Washington et en Israël, a également occupé le poste de directeur général des affaires politiques et de sécurité au ministère des Affaires étrangères.
Dans les anciennes colonies françaises, « nous assistons à une révolte de la jeunesse africaine » contre la France et leurs propres gouvernements, perçus comme « inefficaces, corrompus » et « à la botte des Français », explique-t-il.
Selon le diplomate, la colère ressentie à l’égard de l’ancien colon au Niger s’accompagne d’un boom démographique et d’une extrême pauvreté, de telle manière que les systèmes étatiques existants menaçaient, un jour ou l’autre, de « s’effondrer ».
L’échec de l’opération Barkhane
La France est présente au Sahel depuis trois siècles, où elle a colonisé des pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Soudan, entre autres.
L’indépendance obtenue dans les années 1960 n’a pas pour autant entraîné une rupture totale des liens avec l’Hexagone, et les interventions militaires menées par le pays dans le cadre des opérations militaires Serval et Barkhane au cours des dix dernières années témoignent des efforts déployés par la France pour rester un acteur de premier plan dans la région.
L’opération Serval de 2012-2013, qui visait à repousser les insurgés djihadistes dans le nord du Mali, a été considérée comme un succès au point que les soldats français ont été accueillis dans le pays comme des « libérateurs », a expliqué M. Araud à EURACTIV.
Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Nations unies, à Washington et en Israël
Mais, a-t-il nuancé, « toute armée libératrice devient, après un certain temps, une armée d’occupant ».
L’opération Barkhane, mise en place en 2014, disposait d’une feuille de mission considérablement plus large que Serval, son objectif étant de lutter contre le djihadisme dans l’ensemble de la région du Sahel. Les soldats français, qui « ont fait un travail formidable dans des conditions épouvantables », n’ont pas pour autant réussi à mettre fin à la terreur djihadiste, a-t-il expliqué.
À tel point que le président français Emmanuel Macron a appelé à une fin progressive de l’opération en novembre 2022.
D’une certaine manière, « Barkhane a accru la menace djihadiste » analyse l’ancien ambassadeur, alors que les groupes islamistes se sont alliés à d’autres « groupes terroristes qui ont leurs propres lubies » mais qui sont tous unis « par la haine du soldat occidental ».
Parallèlement à cela, des récits selon lesquels la France aurait soutenu la montée des groupes djihadistes se sont propagés au Burkina Faso et au Mali — tous deux le théâtre de coups d’État militaires ces dernières années.
Normaliser les relations
Fermer les bases militaires françaises au Niger est donc une impérieuse nécessité, explique Gérard Araud : « Le fait d’avoir des bases militaires indique que l’on veut se mêler des affaires africaines ».
D’une certaine manière, « le Niger est à la France ce que l’Afghanistan est aux États-Unis », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il était grand temps de normaliser les relations que la France pouvait entretenir non seulement avec le Niger, mais avec toute la bande du Sahel.
« Laissez faire les diplomates et les entreprises, et sortons tous nos soldats du pays », résume-t-il. Et d’ajouter que la France n’a pas de « responsabilité particulière » dans la région.
En outre, l’absence d’unité européenne sur les enjeux africains contribue au chaos.
Bien que l’UE soit un important donateur d’aide au développement, les États membres du bloc ne sont pas tous du même avis concernant l’approche à adopter vis-à-vis du Sahel — de telle manière que les institutions européennes ne peuvent pas parler d’une seule et même voix.
Et le diplomate de conclure qu’une telle dispersion atteste d’une certaine « défaite de l’Europe » au Niger.
La Russie « surfe sur la vague »
La France a-t-elle finalement perdu face à la Russie, qui se déploie de plus en plus dans la région, notamment par le biais des milices privées Wagner ?
« La Russie ne fait que surfer sur la vague », nuance M. Araud, tandis que la Maison-Blanche n’a de son côté trouvé aucune preuve que la Russie soit derrière le coup d’État.
Se tourner vers les mercenaires de Wagner ne va de pair avec aucune grande stratégie russe en Afrique, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agit d’une démarche « simplement opportuniste » sans intérêts économiques évidents.
La région du Sahel est l’une des plus pauvres du monde, et elle est dépourvue de ressources stratégiques. Même l’uranium, exploité par le magnat français du nucléaire Orano, est une ressource «surabondante », avec des mines en Russie.
De fait, malgré les apparences, nous ne sommes pas revenus à une situation de Guerre froide, a-t-il souligné. « Il y a une confrontation avec la Russie, [mais] elle est moins puissante que ne l’était l’URSS. »
Les puissances qui s’affrontent dans la région illustrent plutôt « une vision totalement archaïque de ce qui constitue la puissance [géopolitique] ».
Une vision qui doit changer de toute urgence, alors que le Sahel plonge une fois de plus dans le chaos.
On est au coeur de l’été. Vous êtes en France, pour votre voyage annuel, profitant de vos amis et de votre famille, mais l’Etat français ne vous oublie pas. Mais cette fois, c’est à l’avantage du contribuable. En effet, depuis le 01 août il est possible via le site impots.gouv.fr de corriger sa déclaration d’impôts réalisée en mai de cette année. Aussi, nous en avions parlé, il était obligatoire de déclarer la destination des biens immobiliers détenus en France avant le 30 juin, une première fois reportée, cette formalité est finalement à réaliser d’ici le 10 août. On fait le point pour les Français de l’étranger.
La possibilité de corriger sa déclaration d’impôts française
La période des déclarations d’impôts fut, comme souvent, source de stress et d’incertitude, encore plus quand on est Français de l’étranger et qu’on perçoit encore des revenus en France. Il est toutefois important de savoir qu’il existe des procédures pour corriger une déclaration d’impôts française en cas d’erreur ou d’omission. Voici tout ce que vous devez savoir sur la possibilité de corriger votre déclaration d’impôts en France.
Les erreurs courantes dans les déclarations d’impôts
Il est tout à fait normal de faire des erreurs lors de la déclaration de vos impôts. Cela peut être dû à une confusion, une incompréhension ou tout simplement à un oubli. Voici quelques exemples d’erreurs courantes :
Omission de revenus (par exemple, des revenus issus de la location d’un bien immobilier, ou des revenus provenant de l’étranger pour lesquels vous devez aussi déclarer les impôts payés dans votre pays de résidence. Un montant que vous n’avez pas forcément à disposition en mai).
Erreur dans le calcul des déductions fiscales.
Omission de certaines dépenses déductibles (comme les frais de garde d’enfants, les dons aux associations, les dépenses liées à l’emploi à domicile, etc.).
Erreur dans la déclaration des bénéfices d’une activité indépendante ou profession libérale.
La rectification de la déclaration d’impôts
Si vous avez commis une erreur dans votre déclaration d’impôts, il est essentiel de la corriger dès que vous vous en rendez compte. Vous disposez généralement de trois moyens pour rectifier votre déclaration :
La déclaration rectificative en ligne : Si vous avez effectué votre déclaration d’impôts en ligne, vous pouvez simplement accéder à votre compte en ligne sur le site de l’administration fiscale française (impots.gouv.fr) et effectuer une déclaration rectificative en modifiant les informations erronées. Cette option est possible depuis le 01 aout et jusqu’au 31 décembre.
La déclaration rectificative sur papier : Si vous avez déclaré vos impôts sur papier, vous pouvez demander un formulaire de déclaration rectificative (formulaire n° 2042-C) auprès du centre des impôts. Remplissez-le en indiquant les informations correctes et envoyez-le à l’adresse indiquée sur le formulaire.
La procédure de réclamation : Si vous avez déjà payé vos impôts, mais que vous souhaitez contester le montant ou demander un remboursement, vous pouvez déposer une réclamation auprès de votre centre des impôts. Vous devrez expliquer en détail les raisons de votre réclamation et fournir les documents justificatifs nécessaires. C’est parfois aussi le cas si vous a prélevé la CSG et que vous résidez dans un pays de l’Union européenne. N’oubliez pas vous êtes exempté(e) de cette taxe à la condition de souscrire au système de santé national de votre pays de résidence membre de l’UE.
Les délais à respecter
Il est important de respecter les délais pour corriger votre déclaration d’impôts. En ligne, vous pouvez le faire jusqu’au 31 décembre de cette année. Mais si vous dépassez cette date, vous pourrez prendre attache avec votre trésorerie française jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle de la déclaration pour effectuer une déclaration rectificative.
Toutefois, il est recommandé de corriger votre déclaration dès que vous identifiez une erreur afin d’éviter tout problème potentiel avec l’administration fiscale.
Vous avez bien le droit à l’erreur
Il est, donc, tout à fait possible de corriger une déclaration d’impôts française en cas d’erreur ou d’omission. Il est préférable de rectifier votre déclaration dès que vous remarquez une erreur, que ce soit en ligne ou sur papier, en respectant les délais impartis. Si vous avez des doutes ou des questions, n’hésitez pas à contacter votre centre des impôts pour obtenir des conseils supplémentaires.
La date limite pour déclarer ses biens immobiliers finalement reportée au 10 août
Le ministère de l’Économie a annoncé ce mardi repousser jusqu’au 10 août la date limite de déclaration des biens immobiliers « pour permettre à tous les propriétaires une déclaration sereine », après deux reports dus à l’afflux de déclarations. « Pour permettre à tous les propriétaires une déclaration sereine et pour assurer une juste taxation des contribuables, le service Gérer mes biens immobiliers recueillera les déclarations jusqu’au 10 août », a-t-il ainsi annoncé.
Stockadobe
« Ces derniers jours, de très nombreux propriétaires ont validé la déclaration d’occupation de leurs biens immobiliers », a fait valoir le ministère dans un communiqué. Il s’agit du troisième report de cette campagne de déclaration qui a pris de court de nombreux propriétaires et mécontenté les syndicats des finances publiques qui ont dénoncé notamment une surcharge de travail pour les agents des impôts.
Alors que les civils français et Occidentaux sont évacués du pays en proie à une junte militaire depuis une semaine, les militaires à l’origine du coup d’État au Niger continue de dérouler leur stratégie, téléguidée par la Russie. Hier, jeudi 03 août, les putschistes ont remis en cause le « stationnement » et le « statut » des militaires français dans le pays, « face à l’attitude désinvolte » de Paris. Une première mesure forte a aussi été annoncée : le retrait de leur mandat d’ambassadeur à 4 fonctionnaires nigériens en mission en France, aux États-Unis, au Nigéria et au Togo.
Accords militaires avec la France dénoncés
Les putschistes au Niger ont déclaré jeudi soir dénoncer plusieurs accords militaires conclus avec la France, qui concernent notamment le « stationnement » du détachement français et le « statut » des militaires présents dans le cadre de la lutte antijihadiste, dans un communiqué lu à la télévision nationale.
« Face à l’attitude désinvolte et la réaction de la France relativement à la situation (…) Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, militaires au pouvoir), décide de dénoncer les accords de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense avec cet État«
a déclaré un des putschistes.
RFI et France 24 bloqués
Dans la foulée, ce jeudi, les programmes de RFI (Radio France Internationale) et de la chaîne de télévision d’information France 24 ont été interrompus au Niger, «une décision prise hors de tout cadre conventionnel et légal», selon la maison-mère des deux médias, France Médias Monde. Les signaux des deux médias ont été coupés «sur instructions des nouvelles autorités militaires», a indiqué à l’AFP un haut fonctionnaire nigérien. La France a condamné «très fermement» cette décision. RFI et France 24 sont déjà suspendus au Burkina Faso et au Mali voisins, où les militaires nigériens au pouvoir ont envoyé des délégations mercredi. Pour rappel ces deux pays sont suspendus de l’organisation africaine Cédéao et sont également dirigés par des putschistes.
Ripostes en cas d’attaques
Les militaires de la junte ont également assuré qu’ils riposteraient « immédiatement » en cas d’ »agression ou tentative d’agression » contre leur pays par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), trois jours avant la fin de l’ultimatum décrété par l’organisation pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Le Mali et le Burkina Faso ont d’ailleurs affirmé que toute intervention armée au Niger serait considérée «comme une déclaration de guerre» à leurs deux pays.
Rappel de 4 ambassadeurs du Niger
Toujours jeudi, les ambassadeurs du Niger en France, aux États-Unis, au Nigeria et au Togo ont été limogés. Preuve de la volonté des putschistes de s’installer au pouvoir et de reprendre la main sur l’échiquier international.
Dans un entretien à l’AFP, Aïchatou Boulama Kané, l’ambassadrice du Niger en France, a déclaré qu’elle rejetait la décision des putschistes de mettre fin à ses fonctions.
« Je suis toujours l’ambassadrice du président légitime Mohamed Bazoumet je me considère comme telle.«
Aïchatou Boulama Kané, ambassadrice du Niger en France nommée par le président pris en otage – AFP
Aïchatou Boulama Kané, ambassadrice du Niger en France lors de la présentation de ses lettres de créance le 22 juillet 2022
Aïchatou Boulama Kané précise avoir reçu cette notification « par lettre », dans laquelle les putschistes désignent un chargé d’affaires pour la remplacer, en l’occurrence le premier conseiller de l’ambassade du Niger en France.
« J’ai signifié au premier conseiller que je rejette cette décision. Je suis actuellement dans mon bureau, le président Bazoum m’a appelée hier pour me dire va à ton bureau, tu as ma confiance et on continue le travail «
Aïchatou Boulama Kané, ambassadrice du Niger en France nommée par le président pris en otage – AFP
Les ambassadeurs déchus par la junte bénéficient donc, comme le président officiel, du soutien des 4 Etats visés par cette décision.