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  • L’actualité consulaire qu’il ne fallait pas louper en 2022/2023

    L’actualité consulaire qu’il ne fallait pas louper en 2022/2023

    L’été avance et notre série dédiée aux événements qu’il ne fallait pas louper en 2022/2023 continue. Dans ce troisième épisode, on s’intéressera à l’actualité consulaire, soit celle des consulats et des associations qui constituent le riche tissu associatif des Français de l’étranger, comme l’UFE qui a changé de président. On regardera aussi du côté des Lycées français dans le monde sans oublier la CFE. Enfin, on saluera Pauline Carmona qui prendra la tête de l’administration consulaire ce 01 septembre.

    AEFE : pédophilie, tensions sociales, déconventionnement… une année 2022/2023 difficile

    mobilisation à l'AEFE
    Mobilisation à l’AEFE contre la réforme des retraites à Tunis ©SNES

    Les 500 Lycées homologués par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger ont, dans leur grande majorité, vécu une année 2022/2023 placée sous le signe du retour à la normale après 2 ans de pandémie. Si la situation s’est éclaircie sur le volet sanitaire, les conflits sociaux ont repris de plus belle.

    Comme en France, la réforme des retraites a provoqué de nombreux remous au sein des établissements scolaires français, de Barcelone à Bangkok en passant par Rabat, Berlin, etc. Au-delà de cette opposition à ces nouvelles dispositions, les syndicats sont aussi vent debout contre la nouvelle politique d’encadrement des détachements, la multiplication des recours aux contrats locaux et la non transposition des augmentations et autres avantages concédés à leurs confrères en France dans le cadre du « Grenelle de l’Éducation » de 2021. Ils ont pu d’ailleurs s’exprimer sur ce thème au sein du conseil d’administration, nouveau format, mis en place depuis cette année.

    Autre sujet qui inquiète syndicats comme parents d’élèves, c’est la multiplication des déconventionnements dans le réseau de l’AEFE. Cette année, c’est le cas des deux derniers Lycées français conventionnés de la Mission laïque française en Espagne, sur la dizaine que compte cet opérateur historique, qui a défrayé la chronique.

    Enfin, plus grave, l’AEFE, dans un établissement qu’elle gère directement (EGD) à Barcelone, a été confrontée à un cas de pédophilie au sein de la maternelle de l’établissement. On y est revenu longuement dans nos articles.

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    pédophilie

    Le STAFE, un fonds qui ne trouve pas son rythme de croisière

    Doté de deux millions d’euros, le fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) a été créé en 2018 suite à la suppression du dispositif de la « réserve parlementaire ». Pour rappel, cette réserve était détenue par les parlementaires qui pouvaient octroyer chaque année différents montants à des projets de leur circonscription.

    Aujourd’hui, les projets sont présentés en Conseil consulaire, soumis à l’instruction des Conseillers des Français de l’étranger en Conseil consulaire. Après examen de chaque dossier, ces derniers formulent des vœux, vœux qui sont intégrés dans une note plus globale rédigée par le poste consulaire dans laquelle l’administration insère également ses propres commentaires. Pour autant, le dispositif n’apporte pas pleinement satisfaction car il favorise de facto les projets portés par des administrations ou ses affiliés au détriment des associations citoyennes de Français de l’étranger.

    Simplifier les rapports avec l’administration

    expatriation
    Olivier Becht et Stanislas Guérini

    Un des grands chantiers des 2 quinquennats d’Emmanuel Macron, c’est la concrétisation de la simplification des rapports avec l’administration française et la facilitation de son accès par un renforcement des outils digitaux.

    Stanislas Guérini, le ministre chargé de la simplification administrative, et Olivier Becht, ont encore rappelé cet engagement au mois de juin 2023.

    France Consulaire

    France consulaire
    France consulaire

    Depuis le 13 octobre dernier, le service France Consulaire répond par téléphone et par courriel aux demandes des expatriés. Il a pour vocation à remplacer les accueils téléphoniques de tous les consulats. Comme nous le relatons régulièrement, depuis la crise de la Covid-19, l’insatisfaction des Français établis dans de nombreux pays monte en puissance. Ce nouveau service doit permettre de rétablir un service satisfaisant. Dans un premier temps, il fut en test dans 5 pays de l’Union européenne, depuis le début de l’année, le dispositif est déployé dans le monde entier, en commençant par l’Europe avant de s’étendre à tous les continents d’ici la fin de l’année 2025.

    France Identité

    permis de conduire
    Permis de conduire sur France identité, disponible en 2024

    La dématérialisation des services, accélérée par la crise sanitaire, l’essor des accès distants aux données d’entreprise, la numérisation des échanges et le télétravail accélèrent le besoin d’authentification et de vérification d’identité à distance. Pour répondre à ces enjeux, l’Etat français va déployer un nouveau dispositif : France Identité !

    Droit au compte bancaire

    Le décret publié le 13 mars 2022 au Journal officiel devrait s’appliquer depuis. Ce texte met en place une simplification du recours à la Banque de France pour les personnes dépourvues de compte de dépôt en France et qui ont vu leur demande rejetée par les banques commerciales. L’objectif est de modifier les délais de la procédure de droit au compte et d’améliorer son suivi.

    Pour autant, les cas de « débancarasition » se multiplient toujours dans la communauté des Français de l’étranger, et c’est face à ce constat que votre site Lesfrancais.press s’associe au groupe des Banques populaires et des Caisses d’Epargne pour créer une nouvelle application bancaire, disponible courant novembre 2023, France Pay, qui permettra à tout Français, sur simple présentation d’une pièce d’identité française, d’obtenir un compte français SEPA (FR) et d’une carte Visa internationale émise en France et reçue sur votre lieu de résidence.

    Les relations élus – administration consulaire

    Derniers arrivés de la cohorte d’échelons locaux, les conseillers consulaires, créés sous François Hollande sous l’impulsion de la ministre chargée des Français de l’étranger de l’époque, aujourd’hui sénatrice représentant ces derniers, Hélène Conway, ne disposeraient pas des mêmes prérogatives que leurs confrères élus en France. Pourtant leur rôle et leurs missions sont au coeur de l’actualité consulaire.

    C’est en tout cas ce qui ressort du rapport du groupe d’études « Statut, rôle et place des Français établis hors de France », adopté ce 8 février par le Sénat sous l’impulsion du sénateur et président de la fédération des Français de l’étranger du parti « Les Républicains » Ronan Le Gleut, qui présida les travaux tout au long du processus.

    Un nouveau président pour l’UFE : Alain-Pierre Mignon

    Alain-Pierre Mignon
    Alain-Pierre Mignon

    Dans l’actualité consulaire, on s’intéresse aussi à la vie des associations, cette année c’est à l’UFE que la présidence a changé.

    Résident depuis des décennies en Indonésie, Alain-Pierre Mignon est un chef d’entreprises aux multiples succès en plus de diriger, aussi, le bureau de représentation de la banque du Crédit industriel et commercial (CIC) sur place. Cette riche et active carrière ne l’a pas empêché de s’investir au quotidien pour ses compatriotes à l’étranger. Tout en étant élu des Français de l’étranger à Jakarta et président de l’UFE locale, Alain-Pierre Mignon était de 2015 à avril 2022 le Président de la Caisse des Français de l’Etranger (CFE).

    Ecoutez l’interview exclusive d’Alain-Pierre Mignon

    La Caisse des Français de l’étranger : en danger ?

    Isabelle Frej
    Isabelle Frej, présidente du Conseil d’administration de la CFE

    Le 26 juin, quelques jours après la réunion du CA de la Caisse des Français de l’étranger des 12 et 13 juin, un article fut publié sur un site spécialisé sur la situation financière de la CFE. Il eut l’effet d’une déflagration dans le petit milieu des expatriés. Dans ce court papier, on découvre un déficit de 42 millions d’euros pour l’année 2022. Pour le journaliste, cette situation mettrait en péril l’organisme privé qui permet aux expatriés de conserver les prestations de la sécurité sociale française hors de France. Pourtant, à la lecture détaillée du bilan, on constate que non. Nous avons reçu, il y a quelques jours, la présidente du conseil d’administration de la CFE, Isabelle Frej.

    Nouvelle directrice de l’administration consulaire

    Pauline Carmona
    Pauline Carmona

    Pauline Carmona a été nommée, en Conseil des ministres du 13 juillet 2023, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à compter du 1er septembre 2023.

  • Lettre à la France #3 – Maxime Loth, étudiant français à Milwaukee : « Aux USA, j’ai marché sur l’eau »

    Lettre à la France #3 – Maxime Loth, étudiant français à Milwaukee : « Aux USA, j’ai marché sur l’eau »

    Quel compatriote vivant loin de l’Hexagone n’a jamais été touché par un profond sentiment de nostalgie ?  Vivre loin de sa patrie de naissance c’est, certes s’offrir la possibilité de tracer librement un itinéraire de vie singulier, loin du déterminisme des origines, et de se mêler au bouillonnement du monde. Mais vivre loin implique aussi de ressentir le poids de la distance quand on a laissé derrière soi des êtres chers et des terres aimées qu’on ne reverra que pour les vacances ou tout simplement jamais. La nostalgie faite du pincement au coeur de celui  ou celle qui est parti n’est jamais loin.

    « De la Lettre à France de Polnareff aux Lettres à la France de Français.press »

    Quand Michel Polnareff écrit en 1977 sa « Lettre à France », il compose une ode languissante au pays qu’il a dû quitter précipitamment quatre ans plus tôt pour vivre en exil aux Etats-Unis. Cette chanson à succès est aussi un hommage à France Gall avec qui Polnareff a connu une idylle malheureuse.

    A l’image de cette missive enflammée devenue célèbre, j’ai voulu interroger des compatriotes sur leur rapport intime à la France, sur leurs amours, souvent à l’origine de leur itinéraire de vie, les faire parler de leurs sentiments liés à une expatriation pas seulement décrite sous l’angle des choix professionnels, mais vécue à travers des anecdotes de vie, des rencontres, des virages négociés ou des bifurcations soudaines.

    J’ai demandé à mes interlocuteurs de rédiger l’ébauche de leur propre « Lettre à la France » et de me fournir la photographie de deux lieux chers et évocateurs, en France et dans leur lieu de résidence à l’étranger.

    De cette mosaïque de mots et d’images se dégagent les portraits personnels de ces compatriotes de l’étranger qui forment la mosaïque de la France d’outre-frontière en même temps que les réminiscences de la France d’hier et d’aujourd’hui.

    Maxime est inscrit en troisième année de Sciences-Po Paris. Il vient de revenir de deux semestres à l’université de Milwaukee. A 20 ans, il a vécu son rêve américain. 

    Le rêve américain de Maxime

    « J’ai une culture populaire cinématographique. Quand je ne vais pas bien, je regarde plein de films, c’est ce qui me permet de rêver. J’aime surtout Rocky et les héros de Disney. J’ai grandi grâce à mes grands-parents dans cet environnement magique. Aller aux Etats-Unis était un rêve à cet égard. Là-bas tout est géant, c’est l’immensité de la nature qui m’a frappé. Mais aussi ce que les Américains ont créé. J’ai pu aller à Vegas et à Miami, dans ces villes qui sont un vrai délire et qui me fascinent »

    Maxime Loth

    Partir : une désertion ?

    Boris Faure : Dans ta lettre à la France tu parles de désertion. Tu m’expliques ?

    Maxime Loth : Je suis français, je me sens bien en France, j’ai tout pour être heureux. Pourquoi ce désir d’Amérique ? Quand la réalité est trop brutale, je m’évade.

    La France à mon retour me semble petite, il y a beaucoup moins de démesure ici. Mon regard a changé. On est vraiment différent des Américains, on a des façons de vivre différentes des Américains. 

    Les USA c’est du Roald Dahl, la France c’est le Papa de Simba

    Boris Faure : Tu compares les USA aux personnages de Roald Dahl et la France en comparaison c’est qui ? 

    Maxime Loth : C’est le Papa de Simba dans le Roi lion. Il donne tout et il en meurt d’ailleurs. On a une France un peu paralysée, des Français jamais contents. La France peut se sauver mais on a beaucoup de manque de reconnaissance, c’est comme un suicide collectif. En France contrairement aux USA on ne rêve pas. On a moins de projets, on est plus pessimiste, je l’ai vraiment constaté. On nous répète moins que tout est possible.

    Aux USA tout est possible, même marcher sur l’eau 

    Boris Faure : Je t’ai demandé de choisir deux images symboliques qui t’inspirent. Tu as choisi un lac enneigé, le Lac Michigan. Pourquoi ?

    Maxime Loth : C’est en fait une plage enneigée. Je marchais sur cette plage et soudain je me suis rendu compte que j’avais quitté la plage et que je marchais sur l’eau. C’est à l’image de mon aventure aux USA. Je marchais sur l’eau au sens que tout est possible là-bas.

    Lac Michigan en hiver ©Maxime Loth

    Les individus ne sont cependant pas interchangeables ; les hommes ne sont pas des Playmobils. On attend que les hommes s’acclimatent à tout et ce n’est pas vrai.

    Lac dans les Vosges natales de Maxime Loth ©Maxime Loth

    On m’a appris à ne pas rentrer dans le moule

    Boris Faure : Décris-moi ton milieu d’origine stp…

    Maxime Loth : Mes parents ? La singularité de mon éducation c’est de ne pas vouloir rentrer dans un moule. En France on aime bien cultiver la différence. Alors qu’on devrait peut-être plus en France cultiver le commun. J’ai toujours bien aimé ne pas rentrer dans le moule. Aux USA les gens sont plus dans un moule, dans une moyenne. 

    Mes parents m’ont transmis ce message : « Tu fais ce que tu veux ». Tant que tu ramènes des résultats à l’école, tu es libre. Mon père travaille dans une entreprise dentaire. Ma mère est institutrice dans les Vosges avec son nouveau compagnon maintenant. Mais au départ on a toujours vécu en région parisienne. Je suis le premier à faire des grandes études. J’ai un frère et deux petites soeurs. J’avais toujours entendu parler de Sciences-Po mais sans me dire que j’y serais un jour. 

    « J’ai eu un enseignement wokiste structuré« 

    Maxime Loth : J’ai accès à des disciplines qui me permettent d’affirmer ma singularité. Je peux découvrir des choses qui provoquent au départ une réticence. Comme par exemple l’enseignement sur la théorie de la race et du genre, théories auxquelles j’aime bien me confronter. J’ai choisi aux USA des cours qui se situaient dans cette veine-là. Un cours nommé « Race, ethnicité et religion ». J’ai eu un enseignement wokiste structuré (rires). Sur ces sujets les Américains ne pensent pas les choses comme nous. Ils fondent leur pensée sur le fait que la société est raciste. Donc tout va pouvoir se résoudre si on intègre la notion de race. En France on n’a pas cette approche parce l’on ne considère pas que la France soit foncièrement raciste. Même s’il y a des discriminations. 

    Entre ségrégation aux USA et discriminations en France 

    Maxime Loth : Aux USA il y a, de fait, une réelle ségrégation. Je vivais dans une des villes les plus ségréguées des USA, à Milwaukee dans le Wisconsin. D’une rue à l’autre tu changes de monde. Les responsables politiques ne font rien pour résoudre ces ségrégations. Le transport public n’existe pas ou peu. Il y a très peu de transport en commun et ceux qui existent desservent les mêmes zones. Cette problématique des transports on la retrouve dans une moindre mesure en France. Les projets sur la gratuité des transports pourraient fournir des solutions aux ségrégations urbaines en France. Car les gamins de banlieue ne vont pas à Paris. En Occitanie ou à Montpellier ce sont des projets amenés à se développer.

    Mon université à Milwaukee se trouvait dans un quartier noir. Dans les écoles publiques qui entouraient l’université il n’y avait exclusivement que des enfants noirs. L’Université était blanche avec un peu de mixité. Les minorités étaient présentes car « l’affirmative action » permet une certaine mixité. Et les jeunes se mélangent quand même. Je me suis fait des amis américains de toutes les couleurs. Il y a un biais à l’origine mais une fois passé ce biais les discriminations sont plus importantes.

    Être le Français de service

    Maxime Loth

    Boris Faure : Et le regard sur le Français que tu es ?

    Maxime Loth : Dans ma résidence c’était vraiment la colonie de vacances. La fête, le bruit. Ils savaient qu’il ne fallait pas me réveiller le matin. Ils me trouvaient « rude » de râler. Sur le style vestimentaire comme ils sont souvent en sportswear, moi m’habillant normalement, on me disait « tu vas à un mariage ou à un enterrement ». Aux USA, les filles ont toutes un sac à dos et pas de sac à mains. 

    A 20 ans je n’avais pas l’âge légal pour consommer de l’alcool. L’accès à l’alcool est prohibé, on n’a pas du tout le même rapport à l’alcool. Eux sont vraiment dans l’idée de se bourrer la gueule. Nous on est davantage dans l’esprit de faire la fête, de partager, d’être de bonne humeur. Leur consommation d’alcool est nettement moins festive. Ils n’ont pas la culture de la terrasse, de se poser et de discuter, de consommer tranquille. Ce qui permet de faire du lien là-bas entre les individus ce n’est pas la terrasse : ils socialisent par la simplicité. Il y a un rapport très direct à l’autre. Moins de filtres, moins de retenue, moins de jugement. En France on a plus peur du jugement. 

    Boris Faure : Est-ce que cela a été difficile en termes d’intégration ? 

    Maxime Loth : Construire du lien, créer du contact a été difficile. Par facilité je suis allé vers les Français, tu es dans un confort, tu as des choses en commun. Avec les Américains on manquait de choses en commun. Avec les Français on avait Paris en commun, la politique en commun, les passions communes.  C’était compliqué de créer du lien parce qu’ils t’essentialisent en tant que français. Tu corresponds à des clichés mais ils ne cherchent pas forcément à aller au-delà.

    L’Amérique profonde entre sécessionnisme et trumpisme

    Boris Faure : As-tu pu aller à la découverte de l’Amérique profonde ?

    Maxime Loth : Découvrir l’Amérique profonde est quelque chose qui m’a toujours donné envie. J’ai fait un road trip de la Floride jusqu’au Wisconsin. Même si on logeait à l’hôtel on est passé dans des villes où la pauvreté est visible, avec des gens qui vivent dans des mobile-homes, avec des drapeaux de suprémacistes blancs, avec des drapeaux sécessionnistes. De là à aller vivre une expérience de quelques mois ou plus là-bas, je ne pourrais pas. Ce serait trop dur, ce serait me demander de faire trop d’efforts. Je suis un Parisien, je fréquente des gens qui me ressemblent beaucoup. Aller vivre dans un village où le premier commerce est à cinquante kilomètres, avec des idées dures sur plein de sujets, la position de la femme, la religion, vivre au milieu de ça, ce serait compliqué.

    J’ai envie de retourner aux USA. Je n’envisage pas de vivre aux USA mais de découvrir tout le reste. L’ailleurs. J’ai encore beaucoup de choses à découvrir. Pas tellement dans les grandes villes car j’ai vu Nashville, Chicago. Je rêve en fait des grands parcs de l’Ouest. 

    J’étais une fourmi et l’immensité de la nature me rappelait néanmoins que tout était possible

    Boris Faure : Tu as choisi une photo d’un lac des Vosges, c’est le même attrait pour la nature ?

    Maxime Loth : Ce n’est pas la même nature. Les Vosges c’est l’endroit où j’ai passé mon confinement. Le confinement c’est une partie importante de la vie des jeunes de mon âge. Quand c’était trop compliqué j’allais contempler la nature. Aux USA j’ai senti une forme de puissance face à l’immensité que je n’avais jamais ressentie en France. C’était puissance mille aux USA. Quand j’avais des coups de mou j’allais me balader. J’avais l’impression que c’était la fin du monde et face à l’immensité, cela m’imposait d’avancer. J’étais une fourmi, et l’immensité me rappelait néanmoins que tout était possible.

    Sa lettre à la France

    Depuis que je suis loin de toi, 

    Suis-je un déserteur ? Je n’ai pourtant pas fauté : parti de mon plein gré, ma fuite n’est pas une retraite, et encore moins une relégation, elle se prétend découverte. Nul exotisme – l’aventure m’est étrangère – ni sentiment de connaître un nouveau front – les pionniers sont ailleurs. Je suis à l’abri, mais pas dans mes retranchements. L’horizon dégagé, tu me rappelles sans cesse à toi : le lien n’est pas distendu, la chaîne jamais rompue. Même libre, je t’appartiens.

    Je ne suis pas ton prisonnier. L’écho est lointain et ne m’empêche rien. Je vis l’ailleurs : l’excès partout, pour tout, un semblant de démesure pour me persuader que tu as tellement moins à vendre, que chez toi, désormais, tout est en solde. Moi, je sais bien qu’ils se trompent : rien de ce que tu proposes n’est encore totalement marchand, presque tout est à donner.  

    Ailleurs est finalement ici. Il ne se construit que par comparaison, par confrontation. C’est le Grand contre le Petit, le Gros et le Mince, le Fou et le Sage, le Laid et le Beau, le Mal et le Bien. Un Roald Dahl non censuré. Même parfois grabataire – simple pyramide des âges -, aveuglé – lâche cécité d’une frange de la gauche -, hébété – démagogie populiste de l’extrême -, ou paralysé – quelques grèves bienvenues -, David est vainqueur, évidemment. Il ne peut en être autrement.

    Le déserteur était donc ton espion. Il n’y a pas eu de documents secrets, de technologies coûteuses et, j’en ai peur, je n’ai rien obtenu de compromettant. Alors oui, je peux, si tu le désires, te parler de l’autre, celle que j’ai fréquentée. Mais ne sois pas jalouse : mon amour se partage, et mon absence n’a fait que renforcer ta présence. Il était bien une fois, toi et moi…

  • Le meilleur de la vie culturelle des Français de l’étranger pour la saison 2022/2023

    Le meilleur de la vie culturelle des Français de l’étranger pour la saison 2022/2023

    On continue notre série qui revient sur les événements qui ont marqué l’actualité des Français de l’étranger. Pour ce deuxième numéro, on s’intéresse à la vie culturelle. Exposition, concerts mais aussi livres, le tout lié ou créé par des Français de l’étranger. L’expatriation serait-elle une source d’inspiration pour nos compatriotes ?

    Littérature

    Notre chroniqueur culturel, Boris Faure, ancien directeur d’un Institut français, est allé à la rencontre, tout au long de l’année, des écrivains expatriés, des diplomates mais aussi de simples citoyens qui ont pris la plume depuis l’étranger.

    La Remontada de Vojetta, le député des Français d’Espagne et du Portugal, publie un récit politique sans fard

    Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Stéphane Vojetta revient, dans son premier livre « Remontada », sur la campagne législative 2022 où il fut opposé à Manuel Valls investi par son parti Renaissance.

    Les enfants de la guerre d’Algérie, un récit bouleversant au service de la paix

    Avec « Les enfants de la guerre d’Algérie – Le grand départ» (Ramsay), Daphna Poznanski-Benhamou, élue des Français de l’étranger, livre ici un récit-essai, revenant sur le destin des enfants dont elle faisait partie.

    Lire sans soif ! Un livre sur les alcools du monde

    alcools du monde
    Alcools du monde

    Sur plus de 350 pages, une encyclopédie mondiale, écrite par un Français, met en lumière des dizaines d’alcools du monde.

    Les diplomates écrivains

    Patrick Lachaussée
    Patrick Lachaussée

    Cette année, Boris Faure a aussi voulu rendre hommage aux diplomates écrivains. Nous sommes donc allés à la rencontre de Fabrice Etienne et Patrick Lachaussée, écrivains et membres du corps diplomatique.

    Musique

    Si la littérature est le dada de notre chroniqueur Boris Faure, le reste de la rédaction s’intéresse aussi aux autres arts. Parmi ces derniers, la musique se fait bien sûr une part belle.

    Plus de 63 titres vendus à plus de 500 000 exemplaires hors de France en 2022

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    Le Centre National de la Musique révèle que la musique en français s’exporte plus à l’étranger, avec une nette domination du rap.

    Aya Nakamura, Angèle, Niska… Le Centre National de la Musique (CNM) a dévoilé les chiffres de l’exportation de la musique en français dans le monde, et le marché est en pleine progression. Le nombre de titres dépassant les 500 000 ventes, et donc éligibles à la « certification à l’export », a augmenté en 2022, atteignant le nombre de 63. Premier de ce classement, le Belge Stromae a vu son single L’Enfer téléchargé plus de 75 millions de fois à l’étranger, devenant ainsi le plus gros succès francophone de 2022. Dans un communiqué, le CNM s’est félicité que la langue « ne soit plus une barrière à l’export » et que le français soit désormais présent dans « 68% des nouveaux certifiés à l’export. »

    Le Centre national de la Musique comptabilise par ailleurs 326 titres et albums certifiés réalisés par des Francophones, mais pas forcément chantés en langue française.

    Des Français de Lisbonne forment un groupe

    Badoites
    Badoites

    La communauté expatriée de Lisbonne fait entendre depuis quelques jours de nouveaux accords majeurs. Le groupe « The Badoites Band » a publié son premier opus en mars de cette année.

    Ses membres ont en commun le Lycée français, dont ils sont personnels ou parents d’élèves. Mais les « Badoites », c’est avant tout une bande de copains créatifs et inspirés : Hervé, Joaquim, Diogo, Fred et Mehdi ont d’abord rodé leurs compositions dans les bars de la capitale portugaise, accumulant les cachets et améliorant les 12 titres d’un album qui se nomme « Cool that way », pour souligner l’ambition de donner du plaisir au public en toute décontraction.

    Écoutez « When I was young », le premier extrait de l’album « Cool that way »

    Orchestre des Lycées français du monde

    Orchestre des Lycées français dans le monde
    Orchestre des Lycées français dans le monde

    Cette année, nous avons suivi les préparatifs du concert de l’orchestre des Lycées français du monde, du recrutement au concert en passant par les répétitions.

    Depuis 2015, l’AEFE a formé un orchestre international et inter-établissements, composé d’élèves de la sixième à la terminale ! Né pour célébrer le 25e anniversaire de l’AEFE, l’orchestre des Lycées français du monde est avant tout une aventure humaine et artistique que porte avec passion Adriana Tanus, enseignante au Lycée français de Madrid. Sa neuvième édition s’est déroulée pour l’année scolaire 2022/2023 ! Première étape, comme les grands, les auditions ! A la clef, la chance de pouvoir jouer dans une des plus belles salles d’Europe à Vienne, en Autriche ! 70 musiciens ont été recrutés au cours du premier trimestre de l’année scolaire.

    Ecoutez le concert enregistré à Vienne

    Nous avons reçu pour évoquer l’organisation d’un tel défi, la professeure chargée de l’organisation, Adriana Tanus, ainsi que la proviseure du Lycée de Vienne, Magali Durand Assouly, qui a accueilli le 16 mars la première représentation, avant de la reproduire dans la salle de concert de la « Maison de la radio autrichienne ».

    Ecoutez l’interview

    La Fête de la Musique post Covid

    Fête de la Musique 2023
    Fête de la Musique 2023

    Comme chaque année, la Fête de la Musique a fait danser le monde le 21 juin dernier ! Et cette année, le monde entier était libéré des contraintes liées à la pandémie. Si cette célébration d’origine française est désormais reprise dans de nombreux pays, les Français de l’étranger ne sont pas en reste, ainsi plus de 120 événements sont organisés par les communautés françaises à l’étranger. On a fait un rapide tour d’horizon pour les expatriés !

    Audiovisuel

    Avant de conclure ce patchwork culturel des Français de l’étranger avec les événements, on s’arrête quelques instants sur les créations audiovisuelles qui ont marqué cette saison.

    La France, troisième pays producteur de créations audiovisuelles

    creations audiovisuelles
    Créations audiovisuelles exportées

    L’exportation de programmes audiovisuels français a battu un nouveau record en 2021, avec un flux financier total de 678,6 millions d’euros, selon une étude publiée lundi par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et Unifrance.

    Ce montant, qui englobe l’ensemble des ressources financières venues de l’étranger, est le plus haut jamais enregistré avec un bond de 38,8% par rapport à 2020.

    A l’origine de ce record : les dépenses réalisées en France pour des projets internationaux qui ont plus que doublé, atteignant 302,7 millions d’euros en 2021 contre 134,3 millions l’année précédente. Cela prouve néanmoins « à la fois l’attractivité du crédit d’impôt international » et aussi « la confiance des producteurs étrangers dans les capacités de production française (…) », est-il ajouté dans l’étude.

    Yves Bigot, 10 ans à la tête de TV5MONDE

    TV5MONDE
    TV5MONDE

    Depuis janvier 2013, Yves Bigot est à la tête du consortium publique TV5MONDE. Une construction héritée de l’Histoire qui ne facilite pas le travail dans un monde où les exigences sont de plus en plus nombreuses. Et pourtant, avec ses équipes, Yves Bigot a réussi à renforcer la notoriété des 11 chaînes diffusées dans le monde tout en étendant sa diffusion.

    Aujourd’hui, ce sont 421 millions de foyers dans 197 pays qui ont accès à la chaîne de la Francophonie, contre 212 millions en 2012. Logiquement, les audiences ont suivi la courbe, passant de 30 à 62 millions de téléspectateurs hebdomadaires, et ce uniquement dans 24 pays où il est possible d’obtenir des chiffres précis.

    Un engagement pour la Francophonie qui est chevillé au corps pour Yves Bigot, qui assure aussi la présidence du réseau, bien connu des Français de l’étranger, des Alliances françaises.

    Le groupe TF1 et TNT SAT

    TNTSAT
    TNTSAT

    En Europe ou dans le bassin méditerranéen, les Français y résidant sont nombreux à avoir souscrit une offre TNT SAT afin de recevoir un bouquet de chaînes françaises. Mais à la rentrée 2022, un conflit entre la filiale du groupe Bouygues et Canal +, opérateur de l’offre TNT SAT, a privé pendant de longues semaines nos compatriotes de leurs chaînes préférées.

    Les événements

    Enfin, on conclut cette rétrospective avec deux événements culturels qui ont marqué cette fin de saison 2022/2023.

    JIJ 2023 à Pau

    Jeux Internationaux de la Jeunesse
    Jeux Internationaux de la Jeunesse

    Direction Pau, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle Aquitaine. 31 lycées francophones des quatre coins du monde s’y sont retrouvés lors des Jeux Internationaux de la Jeunesse de l’AEFE. Du 12 au 16 juin, 300 jeunes ont joué ensemble une partition allegro, sportive, culturelle et éco-responsable.

    Les 140 ans des Alliances françaises

    Alliance française
    Alliance française

    La « première ONG culturelle du monde » a fêté ses 140 ans, ce vendredi 21 juillet, lors d’une cérémonie avec Emmanuel Macron. Initialement créée pour servir des intérêts coloniaux en 1883, l’Alliance française, réseau de plus de 800 centres implantés dans 136 pays des cinq continents, compte aujourd’hui un demi-million d’étudiants, réunis autour de l’apprentissage du français.

    Regardez l’intervention d’Emmanuel Macron

  • Rencontre avec le peintre français Rémy Aron qui expose à Pékin cet été : à la découverte du sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rencontre avec le peintre français Rémy Aron qui expose à Pékin cet été : à la découverte du sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rémy Aron expose depuis 1974, en France, en Europe et dans le monde, un travail artistique aujourd’hui pleinement reconnu par ses pairs et le public.

    Une exposition à Pekin pour un fin connaisseur de la Chine

    Ce peintre formé aux Beaux-Arts de Paris, chevalier des Arts et des Lettres, a des liens étroits avec la Chine. Il y est membre de l’académie nationale de peinture, et son influence et sa connaissance de l’art chinois lui ont permis de présenter sa dernière exposition à Pékin. Il expose du 8 juillet au 13 août à la galerie Ici-Là Bas.

    Artiste engagé au service de la promotion de l’art, il a toujours milité contre l’argent roi et les logiques de reconnaissances institutionnelles quand elles limitent la créativité ou la liberté des artistes en les soumettant aux diktats du mercantilisme. 

    Réélu en France à la tête de la Maison des artistes

    Il est redevenu en 2023 président de la Maison des artistes, une institution qui, en France, œuvre pour l’aide et le soutien à tous les artistes par des formations, action d’appui et de promotion, pour l’aide à la reconnaissance de leurs droits.

    Nous avons interrogé l’artiste sur son exposition chinoise et plus largement sur son rapport à la création, sur les apprentissages qui ont été les siens et sur les différences entres les mondes de l’Art chinois et occidental. 

    Boris Faure : Votre dernière exposition fait une part importante à la notion de labyrinthe, pouvez-vous nous en parler ?

    Rémy Aron : Le labyrinthe est un thème dont je ne suis pas à l’origine. C’est le fruit d’une longue analyse de la critique. Mais au fond cela me convient assez bien. Symboliquement, le labyrinthe c’est une organisation, une circulation dans laquelle on se perd, dont on retrouve le fil après des tours et détours. Ce thème  est présent dans mon travail et chacune de mes toiles. Je me perds jusqu’à ce que je trouve, où semble trouver, une cohérence qui me donne une respiration. 

    On passe son temps à se battre soi-même, à détruire puis à reconstruire  

    Rémy Aron : C’est tout l’enjeu et la problématique de ce que je crois être la peinture : on passe son temps à se battre avec soi-même, à détruire puis à reconstruire. L’unité qu’on cherche, il faut tout abandonner pour peut-être l’obtenir, après s’être souvent perdu.

    Boris Faure : Quels sont les soubassements de votre art ?

    Rémy Aron : Ce qui est fondamental pour moi ce sont les apprentissages. On cultive des parties, des choses, on développe la conscience des limites, les arabesques, la hiérarchie des valeurs, le volume dans l’espace, la sensation de l’ensemble, le goût pour la géométriser, les éléments constitutifs d’un tout. Mais ce qui compte c’est bien de tout abandonner dans l’action pour espérer une synthèse, une unité dans l’instant. 

    Un sentiment de plénitude dans le labyrinthe du voyage

    Rémy Aron : Dans ce labyrinthe du voyage, il peut y avoir un sentiment de plénitude, tout ça est un combat avec soi-même.  Je ne peins pas pour produire quelque chose, pour produire des peintures. J’essaie de faire de la peinture car j’en ai besoin, car j’ai envie de peindre comme une nécessité pour vivre et respirer.   

    Boris Faure : Il y a une part de charge inconsciente dans votre peinture  ?

    Rémy Aron : Au bout du chemin, quand on cherche cette unité, quand on cherche une espèce d’espace qui vous correspond, il y a une charge qu’on ne maîtrise pas qui s’impose. Ce n’est pas l’idée du lâcher prise, c’est l’évidence que j’ai trouvée pour ne pas fabriquer des peintures. Car en matière de peinture et de créativité on ne sait pas où l’on va et c’est bien. 

    Il faut cultiver un certain goût de rien

    Rémy Aron : Il faut en réalité cultiver un certain goût de rien. Ma relation consciente reste avec les maîtres que sont Le Tintoret, Delacroix, Cézanne avec qui j’ai des relations étroites. Je dessine d’après les gravures de Rembrandt quotidiennement. Ma peinture n’est donc pas du lâcher-prise à la mode. Car j’aime et je vénère, la nature et les maîtres. 

    Boris Faure : Quel est votre rapport avec l’art chinois ?

    Rémy Aron : Depuis maintenant 20 ans je vais en Chine. C’est le grand pays de la peinture. Tout le monde est peintre là-bas car le rapport à la peinture est complètement consubstantiel à la société chinoise, c’est la relation spirituelle au monde. Il y a dans ce grand pays une relation intime entre la notion de dieu et la nature dans laquelle le peintre n’est qu’un passeur et presque un prêtre. 

    ©Courtesy of National Academy of Painting of China

    En Chine, tout le monde est peintre

    Rémy Aron : Je me suis retrouvé en Chine dans un pays où j’étais naturellement bien, grâce à une ancienne  pratique des arts martiaux qui m’avait familiarisé avec la civilisation extrême-orientale. La galerie dans laquelle j’expose s’inscrit tout à fait dans cette démarche. Les peintres chinois sont naturellement dans une abstraction formelle. Il y a très peu de portraitistes dans la peinture traditionnelle chinoise. La peinture chinoise  a pour objectif de représenter la montagne, l’eau, le ciel et les nuages et tout cela est inscrit dans le mouvement de l’univers. Il n’a jamais été question de décrire simplement les choses mais de saisir le mouvement dans une démarche naturellement, on pourrait dire  « impressionniste ».

    Dans la peinture chinoise, la nature est immense et l’Homme tout petit

    Rémy Aron : La peinture chinoise est naturellement actuelle, je peux dire contemporaine. Elle se fonde sur l’idée que la nature est immense et qu’en comparaison l’Homme est représenté très petit et contemplant l’univers. Car pour la Chine l’Humain n’est pas au centre de l’univers.

    Boris Faure : Vous vous êtes opposé publiquement  à une tendance occidentale qui mêle l’art à l’argent-roi… Comment est structuré ici le marché de l’art ?

    Rémy Aron : De façon générale dans l’art contemporain, moins il y a d’apprentissage, moins il y a de rapports aux maîtres, plus il y a une jouissance des marchands et de la valeur vénale de l’art. 

    En Chine toute la politique culturelle de la Nation repose au départ sur les associations d’artistes qui ont une importance considérable. L’Etat suit les artistes et les marchés ne viennent qu’en troisième position.

    En France c’est exactement l’inverse.

    En Occident il faudrait inverser les choses pour que la valeur vénale cesse d’être au premier plan de la valeur artistique.  

    Boris Faure : Vous venez d’être réélu à la tête de la Maison des artistes, sous quels auspices sont placés ce mandat ?

    Rémy Aron : Il s’agit de réunir les forces des artistes. Car les associations d’artistes sont maltraitées. Par exemple au Grand palais, l’Etat fait payer beaucoup trop cher les artistes pour les emplacements, les cimaises…

    ll faut réunir les associations d’artistes !

    Rémy Aron : Il faut réunir toutes les associations d’artistes pour créer un mouvement des artistes et peser davantage sur les choix culturels du pays.

  • Les élections en Espagne sont-elles un coup d’arrêt pour les droites européennes ?

    Les élections en Espagne sont-elles un coup d’arrêt pour les droites européennes ?

    Les élections législatives de dimanche 23 juillet en Espagne marquent un échec pour les droites européennes, un événement rare ces derniers temps sur le continent, selon des analystes.

    À moins d’un an des élections européennes, qui auront lieu en juin 2024, l’incapacité du Partido Popular conservateur (Parti populaire européen) et de son partenaire potentiel Vox, un parti d’extrême droite, à obtenir une majorité leur permettant de gouverner « signifie que la vague d’extrême droite et ultra-conservatrice n’a pas passé les Pyrénées, qu’il y a un coup d’arrêt », commente le politologue Steven Forti.

    « Le signal que l’Espagne envoie à l’Europe, c’est que cette vague peut être stoppée », déclare-t-il à l’AFP.

    Sur le papier, le PP a certes remporté ce scrutin en terminant avec le plus grand nombre de députés (136) devant le Parti socialiste du Premier ministre sortant Pedro Sánchez (122), mais il s’agit d’une « victoire à la Pyrrhus », et même d’une « défaite d’un point de vue politique », estime ce professeur à l’Université autonome de Barcelone (UAB).

    C’est que les sondages donnaient le PP très largement vainqueur et même en mesure d’atteindre la majorité absolue au Parlement avec l’aide de Vox, un allié certes très encombrant en raison de ses positions radicales, mais indispensable pour que le PP puisse gouverner.

    Malgré les réticences du PP, une telle situation aurait pu conduire à une participation de l’extrême droite au pouvoir, pour la première fois depuis la mort du dictateur Francisco Franco, en 1975.

    Embarras

    Beaucoup en Europe voyaient déjà l’Espagne emprunter le chemin de la Suède et de l’Italie l’an dernier ou de la Finlande cette année, pays où des blocs de droite et d’extrême droite sont maintenant au pouvoir. À Rome, c’est même la cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, qui dirige le gouvernement.

    Santiago Abascal, le chef du parti espagnol ‘Vox’, s’adresse à une conférence de presse à la suite du Comité d’action du parti à Madrid, Espagne, le 05 juin 2023. Aucun des partis politiques espagnols ne tiendra d’élections primaires pour les prochaines élections générales, le 23 juillet 2023, ce qui porte à croire que les candidats au poste de Premier ministre seront leurs dirigeants actuels. [EPA-EFE/FERNANDO VILLAR]

    La déconvenue du PP et de Vox en Espagne annonce-t-elle une remise en cause en Europe de cette stratégie de rapprochement entre la droite dite traditionnelle et l’extrême droite ?

    Pour Thierry Chopin, conseiller spécial à l’Institut Jacques Delors, « ce n’est pas du tout certain, car les situations nationales sont très différentes ».

    Il souligne ainsi que Vox, né en 2013 d’une scission du PP, a « un discours assez outrancier » et « une forme de radicalité », loin de « la stratégie de banalisation, de respectabilité qu’on a pu voir dans d’autres pays européens » de la part de mouvements similaires.

    De fait, Vox a mis le PP et son leader Alberto Núñez Feijóo dans l’embarras durant toute la campagne par ses prises de position extrêmes sur des thèmes allant de son refus de reconnaître l’existence de la violence machiste au rejet des droits de la communauté LGBTQIA+ en passant par son opposition à l’avortement ou à l’euthanasie.

    La convergence idéologique « n’a pas fonctionné » en Espagne, « à la différence de ce qu’il s’est passé en Italie ou dans le nord de l’Europe », poursuit M. Chopin.

    Récriminations

    La contre-performance de dimanche a en tout cas conduit à des récriminations publiques entre les deux formations, le secrétaire général de Vox, Ignacio Garriga, accusant lundi (23 juillet) les médias proches du PP d’« une diabolisation et [d’] une manipulation du message de Vox » au nom du « vote utile », c’est-à-dire afin d’attirer les électeurs de Vox.

    Pour évaluer l’impact au niveau européen de la déconvenue des droites dimanche en Espagne, M. Forti estime qu’il faut savoir si M. Sánchez et son allié de la gauche radicale, Sumar, parviendront à rester au pouvoir.

    Dans le cas contraire, l’Espagne se dirigera vers de nouvelles élections, à la fin de l’année ou au début de l’an prochain, « juste avant les élections européennes ».

    En prévision de ces élections, le Parti populaire européen (PPE), auquel appartient le PP, est actuellement en discussion avec le groupe Conservateurs et Réformistes européens (CRE), dont Fratelli d’Italia et Vox sont membres, afin de conclure un accord au Parlement européen.

    L’élection de dimanche en Espagne « complique énormément cette stratégie », souligne M. Forti.

    « Ce qui s’est passé en Espagne me conforte [dans l’idée] qu’une telle alliance » des droites « n’a rien d’évident et ne se produira pas » au Parlement européen, renchérit M. Chopin.

    Stéphane Vojetta dubitatif

    Pour le député des Français d’Espagne, Stéphane Vojetta, fin connaisseur de sa circonscription, les résultats sont ambigus et ouvrent suûement une période d’instabilité politique en Espagne conduisant éventuellement à de nouvelles élections fin 2023. Sur Facebook, il se félicite cependant que la présidence tournante de l’Union européenne, actuellement occupée par l’Espagne, restera, donc, aux mains du Président actuel du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

  • Comment choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains

    Comment choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains

    Les casinos en ligne offrent une expérience de jeu passionnante et la possibilité de remporter des gains importants depuis le confort de votre foyer. Cependant, avec la multitude de plateformes disponibles, il est crucial de choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos chances de gains. Quels sont les conseils pratiques pour vous guider dans votre sélection et vous aider à profiter d’une expérience de jeu en ligne enrichissante ? Nous allons y répondre dans cet article.

    Licence et réputation 

    Lorsque vous choisissez un casino en ligne, la première étape consiste à vérifier si la plateforme est licenciée et réglementée par une autorité de jeu réputée. Les licences délivrées par des juridictions comme Malte, Gibraltar ou l’île de Man garantissent que le casino opère dans le respect des normes et des règlements. De plus, renseignez-vous sur la réputation du casino en ligne en consultant des forums de discussion, des sites de revues et les avis des joueurs. Optez pour des casino en ligne Casino777 qui bénéficient d’une solide réputation et d’une longue expérience dans l’industrie.

    Sélection de jeux 

    La diversité des jeux proposés par un casino en ligne est un critère essentiel à prendre en compte. Recherchez des plateformes offrant une large gamme de jeux, tels que des machines à sous, des jeux de table, des jeux de cartes et des options de casino en direct. Les meilleurs casinos en ligne collaborent avec des fournisseurs de logiciels renommés pour garantir des jeux équitables et de qualité. Assurez-vous également que le casino met régulièrement à jour sa ludothèque avec de nouveaux titres pour une expérience de jeu toujours divertissante.

    ©StockAdobe

    Méthodes de paiement sécurisées 

    La sécurité des transactions financières est primordiale lorsqu’il s’agit de choisir un casino en ligne. Optez pour des plateformes qui proposent des méthodes de paiement sécurisées, telles que les cartes de crédit, les portefeuilles électroniques ou les solutions de paiement en ligne réputées. Vérifiez également les délais de traitement des retraits et assurez-vous qu’ils sont raisonnables. Les meilleurs casinos en ligne mettent en œuvre des protocoles de sécurité avancés pour protéger vos données personnelles et financières.

    Que retenir ?

    Choisir le meilleur casino en ligne pour maximiser vos gains demande un peu de recherche et d’analyse, mais cela en vaut la peine. En optant pour un casino licencié, réputé et sécurisé, vous pouvez profiter d’une expérience de jeu en ligne agréable et augmenter vos chances de gains. N’oubliez pas de prendre en compte la sélection de jeux, les méthodes de paiement, les bonus et promotions, ainsi que la qualité du service clientèle. 

    Autres informations sur le choix du meilleur casino

    Si vous décidez de jouer aux jeux de casinos en ligne, vous devez mener des enquêtes afin de dénicher le meilleur des sites. Nous vous proposons cette FAQ pour vous aider dans cette quête.

    Qu’est-ce qu’une licence de jeu et pourquoi est-ce important lors du choix d’un casino en ligne ? 

    Une licence de jeu est un permis délivré par une autorité de régulation à un casino en ligne, confirmant qu’il opère conformément aux lois et règlements en vigueur. Il est crucial de choisir un casino détenteur d’une licence, car cela garantit un environnement de jeu sécurisé et équitable.

    Comment puis-je m’assurer que mes transactions financières sont sécurisées sur un casino en ligne ? 

    Lors du choix de l’établissement, veillez à ce qu’il propose des méthodes de paiement sécurisées telles que les cartes de crédit, les portefeuilles électroniques ou les solutions de paiement en ligne réputées.

    Comment puis-je profiter des bonus et promotions pour augmenter mes gains ? 

    Les bonus et promotions offerts par les casinos en ligne peuvent être un moyen efficace d’augmenter vos gains potentiels. Lorsque vous choisissez un casino, recherchez ceux qui proposent des bonus de bienvenue généreux, des tours gratuits et des programmes de fidélité avantageux. 

  • La Chine en mal de croissance 

    La Chine en mal de croissance 

    Les dirigeants chinois rêvent que leur pays surclasse les États-Unis d’ici 2049, année du centenaire de la République Populaire de Chine. La réalisation de cette ambition a longtemps été portée par une croissance potentielle, élevée, somme de la croissance de la population active et de la productivité du travail, après lissage des variations conjoncturelles. Le vieillissement démographique et le recul des gains de productivité pourraient freiner leurs ambitions.

    Un recul rapide de la population en âge de travailler 

    La Chine est confrontée depuis quelques années à un recul rapide de la population en âge de travailler. Cette dernière diminue de 1 % par an quand elle continue à augmenter, aux États-Unis, de 0,4 % par an. Cette contraction de la population active, en Chine, est liée à forte baisse du taux de fécondité. Le nombre d’enfants par femmes est passé de 1,6 à 1,2 de 1995 à 2022. L’abandon de la règle de l’enfant unique n’a eu qu’un effet temporaire entre 2013 et 2019, le taux est remonté provisoirement à 1,9 avant de rechuter. Le taux de natalité est passé de 17 ‰ en 1995 à 7 ‰ en 2021. 

    La productivité par tête est passés de 10 % en 2007 à 5 % entre les années 2010 et 2019. En 2022, la hausse a été de 2 % (lissée sur 4 ans). Aux États-Unis, la productivité lissée sur 4 ans se situe autour de 2 % depuis la crise de 2007/2009. Le recul des gains de productivité en Chine s’explique par le vieillissement de la population et par l’affaiblissement de l’investissement des entreprises.

    La croissance potentielle de la Chine décline rapidement.  

    La croissance de l’investissement qui était de 10 % entre 1995 et 2010 est désormais de 4 %. La croissance potentielle de la Chine décline rapidement. Lissée sur 4 ans, elle est passée de 14 % en 1995 à 10 % en 2009 puis à 6 % en 2017. En 2022, elle ne s’élevait qu’à 5 %. L’érosion de la croissance potentielle américaine est plus faible. Elle est passée de 4 à 2 % du début du siècle à 2022. D’ici 2030, les taux de croissance potentielle des deux pays devraient converger. Entre 2025 et 2030, la population en âge de travailler reculera en moyenne de 0,9 % par an en Chine et augmentera en moyenne de 0,3 % par an aux États-Unis. Les gains de productivité en Chine seront insuffisants pour faire la différence avec les États-Unis.

    Le taux de chômage des jeunes a atteint 21 %

    Pour contrecarrer la baisse de sa croissance potentielle, la Chine sera tentée de la doper en ayant recours à des plans de soutien. La banque centrale chinoise a ainsi décidé d’abaisser ses taux directeurs. Le gouvernement entend également prendre des mesures pour améliorer l’employabilité des jeunes dont le taux de chômage reste élevé. Ce dernier a atteint 21 % lors du premier semestre 2023. 

    Trois jeunes chinois attendent un bus pour chercher du travail, après avoir perdu leur emploi en raison de la crise liée au coronavirus (image d’illustration). REUTERS/Tingshu Wang

    Entre les États-Unis et la Chine, les jeux ne sont pas encore faits pour le leadership mondial. L’attractivité des premiers demeure élevée, leur permettant d’attirer de nombreux actifs de toute la planète quand l’Empire du Milieu reste assez réfractaire à l’immigration. Si la productivité, aux États-Unis, est en net recul depuis la crise sanitaire, les capacités de recherche de ce pays sont importantes. La baisse de l’investissement des entreprises, en Chine, constitue un handicap important face au dynamisme des entreprises américaines.

  • Élections en Europe : à quoi s’attendre pour le reste de l’année 2023 ?

    Élections en Europe : à quoi s’attendre pour le reste de l’année 2023 ?

    Alors que l’Espagne s’apprête à tenir des élections qui marqueront le dernier scrutin européen avant la période estivale, EURACTIV et EuropeElects se penchent sur la manière dont les élections en Europe qui pourraient façonner les pays européens pour le reste de l’année.

    Espagne

    Annoncées fin mai par le Premier ministre Pedro Sanchez, les Espagnols se rendront dimanche aux urnes dans le cadre d’élections législatives anticipées.

    Malgré la mise en suspens des sondages à l’échelle national une semaine avant le vote, des sondages antérieurs indiquent une possible victoire du Partido Popular (PP) de centre droit.

    Or, pour gouverner, ce dernier devra probablement s’allier avec le parti d’extrême droite VOX – bien que les votes pourraient ne pas être suffisants pour battre une éventuelle coalition de gauche entre le PSOE de M. Sanchez et la nouvelle plateforme de gauche Sumar.

    Slovaquie

    Après la pause estivale, le prochain scrutin aura lieu en Slovaquie, où des élections anticipées sont prévues le 30 septembre.

    Le gouvernement qui dirige actuellement le pays sous la direction du Premier ministre Ľudovít Ódor n’est pas affilié politiquement, après l’effondrement du gouvernement de centre-droit en mai.

    Selon les dernières moyennes de sondages d’Europe Elects, le Smer et le Hlas, tous deux affiliés au Parti socialiste européen (PSE), obtiendraient le plus grand nombre de voix avec environ 18 % chacun. Contrairement au groupe politique socialiste S&D de l’UE auquel il est affilié, le Smer est très critique à l’égard de l’immigration extra-communautaire.

    La Slovaquie progressiste (PS, Renew Europe), quant à elle, n’a cessé de grimper dans les sondages au cours des dernières années et atteint aujourd’hui environ 14 %.

    Il est encore difficile de savoir si Hlas coopérera avec Smer ou avec le PS (Renew), ce qui aura des conséquences importantes sur l’orientation future du pays en ce qui concerne l’Ukraine. Le PS est très favorable au gouvernement de Kiev, tandis que le Smer est plus critique à l’égard du soutien apporté au pays contre l’agression russe.

    Luxembourg

    Après la Slovaquie, place au Luxembourg, dont les citoyens se rendront aux urnes le 8 octobre pour élire un nouveau parlement.

    Bien que le gouvernement actuel du Premier ministre Xavier Bettel comprenne son parti libéral, le Parti démocrate (DP, Renew Europe), les sociaux-démocrates et les Verts, il n’est pas certain qu’il soit en mesure de défendre sa majorité parlementaire ni son poste de Premier ministre.

    En effet, les sociaux-démocrates pourraient dépasser son parti, le DP, même si la coalition conserve sa majorité, selon un sondage réalisé en avril par TNS Ilres.

    Il est peu probable que cela arrange le parti d’opposition de centre-droit, car les derniers sondages indiquent que le parti pirate est en passe de tripler le nombre de ses sièges.

    Pologne

    Une autre élection parlementaire, prévue pour l’automne mais dont la date précise n’a pas encore été annoncée, aura lieu en Pologne.

    L’alliance Zjednoczona Prawica, dominée par le parti national-conservateur au pouvoir PiS (ECR) de Jarosław Kaczyński, est sondée à environ 35 %, soit huit points de pourcentage de moins que le score qu’elle a obtenu lors des élections de 2019.

    Du côté de l’opposition, la principale alliance centriste Koalicja Obywatelska (PPE, Renew Europe, Verts) créée par l’ancien président de la Pologne et du Conseil européen, Donald Tusk (PO, PPE), obtient environ 32 %, soit cinq points de plus qu’en 2019.

    Pour savoir si le PiS tombera après presque 10 ans au pouvoir, il faudra également tenir compte des résultats de l’alliance centriste Trzecia Droga (PPE, Renew Europe) (10 %) et de l’alliance de centre-gauche Lewica (S&D) (8 %), qui pourraient soutenir un gouvernement dirigé par Koalicja Obywatelska.

    Pays-Bas

    Une autre élection parlementaire, récemment déclenchée par le retrait de l’ancien Premier ministre, Mark Rutte, au pouvoir depuis 13 ans, aura lieu aux Pays-Bas le 22 novembre.

    Les sondages indiquent une course serrée entre l’alliance de centre gauche PvdA/GL (S&D, Verts/ALE), le parti agrarien BBB et l’ancien parti au pouvoir, le VVD.

    La course au pouvoir s’annonce serrée, marquée par des sondages en constante évolution, et un paysage politique très fragmenté dans lequel aucun des trois principaux partis ne dépasse la barre des 20 %, laissant présager qu’aucun parti ne pourra gouverner seul.

    Des élections législatives et des référendums se tiendront également en dehors de l’Union européenne cet automne, que ce soit en Suisse, dans la circonscription géorgienne de Gori-Kaspi, ou à Saint-Marin, où un nouveau chef d’Etat sera élu le 1er octobre.

    Entre les prochaines élections prévues en Espagne, en Slovaquie, en Pologne, aux Pays-Bas et au Luxembourg pour le reste de l’année, le paysage politique de l’Europe est susceptible de connaître de nombreux bouleversements.

    France, Finlande, Gibraltar, Norvège, Bavière, Grèce, Tyrol du Sud, etc.

    En France, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre, tandis que les élections législatives dans les îles Åland (région autonome de Finlande) et à Gibraltar se tiendront le 15 octobre.

    Quant aux élections régionales, elles auront lieu en Norvège le 11 septembre, en Bavière et en Hesse le 8 octobre, en Grèce les 8 et 15 octobre, dans le Trentin et le Tyrol du Sud le 22 octobre et à Madère avant la fin du mois d’octobre.

    Pour ce qui est des élections locales, elles devraient avoir lieu en Arménie le 17 septembre, en Bulgarie le 27 octobre et en Moldavie le 29 octobre.

    Là où aucune date n’a encore été fixée, il est possible que les élections soient reportées à la nouvelle année.

  • L’Europe, la solution à plusieurs inconnues

    L’Europe, la solution à plusieurs inconnues

    En algèbre, les équations à plusieurs inconnues ont des solutions. En politique, 2+2 ne font pas 4. Si l’Europe apporte la solution à bien des problèmes, elle varie avec tant d’inconnues que sa diplomatie naissante, fouettée par l’agression russe, semble aller dans tous les sens. 

    Que l’Europe soit la solution, la Russie le prouve. L’Europe s’est unie, apporte plus de contributions à l’Ukraine que les Etats-Unis, comprenant qu’une Russie impérialiste la détruirait. Malheureusement, au-delà de l’émotion, promettre l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne et dans l’Otan signifierait la fin de l’UE. Cela conduirait à un déséquilibre total, géographique, politique, économique, financier. Y ajouter les Balkans ferait de l’Europe un ensemble chaotique, totalement dépendant des États-Unis en matière militaire, détaché de tout esprit européen. La seule solution à cet élargissement, serait de reconstituer une autre Europe unie autour d’un noyau dur ; encore faudrait-il le vouloir, notamment la France et l’Allemagne.

    La France devrait recréer avec le Royaume-Uni une nouvelle alliance

    Le Royaume-Uni, à sa façon, montre aussi que l’Europe était la solution. Elle est l’une des rares économies dont le PIB n’a pas retrouvé son niveau d’avant la Covid, la seule en récession en 2023. Aujourd’hui, une majorité de Britanniques voteraient pour revenir dans l’UE, presque deux tiers pensent que le Brexit fut une erreur, une large majorité souhaite renforcer les liens avec l’UE. Paris a remplacé Londres comme première capitalisation boursière d’Europe. Le pouvoir d’achat des Britanniques est amputée, l’immigration augmente, l’inverse que ce que promettaient les Brexiters. Le Royaume Uni a signé un accord avec l’UE, mais pas avec les États-Unis. Ce qui montre les limites de la « relation spéciale » avec les Américains. La France devrait recréer avec le Royaume-Uni une nouvelle alliance. 

    L’absence de ligne européenne, mais aussi son attrait, se voit avec la Turquie. Erdogan a cédé, il a fini par accepter la Suède dans l’Otan, demandant que reprennent les négociations sur son entrée dans l’UE… « Il ne faut pas être naïf, il n’y aura pas de cadeaux », a répondu la ministre allemande. Vraiment ? Assouplir les visas et l’union douanière, d’accord mais seulement si l’attitude turque change vis à vis de la Grèce, de Chypre, et des droits de l’homme. Est-ce clair ? Non. On continuera à payer des milliards pour que les Turcs gardent les réfugiés syriens. 

    L’absence de ligne européenne, mais aussi son attrait, se voit avec la Turquie.

    L’UE suit les États-Unis. Ces derniers ont fait une explication de texte à Erdogan. L’économie turque est ruinée, la Russie perd, alors il se tourne à nouveau vers l’Occident décadent. Demi-tour : il signe un accord avec Israël, visite le Qatar, les Emirats, l’Arabie saoudite. Finies les bisbilles. La Turquie a besoin d’argent, il lui est beaucoup pardonné, et donné, avec intérêts. L’Europe se tourne, enfin, à l’initiative du Portugal et de l’Espagne, vers la Méditerranée. Mais l’Algérie regarde Moscou et cherche une double assurance avec la Chine. Rabat se tourne vers les États-Unis. 

    Alors l’UE étend le « modèle » de coopération turc à la Tunisie : un milliard, dont une partie pour mieux contrôler l’immigration. Kaïs Saïed a accepté : il rejette lui-même les migrants dans le désert, comme l’Algérie voisine, sans qu’on ait besoin de le payer pour cela. Pourquoi n’a-t-on pas aidé la Tunisie plus tôt, quand elle rêvait encore de démocratie ? Étrange politique de compter les migrants en euros. 20 000 euros par migrant pour les pays européens qui refusent d’accueillir leur quota en Europe. Le prix d’un homme ? Ce serait plus simple d’interdire l’esclavage, c’est-à-dire la situation de « non-droit légale » des migrants illégaux. 

    Rishi Sunak interdit toute demande d’asile faite par un immigré entré illégalement. L’ONU condamne. L’entrée illégale, à partir du moment où elle donne des droits, vaut le coup d’être tentée : 6 000 euros pour le passeur. Et des milliers de morts.

    La Cour britannique a rejeté le projet de renvoyer les demandeurs d’asile vers le Rwanda, pays sûr. Mais comme dictature. Les socialistes danois veulent faire pareil : on ne peut garder l’État providence et les portes ouvertes.

    Ces initiatives européennes, la France aurait intérêt à en prendre le leadership.  

    Pourquoi l’Europe a-t-elle tant de mal à établir la liste des pays sûrs, définir ce qu’est un migrant, un réfugié, ce qu’est l’asile, signifier que toute entrée illégale sera jugée illégale ? Ce n’est pas sa faute, plutôt celle des Etats. Il fut possible d’accueillir six millions d’Ukrainiens. Quelle politique d’intégration ? La France (enfin) a décidé d’accorder le statut de réfugié aux Russes qui refusent de se battre contre l’Ukraine. Les Pays baltes font l’inverse. Ces initiatives européennes, vers le Royaume-Uni, vers la Tunisie, vers l’Amérique latine (pour la première fois depuis des années, a été organisé un sommet des pays d’Amérique latine et de l’UE) ; les lignes rouges avec la Turquie, la définition d’une politique migratoire, la France aurait intérêt à en prendre le leadership. Elle ne peut pas, n’ose pas, empêtrée dans les angles morts avec l’Allemagne : ceux de l’industrie de défense, de la production énergétique autonome, du nucléaire. L’Europe joue au bridge, à la place du mort, les autres au poker.

    Heureusement, les Américains, eux, ont la foudre et l’or, la puissance militaire et le dollar. Et beaucoup pensent qu’il vaut mieux faire le mort avec eux qu’avec un perdant.

    Les perdants ? Les pays pauvres et les émergents d’hier, les BRICS

    Les perdants ? Les pays pauvres, qui paient déjà la hausse des taux d’intérêt, l’avidité chinoise, le coût des dictatures, des corruptions, du crime organisé. Et puis, nouveauté, les émergents d’hier, les BRICS. La Russie chute. Poutine ne sera pas invité par son ami d’Afrique du sud au prochain sommet. Pour une gifle, c’est une gifle. Après la retraite de Kiev, la chute de Kherson, la rébellion de Prigojine, il commence à en avoir l’habitude. La question reste : quand la tête tombera-t-elle ?

    L’Afrique du sud s’aperçoit que la guerre de Russie lui coûte, comme à toute l’Afrique, la Chine patine, le Brésil râle parce que l’Europe l’ignore. Si Lula était moins ambigu avec Poutine, il en serait peut-être autrement.

    Brésil Russie Inde Chine Afrique du Sud

    Les BRICS s’échinent à trouver un substitut au dollar.

    Les BRICS, Chine en tête, s’échinent donc à trouver un substitut au dollar. Ils souhaitent créer une monnaie de compte fondée sur l’or pour leurs échanges. Bonne idée, déjà morte.  

    Echanger à partir d’un étalon-or évaluera chaque monnaie nationale en fonction du cours de l’or. C’est un changement de stratégie des Chinois qui reconnaissent ainsi que leur monnaie ne sera jamais une monnaie de réserve. Personne n’a confiance dans une monnaie tenue par une dictature. A défaut du dollar, on va donc chercher l’or. Mais qui détient l’or du monde ? 

    Les États-Unis : plus de 8100 tonnes ! Puis l’Allemagne (3400), L’Italie (2400), la France (2400). Ensuite seulement la Russie (2200) et la Chine (1900). L’Inde en possède 650 tonnes, un peu plus que les Pays Bas (610), moins que le Japon (760), ou la Suisse (1100). Autant dire que la Chine souhaite augmenter ses réserves aux dépens de la Russie, parce que le rouble a perdu 50% de sa valeur. Et que les maîtres de la « nouvelle monnaie », si elle existe un jour, seront… les États-Unis et les Européens. Si les Européens entendent la leçon des BRICS.  

    Les vraies inconnues de l’Europe, ce sont la France et l’Allemagne.

    Du point de vue monétaire, comme du point de vue militaire, les Européens représentent une force considérable. Ils savent qu’il leur faut une diplomatie active, s’y essaient. Mais ne savent pas ce qu’ils veulent. Tant que la France et l’Allemagne n’auront pas établi une feuille de route, ce sera mission impossible. Les vraies inconnues de l’Europe, ce sont la France et l’Allemagne. Il faudra un moment de vérité : bataille sur le nucléaire, bataille sur l’industrie de défense, grand écart sur les Balkans, la Méditerranée, les migrations, la Turquie. 1+1 ne font pas 2. L’Europe ne peut pas être allemande, elle ne peut être française, mais elle ne peut pas être si elle n’est pas franco-allemande.

    Union bancaire, union militaire : deux axes nouveaux et urgents qui permettent une action diplomatique 

    Elle est la solution des pays européens et de beaucoup d’autres. Le temps presse. Elle est prise dans un entrelacs de dépendances extérieures et d’impasses internes qui l’empêchent d’exprimer une solidarité stratégique. Dans solidaire, il y a solide. Comment l’être plus encore ? Union bancaire, union militaire. Voilà deux axes nouveaux et urgents qui permettent une action diplomatique : la foudre et l’or. Solutions aux deux inconnues que sont la France et l’Allemagne. Et cesser les extensions qui rendent toute équation, tout équilibre, insoluble.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. ambassadeur de France

    a. député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

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