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  • De BRICS et de broc

    De BRICS et de broc

    Le club des Brics qui rassemble des pays émergents a admis six nouveaux membres: l’Arabie Saoudite, l’Argentine, les Emirats Arabes Unis, l’Iran, l’Egypte et l’Ethiopie. Ces pays rejoignent la Chine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil. L’objectif est clair, il est de constituer un contrepoids au G7 et peser sur le cours de l’économie mondiale. 

    A compter du 1er janvier 2024, les BRICS rassembleront 3,7 milliards d’habitants, soit 45 % de la population mondiale, contre 775 millions d’habitants pour le G7 qui réunit l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. En matière de PIB, les pays du G7 conservent un avantage, 43 000 milliards de dollars contre 30 000 pour les BRICS. La dynamique est en revanche en faveur des seconds. En 1975, les pays du G7 représentaient plus des deux tiers du PIB mondial contre 43 % en 2022. Dans le même temps, le PIB des BRICS est passé de 5 % du PIB mondial (pays initiaux) à 30 %. En revanche, l’écart en matière de PIB par habitant demeure élevé, le rapport étant de 1 à près de 4.

    Au niveau du commerce mondial, les BRICS font jeu égal avec les pays occidentaux

    Au niveau du commerce mondial, les BRICS sont devenus incontournables et font jeu égal avec les pays occidentaux. En quelques décennies, la Chine est devenue la première puissance commerciale mondiale. L’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis et la Russie sont les principaux exportateurs d’énergies fossiles. En concentrant un grand nombre d’usines, les onze pays émergents figurent parmi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, 22 millions de tonnes équivalent pétrole en 2022, contre quelque 9 millions de tonnes équivalent pétrole pour le G7. Ces émissions sont en partie réalisées pour le compte des pays importateurs. Il n’en demeure pas moins que la transition énergétique est un défi majeur pour ces pays. 

    Les BRICS se distinguent des pays du G7 par leur hétérogénéité. Ils rassemblent des États autoritaires comme la Chine ou la Russie et des démocraties comme l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Ce bloc comprend des États à forte imprégnation religieuse comme l’Iran ou l’Arabie saoudite.

    Brics
    Le club des Brics a admis 6 nouveaux membres

    De nombreux différends 

    Les Etats membres de ce groupe entretiennent parfois des relations complexes. L’Inde et la Chine ont de nombreux différends qui dans le passé se sont traduits par de nombreux incidents militaires. L’Iran et l’Arabie saoudite, la première étant chiite et la seconde sunnite, ont longtemps entretenu de mauvaises relations. Ces deux pays se sont opposés indirectement au Yémen. Si la Chine, le Brésil et dans une moindre mesure le Brésil sont des pays ayant une industrie puissante, il n’en est pas de même pour l’Egypte, l’Afrique du Sud ou la Russie. 

    Les niveaux de vie diffèrent de manière plus importante qu’au sein du G7. Entre l’Egypte, l’Ethiopie et le Brésil, les écarts de niveau de vie sont élevés.

    Défiance de l’Occident, absence de cohérence

    Le point de convergence de ces pays est actuellement leur défiance à l’encontre des pays occidentaux et la volonté de promouvoir un autre ordre mondial moins dépendant des Etats-Unis. Sur ce terrain, des nuances existent également. Si la Russie est en opposition totale à l’Occident depuis le début de la guerre en Ukraine, les autres pays sont plus prudents. La croissance de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de l’Ethiopie, de la Chine et de l’Inde dépend des importations du G7. L’Egypte a besoin des aides occidentales en particulier pour assurer sa sécurité. L’Arabie Saoudite souhaite s’affranchir de la tutelle américaine mais sans pour autant casser les liens. En face, les pays du G7 partagent un même idéal démocratique et sont membres des mêmes alliances militaires. Ils ont montré leur unité lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. 

    La montée en puissance des pays émergents et leur volonté de peser sur les rapports de force géopolitique est assez logique. L’absence de cohérence du groupe et les intérêts divergents constituent des freins à son affirmation.

  • Immigration : Gérard Larcher demande une réforme constitutionnelle

    Immigration : Gérard Larcher demande une réforme constitutionnelle

    Pour le Président du Sénat Gérard Larcher (les Républicains, LR), une « réelle » politique migratoire exige une réforme constitutionnelle pour pouvoir organiser un référendum sur la question, et s’affranchir du droit européen.

    Alors que le gouvernement prépare toujours sa loi sur l’immigration, l’opposition de droite maintient la pression sur un sujet qui lui est cher : « Sans réforme constitutionnelle, il n’y aura pas de politique migratoire réelle et donc aucune politique d’intégration réussie », a expliqué le patron du Sénat lors dans une interview publiée samedi (2 septembre) dans les colonnes du Parisien.

    L’objectif de cette proposition est notamment de pouvoir organiser un grand référendum sur la question migratoire, comme le réclament LR et le Rassemblement national (RN), depuis plusieurs mois. En effet, la Constitution actuelle limite les référendums aux questions portant sur « l’organisation des pouvoirs publics », les « réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent ».

    Or, imposer les « demandes d’asile en dehors du territoire français », des « quotas », ou s’attaquer à la « gestion du regroupement familial », exige, selon M. Larcher, une révision constitutionnelle, permise par l’article 89.

    Déroger à la primauté des traités et du droit européen

    Dans deux propositions de loi dévoilées en mai dernier, les Républicains entendent inscrire dans la Constitution la possibilité de « déroger à la primauté des traités et du droit européen […] quand ‘les intérêts fondamentaux de la Nation’ sont en jeu ». Les parlementaires fustigent notamment les jurisprudences de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

    Mais cette disposition exceptionnelle ne doit pas non plus remettre en cause la « double architecture » législative française et européenne, précise le texte.

    Imposer les « demandes d’asile en dehors du territoire français », des « quotas », ou s’attaquer à la « gestion du regroupement familial », exige, selon M. Larcher, une révision constitutionnelle, permise par l’article 89. [Victor Velter / Shutterstock]

    Le ministre du Travail Olivier Dussopt, en charge du projet de loi du gouvernement avec le ministre de l’Intérieur, avait jugé « contraire à la construction européenne » la tenue d’un tel référendum, alors qu’une révision constitutionnelle « singulariserait et stigmatiserait la position de la France au sein de l’Union européenne ». 

    De son côté, le Président de la République avait fait comprendre cet été au Figaro qu’il refuserait de se plier aux pressions de la droite sur l’immigration, et qu’il s’opposait à une éventuelle révision de la Constitution. Selon Emmanuel Macron, « toute réforme qui nous fait sortir de l’Europe est inefficace, le problème est européen et nous ne sommes pas une île ».

    « Nous avons toujours été un pays d’immigration et nous continuerons de l’être », avait-il insisté.

    Gérard Larcher a tenu à prévenir le Président : « nous ouvrons la porte à l’extrême droite si on trompe encore les Français sur ce sujet ».« Il en assumera les conséquences », a-t-il conclu.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 05.09.23

    Ce mardi 05 septembre dans votre flash quotidien des expatriés, on parle Brexit, élections européennes, et retour de l’uniforme, bienvenue à tous ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

    Automatisation de la délivrance du Settled Statut en 2024 

    Le retard de traitement des pre-settled Statuts et les pénuries de travailleurs ont poussé le gouvernement britannique à faciliter l’obtention du droit de résidence permanent au Royaume-Uni. Ainsi tous les Européens qui vivaient en territoire britannique et qui s’étaient inscrits au programme de pre-settled se verront délivrer automatique le sésame dès 2024. En attendant, les droits de résidence provisoire délivrés lors du Brexit sont étendus de 2 ans. 

    Montée de l’extrême droite à Bruxelles en 2024 

    C’est ce que les résultats des projections de notre partenaire Euractiv, pour les élections européennes, montrent ! Avec des gains importants dans le spectre de la droite, avec le groupe national-conservateur des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) qui devrait augmenter de 16 sièges par rapport à ses 66 sièges lors des élections de 2019. Dans le même temps, le groupe d’extrême droite et eurosceptique Identité et Démocratie (ID) devrait obtenir 73 sièges, soit 11 de plus qu’en 2019. Le plus grand perdant est le groupe des Verts/ALE, qui perd 20 sièges, suivi par le PPE (-16) représenté par les LR en France et Renew Europe (-12) qui compte dans ses membres le parti d’Emmanuel Macron.

    Sous l’abaya l’uniforme ? 

    C’est le raccourci qu’a pris Gabriel Attal, hier, jour de rentrée scolaire en France. Le tout jeune ministre de l’Education a annoncé que des expérimentations seront menées dans les établissements français volontaires afin de déterminer l’impact social du port de l’uniforme. Ainsi, en 2023, le gouvernement répond a une crise identitaire avec un règlement qui ne fut appliqué que dans les lycées de 1802 à 1939. Abandonné à la Libération car il rappelait les tenues de la jeunesse hitlérienne, les derniers établissements qui avaient fait le choix de le maintenir l’ont abandonné quand les jeunes de 1968 sont descendus dans la rue. Ces jeunes qui aujourd’hui devenus âgés militent pour son retour

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour votre flash quotidien des Français de l’étranger ! 

  • En toute confidence : Marc Guyon, « Renouveau, Union des droites, des patriotes et des indépendants »

    En toute confidence : Marc Guyon, « Renouveau, Union des droites, des patriotes et des indépendants »

    podcast interview politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Conseiller des Français de l’étranger pour Hong Kong et Macao, tête de liste « Renouveau, Union des droites, des patriotes et des indépendants », Marc Guyon revient sur les grands enjeux de la prochaine mandature sénatoriale : renouveau du personnel politique, des idées et des méthodes. Mais dans ce cas, comment promouvoir l’union sans être en rupture avec l’existant ?

    Entre alliances et ouverture, défis du quotidien pour les expatriés et représentation de la France à l’étranger, Marc Guyon se livre dans « En toute confidence ».

    « Voir émerger une nouvelle génération d’élus »

    Candidat DVD (Divers Droite), Marc Guyon prône le « Renouveau » et observe que nombreux sont celles et ceux qui souhaitent que « cela change » mais les candidats sont souvent les mêmes. Marc Guyon souhaite ainsi voir émerger une « une nouvelle génération d’élus » aux profils et aux âges différents. Selon le Conseiller des Français de l’étranger pour Hong Kong et Macao, sa candidature aux élections sénatoriales donnerait ainsi cette possibilité.

    « Les Français de l’étranger doivent impacter la politique nationale »

    Ce changement dans les élus doit aussi, selon Marc Guyon, s’accompagner d’un renouveau des idées. Dans cette campagne, les sujets évoqués intéressent bien évidemment directement les Français expatriés, mais, selon le candidat divers droite, il est tout aussi important d’intégrer les sujets de la France dans les débats : « les Français de l’étranger doivent impacter la politique nationale » et « parler du grand déclassement » de notre pays. Selon Marc Guyon, « en tant que Français de l’étranger on peut ainsi comparer la France avec nos pays d’accueils respectifs ».

    Union des droites ou acte isolé ?

    Marc Guyon appelle de ses vœux à une nouvelle méthode de travail par « l’union des droites, et la possibilité de travailler de façon transpartisane ». Même si sa candidature n’est pas soutenue par un parti politique, il explique qu’être efficace c’est « arrêter de travailler dans son coin », et en finir avec « les clans ». Marc Guyon, anciennement membre LR, puis soutien à Eric Zemmour aux Présidentielles de 2022, s’engage à militer pour la création d’un nouveau Groupe politique « Union des droites » au Sénat.

    Accroître la participation aux élections

    Dans le podcast, le candidat divers droite affirme que « Le danger c’est la représentation démocratique des Français de l’étranger ». Pour Marc Guyon, la participation des expatriés aux élections pose question et un travail est à réaliser sur ce point pour diminuer « la déconnexion entre les Français de l’étranger et la politique ». Pour lui, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) n’est d’ailleurs pas représentative dans sa composition. Il propose ainsi « d’intégrer l’ensemble des Conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires au sein de cette AFE ».

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Le pre-settled status au Royaume-Uni prolongé de 2 ans 

    Le pre-settled status au Royaume-Uni prolongé de 2 ans 

    Depuis vendredi 1er septembre 2023, les Européens qui ont obtenu le « pre-settled status » bénéficient d’un prolongement automatique de deux ans s’ils n’ont pas encore obtenu, ou fait une demande de « settled status. »

    Qu’est-ce que le pre-settled status ? 

    Le pre-settled status est un document remis aux Européens qui octroie un statut de résident européen provisoire au Royaume-Uni depuis moins de 5 ans. Pour l’obtenir il fallait avoir commencé à vivre au Royaume-Uni au plus tard le 31 décembre 2020. Ensuite il est donc possible de demander à changer ce statut en statut de résident permanent lorsque le citoyen concerné atteint 5 années de résidence continue.

    Les premiers « pre-settled status » ont été remis en 2018/2019, certains arrivent donc à expiration. 

    Le gouvernement britannique a dû prendre la décision de prolonger la validité du document parce que la Haute Cour de Londres, saisie par l’Independent Monitoring Authority (organe indépendant créé lors de l’accord de retrait pour sauvegarder les droits des ressortissants de l’Union européenne au Royaume-Uni), avait jugé le dispositif de passage entre le pre-settled et le settled status “illégal” et contraire à l’accord de retrait négocié avec l’Union européenne. La justice a statué en rendant impossible la révocation des droits de résidence d’une personne au motif qu’elle n’avait pas demandé à passer d’un pre-settled à un settled status.

    Une automatisation du passage du pre-settled au settled status dès 2024 ? 

    Cette prolongation de la durée de validité du pre-settled status est aussi liée au retard pris dans le traitement des demandes du fait d’une numérisation laborieuse du système.

    Selon les derniers chiffres du Home Office, au 31 mars 2023, environ 5,6 millions de citoyens européens et membres de leur famille avaient obtenu un statut sous l’EU Settlement Scheme, dont environ 2,1 millions de pre-settled status et environ 3,5 millions de settled status. 

    Pour simplifier les démarches et permettre facilement aux Européens de rester sur le territoire britannique, le gouvernement a par ailleurs annoncé que, dès 2024, le passage du statut temporaire à la résidence permanente se fera automatiquement, après vérification du respect des conditions d’obtention. La principale mesure de contrôle est liée au séjour au Royaume-Uni, ainsi pour bénéficier de l’automatisation il faudra ne pas être sorti du territoire britannique plus de six mois sur douze sous un pre-settled status. 

    La prolongation de la durée du pre-settled status est donc liée à une décision de justice et à des impératifs organisationnels. Les personnes concernées seront informées de cette prolongation, qui leur garantira de pouvoir passer d’un pré-statut de résident permanent à un statut de résident permanent par les autorités au cours du trimestre à venir.

  • Les ambassadeurs russe, biélorusse et iranien, invités au Nobel de la Paix

    Les ambassadeurs russe, biélorusse et iranien, invités au Nobel de la Paix

    C’est une décision qui peut surprendre. Face au tollé provoqué en Suède, la Fondation Nobel revient sur son invitation des ambassadeurs russe, biélorusse et iranien à la cérémonie de remise des Prix. Mais à Oslo, pour le Nobel de la Paix, l’invitation est maintenue.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

    Cérémonie à Oslo

    La Fondation avait décidé en 2022 de ne pas convier les ambassadeurs russe et biélorusse en raison de la guerre en Ukraine, et l’ambassadeur iranien en raison de la répression du mouvement de protestation. Ces trois représentants sont conviés cette année.

    « Il est clair que le monde se divise de plus en plus en sphères et que le dialogue entre points de vue divergents est de plus en plus réduit. Pour inverser cette tendance, nous élargissons notre invitation à célébrer et comprendre le prix Nobel et l’importance d’une science libre, d’une culture libre et de sociétés libres et en paix »

    Vidar Helgesen, le directeur de la Fondation, dans un communiqué.

    Plusieurs responsables politiques suédois, dont les leaders écologiste, du centre et de la gauche, ont dit qu’ils boycotteraient le dîner de gala en raison de l’invitation de l’ambassadeur russe.

    La cérémonie a lieu tous les ans à Stockholm le 10 décembre, jour où les lauréats des prix de médecine, physique, chimie, littérature et économie, reçoivent leur prix des mains du roi Carl XVI Gustaf, suivi d’un dîner de gala réunissant quelque 1.200 invités.

    La cérémonie officielle des Nobel a lieu chaque année, le 10 décembre , à Stockholm, en présence de la famille royale de Suède. (© Jonathan Nackstrand/AFP/2018.)

    Mais qu’est-ce que le prix Nobel de la Paix ?

    Dans ses dispositions testamentaires, l’industriel et fabricant d’armes suédois Alfred Nobel (1833-1896), qui se décrivait lui-même comme pacifiste, a manifesté son intention de créer cinq prix annuels : physique, chimie, physiologie-médecine, littérature et paix. Le prix d’économie voit quant à lui le jour en 1968, sous l’impulsion de la banque de Suède qui célèbre alors son tricentenaire.

    Ainsi, le 10 décembre de chaque année, depuis 1901, une personnalité ou une institution se voit attribuer le prix Nobel de la paix. Décernée par un comité nommé par le Parlement norvégien, la distinction a acquis au fil des ans une importance politique et diplomatique.

  • La France, le pays de la baguette et des gâteaux

    La France, le pays de la baguette et des gâteaux

    La France compte plus de 39 000 boulangeries artisanales. Ce nombre a baissé de 1970 jusqu’aux années 2000, passant de 45 500 à 33 000 avant de remonter progressivement. Le renouveau des boulangeries est lié à leur développement sur le créneau des plats à emporter et sur celui des pains spéciaux à forte valeur ajoutée. Les boulangeries se sont, par ailleurs, implantées en périphérie des villes sur les ronds-points ou au sein des centres commerciaux. Le secteur s’est industrialisé avec l’apparition de chaînes de franchises et avec une concentration de plus en plus marquée. Les 39 000 boulangeries relèvent de 33 000 entreprises, ces dernières pouvant avoir plusieurs établissements. 

    Un secteur économique puissant et en pleine mutation 

    En 80 ans, la consommation de pain a fortement évolué. Aliment de base et de première nécessité, ce dernier est devenu un produit plaisir. En 1950, chaque Français consommait en moyenne 900 grammes de pain par jour. Aujourd’hui, cette consommation est estimée à 94 grammes par jour et par personne. Pour autant, le territoire continue d’avoir un réseau dense de boulangeries (1 boulangerie pour 1800 habitants). La boulangerie-pâtisserie se classe au premier rang des entreprises du commerce de détail alimentaire. 

    Chaque année, ce sont plus de 6 milliards de baguettes qui sortent des fournils, auxquelles il faut ajouter les baguettes issues des boulangeries industrielles. Le chiffre d’affaires de la boulangerie-pâtisserie s’élevait, en 2019, à plus de 11 milliards d’euros selon l’INSEE. Le chiffre d’affaires moyen par entreprise est d’environ 300 000 euros. 

    Des écarts importants existent entre les boulangeries en fonction de leur localisation et de leurs activités. Le secteur emploie plus de 180 000 personnes dont 100 000 salariés, 29 000 apprentis et 60 000 chefs d’entreprise (+conjoints). 51 % des salariés sont des femmes, employées majoritairement à la vente. Les hommes sont majoritairement employés à la fabrication. La forte proportion d’apprentis en boulangerie-pâtisserie en fait un secteur très jeune, la moyenne d’âge des femmes salariées est de 33,6 ans, celle des hommes est de 30,2 ans. 

    Boulangerie artisanale

    Plus d’ouvertures que de fermetures

    En 2022, les ouvertures de nouvelles boulangeries ont excédé de 2 538 les fermetures. En Ile-de-France, le nombre de boulangeries a progressé de 20 % de 2017 à 2022. Cette région compte désormais plus de 5 400 boulangeries. Paris avait, en 2022, 1 360 établissements, ce nombre ayant progressé de 9 % depuis 2017. En Seine-Saint-Denis, la progression atteint 35 %, en Val-de-Marne, +27 % et dans le Val-d’Oise, +26 %. 

    Les autres régions connaissent également une forte croissance. En Auvergne Rhône-Alpes, selon le cabinet d’études économiques Altares, près de 1700 ouvertures de boulangeries ont été enregistrées depuis 2018, et plus de 1 300 en région Provence Alpes Côte d’Azur tout comme en Nouvelle-Aquitaine. Les boulangeries-pâtisseries ont résisté à la grande distribution qui propose la vente de pains. 

    Selon les données de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF), le secteur artisanal représente 60 % des ventes de pain en France, contre 31 % pour les terminaux de cuisson et 9 % seulement pour les grandes surfaces. 

    Les boulangeries ont étendu la gamme des produits proposés. Elles vendent désormais des sandwichs, des salés, des pizzas, des tartes salées, etc. Elles se sont dotées d’espaces de consommation sur place. Elles ont ainsi concurrencé les « fast-food ». Le pain ne représente plus que 40 % de l’activité globale du secteur.

    Plusieurs chaînes de boulangeries

    Les boulangeries suivent les mouvements de la population en s’installant en périphérie et notamment près des grands axes de circulation. Ce choix d’implantation permet d’être au plus près des consommateurs et de réduire le coût du foncier. Des chaînes de boulangerie se sont ainsi développées rapidement. Créé en 2004 dans le sud de la France, le groupe « Marie Blachère » a ouvert plus de 700 établissements en moins de deux décennies et a réalisé 800 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Le groupe « Ange » compte ainsi désormais plus de 200 boulangeries et le groupe « Louise » une centaine. Les employés de la chaîne « Cyril Avert » servent des baguettes aux automobilistes au volant, en pur service drive. Jules & John fait de même dans plus de 20 villes en France. Ces chaînes de franchises utilisent les méthodes marketing de la grande distribution (large choix, prix bas, produit gratuit, etc.) au monde de la boulangerie traditionnelle. Ils permettent une standardisation de la production tout en veillant à maintenir un certain niveau de qualité. En multipliant rapidement les points de vente, ces chaînes entendent capter une part de marché importante et réduire ainsi la concurrence. 

    Comme dans d’autres secteurs, les indépendants risquent d’être de moins en moins nombreux. Dans les grandes agglomérations, aidés en cela par les entreprises de meunerie, une concentration est également en cours. Des boulangers rachètent plusieurs établissements afin d’atteindre une taille critique et pouvoir ainsi concurrencer les chaines comme « Paul » ou « Kaiser ».

    L’essor de la pâtisserie 

    La pâtisserie connaît un essor important avec la médiatisation des chefs pâtissiers. Elle offre de solides marges aux propriétaires de boulangeries et constitue un élément clef du chiffre d’affaires. De nombreux chefs ont ainsi ouvert leur établissement (Cyril Lignac, Pierre Hermé, Christophe Michalak, etc.). 

    La pâtisserie est soumise à des exigences d’ouverture plus faibles que les boulangeries, permettant la multiplication des points de vente. Si l’appellation « boulangerie » exige une fabrication sur place, il n’en est pas de même pour celle de « pâtisserie ». Il en résulte une industrialisation croissante de cette dernière. Un nombre croissant d’entre elles passerait par des centres de production industrielle qui distribuent leurs produits en boutiques, en grandes surfaces ou en restaurants et cafés. Les marges sont confortables et les durées de conservation des produits fabriqués plus longues que dans la boulangerie.

    Dans le prolongement des pâtisseries, il convient également de souligner le développement de réseaux de chocolatiers qui ont réussi à industrialiser un savoir-faire artisanal (Patrick Roger, La Maison du Chocolat, Jean-Paul Hévin, Alain Ducasse, etc.). 

    Contrairement à l’appellation de « pâtisserie », celle de « boulangerie » exige une fabrication sur place

    Un métier attractif mais difficile 

    Avec le développement des points de vente, le secteur de la boulangerie attire de nombreux jeunes. Le nombre d’apprentis en boulangerie-pâtisserie est ainsi passé de 21 000 en 2021 à 29 000 en 2022. Les femmes représentent désormais plus de 30 % des jeunes en apprentissage dans ce secteur. Le succès des émissions culinaires comme « Le meilleur pâtissier » contribue à attirer de nombreuses personnes. Au-delà de cette attractivité, le métier reste difficile. 25 % des apprentis abandonnent dès la première année. 

    Des fonds de commerce recherchés et chers 

    Si de nombreux commerces n’arrivent pas à trouver de repreneurs, ce n’est pas le cas des boulangeries-pâtisseries. Les fonds se vendent à hauteur de 60 à 110 % du chiffre d’affaires annuel voire plus pour certains établissements particulièrement bien situés. Certains peuvent se vendre jusqu’à plusieurs millions. 

    L’achat d’une boulangerie est soumis à certaines conditions. L’exploitant doit disposer d’un diplôme de boulanger – pâtissier (CAP, baccalauréat professionnel, brevet de spécialité ou attestation de spécialité professionnelle). Il doit s’inscrire soit en tant qu’artisan ou en tant qu’artisan-commerçant. 

    Les boulangeries face à la guerre en Ukraine 

    Les boulangeries ont subi la forte augmentation du prix de l’énergie et des céréales. Elles ont eu accès aux aides mises en place par le ministère de l’Economie (bouclier tarifaire, amortisseur du relèvement du prix de l’électricité, aides au paiement des factures). Une partie des augmentations de coûts s’est répercutée sur les prix de vente des produits. 

    L’élargissement de l’offre de produits 

    Depuis un an, une augmentation du nombre de défaillances est constatée mais qui ne conduit pas à une destruction nette de boulangeries, le mouvement de création demeurant important.

    Depuis vingt ans, le secteur de la boulangerie connaît de multiples évolutions. Face à l’émergence de véritables chaînes industrielles disposant de nombreux points de vente, les artisans boulangers ont réagi en s’affiliant à des chaînes de franchises ou en constituant des groupes comportant plusieurs établissements. L’élargissement de l’offre de produits a été une solution pour maintenir et développer le chiffre d’affaires. Les boulangeries se sont mises ainsi à concurrencer les fast-foods, les snacks et les restaurants. La dernière tendance est à l’installation de boulangeries en périphérie des centres urbains. Dotées de vaste parkings, elles proposent une large gamme de pains et permettent aux automobilistes sur des tranches horaires larges d’acheter et de consommer sur place.

  • Européennes 2024 : la droite radicale progresse et les Verts reculent, selon les projections

    Européennes 2024 : la droite radicale progresse et les Verts reculent, selon les projections

    En juin de l’année prochaine, les citoyens de l’UE sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement européen. Alors que les partis européens commencent à se préparer pour cette échéance, les prévisions de rentrée d’EURACTIV et d’EuropeElects révèlent la dynamique actuellement à l’œuvre, les changements des rapports de force.

    En bref :

    • La droite radicale et l’extrême droite se renforcent grâce aux 27 sièges supplémentaires obtenus par les groupes ECR et ID
    • À ce stade, la majorité centriste l’emporte sur la poussée de la droite
    • Le plus grand perdant est le groupe des Verts/ALE, qui perd 20 sièges, suivi par le PPE (-16) et Renew Europe (-12)
    • Les groupes S&D et La Gauche stagnent mais subissent une nouvelle répartition des sièges
    • Le groupe Identité et Démocratie (ID) pourrait passer d’un leadership italien à un leadership français : la Lega de Matteo Salvini semble être dépassée par le Rassemblement national de Marine Le Pen, en passe de devenir le premier parti du groupe
    • Le Partido Popular espagnol deviendrait la première force du PPE
    • Réactions : Les Verts sont optimistes quant à leur capacité à mobiliser les électeurs , ECR est fier de son « euro-réalisme » et critique la gauche. Renew Europe cherche à rappeler aux électeurs l’importance du rôle de faiseur de rois du groupe. Le PPE estime que les sondages ne sont pas fiables
    Répartition des sièges

    Les « euro-réalistes » des droites radicales obtiennent 27 sièges supplémentaires

    Les résultats de nos projections montrent des gains importants dans le spectre de la droite, avec le groupe national-conservateur des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) qui devrait augmenter de 16 sièges par rapport à ses 66 sièges lors des élections de 2019.

    Dans le même temps, le groupe d’extrême droite et eurosceptique Identité et Démocratie (ID) devrait obtenir 73 sièges, soit 11 de plus qu’en 2019.

    Nicola Procaccini, coprésident du groupe ECR, attribue le succès de la droite à son approche « euro-réaliste et pragmatique », qui, selon lui, suscite beaucoup d’intérêt.

    « Les électeurs font moins confiance aux majorités précédentes et aux approches de la gauche pour résoudre les problèmes tangibles et évidents de l’Europe. Plus de bureaucratie, par exemple, n’est pas la solution», déclare M. Procaccini à EURACTIV.

    « Ce dont nous avons besoin, c’est de plus d’efficacité dans les domaines qui comptent le plus pour les citoyens , tels que les frontières extérieures, le marché intérieur et la reprise économique ».

    Un tel discours s’est avéré particulièrement efficace en Roumanie, où le parti d’extrême droite AUR est désormais la troisième force politique du pays et devrait entrer au Parlement européen pour la première fois avec huit sièges.

    Parmi les grands gagnants de l’ECR, on trouve également le parti VOX espagnol, bien qu’il n’ait pas obtenu les résultats escomptés lors des élections nationales anticipées de juillet et qu’il ait perdu ses chances d’entrer au gouvernement. À Bruxelles, ses sièges devraient passer de quatre à neuf.

    Changement de leadership chez ID

    À l’inverse, le parti au pouvoir en Pologne, le PiS, pourrait perdre cinq sièges, passant de 24 à 19, tandis que le parti au pouvoir en Italie, Fratelli d’Italia, dirigé par Georgia Meloni, réalise une percée en engendrant 19 sièges supplémentaires.

    La popularité du parti de Mme Meloni n’a cessé de s’accroître depuis les élections italiennes de septembre 2022, lorsqu’il est entré au gouvernement dans une coalition tripartite avec la Lega (ID) de M. Salvini et Forza Italia (PPE) de M. Berlusconi, auquel M. Tajani a succédé lors de sa mort.

    Une telle décision s’est avérée coûteuse pour la Lega, car la croissance de Fratelli d’Italia a été inversement proportionnelle à la chute de la Lega, le parti ayant perdu 16 sièges sur les 25 qu’il avait remportés en 2019.

    La nouvelle répartition des sièges de la Lega, combinée à une augmentation de cinq sièges, de 18 à 23, par le Rassemblement national de Marine Le Pen, pourrait se solder par un changement de leadership au sein d’ID, de l’Italie vers la France.

    Le leader actuel du groupe est l’eurodéputé de la Lega Marco Zanni. Le RN pourrait utiliser son poids nouveau pour l’évincer.

    Le groupe ID progresse également en Autriche et au Portugal, avec, d’après les projections, 3 eurodéputés supplémentaires pour le FPÖ autrichien et 3 sièges pour le parti d’extrême droite portugais « Chega! » (Assez!), qui pourrait entrer au Parlement européen pour la première fois.

    Au centre, les faiseurs de rois

    La majorité centriste l’emporte, mais des pertes menacent Renew et le PPE

    L’idée d’une majorité d’extrême droite, initialement promue par le trio conservateur italien au pouvoir, ne semble pas se concrétiser à ce stade. Ainsi, la traditionnelle coalition informelle entre le groupe libéral Renew Europe, les socialistes S&D) et le centre-droit (PPE) devrait l’emporter avec 395 sièges sur 705.

    Cependant, alors que le S&D parvient à maintenir son nombre actuel d’eurodéputés, le PPE perd en influence et passe de 177 à 160 sièges, de même que Renew Europe (de 101 à 89 sièges).

    Les pertes de Renew peuvent être principalement attribuées à la mort du parti libéral espagnol « Ciudadanos », qui, suite aux résultats catastrophiques des élections régionales, a décidé de retirer sa candidature pour les élections anticipées qui ont eu lieu en juillet. Cela coûte 8 eurodéputés à Renew.

    Alors que le parti du président français Emmanuel Macron, Renaissance, perdrait également un siège, d’autres partis libéraux devraient voir leur représentation augmenter. En particulier, la nouvelle coalition polonaise Trzecia Droga, qui entrerait au Parlement avec 3 eurodéputés.

    L’ANO tchèque contribuerait aussi à l’équilibre de Renew avec 4 sièges supplémentaires, passant de 5 à 9. Encore faut-il que le parti ne soit pas expulsé de l’ADLE et de Renew, car ANO a fait l’objet d’un examen approfondi pour ne pas s’être engagé en faveur des valeurs libérales.

    Renew Europe s’est dit confiant dans le fait qu’il continuera à être le faiseur de rois dans la prochaine législature, a déclaré un porte-parole à EURACTIV en réaction à la projection, ajoutant que « l’Europe est gouvernée au centre ou alors elle est tout simplement ingouvernable ».

    « La campagne sera l’occasion de rappeler aux électeurs que nous sommes le seul groupe capable d’éviter une mainmise populiste sur l’agenda parlementaire européen », a déclaré le porte-parole.

    « Nous nous présenterons aux électeurs avec un héritage solide, sur l’État de droit, le Green Deal, la numérisation, et nos positions sans ambiguïté sur l’intégration européenne pour protéger la démocratie, (…) les partis qui sont les plus clairs, en Europe, font généralement mieux que les prédictions des sondages », a conclu le porte-parole.

    Changement de gouvernance au PPE ?

    En ce qui concerne le groupe de centre-droit PPE, Forza Italia, partenaire de la coalition gouvernementale italienne, celui-ci devrait perdre 4 sièges sur les 9 qu’il détient actuellement. Les électeurs du parti ont préféré Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, tandis que le Fine Gael irlandais passera de 5 à 2 sièges.

    De leur côté, les chrétiens-démocrates allemands de la CDU risquent de perdre leur place en tant que première délégation nationale du groupe, puisqu’ils perdraient 3 sièges pour s’arrêter à 20.

    Le Partido Popular (PP) espagnol passerait de 13 à 21 députés, fort d’une dynamique après s’être hissé à la première place des élections nationales anticipées de juillet.

    Il est peu probable que les Espagnols demandent un changement de direction, car la différence n’est que d’un siège. De plus, le leader du PP, Alberto Núnez Feijóo, est proche de l’actuel président allemand du PPE, Manfred Weber.

    Parmi les autres bonnes performances du PPE, on peut citer le parti polonais Koalicja Obywatelska, dirigé par Donald Tusk, qui passe de 11 à 16 sièges (dont 14 iraient au PPE) et l’apparition du nouveau parti « Nieuw Social Contract » aux Pays-Bas avant les élections nationales du 22 novembre, qui pourrait obtenir le nombre record de 7 sièges pour sa première entrée au Parlement européen en arrachant des voix au parti néerlandais de centre-droit existant CDA, passant de 5 à 1 siège.

    Sollicité, le PPE n’a pas souhaité faire de commentaire.

    Cependant, une source au sein du parti a déclaré à EURACTIV que la fiabilité des sondages nationaux et européens devrait être remise en question, en citant l’exemple des élections nationales en Espagne et aux Pays-Bas.

    La même source a ajouté que « toutes les estimations s’accordent toujours sur la même chose : le prochain président de la Commission ne pourra compter que sur la même majorité qu’aujourd’hui – PPE, S&D, Renew. Il n’y a pas d’autre possibilité, ni de gauche, ni de droite ».

    Malgré les efforts de certains partis européens pour promouvoir le système du Spitzenkandidat, selon lequel le candidat principal du parti qui obtient la majorité au Parlement devient président de la Commission européenne, les pays de l’UE finiront très probablement par faire leur propre choix.

    Après les élections de 2019, par exemple, le candidat principal du PPE, Manfred Weber, a été écarté par les pays de l’UE, qui ont choisi Ursula von der Leyen à sa place. Dans tous les cas, le Parlement devra donner son accord.

    En juin 2024, les citoyens de l’UE seront appelés à élire leurs représentants au Parlement européen

    Les Verts s’effondrent

    D’après les projections actuelles, le groupe des Verts/ALE devrait obtenir 52 sièges, ce qui représente une baisse notable par rapport aux 72 sièges actuels.

    Les pertes les plus importantes concernent les bastions traditionnels des Verts, l’Allemagne et l’Autriche, où ils perdent respectivement 5 et 1 sièges. Alors que le parti vert italien perd ses 3 sièges et qu’Ecolo en perd 1 en Belgique, Europe Écologie Les Verts (EELV) en France, Vihreä liitto en Finlande, Miljöpartiet de gröna en Suède et le Green Party en Irlande perdent chacun 2 sièges.

    Dans le même temps, le parti gagne du terrain dans certains pays, comme la Croatie, où le parti « Možemo ! » entre au Parlement pour la première fois avec 2 sièges, la Lituanie, où les Verts doublent le nombre de sièges pour atteindre 4.

    En Espagne, la nouvelle coalition « Sumar » offre aux partis verts l’espace politique nécessaire pour gagner 2 sièges supplémentaires, pour un total de 3.

    Malgré ces prévisions, les Verts sont convaincus que leur base et leur réseau populaire mobiliseront les électeurs à l’approche des élections, ont déclaré à EURACTIV les coprésidents du Parti vert européen, Mélanie Vogel et Thomas Waitz, rappelant les élections européennes de 2019 où les sondages prédisaient l’effondrement des Verts au Parlement européen, mais qui ont finalement conduit à une « vague verte », d’après leurs mots, et installé les Verts en tant que quatrième groupe.

    « Nous sommes prêts pour la campagne, nous travaillons dur avec les ONG, les syndicats, les entreprises et la société civile pour développer plus de propositions pour la justice sociale et climatique qui préservent notre environnement et créent des emplois de qualité », ont-ils déclaré.

    Le climat sera au cœur de leur campagne électorale et 77 % des citoyens de l’UE estiment que le changement climatique est un « problème très grave », selon l’Eurobaromètre de juin 2023.

    « Les vagues de chaleur et les incendies de forêt qui ont battu des records cet été montrent aux gens qu’il est crucial de voter vert pour obtenir une véritable action climatique et protéger les générations de nos enfants et de nos petits-enfants », assurent les coprésidents du groupe.

    Quant à « la mobilisation qui a sauvé la loi sur la restauration de la nature, contre une coalition du PPE, des libéraux et des populistes, et les élections espagnoles de juillet, où le PP n’a pas obtenu la majorité avec VOX, elles montrent qu’avec les citoyens et la société civile, nous pouvons gagner les batailles politiques et vaincre les partis de droite », ont-ils ajouté.

    Les socialistes et la gauche radicale se maintiennent

    Le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) et le groupe de la Gauche restent à leur place avec une légère augmentation de 3 et 1 sièges, totalisant respectivement 146 et 38 eurodéputés.

    Cependant, tous deux subissent un réaménagement de leurs partis membres et du nombre de députés entre les délégations nationales.

    Au sein du S&D, la plus grande progression est opérée par le Partidul Social Democrat roumain, qui obtient cinq sièges supplémentaires, de 8 à 13 sièges. Le Parti socialiste français pourrait en avoir 8.

    Le Partito Democratico italien obtient 4 nouveaux sièges, devenant ainsi la deuxième délégation nationale avec 19 sièges, dépassant le SPD allemand, qui obtient, lui, 2 sièges supplémentaires mais s’arrête à 18 sièges.

    Le PSOE, au pouvoir en Espagne, gagne 1 siège supplémentaire et reste la plus grande délégation nationale du S&D avec 21 eurodéputés.

    Les gains dans les grands pays de l’UE sont éclipsés par les pertes dans les plus petits pays, tels que le « Lewica » de Pologne, le « Sotsiaaldemokraatlik Erakond » d’Estonie et le « Partit Laburista » de Malte, qui perdent tous 1 siège.

    Aux Pays-Bas, les députés du parti travailliste (Partij van de Arbeid) sont divisés par deux, avec seulement 3 sièges restants — ce qui n’est pas de bon augure pour l’ancien commissaire Frans Timmermans, qui a démissionné de son poste en août 2023 pour conduire une liste commune entre le parti travailliste néerlandais et les Verts pour les prochaines élections néerlandaises du 22 novembre.

    En ce qui concerne le groupe de La Gauche, La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon gagnerait deux sièges, passant de 5 à 7, tandis que le plus grand gagnant serait le Sinn Féin irlandais, qui passerait d’un à six sièges. À l’inverse, certains partis perdraient des sièges, comme les Indépendants d’Irlande (-2), les Anticapitalistas d’Espagne (-1) et les Allemands de Die Linke d’Allemagne (-1).

    La coalition de gauche espagnole « Sumar », qui regroupe à la fois les écologistes et la gauche radicale, ferait gagner trois sièges pour le groupe de gauche, soit un de moins qu’en 2019, et trois sièges pour les Verts. Il reste à voir où les deux sièges non affiliés prévus pour la coalition aboutiraient.

    *9 sièges reviennent à des partis non affiliés, dont la coalition de gauche Sumar (Espagne) avec 2 sièges et le Cours de liberté (Grèce), NIKI (Grèce), Spartans (Grèce), « DieBasis » (Allemagne), « Yes, Bulgaria », et Stabilitātei ! (Lettonie) avec 1 siège chacun.

    **Les Non-Inscrits, un groupe comprenant de nombreux élus de droite ou d’extrême droite, devraient passer de 47 à 56 sièges.*** Un siège n’est pas attribué en raison de la nature du modèle de probabilité de masse (méthodologie).

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 04.09.23

    Bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du lundi 04 septembre, aujourd’hui c’est la rentrée en France et dans de nombreux établissements du rythme Nord de l’AEFE, on continue notre tour des candidats aux Sénatoriales avant de se pencher sur l’application de l’interdiction de l’abaya dans les écoles en France. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

    Retour à l’école pour 360 000 élèves 

    Les élèves des établissements scolaires implantés dans les 100 pays du rythme Nord prendront le chemin de l’école ce matin. Cette rentrée marque le lancement de la feuille de route du développement de l’AEFE pour 2023-2026 avec comme objectif de permettre à l’agence de  doubler le nombre d’élèves en 2030 comme le veut Emmanuel Macron. Notons qu’aucun établissement ne sera concerné par le dispositif COVID, une première depuis 2020. 

    Rentrée 2023
    Rentrée 2023

    Dans 20 jours, les élections sénatoriales 

    L’échéance se rapproche, dimanche 24 septembre, 6 nouveaux sénateurs des Français de l’étranger seront élus par les conseillers des Français de l’étranger. Vous pouvez influer sur cette élection en prenant contact avec vos représentants qui disposent d’un droit de vote à cette élection indirecte. Vous trouverez leurs coordonnées sur la page « Représentation française » de votre consulat ou ambassade. Tandis que pour connaître le programme des 14 candidats, direction votre plateforme de streaming préférée et recherchez « En toute confidence » du site Lesfrancais.press. En 5 minutes, chaque candidat vous dévoile son programme. 

    Sénatoriales 2023
    Sénatoriales 2023

    Abaya : le grand test pour Gabriel Attal 

    Cette rentrée en France sera marquée par l’application de la décision de Gabriel Attal d’interdire le port de l’abaya à l’école de la République. Mais une forme de riposte s’est organisée. Les réseaux sociaux sont ainsi inondés d’appels exhortant les jeunes à ne pas se plier à cette règle et invitent les élèves qui ne portent pas cet habit à venir ce lundi habillé avec ce vêtement. Au final certains parient que la mesure ne pourra pas être mise en œuvre efficacement dans les écoles. On en parlera demain !

    C’est tout pour ce premier lundi de septembre, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger. 

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