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  • L’Afrique est (mal) partie

    L’Afrique est (mal) partie

    Voici l’avenir du monde : l’Afrique. Et l’Afrique s’éloigne de la France. En 1900, alors que l’esclavage sévissait encore au Maroc ou en Afrique de l’Est, avant que la colonisation n’y mette fin, l’Afrique était le « continent vide » : cent millions d’habitants. Aujourd’hui, 1 milliard. 18 % de la population mondiale mais 3% du PIB mondial. 

    En 2050, 2.5 milliards. De l’autre côté de la Méditerranée, une Europe vieillissante. L’opposition, les déchirures, ne sont pas entre l’Europe et l’Afrique, mais en Afrique, à commencer par l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.

    L’immense Sahel, de l’Atlantique au Soudan, est un des lieux de ces conflits. Au nord, les anciennes tribus esclavagistes du désert, au sud, les proies devenus majoritaires. La lutte, sous couvert de djihad, reprend depuis que la Françafrique n’y fait plus la police. Apparemment, la France est chassée d’Afrique. Peut-être faut-il le voir autrement : peut-être l’Afrique a-t-elle quitté la France, peut-être la France a-t-elle abandonné l’Afrique. Après soixante ans d’indépendances, autant d’années que celles des colonisations, les Africains s’aventurent ailleurs.

    Déjà, la France n’est plus cette puissance économique qui alimentait, exploitait, développait son pré carré. Le commerce extérieur de la France avec l’Afrique subsaharienne n’atteint pas 3% du commerce extérieur français. Japonais, Chinois, ont envahi commercialement l’Afrique sans un soldat.

    L’universalisme à la française est taxé de néocolonialisme et d’occidentalisme.  

    Le « modèle » français, celui des droits de l’Homme et de la démocratie est dévalué. L’universalisme à la française est taxé de néocolonialisme et d’occidentalisme. L’ancien modèle était celui du paternalisme, de la paix, de l’administration, de l’école. Depuis 1950, 37 pays africains sur 54 ont connu un coup d’Etat, un sur deux dans le monde : 214 ; dont 106 avec succès. Ces trois dernières années, il n’y en a eu « que » huit : Mali, Guinée, Burkina Faso, Tchad, Soudan, Niger et Gabon. La plupart de ces pays sont en guerre civile, ou connaissent rébellion et groupes terroristes, seigneurs de guerre trafiquants.

    Etonnant que l’on s’étonne. Plus étonnant encore que la France, décidemment peu attentive, n’ait rien vu venir, ni au Mali, ni au Niger, ni au Gabon. Un fiasco. Quelques têtes devraient sauter. 

    Encore au Gabon le coup d’Etat du chef de la garde présidentielle, cousin de Bongo, est plus fait pour maintenir le système en place que pour le renverser. Révolution de Palais. Ali Bongo affaibli, le cousin écarte le fils.

    Depuis la tragédie du Rwanda, la France ne se sent plus légitime en Afrique. Une armée doit intervenir, ou s’en aller. La France a plus été accusée de non-intervention que d’intervention. Même si elle a été la seule à intervenir. L’opération Serval, le sauvetage du Mali, fut un succès, sans suite politique. Comme en Libye. La lutte contre le terrorisme, là comme ailleurs, ne veut rien dire. Aucun attentat n’est jamais venu d’Afrique. Ce sont les vieilles guerres interafricaines du Sahel, du Katanga, des grands lacs, qui reviennent.

    Si la France intervient, on l’accuse d’ingérence. Quand elle n’intervient pas, on l’accuse d’abandon.   

    En revanche, promouvoir la démocratie et se coucher devant Kagame, lui donner la Francophonie, jouer double jeu en Libye, ne soutenir la Tunisie que lorsqu’elle abandonne toute référence démocratique, choyer l’Algérie sans retour, vexer le Maroc, vanter l’Egypte mais condamner la répression, ignorer le Soudan, l’Ethiopie, perdre la Centrafrique, bref, l’incohérence domine, mais qu’importe. Après tout, ce sont les Français qui dénoncent le plus le « néocolonialisme », à la suite des Américains, des Turcs, des Chinois. Si la France intervient, on l’accuse d’ingérence. Quand elle n’intervient pas, on l’accuse d’abandon. Les deux sont vrais. N’est-ce pas le gouvernement français, contre l’avis des gouvernements africains, qui a abandonné le Franc CFA ?

    Où va l’Afrique ? Vers la guerre. Les dirigeants africains sont pour l’immense majorité d’entre eux des dictateurs, plus ou moins légitimés par les urnes, par la redistribution clientéliste, la corruption généralisée. Ce qui compte, c’est la garde prétorienne, qui empêche ou fait les coups d’Etat (Mali, Niger, Gabon). Pour conserver de l’influence en Afrique, il ne faut pas des bases militaires, ni flatter la société civile, comme le fait le gouvernement français, il suffit de protéger les présidents. Leur faire des procès pour « bien mal acquis » n’est pas bien compris. Ce n’est pas le genre de la Russie ou de la Chine. Au contraire : Wagner protège tout tyranneau qui le paie. Les commissions sont réglées rubis sur l’ongle. 

    La mort de Prigojine est un test pour la France : si elle le veut, elle a les moyens d’éliminer Wagner d’Afrique. Elle en a le droit : les troupes mercenaires sont interdites par les conventions internationales. Elle en a les moyens. Avec ses bases au Sénégal (350 soldats), en Côte d’ivoire (900), à Djibouti (1450), au Gabon (380), quelques avions et soldats supplémentaires. Le veut-elle ?

    Le risque n’est pas d’être traité de « néocolonialiste » : les mêmes qui manifestent contre la France manifesteront pour elle, question de prix. Le risque est l’enlisement. On s’enlise lorsque l’on ne sait pas ce que l’on veut.

    Niger
    Manifestation contre la France au Niger en août 2023 ©AFP/Reuters

    Comment, avec tant de chaînes de télévisions et de radio publiques, d’aide au développement, la France a-t-elle pu échouer ?

    La France a une influence parce qu’elle a des soldats, à condition de s’en servir. S’ils ne servent pas, à quoi bon surveiller le Sahel ? Elle compte aussi par ses entreprises, ses expatriés, par la Francophonie. Curieux de constater que dans les discours du Président et de la ministre des Affaires étrangères, jamais le mot de Francophonie n’a été prononcé.  Pourtant, elle est le principal atout de la France. Si la France a perdu la bataille « narrative », celle du récit de son rôle en Afrique, c’est bien de culture qu’il s’agit. Comment, avec tant de chaînes de télévisions et de radio publiques, d’aide au développement (la France est le quatrième pays donateur mondial, essentiellement en Afrique), la France a-t-elle pu échouer ?

    Si l’Afrique s’en va, elle s’en va vers des aventures dramatiques, parce que ceux qui la dirigent sont attirés par des régimes à leur image : pilleurs, corrompus, tyranniques. 

    Au Mali, Wagner se rémunère 10 millions par jour. Les « djihadistes », en fait les rebelles du nord, gagnent du terrain. Les villages brûlent. Ce n’est pas le changement climatique qui provoque la faim au Sahel, c’est l’explosion de la population (cent millions là où vivaient quelques millions) et surtout la guerre.  

    Cette semaine, les Chinois invitent à Pékin une cinquantaine de pays, dans le cadre du « Forum Chine Afrique ». Pour la première fois, Xi Jinping n’ira pas au G 20. Il se veut le leader des pays du sud. La Chine veut offrir aux chefs d’Etats du sud la sécurité de leur pouvoir, (en vendant du matériel militaire : cyber sécurité, télécommunications, surveillances). Elle prend l’exact contrepied de la stratégie française : pas d’ingérence politique, pas d’aide au développement, pas de démocratie, aucun intérêt pour la société civile. Hélas, la sécurité des dirigeants a pour contrepartie l’insécurité des peuples, la certitude des conflits et des rébellions.

    A la pénétration économique chinoise (plus de 130.000 Chinois vivent en Afrique : les entreprises chinoises font venir leur travailleurs), répond le nouveau souci américain. Les Etats-Unis avaient délaissé l’Afrique, comme le reste. Ils s’y ré-intéressent, dans la perspective de l’affrontement avec la Chine. C’est pourquoi les Etats-Unis et la France divergent au sujet du Niger : les Américains veulent conserver leur base, celle-là même que leur avaient conseillé d’installer les Français. Mais les Américains considèrent que les Français sont hors-jeu. Voire qu’ils sont mieux à leur place : alignés, qu’indépendants. Ils se trompent, comme souvent. 

    Et d’entendre dans la presse et les réseaux que la France devrait « redéployer » ses forces en Europe de l’est. Comme si le Sud, la Méditerranée, l’Afrique, le Moyen Orient, n’étaient pas des risques stratégiques. Faut-il abandonner l’Afrique ? 

    Le niveau de pauvreté est pire qu’avant la crise de la Covid.

    Du point de vue économique, nombreux sont ceux qui vantent les immenses ressources, minières pour l’essentiel, du continent. La croissance, en baisse, 3,7% l’an prochain, reste insuffisante pour assurer le développement quand la population croît de 2,7% par an. Le niveau de pauvreté est pire qu’avant la crise de la Covid. La dette publique a plus que triplé, plusieurs pays sont en cessation de paiement (Zambie, Ghana, Mali, bientôt Niger), les taux d’intérêt grimpent, les investissements se tarissent et l’aide au développement diminue. Alors que la population manque d’infrastructures : 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité. 

    Qui va investir dans des pays où guerres, coups d’Etat, corruption, mercenaires, terroristes, se multiplient ? 22 pays sont considérés par l’ONU comme fragiles ou en conflit. 23 des 25 pays le plus pauvres du monde sont en Afrique. Le PIB par habitant n’a pas retrouvé son niveau pré-Covid. 132 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë en 2022. 70 millions d’Africains sont retombés dans l’extrême pauvreté avec le gel de l’économie mondiale dû à la Covid. 

    Comme annoncé, le blocage des échanges internationaux, (« la démondialisation heureuse » des anticapitalistes, souverainistes, écologistes) a provoqué une catastrophe dans les pays pauvres. Les mesures anti Covid -fermeture des pays et des échanges- ont causé plus de morts que l’épidémie. 

    L’espoir des gouvernements que les investisseurs exploitent les ressources en gaz, pétrole, minerais. Avec une dîme, et des compagnies de sécurité pour garantir leur sureté, ce que font Russes et Chinois. 

    L’espoir pour les peuples : le dépassement des frontières, la mise en place d’un marché intégré, la plus grande zone de libre échange du monde, avec 1 milliards d’individus, pour augmenter les échanges interafricains. 

    Les ombres : les gouvernements en place entretiennent conflits perpétuels, pillages, corruptions. Les migrations déclenchent un racisme interafricain, retirent des compétences aux pays formateurs. Les pays du Maghreb repoussent avec force les migrants, mais les principales migrations sont interafricaines, non sans rejet.

    La Francophonie est un enjeu géopolitique plus important que les opérations militaires.

    Comment dessiner une politique pour l’Afrique ? En s’appuyant sur ce qui marche. Le Sénégal, par exemple, malgré les difficultés, a concilié développement, droit, éducation. Oserait-on dire « Démocratie » ? De la Suisse à la Corée, tout marche ensemble. En Côte d’Ivoire aussi, malgré la guerre civile, heureusement interrompue par l’armée française. Il est donc nécessaire de conserver les bases militaires de Dakar, Libreville et Abidjan. Elles complètent celles de Djibouti et d’Abou Dhabi. S’appuyer sur le littoral, s’engager, ce qui est déjà en œuvre, dans les pays qui ne font pas partie de l’ancien « pré carré ». Réinvestir le champ culturel, avec un autre récit que celui des Chinois, des Russes, des Américains. La Francophonie est un enjeu géopolitique plus important que les opérations militaires. 167 millions de Francophones en Afrique, bien plus qu’en Europe. 

    Francophonie
    Francophonie

    La France a la chance d’être une puissance « moyenne ». Contrairement à la Chine, ou aux États-Unis, elle offre des partenariats équilibrés. Elle favorise le multilatéralisme, prend en compte des pays émergents. Elle n’a pas de visée, contrairement à la propagande de ceux qui veulent l’évincer, « impérialiste ». Elle permet d’éviter la confrontation entre blocs. Elle peut aider à pacifier les pays. Elle y a intérêt, comme tous les peuples africains, comme l’Europe.  

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • FCEXPAT : l’émission des fans de foot français dans le monde #2 Morgane Nicoli du FC Séville et Jonathan Basso du PSG Fan Club à Munich 

    FCEXPAT : l’émission des fans de foot français dans le monde #2 Morgane Nicoli du FC Séville et Jonathan Basso du PSG Fan Club à Munich 

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
    Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
    Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.Dans ce nouveau numéro, Morgane Nicoli, joueuse du FC Séville, explique son arrivée, sa découverte et son intégration à la vie sévillane. Morgane nous parle aussi de son adaptation au football professionnel féminin en Espagne. La deuxième mi-temps du FC Expat nous emmène en Allemagne où Jonathan Basso anime le Fan Club du PSG à Munich. Il évoque sa passion et son rôle d’« ambassadeur » du PSG.

    Morgane Nicoli : « J’ai rarement été aussi heureuse dans ma carrière »

    La capitaine du FC Expat Caroline Ettori et le coach Jérémy Michel questionnent la joueuse du FC Séville sur son parcours de footballeuse où elle a notamment connu Montpellier et Lille avant de rejoindre l’Andalousie.
    Pourtant réticente à l’idée de partir à l’étranger par peur de l’inconnu, Morgane Nicoli nous livre son secret d’adaptation à la vie espagnole. Arrivée seule en 2022 avec sa « voiture pleine », elle affirme aujourd’hui avoir rarement été aussi heureuse dans (sa) carrière ».
    Seule Française du vestiaire, Morgane a décidé de vivre son expatriation en totale immersion : « on ne reste qu’avec des Espagnols », alors la France lui manque-t-elle ? Elle nous répond dans le podcast.

    « La France est en retard sur l’Espagne »

    Au niveau football, que ce soit concernant les infrastructures du club, l’organisation, l’encadrement, la préparation, la vie au quotidien, la France est très en retard sur l’Espagne. Jouer au FC Séville est « incroyable » pour Morgane Nicoli. La France pourrait s’inspirer de ce qui est fait. Les expatriés ont ainsi cette opportunité de ramener ensuite sur le territoire les expériences vécues à l’étranger.

    Jonathan Basso : « Que le PSG continue à soutenir ses fan-clubs à l’étranger »

    En 2ème mi-temps du FC Expat, c’est le PSG qui est mis à l’honneur avec Jonathan Basso, Président du Fan Club PSG à Munich créé en 2012.
    Au-delà de l’aspect purement sportif, c’est l’amitié franco-allemande qui est aussi mise en avant dans les activités. Ancien abonné du Parc des Princes, arrivé en Allemagne par « amour », la création de ce fan club a été pour Jonathan l’occasion de rencontrer d’autres Français sur place.

    Fan-club du PSG, un outil d’influence

    Aidé par le PSG pour créer cette structure, Jonathan évoque les liens forts qui existent entre la direction du club à Paris et les fans clubs à l’étranger : « C’est génial, nous sommes en contact régulier avec eux ». Le PSG a compris que ces fans clubs sont des outils d’influence à l’extérieur de la France.
    Enfin, le plus étonnant n’est-ce pas aussi que Jonathan a été salarié au Bayern de Munich ? Comment a-t-il vécu cette expérience ? Ecouter son interview pour le savoir.

    FC Expat est en écoute sur plusieurs plateformes












  • Lettre à mon ami Prigojine

    Lettre à mon ami Prigojine

    J’ai tenu parole, j’ai fait ton éloge. Vois-tu, je l’ai dit publiquement, tu étais un homme talentueux, mais qui a fait quelques erreurs. Ah mon ami, pourquoi n’as-tu pas su rester à ta place ? Nous formions un beau couple, toi et moi. Toi la brute, moi le cerveau ; toi le truand, moi le Président ; toi le milliardaire, moi le peuple ; toi le mercenaire, moi le drapeau.

    Mais tu t’es pris pour qui ? Tu m’as pris pour qui ? « Papy couillon qui est au Kremlin » as-tu osé ! Et maintenant, qui est le couillon ? 

    J’ai dû faire creuser des tranchées sur les autoroutes à deux cents kilomètres de Moscou. Tous ces idiots du FSB, pire encore, ceux de l’armée, crevaient de trouille. Ils ne perdent rien pour attendre. J’en ai déjà liquidé quelques-uns, le reste suivra.

    Tu as vraiment cru, avec tes menaces, que j’allais oublier ? Te laisser faire ton beurre en Afrique ? C’est ce que j’ai toujours aimé chez toi : ton côté simplet, naïf. Tu m’as longuement expliqué ce qui allait se passer si on touchait à ta vie. Tu avais prévu un grand déballage. Un certain nombre de dossiers, financiers, militaires, iraient tout droit à la CIA, aux services étrangers. Tu n’étais pas idiot : tu avais bien prévu qu’on essaierait de t’éliminer. Et je t’ai donné ma parole, que non, que je l’empêcherais, que tu pouvais compter sur moi, que je savais bien tout ce que tu savais, sur moi, sur d’autres, que je ne te prenais pas pour un imbécile. Que je ne prendrais pas un tel risque.

    Et tu m’as cru. Imbécile. 

    Enterrement d’Evgueni Prigojine © AFP

    Des dossiers sur les uns et les autres

    Il n’y a pas que toi qui parle aux Américains ! Moi aussi j’ai des dossiers sur les uns et les autres, sur toi, sur eux, à défaut, j’en fabrique. J’ai même les preuves que tu leur avais transmis des renseignements et qu’ils n’en ont rien fait, qu’ils n’ont rien dit, ni à leurs alliés, ni aux Ukrainiens. Quant à ce qui pourrait sortir, il suffira de dire que c’est la CIA. Et puis, toi mort, tes amis sont moins amicaux, sauf avec moi : ils pensent à sauver leur peau, et ne sont pas chers. 

    Regarde, qui se plaint de ces disparitions : Leonid, notre directeur général de Gazprom, le bon Leonid, Shulman, suicidé dans sa salle de bain ? Son collègue, Alexander Tyulyakov, directeur financier, apprenant sa mort, de désespoir s’est pendu dans son garage. Beau geste de solidarité. 

    Pendu dans le garage, tu te rappelles, c’est une signature : Mikhail Watford aussi s’est pendu dans son garage. C’était à Londres. Lui aussi pensait que le gaz et le pétrole étaient à lui. Alors qu’il est à moi. Comme tout, comme toi. Tu étais à moi. Il se croyait milliardaire. Toi, j’aurais pu te laisser en prison. Ou en cuisine. Tu es un plat qui a trop cuit, trop brûlé. 

    Et Vassily, tu te souviens de Vassily ? Melnikov voyons. Le patron de Medsom, le groupe pharmaceutique. Lui aussi milliardaire. Suicidé. Sa femme et ses deux enfants aussi. 14 et 10 ans. Il les a poignardés. Il avait dû prendre un de ses médicaments, un excitant. 

    Suicides, accidents, etc.

    Et Avaev, Vladilav, de la Gazprom Bank, il était avec moi au Kremlin. Lui aussi a tué sa femme et sa fille. Et puis suicide. Logique. Comme Serge, Protosenya, tu sais celui de Bordeaux qui surveillait de temps en temps ma villa à Biarritz, il était dans le gaz jusqu’au cou : pendu en Espagne. Le remords. En vacances, tranquille, qu’est ce qui lui passe par la tête : il tue sa femme et sa fille. Alors, forcément, il regrette, et se pend à un arbre.

    Le plus drôle c’est Yuri. Voronov. Il s’est suicidé en se noyant dans sa piscine avec une balle dans la tête. On n’est jamais trop sûr. Si la balle ne te tue pas, au moins tu meurs noyé.

    Subbotin, Alexandre, lui a toujours fait l’original. Il a voulu jouer les grands patrons de Lukoil. Alors que c’est moi Lukoil ! Il a dit qu’il était contre la guerre. Quelle guerre ? Il a été voir un chaman pour connaître l’avenir : le chaman lui a incisé la peau pour le guérir. Il lui a mis du venin de crapaud. Guéri. De tout. De l’avenir. 

    Alors que, tu m’excuseras, Ravil Maganovn, Lukoil toujours, c’est d’un banal… On le met à l’hôpital pour le soigner, voilà qu’il se jette par la fenêtre. Aucune confiance dans la médecine russe ? Alors qu’on a été les premiers à sortir le Sputnik, le vaccin contre la Covid ! Tu te rappelles, le blé qu’on s’est fait sur le vaccin ? Ah, c’était le bon temps. Et les vieilles qui ne voulaient pas se faire vacciner ! Il a fallu les faire traîner par la milice. Enfin, qu’est-ce qu’on a rigolé. 

    Le vieux Ravcil se jette du 6ème étage, et le jeunot Ivan, Pechorin, tombe de son voilier. Il ne sait pas faire de la voile, il ne sait même pas nager. Tu savais qu’il avait un voilier, toi ? C’est marrant : lui non plus. L’accident bête. Tu prends la mer, tu ne sais pas nager, tu bois pas que de l’eau, et hop, une gorgée de trop et tu tombes à bâbord. 

    C’est comme ça, le destin. Comme Anatoly, Gerashenko, drôle aussi. Il adorait l’aviation. Il tombe dans l’escalier. Pour un looping, c’est un loupé. Il n’avait pas vu qu’il n’y avait pas de rampe. Une farce, non ? Le spécialiste de l’aviation qui saute dans le vide de l’escalier.  

    D’un autre côté, les escaliers n’ont pas toujours des rambardes. Même quand il y en a, c’est pas sûr. Pour Dmitry Zelenov, il y avait une balustrade dans l’escalier. Il est passé par-dessus quand même. On n’y est pour rien : c’était une balustrade française. À Antibes. Tu crois que les Français sont dans le coup ? Je rigole ! Spécial comme type. Tu lui donnes des milliards, il se croit libre, il critique. De France, en plus. Alors qu’en France, on a quand même pas mal d’amis : Ségolène, Nicolas, Marine, Jean Luc. C’est moche quand même, alors qu’il y a de bons Français qui me comprennent… lui, cousu d’or, parle contre la sainte Russie. La divine Providence se venge, elle s’appelle « balustrade ». Pouf.

    Kristina Baikova, la vice-présidente de la Loko Bank, tombée elle aussi de la fenêtre de son appartement. Son petit-ami a filmé la scène : elle s’y précipite. Quelle mouche l’a piquée ?  

    Pavel, le député Panov, s’est jeté de la terrasse de son hôtel. Suicide encore. Il n’a pas supporté la mort de son ami, Bidonov, dans le même hôtel. Hôtel porte-poisse, il va perdre des étoiles. Un drogué, un alcoolique, Bidenov. Et Pavel n’a pas supporté sa disparition. C’est beau l’amitié.

    Moi, j’ai bien supporté la tienne. Mais tu n’étais pas mon ami : tu étais mon serviteur.

    Tous sont des serviteurs. On t’a retrouvé calciné. Comme Dimitry Pawochka, le patron de Rocosmos. Son domicile a brûlé. Lui et ses secrets avec. 

    Je ne te fais pas la liste des autres, disparus, suicidés, malades, accidentés, amis, critiques, milliardaires, opposants, ministres, diplomates, généraux, scientifiques, tous des prétentieux : les Rovneiko, Shkurko, Bortsov, Pavochka, Makarov, Yankina, Rovneiko, Kucherenko, Bartenev, Klinishov, Fomin, Avramenko, Nikolayev, et puis toi, Prigojine. 

    Au moins tu as eu droit à un enterrement. Dans le bled pourri où tu es né. Comme on n’a voulu pas voir trop de monde, on a baladé des corbillards dans toute la ville pour que personne n’arrive à suivre le bon. C’était d’un drôle. Un ballet de corbillards vides, toi on t’a foutu dans une camionnette. 

    Maintenant ils crèvent tous de trouille. Ils ont peur d’être sur ma liste. Ils savent que je frappe quand je veux, où je veux. Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent. Le peuple me suit. Je suis le peuple. Je suis la Russie. Toi tu n’es rien, un pauvre type qui est mort pour moi, comme des centaines de milliers d’autres pauvres types.

    La guerre, ça permet de vider les prisons, d’éliminer les traîtres, d’enfermer les douteux, d’entretenir la tension, d’alimenter l’énergie nationale. Tu verras, on gagnera. Ils nous paieront pour qu’on arrête. On trouvera une solution « diplomatique » qui maintiendra la pression. Même s’ils reprennent tous les territoires, même s’ils reprennent la Crimée, comme ils n’oseront jamais attaquer le sol russe, on recommencera à les harceler. Ce qui justifiera mon pouvoir.

    La guerre m’autorise tout. On n’est vaincu que quand on l’accepte. Ou quand on meurt. 

    Il fallait me tuer Evgueni, tu n’as pas osé. Tu aurais dû. Grâce à toi, plus personne n’osera. Tu as voulu jouer au héros ? Il y a des crétins qui te mettent des fleurs à Moscou ? Ils ne perdent rien pour attendre. Je t’ai toujours répété que ce ne sont pas les héros qui font l’Histoire, mais les salauds. La terre, ô sainte Russie, c’est l’enfer. J’y suis bien, j’y resterai longtemps. Toi, tu ne seras pas rongé par les vers, il n’y avait déjà plus rien à ronger.

    Ton patron, 

    Vladimir. 

    dateNomÂgeFonctionCirconstance de la mort
    26/01Dmitry Pavochka49 ansHaut responsable associé à RoscosmosMort dans l’incendie de son appartement
    13/02Vladimir Makarov72 ansAncien général de la police russeSuicide
    16/02Marina Yankina58 ansChef du département des finances, ministère russe de la DéfenseChute mortelle du 16e étage d’un immeuble
    22/02Viatcheslav Rovneiko59 ansAncien espion du KGBRetrouvé inconscient à son domicile à Moscou
    04/04Igor Shkurko49 ansCadre russe su secteur de l’énergieRetrouvé mort dans sa cellule en prison
    20/05Pyotr Kucherenko46 ansVice-ministre des Sciences et de l’EnseignementTombé malade lors d’un vol
    08/06Artyom Bartenev42 ansJuge fédéralChute mortelle du 12e étage d’un immeuble
    17/06Grigory Klinishov92 ansPhysicien nucléaireSuicide
    24/06Kristina Baikova28 ansVice présidente d’une banque russeChute mortelle du 11e étage d’un immeuble
    01/07Andrei Fomin57 ansProcureur russe de la région de TchouvachieDéfaillance cardiovasculaire aiguë alors qu’il nageait
    04/07Aleksey Avramenko47 ansministre des transports et des communications du BiélorussieMort soudaine
    juilletAlexander Nikolayev     72 ansAncien diplomate russeVictime des suites d’une agression près de sa maison dans la région de Tver
    14/07Natalia Bochkareva44 ansFille d’un ancien gouverneur de Penza OblastRetrouvée morte chez elle
    22/07Anton Cherepennikov40 ansHomme d’affaires russeArrêt cardiaque
    Tableau des morts accidentelles des dissidents russes
  • En toute confidence : Christine Tuaillon – candidate aux élections sénatoriales – La France Insoumise !

    En toute confidence : Christine Tuaillon – candidate aux élections sénatoriales – La France Insoumise !

    podcast interview politique

    En toute confidence

    « En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Christine Tuaillon, professeure de biologie à l’université de l’Etat de New York, vit aux Etats-Unis depuis 37 ans. Militante associative, syndicaliste engagée, elle est également membre de La France Insoumise depuis sa création en 2017. Après les élections consulaires de 2021, Christine Tuaillon se lance dans la bataille des Sénatoriales en tant que chef de file de « L’union populaire ». Pour En toute confidence, la candidate revient sur la difficile union des gauches, le rôle des sénateurs ainsi que sur les priorités de son programme avec une attention toute particulière pour le volet écologique.

    « La liste unique de gauche n’a pas été possible »

    « Porter le programme de la Nupes au Sénat » est l’ambition principale de la candidate Christine Tuaillon avec son colistier Jean-François Deluchey. Pour autant, la liste unique avec les partis de gauche n’a pas été possible. LFI avait une requête : avoir un sénateur, quelle que soit la circonscription. Cette demande n’a pas été acceptée par les partenaires de gauche, c’est ce que nous confie Christine Tuaillon dans son interview.

    Les leaders de la NUPES

    « Une bifurcation écologique radicale »

    Le « dérèglement climatique et la perte de la biodiversité nous affectent tous partout dans le monde », déclare Christine Tuaillon qui souhaite ainsi porter au Sénat « une loi pour une bifurcation écologique radicale ». La candidate LFI aimerait « que la France soit un modèle et s’engage à réduire les émissions de carbone de 65 % d’ici 2030 ».

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • UE : les pilotes de ligne épuisés seraient victimes de « micro-sommeils » en vol

    UE : les pilotes de ligne épuisés seraient victimes de « micro-sommeils » en vol

    L’insuffisance des périodes de repos oblige les pilotes de ligne fatigués de l’Union européenne à voler plus longtemps qu’ils ne le devraient, les trois quarts d’entre eux étant même victimes de « micro-sommeils » dans le cockpit lorsqu’ils sont en vol, selon un nouveau rapport.

    Réalisé pour le compte de l’Association européenne des pilotes de ligne (ECA), un syndicat représentant les pilotes de ligne, le rapport s’appuie sur une enquête menée auprès de près de 6 900 pilotes de 31 pays. Il montre que les pilotes sont amenés à voler au-delà de leurs heures de service habituelles, ce qui entraîne une accumulation de la fatigue.

    Un pilote sur quatre a admis avoir connu cinq micro-sommeils ou plus, définis comme de brefs épisodes de sommeil involontaires, en l’espace de quatre semaines. Cela indique des niveaux élevés de somnolence, alors que la législation européenne exige que les opérateurs prévoient des périodes de repos suffisantes pour que les membres d’équipage aient récupéré avant de commencer une nouvelle période de travail.

    Plus de la moitié des pilotes estiment que le risque de fatigue n’est généralement pas bien géré par leur compagnie aérienne, 22 % seulement répondant qu’il est « très bien géré » ou « plutôt bien géré ».

    A la discrétion du commandant de bord

    D’après le rapport, la « discrétion du commandant de bord », qui permet aux commandants de bord de prolonger le temps de vol jusqu’à deux heures (ou trois heures s’il est possible de se reposer en vol), est utilisée plus fréquemment qu’il ne le faudrait.

    Une telle demande ne devrait être utilisée que dans des circonstances exceptionnelles, telles que des retards dus à des conditions météorologiques défavorables, mais environ 60 % des pilotes craignent de subir des conséquences négatives s’ils refusent de prolonger leur temps de vol.

    Ainsi, il semblerait que certains équipages de compagnies aériennes se sentent poussés par la direction à continuer à travailler en dehors des heures normales de service, comme l’illustrent certains cas juridiques très médiatisés.

    En 2021 par exemple, un tribunal espagnol a donné raison à un équipage qui avait intenté une action en justice contre Ryanair après avoir été licencié pour avoir refusé de travailler au-delà de son nombre maximum d’heures de travail.

    L’équipage de cabine a invoqué l’épuisement après un 12 heures de travail, mais il a subi des pressions de la part de la direction pour continuer à travailler. Dans son arrêt, le tribunal a ordonné à la compagnie aérienne irlandaise de réintégrer les employés ou de les indemniser.

    Le rapport conclut qu’« il existe des problèmes et des insuffisances dans les dispositifs de gestion des risques liés à la fatigue mis en place par les opérateurs dans tous les pays représentés, ainsi que des lacunes dans la surveillance exercée par les autorités de réglementation ».

    Plusieurs États membres de l’UE sont pointés du doigt pour ne pas avoir fait davantage pour faire respecter les périodes de repos des pilotes, l’Irlande et Malte étant particulièrement critiquées pour leurs piètres performances à plusieurs égards.

    « L’Irlande et Malte, deux pays jouissant d’une certaine réputation dans le secteur de l’aviation et abritant d’importantes compagnies aériennes transnationales, se distinguent dans cette enquête, mais pas de manière positive », a expliqué Philip von Schöppenthau, secrétaire général de l’ECA.

    « Cela soulève un certain nombre de questions, et il appartient clairement aux autorités, ainsi qu’à l’AESA [l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne], d’examiner de plus près ce qui se passe dans ces pays et au sein des compagnies aériennes qu’ils supervisent ».

    Les compagnies aériennes enregistrées en Espagne et au Royaume-Uni ont également été pointées du doigt dans le rapport pour leur gestion insuffisante de la fatigue des pilotes.

    Un pilote sur quatre a admis avoir connu cinq microsommeils ou plus, définis comme de brefs épisodes de sommeil involontaires, sur une période de quatre semaines. 

    Signalement de la fatigue

    Les compagnies aériennes sont tenues de mettre en place un système de « signalement de la fatigue », qui permet aux pilotes souffrant de fatigue d’alerter la direction. En théorie, cela permet aux autorités de procéder aux ajustements nécessaires pour garantir des temps de repos appropriés.

    Cependant, seul un pilote sur dix a déclaré que les signalements de fatigue avaient conduit la compagnie à apporter des changements pour améliorer la sécurité du repos, tandis qu’à peine 12 % ont déclaré avoir confiance dans le système de signalement de la fatigue de leur compagnie aérienne.

    « Nous espérons que l’AESA et les autorités nationales de toute l’Europe examineront attentivement le rapport et prendront les mesures nécessaires pour que les compagnies aériennes mettent en place des systèmes efficaces de signalement de la fatigue et gèrent correctement les risques de sécurité liés à la fatigue », a expliqué M. von Schöppenthau.

    Le manque de normalisation des méthodes de signalement de la fatigue dans les pays européens est également cité comme un domaine nécessitant des améliorations.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 01.09.23

    Bienvenue dans le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine, nous sommes le vendredi 1er septembre et nous faisons le point sur les dispositifs liés à la rentrée scolaire dans les établissements de Kiev et au Niger, on découvre les résultats de la consultation sur les Français de l’étranger et le réchauffement climatique avant de revenir sur le dîner présidentiel de mercredi soir. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

    Kiev en présentiel, le Niger en distanciel 

    Alors que la situation en Ukraine n’est toujours pas apaisée, le personnel du Lycée Anne de Kiev continue de braver la guerre. Comme l’année dernière, la petite cinquantaine d’élèves encore présents dans la capitale va retrouver le chemin de l’école et des abris anti-bombardements présents dans l’établissement. Tandis qu’au Niger, l’AEFE a décidé de maintenir les cours mais en distanciel, sur le modèle du dispositif déployé pendant la pandémie, les élèves pourront suivre leur cours depuis leur domicile. Une situation qui espérons ne sera que de courte durée. A suivre. 

    Remise des diplômes du Brevet des collèges à Kiev en présence de la directrice de l’école et du représentant de l’Ambassade

    Les Français de l’étranger sensibilisés au réchauffement climatique 

    Vous avez été plus de 5000 à répondre à la consultation lancée sur le site Lesfrancais.press. On y apprend que vous êtes 99% à avoir rencontré des phénomènes extrêmes lors de ces deux mois que se soit en France ou sur votre lieu de résidence ou de villégiature. Cela a renforcé la prise de confiance qui était déjà forte avec 60% des répondants qui avait déjà changé leur mode de vie et qui sont désormais rejoints par de nombreux expatriés, en tout ce sont 80% des interrogés qui disent changer de mode de vie ou y réfléchir activement. Retrouvez tous les détails de la consultation sur le site Lesfrancais.press.

    Une soirée présidentielle, pour quoi faire ? 

    A la sortie du dîner avec le président, sous les coups de 3h du matin ce jeudi, les chefs de l’opposition restent dubitatifs sur les répercussions d’un tel rendez-vous. L’idée d’un référendum a été, elle, mise de côté. Cependant, Emmanuel Macron a déjà indiqué qu’une autre rencontre sera programmée rapidement. Peut-être que le Président de la République y fera des annonces nées de ces heures de réflexion ? A suivre…

    Manuel Bompard (LFI) Olivier Faure (PS) et Marine Tondelier (EELV) à l’issue des échanges avec Emmanuel Macron, le 31 août 2023

    C’est tout pour cette semaine, je vous rappelle juste que si vous vous intéressez aux élections sénatoriales, 3 épisodes de la série dédiée aux candidats sont déjà disponibles sur le site Lesfrancais.press et toutes les plateformes de streaming. Dimanche, c’est la candidate France Insoumise qui sera l’invitée de Caroline Ettori. Pour ma part je vous souhaite un bon week-end et on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine de bulletins dédiés aux Français de l’étranger. 

  • En toute confidence : Alain Ouelhadj – candidat aux élections sénatoriales – Reconquête ! 

    En toute confidence : Alain Ouelhadj – candidat aux élections sénatoriales – Reconquête ! 

    podcast interview politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.Chef d’entreprise installé en Floride depuis 15 ans, Alain Ouelhadj a par ailleurs investi le champ associatif en exerçant les fonctions de vice-président puis de président et d’administrateur de Chambres de Commerce et de l’Industrie franco-américaines. Il est également l’un des créateurs de la première Chambre Franco Américaine des Métiers et de l’Artisanat. Une expérience au plus près des expatriés qui a motivé sa candidature. Dans le podcast En toute confidence, Alain Ouelhadj revient en 5 minutes sur les grands thèmes de sa campagne, de l’exigence du terrain à la citoyenneté et l’égalité entre les Français en passant par le pouvoir selon lui limité, des élus consulaires.

    Passer les barrières d’implantation

    Alain Ouelhadj a connu les « barrières d’implantations » aux Etats-Unis et partage cette expérience avec les nouveaux arrivants, que ce soit sur les questions familiales, celles du travail, de la création d’entreprise ou bien encore pour faciliter les démarches administratives.

    Eric Zemmour, fondateur du parti Reconquête

    « Pour l’administration, les Français de l’étranger sont des citoyens de seconde zone »

    Alain Ouelhadj qui se décrit comme « engagé et aidant » et il souhaite remettre que les Français de l’étranger soient considérés comme des citoyens à part entière.  Dans le podcast, il nous explique quelles sont ses priorités dans ce domaine.

    « Les élus représentent les Français, l’administration, elle, représente, l’Etat français »

    Alain Ouelhadj, pour Reconquête!, souhaite ainsi donner aux élus un vrai pouvoir de décisions pour ne plus subir celles de l’administration, chacun ayant des rôles différents. Enfin, Alain Ouelhadj s’engage à ne pas faire de « tourisme politique ». Entre ce qu’Alain Ouelhadj « propose et ce qui ne fonctionne pas, il y a des justes milieux pour bâtir des lois » indique t-il. Le candidat s’engage aussi à discuter avec tous et il ajoute également qu’il est important d’avoir vécu à l’étranger pour représenter notre communauté expatriée.

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Les Français de l’étranger et le réchauffement climatique

    Les Français de l’étranger et le réchauffement climatique

    Les Français de l’étranger sont souvent montrés du doigt comme des pollueurs en puissance. Les raisons ? Ils prendraient trop l’avion, seraient forcément des nantis qui de fait auraient un mode de vie nuisible pour la planète. Et pourtant, la consultation que nous avons lancée sur le réchauffement climatique du 21 au 30 août 2023, vous avez été 5011 à y répondre, elle démontre le contraire !

    L’impact du réchauffement climatique

    Nous avons commencé l’enquête en vous interrogeant sur les intempéries inhabituelles qui ont marqué l’été dans l’hémisphère Nord. Sans surprise, que ce soit en France ou dans votre pays de résidence, vous avez été 99,29 % à rencontrer des phénomènes extrêmes.

    Le réchauffement climatique, une priorité mondiale ?

    Si on peut être touché par les intempéries, on peut considérer que celles-ci ne seraient pas dues à un réchauffement climatique. Nous avons donc voulu vous interroger sur le niveau de sensibilisation à ce thème. Pour cela, un questionnaire classant le niveau de priorisation a été soumis aux 5011 Français de l’étranger ayant participé à l’enquête.

    Si pour 15% des expatriés, le réchauffement climatique n’est pas une priorité ou n’est carrément pas un phénomène tangible, la grande majorité d’entre-eux sont sensibilisés au combat du siècle. Ils sont même 62% à vouloir en faire une urgence absolue. L’autre grande tendance (20%) c’est la prise en compte du dérèglement de notre climat tout en voulant préserver l’économie !

    Un mode de vie modifié

    Une fois le constat fait, logiquement, nous avons interrogé les participants sur l’impact que le réchauffement climatique avait sur leur vie.

    Et pour 59% d’entre-eux, la prise en compte de l’impératif écologique est déjà ancré depuis le quotidien et depuis bien avant cet été. Les difficiles événements qui ont ponctué la saison passée ont d’ailleurs fait basculer près de 6% des répondants dans la même démarche, tandis que 14% se disent prêt à y réfléchir.

    Au final, ils sont tout de même près de 20% à rester réfractaires à toute idée de modifications de leur mode de vie.

    Les sécheresses et les incendies au coeur des préoccupations

    Cet été, comme toutes les autres depuis 2 décennies, les sécheresses et les incendies ont redoublé d’intensité. Au Canada, c’est l’équivalent d’un tiers de la France qui est parti en fumée, dans notre pays ce sont les nappes phréatiques et les fleuves qui souffrent, en Grèce c’est le pire incendie de l’histoire du pays qui a frappé habitants et touristes. Logiquement, quand on interroge les expatriés sur les phénomènes qui les inquiètent le plus, ce sont bien les incendies et la sécheresse qui arrivent en tête avec près de 40% des réponses.

    Derrière c’est la montée des eaux, avec 24% des réponses, qui inquiète le plus, suivie des tempêtes et inondations (les deux cyclones présents actuellement dans l’océan atlantique le confirment), puis des canicules, tandis que la montée en puissance des maladies tropicales inquiète moins.

    Des dangers à venir

    Enfin, nous avons conclu notre consultation sur les dangers que le réchauffement climatique pourrait amplifier.

    Pour les Français de l’étranger, c’est l’eau et sa gestion qui inquiète le plus avec 50% des réponses. Derrière, les vagues de migrations que les changements pourraient provoquer est un aussi une peur qui monte en puissance avec 20% des réponses.

    En troisième position, c’est carrément la peur de la fin de la vie sur Terre qui s’impose avec 13% des votes. Enfin, le classement se finit par le risque de guerres avec 10% des réponses.

    Rationnels ou non, les risques, les dangers du réchauffement climatique, sont bien identifiés par les Français de l’étranger et malgré leur mode de vie et l’éloignement, ils font partie des populations les plus pro-actives sur l’écologie ! Bravo à eux ! Bravo à nous !

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