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  • AEFE : Rentrée 2023

    AEFE : Rentrée 2023

    Ca y est on y est, c’est la rentrée 2023. Celle-ci sera étalée sur les prochains jours dans les différents établissements AEFE du rythme Nord. L’occasion pour nous de faire le point sur la situation au Niger, en Ukraine. On s’intéressera aussi aux bourses scolaires et à la prise de fonction de la nouvelle directrice, Claudia Scherer-Effosse.

    A Kiev, on s’accroche à une normalité

    Au Lycée français Anne de Kiev, on veut maintenir un semblant de normalité. L’hiver dernier, nous avions visité l’établissement qui rythme ses journées au gré des alertes aux bombardements. Et pourtant, grâce au dévouement de l’équipe pédagogique, les élèves ont pu suivre leur scolarité et certains ont pu même décrocher Brevet des collèges ou Baccalauréat.

    Benjamin Roehrig, chargé d’affaires de l’Ambassade de France 🇫🇷 en Ukraine 🇺🇦, et Emily Vermersch, Proviseur du Lycée français Anne de Kyiv avec les élèves diplômés du Brevet des collèges en 2023

    Pour la rentrée 2023, c’est à nouveau le cap tenu par Emily Vermersch, la directrice de l’établissement qui organise l’arrivée des élèves pour le 04 septembre en présentiel.

    Au Niger, les cours seront maintenus en distanciel

    La rentrée se fera donc en distanciel, le 1er septembre 2023, avec un premier temps dédié à l’accueil et à l’explication des modalités d’organisation de cet enseignement à distance.

    Comme annoncé dans la communication du 3 août 2023, depuis le déclenchement de la crise, l’AEFE et l’équipe de direction ont travaillé à plusieurs scénarios, parmi lesquels l’enseignement à distance (EAD) dans le but de garantir aux élèves un enseignement de qualité et aux personnels les meilleures conditions d’exercice possibles, tout en tenant compte du contexte local.

    Bourses scolaires

    Si la commission nationale a rejeté la demande que vous auriez faite au printemps ou si vous avez tout simplement manqué celle-ci, il est possible de (re)déposer une demande lors de la deuxième campagne qui se tiendra au mois de septembre. 

    Ainsi, un second conseil en formation bourse scolaire (CCB2) se réunira à l’automne (généralement en octobre) ainsi qu’une seconde commission nationale des bourses (CNB2) pour statuer sur les nouvelles demandes dans le cadre de la Contribution Progressive de Solidarité (CPS).

    Cependant, les demandes pour les bourses scolaires 2024 étant supérieures au budget voté, le dégel de la réserve budgétaire a été décidé mais cela ne suffira pas. Malgré le vote du budget rectificatif faisant évoluer l’enveloppe totale des bourses scolaires de 100.4 millions à 114.8 millions d’euros, des mesures ont dû être prises.

    Ainsi une réduction des bourses a été décidée, celle-ci s’inscrit dans une tendance annuelle de réduction de 2% due à la CPS. Toutefois, pour l’année 2023-2024 la diminution va atteindre pour certaines familles 7%. Celles qui sont prises en charge à 100% ne devraient pas voir leur dotation diminuer.

    Claudia Scherer-Effosse

    Claudia Scherer-Effosse est donc la nouvelle directrice de l’AEFE depuis ce lundi 28 août 2023, succédant à Olivier Brochet, nommé ambassadeur au Vietnam.

    Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), elle a commencé une carrière de diplomate en 1990. Au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), Mme Scherer-Effosse a occupé plusieurs postes en France et à l’étranger.

    Claudia Scherer-Effosse
    Claudia Scherer-Effosse

    En France, elle a travaillé à la direction Asie et Océanie, à la direction des affaires stratégiques, de la sécurité et du désarmement, avant d’exercer les fonctions de sous-directrice de la formation, des concours et des stages à la DRH du MEAE.

    À l’étranger, Mme Scherer-Effosse a été en poste en Chine, aux Pays-Bas, au Sri-Lanka, aux États-Unis et en Argentine, ainsi qu’en Estonie pour son premier poste d’ambassadrice en 2016. Elle a ensuite été ambassadrice en Argentine de 2019 à 2023.

     

  • Gabon : des membres de l’opposition s’en prennent à la politique africaine de la France

    Gabon : des membres de l’opposition s’en prennent à la politique africaine de la France

    Alors que le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon accuse le président français Emmanuel Macron d’avoir soutenu Ali Bongo « jusqu’au bout », Marine Le Pen a pointé « les piteux résultats » de la politique africaine du gouvernement.

    Au Gabon, Ali Bongo, président sortant et dont la réélection a été proclamée très tôt mercredi (30 août), a été renversé par un coup d’État militaire. Les responsables ont annoncé que les élections seraient annulées et la « fin du régime » d’Ali Bongo.

    Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon s’est désolé, sur X (ex-Twitter), du fait qu’« aucune alerte [n’a] été entendue » et que « le Gabon n’a pu se débarrasser de sa marionnette présidentielle que par une intervention des militaires ».

    Alors que « les Africains tournent la page », l’ancien candidat à l’élection présidentielle a mis en cause le président français, en l’accusant d’avoir soutenu Ali Bongo : « [Emmanuel] Macron aura, encore une fois, compromis la France dans un soutien jusqu’au bout à l’insupportable ».

    Dans une longue publication sur X, la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a demandé à la ministre des Affaires étrangères de « préciser quelle est la doctrine de la France dans ses relations avec ce pays historiquement ami », en pointant « l’impéritie qui caractérise [sa] politique africaine ».

    « Quelle est la cohérence de votre politique africaine quand on voit les piteux résultats au Tchad, au Mali, au Niger et désormais dans l’un des pays les plus historiquement francophiles d’Afrique ? », s’est interrogée l’ancienne candidate à l’élection présidentielle.

    L’ancien président socialiste François Hollande, mercredi sur France Info, a remarqué qu’il s’agit du cinquième coup d’État en trois ans dans la région. « Il n’y a pas eu de réaction suffisante, y compris de la France, mais de la communauté internationale et de la CEDEAO lorsqu’il y a eu le premier coup d’État au Mali », a-t-il analysé.

    Alors que M. Macron était déjà président lors des deux coups d’État successifs au Mali (2020 et 2021), « il y a eu une forme d’acceptation des coups de force », a jugé M. Hollande.

    Le président français Emmanuel Macron lors du Nouveau Sommet Afrique-France en 2021. [EPA-EFE/Guillaume Horcajuelo]

    Le gouvernement et Emmanuel Macron restent prudents

    Le dernier voyage d’Emmanuel Macron au Gabon, à l’occasion d’un sommet sur la protection des forêts tropicales en mars dernier, avait été critiqué par les opposants à Ali Bongo et interprété par certains comme un soutien à ce dernier.

    Pourtant, le président français avait alors tenté de prévenir, ou de contrer, ces accusations en déclarant que « la France est un interlocuteur neutre, qui parle à tout le monde et dont le rôle n’est pas d’interférer dans des échéances de politique intérieure ».

    « Je ne suis venu investir personne. Je ne suis venu témoigner que mon amitié et ma considération à un pays et un peuple frère », avait ajouté M. Macron à l’époque.

    A ce stade, les institutions françaises se montrent prudentes. Le Quai d’Orsay, sollicité par EURACTIV France, n’a pas souhaité commenter la situation, ni la présidence de la République.

    Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a simplement indiqué, mercredi après le Conseil des ministres, que « la France condamne le coup d’État militaire qui est en cours au Gabon » et « réaffirme son souhait que le résultat de l’élection, lorsqu’il sera connu, puisse être respecté ».

  • Succès à l’international pour le tourisme français

    Succès à l’international pour le tourisme français

    Les arrivées de touristes étrangers sont en augmentation en France et devraient générer entre 64 et 67 milliards d’euros de recettes en 2023, un record, a annoncé Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée du Tourisme français.

    « Sans réelle surprise, nous avons une très bonne saison touristique cette année, dans la lignée de l’été 2022 »

    Olivia Grégoire lors de la Conférence de presse sur le bilan touristique de la période estivale.

    Selon les annonces de la ministre, cette hausse s’explique d’une part par une augmentation de 29 % des arrivées internationales, ainsi que par une plus grande flexibilité dans le temps des séjours, soutenue par la généralisation du télétravail.

    Températures exceptionnelles

    Le gouvernement constate également une mutation de la répartition du tourisme sur le territoire, désormais moins concentré sur le littoral, du fait des températures record cet été.

    « Jusqu’à 42°C à Carcassonne, 43°C à Puy-Saint-Martin, 41°C à Menton, ces chiffres sont peut-être exceptionnels mais ils devraient être désormais la norme chaque été. Les modèles qui étaient jusqu’alors la norme, souvent très rentables, vont devoir évoluer au risque de ne plus l’être »

    Olivia Grégoire lors de la Conférence de presse sur le bilan touristique de la période estivale.

    En 2022, les arrivées internationales avaient généré 58 milliards d’euros de recettes, dépassant leur niveau d’avant-pandémie.

    Tourisme Jardin des Tuileries Vue Arc de Triomphe, Obélisque Paris 1er – Le 21/04/2022 Photo : Delphine Goldsztejn

    Et les Français ?

    Côté clientèle française, 306 millions de nuitées ont été enregistrées dans le pays du 1ᵉʳ juillet au 20 août. Un chiffre stable, mais dans le même temps, la clientèle étrangère est en augmentation. Preuve en est, une augmentation de 29% par rapport à 2022 est enregistrée pour les arrivées internationales par vols long-courrier.

    Signe que les Français sacralisent encore les vacances, ils sont 7 sur 10 à être partis cet été, dont 88 % en France. Là aussi un chiffre similaire à celui de l’an passé. En 2022, 7 Français sur 10 étaient également partis en vacances, contre 6 sur 10 l’année précédente.

    Et les expatrié(e)s ?

    Pour les Français de l’étranger, selon notre consultation effectuée auprès de 5876 personnes publiée le 02 mai 2023, 59% déclaraient se résigner à ne pas partir en vacances. Pour ceux qui peuvent partir en vacances, ce fut bien évidemment la France la destination phare, 75% des participant déclarant « rentrer au pays » ! Et ce n’est pas un effet post-Covid et fermeture des frontières, puisqu’ils sont 59% des participants à déclarer aller en France, « comme chaque année ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.08.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 31.08.23

    Bienvenue dans le dernier flash quotidien des expatriés de ce mois d’août, eh oui demain on sera déjà le 01 septembre. On ouvre cette édition avec le coup d’Etat au Gabon, on fait un zoom sur une candidate dissidente de Renaissance soutenue par le Modem pour les Sénatoriales, avant de faire le bilan des rencontres d’Emmanuel Macron avec les chefs de partis parlementaires. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

    Au Gabon, une révolution de palais ? 

    Hier matin à 06h, un groupe de militaires a annoncé à la télévision nationale la destitution d’Ali Bongo, réélu samedi pour un troisième mandat. Un mouvement animé par le général Brice Oligui Nguema, chef de la garde républicaine (GR), garde prétorienne du président déchu, qui semble recevoir le soutien de la population. Sur place les 8000 Français installés sont sereins, les intérêts comme les citoyens français ne seraient pas menacés, éloignant le spectre d’un scénario, pour l’instant, à la nigérienne et ce malgré la condamnation officielle du coup d’Etat par Emmanuel Macron. 

    Gabon

    Sophie Suberville : une liste ouverte sur le monde 

    La candidate soutenue par le Modem, mais exclue du parti présidentiel lundi dernier, continue sa campagne avec un podcast disponible sur le site Lesfrancais.press et toutes les plateformes de streaming. Elle partage avec les auditeurs son amour pour la langue française qu’elle met au coeur de son programme et vante la diversité de sa liste qui représente toutes les régions du monde. Des colistiers qui sont issus, tout comme elle, du monde associatif et entrepreneurial. 

    Emmanuel Macron a invité ses opposants à dîner 

    Le Président de la République a invité les représentants des forces politiques disposant d’un groupe à l’Assemblée nationale ou au Sénat à un échange collectif à huis clos, pendant plusieurs heures. Au menu, la situation internationale mais aussi la possible tenue d’un référendum afin de relancer le processus démocratique en France. Mais sur quel thème ? Chaque participant est venu avec son idée. Le Président devra trancher voire abandonner l’idée du référendum. 

    C’est tout pour ce jeudi 31 août, prenez soin de vous où que vous soyez !

  • En toute confidence : Sophie Suberville – candidate aux élections sénatoriales

    En toute confidence : Sophie Suberville – candidate aux élections sénatoriales

    podcast interview politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori. »Démocrates et Progressistes, Ensemble ! », c’est le nom de la liste que mènera Sophie Suberville, Directrice du Mental Research Institute, conseillère consulaire à San Francisco depuis 2014, ce 24 septembre. Elle et ses colistiers sont issus de la mouvance « Ensemble ! » qui rassemble les alliés du président de la République. Sophie Suberville était membre du parti présidentiel jusqu’à ce mardi, elle en fut exclue pour avoir présenter sa candidature face à Thierry Masson, investi par le parti présidentiel. Cependant, elle conserve le soutien du Modem et de nombreux indépendants. Dans ce deuxième numéro de notre nouveau podcast politique, animé par Caroline Ettori, en 5 min, Sophie Suberville vous explique les ambitions que sa liste porte pour les Français de l’étranger.

    La force de la diversité

    Sophie Suberville compte avec ses colistiers représenter la diversité de la majorité présidentielle. Reflets de la multiplicité des profils qui ont soutenu Emmanuel Macron, c’est l’ambition de cette liste soutenue par le MODEM mais rejetée par Renaissance. En effet, la tête de liste de « Démocrates et Progressistes, Ensemble ! » a été exclue lundi 28 août du parti présidentiel. 

    Mais pour elle, c’est une force qui lui permettra de parler et de rassembler un plus grand nombre. 

    « Je suis soutenue par la majorité des électeurs de la majorité  »

    Sophie Suberville – Tête de liste « Démocrates et Progressites, Ensemble !

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    Echanger les expériences

    Répondant à l’appel du Président de la République venu en 2016 à San Francisco, Sophie Suberville veut partager les expériences collectées par les Français de l’étranger aux 4 coins du monde avec les autres parlementaires de France. 

    Pour servir les Français de l’étranger, elle veut travailler avec tous les partis pour faciliter la modernisation de l’administration, rendre plus transparentes et adaptées les aides que la France distribue à ses citoyens et réunir le plus grand nombre sur les sujets qui font consensus. Pour cela, elle veut créer un observatoire permanent et participatif avec les élus.

    L’immigration, une expérience d’expatrié(e)

    Toujours motivée par son envie de partager la richesse des expériences acquises par les Français de l’étranger, elle veut aussi s’impliquer dans les débats nationaux. 

    Au premier chef, celui de l’immigration ! Pourquoi ? Pour transmettre aux élus de la Nation française, les expériences concrètes vécues par les Français résidant hors de France. Une source d’informations sans prise de position idéologique qui peut nourrir le débat national.  

    Une démarche qu’elle veut appliquer aussi aux actions à conduire pour mener la transition écologique et énergétique, lutter contre les extrêmes et rassembler la nation et ainsi mettre fin à la crise sociale. 

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Gabon : la fin de la Françafrique ? – Le point sur la situation des Français sur place

    Gabon : la fin de la Françafrique ? – Le point sur la situation des Français sur place

    Ce mercredi aux alentours de 6h du matin, un groupe d’une douzaine de militaires a pris la parole à la télévision gabonaise. Ils ont annoncé leur volonté de mettre « fin au régime en place » dans le pays. Un coup d’État annoncé peu de temps après la proclamation d’un nouveau mandat pour Ali Bongo, membre d’une famille au pouvoir depuis 1967. 12 000 Français vivent sur place, sont-ils en danger alors que les frontières sont désormais fermées ?a

    « Les frontières sont fermées jusqu’à nouvel ordre »

    Un des militaires à la télévision gabonaise ce matin disant s’exprimer au nom d’un « Comité de transition et de restauration des institutions »

    Une réélection contestée

    La population gabonaise s’est rendue aux urnes le samedi 26 août pour élire le dirigeant du pays. Deux candidats ont récolté la majorité des scrutins, Ali Bongo, en place depuis 14 ans, a engrangé 64,27% des bulletins. Face à lui, l’opposant Albert Ondo Ossa, qui a obtenu 30,77% des suffrages. Les douze autres candidats ont signé des scores négligeables.

    Ces résultats officiels ont été annoncés dans la nuit. Mais des doutes sur leur validité étaient déjà émis avant même la clôture des bureaux de vote. Ainsi, samedi déjà, Albert Ondo Ossa avait dénoncé des « fraudes orchestrées par le camp Bongo ». Lundi, ce même camp d’opposition avait demandé au président en place d’organiser une passation de pouvoir « sans effusion de sang » en avançant un résultat différent au scrutin. Ils n’ont cependant fourni aucune preuve pour étayer leur autre décompte.

    Une demande qui était restée lettre morte, Ali Bongo ne voulant pas y répondre.

    Un coup d’Etat soutenu par la population

    Ce matin, dans les rues de Libreville, quelques heures après l’annonce du coup d’Etat, le général Brice Oligui Nguema, chef de la garde républicaine (GR), garde prétorienne du président déchu Ali Bongo Ondimba, a été porté en triomphe par des centaines de militaires quelques heures après un coup d’Etat, aux cris de « Oligui président », dans des images retransmises par la télévision d’Etat.

    Ali Bongo et le général Brice Oligui Nguema lors d’une cérémonie en 2022

    Tandis que le président officiel du Gabon Ali Bongo Ondimba était conduit en « en résidence surveillée » entouré de sa famille et de ses médecins. Par ailleurs, l’un de ses fils a été arrêté, notamment pour « haute trahison » par les militaires.

    Pendant ce temps, la population, juste après l’annonce des militaires, est sortie, à pied ou en voiture, en criant : « C’est la libération ! » ou encore « Bongo dehors !« . Au son des klaxons, ils ont salué et applaudi des policiers en tenue anti-émeutes au visage masqué. Nous avons pu joindre Nathalie Mezo, Franco-gabonaise, chef d’entreprise, présidente du réseau « Femmes lève-toi » au Gabon. Comme beaucoup de Gabonais, elle s’interroge car « pour certains, ce coup d’Etat est effectivement une mise en scène, pour d’autres c’est réel.« . En effet, pour des factions politiques locales, le général Brice Oligui Nguema serait, lui-aussi à la solde de la France.

    Les intérêts de la France en danger ?

    Alors qu’Ali Bongo, dont la famille dirige cette nation d’Afrique centrale riche en pétrole depuis plus de 55 ans, est « en résidence surveillée »« la France condamne le coup d’État militaire qui est en cours au Gabon », a annoncé ce mercredi midi le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, en indiquant que Paris « surveille avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation ». La diplomatie française « réaffirme son souhait que le résultat de l’élection, lorsqu’il sera connu, puisse être respecté », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres.

    Sur place, une première entreprise française a déjà tiré les conséquences de ce putsch. « Suite aux derniers événements en cours », le groupe minier Eramet – qui emploie 8 000 personnes, majoritairement gabonaises – a « mis à l’arrêt » ses activités et « suit » la situation pour « protéger la sécurité de (son) personnel et l’intégrité de (ses) installations ».

    81 grandes entreprises françaises

    Historiquement, depuis l’indépendance de 1960 après la période de colonisation française (1839-1960), le Gabon – considéré comme l’un des symboles de la Françafrique – et la France restent des pays amis qui entretiennent des échanges étroits. L’Hexagone constitue ainsi le principal partenaire économique du pays. Avec près de 30 % de parts de marché, elle est son premier fournisseur, devant le Belgique et la Chine.

    Les entreprises françaises y sont ainsi très implantées, au nombre de 81 selon la dernière liste publiée en juin 2022 par l’ambassade de France au Gabon. Parmi elles, Air France, Eiffage, JC Decaux, Rougier, RFI, CMA CGM et surtout TotalEnergies, qui est le principal producteur de pétrole du pays.

     » A l’exception de la banque, tous les secteurs de l’économie gabonaise comptent un acteur français (filiale ou entreprise détenue par un Français installé au Gabon), très souvent leader. Jusqu’en 2007, le Gabon était le principal destinataire des investissements directs à l’étranger (IDE) français dans la zone, grâce aux importants investissements des groupes pétroliers « .

    L’ambassadeur de France au Gabon, Alexis Lamek, en 2022, dans une interview pour Les Échos

    La communauté française

    En 2022, 7 379 Français étaient inscrits au registre consulaire gabonais des Français résidant à l’étranger, dont une écrasante majorité vit dans la capitale, Libreville (700 000 habitants). Ce nombre décroît avec les années, puisqu’il était par exemple de 10 600 en 2016.

    Pour le coup d’État militaire en cours, l’ambassade de France au Gabon invite pour le moment ses ressortissants à « rester à son domicile » et communique un numéro d’urgence.

    La page dédiée aux expatrié(e)s au Gabon sur Facebook, suivie par la grande majorité des Français inscrits au registre consulaire informe nos compatriotes sur place en temps réel.

    Au moment où on écrit ses lignes, l’ambiance est plutôt à la sérénité. Peu d’observateurs parient sur un enflamment de la situation. Pour les plus avertis, ce n’est qu’une « révolution de palais » et les intérêts de notre pays comme la sécurité de ses citoyens ne sont pas remis en cause. Espérons-le, sinon un bloc anti-France pourrait se constituer en Afrique avec le Niger et le Burkina-Faso.

  • Subvention FLAM refusée à Base Culture à Valence : une décision qui provoque des remous

    Subvention FLAM refusée à Base Culture à Valence : une décision qui provoque des remous

    Un coup de tonnerre  dans le ciel bleu valencien. La non-attribution de la subvention FLAM à l’association Base Culture a été vécue cruellement par tous les acteurs de la francophonie locale. Une pétition a été lancée qui a recueilli à la mi-août déjà plusieurs centaines de signatures. 

    Une décision révoltante pour Base Culture

    Cette association dynamique développe pourtant depuis deux ans l’apprentissage de notre langue auprès des jeunes enfants français dont les familles souhaitent garder un lien avec la France sans pour autant avoir les moyens ou la volonté de scolariser dans le réseau AEFE.

    Paul Pierroux-Taranto, président de l’association « trouve ça révoltant. C’est une entaille de plus faite au rayonnement de la France à Valence ». La réduction drastique des activités de cours de langue de l’Institut français deux ans auparavant avait déjà été mal vécue par les défenseurs de la francophonie en Espagne et  la création de Base Culture avait alors permis d’occuper le terrain face à ce désengagement de l’Etat. Alors pourquoi couper les ailes de cette association dynamique qui revendique le passage de 11 à 25 enfants scolarisés en un an ? La non attribution est « un seau d’eau glacée » pour Anne-Sophie Crocquevieille, la responsable pédagogique de l’association qui rappelle que Base Culture fait partie du réseau des FLAM Monde et des FLAM ibériques même si elle n’est pas exclusivement dédiée à la langue mais développe aussi des activités culturelles francophones.

    Le FLAM, un dispositif léger et pertinent

    C’est peut-être d’ailleurs cet aspect statutaire qui a provoqué le rejet de la demande. L’association n’est en effet pas exclusivement dédiée à la pratique linguistique et ce serait un des paramètres de jugement pour l’attribution des moyens publics. Bureaucratie excessive ou respect scrupuleux des textes pris à la lettre ? Pour le député des Français d’Espagne Stéphane Vojetta, nous nous trouvons face à une « erreur de jugement dont on va faire appel ».  Le parlementaire salue au passage le travail de l’association dont il connaît les activités et remet sur la table un des engagements présidentiels d’Emmanuel Macron : « Le chèque éducation langue française permettrait à ceux qui ne sont pas scolarisés dans le système AEFE de prendre des cours ».

    La force du dispositif du Français Langue Maternelle (FLAM) reste d’être un outil léger, au financement modeste, qui permet d’aider des groupes locaux qui proposent des activités autour de la pratique du français. L’attribution des subventions pour le démarrage des activités ou la consolidation des activités se fait à travers une commission pilotée par l’Agence par l’Enseignement Français à l’étranger (AEFE) et qui comprend des membres du ministère des Affaires étrangères. Les autorités de l’Ambassade n’avaient pas réagi au moment où nous écrivons cet article pour éclairer les ressorts de cette décision que le sénateur Yan Chantrel trouve surprenante également, alors qu’il avait pu se déplacer à la mi-mai pour constater le dynamisme de Base Culture. Le dispositif FLAM reste encore trop sous-financé à ses yeux, et celui qui est président du groupe d’études de la francophonie au Sénat plaide pour un financement multilatéral des FLAM en ouvrant ce dispositif aux autres nations de la Francophonie.

  • La conférence annuelle des ambassadeurs 2023

    La conférence annuelle des ambassadeurs 2023

    À l’occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs et ambassadrices, lundi 28 août à Paris, Emmanuel Macron a tenté de fixer le cap de la diplomatie française dans un contexte international de crises aiguës, au premier rang desquelles la guerre en Ukraine et le recul des démocraties.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

    Un affaiblissement de l’Europe et de l’Occident

    Le président français a d’abord mis en garde contre un « risque d’affaiblissement » de l’Europe et de l’Occident dans le contexte international actuel.

    Ce contexte « s’est plutôt durci« , « se complique » et « fait courir le risque d’un affaiblissement de l’Occident et plus particulièrement de notre Europe », a-t-il déclaré devant les ambassadeurs de France, citant notamment « l’émergence de (nouvelles) grandes puissances internationales« .

    Face à cela, l’Union européenne doit « accepter plus d’intégration« , voire « plusieurs vitesses« , pour « évoluer sur les sujets essentiels« , a poursuivi le chef de l’État.

    « Je peux témoigner assez aisément qu’une Europe à 27, c’est assez compliqué à faire évoluer sur les sujets essentiels », a-t-il déclaré, jugeant que « ce ne sera pas plus simple à 32 ou 35 (…) donc il nous faut une certaine audace pour accepter plus d’intégration sur certaines politiques, peut-être d’ailleurs plusieurs vitesses de cette Europe« .

    Accueil des Ambassadrices et Ambassadeurs par la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna et par Olvier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger et au commerce extérieur au Quai d’Orsay. ©MEA

    L’Afrique

    Emmanuel Macron a aussi réfuté tout « paternalisme » mais aussi toute « faiblesse » de la France en Afrique alors que le Sahel fait face à une « épidémie de putschs », dernièrement au Niger.

    « Ni paternalisme, ni faiblesse parce que sinon on n’est plus nulle part« , a-t-il insisté, appelant aussi les pays du Sahel à avoir une « politique responsable » en la matière. « La faiblesse que d’aucuns ont montrée à l’égard des putschs précédents a nourri des vocations régionales. Il y a une épidémie de putschs dans tout le Sahel« , a-t-il déploré.

    Évoquant le Niger, le chef de l’État a salué l’action des diplomates français qui travaillent dans des conditions difficiles, citant en particulier la situation de l’ambassadeur à Niamey qui est toujours en poste, bien que les militaires ayant pris le pouvoir ont demandé son départ.

  • La gauche française se divise sur l’interdiction de l’abaya

    La gauche française se divise sur l’interdiction de l’abaya

    L’interdiction de l’abaya dans les écoles, annoncée dimanche par le ministre de l’Éducation nationale, a montré les dissensions à gauche sur la laïcité et sa mise en œuvre, alors que la gauche radicale promet de saisir la justice administrative contre cette décision.

    Le camp présidentiel, la droite et l’extrême droite ont accueilli avec satisfaction l’interdiction de l’abaya et du qamis à l’école, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal dimanche soir sur TF1.

    Mardi matin (29 août), le coordinateur de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard a vivement critiqué la décision du gouvernement sur France 2, en annonçant que son groupe parlementaire la contesterait devant le Conseil d’État.

    Pour le successeur de Jean-Luc Mélenchon à la tête du mouvement de gauche radicale, « cette réglementation [est] contraire à la Constitution, elle est dangereuse, elle est cruelle ». L’interdiction de l’abaya « va se traduire par des discriminations à l’égard des jeunes femmes, en particulier des jeunes femmes de confession musulmane », a-t-il poursuivi.

    « Les autorités religieuses du culte musulman disent que l’abaya n’est pas une tenue religieuse », selon M. Bompard, qui considère que « la laïcité doit être un facteur de paix, d’unité ». Or elle serait « utilisée pour stigmatiser une religion en particulier ». Il s’agirait même, d’après Jean-Luc Mélenchon, d’une « nouvelle absurde guerre de religion entièrement artificielle ».

    M. Bompard alerte également sur la difficulté qu’il y aurait à distinguer entre « ce qui est de l’ordre d’une tenue religieuse de ce qui est de l’ordre d’un effet de mode ».

    Les élus d’Europe Ecologie — Les Verts (EELV), dont les députées Sandrine Rousseau et Sandra Regol, ont dénoncé le contrôle du corps des femmes que cette interdiction symboliserait.

    « Les autorités religieuses du culte musulman disent que l’abaya n’est pas une tenue religieuse », selon M. Bompard, qui considère que « la laïcité doit être un facteur de paix, d’unité ». [EPA-EFE/MOHAMMED BADRA]

    Habit cultuel ou culturel ?

    L’interprétation sur le fait de savoir si l’abaya est un habit religieux ou pas est au cœur de la controverse, tout comme l’interprétation du principe de laïcité par la gauche française. En effet, le discours de LFI et EELV tranche avec celui de leurs alliés du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste français (PCF), qui ont salué la décision de Gabriel Attal.

    Pour le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse, il s’agit d’« un signal très important qui doit faire consensus », car tous les symboles religieux sont interdits à l’école et que « le prosélytisme religieux n’y a pas sa place ». Bien que le phénomène soit limité à environ 150 établissements sur 60 000, le leader communiste Fabien Roussel a également salué l’édiction d’une règle claire.

    Si le Premier secrétaire du PS Olivier Faure est resté pour l’heure discret, la présidente des jeunes socialistes et élue à Paris Emma Rafowicz, favorable comme lui à l’alliance avec LFI, juge par exemple que « l’école républicaine et laïque est un sanctuaire et doit rester le lieu de l’émancipation », en s’opposant au port d’habits religieux en son sein.

    Le député socialiste Jérôme Guedj s’inscrit dans le même sillon, mais s’interroge sur les priorités politiques du gouvernement, en demandant au ministre de l’Éducation de « mettre la même énergie pour assurer l’essentiel : garantir un prof devant chaque classe ».

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, deuxième syndicat de travailleurs en France, a aussi déploré, mardi matin sur France Inter, la communication gouvernementale tout en se disant favorable à l’interdiction de ces habits. Cependant, selon elle, le ministre « instrumentalise le sujet pour évacuer les questions centrales », dont le manque d’enseignants dans les écoles françaises.

    « Plus on en parle, plus on fait augmenter le phénomène, […] ça ne fait qu’inciter à ce que l’accessoire soit plus porté », a-t-elle alerté, en s’appuyant sur son expérience de conseillère principale d’éducation.

    Dans l’opinion publique également, une forme de consensus existe contre le port de l’abaya, du qamis et de la djellaba à l’école. 77 % des Français s’y opposaient selon un sondage de l’IFOP de juin 2023.

    Cette proportion monte à 80 % lorsque seul le corps enseignant est interrogé, montre une étude de novembre 2022. En effet, plus de deux enseignants sur trois (68 %) considèrent que l’abaya ou le qamis ont un caractère cultuel et non pas simplement culturel.

    Les sympathisants de gauche sont aussi majoritaires à s’exprimer contre ces vêtements traditionnels en milieu scolaire, à hauteur de 60 % pour LFI et EELV, et 75 % pour les socialistes. Le reste du spectre politique appuie encore largement leur bannissement des écoles.

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