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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.23

    Bonjour à tous, une nouvelle semaine s’ouvre, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, nous sommes le lundi 18 septembre. Dans vos titres : Vote anticipé pour les Sénatoriales – Lampedusa : un flash d’urgence européen – France : administration et harcèlement scolaire. 

    Les élus des Français de l’étranger choisissent leurs représentants

    Dimanche prochain 170 nouveaux sénateurs seront élus par plus de 79 000 élus locaux, principalement des conseillers municipaux. Pour les 6 qui représenteront les près de 600 élus consulaires et parlementaires représentant les Français résidant hors de France, l’élection a commencé samedi dernier avec le vote anticipé dans les postes diplomatiques. Les résultats seront connus en fin de journée dimanche prochain. Nous en parlerons évidemment lundi 25 septembre. 

    Von der Leyen propose un plan d’urgence pour Lampedusa

    La présidente de la Commission européenne a suggéré lors de son déplacement à Lampedusa, ce dimanche, la mise en application d’un plan d’urgence pour gérer les arrivées irrégulières sur l’île. En effet, la semaine dernière plus de 8500 personnes y sont arrivées. Ce plan consiste notamment à élargir la mobilisation de Frontex pour lutter contre les passeurs, à accélérer l’aide financière à la Tunisie, principal pays de départ sur cette route migratoire, et à renforcer les « voies légales de l’immigration ».

    Un bateau des garde-côtes italiens transporte des candidats à l’immigration en Europe sur l’île de Lampedusa, le 15 septembre 2023, devant des baigneurs à l’arrière-plan. | ALESSANDRO SERRANO / AFP

    « On était victimes, on est devenus coupables ! »

    C’est le cri du cœur de la mère de Nicolas, adolescent de 15 ans qui s’est suicidé le 5 septembre à Poissy, dans les Yvelines. Elle dénonce la réponse du rectorat de Versailles à ses demandes d’actions face au harcèlement que subissait son fils à l’école. Dans une lettre du rectorat reçue l’année dernière, le fonctionnaire avait qualifié d’ »inacceptables » les propos des parents qui auraient « remis en cause » l’attitude du personnel de l’établissement scolaire, les menaçant même de poursuites pour calomnie. Suite à cette révélation, Gabriel Attal, le ministre de l’Éducation nationale, a décidé de lancer un audit dans tous les rectorats. Si vous avez été victime dans le réseau AEFE de tels comportements, contactez la rédaction via l’e-mail : [email protected] (info au singulier). 

    Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal assiste au début d’un cours sur les insectes, le 17 août 2023, dans une salle de classe du collège Guy Moquet à Saint-Benoît, au cours de son séjour de deux jours sur l’île de La Réunion pour la rentrée scolaire.

    C’est tout pour aujourd’hui ! On se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • La démocratie perd des batailles, jamais la guerre

    La démocratie perd des batailles, jamais la guerre

    « Le capital, c’est foutu. La Cinquième, c’est foutu. Le PC, c’est foutu. La société de consommation, c’est fini tout ça, c’est foutu. Les bagnoles, foutu. » C’était en 1972, dans « L’aventure, c’est l’aventure », de Lelouch. Depuis, l’URSS s’est effondrée, Internet a remplacé le papier carbone, et chatGPT le Petit Livre rouge. Ce qui n’empêche personne de répéter : « Le capital, c’est foutu, la Cinquième, c’est foutu, les bagnoles, c’est foutu ». Alors la démocratie est foutue, vraiment ?

    À Cuba, autre mythe révolutionnaire triste et tragique, s’est tenu le sommet du G77, qui regroupe 134 pays (qui n’en comptait que 77 lorsqu’il a été fondé, du temps de la guerre froide). Cette fois, il s’agissait, avec la Chine, de dénoncer « l’ordre économique mondial injuste ». Écho direct au dernier sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud, élargi à l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran). La prochaine Assemblée générale des Nations Unies, en décembre, sera un concert de reproches contre l’Occident prédateur, l’annonce de sa chute, la fin de sa domination financière, économique, morale (mais profondément immorale). Tout cela approuvé, abreuvé par une grande partie de l’Occident lui-même. 

    Personne n’a en tête un modèle qui pourrait rivaliser avec la démocratie libérale

    De grands intellectuels, dirigeants, éditorialistes, démographes, économistes, philosophes, annoncent ce déclin, plus gravement encore, la fin de la « parenthèse démocratique », les uns avec délectation, les autres dans l’amertume. « Les États-Unis, c’est foutu. L’Europe, c’est foutu. La démocratie, c’est foutu ». 

    Le G77 peut bien représenter plus de la moitié de l’humanité, les Brics appeler à une autre monnaie que le dollar, personne, dans aucun pays, n’a en tête un modèle qui pourrait rivaliser avec la démocratie libérale, son système économique et social. 

    Une étude de l’Open Society, réalisée dans 30 pays auprès de 36.000 personnes, révèle que 86% des personnes interrogées disent vouloir vivre dans une démocratie. Soit : en Égypte, au Bangladesh, en Russie, en Arabie saoudite, les partisans d’un régime autoritaire sont plus nombreux qu’ailleurs. La police y veille. Mais que démontrent depuis plus d’un an les femmes iraniennes dans une théocratie assassine, corrompue, qui prônait une révolution mondiale que personne ne veut imiter ?

    Quels sont les pays dont les valeurs sont privilégiées ? Pas selon les dirigeants, association de malfaiteurs qui ont pris le pouvoir par la force et s’y maintiennent par la corruption : dans le groupe des 77, dans ces porte-paroles du « sud global », qui trouve-t-on, sinon des tyranneaux qui exploitent leur peuple ? Les pays dont les valeurs sont privilégiées à travers le monde par les « vraies gens » sont donc : les États-Unis (29%), le Royaume-Uni (27%), la France (20%), la Chine (15%), la Russie (12%).

    Si le succès économique chinois fascine, alliant autoritarisme et richesse, si la Russie étonne, alliant pauvreté et force, les pays modèles sont bel et bien les « démocraties occidentales ». 

    Il n’y a pas de contre-modèles chinois, russe, iranien. Il n’y a pas d’équivalent à ce qu’était le communisme, ou, avant la guerre, le fascisme. Ni rêve chaviste, ni retour néofasciste (six millions de Vénézuéliens ont fui, « la Meloni » italienne voudrait maintenant « plus d’Europe » pour contrôler l’immigration.)

    Le président cubain Miguel Diaz Canel (L) s’exprime lors de la session inaugurale du Sommet G77+Chine au Palais des Congrès de La Havane le 15 septembre 2023. © Adalberto Roque, AFP

    86% des personnes affirment vouloir vivre dans une démocratie

    Soit : la Chine, l’Inde, le Brésil, ces géants menacent l’hégémonie économique de l’ouest. La puissance financière, la puissance d’innovation, les nouveaux monstres technologiques, sont en majorité à l’ouest. Les investissements plus encore.

    Soit : au-dessus des pauvres humains, les nuages de la crise climatique condamnent le système consumériste. Mais déjà, le « Sud global » pollue bien plus que le Nord, la courbe entre la production historique cumulée des pays du nord et celle des pays du sud va s’inverser très vite, si elle ne l’est déjà. Qui, d’ailleurs, fait des efforts pour la transition énergétique, sinon les pays du nord ? Qui freine ? Les pays du sud veulent être aidés ? Qui sont les premiers contributeurs de l’aide internationale ? Peu importe. Qui aura investi dans les technologies énergétiques qui aboliront la dépendance du « Nord » par rapport au « Sud » ? La vraie lutte est là. 

    Les sociétés les plus égalitaires sont au nord, les plus inégalitaires, dans ce sud global, soumis à des régimes prévaricateurs.

    En dessous aussi, le déchirement guetterait, à cause des inégalités. À ceci près que les sociétés les plus égalitaires sont au nord, les plus inégalitaires, dans ce « Sud global », soumis à des régimes prévaricateurs. Car le vrai drame est là : ces dirigeants qui parlent au nom de leur peuple maintiennent des systèmes policiers dont les premières victimes sont les peuples qu’ils dirigent. 

    La mondialisation a permis en 20 ans de faire passer l’extrême pauvreté de 30% de la population mondiale à 9%. Chaque jour, 180.000 personnes sortent de la misère. Ce sont les pauvres qui veulent la mondialisation des échanges, l’ouverture des marchés et les riches, qui, désormais, prônent le protectionnisme. À tort, car on n’est jamais riche tout seul, et parce que la richesse du voisin augmente la mienne. 

    Chaque décennie, l’Occident s’invente de nouvelles peurs : hier la submersion islamique. S’il y a un danger qui viendrait des pays musulmans, c’est plutôt celui de la désagrégation que celui de l’invasion : ce que l’on voit dans l’Afrique sahélienne, en Libye, en Syrie, au Yémen, au Liban, peut arriver ailleurs. On l’a vu en Algérie. La révolution digitale est incompatible avec la théocratie religieuse. Elle l’est avec tout régime policier. 

    La mondialisation a permis en 20 ans de faire passer l’extrême pauvreté de 30% de la population mondiale à 9%.

    Quelles sont alors les vraies menaces ? Elles ne sont pas extérieures, elles sont internes. 

    Le premier ennemi de la démocratie, c’est la démagogie. L’idée que le pouvoir est là pour régler tous les problèmes. « Je vais vous protéger » dit le démagogue ou « Je vous rendrai moins pauvre par la dette ou en prenant aux riches ». En Suisse on est pauvre à 4400 euros, seuil de richesse en France. Il y a trente ans, le niveau moyen des salaires était identique. Les Suisses auraient-ils taxé les riches pour donner aux pauvres ? La démagogie puise plus loin ; elle se nourrit du nationalisme. 

    Étendre le domaine d’intervention du pouvoir : en résulte l’affolement du droit contre la justice

    Ce qui conduit, plutôt qu’à la société de confiance, à la société de peur. L’état de peur, plutôt que l’Etat de droit : la maladie, la guerre, le climat, les Chinois, la finance internationale, la violence au coin de la rue, l’immigration sauvage : toutes ces peurs, bien relatives quand on regarde cinquante ou soixante-quinze ans en arrière, n’ont qu’un effet : étendre le domaine d’intervention du pouvoir, sa boulimie, augmenter le nombre de lois. En résulte l’affolement du droit contre la justice. 

    Quand le sentiment d’injustice triomphe, la confiance en l’État disparaît. Et la confiance dans l’ensemble du système politique s’étiole.

    Le débat n’est plus entre le public et le privé, mais entre le droit des États, le droit des citoyens et le droit des normes mondiales.

    La nouvelle économie mondiale, la révolution digitale, qui transforme tous les métiers, transformera aussi la nature du pouvoir politique. Cette génération inventera l’État du XXIe siècle. Le débat n’est donc plus entre le public et le privé, mais entre le droit des États, le droit des citoyens et le droit des normes mondiales. Enjeu passionnant. 

    La digitalisation du monde (de chacun) permet de nouveaux contrôles, elle doit donner de nouvelles libertés, de nouvelles transparences, exigences démocratiques, partages de décisions.

    Il est certain que les démocraties perdront des batailles. Il ne faut pas sous-estimer les dangers, mais encore moins la capacité de les vaincre. Qui aurait dit que les Ukrainiens pouvaient l’emporter face aux Russes ? 

    Cette parenthèse démocratique, qui dure depuis deux siècles, a gagné la bataille contre l’esclavage, contre la faim, contre la maladie, a déclaré, pour la première fois dans l’histoire du monde, l’égalité de droit entre les femmes et les hommes. Les systèmes démocratiques ont vaincu les totalitarismes, ont emporté deux guerres mondiales, ont renoncé à l’impérialisme colonial, promu le droit international, fait partager des principes universels. S’il y a eu des fautes, des reculs, des défaites, jamais les démocraties n’ont été vaincues, ni par les armes, ni, plus important encore, par un autre modèle qui ruinerait la liberté. 

    Les démocraties n’ont pas gagné toutes les batailles, mais elles ont gagné toutes les guerres. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de menaces. Parce qu’il n’y a pas de démocratie sans démocrates. 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Sénatoriales 2023 : le vote anticipé

    Sénatoriales 2023 : le vote anticipé

    Dans une semaine, le Sénat comptera 170 nouveaux élus. Ils seront choisis par les 79 000 grands électeurs. Parmi les nouveaux sénateurs, 6 représenteront les Français de l’étranger, ils seront élus par un corps électoral unique et mondial rassemblant les élus locaux des Français de l’étranger (conseillers et délégués), les 12 sénateurs (dont les 6 sortants) et les 11 députés représentant les expatriés. Ces derniers ont pu effectuer leur obligation électorale ce week-end grâce au vote anticipé. 16 listes sollicitent leur bulletin.

    Le Sénat : une élection atypique

    Au total, 348 sénateurs siègent au Palais du Luxembourg. Mais, première subtilité, ils ne sont pas tous élus en même temps. Car le Sénat est divisé en deux séries : la série 2 (qui met en jeu 178 sièges) a fait l’objet d’élections en décembre 2020 sauf pour les 6 sénateurs des Français de l’étranger qui du fait de la pandémie ont été renouvelés en septembre 2021 pour un mandat réduit à 5 ans au lieu de 6.
    Aujourd’hui, c’est donc la série 1 qui va être renouvelée. Celle-ci concerne, comme indiqué plus haut, 170 places portant sur 42 départements métropolitains et d’outre-mer auxquels s’ajoute une circonscription mondiale. Les sénateurs sont élus pour un mandat de six ans renouvelable.

    Suffrage universel indirect

    Autre subtilité, et non des moindres, les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel direct, à la différence de leurs collègues de l’Assemblée nationale. Ils sont élus au suffrage universel indirect, c’est-à-dire qu’ils sont choisis par un collège de grands électeurs. Ces derniers sont, environ, 162 000 au total. Pour cette série, ce sont 79 000 grands électeurs qui devront s’exprimer. Seuls les élus des Français de l’étranger sont appelés à voter deux fois, une fois pour chaque série. En effet, alors que les sénateurs des départements sont soumis « en bloc » au scrutin, ceux des Français de l’étranger sont répartis équitablement entre les deux séries.
    Mais qui sont-ils ? Des élus à différentes échelles. On a des sénateurs sortants, des députés, des élus municipaux, régionaux, départementaux et donc consulaires. Un ensemble censé représenter la diversité politique du pays, puisque les conseillers municipaux représentent 95 % de ce collège électoral.

    À la différence des autres élections, le vote y est obligatoire. Et les grands électeurs qui voudraient s’abstenir encourent une amende de 100 euros. Vous trouvez ça compliqué ? Ce n’est pas fini : le mode de scrutin dépend de la population du département. Pour les moins peuplés, où seuls un ou deux sénateurs sont élus, c’est un scrutin majoritaire à deux tours qui est organisé. Pour les plus denses, où au moins trois sièges de sénateurs sont en jeu, c’est le scrutin proportionnel qui s’applique. C’est donc le cas pour les Français de l’étranger. Le résultat de ces élections, qui ne devraient pas bouleverser l’équilibre des forces au Palais du Luxembourg (à savoir une domination de la droite), sera connu dimanche 24 septembre dans la soirée.

    Le vote anticipé

    Enfin les élus des Français de l’étranger disposent d’une facilité qui n’est pas donnée à leurs collègues de métropole, le vote par anticipation.
    En effet, comme pour les autres scrutins en France, le vote par le collège électoral se fait à l’urne, le jour de l’élection. Pour les sénatoriales, il n’y a qu’un seul bureau de vote, situé dans le chef-lieu du département ou de la collectivité.

    Problème ! Pour la circonscription mondiale des Français de l’étranger, le chef-lieu est Paris. Théoriquement, les près de 600 grands électeurs devraient donc se rendre à Paris au centre de convention du Ministère des Affaires étrangères dans le XVᵉ arrondissement. Bien évidemment, pour des raisons financières, logistiques et autres, il n’est pas possible d’obliger tous nos élus à faire le voyage. C’est pour répondre à ce défi que le législateur a prévu le vote par anticipation qui s’est donc déroulé ce samedi 16 septembre dans tous les postes diplomatiques habilités français répartis dans le monde.
    La grande majorité des élus ont choisi cette option pour procéder à leur obligation électorale, l’élection est donc de fait déjà jouée. Mais l’ouverture des bulletins de vote ne sera effectuée qu’à Paris ce dimanche 24 septembre.

    Notre rédacteur en chef adjoint, Jérémy Michel, sera à Paris et vous annoncera dès la fin de la journée qui seront les nouveaux parlementaires représentant les Français de l’étranger.

  • #3 FC Expat Rémi Walter du Sporting Kansas City et Nicolas Geneau du PSG Fan Club à Lisbonne

    #3 FC Expat Rémi Walter du Sporting Kansas City et Nicolas Geneau du PSG Fan Club à Lisbonne

    podcast foot - FC EXPAT

    FC EXPAT

    Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
    Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
    Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.

    Dans ce nouveau numéro, le FC expat nous emmène aux Etats-Unis et au Portugal. En première mi-temps, nous partons à la rencontre du rêve américain avec Rémi Walter. Joueur en Major League Soccer (MLS), il évolue au Sporting Kansas City. Notre compatriote nous rend compte de la nouvelle attractivité du championnat américain. Il évoque aussi son « défi » personnel en tant que joueur et expatrié. Avec Remi Walter, on aborde même la question de l’équipe de France. En seconde mi-temps, le FC Expat joue au Portugal avec Nicolas Geneau, français de Lisbonne. Président du Fan club du PSG dans la capitale lusitanienne, les activités de cette structure dépassent la sphère du football. Outil d’intégration et d’influence, Nicolas Geneau le déclare : « la devanture c’est le PSG, c’est aussi rencontrer des gens ».    

    Remi Walter Remi Walter (credit : Sporting Kansas City)

    Remi Walter « le football aux Etats-Unis a énormément évolué »

    Le « ballon d’or » de la rédaction Caroline Ettori et l’auto-désigné entraîneur du FC Expat Jérémy Michel interrogent notre compatriote vivant aux USA sur son parcours. Passé par Nancy, Nice et Troyes, Remi Walter a connu une première expérience à l’étranger en Turquie avant de rejoindre le Sporting Kansas City. Pour le FC Expat, il retrace les hauts et les bas de sa carrière de footballeur professionnel. Il partage son expérience du championnat américain : « le football aux Etats-Unis a énormément évolué ». Rémi Walter ajoute que ce « championnat MLS prend tous les ans de la valeur ». Il constate que ce dernier « attire de plus en plus de joueurs européens ». 

    « Reprendre du plaisir »

    En toute transparence, Rémi Walter revient sur son expérience difficile en Turquie liée « à l’extra-sportif » essentiellement. Il nous confie « reprendre du plaisir » à Kansas à la fois sportivement mais aussi dans sa vie quotidienne. Il nous explique d’ailleurs « qu’il est facile de s’intégrer ». Kansas City  « c’est un peu le Nancy des Etats-Unis » nous dit-il, en nous rappelant ainsi sa région d’origine. La ville du Missouri accueille aussi une communauté française. Plus de 700 de nos ressortissants y vivent. Rémi Walter nous parle de ce rapprochement qui existe avec ses compatriotes qui, comme lui, vivent l’expatriation. 

    « Didier Deschamps pourrait peut-être regarder ce qui se passe en MLS ? »

    Quatre-vingt-onze fois titulaire sur les quatre-vingt-dix-neuf derniers matchs, le joueur français enchaîne les bonnes performances. La coupe du monde de football se déroulera en partie aux Etats-Unis en 2026. Le FC Expat interroge donc Remi Walter sur l’équipe de France : « Didier Deschamps, le sélectionneur, pourrait peut-être regarder ce qui se passe en MLS ? » 

    Nicolas Geneau Nicolas Geneau

    «Le numéro 54 : un numéro qui me tient à cœur»

    Dans les arrêts de jeu, Remi Walter dévoile pourquoi il porte le « 54 » sur le terrain : « un numéro qui me tient à cœur » confie-t-il aux auditeurs du FC Expat.   

    Nicolas Geneau : « un choc culturel »

    Président du PSG Fan club à Lisbonne, Nicolas Geneau partage son parcours d’expatrié. Avant de s’installer au Portugal en 2017, il a connu Londres pendant onze ans. Il a vécu « un choc culturel » en rejoignant le pays du Fado. L’existence du Fan club PSG lui a, nous dit-il, « permis de (se) reconnecter avec (ses) racines et (son) club de cœur ». 

    « Le Fan Club PSG: un outil de propagande à l’étranger »

    Pour Nicolas Geneau, un fan club c’est « un outil de propagande à l’étranger ». Il permet aussi aux expatriés « de rester en contact avec le club et d’organiser des événements ». C’est également la possibilité d’être « connecté avec des fans club partout dans le monde »

    « Le Fan Club facilite aussi notre intégration dans le pays d’accueil »

    Le Fan club de Lisbonne attire de nombreux binationaux, franco-portugais. Il y a aussi « beaucoup de Brésiliens » qui se joignent aux activités. Le français reste cependant la langue parlée. Nicolas Geneau se souvient que ce Fan club a facilité son intégration dans son pays d’accueil. « Ne parlant pas vraiment le portugais en arrivant, le Fan club PSG à Lisbonne a permis de créer un réseau et de comprendre les rouages de la vie lisboète ».    

    « Au-delà du sport et du PSG, c’est l’aspect humain qui est important »

    Nicolas Geneau le déclare : « la devanture c’est le PSG, mais c’est aussi rencontrer des gens, se créer des réseaux et vivre des aventures avec des personnes que l’on ne connaissait pas ». Au-delà du sport et du PSG, c’est l’aspect humain qui est important. D’autres actions que de regarder les matchs sont d’ailleurs proposées : « on joue au Padel » avec les membres. Le Président du Fan Club du PSG envisage de créer « une première franchise Padel PSG ». Peut-être que dans ce sport, gagner la ligue des champions est plus facilement atteignable, diront les mauvaises langues. 

    « La rivalité OM-PSG est plus atténuée à l’étranger »

    La rivalité OM-PSG est plus atténuée à l’étranger. Nicolas Geneau lance d’ailleurs un appel pour organiser avec d’autres fan-clubs des événements communs. Même si, à sa connaissance, seul le PSG est structuré à Lisbonne. Nicolas Geneau confie aussi que parfois « vivre à l’étranger permet de diminuer certaines frustrations vis-à-vis de son club français ». Son astuce : résidant dans une ville de foot il s’intéresse aussi aux clubs présents à Lisbonne. 

    « Lisbonne est une ville en pleine effervescence »

    Dans les arrêts de jeu, Nicolas Geneau balaye les préjugés sur l’image du Portugal. Non, ce n’est pas un pays de retraités français. « Lisbonne est une ville jeune. Une ville qui se développe. Une ville en pleine effervescence », argumente-t-il. En conclusion, il invite ses compatriotes, de tous les âges, à venir s’y installer.

    FC Expat est en écoute sur plusieurs plateformes












  • Un livre sans tabou pour l’intégration

    Un livre sans tabou pour l’intégration

    Aujourd’hui, Arnaud Lacheret nous parle de son dernier livre intitulé « Les intégrés – Réussites de la deuxième génération de l’immigration nord-africaine ». Dans ce dernier essai, l’ancien expatrié au Bahrein valorise les «intégrés», ces Français d’origine maghrébine qui ont réussi. 

    «Ce livre a pour ambition de redéfinir l’idée d’intégration»

    Boris Faure : « Arnaud Lacheret, notre journal avait évoqué votre précédent livre sur l’intégration des femmes du Golfe. Il y a un fil rouge dans vos sujets d’étude. Expliquez-nous comment vous en êtes venu à traiter de l’intégration de la deuxième génération de l’immigration nord-africaine à travers 70 exemples d’une intégration réussie ? »

    Arnaud Lacheret : « Le mot intégration est compliqué à utiliser en France. Tantôt, cela a une connotation raciste, puisque celui qui l’utilise sous-entend que des gens ont un effort à faire pour entrer dans la société majoritaire, tantôt on l’utilise pour dire que si les étrangers sont intégrés, ils ne sont pas assimilés. L’intégration est soit trop, soit pas assez… Personne n’en parle de façon raisonnable et c’est pour cela que j’ai utilisé la définition sociologique, rappelée par Dominique Schnapper. C’est-à-dire que l’intégration est le processus par lequel un membre d’un groupe minoritaire tente d’entrer dans le groupe majoritaire en en adoptant les codes, les valeurs et les attitudes.

    J’avais commencé avec les femmes du Golfe qui devaient s’intégrer dans leur société en arrivant sur un marché du travail. A cette époque-là, j’habitais au Bahreïn et je dirigeais un département d’une université locale qui accueillait notamment des cadres de nationalité saoudienne. C’est là que m’est venue l’idée de commencer à travailler sur le sujet de l’intégration des personnes de culture arabo-musulmane… De fil en aiguille j’ai poursuivi l’étude sur les femmes descendantes d’immigrés, puis sur les hommes. Aujourd’hui, ce livre a pour ambition de redéfinir l’idée d’intégration en lui donnant une dimension moins bornée et plus pragmatique. Par exemple, j’insiste sur le fait que la notion d’intégration ne concerne pas que les étrangers, la deuxième, la troisième génération ont parfois aussi un parcours d’intégration à réaliser. A partir du moment où l’on réalise ça, on peut prendre des mesures politiques fortes. »

    «Le débat sur l’intégration en France se réduit souvent au sujet de l’assimilation réussie ou ratée»

    Boris Faure : « Arnaud Lacheret, le débat sur l’intégration en France se réduit souvent au sujet de l’assimilation réussie ou ratée, un sujet porté notamment par Éric Zemmour. Vous êtes chercheur mais on sent aussi que ce livre a une dimension politique. Vous interrogez d’ailleurs le sujet des politiques publiques d’intégration qui ne seraient pas utiles mais pourraient même se révéler comme une contrainte dans l’intégration. Vous nous expliquez ? »

    Arnaud Lacheret : « Hélas il faut revenir à l’histoire de l’immigration nord-africaine. Dans les années 70, l’immigration est gérée par le patronat français qui cherche des employés peu qualifiés pour ses usines et le BTP. L’arrivée d’hommes jeunes et venant de milieu rural maghrébin est privilégiée. Sauf qu’en 1976, une jurisprudence européenne impose le regroupement familial et que la classe politique ne réagit pas à l’arrivée massive des conjointes et à la naissance de nombreux enfants qui naissent français. La gauche arrive au pouvoir et interprètera assez mal ce besoin d’intégration en valorisant, par l’intermédiaire de SOS racisme notamment, le droit à la différence. Dès lors, on va communiquer davantage sur la diversité, la différence, les apports de l’immigration plutôt que de lancer un travail d’intégration visant à expliquer aux immigrés et à leurs descendants ce que c’est qu’être français.

    En parallèle, la politique de la ville va équiper les quartiers en faisant en sorte que l’on puisse tout y faire : médiathèques, stades, services sociaux etc. etc. Ce faisant, les habitants des quartiers n’ont plus vraiment de raisons d’en sortir et la ghettoïsation se fait, sous couvert de très bonnes intentions ! On remarquera aussi qu’en termes de transports en commun, les quartiers populaires sont les moins bien lotis : ce sont ces liaisons qui tardent le plus à être réalisées alors que les habitants sont pourtant ceux qui ont le moins de moyens d’avoir des véhicules individuels ! Or tout montre que pour s’intégrer, il faut rencontrer la population majoritaire, et pour ce faire, il faut des espaces de contact sur la voie publique. Tout semble avoir été fait, urbanistiquement parlant, pour éviter ces contacts.
    On pourrait également parler de cette exaltation de la diversité et des origines dès le plus jeune âge. Dès l’école maternelle, dès le centre social, on insiste sur les origines, réelles ou non, des plus jeunes et, semble-t-il, on oublie de leur livrer les codes de la société majoritaire. »

    Arnaud Lacheret Arnaud Lacheret

    Boris Faure : « Vous avez montré que les hommes et les femmes n’ont pas forcément les mêmes rapports à leur famille ou au quartier quand il s’agit de construire leur intégration et leur réussite. Pouvez-vous nous parler des principales différences de genre face à la réussite et aux obstacles à celles-ci ? »

    Arnaud Lacheret : « C’est l’une des clefs du livre : les femmes, dans la culture très patriarcale d’Afrique du nord et principalement celles issue de la ruralité sont très contrôlées au sein de la famille, du clan et ce schéma se reproduit au sein du quartier. Celui qui peut donner un espace de liberté, c’est le père, identifié comme la personne qui peut octroyer une dérogation. Au cours de son enfance, la fille passera souvent après ses frères et devra négocier, se lancer dans des transactions, avec son père notamment, pour obtenir le droit de sortir, de poursuivre des études, de ne pas se marier trop tôt… Le garçon aura davantage de facilités au sein du noyau familial. Sauf qu’une fois confrontées à la société française, qui peut être discriminante, les filles auront gardé cette habitude d’en faire plus, de négocier, de transiger, là où les garçons se heurteront plus durement au mur du refus et se retrouveront plus dépourvus.

    Par ailleurs, la société française discrimine moins les femmes nord-africaines que les hommes, c’est une question de représentation sociale qui, pour le coup, semble aller à contre-courant du féminisme intersectionnel. Ce double courant qui fait que les filles sont habituées à l’adversité et un peu mieux accueillies par la société fait que naturellement, elles ont tendance à mieux réussir. »

    «En France, le côté religieux de l’abaya est évident»

    Boris Faure : « Le livre n’évite aucun sujet. Vous constatez un rapport au voile qui a de multiples fondements. Le voile peut être identitaire mais aussi une simple protection pour les filles face à un machisme de cité, il peut être considéré comme purement culturel et dispensable. Nous avons une polémique autour de l’abaya. Quelle est votre position par rapport à ce vêtement issu de la culture nord-africaine. Signe religieux ou simple accessoire culturel et de mode ? »

    Arnaud Lacheret : « Les gens que j’ai interrogés ne portent pas le voile, ni l’abaya. Je voulais vraiment comprendre ce que pensaient des gens intégrés du voile islamique. En revanche, tous lui donnent d’abord une signification religieuse : on porte le voile parce qu’on est musulman et pour l’abaya, c’est la même chose. Il existe toutefois une différence pour qui connait les pays du Golfe : dans les monarchies du Golfe, l’abaya est une forme d’uniforme pour les femmes tout comme les hommes portent souvent la thowb, longue robe blanche. La dimension religieuse est moins évidente, puisqu’il s’agit aussi de marquer sa différence dans des pays où il y a énormément d’étrangers. Les Nord-Africains expatriés ne s’habillent d’ailleurs pas ainsi même s’ils sont musulmans, les Libanais non plus. 

    En France, le côté religieux de l’abaya est en revanche évident. Bien entendu, cette dimension n’est pas parfois perçue complètement par les jeunes filles qui le portent, mais cela ne fait pas sens autrement. A partir du moment où c’est un habit religieux, porté d’ailleurs à la mosquée, il n’a pas sa place dans l’école publique au nom de la loi de 2004 et le débat n’a pas lieu d’être. Le Ministre n’a fait que rappeler cette loi. En revanche, nous devons dire à nos partenaires à l’étranger que cette interdiction n’est valable qu’au sein de l’école publique française et pas sur la voie publique où l’on peut s’habiller comme on le souhaite. Cette interdiction vestimentaire touche également les agents publics ou ceux exerçant une mission de service public mais ça s’arrête là. Je ne compte pas le nombre de fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux et qui contribuent à donner une image d’une France intolérante alors qu’il suffit de se promener n’importe où pour constater que ni le voile, ni l’abaya ne sont interdits. »

    Boris Faure : « Vous ne travaillez je crois que la notion de désintégration. Pouvez-vous nous expliquer le concept ? »

    Arnaud Lacheret : « Il y a 30 ans, l’Algérien, le Maroc et la Tunisie avaient déjà des équipes de football et participaient déjà à des compétitions. Or, cela ne fait que quelques années que les matchs internationaux donnent lieu à des alertes sécuritaires constantes. De même, cela ne fait pas si longtemps que cela que des drapeaux de pays d’origine des parents ou des grands-parents sont brandis, que des très jeunes Français se revendiquent d’un autre pays que la France. Si l’on rajoute à cela l’islamisation assez récente des jeunes issus de l’immigration qui sont souvent plus pratiquants que leurs parents, on a là quelques exemples d’un processus qui éloigne des Français de la société qui les a vu naître et grandir… C’est très étonnant et, pour reprendre Howard Becker, grand sociologue américain récemment décédé, il serait intéressant de comprendre comment ces idées sont arrivées à pénétrer à ce point une partie de la population. C’est, je le crois, un point crucial qui va nous permettre de revenir côte à côte plutôt que face à face pour citer Gérard Collomb. 

    L’intégration sans tabou : le nouveau livre clé d’Arnaud Lacheret

    L’intégration des enfants d’immigrés maghrébins ? Une France qui réussit auprès de la deuxième génération là où elle a échoué auprès de la première ? Une approche non névrotique de l’immigration ?

    Voilà enfin un livre positif sur les trajectoires réussies d’enfants d’immigrés. Il se nomme « Les intégrés, réussite de la deuxième génération de l’immigration nord- africaine ».

    Il s’appuie sur des thèses défendues brillamment par un chercheur français qui a fait de l’intégration son terrain de recherche. Après un livre sur l’intégration des femmes arabes à Bahreïn, et un livre sur les femmes musulmanes et cadres, Arnaud Lacheret est revenu dans l’Hexagone pour interroger 70 Français d’origine maghrébine qui connaissent de vraies réussites sociales et économiques. Des personne dont il a étudié le parcours de vie grâce à la méthode de l’entretien individuel mené auprès d’un spectre large d’individus.

    S’appuyant sur la définition de Dominique Schnapper, l’intégration est pour l’auteur un processus d’intégration d’un groupe minoritaire au groupe majoritaire par des individus qui vont en adopter les principaux codes, les principales valeurs ou attitudes.

    L’accès aux études supérieures est évidemment un facteur fondamental dans ce processus et le chercheur montre à quel point il induit, notamment pour les femmes, des négociations avec les gardiens de l’autorité parentale pour choisir des filières qui comme les écoles de commerce permettent l’accès rapide à un travail rémunérateur facteur d’autonomie. Les familles mettent souvent des freins pour l’accès à certaines professions, pour la vie des femmes en solo ou pour la poursuite des études. Question de respectabilité et méfiance du qu’en-dira-t-on de quartier obligent. Mais les transactions sont toujours possibles au sens où un père qui entend que sa fille est citée en exemple par les voisins pour sa réussite sera amené à desserrer l’étau.

    La ghettoïsation dans le quartier est aussi un élément à dépasser pour réussir. Lacheret va à rebours d’une idée en cours expliquant comment la politique de la ville qui a construit des équipements publics pour maintenir les populations sur place a pu avoir un impact négatif pour des jeunes soucieux avant tout d’échapper au regard et au contrôle des habitants du quartier en étudiant ou fréquentant des clubs de sport au delà des frontières de la cité.

    Aucun sujet n’est tabou dans ce livre et on lira utilement deux chapitres particulièrement d’actualité : celui sur le rapport des jeunes à la police – ceux qui ont réussi entretiennent un rapport non crispé avec les forces de l’ordre et misent sur la responsabilité individuelle pour se faire respecter. Une manière de dire que la police n’est pas condamnée à être raciste ni les jeunes menacés systématiquement de faire l’objet de contrôles d’identité qui tournent mal.

    Sur le sujet épineux et inflammable du voile, Lacheret montre que les femmes qui ont réussi ne le portent pas en majorité mais respectent ce signe d’appartenance à une religion et une culture d’origine. Il y a donc plusieurs façons de porter le voile et de lui donner un sens, et plusieurs façons de ne pas le porter et de se sentir pourtant musulmanes et françaises.

    Le chercheur aborde dans ce chapitre le thème crucial de la désintégration : pour ces personnes qui connaissent la réussite, être français est avant tout une question de nationalité et n’implique pas forcément l’adhésion aux valeurs de la République. On peut donc être intégré économiquement et socialement sans avoir fait l’effort de s’intégrer culturellement à une société française largement sécularisée. La réussite n’efface pas la culture musulmane d’origine.

    Le livre se veut aussi un réquisitoire contre la logique de l’assimilation trop souvent prise en otage par des idéologies politiques basées sur le rejet de l’autre ou l’uniformisation forcée.

    Entre assimilation et désintégration, le livre pose des bornes et valorise des logiques de réussite souvent masquées par le discours des extrêmes.

    Procurez-vous ce livre qui se dévore en quelques heures et qui donne des pistes de réflexion que bien des éditos ou des prises de positions politiques devraient avoir l’intelligence de citer et reprendre…


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  • Rolling Stones : Les pierres roulent toujours

    Rolling Stones : Les pierres roulent toujours

    Mick Jagger a célébré ses 80 ans cet été. Keith Richards le fera au mois de décembre prochain. Ces deux artistes avec le petit jeune de la bande, Ronnie Wood (76 ans), n’entendent néanmoins pas prendre leur retraite. Ils continuent de vivre à grande vitesse en proposant, cet automne, un nouvel album « Hackney Diamonds » qui fait allusion à leur surnom « Glimmer Twins » (« les jumeaux étincelants »), aux soixante ans du groupe (les noces de diamants intervenant à 60 ans) et une nouvelle tournée.

    Un empire d’un milliard de dollars

    Depuis leur création, en 1962, les Rolling Stones maîtrisent à la perfection non seulement le blues et le rock mais aussi l’art du marketing. Au fil des décennies, ils ont tout à la fois réussi à se démarquer, à prendre en compte l’évolution des moyens de communication et à fidéliser leurs fans qui sont leurs meilleurs clients. À 80 ans, ils n’ont plus besoin de travailler, leur empire valant environ un milliard de dollars. Mais le plaisir de jouer, d’avoir un public et de marquer l’histoire de la musique, les motivent à demeurer actifs. 

    L’art maîtrisé de la provocation

    À Londres, dans le sillage des Beatles, au début des années 1960, de nombreux groupes de rock apparaissent. Les Stones issus de la rencontre entre Brian Jones, Mick Jagger et Keith Richards forment alors un groupe de blues qui interprète des classiques du blues. Ils adaptent des partitions de bluesmen américains comme Muddy Watters, le nom du groupe faisant référence à une des chansons de ce dernier, Willie Dixon, Chuck Berry ou Jimmy Reed. Pour percer et se différencier, les Stones avec leur producteur de l’époque Andrew Loog Oldham, ont l’idée de se forger un style en opposition aux Beatles en se positionnant comme des mauvais garçons. Le slogan « Laisseriez-vous votre fille épouser un Rolling Stones? » dans l’Angleterre prude d’après-guerre était tout un symbole. Les tenues sur scènes, les frasques en dehors étaient bien souvent calculées pour générer du papier et des reportages. 

    Issus de la classe moyenne, les Stones sont rapidement encensés par la presse, ravie d’alimenter la rivalité avec les Beatles. Dans les faits, cette opposition était virtuelle car les deux groupes étaient proches. Ils organisaient eux-mêmes la rivalité. La coopération entre les Beatles et les Stones prend plusieurs formes. John Lennon et Paul McCartney ont ainsi cédé aux Stones, en 1963, le titre « I Wanna Be Your man ». En 1967, The Beatles invitent Mick Jagger et Keith Richards à participer aux chœurs de « All You Need Is Love ». En 1968, John Lennon participe au concert « Rock’n Roll Circus » organisé par les Stones.

    Une rivalité entretenue et calculée avec les Beatles 

    Jusqu’en 2023, la rivalité est entretenue. McCartney, en 2020, a ainsi déclaré que les Beatles étaient meilleurs que les Stones qui n’étaient qu’un groupe de reprises. Cette sortie ne l’empêche pas de figurer parmi les musiciens qui ont été invités sur le dernier album des Stones « Hackney Diamonds ». Le positionnement « mauvais garçons » des Stones ne les a pas empêchés, bien au contraire, de fréquenter l’aristocratie et la bourgeoisie londonienne. 

    Rapidement Mick Jagger côtoie, au grand désespoir de la reine Elisabeth II, les membres de la Cour royale bien avant d’être fait « Sir ». Son père était déjà connu de cette cour en tant que professeur d’éducation physique. Si les origines sociales de Keith Richards sont plus modestes, son père n’en fut pas moins un conseiller du Premier ministre travailliste Clement Atlee. Marianne Faithfull ou Bianca Jagger, les compagnes de Mick Jagger de la fin des années 1960 et du début des années 1970, ont contribué à lui faire rencontrer de nombreux artistes et responsables politiques. Sa maîtrise des codes de la bonne société londonienne lui permet, en 1967, de participer à un débat avec des élus et des responsables religieux juste après sa libération de prison. L’arrestation des deux leaders des Stones souleva de nombreuses protestations au Royaume-Uni comme dans le reste du monde. Certains témoignages laissent à penser qu’elle était la conséquence d’une opération de manipulation de la police. Il n’en demeure pas moins que ce passage par la prison a provoqué une rupture chez les Stones qui ont, à la suite de cet épisode, décidé de maîtriser leur communication.

    Une tournée aux États-Unis présentée comme celle de tous les excès

    Sur le plan musical, le style évolue fortement, le groupe décidant de durcir le son comme ses paroles. Il enchaîne alors des hits comme « Gimme Shelter », « Midnight Ramblers », « Sympathy for the Devil » ou « Brown Sugar ». En 1972, les Stones, après la publication de l’album « Exile on Main Street » lancent une tournée aux États-Unis dénommée « Stones Touring Party (STP) » qui est présentée comme celle de tous les excès. Les Stones dans leurs déplacements sont accompagnés de dealers, de groupies et d’artistes comme Andy Warhol ou d’écrivains comme Truman Capote. La rumeur, fausse évidemment, veut que les autocollants “STP” distribués contenaient de la drogue. 

    Jusqu’à la fin des années 1970, les concerts ont lieu avec retard et peuvent se terminer tard dans la nuit. En 1973, les Stones qui sont interdits en France du fait des démêlés de Keith Richards avec la justice, décident d’organiser un concert pour les fans français à Bruxelles. La radio RTL met alors en place des trains spéciaux pour les convoyer, contribuant à populariser l’événement. 

    Les excès ont laissé place, depuis de nombreuses années, à une large reconnaissance au point qu’ils ont organisé un concert pour les 60 ans de l’ancien Président des États-Unis, Bill Clinton au Beacon Theater en 2006. Mick Jagger a également donné un concert à la Maison Blanche pour Barack Obama en 2012. 

    Le sens de l’image et de la mise en scène

    Au début de leur carrière, les Stones ont joué de la provocation pour se faire connaître. Mais la provocation seule ne suffit pas. À côté du son, Mick Jagger a conscience, dès 1962, de la force de l’image qui permet une large diffusion. Cela est peut-être dû à sa participation, enfant, dans les années 1950 à des émissions télévisées diffusées par la BBC consacrées à la gymnastique, émissions alors présentées par son père. Il en a conservé un goût pour le sport et pour la mise en scène. Lors des premiers concerts, Mick Jagger se distingue des autres chanteurs par ses déhanchements et par son occupation de la scène. Il est inspiré par Jerry Lee Lewis et par Chuck Berry. Plus tard, il demandera conseil à Tina Turner et à Rudolf Noureev. Sa maîtrise de la scène conduira le groupe Maroon 5 à écrire, en 2012, une chanson « Moves Like Jagger ». 

    Conscients que la musique est avant tout une question d’image, Mick Jagger et ses acolytes font appel très tôt aux plus grands photographes et réalisateurs de films pour immortaliser leurs prestations. Les photographes Gered Mankowitz, Guy Webster, Tom Wright, Jean-Marie Périer, Dominique Tarlé, Annie Leibowitz, Claude Gassian et bien d’autres ont contribué à la popularité des Stones. Ils ont collaboré avec de grands réalisateurs de cinéma pour magnifier leur production. Jean-Luc Godard réalisa ainsi le film « One+One » qui retrace le processus de composition du morceau emblématique Sympathy for the devil (1968). Les Stones ont également travaillé avec David Maysles, Albert Maysles et Charlotte Zwerin pour le film “Gimme Shelter” qui retrace la tournée de 1969 et le tragique concert d’Altamont. Pour leur tournée de 1972, les Stones avaient fait appel à Robert Frank. Le film « Cocksucker Blues » ne fut jamais distribué ou diffusé en raison d’une interdiction de la part des Rolling Stones, jugeant certaines scènes choquantes. En 2006, Martin Scorcese réalise un film sur les Stones tourné à l’occasion des deux concerts donnés au Beacon Theater à New York. 

    Les chansons des Stones ont été fréquemment utilisées au sein des bandes-sons de films (notamment ceux de Martin Scorcese). Les morceaux « Gimme Shelter », « Jumping Jack Flash » qui est également le nom d’un film dans lequel joue Woopy Goldberg, « Satisfaction » ou « Paint it, Black » figurent le plus fréquemment dans les bandes-sons. En 2013, le morceau « Doom and Gloom » sert de générique final au film « Die Hard : Belle journée pour mourir » avec Bruce Willis.

    Offrir un spectacle, de l’« entertainment » à l’américaine

    Les Stones ont le sens du concert. Ils ont créé leur réputation de « plus grand groupe de rock’n roll du monde » grâce à la maîtrise des shows qui, au fil des années, sont devenus de plus en plus travaillés. Mick Jagger a toujours été clair sur ce sujet. Il entend offrir un spectacle, de l’« entertainment » à l’américaine. À partir de 1973, les Stones ne se limitent plus aux membres originels. Ils sont accompagnés d’une bande de musiciens qui les suivent durant des décennies. Ils sont également parmi les premiers à utiliser les micros sans fil permettant à Mick Jagger et aux autres membres du groupe de se mouvoir en toute liberté sur des scènes de plus en plus grandes. 

    Les Stones ont rapidement voulu écrire l’histoire de la musique en réalisant des shows qui marquent les esprits. Mick Jagger a toujours regretté de ne pas avoir participé à Woodstock. Le concert d’Altamont en Californie en 1969 devait constituer un palliatif qui s’avéra funeste. Malgré tout, cet échec n’empêcha pas le groupe de monter des concerts géants. Ils détiennent un record de spectateurs avec le concert de Rio qui rassembla en 2006 plus de 1,5 million de personnes. Les Stones ont également été le premier groupe occidental à se produire gratuitement à la Havane en 2016 devant plus d’un million de personnes. Ce concert s’est tenu juste après la visite de Barack Obama dans ce pays. 

    Auparavant, les Stones ont été parmi les premiers à tourner dans les États d’Europe de l’Est après la chute du Mur de Berlin. Ils ont ainsi joué devant 100 000 personnes à Prague en 1990, en présence du Président Vaclav Havel, avec comme slogan « Les chars sont partis, les Stones sont arrivés » (« Tanks are rolling out, the Stones are rolling in »). 

    En 1995, à l’occasion d’un nouveau concert, le groupe participa au financement de la réparation de l’éclairage du Château de Prague. Les Stones ont également joué en Chine en 2006 et à Dubaï en 2014. Aucun continent et peu de pays n’ont échappé à un concert des Stones.

    Rolling Stones
    Les Stones deviennent rapidement une marque et se dotent d’un logo qui devient l’emblème du groupe.

    Un sens avéré du marketing

    Les Stones deviennent rapidement une marque. Ils se dotent d’un logo qui devient l’emblème du groupe, la fameuse langue. En 1970, Mick Jagger demande à John Pasche qui est étudiant au Royal College of Art de Londres de réaliser un logo qui puisse être aussi reconnaissable que celui de Shell. Pour l’inspirer, le chanteur lui montre une image d’une déesse hindoue appelée Kali. Le côté rebelle et provocant du logo correspond bien au groupe qui l’adopte, d’autant plus qu’il fait également référence à la bouche du chanteur. Ce logo apparaît pour la première fois sur la pochette de l’album « Sticky Fingers », en 1971, qui est réalisé par Andy Warhol. Celui-ci a l’idée d’y placer une fermeture éclair qui s’ouvre. 

    Les Stones utilisent tous les moyens de communication pour diffuser leur musique. Ils ont été en avance sur la vente de produits dérivés, le logo étant décliné à l’infini. Ils ont créé une boutique à Londres (RS No. 9 Carnaby) afin de vendre des vêtements et des accessoires en hommage au groupe. La boutique à Soho est plutôt positionnée haut de gamme. Sur le site du groupe, des articles à des prix plus accessibles sont proposés. Les équipes des Stones se sont toujours intéressées à la presse musicale qui des années 1960 aux années 1980 était incontournable pour la promotion des albums. Même s’il n’y a pas de lien capitalistique direct, le magazine « Rolling Stone » était proche du groupe et le demeure. 

    Ce dernier détient le nombre record de « unes » de ce magazine. Pour le numéro de septembre, dans la version française, Mick Jagger et Keith Richards se partagent la couverture qui illustre un article célébrant le cinquantenaire de l’album « Goats Head Soup ». Le magazine français « Rock and Folk » longtemps dirigé par Philippe Manœuvre, un fervent admirateur du groupe, consacre également de nombreux numéros à ce dernier au fil des décennies. Dans chaque pays, le groupe a tissé des partenariats avec des radios ou avec des télévisions. En France, RTL a longtemps été un relais important du groupe. 

    Le groupe a également noué des relations commerciales avec des constructeurs automobiles comme Volkswagen (une Golf fut estampillée Stones en 1995) ou Mercedes. Un « cobranding » a également été réalisé avec le PSG en 2017. Une ligne de vêtements fut ainsi siglée des deux logos. Les Stones, à cette occasion, prêtèrent leur avion à l’équipe du PSG dans le cadre d’un déplacement à Anderlecht. Pour la promotion de leurs albums et leurs tournées, depuis plus de cinquante ans, les Stones entendent marquer les esprits. Ils ont ainsi joué un concert sur un semi-remorque dans les rues de Manhattan le 1er mai 1975. Ils ont depuis utilisé une montgolfière et une vieille voiture américaine.

    La création d’une communauté « stonienne » 

    Les Stones ont rapidement donné naissance à la publication de disques pirates (bootlegs) diffusés en parallèle aux circuits officiels. Si ces derniers constituent un préjudice commercial indéniable, ils assurent une certaine popularité du groupe et participent à la création d’une communauté « stonienne ». Le groupe ne serait pas étranger à certaines diffusion pirates de leurs concerts. Parmi les pirates les plus connus figurent le concert de Bruxelles de 1973 (Brussels Affair). Après avoir été diffusés à travers des films au cinéma, en cassettes vidéo, en DVD, les concerts des Stones font depuis cet été l’objet d’une expérience d’immersion. 

    À Paris, la société Jam Capsule en collaboration avec le groupe projette sur des écrans géants circulaires le concert de 2013 à Hyde Park. Même si Mick Jagger récuse toute nostalgie – il a ainsi refusé l’idée de toute autobiographie – il a néanmoins accepté la réalisation d’une exposition itinérante « Unzipped » retraçant les 60 ans du groupe. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir des maquettes de scènes, les costumes portés par Mick Jagger lors de différents concerts, des albums de musique mais aussi une reproduction grandeur nature de leur premier appartement et de leur studio d’enregistrement. Cette exposition a été présentée à Londres, à Marseille, à Toronto ou à New York. 

    L’argent, le nerf de la guerre

    Est-ce dû aux quelques mois passés par Mick Jagger à la London Economics School ou à sa capacité à s’entourer de conseillers financiers de haut niveau ? Il n’en demeure pas moins que celui-ci a réussi, à partir des années 1970, à construire un empire qui repose évidemment sur leur succès musical mais aussi sur un savoir-faire commercial indéniable. Comme les Beatles, les Stones ont été, dans les années 1960, floués par leurs premiers producteurs et leurs maisons de disques qui avaient tendance à ne pas redistribuer les recettes et surtout à ne pas payer les impôts. Les Stones ont été ainsi contraints de s’exiler en France en 1971. Ils ont enregistré, ainsi à Villefranche, dans la villa Nellcote, l’album « Exile on Main Street ». Mick Jagger et le Prince Rupert Ludwig Ferdinand zu Loewenstein (1933/2014) qui devient le conseiller financier du groupe mettent en place une organisation indépendante des compagnies. Ils fondent ainsi leur label, « Promotone ». Ils avaient prévu que cette structure puisse accueillir les Beatles. L’éclatement de ce groupe mit un terme à la négociation de réunion économique des deux plus importants groupes de tous les temps.

    Une entreprise de plus de 400 personnes, un système de sociétés holding

    À partir de 1971, Les Stones deviennent ainsi maîtres de leur catalogue musical. Ils ne disposent en revanche pas de l’ensemble des droits pour les titres des années 1960 dont “Satisfaction” ou “Paint it Black”. Les Stones ont été les premiers à fixer des contrats, pour une durée déterminée, avec les majors de la musique permettant à ces dernières de diffuser leurs disques. Les majors achètent un droit de diffusion. A elles après de rentabiliser l’opération. Le dernier contrat a été signé par Universal en 2018. Il s’agit d’un contrat « 360 degrés » sur toutes les œuvres du groupe anglais et qui s’étend à l’ensemble du merchandising, des objets frappés du logo jusqu’au e-commerce. 

    Les Stones sont une entreprise employant plus de 400 personnes, effectifs qui augmentent à l’occasion des tournées et des lancements d’albums. Des juristes chassent en permanence les utilisations frauduleuses des titres, des images et du logo. Avec l’appui d’Universal, la firme gère les produits dérivés. 

    Pour réduire les charges fiscales, les Stones ont créé une structure aux Pays-Bas. Le recours au système de sociétés holding a été vendu par les Stones à d’autres groupes comme U2 ou AC/DC. Le montant des recettes totales du groupe demeure inconnu. Seuls les résultats des concerts sont communiqués. Ils peuvent rapporter plus de 300 millions de dollars, les Stones figurant parmi ceux qui obtiennent les montants les plus élevés. Le cachet minimum pour un concert se situe autour de 8 millions de dollars. Les publicités sont également une autre source de financement. Microsoft aurait ainsi payé 12 millions de dollars le droit d’utiliser, en 1995, “Start Me Up” pour la promotion de «Windows 95 ». Même si une coordination existe avec les détenteurs des droits des anciennes chansons (Andrew Loog Oldham en particulier), les Stones ne touchent pas de royalties sur leurs utilisations (publicité de Groupama, “She’s A Rainbow”). La coordination au niveau des droits sur les anciennes chansons a été facilitée depuis qu’Universal gère l’ensemble des titres.

    Toujours conseillés par le Prince Rupert Ludwig Ferdinand zu Loewenstein, à partir de 1989, les Stones décident de changer le modèle financier des concerts. Avec l’appui de Michael Cohl, un ancien promoteur de salles de concerts, ils imposent leurs tarifs aux tenanciers de salles et à tous les intermédiaires. Jusqu’alors, les ventes de billets étaient réalisées par chaque salle qui rémunérait ensuite les artistes. Depuis la tournée « Steel Wheels » en 1989, les ventes de billets sont centralisées. L’organisateur s’engage à verser dès le départ un certain montant fixe aux Stones, à charge pour lui de rentabiliser l’opération.

    Le recours au parrainage se multiplie. Budweiser (bières), Volkswagen, des compagnies d’assurances et bien d’autres participent au financement. Les Stones touchent par ailleurs des royalties sur toutes les ventes de produits dérivés. Ce système contribue à internationaliser l’organisation des concerts. Sur l’ensemble de leur carrière, les Stones ont rapporté en concerts plus de deux milliards de dollars de recettes. Les Stones, par leur notoriété, ont toujours été un groupe cher. Les prix des places figurent toujours parmi les plus élevés. Ils servent d’étalon pour les autres artistes. En contrepartie, les prestations sont de haute tenue. Les prix élevés des places ont donné lieu à des contestations de la part des fans et de la presse. Cette cherté fut l’une des raisons qui incita Mick Jagger, en 1969, à accepter de manière précipitée l’organisation d’un concert gratuit à Altamont. 

    Le goût de l’innovation

    Les Stones ont tout le long de leur carrière accepté une prise de risque maîtrisée. Ils ont su s’inspirer et créer des modes au niveau musical. Après le blues, ils ont côtoyé l’univers du hard rock (« Street Fighting Man », « Jumpin’ Jack Flash »), l’univers du reggae et du disco. Ils se sont même essayés au psychédélisme avec l’album de 1967 « Satanic Majestic Tour ». Dès le départ, ils ont su moderniser le son des chansons de blues en y intégrant des sonorités différentes. Ce fut le rôle de Brian Jones jusqu’à son départ, en 1969, du groupe. Brian Jones, qui s’intéressait aux instruments de musique non-européens ou rares, est à l’origine du riff de sitar sur le morceau “Paint it Black”. Ce morceau reprend également la logique rythmique du Boléro de Maurice Ravel. 

    Le morceau “Miss You” de l’album « Some Girls » est un hit disco tout en intégrant un phrasé qui pourrait être assimilé à du rap. Des chansons des albums « Black and Blue » ou « Dirty work » comprennent des morceaux de reggae. 

    Sur le plan de la technologie, les Stones ont été un des premiers groupes en 1995 à créer sur CD-Rom un jeu vidéo à leur gloire. Ils ont accepté que leur musique serve de bande-son à l’un des jeux vidéo « Call of Duty ». En matière de diffusion en ligne de leurs morceaux et de leurs vidéos, les Stones n’ont pas hésité à la différence d’autres groupes comme AC/DC qui ont été plus réticents. Avec leur équipe, les Stones diffusent en permanence des informations sur les réseaux que ce soit sur YouTube, Facebook, X (Twitter), Instagram et Tik Tok. Chaque jour ou presque des photos ou des vidéos sont communiquées. 

    The show must go on 

    Plus de soixante ans après leur naissance, les Stones ont opté pour une stratégie de communication décalée pour lancer leur nouvel album, « Hackney Diamonds ». Ils ont publié une publicité pour la société « Hackney Diamonds Glass Repair » dans un exemplaire du journal local gratuit Hackney Gazette du 23 août 2023 à Londres. Ce journal papier est diffusé au sein d’un quartier modeste de la capitale britannique. « Hackney Diamonds » est le terme d’argot local désignant les morceaux de verre brisés trouvés au bord de la route. La publicité comportait trois références à des chansons des Rolling Stones (« Satisfaction », « Shattered » et « Gimme Shelter ») et le fameux logo remplaçait le point d’un « i ». La publicité annonçait la mise en place d’un service de réparation des vitres et invitait les lecteurs à se rendre sur un site qui était géré par Universal Music, la société qui gère le portefeuille musical des Stones.

    La publicité annonçait la mise en place d’un service de réparation des vitres

    Quelques jours plus tard, le groupe a fait projeter des photos du logo sur des monuments ou à proximité de monuments connus de toutes et de tous, notamment la Tour Eiffel à Paris et la porte de Brandebourg à Berlin. La campagne de teasing a donné les résultats escomptés. L’information dans le journal local à Londres a envahi les réseaux sociaux grâce à la sollicitude des millions de fans. 

    De nombreux médias ont effectué des articles et des reportages sur le futur disque et la technique de communication des Stones. Celle-ci a eu pour conséquence de rendre célèbre le journal de Hackney qui a dû faire des tirages supplémentaires de son édition du 23 août. 

    Pour présenter leur nouvel album, Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood ont tenu une conférence de presse animée par l’humoriste américain Jimmy Fallon, depuis le Hackney Empire, une vieille salle de concerts à l’ancienne située dans le quartier londonien de Hackney, conférence de presse diffusée mondialement sur YouTube. 

    Afin de faire durer le plaisir et d’organiser savamment le teasing, seul un morceau « Angry » a été rendu public, l’ensemble de l’album le sera le 20 octobre prochain. Cet album est le premier constitué de morceaux originaux à être réalisé depuis « Bigger Bang » qui est paru en 2005, l’album « Blue and Lonesome » de 2016 ne comprenant que des reprises de blues. 

    Les Stones, du blues et du travail

    La nonchalance stonienne cache un goût forcené pour le travail. Tant pour la composition que pour la préparation des concerts, les membres du groupe passent des heures en studio. Les morceaux sont des compositions qui peuvent mettre des années à émerger. Mick Jagger a dès les débuts du groupe décidé de tout enregistrer. Avec l’aide du directeur musical, Chuck Leavel, il est capable de faire ressurgir une boucle de son, vieille de plusieurs décennies, pour en faire un morceau d’aujourd’hui. Si, pour le mythe, Keith Richards aurait inventé « Satisfaction » en dormant, la vérité serait plus prosaïque. Ils auraient durant plusieurs jours travaillé autour de ce riff qui est devenu légendaire. 

    Les Stones, c’est une entreprise musicale qui ne se limite pas aux membres fondateurs. Depuis la fin des années 1960, le groupe est complété par des musiciens de talents. Ont participé ou participent ainsi à l’aventure Nicky Hopkins, Billy Preston, Chuck Leavel, Lisa Fisher, Bobby Keys, Bernard Fowler, Daryl Jones, Steeve Jordan et bien d’autres. La mort ou le départ de musiciens donnent lieu à leur remplacement. Il en fut ainsi avec Brian Jones remplacé par Mick Taylor puis par Ronnie Wood. Le bassiste d’origine Bill Wyman a été remplacé de son côté par Daryl Jones, le pianiste Ian Steward, surnommé le 6e membre des Stones, par Chuck Leavel. 

    Les Stones sont une entreprise qui, au-delà de leur production, promeuvent d’autres artistes. Ils disposent en 1968 d’un studio d’enregistrement mobile, ils ont permis à Led Zeppelin ou à Deep Purple d’enregistrer plusieurs albums. Ils ont également contribué à populariser le Reggae de Bob Marley. Les fondateurs des Stones, de manière discrète, n’oublient pas non plus de rendre hommage aux bluesmen qui sont à l’origine de leur musique. Ils aident financièrement les plus vieux d’entre eux. Ils ont enregistré en 2016 un album de reprises de morceaux de blues. En 2020, ils ont financé, au profit des bluesmen américains et de leurs familles, la publication d’une compilation « Confessin’ the Blues » où apparaissent dans leur version d’origine les morceaux joués par les Stones. 

    À Datford, Mick Jagger qui en est originaire, finance un centre culturel et musical installé dans son ancien lycée. Il permet chaque année à 450 enfants de pouvoir apprendre un instrument pour un coût raisonnable. La ville consciente de la renommée internationale du groupe a décidé de renommer treize de ses rues du nom de chansons des Rolling Stones. Il est ainsi possible de passer de Satisfaction Street à Angie Mews en passant par Ruby Tuesday Drive. Une plaque a été, par ailleurs, installée sur le quai N°2 de la gare sur lequel se sont rencontrés Mick et Keith. Au mois d’août 2023, des statues représentant les deux leaders des Stones ont été installées en centre-ville.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.09.23

    Nous sommes déjà le vendredi 15 septembre et vous écoutez sur la Radio des Français dans le monde le flash quotidien des expatriés réalisé par le site Lesfrancais.press. Dans vos titres : la libération de Stéphane Jullien, le festival de la fiction à la Rochelle et la convocation d’Eric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République. 

    Le conseiller des Français du Niger a été libéré 

    Arrêté par les forces de sécurité nigériennes le 8 septembre, la France a annoncé ce jeudi que notre compatriote avait pu regagner dans la nuit l’Ambassade de France à Niamey.  « La France se réjouit de la libération de Stéphane Jullien », a déclaré ce matin Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, sans autre précision. Cette affaire est intervenue dans un contexte extrêmement tendu entre Paris et Niamey, depuis le coup d’État militaire du 26 juillet au Niger.

    Stéphane Julien libéré
    Stéphane Julien libéré

    TV5Monde à La Rochelle 

    Le Festival de la fiction est un incontournable de septembre pour découvrir durant 5 jours tous les inédits de la création audiovisuelle de la saison. Une soixantaine de fictions françaises et européennes y sont d’ailleurs présentées lors de séances ouvertes gratuitement au grand public. TV5Monde, la chaîne francophone mondiale, est bien naturellement partenaire de l’événement qui se conclut dimanche. Sur Lesfrancais.press, retrouvez l’interview de Constance Labbé, membre du jury pour cette édition 2023. 

    Constance Labbé
    Constance Labbé

    Le Garde des sceaux devant la Cour de justice de la République

    Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti , sera jugé par la Cour de justice de la République du 6 au 17 novembre, d’après des informations de BFMTV. L’ancienne figure des prétoires, entrée au gouvernement à l’été 2020, est soupçonnée d’avoir profité de sa fonction pour régler des comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat dans deux dossiers.

    C’est tout pour cette semaine, et bien sûr on salue le parcours du XV de France, où que l’on soit on est tous avec les Bleus pour cette Coupe du monde de rugby à domicile ! 

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    © Ed Alcock / M.Y.O.P. 12/4/2021

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • En toute confidence : Damien Regnard, candidat aux élections sénatoriales – Sans Etiquette

    En toute confidence : Damien Regnard, candidat aux élections sénatoriales – Sans Etiquette

    podcast interview politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Sénateur sortant, membre du groupe majoritaire Les Républicains, Damien Regnard est le chef de file de la liste « Servir Ensemble les Français de l’étranger ». Officiellement sans étiquette, il souhaite porter les couleurs du « rassemblement ». En toute confidence, Damien Regnard revient sur son mandat écoulé marqué par le Covid, un mandat aussi passionnant que frustrant. Il évoque également ses priorités pour l’avenir parmi lesquelles le maintien des services consulaires et le renforcement de la diplomatie parlementaire.

    La « couleur du rassemblement »

    Damien Regnard souhaite poursuivre son engagement sous la « couleur du rassemblement ». Pour le sénateur sortant les « 3,5 millions de Français à l’étranger ont des préoccupations qui ne sont pas forcément liées à une problématique politicienne ». Il ajoute que son rôle est avant tout de « défendre et de représenter les Français établis hors de France avant de rentrer dans des querelles politiciennes ».

    Damien Regnard Damien Regnard

    « Un mandat passionnant et frustrant »

    Dans ce podcast, Damien Regnard revient aussi sur son expérience d’élu à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et évoque son mandat de sénateur : « un mandat passionnant et frustrant » nous dit-il. Les deux années Covid ont ainsi limitées les déplacements et ont « obligé à se concentrer sur une monothématique : le droit des Français à l’étranger, y compris la vaccination et le retour sur le territoire. ». Damien Regnard rappelle qu’il avait combattu cette interdiction de revenir en France que prônait alors le gouvernement durant cette période.

    « J’ai des inquiétudes sur l’avenir »

    « J’ai des inquiétudes sur l’avenir » nous confie le candidat à sa réélection. Il craint que les orientations prises n’entraînent à terme une « externalisation des services consulaires » et entend combattre cela. Les différentes crises, qu’elles soient aux portes de l’Europe avec l’Ukraine ou en Afrique dernièrement, obligent aussi à poursuivre et intensifier le « travail de la diplomatie parlementaire ». Au cours de cette interview, Damien Regnard nous donne des exemples.

    « Des passages de relais pour les prochaines générations »

    En conclusion, Damien Regnard fait sienne cette citation du Général de Gaulle : « les grandes choses se font par la valeur des Hommes bien plus que par les textes ». C’est d’ailleurs « dans cet esprit gaulliste, au-dessus des partis et au service des élus des Français de l’étranger et des 3,5 millions de Français à l’étranger » que le candidat souhaite poursuivre son action. Il évoque également l’héritage « de soixante ans de mandature de Sénateurs ». Il partage aussi l’idée que nous sommes « des passages de relais pour les prochaines générations ».

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










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