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  • Surtourisme, qui paie ?

    Surtourisme, qui paie ?

    A Portofino, il est interdit de s’arrêter de marcher car cela bloque la circulation des piétons. Aux Etats-Unis, des quotas s’imposent pour le Grand Canyon. Le Machu Picchu y a recours depuis des années. Bali, Venise, Amsterdam, Barcelone, Marseille, cherchent des moyens pour réguler le tourisme. Rome n’est plus romaine. Rhodes est moins détruite par le feu que par les constructions. Le Mont Blanc comme l’Everest sont menacés. L’écotourisme, de plus en plus en vogue, transforme les sentiers en autoroutes. Pas un recoin n’échappe à la vague. Chacun veut la même chose : profiter de quelque chose d’inédit, de secret, de célèbre. Être seul et rencontrer du monde. Même si 95% des touristes se concentrent sur 5% des lieux, aucun désert n’échappe à la tentation. 

    Le monde est petit. La villégiature, privilège d’aristocrate, est devenu démocratique. Plusieurs solutions existent. La plus simple, comme pour la crise écologique, serait de ramener le nombre d’habitants sur la terre de 8 à moins de 2 milliards, comme au début du XXème siècle. Brigitte Bardot et quelques collapsologues en rêvent. Pas si simple : la Covid l’a démontré, une pandémie n’y suffirait pas. Les humanistes de quelques dictatures qui ont à leur disposition les bombes atomiques pourraient y parvenir. Seule l’espèce humaine est capable de se détruire. 

    L’espérance de vie s’est accrue, en même temps que la richesse par tête, et le tourisme, ce luxe, est devenu de masse

    Autrefois la misère et les famines régulaient la population, dans un malthusianisme presque parfait. Hélas, le capitalisme industriel a multiplié la production agricole, enrichi les laboratoires producteurs de médicaments, purifié l’eau ; l’espérance de vie s’est accrue, la population mondiale a explosé, en même temps que la richesse par tête, et le tourisme, ce luxe, est devenu de masse. 500 millions de touristes, 1000 milliards de dollars. Ce qui donne plus d’éclat et de scandale aux écarts de richesse. Les enfants dénudés courent sur les parkings d’Egypte quêter quelques pièces aux retraités en voyage. 

    Pourquoi un serveur à Marrakech est-il moins payé qu’un serveur à Paris ? Les salaires, les revenus, dans un pays, dépendent de l’échange des « valeurs » dans le pays, de sa compétitivité, sa productivité, par rapport aux autres, qui, en grande partie, se reflètent dans sa monnaie. Les expatriés le savent bien. Eux qui profitent (ou pâtissent) de ces différences de « niveau de vie » et de « taux de change ».

    Il vaut mieux être serveur à New York qu’au Soudan

    D’où la masse provocante, déstabilisatrice, des « Barbares du Nord », pour reprendre la formule rageuse d’un écrivain espagnol, déversant leurs bières sur les plages de la Méditerranée, de Thaïlande, des Maldives, du Mexique, demain du Pôle nord. 

    D’un côté les circuits touristiques, de l’autre les routes des migrants. C’est le même principe, l’écart de productivité globale, qui explique qu’il vaut mieux être serveur à New York qu’au Soudan, et que le Soudanais cherche à venir à Paris.  Le maire de New York, s’il n’a pas imposé des quotas pour les touristes, en a imposé pour les migrants, qu’il parque. 

    Tout le monde veut attirer les touristes ; personne ne veut attirer les migrants. Les touristes repartent, les migrants restent. Les touristes paient, les migrants coûtent.

    Les touristes coûtent plus qu’il n’y paraît 

    Est-ce si sûr ? Les migrants rapportent plus qu’on ne croit, sinon on n’en ferait pas venir pour les vendanges, les touristes coûtent plus qu’il n’y paraît.

    Le surtourisme abîme. Il faut des équipements, stations d’épuration, centrales électriques, déchets. Il y a des « externalités » invisibles, puis très visibles, dans la destruction des sites, à force de fréquentation. De la mer à la biodiversité, des montagnes aux savanes, les « biens communs » du paysage appartiennent à tous, chacun peut en disposer, croit-on. On arrive, par excès d’usage, excès d’appropriation « gratuite », à la surexploitation, à un détournement de la ressource. Ce que l’on appelle la « tragédie des biens communs ». Ce qui est à tout le monde, n’étant à personne, est surexploité.

    Payer dix euros le droit d’entrer sauvera-t-il Venise de son lent naufrage ? 50 euros ? Augmenter le prix pour supporter les coûts de réparation et de protection? Pour répondre à la « tragédie des biens communs », faut-il les faire payer, les privatiser (la propriété protège, encore faut-il définir la propriété, droit d’usage ou de gestion, comme les droits de pêche, par exemple) ? Faut-il les nationaliser (l’Etat peut limiter, interdire, taxer) ?

    Surtourisme
    De nombreux sites subissent des dommages à cause du surtourisme.

    A qui appartient la plage, la vue sur la mer, le désert de la mort, la baie de Naples ?

    A qui appartient la plage, la vue sur la mer, le désert de la mort, la baie de Naples ? La Joconde est vue par des millions de selfistes qui lui tournent le dos, elle n’est plus regardée par personne.

    Le tourisme, désormais le surtourisme, est une maladie mondiale de la richesse, de la curiosité, de l’instinct grégaire, autant que du désir d’apprendre, de recherche de beauté, d’étrangeté. 

    Si tout le monde veut admirer la Joconde, ou le Grand Canyon, pourquoi ne pas faire payer la visite à son juste prix, comme un match de foot, une finale des J.O. à Paris ? Pourquoi ne pas induire, dans la chaîne du tourisme, le surcoût externe ? Ce surcoût (taxes d’hôtels, taxes sur les billets d’avion, augmentation des prix) ne revient pas aux endroits qui doivent être protégés. Généralement, il se fond dans les caisses de l’Etat. 

    D’où l’intérêt d’une gestion la plus locale possible. Les taxes locales, que paient les croisiéristes, protègent-ils la mer ? Les milliardaires inscrits pour le tourisme spatial ne voyagent-ils pas dans l’espace, « bien commun » par excellence ? Mais que vaut la connaissance technique, pour y aller ? Est-elle un bien commun ? A l’évidence, le savoir est un bien commun à l’humanité. Mais la recherche ? L’accès à la connaissance, la technologie, ont-ils un coût, sont-ils gratuits ?

    Pourquoi la Joconde ne financerait-elle pas la culture, l’accès à la plage et sa propreté ? 

    Si aller dans l’espace est un luxe qui finance l’industrie spatiale, pourquoi la Joconde ne financerait-elle pas la culture, l’accès à la plage et sa propreté ? Si l’on conçoit que les stewards et contrôleurs de train ne paient pas leurs voyages, pourquoi ne pas considérer les « locaux » comme des abonnés, avec un prix d’accès à la plage, à la montagne, différent, voire gratuit ? Les Vénitiens ne paient pas l’accès à Venise. 

    Comment réguler l’excès, fixer le juste prix ? Personne n’a rien trouvé de mieux que le marché. Prix d’accès à la bande passante d’internet comme à la Lune, à la croisière sur le Mékong comme à la profondeur de l’océan, où la mort de touristes dans un sous-marin a plus ému le monde que les migrants naufragés de Méditerranée.

    Faire en sorte que le « bénéfice touristique » aille au lieu choisi

    Si Venise est une merveille, c’est que des marchands et des banquiers sont allés jusqu’en Chine. Pour que le tourisme ne soit pas un fléau mondial, destructeur, il faut penser à « financiariser » le « bien commun » local. Faire en sorte que le « bénéfice touristique » aille au lieu choisi, à ceux qui en ont la charge, le protègent, le valorisent.

  • Moyen-Orient, terre de contrastes 

    Moyen-Orient, terre de contrastes 

    Avec un prix du pétrole élevé, ces dernières années, les États du Moyen-Orient engrangent des milliers de milliards de dollars de recettes. Afin de préparer la fin des énergies carbonées et réorienter leur économie, ces pays investissent des sommes importantes. Plus de 3 500 milliards de dollars auraient été investis ces cinq dernières années pour la création de nouvelles villes, pour des projets dans les énergies renouvelables ou dans les systèmes d’intelligence artificielle, et pour l’achat d’entreprises sur les marchés de capitaux.

    Conscients de la force, peut-être éphémère, que leur procure le pétrole, les pays de l’OPEP révisent leur politique étrangère. L’Arabie saoudite se rapproche de l’Iran après avoir été en rivalité ouverte depuis l’arrivée des Mollahs au pouvoir en 1979 à Téhéran. Les guerres civiles en Syrie et au Yémen sont moins prégnantes et passent au second plan par rapport aux intérêts économiques. Les relations avec Israël se normalisent. Après l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et le Bahreïn qui ont reconnu Israël, l’Arabie saoudite envisagerait également de le faire.

    Le Moyen-Orient : 6 % de la population mondiale, 46 % des exportations de pétrole

    L’influence mondiale de la région augmente avec, en fil rouge, une indépendance de plus en plus marquée à l’égard de l’OCDE et en particulier des États-Unis. L’accord de régulation de la production du pétrole mis en place en 2016 entre la Russie et l’OPEP a ainsi été maintenu malgré la guerre en Ukraine. Le Moyen-Orient représente 6 % de la population mondiale mais assure plus de 46 % des exportations de pétrole et plus de 30 % de celles de gaz liquéfié.

    Les embargos pesant sur les hydrocarbures russes ont accru l’influence des pays du Golfe. Grâce à leur situation géographique, 30 % de l’ensemble du commerce des conteneurs et 16 % du fret aérien transitent par la région. Avec 3 000 milliards de dollars d’actifs, leurs fonds souverains sont parmi les plus importants au monde.

    La région devient un pôle économique attractif. Sans prendre en compte les activités pétrolières, la croissance annuelle de l’économie régionale dépasse 4%. Les investissements multinationaux transfrontaliers sont en hausse. Le niveau de vie des 500 millions d’habitants du Moyen-Orient augmente, permettant l’émergence d’une large classe moyenne.

    Moyen-Orient Le Moyen-Orient assure plus de 46 % des exportations de pétrole

    Des liens économiques de plus en plus importants avec la Chine, l’Inde et la Russie.

    Les pays du Moyen-Orient ont développé des liens économiques de plus en plus importants avec la Chine, l’Inde et la Russie. Plus du quart des exportations de biens sont destinés vers ces pays, contre 12 % pour les États-Unis et l’Europe. Cette réorientation s’effectue sur fond de défiance à l’encontre des démocraties accusées de vouloir imposer leur modèle politique et leur vision des droits de l’Homme.

    L’échec des révolutions démocratiques du début des années 2010 a laissé des traces. Les gouvernements du Moyen-Orient mettent désormais l’accent sur le développement économique et sur la souveraineté nationale. Les Émirats arabes unis sont devenus le symbole de la réussite économique dans cette région.

    Même si les valeurs occidentales sont récusées, des évolutions sont constatées au sein des pays du Moyen-Orient. De plus en plus de femmes travaillent dans le Golfe. En Arabie saoudite, ces dernières ont le droit de conduire depuis 2018. Les touristes sont bienvenus dans la grande majorité des État. Les Israéliens sont de plus en plus nombreux à s’y rendre.

    Hautes tensions

    Le Moyen-Orient reste néanmoins une région à haute tension, confrontée au réchauffement climatique, au manque d’eau, aux rivalités géopolitiques avec, en arrière-fond, la prolifération de l’arme nucléaire. Les régimes autoritaires sont également confrontés aux aspirations des populations de mieux en mieux formées et acceptant de moins en moins les inégalités importantes et les contraintes imposées par les pouvoirs publics.

    Les deux dernières décennies ont été marquées par une guerre civile en Irak après l’invasion américaine. L’émergence de Daech et de l’État islamique a eu des répercussions mondiales avec une vague d’attentats sans précédent. En Syrie, Bachar el-Assad a mené une répression sans précédent en ayant recours à des armes chimiques. Depuis 2011, cette guerre civile aurait occasionné la mort de 400 000 personnes sachant que ce pays compte 21 millions d’habitants. 5 millions de Syriens auraient fui leur pays et environ 10 millions vivraient dans des conditions déplorables.

    L’Iran malgré l’amélioration des relations avec l’Arabie saoudite demeure pour de nombreux États de la région un sujet d’inquiétude majeur. Sur le point de détenir l’arme nucléaire, le régime des Mollahs est craint en raison de ses tentations hégémoniques que ce soit au Liban ou au Yémen. L’Iran demeure au banc des États fréquentables en étant soumis à un sévère embargo de la part des Occidentaux.

    Le réchauffement climatique menace les économies du Moyen-Orient. Dans cette région, l’une des plus chaudes et sèches de la planète, la production agricole subit de plein fouet l’élévation des températures et la raréfaction de l’eau. Les dépenses en investissements pour adapter les pays de cette région au changement climatique et pour réaliser la décarbonation sont coûteux.

    Une terre de profondes inégalités

    Le Moyen-Orient est une terre de profondes inégalités. Des États riches comme Israël, les Émirats arabes unis ou le Qatar, cohabitent avec des pays pauvres comme l’Égypte ou le Liban. Les pays du Golfe et Israël ne représentent que 14 % de la population mais 60 % du PIB, 73 % des exportations de marchandises et 75 % des investissements multinationaux entrants de la région. À l’exception d’Israël, les inégalités à l’intérieur des États sont importantes. Les 10 % les plus riches au Moyen-Orient reçoivent 64 % de la richesse régionale, contre 37 % dans l’Union européenne, 47 % aux États-Unis, 55 % au Brésil et 62 % en Afrique du Sud. La part du revenu total détenue par les 1 % les plus riches est de 27 % au Proche-Orient, contre 12 % au sein de l’Union européenne et 20 % aux États-Unis.

    Les travailleurs immigrés qui peuvent représenter jusqu’à 60 % de la population des pays de la région disposent en moyenne de faibles revenus. Le taux de pauvreté est de 32 % en Irak ou en Égypte, de 20 % aux Émirats arabes unis et de 18 % en Iran, contre 14 % en France. Il n’est en revanche que de 12 % en Arabie saoudite.

  • Nucléaire : la Russie, la France et l’UE sur une ligne de crête

    Nucléaire : la Russie, la France et l’UE sur une ligne de crête

    En 2022, les importations européennes de « produits de l’industrie nucléaire russe » pesaient 720 millions d’euros – soit 22 % de plus qu’en 2021, selon les données d’Eurostat, reprises par le think tank européen basé en Pologne, Forum Energii, dans un article publié le 5 septembre.

    Par « produits de l’industrie nucléaire russe », le groupe de réflexion englobe les combustibles nucléaires (naturel, enrichi, usés, etc.), leurs composés et les pièces pour les réacteurs nucléaires identifiés par Eurostat.

    En tête des importateurs, la France reprend son rythme de croisière avec 359 millions d’euros d’importations en 2022, soit un bond de plus de 250 % par rapport à 2021.

    Selon le think tank, les achats français se concentrent principalement sur le combustible recyclé, sans empêcher des accords plus globaux sur la maintenance ou les systèmes de gestion.

    En d’autres termes, « la coopération entre les deux pays est très étroite ». Forum Energii avance que cette situation soutiendrait « la stratégie russe visant à renforcer la dépendance de l’UE à l’égard de la Russie ».

    L’UE dépendante ?

    Teva Meyer, spécialiste du nucléaire civil à l’Université de Haute-Alsace, temporise.

    Il explique à Euractiv France que les montants des importations de produits russes doivent être « lissés sur plusieurs années, car il y a beaucoup de fluctuations ».

    En 2020 par exemple, la France n’a importé que 145 000 euros de produits nucléaires russes, relève Forum Energii. Sur les 13 dernières années, la moyenne se situe autour de 195 millions d’euros par an.

    Les conclusions du think tank polonais font toutefois écho à celles de Greenpeace.

    Dans un rapport publié en mars, l’ONG considère aussi les importations françaises d’uranium enrichi russe comme constitutives d’une forme de dépendance.

    Remontée contre ces accusations, la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN) avait répondu que « la France est l’un des seuls pays du monde à disposer sur son sol d’une chaîne complète (conversion, enrichissement, assemblage) pour fabriquer son combustible nucléaire ».

    L’hexagone dispose en effet d’une usine d’enrichissement dont Orano, le propriétaire, souhaite augmenter d’un tiers les capacités d’ici à 2028.

    Bien qu’importateur de combustible enrichi russe, la France ne serait donc pas sous « l’emprise » de la Russie de Vladimir Poutine, concluait la SFEN.

    Et les voies de transit ?

    Surtout, Greenpeace dénonce les voies de transit par la Russie de l’uranium naturel kazakh. Cette ressource représentait, en 2021, près d’un quart des besoins de l’UE.

    L’ONG relève bien d’autres alternatives existantes. Une route par la mer noire par exemple, ou encore une autre depuis la Chine —  Route de Transport International Transcaspienne — dont le potentiel pourrait s’améliorer.

    Néanmoins, ces voies de transit « pourraient être entravées par l’évolution constante de la situation » avec la Russie, relève l’Agence d’approvisionnement du traité européen Euratom (ESA), citée dans le rapport de Greenpeace.

    Aussi, « en cas d’urgence, l’avion pourrait être un moyen de transport possible, car l’uranium est peu volumique », explique Valérie Faudon, directrice générale de la SFEN, à Euractiv France.

    Malgré ces alternatives, la route vers la Russie reste la plus courte et la moins chère. Autant d’avantages qu’offre le pays des Tsars à ses partenaires commerciaux européens.

    Outre le gaz et le pétrole, le combustible nucléaire russe est indispensable pour une partie des pays d’Europe de l’Est et du centre — Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Bulgarie. Tous exploitent des réacteurs nucléaires de conception russe ou soviétique.

    Envers ces pays, et en particulier la Hongrie, « la Russie […] poursuit une politique de carotte et de bâton », note Forum Energii.

    « La carotte est constituée de contrats préférentiels […] afin de les rendre davantage dépendants des matières premières russes et d’approfondir les relations énergétiques et politiques », explique-t-il.

    Nucléaire De gauche à droite : Alexander DE CROO (Premier ministre, Belgique), Emmanuel MACRON (Président de la République, France), Viktor ORBÁN (Premier ministre, Hongrie), Xavier BETTEL (Premier ministre, Luxembourg), Ursula VON DER LEYEN (Présidente de la Commission européenne), au conseil européen, juin 2023. [Conseil de l’UE]

    L’Europe en marche

    Mais les Européens ne restent pas les bras ballants.

    La République tchèque et la Bulgarie diversifient leurs fournisseurs de combustibles. La Suède, premier acheteur d’uranium enrichi russe en 2021, a réduit à néant ses achats.

    La Finlande, elle, ne veut plus de nouveaux réacteurs russes.

    En Hongrie, le gouvernement et le nucléariste français Framatome ont signé mi-septembre un accord de coopération de long terme pour la fourniture de combustible. Cependant, la Hongrie entretient son étroite relation avec la Russie.

    Par conséquent, chaque train de sanction européenne contre la Russie se heurte au refus du Premier ministre magyar, Viktor Orbán.

    Rien qui n’empêche toutefois la Russie de menacer l’UE d’un arrêt des fournitures.

    À court terme, la situation serait gérable et « n’aurait pas de conséquences immédiates graves pour l’industrie énergétique de l’UE », note Forum Energii. La France, notamment, dispose de quelques années de réserves d’uranium et de combustible.

    En revanche, sur le moyen et long terme, la situation pourrait être différente si aucune piste alternative n’est rapidement explorée.

    « L’idée a pu s’installer d’un marché dépourvu de tensions, retardant d’autant la prise de conscience de la place prise par Moscou », note l’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques qui travaille avec le ministère français des Armées, dans un rapport publié en juillet.

    La situation inquiète d’autant plus que l’UE connaît un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire.

    Sanctions

    Véto hongrois, situation difficile à moyen et long terme… Dans ces conditions, l’UE n’envisage toujours pas de sanctionner les importations de produits nucléaires russes. Les discussions ont un temps existé, sans être traduites dans le 11e paquet de sanctions validé en juillet.

    Pour le moment, la Commission européenne n’a pas formellement proposé de 12e train de sanction, nous apprend une source Bruxelloise. Difficile, dans ces conditions, d’envisager une introduction de matières liées à l’industrie nucléaire.

    Et tout compte fait, « le but d’une sanction est de pénaliser davantage la partie adverse que soi-même », rappelle à Euractiv France Maxence Cordiez, Responsable des affaires publiques européennes au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

    Moins compliquée pour la France, « la situation est plus délicate pour les pays d’Europe de l’Est, qui exploitent des réacteurs soviétiques ou russes, et pour les pays occidentaux de manière plus générale, de par leur dépendance aux services d’enrichissement russes », complète-t-il.

    Selon nos informations, plutôt que des sanctions, l’idée infuserait dans l’industrie nucléaire de mettre en place des objectifs long terme visant à rendre l’UE moins dépendante de la Russie sur ses besoins en services et produits nucléaires.

    Des sortes de quotas dégressifs, à la manière de ce que font les États-Unis depuis les années 1990.

    D’ici que l’UE se passe tout ou en partie des ressources russes, le maintien d’un statu quo « est défavorable à l’UE et accroît sa vulnérabilité au chantage de la Russie », concluent les chercheurs du Forum Energii.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.09.23

    Nous sommes le mardi 19 septembre 2023, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés, aujourd’hui, on revient sur la campagne de recrutement de l’AEFE qui se termine à la fin du mois, sur le G77 qui s’est conclu ce dimanche avant de vous alerter sur la disparition de certains comptes Gmail le 1er décembre.

    Vous avez la fibre pédagogique ? 

    Si oui vous avez jusqu’au 28 septembre 2023 pour candidater sur des postes d’encadrement et de formation à l’AEFE. Des possibilités existent aussi dans le réseau culturel. Actuellement le réseau recherche des détachés sur missions d’encadrement comme chefs/cheffes d’établissement et adjoints, des DAF, ACS ou secrétaires généraux, des directeurs/directrices d’école et des inspecteurs/inspectrices du premier degré. Tous les détails sur le site Lesfrancais.press ou sur celui de l’AEFE.

    Rentrée 2023
    Rentrée 2023

    Un G77 très chinois 

    Le G77, fondé en 1964, est composé de 134 pays membres qui représentent plus de 80% de la population mondiale. Les pays du G77 se situent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Tous ont été représentés au sommet qui vient de se conclure à la Havane sur l’île de Cuba. La Chine participait à ce sommet comme acteur externe. Son représentant, Li Xi, membre du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, a insisté dans son allocution sur l’importance de la « coopération Sud-Sud », alors que plusieurs orateurs ont évoqué les inégalités mondiales mises au jour par la pandémie de Covid-19 et la nécessité de réduire la dette des pays les plus pauvres pour financer la transition climatique.

    G77
    G77

    Au 1er décembre, Google procédera à une suppression de certains comptes Gmail

    Cette initiative est venue d’un changement dans la politique de Google, concernant les comptes «inactifs». C’est-à-dire ceux qui n’ont pas été utilisés depuis deux ans. De ce fait, les comptes principaux ne sont pas en tête de liste. Pas de panique a priori. Cependant, un compte secondaire n’impliquant pas le besoin de se connecter souvent, qui pouvait stocker de vieilles données ou qui était utilisé pour s’inscrire à des newsletters, serait concerné. Soyez attentif ! 

    C’est tout pour aujourd’hui. Passez un bon mardi où que vous soyez ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Plus que quelques jours pour postuler à l’AEFE 

    Plus que quelques jours pour postuler à l’AEFE 

    Vous avez jusqu’au 28 septembre 2023 pour candidater sur des postes d’encadrement et de formation à l’AEFE. Des possibilités existent aussi dans le réseau culturel. A l’AEFE, voici la liste des postes, les modalités de candidatures et les attendus.

    Il existe deux grandes campagnes de recrutement annuelles à destination de titulaires de la fonction publique française souhaitant être détachés auprès de l’AEFE pour exercer à l’étranger : l’une s’ouvre en septembre, l’autre en décembre/janvier.

    Des campagnes pour des missions déterminées 

    Une première campagne de recrutement en septembre pour les personnels de détachés AEFE sur missions d’encadrements ou de formation. 

    Les détachés sur missions d’encadrement sont des chefs/cheffes d’établissement et adjoints, des DAF, ACS ou secrétaires généraux, des directeurs/directrices d’écoles et des inspecteurs/inspectrices du premier degré.

    Voir la rubrique « Recrutement des détachés sur missions d’encadrement ». Les pages Personnels de direction,  Personnels administratifs et financiers,  Directeurs ou directrices d’école,  Inspectrices ou inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN) permettent de connaître les attendus des différents types de postes, les conditions et modalités de candidatures ainsi que les postes à pourvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    Campagne de recrutement de l'AEFE Campagne de recrutement de l’AEFE

    Les détachés sur missions de formation sont des maîtres formateurs et conseillers/conseillères pédagogiques dans le 1er degré ainsi que des enseignants du second degré ayant des compétences de formation et animation pédagogiques auprès de leurs pairs.

    Voir la rubrique « Recrutement des détachés sur missions de formation ». Les pages Enseignants formateurs du premier degré et Enseignants formateurs du second degré présentent les attendus de ces postes, les conditions et modalités de candidatures ainsi que les postes à pourvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    En décembre/janvier, une campagne pour les personnels de détachés AEFE sur missions d’enseignements et d’éducation. 

    Les détachés sur missions d’enseignement, d’éducation et d’administration sont des enseignants du premier degré et du second degré, des CPE et psychologues de l’éducation nationale ainsi que quelques personnels administratifs.

    Consulter la rubrique « Recrutement des détachés sur missions d’enseignement, d’éducation et d’administration », avec ses pages d’information et la liste des postes à pouvoir quand la campagne de recrutement est ouverte.

    Les postes encore ouverts 

    L’AEFE recherche, en ce mois de septembre, des personnels qui seront détachés auprès d’elle pour des missions d’encadrement et des missions de formation. Ces derniers prendront leur poste à partir de la rentrée 2024.

    En ce qui concerne les missions de formation, l’AEFE recrute pour des postes d’enseignants formateurs de premier degré (école maternelle et élémentaire) et de second degré (collège et lycée).

    Voilà la liste de tous les postes et les liens pour découvrir la fiche de mission : 

    Le personnel de direction : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/personnels-de-direction

    Le personnel administratif : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/personnels-administratifs-et

    Les postes de direction : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/directeurs-ou-directrices-decole

    Les postes d’inspecteurs de l’Éducation nationale : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-dencadrement/inspectrices-ou-inspecteurs-de.

    Les postes de formateurs du second degré : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-de-formation/enseignants-formateurs-du-second-degre.

    Les postes de formateurs du premier degré : https://www.aefe.fr/personnels/recrutement-des-detaches-sur-missions-de-formation/enseignants-formateurs-du-premier.

  • Les nouvelles routes de la soie, dix ans après

    Les nouvelles routes de la soie, dix ans après

    En 2013, le président chinois, Xi Jinping, posait les bases des nouvelles routes de la soie. La présentation de ce projet s’est effectuée en plusieurs temps. Ce projet visait à redonner vie à un ancien réseau de routes commerciales reliant la Chine à l’Asie centrale, au Moyen-Orient, à l’Afrique et à l’Europe, routes qui dataient de l’Antiquité.

    Surnommée le « projet du siècle » par Xi Jinping, la reconstitution de ce réseau avait vocation à sécuriser l’approvisionnement en matières premières, énergie et en produits agricoles de la Chine et à faciliter l’acheminement des exportations. Il s’est mué également en outil d’influence géopolitique. Le projet a débouché sur la création de véritables comptoirs. Des ports et des aéroports sont construits ou achetés. Des routes ont été modernisées.

    Plus de cinquante pays

    En 2017, face aux critiques émanant de nombreux gouvernements, le Président chinois a remanié le projet en lui substituant au nom « One Belt, One Road » (« une ceinture, une route »), le nom moins exclusif « Belt and Road Initiative » (BRI). À travers ce projet, les Chinois sont accusés d’hégémonisme en prenant le contrôle de secteurs clefs au sein de nombreux pays. Les Occidentaux qui dans un premier temps n’avaient pas réagi à cette initiative s’y opposent de plus en plus ouvertement.

    Dix ans après sa naissance, le programme BRI est un réel succès. Plus de 50 pays y ont adhéré, pays qui représentent près de 75 % de la population et du PIB mondial.

    Avec cette initiative, la Chine a distribué des centaines de milliards de dollars en prêts et subventions pour les chemins de fer, les routes et d’autres infrastructures. La Chine affirme avoir été à l’origine de la création de 420 000 emplois grâce au BRI. Elle souligne que par son initiative 40 millions de personnes seraient sorties de la pauvreté. Les États membres se situent sur la quasi-totalité des continents. Dix-huit des 27 membres de l’Union européenne ont adhéré au BRI. Les principaux bénéficiaires européens sont la Grèce, la Hongrie, l’Estonie et le Portugal. En 2016, la Grèce, au bord de la banqueroute, avait décidé de privatiser des entreprises publiques. Elle a ainsi accepté de vendre à la société chinoise Cosco une participation de 51 % dans l’ensemble de l’installation portuaire du Pirée. Ce port se classe désormais parmi les quarante plus grands ports mondiaux quand il se situait, en 2016, au 93e rang. Depuis l’arrivée de l’entreprise chinoise, la capacité de manutention des conteneurs au Pirée a plus que quadruplé.

    Un outil géopolitique et de soutien aux pays en développement

    La Chine se pose en modèle concurrent des États occidentaux auprès des pays en développement et émergents. À la recherche de soutien notamment dans les organisations internationales, elle n’a pas hésité, dans les années 2010, à financer un nombre important de grands projets d’infrastructures en Afrique comme en Asie.

    Elle n’hésite pas non plus à faire pression sur les États aidés pour faciliter la nomination de Chinois ou de personnalités capables de défendre ses intérêts au sein des organisations internationales. Les autorités chinoises mettent en avant qu’elles ne demandent, à la différence des Occidentaux, aucune contrepartie en matière de transparence financière ou de Droits de l’Homme. La Chine s’est ainsi constitué un réseau d’États susceptibles de l’épauler face aux États-Unis. Avec le BRI, en dix ans, la Chine est devenue le plus grand créancier des pays en développement.

    La présence de la Chine s’est fortement accrue en Afrique, remplaçant les anciennes puissances coloniales, la France et le Royaume-Uni. Les entreprises chinoises ont ainsi réalisé d’importantes infrastructures ferroviaires ou portuaires au profit d’États d’Afrique subsaharienne. Les pays émergents et en développement se sont davantage tournés vers la Chine en raison des difficultés croissantes d’accéder aux crédits occidentaux.

    Les banques européennes et américaines sont devenues, en raison des réglementations adoptées au sein de l’OCDE, plus strictes en matière d’octroi de crédits (lutte contre la corruption). Par ailleurs, les promesses du FMI ou de la Banque mondiale de venir en aide aux pays pauvres restent souvent lettre morte incitant ces derniers à se tourner vers d’autres États ou organisations.

    Route de la soie  La Chine est de plus en plus préoccupée par sa sécurité économique

    L’Asie au cœur des priorités chinoises

    Allié traditionnel de la Chine, le Pakistan a bénéficié de 60 milliards de dollars d’aides de de cette dernière pour moderniser ses centrales électriques et ses routes. Connu sous le nom de Corridor économique Chine-Pakistan (Cpec), l’objectif était de favoriser les échanges entre les deux pays. Les retombées économiques ont été faibles en raison, notamment, de la multiplication des conflits politiques et sociaux au Pakistan.

    Confronté à un problème de remboursement des dettes accumulées, le Pakistan a fini par se tourner vers le FMI pour obtenir de l’aide. La Chine n’abandonne néanmoins pas ce pays qui est jugé comme stratégique.

    La Chine entend de plus en plus à sécuriser la zone asiatique tend à limiter à la fois l’influence des États-Unis mais aussi celle de l’Inde, son concurrent traditionnel tant géographique que politique.

    Dans un contexte de tensions croissantes avec l’Occident, la Chine est de plus en plus préoccupée par sa sécurité économique. En Asie, l’hégémonisme chinoise commence à faire débat. Que ce soit au Vietnam, au Laos ou au Cambodge, les populations sont de plus en plus méfiantes face à la montée en puissance des entreprises chinoises. Le Laos est confronté au remboursement d’une dette de plus de 10,5 milliards de dollars dont la moitié est d’origine chinoise. L’année dernière, faute de réserves de changes suffisantes, le pays a été incapable d’acheter le pétrole dont il avait besoin. Le pays est au bord du défaut de paiement. Face à cette situation, la Chine a accepté le report des remboursements. Elle a, par ailleurs, décidé de privilégier la Thaïlande ou la Malaisie mais les gouvernements de ces deux pays sont moins coopératifs que celui du Laos.

    La Chine confrontée au problème de l’endettement des pays en développement

    Depuis quelques années, la Chine est confrontée aux non-paiements des dettes de la part des pays les plus pauvres. Jusqu’à une date récente, elle refusait de participer au Club de Paris qui réunit les créanciers des États en difficulté. Ce club propose de manière coordonnée des plans de rééchelonnement ou d’annulation des dettes. La Chine privilégie les relations bilatérales. Face aux risques de non-paiements des créances, les autorités chinoises cherchent soit à acquérir les infrastructures dont elles sont à l’origine, soit d’imposer des règles de gestion afin d’obtenir de meilleurs rendements, soit d’imposer des plans de redressement directement aux gouvernements concernés. Cette pratique aggrave bien souvent la situation des pays endettés.

    Le FMI plafonne souvent les taux à 2 %, les Chinois appliquent 5 %.

    Entre 2016 et 2021, les autorités chinoises ont accordé 185 milliards de dollars de prêts de sauvetage. Si en 2010, moins de 5 % des prêts chinois à l’étranger concernaient des États en difficulté, ce ratio atteint, en 2022, 60 %. Les banques chinoises concèdent peu de remises à ces États. Le FMI plafonne souvent les taux à 2 % pour les pays les plus pauvres ayant des problèmes financiers, quand, en moyenne, les Chinois appliquent des taux de 5 %. En juin 2023, pour la première fois, la Chine a accepté de se joindre aux créanciers occidentaux pour établir un accord avec la Zambie de restructuration de sa dette, dont une grande partie est due à la Chine. Depuis quelques années, face aux risques de défaut de paiement, la Chine prête avec plus de parcimonie aux pays en développement.

    En 2020, les nouveaux prêts de la Chine aux gouvernements africains s’élevaient à moins de 2 milliards de dollars. Il s’agit du montant le plus bas depuis 2004. Les banques chinoises sont beaucoup plus prudentes en raison notamment des difficultés des banques sur le plan intérieur. Xi Jinping souhaite orienter le BRI vers des projets moins coûteux mais plus utiles sur le long terme. Il évoque de plus en plus une « Route de la Soie numérique » axée sur des secteurs tels que l’intelligence artificielle, les télécommunications et le Cloud.

    Route de la soieOne Belt, One Road

    Les Occidentaux de plus en plus critiques face à la Route de la Soie

    Pour le dixième anniversaire de la Nouvelle Route de la Soie, les Occidentaux ont décidé de boycotter le Forum qui doit se tenir à Pékin en octobre. En revanche, Vladimir Poutine sera présent. À cette occasion, le Président chinois devrait vendre un modèle de développement alternatif à celui des démocraties occidentales. L’Italie qui était le seul pays membre de l’OCDE et du G7 a participé au BRI a annoncé, par l’intermédiaire de son vice-Premier ministre, Antonio Tajani, que son pays pourrait s’en retirer.

    La Route de la Soie devient de plus en plus une des expressions de la fragmentation du monde avec, d’un côté, les pays émergents et en développement rassemblés autour de la Chine et, de l’autre côté, l’OCDE. Au G20, cette division s’est notamment matérialisée par le refus de la majorité des États présents de dénoncer nommément la Russie comme l’agresseur de l’Ukraine. En 2013, la nouvelle route de la soie n’est pas perçue comme un outil de la géopolitique de la Chine. La réaction de la part des Occidentaux intervient en 2017 avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump qui déclenche une guerre commerciale contre la Chine. L’Union européenne, avec prudence, prend position en 2021 en qualifiant la Chine de « rival systémique ». Avant cela, les Grecs ont commencé à prendre leurs distances avec la Chine.

    L’Union européenne a décidé de renforcer le contrôle des investissements étrangers pour détecter d’éventuels risques de sécurité. En 2023, les projets chinois sont rares. Demeure la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre la Hongrie et la Serbie. Les Chinois espèrent pouvoir la poursuivre afin de relier, à terme, le port du Pirée, mais la Macédoine du Nord et la Grèce ne sont guère enclins à satisfaire leurs désirs.

    Un projet revu et corrigé

    Les nouvelles routes de la soie pourraient être placées, dans les prochaines années, au second plan en raison de la multiplication des problèmes auxquels est confrontée la Chine. La crise immobilière nécessite une mobilisation des capitaux chinois. Les plans de relance mobilisent une part croissante du budget et des crédits possibles. L’objectif des autorités est d’éviter la déflation et de maintenir un minimum de croissance. La transition énergétique, elle aussi, n’est pas sans conséquence sur le programme BRI. La réalisation d’infrastructures en Chine mobilise des moyens croissants.

    Pour éviter d’éventuelles sanctions internationales, la Chine entend éviter d’être pointée comme responsable du réchauffement climatique en finançant des centrales électriques au charbon que les pays en développement prévoient en raison de leur faible coût de construction. Les autorités chinoises ne souhaitent pas abandonner le BRI mais le réorienter vers la haute technologie. Elles veulent dépenser moins et obtenir un meilleur rendement des sommes qui y sont affectées.

  • CEDRE France, l’allié scolarité en français 

    CEDRE France, l’allié scolarité en français 

    La crise engendrée par la COVID‑19 a amené des millions d’enseignants et d’élèves à découvrir leurs cours et leurs formations via des dispositifs en ligne. En très peu de temps, les professeurs ont dû trouver des solutions afin de diffuser de la matière, faire réaliser des exercices et accompagner leurs étudiants à distance. Désormais, corps professoral comme élèves sont rodés à ce type d’apprentissage. Au micro de La radio des Français dans le monde, nous recevons Marie Laure Le Lourec, directrice de CEDRE France qui nous parle du maintien du français en expatriation ou de l’anglais lors du retour en France.

    L’enseignement à distance : le bon plan pour les expatriés

    S’expatrier pour une durée plus ou moins longue, alors que l’on a des enfants, pose forcément la question de l’éducation scolaire. Selon l’âge des enfants, selon le lieu d’habitation, les offres éducatives divergent : entre les écoles internationales, les Lycées français de l’AEFE ou les établissements scolaires du pays, les options sont nombreuses. Mais les places sont souvent limitées et se pose aussi la question du financement. Enfin, dans certaines régions, il n’est pas possible d’accéder à des cours en français en présentiel. L’enseignement à distance en français peut ainsi compléter un enseignement local ou apporter un soutien scolaire. 

    Pour autant il n’est pas facile de s’y retrouver tant le panel de solutions est large : quelle école ? Quel programme ? Cours complet ou disciplines séparées ?

    CEDRE FRANCEL’enseignement à distance pour maintenir le niveau de français pendant l’expatriation

    Et l’école à la maison ? 

    Autre option à laquelle on ne pense pas toujours, c’est l’école à la maison. L’enseignement à distance, en cours complet ou en discipline séparée, apporte des réponses adaptées aux familles en expatriation. Pour faire les bons choix, il est bon d’anticiper le retour, notamment en ce qui concerne la scolarisation des enfants. Maintenir un bon niveau de français et garder un lien avec les méthodes et les attendus en France facilite la réintégration des élèves et leur réussite future. Les établissements scolaires locaux ne proposent pas toujours aux enfants le niveau d’enseignement requis ou ne répondent pas exactement aux attentes éducatives des parents.

    Ainsi, on peut par exemple choisir des cours renforcés d’anglais pour se mettre rapidement à niveau et suivre aisément un enseignement global au sein d’un établissement anglophone. Au contraire, une autre famille peut privilégier le français, afin de préserver un niveau satisfaisant même durant l’expatriation. Enfin, il est possible de choisir la scolarité complète à distance, incluant l’ensemble des matières. L’enseignement à distance consiste à allier la souplesse de l’école à la maison avec l’encadrement pédagogique d’un établissement scolaire. L’élève bénéficie de supports de cours structurés, de devoirs à rendre, de corrigés assortis de commentaires des professeurs et de cours en visio-conférence en option.

    Un collectif d’enseignements à distance

    CEDRE France est un collectif d’établissements privés d’enseignement à distance partageant une vision commune : celle d’un enseignement à distance encadré, responsable et adaptable, pour les familles qui recherchent une alternative ou un complément au système scolaire classique. Il est composé de trois écoles à distance : l’EIB à distance, Hattemer Academy et le Cours Sainte-Anne, qui respectent toutes a minima les attendus de l’Éducation nationale et s’adaptent aux spécificités des élèves grâce à une approche sur-mesure (scolarité complète, scolarité partielle, programmes de révisions…).

    Grâce à son expérience des textes officiels et des différentes procédures légales qui encadrent l’enseignement à distance, l’équipe pédagogique de CEDRE vous accompagne dans toutes vos démarches administratives, de la prise de renseignements à l’inscription finale. Elle est là pour répondre à toutes vos questions avec pragmatisme et en s’adaptant à chaque cas, par téléphone au 09 70 71 76 76 et sur cedre-france.com.

    Grâce à cette nouvelle plateforme numérique, le collectif CEDRE souhaite répondre aux interrogations des familles envisageant un projet d’école à la maison et faire connaître au grand public ainsi qu’aux instances décisionnelles de l’Etat un mode d’enseignement capable de répondre à des projets familiaux ou des besoins éducatifs particuliers, mais aussi d’aider des enfants en souffrance scolaire à retrouver le goût des apprentissages.

    Ecoutez les podcasts avec Marie Laure Le Lourec

  • Fin du G77 + Chine

    Fin du G77 + Chine

    Le sommet du G77 et de la Chine s’est achevé à la Havane à Cuba. Il est formé par des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui représentent 80 % de la population mondiale… Des participants qui ont appelé à l’unité pour peser face aux pays riches.

    S’émanciper du G7 ?

    Le G77, fondé en 1964 est composé de 134 pays membres qui représentent plus de 80% de la population mondiale. Les pays du G77 se situent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Tous sont représentés.

    Une trentaine de chefs d’État ont fait le déplacement à la Havane, notamment Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil et son homologue colombien, Gustavo Petro. Cyril Ramaphosa, président d’Afrique du Sud sera présent ainsi que le vice-président de l’Iran, Ruhollad Dehghani Firouz Abadi, chargé des affaires scientifiques et technologiques de son pays.

    © AFP – YAMIL LAGE

    La Chine omniprésente

    La Chine participait à ce sommet comme acteur externe. Son représentant, Li Xi, membre du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, a insisté dans son allocution sur l’importance de la « coopération Sud-Sud », alors que plusieurs orateurs ont évoqué les inégalités mondiales mises au jour par la pandémie de Covid-19 et la nécessité de réduire la dette des pays les plus pauvres pour financer la transition climatique.

    L’organisation de ce sommet permet à Cuba de démontrer sa capacité diplomatique, malgré les difficultés économiques qui secouent le pays communiste. Une lente reprise après la pandémie, le renforcement des sanctions de Washington – qui impose un embargo à La Havane depuis 1962 – et les faiblesses structurelles internes ont plongé le pays dans une grave crise.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Langues officielles européennes : les États membres cherchent à contrer la précipitation espagnole

    Langues officielles européennes : les États membres cherchent à contrer la précipitation espagnole

    Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a officiellement demandé au Conseil de l’UE d’entamer le processus d’ajout du catalan, du basque et du galicien aux langues officielles de l’UE en août afin d’obtenir suffisamment de soutien, notamment de la part des partis indépendantistes catalans, pour faire prêter serment à Francina Armengol en tant que chef du parlement espagnol, le tout dans le contexte des négociations visant à former un nouveau gouvernement.

    La présidence du Conseil de l’UE, actuellement assurée par l’Espagne, a donc programmé le débat et l’adoption d’une décision lors d’une réunion qui se tiendra mercredi prochain (20 septembre).

    Toutefois, il semble que les pays de l’UE aient l’intention de ralentir le processus, la Suède étant le premier pays à faire part publiquement de ses préoccupations.

    « Nous pensons que les conséquences juridiques et financières de la proposition doivent faire l’objet d’une enquête plus approfondie », a déclaré le gouvernement suédois dans un communiqué.

    La précipitation du gouvernement espagnol est une préoccupation commune parmi les États membres, qui cherchent à comprendre soigneusement les implications opérationnelles de l’ajout des langues — en particulier les coûts — avant de prendre position, a appris Euractiv auprès de trois diplomates de l’UE.

    « Une telle décision nécessite un processus minutieux ; une décision en deux semaines est vraiment très ambitieuse », a déclaré l’un des diplomates.

    Une autre préoccupation partagée reste que d’autres langues minoritaires pourraient suivre et demander le même statut officiel de l’UE. « Il existe de nombreuses langues minoritaires qui ne sont pas des langues officielles de l’UE », affirment les Suédois.

    Espagne Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a officiellement demandé au Conseil de l’UE d’entamer le processus d’ajout du catalan, du basque et du galicien aux langues officielles de l’UE [Olivier Matthys/EPA-EFE]

    La position catalane

    « Nous n’envisageons pas la possibilité de ne pas approuver ce statut officiel du catalan en Europe », a déclaré mercredi à la presse la ministre catalane de la présidence, Laura Vilagrau i Pons.

    Face à la position des pays membres, Mme Vilagrau i Pons a déclaré à Euractiv que, bien qu’elle soit « en contact permanent » avec plusieurs gouvernements, c’est aux autorités espagnoles de rallier le soutien nécessaire, et de « se montrer à la hauteur de l’occasion ».

    Mme Vilagrau i Pons a également minimisé les préoccupations des pays membres en matière de coûts, arguant que les services de traduction ne représentent qu’une très petite partie du budget de l’UE, tout en affirmant que « la défense des droits linguistiques de millions d’Européens ne devrait pas être une discussion économique ».

    « L’amélioration des outils de traduction automatique et de l’intelligence artificielle signifie que les coûts de traduction peuvent être réduits de manière significative dans les années à venir », a-t-elle ajouté, tout en exprimant également que la Catalogne est prête à faire un pas en avant et à contribuer avec des ressources.

    « Le gouvernement [catalan] est et sera à la disposition des institutions européennes et, si elles le demandent, nous utiliserons toutes les ressources à notre disposition pour rendre l’officialité efficace », a-t-elle conclu.

    Un gouvernement socialiste en ligne de mire

    L’intégration du catalan, du basque et du galicien en tant que langues officielles de l’UE fait partie d’une série de concessions faites par les socialistes espagnols afin d’obtenir suffisamment de soutien pour former un gouvernement — en particulier le soutien des partis indépendantistes catalans Junts per Catalunya (JxCat/NI) et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC/GreensEFA).

    L’officialisation du catalan est la première étape pour établir la confiance nécessaire à la poursuite des négociations et pour « vérifier » l’engagement du gouvernement espagnol, a déclaré le leader de JxCat et député européen Carles Puigdemont lors d’une conférence de presse, ajoutant que « si l’Espagne le veut, elle peut le faire ».

    Les indépendantistes catalans demandent en échange de leur soutien une loi d’amnistie, un référendum et des compétences fiscales pour la Catalogne.

    Dans le cadre des négociations, les partis de la coalition, le PSOE et Sumar ont également accepté d’autoriser l’utilisation du catalan, du basque, du galicien et d’autres langues régionales au sein du parlement espagnol.

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