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  • 100 000 dollars pour les visas H-1B 

    100 000 dollars pour les visas H-1B 

    Plus de 30 000 Français travaillent actuellement aux États-Unis sous le régime du visa H-1B, ce sésame qui permet aux talents étrangers de contribuer à l’économie américaine. Ils sont ingénieurs chez Google, cadres chez LVMH ou chercheurs à Stanford. Mais le décret signé ce vendredi par Donald Trump risque de tout bouleverser. Après les restrictions drastiques de son premier mandat (2017-2021), puis l’assouplissement sous Joe Biden – soutenu par Emmanuel Macron –, les règles durcissent à nouveau : un salaire minimum porté à 100 000 dollars annuels, des critères d’éligibilité resserrés, et des frais en hausse. Pour les expatriés et les candidats à l’expatriation, l’Amérique redevient une forteresse.

    En 2020, sous la première présidence Trump, le taux de refus des visas H-1B avait bondi à 24 %, contre seulement 6 % en 2016. Biden avait partiellement rétabli l’équilibre, mais le nouveau décret du 19 septembre 2025 marque un retour en arrière. Pourquoi un tel durcissement ? Officiellement, il s’agit de « protéger les emplois américains« . En réalité, cette mesure s’inscrit dans une stratégie électorale et économique plus large, alors que les États-Unis font face à une polarisation croissante de sa société sur l’immigration.

    Pour les Français, les conséquences sont immédiates, alors que la France reste dans le top 10 des nationalités bénéficiaires. En plus, les conjoints (souvent des femmes) perdent leur droit au travail, une mesure déjà testée entre 2017 et 2021.

    Pourquoi les Français sont dans la ligne de mire ?

    La Silicon Valley concentre 55 % des Français en visa H-1B, selon les données de l’US Citizenship and Immigration Services (USCIS). Les profils ? Principalement des ingénieurs logiciels, data scientists et managers, recrutés par les géants de la tech. Pour exemple, Google, Meta, Apple, Amazon, Netflix (les « FAANG ») emploient près de 15 000 Français. Les startups (Stripe, Airbnb, Uber) recrutent via des programmes comme Y Combinator, où les Français sont surreprésentés (10 % des fondateurs étrangers).

    « Sans le H-1B, je n’aurais jamais pu lancer ma startup aux États-Unis. Aujourd’hui, avec le seuil à 100 000 dollars, je devrais licencier ou délocaliser. »

    Thomas R., 32 ans, fondateur d’une scale-up dans la fintech à San Francisco.

    Si Trump s’attaque (à nouveau) au H-1B, c’est pour 3 raisons. Tout d’abord, il faut se souvenir que les États clés de l’élection présidentielle américaine (Michigan, Pennsylvanie, Ohio) sont hostiles à l’immigration qualifiée, perçue comme une menace pour les emplois locaux. Aussi, certaines entreprises (comme Tesla d’Elon Musk) soutiennent le durcissement pour réduire la concurrence salariale. Enfin, les États-Unis veulent garder les meilleurs profils, mais en limitant l’accès aux postes intermédiaires.

    Pourtant à l’origine, le visa H-1B a été conçu pour répondre aux besoins des entreprises américaines en main-d’œuvre hautement qualifiée, notamment dans les secteurs de la technologie, de l’ingénierie et des sciences. Depuis des décennies, ce programme a été dominé par une seule nationalité : les Indiens, qui représentent près de 70 % des bénéficiaires (selon les données 2024 de l’USCIS). En 2023, sur les 85 000 visas H-1B attribués annuellement, plus de 60 000 sont allés à des ressortissants indiens, contre seulement environ 3 000 pour les Français. Pourtant, malgré leur faible proportion, les expatriés français aux USA se retrouvent aujourd’hui prisés dans le collimateur des nouvelles règles de Trump.

    Le décret du 19 septembre 2025 : Ce qui change

    Concrètement, le changement le plus brutal, c’est l’application à partir du 1er janvier 2026 de la mesure liée au salaire minimum pour obtenir un visa H-1B. Le revenu minimum, que l’entreprise doit verser, passe de 60 000 à 100 000 dollars annuels. Une hausse de 66 % qui va exclure des milliers de Français du programme. En plus, les entreprises qui auront recourt à des travailleurs étrangers devront payer 100 000 dollars au gouvernement (une fois, lors de l’embauche) et, ensuite, payer leur employé. Le contrat de travail d’un salarié non américain devient donc une charge éloignant la rentabilité et donc l’opportunité pour le candidat.

    Le seuil est aussi problématique. En effet, un ingénieur français fraîchement embauché dans la Silicon Valley gagne en moyenne 85 000 à 95 000 dollars. Avec le nouveau seuil, 30 % des postes actuellement occupés par des Français ne seront plus éligibles. Dans la finance, le conseil ou le luxe, où les salaires sont souvent inférieurs à 100 000 $, les renouvellements seront automatiquement refusés. Tandis que les startups et PME américaines, qui ne peuvent pas toujours aligner de tels salaires, devront se passer de talents français.

    « C’est une catastrophe pour les jeunes diplômés. Mon salaire est à 88 000, soit j’obtiens une augmentation de 12 000 $ du jour au lendemain, soit je dois rentrer en France. »

    Thomas L., 27 ans, ingénieur chez Uber.

    Donald Trump, lors de l’annonce sur les visas, avec le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, à Washington, le 19 septembre 2025. ©KEN CEDENO/REUTERS
    Donald Trump, lors de l’annonce sur les visas, avec le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, à Washington, le 19 septembre 2025. ©KEN CEDENO/REUTERS

    La suppression du droit au travail pour les conjoints

    En 2015, l’administration Obama avait accordé le droit de travailler aux époux des détenteurs de H-1B (visa H-4). Trump l’avait supprimé en 2020, Biden l’avait rétabli en 2021. Maintenant, il disparaît à nouveau. 80 % des bénéficiaires du H-4 sont des femmes. En 2024, 1 200 Françaises travaillaient légalement aux États-Unis grâce à ce visa. Elles ne pourront plus le faire dès le premier janvier 2026.

    « Ma femme, qui est architecte, va devoir arrêter son activité. On va perdre la moitié de nos revenus »

    Julien T., 35 ans, ingénieur chez Apple.

    Durcissement des contrôles sur les entreprises

    L’autre grande modification, c’est le durcissement des contrôles sur les entreprises qui embauchent des non-américains. Ainsi, les sociétés devront publier l’offre d’emploi pendant 30 jours sur des plateformes américaines, agrées par l’U.S. Department of Labor, avant de recruter un étranger.

    Dans un pays marqué par le libéralisme, deux autres mesures contraignantes sont, pourtant, instaurées. L’US Department of Labor devra vérifier que le salaire proposé correspond bien aux standards du marché. Dernière pierre à l’édifice, l’obligation que tout employé disposant d’un visa H-1B dispose d’un contrat signé dès le premier jour de présence sur le territoire américain.

    Un coup dur pour les élites françaises

    On l’a vu, il ne reste donc que deux assouplissements aux règles d’obtention du visa H-1B, les autres ont disparu… Sous l’ère Biden, les diplômés de masters ou doctorats (HEC, Polytechnique, Sorbonne) bénéficiaient d’un avantage dans la lottery H-1B. Désormais, ce bonus est supprimé. L’objectif pour le président Trump, c’est rendre moins attractifs les profils étrangers surdiplômés au profit des Américains.

    C’est une mauvaise nouvelle pour nos jeunes diplômes, car ce dispositif était largement utilisé. 50 % des Français ayant un visa H-1B ont un master ou un doctorat (contre 30 % pour les Indiens). Et 20 %, de ces derniers, sont diplômés d’une Grande École (Polytechnique, Mines, HEC).

    Une mauvaise habitude qu’il faut perdre d’urgence

    Enfin, on ne pas évoquer le cas des Français circulant régulièrement sur le territoire américain sans parler des techniques des « petits malins ».  On le sait beaucoup de Français pensent contourner les règles en entrant par le Mexique ou le Canada.

    Mais désormais, les États-Unis partagent leurs données avec ces pays. Un séjour prolongé au Mexique combinés avec des fréquents allers-retours aux USA déclencheront un « red flag ».

    L-1, J-1 et même l’ESTA sont aussi dans le collimateur

    Durée des visas, conditions, tous les visas sont remis à plat. On fait le point sur ceux utilisés régulièrement par nos compatriotes.

    La fin des transferts « automatiques » pour les cadres français

    Le visa L-1, utilisé par des milliers de cadres français pour se faire muter aux États-Unis (chez LVMH, Total, Sanofi, ou même des startups), deviendra donc beaucoup plus difficile à obtenir avec le décret du 19 septembre 2025. La nouvelle règle impose aux entreprises de prouver que le transfert est « absolument indispensable aux opérations américaines«  – une formulation floue qui laisse une large marge d’interprétation aux agents de l’USCIS. Alors qu’avant, il suffisait de montrer que l’employé occupait un poste managérial ou technique dans l’entreprise mère (en France) et qu’il soit transféré pour un rôle similaire aux États-Unis pour obtenir le visa L-1. Désormais, l’entreprise doit démontrer que aucun employé américain (ou résident permanent) ne peut assurer ces fonctions, même après une période de formation. Concrètement, un directeur marketing d’une entreprise en France muté dans une filiale à New York devra prouver que son expertise spécifique est irremplaçable.

    Dernier point, Les L-1A (managers) passent de 7 ans maximum à 5 ans (renouvellement plus difficile), tandis que les L-1B (employés spécialisés) voient leur visa limité à 3 ans (contre 5 ans auparavant), avec une possibilité de renouveler le visa une seule fois.

    « C’est un vrai changement de paradigme. Avant, le L-1 était presque automatique pour les grandes entreprises. Maintenant, chaque dossier sera scruté comme un H-1B.

    Me Sophie Alcorn, avocate en immigration à Silicon Valley à l’AFP.

    Dans ces conditions, les dossiers L-1, autrefois traités en 2–3 mois, pourraient maintenant prendre 6 à 12 mois. Les experts estiment que 20 à 30 % des demandes L-1 seront rejetées en 2026 (contre 5 % en 2024).

    image illustration ©Adobestock
    image illustration ©Adobestock

    Une porte qui se referme pour les jeunes Français

    Le visa J-1, qui permet à 3 000 Français par an (étudiants, stagiaires, chercheurs) de venir aux États-Unis pour des stages, programmes au pair ou recherches universitaires, est sévèrement restreint par le nouveau décret. La mesure la plus symbolique : la durée maximale du stage passe de 18 à 12 mois.

    Les domaines considérés comme « sensibles » (tech, biotech, énergie) seront soumis à autorisation spéciale. Ainsi, un stagiaire de Polytechnique chez SpaceX devra obtenir une dérogation du Department of State. Aussi, la « two-year home residency requirement » (obligation de rentrer dans son pays pendant 2 ans après le J-1) est étendue à davantage de métiers, notamment ceux liés à la défense, l’IA et les semi-conducteurs. Donc, un étudiant français en stage chez Nvidia ou Lockheed Martin ne pourra pas enchaîner sur un H-1B sans rentrer en France. Enfin, les entreprises devront prouver que le stage a une vraie dimension formatrice et n’est pas du travail déguisé. Et la sanction sera lourde. Si l’USCIS estime que le stagiaire remplace un employé américain, l’employeur risque une amende de 5 000 $ et une interdiction de recruter des J-1 pendant 2 ans.

    Pour les jeunes Français, des programmes phares comme le stage chez Tesla ou Google (via des organismes comme CIEE ou Fulbright) seront plus difficiles à obtenir. Les post-docs français (ex : au MIT ou à Stanford) verront leurs contrats écourtés. Il sera aussi difficile d’aller apprendre la langue, comme au Royaume-Uni, les 1 500 Françaises qui partent chaque année comme au pair via le J-1, verront leurs demandes refusées. Et si, elles obtiennent le visa, avec la réduction de la validité à 12 mois, beaucoup y renonceront du fait du coût du voyage et des frais d’agence.

    Même les digital nomads sont dans le collimateur

    Les Français qui voyagent aux États-Unis sans visa de travail (via l’ESTA ou un visa B-1/B-2) sont menacés par le décret. Une nouvelle question, ajoutée au formulaire ESTA, va compliquer la vie des télétravailleurs et freelances.

    « Avez-vous l’intention de travailler, même à distance, pour une entreprise non-américaine pendant votre séjour ? »

    Nouvelle question dans le formulaire ESTA

    Pour les 10 000 Français qui passent 3 à 6 mois par an aux États-Unis en travaillant pour des boîtes françaises ou en freelance via le télétravail, il faudra changer de destinations. Les sanctions sont importantes avec l’interdiction d’entrée aux États-Unis pendant 5 ans et le fichage dans le système CBP (Customs and Border Protection).

    Ces dispositions s’appliquent aussi aux YouTubeurs et autres influenceurs, aux photographes ou aux consultants qui monétisent leur séjour (ex : partenariats avec des marques locales). Et le décret prévoit des pouvoir supplémentaires pour les agents du CBP (douanes américaines). Ces derniers peuvent maintenant fouiller les ordinateurs et téléphones pour vérifier les activités professionnelles.

    Les États-Unis ne sont plus la terre promise de l’expatriation

    Le décret signé par Donald Trump le 19 septembre 2025 marque un tournant historique pour les 150 000 Français vivant ou souhaitant partir aux USA.

    Mais parmi les mesures les moins médiatisées du décret du 19 septembre 2025, une nouvelle catégorie de visa a été créée : le visa « Gold » (EB-6). Destiné à attirer les investisseurs étrangers fortunés, ce sésame offre un accès accéléré à la résidence permanente (green card) en échange d’un investissement massif aux États-Unis. Une aubaine pour les millionnaires… Et une opportunité controversée pour une poignée de Français.

    Comment marche le visa EB-6 ?

    • Investissement minimum : 5 millions de dollars (contre 1,8 million auparavant pour le visa EB-5 classique) dans :
      • Un fonds d’infrastructure américain (routes, ponts, énergies renouvelables).
      • Une entreprise créant au moins 50 emplois aux États-Unis.
      • L’immobilier commercial (bureaux, usines, hôtels) dans des zones prioritaires (désignées par le gouvernement).
    • Délai d’obtention : 6 mois (contre 2–5 ans pour un EB-5 classique).
    • Avantages :
      • Green card immédiate pour l’investisseur, son conjoint et ses enfants de moins de 21 ans.
      • Pas d’exigence de salaire minimum (contrairement au H-1B).
      • Accès à la citoyenneté américaine après 5 ans (comme pour les autres green cards).

    Que vous soyez expatrié(e) sur place, candidat(e) au départ ou employeur, il est important de prendre en compte ses mesures, elles concernent tout le monde. Mais si les États-Unis restent le premier marché mondial pour les talents, le jeu en vaut-il encore la chandelle ?

  • Décès de Gérard Michon, élu des Français des États-Unis

    Décès de Gérard Michon, élu des Français des États-Unis

    C’est avec tristesse que nous avons appris le décès, ce vendredi 19 septembre, de Gérard Michon, élu des Français de l’ouest des États-Unis pendant plus de 30 ans. Ancien élève de polytechnique, ingénieur-conseil, notre représentation hors de France perd aussi un scientifique reconnu.

    Gérard Michon, un esprit libre

    Né à Talence en Gironde, Gérard Michon est originaire de Normandie. Arrivé aux États-Unis en 1980, Gérard Michon était diplômé de polytechnique, lauréat du Concours général de philosophie, il était aussi Docteur ès Sciences à UCLA (University of California Los Angeles). Ingénieur, il a animé le site Numericana dont l’objectif est de vulgariser la science : « une caverne d’Ali Baba regorgeant de réponses à des questions mathématiques » selon certains utilisateurs.

    Qualifié souvent d’esprit libre, il voulait ainsi faire partager ses connaissances aux plus grands nombres en leur permettant d’accéder le plus facilement possible aux informations scientifiques les plus complexes. Chevalier du Mérite national il avait aussi reçu les Palmes académiques en 2016.

    Un engagement politique auprès des Français de l’étranger

    Conseiller à l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) élu en 1994, 1997, 2003 et 2009, Gérard Michon s’est notamment investi au sein de la commission des Lois et règlements, dont il a été vice‑président puis le président. Engagé au service de nos compatriotes de l’Ouest américain, il a notamment été administrateur de l’Alliance Française de L.A et Président honoraire de l’UFE de cette même ville. Il siégeait également au conseil consulaire de Los Angeles, où il avait été élu en 2021. Avec ses collègues, Patrick Caraco, Hélène Demeestere, Cynthia Hajjar et Stanislas Orand, ils avaient apporté leur aide à nos ressortissants lors des terribles incendies qui ont ravagé une partie de la ville, puis face aux émeutes qu’a connues la Cité des Anges.

    Gérard Michon, élu des Français de l’ouest des États-Unis pendant plus de 30 ans
    Gérard Michon, élu des Français de l’ouest des États-Unis pendant plus de 30 ans

    Candidat aux élections législatives de 2012 pour la circonscription regroupant les États‑Unis et le Canada, Gérard Michon s’est également présenté aux élections sénatoriales des Français de l’étranger en 2023, sous la bannière « Alliance centriste et indépendants ». Dans un document de campagne, il écrivait alors : « En 29 ans de mandat, je n’ai jamais trompé personne mais j’ai été trompé si souvent que j’estime avoir acquis une lucidité méritant d’être partagée…si vous avez eu au bout du fils des candidats « trop polis pour être honnêtes » votez pour quelqu’un d’autre ».

    Les hommages en faveur de Gérard Michon

    Depuis l’annonce de sa disparition, ses collègues élus et ses amis partagent leur peine. Hélène Degryse, présidente de l’AFE, alors d’astreinte pour le vote électronique de l’élection législative partielle de la 5e circonscription des Français établis hors de France, évoque « un appel bouleversant lui annonçant le décès de Gérard Michon, personnalité iconoclaste de l’AFE ».

    Pour Franck Bondrille, élu des Français de Floride, « c’est une triste nouvelle ». Sur Facebook, un de ses proches Christian Paris écrit : « D’ami, tu te transformes en ange gardien. » Pour sa collègue au conseil consulaire, Cynthia Hajjar « c’était quelqu’un de brillant et de très drôle », insistant également sur la contribution de Gérard Michon au rayonnement de la France.

    Nul doute que d’autres hommages interviendront. Vous pouvez aussi les poster en commentaire. L’ensemble de la rédaction Lesfrancais.press adresse toutes ses condoléances à sa famille et à ses proches.

  • De New York à la Bourgogne, immersion au cœur des vendanges

    De New York à la Bourgogne, immersion au cœur des vendanges

    Le clos Pré de Manche à Meursault est pour moi un lieu envoûtant, à l’instar du vin de Bourgogne. C’est la première fois de ma vie que je me retrouve, sécateur et seau à la main, avec une mission simple : couper du raisin. C’est un dimanche matin, je n’ai jamais vendangé, pourtant c’est quelque chose que je rêve de faire depuis des années.

    New York : la ville des contrastes

    Avant d’arriver ici, il y a eu un long voyage. Au début de l’été, je saturais de ma vie new-yorkaise, je l’exécrais même. Aller en France n’était pas un simple objectif estival comme pour de nombreux expatriés : c’était une nécessité, un besoin vital de partir, de me déconnecter, de vider mon esprit et de laisser derrière moi cette ville qui me happait, qui me vidait plus qu’elle ne me nourrissait. J’avais besoin de sortir d’un environnement dans lequel je ne me sentais plus en phase et d’un pays qui me donnait de plus en plus la nausée. New York est une ville que j’ai aimée sans forcément la choisir, elle m’a été imposée au début des années 2010.

    Au début, j’y voyais une beauté cachée, son énergie me happait, tout était possible. Puis, je n’y ai plus vu de couleurs, elle est devenue grise, sans âme. Dans les rues, je nentendais plus que des cris. Dans mon univers professionnel et personnel, je n’entendais plus que des conversations de levées de fonds, de valorisations et d’exits. Autour de moi, ça parlait séries A, séries B, SPACs, M&A, roll-ups et rachats stratégiques. Les uns s’inquiétaient de leur runway et de leur cash burn, d’autres négociaient des earn-outs, des clauses de vesting ou des due diligence express. Les « scale-ups » se rêvaient licornes et les investisseurs ne juraient que par le churn rate et le lifetime value. Je ne lisais plus qu’une obsession de croissance, de consolidation et de deals, et je n’y voyais plus qu’une course épuisante et déshumanisée à l’argent, loin de tout ce qui me nourrit vraiment. Loin de ce qui fait sens pour moi. Loin de qui je suis. Avant l’été, je me sentais comme une nageuse qui n’arrivait plus à reprendre son souffle.

    J’avais besoin de retrouver un rythme plus simple, un contact direct avec la nature, la vie, le présent. J’avais besoin de respirer, de me reconnecter avec la terre, la pluie, le soleil. J’avais besoin d’humanité et de sensibilité. Je ne pensais même pas à ma Provence natale, non, j’étais littéralement aimantée par la Côte dOr.

    Et j’ai eu mille fois raison !

    Mes premiers pas dans les vignes de Bourgogne

    Avant les vendanges, je suffoquais dans le rythme incessant de New York : notifications, emails qui n’en finissaient pas, iPhone toujours en alerte. Je n’entendais plus de musique, seulement le bourdonnement insupportable des clims de l’Upper West Side et les cris des passants. Je déteste les cris. Mais ici, les pieds enfoncés dans le sol bourguignon, tout change. Mon téléphone reste des heures dans mon vieux sac à dos d’étudiante, jeté dans l’une des voitures qui transportent la vingtaine de vendangeurs dans les vignes de Meursault, Volnay ou Monthélie, des noms à se damner. Je ne consulte plus mes emails et ai désactivé toutes mes notifications. Mon téléphone ne me sert plus qu’à donner l’heure et à prendre des photos, activité que j’avais abandonnée depuis trop longtemps.

    Ancienne maison de vignerons à Meursault
    Ancienne maison de vignerons à Meursault ©️LFP/Rachel Brunet

    Ce qui me surprend le plus, c’est de constater que je ne pense à rien d’autre qu’aux grappes de raisin à couper, au seau de plus en plus lourd à porter, à mes reins en compote, ou encore à la concentration nécessaire pour ne pas me couper les doigts. Le sécateur peut parfois être un outil dangereux… Et pourtant, chaque douleur est pleine de sens. Dans les rangs, je me sens enfin alignée, un sentiment que je n’avais plus éprouvé depuis belle lurette.

    Ce qui m’interpelle encore davantage, c’est d’être capable de vivre pleinement dans l’instant présent, de savourer chaque minute, chaque rire, chaque coupure même, sans penser à demain, sans penser à autre chose qu’à ce que je fais, ce que je vis et ce que je partage.

    Et quand on me demande quel est mon métier et d’où je viens, je me sens étrangère à la réponse que je donne. « Je suis journaliste et je vis à New York »… J’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre, tant cette vérité m’échappe, et je ne peux m’empêcher de comparer mon sentiment d’être terriblement vivante dans les vignes à celui d’être complètement éteinte à New York. Ce sale sentiment de ne plus rien ressentir.

    Les vendanges en Bourgogne, une immersion sensorielle

    Justement, les vendanges sont une expérience, de mon point de vue, sensorielles. Il y a d’abord le bruit : le murmure de la nature, le chant des oiseaux, le vent dans les feuilles, entrecoupé des rires et des blagues des autres vendangeurs. Parfois, il y a aussi de la musique. Puis viennent les sons du travail lui-même : le clic précis des sécateurs, le fracas des grappes tombant dans les hottes des porteurs, le bruit des bottes qui collent à la boue. Chaque geste à son rythme, chaque bruit participe à cette orchestration quotidienne, mêlant énergie humaine et harmonie de la nature. Et dans cette immersion sensorielle, je découvre aussi la richesse humaine autour de moi.

    Meursault Les Tessons
    Meursault Les Tessons ©️LFP/Rachel Brunet

    Il y a ensuite l’odeur : celle de la terre et des feuilles, qui change selon les jours de soleil, de vent ou de pluie. Les cuveries du village exhalent le parfum du raisin fraîchement pressé enveloppant Meursault d’une douceur singulière. La seule senteur synthétique que je respire reste celle de ma crème solaire. Le toucher et les sensations physiques racontent aussi la vie dans la vigne : les griffures sur les avant-bras, la peau chauffée par le soleil, les reins et les cuisses mis à l’épreuve, les mains effeuillant les vignes pour saisir les grappes. La rosée matinale qui trempe les bras entiers, le ressort du sécateur qui se fait la malle — parce que, bien sûr, le sécateur pourri, c’est toujours pour ma pomme — chaque geste me ramène ici, à ce moment précis, au cœur de la nature, entièrement présente, entièrement vivante.

    Et mes yeux s’y perdent : la lumière changeante du matin ou du soir sur les rangs de vignes, le vert profond des feuilles, la couleur intense des grappes mûres, les collines ondulantes et les villages au loin. Mon regard se nourrit de cette beauté naturelle, sans artifices : un véritable spectacle vivant.

    Paulée au Domaine Mikulski
    Paulée au Domaine Mikulski ©️LFP/Rachel Brunet

    Enfin, il y a le goût : celui du raisin fraîchement cueilli, sucré et juteux, qui restitue toute l’intensité de la terre et du soleil. Et puis, le soir venu, la vraie récompense : le vin ou le crémant partagé avec ma cousine, autour de conversations profondes ou légères, ponctuées de rires ou de confidences. Ces instants, simples mais précieux, prennent une valeur immense pour moi qui vis depuis trop longtemps à 6000 kilomètres de ma famille et de mes amis. Parfois, on se retrouve aussi avec les autres vendangeurs autour d’une bière, ou lors de quelques dîners chaleureux, où les échanges sont vrais et spontanés. Ici, tout a le goût de la vie !

    Du domaine Boigelot au domaine Mikulski, que je remercie sincèrement de m’avoir accueillie, j’ai rencontré des gens extraordinaires de tous âges et de tous horizons, il y avait même une autre expatriée. Chacun avait ses motivations : le travail, la découverte, lambiance, la curiosité ou simplement la déconnexion. Beaucoup d’ailleurs posent des congés pour participer à cette expérience humaine, et je les comprends tellement. Au-delà des parcours et des raisons d’être là, je suis convaincue qu’un point commun nous unit tous : un amour profond pour la nature, pour la vie, pour la vigne. Une passion partagée qui crée une énergie singulière.

    Certes, le vin de Bourgogne n’échappe pas à la logique du marché. Les grands crus ne sont pas seulement des plaisirs de terroir : ce sont des produits dexportation, des symboles de prestige qui circulent sur les places internationales. Derrière chaque bouteille, derrière chaque cru, il y a des négociants, des stratégies de prix, des quotas réservés aux marchés asiatiques ou américains. C’est une industrie, avec ses filières, ses appellations protégées, ses réseaux d’intermédiaires et ses enchères qui affolent les collectionneurs. Le vin, même quand il se pare d’authenticité et de tradition, reste un secteur où se brassent des millions d’euros, un business où la rareté et la réputation se transforment en valeur marchande. En 2023, près de 87 millions de bouteilles ont été exportées, générant un chiffre daffaires de plus dun milliard deuros, selon le site Vins de Bourgogne. Aussi, durant les vendanges chaque domaine s’inquiète du nombre de tonneaux que leur vignoble va remplir. Parce qu’il y a une réalité aussi belle que cruelle : c’est la nature qui décide ! Il parait que cette année, elle n’a pas été très généreuse.

    Les vendanges, une aventure humaine au cœur des vignes

    Au-delà de la dimension commerciale, pour moi, chaque geste dans la vigne reste profondément humain et vivant. Participer aux vendanges a été un moment où tout semblait juste à sa place. La nature, décisionnaire et silencieuse, et nous, simples témoins et acteurs à la fois, à la merci d’une averse ou d’un rayon de soleil, d’un pied de vigne fourni ou avare. Chaque geste, chaque rire, chaque mot me rappellent combien la vie peut être pure, jolie, simple. Pourquoi ma vie quotidienne ne ressemble-t-elle pas davantage à cela ?

    Ici, l’humain et la nature coexistent dans une simplicité désarmante, loin du bruit et de la frénésie, et tout paraît clair, lumineux, profondément vivant. J’ai conscience, en tant que citadine, de m’émerveiller du quotidien de la vigne, mais je me demande comment deux semaines à peine, parmi les rangs et les grappes, peuvent bouleverser le regard que je porte sur sa propre vie.

    Meursault Genevrières
    Meursault Genevrières ©️LFP/Rachel Brunet

    Participer aux vendanges a aussi changé mon regard sur le vin.  Avant, j’en avais surtout une approche de consommatrice, sensible à l’étiquette ou au terroir ; après plusieurs jours dans les rangs de vignes du Domaine Boigelot et du Domaine Mikulski, j’ai découvert le cœur vivant du processus. Cueillir les grappes, voir les équipes s’affairer avec précision à la cuverie m’a permis de mesurer tout ce qu’il y a d’humain, de savoir-faire et d’attention derrière chaque bouteille. Cest stimulant de se dire qu’à ma petite échelle, jai contribué à l’élaboration de vins qui seront dégustés, partagés et célébrés, en France comme à l’étranger. Cette expérience m’a donné une conscience nouvelle de ce qu’il y a dans un flacon puis dans un verre : un paysage, une histoire, un savoir-faire, des mains et du cœur.

    Si l’introspection peut être sans fin, on met toujours un point final aux vendanges. Ma dernière journée commence sur une immense parcelle d’aligoté, la seule du domaine Mikulski qui produit davantage de Chardonnay. C’est un mardi. Dès 7h30, l’étendue interminable des rangs me serre la gorge. Tout est plus difficile ce jour-là. Pas à cause du travail, mais parce que je sais que c’est la fin. Toute la matinée, je lutte. Les rangs semblent mesurer ma tristesse. J’avance lentement, comme pour retenir ce moment avant qu’il ne disparaisse.

    L’après-midi, je coupe ma dernière grappe. Pour certains vendangeurs, c’est la libération, la fin d’une dizaine de jours intenses. Pour moi, c’est la fin d’un moment précieux. Traditionnellement, au Domaine Mikulski, une fois la dernière grappe cueillie, les vendangeurs se déguisent, chantent et dansent dans les rues de Meursault. Moi, je reste à l’écart, trop envahie par la tristesse pour enfiler un costume ou faire semblant de m’amuser.

    Meursault en Côte d'Or
    Meursault (Côte d’Or) ©️LFP/Rachel Brunet

    Pourtant, cette émotion se mêle à une immense gratitude parce que même si dans les vignes je ne pensais à rien d’autre qu’à ce que j’étais en train de faire, les trajets en voiture entre vignes et domaine, les matins, les soirées, les couchés et les levés ont été des moments d’introspection, de réflexion sur ma vie en général. J’ai pu poser mon esprit et mesurer ce que je voulais vraiment, ce avec quoi je suis parfaitement alignée. Tout l’intérêt de la vie réside là : comprendre et accepter ce qui fait sens pour soi, indépendamment de ce que la société attend de nous.  

    J’ai quitté les vignes bourguignonnes mais ce que j’y ai vécu continue de résonner en moi. Et je sens encore la terre, la rosée et les feuilles sur mes bras et mes mains, comme si ces moments s’étaient imprimés sur ma peau. Henry Miller l’exprimait magnifiquement à Anaïs Nin : « Je suis reparti avec des morceaux de toi collés sur ma peau. »

  • Trois jours pour célébrer la francophonie à San Diego

    Trois jours pour célébrer la francophonie à San Diego

    Du 2 au 4 octobre 2025, San Diego vibrera aux couleurs de la francophonie avec le lancement du French Literature and Arts Festival (FLAF), organisé par l’Alliance Française. Trois jours pour célébrer la francophonie dans une ville californienne qui accueillera auteurs, artistes et passionnés de culture. Le programme ambitieux mêlera ainsi littérature, théâtre, cinéma et musique. Le romancier et journaliste Eric Fottorino en sera l’invité d’honneur.

    Une vitrine francophone à l’international

    Le FLAF (French Literature and Arts Festival)  est né d’un esprit de collaboration : la Villa Albertine, la Délégation générale du Québec à Los Angeles, la Athenaeum Music & Arts Library et Gallimard comptent parmi ses prestigieux partenaires. Ouvert à tous, le festival se veut un lieu de rencontre entre francophones et francophiles, dans une ville où la diversité culturelle est un marqueur fort.

    La frontière avec Tijuana en fait une ville profondément marquée par les échanges transfrontaliers et son grand port est une fenêtre ouverte vers l’Asie. C’est ainsi que la ville revendique plus de 100 langues parlées dans une population marquée par une forte communauté Latino et asiatique. Les quartiers du Barrio Logan (art chicano, Chicano Park classé monument national) et de Convoy District (restaurants et commerces asiatiques) témoignent de cet ancrage multiculturel. Au-delà des vitrines officielles de la diffusion et de l’apprentissage de notre langue que sont l’Alliance et le Lycée français, le FLAF cherche à présenter une image littéraire et cultivée de la francophonie. Notre pays est souvent associé aux grandes figures des Lettres, des arts ou de la vie intellectuelle.

    French Litterature Alliance Française
    French Littérature Alliance Française San Diego

    Entre la French Theory à l’université, la French Touch en terme musical ou les romanciers francophones de tous horizons, les références culturelles connues des Américains ne manquent pas. Il s’agira donc d’offrir avec ce festival une dimension populaire et festive en français autour de moments de débats ou de réflexion.

    Éric Fottorino, voix majeure de la littérature contemporaine

    Au centre de cette première édition, un nom s’est donc imposé aux organisateurs : Éric Fottorino. Journaliste, ancien directeur du Monde, fondateur de l’hebdomadaire Le 1, et romancier prolifique, il est l’auteur de plus de quarante ouvrages couronnés par de nombreux prix, dont le Femina et le Prix François Mauriac. « Nous sommes fiers d’accueillir Éric Fottorino comme invité d’honneur littéraire. Sa présence incarne l’ambition du festival : célébrer la richesse de la culture francophone et favoriser les échanges culturels ici à San Diego », souligne Julie Ripoll, directrice exécutive de l’Alliance Française de San Diego.

    Trois temps forts sont au programme du FLAF

    Jeudi 2 octobre : ouverture théâtrale avec Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, adapté et interprété par Layla Metssitane.
    – Vendredi 3 octobre : journée éducative avec ateliers dans les écoles locales et projection de Hola Frida !, film d’animation issu du livre illustré par Cara Carmina.
    – Samedi 4 octobre : grande journée littéraire à l’Athenaeum Library, rencontres avec auteurs, salon du livre, ateliers interactifs, suivis d’un concert de piano par Aleck Karis.

    Une mosaïque de voix

    Aux côtés d’Eric Fottorino, une vingtaine d’auteurs et créateurs enrichiront le programme : de la poésie d’Adama Sissoko à la littérature jeunesse de Marion Billet, en passant par les univers artistiques de Sophie Faucher ou Cara Carmina. Le programme du FLAF se veut accessible à tous et sans élitisme, ouvert à la diversité culturelle.

    San Diego, nouvelle scène francophone

    En rassemblant auteurs confirmés et voix émergentes, le FLAF ambitionne de faire de San Diego un nouveau point de rencontre international pour la littérature et la culture francophones. Avec son invité d’honneur Éric Fottorino, ce festival marque une étape importante dans le rayonnement du français en Californie.

    Eric Flottorino
    Eric Flottorino

    Le français n’est pas ici une langue de communication majeure et n’a pu s’appuyer sur la côte ouest sur un héritage tel que l’a connue la Louisiane. Mais notre idiome appuie son développement sur les communautés françaises présentes dans les grandes villes de San Francisco, Los Angeles ou Seattle qui concentrent les plus gros noyaux de francophones autour de secteurs d’activités comme la technologie la culture ou l’enseignement. Notre langue s’inscrit dans une tradition d’élitisme éducatif à l’image du réseau des lycées français sur la côte ouest qui proposent un enseignement d’excellence et une passerelle naturelle vers les études en France. Nul doute que le FLAF viendra compléter un paysage francophone dynamique avec une riche palette d’auteurs connus et reconnus pour donner le goût de la France cultivée autant que du français.

    Entretien avec Éric Fottorino

    Eric Flottorino

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter d’être l’invité d’honneur de ce premier festival francophone de San Diego ? »

    Éric Fottorino : « la curiosité de rencontrer un public de lecteurs américains en Californie que je ne connais pas. Et L’envie de participer à un événement qui n’a pas de précédent. L’équipe organisatrice a su me convaincre par son enthousiasme et sa simplicité. »

    Lesfrancais.press : « Comment percevez-vous l’importance de faire vivre la francophonie en dehors de l’espace européen, ici en Californie ? »

    Éric Fottorino : « une langue comme le français est vivante partout où elle est parlée, écoutée, transmise, comme support de contenus culturels qui permettent d’entrer en relations avec des populations différentes, pour mesurer aussi ce que nous avons de commun dans notre humanité, et de différents dans nos histoires autant que dans nos vies quotidiennes. La francophonie ce ne sont pas des chiffres de locuteurs. C’est une langue parlée qui crée du lien. »

    Lesfrancais.press : « Votre revue Le 1 est devenue un symbole d’engagement citoyen et intellectuel. Comment conciliez-vous cette démarche journalistique avec votre travail de romancier ? » »

    Éric Fottorino : « J’ai voulu créer en 2014 un journal qui rassemble ce que je suis : un journaliste de métier et un écrivain de cœur. Aussi je publie beaucoup d’écrivains de tous horizons dans le 1. Il est une sorte de prolongement de mon parcours littéraire. »

    Lesfrancais.press : « Beaucoup de vos romans puisent dans l’intime et l’histoire familiale. Quelle place tient l’expérience personnelle dans votre façon d’écrire sur le monde ? »

    Éric Fottorino : « J’ai une approche sensible des gens et des événements. Sans pour autant céder à l’émotion qui débouche facilement sur le sensationnel ou le racoleur.

    « Le savoir est une alchimie de sensible et de savant »

    Eric Fottorino

    Je publie des écrivains, des poètes, des artistes qui nous offrent une vision du monde nécessaire pour mieux entrer ensuite dans l’analyse rationnelle et savante des événements. Le savoir est une alchimie de sensible et de savant.

    Lesfrancais.press : « Vous avez dirigé un grand quotidien, vous dirigez aujourd’hui une revue indépendante. Que dit votre parcours de la transformation du journalisme ? »

    Éric Fottorino : « Il dit qu’il faut sans cesse se réinventer sur des supports et des formats différents et nouveaux, sans perdre de vue nos valeurs de base : l’indépendance, la ténacité à vouloir comprendre et informer, l’exigence de pédagogie, de clarté, d’ouverture au dialogue et à la nuance. »

    Lesfrancais.press : « Quelle responsabilité particulière pensez-vous qu’a un écrivain face aux crises contemporaines, qu’elles soient sociales, politiques ou écologiques ? »

    Éric Fottorino : « Celle d’un citoyen qui use des mots et raconte des histoires nées dans son imagination pour donner l’envie à d’autres d’agir. »

    Lesfrancais.press : « San Diego est une ville carrefour, entre Amérique du Nord et Amérique latine. Que peut apporter ce contexte à un festival francophone ? »

    Éric Fottorino : « Une meilleure connaissance et donc reconnaissance des deux côtés. »

    Lesfrancais.press : « Le festival met aussi à l’honneur théâtre et cinéma adaptés de livres. Comment voyez-vous ces dialogues entre les arts autour de la littérature ? »

    Éric Fottorino : « Ils se tiennent par la main pour dire que d’un roman peuvent naître autant d’interprétations que de lecteurs. Une œuvre est d’abord un don, une promesse de liberté. »

    Lesfrancais.press : « Enfin, si vous deviez formuler un vœu pour ce premier FLAF, quel serait-il ? »

    Éric Fottorino : « Qu’il soit le premier d’une riche et belle aventure »

  • Journées du Patrimoine 2025 : Découvrez les Trésors Cachés des Consulats et Ambassades de France à l’Étranger

    Journées du Patrimoine 2025 : Découvrez les Trésors Cachés des Consulats et Ambassades de France à l’Étranger

    Chaque troisième week-end de septembre, la France s’ouvre comme un livre d’histoire géant. Palais présidentiels, ministères, théâtres centenaire ou ateliers d’artisans : les Journées du Patrimoine 2025 transforment l’Hexagone en un musée à ciel ouvert, attirant plus de 12 millions de visiteurs en 2024. Mais saviez-vous que cette fête du patrimoine dépasse largement les frontières françaises ? Depuis leur création en 1984, les Journées du Patrimoine ont essaimé dans 50 pays européens, avant de conquérir le monde sous l’impulsion du Conseil de l’Europe et de l’UNESCO. Aujourd’hui, des consulats et ambassades de France sur les cinq continents organisent des événements exclusifs pour les expatriés et les locaux francophiles. Une occasion unique de découvrir les coulisses de la diplomatie, l’architecture des résidences officielles, ou des collections d’art méconnues – le tout, gratuitement. En 2025, avec près de 3 millions de Français vivant à l’étranger, ces journées prennent une dimension particulière. Tour d’horizon des initiatives les plus remarquables, des pays hébergeant les plus grandes communautés françaises (États-Unis, Suisse, Belgique, Canada, Royaume-Uni…) aux pépites insoupçonnées comme le consulat de Ho Chi Minh Ville ou l’ambassade de Pretoria.

    Les origines des Journées du Patrimoine et leur rayonnement international

    Inspiré par la « Journée Portes Ouvertes des Monuments » lancée en 1984 par Jack Lang, alors ministre de la Culture, les Journées du Patrimoine ont comme objectif de démocratiser l’accès au patrimoine et créer du lien social. En 1984, c’étaient 1 500 monuments ouverts en France pour 2 millions de visiteurs. En 1991, l’adoption par le Conseil de l’Europe a transformé l’évènement français en « Journées Européennes du Patrimoine » (JEP). Un coup de projecteur sur ces journées qui ont réuni en 2024, 50 pays pour 30 000 événements, rien qu’en Europe.

    « Le patrimoine est un bien commun.
    Les JEP en sont la célébration la plus populaire. » 

    Rima Abdul Malak, ministre de la Culture en 2024.

    Dès le début des années 2000, le Quai d’Orsay a encouragé les représentations françaises à organiser des événements locaux, en partenariat avec les autorités du pays hôte, participant ainsi à l’internationalisation du Modèle. Avec des succès inédits, comme en 2023, où l’ambassade de France à Washington a accueilli 15 000 visiteurs pour des visites de la résidence de l’ambassadeur (un hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle).

    Cette année, 120 ambassades et consulats participeront tandis qu’on attend près de 13 millions de visiteurs dans les bâtiments du patrimoine de l’hexagone.

    Les Événements Phares dans le monde

    A l’international, comment peut-on trouver les meilleures animations quand on est expatrié ? La rédaction vous a concocté une sélection des événements les plus attendus en 2025.

    Amérique du Nord : Entre Histoire et modernité

    Aux États-Unis où 300 000 Français inscrits au registre consulaire, les autorités consulaires sont mobilisées. Comme à New York, où il est proposé de visiter la résidence de l’ambassadeur (hôtel particulier de la 5ᵉ Avenue, avec jardin à la française) tout en profitant d’une exposition sur les liens franco-américains depuis Lafayette. A l’autre bout des US, los Angeles accueillera une projection de films patrimoniaux au consulat général situé dans la cité des anges. Au nord, à Montréal (Canada), c’est un circuit « Patrimoine francophone » incluant l’Oratoire Saint-Joseph et des ateliers sur l’immigration française au Québec qui vous est offert.

    L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal
    ©L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

    En Europe : Proximité et richesse architecturale

    On commence par la Suisse qui abrite 200 000 Français. Dans ce petit bout de prospérité au cœur de l’Europe, le consulat ouvre exceptionnellement sa bibliothèque et sa collection de fonds anciens sur la Réforme protestante. A Zurich, c’est un concert qui sera donné dans la cour de la résidence consulaire (un ancien château du XIXᵉ).

    On poursuit par la Belgique où sont inscrits 150 000 Français. C’est dans la capitale européenne qu’il faudra se rendre pour visiter les salons diplomatiques de l’ambassade (décors Napoléon III) et assister à des conférences sur les femmes diplomates.

    Pour conclure, ce tour d’horizon, non exhaustif, des animations prévues en Europe par la diplomatie française, on prend la direction du Royaume-Uni (140 000 Français). A Londres, c’est un parcours « French Touch » dans le quartier de South Kensington (lycée français, Institut français, ambassade) qui est proposé. Une façon originale de redecouvrir la capitale britannique.

    Le quartier des Français à Londres
    Le quartier des Français à Londres ©LFP

    Asie : Entre tradition et diplomatie

    Les Journées du patrimoine commencent à traverser les océans pour atteindre les rives du Pacific. Aux antipodes de la France, notre diplomatie tente d’impulser ce rendez-vous.

    Comme au Japon, où résident 50 000 Français, l’Institut français de Tokyo organise des ateliers de calligraphie franco-japonaise. Sur le continent, c’est à Shanghai que le consulat fait une démarche courage. Profitant de ces Journées du patrimoine, une exposition courageuse sur les concessions françaises (1849-1946) est en libre accès. Enfin à Bangkok, nos compatriotes et les francophiles sont invités à découvrir les jardins de l’ambassade (inspirés de Versailles) tout en profitant d’une dégustation de vins français.

    Moyen-Orient : Luxe et patrimoine

    Avant dernière étape de notre tour des Journées du patrimoine, les Émirats Arabes Unis. A Dubai, c’est une soirée « Patrimoine et innovation » dans la Villa France (siège du consulat) qui est organisée le samedi 20 septembre. Ailleurs dans la région, les festivités seront moins clinquantes comme à Beyrouth au Liban où c’est un hommage aux bâtiments Art déco français des années 1920 alors que notre compatriote Jean-Louis Mainguy nous a quitté, il y a quelques semaines. 

    Afrique : Mémoire coloniale et coopération

    Dernier arrêt, l’Afrique, un continent dont les relations complexes avec la France se redéfinissent depuis quelques années. Pour autant, il reste des francophiles et de nombreux Français de l’étranger.

    Les 100 000 Français du Maroc vont pouvoir visiter à Casablanca, l’église Notre-Dame-de-Lourdes (vitraux de Mauméjean). Tandis qu’à Dakar au Sénégal, c’est une conférence sur les archives de la traite négrière conservées au consulat qui est organisée ce week-end.

    Notre Dame de Lourdes à Casablanca
    Notre Dame de Lourdes à Casablanca ©o-maroc.com

    Les Incontournables en France en 2025

    Mais n’oublions pas la France, en particulier pour ceux de passage, c’est l’occasion de redécouvrir notre pays. Voici les pépites à ne pas manquer dans quelques villes françaises :

    • Paris : Palais de l’Élysée (réservation obligatoire), Opéra Garnier (coulisses).
    • Lyon : Traboules de la Croix-Rousse (parcours guidé).
    • Bordeaux : Cité du Vin (accès gratuit aux collections permanentes).
    • Strasbourg : Palais du Rhin (siège de la préfecture, style impérial allemand).

    En plus, en France, comme dans tous les pays européens, vous pouvez télécharger l’appli officielle des JEP pour géolocaliser les événements.

    Application JEP
    Application journées européennes du patrimoine 2025

    On l’a vu ensemble, les Journées du Patrimoine sont bien plus qu’un rendez-vous culturel : elles incarnent le lien vivace entre la France et ses expatriés, ainsi que l’attractivité de son modèle diplomatique. Que vous soyez à Sydney, São Paulo ou Stockholm, votre consulat ou ambassade propose probablement un événement – souvent méconnu même des locaux !

    Comment s’informer ?

    1. Consulter le site de son consulat (liste sur diplomatie.gouv.fr).
    2. Suivre les réseaux sociaux des Alliances Françaises locales.
    3. S’inscrire aux newsletters des comités des Français de l’étranger.
  • Foires aux vins en ligne 2025 : Le guide ultime pour les Français de l’étranger

    Foires aux vins en ligne 2025 : Le guide ultime pour les Français de l’étranger

    Depuis des siècles, les foires aux vins rythment la vie des amateurs de vin en France, offrant l’opportunité de découvrir des crus d’exception à des prix attractifs. Nées dans les grandes surfaces et les cavistes, ces événements se sont progressivement digitalisés, permettant aux expatriés de profiter des mêmes avantages, où qu’ils se trouvent dans le monde. Aujourd’hui, la France reste le leader incontesté du marché vinicole mondial, grâce à la qualité de ses terroirs et à son savoir-faire unique. Mais ce secteur doit aussi faire face à des défis majeurs : le réchauffement climatique, qui menace certains vignobles historiques, et la montée en puissance des vins du Nouveau Monde, qui séduit de plus en plus de consommateurs. Pour les Français de l’étranger, les foires aux vins en ligne sont une aubaine pour garnir leur cave sans quitter leur pays d’accueil. Comme chaque année, on vous propose un décryptage !

    Le vin français dans le monde : réputation, leadership et défis

    La France est le premier producteur mondial de vin en valeur, avec plus de 45 millions d’hectolitres produits en 2025, et le troisième marché en volume. Son vignoble, qui représente 11 % de la surface mondiale, est célèbre pour sa diversité : plus de 200 cépages, des appellations protégées reconnues internationalement, et une réputation d’excellence qui traverse les siècles. Les vins français, notamment ceux de Bourgogne, Bordeaux ou Champagne, sont synonymes de qualité et de prestige, et représentent 50 % des exportations de certaines régions comme la Bourgogne.

    En plus, les Français de l’étranger restent très attachés à ces produits dits de terroirs, qui incarnent un patrimoine culturel et gastronomique unique. En 2025, la France confirme sa position de leader, malgré une consommation nationale en légère baisse, compensée par une demande internationale toujours forte, notamment en Asie et aux États-Unis

    La consommation de vin en France a décru, en volume, de 23 % entre 1996 et 2018. Le rouge est la couleur qui souffre le plus.
    La consommation de vin en France a décru, en volume, de 23 % entre 1996 et 2018. Le rouge est la couleur qui souffre le plus. ©Le Journal des Entreprises

    Les dangers qui pèsent sur le vignoble français

    Le changement climatique accélère la maturation des raisins, avance les dates de vendanges de 2 à 3 semaines par rapport aux années 1980, et modifie la typicité des vins. Selon l’INRAE, 90 % des vignobles côtiers et de basse altitude du sud de l’Europe risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité d’ici la fin du siècle si le réchauffement dépasse +2 °C. Les vignobles français, déjà touchés par des épisodes de gel, de grêle et de sécheresse, doivent s’adapter en testant de nouveaux cépages ou en modifiant leurs pratiques.

    Aussi, le réchauffement climatique profite aussi à des régions plus septentrionales, comme la Wallonie, où les vignerons observent une amélioration de la qualité de leurs vins, même si la rentabilité reste limitée. Parallèlement, les vins du Nouveau Monde (Chili, Argentine, Australie, Afrique du Sud, États-Unis) gagnent des parts de marché chaque année, grâce à des prix compétitifs, des techniques modernes et une approche marketing agressive. Ces vins, souvent plus fruités et accessibles, séduisent une clientèle jeune et internationale, grignotant peu à peu la part des vins français sur les étagères mondiales.

    Face à ces défis, la filière vinicole française mise sur l’innovation : vins bio, désalcoolisés, formats alternatifs (canettes, bag-in-box), et digitalisation des ventes. En 2025, seulement 1,7 % des ventes de vin se font en ligne, mais ce canal est en forte croissance, porté par des plateformes qui offrent une expérience d’achat enrichie et une traçabilité accrue.

    Bordeaux 2050
    De toute évidence, les cépages bordelais devront s’adapter aux nouvelles normes climatiques ou disparaître. ©Dico du vin

    Les foires aux vins en ligne : un événement incontournable pour les expatriés

    Tout d’abord, qu’est-ce donc qu’une foire aux vins en ligne ? Traditionnellement organisées en magasin, les foires aux vins sont des périodes de promotions intenses, deux fois par an (printemps et automne), où les amateurs peuvent acheter des bouteilles à prix réduits. Depuis quelques années, ces événements se sont étendus au web, permettant aux expatriés de profiter des mêmes offres, avec des avantages supplémentaires :

    • Accès à une sélection internationale : vins français, mais aussi du monde entier.
    • Livraison à domicile : où que vous soyez, en Europe ou hors UE.
    • Conseils d’experts : fiches dégustation, accords mets-vins, et recommandations du Guide Hachette ou de la Revue des Vins de France.
    • Exclusivités : cuvées rares, millésimes exceptionnels, et ventes privées réservées aux abonnés

    En achetant lors d’une foire aux vins en ligne, vous pourrez donc réaliser des économies avec des réductions pouvant aller jusqu’à -34 % sur des grands crus. En plus, vous n’aurez pas besoin de vous déplacer, en commandant en quelques clics. Aussi, c’est l’occasion de sortir des sentiers battus en découvrant des régions moins connues (Sud-Ouest, Loire, Jura) ou, pourquoi pas, tenter des vins bio ou naturels. C’est aussi le moment idéal pour faire un cadeau à ses proches en France ou dans votre pays de résidence.

    10 sites pour votre foire aux vins en ligne (15 septembre – 31 octobre 2025)

    Avant de se plonger dans notre sélection de foires aux vins en ligne, on vous donne quelques astuces.

    Comme pour tout achat, il vaut mieux éviter de se précipiter et prendre le temps de comparer les sites. En effet, certains proposent des ventes privées, des accès anticipés, ou des services de stockage. Aussi, avant de charger votre cadi virtuel, faites un tour sur la page dédiée aux livraisons, vérifiez que votre pays et indiqué et renseignez-vous sur les frais de livraison. Ils varient selon le pays et le volume commandé. Aussi, n’hésitez pas à consulter les plateformes comme Vinatis, Millésima ou Cdiscount Vin qui publient des notes et des commentaires clients. Enfin, profitez d’être en ligne, pour consulter aussi des applications de gestion de cave ou dédiées aux conseils d’accords mets-vins, certaines proposent aussi de vérifier l’authenticité en traçant via la blockchain vos bouteilles de vin !!!

    Découvrons la sélection de la rédaction des bons plans 2025

    Nous commençons par 5 sites français :


    Site Période de la foire aux vins 2025 Livraison internationale Points forts

    Vinatis
    5 septembre – 7 octobre Oui (UE et hors UE) +600 cuvées, vins bio, grands crus à -34 %, livraison rapide

    Millésima
    Septembre – mi-octobre Oui (monde entier) Sélection premium, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, service client multilingue

    Cdiscount Vin
    9 – 25 septembre Oui (UE) Prix agressifs, vins bio, promotions flash

    Comptoir des Millésimes
    3 septembre – 10 octobre Oui (UE et hors UE) Grands Bordeaux, vignerons partenaires, livraison sécurisée

    Le petit ballon
    5 septembre – 5 octobre Oui (UE ) Abonnement avec livraison mensuelle, découvertes et exclusivités

    Carrefour Ma Cave
    9 septembre – 26 octobre Oui (UE ) Large choix, promotions sur les appellations phares, livraison en 48h

    On enchaine avec les sites basés dans d’autres pays qui proposent aussi des vins français.


    Site Période de la foire aux vins 2025 Livraison internationale Points forts

    Wine.com (USA)
    Septembre – octobre Oui (monde entier) Sélection mondiale, livraison express, outils de gestion de cave

    Vivino (Danemark)
    Toute l’année (promos en septembre) Oui (monde entier) Communauté d’amateurs, notes et avis, livraison partenaire locale

    Laithwaite’s (UK)
    Septembre – octobre Oui (UE et hors UE) Vins du monde, coffrets cadeaux, service personnalisé

    Naked Wines (UK/USA/AU)
    Promos automnales Oui (monde entier) Vins exclusifs, financement direct des vignerons, livraison flexible

    Wine-Searcher
    Toute l’année Oui (monde entier) Comparateur de prix, accès aux cavistes locaux et internationaux

    Les frais de douanes

    Dernier point à ne pas oublier quand on se fait livrer à l’international, les frais de douanes. Donald Trump a provoqué un big-bang, les règles ont changé dans de nombreux pays.

    En effet, lorsque vous faites livrer du vin hors de l’Union européenne, des droits de douane et des taxes locales (accises, TVA) peuvent s’appliquer. Par exemple, depuis un pays de l’UE vers un pays hors UE : pas de droits si la valeur est inférieure à 150 € (selon les accords, attention aux USA, c’est 15%), mais taxes locales possibles (ex. : 1,75 % d’accise en France en 2025)

    En conclusion, on vous rappelle que le vin pour un Français n’est pas qu’une boisson mais un élixir de nos terroirs. Pour les Français de l’étranger, une bonne bouteille reste un indispensable de la table, un symbole de convivialité et de patrimoine. Les foires aux vins en ligne offrent une opportunité unique de se réapprovisionner en vins d’exception, tout en découvrant de nouveaux terroirs. Que vous soyez amateur de Bordeaux, de Bourgogne ou de vins du Nouveau Monde, ces événements sont l’occasion de garnir votre cave à moindre coût, tout en soutenant une filière qui fait la fierté de la France.

    Et vous, quel vin ne quitte jamais votre table ? Partagez vos coups de cœur en commentaire

  • Voyager en avion avec son chien : règles, compagnies dog-friendly et alternatives pour les expatriés

    Voyager en avion avec son chien : règles, compagnies dog-friendly et alternatives pour les expatriés

    En 2025, la France compte plus de 79 millions d’animaux de compagnie, et 68 % des Français considèrent leur chien ou leur chat comme un membre à part entière de la famille. Pourtant, voyager avec son chien, surtout en avion, reste un parcours semé d’embûches : réglementations strictes, restrictions selon les races, et risques sanitaires pour les animaux brachycéphales comme les bouledogues français. Entre les formalités administratives, les limites de poids en cabine, et les craintes pour le bien-être de l’animal, l’expatriation ou le voyage avec un compagnon à quatre pattes peut vite devenir un casse-tête. Comment s’y retrouver ? Quelles compagnies autorisent les chiens en cabine, quel que soit leur poids ? Quelles sont les alternatives pour un transport intercontinental sécurisé ? Voici un guide complet pour préparer sereinement votre voyage avec votre chien.

    Voyager en avion avec son chien

    Pour voyager avec un chien en avion, plusieurs conditions s’imposent, surtout si vous quittez ou rejoignez la France :

    • Identification : Puce électronique obligatoire et passeport européen pour les chiens, chats et furets.
    • Vaccination : Vaccin antirabique à jour (valide 21 jours après l’injection) et rappel annuel.
    • Règles selon la destination : Certains pays, comme les États-Unis, imposent des réglementations sanitaires supplémentaires.

    En France, le transport en avion des chiens est encadré :

    • En cabine : Seuls les chiens de moins de 8 kg (sac de transport inclus) sont généralement acceptés, sauf exceptions.
    • En soute : Les chiens entre 8 et 75 kg doivent voyager avec les bagages, dans une caisse homologuée IATA.

    Le non-respect des règles peut entraîner des refus d’embarquement, des amendes, ou des poursuites en cas de fraude sur les documents sanitaires. Par ailleurs, les compagnies aériennes peuvent être tenues responsables en cas de problème de santé ou de décès de l’animal, ce qui a poussé certaines à durcir leurs conditions.

    Des risques pour les races brachycéphales

    Comme pour les chiens à museau court (dont notre bouledogue français, mais aussi les carlins, boxers, etc.) qui sont particulièrement vulnérables en avion. Leur anatomie les expose à des problèmes respiratoires, surtout en soute, où la température et la pression peuvent varier brutalement. Depuis 2019, plusieurs compagnies, dont Air France, interdisent le transport en soute de ces races, après des incidents tragiques. Les propriétaires de bouledogues français doivent donc privilégier la cabine ou des solutions alternatives, sous peine de voir leur animal refusé à l’embarquement.

    Les chiens en cabine : l’exemple italien

    Depuis mai 2025, l’Italie a révolutionné le transport aérien en autorisant tous les chiens et chats en cabine, sans limite de poids, à condition qu’ils voyagent dans une cage adaptée et fixée au siège. Cette mesure, saluée par les associations de défense animale, répond à une demande croissante des voyageurs et pourrait inspirer d’autres pays européens. Les compagnies italiennes sont désormais libres de fixer leurs tarifs pour ce service, ouvrant la voie à une segmentation du marché (transport premium vs. standard).

    Cette évolution reflète une tendance vers plus de flexibilité, mais chaque pays et chaque compagnie conserve ses propres règles. Il est donc essentiel de vérifier les conditions avant de réserver.

    Chien Jet privé
    Image d’illustration ©Adobestock

    Alternatives au transport aérien classique pour les expatriés avec chien

    Il existe aussi des solutions dédiées, comme Woof Airlines, Bagages du Monde ou Air Transport Animal. Ces sociétés proposent des services sur mesure pour le transport intercontinental des animaux, avec un accompagnement personnalisé et un suivi vétérinaire. Ces solutions, bien que plus coûteuses, garantissent un voyage sécurisé et moins stressant pour l’animal.

    Sur le même continent

    Pour les trajets au sein d’une région du globe, le train (SNCF) ou le ferry peuvent être des alternatives, sous réserve des règles spécifiques à chaque opérateur. Pour les expatriations lointaines, des agences spécialisées organisent le transport par avion-cargo, avec des escales adaptées et un encadrement vétérinaire.

    Voyager avec son chien en avion exige une préparation minutieuse, surtout pour les races à risque ou les grands gabarits. Si l’Italie montre la voie en autorisant tous les chiens en cabine, la plupart des pays maintiennent des restrictions. Pour les expatriés, les solutions spécialisées (cargo accompagné, agences de transport) offrent une alternative rassurante. En attendant une harmonisation européenne, renseignez-vous auprès des compagnies et des autorités sanitaires, et privilégiez toujours le bien-être de votre compagnon.

    Préparation et conseils pratiques

    • Habituer son chien à sa cage plusieurs semaines avant le voyage.
    • Choisir un vol direct pour limiter le stress.
    • Vérifier les formalités douanières du pays de destination, notamment pour les chiens de catégorie 1 ou 2.
  • Les actifs immobiliers et financiers face au vieillissement démographique

    Les actifs immobiliers et financiers face au vieillissement démographique

    « La démographie, c’est le destin. ». Cette formule d’Alfred Sauvy, économiste et démographe, demeure d’une acuité saisissante à l’heure où les pays développés sont confrontés au mur du vieillissement. Alfred Sauvy rappelait que la population n’est pas une donnée extérieure à l’économie, elle en est la colonne vertébrale, le ressort invisible qui irrigue la production, la consommation et l’innovation. Les Trente Glorieuses ont démontré toute l’importance de la démographique. Entre 1946 et 1973, la France voit ainsi sa population passer de 40 à 52 millions d’habitants, portée par le baby-boom. Chaque année, plus de 850 000 naissances nourrissent la demande et l’investissement. La croissance du PIB dépasse alors 5 % par an. Aujourd’hui, le contraste est frappant. En France, le taux de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme en 2024, contre plus de 2,9 au début des années 1960. La part des plus de 65 ans atteint 21 % de la population, et le rapport cotisants/retraités qui était de 4 en 1960, n’est plus que de 1,7 en 2023. Alfred Sauvy avait écrit : « Quand les jeunes manquent, c’est l’avenir qui s’étiole. ». Une démographie dynamique ne se résume pas à une question d’effectifs. En effet, c’est plus d’actifs pour produire, plus de consommateurs pour acheter, plus d’esprits jeunes pour innover et bousculer les routines. À l’inverse, le vieillissement installe une économie de rente et de précaution, moins portée à prendre des risques, à entreprendre, à inventer.

    Cycles financiers et démographiques

    Les marchés financiers et immobiliers épousent également les cycles démographiques même si des décalages dans le temps peuvent se produire. Dans une population vieillissante, à terme, le prix des actifs est amené à s’éroder.

    Lors de ces trente dernières années, l’espérance de vie à la naissance a gagné plusieurs années dans toutes les grandes économies, à l’exception notable des États-Unis. En zone euro, elle est passée de 79 ans à plus de 82 ans entre 1995 et 2023. Au Japon, elle atteint désormais 85 ans, La Chine et l’Inde ont également connu des progrès rapides et un rattrapage spectaculaire. L’espérance de vie est passée de 69 ans en 1995 à 77 ans en 2023 pour la Chine en 2023 et de 62 ans à 70 ans pour l’Inde. Les États-Unis confrontés à une montée de l’obésité et de la consommation d’opiacées n’ont pas connu de progrès en matière d’espérance de vie. Elle est stable depuis trente ans, autour de 77 ans.

    Le deuxième moteur du vieillissement est la chute du taux de fécondité. En Europe, on tourne autour de 1,5 enfant par femme, bien en-deçà du seuil de remplacement des générations (2,1). Le Japon, se situe même à 1,3 et la Corée du Sud tourne autour de 0,8. La Chine suit le même chemin que les pays occidentaux malgré l’abandon de la politique de l’enfant unique. Le taux de fécondité n’y dépasse pas 1,5 enfant par femme. En revanche, l’Inde conserve une fécondité supérieure à 2,0, gage de renouvellement démographique, tandis que les États-Unis se maintiennent autour de 1,7.

    Ces deux mouvements – allongement de l’espérance de vie et baisse du nombre de naissances – transforment en profondeur la structure des populations. Le rapport entre les 65 ans et plus et les 15-64 ans, indicateur clé de dépendance, augmente rapidement. Dans la zone euro, il est passé de 20 % en 1995 à près de 35 % en 2025, et il dépassera 55 % en 2045. Après avoir profité d’un dividende démographique, la Chine, a basculé dans le vieillissement. À l’inverse, le taux en Inde est de 15 % en 2025. Aux États-Unis, il avoisine 30 %.

    Trop de biens immobiliers ?

    Dès lors, l’économie s’oriente vers un excès structurel d’offre d’actifs financiers et immobiliers. Les retraités vendent leurs biens pour financer leur retraite, tandis que les jeunes, moins nombreux, sont dans l’incapacité de les absorber. Le Japon est le laboratoire de cette mécanique. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière des années 1990, les prix des logements sont orientés à la baisse. En Europe, l’indice immobilier de la zone euro, base 1995=100, plafonne à 200 en 2025, loin derrière les dynamiques américaines. La progression des prix des logements concerne essentiellement les grandes villes qui concentrent une part croissante de la population. Depuis plusieurs années, l’immobilier chinois connaît une crise profonde. La contraction de la population active a provoqué une baisse des prix. Après avoir doublé entre 2009 et 2019, ils ont perdu plus de 20 % en cinq ans. À l’opposé, les États-Unis et l’Inde affichent des hausses soutenues. L’indice immobilier américain dépasse 350 en 2024 (base 2009=100), tiré par la croissance démographique et le crédit abondant. Avec une urbanisation galopante et une fécondité encore élevée, l’Inde, connaît une forte progression avec un indice proche de 400.

    Crise Immobilier
    Image illustration ©Adobestock

    Les bourses aussi ?

    Les indices boursiers reflètent également l’évolution démographique. Depuis 1995, l’indice Sensex indien a gagné près de 2 500 %, porté par la jeunesse de sa population, l’essor technologique et la confiance des investisseurs étrangers. De son côté, le S&P 500 américain a multiplié sa valorisation par près de 7 depuis 1995. Ce dynamisme s’explique par une démographie moins défavorable, mais aussi par la montée en puissance des entreprises du secteur des technologies de l’information. La relative vigueur de la natalité et l’immigration entretiennent un flux constant d’acheteurs d’actifs.

    À l’inverse, l’Euro Stoxx 50 peine à tripler sa valeur en trente ans. Le Nikkei japonais, malgré un rebond depuis un an a connu une lente stagnation depuis 1990. L’indice chinois « Shanghai Composit » stagne depuis 15 ans et illustre l’essoufflement d’une économie vieillissante avant même d’avoir pleinement émergé.

    Eurotsoxx-50
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    La corrélation entre valorisation des actifs et démographie n’est pas parfaite. Les pénuries de logements dans certaines métropoles et le durcissement des règles d’urbanismes maintiennent artificiellement des prix élevés malgré le vieillissement. Les achats par les non-résidents peuvent compenser la faiblesse de la demande domestique, en particulier en Europe. Ces effets correctifs ne joueront pas indéfiniment. Sur le long terme, les prix devront baisser d’autant plus que les pouvoirs publics limiteront la progression des pensions de retraite et la prise en charge des dépenses de santé.

    L’investisseur européen ou japonais ne peut plus extrapoler le passé. L’idée que « la pierre monte toujours » ou que « les actions finissent par performer » se heurte à la réalité du vieillissement. La prudence impose. Pour contrer cette réalité, une diversification internationale s’impose, en particulier vers les zones jeunes et dynamiques (Inde, États-Unis, Canada, Asie du Sud-Est et Afrique à terme). Il convient de surveiller l’évolution des politiques migratoires qui détermineront la vitalité future des marchés domestiques. Pour éviter toute déconvenue, les investisseurs doivent réévaluer la place de l’immobilier résidentiel dans leur patrimoine.

    Le vieillissement agit comme une force de gravité sur les prix des actifs. Les États-Unis et l’Inde bénéficient d’un réel avantage avec une démographie favorable à la différence de l’Europe, de la Chine et du Japon. Pour ces derniers, une dépréciation du cours des actifs est loin d’être improbable même si pour le moment certains facteurs peuvent retarder l’échéance.

  • Protéger son entreprise contre l’imprévisible : pourquoi une assurance pro est essentielle

    Protéger son entreprise contre l’imprévisible : pourquoi une assurance pro est essentielle

    Dans le monde de l’entrepreneuriat, l’incertitude fait partie du quotidien. Que l’on soit auto entrepreneur, dirigeant d’une PME ou fondateur d’une start-up ambitieuse, chaque journée amène son lot de décisions, de défis et parfois d’imprévus. Et si beaucoup d’entrepreneurs concentrent leur énergie sur la performance et la croissance, il est tout aussi crucial de penser à la protection. C’est ici qu’intervient l’assurance professionnelle, souvent abrégée en assurance pro, un pilier discret mais vital pour garantir la continuité de l’activité.

    L’imprévisible fait partie du métier

    Un client insatisfait qui intente une action en justice, un dégât matériel qui empêche de travailler, un accident qui engage la responsabilité civile de l’entreprise. Ces situations ne se prévoient pas toujours, mais elles peuvent avoir des conséquences lourdes. Dans certains cas, elles sont capables de mettre en péril des années d’efforts.

    Pourtant, la réalité est simple : aucun entrepreneur ne peut tout contrôler. Même avec la meilleure organisation, les bonnes pratiques et la plus grande qualité de service, il reste toujours une part de risque. C’est précisément pour couvrir ces failles que l’assurance pour les pros a été créée pour répondre là où les ressources personnelles ou financières ne suffiraient pas.

    La responsabilité civile : une couverture incontournable même pour un auto entrepreneur

    Parmi les protections les plus importantes figure la responsabilité civile professionnelle. Elle couvre l’auto entrepreneur ou l’entreprise en cas de dommages causés à un tiers, que ce soit par une erreur, une omission ou un accident lié à l’activité.

    Prenons un exemple concret. Imaginez un consultant qui, par inadvertance, fournit une phrase erronée dans un rapport stratégique, conduisant son client à prendre une mauvaise décision. Ou encore un artisan qui, en réalisant un chantier, endommage le matériel de son client. Dans ces deux cas, la responsabilité civile pourrait être engagée, et les conséquences financières seraient lourdes sans assurance pro.

    L’assurance pro comme réponse adaptée aux besoins réels

    L’avantage d’une assurance professionnelle est sa capacité à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque activité. Un auto entrepreneur dans le domaine du conseil n’aura pas les mêmes risques qu’un restaurateur, ni qu’une agence de communication digitale. Les contrats sont donc pensés pour offrir une réponse personnalisée et pertinente.

    Aujourd’hui, il est possible de comparer facilement les formules, d’évaluer la couverture nécessaire et de trouver un équilibre entre budget et protection. Certaines assurances incluent même des volets liés à la santé ou à la protection sociale, permettant de sécuriser à la fois l’entreprise et la personne qui la porte.

    Un investissement, pas une contrainte

    Beaucoup d’entrepreneurs considèrent encore l’assurance comme une charge obligatoire, une formalité administrative qu’il faut régler parce qu’il le faut. Pourtant, l’assurance professionnelle doit être vue comme un investissement stratégique.

    En protégeant l’activité, elle permet d’agir avec plus de confiance, d’oser prendre des actions ambitieuses et de rassurer les clients. Une page d’un site internet peut vanter la qualité d’un service, mais c’est souvent la preuve d’une couverture par une assurance pro qui renforce réellement la crédibilité d’une entreprise aux yeux de ses partenaires.

    L’assurance pro : un gage de performance à long terme

    Un entrepreneur qui a anticipé les risques sait qu’il ne sera pas paralysé par un imprévu. Cette sérénité se traduit par une meilleure performance globale : moins de stress, plus de disponibilité mentale et la possibilité de se concentrer sur ce qui compte vraiment, le développement de l’activité.

    De plus, dans un contexte économique instable, la capacité à se relever rapidement après un incident est un atout précieux. L’assurance n’empêche pas les difficultés, mais elle garantit que leur impact ne sera pas fatal. Elle devient donc un levier de résilience, et par conséquent un outil stratégique de croissance durable.

    Choisir son assurance professionnelle avec discernement

    Le marché propose aujourd’hui une grande variété d’offres. Pour faire le bon choix, il ne s’agit pas seulement de comparer les prix, mais surtout de vérifier que le contrat répond aux besoins réels de l’activité.

    Voici quelques critères à examiner :

    • La couverture de la responsabilité civile.
    • Les garanties spécifiques à son secteur.
    • Les exclusions éventuelles qui peuvent limiter l’efficacité du contrat.
    • La qualité du service client et la rapidité de réponse en cas de sinistre.

    Un bon assureur ne se contente pas de vendre un produit : il doit accompagner l’entrepreneur dans ses choix, l’aider à anticiper les risques et proposer des solutions évolutives au fil de la croissance de l’entreprise.

    Protéger son entreprise contre l’imprévisible n’est pas une option, mais une nécessité. L’assurance pro, qu’il s’agisse d’un auto entrepreneur ou d’une société plus établie, représente une réponse pragmatique et efficace aux aléas du quotidien. Elle sécurise la responsabilité civile, protège la santé financière et humaine de l’activité, et constitue un gage de qualité et de confiance pour les clients.

    En somme, l’assurance professionnelle n’est pas une simple formalité : c’est l’un des piliers invisibles qui permettent à une entreprise de grandir, d’évoluer et de performer durablement, en sachant qu’elle dispose toujours d’un filet de sécurité solide.

  • 18 septembre 2025 : Grèves en France et dans le réseau AEFE

    18 septembre 2025 : Grèves en France et dans le réseau AEFE

    Paris, Lyon, Marseille, mais aussi Nantes, Toulouse ou Clermont-Ferrand : ce jeudi 18 septembre 2025, la France a vécu une nouvelle journée de grèves et de manifestations massives, dans la continuité du mouvement entamé le 10 septembre. Avec plus de 1,5 million de manifestants selon les syndicats (580 000 pour le ministère de l’Intérieur), cette mobilisation marque un le rapport de force entre le nouveau gouvernement mené par Sébastien Lecornu et les organisations syndicales, déterminées à faire reculer les réformes sur les retraites, le pouvoir d’achat et les services publics. À l’appel de la CGT, FO, l’UNSA, la FSU et Solidaires, les cortèges ont défilé dans plus de 200 villes, souvent sous haute tension, avec des affrontements violents à Paris, Lyon et Bordeaux.

    Pour les Français de l’étranger, les conséquences sont immédiates : aéroports paralysés, trains annulés, et même des écoles du réseau AEFE partiellement touchées par la grève. Alors que la presse internationale scrute cette « crise à la française », les syndicats appellent déjà à une nouvelle journée d’action le 25 septembre, tandis que l’exécutif maintient sa ligne, malgré un dialogue social au point mort. Retour sur une journée qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire sociale récente.

    Des métropoles aux villes moyennes, un bilan contrasté

    Plus de 500.000 participants ont manifesté dans toute la France, ce jeudi 18 septembre, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Le syndicat CGT, lui, évoque une mobilisation de « plus d’un million de personnes ». Dans l’ensemble, les différentes manifestations se sont déroulées dans le calme. Mais, des heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre ont tout de même eu lieu dans certaines villes de France, comme Rennes, Lyon ou encore Paris. 

    Les leaders de la CFDT, Marylise Léon, et de la CGT, Sophie Binet, ont annoncé que l’intersyndicale se réunirait, ce vendredi 19 septembre, pour décider de la suite du mouvement. « Il y aura une expression de l’intersyndicale demain [vendredi, NDLR] et donc l’idée, c’est bien de mettre le Premier ministre face à ses responsabilités« , a déclaré Marylise Léon, dans RTL Soir.

    Lors d’un point presse, ce jeudi soir, Bruno Retailleau s’est félicité que « la France n’a pas été bloquée » malgré « 7.300 individus radicalisés » présents dans les cortèges. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a annoncé que 309 personnes ont été arrêtées dans toute la France. Parmi elles, 134 ont été placées en garde à vue.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé, ce jeudi soir, au terme d’une deuxième journée de mobilisation à l’appel de tous les syndicats, que les « revendications » des manifestants pour plus de justice sociale et fiscale étaient « au cœur des consultations » qu’il a engagées avec les forces politiques et syndicales depuis sa nomination. Désireux de « poursuivre le dialogue », il ajoute qu’il recevra « à nouveau les forces syndicales dans les jours qui viennent ».

    Enfin, le nouveau locataire de Matignon dit condamner « avec la plus grande sévérité » les « exactions » contre les forces de l’ordre ». « La violence n’est pas un moyen d’action politique légitime, et personne ne doit l’excuser. Il ne peut y avoir de liberté de manifester sans le respect des lois », a ajouté le chef du gouvernement.

    Les manifestants boulevard du Temple
    Les manifestants boulevard du Temple, à quelques pas de la place de la République, jeudi 18 septembre 2025 à Paris. ©AFP

    Lyon et Marseille : des mobilisations massives, mais moins violentes

    À Lyon, 80 000 personnes (35 000 pour la préfecture) ont défilé entre Bellecour et la Part-Dieu, avec un mot d’ordre clair : « Macron, démission ! ». La CFDT Rhône a souligné une « colère populaire qui monte », notamment chez les agents hospitaliers et les enseignants.

    Tandis qu’à Marseille, 60 000 manifestants (22 000 pour la police) ont convergé vers la préfecture, avec une forte présence des dockers du port et des infirmiers de l’AP-HM. Ici, pas de violences, mais une ambiance déterminée.

    Cortège arrivant sur le vieux port à Marseille
    Cortège arrivant sur le vieux port à Marseille ©Fabien Ferasson/LFP

    Les villes moyennes entrent dans la danse

    Contrairement aux mouvements précédents, les villes de taille moyenne ont été très mobilisées :

    • Nantes : 30 000 manifestants (12 000 pour la préfecture), avec un blocage partiel de l’autoroute A83 par des agriculteurs et des routiers.
    • Toulouse : 25 000 personnes (10 000 pour la police), avec une grève totale des tramways.
    • Clermont-Ferrand : 15 000 manifestants (5 000 pour la préfecture), une première depuis 2010.
    • Strasbourg : 20 000 personnes, avec une forte participation des Allemands frontaliers (syndicats DGB en soutien).
    Montpellier - plus de 10.000 personnes dans le cortège de la manifestation du 18 septembre 2025.
    Montpellier – plus de 10.000 personnes dans le cortège de la manifestation du 18 septembre 2025. • © A.Duffaud/FTV

    Transports : aéroports et gares dans le chaos

    Évidemment, les conséquences pour les expatriés furent nombreuses. Des centaines de Français se sont retrouvés bloqués, comme en témoigne, à l’AFP, Paul, 32 ans, en partance pour Montréal : « Mon vol a été annulé à la dernière minute. Air France me propose un remplacement… dans 5 jours. Comment je fais pour le travail ? »

    Si les avions ont dû rester au sol ou être très en retard, c’est que les contrôleurs aériens (SNCTA) furent partie prenante avec 20% d’absentéisme, contre 10% habituellement. Et les bagagistes (CGT) ont aussi apporté leur contribution à cette pagaille, provoquant des retards accumulés sur les correspondances. Sur rail aussi, c’était compliqué. Thalys et Eurostar ont vu leurs lignes très perturbées, avec des annulations vers Bruxelles et Londres.

    L’AEFE touchée ? partiellement

    Lyon, New York, Dubai… Ce jeudi 18 septembre, le mouvement social a dépassé les frontières de l’Hexagone. Le réseau des 566 établissements de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), qui scolarise 390 000 élèves dans 138 pays, a été partiellement paralysé par la grève. Professeurs, personnels administratifs et même parents d’élèves se sont mobilisés, créant des perturbations inédites pour les 2,5 millions de Français établis hors de France.

     »On paie très cher pour que nos enfants aient un enseignement à la française. Aujourd’hui, on nous dit que les profs sont en grève pour défendre leur retraite… mais qui défend nos intérêts à nous, parents ? Personne. Le consulat nous renvoie vers l’AEFE, qui nous renvoie vers les établissements. C’est l’omerta. »

    Clara, 34 ans, mère de deux enfants scolarisés au lycée français de Bruxelles

    Document de la FSU
    Document de la FSU ©FSU

    D’après les premiers bilans syndicaux, entre 20 % et 40 % des enseignants ont fait grève dans les lycées français les plus emblématiques, avec des disparités fortes selon les continents. Quelques exemples communiqués par nos confrères et les syndicats sont centralisés dans le tableau ci-dessous.


    Ville Etablissement Taux de grès (enseignants) Perturbation Source
    Londres Lycée Charles de Gaulle 42 % Cours annulés en lycée, primaire maintenu Le Petit Journal Londres
    New York Lycée français de New York 25 % Retards et classes fusionnées French Morning
    Madrid Lycée français Molière 38 % Grève totale en seconde et terminale El País
    Dubai Lycée français international 18 % Assemblée générale des profs The National
    Casablanca Lycée Lyautey 35 % Manifestation devant l’ambassade TelQuel
    Montréal Collège Stanislas 12 % Mouvement symbolique Radio-Canada
    Singapour Lycée français de Singapour 10 % Pas de perturbation majeure Strait Times

    Deux raisons expliquent ce sursaut militant dans un réseau souvent perçu comme « à l’abri » des tensions sociales. En premier, comme en France, c’est le financement des retraites qui préoccupe. Les enseignants expatriés cotisent au régime général français et seront donc impactés par le report à 64 ans. Pour exemple, une enseignante de 58 ans au lycée de Tokyo risque de devoir travailler jusqu’à 66 ans pour toucher une retraite complète.

    « Beaucoup d’entre nous ont commencé tard leur carrière à l’étranger. À 64 ans, qui aura l’énergie d’enseigner sous 40°C à Dubai ou dans des classes surchargées à New York ? »

    Marc Lefèvre, professeur de physique à Abu Dhabi (interviewé par Français du monde).

    Deuxième sujet tendu, le gel des salaires qui a été mis en place depuis 2023. Alors que le coût de la vie explose dans des villes comme Genève (+12 % en 2 ans) ou San Francisco (+9 %), les grilles salariales de l’AEFE n’ont pas été revalorisées.

    « C’est historique. D’habitude, les grèves en métropole n’ont que peu d’écho ici. Là, les collègues ont répondu présents. Les réformes sur les retraites et les salaires nous concernent aussi : beaucoup d’entre nous cotisent pour la retraite française et subissons la même précarité que nos collègues de métropole  »

    Cécile Morvan, professeure d’histoire au lycée français de Londres et déléguée syndicale Snuipp-FSU.

    Des perturbations concrètes pour les familles expatriées

    Et demain ? Encore des grèves ?

    Pour les parents d’élèves, souvent des cadres en mobilité professionnelle, ces grèves tombent au plus mauvais moment. À Londres, des cours ont été annulés pour les lycéens, obligeant certains parents à poser un jour de congé ou à recourir à des gardes d’enfants d’urgence. À New York, des classes ont été fusionnées, avec jusqu’à 35 élèves par salle.

    Pour autant, la direction de l’AEFE, pourtant désavouée il y a quelques semaines par son ministre de tutelle, ne semble pas prendre conscience de la crise. Dans un communiqué laconique publié jeudi après-midi, l’agence reconnaît « des perturbations localisées » mais assure que « la continuité pédagogique est assurée dans l’immense majorité des établissements ». Une réponse qui a ulcéré les syndicats : « Ils minimisent la situation. À Madrid, des élèves de terminale ont été renvoyés chez eux faute de profs. C’est ça, leur ‘continuité pédagogique’ ? », ironise Isabelle Gonzalez, secrétaire académique du Snuipp-FSU Espagne.

    Mais derrière les motifs économiques, se cache aussi une colère plus large contre la politique menée par l’Agence. Les motifs de discordes ne manquent pas comme la suppression de postes, pour rappel, l’AEFE a perdu 200 enseignants depuis 2023 en raison de restrictions budgétaires et ce alors que Emmanuel Macron s’était engagé à doubler le nombre d’élèves dans le réseau. Car entre la politique internationale menée par la France ces dernières années et le cout prohibitif, les Français de l’étranger ne se ruent pas au portillon, d’ailleurs les étrangers non plus. Ce qui conduit forcément à des fermetures de classes comme à Beyrouth ou Sao Paulo. Ailleurs, des sections bilingues sont menacées de suppression faute de moyens. Enfin le sujet majeur qui préoccupe les syndicats c’est la précarisation des contractuels. Dans certains lycées, jusqu’à 30 % des profs sont en CDD, sans sécurité de l’emploi.

    Eh, oui, le réseau AEFE ne sera plus un sanctuaire. Les syndicats ont déjà annoncé une journée de mobilisation dans tous les établissements AEFE, avec des rassemblements devant les ambassades, le 25 septembre. En Octobre, c’est la préparation d’une grève des corrections du baccalauréat (comme en 2018), qui pourrait paralyser les examens pour les terminales.

    Que ce soit dans l’hexagone ou à l’étranger, La France de 2025 est à un carrefour. Une chose est sûre : les Français, où qu’ils soient, ne restent pas indifférents.