Crées à l’initiative de la sénatrice Samantha Cazebonne, les Palmes de l’EFE (enseignement français à l’étranger) annoncent l’ouverture d’une saison 2. Lors de l’édition inaugurale 291 projets portés par 181 établissements répartis dans 79 pays avaient rivalisé d’innovation dans les sept catégories du concours. Cette année, les organisateurs misent sur une participation tout aussi dynamique et espèrent découvrir des initiatives aussi inspirantes qu’inédites. Alors comment candidater ? Quelles sont les dates clés ? Quelles nouveautés attendent les participants ? On vous dit tout sur l’édition 2026.
Des Palmes pour célébrer l’enseignement français à l’étranger
Initiées par la sénatrice des Français établis hors de France et ancienne proviseure, Samantha Cazebonne, et placées sous le haut patronage du Président de la République française, les Palmes de l’EFE ont pour ambition de mettre en lumière les projets les plus remarquables menés par l’ensemble de la communauté éducative. Celle-ci allant des élèves aux parents en passant par les professeurs et toutes les autres équipes œuvrant dans les établissements français à l’étranger.
« Avec les Palmes, nous voulons rendre hommage à celles et ceux qui font vivre l’enseignement français à l’étranger. C’est une reconnaissance que la France doit à son réseau et aux communautés scolaires qui le portent. »
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France
Lors de la première édition des Palmes du réseau de l’enseignement français à l’étranger, ce sont ainsi 291 projets issus de 181 établissements dans 79 pays qui avaient concouru dans sept catégories. Une cérémonie de remise à la Sorbonne avait eu lieu le 13 mars dernier. 12 palmes avaient alors été décernées. Celles-ci ayant pour ambition de célébrer et valoriser les femmes et les hommes qui, chaque jour, donnent de leurs temps et communiquent leur passion pour « construire un monde un peu meilleur », comme l’avait notamment déclaré Claudia Scherer-Effosse, la directrice générale de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) au cours de son intervention.
7 catégories pour les Palmes, et une palme d’honneur
Cette année, les organisateurs espèrent une participation encore plus large, avec des initiatives inspirantes, reproductibles et porteuses de sens.
Samantha Cazebonne, sénatrice organisatrice des Palmes EFE
Organisé en partenariat avec la plateforme collaborative ReflexeS, ce sont toujours sept catégories ainsi qu’une Palme d’honneur qui sont proposées aux participants, à savoir :
La Palme de l’action culturelle (pratiques artistiques, diversité culturelle, découvertes d’œuvres,…)
La Palme de l’action innovante (nouvelles méthodes d’apprentissage, impact sur le bien-être, projet collaboratif,…)
La Palme de l’Engagement associatif (actions de solidarités, de soutien mutuel, du vivre ensemble,…)
La Palme de l’Inclusion et lutte contre les discriminations (valoriser la diversité, les différences, le respect, l’accueil des élèves en situation de handicap, …)
La Palme de la Promotion de la linguistique (ateliers d’apprentissage de langues, échanges interculturels)
La Palme du parcours Avenir (orientation, découverte des métiers, liens avec le monde professionnel,…)
La Palme de l’Ouverture sur le pays d’accueil (échanges avec les communautés locales, partenariats avec le pays hôte, dialogue culturel à la française,… )
Les vainqueurs de la Palme EFE 2025 de l’inclusion
Pour cette édition 2026, une Palme d’honneur sera notamment attribuée à un projet en faveur de l’éducation des filles et femmes afghanes. Depuis le retour des Talibans au pouvoir, l’éducation est interdite aux filles de plus de 12 ans, alors que Kaboul comptait 2 lycées français, le lycée Esteqlal et le lycée Malalaï. Cette récompense « portera la voix des établissements scolaires français à l’étranger en faveur de la liberté d’apprendre, de penser et de s’émanciper » selon les initiateurs des palmes de l’EFE.
Les nouveautés de l’édition 2026 des Palmes EFE
Si les catégories restent à l’identique d’une année sur l’autre, l’expérience de la précédente édition a permis de faire évoluer le processus de candidatures, notamment en proposant les deux nouveautés suivantes :
4 zones géographiques sont dorénavant définies, à savoir l’Afrique, l’Asie-Océanie-Moyen Orient, les Amériques et l’Europe ; cette nouvelle organisation géographique devrait permettre de faciliter la sélection des actions récompensées. Les lauréats de zones seront ainsi automatiquement qualifiés pour participer aux Palmes nationales ;
Alors que l’an dernier, les écoles devaient choisir leur catégorie, chaque établissement pourra désormais candidater sur chacune des 7 thématiques et à la Palme d’honneur ;
Qui peut participer à l’édition 2026 des Palmes EFE ?
Le concours est ouvert à tous les établissements homologués du réseau EFE (Enseignement français à l’étranger), ainsi qu’aux équipes pédagogiques (enseignants, CPE, chefs d’établissement), aux collectifs d’élèves (clubs, associations scolaires) et aux associations affiliées (parents d’élèves, anciens élèves, partenaires locaux).
Comment candidater et soumettre son projet ?
Pour déposer votre dossier, la date limite de soumission des projets pour les Palmes de l’EFE est fixée au 18 décembre 2025 à 23 h 59 (heure de Paris). Chaque candidature doit être validée par le chef d’établissement. Les participants devront en outre 1) remplir le formulaire d’inscription en expliquant son projet et 2) transmettre une vidéo de présentation d’une durée maximale de deux minutes.
Quant aux autres dates à retenir : en janvier 2026, il y aura la délibération des jurys de zones, puis en février, c’est le jury national qui étudiera les projets retenus. La cérémonie de remise des Palmes de l’EFE aura lieu le jeudi 5 mars 2026, à Paris, au Grand amphithéâtre de la Sorbonne, comme l’an dernier. D’ici là, déposez votre candidature pour porter votre projet sur la première marche.
Chaque année, des milliers de Français franchissent le pas de l’expatriation. Ils sont à la recherche d’une meilleure qualité de vie, de nouvelles opportunités professionnelles ou simplement d’une aventure humaine. Mais tous les pays ne se valent pas en matière d’accueil, de stabilité économique ou de facilité d’intégration.
Le rapport Expat Insider 2025, publié par InterNations, passe au crible 46 destinations à travers le monde, évaluées par plus de 10 000 expatriés sur des critères aussi variés que la qualité de vie, les finances personnelles, l’intégration ou encore les perspectives professionnelles. Où les expatriés sont-ils les plus heureux ? Quels pays éviter ? Et comment la France se positionne-t-elle ? Voici notre analyse complète pour vous aider à préparer votre projet d’expatriation en 2026.
Quels sont les meilleurs (et les pires) pays pour s’expatrier ?
En 2025, le Panama conserve sa première place pour la deuxième année consécutive. Il confirme ainsi son statut de paradis pour les expatriés.
Avec un score exceptionnel en qualité de vie (3ᵉ), facilité d’intégration (2ᵉ) et satisfaction financière (3ᵉ), ce pays d’Amérique centrale séduit particulièrement les retraités (35 % des répondants) et ceux en quête d’un cadre de vie détendu. 94 % des expatriés y déclarent être heureux, un taux inégalé.
Suivent de près la Colombie (2ᵉ) et le Mexique (3ᵉ), deux destinations latines où le coût de la vie reste abordable (la Colombie est 2ᵉ pour les finances personnelles) et où l’accueil chaleureux des locaux facilite l’intégration.
L’Asie n’est pas en reste, avec la Thaïlande (4ᵉ), le Vietnam (5ᵉ) et l’Indonésie (8ᵉ). Ces dernier sont plébiscités pour leur dynamisme économique, leur gastronomie et leur communauté expatriée active.
L’Espagne (9ᵉ), seule représentante européenne du top 10, brille quant à elle par sa qualité de vie (1ʳᵉ mondiale), son système de santé et son climat ensoleillé.
Parmi les surprises, la Chine (6ᵉ) fait une entrée remarquée. Elle grimpe de 13 places par rapport à 2024. Cela est grâce à des opportunités professionnelles en hausse (5ᵉ pour les perspectives de carrière); l’amélioration notable de la sécurité fait aussi parti des raisons à son entrée (17ᵉ).
Les Émirats arabes unis (7ᵉ) et l’Arabie saoudite (12ᵉ) confirment leur attractivité pour les travailleurs qualifiés, avec des salaires compétitifs et une infrastructure moderne, malgré des critiques sur les libertés individuelles.
Enfin, le Portugal (15ᵉ) et Malte (26ᵉ) progressent fortement. Ils sont portés par des politiques favorables aux expatriés. (régimes fiscaux avantageux, résidences faciles à obtenir) et une qualité de vie appréciable.
Ces destinations ont en commun un point clé : l’équilibre entre stabilité économique et ouverture culturelle. Un critère qui est de plus en plus déterminant pour les expatriés en période d’incertitudes géopolitiques et inflationnistes.
Les pays à éviter : quand l’expatriation tourne au cauchemar
À l’autre extrémité du classement, le Koweït (46ᵉ) et la Turquie (45ᵉ) ferment la marche. Leurs notes est désastreuses en intégration et qualité de vie. Au Koweït, 70 % des expatriés sont là pour le travail. Mais, ils peinent à s’adapter à une société perçue comme fermée (46ᵉ pour l’accueil des locaux).
La Turquie, elle, cumule les handicaps :
Barrière linguistique (54 % des expatriés citent le turc comme un obstacle majeur),
Instabilité économique (46ᵉ pour la situation financière)
Difficultés administratives (45ᵉ pour les démarches du quotidien).
La Corée du Sud (44ᵉ) dégringole de 21 places en un an. Elle est victime d’une crise politique et d’une culture du travail toxique (46ᵉ pour l’équilibre vie pro-vie perso). Les expatriés y dénoncent des horaires interminables et un manque de flexibilité.
L’Europe n’est pas épargnée : l’Italie (37ᵉ), la Suède (38ᵉ), la Norvège (39ᵉ) et le Royaume-Uni (41ᵉ) figurent dans le bas du tableau. Si les pays nordiques offrent une qualité de vie enviable, leur froideur sociale (45ᵉ pour la Norvège en termes d’accueil) et leur coût de la vie élevé rebutent. Le Royaume-Uni, lui, pâtit d’un système de santé en crise (45ᵉ) et d’un logement inaccessible (41ᵉ). Enfin, le Canada (40ᵉ), souvent présenté comme une terre d’accueil idéale, déçoit avec des loyers exorbitants (40ᵉ) et des salaires insuffisants pour compenser l’inflation. Ces pays illustrent un paradoxe : une bonne réputation sur le papier ne garantit pas une expatriation réussie, surtout lorsque les réalités économiques et sociales sont plus complexes qu’il n’y paraît.
Les destinations prisées (et tendances) des Français de l’étranger
Après ce tour d’horizon global, on fait un zoom sur les pays où vous êtes installé(e) et ceux qui ont le vent en poupe !
États-Unis, Suisse et Belgique : des classiques aux réalités contrastées
Les États-Unis (36ᵉ) restent la première destination des Français expatriés (3ᵉ pays d’accueil selon le rapport), attirés par les salaires élevés et les opportunités dans la tech ou la finance. Pourtant, le classement 2025 tempère cet engouement : le pays recule en qualité de vie (43ᵉ), notamment à cause d’un système de santé coûteux (46ᵉ) et d’un climat social tendu. Les expatriés soulignent aussi la difficulté à obtenir un visa permanent, malgré des programmes comme la Green Card Lottery. Le rapport ne prend pas en compte les nouvelles modalités décrétées par Donald Trump ce vendredi 19 septembre. Il est fort à parier que les USA dégringoleront au prochain classement.
À l’inverse, la Suisse (29ᵉ) conserve son attractivité pour les cadres, avec des salaires parmi les plus élevés au monde (2ᵉ pour la sécurité de l’emploi). Cependant, l’intégration y est notée comme difficile (39ᵉ), avec des locaux perçus comme réservés et un coût de la vie prohibitif (Zurich et Genève figurent parmi les villes les plus chères).
La Belgique (24ᵉ) séduit pour sa proximité avec la France et son multilinguisme. Cependant, son classement est moyen. Il reflète des défis administratifs (30ᵉ pour la facilité des démarches) et une fiscalité complexe. Bruxelles, plaque tournante des institutions européennes, attire surtout les fonctionnaires internationaux, tandis qu’Anvers et Gand séduisent les entrepreneurs. Un point positif : la qualité des infrastructures (transports, écoles internationales), qui compense partiellement ces inconvénients.
Portugal, Thaïlande, Vietnam : les nouvelles stars de l’expatriation
Le Portugal (15ᵉ) confirme son statut de destination tendance pour les Français (5ᵉ pays d’accueil). Lisbonne et Porto attirent avec leur coût de vie raisonnable (par rapport à l’Europe de l’Ouest), leur régime fiscal avantageux (le statut de résident non habituel, ou NHR, exonère partiellement les revenus étrangers) et une communauté francophone grandissante. Le pays brille en qualité de vie (10ᵉ) et sécurité (9ᵉ), même si les prix de l’immobilier flambent dans les grandes villes. La Thaïlande (4ᵉ) et le Vietnam (5ᵉ), eux, misent sur un mélange gagnant : faible coût de la vie (1ʳᵉ et 3ᵉ pour les finances personnelles), accueil chaleureux (4ᵉ et 5ᵉ pour l’intégration) et dynamisme économique. Bangkok et Hô Chi Minh-Ville sont devenues des hubs pour les digital nomads, avec des visas longs séjours facilités (comme le Thailand LTR Visa). Attention cependant à la pollution (39ᵉ pour le Vietnam en qualité de l’air) et aux inégalités d’accès aux soins dans les zones rurales.
Ces destinations illustrent une tendance forte : l’expatriation n’est plus réservée aux cadres en mission. Il s’ouvre aux télétravailleurs, retraités et entrepreneurs, grâce à des politiques migratoires plus flexibles. Un exemple marquant : le visa « freelance » au Portugal ou le programme « Thailand Elite » pour les résidents aisés. Cependant, ces pays émergents posent aussi des défis, comme la barrière linguistique (le vietnamien et le thaïlandais sont réputés difficiles) ou l’instabilité réglementaire (le Vietnam a récemment durci les conditions pour les visas longs séjours).
Et la France dans tout ça ?
La France se classe 27ᵉ sur 46 dans le rapport 2025, un rang moyen qui reflète ses forces et ses faiblesses. Elle excelle dans des domaines clés : santé (16ᵉ), avec un système universel plébiscité, culture et loisirs (7ᵉ), grâce à son patrimoine et sa gastronomie, et transports (14ᵉ), avec un réseau ferroviaire envié. Paris reste la ville la plus attractive pour les expatriés qualifiés, notamment dans les secteurs du luxe, de la tech et de la finance. Les aides à l’installation (comme le Passeport Talent) et la double nationalité facilitée pour les conjoints de Français sont aussi des atouts. Enfin, la France bénéficie d’une image positive à l’international, notamment auprès des Européens et des Nord-Africains.
Pourtant, les expatriés pointent du doigt la complexité administrative (42ᵉ pour les démarches), un marché du travail rigide (30ᵉ pour les opportunités professionnelles) et un accueil parfois mitigé. Selon le rapport, seulement 58 % des expatriés se sentent chez eux en France (contre 62 % en moyenne mondiale), et 41 % estiment que les locaux ne sont pas particulièrement amicaux envers les étrangers. Les grèves fréquentes et la bureaucratie sont souvent citées comme des freins majeurs.
Les défis à relever : intégration, logement et fiscalités
Le principal point noir ? Le logement (35ᵉ), avec des loyers élevés (surtout à Paris) et des propriétaires réticents à louer aux étrangers. Les expatriés non-européens rencontrent aussi des difficultés pour ouvrir un compte bancaire ou obtenir un titre de séjour. Autre écueil : la fiscalité, perçue comme lourde, surtout pour les haut revenus (l’exit tax et l’IFI sont souvent critiqués). Enfin, l’intégration sociale reste un défi : 38 % des expatriés déclarent avoir surtout des amis issus de leur communauté d’origine, un taux supérieur à la moyenne.
Bien choisir son expatriation, un projet qui se prépare
Ce classement Expat Insider 2025 révèle une réalité nuancée. Il n’existe pas de pays parfait, mais des destinations adaptées à des profils et des attentes spécifiques. Le Panama ou la Colombie conviendront aux retraités ou aux amateurs de soleil. L’Allemagne ou la Suisse séduisent plutôt les cadres en quête de stabilité. Le Portugal et la Thaïlande attirent les digital nomads. Les Émirats ou Singapour ciblent les hauts revenus. La France, elle, a des atouts indéniables, mais doit corriger ses faiblesses (administration, logement) pour rester compétitive.
Trois conseils avant de sauter le pas :
Priorisez vos critères : qualité de vie, carrière, coût de la vie ou intégration ? Un pays excellent sur un point peut être désastreux sur un autre.
Testez avant de vous engager : un séjour prolongé (3 à 6 mois) permet d’éviter les mauvaises surprises.
Anticipez les aspects pratiques : visa, fiscalité, logement et langue sont des éléments clés à étudier en amont.
L’expatriation est une aventure enrichissante, mais elle se prépare minutieusement. Que vous rêviez des plages thaïlandaises, de l’effervescence new-yorkaise ou du calme provençal, une chose est sûre : le succès de votre expatriation dépendra autant du pays choisi que de votre capacité à vous adapter. Alors, prêt à sauter le pas en 2026 ?
La Commission européenne a proposé ce vendredi 19 septembre, une nouvelle série de sanctions contre la Russie, comprenant notamment l’interdiction des importations de GNL russe à partir de janvier 2027 et l’interdiction totale des transactions avec les géants russes du pétrole Rosneft et Gazprom Neft.
Nouveau paquet de sanctions pour la Russie de Poutine
Outre l’interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe et des transactions avec Rosnef et Gazprom Neft, Bruxelles prévoit également des restrictions à l’encontre des traders russes de cryptomonnaies et de 45 entreprises basées dans des pays tiers soupçonnées de contourner les sanctions. De plus, la liste de la « flotte fantôme » russe de pétroliers utilisés pour contourner le plafonnement des prix du pétrole imposé par l’Occident a été complétée avec 118 nouvelles entrées.
« Il est temps de fermer le robinet. J’appelle maintenant les États membres à approuver rapidement ces nouvelles sanctions. Nous voulons que la Russie quitte le champ de bataille et vienne à la table des négociations »
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission.
La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a ajouté que les sanctions viseront également les personnes impliquées dans l’enlèvement d’enfants ukrainiens. Le président russe Vladimir Poutine fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale à ce sujet.
« Notre message est clair : nous intensifierons la pression sur la Russie avec des sanctions de plus en plus sévères, associées à un soutien militaire à l’Ukraine, jusqu’à ce que la Russie accepte une paix véritable, juste et durable »
Les dernières mesures devaient initialement être présentées mercredi. Cependant, elles ont été reportées après que le président américain Donald Trump a déclaré qu’il imposerait des « sanctions majeures » à la Russie si l’UE cessait « immédiatement » d’acheter du pétrole russe.
Les dirigeants de l’UE sont désireux d’accroître la pression économique sur Moscou conjointement avec Washington, alors que le soutien américain à Kiev vacille depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier.
La Hongrie et la Slovaquie, les États les plus pro-russes du bloc, restent fortement dépendants des combustibles fossiles russes, malgré la chute spectaculaire des achats nets d’énergie russe par l’UE depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. L’UE s’est engagée à éliminer complètement l’énergie russe d’ici 2028.
Donald Trump a également fait pression sur les dirigeants de l’UE pour qu’ils imposent des taxes générales pouvant atteindre 100 % sur les marchandises en provenance d’Inde et de Chine, qui ont fortement augmenté leurs achats d’énergie russe depuis l’invasion à grande échelle de 2022. Cette mesure est largement considérée comme irréalisable par les États membres du bloc et la Commission, qui cherche à conclure un accord de libre-échange avec New Delhi d’ici la fin de l’année.
L’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose que « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » À ce titre, il n’est pas illégitime de s’interroger sur l’équité du système fiscal français et, le cas échéant, de l’améliorer. Pour certains, ce dernier avantagerait les contribuables qualifiés de riches. Il faut néanmoins rappeler que les 10 % des ménages les plus aisés acquittent les trois quarts de l’impôt sur le revenu et que les 0,1 % les plus aisés en paient plus de 13 %.
Les milliardaires, une cinquantaine de personnes en France, auraient un taux moyen d’imposition plus faible que les cadres, par exemple. Si l’on prend en compte le concept de « revenus économiques » qui intègre les plus-values latentes, cette affirmation n’est pas infondée. Mais ce qui importe réellement, ce sont les revenus effectivement perçus. Évidemment, ces personnes ont la possibilité d’optimiser au mieux leur situation fiscale et l’administration est en droit de limiter les abus de droit.
Faut-il pour autant mettre en place une fiscalité d’exception avec l’introduction de la « taxe Zucman » qui vise à instituer une taxation minimale de 2 % sur la valeur des patrimoines dépassant 100 millions d’euros ? Le danger de cette taxe est qu’elle s’applique à la valeur du capital et non à un flux tangible de revenus. Son concepteur suppose que le rendement moyen du capital est de 6 % et qu’il est donc raisonnable de prélever 33 % du gain potentiel. Or, il s’agit d’un taux moyen qui ne reflète pas la diversité des situations.
Prenons le cas de la start-up Mistral, fondée par Arthur Mensch et valorisée à près de 12 milliards d’euros en septembre 2025. Cette valorisation n’est pas un indicateur de richesse en temps réel. C’est une appréciation de revenus futurs, appréciation qui peut se révéler totalement erronée. Aujourd’hui, Mistral ne dégage pas de bénéfices et son chiffre d’affaires avoisine 60 millions d’euros. La somme qui devrait être due au titre de la taxe Zucman s’élèverait à 240 millions d’euros. 47 millions d’euros serait pour les trois principaux fondateurs, hors de proportion avec leurs facultés contributives. Une telle taxe rendrait ainsi impossible l’essor de nouvelles entreprises en France.
Comment établir l’assiette d’imposition ?
Par ailleurs, la détermination de la valeur de biens professionnels est extrêmement complexe.
Pour les entreprises cotées, la valeur est sujette aux fluctuations boursières qui obéissent à de nombreux facteurs : en quelques journées, une action peut perdre 20 ou 40 % de sa valeur. Pour les non cotées, les évaluations peuvent varier du simple au double, selon les règles comptables retenues. Pour ces différentes raisons, ces dernières années, la très grande majorité des pays ont réduit la taxation du capital. Celle-ci représentait, en 2023, selon l’OCDE, 3,7 % du PIB en France, contre moins de 2 % en Allemagne, en Italie ou en Espagne.
Pour être efficace, un impôt, doit être le plus neutre possible sur le plan économique. Pour cela, il doit reposer sur une assiette large et un taux faible. Il vaut mieux se concentrer sur les flux de revenus ou, à la limite, sur le capital transmis. Même si cela n’est pas très populaire, la fiscalité sur les successions au moment du décès pourrait être revue afin d’éviter la concentration croissante du capital.
La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron suscite le débat. Ainsi, dans un entretien exclusif pour Lesfrancais.press, Meyer Habib, ancien député des Français de l’étranger de la 8e circonscription, prend une position ferme. La déclaration du président de la République est un acte qui, selon lui, va à l’encontre des intérêts de la France, fait un immense cadeau au Hamas et fragilise la position d’Israël.
Écouter le podcast avec Meyer Habib
Une déception profonde face à la position de Macron sur la Palestine
Au cours de ce podcast, l’ancien parlementaire, Meyer Habib, exprime une « déception », voire un « écœurement », face à la décision de la France de reconnaître l’État de Palestine. Un geste qui, selon lui, ne respecte aucune des quatre conditions préalables que le président Macron avait lui-même fixées précédemment. Parmi ces conditions figurent la libération de tous les otages, la reconnaissance d’Israël par les États voisins, le démantèlement et le désarmement du Hamas, ainsi qu’un changement structurel de l’Autorité palestinienne.
« La France, aujourd’hui, fait un immense cadeau au Hamas, un mouvement djihadiste, terroriste. »
Meyer Habib, ancien député des Français de l’étranger – 8e circonscription
Lors de cette interview, l’ex-député poursuit, soulignant le soutien implicite que cette décision apporte aux mouvements islamistes, comme le Hamas : « La France, aujourd’hui, fait un immense cadeau au Hamas, un mouvement djihadiste, terroriste. » Pour lui, la reconnaissance de la Palestine par la France, particulièrement après les événements tragiques du 7 octobre, revient à légitimer des pratiques violentes et terroristes, et va à l’encontre des valeurs françaises et des intérêts géopolitiques du pays.
Un message personnel du président Macron
À la question de savoir s’il avait tenté de faire part de ses préoccupations directement à l’Élysée, Meyer Habib raconte une série d’échanges privés avec Emmanuel Macron. Selon lui, le président de la République lui avait assuré qu’il ne reconnaîtrait pas l’État de Palestine tant que certaines conditions n’étaient pas remplies. Il rapporte une conversation avec le Chef de l’Etat dans laquelle celui-ci lui aurait dit, en termes clairs : « Je ne reconnaîtrai pas l’État de Palestine si la libération des otages n’a pas lieu. » Cependant, la réalité politique semble différente, et la position finale du Président à l’ONU (Organisation des Nations unies) semble floue et ambiguë, si l’on en croit les propos de Meyer Habib.
Meyer Habib révèle que, selon lui, Emmanuel Macron aurait opté pour une « reconnaissance hybride », où l’État palestinien serait effectivement reconnu, mais où l’arrivée d’un ambassadeur n’aurait lieu que si certains prérequis étaient remplis. Pour notre invité, cela ne fait que « donner un prix sans condition à des terroristes. »
Une guerre de civilisation
Un autre point central de l’entretien concerne la politique israélienne vis-à-vis de Gaza et la manière dont la France perçoit cette situation.
« Il y a une immense déception de la part des Français. Pas seulement des Français d’Israël, mais de tous les amis d’Israël »
Meyer Habib, ancien député des Français de l’étranger – 8e circonscription
Meyer Habib insiste sur le fait qu’Israël, même s’il a pris des mesures militaires drastiques, le fait dans un contexte de légitime défense face à une menace existentielle. Pour Meyer Habib, il est essentiel de comprendre que « cette guerre, bien que tragique, n’est pas simplement une guerre de territoire, mais une guerre de civilisation ».
La déception des Français d’Israël
Pour beaucoup de Français vivant en Israël, l’attitude de la France envers la reconnaissance de la Palestine a été vécue comme une trahison « Ils sont écœurés du Président Macron ». Meyer Habib témoigne ainsi du sentiment général parmi les Franco-Israéliens, qui se sentent abandonnés par leur pays d’origine.
« Il y a beaucoup de patriotes en France qui n’en peuvent plus de voir une immigration galopante et l’islamisme de plus en plus prendre de la place »
Meyer Habib, ancien député des Français de l’étranger – 8e circonscription
À notre micro, notre invité ne cache ainsi pas son désenchantement vis-à-vis de la politique actuelle en France : « Il y a une immense déception de la part des Français. Pas seulement des Français d’Israël, mais de tous les amis d’Israël. » Pour lui, le soutien aux mouvements extrémistes à travers des alliances électorales et des choix diplomatiques incertains déstabilise non seulement la France mais aussi l’Europe dans son ensemble.
Une alerte sur la situation interne de la France
Au-delà de la question israélienne, Meyer Habib exprimeégalement des préoccupations plus larges concernant l’évolution de la France, en particulier la montée de l’islamisme et les effets néfastes de l’immigration non maîtrisée. Pour lui, ces phénomènes constituent une menace existentielle pour la nation et ses valeurs fondamentales. Il parle de plus en plus de patriotes français, accablés par une insécurité croissante, qui se sentent de plus en plus étrangers dans leur propre pays : « Il y a beaucoup de patriotes en France qui n’en peuvent plus de voir une immigration galopante et l’islamisme de plus en plus prendre de la place. »
En dépit de sa déception à l’égard de la politique actuelle, Meyer Habib appelle à l’unité des patriotes français, quel que soit leur bord politique. Il plaide pour une alliance entre les différentes forces patriotiques afin de sauver la France de ce qu’il considère comme un déclin irréversible.
Un avenir incertain mais de l’espoir pour la France et Israël
Malgré les défis, l’ancien député termine l’entretien sur une note optimiste. Meyer Habib espère que la situation s’améliorera, non seulement pour Israël, mais aussi pour la France et l’Europe. « Le bien triomphe toujours sur le mal », affirme-t-il alors avec conviction.
Caroline Yadan, députée de la 8ᵉ circonscription des Français de l’étranger (qui comprend Israël), a pris ses distances avec Emmanuel Macron sur la question de la reconnaissance de l’État palestinien. Dans un entretien exclusif accordé à notre media Lesfrancais.press, elle revient, entre autres, sur ses désaccords profonds avec le président de la République et alerte sur les conséquences de cette décision, aussi bien au Proche-Orient qu’en France.
Écouter le podcast avec Caroline Yadan
Une position assumée vis-à-vis d’Emmanuel Macron
Dorénavant apparentée au groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, Caroline Yadan tient à sa liberté de ton. Elle rappelle son opposition à la ligne actuelle présidentielle sur la reconnaissance de l’État palestinien : A l’Élysée, « j’ai réaffirmé, bien sûr, ce que je pensais. Je vais continuer à le faire dans un dialogue que j’espère constructif, parce que je ne doute pas que nous ayons en fait les mêmes intentions, c’est-à-dire un désir de paix. »
« Nous avons encore 48 otages dans les tunnels du Hamas »
Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France
Mais pour la députée, ce souhait de paix ne doit pas se traduire par des concessions unilatérales. Elle considère que la reconnaissance d’un État palestinien, sans conditions, envoie un message dangereux. Et « même si les intentions sont sincères » d’Emmanuel Macron en faveur de la paix, « la temporalité n’est pas bonne », estime-t-elle, rappelant que « nous avons encore 48 otages dans les tunnels du Hamas » et que « leurs familles sont désespérées ».
Les conditions d’une paix durable entre Israël et la Palestine
Ainsi, pour la parlementaire plusieurs prérequis sont indispensables avant toute avancée diplomatique : la libération des otages, la démilitarisation du Hamas, une réforme de l’Autorité palestinienne et, surtout, la reconnaissance d’Israël par ses voisins arabes.
« Les Français d’Israël ont l’impression d’avoir été totalement abandonnés par la France »
Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France
« Aujourd’hui, Israël est encore appelée “l’entité sioniste” par les États arabes qui n’ont pas signé les accords d’Abraham », rappelle-t-elle. L’absence de réciprocité rend, selon elle, toute reconnaissance prématurée et contre-productive. Elle dénonce une décision « unilatérale » et « inquiétante », prise « sans la participation d’Israël aux négociations ».
Les Français d’Israël trahis ?
La députée alerte également sur les répercussions de cette posture diplomatique sur les Français vivant en Israël.« Les Français d’Israël ont l’impression d’avoir été totalement abandonnés par la France, d’avoir été, oui, en quelque sorte trahis », confie-t-elle. Elle dénonce un climat de peur grandissant, nourri par une montée de l’antisémitisme, notamment en France.
Caroline Yadan députée des Français établis hors de France, 8eme circonscription
Elle cite notamment en exemple le récent événement de l’université Paris 1 Sorbonne où : « Un sondage est paru sur un groupe WhatsApp où on avait exclu les étudiants dont le nom portait une consonance juive. Ce sondage, c’était : “les Juifs, pour ou contre ?” ». Notre invitée donne d’autres exemples d’un « climat antisémite qui divise, qui fracture et qui est le contraire de l’universalisme », et c’est « dans ce climat-là que va intervenir la reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU. »
Relancer les accords d’Abraham : un pas réel pour la paix
Caroline Yadan ne se contente pas de critiquer. Elle propose aussi des pistes. Elle aurait souhaité que le président de la République, Emmanuel Macron, relance notamment les accords d’Abraham ou s’appuie sur des associations de médiation pour bâtir une paix durable. « On ne peut pas envisager de suivre un processus de reconnaissance d’un État s’il n’y a pas, a minima, de contrepartie », insiste-t-elle.
« Aujourd’hui, on est face à une sorte d’antisémitisme qui est devenu cool, un antisémitisme totalement exacerbé, au nom du progressisme, qui serait devenu acceptable »
Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France
L’éducation est également au cœur de ses préoccupations. Elle alerte sur les contenus enseignés dans certains manuels palestiniens, affirmant que « dans les exercices de mathématiques, on demande à des élèves de calculer des cercueils de Juifs ». Pour elle, « les enfants palestiniens sont éduqués à la haine ».
Sécurité des Juifs en France : une inquiétude persistante
Interrogée sur ses craintes, Caroline Yadan ne cache pas son anxiété quant à la sécurité des Français juifs, en Israël comme en France. « Aujourd’hui, on est face à une sorte d’antisémitisme qui est devenu cool, un antisémitisme totalement exacerbé, au nom du progressisme, qui serait devenu acceptable », déplore-t-elle.
Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France – 8eme circonscription
Elle critique également l’utilisation politique de certains symboles : « Le slogan “Free Palestine” ne veut pas dire une Palestine qui existerait en paix aux côtés d’un État israélien reconnu. Pour beaucoup, c’est devenu un slogan qui dit “Juden raus” ».
Pour elle, la France doit se réveiller. « 78 % des Français sont contre la reconnaissance d’un État palestinien, parce qu’ils comprennent les enjeux actuels », affirme-t-elle, appelant les citoyens à ne pas rester silencieux : « Tous les Français doivent impérativement prendre conscience de ce qui se passe. Ils ont aussi un rôle à jouer ».
Cette année l’Assemblée générale de l’institution mondiale, qui a lieu chaque année en septembre, se déroule dans un contexte très particulier. Alors que l’ONU célèbre 80 ans, elle prépare une réforme qui doit lui permettre d’être plus efficace et mieux adaptée aux défis actuels. Petit point sur l’histoire et le rôle de l’ONU pour les plus internationaux des Français, les expatriés.
La création de l’Organisation des Nations Unies
L’expression « Nations Unies » suggérée par le Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt est apparue pour la première fois durant la Seconde Guerre mondiale dans la Déclaration des Nations Unies du 1er janvier 1942. En adoptant ce texte, 26 pays se sont engagés à poursuivre ensemble la guerre contre les puissances de l’Axe. À la suite de cette déclaration, les représentants de la Chine, des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union soviétique ont rédigé la Charte des Nations Unies afin de mettre fin au « fléau de la guerre ». Basée à New York, l’Organisation des Nations Unies est officiellement créée le 24 octobre 1945 lorsque la Charte des Nations Unies est signée puis ratifiée par 51 États désignés comme membres fondateurs. Depuis lors, les États membres célèbrent la Journée des Nations Unies le 24 octobre.
Maintenir la paix et la sécurité dans le monde
L’ONU a été créé le 24 octobre 1945 à la suite de la ratification de la Charte par la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’URSS et la majorité des autres pays signataires. L’Article 1 de la Charte des Nations Unies stipule que les États membres doivent « réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations de caractère international susceptibles de mener à une rupture de la paix ». Pour cela, la notion d’état de droit, inscrite dans la Charte des Nations Unies garantit le respect du droit international et les principes fondamentaux de la justice.
En développant des relations amicales entre les États, fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes il est possible de défendre les droits de l’homme. L’état de droit et les droits de l’homme sont les deux facettes d’un même principe : le droit de vivre dans la dignité. Les États membres sont pleinement conscients de cette relation depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, selon laquelle « il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».
L’un des principaux objectifs de l’ONU consiste à résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel et humanitaire. En ce sens, l’élimination de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des peuples du monde entier sont indispensables pour établir une paix durable dans le monde. L’ONU élabore des programmes dans des domaines tels que le développement durable, l’autonomisation des femmes, le respect des droits de l’homme, la protection de l’environnement et la bonne gouvernance qui reposent sur une coopération internationale.
Aujourd’hui, l’ONU compte 193 États membres, tous égaux qui s’engagent à respecter la Charte des Nations Unies qu’ils ont signée. À partir d’un ensemble de règles tirées du droit international, la Charte établit le principe d’égalité souveraine entre les États. C’est cette règle, qui rend la reconnaissance de l’État palestinien, par les autres pays, si importante.
La diplomatie mondiale en crise ?
Ces derniers mois, la primauté du droit et des normes internationales, la conduite de négociations collectives à la recherche d’un consensus, bref, les fondements du multilatéralisme ont été gravement menacés, attaqués par des États qui se retirent, à dessein, du concert des nations. Échappant à la supervision onusienne, ils ont les coudées franches pour imposer la force partout où bon leur semble. « La Charte des Nations unies n’est pas optionnelle. Ce n’est pas un menu à la carte », se désole Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Onu.
Les milliers de délégués qui vont parcourir les couloirs du siège new yorkais des Nations unies, à l’occasion de la 80e assemblée générale de l’institution cette semaine, mesurent leurs pas, progressant désormais avec précaution. Le monde a changé. Membre du conseil de sécurité, la Russie pilonne quotidiennement son voisin ukrainien, menant une guerre hybride aux membres de l’Union européenne. À Washington, Donald Trump se barricade derrière d’incompréhensibles barrières tarifaires, retire sa protection aux Vingt-Sept et terrorise ses interlocuteurs, sous le regard attentif de la Chine. Et l’ONU ne peut plus rien y faire.
Certains espèrent que l’Assemblée générale qui se déroule depuis le 9 septembre, et dont le volet de haut niveau – officiellement connu sous le nom de « débat général » – commencera, demain, le 23 septembre.
En 2023, avant l’opération israélienne contre le Hamas lancée en octobre 2024 (en réponse aux attaques du 7 octobre 2023), le nombre de Français résidant dans les territoires palestiniens (Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza) était estimé entre 500 et 800 personnes. Aussi, la France abritela plus grande diaspora palestinienne d’Europe (entre 300 000 et 500 000 personnes), principalement concentrée en Île-de-France, Lyon et Marseille. Quel est leur état d’esprit alors que la France va, désormais, reconnaitre l’État palestinien ?
Départ massif après le début des violences
200 à 300 Français ont quitté la région entre octobre 2023 et janvier 2024 par crainte des violences des colons ou de l’armée israélienne.
Pour cela, la diplomatie française a organisé une évacuation au printemps 2025. Pour être inscrit sur la liste qui permettait de passer le poste-frontière de Rafah, au sud de l’enclave, et entrer sur le territoire égyptien, le Quai d’Orsay, avec l’aide du consulat de France à Jérusalem et de l’ambassade de France au Caire, ne s’est pas limité au seul critère de la nationalité des candidats au départ.
« Compte tenu de la gravité de la crise, les critères ont été élargis par rapport à d’autres théâtres de conflit. L’effort français à cet égard est sans précédent »
Nicolas Kassianides, le consul général de France à Jérusalem au Monde le 19 avril 2024
En effet, les Palestiniens qui ont le statut de réfugiés en France pouvaient faire venir leurs familles, sous la condition d’obtenir l’accord de regroupement familial du ministère de l’intérieur. Au final, tous les Français qui ont demandé à le faire sont sortis de Gaza. Ils seraient 5 à être encore présents sur le territoire de Gaza dont Karim.
« La France nous aide avec des médicaments, mais elle ne fait rien pour arrêter les bombes. À quoi bon reconnaître la Palestine si Gaza est rayée de la carte ? »
Karim, 50 ans, médecin à Gaza (interviewé par Zoom)
Pour les Palestiniens réfugiés en France, l’annonce de la reconnaissance de leur État par Paris le 22 septembre 2025 suscite un mélange de fierté historique et de désillusion pragmatique.
Après des décennies de lutte pour la visibilité de leur cause, beaucoup y voient une victoire symbolique, enfin alignée sur les positions de pays comme la Suède ou l’Espagne. « C’est une étape, mais elle arrive trop tard », confie Samir, 62 ans, exilé depuis 1982, dont la famille a fui un camp de réfugiés au Liban.
Pour cette génération, marquée par les massacres de Sabra et Chatila (1982) ou les guerres de Gaza, la décision française est perçue comme un aveu tardif de leur droit à l’existence, mais aussi comme un pansement sur une jambe de bois. Les plus jeunes, nés en France et souvent confrontés au racisme ou à la méfiance institutionnelle, y voient une lueur d’espoir : « Enfin, on nous dit que notre identité n’est pas une fiction », explique Leila, 28 ans, militante à Paris, dont les grands-parents ont les clés d’une maison à Haïfa, aujourd’hui habitée par une famille israélienne. Pourtant, l’émotion est tempérée par un sentiment d’injustice persistante : comment célébrer une reconnaissance diplomatique quand, dans le même temps, Gaza est en ruines et que les colonies en Cisjordanie continuent de s’étendre ?
« Mes grands-parents ont fui Haïfa en 1948. Aujourd’hui, je manifeste pour eux… et on me traite de ‘terroriste’ sur les réseaux. »
Leila, 28 ans, étudiante à Sciences Po
Dans les quartiers populaires de Saint-Denis, Nanterre ou Marseille, où se concentrent les communautés palestiniennes, les drapeaux sont sortis, mais les discussions tournent vite à l’amertume. La mémoire des trahisons passées – comme le soutien de la France à la création d’Israël en 1948 ou son silence pendant la Nakba – pèse lourd. Certains, comme Houria Bouteldja, figure de la lutte décoloniale, dénoncent une manœuvre politique, destinée à apaiser les tensions internes sans remettre en cause les relations économiques avec Israël.
Tandis que du côté des associations (comme l’AFPS ou le CCIPPP), on salue une avancée, mais on exige des actes concrets : rupture des accords militaires, sanctions contre les colonies, ou accueil facilité pour les réfugiés de Gaza. « Cette reconnaissance, c’est bien, mais où est la pression sur Israël pour arrêter l’apartheid ? », interroge Rania, une étudiante en droit, dont la famille à Naplouse subit les violences des colons. Les réseaux sociaux bruissent de messages contrastés : des vidéos de liesse devant le consulat de Palestine à Paris côtoient des appels à la prudence. « On nous a déjà fait miroiter des espoirs en 1988, en 2012… À chaque fois, rien ne change sur le terrain », soupire Yasser, un médecin palestinien installé à Lyon, qui redoute que cette annonce ne serve qu’à redorer le blason d’Emmanuel Macron, critiqué pour sa gestion des manifestations pro-palestiniennes réprimées en 2023-2024.
Pour les réfugiés de 1948 et leurs descendants, la blessure reste ouverte
Les Palestiniens, binationaux, ou non regrettent qu’aucun droit au retour n’est évoqué dans le texte français, et la question des 6 millions de Palestiniens exilés – dont 300 000 en France – semble une nouvelle fois reléguée aux oubliettes.
« Reconnaître la Palestine, c’est bien. Mais reconnaître notre droit à rentrer chez nous, ce serait la justice »
Ahmad, 70 ans, un ancien fedayin qui a grandi dans le camp de Yarmouk, en Syrie, avant de trouver refuge en France.
Dans les cafés de Châteaudun ou de Belleville, on se demande aussi ce que cette décision changera concrètement : les checkpoints, les arrestations arbitraires et les démolitions de maisons continueront-ils demain ? La jeune génération, plus radicale, voit dans cette reconnaissance un outil de mobilisation, mais pas une fin en soi. « C’est un début, pas une victoire. La lutte continue », scande un groupe de jeunes lors d’un rassemblement place de la République, où flottent aux côtés des drapeaux palestiniens des banderoles « Libérez la Palestine, de la mer au Jourdain« .
Pour eux, la France, ancienne puissance coloniale, reste un acteur ambigu, dont le passé en Algérie et au Levant nourrit une méfiance tenace. « On ne fera pas confiance à Macron, mais on utilisera cette reconnaissance pour faire pression », assure Malik, 30 ans, membre d’un collectif BDS.
Entre espoir mesuré et colère toujours vive, les Palestiniens de France accueillent donc cette nouvelle avec lucidité: un pas en avant, mais sur un chemin encore long et semé d’embûches.
Quand Emmanuel Macron montera à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies pour reconnaître officiellement l’État de Palestine, ce lundi, ce ne sera pas seulement un acte diplomatique, mais l’aboutissement d’un siècle de débats, de guerres et de diplomatie avortée.
Cette décision, attendue depuis des décennies par une partie de la communauté internationale et contestée avec vigueur par Israël, s’inscrit dans un contexte explosif, neuf mois après le début de l’offensive israélienne sur Gaza, qui a fait plus de 40 000 morts palestiniens selon l’ONU, et alors que les colonies en Cisjordanie continuent de s’étendre malgré les condamnations.
Pour Paris, il s’agit de « rééquilibrer une politique étrangère souvent perçue comme pro-israélienne« , explique un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay sous couvert d’anonymat. Mais au-delà des calculs géopolitiques, c’est toute l’histoire mouvementée de cette terre, berceau de trois religions et théâtre de conflits territoriaux depuis l’Antiquité, qui resurgit.
En France, où vit la plus grande communauté juive d’Europe (500 000 personnes) et une diaspora palestinienne estimée à 300 000 individus, l’annonce risque d’alimenter les clivages. Les manifestations pro-palestiniennes massives de 2023-2024, réprimées dans un climat de tensions communautaires, ont révélé une fracture sociale que le gouvernement cherche à apaiser. À l’international, la reconnaissance française pourrait accélérer le mouvement : après la Suède (2014), l’Espagne et l’Irlande (mai 2024), et face à l’immobilisme américain, l’UE est plus divisée que jamais.
Pour comprendre les enjeux de 2025, il faut remonter aux racines antiques du conflit, quand Hébreux et Philistins se disputaient déjà ces collines arides. Puis venir la domination romaine, la conquête arabe, l’Empire ottoman, et enfin le mandat britannique (1920-1948), qui a dessiné les frontières actuelles – et les tragédies. Car ce conflit n’est pas seulement une guerre de religions ou de territoires : c’est l’héritage empoisonné du colonialisme européen, comme en Inde ou en Algérie, où les départs précipités des puissances occupantes ont laissé derrière eux des frontières artificielles et des haine tenaces.
Dans ce long format, Lesfrançais.press revient sur trois millénaires d’histoire, des rois David et Salomon aux accords d’Oslo, en passant par le rôle ambigu de la France – allié historique d’Israël avant de devenir l’un de ses critiques les plus virulents. Un voyage dans le temps pour éclairer un présent où, 77 ans après la création d’Israël, la solution à deux États semble plus lointaine que jamais.
Aux origines du conflit
Contrairement aux récits nationalistes contemporains, ni les Israéliens ni les Palestiniens ne peuvent revendiquer une exclusivité historique sur ce territoire. Les fouilles archéologiques révèlent une superposition de civilisations dès le IIIe millénaire av. J.-C.
Les Hébreux et le royaume de Judée (XIIe – VIe siècle av. J.-C.)
Les textes bibliques (Tanakh) décrivent l’installation des tribus hébraïques vers 1200 av. J.-C., fuyant l’Égypte pour Canaan. Jérusalem devient leur capitale sous le roi David (vers 1000 av. J.-C.), puis Salomon y construit le Premier Temple – lieu saint du judaïsme. Mais ces récits, mêlant histoire et mythologie, sont contestés par certains historiens. « Il n’y a pas de preuve archéologique d’un exode massif hors d’Égypte, mais des indices d’une sédentarisation progressive », explique l’archéologue israélien Israel Finkelstein (interview dans Haaretz, 2023).
Les Philistins, ancêtres des Palestiniens ?
Venant de la mer Égée (leur nom vient du grec « Palestine »), les Philistins s’installent sur la côte (Gaza, Ashkelon) vers 1200 av. J.-C. Leur conflit avec les Hébreux est immortalisé par David contre Goliath. « Les Philistins n’étaient pas arabes, mais leur présence montre que la région était déjà multiculturelle », note l’historien Rashid Khalidi (Université Columbia) dans « The Hundred Years’ War on Palestine » (2020). Leur disparition (VIe siècle av. J.-C.) ne signifie pas celle de leur héritage : le nom « Palestine », donné par les Romains après la révolte juive de 135 ap. J.-C., perdure.
La révolte de Bar Kokhba (132-135 ap. J.-C.) contre Rome se solde par un génocide (580 000 morts selon Dion Cassius) et l’exil des Juifs. L’empereur Hadrien renomme la province « Syria Palaestina » – un acte politique pour effacer toute référence juive. Pourtant, une communauté juive reste présente, notamment à Galilée.
Puis le christianisme et la sacralisation de la Terre sainte, avec la conversion de Constantin (313 ap. J.-C.), font de Jérusalem un lieu de pèlerinage. Les Byzantins (395-638) transforment la région en mosaïque religieuse : juifs, chrétiens (majoritaires), samaritains et païens cohabitent difficilement.
A partir de 638, l’islamisation et la cohabitation sous les califats Contrairement aux idées reçues, la conquête musulmane ne se fait pas par la force : les Juifs, persécutés par Byzance, accueillent les armées arabes. Sous les Omeyyades puis les Abbassides, la Palestine devient une province secondaire, mais Jérusalem gagne en importance avec la construction du Dôme du Rocher (691).
C’est donc une société multiconfessionnelle qui perdure jusqu’au XVIème siècle. Les chrétiens y sont majoritaires jusqu’au Xe siècle et conservent leurs lieux saints. Tandis que les Juifs y reviennent progressivement, notamment après leur expulsion d’Espagne en 1492. Et finalement, les musulmans deviennent majoritaires, et l’arabe remplace le grec et l’araméen.
Quatre siècles sous les Ottomans (1517-1917) : déclin et réveil national
L’Empire ottoman, tolérant mais négligent, laisse la région s’appauvrir. Pourtant, c’est sous l’emprise de la Porte Sublime que le sionisme émerge avec le soutien britannique. En 1882, les premiers colons juifs arrivant de Russie fondent Petah Tikva.
Rapidement, les nationalismes arabe et juif se cristallisent avec, déjà, le projet d’un État juif après l’affaire Dreyfus porté par Théodor Herzl en1896. Immédiatement, les notables arabes, comme la famille Husseini, s’opposent à l’immigration juive, craignant pour leurs terres.
Tout s’accélère en 1917 avec la chute de la Porte Sublime et le partage colonial. La défaite ottomane pendant la Première Guerre mondiale ouvre la voie à l’accord Sykes-Picot, signé en 1916, où Français et Britanniques se partagent le Moyen-Orient. La Société des Nations (SDN) officialise en 1922 le mandat britannique sur la Palestine, avec une clause pro-sioniste (Déclaration Balfour, 1917). « Un foyer national juif » doit y être créé… sans consulter les 700 000 Arabes qui y vivent (contre 60 000 Juifs). Mais ce mandat, censé préparer l’indépendance, va attiser les tensions, comme en Inde, où Londres joue les communautés les unes contre les autres avant de partir dans le chaos en 1947.
Le mandat britannique, laboratoire des conflits post-coloniaux
Le départ britannique après 28 ans de mandat, de 1920 à 1948, ressemble étrangement à ce qui s’est passé dans l’ancien joyeux de la Couronne britannique. Dans ces deux anciennes colonies, le royaume de Sa majesté a divisé pour mieux régner. Londres y a encouragé l’immigration juive (100 000 arrivants dans les années 1920) tout en promettant l’indépendance aux Arabes. Évidemment, comme entre les hindous et les musulmans, les violences communautaires ont ponctué ce quart de siècle de domination anglaise, avec en 1929, le massacre d’Hébron (67 Juifs tués par des Arabes), suivi de 1936 à 1939 de la grande révolte arabe (5 000 morts), réprimée dans le sang, etc.
La Nakba et la création d’Israël
Le plan de partage de l’ONU de novembre 1947 donne 55 % du territoire à l’État juif, alors que les Juifs possèdent que 7 % des terres. En sus, les milices sionistes (Haganah, Irgoun) passent, dès les premiers mois, à l’offensive, en avril 1948, ils tuent 100 à 250 arabes à Deir Yassin. Et en mai 1948, lors de la proclamation d’indépendance d’Israël, 530 villages palestiniens sont détruits (cartes de l’ONG Zochrot).
« Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place »
Notons que contrairement à la Belgique ou aux Pays-Bas, la France ne vote pas le plan de partage à l’ONU. Pourtant, elle va devenir un allié clé d’Israël dans les années 1950.
France-Israël, une liaison dangereuse
Après la Seconde Guerre mondiale, la France, humiliée par sa défaite de 1940, voit en Israël un partenaire stratégique. En plus des intérêts convergent. Ainsi, Paris fournit 80 % de l’arsenal israélien pendant la guerre de Suez en 1956.
Aussi, même si le sujet reste enfoui dans les archives secret défense des deux États, de nombreuses sources bien informées le confirment. L’historien Pierre Razoux, ans son livre« La guerre de Cent Ans au Proche-Orient » publié en 2023, affirme : « Sans la France, Israël n’aurait pas la bombe » (Ndlr : la bombe nucléaire).
Une possibilité renforcée par les faits historiques puisque le réacteur nucléaire israélien de Dimonaest construit avec l’aide française à la suite des accords de 1957. La guerre d’Algérie finit de lier les deux États, le Mossad et la DGSE ont collaboré pour lutter contre le FLN (Front de libération national) qui anime la lutte contre les Français.
Mais, la victoire éclair d’Israël en juin 1967 modifie la vision française de l’État israélien. La guerre des Six Jours marque, donc, un tournant dans la relation de la France avec le monde arabe et la cause palestinienne. Jusqu’alors, Paris avait été un soutien indéfectible d’Israël, mais la victoire écrasante de Tsahal et l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est changent la donne. Le général de Gaulle, soucieux de restaurer l’influence française au Proche-Orient après la perte de l’Algérie, adopte une position plus équilibrée.
Petit à petit, on assiste à un basculement pro-palestinien de la diplomatie française, un phénomène qu’on peut mettre en corrélation avec la montée en puissance de l’immigration issue du Maghreb en France, Et en 1996, Jacques Chirac est le premier chef d’État occidental à parler de « Palestine »lors d’un discours à Jérusalem.
La France et les Palestiniens : Entre diplomatie humanitaire et méfiance envers le Hamás
Les Palestiniens se sont rapidement organisés pour faire entendre leur voix sur l’échiquier international et fondent en 1964 l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Alors que Yasser Arafat émerge comme figure centrale de la résistance palestinienne, la France autorise l’ouverture d’un bureau de l’OLP à Paris en 1975, une première en Europe.
« Nous ne reconnaissons pas l’OLP comme gouvernement, mais comme représentant du peuple palestinien »
Déclaration du Quai d’Orsay en 1975.
L’objectif de Paris, avec cette nuance, était de s’imposer comme médiateur en permettant à Paris de dialoguer avec les deux camps.
Mitterrand et la reconnaissance symbolique : entre pragmatisme et principes
Avec l’arrivée de François Mitterrand à la tête du pays, les années 1980-1990 voient la France confirmer son rôle de médiateur, mais avec prudence.
Puis en 1982, après l’invasion israélienne du Liban et les massacres de Sabra et Chatila, où des milices chrétiennes alliées à Israël exterminent entre 800 et 3 500 civils palestiniens, le gouvernement français envoie des troupes dans le cadre d’une force multinationale. Le Président de la République, François Mitterrand, condamne « un crime contre l’humanité » et accueille Arafat à l’Élysée en 1983, une visite qui scandalise Israël.
Quand l’OLP déclare unilatéralement l’indépendance de la Palestine à Alger (15 novembre 1988), la France ne la reconnaît pas, mais s’abstient lors du vote à l’ONU. Une position intermédiaire, reflétant les tensions internes.
Chirac et la « politique arabe » : entre réalisme et engagements humanitaires
C’est lors du premier mandat de Jacques Chirac, que le « rééquilibrage pro-palestinien », sans rompre avec Israël, s’impose au Quai d’Orsay. Dès 1996, en visite en Israël, Chirac prononce un discours où il évoque, comme nous l’indiquions plus haut, pour la première fois « le droit des Palestiniens à un État viable ». Il est hué par des députés israéliens, mais salué par les capitales arabes.
« La paix ne sera possible que si Israël accepte de partager Jérusalem »
Jacques Chirac, Président de la République en 1996
Lors de la seconde Intifada, Ariel Sharon a lancé une offensive massive en Cisjordanie. Jacques Chirac a confirmé le virage idéologique en condamnant « la politique de répression disproportionnée« et procède à l’envoie des médecins français dans les territoires occupés. Dernier acte de la présidence Chirac, se rendre à Ramallahpour rencontrer Yasser Arafat, alors assiégé par Tsahal dans son QG en juillet 2004.
Sarkozy : entre réalisme géopolitique et tensions diplomatiques
L’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée en 2007 marque un net rapprochement avec Israël, rompant avec la ligne plus « équilibrée »de Chirac. Plusieurs facteurs expliquent ce revirement dont la volonté de s’aligner sur les États-Unis.
Ainsi, Sarkozy, pro-américain, adopte une posture atlantiste et considère Israël comme un rempart contre l’Iran et l’islamisme radical. Autre explication, la présence dans son de figures de la communauté juive française comme Patrick Devedjian (d’origine arménienne mais très engagé pour Israël) et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, qui qualifie le Hezbollah de « cancer » et défend une ligne ferme contre le Hamás.
Enfin, c’est aussi un calcul électoral. Après les émeutes de 2005, Sarkozy cherche à rassurer la communauté juive française, traditionnellement ancrée à droite.
Sous Hollande, un rééquilibrage timide et le vote historique de 2012
François Hollande, élu en 2012, tente de rétablir un équilibre, sans pour autant rompre avec Israël. Pour autant, la France vote pour la résolution accordant à la Palestine le statut d’« État non membre » à l’ONU (138 voix pour, 9 contre, 41 abstentions). Pour la première fois, le drapeau palestinien est hissé au Quai d’Orsay. Le Premier ministre, déjà, Benjamin Netanyahou, annonce la construction de 3 000 nouveaux logements en Cisjordanie en représailles. La France condamne cette décision, mais sans sanctions.
Voulant conserver une voix audible au Proche-Orient, lors du conflit de l’été 2014 (2 200 morts palestiniens, 73 Israéliens tués), François Hollande tente une médiation, mais échoue face à l’intransigeance des deux camps. Pour finalement, se résoudre à soutenir une résolution européennepour un embargo sur les armes vers Israël… maisne l’applique pas.
Macron : la « fermeté équilibrée » et la crise ouverte avec Israël
Lors de son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron adopte d’abord une ligne pragmatique. Il reçoit Netanyahou à Paris et réaffirme le droit d’Israël à la sécurité, mais évoque aussi la « souffrance des Palestiniens ».
En décembre 2017, après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le Président de la République française critique cette décision, mais évite toute mesure forte.
Puis ce fut le choc de l’attaque du Hamás le 7 octobre 2023 (1 200 morts israéliens). L’émotion et le soutien furent massif en France. Mais la réponse israélienne à Gaza (plus de 40 000 morts palestiniens en 2024-2025), mal comprise en France, poussent Macron à durcir le ton.
« Israël a le droit de se défendre, mais pas de commettre des crimes de guerre. »
Emmanuel Macron, Président de la République, le 15 juillet 2025
Ce lundi 22 septembre, Emmanuel Macron passe un nouveau cap avec la reconnaissance de l’État palestinien. C’est un acte historique, mais aussi un pari risqué. Quelles en seront les conséquences ?
« Mille milliards de sabords ! » jurait le capitaine Haddock. Que dirait-il à Medvedev, Lavrov et quelques autres qui ressortent leur panoplie de missiles, pour effrayer le chaland. C’est vrai, c’est effrayant. Moins les missiles que le délire des stratèges et la crédulité de la foule. D’un côté le combat contre l’Occident des Russes et des Chinois, de l’autre la haine religieuse : « Frappez les Juifs et les Chrétiens, leurs foules et leurs convois, dans les rues et sur les routes d’Amérique et d’Europe, et en particulier en France. » recommande le Djihad Islamique dans sa presse semi-clandestine. Les spécialistes appellent cela la stratégie des « mille entailles », des petites attaques solitaires pour affaiblir le pays et le corps social. D’un côté mille missiles, de l’autre mille entailles. Guerre totale ? Non. Pour l’heure, guerre subliminale.
L’anonymat donne vie aux robots d’opinion. Erreur. La liberté suppose la responsabilité.
De nombreux niais, pacifistes, réalistes ou subtils, innocents parmi les traîtres, – mais « l’innocence est une forme de démence »[1]– mâchonnent la propagande russe. L’esprit collabo s’infuse. Alors que drones et avions russes ont violé cinquante fois les frontières de l’OTAN, que des cyberattaques paralysent les aéroports de Berlin, Londres, Bruxelles, que des câbles sous-marins sont sabotés, que 70 cyberattaques ont ciblé des entreprises françaises de haute technologie, des intelligences expliquent qu’il faut éviter de provoquer les Russes. Bien tapi en Europe, dans les gouvernements, les médias et quelques partis politiques, l’ogre se fait renard, ou putois. Pour quelques euros, de faux roumains, bulgares, albanais déposent des têtes de porc devant des mosquées, impriment des mains sanglantes sur les murs de Paris, balafrent les tombes juives de croix gammées. Comment exciter l’antisémitisme, l’anti-islamisme, la haine du voisin, le dégoût de soi, l’anti tout, animer dans l’anonymat des réseaux asociaux la haine sociale, politique, religieuse ? Sous couvert de liberté, l’anonymat donne vie aux robots d’opinion. Erreur. La liberté suppose la responsabilité.
Ceux qui ont déposé des têtes de porc et ceux qui appellent au djihad sont les mêmes. Ils veulent allumer le feu dans la cité. Notamment en France, parce que la France compte encore. Poutine veut effrayer avec ses menaces nucléaires, comme le Djihad (si c’est le djihad), car la peur est un instrument de propagande. Qui marche, hélas. Le Hamas, avec la bêtise autodestructrice du gouvernement israélien, a beaucoup gagné avec ses massacres. Et ses commanditaires.
Le succès du Hamas est la division dans les sociétés, la haine progressive déclenchée contre les Juifs à travers le monde.
Le plus important n’est pas la reconnaissance d’un État palestinien, – il est reconnu par deux tiers des pays de l’ONU et inscrit dans la déclaration de l’ONU sur le partage de la Palestine ayant donné naissance à Israël. Il est légitimé par Israël depuis les accords d’Oslo- le seul succès du Hamas est la division dans les sociétés, la haine progressive déclenchée contre les Juifs à travers le monde, l’engouement d’une partie de la jeunesse occidentale contre Israël, germe extraordinaire qu’on ne retrouve dans aucune université du monde islamique. Qui expliquera un jour aux religieux fanatiques du gouvernement israélien, que s’il est écrit que le dieu des armées donne la victoire c’est parce que celle-ci n’est pas dans les armes mais dans les cœurs ? Qui gagne le cœur, ou l’affole, gagne sa guerre.
Parler de guerre hybride ou de guerre informationnelle n’est que la resucée savante des évidences anciennes : Viser la tête, mieux encore : arracher le cœur.
La stratégie des mille entailles, celle des terroristes et des guérillas, aussi sauvage se veut-elle, n’a jamais réussi.
Et pourtant, la stratégie des mille entailles, celle des terroristes et des guérillas, aussi sauvage se veut-elle, n’a jamais réussi, Jamais, nulle part, en aucun pays, en aucun siècle. Elle permet de justifier les répressions. La lutte clandestine se résout par des moyens clandestins que savent pratiquer les États. Il y a plus à craindre des pouvoirs de l’ombre des agences d’état que des illuminés, aussi démoniaques et sadiques fussent ils. Et les meilleurs services de renseignement ne sont ni russes ni chinois, ni turcs. Ils sont anglais, français, américains.
La stratégie de l’effroi nucléaire ne marche pas non plus. L’URSS s’est écroulée sous le poids des dépenses militaires. La Russie de Poutine s’écroulera aussi. L’Europe a gagné la guerre froide sans un coup de feu. Et aucun ne sera tiré pour que le régime oligarchique de Poutine ne s’effondre.
Le danger, comme d’habitude est intérieur. Intérieur aux démocraties, intérieur à la Chine, à la Russie, à l’Iran. C’est en cela que la partie est difficile. Pour la stratégie géopolitique, tout est sur la table pour qui veut y jeter un œil. La partie est plus complexe dans le fonctionnement interne des régimes. Et si la France est attaquée, c’est qu’elle est considérée comme forte, et fragile.
Si l’on regarde calmement l’état des forces et des atouts, les régimes autoritaires et oligarchiques n’ont aucune chance. Aucun n’a jamais gagné un conflit direct face à une démocratie. Le coût d’un appareil répressif est un handicap considérable. A la longue, la propagande des régimes autoritaires, grotesque, se retourne contre eux. Viendra un moment où les Chinois ne seront plus fiers de leurs dirigeants. C’est cela que les dirigeants chinois surveillent le plus. Dans une démocratie, le mépris des dirigeants est une donnée.
À la démagogie de masse, la télévision, se substitue celle des mots doux, personnels, via les écrans.
On parle beaucoup de puces, de terres rares, de monnaies de missiles, mais la vraie bataille se joue dans les nouvelles connexions de neurones, nouvelles modes, nouvelles idées, nouveaux réflexes. La vague populiste a ému les élites, mais elle n’est pas mortelle ; pas plus que la wokiste. Vient le temps de la personnalisation des messages. À la démagogie de masse, la télévision, se substitue celle des mots doux, personnels, dans des sociétés de solitude, via les écrans. Les escrocs de l’intelligence et du sentiment s’organisent ; voici le temps des arnaqueurs, de la démagogie personnalisée, à la carte. Dans ce domaine aussi, les systèmes ouverts, agiles, divergents, seront plus efficaces que les systèmes fermés. Il peut y avoir des fermes d’esclaves influenceurs en Asie du Sud Est, des robots de trolls électeurs en Russie, ils n’auront jamais l’agilité des polytechniciens du marketing des démocraties consuméristes.
À moins que les élites elles-mêmes, désabusées, ne se sabordent elles-mêmes, ce qui est possible. « Il y a de tels moments où l’adoration des niais vous fait envier le pilori. »[1]Alors revenir à Tintin le globe-trotter, et jurer face aux démons de la lassitude, à la gueule des mille missiles et au supplice annoncé de milles entailles, « mille milliards de sabords ». Le risque, c’est la démission.