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  • Le Parlement européen reconnaît le statut d’eurodéputés à trois indépendantistes catalans

    Le Parlement européen reconnaît le statut d’eurodéputés à trois indépendantistes catalans

    Les dirigeants indépendantistes catalans Oriol Junqueras, Carles Puigdemont et Toni Comín bénéficient du statut d’eurodéputés, stipule une note interne du Parlement européen qui sera rendue publique le 13 janvier.

    Un article d’Euractiv.

    Le Parlement européen reconnaît aux leaders indépendantistes catalans Oriol Junqueras, Carles Puigdemont et Toni Comín le statut de députés européens. Une notification interne qu’Euroefe a pu consulter en atteste. Cette décision prend le contre-pied de la résolution de la Commission électorale centrale espagnole. Selon cette dernière, Oriol Junqueras, emprisonné en Espagne et condamné à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds, ne peut jouir de ce statut.

    Reconnaissance effective le 13 janvier

    La notice précise que le statut de député européen des politiciens indépendantistes sera officiellement reconnu lors de la session plénière du Parlement qui s’ouvrira le 13 janvier.

    Le texte précise toutefois que leur statut d’eurodéputé a pris effet le 2 juillet 2019, date de la constitution du Parlement pour la législature en cours, couvrant la période 2019-2024.

    « Suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 19 décembre 2019, le Parlement européen prendra acte, lors de la session plénière du 13 janvier 2020, de l’élection en tant que députés européens d’Antoni Comín i Oliveres, Oriol Junqueras i Vies et Carles Puigdemont i Casamajó prenant effet au 2 juillet 2019 », peut-on lire dans le document du Parlement.

    Le 19 décembre, le Tribunal de l’UE a publié un arrêt selon lequel le dirigeant de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Oriol Junqueras, aurait dû être reconnu comme député européen et bénéficier de l’immunité après les élections européennes de mai, alors qu’il n’avait pas encore été condamné par la Cour suprême espagnole.

    La détention provisoire aurait donc dû être levée pour lui permettre de se rendre à la session constitutive du Parlement en juillet, selon le Tribunal européen.

    Cette sentence constitue également un atout pour l’ancien président catalan Carles Puigdemont et pour son ex-conseiller Toni Comín, qui se sont enfuis en Belgique et n’ont pas encore été condamnés, contrairement à Oriol Junqueras.

    En effet, le 20 décembre dernier, Carles Puigdemont et Tony Comín ont déjà été provisoirement accrédités comme députés européens, après avoir suivi les procédures formelles pour être reconnus comme membres de plein droit de l’assemblée.

    Le 3 janvier, la Commission électorale centrale a décidé qu’Oriol Junqueras ne pouvait pas bénéficier du statut de député européen, car il a été condamné « par un jugement définitif à une peine de prison ».

    Dimanche 5 janvier, Oriol Junqueras a cependant demandé à la Commission électorale centrale de ne pas mettre en application la résolution qui le prive du statut de député européen. Il a prévenu qu’il ferait appel devant la Cour suprême, où il demanderait la suspension de la décision, à titre préventif, car il considère qu’elle viole ses droits fondamentaux et politiques.

    Bruxelles en appelle à la Cour suprême

    La Commission européenne a souligné lundi 6 janvier qu’il appartenait à la Cour suprême espagnole de se prononcer sur le statut du dirigeant de l’ERC, Oriol Junqueras. Pour l’exécutif européen, c’est à elle de trancher s’il peut être considéré comme un membre de l’hémicycle, après que la Commission électorale centrale a décidé qu’il ne pouvait pas faire partie du Parlement européen.

    « Je ne commenterai pas en détail ce processus et la position prise par la Commission électorale centrale. Nous comprenons que le processus est en cours et que c’est à la Cour suprême espagnole de le mener à bien », a déclaré le porte-parole de l’exécutif européen, Christian Wigand, lors de la conférence de presse quotidienne de l’institution.

    Le porte-parole de la Commission européenne a rappelé que l’année dernière, après la publication de l’arrêt de la Cour de justice européenne, Bruxelles avait déjà indiqué qu’il appartenait à la Cour suprême espagnole et au Parlement européen d’« évaluer » les conséquences de l’arrêt de la CJUE.

  • Le concert, nerf de l’industrie de la musique

    Le concert, nerf de l’industrie de la musique

    En 1990, une place de concert des Rolling Stones valait 20 euros. En 2019, cette même place coûtait, aux États-Unis, plus de 230 euros.

    En valeur actualisée, la place de 1990 équivaut en 2019 à 32 euros. En valeur réelle, le prix des places des Stones ont été multipliés par sept en trente ans. En dix ans, la hausse dépasse 60 %. Cette progression a impressionné les autorités de la concurrence américaine qui ont diligenté une enquête sur le principal producteur de spectacle « Live Nation » qui a racheté la billetterie Ticketmaster.

    75% du revenu des artistes

    Au-delà de cette enquête, le marché de la musique a profondément évolué ces trente dernières années. L’apparition du téléchargement illégal, suivie des plateformes d’écoutes légales (Deezer, Spotify, etc.) ont provoqué une forte baisse des revenus des ventes d’albums physiques, tandis que les rémunérations pour l’écoute en ligne, même si elles ont beaucoup progressé, restent faibles pour la plupart des artistes. Les recettes sont désormais tirées des concerts qui selon le Wall Street Journal, représentent désormais 75 % des revenus des artistes aux États-Unis, contre environ 30 % dans les années 80 et 90.

    En France, le marché des ventes de musique enregistrée est passé de 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2002, à 590 millions d’euros en 2018 (même si une remontée est constatée depuis 2016). Les artistes comptent de plus en plus sur les revenus liés à l’utilisation de leur musique dans les publicités, au cinéma ou même dans les bâtiments publics. En France, les recettes de billetterie ont augmenté de 15 % en 2017 pour atteindre 930 millions d’euros dans l’Hexagone.

    Les billetteries comme Live Nation/Ticketmasteront même mis en place un système de tarification reposant sur l’offre et la demande, sur le modèle des compagnies aériennes. Une grande partie des places sont préachetées soit par des comités d’entreprise, soit par des sites agrégateurs de demandes, ces derniers les revendant en enchère au moment de l’ouverture des sites officiels de commercialisation. Les tourneurs officiels démentent vendre à ces sites mais la pratique apparaît tout autre.

    Live Nation, qui peut en outre avoir l’exclusivité sur certaines stars, s’est imposé à l’échelle mondiale comme l’organisateur et le vendeur de tickets de référence. Il réalise un chiffre d’affaires de près de 10 milliards de dollars. Sa progression est de plus de 6 % par an. En France, les pouvoirs publics s’étaient émus de la prise de contrôle par cette société de nombreux festivals organisés sur l’hexagone.

    Montée en gamme des spectacles

    L’augmentation du prix des places est également due à la montée en gamme des spectacles. Les exigences du public sont en hausse. La location des salles aux normes est de plus en plus coûteuse. Preuve que ce marché est rentable, les stades de sports sont construits en prenant en compte leur utilisation potentielle en salle de concert. Ainsi, le stade de rugby du Racing 92, Paris Défense Arena, a été inauguré, au mois d’octobre 2017, par trois concerts des RollingStones.

    Avec le développement du rock et de la pop music, dans les années 60, l’industrie de la musique a connu un formidable essor grâce à la vente des 45 puis des 33 tous avant de passer aux cassettes et aux CD. Les concerts servaient à la promotion des artistes. Ils étaient peu rentables. Ainsi, la tournée du groupe Pink Floyd en 1980 pour la sortie de « The Wall » a occasionné d’importantes pertes entraînant son arrêt anticipé et la reprise des pertes par les membres du groupe. En 2010, Roger Waters, le bassiste du Groupe signa une des tournées les plus rentables avec le même spectacle.

    Industrialisation des concerts

    Comme le souligne Jo Wood dans son dernier livre relatant sa vie avec les Stones, à partir de1989, un processus d’industrialisation des concerts est intervenu. Ainsi, la tournée 2003/2004 des Stones a rapporté plus de 650 millions de dollars. Sur la dernière décennie, ce groupe aurait engrangé près d’un milliard de dollars. C’est désormais le disque qui sert à promouvoir les concerts. Il a même tendance à disparaître. La chanteuse américaine Sheryl Crow estime que ce support est sans intérêt. Le recours à des clips sur des sites vidéo comme « YouTube » sont plus efficaces pour assurer sa notoriété. Les rappeurs ont complètement compris les nouvelles équations du métier. Parmi celles-ci figurent la nécessité pour les chanteurs, les groupes d’avoir une présence sur les réseaux sociaux, sur les plateformes de vidéos. Des rappeurs ont réussi à remplir des stades sans avoir utilisé les anciens canaux de commercialisation et sans l’appui des médias traditionnels.

  • Réforme des retraites : La CFDT se braque sur l’âge pivot !

    Réforme des retraites : La CFDT se braque sur l’âge pivot !

    Pour la CFDT, c’est mieux mais peu mieux faire…

    Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a annoncé, ce 7 janvier, que son syndicat serait mobilisé en région, samedi 11 janvier, date de la manifestation choisie par l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC et organisations de jeunesse) contre le projet de réforme des retraites qui suscite un mouvement de grève depuis plus d’un mois désormais.

    Volonté d’ouverture

    Tout en notant « la volonté d’ouverture » du gouvernement, notamment sur la question du financement du système pour lequel il a proposé une conférence, le leader syndical a estimé qu’il fallait continuer à se mobiliser. « Cette ouverture, il faut qu’elle aille plus loin en rejetant maintenant du projet de loi la question de l’âge pivot [fixé à 64 ans] dont on sait qu’il procure beaucoup de rejet de la part des travailleurs », a-t-il déclaré à l’issue d’une matinée de discussions au ministère du Travail.

    Conférence de financement

    Tout comme Laurent Escure, son homologue de l’Unsa, Laurent Berger a donc réclamé que l’âge pivot soit retiré du projet de réforme d’ici à vendredi, date de la réunion prévue sur la mise en place d’une « conférence de financement »

    Conseil d’Etat

    Le gouvernement a transmis ce mercredi 8 janvier au matin (heure de paris) le projet de Loi au Conseil d’Etat pour qu’il puisse remettre son avis consultatif au Premier Ministre. L’âge pivot était bien inclus dans le document remis aux sages de la place Royale.

  • Comment fonctionne la semaine de 4 jours de travail voulue par la Finlande ?

    Comment fonctionne la semaine de 4 jours de travail voulue par la Finlande ?

    La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a annoncé vouloir réduire le temps de travail hebdomadaire dans son pays. Tour d’horizon des expériences déjà tentées ailleurs dans le monde. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Six heures de travail par jour, quatre jours par semaine. Voici à quoi pourrait bientôt ressembler la semaine type des Finlandais. Aujourd’hui, ils travaillent généralement huit heures par jour, cinq jours par semaine, selon le quotidien britannique The Daily Mail.

    La Première ministre, Sanna Marin, a dit son intention de réduire ce temps de travail hebdomadaire des salariés finlandais, il y a quelques jours lors du 120e anniversaire du parti Social-Démocrate finlandais. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire de langue anglaise spécialisé dans l’actualité européenne New Europe.

    « Je crois que les gens ont le droit d’avoir plus de temps à consacrer à leurs familles, à leurs proches, à leurs loisirs ou à la culture », a dit Sanna Marin.

    Si la mesure était appliquée, les employeurs finlandais ne seraient pas les premiers à réduire le temps de travail de leurs salariés. Ces dernières années, plusieurs entreprises ou administrations ont opté pour des semaines de travail plus courtes, à salaire égal. Et souvent, ça marche.

    Employés « plus efficaces et plus énergiques »

    En 2015, la municipalité de Göteborg, en Suède, a ainsi décidé de faire passer 80 employés d’une maison de retraite municipale à la journée de six heures, sans perte de salaire.

    Pour eux, les résultats ont été positifs. Ils disaient « travailler de façon plus énergique et efficace », selon les conclusions d’un rapport publié par les autorités locales et relayé par le quotidien américain The New York Times.

    Raccourcir la journée de travail a également permis de faire chuter les arrêts maladie de 15 %, chez les salariés concernés.

    Et pour compenser à ce temps de travail plus court, la municipalité a dû embaucher. 17 postes ont été créés, pour un coût de quelque 700 000 € par an. Bien pour l’emploi local, mais trop cher pour la mairie, rapportait encore le New York Times… Résultat, l’expérience s’est achevée deux ans plus tard.

    La journée de travail raccourcit, les bénéfices bondissent

    En revanche, toujours à Göteborg, un autre employeur a testé la journée de six heures et l’a appliquée sur le long terme : le constructeur automobile japonais Toyota.

    Le centre technique de l’entreprise dans la ville a raccourci la journée de travail de ses employés en 2002, rapportait en 2015 le quotidien britannique The Guardian. 36 mécaniciens étaient alors concernés.

    Avant, ils travaillaient 8 heures par jour, de 7 h à 16 h, avec une pause d’une heure. Et ça ne fonctionnait pas très bien : les employés étaient souvent stressés, commettaient des erreurs, et les temps d’attente des clients étaient plutôt longs, explique Martin Banck, le directeur général du site, au Guardian.

    L’entreprise a alors décidé de réduire le temps de travail quotidien de ses salariés, toujours à salaire équivalent. Résultat, aujourd’hui, le centre de service est ouvert de 6 h du matin à 18 h.

    Et les employés ? « Ils se sentent mieux , dit encore Martin Banck. […] Ils utilisent les machines de manière plus efficace, ce qui permet de faire baisser les coûts de fonctionnement ». Entre 2002 et 2015, les bénéfices du site de Göteborg ont d’ailleurs bondi de 25 %.

    Travailler moins, mais travailler mieux

    En Suède et ailleurs, d’autres entreprises ont également raccourci la journée de travail de leurs employés. Comme Rheingans Digital Enabler, une société allemande spécialisée dans la création de sites internet et d’applications numériques.

    Les 16 employés doivent travailler cinq heures par jour seulement. En contrepartie, ils s’engagent à ne pas consulter leur messagerie personnelle plus de deux fois par jour, à ne pas utiliser les réseaux sociaux, et à éviter de discuter de manière informelle.

    Autrement dit, l’idée est de travailler moins, mais mieux.

    En août dernier, la filiale japonaise du géant informatique américain Microsoft, a voulu, elle aussi, réduire le temps de travail de ses employés, mais en passant à la semaine de quatre jours au lieu de cinq.

    Les journées des 2 300 employés ont été optimisées, avec, par exemple, des réunions plus courtes. Une fois encore, les salariés ont été beaucoup plus efficaces : leur productivité moyenne a augmenté de 40 % sur le mois !

    Et en France ? Quelques entreprises ont déjà mis en place la semaine de quatre jourset l’idée de cette journée de repos hebdomadaire supplémentaire séduirait 60 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude publiée par l’entreprise spécialisée dans le conseil en ressources humaines ADP, en mai dernier.

  • 4 jours de concertation, 2 de mobilisation..Une semaine décisive pour la réforme des retraites

    4 jours de concertation, 2 de mobilisation..Une semaine décisive pour la réforme des retraites

    Dans ses voeux adressés aux Français, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de mener la réforme des retraites dans les meilleurs délais. Encore hier, le conflit semblait toujours sans issue, alors que la concentration entre Edouard Philippe et les syndicats doit reprendre ce mardi matin, 7 janvier.

    Edouard Philippe, auquel le chef de l’Etat le 31 décembre a demandé de trouver un  »compromis rapide » avec « les syndicats qui le veulent », avait déjà convoqué vendredi dernier plusieurs des ministres concernés. Une réunion impromptue pour faire le point sur la situation dans les transports et l’avancée des « négociations ».

    Ce jour, les ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn, ainsi que les secrétaires d’Etat chargés des Retraites et des Comptes publics, Laurent Pietraszewski et Olivier Dussopt, débuteront cette concertation avec les organisations syndicales et patronales.

    L’exécutif prévoit de concentrer la réunion sur « quatre objectifs », d’après un communiqué de Matignon : « partager les impacts sur l’évolution des seuils relatifs à la pénibilité », « renforcer les actions (…) de prévention de la pénibilité »« construire des dispositifs de reconversion pour les salariés exposés longtemps à la pénibilité » et « le maintien dans l’emploi des seniors ». Les négociations se poursuivront tout au long du mois de janvier.

    Les grèves se poursuivent 

    Plusieurs journées d’action ont déjà été annoncées pour la rentrée. Des appels à la grève ont été lancés pour la journée de ce lundi, « notamment par les avocats, le 2e syndicat de pilotes d’Air France et des fédérations d’infirmiers et de kinésithérapeutes », note BFMTV. La fédération CGT de la chimie a promis un durcissement des blocages des installations pétrolières (raffineries, terminaux pétroliers et dépôts) pendant 96 heures, à partir de mardi.

    Deux journées de manifestations interprofessionnelles et de grèves sont en outre prévues jeudi 9 et samedi 11 janvier, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU. Pour la mobilisation de jeudi, Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a brandi la menace d’un arrêt de production dans les raffineries. La Fédération nationale des ports et docks CGT a, de son côté, appelé à « arrêter le travail pendant 24 heures » dans une « opération ports morts «  le 9 janvier.

    À La Réunion,  les avocats des deux barreaux, ceux de Saint-Denis et de Saint-Pierre, s’associent au mouvement national de justice morte, qui a commencé hier, lundi 6 janvier à ce vendredi 10 janvier 2020.

  • Charlie Hebdo : 5 ans

    Charlie Hebdo : 5 ans

    Charlie Hebdo un numéro anniversaire parût ce mardi, cinq ans après l’attentat sur sa rédaction, s’en prend aux « nouveaux gourous de la pensée formatée » et donne la parole à des proches de membres de la rédaction décédés.

    « Hier, on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école », écrit Riss, le directeur de la rédaction, dans son éditorial.

    « Nouveaux censeurs »

    Le dessin de la Une est signé Coco : un smartphone géant affichant les logos de grands réseaux sociaux écrase la langue et les bras d’un dessinateur, avec ce titre « Nouvelles censures… Nouvelles dictatures ». L’avocat du journal, Me Richard Malka, critique aussi dans une tribune « les mille et une manifestations du tyranniquement correct ambiant ».

    Les proches des victimes témoignent

    Le journal satirique laisse également la parole à des proches de ses journalistes assassinés, comme Maryse Wolinski, veuve du célèbre dessinateur. Elle décrit « La vie d’après » comme n’ayant « ni couleur ni saveur » et pose de nouveau certaines des questions nées après l’attentat qui a fait 12 morts le 7 janvier 2015 : « Pourquoi la surveillance de Charlie Hebdo, journal satirique menacé cinquante fois par jour, a-t-elle été supprimée fin novembre 2014 ? Pour faire des économies ? Pour protéger les policiers ? Secret-défense ! »..

    La veuve de Cabu, Véronique Cabut, rend pour sa part hommage aux victimes et remercie « l’équipe actuelle de continuer chaque semaine ce sport de combat pour la liberté d’expression ». Quant à la mère de Charb, Denise, elle se remémore le parcours de son fils et « sa force de caractère, son acharnement au travail, sa curiosité permanente ». « On nous a traités de « parents indignes » quand il a dessiné Mahomet. Mais nous, on savait mieux que personne qu’il défendait des principes, nous connaissions mieux que quiconque ses valeurs et on admirait sa lucidité et son courage», dit-elle.

  • Fonds de pension, une faiblesse française

    Fonds de pension, une faiblesse française

    En France, l’épargne retraite assure 2,3% des revenus des retraités. L’encours de tous les produits de retraite par capitalisation s’élevait en 2018 à 230 milliards d’euros loin derrière l’assurance vie (1700 milliards d’euros). Leur poids est même inférieur au Livret A.

    Une exception française

    Au sein des pays de l’OCDE, la France est un des pays où le rôle des fonds de pension est le plus faible. En moyenne, la capitalisation représente 17% des revenus des retraités. En France, seulement 10% de la population active est couverte par un produit d’épargne retraite quand ce taux est de 100 % en Suède et aux Pays-Bas, de 60 % au Canada et aux États-Unis, de 50 % au Royaume-Uni et de 40 % en Allemagne.

     

    Poids des fonds de pension en % du PIB :

    Pays-Bas 171%

    Royaume-Uni 104,5%

    Etats-Unis 76,3%

    Allemagne 6,7%

    Suède 4,1%

    France 0,7%

    Source : OCDE- Cercle de l’Epargne

    En France, le fonds de pension le plus important est celui du Régime Additionnel de la Fonction Publique. Il est alimenté par les cotisations assises sur une partie des primes perçues par les fonctionnaires, soit plus de 4,5 millions de personnes. L’encours de ce fonds atteint 30 milliards d’euros. La Prefon qui propose aux fonctionnaires des plans d’épargne retraite dispose d’un encours de 14 milliards d’euros.

    Une majorité favorable à la capitalisation

    Selon l’enquête 2019 du Cercle de l’Épargne/Amphitéa, 57 % des Français sont pour un système de retraite comportant une dose de capitalisation. Ce taux est de 75 % chez les cadres supérieurs et de 46 % chez les ouvriers.

    Plus de 55 % des Français déclarent épargner en vue de leur retraite afin d’améliorer leur niveau de revenus. Ce choix est justifié par la baisse du taux de remplacement de pension (rapport pensions/ revenus d’activité) et cela quel que soit le mode de calcul des pensions. Il peut se justifier également sur le plan financier.

    Selon Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, de 1982 à aujourd’hui, le rendement réel de la répartition a été en moyenne de 1,8 % par an. Si la France s’était dotée de fonds de pension ayant investi dans des actions et des obligations, sur la même période, le rendement réel (corrigé de l’inflation) aurait été supérieur à 8 % (le rendement moyen d’un portefeuille actions étant de 11,4 % par an et celui d’un portefeuille d’obligations de 6,1 % par an).

    Dix fois plus rentables

    Un euro de 2019 de cotisation retraite investi en 1982 fournit en 2019 une richesse de retraite de 1,9 euro en répartition et 21,9 euros en capitalisation, avec un fonds de pension investi 50 % en actions et 50 % en obligations.

    Durant les années 50 à 70, le rendement de la retraite par répartition était supérieur à celui de la capitalisation. Le faible nombre de retraités, la croissance de la masse salariale en lien avec l’augmentation de la population active en emploi explique alors le bon rendement de la répartition. L’inversion des facteurs a changé la donne. Les calculs de Patrick Artus soulignent la complémentarité des deux techniques de gestion.

    Une hostilité de principe pénalisante

    L’hostilité aux fonds de pension a pour conséquence que les résultats des entreprises françaises financent non pas les pensions des retraités français mais celles des Américains, des Britanniques, des Néerlandais. Les entreprises françaises pour attirer des investisseurs étrangers sont contraintes d’offrir des dividendes plus élevés qu’à des acteurs français du fait que les premiers intègrent une prime de risque plus importante au nom de l’adage « ce qui est loin est moins bien connu… ».

    Sur longue période, les pays dotés de fonds de pension ont tendance à avoir des taux de croissance supérieurs à ceux qui en ont peu comme la France ou l’Italie.

    42 % de la capitalisation des entreprises françaises du CAC 40 sont détenus par des nonrésidents, soit un pourcentage supérieur à celui des pays de taille comparable ayant des fonds de pension. Par définition, des investisseurs ont tendance à défendre les intérêts des entreprises de leur pays. A contrario, les investisseurs auront moins de scrupules sur les questions d’emplois ou de salaires pour des établissements relevant d’un pays qui n’est pas le leur.