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  • 4 jours de concertation, 2 de mobilisation..Une semaine décisive pour la réforme des retraites

    4 jours de concertation, 2 de mobilisation..Une semaine décisive pour la réforme des retraites

    Dans ses voeux adressés aux Français, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de mener la réforme des retraites dans les meilleurs délais. Encore hier, le conflit semblait toujours sans issue, alors que la concentration entre Edouard Philippe et les syndicats doit reprendre ce mardi matin, 7 janvier.

    Edouard Philippe, auquel le chef de l’Etat le 31 décembre a demandé de trouver un  »compromis rapide » avec « les syndicats qui le veulent », avait déjà convoqué vendredi dernier plusieurs des ministres concernés. Une réunion impromptue pour faire le point sur la situation dans les transports et l’avancée des « négociations ».

    Ce jour, les ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn, ainsi que les secrétaires d’Etat chargés des Retraites et des Comptes publics, Laurent Pietraszewski et Olivier Dussopt, débuteront cette concertation avec les organisations syndicales et patronales.

    L’exécutif prévoit de concentrer la réunion sur « quatre objectifs », d’après un communiqué de Matignon : « partager les impacts sur l’évolution des seuils relatifs à la pénibilité », « renforcer les actions (…) de prévention de la pénibilité »« construire des dispositifs de reconversion pour les salariés exposés longtemps à la pénibilité » et « le maintien dans l’emploi des seniors ». Les négociations se poursuivront tout au long du mois de janvier.

    Les grèves se poursuivent 

    Plusieurs journées d’action ont déjà été annoncées pour la rentrée. Des appels à la grève ont été lancés pour la journée de ce lundi, « notamment par les avocats, le 2e syndicat de pilotes d’Air France et des fédérations d’infirmiers et de kinésithérapeutes », note BFMTV. La fédération CGT de la chimie a promis un durcissement des blocages des installations pétrolières (raffineries, terminaux pétroliers et dépôts) pendant 96 heures, à partir de mardi.

    Deux journées de manifestations interprofessionnelles et de grèves sont en outre prévues jeudi 9 et samedi 11 janvier, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU. Pour la mobilisation de jeudi, Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a brandi la menace d’un arrêt de production dans les raffineries. La Fédération nationale des ports et docks CGT a, de son côté, appelé à « arrêter le travail pendant 24 heures » dans une « opération ports morts «  le 9 janvier.

    À La Réunion,  les avocats des deux barreaux, ceux de Saint-Denis et de Saint-Pierre, s’associent au mouvement national de justice morte, qui a commencé hier, lundi 6 janvier à ce vendredi 10 janvier 2020.

  • Charlie Hebdo : 5 ans

    Charlie Hebdo : 5 ans

    Charlie Hebdo un numéro anniversaire parût ce mardi, cinq ans après l’attentat sur sa rédaction, s’en prend aux « nouveaux gourous de la pensée formatée » et donne la parole à des proches de membres de la rédaction décédés.

    « Hier, on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école », écrit Riss, le directeur de la rédaction, dans son éditorial.

    « Nouveaux censeurs »

    Le dessin de la Une est signé Coco : un smartphone géant affichant les logos de grands réseaux sociaux écrase la langue et les bras d’un dessinateur, avec ce titre « Nouvelles censures… Nouvelles dictatures ». L’avocat du journal, Me Richard Malka, critique aussi dans une tribune « les mille et une manifestations du tyranniquement correct ambiant ».

    Les proches des victimes témoignent

    Le journal satirique laisse également la parole à des proches de ses journalistes assassinés, comme Maryse Wolinski, veuve du célèbre dessinateur. Elle décrit « La vie d’après » comme n’ayant « ni couleur ni saveur » et pose de nouveau certaines des questions nées après l’attentat qui a fait 12 morts le 7 janvier 2015 : « Pourquoi la surveillance de Charlie Hebdo, journal satirique menacé cinquante fois par jour, a-t-elle été supprimée fin novembre 2014 ? Pour faire des économies ? Pour protéger les policiers ? Secret-défense ! »..

    La veuve de Cabu, Véronique Cabut, rend pour sa part hommage aux victimes et remercie « l’équipe actuelle de continuer chaque semaine ce sport de combat pour la liberté d’expression ». Quant à la mère de Charb, Denise, elle se remémore le parcours de son fils et « sa force de caractère, son acharnement au travail, sa curiosité permanente ». « On nous a traités de « parents indignes » quand il a dessiné Mahomet. Mais nous, on savait mieux que personne qu’il défendait des principes, nous connaissions mieux que quiconque ses valeurs et on admirait sa lucidité et son courage», dit-elle.

  • Fonds de pension, une faiblesse française

    Fonds de pension, une faiblesse française

    En France, l’épargne retraite assure 2,3% des revenus des retraités. L’encours de tous les produits de retraite par capitalisation s’élevait en 2018 à 230 milliards d’euros loin derrière l’assurance vie (1700 milliards d’euros). Leur poids est même inférieur au Livret A.

    Une exception française

    Au sein des pays de l’OCDE, la France est un des pays où le rôle des fonds de pension est le plus faible. En moyenne, la capitalisation représente 17% des revenus des retraités. En France, seulement 10% de la population active est couverte par un produit d’épargne retraite quand ce taux est de 100 % en Suède et aux Pays-Bas, de 60 % au Canada et aux États-Unis, de 50 % au Royaume-Uni et de 40 % en Allemagne.

     

    Poids des fonds de pension en % du PIB :

    Pays-Bas 171%

    Royaume-Uni 104,5%

    Etats-Unis 76,3%

    Allemagne 6,7%

    Suède 4,1%

    France 0,7%

    Source : OCDE- Cercle de l’Epargne

    En France, le fonds de pension le plus important est celui du Régime Additionnel de la Fonction Publique. Il est alimenté par les cotisations assises sur une partie des primes perçues par les fonctionnaires, soit plus de 4,5 millions de personnes. L’encours de ce fonds atteint 30 milliards d’euros. La Prefon qui propose aux fonctionnaires des plans d’épargne retraite dispose d’un encours de 14 milliards d’euros.

    Une majorité favorable à la capitalisation

    Selon l’enquête 2019 du Cercle de l’Épargne/Amphitéa, 57 % des Français sont pour un système de retraite comportant une dose de capitalisation. Ce taux est de 75 % chez les cadres supérieurs et de 46 % chez les ouvriers.

    Plus de 55 % des Français déclarent épargner en vue de leur retraite afin d’améliorer leur niveau de revenus. Ce choix est justifié par la baisse du taux de remplacement de pension (rapport pensions/ revenus d’activité) et cela quel que soit le mode de calcul des pensions. Il peut se justifier également sur le plan financier.

    Selon Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, de 1982 à aujourd’hui, le rendement réel de la répartition a été en moyenne de 1,8 % par an. Si la France s’était dotée de fonds de pension ayant investi dans des actions et des obligations, sur la même période, le rendement réel (corrigé de l’inflation) aurait été supérieur à 8 % (le rendement moyen d’un portefeuille actions étant de 11,4 % par an et celui d’un portefeuille d’obligations de 6,1 % par an).

    Dix fois plus rentables

    Un euro de 2019 de cotisation retraite investi en 1982 fournit en 2019 une richesse de retraite de 1,9 euro en répartition et 21,9 euros en capitalisation, avec un fonds de pension investi 50 % en actions et 50 % en obligations.

    Durant les années 50 à 70, le rendement de la retraite par répartition était supérieur à celui de la capitalisation. Le faible nombre de retraités, la croissance de la masse salariale en lien avec l’augmentation de la population active en emploi explique alors le bon rendement de la répartition. L’inversion des facteurs a changé la donne. Les calculs de Patrick Artus soulignent la complémentarité des deux techniques de gestion.

    Une hostilité de principe pénalisante

    L’hostilité aux fonds de pension a pour conséquence que les résultats des entreprises françaises financent non pas les pensions des retraités français mais celles des Américains, des Britanniques, des Néerlandais. Les entreprises françaises pour attirer des investisseurs étrangers sont contraintes d’offrir des dividendes plus élevés qu’à des acteurs français du fait que les premiers intègrent une prime de risque plus importante au nom de l’adage « ce qui est loin est moins bien connu… ».

    Sur longue période, les pays dotés de fonds de pension ont tendance à avoir des taux de croissance supérieurs à ceux qui en ont peu comme la France ou l’Italie.

    42 % de la capitalisation des entreprises françaises du CAC 40 sont détenus par des nonrésidents, soit un pourcentage supérieur à celui des pays de taille comparable ayant des fonds de pension. Par définition, des investisseurs ont tendance à défendre les intérêts des entreprises de leur pays. A contrario, les investisseurs auront moins de scrupules sur les questions d’emplois ou de salaires pour des établissements relevant d’un pays qui n’est pas le leur.

  • Berlin, Paris et Londres appellent l’Iran à retirer toutes les mesures violant l’accord nucléaire

    Berlin, Paris et Londres appellent l’Iran à retirer toutes les mesures violant l’accord nucléaire

    L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l’Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l’accord nucléaire de 2015, alors que Téhéran vient d’annoncer qu’il s’affranchissait de toute limite sur l’enrichissement d’uranium.

    « Nous appelons l’Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l’accord nucléaire », ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Jonhson.

    L’accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d’intenses négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l’Allemagne.

    L’Iran s’y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales.

    Mais en 2018 le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord et le rétablissement de sanctions. Depuis, l’Iran s’est progressivement affranchi d’engagements figurant dans l’accord.

    Les trois responsables européens ont par ailleurs évoqué dans leur communiqué les tensions croissantes consécutives à la frappe aérienne américaine qui a tué vendredi à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani et un important responsable irakien pro-iranien, Abou Mehdi al-Mouhandis.

    Ils appellent dans ce contexte l’Iran, qui a promis des représailles, à s’abstenir de mener « de nouvelles actions violentes ou d’apporter son soutien à de telles actions ».

    « Il est à présent crucial d’opérer une désescalade. Nous appelons tous les acteurs à montrer le maximum de retenue et de responsabilité », déclarent Mme Merkel et MM. Macron et Johnson.

    Leur communiqué commun a été publié quelques heures après qu’ils se sont entretenus au téléphone.

    Plus tôt dimanche, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que les trois dirigeants s’étaient mis d’accord pour coopérer à une réduction des tensions dans la région.

  • Epiphanie : la Frangipane est française..quelles sont les autres traditions?

    Epiphanie : la Frangipane est française..quelles sont les autres traditions?

    Elle a envahi depuis quelques jours les rayons et les vitrines de France : la galette des rois.

    Elles ont fleuri dans les boulangeries des 36 000 communes à l’occasion de l’Épiphanie, célébrée ce lundi 6 janvier.

    En France, la fête chrétienne et cette pâtisserie sont indissociables, mais ce n’est pas le cas partout.

    Petit tour d’horizon des différentes traditions à travers l’Europe, continent qui est le seul à la fêter réellement.

    Au commencement était la fève

    Pas étonnant : l’Épiphanie est un épisode-phare de la religion chrétienne. Douze jours après la naissance du Christ, elle symbolise la rencontre entre les Rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar et Jésus enfant à Bethléem. Sauf que les éléments les plus ancrés de cette tradition (la fève, le choix d’un « roi » tiré au hasard, la pâtisserie) viennent d’ailleurs et de plus loin.

    Dès l’Antiquité, la civilisation romaine organise des fêtes saturnales à cette période de l’année, pour honorer l’allongement des jours à venir. C’est à cette occasion qu’apparaît la fève (une vraie fève !! pas une pièce d’or ! ) cachée dans une pâtisserie. Elle désigne un « roi », qui pourra ordonner ce qu’il souhaite le temps de la célébration. « C’était une fête importante, familiale« , révèle Stéphanie Wyler, maître de conférences à l’université de Paris. « Il y avait des échanges de cadeaux, et le prince des Saturnales, désigné par la fève, donnait des gages aux autres. »

    Il faut attendre le IIIe siècle pour que les traditions chrétiennes relient l’Épiphanie à une « apparition divine » en tant que telle, celle du Christ aux rois Mages. Avant, « le mot était utilisé par les païens, pas uniquement pour les dieux mais pour toutes sortes de prodiges« , ajoute Stéphanie Wyler.

    Voilà pour le terreau symbolique, qui a permis d’ancrer cette cérémonie dans les coutumes jusqu’à aujourd’hui. Mais, selon les lieux, la fête de l’Épiphanie prend des tournures bien différentes. Quels sont les différents profils en Europe ?

    Les gourmands

    Dans plusieurs pays dont la France, l’Épiphanie signifie d’abord et avant tout le passage à table. La galette feuilletée est aujourd’hui prisée par 70% des Français, selon un sondage mené par OpinionWay et l’interprofession des Cidres de France en 2014. Avec ou sans frangipane, elle est également très prisée en Belgique : il s’en est vendu 800 000 en Wallonie il y a deux ans, selon la RTBF. Un succès également confirmé en Suisse et au Luxembourg. En France, le succès est encore plus frappant : il se vend 32 millions de galettes chaque année.

    Succès, d’accord, mais surtout dans le nord de la France : plus au sud, on préfère la couronne des rois, un gâteau brioché garni de fruits confits qui a convaincu 22% des sondés français en 2014. Plus proche de la pâtisserie antique, cette couronne se retrouve dans les traditions ibériques : le 6 janvier, on mange le « Bolo Rei » au Portugal, et le « Roscón de Reyes » en Espagne.

    Au passage, l’Épiphanie se substitue littéralement à Noël dans ces pays. Ceux qui distribuent les cadeaux sont les Rois Mages eux-mêmes, le Père Noël est quasiment au chômage technique. Le 6 janvier, on déguste le « Roscón de Reyes » mais on ouvre aussi les cadeaux chez les petits Espagnols.

    En Italie, on célèbre bien Noël fin décembre, mais l’Épiphanie est aussi l’occasion de recevoir ou non des cadeaux et quelques gourmandises : une sorcière issue du folklore italien, la « Befana », profite du 6 janvier pour apporter des sucreries aux enfants sages, et… du charbons aux autres, tout de même apprécié car fabriqué en sucre ou en réglisse.

    Les mélomanes

    En Allemagne, la tradition de l’Épiphanie joue davantage sur les cordes vocales que sur l’estomac. Il est coutume de voir, dans les régions à dominante catholique comme la Bavière, des « Sternsinger », ou chanteurs à l’étoile : ces jeunes choristes déguisés en Rois Mages passent de maison en maison, munis d’un bâton de pèlerin surmonté d’une étoile. Leurs chants ont vocation à récolter des dons … et quelques friandises au passage. À noter que le 6 janvier est férié dans trois régions allemandes : la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt.

    Ce rappel en chanson du parcours des Rois Mages a aussi lieu aux Pays-Bas, lors de la fête du « Driekoningen ».

    Les intrépides

    Dans les pays d’Europe occidentale, l’on constate un attachement aux mêmes racines symboliques : l’Épiphanie, c’est la manifestation du Christ, les Rois Mages, et les usages empruntés au paganisme antique avec la fève ou la galette. « Il y a un fond commun qu’on a fixé dans le courant du IVème siècle, et qui puise dans les inspirations chrétiennes« , précise l’historienne Stéphanie Wyler. « À partir de ce fond commun, on adapte l’histoire aux traditions locales. »

    Mais force est de constater que l’Épiphanie revêt une toute autre atmosphère dans les pays d’Europe de l’est aux racines chrétiennes orthodoxes. « En occident, l’Épiphanie est l’adoration de Jésus par les mages. Dans les rites orientaux, la fête, nommée Théophanie, a pour objet le baptême du Christ dans le Jourdain qui a sanctifié les eaux« , pointe le site cybercure.fr, un forum créé en 2000 et géré par un groupe de prêtres, destiné à répondre aux questions sur les grands thèmes du christianisme.

    C’est pourquoi, en Russie, il est de coutume de s’immerger dans de l’eau gelée au moment de cette Théophanie, qui a lieu entre le 6 et le 19 janvier.

    La cérémonie s’accompagne souvent d’une bénédiction des eaux par un prêtre : en Bulgarie, en Ukraine ou en Grèce, une croix est jetée dans l’eau glaciale. « Des plongeurs rivalisent afin de récupérer le crucifix. Celui qui le trouve sera chanceux toute l’année« , révèle le site cybercure.fr. Une manière de célébrer l’Épiphanie autrement plus sportive et intrépide que celle de leurs voisins occidentaux.

  • Ces Français de l’étranger récipiendiaires de la Légion d’honneur

    Ces Français de l’étranger récipiendiaires de la Légion d’honneur

    487 personnes françaises et étrangères ont été honorés de la Légion d’Honneur ce 1er janvier. Cet ordre, institué par Napoléon Bonaparte en 1802 récompense les militaires et les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation.

    Parmi cette nouvelle promotion, de nombreux Français ayant rendu des services à l’étranger ainsi que certaines personnalités étrangères.

    Le personnel diplomatique récompensé pour ses services

    Le personnel diplomatique est régulièrement promu. Ici l’Ambassade de France à Madrid

    Parmi les personnes honorées ce 1er janvier, de nombreuses personnes travaillant dans les représentations diplomatiques à travers le monde. Citons notamment Sylvie Clasquin, secrétaire générale de l’ambassade de France à Madrid qui compte 40 ans de services, Roland Galharague, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en République tchèque, Genevière Jean-Van Rossum qui représente la France auprès de l’Organisation maritime internationale, la directrice des relations internationales au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives Anne Lazar-Sury et encore Stéphane Visconti, ambassadeur pour le partenariat oriental de l’Union européenne et de la mer Noire. Tous deviennent chevaliers de la Légion d’honneur.

    Hommes d’affaires, mécènes, entraineurs également à l’honneur

    Arsène Wenger, Officier de la Légion d’honneur

    Les diplomates ne sont pas les seuls à recevoir la prestigieuse récompense.

    Arsène Wenger, iconique entraineur d’Arsenal pendant plusieurs décennies a été promu officier, tout comme Béatrice Stern, membre du Conseil d’Administration du Metropolitan Museum of Modern Art de New York et important mécène.

    Autres promus, au titre de chevaliers, des chercheurs, des élus et des enseignants comme Jean Milleliri, médecin de santé publique tropicale en Côte d’Ivoire, Hélène Guédon, professeur des écoles au Maroc depuis 29 ans , Olivia Flatto, chercheur aux Etats-Unis, Paola Minoprio, immunologue à l’Institut Pasteur au Brésil ou encore Martine Voron, conseillère consulaire au Burkina Faso et directrice financière dans l’industrie automobile.

    Des étrangers également promus

    L’artiste islandais Erró fait partie des récipiendaires 2020

    Notons enfin que l’artiste sculpteur peintre Erró a été promu officier, que les italiennes Gabriella Battaini-Dragoni, secrétaire générale adjointe au Conseil de l’Europe et Doriana Fuksas, architecte, deviennent chevaliers, tout comme Catherine Morris, docteure en biologie et le praticien hospitalier américain et cofondateur d’une société pharmaceutique Anh Nguyen.

    Les promotions de la Légion d’honneur font souvent l’objet de polémiques, quand elles récompensent des artistes, des proches du pouvoir, des dirigeants étrangers aux pratiques dictatoriales comme le Sultan de Brunei par exemple. Pour autant, force est de constater que la promotion du 1er janvier 2020 est éclectique, internationale, prend en compte la présence française dans le monde et les amis de la France à l’international.

  • Paula Forteza restera-t-elle députée des Français de l’étranger?

    Paula Forteza restera-t-elle députée des Français de l’étranger?

    L’information, que nous avons depuis relayé dans un premier article était jusque lors passée relativement inaperçue.

    Paula Forteza, députée LREM de la deuxième circonscription des Français de l’étranger, circonscription gigantesque qui regroupe l’ensemble de l’Amérique latine et les caraïbes, sera tête de liste sur les listes de Cédric Villani dans le XIXème arrondissement de Paris.

    Si la députée, née à Paris, ayant grandi en Argentine où elle effectua une partie de ses études, a bien entendu parfaitement le droit de soutenir Cédric Villani dans son combat pour la conquête de la capitale, ce n’est pas peu dire que cela soulève des interrogations, notamment chez les élus consulaires, sur la possibilité de cumuler ce mandat local à Paris avec la représentation d’une circonscription aussi vaste, lointaine, et aux problématiques variées et souvent graves.

    La consternation des élus consulaires d’opposition

    Après son élection, Mme Forteza a mis en place un outil de communication utile pour son dialogue avec les élus locaux français : un fil de conversation WhatsApp les regroupant ainsi que la députée et ses collaborateurs.

    Le couvre-feu à Santiago a duré 10 jours

    C’est par ce biais que les élus ont appris l’investiture de Paula Forteza sur les listes Villani. Mais ce ne fut ni via la députée, ni via ses équipes. Les réactions au sein de nombre d’élus consulaires furent celles d’un sentiment d’abandon, et ce alors que nombreux pointent déjà son manque d’engagement local.

    « Comment peut-elle se présenter devant les Parisiens du 19e en faisant campagne alors qu’elle doit continuer d’honorer son mandat vis à vis de nous ? » s’interroge Florence Poznanski, élue La France Insoumise au Brésil ?

    « Nous avons eu un couvre-feu pendant 10 jours à Santiago avec des frictions sociales très fortes et il n’y eu aucune visite de sa part »

    Laure-Hélène Filhol, élue au Chili et qui se présentera comme indépendante lors des consulaires 2020, la juge déjà « très absente », estimant qu’elle mit notamment du temps à réagir à la situation au Brésil et au Chili. « Nous avons eu un couvre-feu pendant 10 jours à Santiago avec des frictions sociales très fortes et il n’y eut aucune visite de sa part ».

    Lors d’échanges ultérieurs sur cette plateforme commune, la députée a évoqué sur cette question de l’éloignement pendant la campagne des « divergences partisanes » avec ses détracteurs. « Ce n’est pas le cas, c’est une question de responsabilité tout simplement » selon Mme Poznanski. De fait plusieurs élus de la majorité, si ils ne souhaitent pas nécessairement s’exprimer publiquement sur le sujet, font part de leur « circonspection ».

    Une pétition appelant à sa démission

    « Nous en prenons acte et demandons donc sa démission »

    Paula Forteza sera-t-elle élue aux côtés de Cédric Villani?

    L’élue EELV Cécile Lavergne a lancé une pétition appelant à la démission de Mme Forteza. Mme Lavergne estime que Mme Forteza « renonce ainsi à honorer la confiance que lui ont accordée ses électeurs et à défendre les intérêts de la Nation dans une région du monde en pleine ébullition politique. Nous en prenons acte et demandons donc sa démission ». Parmi les premiers signataires, François Boucher et Daniel Colas, conseillers AFE du Mexique et du Chili.

    « Si elle souhaite se consacrer aux Parisiens elle doit renoncer à son poste de députée »

    Plusieurs autres élus consulaires locaux réfléchissent à signer cette pétition également. « Si elle souhaite se consacrer aux Parisiens elle doit renoncer à son poste de députée » selon Mme Poznanski.

    La délicate question du cumul des mandats

    Au-delà de cette question d’une démission « volontaire » possible se pose la question du cumul des mandats. En la matière, plusieurs scénarios sont possibles en cas d’élection de Mme Forteza à Paris. En cas d’élection à la mairie du XIXème arrondissement, actuellement largement dominée par le PS, Paula Forteza ne pourra pas cumuler la fonction de maire d’arrondissement avec celle de députée de la 2ème circonscription des Français de l’étranger. En revanche, si elle devient conseillère d’arrondissement, conseillère du Conseil de Paris voire adjointe au Maire, le cumul est possible.

    Est-ce cependant sérieusement envisageable ? Des fonctions à Paris peuvent-elles s’ajouter à celles de députée d’une circonscription en proie à tant de problématiques spécifiques et bien éloignées de celles de la capitale ? A cela, seule Mme Forteza pourra répondre. En cas de démission en raison d’un cumul des mandats, Mme Forteza sera remplacée par son suppléant. Si en revanche elle démissionne volontairement, des élections partielles auront lieu. En attendant, et jusqu’aux municipales de mars, il est probable que les conseillers consulaires et les Français d’Amérique du sud et des Caraïbes ne verront que peu leur députée dans leur circonscription…

  • Tout va mal, mais tout va mieux.

    Tout va mal, mais tout va mieux.

    A force de regarder la télé, nos contemporains ont le sentiment que tout va plus mal qu’hier et que demain sera pire qu’aujourd’hui. Entre la crise financière, les années de terrorisme et le changement climatique, 2020 ne présagerait rien de bon. Et pourtant.

    Si l’on regarde la condition humaine à l’échelle de notre petite planète, à l’heure de la mondialisation, jamais les humains ne se sont portés aussi bien, alors qu’ils n’ont jamais été si nombreux. Ces dix dernières années, la mortalité infantile a encore régressé de 30%. Elle est passée de 55 pour mille naissances en 2000, à 29 pour 1000 en 2018. Evidemment, en France, on s’en aperçoit peu, elle est à un niveau difficilement compressible : 3 pour 1000. En 1950, on en était à 50 pour mille, situation actuelle de l’Afrique subsaharienne. Pour se rendre compte du progrès, cela signifie que sur les 720.000 naissances de l’année, alors que l’on compte aujourd’hui 2700 décès, on en aurait déploré 45.000.

    Pourquoi naître si c’est pour mourir de faim ? Ce qui fut longtemps la condition des peuples d’une terre trop peu nourricière, la malnutrition, elle aussi, a diminué : de 13% en dix ans. Inquiétude : elle ne diminue plus ces deux dernières années. Il y a toujours 800 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim. Un défi pour les dix prochaines années. Comme celui de l’obésité, maladie du siècle nouveau.

    Survivre soit, mais comment ? L’extrême pauvreté (moins de 2$ par jour), concerne encore 9% de la population mondiale. Mais elle a diminué  de moitié en dix ans. Tout comme les décès liés au Sida (-50%) : 770.000 morts du sida en 2018, c’est encore énorme, mais c’est moins que deux millions en 2000. Le nombre de morts dus à la pollution, a lui aussi baissé, de 20%. Et l’illettrisme a encore reculé, de 20% également[1].

    Cela ne veut pas dire que le monde va bien, cela veut dire qu’il va mieux, dans des domaines fondamentaux, notamment pour les plus pauvres. Les gains, dans les pays riches, sont plus difficiles.

    Pourquoi ces progrès ? Parce que la mondialisation, si critiquée, a permis une meilleure allocation des ressources, une meilleure productivité, plus de transferts d’innovations. Ces progrès sont fragiles, ils sont généralement menacés par des crises et des conflits de pouvoir ; on oublie à quel point les systèmes sociaux sont conservateurs parce qu’ils sont friables.

    A mesurer le commerce des armes, qui a battu des records cette année, à entendre les menaces, on craint que les guerres ne prolifèrent. Pourtant, la planète est plus paisible que lors des décennies passées : Toute l’Amérique, pour la première fois de son histoire, est en paix (La Colombie était le dernier conflit). L’Asie aussi, malgré la Corée du Nord. En Europe, la Russie a poussé ses pions en Ukraine (10.000 morts), modérément par rapport aux massacres de Tchétchénie (150.000). Les guerres restent au Moyen-Orient, sur les lignes de confrontation de l’islamisme, au sein des pays musulmans et à leurs frontières : Syrie, Yémen, Israël, Lybie, Sahel.

    Il est difficile de prétendre que l’humanité d’aujourd’hui est plus sage que celle d’hier. Elle est mieux informée, plus liée.

    Mais si l’économie mondialisée fonctionne mieux que l’économie parcellisée, cela dépend aussi des politiques suivies. On parle beaucoup de cette ruine aberrante qu’est la Corée du Nord, on devrait parler plus de la Corée du sud, qui, en un siècle est devenu un pays riche, libre, créatif, original. A quoi cela est-il du ? Aux choix politiques. Aujourd’hui la Grèce emprunte sur les marchés moins chers que l’Italie. Ce qui signifie que si le progrès est là, il n’est pas égal partout, il dépend à la fois des échanges de savoir et des échanges tout court, mais aussi et surtout de politiques et de capacités d’adaptation nationales aux chocs et flux extérieurs.

    Le progrès n’est pas une donnée. C’est un processus fragile. Constater que le monde va mal est une constante banale. Le monde a toujours été mal. Pour l’instant, il va moins mal qu’il y a dix ans. Il est fort possible que dans dix ans, il aille un peu moins mal. Ce ne sera pas une question de chance, mais de choix.

    Il y a un siècle Helsinki était à peine plus qu’un village, et Naples une capitale économique de la méditerranée. Aujourd’hui Helsinki est à la pointe de l’éducation et des smarts cities, et Naples ne sait toujours pas traiter les ordures, ni la mafia. L’un va avec l’autre. Il s’agit encore et toujours de choix politiques. D’ici dix ans, il y aura encore des progrès, mais pour qui, et où ? Les plus imaginatifs, les plus alertes, les plus libres ont plus de chance que les autres de trouver les bons courants et les meilleurs systèmes d’organisation et de prise de décisions.

    [1] Ces chiffres sont ceux de la Banque mondiale, des Nations-Unies et de la FAO. Voir le site « The World in data ».

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

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