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  • Berlin, Paris et Londres appellent l’Iran à retirer toutes les mesures violant l’accord nucléaire

    Berlin, Paris et Londres appellent l’Iran à retirer toutes les mesures violant l’accord nucléaire

    L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l’Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l’accord nucléaire de 2015, alors que Téhéran vient d’annoncer qu’il s’affranchissait de toute limite sur l’enrichissement d’uranium.

    « Nous appelons l’Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l’accord nucléaire », ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Jonhson.

    L’accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d’intenses négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l’Allemagne.

    L’Iran s’y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales.

    Mais en 2018 le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord et le rétablissement de sanctions. Depuis, l’Iran s’est progressivement affranchi d’engagements figurant dans l’accord.

    Les trois responsables européens ont par ailleurs évoqué dans leur communiqué les tensions croissantes consécutives à la frappe aérienne américaine qui a tué vendredi à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani et un important responsable irakien pro-iranien, Abou Mehdi al-Mouhandis.

    Ils appellent dans ce contexte l’Iran, qui a promis des représailles, à s’abstenir de mener « de nouvelles actions violentes ou d’apporter son soutien à de telles actions ».

    « Il est à présent crucial d’opérer une désescalade. Nous appelons tous les acteurs à montrer le maximum de retenue et de responsabilité », déclarent Mme Merkel et MM. Macron et Johnson.

    Leur communiqué commun a été publié quelques heures après qu’ils se sont entretenus au téléphone.

    Plus tôt dimanche, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que les trois dirigeants s’étaient mis d’accord pour coopérer à une réduction des tensions dans la région.

  • Epiphanie : la Frangipane est française..quelles sont les autres traditions?

    Epiphanie : la Frangipane est française..quelles sont les autres traditions?

    Elle a envahi depuis quelques jours les rayons et les vitrines de France : la galette des rois.

    Elles ont fleuri dans les boulangeries des 36 000 communes à l’occasion de l’Épiphanie, célébrée ce lundi 6 janvier.

    En France, la fête chrétienne et cette pâtisserie sont indissociables, mais ce n’est pas le cas partout.

    Petit tour d’horizon des différentes traditions à travers l’Europe, continent qui est le seul à la fêter réellement.

    Au commencement était la fève

    Pas étonnant : l’Épiphanie est un épisode-phare de la religion chrétienne. Douze jours après la naissance du Christ, elle symbolise la rencontre entre les Rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar et Jésus enfant à Bethléem. Sauf que les éléments les plus ancrés de cette tradition (la fève, le choix d’un « roi » tiré au hasard, la pâtisserie) viennent d’ailleurs et de plus loin.

    Dès l’Antiquité, la civilisation romaine organise des fêtes saturnales à cette période de l’année, pour honorer l’allongement des jours à venir. C’est à cette occasion qu’apparaît la fève (une vraie fève !! pas une pièce d’or ! ) cachée dans une pâtisserie. Elle désigne un « roi », qui pourra ordonner ce qu’il souhaite le temps de la célébration. « C’était une fête importante, familiale« , révèle Stéphanie Wyler, maître de conférences à l’université de Paris. « Il y avait des échanges de cadeaux, et le prince des Saturnales, désigné par la fève, donnait des gages aux autres. »

    Il faut attendre le IIIe siècle pour que les traditions chrétiennes relient l’Épiphanie à une « apparition divine » en tant que telle, celle du Christ aux rois Mages. Avant, « le mot était utilisé par les païens, pas uniquement pour les dieux mais pour toutes sortes de prodiges« , ajoute Stéphanie Wyler.

    Voilà pour le terreau symbolique, qui a permis d’ancrer cette cérémonie dans les coutumes jusqu’à aujourd’hui. Mais, selon les lieux, la fête de l’Épiphanie prend des tournures bien différentes. Quels sont les différents profils en Europe ?

    Les gourmands

    Dans plusieurs pays dont la France, l’Épiphanie signifie d’abord et avant tout le passage à table. La galette feuilletée est aujourd’hui prisée par 70% des Français, selon un sondage mené par OpinionWay et l’interprofession des Cidres de France en 2014. Avec ou sans frangipane, elle est également très prisée en Belgique : il s’en est vendu 800 000 en Wallonie il y a deux ans, selon la RTBF. Un succès également confirmé en Suisse et au Luxembourg. En France, le succès est encore plus frappant : il se vend 32 millions de galettes chaque année.

    Succès, d’accord, mais surtout dans le nord de la France : plus au sud, on préfère la couronne des rois, un gâteau brioché garni de fruits confits qui a convaincu 22% des sondés français en 2014. Plus proche de la pâtisserie antique, cette couronne se retrouve dans les traditions ibériques : le 6 janvier, on mange le « Bolo Rei » au Portugal, et le « Roscón de Reyes » en Espagne.

    Au passage, l’Épiphanie se substitue littéralement à Noël dans ces pays. Ceux qui distribuent les cadeaux sont les Rois Mages eux-mêmes, le Père Noël est quasiment au chômage technique. Le 6 janvier, on déguste le « Roscón de Reyes » mais on ouvre aussi les cadeaux chez les petits Espagnols.

    En Italie, on célèbre bien Noël fin décembre, mais l’Épiphanie est aussi l’occasion de recevoir ou non des cadeaux et quelques gourmandises : une sorcière issue du folklore italien, la « Befana », profite du 6 janvier pour apporter des sucreries aux enfants sages, et… du charbons aux autres, tout de même apprécié car fabriqué en sucre ou en réglisse.

    Les mélomanes

    En Allemagne, la tradition de l’Épiphanie joue davantage sur les cordes vocales que sur l’estomac. Il est coutume de voir, dans les régions à dominante catholique comme la Bavière, des « Sternsinger », ou chanteurs à l’étoile : ces jeunes choristes déguisés en Rois Mages passent de maison en maison, munis d’un bâton de pèlerin surmonté d’une étoile. Leurs chants ont vocation à récolter des dons … et quelques friandises au passage. À noter que le 6 janvier est férié dans trois régions allemandes : la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt.

    Ce rappel en chanson du parcours des Rois Mages a aussi lieu aux Pays-Bas, lors de la fête du « Driekoningen ».

    Les intrépides

    Dans les pays d’Europe occidentale, l’on constate un attachement aux mêmes racines symboliques : l’Épiphanie, c’est la manifestation du Christ, les Rois Mages, et les usages empruntés au paganisme antique avec la fève ou la galette. « Il y a un fond commun qu’on a fixé dans le courant du IVème siècle, et qui puise dans les inspirations chrétiennes« , précise l’historienne Stéphanie Wyler. « À partir de ce fond commun, on adapte l’histoire aux traditions locales. »

    Mais force est de constater que l’Épiphanie revêt une toute autre atmosphère dans les pays d’Europe de l’est aux racines chrétiennes orthodoxes. « En occident, l’Épiphanie est l’adoration de Jésus par les mages. Dans les rites orientaux, la fête, nommée Théophanie, a pour objet le baptême du Christ dans le Jourdain qui a sanctifié les eaux« , pointe le site cybercure.fr, un forum créé en 2000 et géré par un groupe de prêtres, destiné à répondre aux questions sur les grands thèmes du christianisme.

    C’est pourquoi, en Russie, il est de coutume de s’immerger dans de l’eau gelée au moment de cette Théophanie, qui a lieu entre le 6 et le 19 janvier.

    La cérémonie s’accompagne souvent d’une bénédiction des eaux par un prêtre : en Bulgarie, en Ukraine ou en Grèce, une croix est jetée dans l’eau glaciale. « Des plongeurs rivalisent afin de récupérer le crucifix. Celui qui le trouve sera chanceux toute l’année« , révèle le site cybercure.fr. Une manière de célébrer l’Épiphanie autrement plus sportive et intrépide que celle de leurs voisins occidentaux.

  • Ces Français de l’étranger récipiendiaires de la Légion d’honneur

    Ces Français de l’étranger récipiendiaires de la Légion d’honneur

    487 personnes françaises et étrangères ont été honorés de la Légion d’Honneur ce 1er janvier. Cet ordre, institué par Napoléon Bonaparte en 1802 récompense les militaires et les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation.

    Parmi cette nouvelle promotion, de nombreux Français ayant rendu des services à l’étranger ainsi que certaines personnalités étrangères.

    Le personnel diplomatique récompensé pour ses services

    Le personnel diplomatique est régulièrement promu. Ici l’Ambassade de France à Madrid

    Parmi les personnes honorées ce 1er janvier, de nombreuses personnes travaillant dans les représentations diplomatiques à travers le monde. Citons notamment Sylvie Clasquin, secrétaire générale de l’ambassade de France à Madrid qui compte 40 ans de services, Roland Galharague, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en République tchèque, Genevière Jean-Van Rossum qui représente la France auprès de l’Organisation maritime internationale, la directrice des relations internationales au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives Anne Lazar-Sury et encore Stéphane Visconti, ambassadeur pour le partenariat oriental de l’Union européenne et de la mer Noire. Tous deviennent chevaliers de la Légion d’honneur.

    Hommes d’affaires, mécènes, entraineurs également à l’honneur

    Arsène Wenger, Officier de la Légion d’honneur

    Les diplomates ne sont pas les seuls à recevoir la prestigieuse récompense.

    Arsène Wenger, iconique entraineur d’Arsenal pendant plusieurs décennies a été promu officier, tout comme Béatrice Stern, membre du Conseil d’Administration du Metropolitan Museum of Modern Art de New York et important mécène.

    Autres promus, au titre de chevaliers, des chercheurs, des élus et des enseignants comme Jean Milleliri, médecin de santé publique tropicale en Côte d’Ivoire, Hélène Guédon, professeur des écoles au Maroc depuis 29 ans , Olivia Flatto, chercheur aux Etats-Unis, Paola Minoprio, immunologue à l’Institut Pasteur au Brésil ou encore Martine Voron, conseillère consulaire au Burkina Faso et directrice financière dans l’industrie automobile.

    Des étrangers également promus

    L’artiste islandais Erró fait partie des récipiendaires 2020

    Notons enfin que l’artiste sculpteur peintre Erró a été promu officier, que les italiennes Gabriella Battaini-Dragoni, secrétaire générale adjointe au Conseil de l’Europe et Doriana Fuksas, architecte, deviennent chevaliers, tout comme Catherine Morris, docteure en biologie et le praticien hospitalier américain et cofondateur d’une société pharmaceutique Anh Nguyen.

    Les promotions de la Légion d’honneur font souvent l’objet de polémiques, quand elles récompensent des artistes, des proches du pouvoir, des dirigeants étrangers aux pratiques dictatoriales comme le Sultan de Brunei par exemple. Pour autant, force est de constater que la promotion du 1er janvier 2020 est éclectique, internationale, prend en compte la présence française dans le monde et les amis de la France à l’international.

  • Paula Forteza restera-t-elle députée des Français de l’étranger?

    Paula Forteza restera-t-elle députée des Français de l’étranger?

    L’information, que nous avons depuis relayé dans un premier article était jusque lors passée relativement inaperçue.

    Paula Forteza, députée LREM de la deuxième circonscription des Français de l’étranger, circonscription gigantesque qui regroupe l’ensemble de l’Amérique latine et les caraïbes, sera tête de liste sur les listes de Cédric Villani dans le XIXème arrondissement de Paris.

    Si la députée, née à Paris, ayant grandi en Argentine où elle effectua une partie de ses études, a bien entendu parfaitement le droit de soutenir Cédric Villani dans son combat pour la conquête de la capitale, ce n’est pas peu dire que cela soulève des interrogations, notamment chez les élus consulaires, sur la possibilité de cumuler ce mandat local à Paris avec la représentation d’une circonscription aussi vaste, lointaine, et aux problématiques variées et souvent graves.

    La consternation des élus consulaires d’opposition

    Après son élection, Mme Forteza a mis en place un outil de communication utile pour son dialogue avec les élus locaux français : un fil de conversation WhatsApp les regroupant ainsi que la députée et ses collaborateurs.

    Le couvre-feu à Santiago a duré 10 jours

    C’est par ce biais que les élus ont appris l’investiture de Paula Forteza sur les listes Villani. Mais ce ne fut ni via la députée, ni via ses équipes. Les réactions au sein de nombre d’élus consulaires furent celles d’un sentiment d’abandon, et ce alors que nombreux pointent déjà son manque d’engagement local.

    « Comment peut-elle se présenter devant les Parisiens du 19e en faisant campagne alors qu’elle doit continuer d’honorer son mandat vis à vis de nous ? » s’interroge Florence Poznanski, élue La France Insoumise au Brésil ?

    « Nous avons eu un couvre-feu pendant 10 jours à Santiago avec des frictions sociales très fortes et il n’y eu aucune visite de sa part »

    Laure-Hélène Filhol, élue au Chili et qui se présentera comme indépendante lors des consulaires 2020, la juge déjà « très absente », estimant qu’elle mit notamment du temps à réagir à la situation au Brésil et au Chili. « Nous avons eu un couvre-feu pendant 10 jours à Santiago avec des frictions sociales très fortes et il n’y eut aucune visite de sa part ».

    Lors d’échanges ultérieurs sur cette plateforme commune, la députée a évoqué sur cette question de l’éloignement pendant la campagne des « divergences partisanes » avec ses détracteurs. « Ce n’est pas le cas, c’est une question de responsabilité tout simplement » selon Mme Poznanski. De fait plusieurs élus de la majorité, si ils ne souhaitent pas nécessairement s’exprimer publiquement sur le sujet, font part de leur « circonspection ».

    Une pétition appelant à sa démission

    « Nous en prenons acte et demandons donc sa démission »

    Paula Forteza sera-t-elle élue aux côtés de Cédric Villani?

    L’élue EELV Cécile Lavergne a lancé une pétition appelant à la démission de Mme Forteza. Mme Lavergne estime que Mme Forteza « renonce ainsi à honorer la confiance que lui ont accordée ses électeurs et à défendre les intérêts de la Nation dans une région du monde en pleine ébullition politique. Nous en prenons acte et demandons donc sa démission ». Parmi les premiers signataires, François Boucher et Daniel Colas, conseillers AFE du Mexique et du Chili.

    « Si elle souhaite se consacrer aux Parisiens elle doit renoncer à son poste de députée »

    Plusieurs autres élus consulaires locaux réfléchissent à signer cette pétition également. « Si elle souhaite se consacrer aux Parisiens elle doit renoncer à son poste de députée » selon Mme Poznanski.

    La délicate question du cumul des mandats

    Au-delà de cette question d’une démission « volontaire » possible se pose la question du cumul des mandats. En la matière, plusieurs scénarios sont possibles en cas d’élection de Mme Forteza à Paris. En cas d’élection à la mairie du XIXème arrondissement, actuellement largement dominée par le PS, Paula Forteza ne pourra pas cumuler la fonction de maire d’arrondissement avec celle de députée de la 2ème circonscription des Français de l’étranger. En revanche, si elle devient conseillère d’arrondissement, conseillère du Conseil de Paris voire adjointe au Maire, le cumul est possible.

    Est-ce cependant sérieusement envisageable ? Des fonctions à Paris peuvent-elles s’ajouter à celles de députée d’une circonscription en proie à tant de problématiques spécifiques et bien éloignées de celles de la capitale ? A cela, seule Mme Forteza pourra répondre. En cas de démission en raison d’un cumul des mandats, Mme Forteza sera remplacée par son suppléant. Si en revanche elle démissionne volontairement, des élections partielles auront lieu. En attendant, et jusqu’aux municipales de mars, il est probable que les conseillers consulaires et les Français d’Amérique du sud et des Caraïbes ne verront que peu leur députée dans leur circonscription…

  • Tout va mal, mais tout va mieux.

    Tout va mal, mais tout va mieux.

    A force de regarder la télé, nos contemporains ont le sentiment que tout va plus mal qu’hier et que demain sera pire qu’aujourd’hui. Entre la crise financière, les années de terrorisme et le changement climatique, 2020 ne présagerait rien de bon. Et pourtant.

    Si l’on regarde la condition humaine à l’échelle de notre petite planète, à l’heure de la mondialisation, jamais les humains ne se sont portés aussi bien, alors qu’ils n’ont jamais été si nombreux. Ces dix dernières années, la mortalité infantile a encore régressé de 30%. Elle est passée de 55 pour mille naissances en 2000, à 29 pour 1000 en 2018. Evidemment, en France, on s’en aperçoit peu, elle est à un niveau difficilement compressible : 3 pour 1000. En 1950, on en était à 50 pour mille, situation actuelle de l’Afrique subsaharienne. Pour se rendre compte du progrès, cela signifie que sur les 720.000 naissances de l’année, alors que l’on compte aujourd’hui 2700 décès, on en aurait déploré 45.000.

    Pourquoi naître si c’est pour mourir de faim ? Ce qui fut longtemps la condition des peuples d’une terre trop peu nourricière, la malnutrition, elle aussi, a diminué : de 13% en dix ans. Inquiétude : elle ne diminue plus ces deux dernières années. Il y a toujours 800 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim. Un défi pour les dix prochaines années. Comme celui de l’obésité, maladie du siècle nouveau.

    Survivre soit, mais comment ? L’extrême pauvreté (moins de 2$ par jour), concerne encore 9% de la population mondiale. Mais elle a diminué  de moitié en dix ans. Tout comme les décès liés au Sida (-50%) : 770.000 morts du sida en 2018, c’est encore énorme, mais c’est moins que deux millions en 2000. Le nombre de morts dus à la pollution, a lui aussi baissé, de 20%. Et l’illettrisme a encore reculé, de 20% également[1].

    Cela ne veut pas dire que le monde va bien, cela veut dire qu’il va mieux, dans des domaines fondamentaux, notamment pour les plus pauvres. Les gains, dans les pays riches, sont plus difficiles.

    Pourquoi ces progrès ? Parce que la mondialisation, si critiquée, a permis une meilleure allocation des ressources, une meilleure productivité, plus de transferts d’innovations. Ces progrès sont fragiles, ils sont généralement menacés par des crises et des conflits de pouvoir ; on oublie à quel point les systèmes sociaux sont conservateurs parce qu’ils sont friables.

    A mesurer le commerce des armes, qui a battu des records cette année, à entendre les menaces, on craint que les guerres ne prolifèrent. Pourtant, la planète est plus paisible que lors des décennies passées : Toute l’Amérique, pour la première fois de son histoire, est en paix (La Colombie était le dernier conflit). L’Asie aussi, malgré la Corée du Nord. En Europe, la Russie a poussé ses pions en Ukraine (10.000 morts), modérément par rapport aux massacres de Tchétchénie (150.000). Les guerres restent au Moyen-Orient, sur les lignes de confrontation de l’islamisme, au sein des pays musulmans et à leurs frontières : Syrie, Yémen, Israël, Lybie, Sahel.

    Il est difficile de prétendre que l’humanité d’aujourd’hui est plus sage que celle d’hier. Elle est mieux informée, plus liée.

    Mais si l’économie mondialisée fonctionne mieux que l’économie parcellisée, cela dépend aussi des politiques suivies. On parle beaucoup de cette ruine aberrante qu’est la Corée du Nord, on devrait parler plus de la Corée du sud, qui, en un siècle est devenu un pays riche, libre, créatif, original. A quoi cela est-il du ? Aux choix politiques. Aujourd’hui la Grèce emprunte sur les marchés moins chers que l’Italie. Ce qui signifie que si le progrès est là, il n’est pas égal partout, il dépend à la fois des échanges de savoir et des échanges tout court, mais aussi et surtout de politiques et de capacités d’adaptation nationales aux chocs et flux extérieurs.

    Le progrès n’est pas une donnée. C’est un processus fragile. Constater que le monde va mal est une constante banale. Le monde a toujours été mal. Pour l’instant, il va moins mal qu’il y a dix ans. Il est fort possible que dans dix ans, il aille un peu moins mal. Ce ne sera pas une question de chance, mais de choix.

    Il y a un siècle Helsinki était à peine plus qu’un village, et Naples une capitale économique de la méditerranée. Aujourd’hui Helsinki est à la pointe de l’éducation et des smarts cities, et Naples ne sait toujours pas traiter les ordures, ni la mafia. L’un va avec l’autre. Il s’agit encore et toujours de choix politiques. D’ici dix ans, il y aura encore des progrès, mais pour qui, et où ? Les plus imaginatifs, les plus alertes, les plus libres ont plus de chance que les autres de trouver les bons courants et les meilleurs systèmes d’organisation et de prise de décisions.

    [1] Ces chiffres sont ceux de la Banque mondiale, des Nations-Unies et de la FAO. Voir le site « The World in data ».

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Grève… 5ème semaine de paralysie en France !

    Grève… 5ème semaine de paralysie en France !

    Une semaine cruciale. Après plus d’un mois de grève contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron réunit, lundi 6 janvier, le premier Conseil des ministres de 2020, ouvrant une semaine-clé ponctuée par la reprise, mardi, des négociations avec les syndicats en colère et de deux journées de manifestations jeudi et samedi. Le trafic reste perturbé à la SNCF et à la RATP. Baskets, vélos et trottinettes sont encore de sortie en Ile-de-France ce lundi matin. Mais aussi, et surtout, les voitures : plus de 330 km d’embouteillages ont été enregistrés à 8 heures en région parisienne, bien au-delà de la moyenne, selon Sytadin. 

     Un Conseil des ministres lundi. 

    Comme à chaque rentrée de janvier, le gouvernement se réunira au ministère de l’Intérieur pour un petit-déjeuner de travail. Avant de débuter le Conseil des ministres à l’Elysée, le gouvernement présentera ses vœux au président, lundi. Ensuite, place au dossier brûlant de la rentrée : la réforme des retraites.

     Reprise des négociations mardi. 

    Après la pause des fêtes, les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux doivent reprendre mardi. Les ministres du Travail et de la Santé, Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn, ainsi que les secrétaires d’Etat chargés des Retraites et des Comptes publics, Laurent Pietraszewski et Olivier Dussopt, débuteront cette concertation avec les organisations syndicales et patronales.

     Deux journées d’actions. 

    A l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU, deux journées de manifestations interprofessionnelles et de grèves sont prévues jeudi 9 et samedi 11 janvier. Pour la mobilisation de jeudi, Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a brandi la menace d’un arrêt de production dans les raffineries. La Fédération nationale des ports et docks CGT a, de son côté, appelé à « arrêter le travail pendant 24 heures » dans une « opération ports morts » ce même jour.

     A la SNCF, le trafic s’améliore.

    Certaines lignes qui étaient fermées depuis le 5 décembre, et donc le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, rouvrent lundi. Concrètement, pour cette journée, la SNCF prévoit en moyenne huit TGV sur dix, huit Ouigo sur dix, un Transilien sur deux, un Intercités sur trois et deux TER sur trois.

     A la RATP, le trafic reste très perturbé. 

    La RATP prévoit un trafic toujours « très perturbé » lundi. La RATP évoque « une offre en légère amélioration par rapport à celle du 3 janvier ». Dans le détail, en dehors des lignes de métro 1 et 14 (qui sont automatiques), toutes les autres lignes seront partiellement ouvertes avec des horaires restreints.

     

  • Villejuif : 2 morts, dont l’assaillant, et deux blessés

    Villejuif : 2 morts, dont l’assaillant, et deux blessés

    Une attaque au couteau fait un mort et deux blessés à Villejuif: la victime a pris un coup de couteau mortel en voulant protéger sa femme (vidéos)

    L’assaillant, Nathan C., âgé de 22 ans et né aux Lilas (Seine-Saint-Denis) selon des sources concordantes, est passé à l’attaque vers 14H00 dans le vaste parc des Hautes-Bruyères, qui abrite notamment des terrains de sports et des jardins familiaux, dans cette commune située dans la proche banlieue sud de Paris.

    Il a tué un Villejuifois de 56 ans qui se promenait avec sa femme et a pris un coup de couteau en voulant la protéger, a indiqué à l’AFP le maire de la ville Franck Le Bohellec.

    Sa compagne, âgée d’une quarantaine d’années, a été grièvement blessée mais ses jours n’étaient plus en danger vendredi soir, a indiqué le parquet de Créteil, en précisant que la troisième victime, une femme de 30 ans, a elle été légèrement blessée. Une source proche du dossier avait auparavant indiqué par erreur qu’un des blessés était un homme.

    Sur Twitter, le président Emmanuel Macron a adressé son « soutien aux victimes (…), à leurs familles ainsi qu’aux forces de l’ordre » après l’attaque.

    L’assaillant a également « tenté de s’attaquer à d’autres victimes qui ont réussi à l’éviter », a déclaré la procureure de Créteil, Laure Beccuau, lors d’un point presse tenu sur place avec le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez.

    Nathan C. souffrait de « troubles psychologiques »

    Nathan C. a ensuite été abattu par des policiers arrivés rapidement sur les lieux alors qu’il se dirigeait vers le centre commercial du Carrefour de la commune voisine de L’Haÿ-les-Roses, qui a dû être « confiné » pendant plusieurs heures, a déclaré à l’AFP le maire de la ville Vincent Jeanbrun.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, Nathan C. souffrait de « troubles psychologiques » et était « connu pour des faits de droit commun » mais pas pour radicalisation, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

    Un sac lui appartenant a été retrouvé « à plusieurs centaines de mètres » du lieu de l’attaque, contenant sa carte bancaire ainsi que des « éléments religieux », « laissant penser qu’il était converti à l’islam », a précisé le parquet.

    Une photo prise sur place juste après l’attaque et transmise à l’AFP le montre étendu sur le dos à un carrefour, vêtu de ce qui semble être un habit de type djellaba noir.

    « Périple meurtrier »

    « On a entendu des cris, après on a entendu 3 coups de feu. Je suis sorti pour voir. Après il y a eu encore 5 ou 6 coups de feu et des sirènes. Et on s’est barricadé dans le garage », a déclaré à l’AFP Rouane Yazid, 40 ans, patron d’un garage voisin.

    « Il avait visiblement l’intention de poursuivre ses agressions » dans le centre commercial «, a ajouté M. Jeanbrun. Selon Laurent Nuñez, l’intervention des forces de l’ordre a » sans doute « évité la poursuite sans doute d’un périple meurtrier ».

    Une enquête pour « assassinat et tentatives d’assassinat » a été ouverte et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne ainsi qu’à la brigade criminelle de Paris.

    Un homme poignarde des passants dans un parc en France pour une raison inconnue : une des victimes a perdu la vie

    « Nos forces de sécurité et secours sont intervenues à Villejuif avec réactivité, sang-froid et professionnalisme », a tweeté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, en leur adressant sa « reconnaissance ».

    Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015.

    En 2019, la justice antiterroriste s’est saisie de trois attaques : l’agression au couteau en mars de deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe par un détenu radicalisé, l’attentat au colis piégé qui a blessé 14 personnes en mai devant une boulangerie de Lyon, et la tuerie perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris.

    En plus de quatre ans, la vague d’attentats en France a fait 255 morts, si on inclut ceux de la préfecture de police. Au total, 60 attentats ont été déjoués depuis 2013, selon l’Intérieur.

    L’un d’eux était lié à Villejuif : Sid Ahmed Glam, un étudiant algérien radicalisé, est soupçonné d’y avoir tué une femme le 19 avril 2015 et d’avoir préparé un attentat contre une église de la ville. Il sera prochainement jugé aux assises pour ces crimes.

  • En Iran, les Français appelés à la prudence.

    En Iran, les Français appelés à la prudence.

    Expatrié en Iran ? Limitez vos déplacements, sécurisez vos domiciles – si votre présence n’est pas indispensable il est conseillé de quitter l’Iran.

     « L’Ambassade de France en Iran recommande aux ressortissants français en Iran de se tenir à l’écart de tout rassemblement dans le contexte de la mort du général Soleimani, tué par une frappe américaine », a communiqué l’Ambassade.

    Deux Français, Farida Adelkhak, et Roland Marchal, sont toujours incarcérés en Iran.

    Beaucoup  de chancelleries s’attendent à des représailles et des attentats, en Iran, dans les autres pays de la région, voire en Europe ou ailleurs contre des intérêts américains.

    Le Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods des Gardiens de la Révolution, la première unité d’élite de l’Armée iranienne, a été tué par un drone américain, à l’Aéroport International de Bagdad. L’avion de Souleimani était arrivé du Liban ou de Syrie. La frappe aérienne a eu lieu dès qu’il est descendu de l’appareil. La décision a été prise par le Président Trump lui-même.

    Souleimani recevait ses ordres directement du Guide suprême Ali Khameneï et commandait les fronts syrien et irakien. Officier supérieur principal de l’Armée iranienne, il était considéré comme le n°2 du régime.

    Le n°2 des «Forces de Mobilisation Populaire »,  Abu Mahdi al-Muhandis, principale milice chiite irakienne liée à l’Iran, a également péri lors du raid. Il était venu accueillir Souleimani à l’aéroport. Deux chefs d’autres milices irakiennes chiites liées à l’Iran ont perdu la vie lors de l’opération, dont un responsable du Kataëb Hezbollah, impliqué dans l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis cette semaine. (Le Kataëb Hezbollah, est une milice chiite irakienne qui n’a rien à voir avec le Hezbollah libanais.)

    Cette opération intervient suite à l’attaque de l’ambassade américaine le weekend dernier, orchestrée par les alliés de l’Iran en réaction aux frappes aériennes qui avaient tué 25 combattants des Kataëb Hezbollah. Les Etats-Unis avaient déclaré que les frappes étaient des représailles au meurtre, la semaine dernière, d’un entrepreneur américain lors d’une attaque à la roquette sur une base militaire irakienne conduite par la milice.

    Les gardiens de la Révolution, dont le général Souleimani, sont partisans d’une escalade face aux Etats-Unis, considérant soit que ces derniers n’oseront pas aller jusqu’au conflit, soit qu’un conflit leur serait profitable, du moins pour consolider encore leur emprise en Iran, comme cela avait été écrit dans lesfrancais.press. Il serait étonnant que la disparition du responsable de cette politique y mette fin.

    On peut s’attendre, au contraire, à ce que l’escalade se poursuive. D’où l’appel à la prudence de l’Ambassade de France.

     

  • BlackRock : l’épouvantail contre la Réforme des retraites ?

    BlackRock : l’épouvantail contre la Réforme des retraites ?

    L’opposition, à l’unissons des syndicats, concentrait jeudi ses attaques sur la nomination au rang d’officier de la Légion d’honneur de Jean-François Cirelli, président du gestionnaire d’actifs BlackRock France, dénonçant un choix du « camp des fonds de capitalisation » dans la bataille sur la réforme des retraites.

    Alors que la mobilisation contre la réforme est entrée ce vendredi 03 janvier dans sa 30e journée, battant  d’un jour le plus long blocage des transports de 1986-1987, cette promotion honorifique a déclenché les foudres de l’opposition, gauche et droite confondues, le PS y voyant « le côté obscur de la réforme des retraites ».

    Interrogé par l’AFP, Jean-François Cirelli assure pourtant n’avoir « pas cherché à influencer le gouvernement ni sur la réforme actuelle des retraites, ni sur la loi Pacte ».

    « Concernant les retraites, nous (BlackRock) avons toujours dit, et moi le premier, que nous étions conscients que le choix de la France est le régime par répartition et cela restera ainsi », s’est défendu M. Cirelli.

    « Blackrock n’est pas un fonds de pension, il ne distribue aucun produit d’épargne retraite et nous n’avons pas l’intention de le faire. Nous continuerons à apporter à nos clients qui sont les grands établissements financiers français notre expertise pour gérer l’épargne de leurs clients », a tenu à préciser le président de Blackrock France.

    La publication par le quotidien L’Humanité début décembre d’un document interne d’une quinzaine de pages attribué à BlackRock, détaillant l’intérêt de développer l’épargne-retraite par capitalisation en France en s’appuyant notamment sur la loi Pacte votée au printemps, avait déjà suscité une levée de boucliers parmi les opposants à la réforme.

    M. Cirelli a précisé à ce sujet jeudi s’être « félicité dans un document public, mis en ligne en juin après le vote de la loi Pacte, de certaines mesures prévues par le texte », et assuré qu’il ne s’agissait « ni d’un document secret, ni d’instructions au gouvernement ».

    Ses explications auront toutefois du mal à convaincre l’opposition, qui estime que BlackRock deviendrait l’un des principaux bénéficiaires de la réforme sur les retraites.

    Une « provocation » 

    « C’est tout sauf anecdotique, BlackRock, c’est tout simplement le côté obscur de la réforme des retraites (…). C’est effectivement le choix d’un camp, celui des fonds de capitalisation », a dénoncé Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sur France 2.

    Tandis que le patron du PCF Fabien Roussel et la députée LFI Danièle Obono voyaient dans cette nomination une « provocation », le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a lui accusé le patron de BlackRock d »‘enrichir un fonds de pensions américain en profitant de la destruction de notre système de retraites ».

    Cette polémique s’ajoute à une situation déjà compliquée pour le gouvernement, près d’un mois après le début de la grève, alors que le dialogue avec les syndicats semble être dans l’impasse.

    « BlackRock, c’est un fonds d’investissement qui soutient le développement d’infrastructures en France », a souligné sur LCI la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne pour expliquer le choix de Matignon d’intégrer M. Cirelli à la promotion du Nouvel An. « On peut faire des raccourcis, des présentations caricaturales, (mais Jean-François Cirelli) c’est quelqu’un qui a eu une carrière », a-t-elle ajouté.

    Conseiller économique de Jacques Chirac (1995-2002) puis directeur adjoint du cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2004), Jean-François Cirelli a ensuite dirigé GDF-Suez puis Engie de 2005 à 2015.

    Interrogée par l’AFP sur le profit que pourrait tirer BlackRock de la réforme des retraites, Laure Delahousse, directrice générale adjointe de l’Association française de la gestion financière (AFG), a souligné que l’épargne-retraite était « totalement absente de la réforme des retraites ».

    « L’impact pour les Français de la réforme des retraites sur l’épargne-retraite va être faible. Ce qui était important, c’est plus la loi Pacte et la dynamisation de l’épargne-retraite », a-t-elle encore dit, voyant en BlackRock « un gérant d’actifs comme les autres qui a le même objectif que tout le monde, c’est-à-dire faire fructifier l’épargne de ses clients ».

    Entreprise américaine implantée en France depuis 13 ans, BlackRock déclare gérer un portefeuille d’actifs de quelque 7.000 milliards de dollars dans le monde, dont 30 milliards environ auprès de clients français.