Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, rencontrera le président français, Emmanuel Macron, à Paris le 27 mai, dans le but de placer des socialistes et sociaux-démocrates aux postes clés de l’UE. Les négociations commencent.
Pedro Sánchez et Emmanuel Macron vont s’entretenir sur la répartition des hauts postes de l’UE au Palais de l’Élysée à 20h le 27 mai, selon un communiqué français.
Le parti socialiste espagnol (PSOE) de Pedro Sánchez a fini premier en Espagne lors des élections européennes. En France, c’est Marine Le Pen qui a remporté la mise, mais l’écart avec le parti du président est serré.
Les chefs d’État et de gouvernement européens se retrouvent mardi 28 mai pour une discussion sur la distribution des hauts postes de l’UE, c’est-à-dire la présidence de la Commission, celle du Conseil, du Parlement européen, la vice-présidence de l’exécutif et la présidence de la Banque centrale
L’Espagne propose une candidature solide pour le poste de vice-président de la Commission, en charge de l’économie et de l’euro, en la personne de Josep Borrell, actuellement ministre des Affaires étrangères dans le cabinet de Sánchez. Josep Borrell est un homme politique socialiste respecté et a été président du Parlement européen de 2004 à 2007.
Pedro Sánchez devrait aussi tâter le terrain pour que le Spitzenkandidat du PSE (parti socialiste européen), Frans Timmermans, devienne le prochain président de la Commission européenne. Dans le cas d’une coalition progressiste au prochain Parlement européen, les chances du Néerlandais sont encore plus élevées. Emmanuel Macron a toutefois précisé qu’il n’était pas prêt à suivre le système de Spitzenkandidaten. Les hypothèses sur le candidat soutenu par le président Macron ont nombreuse. Le nom du français Michel Barnier, actuel négociateur du Brexit, a circulé, ainsi que celui de la commissaire à la concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, et, plus surprenant, celui de l’ancien ministre de l’Économie de Nicolas Sarkozy et actuelle directive générale du FMI, Christine Lagarde.
Dans le cas où le poste de Haut-Représentant ou de président de la Commission revient à un autre groupe que celui de socialistes, Pedro Sánchez souhaiterait que la présidence du Conseil revienne au Premier ministre portugais, Antonio Costa. Donald Tusk, dont le second mandat de 2,5 ans termine à la fin de l’année, devrait remplacer Joseph Daul au poste de président du Parti populaire européen.
Les socialistes ne verraient probablement pas d’inconvénients à voir Manfred Weber, Spitzenkandidat du PPE, obtenir le poste de président du Parlement européen.
S’ils arrivent à placer Frans Timmermans à la tête de la Commission, ils ne s’opposeraient pas non plus à voir Kristalina Georgieva, l’ancienne vice-présidente bulgare de la Commission devenir la Haute-Représentante, ont indiqué des sources diplomatiques.
Votants : 811 ; suffrages exprimés : 797
Renaissance : 32% ;
Europe Ecologie : 20% ;
RN : 11% ;
Union de la Droite et du Centre : 7,5%
France Insoumise 5,75%
Ensemble pour le Frexit 5,5%
Envie d’Europe : 5%
Le Courage de Défendre : 5%
Nombre d’électeurs inscrits : 13565 Nombre de votants : 2502 Nombre de suffrages exprimés : 2431
Nombre de suffrages obtenus par chaque liste (par ordre décroissant) :
Renaissance soutenue par La République en marche, le MoDem et ses partenaires : 1016voix Europe Écologie : 601 voix Envie d’Europe écologique et sociale : 167 voix Union de la droite et du centre : 165 voix Les Européens : 116 voix Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen : 91 voix La France insoumise : 79 voix
Berlin
Participation: 25,33%
EELV: 36,78%
Renaissance: 26,97%
PS/ PLace Publique: 7,72%
LFI: 7,17%
LR: 2,77%
RN: 2,48%
Francfort:
Nombre d’électeurs inscrits : 16114
Nombre de votants : 2621
Nombre de suffrages exprimés : 2583
Nombre de suffrages obtenus par chaque liste (par ordre décroissant) :
Renaissance soutenue par La République en marche, le MoDem et ses partenaires : 1149 voix
Europe Écologie : 596 voix
Envie d’Europe écologique et sociale : 166 voix
Union de la droite et du centre : 159 voix
Les Européens : 120 voix
Liste citoyenne du Printemps européen avec Benoît Hamon : 90 voix
La France insoumise : 87 voix
Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen : 75 voix
Munich:
Rnaissance: 41,57%
EELV: 27,40%
PS/Place Publique: 7,40%
LR: 5,99%
Stuttgart
Renaissance: 40,90%
EELV: 22,99%
PS/Place Publique: 6,25%
RN: 5,26%
LR: 4,18%
Royaume-Uni
Londres
Participation: 12,34%
Renaissance: 42,95%
EELV: 22,62%
LR: 6,61%
PS/Place Publiue: 6,37%
Génération.s: 3,56%
RN: 2,88%
Russie
Moscou
2641 inscrits
820 votants (34,04%) 814 votes exprimés
LREM 266 / 32,6%
RN 163 / 20%
Europe Ecolo 125 / 15,3%
LR 96 / 11,7%
Ensemble pour le frexit 38 / 4,66%
FI 28 / 3,4%
Courage 24 / 2,9%
Envie d’Europe 16 / 1,96%
Les Européens 15 / 1,84%
Generation S 14 / 1,7%
Suisse
Genève et Zurich
Genève: 22,21% de participation
Renaissance: 37,57%
EELV: 20,32%
LR: 8,17%
RN: 7,71%
PS/Place Publique: 6,65%
Zurich: 24,66% de participation
Renaissance: 45.6%
EELV: 21.6%
RN :5.2%
LR:7.2%
PS/Place Publique: 6.4%
Italie
Rome, Gênes, Bologne, Turin
Rome: 15,01% de participation
Gênes:
Renaissance: 42 28%
RN 19,33%
EELV 12,6%
PS Place publique: 10%
LR :12 8%
Bologne
Renaissance g31,20%
RN 11,5%
EELV 49 20,9%
PS/ Place Publique 9,4%
LR 6,4%
Turin
Renaissance 30%
RN 19,45%
EELV 15,27%
PS / Place Publique 9,2%
LR 5,23%
Moldavie
Chişinău
Section consulaire fermée, les français de Moldavie dépendent du Consulat de France en Roumanie, à Bucarest.
Les élections européennes auront déjoué de nombreux pronostics. La participation qui était annoncée extrêmement faible fut au final honorable à environ 54%.
Le Rassemblement National est en courte tête à 23% devant la liste Renaissance à 22,5%. La liste Europe Ecologie Les Verts complète à la surprise générale le podium à 12,5% alors que LR et les forces de gauche de la France insoumise et du PS s’effondre avec des scores entre 6,5% et 8,5%.
« le socle électoral de la majorité se consolide » Thierry Masson (LREM – Belgique)
Bruxelles – Crédits photos : Union des Français de Belgique
Chez les Français de l’étranger, 1,200,000 inscrits et une participation de 18,36%
Chez les Français de l’étranger, 1,200,000 inscrits et une participation de 18,36%. Les résultats, définitifs, donnent la liste Renaissance très largement en tête avec 36,84% des voix devant EELV à 20,52% et la liste des Républicains à 8,33%. Le RN est 4ème à 7,10%. Ce score confirme la très forte avance des soutiens du président de la République chez les Français de l’étranger, qui avaient déjà obtenu 10 députés sur 11, mais recompose le paysage de l’opposition avec l’apparition d’EELV au détriment notamment de la France insoumise qui faisait le deuxième score aux législatives 2017 au Benelux ou encore en péninsule ibérique.
Un taux de participation variable selon les sections
Les taux de participation par région des Français de l’étranger ne sont pas encore disponibles mais ils varient fortement. A Hong Kong et Macao par exemple, la participation est supérieure au taux global de 18,36% à 24% et plus
de 8502 votants. La liste Renaissance y est très largement en tête à plus de 54% des voix devant EELV à 15% et LR à 11,4%.
« un besoin de restructurer le message envoyé par la droite républicaine française qui ne semble plus audible » Catya Martin (LR – Hong Kong)
Catya Martin, élue consulaire LR, se réjouit de cette très forte participation, par rapport au chiffre de 9,98% en 2014. Elle constate également « un besoin de restructurer le message envoyé par la droite républicaine française qui ne semble plus audible ».
» un long chemin plein d’humilité » Georges Francis Seingry, ancien vice-président LR de l’Assemblée des Français de l’étranger,
En Belgique, le taux de participation fut de 26% avec là aussi la liste Renaissance très largement en tête avec 35% des voix devant EELV et la liste PS / Place publique. L’élu consulaire Thierry Masson (LREM) se félicite du score de la liste Renaissance et si il regrette celui du RN, il indique estimer qu’il ne s’agit pas d’un vote sanction et que le socle électoral de la majorité se consolide. Georges Francis Seingry, ancien vice-président LR de l’Assemblée des Français de l’étranger, admet que cela montre que la droite ne s’est pas encore remise du résultat des présidentielles de 2017 et qu’ « un long chemin plein d’humilité » les attend.
Un soulagement au sein de la majorité
« le combat contre la démagogie est la mère des batailles » Roland Lescure
Le député LREM des Français d’Amérique du Nord, qui ont massivement participé au scrutin, porte plusieurs constats : la fin des partis traditionnels et que « le combat contre la démagogie est la mère des batailles ».
Député des Français de l’Etranger – LREM
Sa collègue députée des Français d’Asie, Océanie et d’Europe orientale Anne Genetet, a relayé un message loin d’être anodin : c’est le vote des Français de l’étranger qui a permit à la majorité présidentielle de réduite l’écart avec RN qui était annoncé, en début de soirée électorale, plus important que le résultat final, à 200 000 voix d’écart.
Plusieurs Français candidats sur des listes d’autres pays européens
Quelques candidats français figuraient sur les listes de formations politiques d’autres pays de l’UE comme le permet la loi électorale. Nicolas Barnier, fils du chef négociateur du Brexit, était notamment 3ème sur la liste du parti de centre droit francophone MR, échouant cependant à être élu.
Ugo Lopez de LREM figurait pour sa part sur la liste libérale espagnole de Ciudadanos. Les libéraux ont fait une percée significative mais la place accordée à M. Lopez ne lui permettra pas de siéger dans l’hémicycle à Strasbourg et Bruxelles.
Ce scrutin aura en tout cas montré que les Français de l’étranger s’intéressent à ce scrutin. Ne pas oublier à cet égard qu’aux chiffres français de la participation il faut ajouter ceux, nombreux, qui ont donc fait le choix, quand ils résident dans l’UE, de voter pour des listes de leur pays de résidence. Le scrutin aura montré aussi que les Français de l’étranger demeurent soutenir la majorité présidentielle et porter beaucoup moins de soutien que ceux de l’Hexagone aux idées du Rassemblement National.
Maintenant que les électeurs ont parlé, vient la question de la coalition d’un Parlement élu à la proportionnelle où aucun camp n’a la majorité toute seule. Écologistes et libéraux sont en position de force.
Une coalition qui irait de Laurent Wauquiez à Raphaël Glucksmann ? Voilà un scénario qui pourrait prendre forme au Parlement européen à la vue des résultats aux élections pour élire les eurodéputés dimanche 26 mai.
Pour la première fois depuis 1979, la droite (Parti populaire européen, PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) ne seront pas majoritaires à eux deux avec 180 sièges pour l’un (23,97 %) et 152 pour l’autre (20,24 %). Soit 332 sièges (44,21 %) au lieu des 376 requis pour avoir la majorité. Ils ont donc besoin d’alliés, notamment avec l’ADLE qui obtient 13,98 % des sièges et les Verts (8,92 %).
Déjà, lors de la dernière mandature, les majorités ont fortement fluctué selon les sujets : certaines délégations nationales du PPE ou du S&D refusant de voter un texte, il fallait trouver des compromis avec des élus issus des centristes libéraux de l’ADLE (Alliance des démocrates et Libéraux) ou des écologistes (Les Verts), voire de la gauche de la gauche (GUE-NGL).
Lesfrancais.press et EURACTIV vous propose de regarder quelle majorité est possible, selon les dernières projections fournies par le Parlement européen.
Scénario n° 1 : la très grande coalition
Même si le PPE et le S&D sont encore en tête dans les sondages avec presque 24 % et 20,24 % des sièges, une très grande coalition de 67,2 % des sièges permettrait de s’assurer de trouver une majorité quels que soient les textes et les réticences de certaines délégations nationales en fonction des propositions.
Autre argument en faveur de cette majorité très large, la perspective d’une coalition entre Verts et CDU en Allemagne permettrait d’être testée sur les bancs de l’hémicycle de Strasbourg.
Scénario n° 2 : la coalition centrale
Les sociaux-démocrates et les conservateurs n’ont pas nécessairement besoin des Verts. En effet, une alliance avec les forces de Guy Verhofstadt et d’Emmanuel Macron permettrait d’atteindre une majorité confortable de presque 58,19 % des voix.
Scénario n° 3 : la petite coalition
Une alliance PPE-S&D et Verts serait possible et obtiendrait 53,13 % des sièges. Cependant, il s’agirait d’une majorité fragile, dont le Parlement européen n’a pas l’habitude. Jusqu’à présent, les très larges majorités permettaient aux eurodéputés d’avoir une forte liberté de vote. Là, la moindre défection pourrait compter.
Une telle alliance permettrait à Yannick Jadot d’EELV de justifier son discours appelant à faire de l’écologie le « nouveau centre de gravité » du Parlement européen, mais cela créerait aussi des remous au sein d’Europe écologie les verts (EELV) où une grande partie des adhérents n’imagine pas devoir s’allier avec le groupe où siègent François-Xavier Bellamy, Nadine Morano ou Brice Hortefeux des Républicains.
Scénario n° 4 : la coalition minoritaire
Après les résultats du 26 mai, une telle hypothèse semble très compromise tant le PPE et le S&D sont en recul. En 2014, les deux groupes représentaient 54,32 % des sièges. Cette fois, ils obtiendraient un peu plus de 48,2 %.
Ou alors, ils décident de former une coalition minoritaire qui fluctuerait en fonction des votes en s’alliant avec les libéraux ou les écologistes.
Scénario n° 5 : la coalition entre la gauche et le centre
Avec près de 48,73 %, une coalition allant des eurodéputés de la France insoumise aux troupes de La République en Marche – MoDem serait proche d’une majorité. Si une telle majorité réussissait à attirer tous les partis qui n’ont pas encore d’affiliation, ils sont encore 3,99 % classés dans « autres », la principale difficulté résulterait moins du contrat de coalition à obtenir que de la capacité des chefs de partis nationaux à assumer une telle alliance.
Cependant, une telle majorité est techniquement possible et répondrait aux ambitions de « voter à gauche et non plus avec le PPE » qu’a appelé régulièrement dans cette campagne Raphaël Glucksmann (PP-PS).
Sur les textes portant sur des enjeux sociétaux, une telle alliance a déjà été trouvée à de nombreuses reprises au Parlement européen. Mais sur les questions économiques, l’écart des positions semble trop grand pour trouver un contrat de coalition.
Politiquement, on voit mal les eurodéputés de La France insoumise accepter de faire alliance avec les troupes macronistes. Or, pour une telle majorité, il faut qu’aucune voix ne manque…
Scénario n° 6 : la coalition entre droite et nationalistes
Le camp eurosceptique a progressé avec 19 eurodéputés supplémentaires lors de ces élections européennes, mais est encore très loin d’être majoritaire, malgré les promesses de victoires tenues par Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
Dispersés dans trois groupes, les eurosceptiques n’arrivent pas à se mettre d’accord pour n’en former qu’un seul, malgré les tentatives récentes de l’Italien Matteo Salvini. Entre eurosceptiques et antieuropéens, libéraux et étatistes, pro et anti-Poutine, l’alliance semble impossible à réaliser.
En 2014, ils n’étaient que 20 %. Les résultats fournis par le Parlement européen les placent à seulement 22,90 %. En grande partie en raison de leur faible présence dans de nombreux pays, malgré de très bons scores en France, Italie ou au Royaume-Uni.
Cependant, avec une alliance avec le PPE, où siège le sulfureux Premier ministre hongrois Viktor Orban, les conservateurs et les eurosceptiques atteindraient près de 47 % des sièges. À la différence de la coalition regroupant les forces de gauche avec le centre, les réserves de voix semblent peu nombreuses.
Surtout, comme pour une alliance allant de la GUE de Mélenchon à l’ADLE de Macron, une coalition au Parlement européen entre les troupes du PPE de Laurent Wauquiez à l’ENF de Marine Le Pen semble très difficile à faire accepter au niveau national.
L’extrême-droite bascule pour la deuxième fois d’affilée en tête des européennes avec un score un peu tassé en pourcentage, mais en hausse en nombre de voix. C’est le constat assez implacable que n’importe qui pourrait faire.
Une nouvelle fois, on assiste à une confirmation dans les urnes de ce que David Goodhart indiquait dans son récent livre, davantage orienté sur le vote du Brexit, où il distinguait les « somewhere » et les « anywhere », ceux qui sont attachés à un lieu, un terroir, une frontière, une identité et ceux qui sont chez eux partout. On est également sur une carte électorale qui ressemble à celle de Christophe Guilluy et sa « France périphérique » mais aussi de son avant-dernier livre, beaucoup plus « politique » qui s’appelle le « Crépuscule de la France d’en haut » et décrit les Métropoles mondialisées comme étant de nouvelles forteresses médiévales qui se sont protégées en construisant des remparts inaccessibles aux classes moyennes.
C’est ce schéma-là qui, élection après élection, se confirme et coupe la France en deux entre avec un « marécage » entre les deux de plus en plus morcelé.
Mais au fond, pourquoi les gens votent-ils RN ? A quelle offre politique inexistante ailleurs correspond le FN ? Ou plutôt que cherchent ses électeurs ? Quelle offre politique n’existe pas et est prise par le RN ?
Le RN ne peut pas être résumé au vote d’une France qui sent le renfermé. Les quelques secteurs où, occasionnellement, il connait des baisses, sont souvent des communes où les élus locaux sont très attachés aux valeurs républicaines, à la laïcité, au régalien. Ce sont des communes dont les Maires sont courageux, dans le sens sens où ils luttent contre le communautarisme et où ils tentent de résoudre les problèmes de base des habitants : sécurité, économie, emploi, éducation.
Et cela le RN le comprend bien. Son programme n’est pas théoriquement élaboré, il ne parle que des besoins de base des français, il ne s’adresse qu’à ce que les français voient au quotidien, pas à ce qu’ils ne peuvent qu’imaginer.
Alors comment faire baisser le RN ? Déjà, en réfléchissant à ce qui manque politiquement : un pôle laïque et républicain fort. Mais avant de se précipiter tête baissée, réfléchissons de nouveau : qu’est-ce que sont les « valeurs de la République » ? Avons-nous une définition précise de tout cela ? Non. Cette définition n’existe pas car elle semble aller de soi. Elle ne va pas de soi, c’est désormais une évidence.
Un pôle républicain et laïque, qu’il soit de droite ou de gauche, ou des deux, ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur ce que sont ces valeurs et sur ce à quoi elles renvoient de concret. Et ce pôle laïque, n’est pas une lubie : toutes les enquêtes récentes montrent qu’une laïcité républicaine ferme est plébiscitée par les Français. Or, cette option est absente des programmes des partis politiques classiques.
Créer une offre Républicaine qui concurrence le RN, certains l’ont fait au niveau local, inspirons-nous de cela. Sachons enfin réfléchir à ce qu’est la France, ce que sont ses valeurs et ce que souhaite son peuple.
Arnaud Lacheret
Directeur MBA à la French Arabian School (ESSEC) de Bahrein
Ancien chef de Cabinet du Maire de Rillieux-la-Pape (UMP devenu LR – Banlieue Lyonnaise)
La liste RN arrive en tête (23,31 %), devant celle du parti présidentielle (22,41 %) et des Ecolos (13,47 %). La participation est de 50,12 %
► RN et LREM, les meilleurs ennemis
Le Rassemblement national et la majorité macroniste partageaient une stratégie commune, qui s’est avérée gagnante : réduire le débat à une alternative binaire, « mondialistes » contre « patriotes » pour Marine Le Pen ; « progressistes » contre « nationalistes » pour Emmanuel Macron. Cette fois, c’est l’extrême droite qui sort gagnante de ce duel.
► Marine Le Pen, la revanche
La jeune tête de liste du Rassemblement national, Jordan Bardella, termine à la première place des élections européennes. Par procuration, Marine Le Pen prend ainsi sa revanche de la présidentielle.
Le score de l’extrême droite est cependant inférieur à celui des européennes de 2014, où le FN (devenu RN) était déjà arrivé en tête. Le contexte est néanmoins bien différent : l’effondrement de la droite (environ 8 % pour LR, 2,5 % pour l’UDI) et la stagnation de Nicolas Dupont-Aignan (3,5 %) semblent l’ériger en unique force d’alternance à vocation majoritaire à la droite de la majorité macroniste.
L’enjeu pour le RN est maintenant celui de la crédibilité en tentant de faire oublier le désastreux entre-deux tours de 2017.
► Après le PS, LR s’effondre à son tour
La recomposition de la vie politique provoquée en 2017 par le face-à-face, au second tour de la présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, est confirmée. Les anciens partis de gouvernement, de droite et de gauche, ne parviennent en effet plus à rivaliser électoralement avec le centre et l’extrême droite.
Siphonné lors de la présidentielle, le PS – qui avait investi comme tête de liste Raphaël Glucksmann (Place publique) – reste au sol mais parvient finalement à dépasser le seuil de 5 % des exprimés, et donc à avoir des élus. Le parti Les Républicains chute à son tour en passant lui aussi sous la barre symbolique de 10 %.
► EELV, en tête à gauche
Yannick Jadot donne à l’écologie politique son deuxième meilleur score historique, après les européennes de 2009. Surtout, Europe Écologie Les Verts (EELV) devient la première force de gauche, loin devant La France insoumise (qui baisse) et le PS (qui se maintient à un niveau bas).
La tête de liste avait toutefois brouillé les pistes : si son programme défendait une réorientation écologique et antilibérale de l’Union européenne, Yannick Jadot avait tactiquement affiché un positionnement « ni de droite ni de gauche ».
► La France insoumise, retour à la case départ
Les lendemains d’élection s’annoncent difficiles pour La France insoumise, qui retrouve son étiage de 2009 et 2014. Même en ajoutant le score du PCF (2,5 % pour la liste conduite par Ian Brossat), allié de Jean-Luc Mélenchon aux précédents scrutins, le résultat de l’addition est décevant (9 % environ).
Non seulement La France insoumise est devancée, à gauche, par EELV, mais en plus elle se retrouve au même niveau que le PS, l’ancien parti de Jean-Luc Mélenchon.
► Nicolas Dupont-Aignan, le pari raté
La progression électorale de Nicolas Dupont-Aignan, continue entre 2009 et 2017, est stoppée. L’ex-UMP qui avait soutenu Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2017 n’est pas parvenu à fidéliser un électorat.
Une partie de ses électeurs potentiels a sans doute voté « utile » contre Emmanuel Macron en choisissant Jordan Bardella (RN). Nicolas Dupont-Aignan n’ira donc pas siéger au Parlement européen et conservera son fauteuil à l’Assemblée nationale.
Les 450 millions d’électeurs de l’Union européenne ont élu 751 députés européens.
751 députés européens ont donc été élus ce dimanche par les électeurs des 28 pays de l’UE, Grande-Bretagne incluse. Selon de premières estimations, de la société de sondages Kantar, pour le parlement européen, voici à quoi pourrait rassembler le prochain parlement.
Le Parti populaire européen (PPE) garde le plus gros groupe avec 177 élus, selon les premières estimations du Parlement. Il perd toutefois beaucoup de terrain puisqu’il avait 217 eurodéputés dans la mandature précédente. C’est loin de la majorité.
L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S & D) perd elle aussi des sièges. Elle en obtiendrait 147 sièges, contre ses 186 précédemment.
Les centristes de l’ALDE progressent et auraient 101 élus (contre 68 précédemment) dont LREM.
Les Verts sont la 4e force du Parlement avec 69 eurodéputés. Ils avaient jusqu’alors 52 élus.
Les partis de chaque pays ont jusqu’au début de la première session du Parlement européen, le 2 juillet, pour s’organiser en groupes politiques.
La mobilisation des jeunes pour le climat s’accompagne d’un sentiment grandissant d’urgence climatique qui s’est traduit dans les urnes de plusieurs pays d’Europe ce dimanche 26 mai.
Europe écologie les Verts obtient la 3ème place du podium en France, avec 12,8 % des voix, une hausse de 4 % par rapport à 2014 (8,95 %). L’Hexagone devrait donc envoyer entre 12 et 13 eurodéputés écologistes au Parlement européen.
« Face à la victoire du RN, on va continuer à montrer que les solutions écolos sont des solutions pour toutes les personnes qui ne se sentent pas représentées », a déclaré sur France 2 Karima Delli, eurodéputé EELV tout de suite après l’annonce des résultats.
« Je suis très heureux que les jeunes notamment se soient emparés du scrutin et il n’est pas exclu que l’écologie soit la première force politique des jeunes. C’est un magnifique message d’avenir », a déclaré Yannick Jadot, tête de liste de EELV. « Ce soir, nous prenons l’engagement solennel de mettre en place un comité citoyen de surveillance sur l’Europe.»
En France, la mobilisation a pris de l’ampleur depuis l’été 2018, après la démission fin août de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique découragé par la puissance du lobbying et l’inaction politique, un été caniculaire, et les multiples grèves des lycéens pour le climat.
Plus d’un million de jeunes, collégiens, étudiants sont descendus dans les rues de 120 pays le vendredi 24 mai pour la deuxième grève mondiale pour le climat. Appeler les dirigeants politiques à agir davantage contre le dérèglement climatique, telle est la revendication du mouvement baptisé « Fridays for Future » et initié par la jeune Suédoise Greta Thunberg.
« Nous avons le sentiment que de nombreux adultes n’ont pas encore complètement compris que nous, les jeunes, ne pouvons pas arrêter la crise du climat tout seuls », insistait-elle jeudi dernier avec son homologue allemande, Luisa Neubauer dans une tribune publiée jeudi par le journal allemand Süddeutsche Zeitung.
Ce vendredi 15 mars, des centaines de milliers de jeunes suivent le mouvement de « grève scolaire », lancée par la Suédoise Greta Thunberg. Plus de 1 700 villes dans 112 pays sont mobilisées. Qui sont-ils ? Ouest-France a fait une sélection d’activistes du climat.
Forte progression des Verts en Irlande, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique
Un appel qui a été entendu dans plusieurs autres pays européens, où les Verts ont réalisé des percées sans précédent. À commencer par l’Irlande, où les Verts sont arrivés troisièmes avec 15 %, contre 4,92 % en 2014. « La vague Verte a déferlé sur les côtes irlandaises», s’est réjoui samedi Bas Eickhout, candidat des Verts à la présidence de la Commission européenne.
En Allemagne, les Verts réalisent aussi une percée sans précédent avec 22 % des voix – soit le double par rapport à 2014 – et arrivent en seconde position après le parti de centre-droit (CDU/CSU) d’Angela Merkel.
En Belgique, les écologistes doublent leur score en Wallonie avec environ 20 %, ce qui les place au coude-à-coude avec le parti libéral du Premier ministre Charles Michel, qui céderait entre trois et sept points par rapport à mai 2014.
À Bruxelles, le parti Ecolo-Groen, qui a surfé sur la forte mobilisation pour le climat ces derniers mois, devient la première force politique, détrônant les socialistes. Il pourrait aspirer à présider la région-capitale.
Après un duel entre parti libéral au pouvoir et extrême droite, la victoire des travaillistes a surpris aux Pays-Bas. Les Verts ont quant à eux obtenu un siège de plus qu’en 2014, avec 10,50 % des voix (3 eurodéputés) contre sept en 2014.
La première surprise fut la participation, sous réserve des chiffres définitifs, importante des Français de l’Etranger.
Que ce soit à Bruxelles, New-York, Berlin ou Hong Kong, les files d’attentes furent longues, en Chine (à Pékin moins de 700 électeurs se sont déplacés) comme en Inde, la participation fut faible. La proximité avec l’environnement occidental semble avoir été facteur d’information et de mobilisation pour cette élection. Une mobilisation de 37% a été enregistrée à Faro, région du Portugal, tandis que Lisbonne s’aligne sur la moyenne des capitales d’Europe du Sud avec un taux de 25%.
Hong-Kong
Au final, au niveau national, Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes en France, devançant légèrement la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, qui échoue dans son objectif de remporter le scrutin, selon les premières estimations, avec une troisième place surprise pour les écologistes.
La première surprise de ce scrutin, le premier depuis le début du quinquennat, a été la participation nettement plus forte qu’attendu malgré une campagne atone. Le nombre d’électeurs s’élèverait selon les instituts de sondage entre 51% et 54%, soit sept à dix points de plus que lors du dernier scrutin de 2014.
Selon les différentes estimations à 20H00, le mouvement d’extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella obtiendraient entre 23 et 24,2% des suffrages, proche de son score des européennes de 2014 (24,9%).
La liste Renaissance pro-Macron menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau est elle créditée de 21,9% à 23%, légèrement en deçà du résultat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24,01%).
Berlin
Surprise écolo
Ce duo de tête, le même qu’en 2017, devance nettement les autres listes.
Mais les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts sont la principale surprise du scrutin, en arrivant troisièmes selon les instituts, entre 12 et 12,7%.
Autre surprise de taille: les Républicains emmenés par François-Xavier Bellamy obtiennent leur pire score de l’histoire de la droite, tombant sous la barre des 10% (8% à 9%), très loin du score de l’UMP en 2014 (20,81%).
L’échec est cinglant également pour la liste de la France Insoumise (LFI) emmenée par Manon Aubry, qui navigue selon les estimations entre 6 et 7%, très loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (19,58%).
Quant à l’alliance Parti-Socialiste-Place Publique menée par Raphaël Glucksmann, elle recueille également entre 6 et 7%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet néanmoins de garder des eurodéputés.
Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des « gilets jaunes », concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.
Revers pour Macron?
Après six mois de crise des « gilets jaunes », la deuxième place de la liste Renaissance (LREM-Modem-Agir…) constitue un nouveau revers pour l’exécutif d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, qui s’étaient tous deux activement impliqués dans la campagne. Même si la majorité semble limiter les dégâts au vu des premières estimations.
Le chef de l’Etat avait affirmé le 9 mai qu’il allait « mettre toute (son) énergie pour que le RN ne soit pas en tête ». Le Premier ministre a pour sa part écumé une dizaine de meetings depuis début mai.
Depuis les premières élections européennes de 1979, la liste soutenue par le chef de l’Etat ne l’a emporté qu’à deux reprises (1979 sous Giscard D’Estaing et 2009 sous Nicolas Sarkozy). Sinon, elle a systématiquement été battue.
La liste Renaissance évite toutefois les récentes déroutes de partis au pouvoir, comme le PS de 2014 (14%).
Chez les Français de l’étranger le désenchantement ne s’est pas (encore?) produit, de manière générale, nos compatriotes exilés ont reconduit leur confiance à la majorité présidentielle, comme en Belgique où la liste Renaissance est arrivée en tête selon les premières corrections.
Jordan Bardella, ovationné à la tribune, attaque directement Emmanuel Macron en saluant « une sanction claire et une leçon d’humilité au président de la République » : « ce soir c’est lui et sa politique qui sont rejetés. » pic.twitter.com/07K1Rd1Isx
Marine Le Pen avait fait de ce scrutin un référendum anti-Macron. « Du vote de dimanche dépend tout le reste du quinquennat », a-t-elle lancé vendredi lors du dernier meeting, en lançant un appel large aux électeurs de droite, LR et DLF, et de la France insoumise pour les inciter à voter « utile » contre le chef de l’Etat.
Emmanuel Macron est rentré en fin d’après-midi à l’Elysée après avoir voté à la mairie du Touquet à la mi-journée. Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
Effondrement des LR
Georges-Francis Seingry, Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger
Le mouvement de Droite qui fut longtemps majoritaire en France et à l’étranger se retrouve plombé par 2017 et son virage catho-traditionnel après l’arrivée du courant Sens Commun. Et c’est, donc, l’amertume qui préside donc à la soirée. Un élu historique des Français de l’Etranger, George Françis Seingry (LR – Vice Président de l’AFE – élu consulaire Belgique) a réagi ce soir : « je veux dire toute ma tristesse et ma déception des résultats de la liste LR. FX Bellamy a fait une remarquable campagne, défendant sans tabou les valeurs de la droite républicaine, avec un discours sans compromis ni renoncements. Ce résultat témoigne que la droite républicaine ne s’est pas remise de 2017 et qu’un long chemin plein d’humilité nous attend pour la refondation de notre formation politique, refondation à laquelle il faut s’atteler dès ce soir. »
Abstention en recul
La participation, au-delà des 50%, s’annonce comme la plus forte pour un scrutin européen depuis un quart de siècle (52,7% en 1994), voire depuis 35 ans (56,7%) en 1984, rompant avec l’érosion du vote lors des récents scrutins européens.
A 17H00, la participation s’élevait à 43,29%, en hausse de huit points par rapport à 2014 (35,07%), selon le ministère de l’Intérieur.
Ce taux est déjà supérieur à la participation finale d’il y a cinq ans, qui s’élevait à 42,4% pour la France entière.
Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.
Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.
Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie.
Le Résultat en sièges – (projection)
Jordan Bardella Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen 24% entre 22 et 26 sièges
Nathalie Loiseau Renaissance soutenue par la République en marche, le Modem et ses partenaires 22.5% entre 20 et 24 sièges
Yannick Jadot Europe Écologie 12.5% entre 11 et 14 sièges
François-Xavier Bellamy Union de la droite et du centre 8.5% entre 7 et 10 sièges
Manon Aubry La France insoumise 6.5% entre 5 et 8 sièges
Raphaël Glucksmann Envie d’Europe écologique et sociale 6.5% entre 5 et 8 sièges
A midi, la participation est en hausse de manière significative. En particulier chez les Français de l’étranger, à HongKong où le vote est fini, les files d’attentes furent dignes des présidentielles, à Bruxelles, Capitale de l’Europe, les français sont en train de voter en masse tandis que New-York où le vote commence une affluence inhabituelle est annoncée.
On souligne en Europe, que la gestion des inscrits sur les listes nationales ou de résidences fut encore compliquée. Des élus consulaires nous ont alerté sur cette possibilité de double vote.
Au niveau national, La participation aux élections européennes s’élevait à 19,26% dimanche à midi en métropole, en hausse de 3,5 points par rapport à 2014, pour ce scrutin aux lourds enjeux y compris nationaux.
En 2014, le taux à la mi-journée s’établissait à 15,70%.
Depuis 20 ans, moins d’un électeur sur deux se déplace en France pour élire les eurodéputés. Il y a cinq ans, le pourcentage de votants n’avait atteint en fin de journée que 42,4% pour la France entière.
La tendance est la même au niveau européen: si le Parlement n’a cessé d’accroître ses pouvoirs au fil des années, le scrutin est généralement marqué par une faible participation (42,6% en 2014), particulièrement spectaculaire à l’Est. La Slovaquie avait battu le record il y a cinq ans avec 13% de votants.
New-York crédits photo : Consulat de New-York
« Les Européennes, c’est important. L’UE s’occupe de l’agriculture, des routes, des infrastructures, c’est eux qui décident de l’argent qu’ils accordent à chaque pays », souligne Jeanne, retraitée de la Fonction publique, à la sortie de son bureau de vote de l’école Sadi Carnot, à Pantin (Seine-Saint-Denis).
Si elle a « suivi la campagne », elle a « mis du temps » à faire son choix. « Je me suis décidée ce matin », reconnait-elle. « Je trouve qu’on ne dit jamais exactement tout ce que l’Europe fait. C’est dommage, si on était plus clair, les jeunes voteraient davantage », estime-t-elle.
Les têtes de liste ont montré l’exemple, Jordan Bardella (Rassemblement national), à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Ian Brossat (PCF) Raphaël Glucksmann (PS/Place Publique), Nathalie Loiseau (La République en marche), Manon Aubry (LFI) et Yannick Jadot (EELV) à Paris et François-Xavier Bellamy (LR) à Versailles.
Bruxelles – Crédits photos : Union des Français de Belgique
Emmanuel Macron a voté à la mairie du Touquet à la mi-journée en prenant tous les bulletins présentés, après s’être offert un bain de foule et serré plusieurs mains. La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), sans faire de commentaire.
Près de 47 millions d’électeurs sont appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.
Le Parlement européen compte au total 751 membres, élus par les quelque 427 millions de citoyens des 28 pays de l’Union.
Après l’explosion d’un colis piégé vendredi à Lyon, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets un renforcement de la sécurité des lieux accueillant du public.
A la mairie du 8e arrondissement de la ville, Cyrille, 60 ans, n’a « pas particulièrement » ressenti une ambiance différente des autres élections même si les contrôles à l’entrée ont été renforcés. Les bureaux de vote dans l’Hexagone fermeront à 18H00, 20H00 dans les grandes villes.
En Outre-mer, le scrutin est en cours depuis 07H00 (heure de Paris) à Mayotte et même à 06H00 à La Réunion, où dans plusieurs bureaux, les opérations de vote donnent lieu à de petites files d’attente. Les électeurs mettent du temps à récupérer la trentaine de bulletins « et cela forme des embouteillages comme sur la route », plaisante un président de bureau à la Possession (ouest).
Le vote est déjà terminé dans plusieurs territoires ultramarins, qui ont voté dès samedi. En Guyane, la participation s’est affichée en progression: 10,2% à 17H00 (contre 7,3% en 2014), tout comme en Martinique (10% contre 8%) et en Guadeloupe (12,10% contre 7,42%). En revanche, elle était en baisse à Wallis-et-Futuna (26,6% contre 38,7% en 2014), et en Nouvelle-Calédonie (16,2% contre 18,2%).
– « Le vote c’est l’essentiel » –
« Il est toujours utile de rappeler à nos concitoyens » que « dans une démocratie, le vote c’est l’essentiel », a glissé le Premier ministre Edouard Philippe, qui a fait son devoir civique au Havre, par un vote électronique.
Trente-quatre listes sont en lice, dont la moitié seulement émanent des partis traditionnels. Deux listes sont issues des « gilets jaunes ». Pour leur 28e samedi consécutif de manifestations, à la veille du scrutin européen, ils étaient environ 12.500 dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur, la mobilisation la plus faible de ce mouvement social. A Pantin, sur un panneau d’affichage vide devant le bureau de vote, un tag pronait: « le vote, c’est tous les samedi, #gilets jaunes ».
Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie, avec les premières estimations prévues dès 20H00.
Un envol des mouvements nationalistes et populistes est attendu, ce qui devrait faire perdre du terrain aux deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne), actuelle première force, et le Parti socialiste européen (PSE).
Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.
En France, pour ces premières élections intermédiaires du quinquennat d’Emmanuel Macron, la liste du RN pourrait devancer celle de LREM, avec une avance oscillant entre 0,5 et 2,5 points selon les sondages, très loin devant les autres listes.
Les Républicains espèrent ravir la troisième place avec 12,5 à 14% des suffrages. Les autres candidats ont plutôt peiné à émerger. Eparpillée en cinq listes (PCF, LFI, Générations, PS/Place publique, EELV), la gauche notamment est apparue plus divisée que jamais.