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  • Le déconfinement s’accélère en Europe

    Le déconfinement s’accélère en Europe

    L’Europe a franchi lundi une nouvelle étape dans le déconfinement, mais la prudence reste de mise face au coronavirus qui a fait près de 250 000 morts dans le monde.

    Dans de nombreux pays, les coiffeurs notamment ont vu affluer une clientèle hirsute, ravie de pouvoir se faire couper les cheveux après des semaines de confinement, tout en respectant les « gestes barrières ».

    À Bruxelles, un téléthon planétaire organisé en ligne par la Commission européenne a rapidement permis de lever 7,4 milliards d’euros pour financer la recherche sur un vaccin.

    Organisatrice de cette conférence des donateurs, qui a reçu le soutien des principaux dirigeants européens, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a assuré qu’un vaccin « est notre meilleure chance collective de vaincre le virus […] Nous devons le développer, le produire et le déployer dans tous les coins du monde, à des prix abordables ».

    Les États-Unis, qui ont ostensiblement boycotté la conférence, s’attendent quant à eux à passer dès le mois de juin la barre des 100 000 morts.

    Les États-Unis en sont déjà à 68 000 morts et détectent depuis début avril de l’ordre de 30 000 nouveaux cas chaque jour. « Mon estimation personnelle est qu’on atteindra 100 000 morts début juin », dit à l’AFP Nicholas Reich, professeur de biostatistiques à l’université du Massachusetts.

    « L’urgence n’est pas terminée »

    C’est avec d’infinies précautions qu’une quinzaine d’États européens ont à leur tour entrepris lundi d’alléger les mesures de confinement imposées depuis des semaines à leurs habitants.

    À commencer par l’Italie, pays le plus frappé du continent avec près de 29 000 morts, où les habitants sont désormais autorisés à sortir, selon des schémas variant selon les régions.

    À Rome, Stefano Milano, 40 ans, ne cache pas sa « joie » de regagner un peu de liberté et de pouvoir recevoir un cousin alors que son fils s’apprête à « souffler ses bougies » d’anniversaire.

    « L’urgence n’est pas terminée », martèle la ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese.

    Du Portugal à la Serbie en passant par la Belgique, de nombreux autres pays ont également allégé lundi le confinement, l’Autriche, pionnière en la matière, se risquant même à une rentrée scolaire partielle, de même que certains Länder allemands.

    Athènes est ainsi sortie de sa léthargie, avec notamment une ruée sur les coiffeurs. « J’avais hâte de pouvoir ressortir, reprendre une vie sociale, et me faire tailler la barbe pour ne plus ressembler à un ours », plaisante Alexis Protopappas.

    À Barcelone, Conchi Navarro, coiffeuse de 56 ans, respire à travers un masque, ce qui embue légèrement ses lunettes.

    « Nous travaillons avec nervosité, pour appliquer strictement le protocole, respecter les mesures de protection, dit-elle. Mais il est important de montrer qu’on fait ça bien, pour que le client n’ait pas peur et revienne se couper les cheveux ».

    Le casse-tête des écoles

    En Turquie, les séniors de plus de 65 ans et les jeunes de moins de vingt ans, soumis à un confinement obligatoire respectivement depuis le 21 mars et le 4 avril, seront autorisés à sortir de chez eux une fois par semaine pour une durée de quatre heures, a annoncé lundi le président Recep Tayyip Erdogan.

    Hors d’Europe, le Nigeria, la Tunisie ou le Liban ont aussi levé lundi certaines restrictions. « Nous venons de traverser un mois de faim et de peine. Maintenant je peux à nouveau gagner de l’argent et nourrir ma famille », se réjouit Ganiyu Ayinla, chauffeur de minibus à Lagos.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seule la découverte d’un vaccin ou d’un remède permettra de mettre fin à la pandémie qui paralyse l’économie mondiale.

    Une centaine de projets de vaccins ont été lancés à travers le monde, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

    D’ici la découverte d’un remède, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale restent de mise.

    Un impératif qui tourne au casse-tête pour les pays qui prévoient de rouvrir les écoles. À l’image de la France, où plus de 25 000 morts ont été dénombrés et où cette décision, qui doit prendre effet à partir du 11 mai, suscite la controverse.

    Sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien, le début du déconfinement prévu le 11 mai a été reporté, car « le virus y circule librement », a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe.

    Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau a reconnu ignorer s’il enverrait ses enfants à l’école s’il habitait au Québec, province où une rentrée est également prévue le 11 mai. « Ça va être une décision extrêmement personnelle pour beaucoup de parents », a-t-il reconnu au micro de Radio-Canada.

    L’Espagne, où le Covid-19 a fait plus de 25 000 morts, a redécouvert les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d’ici la fin juin.

    En Allemagne, où la levée des restrictions est déjà bien enclenchée, le ministre des Sports s’est dit favorable à une reprise de la saison de football. Le test de tous les joueurs allemands de première et deuxième division a recensé dix résultats positifs sur 1 724 dans les 36 clubs concernés (18 dans chaque division).

    La pandémie a fait au moins 247 503 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont quelque 144 000 en Europe.

    Aux États-Unis, pays le plus endeuillé avec près de 70 000 décès, les deux tiers des 50 États ont mis une levée des mesures de confinement à l’ordre du jour, afin de relancer l’économie.

    Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé dimanche disposer de « preuves immenses » que le nouveau coronavirus provenait d’un laboratoire sensible de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

    Des propos jugés « déments et imprécis » par la télévision chinoise CCTV, selon laquelle « le malfaisant Pompeo crache son venin et répand des mensonges sans raison ».

    L’OMS a répliqué, plus diplomatiquement, que les déclarations américaines étaient « spéculatives ».

  • Transport aérien: esquisse d’un nouveau modèle français?

    Transport aérien: esquisse d’un nouveau modèle français?

    Les ministres Elisabeth Borne et Bruno Le Maire ont précisé les choix opérés par l’État en matière de soutien public à Air France.

    Au terme d’un véritable marathon, les ministres de la Transition écologique et de l’Économie ont été auditionnés, jeudi 30 avril, par les membres des commissions du développement durable et de l’activité économique de l’assemblée nationale. L’occasion, pour les deux représentants de l’exécutif, de poser quelques jalons « d’un nouveau modèle économique ».

    Encore dans les limbes, ce nouveau modèle prendra probablement exemple sur les secteurs de l’aérien et de l’automobile, grands bénéficiaires du compte d’affectation spécial de 20 milliards d’euros dernièrement créé par la seconde loi de finances rectificative de l’année.

    Filières et dirigisme

    Le premier principe mis en œuvre par l’Etat sera celui du renforcement des filières industrielles. Avec un doigt de dirigisme d’Etat. « La reprise sera plus rapide dans les filières structurées, comme l’aéronautique, que dans celles où il n’existe pas de solidarité entre les grands et les petits acteurs, comme le BTP »indique la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

    Après avoir promis un emprunt de 7 milliards d’euros à Air France (« car celui qui paye décide », justifie le ministre de l’Économie Bruno Le Maire), l’État va imposer ses vues aux deux plus grands groupes de l’aérien tricolore: Air France et Airbus. Au premier l’obligation de réduire de moitié ses émissions carbonées par passager/km entre 2005 et 2030, la baisse de moitié des émissions carbonées sur le réseau intérieur. Le tout sans sacrifier aux règles de bonne gestion.

    Cela passera par un renouvellement de la flotte. « Air France devra acheter des Airbus A220 et A350 »résume Elisabeth Borne. Le transporteur devra aussi fermer une demi-douzaine de liaisons intérieures (comme Orly-Bordeaux) entrant en concurrence avec des trajets en TGV de moins de 2 h 30. Air France, enfin, devra accroître sa consommation de biocarburants « exclusivement de deuxième génération », a précisé Elisabeth Borne. Les planteurs de betteraves en seront pour leurs frais.

    Menaces sur ADP

    Ce coup d’aérofreins aura des conséquences, aussi, pour Aéroports de Paris (ADP), dont le projet de privatisation n’est plus à l’ordre du jour. Et l’on peut comprendre pourquoi. Car, le virage vert sur l’aile que devra effectuer Air France aura des répercussions sur l’activité des deux principales plateformes d’ADP : les aéroports d’Orly et de Roissy. « On peut d’ailleurs s’interroger sur la pertinence de l’extension de terminaux »a commenté Bruno Le Maire. L’avenir du terminal T4 de Roissy s’annonce compromis. Or, il s’agit d’un projet majeur pour APD.

    Gageons aussi que la baisse du trafic aérien intérieur pourrait bouleverser le modèle économique de nombreux aéroports régionaux, très dépendant des aides directes et indirectes de l’État. Le train ne pourra sans doute pas tout compenser. « La SNCF a perdu un milliard d’euros, à cause des grèves de 2019. Elle en perd des milliards depuis le début de la crise. Il faudra revoir sa trajectoire », indique la ministre, évoquant au passage sa filiale de fret. À moins, bien sûr, que l’État ne se pique de stratégie. « Il faut réfléchir à l’intermodalité entre Air France, la SNCF et les petites lignes », souligne Bruno Le Maire.

    Si les deux ministres s’accordent sur le fait qu’il faut accélérer la transition écologique pour sortir de la crise, nul doute que la feuille de route reste à écrire. Fort heureusement, Bercy a déjà préparé sa méthode. Le ministère de l’économie entend baser son nouveau modèle économique sur le triptyque: relocalisation d’activités stratégiques, investissements dans la recherche et la formation et coordination avec l’Union européenne. Deux dossiers figurent dans ce dernier parapheur : la relance du Pacte vert européen encalminé à Bruxelles et le déploiement rapide d’une taxe carbone aux frontières.

  • Un plan de soutien aux modalités contestées ?!

    Un plan de soutien aux modalités contestées ?!

    Le gouvernement a annoncé via le Ministre des affaires étrangères jeudi 30 avril un plan de soutien massif aux Français de l’étranger que nous avons, même,  qualifié d’historique avec 240 millions d’euros débloqués.

    Après un week-end studieux où les élus de tout bord ont décortiqué le texte proposé, des voix commencent à s’élever à travers le monde. En effet, de nombreuses modalités du plan restent obscures tandis que la proposition d’avance de trésorerie pour les établissements scolaires revient à créer une dette colossale qui devra être remboursée par les parents des futurs élèves.

    Un endettement caché des familles ?

    les 100 millions d’avance de France Trésor à destination de l’AEFE, soulèvent un certain nombre de questions qu’ont relevé, en premier, les élus du Groupe Français du monde, écologie et solidarité, à l’Assemblée des Français de l’Etranger (PS).

    En effet, le gouvernement parle d’aide, mais en terme comptable, c’est une créance consentie à l’Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger ou aux autres établissements indépendants et homologués par le Ministère de l’Education Nationale.

    Des questions légitimes apparaissent. Qui va rembourser cette dette ? Quelles garanties auront les parents d’élèves de ne pas avoir à subir à moyen terme une augmentation des frais de scolarité ? En effet, il faudra bien rembourser.

    Alors que les tarifs pratiqués par les établissement sont une source de discordes récurrente dans les différents pays. Les familles françaises, attachées à l’Education Nationale, devront-elles encore débourser plus pour mettre leurs enfants à l’école de la République ? 

    Pour exemple, en Tunisie, 1 300 familles se sont mobilisées sous le hashtag « #jeretardemonpaiement » pour obtenir une remise sur les frais de scolarité du troisième trimestre. Et les cas similaires sont nombreux. Est ce que le plan va pouvoir soulager ces familles en limitant ou annulant l’appel de fonds pour le troisième trimestre ? Elles n’auront pas toutes accès aux bourses d’exception qui sont mises en place. Là aussi, les modalités d’accès sont confuses. Paris avait annoncé que les dossiers pouvaient être remis jusqu’à la mi-mai, cependant certaines commissions d’ établissements se sont déjà réunies ou vont se réunir au cours de la semaine, quid des familles qui auront déposé leurs dossiers après la tenue des dites instances mais avant la date limite de dépôt indiquée par le ministère ?

    Répartition des aides aux associations sociales

     Nous allons augmenter de 50 millions d’euros les crédits dédiés aux aides sociales à disposition des ambassades et des consulats pour venir aider ceux de nos compatriotes qui sont les plus démunis face aux conséquences économiques et sociales de la crise. – Gérarld Darmanin dans l’interview exclusive donnée au site Lesfrancais.press – Lundi 4 mai 2020 

    Tout commence lundi dernier, quand les consulats annoncent la suppression du STAFE pour l’année 2020. Ce système a remplacé la réserve parlementaire depuis 2017 et son objet est de soutenir les associations locales françaises à travers le financement de différents projets.

    Les conseils consulaires sont au coeur de ce dispositif, en tant que fins connaisseurs du tissu local. Ils effectuaient un premier tri dans les différentes propositions faites par les associations.

    Cette annulation, non justifiée au départ, le fût avec le plan qui annonçait le transfert du crédit budgétaire aux OLES (organismes locaux et sociaux souvent sous statut associatif ).

    Cependant le mystère reste entier sur les modalités de répartitions des fonds d’un pays à l’autre, mais aussi sur la désignation des associations ou des foyers qui pourraient recevoir ces fonds. Sous l’égide du sénateur Olivier Cadic (UDI), 72 conseillers consulaires ont, donc, cosigné l’appel de Marie-Christine Haritçalde et Nadine Pripp, toutes deux élues à l’Assemblée des Français de l’Etranger et membres de la Commission nationale consultative STAFE pour demander au ministre Jean-Yves Le Drian, de restaurer le dialogue sur ce sujet. (lire le COURRIER)

    Pour certains, le risque est de voir les fonds mal attribués sans une réelle connaissance du terrain et des besoins locaux. Pour exemple, en Belgique, les 250 000 français ne sont pas tous expatriés fiscaux ou eurocrates, certaines familles sont touchées de plein de fouet par la crise… Cependant victime de son image, cette communauté ne semble pas être une priorité du gouvernement. Il apparait donc important de consulter tous les élus locaux, de prendre le temps de comprendre la nature des expatriations, souvent loin des clichés, afin d’apporter la solution la plus juste et veiller à la bonne utilisation de ces fonds publics.

    Le plan, salué par tous, risque de tourner à l’usine à gaz, ralentissant la distribution du budget voir pire en les orientant vers des secteurs ou des établissements qui n’en auraient pas un extreme besoin au dépend des autres. Le chemin est encore long, et pourtant il doit être parcouru le plus rapidement possible, afin que le plan soit opérationnel au plus vite.  

     

     

     

  • Italie, Allemagne: deux visions du déconfinement

    Italie, Allemagne: deux visions du déconfinement

    Cela peut sembler paradoxal : l’Italie qui a été la plus durement touchée par le coronavirus en Europe ouvre largement les portes vers le déconfinement alors que l’Allemagne, qui a largement réussit à limiter le nombre de décès, semble revenir sur les mesures de déconfinement, dans un contexte de rebond du nombre de cas.

    Masques obligatoires et 400 € d’amendes en Italie

    L’Italie sort peu à peu de la torpeur dans laquelle elle fut la première en Europe à tomber. Le président du Conseil Conte a annoncé à la chambre des députés un déconfinement progressif selon les régions. L’économie, en particulier dans le très riche Lombardie, est dévastée. 15 milliards d’Euros sont alloués aux entreprises, 25 milliards aux salariés et aux indépendants.

    Le déconfinement, si il ravi les Italiens, n’en est pas moins cependant très stricts. Le port des masques est obligatoire et son absence expose à 400 € d’amende.

    Les entreprises aussi ont dû s’adapter. Arnaud travaille à Milan pour une banque américaine. Il nous décrit la situation « un open space qui a dû être complètement réinventé, le télétravail qui demeurera une composante essentielle même après la crise ». Pour autant, il estime que « Milan a payé un prix tellement cher que toute adaptation est salutaire.

    Un certain relâchement en Allemagne et des cas en hausse

    L’Allemagne, elle, est dans une situation étrange. Si le pays a largement mieux répondu que la plupart de ses voisins à la crise du Covid 19 avec moins de cas et un taux de mortalité très faible, le nombre de cas est depuis quelques jours reparti à la hausse. Surtout un certain relâchement des habitants étonne. Alex, franco-allemand retourné vivre dans le pays de son père après ses études nous décrit la situation à Berlin «  certes la ville est plus rock-n-roll, moins disciplinée que par exemple Munich mais tout de même… ». Files d’attente sans distanciation sociale, monde dans les trams, qu’arrive-t-il à la patrie de Goethe ? Un certain ras-le-bol pour Sophie, française également établie à Berlin « Berlin c’est les parcs, les lacs. Mon mari qui a toujours vécu ici ne peut pas envisager un mois de mai sans aller régulièrement au lac de Wannsee, et il est loin d’être le seul ».

    La police, pour autant, veille au grain. De l’autre côté de la frontière, Sylvie en a fait l’amer expérience. Vivant en Allemagne mais travaillant en Alsace, elle a été refoulée lors de son retour à son domicile par la police allemande et a dû passer la nuit sur un parking. Excès de zèle de la Polizei ? N’ayant pas fait sa domiciliation, elle ne pouvait justifier de son motif. Situation aujourd’hui régularisée mais qui rappelle que Schengen ou non, le coronavirus a changé bien des choses.

    Résultat ? L’Allemagne pourrait retomber dans un confinement strict. Les écoles, qui réouvrent progressivement, pourraient fermer à nouveau. Allons-nous vers un déconfinement ou un retour en arrière ? Les prochaines semaines seront décisives pour le dire.

  • LA PART DES CHOSES

    LA PART DES CHOSES

    Les premiers résultats économiques du premier trimestre sont sans appel. Ceux du deuxième seront du même acabit. Il ne peut pas en être autrement. La mise en confinement de la moitié de l’humanité, phénomène sans précédent, conduit immanquablement à la récession. Celle-ci est, faut-il le répéter, une décision volontaire des gouvernements au nom de la santé publique. Il est à souligner que la France a enregistré, malgré le poids des amortisseurs publics, une contraction de son PIB plus forte que la moyenne de ses partenaires, preuve que la mise à la cape intervenue au milieu du mois de mars, a été immédiate et quasi-totale.

    Une contreperformance sans appel

    Cette contreperformance est intervenue après des mois difficiles rythmés par la crise des gilets jaunes et les grèves liées à la réforme des retraites. A l’heure du déconfinement qui psychologiquement apparaît tout aussi difficile que le confinement, la tentation nihiliste tend à gagner les esprits. Le covid-19 a réveillé de nombreux démons qui, depuis des années transcendent, en profondeur, les sociétés occidentales, la peur de l’autre, la défiance vis-à-vis des élites, le rejet du progrès, le retour des peurs ancestrales et des thèses complotistes.

    A en croire certains, nous allons devoir composer pendant des années avec le virus, faire face à d’innombrables épidémies. Le covid-19 serait un enfant du dérèglement climatique, de la surpopulation, de la mondialisation. D’autres sont habités par le mythe du grand soir, rêvant de nouvelles règles économiques et d’une transformation de nos modes de vie. Ce mythe est particulièrement vivace en France dans un pays qui aime à sacraliser les grands moments de son histoire, la Révolution de 1789, celle de 1848, la Commune de 1871 ou la Libération.

    Produire, consommer, et se divertir après le Covid-19

    Au-delà des effets de stupeur et de précaution qu’il génère, le covid-19, comme ses prédécesseurs, disparaîtra ou sera jugulé par les forces de la nature et celles de la raison. Demain comme hier, nous voyagerons, nous produirons, nous consommerons et nous nous distrairons. Affirmer haut et fort, la fin de l’aéronautique, des transports aériens, du tourisme n’a pas de sens sauf pour ceux qui ont toujours considéré que ces activités étaient nuisibles.

    Certes, au nom de l’obscurantisme, nous pourrions imiter la Chine du XVe siècle qui décida de supprimer les échanges avec l’extérieur, le pouvoir central interdisant alors la construction de navires de haute mer. La conséquence fut un long et irrémédiable déclin qui ne s’interrompit qu’avec la décision de Deng Xiaoping d’ouvrir, en 1978, son pays au monde.

    En 1815, en 1871, en 1918 ou en 1945, la France a surmonté des épreuves bien plus difficiles grâce au travail de sa population et à l’imagination des entrepreneurs. Air France qui a été créé au plein milieu de la crise de 1929 a maintenu un minimum d’activité durant toute la Seconde guerre mondiale avant de reprendre son essor à la Libération. Il est temps de faire la part des choses et de refuser toute fatalité.

  • Interview exclusive de Gérarld Darmanin – Ministre du Budget – Le plan de soutien – la fiscalité.

    Interview exclusive de Gérarld Darmanin – Ministre du Budget – Le plan de soutien – la fiscalité.

    Gérald Darmanin a répondu lesfrancais.press en pleine crise du coronavirus. Alors que la semaine dernière fut marquée par une cacophonie sur le plan de soutien aux Français de l’Etranger et à quelques semaines de la fin du moratoire sur la réforme fiscale, le ministre du Budget a voulu clarifier et rassurer ses concitoyens expatriés.

    Un plan avec des aides directes pour les familles et des prêts pour tous les établissements scolaires – Une réforme fiscale non annulée, à la différence de celles sur la retraite, l’hôpital, mais sûrement amendée. 

     

    Quand Darmanin étrillait Macron
    Gérald Darmanin – Ministre du Budget de la République Française

    Lesfrancais.press : Le Gouvernement a mis en place un plan d’urgence sur le territoire national. Qu’allez-vous faire pour les Français établis à l’étranger ?

    Gérald Darmanin : Avec le ministre des Affaires étrangères et européennes (MEAE), nous engageons un plan d’ensemble de 240 millions d’euros pour apporter un soutien sanitaire et social à nos compatriotes établis hors de France et pour préserver leur accès à l’enseignement français à l’étranger. Nous y avons travaillé en lien étroit avec les parlementaires des Français de l’étranger, notamment ceux de la majorité, qui nous relaient les difficultés que rencontrent nos compatriotes dans le cadre de la crise du covid-19.

    Le plan est d’abord sanitaire, avec, outre les mesures de rapatriement, la mise en place d’un dispositif médical spécifique pour suivre et conseiller les Français les plus vulnérables dans leur pays de résidence, qui repose sur des mécanismes de télésuivi et de téléconsultation, la disponibilité de médicaments ou d’oxygène, voire l’évacuation sanitaire pour les cas les plus critiques. Ce volet représente 40 millions d’euros.

    Il est aussi social. Nous allons augmenter de 50 millions d’euros les crédits dédiés aux aides sociales à disposition des ambassades et des consulats pour venir aider ceux de nos compatriotes qui sont les plus démunis face aux conséquences économiques et sociales de la crise.

    Il comportera également un volet éducatif, afin que la crise ne prive pas nos compatriotes de leur accès à l’enseignement français.

     

    Lesfrancais.press : Vous évoquez un soutien au réseau d’enseignement français à l’étranger. En quoi consistera-t-il ?

    Gérald Darmanin : Nous allons augmenter de 50 millions d’euros les enveloppes des bourses scolaires, pour que les baisses de revenus de nos compatriotes à l’étranger ne conduisent pas à priver les élèves de leur accès à l’enseignement français. Cela permettra d’augmenter le nombre d’élèves boursiers et d’accroître la prise en charge des boursiers actuels lorsque cela est nécessaire.

    Nous ouvrirons également à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) la possibilité de mobiliser une avance du Trésor, pour pouvoir soutenir les établissements du réseau en cas de difficulté de trésorerie. Les besoins du réseau sont à ce stade estimés à 100 M€ ; nous les réévaluerons dans les semaines et les mois à venir.

     

    Nous attendons les conclusions du groupe de travail qui a été mis en place avec les parlementaires et les représentants institutionnels et associatifs des Français de l’étranger, qui doit achever ses travaux d’ici fin juin

    Lesfrancais.press : Que va-t-il advenir de la réforme sur la fiscalité des Français de l’étranger ?

    Gérald Darmanin : A la demande des parlementaires représentant les Français de l’étranger, nous avons mis en place un moratoirepour mieux examiner les effets de la réforme.

    Nous attendons les conclusions du groupe de travail qui a été mis en place avec les parlementaires et les représentants institutionnels et associatifs des Français de l’étranger, qui doit achever ses travaux d’ici fin juin. Dans ce contexte particulier, nous veillerons à ce qu’une concertation approfondie soit menée avant toute évolution.

     

     

  • Rétropédalage sur les mesures de quarantaine ! les voyageurs revenant d’un pays de l’espace Schengen ou du Royaume-Uni ne sont pas concernés

    Rétropédalage sur les mesures de quarantaine ! les voyageurs revenant d’un pays de l’espace Schengen ou du Royaume-Uni ne sont pas concernés

    Vives émotions pour les Français de l’espace Shengen et du Royaume-Uni, ce week-end.

    Hier, comme nous l’indiquions dans notre article, Olivier Veran,  le ministre de la Santé semblait cibler les Français revenant pour les vacances sur le territoire national et indiquait ainsi que tous les voyageurs français ou européens ou étrangers seraient mis en quatorzaine ou à l’isolement lors de leurs arrivées en France.

    La «quatorzaine obligatoire» va concerner «toute personne» qui rentre sur «le territoire national, dans un territoire ultra-marin ou en Corse», soit «souvent des Français partis à l’étranger» et «qui souhaitent revenir», a déclaré M. Véran, Ministre de la Santé lors d’un point-presse à l’issue du Conseil des ministres.

    Cette décision fut confirmée par le Ministre de l’intérieur ce dimanche midi sur un plateau de télévision tout en précisant que des solutions seraient apportées pour les transfrontaliers.

    A 19h (UTC),  le Consulat de Londres annonce que la mesure ne s’appliquerait pas, finalement, à ceux arrivant de l’Espace Schengen ou du Royaume-Uni. Stupeur ! Et soulagement !

    En effet alors que les associations répondaient aux milliers de Français inquiets de ne pas pouvoir retrouver leurs familles, vaquer à leurs obligations professionnelles, mais aussi aux nombreux transfrontaliers, les élus se mobilisaient sur le front politique.

    Les conseillers consulaires montèrent en premier aux créneaux. Malgré leurs statuts d’élus locaux, ils furent mis devant le fait accompli comme le réseau diplomatique. En écho, les sénateurs ont préparé dès ce dimanche matin des projets d’amendements, dont 2 déposés par Joelle Garriaud-Maylam,  afin d’essayer de corriger le tir lors de la présentation de la loi ce lundi 04 mai. Les députés ont aussi été actifs comme M. Anglade, député des Français du Benelux, qui a alerté M. Castaner via un courrier.

    Pourquoi le gouvernement a changé d’avis ?

    Sans avoir consulté le corps diplomatique et sans avoir pris attache auprès des élus concernés, le gouvernement a tenté d’imposer une mesure forte, à destination avant tout de l’opinion publique française. Cependant il y avait plusieurs obstacles.

    En premier, sur le plan politique et économique : la volonté de Thierry Breton, commissaire européen, français, de lancer un plan de relance du tourisme en Europe et ce dès début juin.

    La France, premier pays visité au monde, avec 83 millions de visiteurs chaque année, sera la première bénéficiaire de ce plan. Elle est aussi un axe pour relier Europe du Nord et Europe du Sud.. La fermeture de son espace à travers la mise en place de mesure d’isolement systématique, c’était de fait couper le Portugal, l’Espagne, et dans une moindre mesure l’Italie des touristes européens.

    Sur le plan pratique, alors que dans les régions frontalières, les transfrontaliers sont indispensables à la reprise économique, leur circulation devait être maintenue. Comment mettre en place les contrôles ? Comment déterminer qui a besoin ou non de passer d’un pays à l’autre dans le cadre de son activité professionelle ?

    Face à ces travaux d’Hercule, le gouvernent a préféré reculer. Surtout que les hommes politiques des régions touristiques françaises, comme les syndicats liés au secteur du tourisme, annonçaient une catastrophe économique bien supérieure à celle envisagée jusqu’à présent.

    La mesure s’applique cependant à nos compatriotes arrivant de pays hors de l’Union européenne. 

    Sauf si…

     

  • Europe, Etats-Unis : Frappés par la crise, renforcés par la crise.

    Europe, Etats-Unis : Frappés par la crise, renforcés par la crise.

    Pour la première fois, les pays riches souffrent plus d’une épidémie que les pays pauvres. Si on en reste là -l’ONU s’inquiète des ravages possibles du Covid en Afrique- l’Occident, quoique bien pourvu en médecins, sera la principale victime de cette épidémie.

    Au delà de la crise sanitaire, ce ne sont pas les pays riches qui souffriront le plus de la crise économique. Déjà en Afrique, les échanges interrompus, on craint le retour des famines. Les pays occidentaux, malgré le nombre de morts, malgré la paralysie économique, peuvent faire face.

    Si les Etats-Unis et l’Europe sont les plus meurtris par l’épidémie, politiquement, est-ce si sûr ?

    L’Europe, toujours accusée d’en faire trop et pas assez, est-elle, comme chaque année, menacée de disparaitre ? Les Américains, comme les Russes, espèrent sa dislocation (et soutiennent partis et mouvements qui œuvrent en ce sens). Les Hongrois, comme les Polonais, se moquent d’elle. Les Italiens lui en veulent. Les noms d’oiseaux transparaissent sur les lèvres du Conseil européen. Et pourtant : la chancelière Angela Merkel a expliqué au Bundestag que l’Allemagne devra payer sa part : plus que sa part. Lucide et courageuse. Donc l’Allemagne tiendra. Et l’Europe avec.

    Sans la Banque Centrale Européenne, les taux d’intérêt italiens monteraient à près de 8%, les taux français à près de 5%, ce qui serait très vite insoutenable. L’Allemagne a compris que la ruine de ses clients et alliés serait aussi sa ruine, que la fin de l’Europe la mettrait à la merci des Américains, que les Chinois investissent en Grèce, en Hongrie, en Tchéquie, et veulent utiliser les réseaux russes. L’Europe a les capacités économiques, démographiques, politiques  pour rester un pôle d’influence majeur dans le monde. Demain, plus qu’hier, parce que la crise affaiblit les plus faibles.

    Les Russes par exemple. Ils devraient vite avoir besoin des Européens. Avec le pétrole en déroute, Vladimir Poutine a fait marche arrière. Pragmatique, il a même repoussé le référendum qui devait prolonger son imperium. Un mauvais accord avec l’Arabie saoudite vaut mieux qu’une mauvaise guerre. Avec les Etats-Unis pour parrain, pas la Chine. Veut-il, comme la Corée du nord, être un pion dans les relations sino-américaines ? Erdogan veut jouer les durs face aux Syriens, coacher les Tunisiens, menacer la vieille Europe, mais quand l’économie turque vacille, la garantie apportée par la Reserve fédérale américaine vaut de l’or. Aussi repousse-t-il la livraison des armes russes. Dans le ciel syrien, l’aviation israélienne attaque chaque semaine Iraniens et Syriens, sans que les Russes ne disent mot. Tandis que le Liban s’enfonce dans le silence. Que représente le Moyen-Orient avec un baril moins cher qu’avant la crise du pétrole des années 70 ? L’or noir vaut moins que l’eau ou le coca.

    Les Etats-Unis, qui sont les premiers producteurs, en souffriraient donc ? Pas vraiment. Les Etats-Unis ne dépendent pas du pétrole. Les plus grandes sociétés mondiales sont américaines. Les Etats-Unis sont le préteur en dernier ressort du monde. Et le monde entier vit à crédit. Ceux qui peuvent être abreuvés de dollars. Les autres…

    Financièrement plus fragile qu’on ne le croit, la Chine tient. Elle sait souffrir : son appareil de surveillance est le meilleur du monde. Elle tiendra parce qu’elle a investi dans la science, la recherche, les nouvelles technologies. Mais elle n’a pas gagné dans cette crise. Dans son pourtour régional, les petites démocraties -Taïwan, Corée, Singapour- ont fait mieux qu’elle. Plus grave : les pays de la route de la soie ont respiré le nouvel « impérialisme » chinois, l’enchainement de la dette, le mépris culturel : L’arrogance chinoise a marqué les Européens, comme les Africains, elle a conforté la méfiance des pays d’Asie du sud-est.

    La nouvelle donne mondiale n’annonce donc pas le déclin de l’Occident. Il peut venir, mais pas de cette crise. Comme d’habitude, le nerf de la guerre, c’est l’argent, encore et toujours le dollar. Est-ce que cela augure des lendemains qui chantent ? Pas plus qu’hier, pas moins que demain.

    Si les Etats-Unis persévèrent dans leur isolationnisme, si l’Europe s’enferme dans ses doutes, si la Russie s’abime dans son orgueil blessé, alors n’importe quel imbécile, n’importe quel virus -aujourd’hui épidémique, demain informatique- peut déclencher on ne sait quelle panique. Cela peut aussi lui retomber sur le nez. Ceux qui parient sur la faiblesse des Etats-Unis et de l’Europe oublient leur culture. Elle est, pour le meilleur et pour le pire, celle du combat. C’est en cela que l’Europe est fondamentale, quoique combattante, elle joue dans ce grand jeu un rôle apaisant. Si elle est armée bien sûr. Sinon elle sera un champ de bataille. Car dans cet océan d’incertitudes et de dérèglements, il y a une certitude : avec la crise, le monde est devenu plus brutal.

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