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  • France 2030  : les grands fonds marins

    France 2030 : les grands fonds marins

    Le Président de la République, Emmanuel Macron, a déclaré lors de la présentation du plan « France 2030 » que l’exploration des grands fonds marins faisait partie des priorités. Les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Japon et la Corée du Sud s’apprêtent, aussi, à commencer l’exploitation industrielle des océans.

    Champions industriels

    Conçu comme le « dernier étage de la fusée » de la politique économique française post-Covid, le plan « France 2030 » se donne un objectif : aider la France à répondre aux défis de demain et lui redonner une place économique de premier plan, en donnant naissance aux champions industriels responsables de demain.

    L’exploration des fonds marins est « un levier extraordinaire de compréhension du vivant, d’accès à certains métaux rares, de compréhension du fonctionnement de nouveaux écosystèmes d’innovation », notamment en termes de santé, a expliqué le chef de l’Etat devant quelque 200 chefs d’entreprise et d’étudiants à l’Elysée.

    Les fonds marins, entre 4.000 et 6.000 mètres de profondeur, suscitent une convoitise de plus en plus grande car certains contiennent des métaux sous plusieurs formes, dont des nodules polymétalliques.

    Ces petits cailloux sont riches notamment en manganèse, cobalt ou nickel, très demandés car utilisés dans les batteries de véhicules électriques. Leur exploitation reste toutefois plus coûteuse que celle des mines terrestres. Mais en 2030, les énormes besoins en matières premières de la transition énergétique pourraient changer la donne.

    Deuxième espace maritime au monde

    Emmanuel Macron a rappelé que la France avait un rôle important à jouer car elle possède, grâce à l’outre-mer, le deuxième espace maritime au monde après les Etats-Unis. Les fonds marins de Wallis et Futuna et surtout de l’île française de Clipperton, au large du Mexique, regorgeraient de nodules polymétalliques.

    Quelque deux milliards d’euros, sur cinq ans, seront consacrés dans le cadre de « France 2030 » à l’exploration des fonds sous-marins mais aussi à l’espace.

    « J’entends déjà le débat à venir : je ne parle pas d’exploitation, je parle d’exploration »

    Emmanuel Macron

    Risques écologiques

    « Mais l’exploration pourrait bientôt ouvrir la voie à l’exploitation », met en garde l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont fait partie la France.

    L’UICN a adopté en septembre un « moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds marins, la délivrance de nouveaux contrats d’exploitation et de nouveaux contrats d’exploration », sur lequel la France s’était abstenue.

    Ce texte demande que ce moratoire soit en place jusqu’à ce que « des évaluations d’impact rigoureuses et transparentes aient été menées » et que « la protection efficace du milieu marin soit garantie ».

    Des instituts de recherche comme l’Ifremer en France ou des entreprises privées mènent des opérations d’exploration, à condition d’être parrainés par un pays.

    Des ONG  appellent à mieux recycler les métaux pour répondre à la demande croissante, mais le recyclage est aussi une source potentielle de pollution par l’utilisation d’acide sulfurique et de cyanure même sans rejets dans l’environnement.

    Des entreprises importantes, BMW, Google, Samsung SDI ou encore Volvo, se sont provisoirement engagées à « ne pas utiliser des minéraux issus des eaux profondes ou à financer l’exploitation minière en eaux profondes » tant que les scientifiques n’en auront pas mesuré clairement les conséquences.

    Au Canada, une nouvelle entreprise minière d’exploitation des fonds marins a vu le jour. Elle affirme avoir signé des accords avec plusieurs petits Etats insulaires de l’Indopacifique.

  • Les stars abêtissent, les héros ennoblissent.

    Les stars abêtissent, les héros ennoblissent.

    Sur les tabloïds, à la télé, à l’Elysée, cette nouvelle série : mon escroc bien aimé. Tapie est mort et Arsène Lupin fait un carton à l’étranger. L’un comme l’autre incarneraient l’esprit français. Ce déluge d’hommages a bien dû faire rire l’homme d’affaires qui a fait un dernier pied de nez à la Justice en tirant sa révérence quelques jours avec son procès. Tous ces éloges, sans doute mérités, peut-être sincères, surprennent quand ils viennent des plus hautes autorités de l’État. Le procureur Montgolfier, et tant d’autres, devraient donc raser les murs. Car aussi sympathique puisse-t-il avoir été, Tapie était quand même le symbole de l’affairisme, de la corruption, de l’esbroufe, du mensonge, des connivences politico-financières et de la jonglerie de trésorerie.

    Les stars ne sont pas des héros

    Belmondo, qui incarna Stavisky, aurait pu jouer Tapie. Il incarnait mieux encore que Tapie une sorte d’esprit français, mélange d’insolence et de succès, qui autoriserait à bouger toutes les lignes, y compris, pour Johnny, celles du fisc. Bebel reçut un hommage aux Invalides. Joséphine Baker, Gabin, Delon s’engagèrent dans l’armée, que ne mériteraient-ils pas ?

    Il y a une différence entre les stars et les modèles. Les stars ne sont pas des héros, c’est une manie de publicitaire de les transformer en institution. Au moment où, sous les assauts de la cancel culture, on déboulonne les statues aux États-Unis, où Churchill vacille de son piédestal, est-ce une élévation d’y jucher acteurs, saltimbanques, affairistes et footballeurs ? Après Tapie, Bebel et Johnny, que fera-t-on demain pour Bardot,  Depardieu, Zidane, Drucker et Hanouna ? Qui se rappelle de Malraux : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… ! ».

    Au même moment, les journalistes du monde entier révèlent les comptes offshore des grands de ce monde, (un tout petit monde), mettant à l’honneur les princes de pays particulièrement pauvres, et quelques hommes politiques occidentaux qui eurent leur heure de gloire, comme notre champion des scandales : DSK. Le talent, on l’a ou on ne l’a pas, comme celui de cocher toutes les cases d’une éthique en acier trempé. Hier le sommet de la gloire, aujourd’hui l’opprobre, et demain? Aucun espoir n’est donc perdu pour DSK, quand on voit sa capacité d’influence. « Quel bagout ! », aurait dit Tapie.

    Mieux vaut célébrer des héros, si possible des vrais.

    Un pays a peut-être besoin de stars, en fait de leurs scandales. Il a surtout besoin de modèle. Mieux vaut célébrer des héros de notre temps et si possible des vrais.

    Il y en a, aux Invalides, avant Bebel, il y a déjà quelques semaines, le caporal chef devenu sergent à titre posthume, Maxime Blasco, tué en opération au Mali, du 7ème bataillon de chasseurs alpins, recevait un hommage national. C’était un soldat exemplaire qui avait été gravement blessé en 2019 dans une opération au cours de laquelle il avait risqué sa vie pour sauver deux de ses camarades. Il avait une femme et un enfant de huit ans, désormais Pupille de la Nation. 52 soldats français sont morts au Mali depuis 2013. Tapie, au mieux, amuse, Blasco impressionne.

  • Après 106 jours de confinement à Sydney, les habitants sont soulagés !

    Après 106 jours de confinement à Sydney, les habitants sont soulagés !

    Le 26 juin 2021, Sydney rentre en confinement, initialement pour 2 semaines. La rapide progression des cas du variant Delta inquiète les autorités. Alors les prolongations s’enchaînent, plongeant ainsi la ville aux 5 millions d’habitants dans un confinement de 106 jours.

    Une stratégie « zéro Covid » en Australie

    Dès mars 2020 et les premières apparitions de cas de Covid-19, l’Australie prend des mesures radicales. Scott Morrison, Premier ministre australien, annonce la fermeture immédiate des frontières internationales. 

    Le pays adopte la stratégie « zéro Covid », qui consiste à empêcher la circulation du virus avec des confinements stricts dès l’apparition de quelques cas. Saluée pour ses bons résultats au début de la crise, l’Australie se fait vite rattraper par le variant Delta, beaucoup plus virulent. 

    En juillet 2021, seulement 10% de la population a fait sa vaccination complète, contre +40% en France. Le confinement à Sydney et Melbourne se prolonge, plongeant les habitants, et les expats, dans un isolement de plus en plus grand.

    Rue australienne en plein confinement ©AFP

    Un confinement drastique 

    Quand il s’agit de confinement, l’Australie ne rigole pas. 

    À Sydney, pour les zones les plus touchées, un couvre-feu nocturne a été mis en place. Les déplacements sont limités à 5kms, et une heure de sortie hebdomadaire est prévue pour faire du sport.  

    Les militaires ont également été déployés pour aider la police à faire respecter les mesures mises en place. Une décision controversée pour ce confinement à Sydney. 

    Malgré cela, le nombre de cas augmente chaque jour un peu plus. 

    confinement Sydney
    Crédit : Nick Jones – Unsplash

    Le confinement à Sydney enfin levé ! 

    Après 106 jours de confinement à Sydney et de restrictions, ce lundi, les habitants peuvent à nouveau sortir.  

    La vaccination a accéléré ces dernières semaines pour atteindre 70% de la population âgée de plus de 16 ans dans la Nouvelle-Galles-du-Sud. Le gouvernement a ainsi poussé à la vaccination et les résultats se font sentir. 

    Pour les personnes vaccinées, les bars et les restaurants sont ainsi de nouveau ouverts. Les écoles vont également pouvoir accueillir les élèves prochainement.

    Pour Monica, expat à Sydney, c’est la délivrance ! 

    « Je suis très soulagée. Ce confinement était dur, d’autant plus que je venais de prendre un appartement toute seule pour la première fois de ma vie. »

    La première chose qu’a faite Monica ? C’est de donner un cours de yoga ! Et malgré la pluie, rien ne l’arrête aujourd’hui : « Je suis tellement contente de ne pas me sentir illégale pour sortir ». 

    Le confinement à Sydney prend fin pour le plus grand soulagement des habitants. Dans quelques jours, Melbourne, qui connaît le plus long confinement du monde (250 jours), devrait également lever les restrictions. 

  • France 2030 : relance du nucléaire

    France 2030 : relance du nucléaire

    Le chef de l’Etat a présenté ce mardi un plan de dizaines de milliards d’euros pour développer des technologies d’avenir dans la prochaine décennie. Une manière de se placer au-dessus de la mêlée dans le débat qui oppose pro et anti-nucléaire pour 2022.

    Un modernisateur vert. Dans la salle des fêtes de l’Élysée ce mardi, le chef de l’Etat dévoila son plan d’investissement baptisé “France 2030” devant un parterre de personnalités politiques et de la société civile, dont des étudiants et des chefs d’entreprises. L’objectif: investir 30 à 50 milliards d’euros sur cinq ans dans des technologies d’avenir, dont une bonne partie sera fléchée vers la transition écologique. Le nucléaire, l’hydrogène, l’avion bas carbone, ou encore les petits réacteurs nucléaires font pleinement partie de ce pari sur le futur.

    Début de campagne électorale ?

    Un plan en forme d’entrée en campagne, pour celui qui n’a pas encore officialisé sa candidature à sa propre succession.

    “C’est déjà la campagne, on s’apprête à assister à un vrai discours électoral”

    le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin

    A six mois de l’élection présidentielle, et en pleine crise sur le coût de l’énergie, Emmanuel Macron se projette déjà dans l’après-2022. L’un des derniers actes de son mandat donne à voir le ton de sa campagne: une image de réformateur, aux chantiers à poursuivre, face à des candidats qui déplorent le “déclin” de la France. Cette enveloppe de dizaines de milliards vient en complément du plan de relance de 100 milliards d’euros lancé en 2020.

    De nouveaux petits réacteurs

    Verdir tout en ré-industrialisant, tel est l’exercice d’équilibriste qu’Emmanuel Macron s’apprête à mener.

    “On tient à une approche équilibrée à LaREM. Et ce, contrairement à des oppositions qui sont soit à droite pro-nucléaire, mais avec un discours anti-renouvelable complètement daté et passéiste, soit à l’extrême-gauche, anti-nucléaire, avec un discours irresponsable pour la sécurité d’approvisionnement de la France”

    le député de l’Isère Jean-Charles Colas-Roy, référent en charge de la transition écologique de LaREM,
    Projet français de mini-réacteur nucléaire

    Face à la droite et à l’extrême droite, qui, de Valérie Pécresse à Xavier Bertrand, en passant par le probable candidat Éric Zemmour, redéclarent leur flamme au nucléaire ces dernières semaines, le Président en profite pour marquer des points.

    Et pour se démarquer sur un thème de campagne régalien, Emmanuel Macron veut miser sur les SMR (Small modular reactors), ces petits réacteurs nucléaires qui ont l’avantage d’être faciles à construire et à entretenir, mais ont l’inconvénient de ne pas encore exister. Ce pourrait être le cas en France d’ici une décennie. Américains, Chinois, Russes et Français travaillent sur cette technologie depuis plusieurs années.

    “Ce n’est pas très courageux”, estime Julien Aubert, le député Les Républicains du Vaucluse, auprès de BFMTV.com.

    “Parler du SMR permet d’évoquer le nucléaire en contournant le vrai sujet qui est l’EPR”, pointe-t-il. Dans la Manche, l’EPR de Flamanville souffre de lourds retards de chantier, avec une mise en service prévue pour 2023 contre… 2012 et des coûts toujours plus importants.

    Ainsi, le chef d’Etat envoie des gages à la droite pro-nucléaire en jouant la carte de la nouveauté technologique. Et ce, peu importe les frais engagés. Dès septembre, Xavier Bertrand accusait le chef de l’État de faire “campagne avec le chéquier de la France”, tandis que Valérie Pécresse lui reprochait fin septembre de “cramer la caisse”.

    Maîtriser les dépenses énergétiques

    Du côté des écologistes, on estime que le gouvernement se trompe de combat. “C’est la vision française habituelle et passéiste de dire que la technologie et le nucléaire sauveront le pays”, fustige le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, qualifiant cette tendance de “fuite en avant.”

    “Le gouvernement oublie à chaque fois un thème: la sobriété énergétique”, regrette ce soutien de Yannick Jadot, le candidat écologiste à la présidentielle.

    Selon lui, il faudrait flécher davantage les dépenses en matière de baisse de rénovation énergétique ou encore d’alternatives à la voiture.

    “Moi, je suis anti-nucléaire parce qu’un réacteur, ça peut nous péter à la figure, rappelons-nous Fukushima”, a déclaré Yannick Jadot sur Franceinfo ce lundi matin. L’eurodéputé EE-LV a promis, s’il accède à l’Elysée, que la France sortirait du nucléaire “en 20 ans”, affirmant ne pas être bloqué sur cette date.

  • Crise France-Algérie : Tebboune exige de Paris le « respect total »

    Crise France-Algérie : Tebboune exige de Paris le « respect total »

    Le président algérien Abdelmadjid Tebboune accuse le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin d’avoir menti sur le nombre d’ immigrés clandestins algériens que Paris voulait expulser.

    Nouvel épisode du bras de fer entre Paris et Alger avec TV5MONDE

  • Pêche post-Brexit : front européen

    Pêche post-Brexit : front européen

    Onze pays, dont la France qui appelait à un front européen contre Londres après les décisions britanniques sur les licences de pêche, ont signé lundi (11 octobre) une déclaration commune critiquant les réponses du Royaume-Uni dans ce dossier.

    « La réponse apportée par le Royaume-Uni aux demandes de licences de pêche est incomplète et inappropriée », a regretté le ministère français de la Mer dans un communiqué, à l’issue d’un conseil des ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche à Luxembourg.

    Outre la France, l’Allemagne, la Belgique, Chypre, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède ont signé cette déclaration, selon ce communiqué.

    Licence de pêche

    L’accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l’année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d’obtenir une licence, accordée s’ils peuvent prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir.

    Dans les zones de pêche encore disputées (zone des 6-12 milles des côtes britanniques et îles anglo-normandes), Londres et Jersey ont ainsi accordé au total un peu plus de 200 licences définitives, alors que Paris en réclame encore 244.

    « Cette déclaration commune marque une étape importante, car seule une réponse collective permettra à l’Union européenne d’envisager sereinement la suite des négociations avec notre partenaire britannique »

    Annick Girardin, la ministre de la Mer, dans le communiqué

    Annick Girardin fait également valoir que « les réponses européenne et française aux propositions britanniques » seront rendues publiques « durant la deuxième quinzaine d’octobre » et « comprendront éventuellement des mesures de rétorsion ».

  • Cascade de pénuries au Royaume-Uni

    Cascade de pénuries au Royaume-Uni

    Au Royaume-Uni depuis quelques semaines les rayons des supermarchés sont vides. Des milliers de cochons sont abattus à cause du manque de bouchers, le secteur de la volaille craint de ne pas pouvoir répondre à la demande à Noël . Certains fast-foods et les stations-service sont les derniers touchés par les pénuries. Ce qui occasionne une certaine panique chez les automobilistes. Et les rayons se vident au fur et à mesure, ce qui oblige les restaurants à modifier les menus.

    La situation s’explique en partie par une pénurie de chauffeurs routiers principalement à cause du Brexit, qui a fermé les portes du pays à de nombreux travailleurs européens.

    Ce qui a incité Londres à réagir dimanche dernier en promettant la délivrance de visas temporaires pour 5 000 camionneurs étrangers et 5 500 employés des abattoirs de volailles. Mais certains conducteurs ont jugé trop courte la durée de résidence accordée.

    Selon Elvire Fabry, chercheuse senior spécialiste des politiques commerciales à l’Institut Jacques Delors, la sortie du pays de l’Union européenne a engendré “une perte d’attractivité pour les chauffeurs puisque l’activité est devenue plus coûteuse et moins fluide ». L’application du Brexit dur, avec la fin du marché unique et de la liberté de circulation, a rendu les itinéraires vers le Royaume-Uni beaucoup moins rentables.

    Visas

    Au début, le Royaume-Uni avait choisi de restreindre les octrois de visas. C’est pourquoi la main d’œuvre partie du pays pendant les confinements n’a pas pu revenir parce qu’elle est souvent étrangère, ce qui donne lieu à une perte d’activité. Mais face à ce blocage, le gouvernement de Boris Johnson a dû assouplir au moins temporairement sa ligne en matière d’immigration.

    Par conséquent le gouvernement de Boris Johnson a précisé qu’il accorderait aux chauffeurs de camion-citerne 300 visas immédiatement, valables jusqu’à fin mars 2022. Les 4 700 autres seront valables de la fin octobre à la fin février. Un revirement politique complet pour le Premier ministre, qui refusait jusqu’alors catégoriquement de se tourner vers l’immigration.

    Selon Antoine Aurélien, directeur de l’Observatoire du Brexit, la politique migratoire a été manipulée pour aboutir au Brexit, sans penser aux conséquences.

    Impression de vide

    Sara, une Londonienne, ne parlerait pas de pénuries, “mais il y a moins de stock donc ça donne une impression de vide. Dans mon supermarché, des vitrines frigorifiques sont vides, car ils ont regroupé les produits dans moins d’espaces. J’ai remarqué aussi qu’ils remplissent les rayons à des heures inhabituelles, comme si les livraisons étaient irrégulières.”

    Dans une cantine scolaire

    Gilles travaille dans une cantine dans un lycée ( high school) et dans un hôtel et “dans les deux cas il y a énormément de produits qui ne sont pas disponibles ou en rupture de stock. Pour le lycée j’ai passé des commandes fin juillet pour des croissants et pains au chocolat et je ne les ai toujours pas reçus.”

    Il y a plus d’hostilité envers les étrangers depuis le Brexit

    Renée-Jeanne qui est aussi à Londres explique qu’elle a souffert l’humiliation de faire sa demande de Settled Status en Angleterre, « alors que je suis résidente depuis 46 ans. Fière d’être française, je n’ai jamais voulu obtenir de l’Etat d’être britannique, car il faut devenir un sujet de la Reine ! Venant d’un pays républicain je n’accepterai jamais cela par principe. Les Anglais ont toujours été insulaires, mais il y a depuis le Brexit plus d’animosité et d’hostilité envers les étrangers. La presse de droite est aussi très antagoniste. Je suis installé ici depuis si longtemps, à la retraite maintenant, une partie de ma famille ici, y compris mes petits-enfants qui ont la double nationalité, j’ai ma maison, mes amis, je ne pense pas rentrer en France définitivement, bien que j’ai beaucoup de famille en Bourgogne, Paris et dans le sud de la France, Auch et Toulouse. Cela m’a fait très mal au cœur que tant de Brits aient voté pour le Brexit. Je pense qu’ils commencent déjà à le regretter.

    Même constat chez Emmanuelle qui habite en Angleterre depuis 23 ans et “c‘est la première fois que je ne me sens pas la bienvenue ici. Oui, un regard différent sur les étrangers, alors que j’étais si fière d’avoir fait ma vie ici en tant que Française scientifique au Royaume-Uni. Et maintenant amenés à justifier notre présence ici, dépenser £4,000 et faire des tests pour les dossiers de naturalisation britannique (mon mari et moi). Et aussi, une France qui ne sait plus comment nous considérer en tant que Français vivant à l’étranger. Que va-t-il se passer pour nos retraites si on veut rentrer plus tard? Bientôt ma sœur et ses enfants ne pourront plus venir nous voir sans payer des frais supplémentaires de passeports et remplir des formulaires« .

    Mes enfants qui se sentent partagés entre 2 pays, seront-ils libres de faire leurs études ou des stages en France ? Très triste cette situation, surtout qu’on ne nous a même pas demandé notre avis, à nous, ceux qui sont probablement le plus affectés par ces décisions.”

    Le Brexit divise notre famille

    Pour Chris qui habite à Cambridge depuis 20 ans, le Brexit fait une énorme différence : « On a changé de pays ! Je peux vous en parler, mais après 20 ans ici (j’ai une famille franco brits) et le fait que je me suis sentie chez moi ici pendant aussi longtemps, je peux vous dire que je suis assez remontée ! Pour moi, le pays que j’aimais s’est effondré… ma famille a été victime de racisme, même à Cambridge, tellement de choses ont changé, l’ambiance et la confiance particulièrement… Pour moi, nous n’avons rien vu du Brexit… c’est maintenant que cela va vraiment commencer et je suis assez inquiète effectivement !”

    Les expatriés au Royaume-Uni commencent maintenant à voir les effets du Brexit, mais combien de temps ces pénuries vont-elles durer ?

    Si le Brexit devait avoir un sens, ce serait d’entraîner un changement dans le modèle économique. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

    Ce Brexit met à rude épreuve le flegme britannique !

  • Protection des frontières de l’UE : barrières physiques ?

    Protection des frontières de l’UE : barrières physiques ?

    Douze États membres de l’UE ont demandé une mise à jour du Code frontières Schengen du bloc afin d’autoriser les « barrières physiques » comme mesures de protection des frontières, selon une lettre envoyée à la Commission européenne et vue par EURACTIV.

    Un appel de 12 Etats membres

    La lettre, intitulée « Adaptation du cadre juridique de l’UE aux nouvelles réalités » est adressée à la vice-présidente de la Commission européenne, Mme Schinas, à la commissaire aux Affaires intérieures, Mme Ylva Johansson, et à la présidence slovène de l’UE. Elle a été signée par l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, le Danemark, la Grèce, la Hongrie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Slovaquie.

    Cet appel a été lancé avant la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui se tiendra à Luxembourg le vendredi 8 octobre. Ils devraient discuter du renforcement de la frontière extérieure de l’UE ainsi que du contrôle et du placement en rétention des migrants.

    « Les récents développements aux frontières extérieures de l’Union européenne (UE) indiquent que l’UE doit adapter le cadre juridique existant aux nouvelles réalités, ce qui nous permettra de faire face de manière adéquate aux tentatives d’instrumentalisation de l’immigration clandestine à des fins politiques et à d’autres menaces hybrides »

    Douze ministres de l’Intérieur de l’UE dans leur lettre commune.

    Crise aux frontières de l’Est

    Un grand nombre de migrants clandestins ont commencé à traverser la frontière de la Biélorussie vers la Lituanie, la Lettonie et la Pologne. Ces actions sont reconnues comme un type de guerre hybride par le régime d’Alexander Loukachenko.

    « Afin de garantir l’intégrité et le bon fonctionnement de l’espace Schengen, toutes nos frontières extérieures doivent être protégées avec un niveau de sécurité maximal »

    Douze ministres de l’Intérieur de l’UE dans leur lettre commune.

    Des solutions communes

    Bien que certains États membres de l’UE aient adopté des mesures résolues au niveau national, les signataires de la lettre ont souligné que « pour contrer l’instrumentalisation de l’immigration clandestine et d’autres menaces hybrides (…), nous avons besoin de solutions communes au niveau de l’UE ».

    « Les barrières physiques semblent être une mesure efficace de protection des frontières qui sert l’intérêt de l’ensemble de l’UE, et pas seulement celui les États fondateurs. Cette mesure légitime devrait en priorité être financée de manière complémentaire et adéquate par le budget de l’UE »».

    Douze ministres de l’Intérieur de l’UE dans leur lettre commune.

    Frontières hongroises

    Le Code frontières Schengen

    Le Code frontières Schengen permet aux pays de l’UE d’établir des points de passage frontaliers partagés avec leurs voisins non européens. Les gardes-frontières de chaque pays effectuent les contrôles de sortie et d’entrée les uns après les autres, conformément à leur législation nationale.

    La Lituanie, soutenue par la Pologne et les autres pays baltes avait précédemment suggéré que l’UE finance les barrières frontalières sur sa frontière extérieure en puisant dans son budget commun.

    Toutefois, le Code ne prévoit pas actuellement de barrière physique comme mesure de protection des frontières extérieures de l’UE. Par ailleurs, l’UE fournit simplement un soutien aux systèmes de surveillance de ses frontières.

    La surveillance des frontières est « importante pour la connaissance de la situation et contribue à assurer un haut niveau de sécurité dans l’UE », affirment les signataires de la lettre. Ces derniers appellent à « poursuivre le développement de normes communes pour le contrôle des frontières de l’UE et en particulier pour la surveillance des frontières extérieures ».

    La lettre commune indique également que la politique d’immigration et d’asile de l’UE doit « être résistante aux abus ».

    « Il n’existe pas de règles claires quant aux mesures que les États membres peuvent prendre en cas d’attaque hybride caractérisée par un afflux massif de migrants en situation irrégulière créé artificiellement, facilité, organisé et/ou poussé par un pays tiers dans le but d’exercer une pression politique, ou en cas de défis similaires. Aucun pays tiers ne devrait pouvoir utiliser notre système d’asile pour exercer une pression politique et un chantage sur l’UE et ses États membres ni exploiter la situation actuelle en Afghanistan »

    Douze ministres de l’Intérieur de l’UE dans leur lettre commune.

    Le terme « refoulement » n’est pas mentionné explicitement dans la lettre.

    Les douze ministres de l’Intérieur de l’UE ont demandé à la Commission européenne de présenter des propositions législatives en la matière d’ici la fin de l’année. Ces propositions devraient être complétées par des « discussions approfondies » sur le Pacte européen sur les migrations et l’asile, qui est en suspens.

    Toutefois, les pays dans lesquels les demandes d’asile sont relativement nombreuses, comme l’Allemagne, la France, l’Espagne ou l’Italie, ne figurent pas parmi les signataires de la lettre.

    Le Portugal, qui était à la tête du Conseil de l’UE au premier semestre de l’année, a réussi à conclure un accord de dernière minute sur la nouvelle Agence de l’UE pour l’asile à la fin du mois de juin. Pourtant, les négociations sur le Pacte sur la migration, extrêmement controversées, n’ont guère évolué depuis.

    Mme Schinas a déclaré à EURACTIV lors d’une interview qu’elle était « optimiste sur le fait qu’immédiatement après les élections françaises, nous entrerons dans un processus très rapide de convergence et d’accord final » sur le nouveau Pacte sur la migration de l’Europe, l’année prochaine.

    La Hongrie et la Pologne sont toutefois de fervents opposants au projet de la Commission et souhaiteraient plutôt que la politique de migration reste une compétence nationale.

  • Pas de croissance sans industrie

    Pas de croissance sans industrie

    La  reprise  économique  en  France  est  manifeste.  La  croissance  pourrait  dépasser  6 %  cette année,  un  niveau  jamais  atteint  depuis  1973.  Ce  résultat,  s’il  est  à  mettre  au  crédit  de  la bonne  résilience  de  nos  entreprises,  se  doit  néanmoins  d’être  relativisé  car  il  est  en  grande partie  la  conséquence  du  recul  historique  du  PIB  en  2020,  un  des  plus  importants  de l’OCDE

    La  France  a  été  plus  durement  frappée  par  l’épidémie  que  ses  partenaires.  Elle  a connu  un  nombre  de  décès  plus  élevé  que  la  moyenne.  Le  secteur  des  services  jouant  un rôle  central  dans  son  économie  a  été  lourdement  entravé  par  trois  confinements  ;  le tourisme,  en  particulier  international,  ayant  été  réduit  à  néant  ou  presque. 

    Le  soutien  massif de  l’État  avec  le  chômage  partiel,  le  fonds  de  solidarité  et  les  prêts  garantis  ont  permis  tout à  la  fois  de  maintenir  le  pouvoir  d’achat  des  ménages  et  de  limiter  les  faillites  d’entreprises. Il  n’y  a  jamais  eu  aussi  peu  de  défaillances  en  2020  que  lors  de  ces  cinquante  dernières années.  Avec  la  multiplication  des  plans  de  relance,  les  différents  secteurs  d’activité  ont renoué,  fort  logiquement,  avec  l’expansion  qui  s’accompagne  même  de  goulets d’étranglement,  en  particulier  en  ce  qui  concerne  les  microprocesseurs  et  la  main-d’œuvre.

    Les faiblesses structurelles de l’économie française s’accentuent

    Au-delà  des  statistiques  encourageantes,  l’épidémie  a  révélé  avec  encore  plus  de  netteté les  faiblesses  structurelles  de  l’économie  française,  faiblesses  qui  loin  de  se  résorber s’accentuent.  Le  déficit  de  la  balance  commerciale  n’en  finit  pas  de  s’aggraver  avec  le retour  à  la  normale  de  la  consommation.  L’industrie  qui  n’a  pas  encore  retrouvé  son  niveau d’avant-crise  et  qui  est  très  loin  de  celui  d’avant  2008,  est  en  voie  de  marginalisation. L’aéronautique  a  longtemps  masqué  l’absence  de  renouvellement  et  la  perte  de compétitivité  de  ce  secteur.  L’automobile  ou  encore  les  laboratoires  pharmaceutiques, longtemps  fleurons  de  notre  économie,  ont  perdu  de  leur  lustre. 

    Après  avoir  raté  le  tournant de  l’électronique  et  de  l’informatique,  la  France  semble  également  manquer  celui  des techniques  de  l’information  et  de  la  communication.  Pendant  des  années,  le  débat  s’est focalisé  sur  le  coût  du  travail  pour  expliquer  la  perte  de  compétitivité.

    Transfert des coûts salariaux sur la dette de l’Etat

    Depuis  le  début  des années  1990,  les  gouvernements  de  droite  et  de  gauche  ont  mis  en  œuvre  des  politiques d’exonération  des  charges  sociales  centrées  sur  les  bas  salaires.  Elles  ont  abouti  à transférer  une  part  croissante  des  coûts  salariaux  sur  la  dette  de  l’État  et  des  régimes sociaux.  Les  contribuables  et  les  épargnants  ont  été  appelés  à  financer  les  salariés  sous couvert  d’un  complexe  processus  de  socialisation  des  revenus.  Ces  politiques  ont  échoué tant  pour  la  réduction  du  chômage  que  pour  la  sauvegarde  de  l’outil  industriel.  Elles  ont  été, sans  nul  doute,  contreproductives.  Elles  n’ont  pas  encouragé  les  entreprises  à  accroître leur  budget  de  recherche  et  développement,  à  réaliser  des  gains  de  productivité  et  à monter  en  gamme.  Elles  ont  ainsi  pénalisé  l’industrie  en  la  maintenant  sur  le  créneau  de  la gamme  moyenne  quand  l’Allemagne  faisait  le  pari  gagnant  du  haut  de  gamme.  Elles  ont également  conduit  à  un  nivellement  des  salaires  vers  le  bas,  toute  augmentation  pouvant amener  à  la  perte  des  exonérations  sociales. 

    L’industrie  du  luxe  française  a  conforté  sa première  place  au  niveau  mondial  en  jouant  sur  l’innovation  et  sur  les  compétences  de  ses salariés.  Le  retour  de  l’industrie  en  France  ne  s’effectuera  pas  d’un  coup  de  baguette magique.  Il  exige  de  la  persévérance,  un  programme  de  revalorisation  des  filières d’enseignement  technique  et  scientifique  ainsi  qu’un  effort  important  en  matière  de recherche.  Il  suppose  avant  tout  un  changement  d’état  d’esprit  vis-à-vis  du  progrès,  de  la science  qui  doivent  être  perçus  comme  des  moteurs  d’une  croissance  plus  durable  que nous  appelons  tous  de  nos  vœux. 

  • Irak : dimanche électoral

    Irak : dimanche électoral

    Irak : Les élections législatives ont été anticipées pour apaiser la contestation de la population exaspérée par la corruption, la défaillance des services publics ou l’influence de l’Iran sur le pays. Jour de scrutin depuis Bagdad, avec la correspondante de TV5MONDE, Perrine Juan.

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