Face au bilan mitigé de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) dans sa lutte contre le piratage en ligne, une nouvelle autorité, l’Arcom, doit voir le jour en janvier prochain.
C’est officiel : la loi relative à la régulation et à la protection de l’accès aux œuvres culturelles à l’ère numérique a été publiée lundi 25 octobre au Journal officiel.
Adoptée définitivement par le Parlement fin septembre, elle prévoit la création d’un tout nouvel organe indépendant, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Arcom), qui doit naître au 1er janvier 2022 de la fusion entre l’Hadopi et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Des outils modernes pour ce super régulateur
S’il conserve la philosophie de « riposte graduée » de l’Hadopi, en se basant sur la collecte d’IP des utilisateurs contrevenants, l’Arcom doit aller au-delà des réseaux pair-à-pair (P2P, comme BitTorrent ou eMule) pour s’étendre jusqu’au streaming en ligne, dont la retransmission illicite des manifestations et compétitions sportives, et aux offres de télévision par Internet (IPTV).
En cas d’« atteinte, de manière grave et répétée, aux droits d’auteur ou aux droits voisins », l’Arcom pourra inscrire les sites sur une liste noire, accessible au public — qui pourrait par exemple inciter les moteurs de recherche à procéder à leur déréférencement ou servir de base à des procédures pénales engagées par les ayants droit.
Le texte prévoit également que le régulateur puisse exiger directement des fournisseurs d’accès ou des hébergeurs d’empêcher l’accès à un « site miroir ». En cas de blocage par un juge d’un site diffusant des œuvres piratées, il n’est pas rare que ce même contenu fleurisse à nouveau sur le web. Cela se fera à travers un autre nom de domaine par exemple.
De nouveaux usages
L’Arcom est née des nouveaux usages des biens culturels en ligne, mais aussi de l’échec de l’Hadopi dans son lutte contre le piratage. En 2019, celle-ci a indiqué que le montant total cumulé des amendes depuis sa création en 2011 était de 87 000 euros. Pourtant, 82 millions d’euros ont été utilisés pour les frais de fonctionnement sur la même période.
En 2020, 26 % des internautes déclaraient des pratiques illicites selon le baromètre des pratiques de l’Hadopi qui notait néanmoins que les plus jeunes se tournent de plus en plus vers l’offre légale avec la multiplication des services de streaming comme Netflix, Amazon Prime, Disney+.
« Le piratage est toujours un pillage : pillage d’une œuvre et pillage des droits des créateurs. Nous créons les outils pour que ces pratiques cessent. Nous poursuivrons ce combat », avait déclaré la rapporteure à l’Assemblée nationale Aurore Bergé (La République en Marche) avant le vote final de la loi.
L’enjeu est pourtant toujours là : près de 40 millions d’internautes ont été consommateurs de biens culturels en ligne en 2020, selon l’Hadopi. Reste à savoir si l’Arcom saura se montrer suffisamment flexible pour s’adapter aux évolutions permanentes du secteur.
Les élections consulaires ont été reportées par deux fois du fait de la pandémie, et se tiendront pour ces 3 circonscriptions le 7 novembre à Madagascar, Pondichéry et New Delhi. A l’opposé des élections consulaires pour les autres consulats, le vote par voie électronique a été écarté pour ces élections consulaires partielles. Tandis que de nombreux obstacles se sont hissés face à la bonne tenue des élections, obstacles qui sont spécifiques aux circonscriptions.
Nous retrouvons Jean-Hervé Fraslin, élu conseiller consulaire en 2014et candidat à sa réélection à Madagascar, pour nous en parler. Cet élu du MoDem est également conseiller à l’Assemblée des Français à l’Etranger pour l’Afrique centrale, australe et orientale. La pandémie et la vaccination des expatriés, les problèmes d’éducation et d’établissements scolaires de l’Education Nationale et les présidentielles font partie des sujets évoqués lors de cette interview.
Un élu proche de ses électeurs et engagé pour la vie
Jean-Hervé Fraslin
Pour Jean-Hervé Fraslin, l’éducation est une problématique centrale de ces élections, et de la vie des Français sur l’île en général. Il s’est orienté dans des projets d’établissements français car il voulait le meilleur pour ses enfants et ceux des expatriés. Il était par ailleurs président de l’association des élèves français de Madagascar lorsqu’il s’y est installé. Il a à cœur l’éducation de ces enfants, Français, binationaux ou malgaches. Il se bat depuis 25 ans pour ces enfants, notamment pour l’obtention des bourses scolaires. Par ses multiples postes, Jean-Hervé Fraslin a accompagné ces enfants pour leur permettre d’avoir une éducation française de qualité. Jean-Hervé Fraslin revient sur son combat et son engagement pour l’éducation, qui est au cœur de sa campagne actuelle.
Une campagne pour les élections consulaires
Jean-Hervé Fraslin revient sur le plaisir de servir et aider nos compatriotes à Madagascar, en particulier avec la crise sanitaire. Pour lui, cette campagne n’est pas qu’un travail, mais une manière de se ressourcer et de se connecter avec ses électeurs. En tant que candidat, il s’inquiète particulièrement de l’expression du suffrage et de l’absence de vote par internet, qui selon lui risque d’influencer les élections. Selon lui, le vote par internet lors des élections consulaires est un outil majeur des électeurs, complémentaire au vote à l’urne. Nous vous proposons de l’écouter dès maintenant.
Ecoutez le podcast avec Jean-Hervé Fraslin
Retrouvez le podcast sur toutes vos plateformes préférées
C’était une des promesses de la rentrée 2021 : renforcer le système des « Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap » et rendre cette aide gratuite pour tous les élèves concernés.Après vous avoir présenté en avril dernier le statut et le fonctionnement des AESH, nous vous proposons aujourd’hui de voir où en est la mise en application du texte de loi.
Les AESH, ou Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap sont les personnes accompagnant les enfants dans le besoin, sur la voie de l’autonomie. Ils peuvent gérer un enfant en particulier ou plusieurs à la fois. Si en France métropolitaine, tous les élèves en situation de handicap ont toujours eu droit à un AESH de manière gratuite, il n’en était pas de même pour nos petits expatriés. Effectivement, depuis la création de ce poste en 2005, seuls les élèves boursiers avaient droit à une aide gratuite. Les autres familles devaient se débrouiller pour payer les frais (très onéreux). Pour la sénatrice des Français établis à l’étranger, Samantha Cazebonne, la situation n’était pas acceptable. Lorsqu’elle siégeait en tant que députée des Français hors de France, elle avait fait comme promesse d’étendre cette gratuité à tous les élèves en situation de handicap, dès la rentrée 2021.
Par ailleurs, elle s’était donnée pour objectif d’inscrire l’éducation inclusive dans les missions de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). C’est le cas depuis 2019 grâce à l’adoption de deux de ses amendements proposés et inscrits dans la « loi pour une école de la confiance » promulguée au Journal Officiel le 28 juillet 2019. Ces amendements tendent à renforcer le réseau des AESH et leur statut.
Qu’en est-il aujourd’hui de cette promesse ? Les amendements se sont-ils concrétisés ?
Une promesse tenue
« Jusqu’à présent les élèves en situation de handicap, non boursiers, n’avaient pas un accès gratuit aux assistants éducatifs. Aujourd’hui, grâce au texte de loi, ils y ont droit »
Isabelle Resplendino, présidente de l’Association pour les Français en situation de handicap en Belgique (AFrESHEB)
Effectivement, c’était une des promesses de rentrée. Si la gratuité pour tous n’a pas été mise en place tout de suite après le vote de l’amendement, Mme Cazebonne avait promis qu’à la rentrée de septembre 2021, tous les élèves, boursiers ou non, auraient droit à un AESH gratuit.
« C’est une autre très belle victoire pour tout le réseau et surtout pour ces enfants et leurs familles. »
Samantha Cazebonne
Samantha Cazebonne
Un budget conséquent
D’après la sénatrice Samantha Cazebonne, le projet de loi de finances qui est en débat au Parlement, prévoit une enveloppe de 104,4 millions d’euros pour le volume total des bourses scolaires, finançant en partie les AESH des élèves boursiers. Une somme égale à celle de l’an dernier. Cependant, elle ajoute qu’un million d’euros supplémentaire a été alloué en septembre dernier, pour prendre en charge l’extension des AESH à tous les élèves non boursiers.
« Il est important de noter qu’il y a une volonté politique de rendre l’école plus inclusive. Que nos élus le fassent apparait comme « normal » mais ce n’était pas une obligation en tant que tel, il faut saluer cela ».
La Fédération Syndicale Unitaire, à travers Patrick Soldat, secrétaire national du SNES-FSU
Combien d’élèves et de postes sont concernés chez les Francais de l’étranger ?
Pour l’heure il est encore impossible de savoir combien d’élèves sont concernés par cette mesure, étant donné que l’expansion de la gratuité des AESH à tous les élèves, vient d’être mise en place. Il en va de même pour le nombre de postes d’AESH créés depuis la rentrée.
Comme nous l’explique Mme Cazebonne, le réseau a besoin de plus de temps pour émettre un premier bilan. Celui-ci sera certainement fait fin novembre, au moment du conseil d’administration de l’AEFE.
« Les postes sont encore en train de transmettre à l’AEFE les dossiers des familles, qui rendra ses décisions début 2022, avec paiement rétroactif en septembre 2021. »
Pénuries de personnel formé sur tous les continents
Pour Mme Resplendino, le problème fondamental avec le système français est que « nous faisons de l’inclusion mais de manière légère ». A ses yeux, il y a un réel manque de personnel qualifié, aujourd’hui « personne ne veut être AESH car c’est un poste précaire, mal reconnu et pour lequel on gagne peu. Personne n’a envie d’un tel statut ».
De plus, elle évoque une refonte du système. Aujourd’hui les futurs AESH suivent une formation de 60h, ce qui n’est pas suffisant aux yeux de la présidente de l’AFrESHEB.
Un problème dans le problème
Pour M. Soldat, le problème est plus compliqué que cela : « nous avons un problème dans le problème. Il ne suffit pas de faire passer des lois en France pour que ça s’applique à l’étranger ». En effet, à l’extérieur, les acteurs de la vie politique doivent jongler entre la politique française et la politique locale. Nous sommes sur un temps plus long et ce, même dans les lycées publics français. Ainsi, « on sent qu’il y a une volonté de la part de l’administration mais elle se heurte à des difficultés importantes. »
D’autre part, à ses yeux, le mieux serait de calquer le modèle des Assistantes dans les Écoles Maternelles et non des AESH. Mais de la même manière c’est difficile à étendre à l’étranger pour des questions de différences de salaires entre les pays, etc.
D’après Madame Cazebonne, les mois qui viennent seront essentiels. Effectivement, l’Observatoire pour les élèves à besoins éducatifs particuliers (OBEP) a pour mission d’observer, sonder et pallier les problèmes encore existants. Il devra « répondre aux interrogations ou uniformisations qui seront peut-être nécessaires ». L’élue nous certifie qu’elle sera extrêmement attentive aux futures modifications et à la résolution des problèmes persistants. Elle souhaite que des formations soient proposées rapidement, dans les lieux où le manque de personnel se fait sentir.
« Nous sommes en « année test » et, si tout n’est sans doute pas parfait partout dans le monde, je crois qu’il faut avant tout saluer et remercier l’ensemble des personnes qui ont œuvré pour la mise en place de ce dispositif ».
Samantha Cazebonne
« Une mission d’exemplarité »
Avec les deux amendements adoptés à l’initiative de Samantha Cazebonne en 2019 et 2020, l’inclusion fait partie des missions officielles de l’enseignement français à l’étranger. De fait, l’AEFE se doit de prendre le relais et de vérifier que les dispositifs réglementaires sont inscrits dans l’ensemble des établissements du réseau.
Finalement, les avancées sont accueillies avec enthousiasme par les différents représentants de la communauté des Français de l’étranger. Cependant, ils sont dans l’attente de futures actions. Pour Patrick Soldat, l’AEFE, en charge de la mise en place des AESH, a « une mission d’exemplarité dans ce dossier. En tant qu’acteurs diplomatiques ils se doivent de reprendre les valeurs françaises partout dans le monde, et l’inclusivité en fait partie. » Avant d’ajouter que « faire des campagnes pour l’inclusion c’est très bien, mais ça ne résout pas tous les problèmes, il faut des actions derrière. »
Ce week-end, une délégation du conseil de sécurité de l’ONU était en visite au Mali pour voir où en est la mise en place des prochaines élections. Pour elle, la transition politique prolongée est problématique.
D’après le premier ministre malien Choguel Maïga, il en va de la sécurité des candidats. Le pays, en proie à de nombreux conflits, ne peut assurer un minimum de sécurité aux personnalités politiques. Ainsi, il souhaite laisser le choix au peuple malien de reporter le scrutin.
Cependant, la délégation de l’ONU déplore ce report des élections.
Un rapprochement avec les Russes
De plus, la délégation et le gouvernement ont aussi évoqué le rapprochement du Mali avec la société russe Wagner. Une alliance vu d’un mauvais oeil par les représentants de l’ONU, mais défendu par le premier ministre.
Rappel de la situation malienne
Depuis 2020, le pays a été dirigé par deux gouvernements de transition. Un premier élu au lendemain du coup d’état perpétré en août 2020 par les forces armées maliennes pour faire tomber le président en place depuis 2013. Le deuxième gouvernement date de mai dernier, lorsqu’un deuxième coup d’état a été orchestré. Depuis, les Maliens sont dans l’attente des élections présidentielles et législatives.
6,8 millions de salariés travaillent à l’étranger pour des firmes françaises et 3,5 millions de résidents en France travaillent pour des sociétés étrangères.
Les grandes entreprises françaises sont présentes dans un nombre croissant de pays dans lesquels elles réalisent une part essentielle de leur chiffre d’affaires. La France accueille également de nombreuses entreprises étrangères, présentes essentiellement en Ile-de-France et dans les zones frontalières.
Les firmes françaises emploient 6,8 millions de salariés à l’étranger
En 2019, les firmes multinationales françaises (hors secteur bancaire et services non marchands) contrôlaient 48 200 filiales à l’étranger dans plus de 190 pays. La moitié de ces firmes sont implantées dans un seul pays étranger. Ces filiales employaient 6,8 millions de salariés, ce qui représentait 56 % des effectifs des firmes dont elles font partie. Elles ont réalisé, en 2019, 1 395 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidé, soit la moitié du chiffre d’affaires total des firmes multinationales françaises. Celles-ci ont effectué 68,3 milliards d’euros d’investissements corporels dans leurs filiales à l’étranger.
Les filiales à l’étranger essentiellement issues des grandes entreprises françaises
Les grandes firmes multinationales emploient plus de 5 000 personnes en France et réalisent un chiffre d’affaires annuel consolidé sur le territoire national supérieur à 1,5 milliard d’euros. En 2019, elles possédaient 45% des filiales à l’étranger des firmes multinationales françaises. La moitié des grandes firmes sont implantées dans au moins 11 pays étrangers. Elles réalisaient 83% du chiffre d’affaires consolidé total et employaient 77% des effectifs des filiales à l’étranger. Elles concentraient également 77% des investissements réalisés par les firmes multinationales françaises dans leurs filiales à l’étranger.
La moitié des filiales françaises sont implantées dans neuf pays. Les États-Unis (5 300 filiales), le Royaume-Uni (3 700 filiales) et l’Allemagne (3 600 filiales) concentrent un quart des filiales françaises à l’étranger. Le chiffre d’affaires consolidé était également plus important dans les pays précités : 265 milliards d’euros aux États-Unis, 114 milliards d’euros en Allemagne et 108 milliards d’euros au Royaume-Uni. Avec la Chine (83 milliards), l’Italie (76 milliards) et l’Espagne (72 milliards), ces pays concentraient la moitié du chiffre d’affaires consolidé total (51 %). L’Union européenne représentait un peu moins de la moitié des filiales de multinationales françaises (47% soit 22 800 filiales) et du chiffre d’affaires consolidé total (43% soit 596 milliards d’euros).
Les États-Unis, la Chine et le Brésil représentent 25 % du total des emplois à l’étranger des multinationales françaises
En matière d’effectifs salariés à l’étranger, les trois premiers pays étaient les États-Unis (750 000 salariés), la Chine (481 000) et le Brésil (470 000). Ces trois pays représentaient 25 % du total des emplois à l’étranger des multinationales françaises et 41 % des emplois hors Union européenne. Au niveau de l’Union européenne, le Royaume-Uni (444 000 salariés), l’Allemagne (434 000) et l’Espagne (389 000) représentent 19 % du total des emplois à l’étranger des multinationales françaises et 48 % des emplois localisés dans l’Union européenne. Ces six pays concentrent un peu moins de la moitié des effectifs employés hors de France dans les firmes multinationales françaises (44 %).
Les filiales suisses, belges et néerlandaises se distinguent par des chiffres d’affaires relativement élevés. Elles se classaient, en 2019, respectivement en 7e, 8e et 10e positions pour le chiffre d’affaires consolidé. Par contre, elle étaient plus loin pour les effectifs salariés : respectivement en 22e, 12e et 13e positions.
Concentration des emplois commerciaux en Chine et au Brésil
Dans les firmes multinationales françaises, 42 % des salariés des filiales implantées à l’étranger travaillent dans les services, 35 % dans l’industrie, 19 % dans le commerce et 4 % dans la construction.
Dans les filiales industrielles, comme dans celles des services, l’emploi est concentré principalement dans six pays. Cinq pays sont communs aux deux secteurs : les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et le Brésil. La Chine est en 3e position dans l’industrie et l’Inde en 2e dans les services. Le secteur du commerce est particulier, 32 % des salariés des filiales commerciales sont concentrés dans deux pays, le Brésil (17 %) et la Chine (15 %).
Les multinationales étrangères en France
En 2018, en France, les multinationales étrangères employaient 13% des effectifs salariés français répartis dans 3,6% des établissements. Ces emplois sont dits sous contrôle étranger. L’industrie manufacturière concentre 35% des emplois des multinationales étrangères. Les activités de fabrication de machines, la métallurgie et la fabrication de produits métalliques, la fabrication de matériels de transport et la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique rassemblent la moitié des emplois sous contrôle étranger dans l’industrie manufacturière.
En 2018, les multinationales basées aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni contrôlent la moitié des effectifs des multinationales étrangères en France. Les autres pays de l’Union européenne en rassemblent un tiers. La Chine contrôle 20 000 emplois (1,2 % du total), ce qui la place au 1er rang des pays émergents. Ces derniers cumulent 2,7 % des emplois contrôlés en France. Dans quinze zones d’emploi, la part des pays émergents est comprise entre 10 % et 25 %. C’est souvent en raison de la présence d’un grand établissement. Par exemple, dans les zones d’emploi de Carhaix-Plouguer et de Montluçon, la Chine est présente dans l’industrie agroalimentaire et l’industrie chimique. Dans les bassins d’emplois de Montbéliard ou Maubeuge, l’Inde est présente avec la fabrication de matériel de transport et la métallurgie.
Les zones frontalières
De plus, le contrôle étranger est marqué dans les zones d’emploi du Nord-Est longeant les frontières. Notamment les frontières belge, luxembourgeoise et allemande. Les proximités géographiques et culturelles et la qualification des travailleurs, alliées à un réseau d’infrastructures dense le long de la frontière, facilitent l’accès au marché français. De fait, dans ces zones, le taux de dépendance est ainsi toujours supérieur à la moyenne nationale.
En outre, pour les zones d’emploi frontalières de l’Allemagne, le contrôle étranger est particulièrement fort dans l’industrie. Dans les zones de Haguenau (métallurgie), de Sarreguemines et de Saint-Avold (matériel de transport), les taux de dépendance sont parmi les plus élevés de France. On compte trois emplois sur dix sous contrôle étranger. À la frontière belge, plus particulièrement dans les zones d’emploi de Dunkerque et de Valenciennes, la proportion d’emplois contrôlés par des entreprises étrangères atteint respectivement 27 et 21 %. La raison principale est la présence de sites industriels importants dans la métallurgie pour le premier (ArcelorMittal) et dans la fabrication de matériels de transport pour le second (Toyota).
La part de l’emploi sous contrôle étranger augmente avec la taille de la zone d’emploi.
Les deux zones abritant les métropoles de Paris et de Lyon rassemblent 26 % de l’emploi contrôlé en France par des multinationales étrangères, alors qu’elles ne représentent que 20 % de l’emploi total. À Paris, la moitié des effectifs sous contrôle étranger est concentrée dans les services. Notamment dans les activités informatiques et de sièges sociaux. Pour cette dernière activité, Paris rassemble plus de 60 % des emplois contrôlés par des firmes étrangères (31 000 emplois sur 50 000). Dans la zone de Lyon, le contrôle étranger est plus marqué dans l’industrie, avec un emploi sur trois sous contrôle étranger dans l’industrie manufacturière conformément à la moyenne nationale. Ce, en particulier dans l’industrie automobile, la fabrication de machines et équipements et l’industrie chimique. Les zones d’emploi de Toulouse, Marseille et Bordeaux rassemblent respectivement 36 000, 25 000 et 24 000 emplois. Tous dépendant de firmes étrangères (soient les 5e, 12e et 13e rangs en nombre d’emplois).
Par ailleurs, dans le sud de la France, excepté dans les zones d’emploi abritant des métropoles, le contrôle étranger est faible. Les établissements appartiennent plus rarement à des multinationales et sont, en moyenne, plus petits qu’ailleurs. Le tissu économique est par ailleurs plus tourné vers le commerce et les services. La Corse et les DOM se caractérisent par une faible présence d’entreprises étrangères en lien avec le poids faible de l’industrie dans ces régions.
Un mois après son rival Eric Zemmour, Marine Le Pen rencontrera mardi le dirigeant ultraconservateur hongrois Viktor Orban, à Budapest. Une manière de montrer qu’elle compte en Europe et dans son camp, à six mois de la présidentielle.
« Etre reçue par un chef de gouvernement en exercice donne un signe de respectabilité » à la candidate du Rassemblement national (RN), estime le politologue Jean-Yves Camus, interrogé par l’AFP.
Ce déplacement à l’étranger vise, pour Marine Le Pen, à tenter de reprendre du terrain sur le polémiste Zemmour, qui la talonne dans les sondages bien que toujours pas déclaré.
Elle aura droit à une conférence de presse commune avec le dirigeant hongrois, quand son rival s’était contenté d’un entretien privé le 24 septembre à Budapest, en marge d’une réunion de la droite conservatrice et identitaire, tout comme sa nièce Marion Maréchal.
« Regonfler son image »
Marine Le Pen veut « rappeler qu’elle existe, étant donné que ces deux figures de l’extrême droite sont déjà allées en Hongrie », note l’historien Nicolas Lebourg.
En s’affichant aux côtés de Viktor Orban, aux positions tranchées sur l’immigration et les personnes LGBT+, elle entend en outre donner des gages à la frange la plus radicale de ses électeurs, déboussolée par son discours « dédiabolisé ».
Le candidate du RN a « besoin de regonfler son image à elle, de dire à cet électorat tenté par Eric Zemmour que question autoritarisme, elle a aussi quelques galons », commente M. Lebourg, auteur avec M. Camus d’un essai sur « Les droites extrêmes en Europe » (Seuil, 2015).
Le polémiste d’extrême droite s’en est de nouveau pris dimanche (24 octobre) à la crédibilité de sa rivale potentielle, assurant au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI que Mme Le Pen n’avait aucune chance d’être élue, et que par conséquent voter pour elle « ne sert à rien ».
La veille, Viktor Orban avait de même fustigé « une chasse aux sorcières ».
Mme Le Pen et M. Orban partagent des conceptions proches de l’Europe.
La première défend « une Europe des nations » et des coopérations depuis qu’elle a renoncé, en 2017, à quitter l’UE (Frexit) et l’euro, tandis que le second, en dépit de ses conflits réguliers avec Bruxelles sur l’Etat de droit, exclut de sortir de l’Union.
Autre point commun, la lutte contre l’immigration. Marine Le Pen a récemment présenté un projet de référendum à ce sujet, sur la même ligne que ce que défend Viktor Orban, farouchement opposé à l’accueil de réfugiés musulmans au nom de « l’identité culturelle de l’Europe ».
Hungarian Prime Minister Viktor Orban attends a news conference with Serbian Prime Minister Aleksandar Vucic (not pictured) in Budapest, Hungary, July 1, 2015. REUTERS/Bernadett Szabo – RTX1ILEN
Vers une alliance souverainiste ?
Pourtant, pendant longtemps, Viktor Orban ne voulait pas s’afficher avec la chef de l’extrême droite française.
« Sa position a considérablement changé depuis que son parti, le Fidesz, a quitté le groupe PPE (droite) au Parlement européen » en mars 2021, et se retrouve plus isolé, souligne Eszter Petronella Soos, politologue hongroise spécialiste de la France.
« Avant, il ne pouvait pas se le permettre », car le RN fait partie du groupe Identité et Démocratie (ID) mais depuis ce divorce, « M. Orban est plus ouvert et essaie de bâtir une nouvelle alliance à la droite de la droite ».
Cette rencontre à Budapest a été convenue, selon Marine Le Pen, après la publication, en juillet, d’une « déclaration commune » entre la candidate du RN et une quinzaine d’alliés en Europe, dont M. Orban, en vue d’une alliance au Parlement européen pour « réformer l’Europe ».
Si ce large groupe souverainiste voit le jour, « l’idée est qu’il puisse talonner le groupe PPE pour que le rapport de force entre les deux droites, classique et nationaliste-populiste, soit le plus favorable aux nationalistes », analyse Jean-Yves Camus.
Mais « ce serait étonnant que les choses se décoincent » rapidement en faveur d’un groupe commun au RN et au Fidesz, selon M. Lebourg, alors que des divergences demeurent sur le plan économique et les questions sociétales.
Dix ambassadeurs (dont celui de France) ont été déclarés personnae non gratae en Turquie pour avoir réclamé la libération d’un opposant emprisonné sans jugement[1]. L’Ambassadeur de France en Biélorussie a lui aussi été expulsé pour avoir défendu une militante emprisonnée. On dira qu’on ne fait pas de la bonne diplomatie avec de bons sentiments. En fait-on vraiment avec de mauvais ?
En Algérie, une militante du Hirak[2] a été condamnée à deux ans de prison pour « atteinte à l’Islam ». Elle l’avait déjà été pour « atteinte à la personne du Président de la République ». Equilibrisme: le frère du défunt Président, l’ex-tout puissant Saïd, a lui aussi été condamné -entre autres peines- pour « avoir entravé le bon déroulement de la justice ». Les juges algériens ont le sens de l’humour. On dira qu’ils caressent toujours dans le sens du poil gouvernemental.
On ne fait pas de la bonne diplomatie avec de bons sentiments. En fait-on vraiment avec de mauvais ?
Inversement, au Liban, le juge chargé de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth est militairement menacé : Les milices du Hezbollah et d’Amal sont venues le chercher. Le Palais de Justice a été défendu par des snipers des Forces libanaises. La guerre civile pointe son nez. En Haïti, le juge chargé de l’enquête sur l’assassinat du Président menace le Premier ministre qui veut le démettre, tandis que les gangs font la loi.
Parfois, héroïsme ou vantardise, la préoccupation des juges est de mettre les politiques au pas.
La première préoccupation d’un pouvoir est de mettre les juges au pas. Parfois, héroïsme ou vantardise, la préoccupation des juges est de mettre les politiques au pas.
Au Brésil, démocratie fragile, Bolsonaro se voit accusé de « crimes contre l’humanité » en raison de l’épidémie. Le conflit entre le Tribunal Suprême et le Président se tend, l’un menaçant l’autre. Lula fut envoyé en prison par des juges, qui plus tard, infirmèrent leur jugement. Qui jugera les juges ?
En France aussi, la ministre de la santé est traduite devant les juges pour la gestion de la pandémie. On attend les convocations subséquentes du Premier ministre et du Président. En France toujours, l’Etat est condamné pour son manque d’action dans la lutte contre le réchauffement climatique[3]. L’Etat se condamne à payer des amendes à l’Etat, ce qui va plus loin que la justice administrative habituelle qui n’avait jusque là que de garantir le citoyen contre l’Etat.
A Luxembourg, les juges européens condamnent la France pour ne pas appliquer le droit du travail à l’armée, ce que la Cour Européenne des Droits de l’Homme avait déjà condamné il y a plusieurs années pour ne pas y autoriser les syndicats. Au Luxembourg encore, la Cour de Justice annule un accord international entre l’Union Européenne et le Maroc, reconnaissant de fait le Front Polisario, contrairement à la diplomatie de l’UE.
En Pologne, Le Tribunal Constitutionnel affirme que les lois européennes ne sont pas, dans la hiérarchie des normes, supérieures au droit polonais, ce qui remet en cause l’édifice européen.
La Russie l’avait déjà dit concernant la Cour européenne des Droits de l’homme, comme la Turquie. Les juges y sont purgés et bien dressés. C’est ce penchant que reproche la Commission à la Pologne, l’écarte d’un « standard » démocratique. Réaction de la Commission, réaction polonaise, tout s’enchaine.
Dérive des juges et dérive supranationale
Deux questions : y-a-t-il une dérive des juges, antidémocratique ? Est–elle particulièrement illégitime dans un droit supranational ?
Le droit européen, celui de la Cour de Justice, de la CEDH, ne menacent-ils pas la « souveraineté juridique » des états, des nations, celle de la France, de la Pologne, comme, plus loin, celles de la Turquie ou de la Russie ?
Juger est la première fonction royale, sacerdotale, civile, civique. Du code d’Hammourabi au code civil en passant par la Bible et la common law, une communauté politique se fonde sur une idée commune du droit et de la Justice. C’est vrai, petit à petit, s’ébauche un droit européen, un socle commun établi sur des traités, notamment la Convention Européenne des Droits de l’homme, mais pas seulement. Une révolution juridique est sans doute à l’œuvre en Europe. Ce droit « supranational », grandement inspiré par la France, devient le droit fondamental de centaines de millions de citoyens. Est ce un mal ? Des normes mondiales de protection des droits sont en train de se constituer : droits politiques, mais aussi droits des femmes ; droit de propriété, mais aussi droit de l’Internet. Laïcité, bioéthique, migration : le droit se fonde sur des principes dégagés de notre histoire, celle de l’Europe, et cherche à irriguer la planète. Si tel est le gouvernement des juges, tant mieux.
Il faut alors veiller au choix des juges plus encore qu’au choix des législateurs. Au Etats-Unis, les Procureurs (comme les shérifs) sont élus : L’actuelle Vice-Présidente Kamala Harris fit sa carrière comme Procureur en Californie.
Défendre les Cours malgré les mauvais magistrats, comme défendre la démocratie malgré de médiocres élus.
Le pouvoir n’aime pas partager. Aucun pouvoir. C’est sa nature. Il faut toujours défendre la justice contre le pouvoir, quelles que soient la faiblesse, la pauvreté, morale ou matérielle, des juges. Défendre les Cours malgré les mauvais magistrats, comme on défend la démocratie malgré de médiocres élus, et les principes universels contre les droits nationaux.
Souvent les juges sont à peine juges, ou le sont en fonction de critères très politiques. Le droit l’est tout autant. Le vouloir purement national c’est défendre, plus que l’intérêt national, celui du gouvernement du moment.
Le droit n’est pas que national. Bien sûr, les principes « universels » s’adaptent : La Cour Européenne des Droits de l’Homme a introduit dans son préambule une référence au principe de subsidiarité et à la notion de la « marge d’appréciation dont disposent les États[4]».
L’État, hélas, ce n’est pas toujours, la justice ; plutôt sa captation. « L’État a interdit à l’individu l’usage de l’injustice non parce qu’il veut l’abolir mais parce qu’il veut en avoir le monopole, comme du sel et du tabac. » psychanalysait Freud.
Le pouvoir considère en tout citoyen le délinquant qui s’ignore. Ce travers vient vite, ne s’est-il pas propagé à la vitesse du virus et des confinements ?
Les dérives des juges s’appuient généralement sur les dérives des textes adoptés par les gouvernements et les Parlements. L’interprétation parfois curieuse, abusive, des tribunaux, ou les interventions des juges dans la sphère politique sont réelles. Ils choquent parce que l’on attend des juges une intégrité intellectuelle, morale, sans doute impossible. Au lieu de revenir en arrière, sur le droit international, le droit européen, ou le pouvoir des juges, avancer au contraire vers un meilleur contrôle des juges- non par les gouvernements, mais par d’autres juges, élus plutôt que nommés.
Laurent Dominati
A. Ambassadeur de France
A. Député de Paris
Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »
[1]Le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les Etats-Unis ont appelé à un « règlement juste et rapide de l’affaire » Osman Kavala, emprisonné depuis quatre ans sans jugement. En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait ordonné sa « libération immédiate ».
[3] Le 14 octobre, le tribunal administratif de Paris a enjoint l’Etat de compenser le dépassement de son budget carbone « au 31 décembre 2022, au plus tard ».
[4] Modification introduite lors de la réforme de la CEDH à la Conférence de Brighton en 2012, par le Protocole n°15. J’y représentais la France. L’ensemble de la réforme de la Cour fut le résultat du travail fondamental du Président de la CEDH d’alors, Jean Paul Costa, second Français à présider la Cour après son fondateur, le Prix Nobel René Cassin.
Si de nombreux pays ont rouvert leurs frontières, certains restent barricadés et d’autres connaissent des situations sanitaires tendues. On fait le point sur les voyages possibles pour ce mois de novembre 2021.
Avec la vaccination, les touristes comme les expatriés et les hommes d’affaires renouent avec le voyage. La fréquentation sur certaines destinations retrouve des chiffres similaires à ceux que l’on avait connus avant la crise, selon les professionnels du secteur.
Les pays verts (sûrs) où vous pouvez voyager
Les autorités françaises ont listé des pays et territoires dans lesquels aucune circulation active du virus n’est observée et aucun variant préoccupant n’est recensé. On y retrouve toute l’Union Européenne, l’Australie, le Chili, le Canada, l’Arabie Saoudite ou encore le Japon.
« Pour voyager au sein de l’Union européenne, il n’est actuellement pas nécessaire de justifier du motif de son déplacement, mais des obligations de test préalable et de quarantaine peuvent s’appliquer », selon le gouvernement.
Depuis le 1er juillet 2021, le passe sanitaire est juridiquement reconnu pour les déplacements internes à l’espace européen, sous la forme d’un certificat européen.
L’Espagne
L’Espagne offre encore une météo très agréable à l’automne. C’est donc sans surprise que ce pays est l’une des destinations plébiscitées pour les vacances de la Toussaint, notamment les îles (Baléares, Canaries…).
Pour voyager en Espagne, vous devez remplir un formulaire de contrôle sanitaire, et il est exigé un passe sanitaire à jour. C’est-à-dire :
Soit une preuve d’une vaccination complète contre la Covid-19 datant d’au moins 14 jours
Soit un test PCR de moins de 72h ou antigénique de moins de 48h.
Comme l’Espagne, les pays de l’Europe du Sud (Portugal, Italie, Grèce) jouissent d’un attrait touristique incontesté. Dans ces territoires, les exigences sont globalement les mêmes que chez nous, mais consultez les sites des ambassades françaises pour vérifier les spécificités nationales :
Le Canada, qui se pare de magnifiques couleurs à l’automne, attire de nombreux Français. Le pays a ouvert ses frontières aux touristes vaccinés depuis le 7 septembre. Aucune quarantaine n’est exigée.
Les pays « oranges » (déconseillés) où vous pouvez voyager quand même
La quasi-totalité de l’Afrique, une grande partie des Amériques et de l’Asie ont été classées « orange » par les autorités françaises. Dans ces pays, on observe « une circulation active du virus dans des proportions maîtrisées, sans diffusion de variants préoccupants ».
Le Royaume-Uni
Depuis plusieurs semaines, la Covid-19 continue à faire des dégâts au Royaume-Uni. Avec 40 000 cas positifs par jour, soit 10 fois plus qu’en France, la situation sanitaire reste très délicate chez nos voisins britanniques. Pour cette raison, le pays reste maintenu en orange.
Cependant, il est possible de s’y rendre si vous êtes vaccinés.
C’est officiel : les Etats-Unis vont rouvrir leurs frontières aux voyageurs vaccinés dès le 8 novembre a annoncé la Maison-Blanche, soit 18 mois après avoir fermé les frontières.
Ce nouveau dispositif s’appliquera aussi bien aux voyageurs arrivant par voie aérienne qu’à ceux traversant les frontières terrestres avec le Canada et le Mexique.
Considéré comme l’une des destinations de choix pour les vacances de la Toussaint, selon TUI, le Maroc reste bien frappé par l’épidémie. Mais ces derniers jours, avec la forte baisse des contaminations et des décès, le pays, tout comme la Tunisie, a été sorti des listes rouges de la France.
Si les taux de remplissage demeurent loin de ceux que ces pays avaient connus avant la crise, le retour du tourisme va leur faire beaucoup de bien.
Pour le Maroc, un schéma vaccinal complet de plus de 14 jours, ainsi qu’un test PCR sont exigés. Pour la Tunisie, le vaccin est fortement recommandé (le test obligatoire).
En plein cœur des Caraïbes, la République dominicaine a de quoi nous séduire pour un séjour farniente. Pour s’y rendre, les conditions sont très souples : pas besoin de vaccin, ni de test PCR.
« Les aéroports et autres points d’entrée administreront aux voyageurs à leur arrivée un test d’haleine rapide aléatoire à un nombre compris entre 3% et 10% des passagers », précise le ministère des Affaires étrangères.
Les pays « rouges », où vous pouvez voyager, fortement déconseillés
En date du 14 octobre, 10 pays ont été classés rouges par la France. Il est donc fortement déconseillé de s’y rendre en raison d’une circulation active du virus et d’une présence de variants préoccupants.
Il s’agit de l’Afghanistan, le Brésil, le Costa Rica, Cuba, la Géorgie, l’Iran, le Pakistan, la Russie, le Suriname et la Turquie.
Le Brésil
Le plus grand pays sud-américain est l’un des plus touchés au monde par l’épidémie, avec plus de 10% du total des décès (600 000) et la présence inquiétante de variants.
Cependant, l’entrée au Brésil est bien moins restrictive qu’ailleurs : seul un test PCR de moins de 72 heures, ainsi qu’une déclaration de santé du voyageur sont exigés. Le vaccin n’est donc pas obligatoire.
Si vous êtes vaccinés, vous pouvez vous rendre en Turquie, où la situation épidémique reste toutefois très tendue depuis fin août. Le test PCR n’est pas obligatoire.
Les pays où vous ne pouvez pas voyager pour le moment
De nombreux pays ont fait le choix de fermer leurs frontières aux touristes, bien que certains soient classés « pays verts » par la France. Seuls les résidents étrangers, les voyageurs diplomatiques, ou encore les personnes contraintes par un motif impérieux peuvent s’y rendre.
La presse découvre les « métavers », le grand public aussi par voie de conséquence, mais les intervenants semblent parfois découvrir eux-mêmes ce que les internautes fréquentent depuis une bonne vingtaine d’années. Pour ma part, en tant qu’universitaire, j’annonçais en 2015, en 4e de couverture d’un de mes livres sur les métavers : » L’invention des mondes virtuels en 1996 est comparable à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492. Il y a là de nouveaux espaces à explorer et à coloniser (sans massacres cette fois), une économie s’y développe, des liens humains s’y créent par avatars interposés, de nouvelles sociétés s’y organisent. » [1]
Le point de départ de cet engouement médiatique récent est l’annonce de Facebook de créer 10.000 postes de spécialistes hautement qualifiés en Europe pour son projet de métavers global. Facebook avait entamé cette démarche dès 2014 en rachetant Occulus, l’un des géants du marché des casques virtuels ; puis, l’an dernier la société Sanzaru Games, développeur de jeux vidéo.
Alors, de quoi s’agit-il ? De quoi parle-t-on ? Est-ce vraiment novateur ?
Mondes virtuels persistants
Les métavers sont des mondes virtuels numériques persistants apparus dans les années 1990, autrement dit des espaces virtuels qui continuent d’exister et d’évoluer lorsque le joueur s’est déconnecté, sous l’action des éditeurs du jeu et des autres joueurs.
Mais tout d’abord, qu’entend-on par virtuel ? C’est en premier lieu une notion philosophique, qui désigne ce qui est potentiellement possible plus tard ; ce qui n’est pas certain, mais pourrait advenir dans l’avenir. Cela désigne par ailleurs un outil numérique : on parle en effet de réunion virtuelle lorsqu’on est en visioconférence, mais cette réunion n’est pas plus virtuelle que si l’on se téléphonait ou si l’on était en présentiel, c’est simplement l’usage d’un outil moderne, numérique, qui justifie, cette acception. Enfin, le virtuel correspond bien mieux aux métavers, qui n’existent qu’en version numérique, mais où l’on peut vivre de belles expériences, en faisant agir notre avatar – que Serge Tisseron qualifie de « Marionnette de pixels » – , soit sur un écran d’ordinateur, soit grâce à un casque de vision immersive. Cet avatar, on le crée en entrant dans le métavers, c’en est la première étape.
Quant au terme de métavers, c’est la contraction de méta-univers désignant un univers au-delà, néologisme créé par Neal Stephenson dans Le Samouraï virtuel (1992, traduit en français en 1996). Ce roman présentait un monde virtuel dans lequel se plongeait un livreur un peu morose, en enfilant des lunettes qui lui donnaient la vision de ce métavers. Mais le premier roman de science-fiction qui a imaginé ces mondes virtuels, c’est Simulacron 3 de Daniel F. Galouye, publié dès 1968, où un personnage disparaît subitement, sans laisser de trace, ce qui finissait par se révéler être la simple suppression d’un avatar, le monde de cette fiction n’étant qu’un univers virtuel. On ne parlait pas encore d’avatars ni de métavers dans ce premier ouvrage, mais d‘unités identitaires et d’un grand simulateur. Ce roman a été mis a l’écran par Fassbinder en 1973, dans un long métrage en deux parties.
Une source d’inspiration artistique
L’idée d’un monde virtuel où l’on peut s’échapper pour se distraire s’est ensuite développée et a donné lieu autant à des œuvres cinématographiques grand public, que, parallèlement, au développement des métavers à proprement parler.
Après le Monde sur le Fil de Fassbinder, il y a eu près d’une quarantaine de films sur les métavers, dont la première version de Tron de Steven Lisberger, où Kevin Flynn, un génial concepteur de jeux vidéos se téléporte dans son jeu pour y récupérer la preuve qu’il en est l’auteur et pour faire valoir ses droits sur son invention. Ce premier Tron de 1982 est intéressant, parce qu’il a toute la maladresse des déguisements d’une fête de patronage (ce sont les moyens techniques de l’époque), alors que la reprise en 2010, par Joseph Kosinski, sous le titre Tron : l’Héritage, bénéficie des avancées technologiques. Le thème et l’acteur, qui a vieilli, sont les mêmes, mais les effets spéciaux permettent à la fois de créer un univers virtuel de grande qualité esthétique et de numériser l’acteur, Jeff Bridges, pour l’y voir jouer à deux âges différents.
Parmi les principaux films, il faudrait citer eXistenZ de David Kronenberg (1999), où l’accès se fait à l’aide de « pods », une sorte d’organe bizarre auquel on se connecte grâce à une interface que l’on se fait violemment implanter au niveau des reins. Le but est de survivre dans le métavers, mais lorsque la partie est finie, un doute subsiste sur la réalité de la réalité retrouvée…
L’idée d’un implant intrusif permettant l’accès dans le métavers sera souvent repris. Le film le plus célèbre est, bien évidemment Matrix, dont la trilogie (1999 – 2003) sera prochainement complétée par un quatrième épisode. L’interface y est implanté dans la nuque. Ces films sont suffisamment connus pour ne pas s’y attarder.
Cerveau-machine, implants, numérisation
Les implants cerveau-machine existent depuis le début du siècle et sont utilisés pour permettre à un non-voyant d’être autonome ou à un tétraplégique d’agir sur un bras mécanique. Les différentes zones du cerveau sont cartographiées et les neurones apprennent à se servir des implants qui leur sont connectés. Des exemples en sont d’ailleurs présentés dans le générique de Clones (2009) de Jonathan Mostov.
Dans Passé virtuel, de Josef Rusnak (également 1999), Hannon Fuller a créé un métavers sur les années 30 dont il est nostalgique, et il s’y téléporte grâce à un rayon laser indolore, qui permet d’échanger son esprit avec celui de son avatar qui vit, dans le métavers, une vie bien moins rangée que dans sa réalité à lui… mais au fil du film, on découvre que la réalité n’est elle-même qu’un métavers. C’est une mise en abîme.
Cette numérisation des personnages qui se téléportent dans le métavers, vue dans Tron puis Passé virtuel sera reprise dans une série animée pour enfants, Code Lyoko (2003 et …) où Franz Hopper numérise sa fille dans un métavers qu’il a créé pour la protéger, avant d’être lui-même assassiné. Cette androïde virtuelle est aidée par ses jeunes amis qui se numérisent dans le métavers pour l’aider à combattre un dangereux logiciel militaire, en attendant de pouvoir l’extraire de ce métavers.
Enfin, Transcendance (2004) de Wally Pfister développe l’idée de vie biologique créée par le numérique, cette merveille qui avait déjà été imaginée dans Tron : l’Héritage, dans lequel des « algorythmes isomorphiques » avaient vu le jour dans le métavers. Malheureusement, celles-ci avaient été massacrées par Clu, un logiciel conçu par Flynn pour que le métavers conserve sa perfection. Dans Transcendance, Will, atteint d’une maladie incurable, télécharge son esprit dans un ordinateur dans l’espoir que son esprit subsiste, ce qui réussit fort bien. Et, dans l’univers numérique qui ne connaît pas de limite, Will devient une puissance qui terrifie les humains. Ceux-ci lui inoculent un virus au moment même où il avait réussit à se recréer un nouveau corps de chair à son image.
Il faudrait revenir sur un film culte, qui a malheureusement connu un succès commercial limité, peut-être à cause de son affiche peu séduisante : Nirvana (1996) de Gabriele Salvatore. Sa sortie correspond à l’apparition des premiers métavers en ligne et c’est un le premier où un personnage, qui a compris qu’il n’est qu’un avatar, demande au concepteur du jeu, Jimi, de le supprimer, ce qui sera fait. L’interface homme-machine y est un simple casque, mais son usage excessif peut être mortel ou réduire en légumes les joueurs qui avaient surestimé leurs capacités.
Asian man in tartan shirt wearing glasses of virtual reality dissolving into pixels on outdoor. Future Technology Concept
Immersif
L’immersion dans le métavers peut se faire tout simplement devant un ordinateur, sans casque ni rayon laser, ce qui a été longtemps le cas, pour les internautes, avant l’apparition des casques immersifs puis de la reconnaissance de mouvements (dès 2005 avec la X-box 360) et maintenant des salles d’ « Immersive Games ». Les perspectives dans ce domaine sont encore énormes.
Les films sont témoins de l’évolution des métavers et de leur représentation, et il n’est pas besoin d’être un geek ou un internaute chevronné pour comprendre ses univers virtuels : il suffit de visionner quelques films emblématiques, comme Tron-L’Héritage, Nirvana ou Passé virtuel, et l’on aura compris ce que peut être le plaisir d’une immersion dans un métavers.
Que fait-on dans les métavers ? À peu près tout ce que l’on peut faire dans le monde réel : on peut s’y promener, s’envoler au-dessus de plages féeriques, mais aussi faire du commerce ou se battre… il faut choisir son métavers en fonction des loisirs que l’on souhaite et le choix est grand : il y a actuellement à peu près 400 métavers ; il y en a eu plus de 1.000 il y a une dizaine d’années. On peut même y faire du sport et ce n’est pas un abus de langage, car le mot sport vient de l’ancien français desport, que l’on retrouve encore en espagnol sous la forme desporte, et qui signifiait ce qui détournait (déportait) des activités habituelles. C’est ainsi que la Fédération Française d’Échecs, fondée en 1921, a été reconnue « fédération sportive » en l’an 2000.
Facebook Elon Musk, etc.
Pour les perspectives d’avenir, les annonces de Facebook sont à prendre au sérieux. Lorsqu’ Elon Musk a lancé Space-X, et a imaginé de faire redescendre des boosters de fusée proprement et de manière synchronisée, certains ont pu sourire, mais il l’a fait. Le projet de Facebook est sérieux et les 10.000 cerveaux qui vont y travailler réussiront à créer de nouveaux usages et de nouvelles interfaces à ce futur métavers. Sera-t-il un jour unique sur toute la planète ? C’est peu vraisemblable, ou du moins ce n’est pas pour demain. Il suffit de voir les 20 moteurs de recherche qui existent aujourd’hui sur Terre, 3 chinois, 1 russe, 2 français, et de se souvenir des blocages que les Chinois ont opposé à Google et inversement, pour comprendre que les moteurs de recherche sont des enjeux stratégiques importants : ils véhiculent une culture, une idéologie, une manière de penser. Les métavers aussi.
Il y a également une stratégie économique à cette démarche de Facebook : le marché des jeux vidéo représente aujourd’hui 300 milliards $ de chiffre d’affaires annuel, mais, pour l’instant, les métavers n’en représentent que 4% seulement, ce qui laisse de belle perspectives de croissance.
Pour l’avenir de ces nouvelles technologies, mon espoir est l’impensable aujourd’hui. En ffet, il a fallu quatre siècles pour que les inventions de Léonard de Vinci se réalisent (l’hélicoptère, notamment) ; il n’a fallu qu’un siècle pour que les rêves de Jules Verne se concrétisent (le Nautilus et une fusée sur la lune), mais depuis la fin du XXe siècle, on dispose désormais de technologies dont on n’imagine pas encore les usages que l’on pourra en tirer. La réalité a désormais devancé la science-fiction, les espoirs les plus insensés sont permis.
François-Gabriel Roussel est Maître de conférences honoraire en Sciences de l’information et de la Communication et chercheur au CIM de l’université Paris-3 Sorbonne-Nouvelle. Il est l’auteur de quatre livres sur le virtuel et les métavers, parmi lesquels :
un livre pour grand public, Les Mondes virtuels – Panorama et Perspectives, coll. Questions contemporaines, L’Harmattan, Paris, 2015,
et un roman, Le Monde plus que parfait de Speedy le Hacker, L’Harmattan, Paris, 2015.
[1]Les Métavers – Panorama et Perspectives, L’Harmattan, Paris, 2005.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi (21 octobre) d’expulser les ambassadeurs de dix pays dont la France (Hervé Magro), l’Allemagne et les Etats-Unis, après un appel lancé en faveur de la libération de l’opposant et mécène Osman Kavala.
« J’ai dit à notre ministre des Affaires étrangères que nous ne pouvions plus nous permettre de les accueillir dans notre pays »
M. Erdogan, selon des propos rapportés jeudi par plusieurs médias turcs.
Hervé Magro, ambassadeur de France en Turquie
Cette menace de sanctions contre les principaux pays occidentaux a été relayée par la presse pro-gouvernementale, quelques heures seulement avant que le GAFI, le Groupe d’action financière, annonce le placement du pays sous surveillance.
Les pays sont généralement informés en amont de la décision, rendue publique en fin de journée.
La Turquie rejoint ainsi l’infâme « liste grise » du Gafi pour ses manquements dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle y retrouve des pays comme le Panama, la Syrie, le Pakistan ou le Zimbabwe.
Malgré « un certain nombre de progrès » dans ces domaines depuis 2019, a souligné l’organisation, « de sérieux problèmes demeurent ».
Une décision qualifiée d’ « injuste » par le ministère turc des Finances.
Lundi soir (18 octobre), le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les Etats-Unis avaient réclamé, dans un communiqué commun, un « règlement juste et rapide de l’affaire » Osman Kavala, éditeur et mécène turc devenu une bête noire du régime, emprisonné depuis quatre ans sans jugement.
Retard persistant
Les diplomates estiment notamment que « le retard persistant [pris par] son procès (…) jette une ombre sur le respect de la démocratie, de l’Etat de droit et de la transparence du système judiciaire turc ».
« Est-ce à vous de donner une leçon à la Turquie ? Qui êtes-vous ? », a réagi jeudi le président turc de retour d’une tournée africaine, soulignant que la justice turque est « indépendante ».
Dès le lendemain de leur communiqué, les ambassadeurs de ces dix pays avaient été convoqués par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui jugeait « inacceptable » leur appel en faveur d’Osman Kavala.
Figure majeure de la société civile, Osman Kavala est accusé depuis 2013, par le régime du président Erdogan, de chercher à déstabiliser la Turquie.
En décembre 2019, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait ordonné sa « libération immédiate » – en vain.
A 64 ans, Osman Kavala, homme d’affaires richissime et philanthrope né à Paris, a été maintenu en détention début octobre par un tribunal d’Istanbul qui a argué « manquer d’éléments nouveaux pour le remettre en liberté ».
Complot
Osman Kavala, qui a toujours nié les charges pesant contre lui, risque la prison à vie. Il comparaîtra de nouveau le 26 novembre.
Arrêté initialement pour sa participation au mouvement anti-gouvernementale dit de Gezi – du nom d’un parc proche de la place Taksim, à Istanbul, menacé de destruction en 2013, époque à laquelle M. Erdogan était Premier ministre -, il a ensuite été accusé de tentative de coup d’Etat et d’espionnage.
Dans un entretien à l’AFP, Osman Kavala a estimé la semaine dernière que sa détention permet au régime de Recep Tayyip Erdogan de justifier ses « thèses complotistes ».
« Puisque je suis accusé d’avoir pris part à un complot organisé par des puissances étrangères, me libérer affaiblirait cette fiction et ce n’est certainement pas ce que le gouvernement souhaite », relevait-il.
Le Conseil de l’Europe a menacé Ankara de sanctions, qui pourront être adoptées lors de sa prochaine session (30 novembre au 2 décembre), si l’opposant n’est pas libéré d’ici là.
Par ailleurs, l’annonce par la banque centrale d’une nouvelle baisse de deux points des taux directeurs, décidée malgré une inflation galopante, a fait plonger la livre turque à des niveaux historiquement bas. En ce jeudi décidément noir, la monnaie s’échangeait 11 livres pour un euro – contre un peu plus de trois livres en 2017.
Or la mise sur liste grise du Gafi peut avoir des conséquences en termes d’investissements étrangers dans le pays et aggraver la situation économique.