Après un débat marqué par de nombreuses suspensions de séances, l’Assemblée nationale a voté ce jeudi 6 janvier en tout début de matinée le projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal. Le texte a été validé par 214 voix contre 93, et 27 abstentions. Il doit désormais être examiné par le Sénat en début de semaine prochaine. Dans la même matinée Jean Castex indiquait que le gouvernement ouvrirait le recours à une 4e dose dès que les autorités sanitaires auront donné leur aval.
Passe vaccinal : les nouvelles règles
Une fois que le Sénat se sera exprimé (les LR majoritaires au Sénat se sont engagés à ne pas y faire obstacle), le nouveau texte devrait entrer en application entre le 15 et le 17 janvier 2022. Cette loi mettra en place le passe vaccinal tout en maintenant le passe sanitaire pour certains lieux.
En effet, le nouveau passe sera notamment exigé pour accéder aux activités de loisirs, aux restaurants et débits de boissons (à l’exception de la restauration collective où là le passe sanitaire sera suffisant), aux foires, séminaires et salons professionnels, et aux transports publics interrégionaux (avions, trains, cars). Une exception, toutefois, dans le cas des transports : il n’y aura pas besoin du passe vaccinal pour les voyages justifiés par un « motif impérieux d’ordre familial ou de santé », un proche mourant par exemple, à condition de présenter un test négatif. Le texte précise toutefois n’être « pas applicable en cas d’urgence faisant obstacle à l’obtention du justificatif », sans préciser la nature de ces urgences.
Les salariés des secteurs concernés auront l’obligation de disposer d’un tel passe. Un « justificatif d’engagement dans un schéma vaccinal » pourra être suffisant, le temps de recevoir les doses requises. En outre, sur décision des préfets, l’accès aux grands magasins ou centres commerciaux pourra aussi être subordonné au passe vaccinal.
Par ailleurs, il sera toujours possible de présenter un résultat de test négatif pour accéder aux établissements et services de santé et médico-sociaux. Le système de passe sanitaire est en effet maintenu dans ces lieux. Les organisateurs de meetings politiques auront la possibilité d’exiger un passe sanitaire aux participants.
Plus de sanctions pour les fraudeurs
Outre les forces de l’ordre, les gérants des lieux et activités soumis au passe pourront les vérifier, mais dans des conditions très encadrées. Ainsi, les députés ont adopté un amendement du gouvernement permettant d’exiger une pièce d’identité « lorsqu’il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté n’est pas authentique ou ne se rattache pas à la personne qui le présente ». Par ailleurs, les exploitants des établissements risqueront une amende de 1 000 euros dès le premier manquement constaté au contrôle du passe – cette sanction est aujourd’hui prononcée à partir du troisième manquement.
Une quatrième dose de vaccin sera-t-elle nécessaire pour lutter contre la Covid-19 ? Si les autorités sanitaires françaises ne se sont pas encore positionnées sur le sujet, l’intervention du président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, à ce propos, n’est pas passée inaperçue. Le Premier ministre s’attend à un avis favorable. Il a indiqué ce matin que le gouvernement se préparait à mettre en place celle-ci. Le Conseil des Chefs d’Etats ayant limité la validité du certificat européen à 7 mois après la dernière dose (+2 mois de tolérance), il faut s’attendre à une cinquième dose ou plus tant que la politique de contrôle sanitaire sera en place.
Face à la diffusion extrêmement rapide du variant Omicron au Royaume-Uni, le gouvernement français a densifié depuis la mi-décembre 2021 les mesures qui encadrent les voyages vers le Royaume-Uni. Il renforce ainsi l’exigence de tests au départ et à l’arrivée. Un vraie galère annoncée pour les expatriés au Royaume-Uni !
À l’arrivée en France, ces personnes devront s’enregistrer sur une plateforme puis s’isoler dans un lieu qu’elles choisiront pendant sept jours, a poursuivi le porte-parole du gouvernement sur BFMTV et RMC. Mais l’isolement pourra être levé au bout de 48 heures si un test négatif a été pratiqué une fois arrivé en France, a-t-il précisé.
Nous avons voulu demander aux expats, comment ils avaient vécu leur retour au Royaume-Uni.
“Mes vacances en France. Quelle galère !”
Une Française habitant à Londres depuis 2015 qui souhaitait garder l’anonymat nous a raconté ses vacances.
“Je suis arrivée en France le 23 décembre au soir. Très léger mal de tête le 24 mais qui ne m’inquiète absolument pas. Impossible de trouver des centres de tests le 25, sauf un centre de PCR avec une queue de 3 km. Tant pis ce sera, pour lundi 27.
Je ne m’isole pas et vois toute ma famille maternelle le 24 au soir et ma famille paternelle le 25. Nous gardons nos distances, mais c’est tout. Le 26 au réveil : mal de tête, fatigue et nez qui coule. Je fais un auto-test : positif. Et c’est parti pour une semaine en isolement dans ma chambre.
Le 27, je me sens déjà presque guérie sauf le nez qui est toujours pris. Gros dilemme : dois-je le déclarer ou pas sachant que cela retardera mon départ, et me fera rater des jours de boulot ? Surtout que le certificat de rétablissement ne sert à rien pour rentrer. Je décide de m’autotester régulièrement avant de passer le test « officiel » antigénique en pharmacie. Je préviens mon travail. Nous sommes confiants, cela va le faire.
Tous les jours la ligne du test est de plus en plus fine et met de plus en plus de temps à apparaître. Le vendredi, elle est invisible ! C’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que ma petite sœur est positive et son Nouvel An dans le Jura est foutu, ainsi que celui de 20 personnes qui annulent. Ma mère annule aussi son réveillon pour le passer avec moi. J’avais retardé mon départ au lundi 3 (je reprends le travail le mardi). Il me restait un auto-test.
Le lundi matin, je le fais, en prélevant dans la bouche en premier (une pharmacie m’ayant dit qu’ils faisaient comme cela). Ligne épaisse qui apparaît immédiatement. Gros stress. Effectivement je me sens un peu plus enrhumée. Est-ce que je l’ai rattrapé ? Je décide quand même d’aller en pharmacie en me disant que c’est peut-être parce que j’ai prélevé dans la bouche. Je fais tout un cinéma au laborantin en lui expliquant ma situation, en lui sortant tous mes autos-tests de la poche de mon manteau, en lui disant de ne pas aller profond dans le nez, que je ne regarderai pas le résultat… Cela ne fonctionne évidemment pas. Test positif.
Je préviens mon travail. J’envisage toutes les solutions illégales possibles et inimaginables, mais je n’ai jamais rien fait d’illégal de ma vie. Je fais un test PCR, seul capable d’annuler mon test antigénique et de me permettre, si positif, de repasser le test au bout de 5 jours. Aujourd’hui, résultat du test PCR : positif sans surprise. Écrit en rouge en lettres capitales 3 fois. Je suis bloquée.
Pour rajouter à tout ce stress, mon passeport expire le 25 janvier et ma carte d’identité est périmée. De plus, le lundi, je me suis rendue compte à la pharmacie que le QR code de mon passe NHS ne fonctionnait pas. Ce qui complique encore les choses pour prendre le train pour Paris. Je ne prends pas l’avion et j’envisage de tenter le coup même avec un test positif (pas le choix) et un certificat de rétablissement que j’espère obtenir avant mon départ, même s’il est inutile.
Mais tout cela n’est finalement pas bien grave. Ma petite sœur a développé d’autres symptômes au niveau des reins et s’est rendue aux urgences lundi soir. Heureusement ce ne serait qu’une petite inflammation, à surveiller. Je suis tout de même très inquiète et je la pousse à y retourner pour faire d’autres examens.
Mes deux chats m’attendent également là-bas. Voilà pour mes vacances en France, quelle galère ! :). Je suis bloquée en France. On peut rester positif très longtemps sans être contagieux. Le certificat de rétablissement ne marche pas, rien n’est prévu pour les gens ayant eu le Covid récemment, c’est scandaleux, je trouve. Je ne dois pas être la seule. J’envisage des solutions illégales, car je n’ai vraiment pas le choix, je ne peux pas rester bloquée ici. ”
Française anonyme – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni
“Je suis bloquée en France, car j’ai attrapé la Covid.”
Pauline habite à Londres depuis 4 ans et est également bloquée en France.
« J’ai attrapé la covid pendant mes vacances en France. J’attends d’avoir un test antigénique pour repartir. J’ai déjà dû changer mon billet une fois. Au retour nous devons faire un test PCR. Or le test PCR peut rester positif beaucoup plus longtemps. Je vais devoir m’isoler à nouveau pendant 10 jours. Il n’y a aucun moyen d’enregistrer un test positif fait à l’étranger au NHS…”
Pauline – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni
Bloqué par la douane française au retour
Vincent, habitant à Londres depuis 6 ans, nous explique qu’il n’avait “aucun problème pour aller en France, j’étais en règle avec tous mes papiers. ». Cependant il a rencontré des obstacles du coté français.
« Par contre au retour, la douane française m’a bloqué et demandé de leur prouver que je vivais au Royaume-Uni. J’ai montré mon settled status sur le site du gov.uk. C’est passé, mais ils tordaient du nez en me rendant mon passeport.”
Vincent – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni
7 documents à préparer
Camille, une résidente à Londres, explique qu’elle n’a pas eu de problème.
“Je suis rentrée le 13 décembre après un week-end à Rome. Une galère pour mon conjoint anglais qui venait me rejoindre le 22 décembre. J’ai dû préparer 7 documents pour montrer que nous vivions ensemble et qu’il me rejoignait chez mon père. Les douaniers ne sont pas vraiment au courant des règles et au début ils ont dit à mon conjoint que concubin n’était pas suffisant, il fallait être marié…. Mais il a finalement réussi à passer (d’après lui ils étaient quand même sympas).”
Camille – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni
D’autres expats au Royaume-Uni ont même reçu des amendes pour ne pas avoir respecté les règles de la quarantaine. Voyager entre les deux pays sera compliqué pour un certain moment ! Il faudra s’armer de patience.
L‘année achevée a été douloureuse pour le spectacle vivant avec son lot de pièces annulées et de troupes réduites à l’inactivité. Le secteur culturel a souffert malgré les aides étatiques. Certaines décisions ont parfois dérouté comme le non classement en commerce essentiel des librairies. 2022 est donc attendue comme l’année du réveil culturel, l’occasion de déconfiner son esprit et de se divertir intelligemment si possible.
Au théâtre avec Molière !
Et cela commence bien avec la célébration du plus illustre des auteurs de théâtre français : le grand Molière dont nous marquons le quadricentenaire de la naissance !
L’occasion pour la Comédie Française, la Maison de Molière, de faire une programmation cinq étoiles qui débutera dès le mois de janvier avec le célèbre Tartuffe et verra s’enchaîner plusieurs dizaines de pièces de son répertoire pour une magnifique rétrospective de l’œuvre.
Autre pièce maîtresse du panthéon culturel national, 2022 nous incitera à visiter ou revisiter l’œuvre de Marcel Proust avec un agenda marqué par le centenaire de la mort du grand écrivain.
La Bibliothèque Nationale de France proposera du 11 octobre 2022 au 22 janvier 2023 une exposition riche de plus de 350 manuscrits, gravures ou costumes pour voyager au sein de l’univers singulier de l’auteur. La vie de ce Parisien à la santé fragile est connue : Proust après des années de dandysme passa le reste de son existence reclus dans sa chambre du boulevard Haussmann. Il y composa ce qui allait devenir « À la recherche du temps perdu », sa grande œuvre publiée de 1913 à 1927 en sept tomes. L’année 2022 sera-t-elle celle de votre entrée dans l’univers des lecteurs heureux de Proust ?
Michel Houellebecq plus grand écrivain français vivant ?
Le 7 janvier verra débarquer dans les rayons des librairies « Anéantir », le dernier roman de Michel Houellebecq. Un authentique événement littéraire puisque Flammarion en a tiré 300 000 exemplaires, ce qui donne la mesure des attentes du public d’aficionados de l’écrivain.
L’auteur de 65 ans, qui sort là son 8ème roman, ne laisse aucun lecteur insensible ou indifférent. Entre ceux qui le trouvent parfaitement déprimant et qui le boudent et ceux qui lui vouent un culte pour son univers romanesque parfaitement cohérent, polémiques et débats font souvent rage. Il est vrai que depuis la parution d’ »Extension du domaine de la lutte » en 1994, l’auteur n’a pas ménagé les déclarations fracassantes en s’attelant à des thèmes de société brûlants ou sulfureux dans ses romans : décadence du monde moderne sur fond de souffrance en entreprise, dépression de l’homme d’âge mûr guetté par l’impuissance sexuelle, risque d’islamisation de la France ou vie future faite de silence et d’isolement à l’heure du clonage.
Il y a fort à parier que la lecture de ce nouveau roman fera débat. Nous ne vous spoilerons pas son thème et même si le roman a hélas fuité fin décembre sur le Net nous vous invitons à aller l’acheter en librairie.
Le come back de Stromae
L’artiste belge aura mis sept ans à sortir du silence. Sept ans pour accoucher de ce nouvel album nommé « Multitude » qui sera disponible dès le 4 mars. Cette traversée du désert créative on l’imagine peuplée de doutes et de moments difficiles pour celui qu’on présentait alors comme le « nouveau Brel » avant la chute. Son album « Racine carré » (2005) l’avait propulsé au premier rang de la scène mondiale, lui qui était alors l’artiste francophone le plus écouté à l’étranger et qui s’était illustré par des tubes rassembleurs comme « Papaoutai » ou « Formidable ». Puis vint ce lourd burn-out et une période de retrait de la vie publique. Stromae a dit s’être consacré à sa famille et ses amis et avoir eu besoin de souffler. Certains virent cependant dans cette absence le crépuscule de sa carrière. Autant dire que l’impatience est grande face à ce nouvel opus annoncé et que nous espérons tous retrouver l’artiste doué d’un grand sens du tempo et d’une finesse d’écriture qui nous a enchantés jusque là. Un titre inédit nommé comme un clin d’œil « Santé » est déjà sorti en novembre pour annoncer sans doute ce que sera l’album. On l’imagine rythmé mais aussi engagé dans la description des réalités sociales et de l’état de la société vu par les plus humbles.
Stromae sera en tournée en 2023 et il faudra regarder l’agenda des concerts de près pour bondir sur les billets car les premières dates à Bruxelles affichent hélas déjà complet.
Et un petit tour par la biennale, ça vous dit ?
L’annonce a été solennelle car faite au moment où l’on sortait tout juste d’une période de confinement pénible en Europe : le 9 juin dernier, le directeur et la directrice artistique de la Biennale de Venise, Roberto Cicutto et Cecilia Alemani, ont annoncé le thème de l’édition 2022.
Il s’agira de « The Milk of Dreams » (« Le lait des rêves » en français). Ce titre provient
d’un livre surréaliste destiné aux enfants que l’on doit à l’artiste britannique Leonora Carrington. Il intrigue autant qu’il attire.
Oeuvre exposée pour la biennale reportée en 2022
L’univers onirique de l’artiste est peuplé de créatures fantastiques et inquiétantes et on imagine donc que la 59e édition de la Biennale, qui aura lieu du 23 avril au 27 novembre 2022, fera la part belle à l’imaginaire, aux métamorphoses, de quoi captiver un public cultivé et amateur d’art et, pourquoi pas, un plus large public qui aime la littérature fantastique et l’héroic fantasy à la Harry Potter.
Le pavillon français sera représenté par l’artiste Zineb Sedira qui développe depuis plusieurs années un travail mêlant influences algériennes, réflexion post coloniale et ouverture sur les grandes mégalopoles modernes comme Londres à travers des œuvres alliant poésie et originalité plastique.
Décidée en juillet 2018 par le Président de la République française et le Premier ministre portugais, M. António Costa, lors de la visite officielle de M. Emmanuel Macron à Lisbonne, la Saison France-Portugal se tiendra simultanément dans les deux pays entre mi-février et octobre 2022.
La Covid n’a pas eu raison de cet événement qui aurait néanmoins dû débuter en juillet dernier et à dû être reporté de plusieurs mois.
Cette saison se veut un symbole européen fort. Elle se tiendra dans la continuité des présidences portugaise et française de l’Union européenne (la présidence tournante a été exercée par le Portugal au 1er semestre 2021 et le sera par la France au 1er semestre 2022). Les valeurs mises en avant sont donc l’illustration des liens étoffés entre deux pays amis de longue date qui partagent l’attachement à la paix et à la démocratie. Les événements culturels sont destinés à valoriser la promotion d’une Europe plus inclusive et égalitaire. Plus de deux cent projets ont été co-construits et émailleront l’agenda de ces célébrations avec notamment une splendide exposition du Louvre consacrée à l’âge d’or de la renaissance portugaise et des forums consacrés aux océans ou à la problématique du genre à Paris et à Angers (cf le programme plus détaillé ci dessous)
L’ouverture de la Saison se tiendra le 12 février avec un concert de la pianiste portugaise Maria João Pires et l’Orchestre de la Fondation Gulbenkian à la Philharmonie de Paris, suivie le 13 février d’un concert consacré aux Voix lusophones au Théâtre du Châtelet.
De nombreuses réjouissances en perspective pour l’année 2022 et un secteur culturel qui aura retrouvé toutes ses couleurs ou presque !
Dans le monde actuel, les petits Etats s’en sortent bien : Singapour, Corée, Islande, Suisse, Luxembourg, Norvège, Danemark, Costa Rica, Uruguay : ce ne sont pas chez les géants que l’on vit le mieux. Certes, les petits sont souvent des pays pirates, parasites utiles ou poissons pilotes, toujours respectueux des requins du lagon : la Suisse, modèle en tout, a mis fin au secret bancaire sur injonction des Etats-Unis et s’oblige à leur acheter des avions inadaptés, façon originale de démontrer sa neutralité.
Les petits savent à quel point ils sont dépendants des grands, mais essaient – s’ils le peuvent – de s’en affranchir un peu. Ce qui avantage les puissances dites « moyennes ». Ainsi les Emirats Arabes Unis ont-ils préféré le Rafale français aux avions américains, justement à cause des pressions américaines.
L’atout des puissances moyennes
Bien sûr ce succès s’appuie sur une excellence française qui dépasse le domaine militaire : le Rafale est un avion connecté, qui communique avec le satellite militaire Syracuse, et désormais avec les trois satellites Scorpion, système de communication optimal dont seulement six pays au monde sont dotés. Au-delà du Rafale, la filière aéronautique française (Safran, Airbus), premier poste d’excédent du commerce extérieur français, a renforcé ses positions. Mais le Proche et Moyen-Orient ne représentent que 6% de ses ventes.
La France n’est pas que le pays des ventes d’armes et du spatial. Les ventes de champagne battent des records. LVMH et L’Oréal sont premiers dans leur catégorie. La chimie et les exportations de parfum sont le deuxième poste d’excellence. L’agroalimentaire le troisième. L’industrie française se porte bien, à l’étranger : Engie va lancer un pôle d’hydrogène vert aux Emirats, Air Liquide en Arabie saoudite, Veolia y investit à la fois dans l’eau de mer dessalée et le traitement des déchets toxiques issus du pétrole. Même la Ratp a conclu un mémorandum avec les Saoudiens pour concevoir la mobilité du site d’Al Ulla. Les succès français sont réels.
Une puissance commerciale affaiblie mais réelle
Mais c’est en Europe que se joue l’essentiel. L’Union Européenne représente plus de la moitié de nos exportations. Six sur dix de nos principaux partenaires sont des pays de l’UE, l’Allemagne en tête. S’y ajoutent le Royaume-Uni et la Suisse, l’Europe hors UE. Etats-Unis et Chine sont les seuls en dehors du continent. Soit, la France a perdu des parts de marché, surtout en Europe. Mais sa chute est comparable à celles du Royaume-Uni, de l’Italie, du Japon. L’exception reste l’Allemagne.
La part de marché mondiale de la France pour les biens et services reste stable à 3,5 %. Elle est encore le 6ème exportateur mondial. Elle est le pays européen qui a le plus de filiales à l’étranger : 46.488 filiales qui emploient 6.5 millions de salariés dans le monde. Elle est aussi le 8ème investisseur mondial, essentiellement au Etats-Unis, aux Pays bas, en Belgique et au Royaume-Uni. En retour 16.800 entreprises étaient sous contrôle étranger en France, avec 2,2 millions de personnes, 13 % des effectifs salariés du privé.
En Afrique, la part de marché de la France est tombée de 15 à 6%. L’Afrique subsaharienne ne représente que 2% de nos échanges. Le Moyen-Orient 2.6%. La Russie, 1.2%, pas plus que la Corée du sud, résultat de l’accord de libre échange signé avec elle. Par comparaison, la Suisse, représente 3.5%, le Royaume-Uni 6.2%. A l’évidence, les préoccupations du commerce ne reflètent pas celles de notre politique étrangère. Peut-être faudrait-il se soucier autant de trouver un accord avec les Britanniques qu’avec les Iraniens ?
Le poids de la démographie mondiale
En 2100, cinq des 10 pays les plus peuplés seront africains. Le Nigeria se projette à 790 millions d’habitants, le Congo à 286. La population chinoise, elle, baisserait de moitié, 730 millions contre 1.4 milliards aujourd’hui. Aucun pays européen ne fera partie du top 10, pas même la Russie, alors qu’il y en avait quatre dans les années 50. Autant dire que l’on n’a pas fini de parler de déclin, sauf, paradoxe pour les anti-déclinistes- à envisager une immigration de masse, qui porterait le rebond de la population française et européenne. Bien sûr ce ne sont que des projections; mais les tendances sont là.
La France est donc assurée de perdre encore des places. Elle a aussi de grandes chances de conserver une place exceptionnelle, disproportionnée par rapport à sa taille. Le déclin chinois est annoncé par sa démographie, comme l’est celui de la Russie. La démographie ne dit pas tout. Seulement les tensions et fractures futures.
Le monde nouveau est de moins en moins celui des Empires. Les pays «moyens», membres d’alliances fortes pour garantir leur sécurité, comme ce peut être le cas des pays européens, sont les mieux à même de tirer partie des bouleversements du monde. A condition, bien sûr, de conserver leur indépendance, de rester à la pointe des découvertes technologiques, et de garder une influence sur les affaires du monde. Tout cela est à portée de la France.
La bataille de l’influence
Le ministre des Affaires étrangères, en réunissant la semaine dernière les 150 conseillers culturels et de coopération du ministère l’a parfaitement expliqué : « derrière la bataille de l’influence, il y a une bataille des modèles politiques et humains ». La France « doit défendre son modèle de façon plus assumée, plus offensive ». L’influence serait donc un nouveau champ de bataille, « au même titre que le cyber, les océans ou l’espace ».
Ce qui suppose de renforcer l’enseignement du français. Jean-Yves Le Drian de rappeler, tout en repoussant l’échéance, l’objectif de « doubler les effectifs des élèves scolarisés des écoles françaises dans le monde ». La France dispose du premier réseau éducatif au monde, avec 545 établissements à l’étranger et 380.000 élèves, dont les deux-tiers d’étrangers.
La langue, le livre, la création artistique, le cinéma, sont autant de facteurs d’une diplomatie d’influence qui anime un art de vivre et une façon de voir le monde, d’anticiper ses métamorphoses. Autant d’éléments constitutifs d’un french style, d’une French touch, qui sont les signes du Made in France. Si demain, par sa taille, le France devient un « petit » Etat par rapport aux géants, elle peut conserver son indépendance par son économie, fondement de la puissance, ses alliances, et son influence culturelle, tant ce sont, quoiqu’on dise, les idées, et surtout les idées neuves, qui gouvernent le mode, plus que le nombre. Jamais, dans l’histoire, le nombre ne l’a emporté sur l’innovation. Encore faut-il se placer dans le courant novateur.
C’est dans un calme relatif, en comparaison des jours précédents, que les députés français ont débattu dans la nuit du projet de loi instaurant le passe vaccinal, avant de l’adopter en première lecture, jeudi 6 janvier à l’aube.
Le début de la semaine a été éprouvant pour la majorité présidentielle, mise en minorité lors du vote sur la suspension de séance. Mais ces débats ont également révélé un dissensus au sein des Républicains, auquel la candidate Valérie Pécresse devra s’attaquer prochainement.
Alors qu’elle avait établi une ligne politique claire en faveur du passe vaccinal, une partie des députés LR s’y est en effet opposée.
Aucun des conseillers nommés par Mme Pécresse pour la campagne électorale ne s’est toutefois opposé au nouveau dispositif. En revanche, deux « orateurs de campagne », Mme Bassire et M. Gosselin, mettent par leur voix contraire en difficulté la candidate de leur propre camp.
Et si l’abstention ne permet pas de bloquer un texte, elle ne témoigne cependant pas d’un soutien franc à la ligne donnée par la candidate.
La loi est votée à 5h30 ce 6 janvier. Projet de loi « renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire » à l’Assemblee nationale du 6 janvier 2022
Double discours
Jusque-là, et depuis l’investiture de Mme Pécresse le 4 décembre 2021, les troupes des Républicains avaient fait bloc autour de leur candidate, qui se heurte maintenant à une crise interne dans sa course à l’Élysée.
Double discours de certains Républicains qui pensent à leur électorat local, ou remise en cause de la légitimité de leur cheffe ? L’approche des législatives et l’agitation suscitée par le passe vaccinal dans certains territoires fait privilégier la première option.
Au Sénat, où les LR sont majoritaires, l’examen du projet de loi se déroulera la semaine prochaine. Selon toute vraisemblance, la version adoptée par l’Assemblée nationale sera alors modifiée, provoquant la Commission mixte paritaire, chargée d’aboutir à un compromis entre les deux chambres.
L’entrée en vigueur du passe vaccinal, que le gouvernement souhaitait pour le 15 janvier, devrait être retardée de quelques jours.
D’évidence, les sénateurs Les Républicains seront observés attentivement – aussi bien par leur parti que par les commentateurs – et peuvent encore tenter de préserver les apparences d’une unité aujourd’hui fragilisée.
La période des fêtes s’achève et pour la clôturer, ce jeudi 06 janvier, en France on va déguster la galette des rois. Les expatriés vont donc, comme chaque année, tenter de trouver la fameuse frangipane originaire du nord ou la brioche qui prend racine sur les bords de la Méditerranée. Une quête qui sera comme toujours difficile.
La tradition de la galette des rois
La galette des rois est une tradition typiquement française qui avait déjà cours au XIVe siècle. La fève servait à désigner celui qui aurait le privilège d’obtenir une audience avec le Roi, sans avoir à attendre parfois pendant des mois ! Dans les autres maisons, la galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée « part du Bon Dieu » ou « part de la Vierge », était destinée au premier pauvre qui se présenterait.
Frangipane ou brioche ?
Dans plusieurs pays dont la France, l’Épiphanie signifie d’abord et avant tout le passage à table. La galette feuilletée est aujourd’hui prisée par 70% des Français, selon un sondage mené par OpinionWay et l’interprofession des Cidres de France en 2014. Avec ou sans frangipane, elle est également très prisée en Belgique : il s’en est vendu 800 000 en Wallonie il y a 4 ans, selon la RTBF. Un succès également confirmé en Suisse et au Luxembourg. En France, le succès est encore plus frappant : il se vend 32 millions de galettes chaque année.
Galette des rois – Frangipane
Succès, d’accord, mais surtout dans le nord de la France : plus au sud, on préfère la couronne des rois, un gâteau brioché garni de fruits confits qui a convaincu 22% des sondés français en 2014.
Une fête surtout célébré dans le bassin méditerranéen
La fête des Rois mages est surtout célébrée sur les bords de la Méditerranée, mais pas seulement !
L’Espagne
L’Épiphanie se substitue littéralement à Noël dans certains pays. Ainsi, en Espagne, ceux qui distribuent les cadeaux sont les Rois mages eux-mêmes, le Père Noël est quasiment au chômage technique. Le 6 janvier, on déguste le « Roscón de Reyes » mais on ouvre aussi les cadeaux chez les petits Espagnols.
L’Italie
En Italie, on célèbre bien Noël fin décembre, mais l’Épiphanie est aussi l’occasion de recevoir ou non des cadeaux et quelques gourmandises : une sorcière issue du folklore italien, la « Befana », profite du 6 janvier pour apporter des sucreries aux enfants sages, et… du charbon aux autres, tout de même apprécié car fabriqué en sucre ou en réglisse.
La sorcière « Befana »
Le Portugal
L’Épiphanie au Portugal est appelé Dia dos Reis (jour des rois), au cours de laquelle le traditionnel Bolo Rei est cuit et mangé. La table reste mise depuis Noël jusqu’au Dimanche des Rois. La pièce maîtresse est le Bolo Rei, la Couronne des Rois, qui se consomme du 15 décembre au 15 janvier, une pâte briochée très riche, truffée et garnie de grandes lamelles de fruits confits et de sucre qui marque la fête du solstice d’hiver. Le bolo rei est un gâteau chargé de symboles. Il représente les cadeaux offerts par les Rois mages au petit Jésus. Ce gâteau est celui qu’on retrouve en Provence et a été importé du sud-est de la France dès le Moyen Âge.
La Grèce
L’Épiphanie en Grèce Θεοφάνια (théophanie) se fête le 6 janvier, c’est le baptême de Jésus dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste que l’on célèbre et non pas la visite de Jésus par les Rois mages. La Théophanie est la fête du baptême du Christ. L’Épiphanie est un événement qui revêt une très grande importance en Grèce. L’Épiphanie en Grèce est un jour férié.
La Grèce ayant adopté (depuis le 1 mars 1923) le calendrier grégorien, les fêtes de fin d’année sont célébrées le même jour que dans les autres pays occidentaux. La période des fêtes de fin d’année en Grèce débute la veille de Noël et va jusqu’à l’Épiphanie. Elle s’étend donc sur une période de 12 jours appelée Douzaine.
Le 5 janvier, veille de l’Épiphanie en Grèce, les enfants chantent des kalanta, dans le but d’aider à chasser les « Kalikantzari », esprits démoniaques, et les renvoyer sous terre. Le rite caractéristique de la fête de la théophanie consiste dans la bénédiction des eaux baptismales au soir du 5 janvier.
Le 6 janvier, les prêtres après la messe, vont à travers les villages bénir les maisons. En ville, les femmes ramènent de l’eau bénite et elles bénissent la maison, tous les membres de la famille boivent un peu de cette eau pure. Les prêtres bénissent également les eaux en immergeant un crucifix dans la mer, les rivières, les sources et les lacs. Des plongeurs rivalisent afin de récupérer le crucifix. Celui qui le trouve sera chanceux toute l’année. Les « Kalikantzari », effrayés par la bénédiction s’enfuient et regagnent les entrailles de la terre pour éviter l’eau bénite.
Et ailleurs ?
Allemagne, Angleterre, Russie célèbrent aussi l’Epiphanie mais cette tradition n’est pas arrivée à sortir du vieux continent.
Allemagne
Le jour de l’Épiphanie en Allemagne dans les régions catholiques, trois jeunes gens ou des enfants, déguisés en rois mages, font du porte-à-porte pour bénir les maisons. Ils collectent des dons pour les pays en voie de développement. Ils sont accompagnés par trois garçons qui portent « l’étoile » de Bethléem. Devant les portes, les trois rois et les garçons chantent des cantiques. Ils bénissent les maisons et écrivent les lettres suivantes sur le mur à côté de la porte : C + M + B. Cela veut dire « Christus Mansionem Benedicat » (Le Christ bénit ta maison). Ou bien, ils écrivent les initiales des trois Rois sur les portes. De même en Franche-Comté, les enfants se déguisaient en Roi Mage et portaient une ceinture dorée sur une chemise constellée d’étoiles. Ils allaient de porte en porte en chantant et en agitant des sonnettes réclamer leur part.
Les reliques des Rois Mages sont depuis le XII° siècle dans la cathédrale de Cologne. L’Épiphanie est un jour férié en Bavière, en Bade-Wurtemberg et en Saxe-Anhalt.
Angleterre et pays scandinaves
À l’Épiphanie en Angleterre, en Irlande et dans les pays scandinaves, on allumait tous les soirs de Noël à l’Épiphanie la grande bougie de Noël. Notons qu’en anglais, on nomme l’Épiphanie « Twelfth night » (la douzième nuit) et qu’en Suédois cette fête est appelée « Trettondag Jul » ou Trettonhelgen (13ème jour après Noël).
De plus, dans la tradition scandinave, pendant ces douze jours les hommes devaient abandonner tout mouvement « rotatif » car le temps s’arrête, c’est un temps de pose pour tout ce qui roule. Notons que dans les langues scandinaves, la fête de Noël s’appelle Yul ou Jul ce qui signifie la roue c’est la roue de l’année qui après la pose va tourner une fois de plus vers le printemps. Jul est le nom de la fête pré chrétienne du solstice d’hiver.
En Angleterre, comme en Bourgogne, on met dans la galette des rois une fève pour le roi et un petit pois pour la reine. Là aussi, la tradition s’ancre en France.
Russie
L’Épiphanie en Russie, qui suit le calendrier Julien, est célébrée le 19 janvier, 13 jours après la Grèce. On appelle cette fête la « fête du baptême d’eau ». La Russie célèbre Noël (la naissance de Jésus et la venue des mages) le 7 janvier, 13 jours après la Grèce. La veille au soir (18 janvier) le rite caractéristique de la fête consiste, comme en Grèce, dans la bénédiction des eaux baptismales. Par « l’épiclèse » (invocation), l’Esprit s’infuse dans l’eau baptismale qui acquiert une puissance de sanctification. Le jour de l’Épiphanie en Russie (19 janvier), les prêtres font un trou en forme de croix sur la glace d’une rivière et font sur place l’office de la bénédiction des eaux.
Epiphanie, un jour férié ?
En Italie, Espagne, Grèce, Allemagne (certaines régions), Autriche, Suisse (certaines régions), Suède, Finlande, le 6 janvier est un jour férié. Mais pas en France et ni en Belgique, Portugal, Angleterre, Pays bas, Norvège, Danemark, Pologne, alors que célébrée dans les foyers, la fête des Rois mages ne donne pas le droit à un jour chômé.
La France dispose d’un Répertoire national d’identification des personnes physiques pour tous les personnes étant nées en France ou ayant travaillé en France, qu’elles soient françaises ou de nationalité étrangère. Les Français nés hors de France étaient jusqu’à peu exclus de ce dispositif à moins qu’ils travaillent en France un jour ou l’autre. Les conséquences : les expatriés avaient le plus grand mal à obtenir un numéro de sécurité sociale ou un numéro fiscal. Et pourtant ils en ont besoin, comme par exemple pour se faire vacciner si leur pays de résidence ne leur y donne pas accès ou pour s’identifier fiscalement en cas de biens hérités ou tout simplement pour venir vivre en France. Le gouvernement et l’administration ont mis fin à cette situation : désormais tous les Français, même ceux nés hors de France, seront identifiés dans ce répertoire.
Qu’est ce que le RNIPP ?
Le répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP) est un répertoire français tenu par l’Insee, recensant les personnes vivantes et décédées, soit, en juin 2009, 97,1 millions de personnes, dont 80,1 millions nées en métropole et dans les DOM, et 17 millions nées ailleurs (étranger et TOM).
Le RNIPP est un instrument d’identification des personnes physiques. Sa consultation permet de :
préciser si une personne est en vie ou décédée ;
connaître son numéro d’inscription au répertoire (NIR), qui est reproduit par le numéro de sécurité sociale.
La CNIL reconnaît que le RNIPP constitue « un instrument de référence fondamental de l’état civil en France, destiné en particulier à lever les doutes sur les homonymies », de plus en plus nombreuses à la suite de la diminution progressive du nombre de noms de famille utilisés en France.
Il est notamment utilisé par les organismes de sécurité sociale, l’administration fiscale, la Banque de France, pour le répertoire des entreprises Sirene. Il permet aussi la gestion du fichier électoral. Ce fichier ne peut être utilisé à des fins de recherche de personnes, en dehors des cas expressément prévus par la loi.
Un fichier listant les Français, quel danger ? Quelles mesures prises ?
Dans la mesure où il s’agit d’un fichier très sensible, la CNIL a demandé que des mesures soient prises, « prévoyant les conditions dans lesquelles, en cas de circonstances exceptionnelles (invasion, guerre civile, etc.) pourrait être évité, au besoin par sa destruction, une appréhension illégitime du répertoire ». Mais le danger ne vient pas que de situations exceptionnelles, en temps de paix, un mauvais usage des fichiers peut transformer l’Etat en « super flic », le législateur a donc pris des mesures de protections.
En France, à la différence d’autres Etats, même dit démocratiques, le croisement de fichiers est très encadré grâce à la loi de 1974. La loi informatique et libertés a, ainsi, vu le jour en réaction à un projet d’interconnexion de fichiers de données personnelles, révélé en 1974 par le journal « Le Monde », et désigné « projet Safari ». Le ministre de l’Intérieur de l’époque envisageait de mettre en place un système de centralisation des bases de données des services de police, parmi lesquels les renseignements généraux, la direction de la sécurité du territoire et la police judiciaire.
La révélation des recherches occultes de l’Administration conduisit le Premier ministre de l’époque à décider l’interdiction de toute nouvelle interconnexion sans autorisation et la mise en place, par décret du 8 novembre 1974, d’une commission chargée de « proposer au Gouvernement dans les six mois des mesures tendant à garantir que le développement de l’informatique dans les secteurs publics, semi-publics et privés se réalisera dans le respect de la vie privée, des libertés individuelles et des libertés publiques ». C’est sur le fondement du rapport de cette commission qu’un projet de loi a été déposé aboutissant à l’adoption de la loi informatique et libertés.
Ce texte est donc particulièrement suspicieux à l’égard des interconnexions de données à caractère personnel, empêchant l’Etat de croiser les fichiers de la sécurité sociale avec ceux des impôts par exemple.
Quelles conséquences pour les expatriés ?
Pour ceux nés hors de France et qui ont été déclarés comme Français auprès d’un consulat, leur état-civil a été transmis à l’INSEE. Cette agence de l’Etat procédera à son inscription et génèrera les numéros d’identifications nécessaires.
Pour les obtenir, les salariés, travailleurs, indépendants, les rentiers, sans emplois et professions libérales, il faut s’adresser à la Caisse primaire d’assurance maladie du lieu de résidence (ça peut être chez un de vos amis ou un membre de la famille). Pour les salariés agricoles ou exploitants agricoles, il faut contacter la caisse de la Mutualité sociale agricole (MSA). Pour les étudiants, il faut s’adresser à la Caisse primaire d’assurance maladie du lieu où les études sont réalisées.
Il est un domaine où l’infamie a trouvé refuge. Cela s’appelle la querelle politique. C’est chaud, facile, et la petite puce de l’infâme s’est bien installée. Vous pouvez toujours gratter, elle va piquer.
On peut dire sans se tromper que cela dure depuis quelques millénaires. On va se faire voir, un instant, chez les Grecs, selon l’expression consacrée. On tombe sur Socrate. Il n’a jamais écrit une ligne mais il dérange. Comme pour tous les bons profs, les philosophes, les penseurs, on va lui trouver « LE » délit magnifique : il corrompt la jeunesse ! Il faut qu’il meure. Chacun d’entre nous, père de famille, a certainement corrompu la jeunesse.
Sautons environ vingt-cinq siècles et l’infamie est là, intacte. On appelle cela « l’affaire Dreyfus ». Le juif est une espèce très rare. Surtout s’il est officier. C’est donc le traître de service. L’humilier, l’embastiller, le dégrader, voilà de la haute politique ! On appelle ça une affaire…
Le capitaine Dreyfus s’entretenant avec un général lors de la cérémonie de réhabilitation en 1906
Arrive De Gaulle. Pour commencer, on le condamne à mort. Tribunal militaire présidé par le général de Lattre. Ce n’est pas rien. Puis un maréchal chevrotant le poursuit jusque dans sa maigre troupe de fidèles… Qui, au fil du temps, s’élargit sans cesse.
Incarnation de la mort
L’erreur politique est une chance à saisir lorsqu’elle est infâme. Il suffit de choisir le chemin de son contraire : s’insurger quand personne ne le fait. Prendre les clowns sinistres pour ce qu’ils sont : des voyous. Considérer Mussolini, Hitler, Staline, Pol Pot, Mao, Franco et beaucoup d’autres, plus modestes, comme étant, chacun, l’incarnation de la mort. Alors, fusillé ou pas, vous pouvez mourir en paix. Jean Moulin, Péguy, Lorca, Marc Bloch, Manouchian, Max Jacob et tant d’autres… vous accompagneront…
Un élu d’aujourd’hui avait eu cette phrase dont la stupidité nous envahit encore : « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire » … Une phrase française qu’aurait pu prononcer Lénine. La stupidité n’est pas encore un délit et il n’est pas souhaitable qu’elle le soit : elle peut toujours servir sur le tableau noir de nos écoles.
Un cours sur ce vaste sujet s’ajouterait ainsi à l’enseignement actuel. Il serait varié, florissant, ironique et accompagnerait l’écolier à chacune de ses classes : la connerie politique dans l’Antiquité, au Moyen Age, au parlement, à l’ONU… Personne ni échapperait : ni la gauche ni la droite… Même pas les profs…
François Leotard
a.Ministre, a.Député
Avec l’aimable autorisation des éditions L’inventaire.
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), bras judiciaire du Conseil de l’Europe sur le continent, va ramener de six à quatre mois ses délais de saisine à partir du 1er février, a-t-elle annoncé lundi (3 janvier).
830 millions de justiciables
Cette décision concerne potentiellement les 830 millions de personnes vivant dans les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, tous signataires de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales, dont les pays européens, la Turquie, la Russie ou encore l’Ukraine.
La CEDH est chargée de veiller au respect par ces Etats de ce texte, véritable pierre angulaire du Conseil.
« À compter du 1er février 2022, le délai pour saisir la Cour européenne des droits de l’homme sera, non plus de 6 mois, mais de 4 mois suivant la dernière décision de justice (…) rendue dans une affaire, correspondant généralement à un arrêt de la plus haute juridiction du pays concerné »
La Cour dans un communiqué du 03 janvier 2022
Techniquement, ce changement de délai « résulte du Protocole n°15 à la Convention », entré en vigueur le 1er août 2021, selon le communiqué.
Ce Protocole prévoyait « une période transitoire avant que le changement de délai de saisine ne soit effectif », période qui prendra donc fin le 1er février, date à partir de laquelle « les requérants et leurs avocats devront se conformer au nouveau délai de saisine de la Cour, faute de quoi, leur requête sera déclarée irrecevable », précise la Cour.
« Le délai de saisine de la CEDH dans les 4 mois suivant la dernière décision de justice est une des conditions de recevabilité », explique encore la juridiction paneuropéenne. Celle-ci insiste sur le fait que « le non-respect, ne serait-ce que d’une des conditions de recevabilité, entraîne l’irrecevabilité de la requête ».
Créée en 1959, la Cour européenne des droits de l’homme, dont les arrêts sont contraignants pour les Etats membres du Conseil de l’Europe, est souvent appelée à se prononcer dans des affaires retentissantes, comme récemment lors de la dissolution de l’ONG russe Memorial, ou sur des questions sociétales.
Elle peut également être amenée à statuer dans le cadre d’affaires interétatiques, comme entre la Russie et l’Ukraine.
En riposte aux critiques d’Emmanuel Macron contre l’Algérie et ses dirigeants en septembre, le gouvernent algérien a décidé de s’attaquer à l’usage de la langue française dans le secteur public et à son enseignement dans les écoles privées.
Ainsi deux départements ministériels, celui de la Formation professionnelle et celui de la Jeunesse et des sports, ont en effet émis, en octobre 2021, des circulaires ordonnant l’utilisation «exclusive» de la langue arabe dans leur documentation officielle et dans tout leur fonctionnement. Sans le dire, c’est le français qui est banni.
Pour certains Algériens, c’est un acte de souveraineté.
«Cette décision souveraine […] redonne espoir à la nation pour que l’Algérienne ne reste plus française, comme le souhaitait “le général expert”»
Ahmed Bennamane, polémiste connu pour être un ardent défenseur de la langue arabe
Pour d’autres, cette démarche est hypocrite. Les enfants des dirigeants sont toujours inscrits dans les lycées français et profitent ainsi d’un accès à la langue de Molière.
« Le jour où on s’assurera que vos enfants ne fréquentent plus le lycée français, vous pourrez parler d’arabisation!«