Le parcours du combattant pour les expatriés au Royaume-Uni de retour de France

Le parcours du combattant pour les expatriés au Royaume-Uni de retour de France

Face à la diffusion extrêmement rapide du variant Omicron au Royaume-Uni, le gouvernement français a densifié depuis la mi-décembre 2021 les mesures qui encadrent les voyages vers le Royaume-Uni. Il renforce ainsi l’exigence de tests au départ et à l’arrivée. Un vraie galère annoncée pour les expatriés au Royaume-Uni !

À l’arrivée en France, ces personnes devront s’enregistrer sur une plateforme puis s’isoler dans un lieu qu’elles choisiront pendant sept jours, a poursuivi le porte-parole du gouvernement sur BFMTV et RMC. Mais l’isolement pourra être levé au bout de 48 heures si un test négatif a été pratiqué une fois arrivé en France, a-t-il précisé.

Nous avons voulu demander aux expats, comment ils avaient vécu leur retour au Royaume-Uni. 

“Mes vacances en France. Quelle galère !”

Une Française habitant à Londres depuis 2015 qui souhaitait garder l’anonymat nous a raconté ses vacances.

“Je suis arrivée en France le 23 décembre au soir. Très léger mal de tête le 24 mais qui ne m’inquiète absolument pas. Impossible de trouver des centres de tests le 25, sauf un centre de PCR avec une queue de 3 km. Tant pis ce sera, pour lundi 27.

Je ne m’isole pas et vois toute ma famille maternelle le 24 au soir et ma famille paternelle le 25. Nous gardons nos distances, mais c’est tout. Le 26 au réveil : mal de tête, fatigue et nez qui coule. Je fais un auto-test : positif. Et c’est parti pour une semaine en isolement dans ma chambre.

Le 27, je me sens déjà presque guérie sauf le nez qui est toujours pris. Gros dilemme : dois-je le déclarer ou pas sachant que cela retardera mon départ, et me fera rater des jours de boulot ? Surtout que le certificat de rétablissement ne sert à rien pour rentrer. Je décide de m’autotester régulièrement avant de passer le test « officiel » antigénique en pharmacie. Je préviens mon travail. Nous sommes confiants, cela va le faire.

Tous les jours la ligne du test est de plus en plus fine et met de plus en plus de temps à apparaître. Le vendredi, elle est invisible ! C’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que ma petite sœur est positive et son Nouvel An dans le Jura est foutu, ainsi que celui de 20 personnes qui annulent. Ma mère annule aussi son réveillon pour le passer avec moi. J’avais retardé mon départ au lundi 3 (je reprends le travail le mardi). Il me restait un auto-test.

Le lundi matin, je le fais, en prélevant dans la bouche en premier (une pharmacie m’ayant dit qu’ils faisaient comme cela). Ligne épaisse qui apparaît immédiatement. Gros stress. Effectivement je me sens un peu plus enrhumée. Est-ce que je l’ai rattrapé ? Je décide quand même d’aller en pharmacie en me disant que c’est peut-être parce que j’ai prélevé dans la bouche. Je fais tout un cinéma au laborantin en lui expliquant ma situation, en lui sortant tous mes autos-tests de la poche de mon manteau, en lui disant de ne pas aller profond dans le nez, que je ne regarderai pas le résultat… Cela ne fonctionne évidemment pas. Test positif.

Je préviens mon travail. J’envisage toutes les solutions illégales possibles et inimaginables, mais je n’ai jamais rien fait d’illégal de ma vie. Je fais un test PCR, seul capable d’annuler mon test antigénique et de me permettre, si positif, de repasser le test au bout de 5 jours. Aujourd’hui, résultat du test PCR : positif sans surprise. Écrit en rouge en lettres capitales 3 fois. Je suis bloquée.

Pour rajouter à tout ce stress, mon passeport expire le 25 janvier et ma carte d’identité est périmée. De plus, le lundi, je me suis rendue compte à la pharmacie que le QR code de mon passe NHS ne fonctionnait pas. Ce qui complique encore les choses pour prendre le train pour Paris. Je ne prends pas l’avion et j’envisage de tenter le coup même avec un test positif (pas le choix) et un certificat de rétablissement que j’espère obtenir avant mon départ, même s’il est inutile.

Mais tout cela n’est finalement pas bien grave. Ma petite sœur a développé d’autres symptômes au niveau des reins et s’est rendue aux urgences lundi soir. Heureusement ce ne serait qu’une petite inflammation, à surveiller. Je suis tout de même très inquiète et je la pousse à y retourner pour faire d’autres examens.

Mes deux chats m’attendent également là-bas. Voilà pour mes vacances en France, quelle galère ! :). Je suis bloquée en France. On peut rester positif très longtemps sans être contagieux. Le certificat de rétablissement ne marche pas, rien n’est prévu pour les gens ayant eu le Covid récemment, c’est scandaleux, je trouve. Je ne dois pas être la seule. J’envisage des solutions illégales, car je n’ai vraiment pas le choix, je ne peux pas rester bloquée ici. ”

Française anonyme – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni
©AFP

“Je suis bloquée en France, car j’ai attrapé la Covid.”

Pauline habite à Londres depuis 4 ans et est également bloquée en France.

« J’ai attrapé la covid pendant mes vacances en France. J’attends d’avoir un test antigénique pour repartir. J’ai déjà dû changer mon billet une fois. Au retour nous devons faire un test PCR. Or le test PCR peut rester positif beaucoup plus longtemps. Je vais devoir m’isoler à nouveau pendant 10 jours. Il n’y a aucun moyen d’enregistrer un test positif fait à l’étranger au NHS…”

Pauline – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni

Bloqué par la douane française au retour 

Vincent, habitant à Londres depuis 6 ans, nous explique qu’il n’avait “aucun problème pour aller en France, j’étais en règle avec tous mes papiers. ». Cependant il a rencontré des obstacles du coté français.

« Par contre au retour, la douane française m’a bloqué et demandé de leur prouver que je vivais au Royaume-Uni. J’ai montré mon settled status sur le site du gov.uk. C’est passé, mais ils tordaient du nez en me rendant mon passeport.”

Vincent – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni

7 documents à préparer 

Camille, une résidente à Londres, explique qu’elle n’a pas eu de problème.

“Je suis rentrée le 13 décembre après un week-end à Rome. Une galère pour mon conjoint anglais qui venait me rejoindre le 22 décembre. J’ai dû préparer 7 documents pour montrer que nous vivions ensemble et qu’il me rejoignait chez mon père. Les douaniers ne sont pas vraiment au courant des règles et au début ils ont dit à mon conjoint que concubin n’était pas suffisant, il fallait être marié…. Mais il a finalement réussi à passer (d’après lui ils étaient quand même sympas).”

Camille – membre de la communauté des expatriés au Royaume-Uni

D’autres expats au Royaume-Uni ont même reçu des amendes pour ne pas avoir respecté les règles de la quarantaine. Voyager entre les deux pays sera compliqué pour un certain moment ! Il faudra s’armer de patience. 

Auteur

  • Alexander Seale est franco-britannique. Né et habitant au Royaume-Uni, il est correspondant pour lesfrancais.press, LCI (France) et LN24 (Belgique) à Londres.

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