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  • Au coeur d’une guerre qui ne me concerne pas : le réel de la guerre

    Au coeur d’une guerre qui ne me concerne pas : le réel de la guerre

    La guerre « lutte armée entre groupes humains ou entre États », « Situation conflictuelle entre deux ou plusieurs pays, états, groupes sociaux, individus, avec ou sans lutte armée ». Avec Karine Miquelis, notre psychologue, on décrypte les mécanismes mentaux dans lesquels sont plongés les expatriés bloqués au coeur de la guerre en Ukraine.

    La guerre : un état binaire

    Le réel de la guerre est intime, cet étrange qui surgit et nous questionne quant à sa valeur symbolique et sa fonction. L’état de guerre pensé comme binaire (une confrontation de 2 entités) est lié lexicalement à l’état de dispute « dissension, débat ».

    La dissension est une « division profonde de sentiments, d’intérêts, de convictions ».

    Le terme ‘Politique relatif à l’État’ est ce qui a rapport à la société organisée. 

    Être armé n’évoque pas seulement la possession d’armes à feu, mais d’armes en tant qu’outils aidant à l’expression et l’expansion de la violence. 

    Ce conflit est donc dirigé et organisé d’une certaine façon par des personnes ou institutions décideurs du démarrage et de l’arrêt des hostilités.

    Banlieue de Kiev quelques jours avant l’invasion, l’expatrié s’interrogeant sur un éventuel départ ©Lesfrancais.press

    La violence, une passion humaine ?

    L’expression de ce conflit est la passion des violences, qui pour prendre place dans le réel et dans le cadre temporel qui lui est voué, doit apparaître sous une forme incarnée, visible et repérable de tous. Nous en conviendrons, cela ne laisse d’autre choix au peuple que de se saisir de cette fonction, de ces corps à corps qui ne font plus qu’un.
    D’ailleurs la passion de la violence est comme une onde qui se propage au-delà du terrain de guerre, au-delà des frontières de cette scène macabre pour venir vibrer dans les coeurs et les corps des spectateurs impuissants et pourtant, chargés émotionnellement d’une conviction qu’un acte de leur part pourrait changer la donne.  

    C’est ce que les grands dirigeants ont compris, charger le peuple de la ‘croyance’ qu’ils sont acteurs de ce qui se jouait déjà en coulisse. Cette illusion aura pour effet la création du sentiment de culpabilité. S’en vouloir de son positionnement, ou pire, pointer du doigt, dans un élan de violence pulsionnelle, cet autre qui ne serait pas pleinement impliqué dans ce jeu théâtral dont le scénario lui restera énigmatique.

    Il n’empêche que l’arrivée sur scène, ressentie déjà en coulisse, nourrit l’état de stress.
    Pourtant le stress se voudra cohérent à celui qui vit le conflit, dont la survie du corps est menacé ou bien celle d’un être aimé qu’il porte en son coeur.

    D’un point de vue extérieur et ne faisant incontestablement partie du ‘corpus’, il est difficile d’en saisir tous les enjeux. Nous ne vivons donc pas de la même façon le réel de la guerre en tant que spectateur et en tant qu’acteur sur le terrain. 

    Le stress de celui qui ne peut qu’observer est fondamentalement relié à l’individu qu’il est. Son intime est engagé dans cette pensée qui se pourrait chaotique et sérieuse de conséquences. Mais ne nous y trompons pas, tant qu’il s’agit de sa projection subjective, il ne s’agit que d’un possible parmi tant d’autres incluant son appareil imaginatif et fantasmatique.
    Le stress est bien réel pour et dans la réalité de celui qui le ressent.
    Ils sera un stress qui sous couvert d’un événement de plus, viendra appuyer une fragilité concernant sa capacité à entendre et concevoir un réel mortifère que la caméra aura décidé de dévoiler.
    C’est à partir de ce moment, qu’il existe. Son existence est assimilé au jour de la rencontre, et non au jour de sa création.

    Faire sienne la guerre d’un autre

    Elle est là la difficulté. Faire avec une réalité non intégrée jusqu’alors, encore étrangère tant elle était évitable. C’est tout un panel de réalités possible qu’un conflit porté à la connaissance de tous engendre. 

    La réaction de stress quant aux personnes sur le terrain, est essentielle car elle génère des effets sur le corps et les facultés mentales. Elle sera un ensemble de réponses de notre organisme face à une situation de performance ou d’adaptation nécessaire. 

    L’adaptation comporte 3 phases :
    – Phase d’alarme : c’est une mobilisation d’énergie physique et psychique.

    – Phase de résistance : de l’organisme face à ce qu’il a pu mettre en place.
    – Phase d’épuisement : relâchement évident de par la mobilisation d’énergie.

    Le stress provient de votre personne, c’est une réaction en réponse à un danger provenant de l’extérieur et qui peut vous atteindre. Si la réaction au stress est adaptée alors cela permettra : 

    • Une focalisation de l’attention : suspension des pensées et rêveries en cours, une vigilance, une perception et une localisation du danger.
    • Mobilisation des capacités : clarté de l’esprit, sens de la réalité.
      Evaluation du danger, inventaire des moyens d’y faire face, rappel en mémoire des défenses apprises.
    • Incitation à l’action :
      Sortir de l’indécision, être décidé à agir, avoir confiance en soi ou ressentir le besoin d’agir rapidement.

    « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde.
    La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas.
    Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »
     

    Albert Camus, discours de réception du prix Nobel de la littérature

    Karine Miquelis
    Psychologue clinicienne – psychothérapeute
    www.seancedepsy.com

    https://seancedepsy.com/
    https://seancedepsy.com/
  • Les Français d’Ukraine de retour en France

    Les Français d’Ukraine de retour en France

    Enfin, jeudi 3 mars, l’ambassade de France à Kiev, délocalisée à Lviv, a organisé un convoi pour rapatrier des ressortissants français. Une fois à l’Ouest de l’Ukraine, une partie de nos compatriotes ont été acheminés en Pologne pour embarquer sur un vol à destination de Paris.

    Un convoi sécurisé

    Plusieurs cars ont été affrétés depuis la capitale ukrainienne avec des passagers dont les visages sont marqués mais qui sont soulagés. En effet, c’est la fin d’un long cauchemar qui a commencé lundi avec la fuite du personnel diplomatique sans aucun civil. Après de nombreuses remontées relayées par les médias d’expatriés et nationaux, le gouvernement s’est décidé à organiser une évacuation des Français. Elle fut chaotique, ils étaient nombreux à ne pas s’être inscrit sur le registre consulaire. L’ambassade n’avait donc pas pu les joindre. Partis en milieu de journée, ils ont atteint Lviv en début de soirée. L’itinéraire emprunté avait été mûrement réfléchi et balisé par le GIGN. 

    « On a appelé l’ambassade vers 11h30, jeudi, on a su qu’il y avait ces bus qui partaient. Mais bien sûr qu’on est heureux de quitter Kiev »

    Adrien à RTL Info

    Les services de l’ambassade ont par la suite procédé à une répartition des réfugiés selon le niveau d’urgence. Ceux qui devaient rentrer en France ont rejoint un nouveau convoi. Celui-ci s’est dirigé vers la frontière, a traversé les checkpoints, escorté par un véhicule blindé. Une fois en Pologne, les Français ont été pris en charge par les fonctionnaires de l’ambassade de France en Pologne avant de rejoindre un aéroport.

    Départ de Pologne vers la France

    Ainsi, 44 Français expatriés en Ukraine ont été rapatriés depuis la Pologne ce vendredi matin. Ils sont montés à bord d’un avion venu sur place plus tôt dans la journée pour déposer de l’aide humanitaire. Un second groupe de 25 personnes doit être hébergé à Varsovie cette nuit selon l’ambassadeur de France en Pologne et rejoindra la France demain avec la même rotation.

    L’ambassadeur de Pologne interrogé sur BFMTV ce vendredi 04 mars 2022

    La grande majorité devrait rejoindre la France via la route, en famille ou via des dispositifs de soutien mis en place par la cellule de crise et la mobilisation des élus consulaires.

  • Les vols vers l’Asie et l’Océanie perturbés par la guerre en Ukraine

    Les vols vers l’Asie et l’Océanie perturbés par la guerre en Ukraine

    La guerre en Ukraine suite à l’invasion russe débutée le 24 février 2022 a eu comme conséquence la fermeture de l’espace aérien des pays d’Europe aux avions et compagnies aériennes russes depuis le 27 février. Ainsi, les vols vers l’Asie et l’Océanie sont fortement perturbés et voient leur temps de vol augmenter. On fait le point pour les expatriés.

    Désormais, selon des spécialistes de l’aérien, deux possibilités s’offrent aux compagnies. L’une passe très au Nord vers le pôle. L’autre plus au Sud, en contournant la Russie vers le Kazakhstan, mais il faut des autorisations. Les temps de vol seront  donc logiquement rallongés, par exemple pour un Paris-Tokyo, il faudra compter 14 heures plutôt que 11.

    Pressions et représailles

    L’Union européenne a annoncé dimanche qu’elle allait fermer son espace aérien aux compagnies russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par Moscou, une mesure également décidée par plusieurs pays européens ne faisant pas partie de l’Union européenne, et par le Canada.

    Carte des espaces aériens ©AFP

    Moscou a répliqué en fermant le ciel russe aux avions et compagnies de 36 pays, dont la France.

    Un casse-tête de taille quand on connaît l’importance du ciel russe. « Contourner l’espace aérien russe allonge considérablement les temps de vol vers l’Asie, et de ce fait le transport des passagers ou de fret n’est plus économiquement viable ou compétitif », explique ainsi le patron de Finnair Topi Manner dans un communiqué.

    Maintien des vols pour Air France

    Chez Air France, les conséquences de l’invasion russe en Ukraine imposent de s’adapter. Après avoir annoncé la suspension des vols de et vers la Chine, le Japon et la Corée du Sud le 27 février, la compagnie aérienne a finalement mis en place quatre départs vers ces destinations avec un itinéraire modifié. 

    « Le changement d’itinéraire donne lieu à un allongement du temps de vol et peut entraîner des changements d’horaires. Les clients concernés sont informés individuellement »

    Air France sur son site internet.

    Certes, à cause de la Covid, le trafic n’avait pas repris complètement vers l’Asie. Mais c’est une perte sèche dont la compagnie se serait bien passée en ce moment. Car, le problème, c’est que ça n’impacte pas que le trafic de voyageurs, l’activité cargo avec l’Asie est aussi perturbée.

    Ancienne route aérienne entre Paris et Tokyo

    Ces fermetures ont, surtout, un impact direct sur la liaison entre la France et la Nouvelle-Calédonie. Pour aller en Métropole depuis l’archipel les avions passent par le Japon.

    D’autres compagnies préservées

    Les vols entre l’Europe et la Thaïlande, l’une des destinations les plus plébiscitées pour partir au soleil durant l’hiver, ne devraient pas être, eux, impactés. Il faudra en revanche s’attendre à ce que les trajets soient plus longs que prévu.

    Pour les compagnies du Golfe qui habituellement ne survolent pas l’espace aérien russe comme Emirates, Etihad Airways ou Qatar Airways qui effectuent les vols vers la Thaïlande, mais aussi les Maldives, l’Australie ou New Delhi, pas de changement à signaler.

    Et certaines lourdement touchées

    Pour Finnair, cette fermeture est une catastrophe. La compagnie de Finlande qui est une des seules autorisées à survoler la Sibérie, ne peut plus emprunter sa route la plus rapide entre l’Europe et l’Asie. Elle suspend donc ses liaisons avec Séoul, Osaka, Tokyo, Shanghai et Guangzhou jusqu’au 6 mars 2022.

     

  • La lettre d’Emmanuel Macron aux Français

    La lettre d’Emmanuel Macron aux Français

    Emmanuel Macron a choisi de s’adresser aux Français en partageant une lettre avec leur presse de proximité. Ainsi, Emmanuel Macron officialise à 38 jours du premier tour sa candidature à l’élection présidentielle pour un deuxième mandat. Pour les expatriés, Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger, animera la campagne hors de France.

    Lettre de candidature

    « Mes chers compatriotes,

    Depuis cinq ans, nous avons traversé ensemble nombre d’épreuves. Terrorisme, pandémie, retour de la violence, guerre en Europe : rarement, la France avait été confrontée à une telle accumulation de crises. Nous avons fait face avec dignité et fraternité.

    Nous avons tenu bon sans jamais renoncer à agir. Grâce aux réformes menées, notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts, nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du quinquennat, baissé les impôts de manière inédite. Tout cela nous a permis d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire.

    Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment. Mais les transformations engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi.

    Nous connaissons des bouleversements d’une rapidité inouïe : menace sur nos démocraties, montée des inégalités, changement climatique, transition démographique, transformations technologiques. Ne nous trompons pas : nous ne répondrons pas à ces défis en choisissant le repli ou en cultivant la nostalgie. C’est en regardant avec humilité et lucidité le présent, en ne cédant rien de l’audace, de la volonté et de notre goût de l’avenir que nous réussirons. L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.

    Voilà pourquoi je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière. Je suis candidat pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent. Je suis candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Pour nous permettre aujourd’hui comme demain de décider pour nous-mêmes.

    Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production. Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries, l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon.

    C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves.

    Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés.

    Nous investirons pour permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant qu’il le peut, pour rendre les maisons de retraite plus humaines. Nous poursuivrons sans relâche notre travail pour l’inclusion de nos compatriotes en situation de handicap. En matière de santé, nous opérerons la révolution de la prévention et ferons reculer les déserts médicaux.

    La force de notre modèle social est là : dans cet investissement dans l’humain tout au long de la vie, qui donne confiance aux familles et a fait de la France l’un des pays d’Europe à la plus forte natalité.

    Défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole ou dans nos outre-mer. Une histoire, une langue, une culture que lorsque l’on est Français, on se doit de connaître, d’aimer, de partager. Une citoyenneté, qui ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement de chaque jour. Parce que le respect des lois n’est pas négociable, nous poursuivrons l’investissement dans nos forces de sécurité et notre justice. Nous encouragerons l’engagement avec une ambition simple : former non pas seulement des individus et des consommateurs, mais des citoyens. Faire des républicains.

    Tout au long de mon mandat, j’ai vu partout un esprit de résistance à toute épreuve, une volonté d’engagement remarquable, une inlassable envie de bâtir. Je l’ai retrouvée dans notre pays mais aussi en allant à la rencontre de nos compatriotes vivant à l’étranger. En chaque lieu, j’ai perçu le désir de prendre part à cette belle et grande aventure collective qui s’appelle la France.

    C’est pourquoi le moment électoral qui s’ouvre est si important. Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays se donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte. Mais avec clarté et engagement j’expliquerai notre projet, notre volonté de continuer à faire avancer notre pays avec chacun d’entre vous.

    Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne.

    Avec vous. Pour vous. Pour nous tous.

    Vive la République !

    Vive la France !

    Emmanuel Macron »

    Emmanuel Macron © AFP/Telegramme

  • Fin du passe vaccinal en France le 14 mars 2022

    Fin du passe vaccinal en France le 14 mars 2022

    La vague hivernale de l’épidémie est en déclin depuis plusieurs semaines. En moyenne sur sept jours, le nombre de nouveaux cas de contamination s’établissait mercredi soir à 53 152 contre plus de 70 000 il y a une semaine. La pression se réduit également à l’hôpital, où 2 329 personnes sont en soins critiques. Jusqu’ici, l’exécutif avait évoqué le seuil de 1 500 malades en soins critiques d’ici la mi-mars pour lever le dispositif, mis en place le 24 janvier dernier, mais finalement la fin du passe vaccinal en France a bien été confirmée pour ce 14 mars.

    Jean Castex lors de son intervention au journal de TF1 de 13h du jeudi 03 mars ©TF1

    Le passe restera actif pour certains cas

    Ainsi selon le Premier ministre, « les conditions sont réunies pour une nouvelle phase d’allègement des mesures ». Le chef du gouvernement a annoncé, dans le journal télévisé de TF1 ce jeudi 03 mars à 13h, la suspension du passe vaccinal en France « partout où il s’applique » à partir du lundi 14 mars.

    Cependant, le passe sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants seront quant à eux maintenus dans les maisons de retraite, les établissements hospitaliers et les établissements accueillant les personnes en situation de handicap.

    Concrètement, il ne sera donc plus obligatoire de présenter le QR-Code de son passe vaccinal à l’entrée des restaurants, bars, musées, salles de sport, salles de concert, cinémas ou encore, parcs d’attraction dès le lundi 14 mars.

    Le masque réservé aux transports publics et aux hôpitaux

    Le même jour également, le port du masque ne sera plus obligatoire dans tous les lieux où il est aujourd’hui exigé, sauf dans les transports collectifs de voyageurs ainsi que dans les établissements hospitaliers et les maisons de retraite. 

    Les règles pour voyager hors de France sont maintenues

    Si le passe vaccinal n’aura plus court en France le 14 mars, aucune annonce n’a été faite pour les voyages. Peut-être qu’il y aura des modifications lors de la prochaine mise à jour par le Ministère des affaires étrangères dans quelques jours. En attendant, on vous rappelle les règles :

    • Pour les voyageurs vaccinés au sens de la réglementation européenne, plus de test au départ. La preuve d’un schéma vaccinal complet redevient suffisante pour arriver en France, quel que soit le pays de provenance, comme c’était le cas avant la diffusion du variant Omicron.
    • Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure, mais les mesures à l’arrivée (test, isolement) sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste « verte » caractérisée par une circulation modérée du virus.
    • Lorsque les voyageurs non vaccinés viennent d’un pays de la liste « orange », ils devront continuer de présenter un motif impérieux justifiant la nécessité de leur venue en France métropolitaine et pourront toujours être soumis à un test aléatoire à leur arrivée. Les voyageurs qui seraient testés positifs devront s’isoler, conformément aux recommandations de l’Assurance maladie.

    Retrouvez le classement des pays au 16 février

  • Maprocuration.fr : mode d’emploi pour les expatriés

    Maprocuration.fr : mode d’emploi pour les expatriés

    Voter à l’étranger, aux élections organisées en France, requiert une inscription dans une liste électorale. Vous pouvez voter à l’ambassade ou au consulat de votre pays de résidence. Le vote par procuration constitue une alternative qui donne l’autorisation à un tiers de voter en votre nom. On vous explique comment faire en passant par le site Maprocuration.fr.

    Voter à l’étranger

    Vous êtes expatrié(e) et vous souhaitez participer aux élections qui se déroulent en France. Pour cela, vous devez compléter un formulaire (accéder au formulaire en cliquant ICI) pour vous inscrire et le déposer auprès du consulat général de France, d’une agence consulaire ou de l’ambassade de France. Attention vous n’avez que jusqu’au 04 mars pour vous enregistrer sur la liste électorale consulaire.

    La procuration quand on vit hors de France

    Un décret modifiant les conditions du vote par procuration, et instituant une télé-procédure, a été adopté le 11 mars 2021, il est entré en application ce premier janvier 2022.

    Vous pouvez établir une procuration de 3 manières :

    • En ligne, avec le téléservice MaProcuration. Après avoir rempli le formulaire en ligne, vous recevrez une référence d’enregistrement « Maprocuration ». Vous devrez ensuite faire valider votre demande en vous déplaçant physiquement dans un commissariat de police, une gendarmerie ou un consulat. Sur place, vous devrez présenter votre référence d’enregistrement et votre pièce d’identité (carte d’identité, passeport… ). Vous recevrez un courriel de votre mairie vous informant que votre procuration est bien enregistrée, quelques minutes après la vérification de votre identité.
    • Avec le formulaire disponible sur internet . Vous devez le remplir et l’imprimer. Ensuite, vous devrez obligatoirement aller en personne dans un commissariat de police, une gendarmerie, le tribunal judiciaire de votre lieu de travail ou de résidence ou un consulat. Vous devrez remettre votre formulaire et présenter votre pièce d’identité (carte d’identité, passeport… ).
    • Avec le formulaire (Cerfa n° 12668*03) disponible au consulat. Vous devrez le remplir à la main sur place et présenter en personne votre pièce d’identité (carte d’identité, passeport… ).

    Bon à savoir, si finalement vous êtes disponible pour aller voter dans votre bureau de vote, même si vous avez donné procuration, vous pouvez toujours, si vous le souhaitez, voter en personne, à condition que votre mandataire n’ait pas déjà voté en votre nom.

    Si vous n’êtes pas dans un pays frontalier, le Consulat se substitue au commissariat ou à la gendarmerie

    Où trouver son numéro d’électeur et celui de son mandataire ?

    Pour établir la procuration, le personnel administratif aura besoin de votre numéro d’électeur mais aussi du numéro national d’électeur et de la date de naissance de la personne à qui vous donnez procuration (mandataire). Ce numéro est présent sur votre carte électorale, il peut aussi être retrouvé sur le service en ligne « Interroger votre situation électorale » disponible sur Service-Public.fr.

    Se connecter aux sites du Service public

    Si vous résidez hors de France, et que nous n’avez jamais été en possession d’un numéro fiscal français ou d’un numéro de sécurité sociale français, vous pourrez vous connecter grâce à la création de votre Identité Numérique La Poste, si vous respectez les critères suivants :

    • Être majeur(e) > 18 ans révolus.
    • Posséder une pièce d’identité française en cours de validité :
      - Carte nationale d’identité française
      - Passeport français
      - Titre de séjour français ayant une durée de validité supérieure ou égale à 5 ans
    • Posséder un smartphone (Android à partir de la version 5 et IOS à partir de la version 11) et un numéro de téléphone mobile éligible (numéro de téléphone de ces pays : Suisse, Etats-Unis, Royaume-Unis, Belgique, Allemagne, Canada, Espagne, Maroc, Israël, Algérie, Italie, Luxembourg, Liban, Australie, Pays-Bas, Emirats Arabes Unis, Tunisie, Sénégal, Mexique, Côte d’Ivoire, Portugal, les Territoires Palestiniens, Brésil, Madagascar, à Singapour, Chili, Thaïlande).
  • Le départ d’Ukraine s’organise (enfin) !

    Le départ d’Ukraine s’organise (enfin) !

    Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires étrangères et Anne Genetet, députée des Français d’Europe orientale, d’Asie et d’Océanie, courent les plateaux depuis ce jeudi 03 mars au matin pour désamorcer les critiques sur la gestion des Français bloqués en Ukraine. Face à la gronde chez les expatriés, leurs médias, mais aussi ceux nationaux, l’ambassade organise, enfin, le départ d’Ukraine !

    « Le convoi est parti sans les Français. Ce n’est pas normal ! Qu’est ce qu’a fait l’ambassade ? Elle a pris ses cliques, ses claques et les Français au milieu de ça, ils sont restés sans réponse, sans rien« 

    Grégory, Français d’Ukraine, déplorant que l’ambassade n’ait pas répondu aux appels des familles

    Riposte médiatique

    Dans les 4 vérités, émission politique de la matinale du service publique sur France 2, le ministre des Affaires étrangères est revenu sur la situation des expatriés en Ukraine. Alors que 500 Français sont encore bloqués dans les zones de combats, Jean-Yves Le Drian est revenu sur le dispositif que les services diplomatiques tentent de monter.

    « Nous les suivons individuellement, chaque voiture. Il sont tous en relation directe avec le centre de crise et notre ambassade »

    Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires étrangères dans les 4 vérités sur France 2 ce jeudi 03 mars

    Car si les Français, qui étaient au registre consulaire, sont suivis, ils se retrouvent le plus souvent bloqués par les combats ou l’absence de carburant. Enfin, il a été décidé de répondre aux attentes de nos compatriotes sur place, soit l’organisation d’un convoi.

    « Ils auraient pu demander aux Français de s’organiser en convoi avec ceux qui voulait partir, et tout se serait bien passé. Je trouve que c’est un scandale monstrueux. En temps de guerre, on ne laisse pas tomber ses compatriotes. C’est vraiment d’une lâcheté… « 

    Michel, Français d’Ukraine depuis 8 ans

    Anne Genetet, la députée des Français habitant en Ukraine, Biélorussie et Russie, est elle aussi revenue sur la situation de ses administrés.

    « Tout est fait pour les aider avec effectivement, des loupés et des ratés. Tout n’est pas parfait, mais vraiment, l’énergie déployée pour aller au soutien de chacun est maximale.« 

    Anne Genetet, sur France Info ce jeudi 03 mars

    Mais pour désamorcer cette crise de confiance entre le gouvernement d’Emmanuel Macron et les Français établis hors de France, plus que des mots, ce sont des actes que les expatriés attendent.

    Convoi de bus à destination de la Pologne

    De nombreux convois de véhicules se sont montés depuis lundi entre ressortissants français communiquant sur le réseau Viber, l’idée étant de voyager à plusieurs voitures pour affronter le danger ensemble – des rumeurs de voitures attaquées sur la route et dépouillées inquiètent, et nul ne sait dans quelles conditions se déroule le passage des frontières.

    Française dans un bus d’évacuation au départ de Kiev interrogée sur BFMTV ©BFMTV

    Mais ça y est, une semaine après le début de la guerre en Ukraine, des bus, affrétés par l’ambassade, sont partis de Kiev ce jeudi matin pour évacuer des Français. Un convoi sécurisé qui s’arrêtera aussi à Lviv.

    Les membres de la cellule de crise du ministère de l’Intérieur ont, ainsi, appelé mercredi 02 mars 2022 au soir les ressortissants français, un à un, pour les informer du lieu et des horaires de départ. Evidemment, ils n’ont pu contacter que ceux qui avaient bien procédé à leur enregistrement au Registre consulaire. On ne le répètera jamais assez, c’est une démarche indispensable quelque soit le pays où on réside.

    départ d'Ukraine
    Couple de Français au départ d’Ukraine dans un des bus du convoi ©BFM

    C’est la première évacuation organisée par les autorités françaises et sûrement la dernière. Pour ceux encore sur place, qui n’ont pas été alertés ou qui n’ont pas pu rejoindre le convoi, nous les invitons à contacter au plus vite la cellule de crise à ce numéro local : +380 32 297 08 31.

    Regardez l’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation en Ukraine

  • La guerre en Ukraine serait « l’acte de naissance de l’Europe géopolitique »

    La guerre en Ukraine serait « l’acte de naissance de l’Europe géopolitique »

    L’Union européenne doit accroître de manière significative son pouvoir de dissuasion, a déclaré mardi 1er mars Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, devant les eurodéputés. Il s’agit là du deuxième « tabou » brisé par l’UE en l’espace de quelques jours, après que le bloc a approuvé la livraison d’armes à l’Ukraine. Place à l’Europe géopolitique.

    Une diplomatie européenne

    S’exprimant lors d’une session extraordinaire du Parlement européen convoquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, M. Borrell a déclaré que « l’une des leçons que nous devons tirer est que l’Europe doit plus que jamais réfléchir stratégiquement sur elle-même, sur son environnement et sur le monde ».

    « Nous devons accroître notre capacité de dissuasion afin de prévenir la guerre », a estimé M. Borrell, ajoutant qu’il était devenu évident que les options actuelles de l’UE ne suffisaient pas à dissuader la Russie.

    « Parce que tout ce que nous devons comprendre, c’est que pour faire la paix, il faut être deux, mais pour faire la guerre, il suffit d’une seule partie — c’est exactement ce que nous dit M. Poutine », a-t-il ajouté.

    « Nous devons réfléchir à l’instrument de coercition, aux représailles et à la contre-attaque face à des adversaires téméraires », a expliqué le chef de la diplomatie de l’UE. Il s’agit là de « l’acte de naissance de l’Europe géopolitique », a-t-il ajouté.

    La semaine dernière, l’Union européenne avait pris des mesures visant à imposer une série de sanctions à la Russie pour son invasion de l’Ukraine, dans ce qui était considéré comme le plus grand ensemble de mesures punitives adoptées par le bloc à l’encontre d’un pays tiers jusqu’à présent.

    « Il y a trois jours, c’était impossible, et maintenant c’est possible, et ils [les Russes] commencent à ressentir les conséquences [de leurs actes] en termes d’inflation et de chute de leur monnaie », a déclaré M. Borrell. « C’est ça la capacité de coercition », a-t-il ajouté.

    Le Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, lors d’une session plénière extraordinaire du Parlement européen consacrée à l’agression russe contre l’Ukraine à Bruxelles, le 1er mars 2022. Les eurodéputés ont débattu de « l’invasion de l’Ukraine par la Russie » et ont voté une résolution à ce sujet. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

    Une défense européenne

    En outre, dans ce qui a été décrit comme un « moment décisif » pour sa politique de défense, l’UE a accepté dimanche 27 février de débloquer quelque 500 millions d’euros pour que les États membres puissent acheter des armes à destination des forces armées ukrainiennes, dans l’espoir d’arrêter l’invasion russe.

    Les traités européens interdisent à l’Union d’utiliser son budget pluriannuel ordinaire pour financer des opérations ayant des implications militaires ou de défense.

    C’est pourquoi l’UE a annoncé qu’elle utiliserait un instrument de financement hors budget, la Facilité européenne pour la paix (FEP), dont le plafond est fixé à 5 milliards d’euros et qui peut être utilisé pour fournir une aide militaire.

    Ce fonds intergouvernemental récemment créé a permis à l’Union européenne de fournir une aide militaire aux pays partenaires et de financer le déploiement de ses missions militaires à l’étranger.

    S’adressant spécifiquement aux législateurs européens, M. Borrell a souligné que le fonds ne ferait pas partie du budget actuel de l’Union approuvé par le Parlement européen, « parce que nous soutenons que l’UE est une force de paix et qu’elle ne peut pas fournir d’armes à qui que ce soit ».

    « Lorsque vous voterez le prochain budget, utilisez votre capacité budgétaire pour y mettre les poids et les moyens [nécessaires] afin de faire face à la prochaine crise et à la prochaine agression russe », a-t-il continué.

    Durant les négociations pour le budget actuel de l’UE, les initiatives phares de l’UE en matière de défense ont été considérablement réduites par rapport aux ambitions initiales en raison des querelles interinstitutionnelles concernant les chiffres. Ces désaccords ont également été observés entre les États membres eux-mêmes.

  • L’Ukraine, un destin contrarié 

    L’Ukraine, un destin contrarié 

    L’Ukraine a toujours été un territoire convoité. Carrefour commercial important, doté d’un sous-sol et de terres riches, ayant un débouché maritime, ce pays a connu de nombreuses invasions et guerres lors de ces mille dernières années. Issu du slave, le mot « Ukraine » signifie «frontière» ou «marche» et souligne bien la fragilité intrinsèque du pays dont l’histoire a été façonnée par les Turcs, les Russes, les Autrichiens, les Suédois, les Finlandais, les Polonais et les Lituaniens. 

    Pour les Russes, l’Ukraine est le berceau de leur État, pour les Polonais et les Lituaniens, elle est le cœur de l’Europe de l’Est et pour les Turcs, elle est un des maillons clef de l’Europe orientale. L’Ukraine dans ses frontières de 1991 est plus grande que la France : 603 549 km2, contre 543 940 km2 pour une population moindre, 45 millions d’habitants, contre 68 millions. 

    Une histoire chahutée 

    Le territoire actuel de l’Ukraine a été le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves aux Xe et XIe siècles. Les Vikings orientaux bâtissent progressivement un État qui s’étend de la Baltique à la Mer Noire et de la Volga aux Carpates septentrionales. L’Etat de Kiev était un des plus puissants d’Europe après l’Empire byzantin. Il comprenait l’actuelle Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie occidentale. Du fait de l’importance de son royaume, le Grand Prince d’Ukraine, Iaroslav le Sage, peut en 1051, marier sa fille Anne de Kiev au roi Henri Ier de France, preuve de l’influence de son pays jusqu’à l’Ouest de l’Europe. À partir du XIIe siècle, des divisions internes aboutissent au fractionnement de l’État kiévien et à son invasion par les Tatars Mongols. La dureté de ces derniers incite les populations autochtones à fuir vers d’autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie. Au XIVe siècle, les Polonais et les Lituaniens prennent progressivement le contrôle de l’Ukraine. La Pologne imposa sur les territoires qu’elle contrôle le catholicisme qui s’est maintenu sur une partie de l’Ukraine d’aujourd’hui. Durant cette domination lituanopolonaise, à partir du XVe siècle, les Cosaques apparaissent. Il s’agit de paysans ruthènes orthodoxes refusant la servitude et l’assimilation aux Polonais catholiques. Les Cosaques mènent une guerre contre les Tatars, puis, à partir du XVIe siècle, contre les Turcs ottomans, devenus suzerains des Tatars de Crimée. 

    Carte de l’Ukraine et de l’Empire russe occidental en 1764 © Jacques Leclerc

    Le territoire de l’Ukraine est déjà à l’époque divisé avec une partie au Nord-Ouest tournée vers l’Europe et une partie au Sud-Est qui regarde soit du côté de la Turquie, soit du côté de la Russie. À partir du milieu du XVIIe un État autonome cosaque est créé, le Hetmanat. À la suite du traité d’Androussovo en 1667, il est partagé en deux, une partie est placée sous le protectorat de la république des Deux Nations (Pologne et Lituanie), l’autre sous un protectorat moscovite. 

    Au XVIIIe, Catherine de Russie supprime le Hetmanat, le partage de la Pologne lui permettant de récupérer la quasi-totalité du territoire ukrainien à l’exception de la Galicie, passée sous administration de l’Autriche. Les mouvements indépendantistes renaissent au milieu du XIXe siècle, en phase avec ceux des autres régions de l’Empire Austro-Hongrois. Le terme Ukraine commence à apparaître dans le débat public.

    Interdiction de la langue ukrainienne en 1876

    Face au renouveau indépendantiste, les autorités russes décident, en 1876, l’interdiction de la langue ukrainienne dans les écoles, dans les journaux et la littérature, provoquant de multiples révoltes. Après la révolution de février 1917, en Russie, l’Ukraine est brièvement indépendante jusqu’en 1920. Cette indépendance est toute relative. Le territoire est, en effet, envahi d’abord par les Allemands puis, à leur retrait, il devient un champ de bataille entre le Parti bolchevique, les Russes blancs et les forces de la Triple-Entente. 

    Le 20 novembre 1917, soit treize jours après que le Parti bolchevique russe ait renversé le gouvernement social-démocrate de Saint-Pétersbourg, l’assemblée législative, la Rada centrale ukrainienne, proclame la république populaire d’Ukraine et sa séparation de la Russie. 

    L’indépendance totale de l’Ukraine est confirmée le 22 janvier 1918. Pour combattre l’Armée rouge qui contrôle alors une partie de l’Ukraine, la Rada centrale obtient le soutien des Allemands qui organisent un coup d’État en renversant le gouvernement pro-soviétique le 29 avril 1918. La défaite de l’Allemagne au mois de novembre 1918 provoque la chute des nouvelles autorités ukrainiennes et le rétablissement de la république populaire d’Ukraine avec à sa tête son ancien dirigeant pro-russe, Vynnytchenko. De 1918 à 1922, une partie importante du territoire ukrainien au sud est contrôlée par une armée paysanne insurrectionnelle d’inspiration communiste libertaire. Face aux armées blanches (constituées d’opposants au pouvoir bolchevique) et rouges, l’armée noire installe dans les territoires contrôlés un système de collectivisation des terres et de démocratie directe et décentralisée. À la fin de 1918, les Alliés (France, Royaume-Uni) interviennent dans le sud de l’Ukraine pour soutenir les Blancs de Dénikine dans la guerre civile russe. Odessa, Sébastopol et d’autres localités côtières sont occupées par les Français, mais l’intervention tourne court en raison du manque de moyens engagés et de l’hostilité de la population (mars-avril 1919). L’Ukraine est alors envahie par l’Armée rouge et passe sous le contrôle des Soviétiques.

    Famines organisées et dékoulakisation 

    Le 30 décembre 1922, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) naît du traité qui réunit la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie (RSFSR), la Biélorussie, l’Ukraine et la Transcaucasie. Staline décide de faire de l’Ukraine tout à la fois le Grenier de la Russie et une région de production d’électricité. Les mines du Donbass alimentent la sidérurgie soviétique en charbon et en fer. Staline réprimera à plusieurs reprises les tentatives de réveil nationaliste ukrainien, interprétées comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l’intégrité de l’URSS. Entre 1931 et 1933, une série de famines et l’intensification de la « dékoulakisation » frappent l’Union soviétique et ravagent particulièrement l’Ukraine. 

    Plusieurs millions de personnes perdirent la vie. Le souvenir de ces famines perdure au sein de la population ukrainienne. De 1937 à 1939, plusieurs millions d’Ukrainiens sont exécutés ou envoyés vers des camps de travail soviétiques. Les églises sont fermées et les catholiques sont pourchassés. En septembre et octobre 1939, après le partage de la Pologne entre l’Allemagne nazie et l’URSS stalinienne, conformément aux protocoles secrets du pacte germano-soviétique, les régions polonaises à forte minorité ukrainienne (comme la Galicie et Lwow) sont annexées par l’URSS et incorporées à l’Ukraine. En juin 1940, cette dernière intègre également la Bucovine du Nord et du Boudjak, pris à la Roumanie. À l’été 1941, l’Ukraine est envahie par les armées allemandes. 

    Train pour évacuer l’Ukraine lors de la famine ©IF

    À leur arrivée, les Allemands sont reçus en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, surtout par la population de la partie anciennement polonaise. Rapidement, la situation se retourne. Les mauvais traitements infligés à la population provoquent une forte résistance. La population juive d’Ukraine est anéantie par l’application de la solution finale. En 1944, l’Armée rouge libère la plus grande partie de l’Ukraine. En juin 1945, la Ruthénie subcarpathique, prise à la Tchécoslovaquie, rejoint à son tour l’Ukraine soviétique, formant l’oblast de Transcarpatie. À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de huit millions de morts dont 1,377 million étaient des militaires.

    Membre fondateur de l’ONU 

    Le 26 juin 1945, l’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de l’ONU, en y obtenant, en raison de son rôle dans la victoire sur le nazisme, avec la Biélorussie, une place distincte de l’URSS. Cette disposition particulière permet à l’Union soviétique de bénéficier de voix supplémentaires dans les votes de l’assemblée générale de l’ONU. En 1954, le 1er secrétaire du Parti communiste d’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev qui a passé sa jeunesse en Ukraine, transfère la péninsule de Crimée à la République soviétique socialiste d’Ukraine pour marquer le 300e anniversaire du traité de Pereïaslav marquant l’union entre la Russie et les provinces formant l’Ukraine d’alors. 

    Plus tard, Léonid Brejnev, d’origine ukrainienne, deviendra le principal dirigeant de l’URSS, qu’il gouvernera pendant 18 ans entre 1964 et 1982. Ce dernier dotera l’Ukraine de centrales nucléaires dont la plus célèbre est malheureusement Tchernobyl. La catastrophe nucléaire liée à cette centrale a créé un fort ressentiment antirusse au sein de la population.

    90.5% votent en faveur de l’indépendance 

    La chute de l’URSS entre 1989 et 1991 permet aux mouvements indépendantistes de renaître en Ukraine. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, est créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtiennent alors environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d’Ukraine. L’indépendance complète de l’Ukraine est proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991. 90,5 % des électeurs votent en faveur de l’indépendance.

    Garanties internationales de sécurité 

    L’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de la Communauté des États indépendants dirigée par la Russie. Par le Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, signé le 5 décembre 1994, l’Ukraine abandonne son arsenal nucléaire en échange de la garantie de son intégrité territoriale par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie. L’Ukraine est tiraillée entre le souhait de certains d’intégrer l’Union européenne et l’Otan quand d’autre estiment que la Russie est leur seconde patrie voire la première. 

    En 2004, avec la Révolution orange, les pro-européens jugent que le gouvernement pro-russe de Viktor Ianoukovytch, a truqué l’élection présidentielle. La mobilisation de la population contribue à l’annulation par la Cour suprême du scrutin et l’organisation d’un nouveau vote le 26 décembre 2004 qui voit la victoire de Viktor Iouchtchenko, qui aurait fait l’objet d’une tentative d’empoisonnement par la Russie. Sa présidence sera marquée par une forte instabilité. En 2010, son opposant prorusse, Victor Ianoukovytch, est élu président.

    Euromaïdan et la Crimée 

    À la suite du refus du gouvernement de signer des accords de rapprochement avec l’Union européenne, le mouvement Euromaïdan provoque un renversement du pouvoir. L’arrivée des pro-européens au pouvoir entraîne la sécession des régions du Donbass. Le 11 mars 2014, la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la fédération de Russie le 18 mars. 

    Euromaïdan en 2014 ©AFP

    Depuis le début des combats, près d’un million et demi de personnes ont été déplacées, 850 000 à l’intérieur de l’Ukraine, 600 000 en dehors dont 350 000 vers la Russie et 250 000 vers les pays de l’Union européenne. Le 11 mars 2014, la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la fédération de Russie le 18 mars. Le 27 mars 2014, l’Assemblée générale de l’ONU a voté la résolution 68/262 sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine. 

    Le 21 février 2022, le président russe Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance des républiques de Donetsk et de Lougansk et a ordonné à ses troupes de se rendre dans ces parties de l’est de l’Ukraine dans le cadre de ce que le Kremlin a qualifié de « mission de maintien de la paix ». Cette opération est la troisième du genre pour la Russie après la guerre en Géorgie et l’annexion de la Crimée, mais elle est d’une ampleur sans précédent. 

    L’Ukraine, un important potentiel économique 

    L’Ukraine a été longtemps une des régions les plus riches de l’URSS grâce à la puissance de son industrie sidérurgique et de la richesse de son sous-sol. Avec l’indépendance en 1991, écartelée entre l’Europe et la Russie, l’économie a rencontré de nombreuses difficultés d’adaptation. La guerre qui sévit depuis 2014 handicape la croissance, d’autant plus qu’elle se déroule dans une des régions les plus riches. L’Ukraine a sur son territoire des terres agricoles jugées comme les plus fertiles du monde. Le pays est par ailleurs traversé par plusieurs grands fleuves (Dniestr, Dniepr) qui lui fournissent d’importantes ressources en eau douce. L’Ukraine est un des principaux pays producteurs mondiaux de céréales, de sucre, de viande et de produits laitiers, que transforment une importante industrie agro-alimentaire, avec des entreprises comme Roshen. 

    L’Ukraine est également un des États européens les mieux dotés en matières premières. Elle possède des gisements de fer, de manganèse d’uranium, de potasse, de terres rares, de charbon, etc. En lien avec ses richesses naturelles, l’Ukraine a développé une industrie métallurgique importante, produisant de la fonte, de l’acier et des tuyaux. L’Ukraine était le 7e producteur d’acier au monde. ArcelorMittal y possède une de ses plus importantes usines sidérurgiques. Le groupe a préféré sortir du marché russe pour concentrer ses investissements en Ukraine. Le pays possède une importante industrie chimique, produisant du coke (charbon), des fertilisants et l’acide sulfurique. Le pays a développé également un secteur de production de matériels de transports (locomotives, tracteurs, automobiles). Le pays possède aussi plusieurs entreprises d’électronique, d’armement et de matériaux pour les programmes spatiaux. 

    Avant les tensions avec la Russie, l’Ukraine était devenue la 8e destination touristique d’Europe. Le secteur touristique représentait en 2014 plus de 2% du PIB. Plus de 23 millions de touristes internationaux se rendaient alors chaque année en Ukraine. 

    L’invasion de la Crimée par la Russie et la sécession du Donbass en 2014 ont privé l’Ukraine du quart de son PIB. Elle a été contrainte de privilégier ses relations commerciales avec l’Occident et notamment l’Union européenne. L’Ukraine continue néanmoins de dépendre de la Russie pour son énergie. 

    Les relations entre la France et l’Ukraine 

    En 2019, la France était le 9e fournisseur de l’Ukraine avec une part de marché de 2,8 %, en hausse constante par rapport à son niveau d’avant crise (2,2 % en 2013). En 2019, la part de marché de l’ensemble des pays de l’Union européenne représentait 39,85 %, contre 35 % en 2013. 

    Un accord de libre-échange est entré en vigueur en 2017. Parmi les pays de l’Union, en 2019, la France était le 4e fournisseur de l’Ukraine, loin derrière l’Allemagne (1er fournisseur européen, 9,9 % de part de marché globale) et la Pologne (6,7 %). Elle est également devancée par l’Italie (3,4 %). 

    La France dégageait un excédent commercial traditionnellement important avec l’Ukraine La France exportait en Ukraine des produits chimiques, parfums et cosmétiques (35,4 % des exportations en 2019), des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (19,1 %, dont plus des deux tiers correspondant à des machines agricoles et forestières), des matériels de transport (9,2 %), des produits pharmaceutiques (8,8 %) et des produits agricoles (8 %). Les biens importés en France en provenance d’Ukraine sont essentiellement des produits agricoles et agroalimentaires (66,2 %). 

    La France était l’un des principaux investisseurs européens en Ukraine. En 2019, elle était le 6e investisseur étranger en Ukraine, avec 2,2 % du stock d’investissement direct d’origine étrangère (IDE). La France était en outre le 4e investisseur européen, derrière l’Allemagne (4,9 % du stock d’IDE), l’Autriche (3,7 %) et le Royaume-Uni (4,2 %). 

    Près de 160 entreprises françaises sont implantées en Ukraine, employant 30 000 personnes et faisant de la France le premier employeur international en Ukraine. Elles sont présentes notamment dans la grande distribution (groupe Auchan, Decathlon), la banque (Crédit Agricole), l’agroalimentaire (notamment Louis Dreyfus, groupe Soufflet, Savencia, Malteurop, Limagrain), et le numérique (Ubisoft, Blablacar). 

    La reconnaissance par la Russie des deux républiques sécessionnistes du Donbass et l’invasion de l’Ukraine ont provoqué l’adoption de nouvelles sanctions de la part des Occidentaux qui s’ajoutent à celles prises avec le rattachement de la Crimée en 2014. 

    La tragédie sans fin de l’Ukraine 

    L’Ukraine, berceau historique de la Russie et aux marges de ce pays, a toujours été tiraillée par ses multiples origines. Moscou considère que ce pays fait partie intégrante de sa sphère d’influence, qu’il est un des maillons lui permettant d’éviter l’encerclement, qui est la hantise des Russes depuis des siècles. Il offre aussi l’accès à la mer Noire. Pour la Roumanie ou la Pologne, l’Ukraine est un État tampon mettant de la distance par rapport à la Russie. Depuis l’extension à l’Est de l’Union européenne, l’Ukraine a renforcé ces liens économiques avec cette dernière au point qu’elle aurait tout avantage à intégrer le marché unique pour pouvoir échanger sans droits de douane avec les États membres. Pour la Russie, l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne constitue un précédent inacceptable car ce pays était membre de feu l’URSS jusqu’en 1989, et a participé à la création de la Communauté des États Indépendants à la chute de celle-ci. Les Russes agitent comme un chiffon rouge l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, un scénario qui n’a pas été réellement imaginé même si le gouvernement de Kiev en a fait la demande. Les Russes estiment que cette alliance est avant tout dirigée contre leur pays. Avec l’affaire ukrainienne, Vladimir Poutine tente de revenir sur le démantèlement de l’URSS en 1991 vécu par une partie des Russes comme un affront. De l’affaire géorgienne au Donbass en passant par la Crimée et la Biélorussie, le Président russe souhaite créer aux marges de la Russie un chapelet d’États satellites. La reconnaissance des républiques du Donbass intervient en sortie de crise sanitaire et après le départ des Américains d’Afghanistan et du recul des Occidentaux en Afrique. Les Pays Baltes, la Pologne et la Roumanie craignent que la Russie remette en cause les frontières actées en 1991. Ces pays, appartenant à l’Union européenne et membres de l’OTAN, demandent aux autres États membres une forte solidarité qu’ils obtiennent pour le moment. La dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie qui est forte pour les anciens pays d’Europe de l’Est et pour l’Allemagne pourrait néanmoins peser sur la cohésion de l’Union. Les États-Unis pourraient en profiter pour renforcer leurs positions au sein de l’Union en contribuant directement ou indirectement à la livraison de pétrole et de gaz en cas d’enveniment de la crise. Si cela était le cas, une augmentation du prix du pétrole au-delà de 140 dollars du baril pourrait intervenir provoquant une baisse sensible de la croissance, autour d’un point en 2022, avec à la clef une accélération de l’inflation pouvant amener un durcissement plus rapide que prévu de la politique monétaire.

  • Personnes âgées : comment font nos voisins? 

    Personnes âgées : comment font nos voisins? 

    Le scandale Orpea, du nom du groupe qui gère nombre d’Ehpad en France et dans lesquels, selon le livre Les Fossoyeurs, du journaliste Victor Castanet, sévit une maltraitance indigne, a provoqué beaucoup d’émotion en France. Si le groupe rejette les accusations, sans convaincre, chacun s’étonne que de tels scandales puissent avoir lieu malgré les contrôles et les inspections. On peut comprendre que les résidents se taisent, on comprend moins qu’il y ait si peu de plaintes de la part des familles. Mais que dire des médecins, et des contrôleurs ? Souvent les résidents n’ont personne, et la question de la dépendance se double de celle de la solitude. Le vieillissement est un des défis structurels de nos sociétés. Une conséquence de l’allongement de la durée de vie, et de la durée en bonne santé. Les gouvernements n’ont commencé à s’en préoccuper que dans les années 90. Et partout, les difficultés surgissent, avec les besoins, les manques, les scandales.

    20% de la population de l’UE a plus de 65 ans 

    La France est l’un des pays où la proportion de personnes âgées en Ehpad est la plus élevée (8,8 % des 75 ans et plus). Les établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad) privés représentent 20 % des quelques 610 000 places recensées. Est-ce une situation originale ? Comment font les pays voisins dans l’Union européenne ? La Commission a publié un « livre vert » sur le sujet dans laquelle elle estime que le nombre de personnes ayant besoin de soins de longue durée devrait passer de 20 à 23 millions en 2030, plus de 30 millions en 2050. Déjà 20% de la population de l’UE a plus de 65 ans. 

    En Allemagne, 80% des personnes dépendantes à domicile. 

    Allemagne : 4,1 millions de personnes sont actuellement en situation de dépendance. 80 % sont soignées à domicile : 56% des personnes âgées dépendantes sont prises en charge par leur famille et 24% bénéficient de personnels à domicile. 20% seulement sont placées dans les 15 400 établissements spécialisés. 

    La moitié d’entre eux est gérée par des associations sans but lucratif, la plupart du temps des associations religieuses. Les établissements privés représentent l’autre moitié, avec au premier rang des groupes français : Korian, premier, Orpea quatrième. La loi allemande prévoit des contrôles inopinés et une autoévaluation. Fréquemment, la presse fait état de scandales.

    En Italie, l’immigration au secours du vieillissement 

    L’Italie compterait plus de 3,5 millions de personnes dépendantes, dont 81 % ont plus de 65 ans. Un chiffre en hausse de 25 % au cours de la dernière décennie. Le nombre de places et de résidences est très insuffisant : avec 18,6 lits pour 1 000 habitants de plus de 65 ans, l’Italie est très en dessous de la France (51 pour 1 000) ou de l’Allemagne (54,4) : il manque 360 000 lits à l’Italie pour atteindre la moyenne des pays de l’OCDE. 

    Les RSA (Residenze Sanitarie Assistenziali) ne se sont développées qu’à partir des années 90. Leur nombre a doublé en quinze ans pour s’établir à 4629 en 2020, seulement 14 % des RSA sont gérées par l’administration publique. Les Italiens s’appuient donc sur un système d’aide à domicile, souvent assuré par des immigrées, venant d’Europe de l’est, d’Amérique du sud ou des Philippines. Il y en aurait plus de 400 000. 

    Espagne, une responsabilité locale et des listes d’attente

    En Espagne, ce sont les administrations locales et régionales qui sont responsables en matière d’affaires sociales. Il existe 372 985 places, réparties en 5 417 résidences. 72,8 % des places disponibles en Espagne sont gérées par le secteur privé et 27,2 % par le public. 

    L’aide à domicile est également gérée par les administrations locales, mais le système officiel est encombré : près de 360 000 personnes se trouvent sur liste d’attente. Le temps moyen d’attente est de 421 jours.

    Au Royaume-Uni, des établissements privés mais pas de grands groupes. 

    Au Royaume-Uni, la dépendance est de la responsabilité des collectivités locales qui délèguent la gestion des 11 300 maisons de retraite, pour 410 000 résidents. Le secteur privé représente 83 % des lits, contre 13 % pour le secteur associatif et 4 % pour le secteur public. 80 % des acteurs ne possèdent qu’un seul établissement. Les établissements sont supervisés par des commissions indépendantes qui publient les évaluations. 

    Au Danemark, tout public

    Au Danemark, les maisons de retraite sont quasiment toutes publiques. Le financement est assuré par le résident au prorata de sa retraite, le reste étant payé par la commune qui décide aussi du placement en Maison de retraite. Les rapports d’inspection sont publics. 

    Derrière tous ces chiffres, des situations contrastées : telle résidence, même dans un même groupe, n’est pas comparable à une autre, d’autant que la situation de chaque personne est différente. Ce qui frappe, c’est à la fois que les besoins sont partout  supérieurs aux efforts et que la part de l’aide à domicile et surtout de la famille est considérable. Enfin, les études ne révèlent pas l’ampleur de la solitude des personnes âgées. 

    La France compterait 530 000 personnes âgées isolées (selon une étude  des Petits frères des pauvres). 720 000 personnes âgées n’auraient eu aucun contact avec leur famille durant le confinement. En Belgique, l’isolement toucherait  23 % des 65 ans et plus, soit 512 700 aînés isolés. En Irlande, sur 80 000 personnes de plus de 75 ans, 36 000 d’entre elles souffriraient de solitude et d’isolement, soit 45 % de cette tranche d’âge. La situation est certainement comparable dans les autres pays. Les scandales risquent de ne pas être derrière nous mais devant nous.

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