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  • La plus grande révolution, celle des femmes

    La plus grande révolution, celle des femmes

    Un jeune homme court dans une rue. Il croise un religieux. Une pichenette, le turban tombe. Le mollah reste interdit. Le jeune homme court toujours. Si on l’attrape, il sera fouetté. Cette scène se reproduit un peu partout en Iran. Les turbans des mollahs tombent, parfois un mollah est molesté. Ils représentent le régime, désormais détesté par toute la jeunesse. Des groupes se rassemblent autour d’un portrait de l’ayatollah Khamenei : ils crient, lui font tous un doigt d’honneur, postent fièrement la vidéo sur les réseaux sociaux.

    Un régime totalitaire, tueur, voleur, violeur. 

    Les Iraniennes sont en première ligne : elles montrent leurs cheveux (c’est interdit), elles chantent (c’est interdit), elles dansent en public (c’est interdit). Que veulent-elles : abolir le voile obligatoire ? Plus que cela : maintenant, c’est le régime qui est la cible. Un régime totalitaire, tueur, voleur, violeur.

    La révolution islamique de 1979 avait été l’acte de naissance de l’islamisme politique, qui a bouleversé le monde. Partout, la révolution islamique a combattu « l’Occident », y compris par le terrorisme ; celui-ci soutenait les régimes monarchistes. Cette lutte légitimait les combats, les réseaux financiers, les attentats. Le conflit entre Chiites et Sunnites pousse toujours plus loin le combat entre l’Arabie (et sa police religieuse) et l’Iran (et sa police religieuse). L’enjeu est le leadership politique sur l’islam. La dynastie saoudienne n’étant pas la dynastie légitime, celle des Chérifs de la Mecque, elle la reconstruit dans le rigorisme puritain wahhabite. En face, en Iran, à partir de Khomeini, le Chiisme, prône un puritanisme bien plus éloquent, plus révolutionnaire, plus radical, en ce qu’il est anti-occidental. 

    S’enchaînent guerres et désastres. Aujourd’hui, avec les manifestations, l’Arabie craint encore une attaque iranienne. C’est vrai que les régimes menacés de l’intérieur trouvent dans la guerre extérieure l’espoir d’un sursaut national. Et l’Iran craint une attaque israélienne. Pour l’instant, les femmes iraniennes et leurs manifestations en éloignent la menace.

    Voilà la dé-révolution iranienne : les femmes disent non. 

    Dans ce jeu, la Turquie néo-islamiste creuse un espace, comme une tombe. Dans une économie ruinée par les errements du pouvoir, Erdogan veut mettre le droit de porter le voile dans la constitution. Il y a sans doute urgence. En Afrique, au Sahel, en Indonésie, au Pakistan, la révolution islamiste initiée par les mollahs en 1979 n’en finit pas de bouleverser les rapports de force, électoraux, policiers, guerriers, intimes. Boko Haram interdit les écoles, les Talibans en bannissent les filles. 

    Et voilà la dé-révolution iranienne ! Les femmes disent non. Elles jettent le foulard, le turban et l’ayatollah par terre. Hélas, elles n’ont pas encore gagné. 50 jours de révolte ne font pas une révolution. Mais si elles l’emportent, si le régime s’effondre, si la société civile met à terre la mollahcratie qui a dévasté l’Iran, alors la face du Moyen-Orient, celle du monde, va changer. 

    C’est une révolution qui vient de loin. L’Ayatollah a raison : elle vient d’Occident, par Tik Tok, Meta Facebook, la télé, les jeux vidéo, les chansons, les jeans et le maquillage. Que veulent ces jeunes : un campus ! Cela a un autre nom : la liberté.  « Femme. Vie. Liberté ». La liberté au prix de la vie. En 2019, 1500 manifestants avaient trouvé la mort en deux semaines. Cette fois, combien sont-ils ? Il n’y a plus de journalistes en Iran. « Il est en toute circonstance illégal d’utiliser des armes à feu pour disperser un rassemblement », disent les Nations Unies. Plus aucune liberté, mais la mort, la torture, et le courage.

    femmes
    Femmes manifestant en Iran – Septembre 2022 – ©AFP/Reuters

    L’esprit mauvais, malfaisant, de la « liberté » occidentale  

    L’Ayatollah l’avait bien dit : cela vient de plus loin encore que la « liberté » occidentale. En est l’esprit mauvais, malfaisant, tant il est vrai que cette révolution là n’avait jusqu’alors vu le jour qu’en Occident, en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis : la révolution des femmes. Révolution sexuelle. L’ayatollah Khomeini, lui, défendait la « pudeur » en 1979. Au temps de Salamine déjà, au Vème siècle avant le Christ, les Grecs montraient les déesses nues (mais les soumettaient aux dieux mâles). Et se battaient pour la liberté, déjà.

    L’égalité homme-femme, étape de la liberté des femmes, passe par la révolution sexuelle. Poutine dénonce les LGBT, la Gay Pride, les Femen -mouvement né à Kiev en 2008, encore un hasard ? – Halloween, fête satanique des sorcières, plus encore que l’Otan. La « cause LGBT » n’est pas une lutte contre les discriminations, elle est le prolongement de cette évolution fondamentale qu’est la révolution féministe. 

    Jamais les femmes n’ont eu autant de place juridiquement, politiquement, économiquement qu’aujourd’hui dans l’histoire de l’humanité. Jamais les femmes n’ont été à ce point sexuellement « libres ». Mais – quoiqu’on dise du patriarcat hétéro dominant du mâle blanc- cela ne se passe qu’en Occident. Que MeeToo a encore bouleversé récemment. Et cela continuera, forcément. D’où la haine de l’Occident « décadent » des Ayatollahs, de Poutine, -et l’absence des femmes au bureau politique du Parti Communiste Chinois, toujours une coïncidence -. 

    Une révolution mondiale qui bousculera tous les régimes du Moyen-Orient 

    La plus grande révolution de l’histoire de l’humanité n’est pas la Révolution française, la bolchévique, l’anglaise, l’américaine, l’islamiste : elle est la libération des femmes. C’est le grand phénomène mondial des deux derniers siècles. La révolte des jeunes Iraniennes en est un chapitre.

    Les Iraniennes n’ont pas encore renversé le régime. L’Occident croit que quelques bombes, ou la fermeture des frontières, les sanctions, pourraient abattre les Ayatollahs. Les femmes iraniennes disent l’inverse : ouvrez les portes, connectez-vous, connectez-nous, diffusez nos images  ! En Chine, au Pakistan, en Afghanistan, en Russie, en Biélorussie, en Arabie, faites entrer les podcasts, les danses, ouvrez écrans, portes, fenêtres, plus il y aura d’air, plus il y aura de liberté, d’insolence, plus les turbans s’envoleront, plus les cheveux se déploieront au vent.  « Femme, vie, liberté », une révolution mondiale qui vient de loin, qui va loin.

    Si elle détruit le régime des mollahs, elle bousculera aussi tous les régimes du Moyen-Orient. Et plus encore.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati 

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 07.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 07.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans votre édition du lundi 07 novembre. Dans l’actualité des Français de l’étranger, on vous fait découvrir FR-Alert, on parle du retour des chaînes du groupe TF1 sur TNTSAT, et d’ Emmanuel Macron à la Cop 27 !

    FR-alert vous accompagne lors de vos voyages en France 

    Les pouvoirs publics français peuvent désormais envoyer des alertes ciblées sur les téléphones mobiles des citoyens et des visiteurs situés dans une zone de danger, et en cas de risque important communiquer des consignes de sécurité pour se protéger. Il n’est pas nécessaire d’avoir un abonnement français ou de procéder à une manipulation, le dispositif cible tous les téléphones portables présents sur le territoire concerné par l’alerte. Une solution déjà déployée dans d’autres pays et qui a démontré son efficacité ! 

    FR-Alert

    TF1 et Canal + ont trouvé un accord 

    C’est par un communiqué lapidaire que les groupes TF1 et Canal+ ont annoncé, vendredi 4 novembre au soir, avoir « trouvé un accord qui renouvelle sur le long terme la distribution de toutes les chaînes du groupe TF1 ainsi que leurs services de rattrapage ». Dès aujourd’hui, lundi 7 novembre, les abonnés à Canal+ et à TNTSAT pourront de nouveau cliquer sur les icônes TFI, TMC TFX, TF1 Séries et LCI. Une bonne nouvelle pour les Français installés en Europe ou sur les contours de la Méditerranée qui étaient privés depuis 2 mois de leurs émissions préférées. 

    TNTSAT

    Ouverture de la COP 27 

    Le président est arrivé dimanche en Égypte, un jour plus tôt que prévu. Au cours de cette COP, le président de la République souhaite convaincre les pays développés de mettre la main à la poche pour les territoires les plus touchés par le réchauffement climatique, souvent pauvres. Les militants écologistes sont, eux, sceptiques quant à l’action d’Emmanuel Macron. Verdict dans quelques jours !

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash info dédié aux Français de l’étranger !

    Ecouter le flash des Français de l’étranger

  • Élection présidentielle au Brésil : les défis qui attendent Lula

    Élection présidentielle au Brésil : les défis qui attendent Lula

    Luiz Inacio Lula da Silva a été élu président du Brésil pour le troisième fois le 30 octobre 2022 face au président sortant Jair Bolsonaro. La gauche n’a remporté l’élection présidentielle au Brésil que d’une courte tête avec des résultats très serrés.

    Ecoutez le podcast avec Florence Poznanski

    La nuit du dimanche 30 octobre 2022 a été longue au Brésil. Au fil du dépouillement des votes de l’élection présidentielle, Bolsonaro a un temps été en tête de quelques dixièmes de point avant que Lula reprenne l’avantage jusqu’à être élu. C’est toutefois d’une courte majorité que le chef du Parti des Travailleurs a remporté le scrutin. Avec 50,9% des voix pour Lula contre 49,1% pour Bolsonaro, soit un écart de deux millions de voix sur 124 millions de votants, Lula devient le premier homme à être élu président trois fois. Enfin, ce même homme, Lula, est aussi le premier à gouverner un Brésil aussi polarisé avec une moitié de la population qui le soutient et une autre qui rejette ses idées au profit de la mouvance d’extrême droite, le bolsonarisme.

    Florence Poznanski avec des militants locaux et un membre de la délégation du Parti de Gauche ©Florence Poznanski sur FB

    Un président, deux Brésil

    Ce second tour des élections a mis en valeur la fracture qui existe dans la société brésilienne. En effet si le nord du pays a voté majoritairement pour le candidat du Parti des Travailleurs, le sud lui a vu ses votes se tourner vers le président sortant d’extrême droite, comme dans l’Etat de Santa Catarina, où Bolsonaro a réalisé son meilleur score (près de 70% des voix).

    Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi 2 novembre à travers le Brésil pour réclamer une intervention militaire contre Lula, élu président du pays trois jours plus tôt. Des rassemblements de ce type ont notamment eu lieu à Rio de Janeiro, Sao Paulo et Brasilia, la capitale.

    Des barrages routiers ont été organisés dès le lendemain de l’élection présidentielle par des soutiens de Bolsonaro, mécontents de l’issue du scrutin. Des milliers de partisans de Jair Bolsonaro refusant de reconnaître l’élection de Lula ont manifesté mercredi devant des lieux de commandement militaire, réclamant une intervention de l’armée. Mais le président sortant leur a demandé de ne plus bloquer les routes.

    « Je vous lance un appel : débloquez les routes. Cela ne me paraît pas faire partie des manifestations légitimes », a dit le dirigeant d’extrême droite. « D’autres manifestations qui se tiennent dans tout le Brésil, dans d’autres endroits, font partie du jeu démocratique, elles sont les bienvenues »

    Jair Bolsonaro

    Mercredi soir, malgré une baisse du nombre de barrages, la moitié des États du pays recensaient encore des blocages par les partisans du chef de l’État sortant.

    Le point de vue de Florence Poznanski

    Dans ce podcast, La Radio des Français dans le monde donne la parole à Florence Poznanski, ancienne conseillère des Français de l’étranger au Brésil et secrétaire exécutive nationale du Parti de Gauche. Elle était sur place durant ces élections afin d’apporter son soutien au candidat Lula.

    Elle revient sur ces élections et les conséquences pour les Français du Brésil, les enjeux démocratiques, écologiques, sociétaux et internationaux qui attendent le futur gouvernement.

    Ce gouvernement, c’est un gouvernement de transition. C’est à dire que l’on a perdu tellement de choses, Bolsonaro a détruit tellement d’aspects de politiques publiques qui avait été mis en place par le PT avant, et aussi de façons d’organiser la démocratie, que le rôle de Lula c’est d’abord de rétablir tout ça.

    Florence Poznanski

    Ecoutez le podcast sur toutes les plateformes

    Podcast liste
  • TF1 de retour sur le bouquet satellite TNTSAT

    TF1 de retour sur le bouquet satellite TNTSAT

    Depuis septembre, TF1 et Canal+ s’opposent sur le renouvellement de leur accord de distribution. Un conflit qui a conduit, depuis le 01 septembre 2022, la filiale de Vivendi a cessé de diffuser les chaînes du groupe TF1 sur tous ses canaux de distribution dont l’offre satellite TNTSAT que connaissent bien les Français de l’étranger installés en Europe ou sur les contours du bassin méditerranéen. D’autres expatriés se connectaient à Mycanal, l’app de Canal +, derrière un VPN pour accéder aux chaînes de la filiale de Bouygues. Mais depuis septembre c’était l’écran noir. Des conséquences que rencontraient aussi nos compatriotes en France. Ainsi, en octobre, l’ensemble de ses cinq chaînes (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) a vu la part d’audience tomber à 25,6%, contre 27,7% un an plus tôt, selon Médiamétrie.

    Retour de la diffusion le 07 novembre

    C’est par un communiqué lapidaire que les groupes TF1 et Canal+ ont annoncé, vendredi 4 novembre au soir, avoir « trouvé un accord qui renouvelle sur le long terme la distribution de toutes les chaînes du groupe TF1 ainsi que leurs services de rattrapage ». A partir du 7 novembre, les abonnés à Canal+ et à TNTSAT pourront de nouveau cliquer sur les icônes TFI, TMC TFX, TF1 Séries et LCI.

    Un accord obligatoire pour TF1

    TF1 avait saisi la justice, réclamant le retour de ses chaînes sur l’offre TNTSAT de Canal+ pour une durée de quatre mois. Mais le tribunal de commerce de Paris, le 22 septembre, puis la Cour d’appel de Paris, fin octobre, l’avaient débouté, estimant, par deux fois, que le groupe Canal avait tout à fait le droit de ne pas diffuser les chaînes de TFI.  

    Perdant en justice, TF1 devait trouver un accord. Les audiences du mois d’octobre avaient, en effet, pâti de cette situation, en baisse de deux points par rapport à celles mesurées à la même période l’an dernier (25,6% en octobre 2022 contre 27,7% en octobre 2021). Sans compter qu’un événement médiatique d’importance majeure débute le 20 novembre : la Coupe du monde de football au Qatar. TF1, qui diffuse 28 matches de la compétition, ne pouvait pas aborder cette séquence en conflit avec Canal, qui propose une offre couplée avec la chaîne beIN Sport, détentrice de l’intégralité des droits de la compétition. 

    L’astuce du groupe de médias de la famille Bouygues, soit diffuser hors offre TNTSAT, en libre accès, ses chaines sur le satellite Astra, ne pouvait se pérenniser. En effet, TF1 ne détient que les droits des programmes que diffusent ses différentes antennes, qui ne sont valables que pour la France et les offres satellites à péage émises depuis la France. En laissant ses chaînes en libre accès sur le satellite Astra, le groupe risquait de lourdes sanctions financières des producteurs ou des organisateurs d’événements, on pense bien évidemment en premier lieu à la Coupe du monde de football.

    Que faire pour recevoir les chaînes du groupe TF1 sur TNTSAT ?

    Normalement, les chaînes devraient être de nouveau présentes sans aucune action. Cependant, si vous aviez procédé à une nouvelle recherche de chaînes afin de récupérer les flux vidéos mis à disposition par TF1 en libre accès sur le satellite Astra (celui qui diffuse l’offre TNTSAT), il est possible que vous soyez contraint de relancer l’opération de recherche pour récupérer la bonne numérotation des chaînes au sein de votre offre TNTSAT. Notre partenaire TVcorner, spécialiste des offres TV en France et pour les Français de l’étranger, peut vous assister dans ces démarches.

  • Défense européenne : « Je t’aime moi non plus »

    Défense européenne : « Je t’aime moi non plus »

    Les entreprises utilisent de plus en plus les outils offerts par les technologies digitales dans leur communication. Ces outils ont envahi également le champ de la politique et des relations internationales. Donald Trump menait la politique internationale américaine à coups de tweets. La Russie, la Turquie ou la Chine sont suspectées de mener des actions d’influence voire d’ingérence en ayant recours à toute la palette qu’offre le digital (fausses informations, hacking, etc.). L’Ukraine qui disposait d’un secteur du numérique dynamique a, dès le début de l’invasion de son territoire par la Russie, décidé d’exploiter au mieux son savoir-faire. La guerre se mène désormais évidemment sur le terrain mais aussi sur Internet.

    Accusée de promettre beaucoup mais de donner peu, la France a décidé d’accroître son effort en faveur de l’Ukraine. 

    Le 12 octobre dernier, le ministère ukrainien de la Défense a publié sur les réseaux un clip détournant la chanson de Serge Gainsbourg « Je t’aime moi non plus » afin d’inciter le gouvernement français à livrer davantage de canons Caesar. Ce type de message a un effet bien plus important qu’un communiqué de presse ou un coup de téléphone. Le jour même, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France enverrait six autres obusiers Caesar, en plus des 18 déjà livrés, ainsi que des systèmes anti-aériens, des radars. Accusée de promettre beaucoup mais de donner peu, la France a, par la voix de Sébastien Lecornu, ministre de la Défense, décidé, le 15 octobre dernier, d’accroître son effort en faveur de l’Ukraine.

    La France enverra donc rapidement des systèmes de défense aérienne Crotale qui seront opérationnels dans les deux mois et formeront 2 000 soldats ukrainiens. Elle envisage également d’envoyer des systèmes de lance-roquettes. La pression des réseaux sociaux et des médias ont donc contraint le gouvernement à faire preuve de transparence dans un domaine où le secret est de mise.

    Selon l’institut allemand de Kiel, entre le 24 janvier et le 3 octobre, la France n’aurait offert que 220 millions d’euros d’aide militaire à l’Ukraine, moins que la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Pologne et la Norvège. Les responsables français soutiennent que l’aide réelle est supérieure tout en reconnaissant que l’armement français représentait moins de 2 %, en tonnage global livré. Le gouvernement indique que, pour apprécier le montant de l’aide, il convient de prendre également en compte la formation des militaires et le renseignement.

    Le budget militaire est grevé par la force de dissuasion nucléaire et par les forces d’intervention extérieure. 

    Avec un budget militaire d’environ 2 % du PIB, la France fait moins que ses partenaires en raison de son absence de marges de manœuvre. Le budget militaire est grevé par la force de dissuasion nucléaire et par les forces d’intervention extérieure. La réduction des dépenses a eu pour conséquences un moindre remplacement des équipements et une diminution des stocks de munitions. Les 18 canons Caesar proposés à l’Ukraine représentent près du quart du stock total de l’armée française. Les six supplémentaires sortiront d’une chaîne de production de Nexter, dans le cadre d’une commande initialement destinée au Danemark. Trois systèmes antimissiles représenteraient près du quart de ce que possède l’armée française. L’appui à l’Ukraine réduit les capacités logistiques de l’armée française, sachant que les livraisons sont étalées dans le temps, l’industrie de la défense étant dimensionnée pour des petites commandes.

    L’industrie militaire française s’est contractée en vingt ans. 

    Après une longue période de baisse des budgets de la défense, l’Europe se retrouve dans la nécessité de rattraper le temps perdu. Les besoins de l’Ukraine pour faire face à l’armée russe, supposée la deuxième plus puissante du monde, sont importants. L’approvisionnement d’une armée en guerre suppose des chaînes logistiques sophistiquées capables de livrer en masse en permanence.

    L’industrie militaire française s’est contractée en vingt ans. Les coopérations entre partenaires européens à l’exception des hélicoptères sont toujours difficiles à organiser. L’avion de transport 400M d’Airbus a donné lieu à de nombreux conflits et retards entre les différents partenaires. Les projets de char et d’avions en commun sont toujours en discussion. Entre intérêts stratégiques différents et interférence américaine, l’organisation d’un consensus européen sur le sujet demeure un combat. Le retour des Démocrates à la Maison Blanche après l’épisode Donald Trump constitue pour l’Allemagne comme pour les États d’Europe de l’Est une garantie de maintien du parapluie. En cas de retour au pouvoir des « Trumpistes », il pourrait en être différemment. La France ne constitue pas, pour le moment, une alternative, ses relations avec l’Europe de l’Est étant complexes depuis le début du siècle.

  • FR-Alert vous accompagne lors de vos voyages en France

    FR-Alert vous accompagne lors de vos voyages en France

    Les pouvoirs publics français peuvent désormais envoyer des alertes ciblées sur les téléphones mobiles des citoyens et des visiteurs situés dans une zone de danger, et en cas de risque important communiquer des consignes de sécurité pour se protéger. Il n’est pas nécessaire d’avoir un abonnement français, le dispositif cible tous les téléphones portables présents sur le territoire concerné.

    Incendies, inondations, incidents industriels…

    2/3 des communes et 1/4 des Français sont situés sur un territoire risqué. Les risques deviennent de plus en plus prégnants, notamment avec les conséquences de plus en plus présentes du réchauffement climatique, et paradoxalement les collectivités locales n’ont souvent pas les moyens technologiques d’agir efficacement en cas de crise. Au-delà des catastrophes naturelles, ce sont toutes les problématiques de sécurité publique qui sont concernées par ce dispositif : accidents industriels, crises sanitaires, attentats terroristes ou encore incidents technologiques.

    À la veille des Jeux Olympiques 2024 et de ses grands rassemblements, la nécessité de se doter d’un tel dispositif est indiscutable pour assurer la sécurité des populations locales, des délégations sportives et des milliers de visiteurs attendus, comme par exemple sur l’île polynésienne de Tahiti qui accueillera les épreuves olympiques de surf.

    Cette semaine, Intersec et le ministère de l’Intérieur français ont enfin annoncé le déploiement de FR-Alert en France métropolitaine, une avancée technologique majeure au service de la sécurité publique en France.

    Les pouvoirs publics français peuvent donc désormais envoyer des alertes contextualisées sur les téléphones mobiles dans une zone de danger, et en cas de risque important communiquer des consignes de sécurité pour se protéger.

    Ainsi, la notification s’accompagne d’explications sur la nature du risque, sur l’autorité qui la diffuse, la localisation du danger, l’attitude à adopter, ainsi qu’un lien vers un site internet officiel si besoin. Et lorsque le danger est localisé sur une zone précise, seule la population vivant dans cette zone sera prévenue.

    Lors des incendies en Gironde a été utilisé du cell-Broadcast sur certaines communes. 

    FR-ALERT, une solution évolutive

    C’est la solution d’Intersec, que l’Etat français a retenu. FR-Alert comme un dispositif résolument multicanal afin de toucher le plus grand nombre de personnes. En combinant Cell Broadcast et SMS géolocalisés, nous bénéficions d’un taux de couverture exceptionnel de 95% de la population française. Le déploiement se poursuit dans les Départements et Régions d’Outre-Mer.

    En effet, l’architecture modulaire de la solution permet d’intégrer de nouvelles fonctionnalités et des canaux de diffusion additionnels comme la radionavigation par satellite de Galileo en 2023, pour se tenir prêts face aux situations d’urgence de demain.

    Dois-je m’inscrire à FR-ALERT pour recevoir les alertes ? 

    Non. FR-ALERT est conçu pour alerter toute personne présente dans la zone d’alerte, grâce aux réseaux de télécommunications. Il n’est pas nécessaire de s’inscrire au préalable pour recevoir les alertes, peu importe l’endroit dans lequel vous vous trouvez et le téléphone portable que vous utilisez.

    Et la vie privée ?

    En termes de confidentialité, un réseau mobile nécessite déjà d’avoir accès à la localisation approximative des téléphones connectés pour faire parvenir les appels, les SMS ou encore les données. En revanche, les opérateurs sont soumis aux obligations du règlement général sur la protection des données (RGPD) qui encadre l’exploitation des données personnelles.

  • Nucléaire: le gouvernement français a présenté son projet de loi pour aller « de l’avant »

    Nucléaire: le gouvernement français a présenté son projet de loi pour aller « de l’avant »

    Le gouvernement a présenté en conseil des ministres mercredi (2 novembre) un projet de loi pour relancer la filière nucléaire. En parallèle, un débat national s’ouvre sur la création de six nouveaux réacteurs, un « coup de bluff » et une « manœuvre politicienne » pour certaines associations environnementales.

    Le projet de loi « relatif à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes » se concentre notamment sur la construction de six réacteurs à eau pressurisée 2ème génération, dit « EPR 2 ». D’autant que la crise énergétique en Europe renforce la nécessité d’accélérer le déploiement de sources d’énergie décarbonée.

    Ce projet de loi « répond à l’urgence de la crise tout en regardant de l’avant », explique en ce sens Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, après la présentation du texte aux ministres.

    Pour cela, le texte rationalise et simplifie certaines procédures administratives, sans pour autant « atténuer les exigences de la France en matière de respect de l’environnement ou de sûreté nucléaire », avance-t-il.

    Un texte sur le nucléaire après un texte sur les EnR

    Le projet de loi fait suite à un autre texte sur le développement des énergies renouvelables (EnR), présenté en conseil des ministres le 26 septembre dernier et en débat au Sénat depuis mercredi.

    « Construire de nouveaux EPR est indépendant du travail fait pour développer le renouvelable », souligne toutefois M. Véran.

    « Notre enjeu est double : à la fois maîtriser notre souveraineté énergétique et décarboner notre mix énergétique afin de sortir des énergies fossiles », ajoute le député Renaissance des Hauts-de-Seine Pierre Cazeneuve au micro de RTL mercredi. La décarbonation doit, selon lui, « passer par les énergies renouvelables et le nucléaire ».

    Il faut donc, pour cela, relancer la filière nucléaire en développant de nouveaux EPR – dont les rendements énergétiques seraient plus importants que les réacteurs actuels et les systèmes de sûreté plus fiables.

    En février dernier, en plein dans la campagne des présidentielles, Emmanuel Macron annonçait ainsi qu’il souhaitait construire 14 EPR et prolonger au-delà de cinquante ans la durée de vie des réacteurs existants.

    centrale nucléaire française


    La France fidèle à ses obligations ?

    Mais ce nouvel engagement mettrait-il en péril l’engagement de la France, inscrit dans la loi, de réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici 2035 ?

    Pour le moment, le gouvernement s’est engagé à laisser cette contrainte inchangée, quoiqu’il « est possible que cet objectif soit discuté dans le cadre de l’élaboration et de l’examen d’un autre projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie » dès 2023, souligne une note du cabinet Gossement Avocats.

    Actuellement, en termes de capacité installée, le parc nucléaire français, lorsqu’il ne subit pas de pressions particulières forçant certains réacteurs à rester à l’arrêt, représente 60 à 70% du mix électrique.

    Par ailleurs, la France s’était, dès 2015, engagée à plafonner la capacité totale autorisée de production d’électricité d’origine nucléaire à 63,2 gigawatts, ce dont dispose dorénavant le code de l’énergie

    Alors que le gouvernement ne bénéficie que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale, une révision des engagements vis-à-vis de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique français pourrait d’ailleurs sceller une possible alliance avec le parti Les Républicains (LR – droite).

    Le député LR, Raphaël Schellenberger, expliquait en effet, dans le cadre d’un entretien exclusif avec EURACTIV France, en octobre, qu’il était prêt à « met[tre] fin à l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix français » pour envoyer « un signal qui permette à la filière de se projeter ».

    Le député du Haut-Rhin, territoire la dernière centrale nucléaire fermée en France à Fessenheim, a d’ailleurs déposé en septembre une proposition de loi « visant à rendre à la France sa capacité à développer la filière nucléaire » pour abroger l’objectif de réduction du nucléaire dans le mix électrique.

    Un débat national pour « faire semblant »

    Un projet de loi qui est donc loin de faire l’unanimité.

    Dans un communiqué de presse publié dans la foulée du Conseil des ministres, l’association de protection de l’environnement Greenpeace France fustigeait une « manœuvre politicienne qui vise […] à mettre les citoyens et les générations futures devant le fait accompli ».

    Selon l’ONG, les échéances sont en effet paradoxales, puisque le texte devrait être adopté avant la fin du débat organisé par la Commission national du débat public (CNDP) organisé du 27 octobre 2022 au 27 février 2023, au sujet de la construction de nouveaux EPR. 

    Or, le débat est obligatoire avant toute décision d’ouverture de nouvelles centrales.

    De plus, une telle décision devra impérativement passer par « une révision de la Programmation pluriannuelle sur l’Energie (PPE) dans laquelle pourra être fixé un calendrier de réalisation de nouveaux réacteurs, si c’est ce que le Parlement décide », analysait Michel Badré, président de la CNDP, dans Le Monde du 26 octobre. 

    « La question du nucléaire ne passe que par la démocratie et la co-construction. Indéniablement, le gouvernement prend le mauvais chemin », argue enfin la député écologiste, Marie Pochon, auprès de notre partenaire EURACTIV France. 

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier bulletin de la semaine, dans l’édition des Français de l’étranger du 04 novembre, on revient sur la démission des dirigeants de l’association de gauche Français du monde, on vous explique le Parlement des enfants et on finit avec le Goncourt qui a été révélé hier à Paris.

    Changement de génération ou de cap à l’ADFE ?

    Deux démissions sans précédent et une crise ouverte dans la principale association de gauche des Français de l’étranger : la présidente Claudine Lepage, ex sénatrice et pilier de l’association depuis les années 90 a décidé de tirer sa révérence dans une annonce au Bureau national datant du 22 octobre, une démission suivie de près par celle de Philippe Moreau. Lors de l’assemblée générale quatre membres du Bureau sortant sur les sept existants ont été sanctionnés par le vote des adhérents, conséquence de la division lors des sénatoriales entre les candidatures de Ségolène Royal, Laure Pallez et Yan Chantrel. L’objectif officiel est le recentrage sur l’associatif, mais comment faire alors que les relais et animateurs aux 4 coins du monde sont tous engagés politiquement et pour certains sont même grands électeurs comme conseillers consulaires ? 

    association Français du Monde
    Association Français du Monde

    Le Parlement des enfants est ouvert aux classes du réseau scolaire hors de France 

    Que votre enfant soit scolarisé à la MLF ou l’AEFE en CM2, il peut avec sa classe candidater pour participer au Parlement des enfants. Le thème de cette année est « Renforcer la participation démocratique et la confiance dans les institutions ». Un sujet qui ne peut qu’intéresser alors que la participation des Français de l’étranger aux élections est toujours en-dessous de la moyenne nationale. Les classes, à travers leur instituteur ou institutrice, ont jusqu’au 14 novembre pour postuler auprès du directeur de l’AEFE ou de la Mission laïque française. A la clé, une belle leçon de démocratie et un voyage à Paris pour rejoindre les autres classes dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. 

    Le prix Goncourt 2022 a été décerné ce jeudi à Paris à Brigitte Giraud pour Vivre vite

    Elle succède ainsi à Mohamed Mbougar Sarr, récipiendaire du prix en 2021 pour La plus secrète mémoire des hommes. La Française est la première autrice à recevoir le plus prestigieux des prix littéraires francophones depuis Chanson douce de Leïla Slimani en 2016, et la 13e femme récompensée depuis la création du Goncourt il y a 120 ans. Vivre vite (Flammarion), qui revient sur l’engrenage d’événements improbables ayant mené à la mort de son mari dans un accident de moto en 1999, a beaucoup touché certains jurés.

    Portrait de Brigitte Giraud 2018 ©Astrid di CROLLALANZA/opale.photo

    C’est tout pour aujourd’hui, la semaine prochaine vous retrouverez Radwan, moi je vous donne rendez-vous le lundi 14 novembre. Bon week-end où que vous soyez !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • La présidente et le secrétaire général de l’association Français du Monde démissionnent : crise interne ou simple transition démocratique  ?

    La présidente et le secrétaire général de l’association Français du Monde démissionnent : crise interne ou simple transition démocratique  ?

    Deux démissions sans précédent et une crise ouverte dans la principale association de gauche des Français de l’étranger : la présidente Claudine Lepage, ex sénatrice et pilier de l’association depuis les années 90 a décidé de tirer sa révérence dans une annonce au Bureau national datant du 22 octobre. Une démission suivie de près par celle de Philippe Moreau, son dévoué secrétaire général issu comme elle des réseaux militants de Munich. L’annonce a surpris des adhérents plutôt habitués à regarder avec distance les affaires du siège parisien et qui sont attachés à la figure respectée de cette ex enseignante spécialiste des questions éducatives et culturelles, élue en 2015 à la tête de l’association après une entrée au Sénat en 2008. La double démission n’a pas étonné cependant les membres des instances qui avaient constaté une dégradation nette de l’ambiance de travail à FDM ces dernières semaines.

    Un climat délétère depuis la dernière assemblée générale

    Claudine Lepage

    Claudine Lepage, qui reste en fonction jusqu’à mi novembre pour expédier les affaires courantes, a évoqué les  raisons de son départ dans une lettre interne diffusée aux adhérents et que Lesfrançais.press a pu se procurer : elle y évoque « un climat délétère » au sein du nouveau Bureau issu de la dernière assemblée générale de la fin août. Cette AG a accouché d’un paradoxe évoqué par la présidente : si le rapport d’activité a été adopté à l’unanimité, quatre membres du Bureau sortant sur les sept existants se sont vus sanctionnés par le vote des adhérents. Autant de conséquences possibles de la dernière sénatoriale qui a vu les socialistes de l’étranger se diviser  autour des candidatures de Ségolène Royal, Laure Pallez et Yan Chantrel

    C’est ce dernier, élu consulaire résidant au Canada, et l’écologiste de Bruxelles Mélanie Vogel qui ont été finalement élus au Sénat. Français du monde n’a pas pu jouer son traditionnel rôle fédérateur, n’évitant pas la multiplication des listes et pesant peu sur la victoire de Chantrel et Vogel. L’élection de ces deux jeunes sénateurs de gauche s’est jouée très largement en dehors du cénacle d’une association plus affaiblie que par le passé où elle arrivait à disputer aux partis le leadership d’influence pour ouvrir les portes du Sénat à ses membres. Le nombre d’élus consulaires qui adhèrent aujourd’hui  à l’association est d’ailleurs moindre que par le passé. Et l’époque où une Monique Cerisier Ben Guiga, première élue socialiste à rentrer au Sénat pour représenter les Français de l’étranger,  dirigeait d’une main de fer l’association et les réseaux associatifs de gauche pour les mettre en ordre de bataille lors des élections AFE semble appartenir à un passé révolu.

    Les divisions de la sénatoriales ont pesé… mais pas seulement

    Les douloureuses divisions de la sénatoriale ont pesé et visiblement incité une partie de la base adhérente à remanier le Conseil d’administration pour limiter la présence des militants proches ou membres du PS et en particulier de ceux qui avaient joué un rôle considéré comme diviseur à la sénatoriale et qui étaient vus comme des éléments de blocage du fonctionnement du siège. Plus largement, c’est la déconnection progressive entre les sections et le siège qui a été dénoncée par les partisans du changement.

    Christophe Courtin, qui participait à sa première AG fin août le dit clairement : « une partie de la ligne associative et politique portée par l’ancien Bureau ne me convenait pas, elle devait être modifiée. L’épisode des sénatoriales et le débat sur la CFE*, le montraient. Il y a eu une clarification à l’AG ». 

    Le vice-président de l’association, François Boucher, évoque aussi les traces laissées par les récentes échéances politiques : « Nous avons déploré comment les dernières élections consulaires, AFE, sénatoriales, et CFE, ont été vécues à FDM avec des soutiens qui n’étaient pas à la hauteur des enjeux et ont fait de nombreux mécontents. Cela ne va pas plus loin ! Bien sûr lorsque vous espériez être élu ou que vos copains le soient, vous pouvez réagir de manière disproportionnée et parfois bien loin de nos valeurs humanistes et démocratiques ». 

    Bérangère El Anbassi-Borrewater

    Bérangère El Anbassi-Borrewater, membre du Bureau national, l’affirme aussi sans détour :  « depuis plus d’un an, un grand nombre de nos sections réparties sur tous les continents se sentaient délaissées par le siège parisien. Les responsables de l’époque n’ont pas pris la mesure de ce sentiment largement partagé ». La déconnection avec les sections aurait été en particulier manifeste au moment des dernières élections consulaires de mai 2021. Et les législatives au printemps 2022 sont venues enfoncer le clou : «Il ne faut pas se voiler la face, le PS a toujours été influent au sein de FDM mais avec l’arrivée de la NUPES, la donne a changé et certains ont misé sur le mauvais cheval. Ce sont de mauvais perdants qui maintenant tentent de créer la zizanie au sein de l’association ». 

    Guillaume Grosso, membre du PRG et président de section à Genève, fait partie des nouveaux entrants au CA et évoque, dans ce contexte troublé, la volonté de rassembler qui l’a animé à son arrivée dans les instances afin que « les blessures du passé soient vite oubliées ». 

    Mais la nouvelle majorité au CA et au BN a pourtant très vite décidé de mener la vie dure à une présidente pourtant respectée pour son dévouement et son parcours politique et associatif. Claudine Lepage n’a donc pas mâché ses mots face aux critiques internes qui se développaient depuis la rentrée de septembre. Elle a déploré la remise en cause systématique du travail des équipes passées, une entreprise de démolition bien éloignée des habituelles valeurs de bienveillance prônée par la « charte de Cachan », la constitution associative de FDM qui insiste sur l’humanisme et la transparence démocratique. 

    Philippe Moreau

    Pour le secrétaire général sortant, ces valeurs ont été effectivement foulées au pied : la gouvernance de l’association s’est trouvée altérée en quelques semaines et  Philippe Moreau s’est très vite senti « mis sous surveillance ». « Les accusations calomnieuses proférées à l’encontre d’une des salariées de l’association » et les tensions internes ont abouti à une « cacophonie brouillonne totalement inefficace », amenant au départ inéluctable de ce militant pourtant expérimenté.

    Demain, un fonctionnement « moins politicien » ?

    Le son de cloche est très différent du côté des promoteurs du changement de direction. Anne Henry est résidente à Francfort. Elle est très investie dans la promotion des projets FLAM et est une membre écoutée du Conseil d’administration : elle évoque un changement démocratique issu de l’AG et souhaite à l’avenir une gouvernance d’association « moins politicienne », « plus collégiale »  avec un « resserrement des liens avec les sections réparties dans le monde entier ». Elle qui a joué un rôle significatif dans la promotion de la candidature au Sénat de Yan Chantrel travaillera à la relance associative avec le nouveau Bureau.

    Catherine Smadja-Froguel, présidente de la section du Royaume-Uni, qui a fait son entrée au Bureau national en août dernier, « veille à laisser les questions politiques au vestiaire ». Elle évoque le recentrage sur des sujets de fond comme l’inflation mondiale « qui affecte nos compatriotes les plus fragiles » ou « l’augmentation des frais de scolarité ».  La nouvelle trésorière de l’association a déjà fort à faire pour tenir un budget et des comptes qui seront regardés de près à cause de cette transition précipitée.

    Celle qui est haute-fonctionnaire issue de l’administration des finances conclut avec une pointe de malice : « pour celles et ceux qui souhaitaient utiliser ou avaient utilisé l’association pour leur promotion politique, ce n’est peut-être pas une bonne nouvelle ».

    Une association extrêmement politique à ses origines  

    L’association ADFE devenue Français du Monde a été créée en mars 1980 par des proches de François Mitterrand sur des bases très politiques, sans que cela n’offusque personne. Répondant à l’omnipotence de la droite à l’étranger qui contrôlait jusque-là les élections locales et le Sénat sur le collège des Français de l’étranger, la gauche hors de France s’était ainsi dotée d’un bras armé électoral et d’un réseau mondial fondé sur l’action locale de ses membres constitués en sections. Si la base de ADFE FDM a toujours été composée de militants associatifs, son Bureau a quant à lui toujours été présidé par des personnalités politiques membres du parti socialiste. L’élection du ou de la future présidente de FDM sera donc regardée avec attention car elle pourrait signifier la perte de la direction de l’association par un PS affaibli qui ne compte plus que deux sénateurs contre quatre il y a dix ans : l’ex ministre Hélène Conway-Mouret et Jean-Yves Leconte joueront d’ailleurs leur réélection en 2023 s’ils confirment leur candidature attendue.

    La revendication d’un recentrage sur l’associatif

    Le souhait officiel de recentrage associatif peut apparaître dans ce contexte très politique comme le signal d’une transition forte souhaitée par une majorité d’adhérents de base. Rééquilibrage géographique, valorisation plus nette du travail local, aide financière des sections, la transition, si elle a lieu, a généré des tensions au niveau central. Un Yalta interne au réseau de gauche de l’étranger serait peut-être en préparation : l’associatif à FDM, la gestion des élections et des affaires partisanes aux partis.

    Mais ce rêve d’une association « à l’état pur » est-il pour autant réaliste ? Tant que les élus consulaires se revendiquant de FDM participeront à l’élection sénatoriale et joueront un rôle dans les campagnes législatives, la création d’une identité 100 % associative relèvera du voeu pieux, de l’idéalisme ou dans certains cas, de la pure posture tactique. Alors que la nouvelle identité visuelle de l’association va être présentée bientôt, nous saurons demain à quoi ressemblera cette « Maison commune » de la gauche associative de l’étranger. Ce nouvel étendard sera-t-il capable de rassembler une gauche aujourd’hui en quête d’unité mais qui a encore du chemin à faire pour ne laisser aucun militant sur le côté ? Les socialistes seront-ils au fond les seules victimes de ce jeu de chaises musicales ? FDM sortira-t-elle renforcée de cet épisode dont beaucoup se seraient dispensés ?

    Une crise en forme de transition salutaire ?

    Claudine Lepage, malgré l’annonce de sa démission, se voulait rassurante en nous écrivant le jour de la Toussaint que « l’association continuera à fonctionner car la continuité est assurée ». Une volonté de dédramatiser partagée par le président du groupe Ecologie et Solidarité à l’Assemblée des Français de l’Etranger, Baptiste Heintz, qui a tenu à saluer le « sincère sens des responsabilités » de Philippe Moreau et Claudine Lepage qui « ont préféré céder leurs places » alors qu’ils ne se retrouvaient pas dans la nouvelle orientation attendue de l’association. Au fond beaucoup réalisent aujourd’hui qu’il ne sera pas simple de remplacer une personnalité aussi expérimentée que Mme Lepage. Les militants ont visiblement été nombreux à lui rendre hommage sur le forum de l’association. Comme un parfum de regrets ? Claudine Lepage et Philippe Moreau resteront membres du conseil d’administration, leur démission ne concernant que leurs rôles au sein du Bureau. Une influence conservée dans les instances qui pourrait être utile pour conseiller (ou recadrer?) la nouvelle équipe dirigeante.

    L’équipe des Français.Press souhaite le meilleur au nouveau Bureau de FDM et se tiendra informée des résultats de l’élection d’un nouveau Président(e) et d’un nouveau Secrétaire général(e). 


    *Cet été, la liste présentée par le groupe de gauche à l’AFE à l’élection de la caisse des français de l’étranger (CFE) n’avait pas été soutenue par le Bureau national de FDM et l’avait pourtant emporté. Une faute politique reprochée par certains aux membres du BN sortant.

  • Et si la classe de votre enfant participait au  Parlement des enfants ?

    Et si la classe de votre enfant participait au Parlement des enfants ?

    Le Parlement des enfants, vous connaissez ? C’est un projet éducatif mené par l’Assemblée nationale afin de promouvoir l’engagement civique et citoyen auprès des jeunes générations. Cette initiative est bien sûr ouverte aux enfants scolarisés dans un établissement du réseau scolaire français à l’étranger. On vous explique les modalités pour y participer.

    11 classes de CM2 hors de France

    Le Parlement des enfants vise à offrir à 577 classes de CM2 (une par circonscription législative) la possibilité de participer à une leçon d’éducation civique « grandeur nature » en élaborant une proposition de loi, dans des conditions similaires à celles des députés dans leur fonction de législateurs. Pour les Français de l’étranger, c’est donc 11 classes, il y a 11 circonscriptions, qui peuvent se joindre à leurs camarades de métropole.

    Pour y participer, les classes, à travers leur enseignant, doivent faire acte de candidature – sous la forme d’une lettre dans laquelle elles expliquent en quelques lignes leurs motivations – auprès de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) ou de la Mission laïque française (MLF). Il appartient ensuite aux directeurs de l’AEFE et de la MLF de choisir les classes qui participeront au Parlement des enfants.

    Mais attention, les candidatures doivent être déposées au plus tard ce 14 novembre 2022. Si vous êtes intéressé(e), nous mettons à votre disposition le règlement en libre téléchargement !

    Téléchargez le règlement

    Un parlement, mais pour quoi faire ?

    Pour les classes retenues, un nouveau challenge s’ouvrira : rédiger une proposition de loi sur le thème de l’édition en cours. Cette année c’est « Renforcer la participation démocratique et la confiance dans les institutions », tout un programme ! En particulier pour les Français de l’étranger qui n’ont pas la réputation d’être les plus impliqués dans le processus démocratique de notre nation comme le révèlent les taux de participation aux élections.

    La loi devra respecter un cahier des charges précis, comme pour les grands. Elle devra être rédigée à l’indicatif présent et elle devra contenir :

    • un titre : « Proposition de loi visant à… » ;
    • un exposé des motifs d’une page maximum, expliquant l’intérêt des dispositions proposées ;
    • de un à quatre articles maximum tenant également sur une page de format A4.

    Une fois la proposition rédigée et adressée à la direction académique, celle-ci fera l’objet d’un examen par un jury académique, qui se tiendra en mars à Paris. Les jurys académiques ont pour objectif de choisir une proposition de loi par académie.

    Pour les classes des circonscriptions des Français établis hors de France, qui ne font pas partie d’une académie, les propositions de loi seront directement transmises au jury national.

    Parmi les propositions de loi présentées par les classes participantes, quatre seront sélectionnées au niveau national pour être soumises au débat et au vote de l’ensemble des classes. La classe qui est à l’initiative de la proposition de loi lauréate du Parlement des enfants sera invitée à passer une journée à l’Assemblée nationale. Un beau séjour parisien en perspective pour les petits expatriés qui pour certains n’ont pas connu la France.

    Pour en savoir plus, direction le site internet du Parlement des enfants : www.parlementdesenfants.fr, qui présente l’ensemble de l’opération.

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