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  • Vers la fin des visas dorés en Europe ?

    Vers la fin des visas dorés en Europe ?

    Préoccupé de voir la citoyenneté européenne mise en vente, le Parlement Européen a adopté, en mars 2022, des règles communes pour résoudre les problèmes liés aux programmes de « citoyenneté/résidence par investissement ». Les premières conséquences se font ressentir comme au Portugal qui vient d’annoncer la fin de son programme.

    Citoyenneté par investissement

    Le Parlement a souligné que les programmes de « citoyenneté par investissement », grâce auxquels des ressortissants de pays tiers peuvent obtenir des droits de nationalité en échange d’un investissement, sapent l’essence de la citoyenneté européenne. Il qualifie la pratique – en vigueur à Malte, en Bulgarie, à Chypre – de « parasite », car les États membres vendent ce qui n’a jamais été destiné à devenir un produit. Les députés affirment que des demandes ont été acceptées même lorsque les exigences n’étaient pas remplies. Ils ont donc exigé la suppression progressive de ces programmes en raison des risques qu’ils présentent.

    Par contre, constatant que les programmes de « résidence par investissement » engendrent moins de risques, le Parlement a adopté des règles européennes communes pour renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux, la corruption et l’évasion fiscale, notamment :

    • des vérifications rigoureuses des antécédents (notamment des membres de la famille et des sources de financement), des contrôles obligatoires dans les bases de données de l’UE, ainsi que des procédures de vérification dans les pays tiers;
    • des obligations de déclaration pour les États membres, y compris un système de « notification et de consultation » pour permettre aux autres États membres de s’opposer à l’octroi d’un « visa doré »;
    • des conditions minimales de résidence physique (pour les candidats) et d’implication active, de qualité, de valeur ajoutée et de contribution à l’économie (pour leurs investissements).

    Un dispositif qui reste polémique

    En pleine guerre d’Ukraine, on a vu de nombreux Russes utiliser le dispositif de résidence pour tenter d’échapper aux sanctions économiques. Une dernière alerte qui a décidé certains pays à mettre fin à tous ces programmes comme vient de l’annoncer le Portugal.

    Pour rappel, le pays octroie ces autorisations de résidence pour investissement depuis fin 2012, quand il se trouvait sous perfusion financière de l’Union européenne et recherchait des capitaux étrangers.

    Ces dix dernières années, le Portugal a ainsi capté un total de plus de 6,5 milliards d’euros en échange de plus de 11.000 permis de résidence accordés à des candidats. Plus de 18.000 visas ont également été délivrés aux proches de ces investisseurs, toujours selon des statistiques publiées par le Service des étrangers et des frontières (SEF). Le dispositif a subi plusieurs révisions au fil du temps. Malgré ces résultats, le Portugal s’apprête bien à mettre fin à son programme de « visas dorés » au plus tôt le 1er janvier 2023 au plus tard le 1er janvier 2024.

    D’autres pays dans le viseur

    Comme indiqué plus haut, en mars dernier, Malte, Chypre et la Bulgarie étaient dans le viseur du Parlement européen. De son côté, le Royaume-Uni a ainsi mis fin à son système de « visas dorés » en février dernier, critiqué depuis le début de la crise ukrainienne.

    Malte avait aussi annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre de l’octroi de « passeports dorés » aux ressortissants russes et biélorusses.

    Mais tout cela semble insuffisant ainsi, fin septembre, la Commission européenne a attaqué Malte devant la plus haute juridiction de l’UE en raison de son système d’octroi de passeports et de la nationalité maltaise. Selon les chiffres du Parlement européen, au moins 130.000 personnes ont bénéficié d’un « passeport doré » ou d’un « visa doré » entre 2011 et 2019. Cela représente un revenu de plus de 21,8 milliards d’euros pour les pays concernés.

  • Frais d’études supérieures, les Français de l’étranger discriminés

    Frais d’études supérieures, les Français de l’étranger discriminés

    Nicolas Arnulf – Conseiller des Français de Rabat et élu à l’AFE – a envoyé une question écrite au secrétariat général de l’AFE pour transmission au gouvernement, traitant des discriminations injustes qui touchent les étudiants issus de la communauté des Français établis hors de France. En effet, le fait que la résidence des parents soit à l’étranger fait supporter, dans certains établissements, à l’étudiant des frais d’études supérieures plus élevés.

    Modulation des frais d’études supérieures

    Les écoles d’ingénieurs sous tutelle des ministères en charge de la défense (ENSTA Paris Tech, ISAE, Polytechnique etc.), de l’économie (Mines Paris Tech, les écoles de l’Institut Mines Telecom etc.) et de l’agriculture (AgroParisTech, Montpellier Sup Agro etc.) pratiquent des tarifs différents selon les revenus des parents installés en France.

    Pour les étudiants non-français, un barème aux tarifs plus élevés a été mis en place. Cependant, pour classer les élèves, c’est bien le lieu de résidence des parents qui est pris en compte et non la nationalité. Comme le dénonce dans un tweet Nicolas Arnulf, c’est bien le cas à la faculté de Paris Dauphine ou dans les Instituts politiques (Science-Po).

    Une fois de plus, les jeunes Français, qui ont, sans avoir le choix, suivi leurs parents en expatriation, se retrouvent sanctionnés par rapport à leurs compatriotes en France qui ont eux bénéficié de la scolarité gratuite et d’un meilleur classement dans Parcoursup. C’est la triple peine pour les jeunes Français de l’étranger.

    Les ressources du foyer fiscal

    Le Conseiller des Français de l’étranger propose, comme le font de nombreuses écoles privées dans le cadre de la politique d’accessibilité, de prendre uniquement en compte le revenu fiscal de référence des parents qu’ils soient ou non à l’étranger, à condition que le futur étudiant(e) soit français(e) ou européen(ne).

    Mail de Nicolas Arnulf au secrétariat de l’AFE ©Nicolas Arnulf sur Twitter

    Ainsi, on pourrait prendre en compte les ressources du foyer fiscal des parents auxquels l’étudiant est rattaché au sens des conditions mentionnées dans la circulaire n° 2019-096 du 18 juin 2019 du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, sauf critères de reconnaissance d’indépendance financière. Les ressources du foyer fiscal regroupent l’ensemble des ressources, quelle que soit leur nature ou origine (en France ou à l’étranger) et notamment toutes indemnités, avantages et revenus du foyer fiscal perçus sur l’année civile n-2, avant tout abattement, charge ou déduction. Elles intègrent : le total des salaires et assimilés avant déduction des 10% et frais réels, les revenus de capitaux déclarés, les revenus fonciers nets, les bénéfices industriels et commerciaux, les indemnités, les avantages… imposables ou exonérés d’impôt, les revenus et plus -values étrangers.

    Ainsi, les universités et écoles pourraient, tout simplement, comme pour les résidents en France, se baser sur l’avis d’imposition émis par le pays de résidence ou celui de l’Etat français en cas de revenus existants en France à la condition d’avoir opté pour la déclaration comprenant les revenus mondiaux.

    La balle est dans le camp de l’Assemblée des Français de l’étranger qui doit rapidement alerter les pouvoirs publics sur cette discrimination entre Français, ce qu’interdit notre constitution. Mais ce n’est pas la première fois que les expatriés sont confrontés à de telles injustices…

  • Le passe sanitaire en Europe

    Le passe sanitaire en Europe

    Après avoir été très largement répandue en Europe, l’utilisation du pass sanitaire a été abolie ou assouplie dans plusieurs pays dont la France. Dans d’autres pays, il est toujours en place, ses modalités diffèrent sensiblement d’un Etat à l’autre. Pour les Français de l’étranger qui auraient prévu de visiter l’Europe dans les prochains mois, on fait un point exhaustif.

    Ainsi, Il conditionne encore l’accès à certains lieux (restaurants, cinémas, salles de sport…) dans quelques Etats membres. Parfois, il n’est pas imposé au niveau national mais appliqué à l’échelle locale, ou bien laissé à la volonté de certains établissements (pass optionnel). De quoi s’y perdre..

    ©AFP

    Allemagne 

    La majeure partie des restrictions sanitaires encore en vigueur dans le pays ont été levées le 1er avril. Pour se rendre à l’hôpital, un test antigénique de moins de 24 heures ou PCR de moins de 48 heures est toujours requis.

    Plus d’informations : Ministère allemand de l’Intérieur / Centre de compétence fédéral pour le tourisme / Gouvernement fédéral

    Autriche 

    La preuve d’une guérison, d’un test négatif ou d’une vaccination contre le Covid-19 est nécessaire pour entrer dans les hôpitaux.

    Plus d’informations : Ambassade de France en Autriche / Gouvernement autrichien

    Belgique

    Les autorités ont suspendu l’utilisation du “Covid Safe Ticket”, le pass sanitaire belge, le 7 mars.

    Plus d’informations : Info-coronavirus (gouvernement fédéral) / Re-open EU / France Diplomatie

    Bulgarie

    Il n’est plus nécessaire de fournir la preuve d’une vaccination complète, d’un rétablissement à la suite d’une infection au Covid-19 ou d’un résultat négatif pour accéder aux lieux publics.

    Plus d’informations : Re-open EU / Ambassade de France en Bulgarie

    Chypre

    Chypre a réintroduit le pass sanitaire dans les établissements de santé. La présentation d’un test antigénique de moins de 24 heures ou d’un test PCR de moins 48 heures y est nécessaire.

    Plus d’informations : Ambassade de France à Chypre / Re-open EU

    Croatie 

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : France Diplomatie

    Danemark

    Depuis le 1er février, le coronapass danois (preuve d’un schéma vaccinal complet, de tests négatifs ou d’une infection antérieure) n’est plus obligatoire dans la grande majorité des lieux. Il peut toutefois être demandé à l’entrée des établissements privés. Il est valide sans limite de temps après la 3e dose et 5 mois après la deuxième.

    Plus d’informations : Gouvernement danois

    Espagne

    Les mesures sanitaires sont à la discrétion des communautés autonomes. Plus d’informations : France Diplomatie / Gouvernement espagnol

    Estonie

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Gouvernement estonien / Re-open EU

    Finlande

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Re-open EU / Gouvernement finlandais

    France

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Sources : Gouvernement français / Servicepublic.fr

    Grèce

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Source : Ambassade de France en Grèce

    Hongrie 

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Sources : Ambassade de France en Hongrie

    Irlande

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Sources : Ministère français des Affaires étrangères / Gouvernement irlandais

    Islande

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Source : Gouvernement islandais

    Italie

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Source : Ministère français des Affaires étrangères

    Lettonie 

    L’utilisation du pass vaccinal a été allégée le 1er avril dernier. Il n’est plus nécessaire pour les bars et restaurants, ou encore les événements culturels et sportifs. L’employeur peut toutefois imposer le pass vaccinal au travail et certaines professions ont toujours besoin d’un certificat de vaccination ou de guérison (soignants, enseignants…).

    Source : Ministère français des Affaires étrangères

    Lituanie

    L’utilisation du pass sanitaire a été suspendue le 5 février et les mesures sanitaires ont été allégées.

    Source : Gouvernement lituanien

    Luxembourg

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Source : Gouvernement luxembourgeois

    Malte 

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Source : Ambassade de France à Malte / Gouvernement de Malte

    Norvège

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Re-open EU /  Autorités sanitaires norvégiennes / Gouvernement norvégien

    Pays-Bas

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Re-open EU / Consulat de France à Amsterdam

    Pologne

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Ambassade de France en PologneGouvernement polonais

    Portugal 

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : France Diplomatie

    République tchèque

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Gouvernement tchèque

    Roumanie

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Re-open EU / Ambassade de France en Roumanie / Gouvernement roumain

    Royaume-Uni

    Les quatre nations constitutives du Royaume-Uni n’utilisent plus de pass sanitaire ou vaccinal.

    Plus d’informations : France Diplomatie

    Slovaquie

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Re-open EU

    Slovénie

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’infos : Re-open EU / gouvernement slovène

    Suède

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Ambassade de France en Suède / Re-openEU

    Suisse

    Le pass sanitaire n’est plus en vigueur.

    Plus d’informations : Ambassade de France en Suisse

    Carte de l’Europe

  • L’Allemagne est-elle encore l’Allemagne ? 

    L’Allemagne est-elle encore l’Allemagne ? 

    Au mois d’octobre dernier, le taux d’inflation en Allemagne a atteint le niveau record de 11,6 %. Depuis les années 50, ce pays n’avait jamais connu un tel taux. Les rares épisodes de hausse des prix avaient été courts et de faible ampleur. Lors des deux chocs pétroliers, le taux d’inflation était resté inférieur à 8 %. Durant la réunification, au début des années 1990, il s’était élevé jusqu’à 5 %. La lutte contre l’inflation constitue l’alpha et l’oméga des politiques économiques mises en œuvre outre-Rhin depuis 1949 avec, en corollaire, la défense du deutsche mark puis de l’euro fort.

    Le développement d’une industrie exportatrice passe par une maîtrise des coûts  

    Le rejet viscéral de l’inflation était lié à la rémanence de l’hyperinflation des années 1920. Il y a un siècle, en 1922, le taux d’inflation avait atteint 5300 %. L’année suivante, en 1923, il dépassait 16 millions de pour cent. Les prix dans les commerces étaient modifiés plusieurs fois par jour. Dans les restaurants, les menus ne comportaient plus de prix, un crieur au cours des repas indiquait le montant des plats aux clients. Au-delà de ce cruel souvenir, la maîtrise des prix est indissociable du modèle économique choisi après la Seconde guerre mondiale. 

    Le développement d’une industrie exportatrice passe par la maîtrise des coûts. La monnaie forte joue un rôle désinflationniste en réduisant la facture des matières premières, de l’énergie et des biens intermédiaires importés. Ces deux facteurs, inflation réduite et appréciation de la monnaie, ont permis à l’Allemagne de développer et de conserver une industrie puissante, positionnée sur le haut de gamme. Coup sur coup, ce système se lézarde. 

    Avec la guerre en Ukraine, le pays est confronté à un choc énergétique d’une rare violence en raison de sa forte dépendance aux importations de pétrole et de gaz en provenance de la Russie. En un an, l’euro a perdu 15 % de sa valeur par rapport au dollar, contribuant ainsi à accélérer l’inflation en Europe.

    © RONNY HARTMANN / AFP

    Des garde-fous pour éviter tout dérapage inflationniste 

    Lors de la négociation de la monnaie commune à la fin des années 1980 et au début des années 1990, les responsables allemands n’avaient concédé l’abandon du mark qu’à certaines conditions, notamment que des garde-fous soient institués pour éviter tout dérapage inflationniste. Parmi les mesures retenues dans le cadre du Traité de Maastricht figurait l’indépendance de la Banque centrale qui avait comme mission essentielle d’assurer la stabilité des prix. Par ailleurs, aucun mécanisme de soutien à des États membres en difficulté n’avait été prévu afin d’éviter que les États vertueux soient amenés à financer ceux qui l’étaient moins. 

    L’euro est une monnaie commune où les États membres sont individuellement responsables du respect des normes de bonne gestion monétaire. Jusque dans les années 2010, en Allemagne, les gouvernements, le patronat et la Banque centrale, défendaient avec force l’orthodoxie budgétaire et monétaire. La priorité donnée à la lutte contre l’inflation visait à défendre l’économie mais aussi le pouvoir d’achat des consommateurs et des épargnants. Avec réticence, les autorités de Berlin avaient accepté la politique monétaire non conventionnelle appliquée après 2015 reposant sur d’imposants rachats d’obligations d’État par la BCE et par une baisse historique des taux. Depuis l’épidémie de covid-19 et avec la guerre en Ukraine, la première puissance économique de l’Europe semble avoir mis ses principes de côté. 

    Un changement de doctrine ?

    Aucune voix ou presque ne s’est fait entendre pour réclamer un durcissement plus rapide de la politique monétaire. L’adoption du plan de relance européen financé par un emprunt communautaire a été perçu comme un changement de doctrine

    Sur le plan interne, en matière budgétaire, après avoir soutenu le pouvoir d’achat des ménages durant l’épidémie, le gouvernement fédéral a décidé de lancer un plan d’aides de 200 milliards d’euros pour faire face à l’inflation. En parallèle, un programme annuel de modernisation de l’armée de 100 milliards d’euros a été également décidé. En augmentant les dépenses publiques comme d’autres États membres de la zone euro, le gouvernement allemand prend le risque d’alimenter l’inflation. Ce net revirement est dicté par des impératifs politiques et économiques. Il n’est pas sans lien avec le vieillissement rapide de la population allemande qui exige plus de protection. 

    Par ailleurs, la menace russe, la montée du protectionnisme et les incertitudes sur l’évolution des États-Unis, arriment un peu plus fortement qu’auparavant l’Allemagne à l’Union européenne.

    L’Allemagne pourrait rapidement réendosser le costume de la rigueur 

    Si l’Allemagne souhaite préserver ses importantes relations commerciales avec la Chine comme en témoigne le dernier voyage dans ce pays du chancelier Olaf Scholz, elle est consciente que l’Union européenne demeure son marché de base. Une fois l’affaire des approvisionnements énergétiques réglée, le gouvernement allemand devrait ainsi revenir à ses fondamentaux en privilégiant la lutte contre l’inflation et en exigeant de ses partenaires un effort drastique d’assainissement de leurs comptes. 

    En cas de nouvelle crise des dettes souveraines, la mansuétude allemande pourrait rapidement avoir comme limite les intérêts de l’industrie et des épargnants dont le pouvoir d’influence est important. 

    Compte tenu de son poids économique et diplomatique, l’Allemagne pourrait rapidement réendosser le costume de la rigueur. 

  • Bruno Le Maire fustige la « course aux subventions » 

    Bruno Le Maire fustige la « course aux subventions » 

    La « course aux subventions » est « contraire à toutes les règles du commerce international » et les subventions américaines appellent une réponse « coordonnée, unie et forte » des Européens, a estimé dans une interview le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

    Biden subventionne les entreprises

    « Certaines grandes entreprises étrangères qui voulaient s’installer en Europe hésitent désormais entre des sites européens et des sites américains », a déclaré M. Le Maire dans une interview aux quatre journaux européens Les Echos, Handelsblatt, El Mundo et Corriere della Sera, mise en ligne dimanche (6 novembre) soir.

    « Dans certains cas, le montant des subventions que l’administration Biden propose est quatre à dix fois le montant maximal autorisé par la Commission européenne », a-t-il dit. « En France, nos premières estimations indiquent que ce sont 10 milliards d’investissements et des milliers d’emplois industriels qui sont en jeu », a-t-il ajouté.

    « Notre industrie subit déjà un déficit de compétitivité lié aux différences de prix de l’énergie entre les Etats-Unis et l’Europe », a-t-il déploré. « Les subventions massives prévues par le Inflation Reduction Act (IRA) américain et la concurrence chinoise également fortement subventionnée risquent de creuser davantage cet écart ».

    La loi américaine sur la réduction de l’inflation

    La loi américaine sur la réduction de l’inflation, ainsi nommée pour coller à l’actualité mais qui est en réalité un programme de réformes environnementales et sociales, est un plan de plusieurs centaines de milliards de dollars d’investissements.

    Bruno Le Maire a réclamé une « réponse coordonnée, unie et forte de l’Union européenne vis-à-vis de nos alliés américains. Seule la fermeté nous permettra d’obtenir des résultats ».

    Il dit attendre « de la Commission européenne des propositions fermes et proportionnées », notamment « une affirmation plus stricte de nos intérêts environnementaux »« des dispositifs de préférence européenne ou l’accélération de l’utilisation des instruments de réciprocité ».

    Il a par ailleurs souligné qu’une « politique monétaire restrictive n’est pas compatible avec une politique budgétaire expansionniste », qu’il ne faut pas « soutenir sans limite la demande », mais « évoluer vers des aides davantage ciblées ».

    Il estime enfin que, « à la sortie de cette crise énergétique, nous aurons un niveau d’inflation probablement plus élevé que ce que nous connaissions depuis les dernières décennies »« parce que la relocalisation de notre production (…) et la décarbonation de l’économie vont renchérir structurellement le coût de certains produits ».

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 08.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 08.11.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash dédié aux Français de l’étranger, ce 8 novembre on parle de l’amendement Petit pour une nouvelle organisation de la gestion des Lycées Français à l’étranger, des turbulences dans la zone euro et du scandale des 11 évêques en France accusés d’agressions sexuelles sur des mineurs. 

    Un comité de gestion pour les établissements en gestion directe

    L’AEFE est l’agence en charge de piloter la politique éducative de la France à l’étranger, mais depuis 1992 elle est aussi en charge de la gestion des établissements détenus directement par l’Etat. Sur près de 500 établissements, ils sont 68 dans ce cas. Jusqu’à présent, les fonds dédiés à leur fonctionnement étaient mélangés aux revenus de l’agence pour ses missions générales. Un système que les parents d’élèves comme la cour des comptes ont jugé opaque. C’est dans ce contexte que Frédéric Petit, député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans, issu du MODEM, a fait adopter en première lecture à l’Assemblée nationale un amendement permettant de créer un comité de gestion qui chapeauterait, au sein de l’AEFE, le management des 68 établissements en gestion direct. Cette disposition législative permettra d’éviter que les fonds des parents d’élèves financent le déficit de l’agence, et renforcera le poids de ces derniers qui devront représenter au moins 25% des droits de vote contre 1/8 actuellement ! 

    La zone euro décroche 

    C’est l’analyse de Philippe Crevel, économiste français, président du cercle de l’épargne français et notre spécialiste économie. Dans un article publié sur le site Lesfrancais.press, l’expert alerte les Français et plus largement les Européens sur le décrochage de notre continent. Innovation, investissement, commerce extérieur, tous les voyants sont au rouge. Le transfert de richesses vers les USA et la Chine ayant même progressé depuis le début de la décennie. Une analyse passionnante mais qui révèle un avenir sombre pour le continent. 

    zone euro

    11 évêques français mis en cause en France 

    Ces dignitaires religieux, pour certains à la retraite, sont au coeur des enquêtes de la justice civile ou de la justice de l’Église pour des signalements, a annoncé lundi le président de la Conférence des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort lors d’un point presse à Lourdes. Sans entrer dans les détails, il a insisté sur « la grande diversité des situations, des faits commis ou reprochés ». « Si l’Église est faite de pêcheurs, elle doit veiller à ce que ces pêcheurs n’usent pas de leur statut ecclésial pour faire du mal et atteindre particulièrement des personnes fragiles ou rendues vulnérables », a déclaré Éric de Moulins-Beaufort. « Elle doit accompagner les éventuels coupables avec miséricorde mais aussi avec justice ».

    Mgr Ricard, ancien évêque de Montpellier

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour l’édition du 09 novembre ! Bon mardi à tous…

    Ecoutez le flash des expatriés

  • Rencontre avec la Consule Générale de France à Édimbourg, Laurence Pais 

    Rencontre avec la Consule Générale de France à Édimbourg, Laurence Pais 

    Laurence Pais est la Consule Générale de France à Édimbourg et à Glasgow depuis septembre 2019.  Le Consulat général de France à Édimbourg et Glasgow est une représentation consulaire de la République française au Royaume-Uni.

    La Consule nous a accordé une interview au cours de laquelle Laurence Pais nous a donné quelques chiffres des expatriés vivant en Écosse.

    “On estime la présence des Français à 13 000, pour un peu plus de 6 000 enregistrés au Consulat.” 

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow

    “Il y a moins d’étudiants à cause du Brexit”

    Il y a eu des allers et venues depuis la mise en place du Brexit.

    “Des Français sont repartis à cause de la Covid, mais il y a des nouveaux qui arrivent. Ça s’équilibre. En raison du Brexit il y a probablement moins d’étudiants français et moins de Français qui viennent pour des courtes périodes ou pour trouver du travail, ceux qui venaient l’été pour trouver un job pour un mois ou deux et qui probablement restaient. C’est désormais difficile parce qu’il faut un visa.” 

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow

    Selon Laurence Pais, il y a une autre catégorie de Français qui souhaitent venir en Écosse.

    “Il y a des Français qui reviennent pour y vivre ou pour ouvrir une librairie ou un café, mais actuellement ils ne peuvent pas venir s’ils n’ont pas de visa. Il y a moins de Français et en particulier de jeunes qui venaient auparavant travailler dans un bar ou restaurant ou pour améliorer leur anglais. Ça maintenant ce n’est plus possible.” 

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow

    Le rôle du Consulat 

    Depuis 2016 le consulat à Édimbourg est un poste consulaire d’influence.

    C’est à dire que le consulat ne fait plus l’état civil, ne fait plus les passeports et les visas mais il assure la protection consulaire. Les Français de passage peuvent faire appel au consulat en cas de difficultés. La plus courante c’est la perte ou le vol d’un passeport et à ce moment là le consulat délivre des laissez passer. Le consulat continue d’assurer les élections, donc cette année ça a été le cas pour les élections des conseillers des Français de l’étranger. Le consulat anime la communauté française en Écosse à travers différents événements comme les commémorations traditionnelles, par exemple le 14 juillet, le 8 mai, le 11 novembre. On remet également le livret de nationalité aux Français qui le souhaitent, aux personnes qui résident en Écosse et qui sont devenus français. Ils peuvent le faire à Londres ou à Édimbourg. Nous avons 3 conseillers des Français de l’étranger.” 

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow

    Les inquiétudes des expats en Écosse 

    Laurence Pais nous a déclaré que le consulat répond par mail et avec une permanence téléphonique “aux questions que nous posent les Français, les Britanniques et d’autres nationalités. Ça a été pendant deux ans sur la Covid, les restrictions, se déplacer d’un pays à l’autre… Il y a également des demandes sur le Brexit. On a beaucoup de questions sur les visas pour les Britanniques qui veulent se rendre en France ou des Français qui viennent ici. On répond dans la mesure en lien avec le consulat général de Londres.” 

    Tournée consulaire 

    Les Français qui veulent renouveler leur passeport doivent se rendre à Londres.

    “Tout le monde ne peut pas se déplacer et donc le consulat général de Londres ne vient pas à eux uniquement à Édimbourg mais dans d’autres villes du Royaume-Uni. Pendant 3-4 jours, les collègues prennent les demandes de passeports ou de renouvellement de passeports. Les personnes qui ont des difficultés à se déplacer sont prioritaires. Les Français inscrits au consulat à Londres ou à Édimbourg peuvent se faire envoyer leur passeport directement à leur domicile. Pendant la Covid il y a eu deux tournées consulaires.” 

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow

    L’Institut Français à Édimbourg 

    Facade de l’Institut Français d’Écosse ©IF Ecosse

    Laurence Pais est à la fois Consule Générale, mais aussi directrice de l’Institut Français d’Écosse, qui est le relais de l’action culturelle de la France.

    “L’Institut est une antenne de celui de Londres, même si on a une grande autonomie de programmation. On propose un peu la même chose mais en moins grand. On propose des cours de langue, des activités culturelles, des concerts et des conférences. Nous partageons des vidéos et films sur le site web. Si vous connaissez Édimbourg, nous sommes au cœur de la vieille ville en face de St Giles’ Cathedral. C’est un très grand bâtiment avec plusieurs salles et un auditorium qui est équipé pour être une salle de cinéma. On l’utilise pour des réceptions comme le 14 juillet. Nous on est moins bien équipé mais ça reste quand même une très belle salle de spectacle. On a aussi une bibliothèque et on accueille des programmations pendant le Festival Fringe au mois d’août qu’on appelle Vive le Fringe. On programme des spectacles avec des artistes français ou francophones mais qui ont un lien avec la France. Notre public est principalement anglophone, donc on a des sous-titres en anglais lors des films et spectacles de Vive le Fringe.”

    Laurence Pais, Consule Générale de France à Édimbourg et à Glascow
  • Une nouvelle organisation pour la gestion des Lycées français à l’étranger

    Une nouvelle organisation pour la gestion des Lycées français à l’étranger

    En tant que Français de l’étranger, vous connaissez l’AEFE, cette grande Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger qui chapeaute l’ensemble du réseau des établissements scolaires français à l’étranger. Chargée de la politique de rayonnement culturel via l’éducation de notre pays, de l’homologation des établissements de la Mission laïque française, du groupe Odyssey et d’autres indépendants, elle est aussi la responsable des 68 établissements scolaires en gestion directe (EGD) sur les 566 écoles, collèges et lycées hors de France.

    © Sénat français

    Frédéric Petit, député des Français d’ Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans (MODEM), a fait adopter des amendements dans le cadre du budget 2023 qui réorganise le fonctionnement interne de l’AEFE quant à la gestion de ces 68 EGD. L’occasion de faire le point sur l’organisation actuelle et les modifications voulues par les parlementaires.

    Une gestion opaque

    En tant qu’administration, l’AEFE ne peut constituer de filiales, les établissements dont elle a la charge de gestion ne disposent donc pas d’autonomie financière et leur financement est noyé dans le budget global. Une situation qui provoque, régulièrement, des incompréhensions entre les parents d’élèves et les responsables d’établissements mais qui a aussi conduit à des alertes répétées de la Cour des comptes française.

    « Si cet état de fait était compréhensible à la création de l’opérateur il y a trente ans, quand son rôle principal était de rassembler et de coordonner des établissements très disparates, il constitue aujourd’hui un problème de contrôle et de sincérité des comptes publics, voire une source d’injustice. »

    Frédéric Petit, député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans

    Cette organisation est le résultat d’une modification de la loi encadrant l’AEFE datant de 1992, avant cette date les établissements étaient répartis entre les académies. Pour des raisons évidentes d’efficacité, il a été décidé de ramener leur gestion au sein de l’agence.

    ©Ecole ROCHAMBEAU

    Mais ce que n’avait pas prévu le législateur, c’est la multiplicité des modes de financement des EGD. Evidemment, ils sont alimentés par le budget de l’AEFE, mais aussi par les autorités locales et surtout par les parents d’élèves. Avec le système actuel, il est impossible de « flécher » les fonds. Que ce soit une région allemande qui subventionnait des travaux ou les frais de scolarité des parents d’élèves, l’ensemble était versé au budget national de l’AEFE.

    A tort ou à raison, ce système donnait l’impression aux parents d’élèves de financer la politique culturelle par l’éducation des gouvernements successifs au dépend de la qualité de l’accueil et des services pour leurs enfants, ces jeunes petits expatriés.

    Un comité de gestion

    La proposition portée par Frédéric Petit, et adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale (nous y reviendrons un peu plus bas dans l’article), consiste à prendre en compte cette multitude de sources de financement et à isoler la gestion des EGD des missions politiques, culturelles et d’encadrement des autres réseaux homologués (LMF, Odyssey, etc.) de l’AEFE.

    « Avec mon amendement, on va pouvoir préserver les fonds des établissements, qui ne doivent pas servir à financer les pertes de l’AEFE « 

    Frédéric Petit, député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans / Pour information, sur un budget de 450 millions, 30 millions de pertes ont été comptabilisées en 2021.

    Pour cela le député des Français d’Europe centrale et des Balkans, à travers son amendement, instaure un comité de gestion, qui chapeautera une subdivision de l’administration AEFE (le statut précis n’est pas encore défini) qui se chargera uniquement de manager et de financer les EGD.

    Grâce à cette division des tâches au sein de l’AEFE, l’amendement assure la cohésion de la politique globale de l’agence, tout en permettant de créer une comptabilité propre à la gestion des EGD et à séparer, ainsi, la gestion des missions nationales et internationales de l’AEFE de celle de ses établissements.

    Concrètement, la nouvelle disposition crée un comité de gestion dédié aux EGD avec une composition différente de celle du conseil d’administration de l’agence.

    Répondre aux parents d’élèves

    En plus, donc, d’une réorganisation comptable, Frédéric Petit répond aussi à une demande récurrente des associations de parents d’élèves, soit d’avoir plus de poids dans les instances de décisions des établissements. En effet, actuellement, les parents d’élèves sont ultra minoritaires dans le conseil d’administration de l’AEFE et ce malgré une première réforme, portée par la sénatrice Samantha Cazebonne (Renaissance), qui a créé un nouveau siège pour ces associations.

    Dans le comité de gestion, le poids de ces dernières est renforcé, le texte prévoit qu’elles auront le droit au minimum à 25% des sièges tandis que l’administration sera limitée à 60% des droits de vote. Le delta, soit 15%, pourrait soit renforcer le poids des parents d’élèves, soit être affecté aux conseillers des Français de l’étranger, qui bien que présents au conseil d’administration de l’AEFE, ne sont pas explicitement repris dans ce comité de gestion.

    Quel calendrier ?

    Si dans le cadre du budget 2023, l’amendement a été adopté par l’Assemblée Nationale, son parcours législatif n’est pas fini. En effet, avec les « 49.3 » à répétition du fait de la division de notre Assemblée, l’avenir de cette disposition est encore incertaine. Pour être confirmée, il faut que le gouvernement reprenne à son compte cet amendement pour l’inclure dans le texte qui sera soumis au vote lié à l’enclenchement de l’article 49.3 de notre constitution. Autre option, il pourrait être repris par le Sénat lors de la navette parlementaire.

    Cette étape devrait être franchie ou non dans les tout prochains jours. Si l’amendement survit au chaos politique actuel, l’AEFE comme les autres parties prenantes auront une année pour appliquer ces changements. La date butoir indiquée dans l’amendement est le 1er janvier 2024.

    Si la disposition disparaît dans les méandres des conflits entre les partis, on ne doute pas que Frédéric Petit, avec la rigueur qui le caractérise, proposera à nouveau rapidement un texte. Surtout que si cette disposition déplait aux syndicats des professeurs qui voient d’un mauvais oeil la montée en puissance des parents, elle est attendue, avec impatience, par les associations de parents d’élèves.

  • Les péages sans barrières débarquent en France 

    Les péages sans barrières débarquent en France 

    Lors de vos voyages en France, si vous avez eu l’occasion de prendre l’autoroute pendant les grandes transhumances estivales ou pendant les pics de circulation, vous l’avez constaté, les péages sont souvent des points noirs générant bouchons et autres « plaisirs ». Mais dès ce vendredi, il y aura une petite nouveauté sur l’autoroute A79, qui deviendra la première autoroute avec des péages sans barrières en France. Le gouvernement promet une généralisation dans les prochaines années. 

    Ce système de péages sans barrières existe déjà dans de nombreux pays comme entre Johannesburg et Pretoria (Afrique du Sud), ou autour de Toronto (Canada), ainsi que dans de nombreux États américains ou près de Milan (Italie) par exemple. Ce dispositif permet aux usagers de circuler à la vitesse autorisée, sans ralentir ni s’arrêter en passant sous des portiques dotés de caméras et de capteurs qui identifieront leur véhicule.

    Péage dans le Sud de la France ©Stock Adobe

    Pas de barrières ? Gratuité ? 

    Et non, l’absence de barrières aux péages n’indique pas que l’autoroute devient gratuite. En France, il n’en est toujours pas question. A sa décharge, en conséquence, notre pays dispose d’un des meilleurs réseaux autoroutiers du monde. Il suffit de rouler en Belgique pour le constater. 

    Mais alors comment régler son péage ? 

    La solution la plus simple est de se procurer un badge de télépéage classique, quel qu’en soit le fournisseur (l’abonnement n’est pas obligatoire), par contre un compte en France l’est pour pouvoir être débité par prélèvement automatique. On pourra aussi payer sur le site de l’opérateur qui gère l’autoroute, soit en enregistrant une fois pour toutes son numéro d’immatriculation et ses coordonnées bancaires, soit en réglant chaque passage.

    Dernière possibilité : 16 bornes au bord de l’autoroute, qui permettront de payer en carte ou en espèces.

    Vous n’aurez que 72h pour régler vos trajets ! Si vous l’oubliez, une amende de 90 euros viendra s’ajouter au montant du péage, et la coquette somme de 375 euros sera demandée si l’amende initiale n’est pas réglée dans les 60 jours.

    Comment le système définit-il le montant à payer ?

    L’autre question est de s’assurer qu’on a bien été débité du bon montant. 

    Le tarif est calculé par un système qui capte votre plaque d’immatriculation entre les stations de contrôles (les anciens péages). Les opérateurs ont accès au registre européen des plaques d’immatriculation, et la France a signé des accords de suivi sur les amendes avec la quasi totalité des Etats membres de l’Union européenne. Pour les expatriés en Europe qui viennent en France avec leur véhicule immatriculé dans un autre Etat, il faudra être attentif car en cas de non règlement c’est votre État de résidence qui recouvrira la créance à laquelle s’ajoutera des amendes selon le tarif local. 

    Quel planning pour le déploiement ?

    Ce nouveau système nécessitera la prise de nouveaux réflexes. Sa généralisation devrait être finie à la fin de cette décennie. Parmi les prochaines autoroutes à basculer vers le flux libre, l’Autoroute blanche (A40) en Haute-Savoie que la société Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) entend convertir « à moyen terme », citant comme raison la qualité de l’air dans la vallée de l’Arve. Les autoroutes de Normandie devraient aussi être équipées en 2023 comme le nouveau tronçon en Occitanie

  • La zone euro en turbulences 

    La zone euro en turbulences 

    La guerre en Ukraine souligne les faiblesses structurelles des États membres de la zone euro. Ils sont, en effet, confrontés à plusieurs défis de grande ampleur : le vieillissement de la population, l’insuffisance de l’innovation, le recul de la productivité et la transition énergétique. L’absence de fédéralisme constitue un handicap de plus en plus criant.

    Depuis dix ans, une croissance inférieure à celle des États-Unis 

    Créée il y a plus de vingt ans, la monnaie unique nécessite une mise à niveau pour s’adapter à la nouvelle donne économique et financière. Si la crise financière de 2007/2009 était d’origine américaine, elle a lourdement pénalisé l’Europe. Depuis une dizaine d’années, les États européens connaissent une croissance inférieure à celle des États-Unis. Plusieurs facteurs expliquent les contreperformances européennes. 

    Premier facteur : le déclin démographique L’Europe vieillit plus rapidement que les États-Unis. Depuis 2012, la population active diminue au sein de la zone euro quand elle poursuit sa progression aux États-Unis. D’ici 2025, elle sera même supérieure outre-Atlantique quand, en 2022, la zone euro la dépassait de 25 millions. En 2030, la population active de la zone euro sera inférieure de 10 millions par rapport à celle des États-Unis. Le vieillissement conduit également à une augmentation des dépenses de retraite, de santé et de dépendance. Il serait à l’origine d’un déficit de croissance de 0,7 point par an par rapport aux États-Unis.

    Les grandes avancées technologiques sont nées aux États-Unis ou en Asie

    Deuxième facteur : la disparition des gains de productivité en Europe. Les dépenses totales de recherche et développement ne représentent au sein de la zone euro que 2,4 % du PIB, contre 3,5 % du PIB aux États-Unis. L’écart qui était de 0,6 point en 2002 atteint désormais 1,1 point. Les grandes avancées technologiques de ces vingt dernières années sont nées aux États-Unis ou en Asie. L’Europe est passée à côté des dernières révolutions technologiques en raison de la fragmentation de son marché. 

    Si sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, la France fut pionnière avec le Minitel pour la transmission de données, elle n’a pas réussi ensuite à imposer son système au-delà des frontières. L’industrie des voitures électriques est dominée par les Chinois en ce qui concerne les batteries, et les Américains avec le succès de Tesla, même si la technologie est d’origine européenne. 

    L’Europe se caractérise également par une baisse marquée de la durée du travail. Celle-ci a reculé de plus de 5 % depuis 2007 quand elle est restée stable aux États-Unis. La Grande Démission qui a animé les débats post-Covid a, dans les faits, commencé en Europe. Si la société des loisirs est d’inspiration américaine, l’Europe semble encline de la faire sienne. La conséquence est une baisse marquée de la productivité.

    Productivité négative 

    Depuis 2002, la productivité par tête aux États-Unis a augmenté de 35 %, contre seulement 10 % en zone euro. Depuis 2014, la productivité par tête (lissée sur quatre ans) est négative en Europe quand elle progresse de 1,5 % aux États-Unis. L’écart de productivité entre la zone euro et les États-Unis aboutit à un handicap de croissance de 1,5 point par an en matière de croissance potentielle.

    Dollar Euro parity one to one currency exchange rate

    Coût de l’énergie et désindustrialisation

    Le troisième facteur : le prix élevé de l’énergie. Moins bien dotée que les États-Unis, l’Europe acquitte une facture énergétique plus importante. Le rejet des gisements de pétrole et de gaz de schiste par les populations européennes est un choix qui pèse sur les prix et sur la croissance. La guerre en Ukraine a souligné la dépendance de l’Europe pour ses approvisionnements en énergie. La faiblesse des investissements ces dernières années dans le secteur de l’énergie contribue à renchérir le coût de cette dernière. La France paie ainsi cher l’arrêt de l’investissement dans le nucléaire à partir des années 1990. Depuis le début du siècle, avec le pétrole de schiste, les États-Unis sont devenus exportateurs de pétrole. 

    L’Europe, par conviction et par nécessité, est plus engagée dans la transition énergétique que les autres zones économiques. Ce choix est coûteux en termes de croissance, le prix de l’énergie renouvelable est plus élevé que celui de l’énergie fossile, notamment en raison du coût de l’intermittence de la production des énergies renouvelables. 

    Depuis 2007, la zone euro a réduit de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre contre 15 % pour les États-Unis. La baisse de la productivité et le coût élevé de l’énergie alimentent la désindustrialisation de la zone euro. Depuis 2002, la production manufacturière de la zone euro ne s’est accrue que de 10 % contre 20 % pour celle des États-Unis. Depuis 2016, la production européenne tend à s’éroder.

    Taux d’emploi faible, dépenses sociales élevées 

    Le quatrième facteur : la faiblesse du taux d’emploi en Europe. À l’exception des États d’Europe du Nord et de l’Allemagne, la zone euro est handicapée par un taux d’emploi faible. Celui-ci induit des dépenses sociales importantes, des recettes fiscales amoindries et donc des déficits publics élevés. 

    Plusieurs États européens (France, Italie, Espagne, Grèce) sont confrontés à des problèmes de compétences tant au niveau des élèves qu’au niveau des actifs. La zone euro, à la différence des États-Unis, ne dispose pas d’un arsenal fédéral d’intervention économique. Elle n’a pas de réel budget ni d’outils de gestion de crises asymétriques. 

    Depuis 1999, des divergences sont manifestes en termes de niveau de vie ou de spécialisation économique. Si en 2004 le PIB par habitant de la France était comparable à celui de l’Allemagne, il était inférieur de 16 % en 2021. L’écart par rapport à l’Allemagne pour l’Italie est passé de 10 à 30 %, de 20 à 40 % pour l’Espagne, de 40 à 60 % pour la Grèce. La valeur ajoutée du secteur manufacturier est de 20 % du PIB en Allemagne, contre 14 % en Italie, 10 % en Espagne et 9 % en France. 

    Les pays confrontés à une désindustrialisation accompagnée d’un faible taux d’emploi se caractérisent par un important endettement public, les rendant vulnérables en cas d’épisodes de hausse des taux d’intérêt. La Banque centrale européenne ne dispose pas des mêmes marges de manœuvre que celle des États-Unis pour éradiquer l’inflation.

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