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  • Téléthon 2025 : depuis l’étranger aussi !

    Téléthon 2025 : depuis l’étranger aussi !

    Le Téléthon est un événement caritatif emblématique en France, créé en 1987 par l’Association Française contre les Myopathies (AFM-Téléthon). Chaque année, pendant 30 heures, des millions de Français se mobilisent pour collecter des fonds destinés à financer la recherche sur les maladies génétiques rares. Grâce à la générosité du public, des avancées majeures ont été réalisées, comme le développement de thérapies géniques pour des maladies autrefois incurables. Cette année, le Téléthon se tiendra les 5 et 6 décembre, avec une mobilisation sans précédent des Français de l’étranger, qui organisent des événements solidaires aux quatre coins du globe.

    Téléthon 2024 : un succès historique et une mobilisation internationale

    Le Téléthon 2024 a marqué les esprits avec une collecte finale de 96,5 millions d’euros, soit près de 4 millions de plus qu’en 2023. Ce résultat exceptionnel témoigne de l’engagement continu des donateurs, bénévoles et partenaires, malgré une date inhabituelle pour l’événement. Les fonds récoltés permettent de financer des projets de recherche innovants, comme la thérapie génique pour la myopathie de Duchenne ou l’amyotrophie spinale, et de soutenir les familles touchées par ces maladies.

    En 2024, plus de 23 000 animations ont été organisées en France et à l’étranger, impliquant des centaines de milliers de participants. Les Français de l’étranger ont joué un rôle clé, avec des événements variés :

    • À Wuhan (Chine) : l’École française internationale a récolté plus de 4 300 euros grâce à un tournoi de pétanque et des ventes solidaires.
    • En Nouvelle-Calédonie : un beach-volley sur la banquise en Terre Adélie a marqué les esprits.
    • À San Francisco (États-Unis) : une marche sur le Golden Gate Bridge a rassemblé des bénévoles pour la cause.
    • À Madrid (Espagne) : un tournoi de padel a été organisé au Lycée français.
    • En Roumanie : un cross solidaire au Lycée français Anna de Noailles a mobilisé les élèves.

    Ces initiatives ont permis de récolter plus de 200 000 euros à l’international, dont 50 000 euros directement sur le terrain.

    Téléthon 2025 sur la Grande Muraille en Chine
    Téléthon 2025 sur la Grande Muraille en Chine ©AFM/UFE

    Téléthon 2025 : les événements organisés par les expatriés français dans le monde

    Pour l’édition 2025, les Français de l’étranger redoublent d’inventivité. Voici quelques événements phares :

    • San Francisco (États-Unis) : marche solidaire sur le Golden Gate Bridge et vente de viennoiseries à l’église St Pete’s Parish Church.
    • Madrid (Espagne) : tournoi de padel et soirée cocktail à la French Library.
    • Pékin (Chine) : plusieurs événements organisés par la communauté française, dont des ventes solidaires et des défis sportifs.
    • Munich (Allemagne) : marche dans l’Englischer Garten et visite culturelle à la Pinakothek der Moderne.
    • Bucarest (Roumanie) : cross solidaire au Lycée français Anna de Noailles et ateliers pour enfants.
    • Québec (Canada) : le Téléthon Enfant Soleil, organisé en mai, a collecté plus de 25 millions de dollars en 2025, un record.

    Mais comment trouver un événement près de chez vous ? Pour participer ou organiser au Téléthon 2025, les expatriés peuvent consulter :

    Il est encore possible d’organiser son propre événement comme des défis sportifs, des dîners de gala, des tournois, des ventes solidaires… Toutes les idées sont les bienvenues ! Pour vous lancer, contactez la coordinatrice du Téléthon des Français de l’Étranger : [email protected]

    Faire un don

    S’il n’y a pas d’évènement près de chez vous ou que vous ne pouvez pas y participer, vous pouvez tout simplement faire un don (qui ne sera pas déductible en tant que non-résident en France comme dans votre pays de résidence).

    Plusieurs options s’offrent à vous :

    • Don en ligne : le moyen le plus simple et sécurisé, via le site don.telethon.fr. Le formulaire est accessible 24h/24, où que vous soyez !
    • Don par téléphone : appelez-le +33 (0)1 40 36 36 37 (numéro accessible depuis l’étranger) pour faire une promesse de don.
    • Don par chèque : envoyez votre chèque à l’ordre de l’AFM-Téléthon à l’adresse indiquée sur le site officiel, si vous avez un compte bancaire en France.

    Un élan de solidarité sans frontières

    Le Téléthon 2025 s’annonce comme une nouvelle édition historique, portée par l’engagement des Français de l’étranger. Que vous soyez à Paris, San Francisco, Madrid ou Pékin, chaque geste compte : participer à un événement, organiser une animation ou faire un don, c’est contribuer à faire avancer la recherche et offrir de l’espoir aux familles touchées par les maladies rares.

  • Une « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde »

    Une « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde »

    Publié par Ludovic Tournès, cette « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde : Les États entre promotion nationale et propagande » (Ed Armand Colin) propose une vaste fresque historique de la diplomatie culturelle, de ses origines à ses mutations contemporaines. L’auteur, universitaire et historien, ancien élève de Normal Sup’, est professeur d’histoire internationale à l’université de Genève. S’il est aussi musicologue et spécialiste de la réception du Jazz en France, il a travaillé sur le sujet de l’américanisation du monde et sur celui des grandes fondations. Son dernier ouvrage sur la diplomatie culturelle, publié Chez Armand Colin, est donc à la fois la somme de ses recherches et leur prolongement naturel.  

    Ecouter le podcast avec Ludovic Tournès

    « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde », Ludovic Tournès
    « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde », Ludovic Tournès

    Vagabondage, l’émission de la culture française à l’étranger, vous offre une réflexion sur ce « pouvoir doux » qui n’est plus porté uniquement par un petit club de nations européennes fières de leur culture. Ce pouvoir s’est étendu avec succès à des nations asiatiques adossées à leurs puissantes industries culturelles et à la plupart des nations développées.

    À l’heure où l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, outil majeur de la diplomatie éducative française, cherche à se réformer dans la douleur cette histoire de la diplomatie culturelle nous rappelle que la France est entrée dans une phase de déclin linguistique et que la réforme de ce réseau porte la marque de ce repli progressif en termes de moyens budgétaires et humains.

    Des diplomaties culturelles créées au 19ème siècle et qui se structurent au 20ème

    Le livre retrace ainsi les multiples visages de cette diplomatie culturelle tout sauf neutre et établit d’emblée une typologie des acteurs qui témoignent d’une synergie entre acteurs publics et acteurs privés : En France, les instituts français, bras armés des ambassades pour leur politique de coopération culturelle et linguistique voisinent avec l’Alliance française d’émanation associative mais qui a le même objectif.

    Alliance Francaise Vancouver
    Alliance Francaise Vancouver

    « Créée en 1883, son objectif est de faire rayonner la France dans le monde, en particulier par le biais de la langue ». « Son premier président, Paul Cambon, est un ancien préfet, proche de Jules Ferry et ministre résident du protectorat en Tunisie ». L’Alliance reçoit trois ans après sa création la reconnaissance d’utilité publique et les subventions du ministère des affaires étrangères.

    Paul Cambon
    Paul Cambon

    Pareillement dotée d’une autonomie relative mais en réalité au service d’intérêt d’État, en Italie, la société Dante Aligheri fondée en 1889 à Rome par un groupe d’intellectuels a pour mission de diffuser la culture et la langue italienne après l’unification tardive de l’Italie. Elle comptera jusqu’à 500 comités dans le monde et sert encore d’instrument de diplomatie culturelle soutenu par le ministère des affaires étrangères italien. Elle aura traversé les régimes et continué son fonctionnement sous le régime fasciste comme dans l’Italie à reconstruire d’après-guerre.

    L’auteur montre comment la diplomatie culturelle s’est progressivement institutionnalisée au XXe siècle, devenant un pilier du rayonnement international des États. La Grande Bretagne ou l’Espagne avec les British Council ou les Instituts Cervantès développent un modèle « classique » basé sur les cours de langue, les activités culturelles et l’accès au livre. Mais les diplomaties culturelles sont nées dans leur forme moderne au siècle d’avant, siècle des nationalismes et de la colonisation. « Il n’est pas anodin que la diplomatie culturelle prenne forme au 19ème siècle traditionnellement considéré comme le siècle des nationalismes ». « Les empires coloniaux vont être, dans le cas français comme anglais et états-unien, les territoires privilégiés, voire les piliers, de la diplomatie culturelle ».

    « Au 19ème siècle, la France assume « sa mission civilisatrice »
    à travers la diffusion de sa langue et de sa littérature »

    Ludovic Tournès, auteur d’Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde
    (Ed. Armand Colin)

    La diplomatie linguistique ou culturelle a pour cible principale l’empire lui-même et ses populations. Et cherche à éduquer en français les futures élites des colonies dans une affirmation de puissance. Le résultat pour ce qui concerne l’Alliance française sera relatif : L’Alliance créée des comités ou aide les écoles françaises dans le monde par la fourniture de livre. Le résultat est positif en Europe mais mitigé ou un échec « en Algérie et en Indochine, en particulier dans le domaine de la scolarisation des enfants musulmans ».

    Les Allemands dans le même temps développeront un soutien aux écoles de l’étranger avec dès 1878 un budget spécialement dédié au sein du ministère des affaires étrangères. À la veille de la guerre, en 1913, 511 écoles sont soutenues pour 60 000 élèves avec pour motif le rayonnement international et la promotion de la germanité. Il y a donc la structuration d’une diplomatie culturelle en parallèle chez les deux nations rivales. La culture est donc un terrain d’affrontement pacifique qui prépare la guerre plus frontale.

    Dans l’entre-deux-guerres, une montée en puissance puis un déclin relatif

    La période de l’entre-deux guerres verra la montée en puissance des politiques culturelles nazis et soviétiques qui dans les deux cas seront en recherche d’hégémonie culturelle. En Allemagne «en l’espace de quelques semaines, le régime nazi met en place une architecture gouvernementale totalement nouvelle, y compris dans le domaine culturel, avec des objectifs précis : légitimer le nouveau régime, bien sûr, mais aussi renverser l’ordre culturel international libéral et instaurer un nouvel ordre culturel et international sous domination nazie ». Le ministère de l’Éducation du peuple et de la propagande créée en mars 1933 en sera naturellement le bras armé. Ces politiques vont évoluer avec la destruction du régime nazi et avec le déclin des empires et la décolonisation.

    « La France a continué à développer la diplomatie culturelle, comme un substitut à la puissance géopolitique qu’elle avait beaucoup moins »

    Ludovic Tournès, auteur d’Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde
    (Ed. Armand Colin)

    L’analyse historique démontre comment des institutions nées à l’époque coloniale, quand les empires français et britanniques connaissaient leur pleine puissance, vont perdurer jusqu’à aujourd’hui en changeant progressivement de logiciel. Il s’agira pour la France d’après-guerre de « continuer à exister » : les puissances géopolitiques en déclin que sont la France et la Grande-Bretagne d’après 1945 « appartiennent à la catégorie des pays utilisant la diplomatie culturelle pour compenser leur déclin géopolitique et continuer à être présents sur la scène internationale ».

    « La France reste persuadée de son magistère mondial en la matière » et le Quai d’Orsay sera plus que jamais son centre de gravité. Il y alors 53 000 élèves dans les alliances françaises en 1953 et même si au début des années 70 la bataille linguistique semble déjà perdue face à la montée inexorable de l’anglais, la langue « reste la pierre angulaire » de la diplomatie culturelle sous la 5ème république au moins jusqu’aux années 90 « comme le montre la création cette année de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ».

    La France est confrontée à un paradoxe aujourd’hui : Dans son discours elle porte toujours une vision universelle de la culture à l’international mais dans la réalité, et face à la rétractation du nombre de locuteurs francophones, elle réduit la voilure de façon incontestable sur son dispositif éducatif et culturel de l’étranger. Le Quai d’Orsay est tenté de présenter comme des réformes ce qui n’est en réalité que la restructuration de ses moyens en déclin. La réforme de l’AEFE en cours en est peut-être la dernière illustration. Notre coopération culturelle a pu également être critiquée, en Afrique de l’Ouest notamment, comme un reliquat du colonialisme.

    British Council
    British Council

    Les Britanniques géreront mieux que les Français les relations avec leur ancien empire. À l’intérieur du Commonwealth sont créés des centres en Birmanie, (46) en Inde et au Pakistan (48) mais aussi au Sri Lanka, en Indonésie Thaïlande et dans plus d’une dizaine de pays. La formation de professeurs locaux est privilégiée comme l’envoi de professeurs britanniques ou la délivrance de bourses. La BBC jouera un rôle utile avec des programmes pédagogiques adaptés à ces nouveaux apprenants. La contestation de cet outil de diplomatie est sûrement moins frontale même si les réductions de moyens ont touché également les British Council forcés de se replier sur leurs activités les plus rentables en sacrifiant parfois la diversité de leurs programmations culturelles.

    « Les asiatiques s’appuient sur leurs industries culturelles pour valoriser l’image de leurs pays et favoriser leur balance commerciale »

    Ludovic Tournès, auteur d’Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde
    (Ed. Armand Colin)

    L’ouvrage a une réelle ambition panoramique et évoque aussi les diplomaties culturelles chinoises, japonaises ou coréennes et ne se limite pas au monde occidental.

    Cool Japan
    Cool Japan

    Du côté du Japon, le pays du soleil levant aura une patiente stratégie diplomatique culturelle pour quitter son isolement diplomatique d’après-guerre. Ainsi en 1951 le pays intégrera l’UNESCO et la Japan Foundation sera la cheville ouvrière de cette stratégie pour développer des études japonaises dans le monde et exporter sa culture. Dans la continuité de cet effort, la construction du « cool Japan » dans les années 2000 a permis d’améliorer l’image de marque du pays grâce à la promotion d’une culture populaire faite de manga, de jeux vidéo, de J-Pop ou de Cosplay, loin de toute image agressive et dominante accolée au Japon de la guerre. « En 2006 le ministère des Affaires étrangères formule officiellement la stratégie de la « pop culture diplomacy » et assume donc ce lien entre les industries privées au service d’intérêt d’État.

    Cours de culture chinoise dans un Institut Confucius
    Cours de culture chinoise dans un Institut Confucius

    Même stratégie pour le « Hallyu » ou « vague coréenne » qui désigne le rayonnement mondial de cette culture devenue emblématique autour des années 90. L’exemple de la K-pop ou du cinéma coréen sont connus et relèvent en réalité d’une puissante stratégie d’État avec la KOCIS (Korea Culture and Information Service) et la KOFICE (Korea Foundation for International Culture Exchange) qui agissent de concert. La « China Cultural Belt » aurait été inspirée de la stratégie coréenne. Il existe aujourd’hui plus de 500 Instituts Confucius dans le monde que certains voient comme un instrument de dialogue interculturel quand d’autres les assimilent à de simples outils de contrôle politique.

    Un livre d’histoire qui a des répercussions sur des sujets politiques contemporains

    Ainsi, le livre « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde » s’impose comme une référence pour saisir les ressorts de diplomaties du XXIe siècle rivales. Loin de se limiter à une approche hexagonale, l’ouvrage montre la montée en puissance de diplomaties culturelles concurrentes et portées par une variété d’acteurs, la Turquie, la Suisse, le Brésil ou le panafricanisme sénégalais font l’objet d’une étude singulière sur un sujet souvent cantonné aux diplomaties culturelles des nations européennes.

    Ludovic Tournès, auteur du livre « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde »
    Ludovic Tournès, auteur du livre « Histoire de la diplomatie culturelle dans le monde »

    L’ouvrage historique a également des répercussions politiques très contemporaines : Dans La Russie, « entre déclin et renaissance » l’auteur montre combien la nation russe souffre aujourd’hui au plan culturel des ruptures des liens tissés dans les universités occidentales après l’invasion de l’Ukraine. Le bilan de la stratégie de Soft power chinois est mitigé malgré l’affichage d’un nombre impressionnant de centres Confucius qui ont toutefois du mal à recruter des professeurs et qui sont souvent soupçonnés d’être « des officines d’espionnage ». 

    À l’heure où la France célébrait encore il y a peu « les états généraux de la diplomatie française » et réaffirmait son soutien à une diplomatie culturelle d’envergure, l’ouvrage peut fournir aussi un point d’appui critique en évitant toute nostalgie patrimoniale « pour la France de Molière ou de l’Académie française » et en situant les enjeux politiques de la transformation nécessaire et permanente de nos outils d’influence.


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  • Déficits : l’Union européenne choisit la confiance plutôt que la sanction

    Déficits : l’Union européenne choisit la confiance plutôt que la sanction

    La décision est tombée discrètement dans le paquet d’automne du semestre européen 2026, mais son impact politique est considérable. En annonçant la suspension de la procédure pour déficit excessif engagée contre la France ainsi que contre la Belgique, la Hongrie, la Slovaquie, Malte et la Pologne, la Commission européenne envoie un message clair : malgré le retour progressif à la discipline budgétaire, l’Union reste aux côtés des États qui peinent encore à absorber le choc post-pandémie. Contrairement au cliché du gendarme comptable sourcilleux, Bruxelles se montre cette fois pragmatique et protectrice : l’Union européenne choisit la confiance plutôt que la sanction.

    Depuis le Covid, l’Europe n’a cessé de démontrer qu’elle pouvait sortir de son carcan technocratique pour assumer un rôle de stabilisateur économique. Des plans de relance communs au soutien des États les plus exposés, la solidarité budgétaire et monétaire a servi de colonne vertébrale à la résilience européenne. La suspension de la procédure pour déficit excessif s’inscrit dans cette continuité.

    Une procédure stricte… mais pensée pour prévenir les crises

    Pour comprendre la portée du geste de la Commission, il faut revenir à ce qu’est réellement une procédure pour déficit excessif. Le mécanisme, inscrit dans les traités européens, repose sur deux seuils : un déficit public limité à 3 % du PIB et une dette publique à 60 %. Lorsqu’un État dépasse ces valeurs, il peut être placé sous surveillance renforcée et recevoir une recommandation formelle visant au retour sous les normes.

    « La procédure pour déficit excessif est en suspens pour la France,
    mais nous constatons quelques petits dérapages. Nous attendons de voir comment ils évoluent »

    Valdis Dombrovskis, Commissaire européen à l’économie,
    à la productivité et à la simplification

    Cette mécanique, souvent caricaturée, n’a pourtant pas été conçue pour sanctionner. Au contraire, elle vise à empêcher l’emballement des dettes nationales, à garantir une stabilité budgétaire commune et à réduire les risques de contagion financière au sein de la zone euro. Depuis la crise des dettes souveraines de 2010, Bruxelles sait trop bien ce que coûte un laisser-faire budgétaire dans une union monétaire. L’objectif de long terme demeure inchangé : aider les États à converger vers une dette soutenable et une trajectoire de finances publiques cohérente. C’est sous ce cadre que, le 26 juillet 2024, la France, la Belgique, la Hongrie, l’Italie, Malte, la Pologne et la Slovaquie avaient alors été officiellement placés en déficit excessif.

    Pourquoi une suspension aujourd’hui ? Entre confiance et prudence

    La décision de suspension n’efface pas l’existence de la procédure : elle la met temporairement en veille. Bruxelles estime que la trajectoire française, comme celle des autres pays concernés, peut permettre un retour sous les 3 % de déficit d’ici 2029. Pour la Commission, l’économie française devrait croître de 0,7 % en 2025, avec un déficit public ramené à 4,9 % l’an prochain, après 5,8 % en 2024. Le gouvernement, lui, vise 4,7 % en 2026 et maintient l’objectif symbolique de rester sous 5 %.

    Valdis Dombrovskis, Commissaire européen à l'économie, à la productivité et à la simplification
    Valdis Dombrovskis,
    Commissaire européen à l’économie, à la productivité et à la
    simplification

    Mais si la Commission européenne accorde un sursis, elle garde un œil attentif sur le contexte politique français. Les discussions parlementaires autour du budget 2026 sont observées avec la plus grande prudence. Dans son avis signé par Valdis Dombrovskis, Commissaire européen à l’économie, à la productivité et à la simplification, Bruxelles reconnaît que le plan budgétaire français respecte globalement la croissance maximale des dépenses nettes permise, mais souligne une « grande incertitude » liée aux négociations en cours à l’Assemblée nationale. La France obtient le label « conforme », aux côtés de Chypre, l’Estonie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande ou encore le Portugal. Un satisfecit rare, mais fragile.

    En France on ne peut que saluer un signal de confiance qui souligne la nécessité d’un compromis politique interne pour continuer à réduire le déficit. Bruxelles réévaluera la situation au printemps, une fois les chiffres définitifs de 2025 connus. Autrement dit : une suspension n’est pas une absolution.

    L’Europe, bien plus qu’un gendarme : la solidarité discrète des pays du Sud et le rôle déterminant de la BCE

    Cette suspension n’est pas un geste isolé. Elle s’inscrit dans une décennie où l’Union européenne a utilisé tous les leviers possibles pour éviter qu’une nouvelle crise de la dette n’emporte les économies les plus fragiles. On oublie trop souvent que, pendant la pandémie et dans les années qui ont suivi, ce sont les pays parfois surnommés « Club Med », Espagne, Italie, Portugal, Grèce, qui ont poussé pour un assouplissement des règles budgétaires et un soutien accru aux États en difficulté. Eux-mêmes fortement endettés, ils ont plaidé pour une Europe protectrice plutôt que punitive, refusant de répéter les erreurs de la crise de 2010.

    « L’Union européenne peut se permettre la patience
    parce qu’elle a déjà assuré la stabilité »

    Leur position a façonné une Union plus solidaire, moins obsédée par l’orthodoxie des chiffres, plus attentive aux réalités économiques et sociales. La suspension actuelle des procédures pour déficit excessif porte l’empreinte de cette philosophie.

    Cette solidarité a également été rendue possible par un acteur souvent discret mais essentiel : la Banque centrale européenne. Depuis 2015, par le biais du quantitative easing, la BCE a racheté sur les marchés secondaires des milliers de milliards d’euros d’obligations publiques. En 2020, au plus fort du Covid, elle est devenue le premier détenteur de dette souveraine européenne. Sans ce filet de sécurité, de nombreux États auraient été forcés d’appliquer des cures d’austérité drastiques au pire moment. L’arrêt de ces rachats au 1er janvier 2025 constitue un tournant majeur, lié au retour de l’inflation et à la volonté de la BCE de réduire la taille de son bilan.

    Mais cet arrêt ne doit pas faire oublier que, pendant dix ans, l’Europe monétaire a littéralement porté sur ses épaules la soutenabilité des finances publiques nationales. La suspension des procédures budgétaires est l’héritage direct de cette période : l’Union peut se permettre la patience parce qu’elle a déjà assuré la stabilité.

    Une Europe qui accompagne autant qu’elle surveille

    À l’heure où les débats sur le budget 2026 agitent le Parlement français, la décision de Bruxelles rappelle que la question n’est pas de savoir si l’Europe est un gendarme, mais quel type de gendarme elle veut être. Loin de la caricature du contrôleur pointilleux, elle se montre aujourd’hui un partenaire vigilant, exigeant mais solidaire.

    En suspendant la procédure, la Commission européenne offre aux États membres un espace pour ajuster leurs trajectoires budgétaires sans pression immédiate. Mais elle envoie aussi un message : la responsabilité finale appartient aux gouvernements nationaux, qui doivent trouver en interne les compromis nécessaires pour rétablir leurs finances publiques.

    Depuis le Covid, l’Europe a prouvé qu’elle savait se montrer ferme, musclée parfois, mais jamais indifférente. La solidarité monétaire, l’appui politique des pays du Sud et la bienveillance des institutions communautaires convergent aujourd’hui vers une même idée : accompagner les États vers la soutenabilité plutôt que les y contraindre. Un choix qui, en creux, dit beaucoup de ce que l’Union européenne est devenue : un espace de vigilance, certes, mais aussi, et surtout, un espace de soutien.

  • L’Union européenne et le mariage des homosexuels

    L’Union européenne et le mariage des homosexuels

    La Pologne fut classée en 2024 par le LGBT Equality Index 61e sur les 196 pays du monde passés à la loupe et 29e parmi les 50 pays du continent européen. Un résultat pas très « gay », mais dans le prochain classement, elle va bénéficier d’une remontada, même la Hongrie devrait remonter dans l’index. Mais pourquoi ? Tout d’un coup ces pays de l’ancien bloc de l’ex seraient devenus « gay friendly » ? Vous vous en doutez, pas vraiment, mais la Cour de l’Union européenne vient de rappeler l’égalité des droits entre citoyens et l’égalité des actes de l’État civil émis par les États européens. Par une décision du mardi 25 novembre, la plus haute autorité judiciaire des 27 pays de l’UE, a rappelé que « Tout pays de l’Union européenne (UE) est tenu de reconnaître le mariage de deux citoyens de même sexe légalement conclu dans un autre État membre ».  Alors concrètement, quelles conséquences pour les Français de l’étranger dans cette situation ?

    2 polonais mariés en Allemagne

    Si on a commencé cet article par la Pologne, c’est tout simplement, que le parcours judiciaire a commencé dans ce pays. En effet, le cas soumis à la Cour concerne deux citoyens polonais, dont l’un possède également la nationalité allemande. Installés en Allemagne, ces derniers se marient à Berlin en 2018, avant de retourner vivre en Pologne. Mais leur demande de transcription de l’acte de mariage dans le registre d’état civil polonais est refusée par les autorités polonaises, au motif que l’union entre personnes de même sexe n’existe pas dans le droit national.

    Le couple conteste alors cette décision et entame une procédure judiciaire. L’affaire remonte jusqu’à la Cour administrative suprême polonaise, qui interroge la CJUE dans le cadre d’un renvoi préjudiciel (lorsqu’une juridiction nationale demande à la CJUE d’interpréter un point du droit de l’Union).

    Célébration de la légalisation du mariage gay à Berlin en 2017
    Célébration de la légalisation du mariage gay à Berlin en 2017 ©AFP

    Liberté de circulation dans l’Union européenne

    Ainsi, la Cour européenne a dû statuer sur le refus rencontré par le couple. Pour elle, il « est contraire au droit » européen en ce qu’il constitue une entrave à la liberté des citoyens concernés de circuler d’un pays à l’autre, tout en jouissant de leurs droits acquis au sein de l’Union. Il « porte atteinte à cette liberté ainsi qu’au droit au respect de la vie privée et familiale », entraînant « de sérieux inconvénients administratifs, professionnels et privés » et « contraignant les époux à vivre en tant que célibataires dans l’État membre dont ils sont originaires », constate la CJUE.

    « Les États membres sont donc obligés de reconnaître, aux fins de l’exercice des droits conférés par le droit de l’Union, le statut marital acquis légalement dans un autre État membre », ajoute la cour.

    L’ARDHIS, association de soutien aux expatriés et émigrés francophones, salue cette décision qu’elle qualifie d’ « historique et qui permettra à de nombreux résidents en Europe de vivre librement dans toute l’Union européenne ». Cependant, l’association alerte aussi car « si le mariage est reconnu, les mentalités n’ont pas changé d’un claquement de doigts », il est donc conseillé d’éviter les gestes qui pourraient être interprétés comme une provocation et de privilégier le dialogue avec son entourage immédiat (commerces de quartier, voisins, collègues, etc).

    Le mariage reconnu mais pas légalisé partout

    Cependant, la CJUE précise toutefois que cette reconnaissance des unions conclues dans un autre État membre « n’implique pas que cet État doive prévoir le mariage entre deux personnes de même sexe dans son droit national« .

    Actuellement, dans l’Union européenne, 16 pays reconnaissent actuellement le mariage homosexuel : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009), le Portugal (2010), le Danemark (2012), la France (2013), le Luxembourg (2015), l’Irlande (2015), Malte (2017), l’Allemagne (2017), la Finlande (2017), l’Autriche (2019), la Slovénie (2022), l’Estonie (2024) et la Grèce (2024).

    22 pays de l’Union européenne autorisent par ailleurs une forme d’union civile (« partenariat enregistré » ou « partenariat civil ») pour les couples homosexuels, comme le PACS en France. Enfin, cinq États membres de l’UE ne reconnaissent aucune forme d’union officielle.

  • Quand le modèle européen vacille

    Quand le modèle européen vacille

    Pendant des décennies, l’Union européenne a été convaincue du bien-fondé de son modèle reposant sur quelques principes clairs : des relations régulées par le droit, un système d’État-providence développé, une division des pouvoirs entre le Conseil, la Commission et le Parlement. Ce modèle n’était pas sans lézardes mais les Européens ont préféré les masquer.

    La première concerne l’hostilité d’une part non négligeable de la population à la construction européenne, hostilité qui s’est manifestée par le rejet du traité constitutionnel de 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas ainsi que par le Brexit. La deuxième est liée à la difficulté croissante de mettre en œuvre des projets communs. La troisième s’explique par l’absence de vision de long terme et de responsables politiques capables de créer un nouvel élan européen.

    Panne économique

    Le modèle européen vacille sur le plan de l’économie. En vingt ans, le décrochage avec les États-Unis a été important. L’océan Atlantique est devenu un fossé. L’Europe se découvre nue face à la résurgence des tensions internationales. Elle a accusé le coup avec la guerre en Ukraine. Les volte-face de Donald Trump ont créé un moment de panique, en particulier en ce qui concerne le soutien militaire de son pays à l’Europe. Cette dernière réapprend que l’histoire est tragique.

    À l’ère de la mondialisation, l’Union européenne avait comme objectif de transformer des États-nations en un bloc plus fort que la somme de ses parties tout en ne remettant pas en cause leur souveraineté. Cette alchimie semble avoir atteint ses limites. L’Union européenne a été durant des années une réelle puissance commerciale grâce à l’Allemagne, aux Pays-Bas et aux États d’Europe du Nord. Or, la Chine est devenue un rival commercial même, voire surtout, sur les marchés de pointe. Elle surclasse des pans entiers de l’industrie européenne, à commencer par l’automobile.

    L’an dernier, le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine s’élevait à 66 milliards d’euros. Il pourrait atteindre, cette année, plus de 85 milliards, soit environ 2 % du PIB. Les Européens multiplient les mesures protectionnistes mais Pékin exploite la dépendance du Vieux Continent pour infléchir cette politique. Dans des secteurs stratégiques comme celui des semi-conducteurs ou des terres rares, les autorités chinoises menacent l’Europe d’embargos.

    L’assaut américain

    Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a créé une double onde de choc qui ébranle les Européens. Premièrement, il a imposé un accord commercial à l’Union avec un relèvement des droits de douane et des obligations d’achat et d’investissement aux États-Unis. Il a ainsi mis fin à l’idée d’une convergence commerciale entre les deux blocs occidentaux, convergence qui était de mise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Sur le terrain de la sécurité, Donald Trump a demandé un effort financier plus important de la part des Européens qui, en outre, ont pris conscience que la garantie américaine n’était plus automatique. Le rapprochement entre Washington et Moscou sur le dossier ukrainien a été durement ressenti par les capitales européennes. Les dernières déclarations de Donald Trump sur une possible intermédiation américaine entre l’OTAN et la Russie ont donné l’impression que les États-Unis n’étaient plus partie prenante de l’organisation militaire. Face aux velléités hégémoniques de la Russie qui entend laver l’affront de la fin de l’URSS, les Européens se découvrent orphelins ou presque du bouclier américain.

    L’Union européenne et les États-Unis ont conclu, dimanche 27 juillet 2025, un accord qui révèle de nombreuses contradictions.
    L’Union européenne et les États-Unis ont conclu, dimanche 27 juillet 2025, un accord qui révèle de nombreuses contradictions. ©Reuters

    Les anciens colonisateurs, la proie des nouveaux impérialistes

    L’UE avait été conçue pour prospérer dans un monde prévisible, régi par des règles et des procédures. Elle se retrouve désormais prise en étau, devant faire face à des puissances impérialistes. Les États européens sont traités avec un mépris affiché par les dirigeants des États-Unis, de la Russie ou de la Chine. Face à cette situation, à Bruxelles et dans certaines capitales, certains prônent le recours au protectionnisme commercial et à la politique industrielle afin de préserver des secteurs manufacturiers jugés stratégiques. Au nom de la sécurité nationale, il faudrait protéger indistinctement tout et n’importe quoi, des céréales au bois en passant par l’acier et les automobiles. Une telle politique ne ferait qu’accélérer le déclin européen. Les hausses tarifaires représentent un impôt supplémentaire pour des consommateurs qui sont déjà en Europe lourdement taxés. En outre, l’Europe, confrontée à un vieillissement démographique, ne peut maintenir son rang que par les exportations. Si elle se lance dans le protectionnisme, elle perdra des parts de marché, les autres pays lui fermant leur marché.

    Garder le cap

    Des voix se font entendre selon lesquelles les problèmes des Européens sont avant tout provoqués par Bruxelles. Le remède à la léthargie européenne serait le retour aux capitales nationales. Or, le Brexit devrait servir de leçon en la matière. La sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni n’a pas réglé le problème de l’immigration. Elle se traduit par un affaiblissement de la croissance et par une hausse sans précédent des impôts.

    Que doit donc faire l’Europe ? Elle doit garder son cap et ne pas céder à l’air du temps. Elle peut tirer bénéfice de son rôle de gardienne de l’État de droit. Même si les États-Unis, la Chine ou la Russie bafouent le multilatéralisme, de nombreux pays plus petits savent qu’ils ont intérêt à évoluer dans un monde régulé et transparent. L’UE, grâce à la taille de son marché et à son expertise technique, conserve une forte capacité de rassemblement, notamment en matière commerciale. Elle devrait se positionner comme le pôle de ralliement des pays désireux d’avancer sans les États-Unis, qui ne représentent que 16 % du commerce mondial. Totalement incompris en France, les accords commerciaux sur le modèle de celui négocié avec le Mercosur devraient être généralisés. Les marchés indien et d’Amérique du Sud peuvent compenser en partie celui des États-Unis. L’Union européenne dispose d’importants leviers pour agir sur les échanges commerciaux. Elle peut agir contre le dumping chinois et les subventions déloyales. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a promis de répondre aux restrictions chinoises sur les terres rares en favorisant l’émergence de filières européennes. Certes, cela exigera du temps et des investissements.

    Pour les pays européens, un deuxième chantier consiste à mieux exploiter la puissance qu’ils détiennent déjà en intégrant davantage leurs économies. Aujourd’hui, de nombreuses forces politiques s’y opposent. Mais l’hostilité à l’encontre de l’Europe se nourrit de l’inaction. En négligeant l’intégration, l’Union s’affaiblit. Conçu pour les biens, le marché unique reste inadapté à des économies désormais dominées par les services. L’Europe parle beaucoup de déréglementation, mais la tentation de réguler demeure souvent plus forte. Les gouvernements hésitent à mettre en œuvre les préconisations du rapport rédigé par Mario Draghi, par crainte de perdre en souveraineté. Les gouvernements, au nom d’un populisme facile, se trompent de bataille. Ils mettent beaucoup d’énergie dans la réindustrialisation en pointant du doigt la concurrence chinoise. Mais les emplois industriels d’usine auraient décliné même sans celle-ci. La réouverture d’usines ne donnera pas lieu à d’importantes créations d’emplois. En outre, chaque État entend conduire en solitaire sa politique de réindustrialisation, au risque de gaspiller l’argent public et de créer des surcapacités de production.

    L’Union européenne se doit de surmonter les blocages et les difficultés liées à la participation de 27 pays souverains aux intérêts pas toujours convergents. Conscients de la menace, les dirigeants européens doivent convaincre leurs citoyens qu’une transformation est inéluctable. Soit l’Europe reprend en main son destin, soit la Chine et l’Amérique lui imposeront des changements autrement plus douloureux.

  • Baromètre Expat communication : Comment vivent les Français de l’étranger en 2025 ?

    Baromètre Expat communication : Comment vivent les Français de l’étranger en 2025 ?

    Depuis dix ans, Expat Communication dévoile chaque fin d’année un Baromètre présentant les résultats de ses enquêtes menées auprès des Français de l’étranger. Ces études offrent un aperçu précieux de la manière dont vivent nos compatriotes hors de France. Motivations, inquiétudes, espoirs, choix de vie : le baromètre dresse un portrait du quotidien de celles et ceux qui ont fait le choix de quitter le territoire national. La cérémonie de restitution de « l’année 2025 vue par les expatriés » s’est tenue à Paris le 1er décembre. Quelles grandes tendances se dégagent de cette édition ?

    Baromètre Expat communication : le pouls de la diaspora française à l’étranger

    Pour mieux comprendre la vie de nos compatriotes établis hors de France, le baromètre d’Expat Communication s’articule autour de quatre grands thèmes. Le premier est celui de l’éducation : partir à l’étranger avec des enfants implique des choix importants concernant l’établissement scolaire et le coût engendré. Le deuxième axe développé par cette étude concerne la santé et la couverture des soins, un sujet qui peut susciter de nombreuses interrogations selon le pays d’expatriation.

    « Ce Baromètre 2025 prend le pouls de notre diaspora dans un monde traversé par des tensions géopolitiques, des mutations profondes des systèmes éducatifs et de fortes disparités d’accès aux soins »

    Eléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

    Quant à la troisième enquête, celle-ci s’intéresse à la vie quotidienne de notre diaspora, en intégrant des aspects tels que le logement, la sécurité ou encore la qualité de vie. Enfin, le baromètre apporte des éclairages sur la vie professionnelle des expatriés.

    L’ensemble offre ainsi un panorama complet des enjeux auxquels font face les Français établis hors de France. Pour Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, « ce Baromètre 2025 prend le pouls de notre diaspora dans un monde traversé par des tensions géopolitiques, des mutations profondes des systèmes éducatifs et de fortes disparités d’accès aux soins ».

    Français de l’étranger : quel moral ?

    Mais avant d’entrer sur les thèmes évoqués précédemment, l’une des grandes questions est celle du moral de nos expatriés. Selon le baromètre 2025 d’Expat communication, celui-ci reste globalement solide, avec une moyenne de près de 72/100 sur l’année, signe d’une appréciation plutôt positive de la vie à l’international.

    Moral des expatriés, Baromètre Expat Communication 2025
    Moral des expatriés, Baromètre Expat Communication 2025

    Toutefois de fortes disparités existent selon les profils. Les salariés expatriés, les retraités et les VIE/VIA affichent un moral nettement plus élevé, favorisé par une bonne intégration et un environnement de vie stable. À l’opposé, les conjoints accompagnateurs demeurent les plus vulnérables, souvent confrontés à l’isolement, aux difficultés d’insertion ou au manque de perspectives professionnelles. La composition familiale influence également le ressenti, les familles nombreuses semblant parfois mieux ancrées socialement à l’étranger.

    Scolarité des enfants expatriés : quelle adaptation ?

    Alors que le réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) des écoles françaises à l’étranger est en pleine réforme, l’enquête révèle que le système scolaire français demeure le choix privilégié des familles expatriées (55 %), devant les écoles internationales (36 %) et, plus marginalement, les systèmes locaux. Ce choix dépend fortement du type d’expatriation : les salariés détachés se tournent davantage vers les structures reliées à la France ou internationales, tandis que les familles expatriées de leur propre initiative optent plus souvent pour les écoles locales.

    Le financement des frais de scolarité - Baromètre Expat communication 2025
    Le financement des frais de scolarité – Baromètre Expat communication 2025

    Dans l’ensemble, l’adaptation des enfants est globalement positive, avec 59 % des élèves bien intégrés, mais 21 % ont tout de même nécessité un soutien spécifique, notamment psychologique. Les difficultés les plus fréquemment citées concernent la surcharge de travail, l’adaptation aux programmes ou un accompagnement insuffisant des besoins particuliers, quel que soit le type d’établissement. Le harcèlement scolaire, évoqué par 19 % des familles, demeure une source d’inquiétude, parfois mal prise en charge selon les parents interrogés.

    Qui supportent les coûts de la scolarité ?

    Malgré ces défis, la satisfaction globale de la scolarité reste élevée (3,1/4), notamment grâce au multilinguisme, à l’ouverture culturelle et à l’accompagnement individualisé offerts par de nombreuses écoles internationales. Cependant, l’orientation scolaire suscite une forte incertitude : près d’un parent sur deux se dit insuffisamment guidé, particulièrement concernant le choix des options et la préparation à l’enseignement supérieur.

    « 66 % des familles financent seules l’école de leurs enfants »

    Enfin, le coût de la scolarité constitue un enjeu majeur : 66 % des familles financent seules l’école de leurs enfants et 84 % ne reçoivent aucune aide, tandis que près de la moitié ignore même l’existence de bourses, une méconnaissance plus marquée chez les expatriés non accompagnés par un employeur.

    Santé des expatriés : entre manque de clarté et pressions financières

    La deuxième enquête menée par Expat Communication, en partenariat avec la Caisse des Français de l’étranger et April International, dresse un panorama contrasté de la protection santé des expatriés. Si plus de 91 % d’entre eux disposent d’une couverture, les solutions choisies forment un véritable patchwork mêlant combinaison CFE + complémentaire privée, assurances internationales, assurances locales ou maintien à la Sécurité sociale française. Toutefois, plus de 8 % n’ont aucune couverture, un chiffre qui interroge.

    « À la CFE, notre mission est d’accompagner les Français à l’étranger dans toutes les dimensions de la sécurité sociale avec des valeurs de solidarité et d’universalité »

    Rachida Kaci, directrice du marketing et de la communication
    de la Caisse des Français de l’étranger

    Les choix sont ainsi généralement anticipés, souvent avant ou juste après le départ, et une fois souscrites, les assurances sont rarement modifiées. Au cours de la cérémonie, Rachida Kaci, la Directrice du marketing, de la communication et du développement au sein de la Caisse des Français de l’étranger a pu rappeler qu’« À la CFE, notre mission est d’accompagner les Français à l’étranger dans toutes les dimensions de la sécurité sociale avec des valeurs de solidarité et d’universalité (…) Nous savons qu’une mobilité internationale ne se résume jamais à un contrat ou un projet professionnel. Elle concerne avant tout des personnes. »

    Accès aux soins, ici ou là-bas ? - Baromètre Expat communication 2025
    Accès aux soins, ici ou là-bas ? – Baromètre Expat communication 2025

    Aussi, chez les personnes interrogées, les garanties solides, la réputation de l’assureur et la simplicité de gestion constituent les critères principaux de sélection. L’accès aux soins de santé, globalement possible dans le pays d’accueil, reste marqué par une préférence pour le secteur privé et, en cas de doute, un retour vers la France.

    Le coût de la santé apparaît également comme une préoccupation majeure, particulièrement pour les retraités et les conjoints sans activité. Primes élevées, remboursements jugés insuffisants et services parfois décevants conduisent 34 % des expatriés à renoncer ou reporter certains soins. Quant à la satisfaction globale, elle reste moyenne (2,93/5), pénalisée surtout par le coût, le niveau de remboursement et l’incertitude sur la prise en charge des situations graves.

    Expatriés en 2025 : un œil toujours tourné vers la France ?

    Qu’en est-il de la vie de l’intégration des Français(es) dans leur pays d’expatriation ? Près de la moitié des répondants vivent à l’étranger depuis plus de dix ans, mais leurs projets restent parfois incertains : une partie ne souhaite pas rentrer, d’autres hésitent encore, et un quart envisage un retour à moyen terme.

    Identité & Ancrage culturel en expatriation - Baromètre Expat communication 2025
    Identité & Ancrage culturel en expatriation – Baromètre Expat communication 2025

    Trois profils structurent la mobilité internationale : les self-initiative, majoritaires, qui s’installent par leurs propres moyens ; les salariés détachés, envoyés par leur entreprise ; et les conjoints accompagnateurs, dont l’intégration professionnelle, surtout pour les femmes, reste fragile. À ces parcours s’ajoute celui des étudiants ou des humanitaires.

    « 46 % suivent quotidiennement l’actualité française »

    L’intégration est globalement bonne (3,6/5), avec un double ancrage : beaucoup continuent de suivre l’actualité française (46 %) tout en s’ouvrant à celle de leur pays d’accueil. Sur le plan financier, la majorité bénéficie d’un niveau de vie en hausse et parvient à épargner, mais certains aspects, notamment la retraite, reste un point sensible. La vie familiale, quant à elle, se révèle globalement renforcée par l’expatriation, tandis que les célibataires témoignent d’une expérience oscillante entre enrichissement et solitude.

    Baromètre 2025 Expatriation : un accompagnement encore insuffisant ?

    Enfin, la quatrième enquête présentée par Expat communication met en lumière l’importance et les limites de l’accompagnement proposé aux expatriés par leurs activités professionnelles. Si 76 % bénéficient d’un soutien avant leur départ, principalement centré sur les démarches administratives et logistiques, cet appui reste souvent incomplet. Les besoins liés à la scolarité, à l’intégration culturelle ou à la carrière du conjoint sont encore trop peu pris en compte selon cette enquête.

    Impact de l'expatriation - Baromètre Expat communication 2025
    Impact de l’expatriation – Baromètre Expat communication 2025

    Une fois installés, les expatriés constatent une nette diminution du soutien. La situation professionnelle des conjoints apparaît particulièrement fragile : seuls 52 % travaillent dans le pays d’accueil, avec un écart notable entre les hommes et les femmes.

    « Les résultats de (votre) Baromètre dessinent
    une feuille de route claire pour mon action »

    Eléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie,
    d
    es Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

    Le package d’expatriation reste un levier important, 63 % en bénéficient, avec un taux de satisfaction élevé, mais les expatriés expriment un besoin croissant de mesures dépassant les seuls avantages matériels. Enfin, l’expatriation apparaît comme une expérience fortement transformatrice : montée en compétences, leadership, adaptabilité, ouverture culturelle. Pour 85 %, elle répond aux attentes professionnelles et peut même accélérer les carrières. Cependant, le retour en France demeure une étape difficile et inégalement accompagnée. Si certains réintègrent aisément leur poste, d’autres font face à des périodes d’inactivité ou à une réorientation forcée.

    À travers ces quatre volets, le Baromètre Expat Communication 2025 présente donc la vie quotidienne de nos Français de l’étranger. Il révèle une diaspora solide, engagée, capable d’adaptation et d’ouverture, mais aussi confrontée à des défis structurels : coûts de la scolarité et de la santé, fragilité professionnelle des conjoints, manque de lisibilité des dispositifs d’accompagnement, ou encore complexité du retour. Il donne des pistes pour des possibles réformes. La Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eléonore Caroit prend également ce pas, pour elle « les résultats de (votre) Baromètre dessinent une feuille de route claire pour mon action : simplifier les démarches, mieux protéger, moderniser nos services, renforcer l’accès à la santé, et permettre à chaque famille de choisir sereinement son parcours éducatif et citoyen. »


    Retrouvez le Baromètre 2025 d’Expat communication ici

  • « SOS Eva et Juliette » réclame un RIP pour protéger les enfants en France contre les enlèvements parentaux

    « SOS Eva et Juliette » réclame un RIP pour protéger les enfants en France contre les enlèvements parentaux

    Depuis avril 2024, Arnaud Paris vit une situation difficile : ses filles jumelles, Eva et Juliette, 10 ans, ont été enlevées par leur mère et exilées illégalement aux États-Unis, en violation d’un jugement français. Malgré les recours juridiques et les promesses politiques, il se heurte à une impasse. Mais son combat dépasse le cadre personnel. Aux côtés d’autres parents victimes, il a fondé l’association SOS Eva et Juliette pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP) visant à renforcer la protection des enfants contre les enlèvements parentaux en France. Pour y parvenir, il compte sur le soutien des députés et sénateurs. Explications et actions !

    Écouter le podcast avec Arnaud Paris

    Enlèvements parentaux : faillite de la justice française ?

    C’est en avril 2024, malgré une décision judiciaire interdisant à la mère d’emmener les enfants hors de France, qu’Eva et Juliette sont exfiltrées vers les États-Unis. « C’est un problème sociétal : des milliers d’enfants sont enlevés chaque année en violation de jugements », explique, à notre micro, Arnaud Paris. Pourtant, la Convention de La Haye de 1980, ratifiée par 101 pays dont la France et les États-Unis, prévoit le retour immédiat des enfants en cas d’enlèvement international.

    « Les autorités françaises sont dans une espèce de langue de bois, une passivité politique puisqu’on est face à un grand pays comme les États-Unis qu’il ne faut pas froisser »

    Arnaud Paris, Sos Eva et Juliette

    Selon les informations partagées par notre invité Lesfrancais.press « en théorie, les enfants doivent être renvoyés en 4 à 6 semaines. Mais dans les faits, cette convention n’est pas appliquée », déplore-t-il. Pire, concernant son cas, « les autorités françaises sont dans une espèce de langue de bois, une passivité politique », notamment face aux États-Unis, un pays que la diplomatie française souhaiterait ne pas « froisser » d’après notre interlocuteur.

    Le chantage émotionnel : une stratégie systématique des parents ravisseurs

    Depuis 18 mois, Arnaud Paris n’a ainsi aucune nouvelle de ses filles. « C’est un comportement type : le parent ravisseur utilise les enfants comme moyen de chantage, en coupant tout lien ». La mère exigerait qu’il renonce à ses droits en France pour espérer les revoir, une pratique « inique » mais courante selon les retours effectués également par les autres membres de l’association SOS Eva et Juliette.

    Arnaud Paris en compagnie ses filles, Eva et Juliette, avant leur enlèvement
    Arnaud Paris en compagnie ses filles, Eva et Juliette, avant leur enlèvement

    Or, comme nous l’explique notre interlocuteur, « le temps de la procédure, le contact doit être maintenu avec les enfants », mais ce n’est quasiment jamais le cas, souligne-t-il. C’est d’ailleurs ce qu’il vit lui-même avec ses deux filles. Cette rupture forcée permet souvent aux « ravisseurs » d’influencer les enfants et de brouiller les pistes juridiques.

    La Convention de La Haye : une volonté politique absente

    Chaque année, 6 000 enfants seraient victimes d’enlèvements parentaux en France, dont 2 000 relèvent de la Convention de La Haye. Pourtant, « ce texte n’est pas respecté par beaucoup de pays, et surtout pas défendu par ceux qui l’ont signé, comme la France », déplore Arnaud Paris. Le problème étant que « les gouvernements ne demandent pas son application ».

    « Le président et la diplomatie ont l’obligation de tout faire
    pour protéger les enfants. Mais on est face à un gouvernement
    qui refuse de faire son travail »

    Arnaud Paris, Sos Eva et Juliette

    Cette situation fait en sorte que les procédures s’éternisent, les enfants disparaissent dans les failles juridiques et les parents victimes se retrouvent souvent seuls face à des systèmes judiciaires étrangers. La France étant signataire de la Convention des droits de l’enfant « aucune considération géopolitique ou financière ne devrait influencer la protection de ces enfants », rappelle Arnaud Paris.

    Arnaud Paris en compagnie ses filles Eva et Juliette avant leur enlèvement
    Arnaud Paris en compagnie ses filles Eva et Juliette avant leur enlèvement

    Dans le cas d’Arnaud Paris, face aux États-Unis, la France refuserait donc d’agir. « Le président et la diplomatie ont l’obligation de tout faire pour protéger les enfants. Mais on est face à un gouvernement qui refuse de faire son travail », nous dit-il malgré ses relances et celles de son association.

    Pourquoi un référendum d’initiative partagée ?

    Une solution pour la France serait donc de créer un arsenal inspiré du Golden Act américain qui a fait ses preuves. « Grâce à ce texte, les enlèvements ont énormément diminué aux États-Unis. La France n’a rien de tel », regrette Arnaud Paris. Pour que notre pays puisse se doter d’un tel dispositif, plutôt qu’attendre une proposition ou un projet de loi qui pourrait prendre des années, l’association « SOS Eva et Juliette » a choisi de pousser l’organisation d’un référendum d’initiative partagée le RIP.

    « On risque une explosion des enlèvements,
    avec des milliers d’enfants disparus chaque année »

    Arnaud Paris, Sos Eva et Juliette

    Mais pour lancer ce référendum, il faut le soutien de 185 parlementaires. « C’est un sujet transpartisan : personne n’a le monopole de la protection de l’enfance. Il faut un élan national », lance ainsi notre invité. « Le texte a été envoyé aux 925 députés et sénateurs, dont plusieurs Français de l’étranger se sont déjà engagés » Si la France ne réagit pas, « les chiffres pourraient être multipliés par 10 », avertit-il. « On risque une explosion des enlèvements, avec des milliers d’enfants disparus chaque année » !

    Chaque année, des enfants français sont victimes d’enlèvements parentaux, souvent sans retour malgré les textes internationaux. Au cours de ce podcast, Arnaud Paris dénonce la passivité du gouvernement face aux États-Unis et l’absence de soutien diplomatique dans son cas, symbole de beaucoup d’autres situations. Pour faire évoluer la loi et obliger la France à appliquer réellement ses engagements, il a créé l’association SOS Eva et Juliette et appelle les députés et sénateurs à soutenir l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) pour la mise en place d’un dispositif juridique solide.


    Visitez le Site de l’association ici

  • Eventim Apollo : la première du Londres du Rire réunira Kev Adams, Gad Elmaleh, Jarry et Élodie Poux

    Eventim Apollo : la première du Londres du Rire réunira Kev Adams, Gad Elmaleh, Jarry et Élodie Poux

    Le 1er février 2026, l’Eventim Apollo de Hammersmith ouvrira ses portes à la première édition du « Londres du Rire », un gala d’humour francophone d’une ampleur inédite au Royaume-Uni. Porté par Southside Productions et Frogs in London, l’événement réunira, entre autres, sur scène Gad Elmaleh, Kev Adams, Élodie Poux et Nadim, sous la houlette de Jarry, maître de cérémonie. Une soirée qui pourrait devenir le rendez-vous annuel incontournable de la diaspora francophone londonienne.

    Une ambition née au Luxembourg… et projetée vers Londres

    À l’origine du projet, trois figures : Atou Dieng, CEO de Southside Productions , Carolyne Hervé, associée et responsable du développement et Mourad El Alaoui, également associé. Basée au Luxembourg, leur société organise depuis 2015 le Luxembourg du Rire, qui s’apprête à célébrer sa sixième édition.

    « Nous avons développé le Luxembourg du Rire,
    et l’idée aujourd’hui est de délocaliser ce succès dans des villes
    où les communautés francophones sont très présentes »

    Atou Dieng, CEO de Southside Productions 

    Habituée à produire des stars de l’humour comme Ahmed Sylla, Artus ou Alban Ivanov, mais aussi des artistes de musique et du sport tels que Maître Gims, Dajou, Tony Parker ou Luís Figo, Southside s’impose comme un acteur majeur de l’événementiel francophone en Europe.

    « Southside existe depuis 2015. Nous avons développé le Luxembourg du Rire, et l’idée aujourd’hui est de délocaliser ce succès dans des villes où les communautés francophones sont très présentes », explique Atou Dieng.

    Londres s’est donc imposée naturellement. « Lors d’un voyage, nous avons rencontré Frogs in London lors d’une soirée française. Nous leur avons présenté le projet, et ils ont immédiatement adhéré. Leur connaissance du terrain a rendu cette première édition possible », ajoute Carolyne Hervé lors d’un échange avec notre média Lesfrancais.press.

    Un plateau d’exception pour le « Londres du Rire »

    Pour cette première du « Londres du Rire » au Royaume-Uni, Southside a misé sur un casting de haut vol. « On ne pouvait pas imaginer un plateau moins prestigieux. Londres mérite un line-up capable de marquer les esprits dès la première édition », souligne Carolyne Hervé. Gad Elmaleh, Kev Adams, Élodie Poux et Nadim formeront un quatuor inédit sur scène.

    Eventim Apollo à Hammersmith à Londres, lieu où le Festival du Rire aura lieu
    Eventim Apollo à Hammersmith à Londres, lieu où le Festival du Rire aura lieu

    Et pour orchestrer le tout, Jarry l’atypique, choisi comme maître de cérémonie, s’impose naturellement. « Jarry est brillant sur scène. Il sait emporter le public, rythmer une soirée et créer une connexion avec les artistes comme avec la salle. Pour une première à Londres, c’était le choix parfait », estime Atou Dieng.

    L’Eventim Apollo, un symbole assumé

    Le choix du lieu est à la fois stratégique et symbolique. À Hammersmith, la salle de l’Eventim Apollo, anciennement Hammersmith Odeon, accueille les spectateurs depuis 1932 dans son décor Art déco signé Robert Cromie. Depuis les années 1960, elle a vu défiler les plus grands artistes et enregistre régulièrement des concerts mythiques.

    « On ne pouvait pas imaginer un plateau moins prestigieux.
    Londres mérite un line-up capable de marquer les esprits dès la première édition »

    Carolyne Hervé, associée et responsable du développement Southside Productions

    « Organiser un gala francophone ici, c’est affirmer que notre culture a toute sa place à Londres », souligne Carolyne Hervé. Pour une société basée hors du Royaume-Uni, le défi est réel, mais « Frogs in London connaît parfaitement le terrain », précise Atou Dieng.

    Un public divers… et un écho au-delà de Londres

    L’événement vise d’abord les communautés française et francophone du Royaume-Uni, mais son rayonnement dépasse déjà les frontières britanniques. « La cible principale est la communauté francophone de Londres et du Royaume-Uni. Mais des anglophones maîtrisant un peu le français sont également les bienvenus », souligne Atou Dieng.

    Salle du Eventim Apollo à Hammersmith à Londres
    Salle du Eventim Apollo à Hammersmith à Londres

    L’enthousiasme atteint même le Luxembourg, où Southside est implantée. Michel Guillou, Français installé au Grand-Duché, figure parmi les premiers soutiens : « J’assisterai à cet événement, car ma fille et mon gendre en sont à l’origine, et je compte encourager des Français du Luxembourg à venir découvrir ce spectacle », confie-t-il.

    « L’objectif est clair : faire du Londres du Rire un rendez-vous annuel »

    Atou Dieng, CEO de Southside Productions 

    À Londres, les fans commencent déjà à réserver. Fanny, habitante de la capitale britannique, a pris deux billets pour elle et son conjoint. « On a vu Gad Elmaleh à l’Eventim en septembre, c’était vraiment top ! Et j’adore aussi Jarry et Élodie Poux. Si c’est sur le même modèle que le Marrakech du Rire, ça devrait être bien ! », raconte-t-elle avec enthousiasme.

    Cette ferveur confirme la volonté des organisateurs de faire du « Londres du Rire » une soirée intergénérationnelle et fédératrice. « Nos événements attirent un public familial, très large en termes d’âge », souligne notamment Carolyne Hervé.

    Installer un rendez-vous annuel

    Southside l’affirme sans détour : cette première édition n’est qu’un début. « L’objectif est clair : faire du Londres du Rire un rendez-vous annuel, et si possible plus fréquent encore. Londres mérite un événement de cette envergure », déclare Atou Dieng.

    L’essentiel : offrir de l’émotion

    Au-delà des ambitions stratégiques, les organisateurs rappellent l’essence du projet. « On veut que le public reparte heureux, qu’il ait ri, qu’il ait oublié son quotidien le temps d’une soirée. C’est ça, la force de l’humour : transporter les gens vers quelque chose qui leur fait du bien » , conclut Atou Dieng.

    Infos pratiques :

    • Dimanche 1er février 2026
    • Ouverture des portes : 18 h – Début : 19 h
    • Eventim Apollo, Hammersmith – Londres
    • Spectacle en français
    • Moins de 14 ans accompagnés d’un adulte
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  • Le bitcoin : à la croisée des chemins

    Le bitcoin : à la croisée des chemins

    Le 3 janvier prochain marquera les dix-sept ans de la première apparition de Bitcoin, dévoilé par Satoshi Nakamoto, son fondateur pseudonyme. La cryptomonnaie la plus célèbre s’est imposée dans l’ordre financier mondial plus rapidement que n’importe quel autre actif. Ces dernières années, le bitcoin a gagné en crédibilité en étant progressivement adoubé par la finance traditionnelle. Banques et gestionnaires d’actifs lancent désormais des fonds indiciels en bitcoins. Avec la conversion de Donald Trump aux cryptoactifs, les régulateurs américains soutiennent l’essor de ces derniers. L’encours des bitcoins n’en finit pas, dans ces conditions, d’augmenter. Il dépasse désormais 2 500 milliards de dollars. Néanmoins, son cours demeure volatil et dépendant de l’évolution de celui du Nasdaq ainsi que du comportement de certains acteurs du marché des cryptos.

    36 000€ de moins pour 1 Bitcoin en quelques semaines

    De début octobre à fin novembre, le cours du bitcoin est passé de 126 000 dollars à 90 000 dollars. Pour un actif spéculatif, qui ne génère aucun revenu et repose exclusivement sur l’espoir de plus-values futures, l’absence d’un nouveau cycle haussier peut rapidement devenir un handicap. Le renforcement des interconnexions entre cryptos et marchés financiers contribue à une rationalisation du marché et, de ce fait, à une moindre spéculation. Cependant, toute prévision sur le bitcoin est difficile. Beaucoup d’experts s’y sont essayés et ont échoué. Mais une constante se dégage des cycles précédents : chaque hausse importante s’est appuyée sur une histoire optimiste d’adoption accrue. En 2020-2021, les confinements et la générosité budgétaire ont coïncidé avec la généralisation du trading crypto chez les courtiers traditionnels. Fin 2023, l’espoir de voir aboutir les premiers fonds indiciels cotés (ETF) adossés aux cryptomonnaies a nourri une nouvelle vague d’enthousiasme. De fait, les premières demandes d’ETF ont été approuvées par les autorités américaines en janvier 2024. La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle en novembre de la même année a offert un nouvel élan à Bitcoin.

    Aujourd’hui, les investisseurs ne rencontrent aucune difficulté à acheter du bitcoin. Les courtiers donnent accès à un large éventail d’actifs numériques. Certains grands investisseurs institutionnels restent toutefois à l’écart. Ce mois-ci, les amateurs de crypto ont salué l’annonce de l’achat d’un million de dollars en cryptomonnaies par la banque centrale tchèque. Mais cela reste marginal sachant que les réserves de cette banque centrale dépassent 171 milliards de dollars. La plupart des banques centrales excluent toujours les actifs numériques de leurs réserves stratégiques. Le potentiel d’augmentation des volumes de transactions demeure donc limité. De même, en Europe, l’accès du grand public aux ETF en bitcoins reste limité. Les banques commerciales restent prudentes et attendent la position des régulateurs.

    stablescoins et crypto
    Photo illustration ©Stockadobe

    Vers un Krach ?

    Un krach crypto pourrait se diffuser sur les autres marchés financiers. Les investisseurs les plus exposés au repli récent sont ceux qui se sont comportés comme si la hausse était illimitée. Strategy, une entreprise de logiciels, a emprunté pour accumuler environ 60 milliards de dollars de tokens. Sa capitalisation boursière est désormais inférieure à la valeur de ses avoirs en bitcoin, ouvrant la perspective de ventes forcées massives. Le 10 octobre dernier, quelque 19 milliards de dollars de positions crypto à effet de levier ont été liquidés après l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane de 100 % sur la Chine (mesure partiellement annulée quelques jours plus tard). Nul ne sait combien de dettes subsistent encore, mais plus les prix baisseront, plus le risque d’une série de défaillances augmentera.

    Depuis 2020, le bitcoin est de plus en plus corrélé aux actions technologiques. L’éclatement de la bulle IA aurait des effets sur le cours du bitcoin.

    L’adoption de produits adossés aux actifs numériques par les grands acteurs financiers a, elle aussi, renforcé les interconnexions. BlackRock, qui gère 13,5 trillions de dollars, est le dépositaire du fonds indiciel le plus important en bitcoins du monde. Un tiers des clients qui ont acheté ce produit comme première exposition à BlackRock ont ensuite investi dans des ETF plus traditionnels du groupe. Le Conseil européen du risque systémique craint qu’un fonds crypto puisse provoquer des débordements sur la finance conventionnelle : « Les volumes ont désormais atteint un niveau qui rend ce scénario crédible », avertissait-il le mois dernier.

    Les stablecoins, ces actifs numériques destinés à conserver une valeur stable et à assurer des transactions, constituent une autre zone de tension. Le marché en circulation a progressé de près de 50 % en un an, dépassant 300 milliards de dollars. En juillet, ils ont obtenu un cadre réglementaire clair aux États-Unis, avec le Genius Act, définissant les actifs éligibles pour leur collatéralisation. Mais la plupart des stablecoins servent encore principalement aux transactions internes à l’écosystème crypto. Cela signifie que les marchés baissiers sur les cryptos les plus risquées peuvent se traduire par des sorties de capitaux de ces stablecoins. Étant majoritairement adossés à des bons du Trésor américain, un choc pourrait ébranler les marchés obligataires si leurs émetteurs étaient contraints de vendre en urgence pour rembourser leurs détenteurs. Quant aux stablecoins qui ne seraient pas intégralement garantis par des actifs sûrs, ils risqueraient de perdre leur ancrage et d’entrer dans une spirale prenant la forme d’un Bank run.

    Les cryptos ont peut-être épuisé la plupart des catalyseurs de hausses faciles : réduction des liquidités disponibles, clarification réglementaire, effet mode… Est-ce que Donald Trump décidera d’un engagement plus important dans les cryptos afin de soutenir les cours… Avec le président américain, tout est possible !

  • En France, la mobilisation n’a pas pris ce 02 décembre !

    En France, la mobilisation n’a pas pris ce 02 décembre !

    La France est connue pour être le pays de la grève, mais pas cette fois ! Pourtant, les syndicats avaient annoncé pour ce mardi 02 décembre quelque 150 rassemblements et cortèges à travers la France. Mais force est de constater qu’ils sont clairsemés. À Paris, un petit cortège s’est élancé vers 14h de la place de la Bourse… On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Une journée d’alerte ratée

    La journée d’« alerte » contre l’austérité budgétaire et pour les salaires ne fait pas le plein : la mobilisation à l’appel de trois syndicats, dont la CGT, est restée mardi bien en-deçà de celles constatées lors des manifestations de septembre et octobre. Que 17 000 personnes ont manifesté dans la capitale contre plus de 60 000 en octobre.

    Logiquement, le trafic ferroviaire était quasi normal ce mardi, pourtant journée de grève à l’appel de plusieurs syndicats, conformément aux prévisions de la veille, avec des perturbations concentrées sur les régions Centre-Val de Loire et Occitanie, a indiqué la SNCF à l’AFP. Le ministre des Transports Philippe Tabarot avait annoncé lundi un trafic « normal » pour les TGV et des « perturbations locales » sur le réseau grandes lignes Intercités, pour certains trains régionaux TER, en Occitanie notamment, ainsi que sur la ligne du RER C en Ile-de-France. Pari gagné pour le ministre !

    Dans le cortège parisien ce 02 décembre
    Dans le cortège parisien ce 02 décembre. ©Stéphanie Lecocq / REUTERS

    Du côté du ministère de l’Éducation nationale, l’administration a annoncé un taux de grévistes de 5,27% chez les enseignants en moyenne. Dans le détail, les grévistes sont 6,31% dans les écoles primaires, 5,73% dans les collèges, 3,74% dans les lycées d’enseignement général et technologique et 2,04% dans les lycées professionnels. Pour les personnels de vie scolaire, le taux de grévistes atteint 13,14%.

    C’est donc un échec pour les syndicats, qui souhaitaient mettre la pression sur les débats et le vote du projet de budget 2026, jugé défavorable aux agents publics.

    Pendant ce temps La navette parlementaire se poursuit

    Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 était, lui, de retour à l’Assemblée nationale en séance publique ce mardi 2 décembre, pour une deuxième lecture. Il revient à la chambre basse dans sa version transmise par le Sénat, qui avait été adoptée mercredi 26 novembre. Soit un texte assez éloigné de la copie des députés en première lecture.

    Tout au long de son examen à la chambre haute, les élus ont en effet largement réécrit le PLFSS, supprimant une très grande partie des mesures votées à l’Assemblée et modifiant également la copie initiale du gouvernement.

    Selon les informations du Figaro, après la discussion générale qui s’est tenue ce mardi, plusieurs articles vont être appelés en priorité par le gouvernement dès ce mercredi matin.

    Notamment ceux sur le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) sur le patrimoine, que la gauche entend augmenter pour financer la suspension de la réforme des retraites. En première lecture, au Palais Bourbon, un amendement du socialiste Jérôme Guedj allant dans ce sens avait été adopté, avec les voix du bloc central et l’opposition des Républicains et du Rassemblement national. De quoi crisper dès le début des discussions pour cette seconde lecture. « Ça va partir très fort », anticipe un député du bloc central.

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