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  • Gilets Jaunes et de 15…

    De nombreuses manifestations sont prévues à Paris et dans plusieurs villes de France. Une mobilisation pourrait avoir lieu au Salon de l’Agriculture, à Paris, que le président de la République doit visiter sur l’ensemble de la journée.

    À quoi ressemblera l’acte 15 des « gilets jaunes » ? Une semaine après avoir fêté les trois mois du début de la mobilisation, les « gilets jaunes » devraient à nouveau être plusieurs milliers à manifester dans les rues, samedi 23 février.

    À Paris, la Préfecture de police n’a pas encore communiqué sur l’existence d’une manifestation déclarée et autorisée.

    Éric Drouet, figure du mouvement, a néanmoins annoncé son intention de se rendre sur les Champs-Élysées. La célèbre avenue devrait de nouveau être sous le feu des projecteurs : les deux principaux événements Facebook annoncés pour l’acte 15 appellent à s’y réunir. Au total, pas moins de 17.000 internautes se sont déclarés « intéressés ».

    Il n’est pas impossible qu’une action soit menée au Salon de l’Agriculture, tout juste ouvert au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, au sud de la capitale. L’hypothèse a été avancée par Éric Drouet, dans un post sur Facebook, sans qu’aucune confirmation n’ait été apportée. Certains « gilets jaunes » seraient plutôt enclins à profiter de cette occasion pour soutenir les agriculteurs, mais aussi perturber la visite d’Emmanuel Macron, qui a prévu de passer la journée au Salon.

    Rennes, Clermont-Ferrand, Chambord…

    Dans le reste de la France, les appels à se mobiliser demeurent nombreux. Une trentaine de points de rendez-vous ont d’ores et déjà été annoncés. Plusieurs sont listés dans une publication postée sur la page Facebook de Maxime Nicolle, autre figure des « gilets jaunes ». Ce dernier a d’ailleurs annoncé qu’il allait prendre part à la « grande manifestation interrégionale » organisée à Rennes. Ce pourrait être l’un des rassemblements les plus importants de la journée. Environ 3.000 personnes pourraient s’y rendre, selon une source syndicale de la police, citée par Le Télégramme.

    Aussi, Clermont-Ferrand s’attend à une manifestation importante avec environ 2.000 personnes. Enfin, un pique-nique à Chambord (Loir-et-Cher) sera également scruté. C’est dans cette ville, au célèbre château, qu’Emmanuel Macron avait organisé un week-end d’anniversaire. Les « gilets jaunes » à la manoeuvre de cette manifestation espèrent 2.500 personnes, dont la pionnière Priscillia Ludosky.

    la rédaction avec l’AFP

  • Fabien Clain : d’Alençon à Baghouz, le parcours du Français de l’Etranger le plus recherché au monde

    Le djihadiste Fabien Clain aurait été tué par une frappe de drone mercredi. Retour sur le parcours de cet homme de 41 ans, d’origine réunionnaise, qui a vécu à Toulouse et Alençon avant de rejoindre les rangs de l’État islamique en Syrie.

    Selon une source américaine, Fabien Clain a été tué mercredi 20 février 2019 à Baghouz, dernier bastion de l’État islamique, encerclé par les Forces démocratiques syriennes. Probablement par un tir de drone américain après une surveillance des services de renseignement, indique France Info. Son frère Jean-Michel aurait été grièvement blessé. Ces informations n’ont pas encore été officialisées par le Quai d’Orsay. « Des vérifications sont en cours », selon une source française proche du dossier.

    Fabien Clain part pour la Syrie en février 2015. Quatre voitures l’emmènent lui et ses proches par des itinéraires différents pour ne pas se faire intercepter. En août, Mylène, son épouse, envoie un message à sa sœur où elle confirme qu’elle est là-bas.

    Inquiète pour sa fille et ses petits-enfants

    C’est sur les bancs de l’école Robert-Desnos d’Alençon, entre 1986 et 1991, que Fabien Clain rencontre celle qui deviendra sa femme. La mère de Mylène, qui vit à Alençon, a appris jeudi la mort probable de son gendre. Mais c’est surtout pour sa fille et ses trois petits-enfants qu’elle s’inquiète. Avant les attentats, elle lui avait dit : je mourrai sur la Terre Sainte. « Je ne crois pas qu’elle se rendra », se désespère sa maman dans une interview qu’ell a accordée jeudi 21 janvier à Ouest France.

    Fabien Clain est né à Toulouse le 30 janvier 1978 dans une famille catholique, originaire de la Réunion. Il a très peu connu son père resté vivre là-bas. Puis, il passe ses jeunes années à Alençon, dans l’Orne. En 1991, il repart à La Réunion avec sa mère, ses frères et sœurs. Puis revient dans l’Orne quatre ans plus tard pour terminer ses études et y retrouve Mylène qui devient sa compagne. À la fin des années 1990, toute la famille Clain se convertit à l’islam. En 1998, ils partent s’installer à Ambax, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Toulouse.

    La filière d’Artigat

    C’est là-bas que Fabien Clain et son frère Jean-Michel se radicalisent. Eux qui faisaient du rap chrétien se mettent aux chants religieux musulmans. Leur titre Saisis l’anse la plus solide s’écoute encore sur MySpace et YouTube. Les connaissances de Fabien Clain disent qu’il est très doué pour pousser les jeunes à se convertir. Les deux frères se rapprochent des familles Essid et Merah et fréquentent assidûment Olivier Corel, surnommé « l’émir blanc » d’Artigat, dans l’Ariège. Fabien Clain se rend en Égypte pour apprendre l’arabe. En 2009, il est condamné à 5 ans de prison pour avoir animé une filière djihadiste d’acheminement vers l’Irak.

    Écoutez ici le podcast d’Arte sur le parcours de Fabien Clain

    Cours d’arabe à la mosquée d’Alençon

    À sa sortie de prison, fin 2012, interdit de séjour dans le sud de la France, il revient à Alençon avec femme et enfants, raconte notre rédaction de l’Orne. Il donne des cours d’arabe pour adultes à la mosquée Mahabba. Très vite, l’association lui demande d’arrêter après la diffusion de l’émission Pièces à conviction, en mars 2013, où il apparaît comme un proche de Mohamed Merah. À cette période, certains voisins évoquent des allers-retours en Belgique.

    Près de 3 600 € de matériel audio

    Début janvier 2015, Fabien Clain se déplace entre Toulouse et la Seine-Saint-Denis, bravant son contrôle judiciaire, retrace France Info. Il compte dans son entourage deux nouvelles recrues, Macreme Abrougui et Thomas Mayet.

    Avec sa longue djellaba, sa grosse barbe et sa carrure massive (1,88 m et plus de 100 kg), il débarque le 21 janvier 2015 dans la boutique Music Action, à Toulouse. Il y achète pour près de 3 600 euros de matériel d’enregistrement de très haute qualité. Sans doute celui dont il se servira pour revendiquer les attentats du 13 novembre au Bataclan, au stade de France et sur les terrasses parisiennes. Dans cet enregistrement funeste, il parle d’ailleurs d’une attaque supplémentaire dans le XVIIIe arrondissement qui n’a jamais eu lieu, mais qui était sans doute programmée par Daech.

    Mandat d’arrêt international contre eux

    Dans un rapport daté du 28 mai 2018, cité par le Parisien, la Direction générale de la sécurité intérieure émettait clairement l’hypothèse que Fabien Clain « était un des principaux acteurs de la propagande non arabophone du groupe État islamique et qu’à ce titre il était informé à l’avance des futures actions de l’organisation terroriste. Tout comme son frère Jean-Michel chantant à la gloire des kamikazes, dans l’anasheed (NDLR : chants guerriers) qui suit la lecture du texte de revendication de ces attaques ». Depuis le 28 juin 2018, ils sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré contre eux dans le cadre des attentats du 13 novembre 2015.

    Fabien Ferasson de Quental avec l’AFP

  • Grand débat : suite des échanges parmi les Français de l’étranger

    Grand débat : suite des échanges parmi les Français de l’étranger

    Les échanges continuent parmi les Français de l’étranger à l’occasion du Grand Débat ! De nouvelles consultations ont eu lieu, notamment à Libreville au Gabon en présence des élus consulaires.

    En Thailande, la députée Anne Genetet a organisé dès le mois de janvier une série de rencontres. Selon la députée, les conclusions sont claires : les jeunes voient l’environnement comme une priorité et par ailleurs la fiscalité reste au cœur du débat. Les deux sujets ne sont d’ailleurs pas dissociés quand il est fait état de propositions pour une fiscalité punitive pour les pollueurs.

    Les élus consulaires non consultés au Portugal selon l’un d’entre eux

    Deux Grands Débats ont été organisés pour les Français du Portugal : le 14 février à Lisbonne et le 15 à Faro. Ces débats, initiés par la députée Samantha Cazebonne, se sont fait sans concertation avec les élus consulaires selon l’élu Centre-Droit Laurent Goater qui le déplore. Cette information est cependant contestée et Mme Conestabile, Conseillère Consulaire, fut l’une des animatrices du débat. Pour M. Goater, avec lequel nous avons échangé, deux préoccupations interpellent notamment les Français du Portugal. En premier lieu la fiscalité et l’usage de l’argent public.

    A cet égard, les Français du Portugal ne semblent pas obsédés par la question du Lycée français comme dans d’autres pays mais par celle du gaspillage d’argent public qui peut être fait au niveau des administrations en général. Par ailleurs, M. Goater a constaté que certains expatriés qui étaient engagés dans des associations de type Emmaus en France ont été peu à peu éloignés de la vie publique locale. Selon lui, cette « institutionnalisation de la vie locale » aurait amené certains de nos compatriotes à choisir l’expatriation.

    Riches échanges à Toronto

    Les Français de Toronto ont été plusieurs dizaines à débattre mardi 19 février au Lycée français de Toronto. Le coût, jugé prohibitif, de ce dernier fut précisément l’un des points mis en avant. Les coûts de l’administration en général furent contestés et une réduction du nombre de parlementaires évoquée. Parmi les aspects jugés positifs, l’interdiction des sacs plastiques et le réseaux français de transports en commun.

    Certains participants ont également mis en avant la nécessité d’avoir une fiscalité plus offensive, en particulier la taxation des revenus du capital et l’harmonisation des politiques fiscales européennes.

    La transition écologique en débat à New York

    A New York, deux débats! Le premier eu lieu le 21 février et le deuxième aura lieu lundi 25. A l’occasion de ce premier échange, organisé par les Conseillers consulaires Annie Michel, Julien Ducourneau, et Richard Ortoli, la transition écologique et la question de la démocratie et citoyenneté furent abordés. Sur l’écologie, la mise en avant du principe du « pollueur-payeur » fut l’une des principales propositions. L’éducation fut par ailleurs, notamment la sensibilisation à l’écologie, évoquée. Parmi les autres propositions, citons celle du vote obligatoire,  et de l’obligation de compte rendu de mandat.

    L’angoisse du Brexit au Royaume-Uni

    Le Royaume-Uni, où nos compatriotes voient avec angoisse arriver l’échéance du Brexit, le Grand Débat se prépare aussi. “Il est impératif que les Français de l’étranger participent au grand débat national, car ils ont aussi leur mot à dire sur ce qu’il se passe” selon le député Alexandre Holroyd.

    4 rendez-vous sont fixés : mercredi 27 février au lycée Winston Churchill à Londres (18.30), jeudi 28 février à Glasgow à (18 heures), vendredi 1er mars à Edimbourg (18 heures) et samedi 9 mars à l’Institut français de Londres à 14 heures.

    Vous avez participé à un grand débat des Français de l’étranger ? N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions en écrivant à la rédaction à [email protected].

    La rédaction

     

  • Ces démocrates ennemis de la Démocratie

    C’est un lieu commun de dire que la démocratie est malade.

    Le populisme, avec ses Trump, ses Brexiters, ses Hongrois « illibéraux », ses ligues italiennes étoilées, ses vrais Finlandais et ses faux Belges que se veulent les Flamands, l’illustre. Pourtant, jamais il n’y eut autant d’Etats démocratiques dans le monde. Jamais les autocrates, comme Poutine, Erdogan, Maduro n’ont tant vanté les principes de la démocratie.

    Quand le vice rend hommage à la vertu, il respecte une certaine hiérarchie des valeurs.

    Qu’est ce qui dans le fond, menace la démocratie ? Est-ce Mélenchon, qui soutient Maduro,  mais qui est pourtant plus démocrate que le Parti communiste  dont il est le successeur ? Est-ce le Rassemblement National de Marine Le Pen, lui aussi plus républicain que le FN de son père, qu’elle fit condamner ? La démocratie, la République, a toujours eu des adversaires qu’elle a toujours su digérer. Vit-on dans une démocratie tranquille pour autant? Non : la démocratie n’a jamais été tranquille. Nulle part. Ni aux Etats-Unis, où les batailles des droits civiques furent presque des guerres civiles, ni en Angleterre où les conflits de classe et la question irlandaise furent meurtrières, ni en Italie pendant les années de plomb qui furent des années sanglantes. Mais pendant tout ce temps là, il y avait toujours et partout des militants enragés qui se battaient pour la démocratie, autant que leurs adversaires la méprisait. Ce qui menace aujourd’hui, c’est l’inconsistance.

    Récemment, un député centriste, Charles de Courson, donna une belle leçon à ses collègues et au gouvernement, fustigeant la loi anticasseurs qui donne au Préfet le droit d’interdire de manifester à tel ou tel. Il dit que cette loi était une atteinte aux libertés publiques. Il a évidemment raison. Il ne fut pas écouté. Il faut espérer que le Conseil constitutionnel réparera cela.

    Récemment, un journal d’extrême gauche, Mediapart, manqua d’être perquisitionné. Il en sait trop sur l’affaire Benalla. Auparavant, Mélenchon avait été, au petit matin, sorti du lit par la police. On se moqua de lui tant sa réaction, bouffie d’orgueil, le rendait grotesque. Sur le fond, il avait raison : dans quel pays démocratique réveille-t-on un leader de l’opposition au petit matin et lui prend-on tous ses ordinateurs sans même lui donner un reçu ? Cela se passe chez nous.

    En Espagne, des élus indépendantistes sont en prison pour avoir organisé un referendum sur l’indépendance. En Angleterre, des députés travaillistes quittent le parti en dénonçant l’antisémitisme qui y règne. Antisémitisme qui refleurit chez nous, dans la rue. Comme l’antiparlementarisme, l’insulte et les menaces. Le mépris de l’autre est contagieux. Le fond de l’affaire, ce n’est pas l’économie, la crise sociale, le grand bouleversement du monde, internet, les réseaux sociaux ou les medias. La crise est politique : dans les têtes. Habitués à la toute puissance de l’Etat, nous lui en voulons de son impuissance. A chaque problème, nous voulons une loi, c’est-à-dire une sanction. Erreur monumentale. Nous oublions l’essentiel de ce qui maintient la démocratie : d’abord la liberté. C’est-à-dire celle d’autrui.

    Je ne suis pas pour l’indépendance de la Catalogne (je n’en suis pas citoyen et je n’ai pas d’avis à avoir), mais je conteste le droit de mettre en prison des élus qui ont exprimé ce qu’ont voté la moitié des Catalans. Je ne suis pas favorable à l’indépendance de la Corse, mais je combattrais une République qui mettrait les indépendantistes corses en prison. Je ne suis pas pour Mélenchon, encore moins pour les casseurs, mais je m’inquiète des perquisitions chez un media, un leader politique, comme je me suis inquiété des multiples mises en examen de Sarkozy, qui, des années après, n’ont toujours débouché sur rien. Les principes républicains, qui sont des principes de respect de la liberté des autres, surtout des adversaires, sont bafoués. On achète, on menace, on poursuit, on intimide. Sous prétexte de guerre au terrorisme, on arrête des écolos. Sous prétexte de transparence, on interpèle des opposants. On poursuit Cahuzac le fraudeur fiscal, mais on encense Johny, le fraudeur fiscal. Dans tous les cas, l’excès. L’absence de mesure et de justice.

    On trouve la colère des Gilets Jaunes « légitime », pour les amadouer, et donc on récolte la violence, que l’on condamne encore plus sévèrement que les lois Peyrefitte ou Pasqua ne l’ont jamais fait. En Azerbaïdjan, où j’allais pour défendre les Droits de l’Homme au nom du Conseil de l’Europe et essayer de libérer des opposants, le Procureur me lut la loi française sur les autorisations de manifester. Je lui répondis que personne en France n’avait été mis en prison pour une manifestation illégale. Je ne pourrais plus lui répondre cela aujourd’hui. Est-ce un progrès ? Est-ce la faute des manifestants ? Ou celle des démocrates qui nous gouvernent ?

    Les démocrates semblent avoir oublié les principes fondateurs : La liberté d’abord. C’est la liberté qui donne des droits, fonde toute démocratie, sa légitimité et son efficacité. D’autant que la liberté -le respect d’autrui et de ses droits – est efficace. Le système politique républicain n’est jamais menacé par l’extérieur. Il l’est quand ceux qui en ont la charge -le pouvoir comme les citoyens- en oublient les principes. C’est le cas dans bien des pays, y compris, insidieusement, le nôtre. La démocratie « illibérale » se propage. Ils nous manquent de vrais libéraux.

    Laurent Dominati

    Ancien ambassadeur de France

    Ancien Député de Paris

    Président de la société éditrice du site « Lesfrancais.press »

  • Paris et Berlin réclament une refonte des règles de concurrence après le camouflet Alstom-Siemens

    Moins de deux semaines après le rejet par la Commission de la fusion Alstom-Siemens, Paris et Berlin ont publié un manifeste industriel commun appelant à une modification des règles européennes de la concurrence.

    « Aujourd’hui, seules cinq des 40 plus grosses entreprises dans le monde sont européennes », rappelle le manifeste franco-allemand pour une politique industrielle européenne adaptée au 21e siècle, publié le 19 février par Paris et Berlin.

    Lors d’une conférence de presse commune, Bruno Le Maire, ministre français des Finances, et Peter Altmaier, ministre allemand à l’Économie, ont tous deux souligné ce qu’ils considèrent comme le « lourd désavantage » des entreprises européennes vis-à-vis de leurs concurrentes chinoises et américaines.

    « Pour être capable de créer un champion européen, il est nécessaire de changer le cadre réglementaire européen », a insisté Bruno Le Maire, soulignant que les pays comme la Chine n’hésitent pas à subventionner généreusement leurs entreprises.

    Les deux pays souhaitent une mise à jour des orientations sur les fusions, afin de les adapter à l’état de la concurrence sur le marché mondial, et non au niveau européen. Dans leur manifeste stratégique, Paris et Berlin proposent aussi de donner au Conseil européen le droit d’abroger certaines décisions de la Commission sur les questions de concurrence, dans « des cas bien définis ».

    « C’est la première fois que la France et l’Allemagne présentent des propositions pour transformer les règles européennes de concurrence », a poursuivi le ministre français. « Nous avons de puissantes technologies modernes et nous ne voulons pas servir d’autres continents que le nôtre. »

    Lors d’un événement plus tard dans la journée, il a répété son opinion selon laquelle le rejet par la Commission de la fusion Alstom-Siemens était une erreur économique et politique. « Parfois plus stupides que les règles européennes, il n’y a pas. »

    Outre une modification des règles, le manifeste franco-allemand appelle aussi à « investir massivement dans l’innovation » et à prendre des mesures de protection des technologies, entreprises et marchés européens.

    Les deux ministres ont insisté sur la finalisation de l’Union des marchés de capitaux, qui permettra aux marchés financiers européens de mieux soutenir l’innovation industrielle. « Il s’agit avant tout de garder la valeur créée en Europe », explique Bruno Le Maire, faisant aussi référence à l’achat en 2016 de l’entreprise de robotique allemande Kuka par le chinois Midea, qui avait  entrainé une vive polémique.

    La décision de Peter Altmaier de prendre une part active à la transformation de la politique industrielle européenne avec la France a aussi pour but de protéger le « Mittelstand » allemand, le moteur de son économie. C’est un parti pris nouveau, qui contraste avec l’approche traditionnelle allemande qui ne s’immisce pas dans les décisions liées aux affaires et aux marchés.

    Initiative commune sur les batteries

    Les deux ministres ont aussi parlé d’une autre initiative commune : l’Allemagne et la France ont prévu un budget de 1,7 milliard d’euros pour soutenir la production de batteries électriques pour les véhicules électriques. Le ministre allemand espère que la Commission européenne autorisera les aides d’État avant le 1e avril.

    Les deux représentants n’ont cependant pas souhaité s’exprimer quant au calendrier de l’ouverture de la première usine. Ils ont souligné que le projet était ouvert à tous les États membres. « À ce jour, la Pologne, l’Espagne et l’Italie ont exprimé leur intérêt », a précisé Bruno Le Maire.

    L’initiative a pour but de limiter la dépendance des constructeurs automobiles européens vis-à-vis des fournisseurs de batteries électriques asiatiques et de protéger l’emploi local, menacé par la fin annoncée des moteurs à combustion.

    « Il est dangereux de dépendre de fournisseurs étrangers, particulièrement asiatiques », a fait remarquer le ministre français. « Ce que nous voulons, c’est garder toute la chaine de valeur en Europe. »

    Dans son discours, le Français a qualifié la nouvelle route de la soie lancée par la Chine de plus important projet stratégique au monde. « Avec sa route de la soie, la Chine est à deux doigts de rafler toute la mise » sur la scène économique mondiale.

    Claire Stam

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Une sénatrice des Français de l’Etranger au C.A de l’IHEDN

    Sénatrice représentant les Français de l’étranger (élue en 2004, réélue en 2011), Joëlle Garriaud-Maylam est membre de la commission exécutive des Républicains et Secrétaire nationale en charge de la Francophonie et de la Coopération.

    Elle a représenté les Français du Royaume-Uni et d’Irlande de 1988 à 2004 (date de son entrée au Sénat) au Conseil supérieur des Français de l’étranger, dont elle a été la première vice-présidente de 2000 à 2003. Elle est membre du Conseil Franco-Britannique.

    Au Sénat, elle est Secrétaire de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces Armées, membre de la Commission des Affaires européennes et Vice-présidente de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’Égalité des chances entre Hommes et Femmes. Elle est également présidente déléguée des groupes d’amitié France-Birmanie et France-Sénégal. Elle représente le Sénat à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, où, en tant que Rapporteur général, elle travaille notamment sur les questions de terrorisme ; elle représente également le Sénat à la Commission nationale pour la Science, l’Education et la Culture (UNESCO) et au Conseil Supérieur de la Réserve Militaire.

    Juriste international de formation, elle a été auditrice de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) où elle a été nommé ce 19 février par Gérard Larcher au conseil d’administration. Cet Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), fondé en octobre 1936, est un établissement public administratif français d’expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministre. Actuellement, il est installé, depuis 1948 à l’École militaire. Malgré sa localisation, l’IHEDN n’est pas une école militaire, mais un institut de formation qui vise à « promouvoir l’esprit de défense du territoire national ». Sa mission consiste à préparer des hauts-fonctionnaires, des officiers généraux ou supérieurs et des personnes particulièrement qualifiées d’un point de vue économique ou social à tenir les emplois les plus élevés dans les organismes chargés de la préparation et de la conduite de la guerre

    Joëlle Garriaud-Maylam exerce aussi à l’Institut des études européennes de l’ENA. Elle est Colonel de réserve (réserve citoyenne) et Chevalier de la Légion d’honneur – insignes remis par le Président Jacques Chirac à l’Elysée en juillet 2002.

    Outre les dossiers spécifiques aux Français de l’étranger (scolarisation, protection sociale, fiscalité, sécurité, représentation institutionnelle et politique), elle s’investit particulièrement dans les domaines de défense et de lutte contre le terrorisme, d’égalité femmes/hommes, d’éthique publique, de lutte contre la corruption, de développement international et d’audiovisuel.
    Elle a créé le Prix du Rayonnement français, dédié aux Français de l’étranger remis chaque année au Quai d’Orsay.

    Fabien Ferasson de Quental

  • Rassemblement historique à Paris contre l’antisémitisme

    20,000 personnes se sont réunies ce 19 février Place de la République à Paris pour condamner la vague d’actes antisémites qui ont récemment frappé la France. C’est historique mais c’est 10 fois moins que lors du rassemblement, en présence du Président Mitterrand, en 1990 suite au saccage du cimetière juif de Carpentras.

    Des représentants de nombreuses formations politiques et la quasi-totalité du gouvernement se sont retrouvés avec la foule lors de cet événement. Le Président de la République, lui, avait décidé de retrouver la communauté juive d’Alsace suite aux attaques d’un cimetière juif qui fait écho à celui de Carpentras, avant de retrouver le Président du Sénat et celui de l’Assemblée Nationale au mémorial de la Shoah.

    Une recrudescence des actes antisémites en 2018  

    « Il fallait aujourd’hui dire ça suffit, dire que tout n’est pas possible, et quand on voit ces actes qui se multiplient, il est temps de réagir ensemble et de la meilleure des manières ». C’est ainsi que s’est exprimé Olivier Faure, Premier Secrétaire du Parti Socialiste, à l’origine de ce rassemblement.

    La France fait face à une recrudescence des actes antisémites, +75% en 2018. Ce n’est pas le seul pays à faire face à ce fléau, l’Allemagne notamment est également visée.

    Les dernières semaines ont vu des éléments particulièrement marquants. Tags antisémites contre des portraits de Simone Veil, agression verbale d’Alain Finkielkraut, et désormais saccage d’un cimetière juif en Alsace.

    La recrudescence de l’antisémitisme, dans le contexte par ailleurs compliqué des gilets jaunes, a d’ailleurs poussé des politiques israéliens à pousser les Juifs de France à rejoindre l’Etat Hébreu.

    Les prochaines semaines et les actions prévues par le Président de la République, qui restent à détailler, seront cruciales.

    La rédaction

  • L’actu en capitales : exode chez les travaillistes britanniques, socialistes en tête des sondages espagnols, querelle Pologne-Israël

    L’actu en capitales : exode chez les travaillistes britanniques, socialistes en tête des sondages espagnols, querelle Pologne-Israël

    L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv .

    LONDRES

    Exode travailliste : Sept députés ont démissionné du Parti travailliste pour protester contre la position de leur leader, Jeremy Corbyn, sur le Brexit. Les récentes allégations d’antisémitisme contre le parti ont également été citées comme motivation par les élus.

    Jeremy Corbyn s’est dit « déçu » de cette décision, tandis que le chancelier fictif, John McDonnell, a déclaré qu’il valait mieux que les membres ayant des opinions divergentes restent au sein du parti et « défendent leurs opinions ».

    Les sept députés sont en faveur d’un deuxième référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE. Ils siègeront à présent au parlement en tant que membres indépendants. (Samuel Stolton, Euractiv)

    MADRID

    Les socialistes en tête dans les sondages : Les socialistes espagnols (PSOE) sont en tête dans deux nouveaux sondages avant les élections anticipées du 28 avril. Un rapport du quotidien conservateur La Razón suggère une victoire socialiste, mais affirme qu’une alliance conservatrice de type andalou, entre le Partido Popular (PPE), Ciudadanos (ADLE) et Vox (extrême droite) pourrait se mettre en travers de son chemin, si les 188 sièges prévus pour ces formations étaient regroupés.

    Un autre sondage, mené par Metroscopia pour le journal de gauche 20 Minutes, prévoit également une victoire du PSOE, mais remet en question la faisabilité d’un gouvernement conservateur tripartite. (Fernando Heller, EuroEFE)

    PARIS

    Mobilisation contre l’antisémitisme : Quatorze partis politiques et associations organisent un rassemblement contre l’antisémitisme croissant dans le pays le 20 février. Cet appel fait suite aux abus antisémites commis par des gilets jaunes contre le philosophe français Alain Finkielkraut le week-end dernier et à une augmentation de 74 % des incidents antisémites en France l’année dernière.

    Fraude massive à la PAC en France : L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a recommandé à la Commission européenne de récupérer 536 500 euros d’aide de la PAC qui ont été détournés entre 2015 et 2017 en Corse. L’affaire concerne six personnes. (Cécile Barbière, Euractiv France)

    BERLIN

    Européennes en Allemagne : 70 % des Allemands pensent que leur vote aux prochaines élections européennes est important et aura un impact, selon un nouvel Eurobaromètre. Ce taux est beaucoup plus élevé qu’au printemps 2016, quand il se situait à 47 %. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)

    ROME

    M5S au secours de Salvini : Après un vote en ligne, le Mouvement 5 étoiles italien (M5E, appartenant au EFDDD) a bloqué un procès contre Matteo Salvini en demandant aux élus du parti de ne pas lever son immunité parlementaire dans l’affaire Diciotti. Les sénateurs doivent décider aujourd’hui si le dirigeant de la Lega devra être poursuivi pour abus de pouvoir et même éventuellement enlèvement de migrants.

    Autonomie napolitaine : Le maire de Naples, Luigi De Magistris, a annoncé sur Facebook la tenue d’un référendum sur l’autonomie totale de la ville d’ici la fin de l’année. Le vote pourrait déclencher d’autres revendications d’« autonomie différenciée » dans toute la région du sud de l’Italie. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

    VARSOVIE

    Querelle diplomatique : La Pologne a décidé de ne pas participer au sommet de Visegrád (V4) à Jérusalem après que le ministre intérimaire des Affaires étrangères israélien, Yisrael Katz, a déclaré : « Les Polonais se sont nourris de l’antisémitisme avec le lait de leur mère ». Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a rétoruqé que les remarques de Yisrael Katz étaient « racistes et inacceptables ». En conséquence, le sommet a été annulé et les autres pays de Visegrád ne tiendront que des réunions bilatérales. (Euractiv Pologne)

    ATHÈNES

    Retards des réformes : La Grèce risque de perdre 4,8 milliards d’euros de bénéfices sur les obligations grecques détenues par les banques centrales de la zone euro en raison de retards dans la mise en œuvre des réformes selon Reuters. La pomme de la discorde est le cadre juridique des résolutions de prêts non productifs.

    Un bon cru pour le vin grec : Les exportations de vins grecs vers les autres pays d’Europe ont augmenté en 2018 : l’Allemagne, la France, Chypre, le Royaume-Uni, la Belgique et la Norvège représentent 87,07 % du total de ces exportations, selon Ypaithros.gr, partenaire média d’Euractiv Grèce.

    BRATISLAVA

    Les grandes espérances : 80 % des Slovaques pensent que l’UE devrait avoir des forces armées conjointes, selon un sondage commandé par la représentation de la Commission européenne en Slovaquie. Plus de 75 % des répondants ont déclaré que l’UE devrait aussi s’attaquer au problème des politiciens corrompus, et encourager des niveaux élevés de transparence dans la sphère publique et privée.

    Inquiétudes sur l’enquête Kuciak : Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète d’une possible ingérence politique dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa fiancée. RSF a également critiqué un nouveau projet de loi sur les médias qui donne aux personnalités politiques le « droit de réagir » à toute couverture médiatique critique. (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)

    PRAGUE

    Très chères données : Les données Internet en République tchèque sont les plus chères d’Europe. Une analyse de Point Topic a révélé que les Tchèques paient environ 5,7 euros pour 1 Go. La réaction de la ministre du Commerce, Marta Nováková, selon laquelle les prix baisseraient si les gens utilisaient davantage les données, n’a fait que susciter davantage de critiques. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

    BUCHAREST

    Procureur en chef de l’UE : Après les accusations portées contre la candidate roumaine, Laura Codruța Kövesi, au poste de procureure en chef de l’Union, le libéral Guy Verhofstadt a appelé le président du Parlement, Antonio Tajani (PPE), à défendre l’intégrité du processus de sélection. Laura Codruța Kövesi a été démise de ses fonctions au sein de la direction roumaine de la lutte contre la corruption après avoir été accusée d’abus de pouvoir et d’inconduite par le parti socialiste, au pouvoir, visé par de nombreuses enquêtes.

    Guy Verhofstadt s’est déclaré « consterné par les attaques » des autorités roumaines contre la magistrate et a exhorté Bucarest à garantir qu’elle puisse participer aux auditions du Parlement européen. (Bogdan Neagu, Euractiv Roumanie)

    SOFIA

    Borissov censure son bras droit : Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a annulé des décisions majeures de son numéro deux dans le parti GERB, Tzvetan Tzvetanov. Celui-ci avait annoncé des amendements au Code électoral, notamment l’élimination du vote préférentiel et l’octroi d’un deuxième mandat à la Commission électorale centrale. Boyko Borissov a déclaré que les décisions avaient été prises en son absence, qu’une nouvelle CEC sera élue et que le vote préférentiel sera maintenu.  (Georgi Gotev, Euractiv)

    LJUBLJANA

    Entreprises italiennes devant la justice : La Slovénie poursuivra en justice six stations de radio italiennes proches de la frontière qui utilisent des fréquences appartenant à la Slovénie. Le gouvernement a déclaré que le problème dure depuis plus de dix ans et que les Italiens n’avaient montré aucune volonté à le résoudre. (Željko Trkanjec, EURACTIV.hr)

    ZAGREB

    Arrestations de migrants illégaux : La police croate a arrêté deux personnes à Gračac, près de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine (BiH), qui ont transporté plus de 40 migrants illégaux dans un camion immatriculé en Slovénie. C’est l’une des plus grosses arrestations de ces derniers mois.

    Données foncières : « Un projet cofinancé par l’UE et doté d’un budget de 3 millions d’euros permettra d’assurer un échange efficace de données par le biais de services électroniques entre les organes de l’État », a déclaré le gouvernement. Les investisseurs critiquent souvent l’administration publique croate pour l’absence d’un enregistrement foncier approprié. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

    SARAJEVO

    Pourparlers avec le gouvernement : Après un débat animé, les présidents des trois plus grands partis nationaux de Bosnie-Herzégovine (les partis croate, serbe et bosniaque) ont entamé des négociations pour former un gouvernement de coalition. Les Bosniaques veulent garantir que les ministres serbes ne pourront pas bloquer le projet d’adhésion à l’OTAN. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

    BELGRADE

    Frais d’itinérance dans les Balkans occidentaux : Mariya Gabriel, commissaire européenne chargée de l’économie numérique, espère que l’accord régional sur l’itinérance pour les Balkans occidentaux sera signé lors du sommet numérique de la BM les 4 et 5 avril à Belgrade. Le Conseil de coopération régionale a déclaré que l’itinérance dans la région serait gratuite d’ici l’été 2021. (Julija Simić, Euractiv Serbie)

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Sall favori, le Sénégal joue la confiance

    Macky Sall a de grandes chances d’être réélu Président de la République du Sénégal.

    Le Président sortant a d’excellent résultats économiques – les meilleurs du continent africain- une reconnaissance internationale, une stature au dessus de ses concurrents, une opposition en lambeaux. Celui qui avait pris le risque de défier son prédécesseur Abdoulaye Wade, a vu ses principaux rivaux, dont le fils de l’ancien Président, écartés par la justice après avoir été condamnés pour corruption. D’où des soupçons de justice aux ordres, même si personne ne doute vraiment de la réalité des faits reprochés.

    Une victoire facile annoncée? Soit, les opposants ne font pas le poids.

    Le parti socialiste, autrefois hégémonique, a disparu. Mais personne ne peut nier que Sall a réussi son premier mandat, ni faire croire que le Sénégal est une fausse démocratie: la preuve en fut la rébellion de Saal lui même, et une liberté de la presse que l’on retrouve rarement ailleurs. De même, pour l’instant, le régime Saal tranche par son souci de transparence. Faux semblant, précautions électorales? Il se passe quelque chose au Sénégal, qui vient de loin. Pendant quarante ans, le pays a été dirigé par Léopold Sédar Senghor, icône qui n’accepta que tardivement le multipartisme. Il transmit le pouvoir à son héritier Abdou Diouf, qui dut accepter l’alternance incarnée par le vieil opposant Abdoulaye Wade. Pour la première fois, le Parti socialiste cédait les rênes du pouvoir à un libéral convaincu. De fait, la libéralisation à la Wade apporta lors du premier mandat un vent de fraicheur, de nouveauté qui changea le Sénégal. Le second mandat fut plus problématique; et Sall Premier ministre s’opposa au vieux chef et à sa famille. Libéral convaincu lui aussi, il s’affranchit des pesanteurs du clanisme de Wade et continua une politique économique de croissance et d’investissements. Enfin, servi par la chance, des champs de pétrole découvert au large du Sénégal devraient lui permettre, quand ils seront opérationnels, de financer la modernisation du pays. Chinois, Allemands, Français et même Russes se précipitent sur ce qui pourrait apparaître comme le premier dragon africain. Pour l’instant, Sall plane; Les Sénégalais devraient lui faire confiance.

    Pourvu que le succès ne monte pas à la tête. Mais pourquoi s’inquiéter d’un succès avant d’en profiter un peu?

    Le plus marquant, c’est la réussite d’un programme franchement libéral, dont les bénéfices sociaux sont incontestables. Les pays en développement ont la plupart du temps, notamment en Afrique, privilégié le dirigisme et l’étatisme, qui permet de tenir un discours social, contrôler des ressources du pays, tout en facilitant la corruption. Rares sont ceux qui ont opté pour un voie franchement libérale, malheureusement assimilée aux «recettes» du FMI, qui relèvent plus de la purge que d’une politique de l’offre. Au Brésil, le Président Fernando Cardoso avait fait ce choix, qui fut une réussite économique et qui permit de financer la bolsa familia de Lula. Ici aussi, Macky Saal  a développé un programme de bourses aux familles. Ce n’est pas une coïncidence: mener de front l’investissement et l’intégration des plus pauvres au circuit économique, c’est la recette du développement et de la création d’une classe moyenne. 

    La rédaction

     

  • Lescure contre le Sénat pour privatiser aéroports de Paris

    Le député de la première circonscription des Français de l’étranger Roland Lescure, ancien banquier et vice-président de la Caisse des dépôts du Canada, est le Rapporteur de la loi dicte Pacte à l’Assemblée nationale, loi qui souhaite simplifier la vie des entreprises.

    Le Sénat a bien adopté la loi Pacte, défendue par Bruno Le Maire, mais y a apporté plusieurs amendements. Le plus important d’entre eux, comme l’avait annoncé il y a quelques semaines lesfrancais.press, est l’abandon de la privatisation d’Aéroports De Paris. Les sénateurs ont rejeté à une écrasante majorité le processus de privatisation, peu convaincu de son intérêt: cadeau fait au groupe Vinci, faible valorisation, absence de garanties, aspect stratégique des trois aéroports parisiens, abus de situation d’un monopole privé, principe de souveraineté sur un actif stratégique, les arguments n’ont pas manqué.

    Le député de l’Amérique du nord devrait bien connaître ce dernier principe puisque les Américains refusent de voir leurs aéroports passer aux mains de capitaux privés étrangers. Pourtant, le Rapporteur Lescure, au lieu de recherche le consensus, ce qui a quasiment eut lieu au Sénat, puisque droite et gauche ont voté la loi pacte, mais sans le seul sujet de la privatisation, a annoncé que l’Assemblée rétablirait l’intégralité du texte initial et passerait en force. Consigne du gouvernement sans doute, qui cherche quelques milliards. Celui-ci prend un risque: avec le vote du Sénat, le personnel d’ADP commence à se mobiliser, une pétition est en cours, Vinci s’interroge. Le Président d’ADP lui même, Augustin de Romanet, commence à dire que la privatisation peut être une bonne, mais sous certaines conditions seulement. Bref, il serait urgent de réfléchir.

    Le même Lescure n’hésite pas à dire que les privatisations des autoroutes furent une erreur. Il devrait penser que c’est ce qu’on dira d’ADP dans quelques années, et qu’on se demandera qui était le Rapporteur acharné d’une si mauvaise idée.

    La rédaction

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