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  • 4000 Français ont quitté la France l’an dernier pour des raisons fiscales

    Selon le Ministère des Finances, en 2016, 3990 foyers fiscaux d’un revenu supérieur à 100.000 euros ont quitté la France pour des raisons de fiscalité.

    Toujours selon le rapport au Parlement remis par le ministère, 5000 redevables de l’ISF ont quitté la France en dix ans. Depuis 2013, le ministère transmet un rapport au Parlement sur « les exilés fiscaux », qui représentent un manque à gagner pour les services fiscaux qui voient partir leurs « clients ». D’où la réticence de Macron à rétablir l’ISF, Bercy estimant que l’ISF rapporte moins qu’il ne coûte. D’autres en concluent qu’il faut taxer les Français où qu’ils demeurent, les obligeant à payer une sorte d’impôt de citoyenneté, à l’instar de ce que font les Américains.

    Pour l’instant, il n’y a pas encore de données sur les départs de contribuables français à l’étranger motivés par des raisons fiscales pour 2017 et 2018, ce qui interdit de mesurer l’effet de la suppression de l’ISF et son remplacement par l’IFI.

    De 2012 à 2106, le Ministère estime à presque 20.000 le nombre de départs s’assujettis à l’ISF.

    L’administration a enregistré une augmentation significative des départs lors du choc fiscal de 2011/2012 décidé par François Hollande (Emmanuel Macron étant à ses cotés). Le rythme des départs de ménages ayant plus de 300.000 euros de revenus était alors passé de 170 par an à 530 par an. Les destinations choisies sont, dans l’ordre, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Suisse et la Belgique.

    Il faut cependant rappeler que la part de ceux qui partent à l’étranger pour des raisons fiscales est extrêmement minoritaire parmi les Français de l’étranger. Ils ne représentent environ 0.5% des expatriations.

    Selon le ministère, qui raisonne avant tout en fonction de la base imposable et des recettes fiscales, les départs de ménages assujettis à l’ISF ont représenté en dix ans la disparition d’un actif net de plus de 23 milliards d’euros. Pas étonnant qu’aucun pays n’ait copié cet impôt, pourtant plébiscité dans les sondages.

    La redaction

  • Mort de Karl Lagerfeld, Kaiser de la mode

    Souvent présenté comme le dernier géant de la mode, l’allemand Karl Lagerfeld est décédé ce 19 février à l’âge de 85 ans. Indissociable de la maison Chanel qui dirigea durant 36 ans, il fut par ailleurs à la tête de Fendi, ainsi qu’un photographe, éditeur, et réalisateur de talent.

    Né dans l’Allemagne d’avant-guerre à Hambourg en 1933, Karl Lagerfeld connu les bombardements de sa ville et l’occupation de l’Allemagne par les alliés,. Il prétendît n’en avoir aucun souvenir. Parisien passionné par sa ville depuis les années 50, francophile et francophone parfait, malgré un accent inimitable, il était sans nul doute le plus Français des Allemands.

    Complice puis rival d’Yves Saint Laurent

    Sa carrière débuta quand il remporta en 1954, ex-aequo avec Yves Saint Laurent, le premier prix du concours de la laine. S’en suivit une sincère amitié entre les deux hommes. Celle-ci ne résista pas à l’évolution de leurs carrières et leur rivalité amoureuse autour du dandy parisien Jacques de Bascher.

    Entré chez Balmain avant de rejoindre Fendi en 1965, c’est chez Chanel, ou il entra en 1983, que son talent et sa notoriété explosèrent. Vieille maison passée de mode à l’époque, Chanel fut alors réinventée par le créateur. Là est sans doute la principale différence avec Saint Laurent. Lagerfeld était en effet capable de s’approprier l’esprit d’une maison plutôt que de définir son propre style.

    Créateur de show spectaculaires au Grand Palais, il transforma la vieille maison Chanel en empire mondial hyper-rentable et connu de tous, et partout.

    Une icône populaire, un hommage unanime

    Longtemps perçu comme un homme élitiste et distant, doté d’un sens de l’humour mordant indéniable, il devint au début des années 2000 une icône. Parfaitement conscient de son image si particulière, cultivant son look inimitable, il sut aussi développer des créations populaires et abordables.

    Il fut ainsi l’un des premiers créateurs de haute couture à développer une collection pour H&M, avec un immense succès et des files d’attente en magasin interminables. Touche à tout, Karl Lagerfeld redessina aussi les bouteilles de Coca-Cola et conçut même le maillot de l’équipe de France de football ! Karl Lagerfeld fut d’ailleurs le premier des « gilets jaunes » lors d’une célèbre campagne de sensibilisation de la sécurité routière.

    Le monde de la mode a immédiatement, et unanimement réagit. « Génie créatif qui a contribué à faire de Paris la capitale mondiale de la mode » pour Bernard Arnault, « la définition même d’un créateur contemporain » selon Jean-Charles de Castelbajac, il manquera au monde entier d’après Carla Bruni.

    Plusieurs polémiques durant sa carrière

    La carrière de Karl Lagerfeld ne fut cependant pas exempte de polémiques. Sa totale franchise lui valut des critiques quand il contesta la décision d’Angela Merkel d’accueillir 1 million de migrants. Son obsession de la minceur chez les mannequins était également largement critiquée, tout comme son refus de ne plus utiliser de fourrure. Un redressement fiscal qui fut allégé dans des conditions troubles fut également un élément de sa vie, dans les années 90, qui resta une tâche.

    Karl Lagerfeld restera cependant dans les mémoires pour l’immensité de sa carrière et de sa créativité. La maison Chanel, qui lui doit tant, va désormais débuter le difficile travail pour le remplacer, ou plutôt, lui succéder.

    La rédaction

    19 février 2019

  • Québec: 18,000 dossiers de candidats à l’immigration annulés

    Des milliers d’immigrants, et parmi eux de très nombreux Français ont reçu un courrier du ministre québécois de l’immigration Simon Jolin-Barette les informant de l’annulation de leur dossier. Cela concerne les candidats à l’immigration. Cela concerne aussi, plus grave encore, des personnes en attente du renouvellement de leur visa de travail.

    Une politique d’immigration longtemps généreuse pour les francophones

    Ce revirement de la politique de la Belle Province, qui a longtemps habituée les francophones, test linguistique oblige, à une grande générosité dans l’allocation des visas, s’explique largement par la nouvelle majorité au pouvoir. François Legault, Premier Ministre depuis octobre 2018, a en effet fait une campagne largement axée sur la réduction de l’immigration.

    Ces annulations, alors que le coût administratif est de plusieurs milliers d’euros, étonnent alors que les besoins du Québec sont importants. La manière, épistolaire et lapidaire, choque également. Le Québec est, depuis de nombreuses années, une terre d’immigration « tendance » pour les Français, souvent jeunes, qui souhaitent vivre l’aventure de l’expatriation sans pour autant perdre tous leurs repères. Toutefois, malgré une langue commune et une culture largement partagée, les désillusions sont fréquentes. Outre un climat forcément très différent de celui de Paris ou de la Côte d’Azur, c’est le mode de fonctionnement, nord-américain, des services et des personnes qui peut dérouter nos compatriotes.

    Les Français du Québec se mobilisent pour l’emploi

    Parmi les Français du Québec, c’est parfois la consternation. Ainsi Emmanuelle Rodibou, mère de famille et gérante de magasin, devra quitter le Québec, faute de renouvellement de son visa. « On n’a plus de solution, mon visa se termine le 30 avril » confiait-elle au Journal de Québec. Stéphanie Dufaud, attachée de presse marseillaise, s’interroge: « Pourquoi balayer nos vies sous le tapis? ». Parmi les candidats à l’immigration, le niçois Frédéric Richand déplore lui de devoir repasser toutes les étapes, notamment de certifications. Une procédure qui a un coût conséquent.

    Des besoins variables selon les régions et les professions

    Le Québec, qui connait une situation économique enviable, a, en matière d’emplois, des besoins contrastés. 80% des immigrés se fixent à Montréal et à Québec alors que les régions plus reculées, et moins hospitalières, font face à des pénuries de main d’œuvre. Le gouvernement québécois cherche également à adapter les délivrances de visas aux besoins précis en matière d’emplois. L’objectif est clair : n’accorder des visas qu’aux personnes directement employables. Avec une promesse à la clé délivrée par le ministre : « plus de rêves brisés ».

    La rédaction

    19 février 2019

  • Rencontre avec Marek Halter à Bruxelles

    Le grand écrivain Marek Halter était de passage ce week-end en Belgique pour la foire du livre de Bruxelles et deux conférences sur son dernier livre « Je rêvais de changer le monde « . Rencontre et échanges avec Manel Mselmi, engagée dans l’association des Musulmans contre le terrorisme.

    Notre écrivain n’est pas un homme comme les autres .C’est un homme à talents multiples. Il parle une dizaine de langues .il est écrivain, peintre mais aussi un artisan de paix qui n’hésite pas d’aller jusqu’au bout du monde pour rencontrer des leaders et discuter avec eux afin de résoudre des conflits.

    À travers son livre Marek nous emmène dans un voyage ou on croise des chefs d’états, des leaders religieux ou de grands écrivains et journalistes. Staline, Golda Meir, Nasser, Sadate, Arafat, Peron, Che Guevara, Poutine, Jean-Paul Sartre ou encore le pape François.

    Français Juif d’origine Polonaise mais citoyen du monde

    Pour Marek, on vit dans une époque où « tout est possible et rien n’est possible « avec cette évolution numérique, on arrive à communiquer avec l’autre mais on arrive pas à partager des  expériences humaines qui nous montrent qu’on est tellement différents mais on est tous égaux.Marek se définit comme un Français d’origine Juive polonaise mais c’est un vrai citoyen du monde qui apprécie les différentes cultures et religions à leur juste valeur mais il est aussi convaincu que le monde verra la paix grâce aux femmes et surtout les femmes leaders  qui sont capables de prendre des décisions justes et courageuses.

    Manifestation contre l’antisémitisme à Paris le 19 février

    Auteur de plusieurs livres sur les femmes qui ont marqué l’histoire de  l’islam comme « Aicha « , »Fatima », »Khadija » et ami proche de l’imam Chalghoumi , Marek est l’un des penseurs qui croit en dialogue entre Juifs et Musulmans.

    Manel Mselmi et Marek Halter lors de la foire du livre

    Lors de sa conférence au Conseil Représentatif des Juifs de Belgique le 17 février, Marek annonce qu’il organise avec l’imam Chalghoumi et des représentants de la communauté musulmane une manifestation intitulée « Musulmans contre l’antisémitisme » qui partira le 19 février à 18h30 à Paris de la rue du Temple direction la Place de la République. Cet événement est le résultat d’une série d’engagement entre deux hommes venant de deux mondes différents et qui ont décidé de travailler ensemble pour la fraternité entre les peuples et les communautés.

    Après la marche des musulmans contre le terrorisme et celle des jeunes musulmans contre le terrorisme, voici la manifestation des musulmans contre l’antisémitisme, un engagement qui ne laisse pas les communautés respectives indifférentes mais c’est au moins une étape pour œuvrer pour une meilleure société parce que « les vrais réalistes sont des rêveurs  »

    Manel Mselmi

     

  • Des drapeaux “en berne” sur nos lycées et nos consulats français à l’étranger ? – François Ralle Andreoli

    Que fera-t-on dans nos lycées français de l’étranger avec la proposition d’amendement Ciotti de mettre un drapeau français et européen dans toutes les salles de classes, si elle est définitivement adoptée ?

    Les drapeaux sont d’ores et déjà présents dans nos établissements français à l’étranger. Celui de la France, celui de l’Union Européenne bien entendu et celui de notre pays d’accueil, aux côtés le plus souvent de notre devise : “Liberté, Égalité, Fraternité”. A l’étranger, ce drapeau compte d’autant plus pour nous que nous sommes loin de la France. Comme conseiller consulaire, l’échelon de la représentation locale des Français hors de France, je le sais bien car nous en cherchons souvent pour nos associations ou nos partenaires et ils coûtent très chers… Nous avons d’ailleurs parfois du mal à ce que la France en fournisse à nos associations d’anciens combattants de l’étranger.Depuis 2014, le musée militaire de Santa Cruz de Tenerife demande un drapeau français pour célébrer le soutien des marins français de la corvette La Mutine à la victoire des Espagnols sur l’amiral Nelson, en 1797. On l’attend encore.

    Les symboles de la patrie ne font sens que si la France s’en donne les moyens et si la République demeure une référence concrète y compris pour les Français qui vivent hors de nos frontières. Or, depuis 15 ans, on n’a cessé de démanteler cette présence hors de France en y sacrifiant d’ailleurs de nombreux symboles, comme lors des cessions de patrimoine immobilier diplomatique dans le monde, pour des économies de bout de chandelle. Dans un des plus grands établissements de la France à l’étranger, le Lycée français de Madrid, le plan d’économie 2017 a imposé de réduire drastiquement de plus de 30% les crédits pédagogiques. On est loin de pouvoir se permettre un investissement massif dans des centaines de symboles nationaux.

    C’est bien la question de ce que la France pense de sa place dans le monde et du rôle qu’elle peut y tenir qui se joue dans le démantèlement de ses réseaux consulaires, scolaires et culturels à l’étranger.

    L’Enseignement français à l’étranger, un navire que l’on laisse sciemment dériver

     Le retrait de l’État comme source principale des difficultés du réseau d’enseignement français à l’étranger n’est pas nouveau. Il a d’ailleurs déjà eu des effets très durs par le passé quand il s’est combiné à des situations de crises économiques locales difficiles comme les ont connues l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord ou l’Amérique latine. Il s’est ainsi produit une double cisaille pour les familles qui scolarisent leurs enfants dans les établissements qui bénéficient d’un soutien del’AEFE, en gestion directe ou conventionnés. Il y a eu à la fois une augmentation importante des frais de scolarité assumés par les parents (en raison de la suppression des postes de fonctionnaires co-financés, administratifs ou professeurs), au même moment où la réforme du barème des bourses 2013, censées accompagner les familles, a en réalité mis en oeuvre une forte baisse des quantités allouées. Les retraits d’enfants français du système scolaire de l’AEFE se sont logiquement multipliés depuis et ne concernent plus uniquement les familles boursières.

    En observant les chiffres depuis quelques années pour ce même lycée, on voit très nettement que la hausse de la scolarité est très nettement supérieure à l’inflation du pays. Parallèlement et paradoxalement, la dotation d’aide aux familles boursières n’aa cessé de baisser. Sur un gros poste comme le mien nous voyons bien en commission de bourses que les enveloppes sontextrêmement serrées. Certes, les années de crises sont passées et les familles françaises vont mieux, cela peut être une des explications de la baisse des dossiers. Mais ce sont surtout beaucoup de familles qui ont quitté nos établissements. Comment expliquer que la France aide en valeur absolue chaque fois moins alors que la scolarité s’envole ? Pourtant, en 2017/2018 ce sont 11 millions d’euros du budget des bourses qui n’ont pas été mis en oeuvre et en 2018/19 le gouvernement a baissé dores et déjà de 5 millions l’enveloppe de la dotation des bourses.

    Évolution des frais de scolarité et de l’aide aux familles boursières pour le Lycée de Madrid – Conde de Orgaz

     

    Hausse des frais de scolarité

    en %

    Inflation année civile en % 

    (indice IPC)

    Nombre de dossiers de bourses (source établissement)

    Aide aux familles boursières aidées par la France (source établissement)

    2011-12

    5

    2,4

    274 (hors PEC Sarkozy)

    1117228 € +

    (785035 € PEC)

    2012-13

    3

    1,42

    331

    1313292 €

    2013-14

    3

    -0,15

    276

    1063918 €

    2014-15

    3

    -0,5

    277

    947105 €

    2015-16

    2,5

    -0,2

     

     

    2016-17

    1,5

    1,96

     

     

    2017-18

    4

    1,67

    185

    723827 €

    2018-19

    3,8

     

     

     

     

    L’avenir de la scolarisation des enfants français à l’étranger repose avant tout sur les moyens d’accompagnement des familles et d’un réseau scolaire qui fait l’envie de nombreux pays et est au coeur de notre diplomatie d’influence. Certes, à l’étranger, l’État ne peut pas tout. Beaucoup d’établissements ont d’ailleurs modernisé leur gestion et fait d’importantes économies sur leurs coûts fixes, souvent en réduisant les factures énergétiques comme c’est le cas de plusieurs écoles de ma circonscription. Mais ce retrait de l’accompagnement public accéléré, déstabilise notre réseau et l’ensemble des acteurs éducatifs, il suffit pour s’en rendre compte d’écouter les parents et les collectifs qui se sont créés comme le dynamique “Avenir des lycées français du monde en danger”.

    La majorité du président Macron, forte de très bons résultats à l’étranger, avait fait du thème scolaire une priorité des campagnes électorales présidentielles et législatives. Mais elle n’a pour le moment qu’accéléré ce mouvement d’abandon dans des proportions cette fois-ci sans précédent. Pour financer les cadeaux fiscaux aux plus fortunés en France (PFU, ISF, Exit tax, CICE), fallait-il trouver ce type de compensations y compris en fragilisant un réseau scolaire prestigieux mais déjà en difficulté ? Dès son arrivée à la présidence, la somme économisée sur le budget de l’AEFE dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui, s’est élevée à plus de 33 millions d’euros (auxquels s’ajoutent 14 millions d’euros du budget de la sécurité que le gouvernement Hollande avait promis d’allouer en plus et qui a finalement été maintenu dans la dotation globale).

    Les effets sur la hausse de la scolarité ont été immédiats dans de nombreux établissements. Le coup de butoir principal reste toutefois localement les suppressions massives de postes d’enseignants et de personnels administratifs ou de direction, co-financés par l’État, et qui doivent donc désormais être pris en charge intégralement par les familles. Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a prévu de rendre 512 postes d’enseignants dans le monde, une saignée inédite. Concentrées l’année dernière principalement sur les grands établissements avec les effets que l’on sait, ces suppressions massives touchent désormais aussi les établissements petits et moyens conventionnés avec l’État français, dont l’équilibre financier et l’image sont plus fragiles. J’ai assisté récemment à un conseil d’établissement au Lycée français Molière du réseau de la Mission Laïque Française dans la périphérie de la capitale espagnole qui perd 2 postes sur 5 de titulaires dans le primaire. L’émotion partagée par l’ensemble des acteurs de la communauté scolaire était vive. Les parents qui ont confié leurs enfants à ce système qui leur garantissait une présence importante de titulaires et une maitrise des prix estiment qu’il y a une rupture forte du contrat initial. On s’inquiète en particulier de la capacité d’attraction de fonctionnaires français employés sous des statuts de droit local. S’ils étaient nombreux jusqu’alors à accepter d’interrompre leur carrière dans l’attente qu’un poste se libère, désormais, la suppression systématique de tout poste de titulaire résident vacant risque de changer profondément les stratégies d’expatriation. Et nous parlons de l’Espagne, un pays attractif. Qu’en sera-t-il pour des établissements dans des pays plus difficiles où l’insécurité est importante ? On peut s’inquiéter de ne trouver aucune réponse sur ces questions dans le rapport Cazebonne. Ce rapport qui a le mérite de diagnostiquer et d’attirer l’attention sur de nombreux problèmes de notre réseau, n’est pas très clair dans le passage consacré à l’avenir des enseignants titulaires à l’étranger. Nous défendons ici depuis longtemps la création d’un système proche de celui que la France finance en Andorre qui est rattaché directement à l’éducation nationale et qui scolarise un tiers des élèves andorrans et pourtant ne connait pas les secousses du réseau AEFE:

    Il est vrai que le retrait de l’État touche principalement les établissements conventionnés ou en gestion directe et impacte moins les établissements homologués ou “partenaires” qui évoluent dans une logique strictement privée ou presque (les parents français y bénéficient toutefois des bourses). Certains prétendent et c’est une des lignes en filigrane du rapport Cazebonne, que la généralisation de ces établissements homologués, c’est à dire l’accélération de la privatisation du réseau peut être une solution. En Espagne, ces établissements privés que la France a parfois abandonnés dans les années 2000, par vagues de déconventionnements et que l’on nous présente comme des modèles à suivre sont dynamiques et appréciés. Mais, ils se trouvent dans des situations très diverses et beaucoup d’entre eux connaissent d’importantes difficultés. La hausse des frais de scolarité y est souvent très forte comme le montre le graphique (ci à gauche) réalisé par le conseiller consulaire Philippe Ogonowski, pour les établissements de la circonscription consulaire de Barcelone. On peut y constater que le seul lycée en gestion directe LF Bcn, à Barcelone, est celui où la hausse des prix est la plus contrôlée et que dans l’ensemble du réseau les frais augmentent quasiment partout au-dessus de l’inflation (courbe rouge de l’IPC, Indice des Prix à la consommation).

    Sans décision politique qui revienne sur cette dérive d’un réseau sous-financé et sous accompagné (en termes de bourses et de postes d’enseignants et d’administratifs), il est à craindre que la crise ne se prolonge et que l’objectif de doubler les élèves de ce réseau affichée par le président ne reste qu’un leurre.

    Un réseau consulaire menacé

     La question des établissements scolaires ne concernent pas tous les Français, même si elle est très sensible. Mais, tous nos compatriotes sont concernés par l’avenir de notre réseau consulaire. Quand on tisse un parallèle entre ce qui se passe pour nos écoles et la situation de nos consulats, on se rend compte que c’est bien une certaine idée de la France dans le monde que l’on met définitivement en difficulté. On assiste ainsi à une évolution semblable de notre réseau consulaire dans le monde, première interface de contact et de relation avec leur pays pour de nombreux compatriotes résidents hors de France.

    Les Français de l’étranger sont très attachés à ce réseau et sa richesse : consulats généraux, antennes consulaires, agences consulaires locales animées par de vaillants consules et consuls honoraires souvent dépassés par les besoins et le manque de moyens. Rappelons que beaucoup de nos compatriotes de l’étranger sont binationaux, ou Français nés à l’étranger, attachés à leur pays mais n’ayant pas les facilités de ceux qui retournent régulièrement en France et y ont une adresse, voire une famille. Un exemple parmi tant d’autres, dans ma circonscription, des milliers de Français d’Afrique du Nord ce sont installés dans le sud de l’Espagne il y a 50 ans et n’ont pas toujours une famille en France. La France n’a-t-elle pas un devoir de proximité et de liens vis à vis d’eux ? La France n’a-t-elle pas aussi intérêt à soigner ses relations avec sa diaspora croissante sur la planète et qui est un atout pour ses relations avec ses partenaires dans le monde?

    Pour ceux qui suivons l’évolution du réseau consulaire local, nous avons été témoins d’un démantèlement progressif d’un des plus beaux outils diplomatiques de la planète, au moment même où les Français deviennent plus mobiles tant pour s’installer hors de France que dans leurs déplacements. Ainsi, en Espagne, on a franchi la barre des 10 millions de touristes français par an. Les consulats et agences consulaires doivent ainsi faire face à des besoins croissants et des situations de saturation en été pour faire face aux difficultés rencontrées par les touristes  nationaux de passage, bien contents de trouver un appui consulaire en cas de situation problématique (vols, violences, pertes dedocumentation…).

    Les grandes promesses du gouvernement actuel se fondaient sur la mise en place de services dématérialisés accrus grâce aux nouvelles technologies. Mais, quand on est face à une urgence, à des personnes âgées ou que l’on doit analyser un problème consulaire, social ou lié à la sécurité, seule la présence humaine est efficace. Pour le moment, on ne connait aucun effet concret de la dite dématérialisation, ni en termes de vote électronique (autre promesse électorale qui ne semble pas à l’ordre du jour pour les européennes de 2019), ni de facilitation des démarches administratives hors de France. Bien au contraire, c’est à une accélération de la réduction des services que l’on assiste avec la mise en place du Programme Action Publique 2022 qui suppose dans ma circonscription la suppression de 13% de la masse salariale d’un réseau déjà rongé à l’os sous les gouvernements précédents, Hollande et Sarkozy. Il me semble que le Ministère des Affaires Étrangères a beaucoup trop sacrifié de moyens humains dans les années précédentes et nous assistons à des effets de seuil dans la possibilité de maintenir un service de qualité. Plus concrètement, dans ma circonscription, on a concentré les services dans les grands consulats généraux et obtenir un rendez vous pour refaire une carte d’identité ou un passeport, relève chaque fois plus du parcours du combattant. Malgré les efforts des personnels et du Poste, les services sont saturés, les agents trop peu nombreux et leurs conditions de travail se dégradent.

    La politique plus ou moins assumée d’attrition et du gagne petit n’est à la hauteur de la tradition de présence de notre pays à l’international, sous-tendue par la force et les atouts que représentent nos compatriotes dans le monde. Tout ne leur est pas dû : ils doivent participer, s’informer, voter. Mais rien, si ce ne sont de médiocres calculs financiers ne justifie que leur pays détourne le regard quand on évoque leurs problèmes. En Espagne, la France compte ainsi près de 200 000 Françaises et Français, intégrés dans toutes les sphères de la société, culturelle, sportive et économique avec 28 000 entreprises et filiales françaises.

    Le Président de la République a fondé sa politique sur le le renforcement de l’attractivité de la France pour les capitaux financiers. Nous sommes beaucoup à penser que les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous et que les sacrifices que cette orientation suppose, en particulier pour les Français hors de France, vont à l’encontre de l’image, de l’attractivité et de l’intérêt de notre pays dans le monde.

    Une tribune de 

    François Ralle Andreoli est enseignant au Lycée français de Madrid, Conseiller Consulaire élu en 2014 et a été par deux fois qualifié au deuxième tour de la législative pour la 5ème circonscription de l’étranger comme candidat d’une plateforme de convergence écologiste et citoyenne (EELV, FI, Générations).

     

  • L’Assemblée confirme la présence des drapeaux français et européen dans les classes

    L’Assemblée nationale a confirmé la présence obligatoire dans les salles de classe des drapeaux tricolore et européen, ainsi que des paroles de l’hymne national, au grand dam de certains membres de l’opposition de gauche.

    L’adoption, dans la nuit de lundi à mardi dernier, de l’amendement d’Eric Ciotti (LR), avait créé des remous dans l’hémicycle, certains élus de gauche déplorant de ne pas avoir pu s’exprimer sur le sujet.

    Devant l’émoi suscité, le président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Bruno Studer (LREM) avait demandé une seconde délibération, qui est intervenue à l’issue de l’examen, en première lecture, du projet de loi « pour une école de la confiance ».

    Cette nouvelle délibération s’est soldée par l’approbation de cette mesure à 29 voix pour, dix contre et cinq abstentions.

    Eric Ciotti a jugé « un peu étonnante » la décision de réexaminer son amendement tout en dénonçant des « interprétations caricaturales et excessives » de certains députés d’opposition qui avaient selon lui assimilé « drapeau » à « nationalisme ».

    Favorable à cette mesure, Philippe Vigier (Libertés et territoires) a estimé qu’il s’agit d’un acte « pour plus de république » dans un contexte où celle-ci est « fragilisée ».

    À gauche, la socialiste Michèle Victory a critiqué le fait de « multiplier à l’infini des symboles », ce qui revient « à se donner bonne conscience » sans agir sur le fond. « Il faut travailler sur des projets qui permettent aux jeunes de se réapproprier ces signes », a-t-elle plaidé.

    L’Insoumise Sabine Rubin a renchéri en soulignant qu’à côté de ces symboles, il y avait « rarement des actes » pour l’éducation. « C’est vraiment très naïf », a ajouté l’élue de Seine-Saint-Denis en demandant s’il n’existait pas « un lobby des drapeaux dans l’hémicycle ».

    « L’adhésion à nos valeurs devra passer par des symboles, certes, mais surtout par donner la chance aux élèves de mieux réussir », a affirmé pour sa part la députée de la majorité Nadia Essayan (MoDem).

    Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a estimé « nécessaire » la présence de ces symboles dans les classes, tout en soulignant que ce n’était pas « l’alpha et l’oméga en matière d’éducation civique ».

    Les députés ont achevé l’examen des amendements pour ce texte qui fera l’objet d’un vote solennel mardi au Palais Bourbon avant de migrer vers le Sénat.

    Normalement, la loi s’appliquera aussi aux établissements français en dehors de France sous convention.

    La rédaction avec l’AFP

  • Les grands débats continuent pour les Français de l’étranger

    Alors que les Français de Belgique ont assisté au débat organisé par les élus consulaires et l’Alliance Française le 15 février, les Français de l’étranger de partout dans le monde sont également sollicités pour cet exercice démocratique voulu par le Président de la République.

    Dubai, Singapour, Madrid et San Francisco ont eu leur grand débat  

    Outre Bruxelles, Dubai ce 17 février a également eu son grand débat sous l’égide de l’élu consulaire Laurent Rigaud. Avant cela, Madrid recevait, devant un public épars, la députée Samantha Cazebonne au sein du Lycée Français. San Francisco, Singapour ont aussi vu des réunions s’organiser.

    Plusieurs revendications communes – Des spécificités locales également

    Parmi les Français de l’étranger, une série de préoccupations communes ressortent. Naturellement, celles liées aux Lycées français sont très présentes. La question de leur gratuité, évaluée à un coût de 2,5 milliards par Mme Cazebonne, est évoquée. Les contrastes en termes de coûts selon les lycées sont aussi présents dans les échanges.

    La transition écologique est aussi un sujet de débats, et d’inquiétude. La taxe carbone est un des aspects particulièrement repris. La fin du nucléaire suscite parfois des interrogations, notamment sur la pertinence de son remplacement.

    Concernant les institutions et leur évolution, plusieurs éléments régulièrement repris : celui de la réduction du nombre d’élus, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat, celui de l’introduction d’une dose de proportionnelle également.

    D’autres aspects sont spécifiquement liés aux problématiques locales. Les Français de Singapour ont soulignés l’existence dans la cité-Etat de portiques payants pour les véhicules et de la promotion de logements de grande hauteur. Les Français de Belgique ont pu souligner les particularités de la scène politique locale faite de coalitions et de consensus comme un exemple à suivre, ou au contraire à fuir. Nul doute que les Français résidant dans des zones de conflit auront aussi des revendications spécifiques. Au Gabon, certains intervenants ont affirmé avoir l’impression d’être des citoyens de seconde zone. Une quarantaine de Français s’étaient réunis à Fort-Dauphin sous l’égide de l’élu consulaire Jean-Hervé Fraslin.

    Très forte implication des Instituts Français en Allemagne

    La participation des entités françaises à l’étranger varie selon les pays. Le modèle du Grand Débat, fluide, permet en effet à chacun d’organiser le sien. A New-York par exemple, deux débats auront lieu à quelques jours d’intervalle le 21 février, à l’école NYFACS, et le 25 février au Consulat.

    En Allemagne, les Instituts Français se sont impliqués permettant 5 réunions dans tout le pays (voir liste ci-dessous). En Belgique, nous l’avons vu, l’Alliance Française a été sollicitée par les élus consulaires. Ailleurs dans le monde, les Français de l’étranger sont parfois laissés seul pour l’organisation des échanges. Cette diversité et l’absence d’un listing complet sur le site du grand débat, associé au manque de place face à la demande, risquent de créer des frustrations parmi nos compatriotes.

    Rendez-vous à Montréal et partout dans le monde

    Les consultations continuent. Elles se dérouleront jusqu’au 15 mars avant un résumé et une conclusion. Un référendum, qui se combinerait avec les élections européennes, pourrait être envisagé.

    Ci-dessous une liste non-exhaustive des prochaines réunions. Vous êtes informé d’une réunion supplémentaire ? N’hésitez pas à nous le faire savoir en écrivant à [email protected]

    18 février : Institut Français de Stuttgart

    21 février : Ecole NYFACTS de New-York

    25 février : Consulat de France à New-York

    25 février : Institut Français de Hambourg

    26 février : Institut Français de Cologne

    27 février : Lycée International Winston Churchill de Londres

    28 février : Institut Français de Munich

    3 mars : 429 Viger Est à Montréal

    7 mars : Institut Français de Berlin

     

    La rédaction

    17 février 2019

  • Trump et son mur mexicain

    Pour débloquer des fonds supplémentaires et construire un mur à la frontière mexicaine, Donald Trump a confirmé vendredi qu’il décréterait l’urgence nationale.

    Le Président Donald Trump a confirmé vendredi qu’il allait décréter l’urgence nationale pour débloquer des financements supplémentaires afin de construire son mur à la frontière avec le Mexique, initiative suscitant des désaccords tant chez les Démocrates que chez les Républicains.

    La Maison-Blanche, Etats-Unis

    La Maison-Blanche n’exclut pas la possibilité d’un nouveau shutdown

    Le compromis bipartisan, adopté jeudi par les deux chambres du Congrès, propose de débloquer 1,37 milliard de dollars pour financer la construction de 88,5 km de «nouvelles barrières physiques» à la frontière.

    Selon une source proche du dossier, la Maison-Blanche a identifié quelque 2,7 milliards de dollars déjà attribués qui pourront être réorientés sur le projet de mur dans le cadre de cette urgence nationale, indique l’AFP.

    Le 25 janvier, Donald Trump a proposé de relancer jusqu’au 15 février les activités du gouvernement, et ce sans régler la question de l’allocation de 5,7 milliards de dollars (5 milliards d’euros) pour la construction du mur à la frontière avec le Mexique. Faute d’accord avec le Congrès au sujet du financement de ce projet, le shutdown «repartira de plus belle», a souligné le locataire de la Maison-Blanche.

    L’administration des États-Unis a été partiellement bloquée le 22 décembre, après que les Démocrates ont refusé d’inclure le coût de la construction du mur dans le budget de l’année 2019. Ce shutdown a été le plus long de l’Histoire des États-Unis.

    La rédaction avec l’AFP

  • L’UE crée une Autorité du travail pour protéger les travailleurs

    Le Parlement européen et les États membres sont parvenus à un accord sur la création d’une nouvelle Autorité européenne du travail pour protéger les droits des travailleurs. Et lancer des enquêtes transfrontalières en cas d’abus potentiels.

    « L’Autorité européenne du travail (ELA) est une pièce manquante  importante du puzzle » pour garantir que l’Europe maintienne « la mobilité libre et équitable de la main-d’œuvre », a déclaré le 14 février le rapporteur du Parlement, Jeroen Lenaers (PPE, Pays-Bas).

    Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans l’amélioration de certaines règles de l’UE, y compris la directive sur le détachement de travailleurs, la mise en œuvre et l’application de la législation restent un défi, a-t-il déclaré.

    En conséquence, plus de 17 millions de travailleurs vivant ou travaillant dans un autre État membre sont exposés à d’éventuelles violations de leurs droits, en raison d’une mauvaise application des règles de l’UE, de la désinformation ou du manque de coordination entre États membres.

    « À l’heure où 17 millions d’Européens vivent ou travaillent dans un autre État membre de l’Union, il est grand temps qu’une Autorité européenne du travail vienne soutenir nos citoyens mobiles, faciliter le travail de nos États membres et garantir l’équité et la confiance dans notre marché unique », a pour sa part déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission.

    Sa commissaire à l’emploi, Marianne Thyssen, a souligné le caractère opérationnel de la nouvelle entité, qui vise à aider les capitales à faire respecter les règles et à organiser des inspections en cas d’abus potentiels.

    « L’accord intervenu aujourd’hui à propos de l’Autorité européenne du travail est la cerise sur le gâteau d’un marché du travail équitable en Europe. Sa mission sera double : elle permettra d’aider les autorités nationales à lutter contre la fraude et les abus et de faciliter la mobilité des citoyens », a-t-elle déclaré.

    À cette fin, le nouvel organe a finalement été conçu comme une autorité, selon les vœux du Parlement et de la Commission, et non d’une agence aux pouvoirs édulcorés, comme l’auraient voulu certains États membres.

    Il n’a ainsi pas été facile de convaincre l’Allemagne, qui craignait une confusion lors de la traduction en allemand. Les pays nordiques et les pays de l’Est n’y étaient pas favorables non plus. Au final, la proposition a tout de même reçu le soutien d’une majorité qualifiée d’États membres (au moins 16 États membres représentant 65 % de la population).

    L’accord conclu par les négociateurs des institutions doit maintenant être ratifié par la plénière du Parlement et le Conseil.

    Inspections

    Le ministre roumain du Travail et de la Justice sociale, Marius-Constantin Budăi, dont le pays préside le Conseil, a indiqué que l’accord représentait « une nouvelle étape importante pour assurer le bon fonctionnement du marché du travail européen ». Il a souligné que les États membres « ne participeront aux activités de l’ELA que sur une base volontaire ».

    Jeroen Lenaers a cependant averti qu’il ne serait pas si facile d’échapper à l‘autorité, et notamment à ses inspections « conjointes ou concertées » en cas d’infractions potentielles malgré les autorités nationales.

    Les pays qui refusent de participer à ces inspections devront fournir non seulement leurs raisons, mais aussi des idées et des plans pour traiter les plaintes soulevées. En outre, l’ELA pourrait prendre des mesures pour assurer un suivi approprié dans les États membres qui ne participeraient pas. Le Parlement est « très satisfait » de l’accord final, a assuré Jeroen Lenaers.

    L’accord a également été bien accueilli par les syndicats. « Ce n’est pas parfait, mais c’est une réussite », a estimé Liina Carr, secrétaire confédérale de la Confédération européenne des syndicats.

    Les syndicats ont par exemple convaincu les colégislateurs d’inclure la possibilité de porter plainte directement auprès de l’ELA, au lieu de devoir passer par les autorités nationales. Si les droits d’un travailleur sont bafoués dans un État membre où il est détaché, il pourra ainsi porter plainte auprès de ses syndicats nationaux, qui transmettront le dossier à l’autorité européenne.

    Sécurité sociale

    Les syndicats se sont également félicités de la possibilité d’aborder les questions de sécurité sociale dans le cadre du nouvel organe, à laquelle certains États membres s’étaient aussi montrés réticents.

    Liina Carr a toutefois regretté que certains secteurs essentiels, dont les transports, aient été exclus de l’accord, suite aux pressions de la Pologne et d’autres pays de l’Est. Le texte comprend cela dit une clause de révision qui permettra d’élargir les domaines couverts à l’avenir.

    La nouvelle autorité jouera également un rôle important dans la lutte contre les entités frauduleuses, telles que les « boîtes aux lettres » créées dans des pays comme le Luxembourg à des fins d’évasion fiscale.

    Les droits des travailleurs, en particulier les transfrontaliers, sont l’un des domaines les plus sensibles de la législation européenne ces dernières années. Cela n’a pas empêché l’accord d’être conclu en en un temps record. La proposition a été présentée en mars de l’année dernière et le premier trilogue incluant les équipes de négociation du Parlement, du Conseil et de la Commission a eu lieu en décembre.

    « C’est une nouvelle extraordinaire », s’est réjoui Jeroen Lenaers. « Cela montre l’engagement de toutes les institutions. »

    BusinessEurope n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

    La création de l’ELA est également considérée comme une avancée concrète pour les entreprises et les travailleurs, alors que l’action de l’UE sera jugée par les électeurs lors du scrutin de mai prochain.

    L’autorité « assurera une mobilité équitable et renforcera la confiance et l’équité dans le marché intérieur », a résumé Jeroen Lenaers.

    « Aujourd’hui, nous faisons un nouveau grand pas en avant dans la réalisation de notre engagement en faveur d’une Europe plus sociale », a renchéri Jean-Claude Juncker.

    Jorge Valero

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Des renforts douaniers attendus à Roscoff et Saint-Malo après le Brexit

    En cas de Brexit dur, le 29 mars, les formalités ne seront plus les mêmes dans les ports de la Manche. Selon la CFDT, huit renforts douaniers sont attendus à Roscoff, six à Saint-Malo.

    Face au spectre d’un Brexit sans accord, c’est-à-dire une sortie sèche de l’Union européenne, le 29 mars, les services de l’État prennent les devants.

    Selon la CFDT douanes, des renforts sont prévus à Saint-Malo et Roscoff, en Bretagne : six effectifs pour le port d’Ille-et-Vilaine, huit pour le port finistérien. « C’est une prévision, ce nombre pourrait être réajusté », prévient Karine Lecarpentier, du syndicat.

    Suffisant ?

    « Il y aura bien des renforts douaniers, comme cela a été annoncé pour d’autres ports ferry » , confirme la direction régionale des douanes, qui ne peut toutefois pas donner de chiffres immédiatement. « Nous travaillons activement sur le dossier, mais le dispositif ne sera pas dévoilé tout de suite. »

    Si ces prévisions étaient confirmées, cela sera-t-il suffisant ? « Nous sommes incapables de le dire, car nous n’avons aucune idée des formalités supplémentaires qui seront mises en œuvre » en cas de Brexit dur, répond Karine Lecarpentier.

    Adapter les infrastructures

    Pour éviter « un allongement des files d’attente », il faudra des douaniers, mais aussi, selon le syndicat, « des infrastructures adaptées. Car les équipements actuels n’ont pas été conçus dans cette optique. » Ce sont les chambres de commerce et d’industrie et la région qui en ont la charge.

    La rédaction avec l’AFP

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