Une prime nazie ressurgie du passé et autres relents nauséabonds

Depuis le 12 février, nous savons grâce au journal flamand « De Morgen », qu’il y a 27 belges qui touchent une prime pour « fidélité, loyauté et obéissance » au régime nazi. Ils sont 54 en France d’après le Figaro.

Cette prime remonte à 1951 et une loi allemande qui indemnisait les victimes de guerre allemande, touchée par une invalidité et qui n’avaient pas été accusées de crime de guerre. Il s’avère que les vérifications quant à l’invalidité étaient pratiquement nulles et pour le moins, pas approfondies. Quant aux crimes de guerre, seuls les anciens SS étaient tout à fait exclus de cette rémunération.

Ce qui est plus troublant, c’est que l’Allemagne refuse de communiquer les identités des bénéficiaires. Donc, pour rendre les choses efficaces, les députés belges ont voté le 18 février, un texte demandant, à l’unanimité, à l’Allemagne d’arrêter ce versement sordide. Quand on pense qu’il y a en Belgique des rescapés de la Shoah qui n’ont toujours pas droit à la totalité de ce qui leur est dû, en particulier à cause de la loi de 1954, modifiée seulement en 2015 et 2016. Cette loi bloquait le statut de victimes de guerre avec des conditions de résidence en Belgique et de nationalité. Mais si la loi a été assouplie, la procédure est encore longue et l’application n’est pas encore uniforme sur le territoire belge.

Donc imaginez ces mêmes rescapés à la lecture des pensions nazies. Sans oublier la maison nazie de Keerbergen en Brabant flamand.

Dans le climat actuel d’antisémitisme, affiché et violent en France, plus soft dans le plat pays,

Il y a de quoi s’alarmer sérieusement et qu’on a quelque part oublié d’être vigilant.

Véronique Lederman
Française responsable du Service Social Juif de la Région Bruxelles Capitale

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