Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • L’UE conclut un pacte de relance historique, mais coupe dans son budget et recule sur l’État de droit

    L’UE conclut un pacte de relance historique, mais coupe dans son budget et recule sur l’État de droit

    Il aura fallu l’un des plus longs sommets de l’histoire du Conseil européen pour que les 27 pays de l’UE trouvent finalement un compromis sur un fonds de relance de 750 milliards d’euros et un budget à long terme. L’accord final, conclu le 21 juillet, réduit le financement de certains chantiers prioritaires de l’Union.

    Formulée par Charles Michel, le président du Conseil, la proposition qui a finalement été couronnée de succès a pris forme à l’issue de discussions marathon. Elle reflète, dans une certaine mesure, une grande partie des demandes formulées par les pays frugaux – l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède, ainsi que la Finlande.

    Un fonds de relance à 750 Milliards…

    Si la taille du fonds de relance a été maintenue à 750 milliards d’euros, le rapport entre les subventions et les prêts a fait l’objet d’un rééquilibrage. Avec, à la clé, des conséquences majeures sur des programmes primordiaux de l’UE, dont certains constituent le fondement des priorités actuelles de la Commission européenne.

    Cela dit, étant donné que les pays frugaux s’étaient catégoriquement opposés à la création du fonds et, en particulier, à l’inclusion de transferts d’argent directs, une proposition finale de 360 milliards d’euros de prêts et de 390 milliards d’euros de subventions peut néanmoins être saluée comme un résultat décent.

    …dans un climat tendu.

    Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à l’aube du 21 juillet, Charles Michel a souligné que « ce [furent] des négociations difficiles, en des temps difficiles pour tous les Européens. C’est un bon accord, un accord solide, l’accord qu’il fallait aux Européens maintenant. Je crois qu’il sera considéré comme un moment charnière dans le parcours de l’Europe ».

    La chancelière allemande Angela Merkel – dont le pays assure la présidence tournante de l’UE – a souligné que « l’Europe [avait] montré sa capacité à faire œuvre pionnière dans une situation très particulière. Nous avons jeté les bases financières de l’UE pour les sept prochaines années ».

    Le président français Emmanuel Macron a déclaré lors de la même conférence de presse qu’il s’agissait d’« une réunion au sommet dont je suis certain que les conséquences seront historiques ». Il a ajouté que la coopération franco-allemande avait été cruciale pour sceller l’accord.

    Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a affirmé pour sa part que « l’une des pages les plus brillantes de l’histoire européenne a[vait] été écrite » et a salué l’accord comme « un authentique plan Marshall ». Mais son homologue néerlandais, Mark Rutte, a refusé d’admettre qu’il s’agissait d’un accord historique.

    Le diable est dans les détails

    L’Italie – le pays le plus durement frappé par l’épidémie de coronavirus – apparaît comme le plus grand bénéficiaire du pacte. Elle devrait se voir octroyer 127 milliards d’euros de prêts et plus de 82 milliards d’euros de subventions.

    Les quatre pays frugaux ont pour leur part bénéficié de rabais plus importants dans le cadre de leur contribution au budget européen.

    Les 500 milliards d’euros que la Commission – restée relativement passive durant le sommet – destinait initialement aux subventions ont été ramenés à 250 milliards. Mais comme ces subventions étaient liées à des programmes clés financés par le budget de l’UE, les coupes ultérieures vont aussi avoir un impact sur leur volume.

    En insistant pour réduire la part des subventions, les pays frugaux ont eux-mêmes porté atteinte à leur objectif de moderniser le budget dans son ensemble.

    Le Fonds de transition juste apparaît comme l’un des grands perdants de la tractation. Ce trésor de guerre de la Commission destiné à la lutte contre le changement climatique a été ramené de 40 milliards d’euros à seulement 10 milliards d’euros. Preuve que les politiques environnementales sont tombées bien bas dans l’échelle des priorités au cours des négociations.

    Le climat au coeur du financement

    L’accord final a maintenu la disposition selon laquelle seuls les pays qui ont souscrit à l’objectif européen de neutralité climatique d’ici à 2050 pourront prétendre à un financement complet.

    Le fonds de relance est destiné à faire face aux répercussions d’une pandémie sans précédent, mais le seul instrument destiné à soutenir le secteur de la santé a été totalement abandonné. Quant au programme « Horizon Europe », conçu pour favoriser l’innovation, il a également subi de sévères coupes.

    Le financement de la politique de voisinage et le dispositif de soutien à la solvabilité – un fonds de 26 milliards d’euros destiné à soutenir les entreprises privées économiquement viables – ont tous deux été abandonnés.

    Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a jugé « regrettable » la suppression de l’instrument de solvabilité, mais elle a néanmoins salué l’ensemble de l’accord comme étant « un grand pas vers la reprise ».

    Une grande partie des bisbilles diplomatiques portait sur la façon dont le fonds devrait être administré. Des désaccords sont survenus au cours du weekend sur la manière la plus appropriée de résoudre d’éventuels problèmes une fois que l’argent aurait commencé à circuler.

    Afin de bénéficier du fonds, les pays devront présenter un plan national de réformes fondé sur les recommandations du Semestre européen qui devront être évaluées par la Commission européenne et approuvées par le Conseil de l’UE à la majorité qualifiée.

    Néanmoins, pour répondre à la demande néerlandaise d’instaurer un contrôle plus strict, Charles Michel a mis en place un « frein de secours ».

    Grâce à ce dispositif, tout pays pourra saisir le Conseil s’il estime un autre pays coupable d’« écart grave ». Les versements seraient alors gelés jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise.

    L’État de droit au second plan

    L’idée de lier le respect de l’État de droit aux paiements a été considérablement édulcorée dans l’accord final, et ce, après plusieurs tours de négociations.

    D’après certaines sources diplomatiques, l’Allemagne, la France, le groupe de Visegrad (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie), la Lettonie et les « frugaux » ont planché sur une proposition rédigée par le Premier ministre letton Arturs Krisjanis Karins. Le texte a été adopté par acclamation.

    Même si le texte comprend une référence à l’article deux des Traités (TUE et TFUE), qui intègre les principes de l’UE, celle-ci vise à assurer « la protection des intérêts financiers de l’UE ». La formulation est également plus vague que la version déjà diluée de Charles Michel.

    Le texte original faisait référence à un système « visant à remédier aux insuffisances manifestes et généralisées en matière de bonne gouvernance des États membres concernant le respect de l’État de droit lorsque cela est nécessaire pour protéger la mise en oeuvre [des dispositions] du budget de l’UE, y compris le [fonds de relance] « NextGenerationEU » et les intérêts financiers de l’Union ».

    Le compromis final souligne « l’importance de la protection des intérêts financiers de l’UE » et de l’État de droit. Il propose aussi l’introduction d’un régime de conditionnalité « afin de protéger le budget » et « NextGenerationEU », l’instrument de relance de la Commission européenne.

    Toutefois, Ursula von der Leyen est restée catégorique sur le fait que la base de l’accord était saine. « Le document est très clair à ce sujet, l’engagement en faveur de l’État de droit et de la protection des intérêts financiers de l’UE l’est également. »

    Les médias pro-gouvernementaux en Hongrie ont rapidement salué ce qu’ils perçoivent comme une victoire du Premier ministre Viktor Orban lors du sommet. Celui-ci a refusé que la conditionnalité de l’État de droit n’apparaisse de façon plus marquée dans l’accord final.

    Assumer les responsabilités

    Selon la proposition initiale de la Commission européenne, les remboursements de la dette devaient pouvoir être totalement couverts par un ensemble de nouvelles « ressources propres », notamment une taxe numérique, une taxe sur les déchets non recyclés et une taxe sur les transactions financières (FTT).

    L’accord du Conseil évoque la plupart des suggestions faites par l’exécutif européen et il confirme le fait que la Commission devra en préciser les contours au cours des trois prochaines années.

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué cet aspect particulier de l’accord et le fait que la question des remboursements soit désormais « étroitement » liée aux ressources propres.

    « Concernant de nouvelles ressources propres, la Commission européenne fera des propositions lors du premier semestre 2021. Notamment sur un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et sur une taxe numérique qui devraient être instaurés au plus tard le 1er janvier 2023 », stipule le texte.

    En revanche, il est peu probable que ces propositions obtiennent l’unanimité. D’autres solutions devront alors être envisagées si le sérail politique souhaite exempter les prochains budgets à long terme des obligations liées au remboursement de la dette.

    Selon un diplomate européen proche du dossier, certains États membres de l’UE envisagent d’enclencher le mécanisme de coopération renforcée prévu dans les Traités, permettant à au moins neuf États membres d’adopter des politiques dans le cadre de la « coalition des volontaires ».

    Malgré un accord au niveau européen, les instruments budgétaires devront désormais recevoir l’assentiment des députés européens. Le président du Parlement européen, David Sassoli, a répété que l’institution opposerait son véto si l’accord ne répondait pas aux attentes.

  • LeBonCoin s’offre Ebay!

    LeBonCoin s’offre Ebay!

    La roue tourne pour eBay….

    Le site d’enchères en ligne, qui avait connu un succès ravageur au début des années 2000, a perdu de sa superbe face à la montée en puissance d’Amazon. Le Groupe, qui avait racheté PayPal en 2001 avant de s’en séparer en 2015 afin de rééquilibrer son bilan, n’a pas su se renouveler.

      À tel point qu’une partie de ses actifs vient d’être rachetée par Adevinta, le groupe qui se trouve notamment derrière le site LeBonCoin. C’est la branche Ebay Classified Group, qui gère des sites des sites de petites annonces comme Gumtree et Kijiji, qui va arriver dans la poche de son compétiteur.

    leboncoin Ebay

    LeBonCoin pas si français que ça

    Le but de cette opération ? Créer “la plus grande entreprise de petites annonces en ligne au monde”, explique le directeur du groupe Rolv Erik Ryssdal. Pour créer ce petit empire, l‘entreprise norvégienne s’est montrée plutôt généreuse au vu de l’addition qui s’élève à 9,2 milliards de dollars (soit environ 8 milliards d’euros). La somme se divisera en espèces sonnantes et trébuchantes et en prise d’action, Adevinta étant en passe de prendre le contrôle de 44 % du capital de l’entreprise.

     

    LeBonCoin archi dominant sur le marché des petites annonces

    Le groupe va donc devenir leader du secteur et doubler de taille grâce à cette acquisition. Mais l’appétit du PDG ne s’arrête pas là : “je suis certain que nous saisirons les opportunités de consolider davantage le secteur dans les années à venir, mais on est là dans le moyen terme”, explique le responsable.

  • Association de français expatriés ? Soyez candidate au fonds de soutien du réseau consulaire

    Association de français expatriés ? Soyez candidate au fonds de soutien du réseau consulaire

    Pour l’année 2020, le dispositif de soutien aux associations d’expatriés a été annulé. Dans un courrier, en avril 2020, Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français hors de France,  a indiqué que les fonds sont réorientés vers l’aide d’urgence aux Français de l’Etranger dans le cadre de la crise sanitaire. La campagne 2021 a donc été avancée afin de permettre un meilleur traitement des candidatures !

    L’origine de ce dispositif est récente :  juillet 2017 ! Dans un souci de transparence, le tout nouveau gouvernement annonçait la fin de la réserve parlementaire !   Ce dispositif permettait, jusqu’à cette date, aux députés comme aux sénateurs d’accorder des subventions à des associations ou à des collectivités locales.

    Pour les français de l’étranger, il s’agissait le plus souvent d’aides aux associations, aux Lycées français et aux Alliances Françaises. Le montant alloué sous l’ancien système s’élevait alors à 3.34M d’euros. Une somme importante, voire vitale pour plusieurs projets. Alerté sur les dommages que pourrait causer la suppression de ces subventions, Jean Baptiste Lemoyne, secrétaire d’état aux Affaires étrangères, annonçait en 2018 la création d’un dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger dénommé Stafe. Cependant son budget de 2 millions (soit 1/3 de moins que la réserve) au départ fut chaque année rabotée.

    Un effort a été fait pour l’année 2021. A condition que cette enveloppe budgétaire soit bien distribuée… 

    L’année 2019 fut marquée par une sélection quasi exclusivement dédiée aux institutions comme, les écoles françaises, les instituts français et tous les projets qui leur étaient associés (comme le festival Tapis rouge aux Pays-Bas et bien évidemment Les Alliances Françaises (comme le French Film Festival). Elus et acteurs de la communauté se mobilisent pour sensibiliser les associations à se saisir de cette opportunité pour la session 2021.

    Dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l ...

    Quelles associations peuvent y participer ?

    Toutes les associations locales portant des projets de nature caritative, culturelle, éducative ou socio-économique contribuant au rayonnement de la France et au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones. Les associations de droit français (Loi 1901) peuvent également présenter des projets, si celles-ci ou leur représentation locale n’exercent aucune activité en France et si le consulat peut en attester.
    L’association doit avoir plus d’une année d’existence pour pouvoir présenter un projet.

     

    Comment poser la candidature d’une association ?

    En retirant un dossier de demande de subvention auprès des services du consulat concerné avant le 30 octobre 2020. Les dossiers complets devront être remis au même consulat avant le 6 novembre 2020.Ils seront examinés localement par le conseil consulaire qui émettra un avis motivé et détaillé avant d’être soumis à la validation d’une commission consultative nationale associant élus et administration. Pour rappel le conseil consulaire est élu par les résidents inscrits au registre consulaire de la circonscription lors des « Elections Consulaires ». Organisée tous les 6 ans, elles furent décalées d’une année, soit en mai 2021, suite à la crise de la Covid-19.

    Quel projet peut être financé ?

    La subvention ne doit pas être la seule source de financement du projet. Le maximum est fixé à 50% d’un budget compris entre 10 000 et 20 000 euros. De manière exceptionnelle, ce taux est plafonné à 80% pour les petites associations dont le budget global n’excède pas 10 000 euros et qui sollicitent une subvention inférieure à 2 000 € au titre du projet.

    Le projet soumis doit être de nature caritative, culturelle, éducative ou socio-économique et contribuer au rayonnement de la France et au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones, en complément des programmes existants d’aide aux Français gérés par nos ambassades et consulats. Les actions directes vers les Français de l’Etranger, aux effets concrets, seront donc privilégiées.

  • Diaspora Ventures, un fonds pour les sociétés crées par des expatriés français

    Diaspora Ventures, un fonds pour les sociétés crées par des expatriés français

    Après avoir aidé les startups à se développer aux États-Unis, Carlos Diaz souhaite désormais soutenir les entrepreneurs français expatriés à créer leur entreprise. C’est toute l’idée derrière Diaspora Ventures.

     

    C’est un mal pour un bien. Alors que les entrepreneur·e·s français·es découvraient au printemps que le coronavirus avait eu raison de l’ambition de The Refiners de lever un deuxième véhicule d’investissement, ils craignaient de ne plus pouvoir compter sur le soutien de Carlos Diaz lors de leur déploiement aux États-Unis. Qu’à cela ne tienne, le nouveau projet de l’entrepreneur-investisseur devrait les rassurer. Dans un post sur son site, il annonce avoir créé une nouvelle société d’investissement, Diaspora Ventures, avec son ami Ilan Abehassera, implanté sur la côte Est.

    The Refiners aidait les startups françaises à se développer dans la Valley. Diaspora Ventures s’adresse plus spécifiquement aux entrepreneur·e·s tricolores qui font le grand saut et partent monter leur entreprise aux États-Unis.

     

    « S’il y a beaucoup de startups intéressantes en France, on a vu émerger depuis une dizaine d’années une nouvelle génération d’entrepreneurs qui n’attendent plus de faire leurs preuves localement pour se lancer sur le marché américain » , analyse Carlos Diaz. C’est donc ces enfants de la third culture (le fait d’avoir grandi dans une autre culture que celle de ses parents et de vivre dans une troisième culture) que vise l’entrepreneur-investisseur. « On trouve beaucoup de ces entrepreneurs d’un genre nouveau dans la génération Z née ou élevée quelquefois à l’étranger parce que leurs parents se sont expatriés ou parce qu’ils sont eux-mêmes partis pour faire leurs études ou pour trouver un job. »

     

    Un fonds créé en quelques semaines

    Or, une fois l’Atlantique franchi, ces entrepreneur·e·s trouvent peu de soutien du côté des fonds français, qui préfèrent en général investir dans l’Hexagone, comme le regrette d’ailleurs l’entrepreneur.

    « Je reste encore étonné que la plupart des VCs français ne considèrent pas mieux cette opportunité et n’étendent pas plus leur sphère d’investissement à ces entrepreneurs globalisés. »

    Diaspora Ventures souhaite donc combler ce vide avec des tickets de 100 000 à 200 000 dollars, investis « le plus tôt possible » dans le développement des entreprises, en amorçage ou pré-amorçage. « Nous sommes naturellement attirés par les deals early, peut-être parce qu’ils portent en eux cette excitation particulière et la promesse d’un multiple important à la sortie » , concède Carlos Diaz.

    Pour financer son nouveau projet, Carlos Diaz a pu compter sur son réseau, mobilisant des entrepreneurs-investisseurs mais aussi « quelques VCs éclairés qui ont à coeur d’aider l’écosystème français où qu’il se trouve » , Kima Ventures et Breega en tête. Grâce au modèle de rolling fund permis par la plateforme Angel List à laquelle Diaspora Ventures a eu recours, le fonds n’a pas eu besoin de premier closing pour débuter ses activités. En effet, de nouveaux LPs peuvent rejoindre le fonds à tout moment, le fonds puisant dans ses ressources au fur et à mesure. « Notre ambition est de faire 10-20 investissements par an » , annonce Carlos Diaz. Une première opération doit être annoncée sous peu, promet l’investisseur.

     

    Un article publié en premier sur le site Maddyness

    Maddyness

  • Aides directes aux expatriés : assouplissement des critères d’attribution

    Aides directes aux expatriés : assouplissement des critères d’attribution

    50 millions d’euros promis en aide direct aux expatriés… Moins de 400 000 euros utilisés en 3 mois…

    Face à ce constat, l’ensemble des élus des Français de l’Etranger, et en particulier les élus consulaires issus des mouvements de gauche, s’étaient mobilisés, depuis plusieurs semaines, pour alerter le gouvernement sur les conditions d’accès à ces aides.

    En un trimestre, seulement moins de 3000 français ont pu être aidés. Alors que les besoins sont majeurs dans de nombreux pays. 

     

    Les Français installés en Amérique du Sud ou en Asie du Sud-Est sont particulièrement frappés.

    Les expatriés de ces régions ont souvent développé des activités et des entreprises dans les domaines des services et dans l’accueil des touristes. Deux secteurs d’activités particulièrement frappés par la crise et dans lesquelles les difficultés se sont accumulés et pour lesquelles l’avenir reste encore incertain. 31 conseillers consulaires se sont alarmés de la situation sociale de nombreux Français sur place. Ils ont interpellé à cet égard le nouveau premier ministre Jean Castex.

    En Asie, aussi, les Français sont très présents dans l’univers touristique, en particulier au Vietnam. La complexité juridique des structures locales, l’absence d’aide des gouvernements, ont précipité les expatriés dans des situations proches de la précarité.

    Mais les cas sont nombreux et sur tous les continents, même en Europe, même en Amérique du Nord ou en Australie.

     

    Une aide complexe à obtenir

    C’est pour répondre à ces situations, que les élus des Français hors de France ont pu obtenir du gouvernement la mise en place d’un plan global de 240 millions d’Euros dont 50 millions pour subvenir aux Français les plus touchés par la crise liée à la Covid-19.

    Pour les candidats à ces aides, le parcours est très compliqué. En effet, Les personnes souhaitant bénéficier de ces sommes devront justifier de leur perte ou diminution de revenus du fait de la crise. L’aide n’étant pas systématique, il faut aussi qu’elles soient éligibles pour cela elles ne doivent donc pas disposer de  moyens propres pour traverser cette crise, ni de possibilité d’aide familiale, amicale, etc. Ces dernier point ont crystallisé les tensions.  Les critères etaient sujets à interprétation : Comment prouver que votre famille ou vos amis ne peuvent pas vous aider ? Et si ils en auraient les moyens, doivent-ils se justifier de pas aider le foyer concerné ? Devez vous vendre votre domicile pour passer cette crise ?

    De nombreux élus, dont les membres du groupe à l’Assemblée des Français de l’Etranger « Français du monde, Écologie et Solidarité » (ancien PS), ont multiplié les actions pour faire évoluer ce cadre administratif. Et cette semaine, c’est chose faite. En effet, L’administration a annoncé  la suppression  principe de subsidiarité applicable à l’existence de ressources propres ou d’une aide familiale, amicale ou associative. C’est donc bien uniquement la perte de revenus qui est pris en compte pour l’obtention de cette aide.

     

    Un véritable soutien ou une aide symbolique ?

    Logiquement cet assouplissement des critères d’attribution devrait entrainer une hausse importante des demandes… Mais il y a peu de chance que cela soit le cas ! Pourquoi ? Simplement car l’aide est ponctuelle, c’est à dire un seul paiement et que le montant est plus que limité de 40€ à 300 € (avec une moyenne à 130 euros).

    Si le montant global qui est affecté à ce fonds de soutien d’urgence peut paraître impressionnant, 50 millions d’euros, le soutien réel, que peut apporter ce type d’aide, semble plus que réduit.

    La question se pose : effet d’annonce ou réelle volonté de prolonger le rayonnement économique et culturel de la France en favorisant le maintien de ses expatriés dans leurs pays d’accueil ? La réponse sera peut être dans la création d’un fonds permanent comme l’a proposé dans une loi adoptée au Sénat le Sénateur Ronan Le Gleut

  • Les Européens ne devraient tolérer ni Russes ni Turcs en Libye.

    Les Européens ne devraient tolérer ni Russes ni Turcs en Libye.

    Il aura fallu qu’un navire turc menace un navire français pour que la France s’aperçoive qu’elle était nue en Méditerranée.

    Nue politiquement s’entend. Car elle reste la première puissance navale, hors Etats-Unis. La semaine dernière, la base aérienne d’Al Watiya en Libye, reprise aux forces du Maréchal Haftar, où  comptait s’installer les soldats turcs a été frappée par des avions d’ « origine inconnue ». Ce serait les Migs d’Haftar. On a soupçonné un temps les Rafales. Cela, c’était du temps de Sarkozy et Cameron. Une erreur dit-on aujourd’hui, surtout parce qu’elle fut  sans suite.

    La France a des armes. Mais les armes ne font rien si elles ne servent pas un objectif politique. Sur qui la France peut-elle compter, et pour quelle politique?

    En minorité à l’OTAN

    A l’Otan, elle n’a eu le soutien que d’une minorité de pays face à la Turquie. La Turquie stocke des armes nucléaires américaines, a des frontières avec l’Iran, la Syrie, la Grèce, l’Arménie, Chypre… Géopolitiquement, cela compte. Elle menace d’ouvrir les frontières de l’Europe et des Balkans aux réfugiés syriens. Enfin elle tient tête aux Russes en Libye, tout en menaçant de s’entendre trop bien avec eux. Un chantage qui marche.

    La France, elle, peut compter sur la Grèce, Chypre, et … enfin, depuis le sommet de Bruxelles, l’Italie et l’Allemagne, qui s’interrogent cependant sur son soutien au Maréchal Haftar. La France peut aussi compter sur l’Egypte,  désormais la Tunisie et peut-être l’Algérie, qui craignent toutes un retour islamiste téléguidé par les Frères musulmans.

    Erdogan en guerre contre les valeurs de l’Union européenne

    Erdogan méprise l’Europe et déteste la France qui représente la laïcité, dont il veut se débarrasser. Il n’y a donc rien à attendre de lui. Heureusement, il n’a rien à offrir, ni à l’Egypte, ni à Chypre, ni à la Grèce, ni à la Tunisie, ni à Israël, à personne en fait. Il ne menace que les Etats-Unis, ce qui reste un jeu limité : Sans la Banque centrale américaine, la Livre turque s’effondrerait. Erdogan achète de l’or, son économie faiblit.

    Les Américains se moquent de savoir que la Turquie est le soutien des Frères Musulmans, raison pour laquelle Erdogan soutient le gouvernement de Tripoli, qui en est l’émanation, protège ceux de Syrie, déteste le Maréchal Sissi en Egypte. Ils se demandent, eux, pourquoi aider les Russes.

    La Russie utilise la Méditerranée comme un levier sur l’Europe. Implantés en Syrie et en Libye, ils soignent depuis toujours l’Algérie, -devenue cette année le premier importateur d’armes d’Afrique-. Sur chaque achat, une commission pour les Généraux et leurs amis.

    Vouloir renouer avec le passé ottoman rappelle aux Arabes, aux Slaves et aux Occidentaux que les Turcs furent des maitres sévères, impérialistes, colonialistes et esclavagistes. Il serait vain d’attendre une quelconque repentance. Transformer à nouveau Sainte Sophie en Mosquée chagrine plus encore les Russes que les Européens.

    Bref, Erdogan mène la Turquie dans une impasse. Est-ce une raison pour ouvrir la porte à la Russie ? Certains se demandent, avant le voyage d’Emmanuel Macron à Moscou, s’il ne faut pas jouer la Russie contre La Turquie.

    Il est vrai, la Russie a beaucoup à espérer. Elle est faible. Elle a mis ses pions partout, en Libye, en Syrie, en Ukraine, en Géorgie, en Biélorussie, mais ils ne rapportent rien. C’est une politique de puissance sans gain. Son complément naturel, économique et géostratégique est l’Europe. Mais il lui faudrait trouver des solutions acceptables en Ukraine et en Crimée.

    La France ne se sent pas menacée par la Russie, et ne la menace en rien. Il y aurait une entente possible avec elle en Méditerranée. Quel apaisement avec un point d’appui russe en Libye ? Il faut résister à cette tentation qui paraitrait habile  et qui serait un abandon. Les Turcs ne sont là, disent-ils, que pour faire pièce aux Russes ; les Russes ne sont là que pour faire face aux Turcs, c’est un jeu de rôle qui les arrange, car ils ne s’affrontent, en fait, jamais.

    La place de l’Europe

    Normalement, l’Europe ne devrait pas accepter que la Libye soit dépendante des Russes ou des Turcs. Il est temps pour l’Europe, d’avoir une politique en Méditerranée. C’est à la France de la concevoir et de la partager avec l’Italie, l’Espagne, la Grèce…

    Récemment, l’Amiral Casabianca, Major Général des Armées, présentait les lignes de tension en Méditerranée. Il annonçait la militarisation inéluctable du bassin méditerranéen :

     

    « les opérations d’intimidation vont s’y multiplier » …« les opérations de police y seront de plus en plus nécessaire ».

     

    La France, pour protester contre l’attitude de la Turquie, s’est retirée de l’opération Sea guardian. La faille au sein de l’OTAN pourrait être plus profonde. Hors l’Otan, une coopération militaire est-elle possible ? L’Europe stratégique passe par là. Les opérations européennes s’organisent peu à peu en Méditerranée. Il faut qu’elles fassent partie d’une conception d’ensemble.

     

    Les Etats-Unis réduisent leur présence au Moyen-Orient mais pas en Méditerranée. La Chine s’y implante : au Maroc, en Algérie, en Grèce. Verra-t-on la militarisation du port du Pirée, comme le craint l’Amiral Casabianca ?

    La question dépasse la Turquie. Elle permet de lier autrement les rives nord et sud  de la mer commune : Egypte, Tunisie, Algérie France Italie et Grèce ont des intérêts communs et visibles. L’effondrement des prix du pétrole offre une opportunité. L’Allemagne a compris l’importance des pays du sud.

    Profiter de la crise turque pour affirmer un avenir autonome de l’Europe en Méditerranée serait une façon de rendre hommage à sainte Sophie, la sagesse.

  • French Bashing : Pourquoi les Français sont-ils pris pour cible ?

    French Bashing : Pourquoi les Français sont-ils pris pour cible ?

    « Arrogants », « fainéants », « malpolis », les Français sont régulièrement la cible de moqueries de leurs voisins internationaux. Le terme pour désigner cette pratique est le French Bashing. Les histoires qui en découlent sont nombreuses et certaines sont même au niveau international.

    Alors pourquoi les Français sont-ils la cible des moqueries ? Comment le French Bashing se manifeste aujourd’hui ? Voici les tenants et les aboutissants de cette pratique qui persiste.

    Le French Bashing, c’est quoi ?

    Le « dénigrement français » ou French Bashing est une pratique essentiellement anglo-saxonne qui consiste à avoir un ressentiment anti-français basé sur des croyances, des stéréotypes ou encore des caricatures concernant les Français.

    Le French Bashing est avant-tout une spécialité américaine mais aujourd’hui, le terme s’emploie de manière plus globale lorsqu’on se moque, on dénigre ou on juge les Français.

    Origines et faits marquants

    L’origine même du French Bashing est assez floue. Certains estiment les prémices du terme à la fin de la seconde guerre mondiale, avec la distribution de tracts aux combattants américains. Mais le terme a vraiment fait son apparition au début des années 2000. Deux événements majeurs ont ainsi ancrés définitivement le terme de French Bashing dans le conscient collectif.

    2003 : Les Freedom Fries sur fond de guerre

    Après les attentats du 11 septembre, la scène internationale assiste à de grandes déclarations d’amour entre J. Chirac et G.W Bush, tous deux alors présidents. Cependant, deux ans plus tard, la France ne soutient pas l’assaut militaire qui se prépare en Irak. Les américains ne comprennent pas cette décision, notamment après le renfort qu’ils ont apportés pendant la seconde guerre mondiale. S’ensuit une grande vague d’indignation aux États-Unis, les Français étant traités de « lâches » à cause de leur refus de s’engager. Les produits français ou assimilés français étaient ainsi boycottés. Les frites en sont un exemple. Communément appelé « French Fries » aux États-Unis, certains restaurants décident de les renommer les « Freedom Fries ».

    Des scènes semblent elles aussi surréalistes, la colère des Américains se matérialisant contre tout produit d’origine française. Des manifestants déversaient des bouteilles de vin dans les caniveaux ou encore des voitures Peugeot étaient saccagées par des concessionnaires. Le French Bashing est lancé, les moqueries et parodies envers les Français ne cesseront pas de sitôt.

    2011 : Quand la réalité rattrape le dessin animé

    En 2011, une autre histoire a ravivé le French Bashing aux États-Unis. Dominique Strauss Khan, alors en lice pour l’élection présidentielle française, est arrêté par les autorités américaines suite à une plainte pour agression sexuelle.

    Les Américains, qui avaient alors déjà une image négative de la sexualité des français, sont aussi bien passionnés qu’outrés. Cette histoire fait écho à un personnage de la pop culture américaine « Pépé le putois ».

    Il s’agit tout simplement d’un putois, Français, qui drague constamment son amie, non intéressée par ses avances.

    Ce personnage est un élément important dans la construction des clichés envers les Français. En effet,  l’odeur nauséabonde du putois fait référence au « problème d’hygiène » des Français et le côté dragueur rappelle l’esprit libertin français, peu apprécié des Américains. Il faut savoir que Pepe the Pew, de la famille des Looney Toons, est un personnage important et très connu dans la culture américaine.

    Alors, quand Dominique Strauss Khan se fait arrêté pour agression sexuelle, c’est tout une génération d’Américains qui voit le fictif devenir réalité. Les moqueries reprennent de plus belle et l’image des Français aux USA est une nouvelle fois entachée.

    Le French Bashing aujourd’hui

    Le French Bashing ne se limite pas à ces deux faits qui se sont déroulés aux États-Unis. Aujourd’hui, les clichés envers les Français ont la vie rude, quelque soit le pays.

    Sur Facebook, certains témoignent des préjugés récurrents envers les Français. « Arrogants », « fiers », autant de terme qui nous sont attribués régulièrement.

    Les anglais ont également toujours été moqueurs envers les Français. Cependant, le Brexit a accentué les agressions envers les Français par les Anglais les plus virulents. Des groupes Facebook se sont également créés pour que les expats puissent parler librement de ce problème.

    Le cas de l’Australie

    En Australie, le French Bashing est également très présent. Avec l’ouverture des frontières accessible aux détenteurs d’un PVT, chaque année, des jeunes français rejoignent le pays.

    Mais certains ne respectent pas les règles établies. Les Australiens, honnêtes et à cheval sur les lois, sont en inadéquation avec ces pratiques.

    Ainsi, plusieurs faits divers ont amené les Australiens à se méfier du comportement des Français. Il n’est pas rare de voir des enseignes affichant « No French shopping » (signifiant vol à l’étalage), ou même des avertissements directement en français.

    Bien évidemment, les pratiques de certains Français sont frauduleuses et méritent un traitement particulier. En revanche, c’est à cause d’une petite partie de la population que les Français se retrouvent stigmatisés et subissent le French Bashing. Un racisme ambiant se créé, pénalisant l’ensemble des Français vivant sur le territoire. Heureusement, tous les Australiens ne sont vindicatifs envers les Français. Cependant, il est courant de voir des Français regretter cette amertume des Australiens dans des groupes privés sur Facebook.

    Ainsi, le French Bashing a eu des impacts forts, notamment dans les années 2000, avec un rejet de tout ce qui était assimilé à la France de manière générale. Le French Bashing ne s’est pas arrêté aux portes des États-unis et les clichés ont la vie dure.

    Cependant, malgré ces clichés, la France et sa culture plaisent. De nombreux internationaux viennent découvrir la France et apprécier les richesses du pays. Ces quelques moqueries ponctuelles sont à relativiser dans l’ensemble. Cela nous permet également de nous rappeler que nous ne sommes pas les meilleurs, ce que nous aurions tendance à oublier, en bons Français que nous sommes 😉

  • Insécurité sur la Côte d’Azur – Fusillade en plein jour à Nice – Vidéo

    Insécurité sur la Côte d’Azur – Fusillade en plein jour à Nice – Vidéo

    Des coups de feu ont été tirés en plein jour devant un supermarché du quartier sensible des Moulins à Nice, connu notamment pour être un lieu de trafic de drogue dans la ville, a appris l’AFP de source policière.

     

    «Il était 9h31, des détonations ont été entendues et des jeunes se sont mis à courir. Le quartier bouclé, des douilles retrouvées mais personne n’a été blessé et l’affaire a été reprise par la police judiciaire», a précisé cette source, ajoutant que trois personnes avaient été interpellées.

    «C’est la deuxième fois en moins d’un mois et ça fait un peu peur», a commenté une employée du supermarché, jointe par l’AFP au téléphone. L’établissement n’a rouvert que vers 16h00.

    Dans un communiqué, le maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi a demandé des «moyens supplémentaires» et un «plan d’action immédiat permettant de rétablir l’ordre», jugeant la situation du quartier des Moulins «très préoccupante».

    «Si l’État n’est plus en capacité de mettre en place les moyens nécessaires, qu’il confie aux maires qui le souhaitent la possibilité de pouvoir agir plus fortement», a ajouté celui qui avait reçu le nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin dans sa ville quelques jours après le remaniement.

    «Une unité de force mobile composée d’une soixantaine d’agents va être dépêchée sur place», a indiqué dans la soirée l’entourage du ministre à l’AFP, après des échanges avec les cabinets de Christian Estrosi et du député LR des Alpes-Maritimes Éric Cotti, confirmant une information de Nice-Matin.

     

    Vidéo des faits

    Une vidéo mise en ligne par un habitant fait entendre la fusillade et montre des hommes en train de courir au loin, sous l’œil des clients à l’entrée de l’établissement.

     

     

    Au moins deux personnes ont été tuées par balle dans le quartier des Moulins au cours des dernières années dans ce qui est apparu à chaque fois comme un règlement de compte aux yeux des enquêteurs. En juillet 2015, une passante avait été légèrement blessée.

    Construites dans les années 1960 et 1970 pour accueillir des ouvriers, les résidences HLM gérées par Côte d’Azur Habitat aux Moulins sont situées au cœur de l’Eco-Vallée, un projet d’aménagement urbain à l’ouest de Nice, où des bureaux et des logements neufs desservis par une nouvelle ligne de tramway sortent progressivement de terre à proximité de l’aéroport et d’une future gare Nice TGV Aéroport.

● Radio en direct
En pause