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  • Le réseau consulaire et la crise de la Covid-19 – 4000 réponses à notre consultation

    Le réseau consulaire et la crise de la Covid-19 – 4000 réponses à notre consultation

    Lesfrancais.press ont lancé au cours du mois de juin une consultation en ligne sur les actions effectuées par vos élus et votre administration consulaire lors de la première vague de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

    Vous avez été plus de 4000 à répondre. Nous vous en remercions.

     

     

    Actualité, éducation, allocations de soutien, tous les sujets ont été évoqués dans le questionnaire. Globalement, vous avez été satisfait par la réactivité et les informations transmises par les consulats, les élus et les associations. Cependant, la mauvaise gestion de la communication liée aux aides directes ou scolaires entache ce bilan.

     

    Un réseau consulaire utile

    Dans la première partie de notre questionnaire, nous vous avons interrogé sur vos relations au quotidien avec le réseau consulaire. La première info à retenir, c’est que les expats sont bien informés de son existence. 80% des répondants indiquent avoir utiliser ses services dans les 12 derniers mois et y ont attribués la note globale de 3,5 sur 5 

    Les Français Hors de France regrettent par contre le manque de transparence du réseau qu’il les accompagne lors de leur expatriation. En effet,  ils sont moins de 40% à connaitre le nom du Consul ou de leurs élus consulaires. En conséquence, ils approuvent pour 55% d’entre eux la réforme donnant la présidence du Conseil Consulaire à un élu en espérant un effort de lisibilité. 

     

    Une information en continue pendant la crise de la Covid-19

    Tout au long des mois qui viennent de passer, l’administration, les élus mais aussi le riche tissu associatif ont communiqué tout azimut ! Plus de 90% des expatriés ont reçu via un de ces acteurs des informations sur la situation en France et dans leurs pays de résidence.. sans oublier la difficile question des frontières.. Elle fut au coeur de la plupart des messages émis.

    Encore une fois, les expatriés sont plutôt satisfaits de la communication autour du coronavirus en notant à 3,2 les communications des administrations, 3,1 celles des associations et les élus concluent le palmarès mais avec une note plus que correct soit 3 sur 5.

     

    Des aides sociales et scolaires très floues

    Le véritable bémol qui émerge de cette consultation, c’est l’épineuse problématique de l’exécution du plan de soutien votée par les parlementaires au profit des expatriés !!

    Alors que les élus et les consulats ont, comme nous l’avons indiqué plus haut, communiqué avec efficacité sur les risques sanitaires et les possibilités de se déplacer.. La plupart des acteurs ont transmis très peu d’informations sur les différents dispositifs et leurs modalités d’accès.

    En effet, les Français résidents à l’étranger déclarant connaitre ces possibilités ne sont que 45%. Et moins de 20% ont été informés des démarches. Il en résulte,  alors que les besoins sont important, une faible utilisation de ces fonds. Comme nous l’avons souligné dans un article précédent, uniquement 2% de l’enveloppe budgétaire avait été utilisée au 14/07/2020.

    Autre écueil qui émerge de notre consultation, la complexité de constitution du dossier pour obtenir la solidarité nationale. Mais le problème a déjà été partiellement identifié avec une première modification des critères d’éligibilité aux différents programmes d’aides.

     

    Un réseau présent au quotidien mais peu transparent

    Les expatriés peuvent être fier de leur réseau consulaire dans le monde. Malgré les mesures liées à la crise sanitaire, les différents rouages ont été présents. Cependant, ces acteurs sont mal identifiés, les Français veulent mieux les connaitre.. Espérons que cette appétence perdurera jusqu’en Mars 2021 et les élections consulaires.

    Le vrai problème c’est la mise en place des aides.. L’urgence, la nouveauté des dispositifs, les problèmes liés à la Covid-19 expliquent en grande partie ces cafouillages lors du lancement. la bonne idée serait donc, comme le propose les sénateurs, de créer un fonds pré-positionne et réactif  dont les arcanes seraient connues des fonctionnaires et des élus afin de soutenir concrètement nos compatriotes face à toutes nouvelles crises naturelles ou politiques dont ils seraient victimes.

     

     

  • France, le défi de l’industrialisation

    France, le défi de l’industrialisation

    En vingt ans, l’industrie française a perdu 25 % de ses effectifs.

    Cette baisse conséquente doit être relativisée en raison du recours à l’externalisation. Il n’en demeure pas moins que le poids de ce secteur d’activité au sein du PIB en France a décru bien plus vite que chez nos partenaires. Il s’élevait à 12 % en 2019 contre 20 % en Allemagne. Depuis 2003, le recul en France a été de plus de 4 points de PIB. Les parts de marché à l’exportation au niveau mondial sont passées, sur la même période, de 5 à 3,3 %. Le solde industriel est négatif d’une cinquantaine de milliards d’euros. Parmi les grands pays européens, la France est, avec le Royaume-Uni, parmi ceux où le poids de l’industrie est le plus faible.

     

    Pas de retour à la situation d’avant 2008

    Depuis la crise de 2008, la production industrielle française stagnait même si quelques signes d’augmentation se faisaient jour avant la crise sanitaire. De manière récurrente, les pouvoirs publics répètent la nécessité de maintenir un fort secteur industriel et appellent de leurs vœux à des relocalisations. L’existence d’une politique industrielle pilotée par l’État est une constante depuis Colbert avec quelques succès mais aussi nombre d’échecs. Les nationalisations de 1945 et de 1981 avaient notamment comme objectif le maintien du potentiel industriel de la France. Le Plan Calcul de 1966 décidé par le Général de Gaulle visait à assurer l’autonomie du pays dans les techniques de l’information, et à développer un puissant secteur informatique. Depuis quarante ans, l’État a été contraint de sauver, à plusieurs reprises, les deux grands fabriquants automobiles français.

    La crise de la Covid-19 a révélé au grand public la dépendance de la France dans certains domaines, celui de la santé en particulier, en relation avec l’éclatement des chaînes de production. Pour certains, une relocalisation de certaines activités est indispensable au nom du souverainisme économique et de la réduction des émissions des gaz à effet de serre. À cette fin, le Commissariat Général au Plan pourrait être recréé afin d’initier le retour du dirigisme industriel.

    Au-delà des antiennes, plusieurs considérations doivent être prises en compte pour apprécier les possibilités d’industrialisation du pays. La demande en produits industriels tend à se réduire au sein de la consommation finale en raison de la saturation des besoins et du vieillissement. Plus une population est riche et âgée, moins elle consomme de biens industriels et plus les dépenses de services augmentent. Le potentiel de croissance pour l’industrie se situe au sein des pays émergents et demain en Afrique.

    Depuis la crise de 2008, le secteur industriel souffre de capacités de production excédentaires provoquant une baisse permanente des prix des produits industriels. Le marché est donc ultra-concurrentiel avec des marges qui ont tendance à fondre. Des relocalisations supposeraient la disparition des avantages comparatifs dont bénéficient les pays émergents et en premier lieu la Chine. L’augmentation des coûts de production de ces derniers est réelle mais insuffisante. Par ailleurs, la Chine a délocalisé dans des pays à plus faibles coûts salariaux tout ou partie de certaines de ses productions.

     

    Protectionnisme et handicap

    La mise en place de mesures protectionnistes, à consonnances environnementales ou pas, pourrait certes imposer un retour d’une partie de la production en Europe ou au sein des pays de l’OCDE mais le prix à payer serait alors une augmentation des prix et une diminution du pouvoir d’achat relatif des ménages ainsi qu’une moindre diffusion du progrès technique.

    Ce retour de l’industrie nécessiterait du temps. Elle ne profiterait pas obligatoirement à la France. En effet, notre pays souffre de plusieurs handicaps. Ses coûts salariaux y sont en moyenne supérieurs à celui de la zone euro. Le salaire horaire (avec charges sociales) dans l’industrie s’y élève à 38 euros contre 32 euros dans le reste de la zone euro. L’écart en 2000 n’était que de 2 euros. Il est certes comparable avec le niveau de salaire constaté en Allemagne mais ce dernier pays peut compter sur des salariés mieux formés, sur un recours plus important aux robots et sur un positionnement plus élevé en gamme. La France se classe au 21e rang pour les compétences de la population active quand l’Allemagne se situe au 14e rang.

    La France a accumulé un réel retard au niveau des techniques de l’information et de la communication. Les investissements NTIC hors logiciels en France s’élèvent à 0,5 % du PIB en 2018, contre 1,3 % pour le reste de la zone euro. En 2002, l’écart n’était que de 0,4 point de PIB. Le ratio de robots industriels pour 100 emplois manufacturiers est de 1,6 en France quand il dépasse 2 pour le reste de la zone euro.

    Un processus de relocalisation en Europe pourrait profiter en priorité à la Pologne, à la République tchèque, à la Slovaquie et à l’Allemagne. Ces pays pourraient néanmoins peiner à attirer de nouvelles activités industrielles en raison de leur démographie déclinante. Quoi qu’il en soit, la France devra pour s’industrialiser réaliser un effort important ’investissement et de formation tout en veillant à se repositionner sur le haut de gamme.

  • Afrique : mise en place des tests PCR dans certains pays – Podcast Video

    Afrique : mise en place des tests PCR dans certains pays – Podcast Video

    Sénégal

    Avec près de 10 000 cas de contamination confirmés, les autorités étendent les mesures de prévention. De nouveaux centres de dépistage ont ouvert leurs portes à Dakar.

    Objectif : tester les voyageurs qui entrent et sortent du territoire.

    Un podcast TV5 Monde

  • Les trains de nuit relieront la Belgique à la Suède dès 2022

    Les trains de nuit relieront la Belgique à la Suède dès 2022

    Jeudi 23 juillet, le gouvernement suédois a annoncé que des trains de nuit reliant les villes de Stockholm et de Malmö à Hambourg et à Bruxelles rouleraient dès 2022 — une autre confirmation du grand retour des trains-couchettes en Europe.

    Le gouvernement suédois, constitué d’une coalition composée des socio-démocrates et des Verts, a chargé l’autorité nationale des transports d’acquérir des voitures-lits et de planifier les horaires de deux lignes ferroviaires, qui feront l’aller-retour Stockholm-Hambourg ainsi que Malmö-Bruxelles.

    Les trains devraient commencer à circuler à la mi-2022.

    Le gouvernement du pays a accordé presque 30 millions d’euros au rail dans son budget d’automne. Selon le ministre suédois des Finances, Per Bolund, « [cet investissement] donne[ra] vraiment l’occasion de découvrir l’Europe de la manière la plus durable possible ».

    À la suite d’une évaluation réalisée au mois d’avril, l’autorité nationale des transports a conclu que le service de trains de nuit ne pourrait passer par l’Allemagne, dont le réseau ferroviaire est déjà saturé, mais qu’un terminus à Hambourg pourrait être envisageable.

    La popularité croissante des trains-couchettes témoigne d’un changement progressif des habitudes de consommation. En cause, la sensibilisation accrue aux questions climatiques et la volonté de respecter les mesures de distanciation sociale liées au coronavirus.

    La présidente de la Commission des transports et du tourisme (TRAN) au Parlement européen, Karima Delli, salue l’initiative suédoise, qu’elle considère comme un pas en avant.

    « J’espère que ce n’est que le début d’une tendance générale et j’attends avec impatience [de voir] des initiatives similaires dans tous les États membres », a-t-elle indiqué à Euractiv.

    Il y a peu, les chemins de fer tchèques ont mis en place une ligne directe qui relie Prague à la ville côtière croate de Rijeka. Ce train, qui passe aussi par la Slovaquie, la Hongrie et la Slovénie, connaît un franc succès auprès des vacanciers qui se rendent à la mer.

    Un train de nuit entre Vienne et Bruxelles a aussi été mis en service au début de l’année, mais il s’est vite retrouvé à l’arrêt à cause de la pandémie et des mesures de confinement.

    Début juin, le groupe de pression pour les trains de nuit « Back on track Belgium » a invité les eurodéputés et les politiciens belges à faire de Bruxelles le centre névralgique des trains-couchettes. L’organisation invoque la situation géographique centrale de la ville dans le réseau et l’internationalité de ses habitants.

    D’après les prévisions du groupe, la capitale belge pourrait notamment relier des villes comme Barcelone, Malmö (ce que le gouvernement suédois a confirmé), Venise, Varsovie ou Prague. Le tunnel sous la manche de l’Eurostar facilite aussi les trajets entre l’Europe et le Royaume-Uni.

    Année européenne du rail

    Karima Delli ajoute qu’« en amont de l’Année européenne du rail, il faut impérativement lancer ou relancer des projets qui feront baisser les émissions de CO2 à travers l’UE ». Selon les estimations, les trains de nuit émettraient jusqu’à 14 fois moins de carbone par passager-kilomètre que les avions.

    Début 2020, dans le cadre du « Green Deal », la Commission a décidé de faire de 2021 l’« Année européenne du rail » afin de promouvoir les voyages en train comme alternative durable aux autres moyens de transport.

    Mercredi 22 juillet, le Comité économique et social européen (CESE) a émis une opinion dans laquelle il soutient la proposition de l’exécutif et l’appelle à faire tout son possible pour donner davantage de visibilité aux chemins de fer, mais aussi améliorer les services disponibles.

    Selon Alberto Mazzola, le membre du CESE qui a rédigé l’avis de l’institution sur cette initiative, c’est « l’occasion de renforcer l’attrait pour les carrières dans le rail, en particulier chez les jeunes Européens ».

    Le document seconde aussi la demande d’eurodéputés d’offrir un pass ferroviaire gratuit aux citoyens européens à leurs 18 ans, afin d’éveiller leur intérêt pour les voyages en trains et pour l’UE elle-même.

    Plus concrètement, en 2021, les États membres seront censés avoir entièrement transposé les règles du quatrième paquet ferroviaire dans leur législation nationale. Plusieurs pays n’ont pas encore achevé ce processus et 13 États ont demandé une prolongation du délai.

  • Europe, le pas en avant

    Europe, le pas en avant

    Après cinq jours d’âpres mais traditionnelles négociations, les Chef d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont conclu un accord sur le projet de budget pluriannuel 2021-2027 portant sur 1 074,3 milliards de d’euros et sur le plan de relance de 750 milliards d’euros.

    Le 21 juillet pourrait rester comme une date clef. Pour la première fois de son histoire, la Commission de Bruxelles empruntera au nom de l’Union européenne et répartira les fonds entre des prêts et des subventions accordés aux différents États.

    Ce plan se veut, à la fois, ciblé et limité dans le temps. Il est dicté par la crise sanitaire. L’idée de création de fonds conjoncturels ou de fonds d’intervention en cas de crise a été, à maintes reprises avancée depuis la mise en place de l’euro. Initialement, l’Allemagne y était opposée afin de ne pas se trouver liée aux dépenses des États d’Europe du Sud. La monnaie était commune mais les responsabilités pour bien la gérer étaient individuelles. La France et les États d’Europe du Sud ont longtemps tenu un double langage. Favorables en public aux eurobonds ou aux fonds d’action conjoncturelle, ils y étaient opposés en privé par crainte d’une perte de souveraineté. L’octroi d’aides ou de prêts bonifiés ne peut pas se faire sans contrepartie, sans contrôle. Si la Banque centrale joue le rôle de banquier en dernier ressort depuis la crise de 2008, pouvant s’appuyer sur le Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF), au niveau budgétaire, peu d’avancées notables s’étaient produites ces vingt dernières années.

    Par son ampleur, la crise de la Covid-19 a changé la donne. L’Allemagne ne souhaite pas prendre le risque d’un éclatement de l’Union dont les États membres sont ses premiers clients pour le commerce extérieur. Par ailleurs, la Chancelière, Angela Merkel souhaite achever sa mandature avec une image pro-européenne, d’autant plus que l’Allemagne préside jusqu’à la fin de l’année l’Union. Par ailleurs, l’évolution de la politique extérieure américaine la conduit à changer sa grille de lecture et des priorités sur le plan géopolitique. La France qui depuis de nombreuses années était isolée au sein de l’Union a retrouvé quelques lustres en étant à l’origine de l’initiative avec l’Allemagne, tout en bénéficiant de l’appui des États d’Europe du Sud. Les pays d’Europe de l’Est et ceux de l’Europe du Nord dont les objectifs étaient différents voire divergents (les premiers ne souhaitaient pas d’aides directes quand les seconds souhaitaient pérenniser leurs subventions) n’ont pas réussi à empêcher l’accord même si plusieurs de leurs souhaits ont été retenus.

     

    Un financement direct sous forme de subvention.

    Sur un total de 750 milliards d’euros, 672,5 milliards d’euros sont répartis en deux grandes catégories : les prêts (360 milliards d’euros) et les subventions (312,5 milliards d’euros). Le solde, 77,5 milliards d’euros est réparti sur plusieurs lignes du budget pluriannuel. L’Espagne et l’Italie devraient pouvoir bénéficier chacune de 60 milliards d’euros et la France de près de 40 milliards d’euros. 70 % des montants en jeu sera attribué en 2021 et 2022, le solde (30 %) pouvant glisser jusqu’en 2023. Les montants reçus ne devront pas excéder 6,8 % du revenu national brut de chaque État-membre. Des clefs de répartition seront élaborées par les services de Bruxelles. L’octroi des aides sera conditionné à l’élaboration par les États membres de plans de relance qui comporteront les réformes envisagées et les investissements souhaités pour la période 2021-2023. La Commission statuera dans les deux mois et en se fondant sur des critères liés à la croissance, la création d’emplois et à la résilience sociale des États.

    30 % des dépenses engagées dans le cadre du plan de relance de 750 milliards d’euros devront concerner le changement climatique afin d’atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 fixé par les Accords de Paris de 2015. Contrairement aux souhaits des États dits « frugaux » d’Europe du Nord (Pays-Bas, Suède, Danemark, Finlande) qui espéraient imposer un droit de veto, le Conseil approuvera à la majorité qualifiée la proposition de la Commission.

     

    L’État de droit comme condition

    Le versement d’aides pourra être suspendu en cas de violations de l’État de droit et la démocratie. Cette mesure concerne la Hongrie et la Pologne qui ont été visées par une procédure dite de « l’article 7 » pour diverses mesures ayant porté atteinte à l’indépendance de la justice et des médias. En l’état, ces procédures ont peu de chances d’aboutir car elles reposent sur des votes à l’unanimité. En ce qui concerne la suspension d’une aide pour atteinte à l’État de droit, la résolution devra être approuvée par une majorité qualifiée des États membres, 55 % des pays de l’Union représentant les deux tiers de la population totale. Dans le texte initial, la suspension pouvait intervenir sur proposition de seulement un tiers des États membres. Pour y échapper, le pays visé se devait de rassembler une majorité qualifiée. Devant le risque de veto de la Hongrie, la Commission a décidé avant même le sommet de juillet d’assouplir sa position.

     

    Des rabais en hausse

    L’accord sur le plan de relance a été obtenu grâce à des concessions sur la participation de certains États membres au budget européen. Certains pays contributeurs nets au budget ont fait valoir que leur contribution au budget était disproportionnée par rapport à ce qu’ils reçoivent. Ils ont réclamé un relèvement des rabais. Pour la période 2021-2027, des corrections forfaitaires réduiront la contribution annuelle fondée sur le revenu national brut (RNB) du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche et de la Suède. Ces réductions brutes seront financées par tous les États membres en fonction de leur revenu national brut (RNB). L’Autriche bénéficiera ainsi d’un rabais au prochain budget de l’Union européenne (2021- 2027), de 565 millions d’euros, soit une hausse de 138 % par rapport au droit existant. Suivent le Danemark avec 377 millions (+ 91 %), la Suède à 1,07 milliard (+34 %) et les Pays-Bas avec 1,92 milliard (+22 %). La France payera en partie la facture, le rabais de l’Allemagne est de son côté resté inchangé à 3,67 milliards.

     

    Des ressources à inventer pour l’Europe

    Pour rembourser les emprunts, l’Union européenne devra se doter de nouvelles ressources. Si le principe a été acté lors du sommet, les 27 ne se sont pas engagés sur la nature des recettes. Sur ce sujet, la règle de l’unanimité est de mise. Les dernières discussions sur la taxe Gafa européenne prouve que l’élaboration de ces ressources ne seront pas simples. Les États membres ont acté simplement le lancement dès 2021 d’une taxe sur les plastiques à usage unique, en lien avec le «pacte vert».

    Les débats sur la taxe Gafa, sur une taxe carbone aux frontières (pour préserver la compétitivité des industries européennes appelées à diminuer leurs émissions) et sur une réforme des actuels « marchés à polluer » (Emission Trading System, ETS) attendront 2021 quand la Commission européenne détaillera ses propositions. Cette dernière estime que ces recettes pourraient atteindre 30 milliards d’euros par an.

    L’accord du 21 juillet portant sur environ 4 % du PIB de l’Union européenne (en prenant à la fois les prêts et les subventions) peut contribuer à modifier en profondeur les règles de fonctionnement de l’Union en instituant une mécanique fédérale et une mutualisation de fait. Les ressources collectées par l’Union sont censées rembourser les prêts permettant les subventions aux Etats membres.

    Cet aspect fédéral est en partie atténué par l’augmentation des ristournes budgétaires dont bénéficient certains États contributeurs nets au budget mais au-delà du dispositif choisi, la question de l’efficience des dépenses qui seront financées par le plan est évidemment clef. Les États auront la responsabilité de présenter des mesures pouvant contribuer à améliorer la croissance potentielle. Les autorités communautaires devront également veiller à la cohérence des différents plans nationaux. Le risque numéro 1 est évidemment le saupoudrage des crédits ainsi distribués. Un accord au niveau européen est évidemment un compromis. Les concessions accordées aux pays d’Europe du Nord sont donc de deux natures, l’augmentation de leur rabais et la diminution de certaines dépenses communautaires. Les crédits destinés à la défense seront ainsi réduits tout comme le programme Erasmus. La défense du continent n’a jamais été un objectif ni une priorité de l’Union qui comprend des États se considérant comme « neutres ». En outre, avec le départ du Royaume-Uni, elle ne peut désormais être pensée qu’en dehors de l’Union.

  • Le Drian, la durée sans le succès.

    Le Drian, la durée sans le succès.

    Jean Yves Le Drian a été reconduit, sans surprise, à la tête de la diplomatie française. Populaire dans l’opinion, socialiste historique, bien implanté en Bretagne, protégé par un ministère prestigieux, les Français l’apprécient d’autant plus qu’ils connaissent mal les questions de politique internationale.

    Désormais numéro deux du gouvernement derrière un Premier ministre qui a moins de poids politique, Jean Yves Le Drian finira sans doute le quinquennat en ayant un des plus beaux palmarès ministériel de la Vème République, voire le record de longévité.

    Il était en effet le ministre des armées de François Hollande durant cinq ans. Et, s’il est aujourd’hui aux Affaires étrangères, c’est qu’on lui attribue le succès de la vente des Rafales à l’Inde, à l’Egypte et au Qatar. Autant dire que l’industrie française d’armement, et les médias qui lui sont liés, l’encensent. Sans compter les anciens réseaux de l’UNEF et ceux des loges. Qui se plaindrait d’un tel représentant ?

    Et pourtant. Si l’on fait le bilan de l’action de Jean Yves Le Drian, et sans le tenir responsable de tout, pas plus pour les ventes d’armes que pour les pertes d’influence, le bilan de Le Drian n’est pas brillant.

    Passons sur ce dossier « armement », puisqu’il lui est reproché de mener une politique étrangère en fonction de ses clients. Procès injuste : l’Arabie saoudite et l’Egypte, suite aux visites d’Emmanuel Macron au cours desquels il semblait faire la leçon sur les droits de l’homme, boudent les marchands d’armes français. Le Brésil aussi. Malgré ces exploits, et sans doute en raison des excuses fournies, la France n’est plus vraiment identifiée, comme du temps paradoxal de Sarkozy-Kouchner, à la défense des Droits de l’Homme. Récemment condamnée par le Conseil de l’Europe sur le traitement réservé aux migrants, elle fait plutôt profil bas.

    Des ennemis sans raison.  

    Curieusement la diplomatie française réussit plutôt bien à se faire des ennemis sans raison de fond, pas même les Droits de l’Homme.

    Nous sommes fâchés avec Maduro. En même temps, avec Bolsonaro. Deux tristes sires, certes, mais si on ne devait être aimable qu’avec ceux que l’on aime, on resterait en face à face avec Albert de Monaco, et encore. L’Amérique latine est la mal aimée de la diplomatie française depuis des lustres, sans doute parce que la France y est aimée depuis les Lumières. Régulièrement, un ministre comme Le Drian y annonce un amour renouvelé, jusqu’au prochaines fiancailles.

    Nos amis nous aiment. Trump insulte et menace. Allié fidèle. Autre allié, Erdogan insulte et menace. Il demande aussi des excuses. Comme le Président algérien Tebboune. Nous avons aussi reçu les marques de mépris des Chinois et des Iraniens, une manie. French bashing diplomatique.

    En Afrique, les soldats français se battent depuis dix ans dans une guerre Le drianesque dont personne ne voit l’issue, en tout cas pas du coté du ministère des armées. Le G5 Sahel ne fonctionne toujours pas. Le sentiment antifrançais s’accroit, les solutions politiques s’éloignent, même les gouvernements amis ne font pas toujours preuve « d’écoute ». L’Afrique représentant 45% de notre déploiement militaire à l’étranger et 3% de notre commerce extérieur, il a été mis fin au franc CFA, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour nos amis africains, surtout en temps de crise.

    Le lit des Turcs et des Russes

    Au Maghreb, l’Algérie, sous l’éteignoir, reste explosive, pour elle et donc pour nous. Avec cinq millions d’Algériens en France, il serait temps de sortir du complexe vis-à-vis de l’Algérie. La Tunisie, fragile, n’a pas eu le soutien qu’elle mérite. Quant à la Libye, d’une intervention militaire sans suivi politique, la France est passée à une intervention politique dans le mauvais camp militaire. Elle a fait le lit et des Turcs, et des Russes. Et fragilise le Sahel. Un coup de maître.

    Nos relations avec la Turquie sont exécrables. Elles révèlent la faiblesse de nos relations avec les Etats-Unis. La diplomatie européenne, s’il y en a une, soutient d’autant moins la France, que la France ne l’a pas associée. Comme elle n’a pas consulté l’Italie. Dire que l’on a de mauvaises relations avec les Italiens serait exagérée, mais elles ne sont pas bonnes. Ne pas avoir pas de politique suivie avec les Italiens et les Espagnols en Méditerranée est une faute.

    Faute logique : la France n’a pas de politique en Méditerranée. Dommage, quand on en est la première puissance. Mais en a-t-elle une vis-à-vis d’Israël ? Quelle est, finalement, notre position en Syrie ? Nous avons encore des soldats avec les forces kurdes. Par habitude ? Et en Irak. A part la litanie de répéter que nous luttons contre le terrorisme et pour la paix, quels sont nos perspectives politiques ? Que dit-on quand Israël attaque les programmes nucléaires iraniens ? Bravo ou holà ? Faut-il inviter encore un dignitaire iranien au G7 ? Qu’en est-il avec le Liban ? Quelles sont les suites de la conférence des donateurs, sinon un échec complet, une mainmise totale du Hezbollah et la ruine. Le Drian est allé là bas faire la leçon ou plutôt empêcher un renversement ?

    Nous parlons avec la Russie. Depuis toujours. Sans aucun résultat. Avec la Chine, nous nous taisons. Il suffit d’annoncer que l’on va dire quelque chose sur Hong Kong ou les Ouïghours pour que l’on se fasse rabrouer. Et que l’on se taise. A-t-on gagné une quelconque complicité sur le commerce ou sur le Covid ? L’Ambassadeur de Chine a même été insultant. En Asie, laisser passer une insulte est une attitude ruineuse. La Corée du sud et le Japon sont plus amicaux. Sauf sur Nissan, évidemment.

    Enfin l’Europe. Heureusement la chancelière Merkel tient bon. L’accord de Bruxelles doit plus à Le Maire qu’à Le Drian. A la Commission comme au Parlement notre influence s’est réduite. Le Royaume-Uni s’en va, l’anglais reste maître. La Belgique elle-même, comme les Pays-Bas, restent plus atlantistes qu’Européens, comme la Pologne, et les pays de l’est nous suivent d’autant moins qu’ils ne comprennent ni notre politique vis-à-vis de la Russie ni celle vis-à-vis de l’Europe balkanique. Heureusement serbes et albanais ne la comprennent pas non plus.

    Force militaire et impasses politiques

    Notre diplomatie repose de plus en plus sur notre force militaire. Utile mais dangereux. Quand on ne définit pas les buts de l’engagement des forces, elles deviennent des cibles. D’autant qu’elles ne sont pas dotées des moyens à proportion de leurs missions. Et qu’elles dépendent d’autrui, généralement des Américains.

    Voit-on un seul vrai succès ? Même discutable ?

    Il y en a. Les accords commerciaux signés avec le Japon, la Corée, le Canada, négociés par l’Union européenne. Reste celui du Mercosur, auquel la France ne s’oppose plus, encore que. Les Accords de Paris, mal fagotés depuis l’origine (étrange qu’ils soient devenus si emblématiques, sans doute parce qu’ils ne sont que symboliques) sont restés sans effet. Rien pour les prolonger. Dans le domaine de l’écologie, malgré les talents des ambassadeurs des pôles, rien n’avance. On aurait pu imaginer de vraies conventions sur les normes de pollution et dépollution, sur les contrôles, le plastique, les produits chimiques. Rien, pas même sur la pêche ou la protection des océans. Ne parlons pas du  droit de la mer, même si la France se rappelle de temps en temps à l’occasion d’un anniversaire qu’elle possède le deuxième domaine maritime mondial.

    La France défend le multilatéralisme. En crise. Augmente-elle les moyens mis à disposition de ces organismes internationaux ? Ils baissent.

    La France a signé des partenariats stratégiques avec certains pays, comme, outre le Brésil et l’Inde, le Mexique, le Viet-Nam.  Qu’en reste-il ? Quand on relit les ambitions, un grand regret.

    Il y a de fait, un vrai partenaire stratégique, notre allié, notre voisin, notre cousin, qui subit une crise d’identité profonde et quitte l’Europe : le Royaume-Uni, avec lequel nous n’avons engagé aucun dialogue pour l’après Brexit.  Etrange indifférence. Pense-t-on que les îles britanniques quitteront la Manche ? S’il y a un pays qui doit préparer l’après Brexit, c’est la France. Ne serait-ce que pour les 300.000 Français qui y vivent.

    -10 % des effectifs en dix ans

    Bien sûr, le ministre Le Drian, n’est pas seul responsable de tout cela. Il est au moins responsable de la gestion de son ministère. -10 % des effectifs en dix ans. Encore 492 suppressions de postes sous son règne, 402 déjà effectuées. Les missions se succèdent pour dire que cela ne reflète qu’une politique comptable, rien n’y fait. Les interrogations en matière de politique immobilière demeurent, au Quai, à la Cour des Comptes, au Parlement, sans réponse. La rénovation du Quai révèle son inanité, monte en coût, baisse en utilité. 90 millions pour déplacer 150 fonctionnaires. Avec des bureaux sans fenêtres.  Le Drian n’est pas pire que Fabius, mais pas meilleur.

    La paupérisation des ambassades se double de celle des consulats, les coupes budgétaires auxquelles ont été soumises les associations précédent celles de l’enseignement ; l’appauvrissement de l’enseignement accompagne le déclin de la diplomatie culturelle. Ne parlons pas de commerce extérieur, hormis les ventes d’armes, il suit sa pente.

    Il y eut des ministres qui ont laissé leur trace soit par leurs initiatives, comme Villepin, soit par les réformes internes du ministère, comme Alain Juppé, soit par leur cynisme, comme Vedrine. D’autres ont laissé des souvenirs mitigés, comme Kouchner, au moins ce dernier, très critiqué, avait-il théorisé une ligne, celle de l’ingérence humanitaire, et souvent fait preuve d’audace.

    Que restera-t-il après dix ans de ministères ?

    Jean Yves Le Drian est professeur agrégé d’histoire. Il dut sa carrière à son engagement militant à l’Unef puis, curieusement, au succès des ventes d’armes. Que restera-t-il après dix ans de ministère de la défense et des affaires étrangères? Russie, Liban, Turquie, Inde, défense européenne, Immigration, OMC, ONU, crime organisée, extraterritorialité du droit, océans, réforme du ministère, les sujets ne manquent pas. Il serait temps de mettre à profit cette immense expérience pour avoir enfin une idée, l’amorce d’un succès. Sinon, Jean Yves Le Drian, aujourd’hui encensé, risque d’être, demain, au mieux, oublié.

  • Des Europes, des zéros et des égos.

    Des Europes, des zéros et des égos.

    750 milliards ! On dirait le loto. Chacun d’y aller de son classement, qui a gagné, qui a perdu, combien l’Espagne, combien l’Italie… et la France, elle a perdu ou elle a gagné ?

    Ah, ces Allemands, ils paient mais c’est eux les plus malins : Tout çà pour qu’on leur achète des voitures. Et les Bataves ? Quel culot! Ils paient rien, ils encaissent 25% des droits de douane, ont droit à une ristourne, font du dumping fiscal, et ils râlent ? Tout çà parce qu’ils prennent leur retraite à 67 ans et les Italiens à 62 ? De quoi ils se mêlent ? Ils veulent qu’on aille regarder ce qui se passe dans leurs ports, qui nous piquent tout le trafic européen ? Et le Kurz, là, qui nous fait la leçon, un coup avec l’extrême droite, un coup avec les écolos, on va lui rappeler la rigueur, à lui aussi. Enfin bon. Ne pas s’énerver, contrairement à Macron, et regarder l’Europe, les Europes, bien en face.

    Parce qu’à l’évidence, il y a plusieurs Europes : Les frugaux du nord, le club Med du sud, les illibéraux de l’est, les néolibéraux irlandais, les Belges divisés comme les Balkans. Sans compter les institutions qui s’entrechoquent : La Cour de Justice qui annule l’amende de 13 milliards contre Apple, la Commission qui bégaye son plan, le Conseil Européen qui marathonne, le Parlement qui bloque, la BCE qui tamponne les eurobonds, pendant que le coronavirus batifolle, que la Méditerranée tempête, que la Reine d’Angleterre prend le large.

    Pour tout cela, justement, bravo. L’uniforme ne sied pas à l’Europe. Elle est diverse, contradictoire, bariolée. Imagine-t-on une seule tête en Europe ? Un Poutine, un Trump, un Xi Jinping ? Quel ennui, quel danger! Objet Politique Non Identifié, l’Europe n’est ni un Etat, ni un super État, ni une fédération, ni une confédération, elle est en cours.

    Et c’est tant mieux. Parce que les nouvelles formes politiques, celles qui protègent les citoyens, qui assurent les sécurités de toute sorte, qui sont efficaces, qui succéderont aux Etats-nations à bout de souffle, sont en cours, elles aussi.

    Plusieurs jours pour arriver à ce plan de 750 milliards, déjà annoncé, entre 27 Chefs d’Etat et de gouvernement ? Qu’est ce que cela veut dire ?

    1. Que le consensus est la règle. C’est une bonne chose. Le consensus est la garantie de préserver les intérêts des plus petits. Si les plus gros, les plus riches, les plus forts décidaient seuls, ce serait un diktat. Ce qui ne marche qu’un temps.
    2. Que cela n’empêche pas de décider. 750 milliards, avec les plans nationaux, avec la BCE, c’est plus que n’en font les Etats-Unis, pourtant en pointe dans « la relance ».
    3. Que l’Europe, c’est la France et l’Allemagne. Elle a été faite, elle est faite, sur cette alliance, à laquelle les autres pays adhèrent, parce que c’est leur intérêt. Quand la France et l’Allemagne sont d’accord, les autres arrachent des concessions, et suivent. Quand la France et l’Allemagne ne s’accordent pas, l’Europe s’étiole.

    Russie, Etats-Unis, Chine poussent leurs pions. Certains dirigeants européens sont dans la main des Russes et des Américains. En jeu, des milliards. Après ce sommet, l’Euro a grimpé. Contrairement aux nostalgiques des dévaluations, c’est heureux.

    La Chine continue sa marche en avant

    Au même moment, ANT Group, filiale de paiement du groupe chinois Alibaba, a fait son entrée en bourse à Shanghaï : 200 milliards. Sur les dix plus grandes entreprises mondiales, huit américaines, deux chinoises. Les valeurs technologiques, américaines et chinoises, ont gagné 20% durant la crise.

    Alors savoir qui a gagné et qui perdu est puéril. On sait qui aurait gagné sans accord. Pas les Européens. Ce qui n’empêche de mesurer les conséquences.

    1. L’impôt européen est en marche. Emmanuel Macron a tort de dire que ce ne sont pas les Européens qui le paieront. Une taxe protectionniste n’est pas payée par le producteur, elle est payée par le consommateur. Les Européens paieront plus cher les services taxés, sous couvert de taxe carbone, de taxe Gafa ou de taxe sur les transactions financières. On peut le décider, alors on doit le dire.
    2. La France fait partie du club des pays fragiles. La France est en retard en matière d’investissements, d’organisation, d’adaptation. Pour elle, comme pour l’Italie, c’est la dernière chance. Si les 100 milliards du plan de relance servent à faire des cadeaux de campagne, la prochaine crise sera difficilement rattrapable. Or il y aura d’autres crises.
    3. On aurait pu arriver à un accord de ce type plus vite. S’il n’y avait le jeu des egos. Concentrer 27 grands chefs pendant cinq jours, la Commission et tous ceux qui les accompagnent, en les privant de sommeil, est une aberration. Sur le fond, ces cinq jours n’ont pas changé grand-chose Le principe, celui des Eurobonds était acté depuis l’accord franco-allemand. Plus les sociétés deviennent intelligentes et complexes, plus le processus de décision devrait être archaïque et concentré? Aberrant. Chaque ego voulait son zéro en plus ou en moins, ou à coté. Une anomalie à corriger, sinon ce seront des comités internes qui prendront les décisions, sans toujours en référer.

    A quoi servent les Ambassadeurs ? Au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, il fallait parfois des jours pour se mettre d’accord rien que sur un agenda. Un métier.

    L’avantage des ambassadeurs, c’est qu’ils sont inconnus. Des instructions par téléphone, çà marche. Pas d’ego.

    Seulement des zéros : La Banque Centrale Européenne a désormais un chemin ouvert. Transparent ? Vers où ? Jusqu’où ?  

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