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  • Bénéficiaire d’une pension alimentaire ? Un nouveau dispositif garantie son paiement

    Bénéficiaire d’une pension alimentaire ? Un nouveau dispositif garantie son paiement

    En France, jusqu’à présent, lors d’une séparation ou d’un divorce, une pension alimentaire pouvait être attribuée à un des deux conjoints par la justice, en particulier en cas d’enfants. Après, charge à la personne intéressée de faire le nécessaire pour recouvrir cette dette judiciaire, ce qui n’était pas évident, en particulier si la ou le condamné(e) n’était pas de bonne volonté. Depuis quelques années, la justice pouvait préciser que ladite pension serait versée par la CAF et charge à cette dernière de procéder aux actions pour recouvrir la ou les sommes dues.

    Depuis le 1er janvier 2023, l’automaticité du versement des pensions alimentaires sera élargie à l’ensemble des séparations pour éviter les impayés. Si vous divorcez en France ( il est possible d’invoquer l’article 1070 du code de procédure civile ou les articles 14 et 15 du code civil qui définissent un privilège de nationalité lorsque le demandeur ou le défendeur a la nationalité française) ou que vous faites transposer par un juge la décision prononcée dans un autre Etat européen, vous pourrez accéder à cette nouvelle disposition.

    Intermédiation financière

    Grâce à l’intermédiation financière, les impayés seront désormais impossibles. La CAF interviendra dès que la pension alimentaire est fixée, sans attendre que les parents ne signalent des impayés. En effet, ces derniers signalaient les impayés, parfois après 6 à 12 mois, ce qui était très compliqué pour les parents bien évidemment, et le recouvrement était également compliqué. La CAF a donc désormais ce rôle d’intermédiaire dès la fixation de la pension alimentaire. Depuis janvier 2023, c’est possible pour tout type de séparation, tout type de divorce, y compris les divorces par consentement mutuel. A partir du moment où une pension alimentaire est fixée dans un document officiel, la CAF prend le relais.

    Apaiser les conflits

    A travers cette réforme, le gouvernement a voulu apaiser les conflits entre les ex-conjoints. On sait que la pension alimentaire est souvent une source de conflits. Mais surtout le gouvernement veut lutter contre la pauvreté des familles monoparentales. Une pension alimentaire, c’est en moyenne 170 € par mois et par enfant. Ça représente près de 20 % des revenus d’une famille monoparentale. C’est vrai que quand elle n’est pas payée, c’est loin d’être neutre. 

    Démarches ?

    Si vous faites fixer votre pension alimentaire à partir du 1ᵉʳ janvier 2023, à ce moment-là, vous n’avez rien à faire. Le professionnel de justice, qu’il soit juge, avocat, notaire, transmettra directement les données de la décision prise aux CAF et MSA qui ont des équipes spécialisées sur le sujet pour gérer la pension alimentaire. Si vous n’êtes pas résident en France, mais que le jugement a été prononcé en France ou validé par un juge français, c’est la CAF de votre dernier lieu de résidence qui sera compétente ou celle de votre conjoint(e) si il ou elle est revenu(e) s’installer en France. Si vous revenez en France, c’est votre CAF lié à votre lieu de résidence en France qui sera compétente. Tous les renseignements sont disponibles sur le site dédié.

    Les CAF mettront en place le service moyennant quand même de la part des parents un relevé d’identité bancaire et un choix de modalités de paiement. Pour ceux qui se sont déjà séparés avant le 1ᵉʳ janvier 2023 et qui avaient une ancienne pension déjà fixée, s’ils souhaitent recourir aux services, bien sûr c’est toujours possible. Il faut faire la démarche sur le site pensionalimentaire.caf.fr.

    Que se passe-t-il en cas d’impayé du conjoint concerné ?

    L’avantage de ce nouveau service, c’est que la CAF sera la première informée de l’impayé puisqu’elle ne va pas recevoir les fonds qu’elle attend pour pouvoir les reverser. Les autorités publiques vont pouvoir agir tout de suite. Elles contacteront le parent qui n’a pas payé cette pension alimentaire. Il peut y avoir un problème ponctuel. Les services essayeront de s’arranger avec ce parent pour que le paiement soit repris.

    L’administration aura aussi un rôle de conseil et d’aide. Il peut y avoir des difficultés pour payer sa pension alimentaire. Si cela ne fonctionne pas, la CAF concernée activera ses processus de recouvrement et ira chercher les fonds là où ils se trouvent, auprès de l’employeur, auprès de Pôle emploi, auprès de la banque. On rappelle que c’est un droit pour les enfants que de percevoir cette pension alimentaire.

  • Brésil : Pelé, Lula et la visite de Becht

    Brésil : Pelé, Lula et la visite de Becht

    Le Brésil, en ce début d’année, marque l’actualité internationale. La mort du célèbre footballeur, Pelé, surnommé le « Roi » mais aussi l’investiture de Lula. Olivier Becht, le ministre des Français de l’étranger, était sur place pour représenter la France. Nous avons interviewé  Bertrand Dupont, le président des Bretons de Sao Paulo et de l’UFE du Brésil, élu des Français du Brésil, circonscription Sud, pour connaître le sentiment des Français installés dans le pays.

    Ecouter le podcast avec Bertrand Dupont

    Vague d’émotion pour la mort du roi Pelé

    De nombreuses personnes se sont recueillies devant le cercueil de Pelé en 24 heures, a annoncé mardi à l’issue de la veillée funèbre le club de Santos, où le footballeur a bâti sa légende. « Cela fait plus de 230.000 personnes, selon les chiffres transmis par la police militaire au club », a déclaré un porte-parole du club, au sujet des personnalités et supporters s’étant recueillis devant le cercueil ouvert, exposé au centre du stade de la ville du sud-est du Brésil.

    Une émotion que partagent les Français sur place comme nous le raconte Bertrand Dupont qui avait eu l’occasion, pour sa fondation, de travailler avec le « Roi » des stades.

    Pelé et Bertrand Dupont

    L’investiture du président Lula

    Avec l’investiture du nouveau président, les Français installés au Brésil, espèrent une « reprise de collaboration » tant sur le plan économique, écologique ou politique. Dans le podcast, Bertrand Dupont revient en détail sur les attentes mais aussi les craintes de nos compatriotes résidant dans le pays lusophone d’Amérique du Sud. Il nous rappelle que les Français sont les 3 ème investisseurs étrangers et les premiers employeurs non-brésiliens.

    Investiture de Lula le 02 janvier 2023 ©AFP

    Avec la nouvelle équipe du Président Lula, la France espère surtout des relations plus apaisées et une capacité de dialogue comme le souhaitent les élus de Guyane (frontalière du Brésil) sur le plan national mais aussi local.

    Olivier Becht amène un message d’amitié au Brésil

    Le sentiment des élus locaux dans le département d’outre-mer que partagent les Français du Brésil, s’est mué en message d’amitié qu’est venu porter le Ministre délégué aux Français de l’étranger et au commerce extérieur. Olivier Becht a ainsi fixé l’objectif économique de réduire le déficit commercial entre nos deux pays.

    © Olivier Becht (page Facebook)

    Mais ce n’est pas tout, les élus, présents sur place, indiquent qu’il aurait établi une feuille de route jusqu’en janvier 2024 concernant les problématiques des Français résidant hors de France. Bertrand Dupont les aborde dans le podcast et nous ne manquerons pas de revenir sur ces points avec Olivier Becht dès que l’occasion se présentera.

  • 2023 : une année de Présidentielles en Afrique

    2023 : une année de Présidentielles en Afrique

    Se dirige-t-on vers plus ou moins de démocratie en Afrique cette année ? C’est la grande question, alors que des élections nationales ou législatives doivent se dérouler dans une série de pays du continent.

    En effet, les échéances électorales présidentielles seront nombreuses en 2023 sur le continent africain. Du Nigeria à la RDC, en passant par le Gabon et Madagascar, passage en revue de quelques scrutins importants.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Les pays du Golfe à la conquête de l’or vert 

    Les pays du Golfe à la conquête de l’or vert 

    A l’occasion d’un symposium aux Emirats Arabes Unis, pays qui a construit sa fortune sur le pétrole et le gaz, symposium réunissant plus de 140 000 délégués en provenance de tous les Etats producteurs d’hydrocarbures, le ministre de l’Industrie de la puissance invitante a focalisé son discours d’ouverture sur la nécessité de verdir l’or noir. 

    En lieu et place de se réjouir de la hausse des cours et de la reprise de la demande, il a répété à plusieurs reprises l’obligation d’investir dans des énergies décarbonées. Les Pays du Golfe ont longtemps eu comme seule politique la défense de leurs intérêts pétroliers. Depuis quelques années, ils ont pris la conscience de changer de discours et de surtout de préparer demain et après-demain. L’Arabie saoudite et le Koweït ont annoncé des objectifs d’émissions nettes nulles de gaz à effet de serre d’ici 2060. Les Émirats arabes unis et Oman ont indiqué qu’ils atteindront cet objectif dès 2050. Le Qatar n’a pas d’objectif net zéro, mais affirme qu’il réduira ses émissions d’un quart d’ici 2030. Tous les pays du Golfe ont signé le Global Methane Pledge qui les engage à réduire les émissions de ce puissant gaz à effet de serre. En 2023, symbole du changement en marche, les Émirats arabes unis accueilleront même le sommet annuel de l’ONU sur le climat.

    Pour la transition énergétique, les compagnies pétrolières du Golfe sont sollicitées 

    Pour certains, cet engouement serait un « greenwashig », sachant que les Pays du Golfe ne vivent que des énergies carbonées. Dans un monde à la recherche de capitaux afin de réaliser au mieux et au plus vite la transition énergétique, les compagnies pétrolières du Golfe sont sollicitées. Elles ont ainsi mis en place une politique reposant sur deux piliers. Le premier vise à gérer au mieux leurs réserves en maintenant un prix élevé et en investissant afin de pérenniser les capacités de production. Les dépenses en capital d’Aramco ont atteint, en 2022, plus de 40 milliards de dollars. L’objectif d’ici 2027 est de faire évoluer ses capacités de production de 12 millions de barils par jour (b/j) à 13 millions. Qatar Energy investira 80 milliards de dollars entre 2021 et 2025 pour augmenter la production de gaz naturel liquéfié (GNL) de plus de 66 % d’ici 2027. Investir autant dans un monde en proie à la décarbonation pourrait être jugé irrationnel. Or, les Pays du Golfe sont conscients que la demande de pétrole restera soutenue dans les prochaines années du fait de la montée en puissance des classes moyennes dans un grand nombre de pays émergents. 

    Viser le contrôle du marché

    Par ailleurs, les capacités de production en Russie ou aux Etats-Unis devraient faiblir faisant des pays membres de l’OPEP les maîtres incontestés du marché. Les faibles coûts de production du pétrole du Golfe persique leur donnent un atout indéniable pour atteindre ce contrôle du marché. Avec la généralisation à venir de la taxe carbone, les Pays du Golfe disposent d’un atout maître. Leurs réserves d’hydrocarbures sont parmi les moins intensives en carbone à extraire. Les Emiratis et les Saoudiens ont réalisé ces dernières années des progrès pour limiter l’empreinte carbone de leurs gisements. 

    Le deuxième pilier de la stratégie des Pays du Golfe est d’affecter une partie des bénéfices issus des hydrocarbures dans des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables ou dans la capture et le stockage du carbone. L’Arabie Saoudite dispose de terres facilement exploitables pour l’implantation de panneaux solaires ou pour le stockage du carbone. Aramco a un projet pour capturer et stocker 11 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an et pour installer 12 gigawatts (GW) d’énergie éolienne et solaire d’ici 2035. L’Arabie saoudite, dans sa globalité, entend construire, d’ici 2032, 54 GW de capacité renouvelable. Les Emirats envisagent d’investir afin de disposer d’ici 2030, de 100 GW de capacité d’énergie renouvelable dans le pays. 

    Solaire et hydrogène

    Les Etats de l’OPEP s’engagent fortement dans la production d’hydrogène. ACWA Power, une entreprise publique saoudienne a décidé de financer un projet d’hydrogène vert de 5 milliards de dollars. Oman a investi 30 milliards de dollars dans la construction d’une des plus grandes usines d’hydrogène au monde. 

    Les Saoudiens et les Emiratis prennent des participations à l’étranger dans des projets « verts ». L’entreprise Masdar a investi dans une entreprise d’hydrogène à hauteur de 10 milliards de dollars en Égypte afin de développer une unité de production de 4 GW. Elle a également investi dans une entreprise travaillant sur l’hydrogène vert dans le nord de l’Angleterre. ACWA Power envisage des projets d’hydrogène vert de plusieurs milliards de dollars en Égypte, en Afrique du Sud et en Thaïlande.

    Contrôler un quart des exportations mondiales d’hydrogène propre 

    D’ici 2030, les Emirats et l’Arabie saoudite entendent contrôler au moins un quart des exportations mondiales d’hydrogène propre. Toujours sur le terrain des énergies plus propres, le Qatar dépense des sommes importantes pour développer des unités d’ammoniac qui a l’avantage d’être facilement transportable. Ce pays a affecté plus d’un milliard de dollars à la construction d’une usine « d’ammoniac bleu » à partir de gaz naturel. 

    Son ouverture est prévue en 2026. Si l’hydrogène arrive à s’imposer, selon le cabinet de conseil Roland Berger, il pourrait générer entre 120 et 200 milliards de dollars de revenus annuels, d’ici 2050, pour les pays du Golfe. A côté du pétrole, ces sommes sont faibles mais témoignent de la volonté des pays du Golfe de préparer l’avenir. Aramco à elle seule a réalisé des ventes d’hydrocarbures portant sur plus de 300 milliards de dollars pour le seul premier semestre 2022.

  • L’Ukraine et l’UE tiendront un sommet le 3 février à Kiev

    L’Ukraine et l’UE tiendront un sommet le 3 février à Kiev

    L’Ukraine et l’Union Européenne tiendront un sommet à Kiev le 3 février pour discuter du soutien financier et militaire européen, a déclaré lundi le bureau du Président Volodymyr Zelensky dans un communiqué.

    M. Zelensky a échangé sur les détails de cette réunion de haut niveau avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors de son premier appel téléphonique de l’année, indique le communiqué.

    « Les parties ont discuté des résultats attendus du prochain sommet Ukraine-UE, qui se tiendra le 3 février à Kiev, et ont convenu de renforcer les travaux préparatoires », précise le communiqué.

    Les dirigeants ont ensemble évoqué la livraison d’armes « appropriées » et le lancement du nouveau programme d’aide financière pour l’Ukraine de 18 milliards d’euros, adopté en décembre par le Parlement européen. Le président ukrainien a insisté pour qu’un premier apport soit versé à son pays au cours du mois.

    En novembre dernier, l’UE a lancé sa mission d’assistance militaire en soutien à l’Ukraine (EUMAM Ukraine) pour l’aider à continuer à se défendre contre l’agresseur russe.

    En outre, le Conseil a adopté une mesure d’aide dans le cadre de la Facilité européenne de paix (FEP) d’un montant de 16 millions d’euros pour soutenir le renforcement des capacités des forces armées ukrainiennes par l’EUMAM Ukraine.

    Le mois dernier, le Parlement européen a adopté un paquet législatif permettant d’aider financièrement l’Ukraine, qui incluait par ailleurs la mise en place d’un impôt minimum de 15% sur les bénéfices des multinationales, destiné à lutter contre l’évasion fiscale.

    Zelensky veut unir les Etats de l’Union

    Cette décision fait suite à la demande ferme de M. Zelensky de ne pas laisser les conflits internes au sein de l’Union européenne faire obstacle au soutien accordé à Kiev.

    Kiev s’est vu accorder le statut de candidat à une adhésion à l’Union européenne en juin 2022.

    En septembre, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a déclaré que son pays avait l’ambition de devenir un membre à part entière de l’UE d’ici deux ans.

    © Photo Sipa /Ludovic Martin

    Des sommets réguliers

    Les sommets Ukraine-UE sont organisés sur la base de l’article 5 de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, en vertu duquel « les parties tiennent régulièrement des réunions de dialogue politique au niveau du sommet ».

    Les réunions au sommet sont organisées avec la participation du président de l’Ukraine, du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne. Ils ont lieu chaque année à tour de rôle en Ukraine et à Bruxelles.

    Depuis le début de l’invasion russe en février, M. Zelensky a régulièrement participé aux sommets de l’UE par liaison vidéo. Il a effectué en décembre son premier déplacement en personne à Washington depuis le début de la guerre.

    Le 22 décembre, le porte-parole du Conseil a annoncé que le sommet se tiendrait le 3 février, mais que le lieu n’avait pas encore été déterminé.

    Mme von der Leyen et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont tous deux rendus à Kiev depuis le 24 février, date du début de l’invasion russe. Leurs déplacements n’avaient toutefois pas été annoncés à l’avance pour des raisons de sécurité.

    La situation sécuritaire de la capitale ukrainienne s’est détériorée depuis que la Russie a commencé ses attaques contre l’infrastructure électrique, en ayant largement recours à des drones de fabrication iranienne.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du flash des Français de l’étranger du mercredi 04 janvier 2023. Aujourd’hui, on parle du filtrage des résidents en Chine lors de leur arrivée au sein de l’Union européenne, de la Croatie qui a rejoint l’espace Schengen et l’euro ainsi que du coup de main fiscal et social de l’Etat alors que la crise énergétique frappe les artisans en France. 

    L’UE veut une politique commune aux frontières 

    Les Etats membres de l’Union européenne doivent discuter aujourd’hui, 4 janvier, d’une réponse commune à adopter à l’égard des voyageurs venant de Chine, où l’épidémie de Covid-19 apparaît hors de contrôle. A la clé, une politique de restriction commune pour tout l’espace Schengen. 

    voyageurs de Chine

    La Croatie fait le grand bond dans l’espace commun européen 

    En disant adieu à sa monnaie, la kuna, le pays des Balkans est devenu le vingtième membre de la zone euro. C’est également le 27e État à rejoindre l’espace Schengen. De nombreux Croates s’enthousiasment de la fin des contrôles aux frontières, mais le changement de monnaie provoque davantage de méfiance. Les expatriés sur place sont eux ravis de cet alignement sur l’espace commun européen et donc français. 

    Le gouvernement joue les pompiers avec les artisans 

    La Première ministre Élisabeth Borne a annoncé ce mardi que les entreprises en difficulté et notamment les boulangers, touchés de plein fouet par l’augmentation des prix de l’énergie, pourront « demander le report du paiement de leurs impôts et cotisations sociales » pour soulager leur trésorerie.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition dédiée aux Français de l’étranger ! Bon mercredi à tous où que vous soyez ! 

    Ecouter le flash des Français de l’étranger

  • Les migrants à Bruxelles sont contraints de dormir dans les rues

    Les migrants à Bruxelles sont contraints de dormir dans les rues

    C’est une situation qui choque au coeur de Bruxelles mais qui est bien réelle ! 2 à 3 000 demandeurs d’asile dorment dans les rues de la capitale belge et européenne selon les ONG. Ils sont afghans, syriens, palestiniens, érythréens, adultes et enfants, hommes et femmes.

    Le réseau d’accueil est saturé depuis des mois. Sotiéta Ngo, directrice du Ciré, rappelle l’urgence et l’obligation d’agir.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Fin du timbre rouge en France, une habitude déjà prise pour les expatriés

    Fin du timbre rouge en France, une habitude déjà prise pour les expatriés

    Les Français de l’étranger qui désirent envoyer des courriers simples ou des recommandés (à condition d’avoir une adresse en France pour recevoir le récépissé de réception) connaissent déjà bien l’envoi en ligne. Depuis le 01 janvier, ce dispositif est donc étendu à l’ensemble des utilisateurs du courrier postal. En effet, la Poste a décidé de mettre fin à la vente du fameux timbre rouge. On vous explique en détail les conséquences au quotidien en France.

    Comment fonctionne le nouveau service ?

    Pour envoyer un courrier prioritaire, il faudra désormais rédiger soi-même son courrier sur son ordinateur puis le charger sur le site internet de la Poste (il est possible d’utiliser le traitement de texte disponible dans le service en ligne) ou depuis un bureau de poste. Le document sera alors envoyé dans un centre postal à proximité du destinataire, où il sera imprimé, mis sous pli et distribué le lendemain s’il a été envoyé avant 20 heures. Le service coûtera 1,49 euro, contre 1,43 euro pour le timbre rouge actuel.

    C’est donc la fin des lettres manuscrites ? Non, car si vous scannez votre courrier et que vous le déposez en PDF ou en fichier image sur le site internet, c’est une copie de votre écriture qui sera distribuée.

    Le secret de la correspondance sera-t-il garanti ?

    C’est une règle immuable d’un service postal : le secret de la correspondance doit être garanti. Mais certains s’inquiètent pour ce droit, pourtant considéré comme une liberté fondamentale. En effet, si les correspondances rédigées en ligne ou sur une borne automatique seront transférées et mises sous pli automatiquement, les lettres manuscrites apportées au bureau de poste doivent être scannées manuellement par un employé. De quoi inquiéter les usagers qui expédient des documents sensibles ou très confidentiels, par exemple les avocats ou les médecins.

    A ces critiques, La Poste répond que ses agents prêtent tous serment pour respecter le secret des correspondances et que la mise sous pli de ces courriers sera effectuée dans des zones sécurisées, par des employés spécialement qualifiés.

    Quels timbres peut-on encore utiliser ?

    Comme de nombreux Français, vous avez peut-être encore un carnet de timbres rouges au fond d’un tiroir. Si c’est le cas, sachez qu’ils seront toujours utilisables en 2023. Cependant, ils seront considérés par La Poste comme des timbres verts et vos courriers n’auront pas le statut de « lettre prioritaire ».

    Le timbre gris (Ecopli) pour un envoi en 4 jours environ, va également disparaître, mais ceux achetés avant le 1er janvier restent eux aussi utilisables. Concernant les timbres verts, qui assurent la distribution du courrier en deux jours, ils seront toujours disponibles à la vente et utilisables, mais leur délai de distribution va passer à trois jours. Enfin les philatélistes peuvent se rassurer : les beaux timbres destinés aux collectionneurs ne disparaîtront pas.

  • Ce qui a changé au premier janvier, en France, en Europe et dans le monde

    Ce qui a changé au premier janvier, en France, en Europe et dans le monde

    Comme chaque année, le passage du 01 janvier entraine une série de nouveautés, souvent désagréables mais pas toujours. Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur ce qui a changé au premier janvier, en France, en Europe et dans le monde.

    En France

    Quelle évolution pour le Smic au 1er janvier 2023 ?

    Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) a augmenté mécaniquement le 1er janvier 2023. En effet, en raison d’une inflation toujours élevée (5,3% sur l’ensemble de l’année 2022), le Smic a été rehaussé de 1,8%, pour atteindre 1 353 euros nets. Soit un gain mensuel de 24 euros pour l’ensemble des salariés rémunérés au Smic. Son montant brut a passé, pour la première fois, la barre symbolique des 1 700 euros, à 1 709 euros. Le montant horaire brut, lui, a atteint 11,27 euros. Cela concerne les Français frontaliers ou ceux expatriés/détachés avec une petite rémunération.

    Quel taux pour le livret A en 2023 ? 

    Le taux du produit d’épargne préféré des Français, le livret A, devrait dépasser les 3% à compter du 1er février 2023. Une bonne nouvelle pour les épargnants après la précédente hausse de 1% à 2% en août 2022. Ce taux restera bien en deçà de l’inflation, estimée à 5,3% sur l’ensemble de l’année 2022. L’écart se réduira toutefois en 2023. En effet, l’indice des prix à la consommation devrait tourner autour de 4,2% selon le ministère de l’Economie. Si vous avez conservé votre Livret A ou que vos enfants en détiennent, cela vous concerne.

    Quelle augmentation pour les retraites au 1er janvier 2023 ?

    Après les hausses successives de 1% en janvier 2022, puis 4% en juillet dernier (+60 euros par mois pour une retraite de 1 200 euros), les pensions de retraite du régime de base ont connu une nouvelle augmentation au 1er janvier 2023. Les pensions minimums des retraites de base ont ainsi augmenté de 0,8%. Une hausse qui sera visible sur le montant de la pension versée au mois de février 2023. Les complémentaires, elles, ont augmenté de 5,12% au 1er novembre dernier. Une bonne nouvelle pour les Français de l’étranger retraités attachés aux caisses françaises.

    Qui doit encore payer la taxe d’habitation au 1er janvier 2023 ?

    Cette taxe d’habitation baisse progressivement depuis 2018 pour s’éteindre en 2023. De facto, à compter du 1er janvier 2023, plus aucun contribuable ne doit payer cet impôt. Attention, la réforme de la taxe d’habitation ne s’applique pas aux résidences secondaires. En tant que Français de l’étranger, suite au refus du gouvernement de créer la résidence de repli proposée par le député Frédéric Petit (Modem/Ensemble) ou le sénateur Ronan Le Gleut (LR), si vous êtes propriétaire d’un autre bien, vous êtes donc redevable de la taxe d’habitation portant sur celui-ci. Le calcul est strictement identique à l’impôt portant sur les résidences principales.

    Quelle évolution pour la taxe foncière en 2023 ? 

    Propriétaires immobiliers, attendez-vous à ce que la facture soit beaucoup plus salée en 2023, car le plafonnement de la révision des valeurs locatives cadastrales n’aura pas lieu. Ces valeurs servent de base dans le calcul de la taxe foncière. De facto, les valeurs locatives cadastrales devraient augmenter de 7% en 2023, en suivant le niveau de l’inflation. Conséquence directe, des augmentations impressionnantes pourraient intervenir. Selon certains calculs, la taxe foncière pourrait flamber de 52% à Paris, ou encore de 20% à Grenoble.

    Quelle évolution pour le barème de l’impôt sur le revenu au 1er janvier 2023 ?

    Si vous faites partie des nombreux Français de l’étranger toujours contribuables en France, on fait le point sur la fiscalité. Le barème de l’impôt sur le revenu a été revalorisé à hauteur de 5,4% depuis le 1er janvier 2023, en raison de la hausse des prix à la consommation. Une hausse inscrite dans le projet de loi de finances pour 2023. Ce nouveau barème concerne les revenus perçus en 2022 et que vous mentionnerez dans votre déclaration de revenus, au printemps 2023. Voici le barème complet de l’impôt sur le revenu qui s’applique en 2023 :

    • En-dessous de 10 777 euros de revenu imposable : 0%
    • Entre 10 777 euros et 27 478 euros de revenu imposable : 11%
    • Entre 27 478 euros et 78 570 euros de revenu imposable : 30%
    • Entre 78 570 euros et 168 994 euros de revenu imposable : 41%
    • Au-delà de 168 994 euros de revenu imposable : 45%

    Ces taux s’appliquent uniquement si vous déclarez vos revenus mondiaux de votre foyer. Dans ce cas vous bénéficiez aussi des remises liées à la composition de votre foyer. Sinon vous avez toujours la possibilité de choisir l’imposition forfaitaire.

    Quels tarifs pour les autoroutes en 2023 ? 

    Si l’augmentation des tarifs des autoroutes suivait l’inflation, ils pourraient flamber de 7% à 8%. Les contrats des sociétés autoroutières prévoient en effet qu’elles répercutent l’inflation sur le prix final client à hauteur de 70%. Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère des Transports, a néanmoins parlé d’une « augmentation raisonnable » grâce à des négociations. Il a ainsi annoncé, le 2 décembre 2022, une augmentation moyenne de 4,75% en février 2023. « Des arrêtés seront publiés d’ici le 1er février 2023 », précise le gouvernement. Pour rappel, cette augmentation était de 2%, en moyenne, en 2022.

    En Europe

    La Croatie rejoint l’espace Schengen et la zone euro

    En disant adieu à sa monnaie, la kuna, le pays des Balkans est devenu le vingtième membre de la zone euro. C’est également le 27e État à rejoindre l’espace Schengen.

    Les dirigeants croates mentionnent régulièrement les bénéfices que retireront d’après eux les 3,9 millions d’habitants du pays avec cette entrée dans la zone euro et dans l’espace Schengen. Une adhésion qui a vocation, selon de nombreux experts, à protéger l’économie du pays, l’une des plus faibles de l’UE, dans un contexte de forte hausse de l’inflation.

    Mais au sein de la population croate, les sentiments sont plus mitigés, précise Le Parisien. De nombreux Croates s’enthousiasment de la fin des contrôles aux frontières, mais le changement de monnaie provoque davantage de méfiance.

    La Suède à la présidence du Conseil de l’UE

    Chaque État membre assure à tour de rôle durant six mois la présidence du Conseil de l’UE (aussi appelé Conseil des ministres de l’UE ou simplement Conseil). La présidence représente les 27 États membres lors des négociations avec les autres institutions de l’UE et dirige les travaux du Conseil.

    La Suède assure la présidence du Conseil du 1er janvier au 30 juin 2023.

    Les présidences fonctionnent en trio de coopération. La Suède a travaillé avec la France (présidence de janvier à juin 2022) et la République tchèque (présidence de juillet à décembre 2022).

    Fin des emballages jetables dans les fast-foods

    La disparition des emballages jetables dans les lieux de restauration ayant 20 places assises ou plus est une décision européenne. Elle s’applique dès le 01 janvier en France et s’appliquera avant le 31 décembre 2024 dans tous les pays de l’Union européenne. Alors, pour y arriver, les fast-foods devront utiliser de la vaisselle réutilisable pour les repas en salle, à l’instar de la chaîne Eat Salad, qui se prépare à rentrer dans les clous depuis maintenant un an et demi.

    Dans le monde

    World Rugby

    À l’approche de la Coupe du Monde de Rugby 2023, les nouvelles directives visent à favoriser un jeu plus rapide et plus divertissant tout en conciliant sécurité et spectacle. À partir du 1er janvier 2023, les dispositions suivantes s’appliqueront :

    • Règle 8.8d Transformation : [Le botteur] doit exécuter son coup de pied dans les 90 secondes (temps de jeu) à compter du moment où l’essai a été accordé, même si le ballon tombe et doit être replacé. Sanction : le coup de pied est refusé
    • Règle 8.21 Coup de pied de pénalité : Le coup de pied doit être réalisé dans les 60 secondes (temps de jeu) à compter du moment où l’équipe a indiqué son intention de le faire, même si le ballon tombe et doit être replacé. Sanction : le coup de pied est refusé et une mêlée est accordée
    • Règle 9.7d : Un joueur ne doit pas perdre de temps. Sanction : coup de pied franc
    • Règle 18.12 Touche : Les équipes se mettent en place sans délai pour former l’alignement. Sanction : coup de pied franc
    • Règle 19.4 Mêlée : Les équipes doivent être en mesure de former la mêlée dans les 30 secondes qui suivent la décision de l’arbitre. Sanction : coup de pied franc

    Ouverture des frontières chinoises

    C’était le dernier verrou de la politique « zéro Covid » de Pékin. Dès le 8 janvier, les voyageurs venant de l’étranger n’auront plus besoin de faire une quarantaine à leur arrivée en Chine. Une bonne nouvelle pour le milieu des affaires qui attendait cette réouverture des frontières, mais aussi pour les touristes chinois qui vont enfin pouvoir voyager plus facilement à l’étranger tout en étant confrontés à des restrictions et des contrôles dans certains pays.

  • Le Royaume-Uni, le pays malade de l’Europe

    Le Royaume-Uni, le pays malade de l’Europe

    Le Brexit était censé redonner du lustre au Royaume-Uni, du moins pour ses instigateurs. Plus de six ans après le vote et deux ans après sa mise en œuvre effective, ces espoirs ont disparu. 

    Le pays a connu une crise politique sans précédent avec trois Premiers Ministres en trois mois en 2022. L’inflation est l’une des plus élevées de l’OCDE et la récession s’annonce brutale. À la différence des Européens du continent, la population britannique n’a pas bénéficié d’une protection face aux augmentations des prix de l’énergie. 

    Un pouvoir d’achat inférieur à celui de 2008

    Le pouvoir d’achat des ménages est en forte baisse, au point d’être inférieur à son niveau de 2008. Une succession de grèves perturbe les chemins de fer, les écoles et même les hôpitaux. Le National Health Service, qui fait l’objet d’un véritable culte Outre-Manche, rencontre des problèmes croissants. Des millions de personnes attendent d’être soignées dans les hôpitaux. L’accès aux soins devient de plus en plus complexe en raison des pénuries de médecins. 

    La menace d’une crise immobilière se transformant en crise financière est de plus en plus pronostiquée. Les prêts hypothécaires qui sont la norme au Royaume-Uni pourraient mettre en danger de nombreux établissements financiers. De nombreux ménages peinent à rembourser leurs échéances. Les demandes auprès des banques alimentaires auraient augmenté de plus de 50 % en un an. Depuis 2016, l’investissement est en baisse et l’inflation plus élevée qu’elle ne l’est au sein de l’Union européenne. La main-d’œuvre, qualifiée ou autre, est rare. Les agriculteurs perdent leurs récoltes faute de travailleurs. Les exportations de fromages britanniques ont chuté car, dans toute la Grande-Bretagne, les formalités administratives induites par le Brexit conduisent certaines entreprises à abandonner les marchés européens. 

    Marginalisé sur la scène internationale

    En 1975, lors du précédent référendum, la population avait majoritairement voté pour l’Europe symbole de croissance et de dynamisme. En 2016, une majorité a opté pour le repli tout en espérant gagner en prestige international. Quatre ans plus tard, le pays apparaît marginalisé sur la scène internationale. Contrairement aux espoirs des partisans du Brexit, l’Union européenne n’a pas explosé après le départ du Royaume-Uni. La question de l’immigration comme celle du pouvoir d’achat n’ont pas été réglées par enchantement avec la sortie de l’Union. 

    Le Brexit, une crise institutionnelle 

    Jusqu’au Brexit, le Royaume-Uni se caractérisait par son flegme, par la modération de ses débats politique et par l’esprit de consensus. Si des tentations révolutionnaires avaient vu le jour au début du XIXe siècle et fascistes dans les années 1930, elles furent rapidement circonscrites. La dernière grande crise institutionnelle remontait au 10 décembre 1936, jour où Edward VIII annonça son abdication à la radio. 

    Le Brexit a créé une véritable rupture au sein de la vie politique britannique. Le mensonge est devenu alors une arme de combat politique, ce qui n’était pas le cas auparavant. Boris Johnson a promis monts et merveilles avec le départ de l’Union européenne, accusée de piller le Royaume-Uni de ses richesses. Les tenants du départ du Royaume-Uni de l’Union voulaient solder la période Tony Blair/David Cameron sans pour autant vouloir le gérer. La succession rapide de Premiers Ministres ressemble aux crises gouvernementales de la IVe République incapable de mettre un terme à la décolonisation. 

    Le vote contre l’Europe est également la conséquence de l’absence de réformes institutionnelles et de vision stratégique de la part des gouvernements qui se sont succédés depuis une quarantaine d’années. Le statu quo a été privilégié que ce soit par rapport à l’euro ou en matière de décentralisation. Le gouvernement de Tony Blair n’a pas eu le courage d’avancer sur le dossier de l’intégration monétaire quand l’opinion y semblait favorable, ni intégré la montée en puissance des mouvements nationalistes en Ecosse ou en Irlande du Nord. Une majorité de la population pense actuellement qu’à moyen terme, le Royaume-Uni disparaîtra. 

    Le Brexit, un héritage de la Seconde Guerre mondiale 

    Le rejet de la Commission de Bruxelles par les Britanniques vient de loin. Margaret Thatcher a initié le mouvement dès les années 1980 en dénigrant en permanence Bruxelles. En jouant sa réélection sur la tenue d’un référendum, David Cameron a décidé de faire de l’Europe la variable d’ajustement électoral. Le sentiment de déclin qui parcourt une grande partie de la société britannique a donné aux populistes les arguments pour la sortie de l’Union. Plus de 40 % des parents estiment que leurs enfants ont moins de chance de vivre correctement qu’eux quand ce taux était inférieur à 20 % dans les années 1970. Au-delà des aspects sociaux, le Royaume-Uni n’en finit pas de solder la fin de la Seconde Guerre mondiale. Considérant à juste titre, qu’il est le premier des gagnants en ayant été du début jusqu’à la fin le pays qui a résisté et vaincu Hitler, il ne supporte pas de ne pas être considéré comme une grande puissance à l’égal des Etats-Unis. Être associé à des pays vaincus et de poids bien inférieur au sein de l’Union générait un sentiment d’amertume. 

    L’axe franco-allemand était perçu comme une incongruité outre-manche. Pour l’auteur irlandais Fintan O’Toole, « l’Angleterre ne s’est jamais remise de gagner la guerre ». Selon lui, le Brexit était « le dernier combat de l’Angleterre impériale » à la nuance près que ce pays n’avait pas eu beaucoup d’états d’âme pour abandonner son Empire. Le livre « The Strange Survival of Liberal Britain », de Vernon Bogdanor du King’s College de Londres cite une enquête menée auprès des Britanniques en 1951, au moment de la fin de l’empire. La moitié des répondants n’ont pas pu nommer une seule colonie. Pour les Anglais, la page était tournée. En revanche, la victoire de 1945 constitue un marqueur fort de l’histoire contemporaine anglaise. 

    La démocratie britannique en absence de renouvellement 

    La démocratie britannique est bloquée par son élitisme. Contrairement aux Etats du continent, le renouvellement de la classe politique est lent. Celle-ci est dominée par quelques écoles comme Eton, Oxford ou Cambridge. 

    Le système éducatif britannique est le plus inégalitaire d’Europe, la mixité sociale en étant absente. Dans les écoles ouvertes à toutes et tous, le niveau de l’éducation est en forte baisse. Un quart des enfants de 11 ans est incapable de lire correctement. Avec la France, le Royaume-Uni est le pays ou la proportion de jeunes de moins de 25 ans sans emploi ou sans formation est la plus élevée au sein de l’OCDE. 

    La fin de l’illusion de la spécialisation financière 

    Les responsables du Royaume-Uni ont réussi à masquer les faiblesses de l’économie par la croissance de la place financière. Le krach financier de 2008 a mis un terme à ce processus. La sortie de l’Union n’a pas permis à la City de conserver son rôle de place offshore de l’euro. La valorisation du marché des actions est désormais inférieure à celle de Paris. Le pays paie l’étroitesse de son secteur productif. Il est le plus désindustrialisé d’Europe, devant la France. S’il créait un grand nombre d’emplois, c’était au profit des travailleurs immigrés qui occupent une part croissante des postes en bas et en haut de l’échelle. 

    La part des Britanniques vivant des prestations sociales n’a guère diminué depuis une trentaine d’années. Le pouvoir d’achat en-dehors de Londres et des grandes agglomérations diminue également depuis le début des années 2000, justifiant l’idée d’un pays à deux vitesses. La rigueur thatchérienne qui a surtout pris la forme de baisses d’impôts a débouché sur une forte augmentation de la dette publique. Le déficit commercial s’est accru au fur et à mesure de la désindustrialisation, mettant en danger la livre sterling. Il impose aujourd’hui un freinage de la demande intérieure et une austérité que la population récuse. 

    Autrefois connu pour le slogan de Winston Churchill « I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat », le Royaume-Uni est en voie d’adouber celui des punks « no future », à moins que cela ne soit celui des Rolling Stones « I can’t get no satisfaction ».

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