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  • Tromsø, à la poursuite des aurores boréales en Norvège

    Tromsø, à la poursuite des aurores boréales en Norvège

    Au milieu des fjords, le plus grand centre urbain de la Norvège du nord, Tromsø est située à 350 kilomètres au nord du Cercle polaire arctique. Le fait que la ville vient d’être tout récemment nommée comme une des 52 destinations pour 2023 par le New York Times ajoutera sans l’ombre d’un doute une aura à son prestige international. À Tromsø, la culture et la nature offrent un parfait équilibre, très dépaysant pour les Français et ceux qui auront le privilège d’y séjourner.

    Malgré sa position arctique, le Gulf Stream modère le climat de la ville offrant ainsi  des températures surprenantes avec des moyennes de – 6 c en hiver et maximum de 14 c au mois d’août.

    Ville dynamique, Tromsø avec presque 80 000 habitants est en plein essor grâce, entre autres, à son université très ouverte aux étudiants internationaux, le départ d’expéditions polaires mais surtout l’activité touristique qui représente 40 % de l’économie locale. On y découvre des activités de plein air, la culture Sami (autochtones du grand nord) et les fameuses aurores boréales. 

    Soleil de minuit et nuits polaires

    En raison de la position de la ville au nord du cercle arctique, le soleil reste sous l’horizon entre le 26 novembre et le 15 janvier. Cependant il y a un peu de lumière en milieu de journée même en plein hiver, une luminosité très douce. Et en été, le soleil ne se couche pas entre le 18 mai et le 26 juillet. Fait qui peut être déstabilisant pour certains, car il ne fait pas réellement nuit entre la fin du mois d’avril et la mi-août, le soleil ne descendant pas assez bas sous l’horizon. Une acclimatation parfois ardue pour certains Français car le corps n’arrive pas à capter les signaux du cycle du sommeil par exemple. Mais nombreux sont ceux qui vivent l’expérience comme une aventure différente, hiver comme été.

    Un rapport au temps différent 

    Ceux qui ont eu l’expérience de chercher du travail, de changer de carrière à Tromsø semblent unanimes. Il est certain que les compétences techniques et le sérieux sont primordiaux, mais les « softs skills » ont une grande importance. De même pour la bienveillance, même un peu distante, qui fait partie de l’équation professionnelle. Et si les choses prennent du temps, les gens n’en sont pas exaspérés pour autant. On est plutôt relax, efficace, professionnel et tranquille. 

    Solenn qui travaille en pâtisserie dans un grand hôtel, apprécie beaucoup que l’on prenne réellement les employés en considération et qu’l y ait des possibilités d’évolution professionnelle, plus qu’en France.

    Le plein air comme art de vivre 

    A Tromsø, comme ailleurs en Norvège, il existe des sentiers de ski de fond éclairés en tout temps ce qui permet d’aller profiter d’un moment de connexion à la nature avant, après le travail. Peut-être pour contrer le manque de lumière hivernal, mais tout est organisé pour avoir accès rapidement et efficacement à la nature. Sentiers balisés et éclairés, prêt de skis (alpins, de fond, snow board pour tous les âges) gratuitement à la grande bibliothèque pour les habitants… Il existe même un mot spécial : le friluftsliv qui incarne l’esprit du plein air. Cela se prononce « free-loofts-liv’’ et signifie littéralement le fait de ‘’vivre en plein air’’.
    Cette notion est profondément ancrée dans la culture norvégienne. Dès la prime enfance et par tous les temps, les Norvégiens s’adonnent au plein air. 

    « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais habits »

    Les Norvégiens considèrent que pratiquer le plein air favorise la sociabilité, le bien-être physique et émotionnel et renforce les liens sociaux.  Faire du ski de fond le soir ou le week-end dans une ‘’hytte’’, un chalet perdu dans la nature, sans eau ni électricité ni connexion, est un véritable luxe pour les Norvégiens. Partager une activité de plein air en groupe peut être une manière très locale de développer son réseau quand on est étranger. Par exemple faire partie d’un club de plein air (randonnée, ski, escalade…) est très efficace pour rentrer dans les cercles amicaux norvégiens. 

    Alexis, jeune ingénieur, profite d’une année sabbatique, et adore le contact avec les Norvégiens qu’il trouve patients, bienveillants, prêts à aider, il a été surpris par les grands espaces, les cabines gratuites ou peu chères avec la clef spéciale. Un de ses coups de cœur est le camping sauvage permis partout et on peut dormir sur les terres de quelqu’un pour peu que les propriétaires ne voient pas la tente. Côté choc culturel, Alexis reconnaît que si les Norvégiens ne sont pas expansifs, ils sont présents pour aider en cas de besoin et tablent sur la confiance et l’honnêteté, ce qui est très appréciable et change de la France.

    Des codes culturels bien différents

    Si Tromsø est une ville qui accueille nombre d’internationaux (étudiants, personnes en quête d’aventures nordiques) les Norvégiens très respectueux des différences, de l’équité et de la diversité n’ouvrent cependant pas pour autant leur maison ou leur cœur facilement. Pour ceux qui viennent d’ailleurs, se faire des amis norvégiens, tisser des liens profonds est une gageure. Les Norvégiens sont jaloux de leur intimité et la famille est centrale. C’est une culture où les enfants sont rois. Comme les étrangers ne restent généralement que peu d’années (nuit polaire, coût exorbitant de la vie…), les locaux ne s’investissent que peu dans des relations qui seront vraisemblablement temporaires. Alors si on arrive de France, généralement on se fait des amis internationaux le plus souvent…

    Nadia qui est en Norvège depuis 20 ans, mariée à un Norvégien, précise que les codes sociaux et le mode d’interaction sont différents de la France. Les Norvégiens sont plus distants, pas de bises. On se parle peu au travail du côté personnel, elle a mis 3 ans pour être invitée à prendre le café chez une collègue. Mais cela a des côtés intéressants car on respective l’intimité. Malgré tous les côtés indéniablement positifs de vivre à Tromsø, les Norvégiens restent plutôt entre eux. C’est compliqué de nouer des liens avec les locaux, de trouver sa place. 

    Aurores boréales, culture Samie et sauna

    Les Samis sont un peuple autochotone de la zone qui couvre le nord de la Norvège, Suède, Finlande et Russie. Ils sont aussi connus sous le nom de Lapons. Ce sont des éleveurs semi-nomades de rennes. De nombreux spécialistes d’expéditions, comme Pukka travels, offrent entre autres, de découvrir la culture Samie et leurs rennes. Mais l’attraction mondialement reconnue est la poursuite des aurores boréales. La situation de Tromsø et des environs offre des conditions optimales pour vivre cette expérience hors-normes que ce soit sur un voilier de nuit dans les fjords ou dans les terres. Et pour conclure, un séjour à Tromsø ne saurait être accompli si vous ne profitez pas d’un sauna. On ne peut pas faire plus local et culturel. Nous partageons notre coup de cœur pour le sauna  Pust, dans le port aussi fréquenté par des locaux que par des touristes. La nuit voir les fjords et toute la ville illuminée depuis le sauna, puis se baigner dans les eaux à 5 c est une expérience mémorable. Seul bémol à cette expérience féérique… le coût de la vie qui est extrêmement onéreux. Mais à ceux qui peuvent se permettre l’engagement financier, je ne dirai qu’une chose : réservez votre séjour à Tromsø en hiver, vous en serez émerveillés !

    Pour suivre une famille norvégienne sur Netflix : Home for Christmas

    Un petit livre intéressant par un Québécois qui vit en Norvège : The social guide book to Norway

    www.thesocialguidebook.no/products/the-social-guidebook-to-norway-1

    À la découverte de la littérature norvégienne

    www.babelio.com/liste/4536/A-la-decouverte-de-la-Norvege-litteraire

    Saviez-vous que Edvard Munch, reconnu pour son Cri fait partie des artistes norvégiens ?

    www.barnebys.fr/blog/9-artistes-norvegiens-a-connaitre-absolument

  • Annulation des élections de 2 députés des Français de l’étranger

    Annulation des élections de 2 députés des Français de l’étranger

    Ce 20 janvier 2023, le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation des élections de la députée des Français d’Amérique du Sud (IIème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance) et du député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh (Génération.s/ NUPES).

    Au-delà des conséquences pratiques d’une telle décision, le Conseil Constitutionnel par sa décision remet en cause le principe même du vote par internet.

    Les membres du Conseil Constitutionnel

    Les bugs de l’administration

    Souvenez-vous, nous étions le 27 mai à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents).

    La raison ? l’administration consulaire devait transmettre à la société chargée de l’organisation du vote et de la transmission des éléments les adresses email, et dans ce cas les numéros de téléphone, des citoyens inscrits au 31 mars 2022 sur les listes électorales consulaires. Mais suite à une erreur de l’équipe de fonctionnaires sous la responsabilité de Laurence Haguenauer, la directrice des affaires consulaires et des Français de l’étranger, c’est un autre fichier qui a été transmis.

    Ainsi le Conseil Constitutionnel, dans son arrêt, « a constaté que, à l’ouverture de la période de vote, seuls 11 % des messages téléphoniques contenant les mots de passe prévus par l’article R. 176-3-9 du code électoral pour l’organisation du vote électronique et adressés aux électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires en Argentine avaient été effectivement délivrés aux électeurs. Ce taux n’a atteint que 38 % à l’issue du premier tour, selon le procès-verbal du bureau de vote électronique relatif au second tour.« 

    Pour la plus haute instance de notre pays, « ce dysfonctionnement a néanmoins été de nature, eu égard aux caractéristiques de la circonscription, à empêcher plusieurs milliers d’électeurs de prendre part au vote au premier tour. Alors même qu’elle n’est aucunement imputable ni à la candidate élue ni aux autres candidats, cette circonstance doit être regardée, compte tenu de l’écart des voix entre les candidats, comme ayant porté atteinte à la sincérité du scrutin.« . L’erreur de l’administration est donc clairement la cause de l’annulation, les conséquences de celle-ci remettant en cause les résultats de l’élection.

    Jean-Baptiste Lemoyne, alors ministre des Français de l’étranger, avait pourtant promis, quelques semaines avec la tenue du scrutin, suite à une défaillance similaire lors de l’élection présidentielle, une politique d’électrochocs afin de recadrer l’administration. Depuis, il n’est plus ministre…

    Deux nouvelles élections

    Si la maîtrise du vote en ligne par l’administration a posé problème en 2022, ça ne sera pas le cas pour ces partielles en 2023. Car la même équipe de fonctionnaires, qui avait négocié le contrat avec le prestataire, n’a tout simplement pas prévu le cas d’organisation d’élections partielles comme c’est aujourd’hui le cas dans deux circonscriptions, peut-être 3, un avis du Conseil Constitutionnel sur l’élection de Meyer Habib en Méditerranée de l’Est étant attendu dans les prochains jours.

    En sus, il est impossible de relancer un marché public, les élections partielles devant se tenir dans les trois mois. Ainsi, les Français de ces circonscriptions n’auront qu’une seule possibilité pour s’exprimer : se déplacer à l’urne voire donner une procuration à quelqu’un qui ira au bureau de vote. Une bien mauvaise nouvelle pour la participation, déjà plus faible chez les Français de l’étranger et encore plus, comme partout ailleurs en France, lors de partielles.

    De nombreux candidats déjà sur les rangs

    Amérique du Sud

    Mme Eléonore Caroit a évidemment réagi à cette décision qu’elle juge « surprenante ».

    « Je suis surprise d’autant que comme le souligne le Conseil Constitutionnel il n’y aucune irrégularité de ma part ou de mes équipes. Je serai naturellement candidate à cette élection.« 

    Eléonore Caroit, députée sortante et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger

    Mais Eléonore Caroit reste confiance malgré la faible participation qui s’annonce et qui dessert forcément le représentant du pouvoir en place. Cependant, elle a de nombreux atouts dans sa manche, comme son passeport dominicain et son sens du contact.

    « Je me sens impliqué du fait de ma double nationalité, j’entends continuer le travail accompli pour les Français d’Amérique centrale, du sud et des Caraïbes. En 6 mois, j’ai visité une dizaine de pays et j’ai porté assistance à une centaine de personnes sur leurs dossiers personnels comme la retraite. »

    Eléonore Caroit, députée sortante et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger

    En face, parmi les candidats déclarés, il y a Bertrand Dupont, le président des Bretons du Brésil et de l’UFE de Sao Paulo, qui représentera les LR dans la deuxième circonscription soit l’Amérique centrale et du Sud. Pour ce dernier, cette décision n’est pas une surprise.

    « La décision du Conseil Constitutionnel confirme ce que j’avais dénoncé lors de l’élection. Les dysfonctionnements du vote internet entre autres. »

    Bertrand Dupont, élu consulaire et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger

    On devrait aussi retrouver évidemment Christian Rodriguez, le candidat à l’origine de l’action au Conseil Constitutionnel. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon, originaire du continent, avait été victime, en sus du vote électronique, d’un défaut de mise à disposition de ses bulletins de vote dans de nombreux bureaux.

    « C’était logique. Je crois profondément au processus démocratique. Je n’imaginais pas que le Conseil Constitutionnel puisse laisser passer ça. »

    Christian Rodriguez, directeur des relations internationales de LFI et candidat sur la deuxième circonscription des Français de l’étranger

    Afrique du Nord et de l’Ouest

    En Afrique du Nord, c’est donc Karim Ben Cheïkh qui va devoir solliciter de nouveaux les électeurs. Et il a bien compris, comme il l’indique dans son communiqué de presse, que la participation sera un enjeu majeur et qu’elle est « le meilleur rempart contre les atteintes à notre démocratie« .

    Dans la IXème circonscription des Français de l’étranger, c’est la candidature qui portera les couleurs de Renaissance qui interroge. Il est peu probable que l’ancienne ministre Elisabeth Moreno retente sa chance. Pour certains, ça serait l’occasion pour M’jid El Guerrab de revenir dans le jeu, l‘ancien député n’étant pas condamné définitivement pour son agression contre Boris Faure (ancien président de la fédération des Français de l’étranger et journaliste pour Lesfrancais.press), il peut donc encore se présenter. Sollicité, il n’a pas répondu à nos questions.

    Karim Ben Cheïkh devra sûrement composer avec un autre candidat de droite, mais issu d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, Mehdi Reddad. Actuel conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour la circonscription et élu des Français de Casablanca, il pourrait bénéficier du soutien du parti présidentiel à défaut de candidat « honorable ».

    Quelle date pour les nouvelles élections ?

    Dans les prochains jours, le ministère de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères devraient publier au Journal Officiel les nouvelles dates de scrutin. Nous irons alors au contact des candidats dans deux séries de podcasts dédiées aux problématiques de ces circonscriptions.

    Téléchargez le communiqué de presse du Conseil Constitutionnel

  • Cannabis : sa légalisation en Europe est loin d’être une « réussite », estime le gouvernement français

    Cannabis : sa légalisation en Europe est loin d’être une « réussite », estime le gouvernement français

    La dépénalisation du cannabis dans certains pays européens ne convainc pas la France. La déléguée ministérielle Valérie Saintoyant a réitéré la position, fermement contre, du gouvernement, lors d’une audition au Sénat mercredi.

    La France compte environ 900 000 usagers quotidiens de cannabis, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

    « C’est une préoccupation majeure pour le gouvernement », a affirmé Valérie Saintoyant déléguée de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), lors du audition devant la commission des Affaires sociales du Sénat mercredi (18 janvier). 

    Le 17 mars 2022, Emmanuel Macron, alors candidat à sa réélection, avait déclaré lors de la présentation de son programme à la presse : « Je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis ».

    Presque un an plus tard, la position du gouvernement d’Emmanuel Macron n’a pas changé

    Interrogée par des sénateurs socialistes sur la position du gouvernement quant à la légalisation du cannabis, Mme Saintoyant a réaffirmé qu’il n’y était « pas favorable ». 

    En août dernier, un collectif de 31 sénateurs du groupe Socialiste, écologiste et républicain avait appelé dans une tribune publiée dans le journal Le Monde à ouvrir la voie à une légalisation du cannabis en France. 

    « La légalisation permettrait de contrôler en premier lieu la qualité sanitaire des produits consommés. Elle servirait également à freiner grandement les trafics au bénéfice de ces zones sinistrées », peut-on lire dans la tribune.  

    « De plus, il serait possible de développer des plans de prévention de grande ampleur, financés par la taxation des produits et par le redéploiement des moyens de répression », écrivent les signataires. 

    Mais cela n’a pas suffi à convaincre le gouvernement. 

    « À la lumière des expériences étrangères, nous considérons qu’il n’y a pas de réussite », a expliqué Mme Saintoyant, en référence notamment aux pays européens qui ont légalisé, ou dépénalisé, la consommation récréative du cannabis.

    La France compte environ 900 000 usagers quotidiens de cannabis, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

    Malte, le Portugal ou les Pays-Bas

    En Europe, seule Malte a totalement légalisé l’usage récréatif du cannabis à la suite d’une loi votée en décembre 2021 qui permet non seulement d’en consommer mais également d’en cultiver. 

    Malte pourrait bientôt être rejointe par l’Allemagne. En octobre dernier, le ministre de la Santé Karl Lauterbach a présenté une première feuille de route visant à légaliser la consommation récréative de cannabis d’ici à 2024. 

    « En dépénalisant le cannabis, nous voulons assurer une meilleure protection des enfants et des jeunes, mais aussi une meilleure protection de la santé », avait-il déclaré. 

    Si Malte reste une exception, en revanche plusieurs pays européens ont dépénalisé la consommation de cannabis. C’est notamment le cas en Espagne, au Portugal ou encore aux Pays-Bas où les consommateurs n’encourent ni amende ni peine de prison. 

    Mais pour la France, ces exemples ne sont pas concluants. Selon les propos de Mme Saintoyant, la légalisation du cannabis a entraîné une « banalisation du produit », sans « réduction du trafic de drogue », et sans empêcher les dealers de continuer à vendre d’autres produits illicites. 

    Pour lutter contre la consommation de cannabis, et plus largement contre les autres drogues illégales, la stratégie française est tout autre. Le gouvernement entend mettre en place en 2023 une « mobilisation massive » de policiers, de douaniers et de gendarmes, dans la continuité de 2022. 

    L’objectif est double : lutter à la fois contre « la criminalité organisée » mais aussi contre « le trafic du quotidien », détaille Mme Saintoyant face aux sénateurs, le but étant « le démantèlement des points de deal ».

    La répression n’est pas la solution

    Pourtant, la répression n’est pas la solution selon Marie Jauffret Roustide, sociologue et chercheuse à l’INSERM. « La répression rend le trafic plus dynamique, c’est l’effet ballon, les études le montrent », déclare-t-elle dans un entretien avec EURACTIV France. 

    D’autant que « la France a l’une des législations les plus répressives, et est le deuxième pays européen en matière de consommation de cannabis chez les jeunes et les adultes », souligne-t-elle. 

    44,8 % des Français entre 15 et 64 ans, soit 18 millions, ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie, selon un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié en septembre 2021.

    À titre d’exemple, ce chiffre est de 37,5% pour l’Espagne et 38,4% pour le Danemark. Aux Pays-Bas, où le cannabis est en vente libre, le chiffre est de 27,7%. 

    Selon la sociologue, dépénaliser la consommation de cannabis comme au Portugal permettrait d’avoir une approche fondée sur la santé publique et l’inclusion sociale des consommateurs. 

    Quant à la légalisation, cela serait un moyen de lutter contre le trafic et les violences en réduisant la part du marché illégal, poursuit Mme Jauffret Roustide. 

    « Le gouvernement devrait moins s’appuyer sur la morale, en disant que se droguer c’est mal et s’appuyer davantage sur les données scientifiques », conclut-elle.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 20.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 20.01.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de la semaine. Ce vendredi 20 janvier, on parle du succès du mouvement contre la réforme des retraites en France et à l’étranger, on revient sur les difficultés rencontrées par nos compatriotes entrepreneurs au Royaume-Uni et pour finir on évoque la convention nationale sur la fin de vie et le webinaire du député Frédéric Petit. 

    Grande mobilisation contre la réforme des retraites 

    Plus de 2,5 millions d’agents de la fonction publique étaient en grève en France ce jeudi et près de 2 millions de Français étaient dans les rues. Ils furent nombreux aussi à se mobiliser hors de France. La quasi totalité des consulats n’étaient pas accessibles hier, de même pour les établissements scolaires avec des taux de participation à la grève allant de 55% pour les contrats locaux à Pékin à 100% en Colombie quel que soit le type de contrats. Interrogé par lesfrancais.press, Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France rappelle que plus que l’âge de départ c’est le nombre d’années de cotisation qui pose problème, en effet, les professeurs venant de France sont de plus sous contrats locaux, en disponibilité de la fonction publique, et donc ne cotisent plus au système français. Une double peine pour ces derniers. 

    Manifestation en France contre la réforme des retraites - jeudi 19 janvier 2022 - ©AFP
    Manifestation en France contre la réforme des retraites – jeudi 19 janvier 2022 – ©AFP

    Au Royaume-Uni, les entrepreneurs français font le dos rond 

    Après le Brexit, la pandémie, c’est un climat social difficile qui grève l’économie britannique. Que ce soit dans les salons de coiffure, les restaurants ou dans les librairies françaises, le constat est le même, l’inflation frappe les coûts et la chute du pouvoir d’achat des résidents au Royaume-Uni, et rendent donc l’équation comptable difficile. Pour l’instant, aucun n’envisage une fermeture mais si la situation se pérennise, les faillites s’imposeront.

    Choisir sa fin de vie 

    Voilà un droit qui est limité en France. Emmanuel Macron a lancé une convention nationale pour se pencher sur l’euthanasie et autres soins palliatifs. Parmi les 175 Français tirés au sort pour y participer aucun n’est issu de l’étranger. Frédéric Petit, le député des Français d’Europe centrale, a donc décidé de lancer sa propre consultation. La première conférence a eu lieu le 18 janvier, vous pouvez retrouver le replay sur le site Lesfrancais.press ou sa chaîne YouTube. 

    C’est tout pour aujourd’hui, passez un bon week-end, on se retrouve lundi !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Les Français de l’étranger mobilisés contre la réforme des retraites

    Les Français de l’étranger mobilisés contre la réforme des retraites

    La CGT a annoncé 2 000 000 de manifestants mobilisés contre la réforme des retraites en France ce jeudi. Pour rappel, lors de la mobilisation du 5 décembre 2019, le syndicat avait décompté 250.000 personnes. Cette mobilisation, on la retrouve chez les Français de l’étranger dépendant du système public français. Professeurs, personnels administratifs, diplomates, ils furent nombreux à « débrayer » ce jeudi 19 janvier. Des chiffres qui permettent aux syndicats de préparer sereinement les prochains jours de mobilisation.

    Manifestation en France contre la réforme des retraites - jeudi 19 janvier 2022 - ©AFP
    Manifestation en France contre la réforme des retraites – jeudi 19 janvier 2022 – ©AFP

    Consulats et ambassades fermées

    Vous aviez rendez-vous aujourd’hui au consulat ? Il y a de fortes chances qu’il fût annulé. Aux quatre coins de la planète, les délégations consulaires ou diplomatiques étaient fermées au public.

    Une situation peu conforme aux usages de la profession, qui est souvent discrète. Mais le gouvernement, après avoir voulu réformer le statut de diplomate en juin 2022, ne bénéficie pas de la bienveillance du personnel diplomatique qui s’oppose à l’allongement de la durée de cotisation comme au report de l’âge légal.

    Les organisations syndicales devraient appeler leurs membres à poursuivre le mouvement lors des prochaines journées de mobilisation prévues dès la fin de semaine prochaine.

    A l’AEFE, une forte mobilisation mondiale

    Que ce soit à Pékin, où 55% des contrats locaux étaient en grève et 64% des détachés, ou en Grèce avec 82% des résidents qui ont participé au mouvement, ou en Colombie où tous les employés, locaux ou détachés, étaient en grève, l’opposition à la réforme des retraites est importante comme nous le confirme, Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France.

    « Nous sommes satisfaits de cette première journée. Il y aura des suites rapides vu le succès de la mobilisation. Nous suivrons les consignes de l’intersyndicale. La mobilisation fut générale comme à Dakar où le personnel de vie scolaire s’est joint au mouvement » 

    Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France

    Des mobilisations qui ne laissent planer aucun doute sur la poursuite du mouvement. L’intersyndicale de l’AEFE devrait s’aligner sur les prises de positions nationales.

    « On suit totalement l’appel national, on veut le retrait de la réforme. En plus du report de l’âge, on combat le report de l’augmentation du nombre d’années de cotisation, ce qui est impacte fortement les enseignants qui font des études. Avec 43 années, de nombreux professeurs devront travailler à 67 ans. »

    Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France

    Si les professeurs, mais pas que, se mobilisent autant, c’est qu’ils sont frappés par une double sanction. En effet, depuis 2017, le nombre de fonctionnaires détachés dans les établissements français ne cesse de chuter au profit d’un recrutement des mêmes personnes sous contrat local. Mais sous ce statut, les personnes concernées ne cotisent plus au système de retraite. L’allongement de la durée de cotisation, combinée aux longues études non-comptabilisées dans les trimestres, pousseront donc les enseignants à travailler bien au delà des 64 ans annoncés.

    « En plus pour les Français de l’étranger, il faut rappeler que de nombreux professeurs sont en contrat local, donc en disponibilité de la fonction publique, suite aux coupes budgétaires depuis 2017, ainsi ils ne cotisent pas pour la retraite pendant leur mission. Là aussi l’augmentation du délais de cotisation obligatoire est impactant » 

    Jérôme Nassoy, du SNES-FSU hors de France

    Macron confiant

    Emmanuel Macron est à Barcelone pour un sommet franco-espagnol ce jeudi. Interrogé sur la mobilisation contre la réforme des retraites, le chef de l’État a jugé « bon et légitime que toutes les opinions puissent s’exprimer ».

    « Je fais confiance aux organisateurs pour que cette expression légitime de désaccord se fasse sans trop de désagréments pour nos compatriotes et sans débordements ni violences »

    Emmanuel Macron à Barcelone

    Sur place, il sera pourtant confronté aussi à la mobilisation. Les représentants des personnels du Lycée français de Barcelone ont décidé de boycotter la réception prévue dans leur établissement où le Président de la République ira à la rencontre de la communauté des Français de l’étranger. Il n’est pas à l’abri d’actions alors qu’à Barcelone, les taux de grévistes furent, là aussi, importants : 83% au primaire, 71% au secondaire.

    Mobilisation au Lycée Français de Barcelone ce 19 janvier 2023
  • Une conférence pour comprendre les enjeux de la convention citoyenne sur la fin de vie en France

    Une conférence pour comprendre les enjeux de la convention citoyenne sur la fin de vie en France

    Une convention citoyenne sur la fin de vie a été inaugurée le 9 décembre 2022 à Paris par Elisabeth Borne. Elle avait été annoncée le 13 septembre 2022 par le Président de la République Emmanuel Macron. 175 citoyens ont été tirés au sort pour y participer et ainsi débattre autour de l’intérêt de changer ou pas la loi existante (Claeys-Leonetti) qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté en France. Pour ce faire, ils devront répondre à la question suivante : « Le cadre de l’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits? ». Les délibérations seront rendues en mars 2023. Malheureusement, aucun Français de l’étranger ne participe à ces travaux.

    Entendre les Français de l’étranger

    Une situation qui peut sembler dommageable pour notre pays, les Français de l’étranger, riches de leur expérience dans leur pays de résidence, pouvaient apporter un angle différent à ce débat. Un risque d’enfermement dans une vision franco-française que le député des Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des pays des Balkans, Frédéric Petit, a décidé d’écarter en donnant la parole à ses administrés.

    Un sujet à la portée universelle

    Mais le thème de la fin de vie va bien au-delà des seuls Français installés dans la circonscription du député Frédéric Petit. En effet, parmi les Français de l’étranger, nous sommes nombreux à envisager un retour en France pour nos vieux jours, mais aurons-nous la possibilité de choisir notre « fin de vie » ?

    convention citoyenne sur la fin de vie
    Lancement de la convention citoyenne sur la fin de vie le 09 décembre 2022 par Elisabeth Borne ©AFP

    Soins palliatifs, encadrement, assistance mais aussi euthanasie sont donc les sujets évoqués dans ce webinaire que nous vous invitons à regarder pour bien comprendre les enjeux de cette convention nationale. Frédéric Petit est accompagné de Catherine Vincent, ancienne journaliste au Monde et spécialiste de ces sujets, afin de répondre aux questions de nos compatriotes.

    Regardez le webinaire avec Catherine Vincent et Frédéric Petit

  • Les petites entreprises françaises au Royaume-Uni souffrent

    Les petites entreprises françaises au Royaume-Uni souffrent

    Au Royaume-Uni, l’inflation est galopante à 10,7%. Le pays vit une récession ainsi qu’une crise économique et des grèves à répétition. Que pensent les entrepreneurs expatriés ? Nous sommes allés à leur rencontre. 

    Pour Hélène Berard, Avocate et Managing Director de la firme d’avocats Berard & Lovell Solicitors, les Français “investissent moins (pour moins de frais généraux, comme les bureaux, moins de nouvelles embauches pour certains postes moins essentiels, moins d’expansion…). Tous ont augmenté les prix de  leurs services/produits depuis le printemps/été 2022.” 

    Chez La Page 

    Pour Isabelle Lemarchand, directrice de la Librairie française La Page à South Kensington, “en tant que business, nous sommes effectivement affectés de deux façons par la vague d’inflation et la crise de l’augmentation du coût de la vie.« 

    L’ impact direct de l’inflation sur l’augmentation des coûts

    Les prix des produits qu’ils commercialisent augmentent chez leurs fournisseurs. Cela affecte particulièrement les produits de papeterie, les jeux, les accessoires. En plus de l’augmentation annuelle régulière, ils subissent de nombreuses et importantes augmentations pendant l’année, sans préavis.

    Cela touche aussi les autres coûts variables et particulièrement le transport (à la fois au départ des fournisseurs et à destination des clients), auxquels il faut rajouter les autres frais fixes (électricité, réparation, chauffage).

    Enfin, les frais de personnel sont aussi en augmentation comme nous l’indique la gérante de la libraire : « nous nous sommes engagés à protéger notre personnel des difficultés actuelles,  donc nous suivons les augmentations de salaires. »

    L’ impact de l’inflation sur les clients

    En plus des problèmes liés à la tenue d’une entreprise, les clients ont moins de revenus disponibles, donc se retiennent plus sur les dépenses de loisirs. Ainsi, à la librairie, comme ailleurs, les consommateurs sont mécontents et frustrés des augmentations éventuelles que les commerces doivent pratiquer, et les en tiennent pour partie responsables. Il en résulte que les clients cherchent d’autres moyens de se procurer des livres, dans le cas de la librairie, que nous avons interviewée.

    « Bien sûr, nous essayons de faire face à ces défis en améliorant en permanence le service client, en organisant des événements … Mais l’effet cumulatif est que nous devons travailler de façon beaucoup plus complexe et difficile pour assurer notre survie.”

    Isabelle Lemarchand, directrice de la Librairie française La Page

    Chez Margaux Salon

    Margaux Cras, directrice de Margaux Salon souffre aussi de l’impact de la crise au Royaume-Uni.

    “Les commerces de la high street souffrent énormément. Les salons de coiffures ont une consommation en énergie très élevé. Nous ne pouvons pas pour autant doubler nos tarifs. Nous faisons du coup très attention avec la consommation de stock et chaque décisions financières sont longuement réfléchies. Nous avions augmenté nos prix de 8%  afin de pouvoir augmenter les salaires de tous nos employés de 8% aussi. Notre priorité est notre équipe et nous voulons être sure qu’ils puissent surmonter cette crise avec moins de difficultés.  Nos marges sont réduites mais nous passerons cette crise comme nous avons passe Brexit et la pandémie.”

    Margaux Cras, gérante d’un salon de coiffure à Londres

    Dans un restaurant à South Kensington

    Arthur, chef et propriétaire de Quinta, est un autre entrepreneur dans le quartier français de la capitale du Royaume-Uni qui souffre de la crise actuelle.

    “En effet, l’inflation nous affecte à tous les niveaux. Alors que l’augmentation du coût des matières premières nous a forcé à augmenter nos prix de vente, c’est avant tout les charges de personnel qui nous impactent. La concurrence est rude. En période post Covid, le Brexit nous prive de notre meilleure main d’œuvre. Nos employés, du barista aux directeurs, qui subissent également l’inflation et l’augmentation des taxes, ont besoin de stabilité financière, et cela au détriment de nos profits. Cela nous pousse à redoubler d’efficacité, à repenser chaque étape de notre chaîne de production. Il serait facile de réduire les coûts en opérant comme les grosses chaînes, en introduisant la commande à une borne ou en réduisant la qualité de nos produits. Nous souhaitons cependant faire face à la situation sans négliger ce qui nous définit : une nourriture de qualité, fraîche et savoureuse, accompagnée d’un sourire généreux.” 

    Arthur, chef et propriétaire de Quinta

    Toutes les entreprises

    L’impact de la crise économique au Royaume-Uni touche sans doute de nombreux restaurants, entrepreneurs et banques françaises mais le Premier Ministre Britannique Rishi Sunak a promis de réduire de moitié l’inflation qui monte en flèche. 

    Plusieurs expats se demandent s’il est temps de retourner dans l’Union Européenne ou d’avoir une proximité plus forte avec l’Europe comme le souhaite le Maire de Londres, Sadiq Khan, que les Français apprécient avec son slogan “London is Open.” 

  • Les dépenses militaires, moteurs de la productivité ?

    Les dépenses militaires, moteurs de la productivité ?

    Le radar, la propulsion des avions à réaction, la conquête de l’espace? ont été enfantés par la Seconde Guerre mondiale. Internet est le produit de la guerre froide et de la multiplication des ogives nucléaires, les militaires américains souhaitant disposer d’un réseau de communication décentralisé capable de résister à une attaque russe. Les dépenses militaires peuvent donc être génératrices de gains de productivité pour l’ensemble de l’économie, en raison de leurs effets induits sur l’innovation. Elles expliqueraient en partie l’écart de croissance entre les États-Unis et l’Europe. 

    Le complexe militaro-économique des États-Unis, un système gagnant/gagnant ? 

    Les États-Unis ont développé depuis la Seconde Guerre mondiale un puissant secteur militaire dont les innovations sont rapidement exploitées par le secteur civil du fait d’une forte intégration des entreprises privées aux programmes d’armement. Plusieurs agences catalysent cette recherche aux États-Unis dont la « Defense Advanced Research Projects Agency » (DARPA – Agence pour les projets de recherche avancée de défense). Cette dernière, créée en 1958, est rattachée au département de la Défense des États-Unis et est chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire. Sa naissance est intervenue après le lancement du satellite soviétique Spoutnik en 1957 qui a été considéré comme un affront pour les autorités américaines. 

    La DARPA a été à l’origine du développement de nombreuses technologies notamment l’ARPANET, devenue Internet avec le « oN-Line System » (système en ligne) qui a permis l’essor des liens hypertextes et qui est à l’origine des interfaces graphiques. L’agence est également à la base du processus de géolocalisation par satellites (GPS). 

    Drone chien opérationnel financé par la DARPA

    En 1958, les activités en lien avec l’espace furent transférées à la NASA. En 1960, celles liées au renseignement satellitaire furent placées sous l’autorité du National Reconnaissance Office (NRO). La DARPA conserva néanmoins un rôle majeur dans la coordination des différentes recherches. Dans les années 1970, l’agence consacra une part importante de son budget aux projets d’avions furtifs (projet Tacit Blue) à l’origine de l’avion de chasse Lockheed Martin F-117. La DARPA fut impliquée dans le développement des commandes de vol électriques maintenant utilisées par les avions civils ainsi que dans le recours de matériaux composite. Elle commença à travailler sur les drones dès la fin des années 1960. Elle est actuellement engagée dans la réalisation de projets de missiles hypersoniques afin de combler le retard pris par les États-Unis sur la Russie ou la Chine. 

    Si ces dernières années, les découvertes de la DARPA sont de moindre ampleur que dans le passé, les liens avec le privé sont, en revanche, de plus en plus importants. L’agence s’est par ailleurs spécialisée dans la recherche médicale. 

    Les dépenses militaires ont-elles un rôle important pour la Recherche & Développement ? Au sein de l’OCDE, aucune corrélation n’apparaît clairement. La Suède, l’Allemagne ou la Finlande consacrent plus de 2,5 % du PIB à la R&D tout en ayant des dépenses militaires inférieures à 1,7 % du PIB (moyenne 2002/2022). A contrario, la France a, sur la même période, un budget militaire qui avoisine les 2 % du PIB, tout en ayant des dépenses de R&D inférieures à 2,2 % du PIB. Le Royaume-Uni? tout en étant le pays européen qui réalise l’effort le plus important pour la défense (2,4 % du PIB en 2020), se caractérise par des dépenses de R&D faibles (1,8 % du PIB). Les États-Unis ont tout à la fois par un niveau élevé de dépenses militaires (3,8 % du PIB) et un niveau important de R&D (2,8 % du PIB). 

    Quand la dépense militaire dope la productivité ! 

    Sur une longue période, une corrélation positive se dessine entre dépenses militaires et productivité par tête. De 2002 à 2022, la productivité par tête des États-Unis a progressé de 45 %, contre 15 % pour le Royaume-Uni et 12 % pour la France. Seules la Suède et la Nouvelle-Zélande ont enregistré des gains de productivité importants (respectivement +30 % et 22 %) avec un effort militaire faible. La Corée du Sud qui a un budget militaire de grande ampleur ne dégage pas des gains de productivité supérieurs à la moyenne de l’OCDE. 

    En revanche, la Chine, le Vietnam et l’Indonésie se caractérisent par des gains de productivité importants et un effort militaire qui l’est également. Les dépenses militaires n’expliquent pas à elles seules les résultats en termes de productivité mais leur importance peut influer sur la structure économique des États. 

    La force du secteur industrialo-militaire aux États-Unis qui bénéficie d’importantes subventions contribue sans nul doute à l’essor des hautes technologies dans ce pays. L’existence d’une forte concurrence entre les entreprises joue également un rôle non négligeable. En Europe, le marché de la défense demeure segmenté malgré les récentes avancées en ce qui concerne le futur avion de chasse. La faible taille de l’industrie de défense ne permet pas de générer des synergies comme aux États-Unis ou en Chine.

  • Qatargate : les révélations de Pier-Antonio Panzeri secouent Bruxelles

    Qatargate : les révélations de Pier-Antonio Panzeri secouent Bruxelles

    L’ancien eurodéputé italien Pier-Antonio Panzeri, « cerveau » du Qatargate, a accepté de collaborer avec la justice belge afin de faire la lumière sur le scandale qui secoue actuellement le Parlement européen.

    Étant donné que M. Panzeri devra livrer la vérité afin d’obtenir une peine limitée, les responsables européens s’interrogent déjà sur l’identité du prochain coupable et sur l’institution européenne qui sera concernée par les prochaines révélations de l’Italien.

    Mardi (17 janvier), M. Panzeri a reconnu sa participation au système de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc mis en place au sein même du Parlement ainsi que son rôle de supervision dans cette affaire. Hier, le parquet fédéral a annoncé qu’il a signé « un mémorandum avec le procureur fédéral en vertu des articles 216/1 à 216/8 du Code d’instruction criminelle »selon l’agence de presse Belga.

    Le parquet a indiqué que M. Panzeri avait signé un « accord de repenti » et qu’il collaborerait avec les autorités en échange d’une réduction de peine. Il devrait écoper de 5 ans de prison (dont un an ferme) ainsi que d’une amende de 80 000 euros. Ses avoirs saisis, estimés à un million d’euros selon le parquet, devraient également être confisqués (notamment les 60 000 euros trouvés à son domicile).

    M. Panzeri devra expliquer en détail aux autorités belges le fonctionnement de l’organisation, ses structures et les paiements effectués, ainsi que l’implication éventuelle d’autres personnes ou pays dans cette affaire.

    Le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen a déjà été sévèrement touché par le scandale du Qatargate. En effet, outre l’ancien eurodéputé socialiste M. Panzeri, l’eurodéputée et vice-présidente du Parlement, la socialiste Eva Kaili, ainsi que son partenaire Francesco Giorgi, ont également été incarcérés.

    Le 10 décembre 2022, M. Panzeri, qui venait d’être arrêté dans le cadre des enquêtes sur le Qatargate, a accusé le socialiste Marc Tarabella — vice-président de la Délégation du Parlement pour les relations avec la péninsule arabique (DARP) — d’avoir reçu des « cadeaux » du Qatar.

    Le domicile du Belge avait été perquisitionné le lendemain et aucune somme d’argent n’y avait été trouvée. M. Tarabella n’avait donc pas été arrêté. Il avait toutefois été suspendu de son parti national, le Parti socialiste (PS, Wallonie), et s’était lui-même suspendu du groupe S&D au Parlement européen pour toute la durée de l’enquête.

    Mardi, une révélation du journal L’Écho a causé une nouvelle onde de choc. Le 10 décembre dernier, lors de son audition, M. Panzeri aurait déclaré à la justice belge qu’il avait versé entre 120 000 et 140 000 euros en espèces à M. Tarabella pour le récompenser d’avoir pris « certaines positions » en faveur du Qatar.

    L’avocat de M. Panzeri, Laurent Kennes, a déclaré hier soir sur le plateau de la RTBF que « l’une des raisons » pour lesquelles son client avait souhaité s’exprimer est qu’« il sait qu’il a trahi la confiance de certaines personnes », notamment l’eurodéputée belge Marie Arena (S&D), de qui il était « très proche » et qui a également été évoquée par la presse dans le cadre du Qatargate. « Il citera son nom pour dire qu’elle n’avait strictement rien à voir avec [le système de corruption] et qu’il n’aurait jamais osé lui proposer quoi que ce soit », précise l’avocat.

    Des sources à Bruxelles ont également confié à EURACTIV que la décision d’extrader la fille de M. Panzeri d’Italie vers la Belgique le mettait dans une situation délicate et que c’était également pour cette raison qu’il a décidé de parler.

    Concernant les révélations de son client sur M. Tarabella, Maître Kennes souligne que « l’information provient d’une fuite » et qu’il ne peut pas « communiquer sur le dossier qui est à l’instruction ». « Il est désolant qu’il y ait des fuites qui évoquent le nom de personne qui n’ont même pas encore été entendues », ajoute-t-il.

    L’avocat de M. Tarabella, Maxim Toller, maintient que son client n’a rien reçu. « Il faut d’autant plus mettre en doute les paroles de M. Panzeri qu’il parle en échange de quelque chose »estime-t-il, selon Le Soir.

    La semaine dernière l’eurodéputée française Manon Aubry (La Gauche) a déclaré sur le plateau de LN24 que M. Tarabella lui avait demandé de mettre fin à son « obsession » avec le Qatar, arguant que le pays avait fait « des progrès »« Maintenant, je comprends mieux pourquoi Marc m’avait parlé de ce sujet », a-t-elle poursuivi.

    La Française avait déjà dénoncé les activités du Qatar au moment d’un vote important sur une résolution relative aux violations des droits de l’homme dans le cadre de la Coupe du monde, ainsi que « le lobbying agressif du Qatar ».

    Une source proche du dossier a déclaré que des eurodéputés du précédent mandat du Parlement européen étaient également visés. Des rumeurs suggèrent toutefois que des personnes appartenant à d’autres institutions européennes chargées de la libéralisation des visas pourraient également être dans la ligne de mire des autorités.

    Mardi (17 janvier), Pier Antonio Panzeri a reconnu sa participation au système de corruption en lien avec le Qatar et le Maroc mis en place au sein même du Parlement ainsi que son rôle de supervision dans cette affaire. Hier, le parquet fédéral a annoncé qu’il a signé « un mémorandum avec le procureur fédéral en vertu des articles 216/1 à 216/8 du Code d’instruction criminelle », selon l’agence de presse Belga. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

    Exclusion du groupe S&D et levée d’immunité parlementaire

    Mardi, avant les dernières révélations, la présidente du S&D, Iratxe Garcia Perez, a demandé à M. Tarabella de s’auto-exclure du groupe et de devenir un membre non-inscrit du Parlement.

    Son avocat, Maître Toller, a déclaré que son client ne pouvait pas accepter cette proposition. « S’il était condamné, il serait compréhensible qu’il soit exclu, mais comme il n’est pas inculpé, accusé, et qu’il n’a même pas été entendu, cela semblerait prématuré et injuste », a-t-il déclaré, rapporte L’Écho.

    Toutefois, M. Tarabella et l’eurodéputé italien Andrea Cozzolino — ancien président de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb (DMAG), également lié au scandale — seront exclus du groupe s’ils continuent à refuser de s’auto-exclure. « S’ils ne [s’excluent] pas de leur propre initiative, le groupe prendra une décision cette semaine », aurait déclaré Mme Garcia Perez.

    En outre, la justice a demandé la levée de l’immunité des deux eurodéputés. La procédure a été lancée lundi (16 janvier) lors de la plénière du Parlement, et une décision devrait être prise avant le 13 février.

    M. Tarabella se dit favorable à une levée de son immunité, car il ne se « cachera » pas derrière celle-ci. Une fois son immunité levée, il pourra être entendu par la justice belge.

    La commission des Affaires juridiques (JURI) sera chargée de donner un avis sur les levées et aura l’occasion d’entendre les deux députés à huis clos. Manon Aubry sera la rapporteure sur la question, précisait L’Écho lundi.

    L’affaire Eva Kaili

    L’eurodéputée grecque Eva Kaili sera à nouveau auditionnée par les autorités belges concernant sa demande de libération le 19 janvier. Reste à savoir dans quelle mesure la décision de M. Panzeri de parler affectera la demande de libération temporaire de Mme Kaili.

    À Athènes, les juristes estiment que M. Panzeri pourrait soit nuire davantage soit alléger la situation pour Mme Kaili.

    De son côté, cette dernière avait déjà laissé entendre que M. Panzeri avait profité de l’immunité d’eurodéputée dont elle bénéficiait pour dissimuler de l’argent dans son appartement.

    Une source proche du dossier a confié à EURACTIV que, en raison des nombreuses accusations auxquelles Mme Kaili fait face, il serait difficile de prouver qu’elle n’était pas impliquée dans le blanchiment d’argent. De plus, aucune procédure de levée d’immunité n’a été nécessaire pour la Grecque puisqu’elle a été prise en flagrant délit, de l’argent ayant été trouvé à son domicile.

    Mercredi (18 janvier), en séance plénière, les eurodéputés devraient élire un nouveau vice-président pour remplacer Eva Kailli.

    Le PPE se montre prudent

    Selon les informations d’EURACTIV, une réunion à huis clos du Parti populaire européen (PPE) a eu lieu en marge de la plénière de décembre 2022 à Strasbourg afin de déterminer l’approche que le parti devait adopter en matière de communication dans le cadre du scandale.

    Bien que des appels aient été lancés en faveur d’une « attaque » contre le groupe socialiste, le chef du PPE, Manfred Weber, aurait suggéré une approche plus prudente consistant à « attendre et voir ». Selon une source présente lors de la discussion, M. Weber aurait fait référence aux « responsabilités individuelles » et non à celles des partis politiques dans cette affaire.

    « C’était une position officieuse consistant à s’abstenir d’attaquer les socialistes sur cette question », a expliqué une source du PPE à EURACTIV.

    Selon nos informations, étant donné que toute la lumière n’a pas encore été faite sur le scandale, le centre droit préfère faire discret au cas où un membre de leurs rangs venait à être cité au cours de l’enquête.

    Le « groupe d’amitié » entre l’UE et le Qatar, qui a été immédiatement suspendu après les premières révélations, comprenait également sept eurodéputés du PPE.

    Le site web du groupe d’amitié, figurant sur le site de l’ambassade du Qatar, a été supprimé et l’ambassade n’a pas donné suite à une demande d’EURACTIV de fournir la liste complète des participants à ce groupe.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 19.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 19.01.23

    Bienvenue dans un flash dédié à 100% au mouvement de grève contre la réforme des régimes de retraites en France. 

    A l’AEFE une mobilisation forte est attendue

    C’est en tout cas ce qu’annonce l’intersyndicale de l’AEFE. Comme en 2021, certains établissements pourraient être complètement fermés. Pour ceux dont une partie du personnel n’est pas gréviste, un accueil des enfants est organisé. Normalement, tous les parents d’élèves ont dû recevoir un courriel entre lundi et mardi indiquant les modalités de chaque école ou Lycée. 

    mobilisation à l'AEFE

    Au ministère des Affaires étrangères on fait aussi grève

    Après une première grève en juin 2022, c’est la deuxième fois que le personnel du Ministère des Affaires étrangères se met en grève, la première fois de l’histoire pour une problématique liée aux droits à la retraite. Consulats, ambassades tourneront donc au ralenti ce jeudi 19 janvier. 

    ministère des affaires étrangères
    Ministère des Affaires étrangères

    En France, la paralysie s’annonce importante

    Transports, Poste, banques, administrations, écoles, tout sera fermé ce jeudi. Le vrai enjeu pour les syndicats sera la mobilisation dans les cortèges. Comme en 95/96, ils espèrent réunir 1 million de personnes dans les rues. Message reçu par les autorités, plus de 10 000 policiers et gendarmes seront déployés à Paris ce jeudi, autant que pour les samedis au pic de la mobilisation des Gilets jaunes. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour faire un point sur la mobilisation et sur la suite du mouvement, déjà 2 nouvelles journées sont prévues la semaine prochaine. Portez-vous bien ! 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

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