Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mardi 28 mai, dans nos titres : Les Français de l’étranger pour la proportionnelle – Avions et turbulences : quels risques ? – JIJ : ils sont arrivés
60% pour la réforme du scrutin législatif
Emmanuel Macron, comme il l’annonçait le 05 mai, réfléchit à une réforme constitutionnelle qui modifierait pour une partie des circonscriptions le mode d’élection des députés. Pour certains, les 11 circonscriptions des Français de l’étranger seraient les premières concernées, pour d’autres elles ne le seraient pas. Nous, on vous a demandé votre avis. Vous avez été plus de 3000 à répondre à cette consultation. Il en ressort que le lien étant tellement complexe à créer entre les Français d’une circonscription, parfois aussi vaste qu’un continent, et leur député(e). Logiquement, les participants ont donc adhéré franchement à cette proposition. Maintenant, sera-t-elle mise au vote ? Emmanuel Macron obtiendra-t-il les 2/3 des voix du Congrès (Assemblée nationale + Sénat) ? Concernera-t-elle les Français de l’étranger. À suivre… d’ici 2027 !
Prendre l’avion : de plus en plus risqué
Selon une étude de l’Université de Reading (Royaume-Uni), bien que les incidents mortels et les blessures graves restent rares dans les grands avions, le nombre de turbulences a augmenté jusqu’à 55 % en quarante ans, une hausse très probablement attribuable au changement climatique. On vous rappelle donc qu’il est crucial pour la sécurité des passagers de toujours porter la ceinture de sécurité lorsqu’ils sont assis, notamment pour se prémunir contre des évènements imprévus comme des turbulences.
JIJ : les équipes sont arrivées
Les élèves sélectionnés pour participer aux JIJ sont arrivés à Athènes ce lundi, comme notre correspondant. Les 300 participants viennent du Togo, de Doha, d’Hongrie, des USA, et de plein d’autres pays, mais aussi de France. Et tous ensemble, ils vont demain commencer à s’affronter avec les 3 premières épreuves avant de profiter le soir d’une cérémonie d’ouverture qui se déroulera dans le stade du marbre, l’antique arène où s’affrontaient les candidats lors des premières olympiades. Bonne chance à chacune et chacun.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition du flash quotidien des expatriés.
Emmanuel Macron s’est dit dimanche 5 mai dans une interview à LaTribune Dimanche favorable à l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin des législatives. C’était d’ailleurs l’une des propositions du candidat Macron en 2017 comme en 2022. Ainsi, la présidence de la République réfléchit à une réforme constitutionnelle qui modifierait pour une partie des circonscriptions le mode d’élection des députés. Pour certains, les 11 circonscriptions des Français de l’étranger seraient les premières concernées, pour d’autres elles ne le seraient pas. Nous, on vous a posé la question du 05 au 12 mai, vous avez été 3087 personnes à y répondre. On décrypte ensemble cette consultation.
Qui adhère à la modification du scrutin législative ?
Avant de se pencher sur les résultats, on fait un petit tour d’horizon des positions des partis nationaux. Cette proposition est, d’ailleurs, diversement accueillie par la majorité. Le patron du MoDem, François Bayrou, y est très favorable mais le groupe Renaissance est, lui très divisé. Beaucoup mettent en garde contre l’éloignement des élus avec leur territoire et le coup de pouce aux apparatchiks désignés par les partis au détriment de l’ancrage local. Un argumentaire repris par la plupart des députés LR.
En fait, c’est au sein du reste de l’opposition que l’on trouve le plus de fervents partisans de la proportionnelle, et parfois même de la proportionnelle intégrale, chez les Insoumis, les socialistes, les Verts ou encore au Rassemblement national.
Quelle différence entre les scrutins ?
On l’a vu, certains ont peur qu’un tel changement de scrutin éloigne un peu plus les député(e)s du terrain. Après l’impossibilité de se présenter à la députation quand on est maire, le fait que l’élection soit plus liée à un parti qu’à une personnalité pourrait renforcer ce sentiment de « désancrage » de l’élu(e). Pour bien comprendre, faisons un point sur les mécaniques des deux scrutins.
Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Tout d’abord, parmi les personnes ayant participé à la consultation, elles sont 66% à déclarer connaître le mode de scrutin actuel, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Pour tous les autres, on vous rappelle son fonctionnement.
Cette mécanique est simple, ce mode d’élection permet à celle ou celui qui a obtenu le plus de voix de remporter le siège au bout des deux tours. Cependant, la victoire dès le premier tour est possible, elle requiert l’obtention d’une majorité absolue des voix. Si ces conditions ne sont pas remplies, un second tour est organisé avec ceux qui sont obtenus plus de 10% des suffrages exprimés. Le plus souvent, les candidats sans réelle chance se retirent au profit d’une personnalité proche de ses idées afin d’assurer la victoire de leurs camps. Cependant, depuis la montée en puissance du RN ou de LFI, les triangulaires se multiplient, permettant parfois d’être élu(e) sans avoir remporté plus de 50% des bulletins. Notons que dans ce mode d’élection, il n’est pas obligatoire d’avoir été désigné par un parti, chacun peut s’y présenter.
Le scrutin proportionnel à listes
Dans le cas d’un suffrage à la proportionnelle, la mécanique est toute autre. Celui-ci attribue les sièges selon le nombre de voix. Pour répartir les voix, on définit le nombre de voix pour obtenir un siège (le quotient électoral), puis on divise le total des voix obtenu par chaque liste par le quotient électoral pour déterminer le nombre de sièges emportés par chaque liste. C’est le parti qui désigne les candidats et surtout leur position dans la liste. Ainsi, le centre de gravité des députés bascule de leur circonscription vers les états-majors des partis. Mais ce mode de scrutin proportionnel permet une représentation fidèle du corps électoral. Dans certains pays les listes sont constituées nationalement, en France, dans le cadre de cette réforme, des circonscriptions seraient réunies pour constituer une « mega-circo » pour laquelle les électeurs devront désigner une poignée de députés élus donc à la proportionnelle.
La proportionnelle pour qui ?
Et vous l’avez compris, c’est ce dernier point qui fait penser à certains que les Français de l’étranger sont le terrain propice à l’application d’un tel mode de scrutin. En effet, créer une super circonscription réunissant les 11 députés sera bien plus aisé que de réunir des territoires dans des départements, qui parfois n’envoient qu’un ou deux députés.
Autre piste, et sur laquelle, beaucoup s’entendent, celles des grandes villes. Que ce soit à Paris, Lyon ou Marseille qui envoient, chacune, plusieurs députés, cela aurait du sens car l’imbrication des circonscriptions y est forte et cohérente.
Cependant, notons que Marine Le Pen souhaite appliquer la proportionnelle aux deux tiers des députés tandis qu’Emmanuel Macron ne propose que d’injecter une dose de proportionnelle, il est su qu’il est ouvert à une proportionnelle intégrale. Pour rappel, si le Général de Gaulle a choisi le mode de scrutin actuel, c’est pour garantir une stabilité au gouvernement après des décennies où les gouvernements étaient renversés quasiment chaque année. L’assemblée issue du vote de 2022, extrêmement divisé, conduisant à un ralentissement des actions de l’exécutif, rappelle le risque de la division que le scrutin proportionnel pourrait renforcer.
« Afin d’avoir une majorité il faut un scrutin majoritaire. C’est ce que décide mon gouvernement qui fixe le système électoral en vertu de ses pouvoirs spéciaux rejetant la représentation proportionnelle chère aux rivalités et aux exclusives des partis mais incompatible avec le soutien continu d’une politique et adoptant tout bonnement le scrutin uninominal à deux tours. »
Charles De Gaulle dans ses Mémoires, tome I, Le Renouveau, p. 38
Les Français de l’étranger à 60% pour
Les résultats de notre consultation sont clairs. Le nom du député n’est pas la priorité des Français de l’étranger. Éparpillés dans des circonscriptions réunissant plusieurs pays, parfois sur des territoires plus grands que l’Europe, le lien qui peut exister entre le ou la députée et les Français d’un territoire rural en France, ne peut exister ou très difficilement entre les expatriés et leur élu(e). D’ailleurs, si parmi les répondants, ils sont 52% à connaître le nom de leur député(e), c’est pour plus de la moitié grâce à l’actualité et non du fait de l’élection ou des actions locales de ce dernier.
Et donc logiquement, les participants à notre consultation sont plus de 60% à adhérer à cette proposition. Maintenant, sera-t-elle mise au vote ? Emmanuel Macron obtiendra-t-il les 2/3 des voix du Congrès (Assemblée nationale + Sénat) ? Concernera-t-elle les Français de l’étranger. À suivre… d’ici 2027 !
Quelques jours après des fortes turbulences dans un vol Londres-Singapour, ayant coûté la vie à un passager, un nouvel incident a touché des voyageurs. Douze personnes ont été blessées, ce dimanche 26 mai, dans un avion de Qatar Airways qui reliait Doha à Dublin, en raison de turbulences. Celles-ci, souvent appelées « trous d’air », sont une source majeure d’inquiétude pour les passagers aériens. Ces phénomènes sont causés par des variations soudaines de la vitesse ou de la direction du vent, créant des mouvements brusques de l’avion. Pour certains, le réchauffement climatique entraînera la multiplication de ce type d’accidents.
La mécanique des turbulences
Pour commencer, il faut comprendre les turbulences en vol, souvent perçues comme des « trous d’air », mais qui sont en réalité causées par une multitude de facteurs atmosphériques, qu’on va vous décrire.
Les courants-jets
Les courants-jets sont des vents puissants qui circulent à haute altitude, généralement entre 7 et 12 kilomètres au-dessus de la surface terrestre. Ces vents peuvent atteindre des vitesses très élevées, dépassant parfois les 300 kilomètres par heure. Lorsqu’un avion traverse ou vole à proximité de ces courants-jets, il peut rencontrer des variations rapides de la vitesse et de la direction du vent, créant des turbulences soudaines et souvent sévères.
La convection thermique
La convection thermique se produit lorsque le sol chauffe l’air à sa surface, faisant monter cet air chaud et moins dense. Ce processus crée des courants ascendants et descendants, générant ainsi des turbulences. Les turbulences de convection thermique sont particulièrement fréquentes durant la journée, lorsque le réchauffement solaire est à son maximum.
Les tempêtes et orages
Les orages et les tempêtes sont souvent accompagnés de forts courants ascendants et descendants, ainsi que de vents changeants en intensité et en direction. Les turbulences associées aux orages peuvent être extrêmement violentes et dangereuses.
Les ondes de montagne
Lorsque des vents forts rencontrent des chaînes de montagnes, ils peuvent générer des ondes stationnaires dans l’atmosphère, similaires aux vagues sur une étendue d’eau. Voler à travers ces ondes peut provoquer des turbulences importantes, particulièrement à proximité des zones montagneuses.
Les microsillons de sillage
Les avions eux-mêmes créent des turbulences appelées microsillons de sillage. Lorsqu’un avion vole, il laisse derrière lui une traînée de tourbillons d’air. Ces tourbillons peuvent rester actifs pendant plusieurs minutes et représenter un danger pour les avions qui suivent de près.
Réchauffement climatique : un facteur aggravant ?
Le réchauffement de la surface terrestre entraîne une instabilité atmosphérique accrue, avec des courants ascendants et descendants plus forts. De plus, la variabilité climatique accrue crée des conditions météorologiques plus extrêmes et imprévisibles, augmentant les risques de turbulences inattendues.
Selon une étude de l’Université de Reading (Royaume-Uni), bien que les incidents mortels et les blessures graves restent rares dans les grands avions, le nombre de turbulences a augmenté jusqu’à 55 % en quarante ans, une hausse très probablement attribuable au changement climatique.
Il est donc crucial pour la sécurité des passagers de toujours porter la ceinture de sécurité lorsqu’ils sont assis, notamment pour se prémunir contre des évènements imprévus comme des turbulences.
Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Gabriel Attal a confirmé un nouveau durcissement des règles de l’assurance-chômage avec pour objectif d’ »aller vers le plein-emploi » et de « valoriser encore plus le travail ». Quel sera l’impact pour les Français de l’étranger ?
« Si nous ne réformons pas l’assurance-chômage aujourd’hui, nous risquons de caler sur la route du plein-emploi. Cette réforme, c’est donc le carburant qui nous permettra de créer toujours plus de travail dans notre pays. »
Gabriel Attal, Premier ministre français dans l’interview accordée à la Tribune Dimanche
Les règles au retour d’expatriation
L’évolution des règles du chômage en France ne concerne que les Français de l’étranger, détachés et qui donc sont toujours liés à l’entreprise française et au droit du travail français, ou dans le cas où se retrouvant sans emploi dans son pays de résidence, l’expatrié(e) décide de rentrer dans l’hexagone. Il faut distinguer deux situations, si vous revenez d’un pays membre de l’UE ou non.
De retour de l’Union européenne
Le demandeur d’emploi indemnisé par l’un des 28 pays membres de l’Union européenne où il a exercé son activité salariale peut bénéficier, sous certaines conditions, du transfert de ses prestations chômage.
Avant tout départ pour la France, le demandeur d’emploi fait remplir le formulaire U2par le service public de l’emploi de son pays. À partir de ce moment-là, il a 7 jours pour s’inscrire comme demandeur d’emploi auprès d’une agence France Travail, en France.
Arrivé en France, le demandeur d’emploi s’inscrit obligatoirement à l’agence France Travail de son lieu de domicile dans les 7 jours suivant son arrivée sur le territoire français et remet le formulaire U2. France Travail services transmet la notification d’inscription comme demandeur d’emploi à l’organisme compétent de l’état membre. Ce dernier versera les allocations-chômage, pendant la durée d’exportation prévue par le pays membre.
Le paiement de ses allocations est effectué par France Travail, pour le compte du service public étranger pendant trois mois maximum. Concrètement, votre droit aux allocations est limité à 3 mois dans tous les cas, réforme ou non ?
De retour d’un autre pays
Pour rappel, l’expatrié(e) qui avant son départ à l’étranger bénéficiait d’une allocation-chômage conserve ses droits à l’assurance chômage pendant un délai de trois ans ajouté à la durée des droits restants. Cependant, ce ou cette titulaire d’une allocation de France Travail doit obligatoirement déclarer son expatriation pour en interrompre le versement. Au retour, l’expatrié(e) peut bénéficier d’une reprise du reliquat de ses anciens droits. Les droits acquis, ayant été concédés avant le 1er décembre de cette année, ne seront pas impactés par la réforme.
Et c’est la seule possibilité de percevoir une allocation de retour d’un pays hors de l’Union européenne. Cependant, il existe une exception. En effet, il est possible de s’affilier à France Travail Services (Institution gestionnaire de l’Assurance chômage des expatriés) avant son départ, celle-ci peut être effectuée par votre employeur ou sur démarche individuelle. Cependant, il y aura donc des cotisations à payer tous les mois qui s’ajouteront à celles, éventuellement obligatoires, déjà captées sur le salaire dans le cadre des charges sociales obligatoires à régler dans le pays de résidence.
Peu d’impact sauf au retour dans la vie professionnelle française
On l’a vu, les conditions pour être éligible au chômage en France lors d’un retour d’expatriations sont déjà difficiles et la durée d’indemnisation est-elle très limitée. La réforme qui va s’appliquer en France reste donc bien plus généreuse même si c’est clairement, comme l’a reconnu Gabriel Attal, « une réforme dure ». Par celle-ci, la France va s’aligner sur les principaux européens comme l’Allemagne. Alors concrètement qu’est ce qui change pour les actifs en France qui perdraient leur emploi ?
Travailler 8 mois sur une période de 20 mois pour ouvrir des droits
Actuellement, pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé six mois au cours des 24 derniers mois, qui constituent la période de référence d’affiliation. À partir du 1er décembre, il faudra avoir travaillé huit mois sur une période de référence de 20 mois seulement.
L’Unédic, qui n’a pas évalué l’impact de l’hypothèse présentée par le gouvernement, a calculé que si ce critère d’affiliation avait été relevé à 12 mois, l’économie aurait été de 2,3 milliards. Diminuer la période de référence de 24 à 18 mois aurait permis de réaliser des économies comprises entre 5,1 milliards et 7,5 milliards d’euros.
La durée d’indemnisation réduite à 15 mois
La durée maximale d’indemnisation sera réduite de 18 à 15 mois pour les moins de 57 ans « dans les conditions actuelles », c’est-à-dire si le taux de chômage continue à évoluer dans une fourchette comprise entre 6,5% à 9% de la population active.
Une indemnisation plus réservée aux 57 ans et plus
Actuellement les salariés âgés de 53 et 54 ans peuvent être indemnisés jusqu’à 22,5 mois, et ceux âgés de 55 ans et plus jusqu’à 27 mois. Le premier palier disparaîtra et le bénéfice d’une indemnisation plus longue sera réservé aux chômeurs âgés de 57 ans et plus.
Gabriel Attal a en outre dit vouloir que « la proposition des partenaires sociaux de créer un CDI senior soit étudiée » et demandera à la ministre du Travail Catherine Vautrin « de lancer des négociations après l’été, pour un texte de loi d’ici à la fin de l’année ».
Un bonus emploi senior
Afin d’inciter les seniors au chômage à reprendre un emploi, le gouvernement crée un « bonus emploi senior » pour accompagner la reprise d’emploi: il permettra de compléter pendant un an un salaire moins élevé que le précédent. Ce complément versé par l’assurance-chômage permettra de compenser le manque à gagner pour les salaires jusqu’à 3.000 euros.
Le coût de cette mesure serait compensé par un plafonnement du dispositif de maintien des droits des chômeurs proches de la retraite, a relevé François Hommeril, de la CFE-CGC, pointant que cela pénaliserait les cadres.
5 ou 6 jours d’indemnisation en moins
Au lieu d’être calculée en fonction du nombre de jours dans le mois (entre 28 et 31), l’allocation versée devrait à l’avenir être la même tous les mois pour un chômeur n’ayant pas travaillé sur la période, sur une base de 30 jours. Cela fera perdre cinq ou six jours d’indemnisation aux chômeurs n’ayant pas travaillé sur une année entière.
Un bonus-malus sur les contrats courts étendu?
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, le bonus-malus est un dispositif vivement contesté par le patronat qui vise à lutter contre l’abus de contrats courts. Il concerne actuellement les entreprises de 11 salariés et plus de sept secteurs très consommateurs de contrats courts (comme l’hébergement et restauration ou les transports et entreposage).
Il s’agit de moduler la contribution patronale d’assurance chômage – 4,05% de la masse salariale – à la hausse (malus) ou à la baisse (bonus), en fonction « du taux de séparation » des entreprises, comparé au taux médian de leur secteur. Gabriel Attal a annoncé qu’il chargeait Catherine Vautrin « de mener une concertation pour identifier les secteurs qui auront vocation à entrer dans ce système et à quel rythme ».
En Chine, jusqu’à maintenant, les salariés ne rechignaient pas à la tâche. Pourtant, quand au début du mois de mai, la responsable de la communication chez Baidu, un concurrent de Google, s’est adressé aux médias sociaux pour défendre la culture de l’entreprise qui repose sur l’effort, de nombreux salariés ont réagi négativement. Les jeunes cadres chinois sont de plus en plus nombreux à s’opposer aux conditions de travail pénibles courantes dans le pays.
« Gardez votre téléphone allumé 24 heures sur 24, toujours prêt à répondre »
Dans la vidéo qui a provoqué un profond mécontentement, Qu Jing déclarait qu’il n’était pas de sa responsabilité si les relations personnelles ou la santé de ses salariés étaient affectées par leur travail. Elle a indiqué qu’elle n’avait pas « vocation à être leur mère » et qu’une « femme qui choisit de passer du temps avec son mari et ses enfants » ne devrait pas s’attendre à une promotion ou à une augmentation de salaire. « Gardez votre téléphone allumé 24 heures sur 24, toujours prêt à répondre », tel est son conseil à celles et ceux qui ont la chance d’être employés chez Baidu. Le mécontentement fut tel que cette responsable de la communication fut contrainte quelques jours plus tard de s’excuser publiquement en promettant « d’améliorer la manière de communiquer » et de « se soucier davantage des collègues ». Ces excuses ne suffirent pas à calmer les salariés qui ont obtenu son licenciement.
Le directeur général de Baidu, Robin Li, a été contraint de s’exprimer, faisant remarquer lors d’une réunion du personnel que les propos de l’ancienne directrice de la communication ne reflétaient pas les valeurs de l’entreprise. Pour de nombreux chinois, les déclarations de l’ancienne directrice de la communication de Baidu reflètent leur quotidien dans le monde du travail.
« 996 » : de 9h à 21h, six jours par semaine
L’obtention d’un poste chez Baidu, Alibaba ou Tencent signifie du prestige, un salaire élevé, des avantages sociaux généreux et des stock-options lucratives mais au prix d’horaires de travail élevés. En 2019, Jack Ma, co-fondateur d’Alibaba, vantait la semaine de travail « 996 », c’est-à dire travailler de 9h à 21h, six jours par semaine.
Sur les réseaux sociaux, il n’est pas rare de trouver des salariés mentionnés d’un travail « 007 » signifiant qu’ils doivent être disponible sept jours sur sept et 24 heures sur 24. La mort d’un certain nombre de jeunes travailleurs chinois du secteur technologique a suscité ces dernières années un réel émoi au sein de la population. En 2020, un employé de 22 ans de Pinduoduo, une entreprise chinoise de commerce électronique, est décédé alors qu’il rentrait chez lui après son bureau aux petites heures du matin, après une journée de travail de plus de 15 heures.
@Freepik
En 2022, un contrôleur de contenu âgé de 25 ans chez Bilibili, une application de type YouTube, est décédé alors qu’il travaillait pendant les vacances du Nouvel An lunaire. Bilibili a nié que son employé ait fait des heures supplémentaires au cours de la semaine précédant son décès, mais s’est engagé à embaucher 1 000 agents de contrôle supplémentaires. Après le décès d’un de ses cadres de 28 ans, ByteDance n’a pas commenté les horaires de ses employés. Une enquête interne auprès du personnel de l’entreprise a montré que plus de 70 % des salariés ont quitté leur travail après 21 heures, et près de 40 % sont restés après 22 heures.
Face au ralentissement de la croissance, les entreprises ont diminué les avantages sociaux
Ces derniers mois, les entreprises de la haute technologie ont réduit leurs horaires non pas pour améliorer les conditions de vie de leurs salariés mais pour tenir compte de la baisse de la demande.
Face au ralentissement de la croissance, les entreprises ont diminué les avantages sociaux tandis que les augmentations de salaire et les promotions ont été suspendues. Plusieurs entreprises ont même procédé à des licenciements. La distribution de stock-options se révèle moins intéressante. Selon une enquête réalisée par Zhaopin, une société de recrutement, face à l’évolution de la situation économique, près de la moitié des diplômés universitaires du pays aspire désormais à travailler dans des entreprises publiques, contre 36 % en 2020.
Les entreprises d’État ont la réputation d’être sclérosantes, peu motivantes mais ont l’avantage d’offrir un emploi à vie. La moitié des personnes interrogées ont cité la stabilité comme le facteur le plus important lors du choix d’un emploi.
Les conditions de travail commencent à devenir un sujet majeur pour les pouvoirs publics chinois. En 2021, l’équivalent de la Cour de cassation chinoise a déclaré que l’horaire « 996 » était illégal.
Xi Jinping a néanmoins récemment rappelé que la jeunesse se devait de travailler avec dévouement pour le pays afin que celui-ci devienne la première puissance mondiale. Dans un environnement marqué par la crainte de perdre son emploi ou peur d’être perçu comme un dissident, les travailleurs épuisés se réfugient dans l’apathie.
En expulsant de ses rangs les Allemands de l’AfD, le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) s’est débarrassé d’un parti qui devenait gênant. Mais toute alliance avec les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) ou avec le Parti populaire européen (PPE) reste très incertaine. L’article de notre partenaire Euractiv.
Ce dernier est au cœur de plusieurs scandales, dont l’audience a encore été amplifiée par les derniers propos tenus par sa tête de liste, Maximilian Krah. « Je ne dirai jamais que quiconque portait un uniforme [de la Schutzstaffel, SS] était automatiquement un criminel », a-t-il déclaré au quotidien italien La Repubblica.
Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, également membre du groupe ID, avait porté un premier coup à l’AfD mercredi (22 mai) en mettant fin à leur coopération au Parlement européen, après les déclarations de Maximilian Krah. Une décision imitée peu après par l’extrême droite tchèque.
« L’AfD au Parlement européen paie le prix des déclarations incontrôlées de Maximilian Krah, qui nuisent à l’AfD en Allemagne et qui l’isolent au niveau européen », ont commenté dans un communiqué la cheffe de la délégation du mouvement au Parlement européen, Christine Anderson, et le vice-président du groupe, Gunnar Beck.
L’expulsion de l’AfD est symbolique, puisque le mandat de l’actuel Parlement s’achève dans deux semaines, et celle-ci vise surtout à tenter de redorer le blason du groupe d’extrême-droite.
Edoardo Bressanelli, politologue de l’École supérieure Sainte-Anne de Pise, souligne pour Euractiv que les principaux partis du groupe ID, comme le RN et la Lega, le mouvement du vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, redoutaient que les sorties de Maximilian Krah ne nuisent à leur image et ne les fassent chuter dans les sondages.
Comment l’extrême-droite européenne va-t-elle se recomposer après les élections de juin ? Lors d’un débat entre les candidats à la présidence de la Commission, organisé jeudi 23 mai, Ursula von der Leyen a souligné que l’expulsion de l’AfD ne signifiait pas que le groupe ID soit devenu plus fréquentable. Selon des sources au sein du PPE, ID ne fait ainsi que se débarrasser de ses « partis les plus fous ».
Ursula von der Leyen, candidate à sa propre succession à la présidence de la Commission pour le PPE, a d’ailleurs fixé certaines conditions pour que des partis d’extrême-droite puissent participer à une majorité au Parlement européen. Trois critères ont été définis : être en faveur de l’UE, respecter l’État de droit et soutenir l’Ukraine et l’OTAN.
Au sein du groupe ID, de nombreux partis sont encore loin de remplir ces conditions, notamment le RN, dont la position sur le maintien de la France dans l’OTAN est ambiguë.
Ursula von der Leyen a également souligné jeudi que la plupart des partis du groupe ID, y compris le RN, étaient « amis avec Vladimir Poutine », ce qui rend toute alliance avec le PPE impossible.
La présidente de la Commission européenne a fixé les mêmes limites pour le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE). Par conséquent, « si les [partis de] CRE veulent coopérer avec les autres groupes, ils devront peut-être se débarrasser des mouvements qui ne répondent pas à ces trois critères », suggère Edoardo Bressanelli.
Plus d’ID pour crédibiliser CRE ?
En d’autres termes, l’expulsion de l’AfD du groupe ID pourrait donner des idées aux Conservateurs et réformistes européens, tentés à leur tour de chasser les partis qui ne répondent pas aux critères d’Ursula von der Leyen. « Paradoxalement, les CRE pourraient devoir être moins nombreux pour avoir plus d’influence lors de la prochaine législature », continue Edoardo Bressanelli.
En ce cas, plusieurs sources du PPE ont confié à Euractiv qu’une collaboration serait possible, non seulement avec Fratelli d’Italia, mais aussi avec d’autres « membres sains » de l’extrême-droite, du moment que ces derniers respectent les lignes rouges évoquées plus haut.
D’ailleurs, lors du débat, Mme von der Leyen a critiqué le parti polonais d’extrême droite Konfederacja, assurant qu’aucune coalition ne serait possible avec ce dernier, mais pas le PiS, membre des CRE, opposant actuel du gouvernement de Donald Tusk et sa formation Plate-forme civique, membre du PPE.
Pas de grand groupe en vue
Les mouvements qui ne manqueront pas d’intervenir à l’extrême-droite du Parlement européen pourraient aussi compliquer la création d’un grand groupe susceptible de rassembler des mouvements du groupe ID et des CRE, comme le souhaite Marine Le Pen.
La leader du RN tente depuis plusieurs mois de se rapprocher de Giorgia Meloni, la Première ministre italienne et présidente de Fratelli d’Italia, le parti le plus influent des CRE. Giorgia Meloni semble d’ailleurs avoir donné quelques gages au RN.
Sauf que pour Ursula von der Leyen, si les CRE veulent se rapprocher du PPE, un cordon sanitaire doit être maintenu avec le groupe ID. La création d’un grand groupe d’extrême droite semble donc peu probable, du moins si les CRE veulent gagner en crédibilité et se rapprocher du PPE.
In fine, Mme von der Leyen, a souligné l’importance d’attendre les résultats des élections, afin de voir la configuration des nouveaux équilibres politiques au sein du Parlement, confirmant la possibilité de voir émerger de nouveaux groupes.
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes déjà le lundi 27 mai et vous écoutez le flash quotidien des expatriés : L’émotion des Français de l’étranger pour Orion – Durcissement des règles de l’assurance-chômage en France – Lancement des Jeux internationaux de la jeunesse
Le corps de Orión Hernández-Radoux.
Si l’émotion fut vive en Israël, avec la découverte en tout de 3 corps d’otages, ce vendredi 24 mai. Elle fut aussi importante dans le monde. En France, les autorités ont évidemment déploré cette nouvelle dramatique à l’image du Président de la République Emmanuel Macron et de notre Premier ministre, Gabriel Attal qui ont tout deux partager leur tristesse et leur colère sur les réseaux sociaux. Ils ne furent pas les seuls comme l’élue consulaire Daphna Poznanski-Benhamou, qui nous rappelait dans un post sur Facebook, le harcèlement téléphonique des kidnappeurs qui utilisant le téléphone de son fils appelait la mère d’Orion, installée en France dans le Tarn, pour lui dire qu’il allait bien alors, on le sait aujourd’hui, qu’il était déjà mort.
Orión Hernández-Radoux
Le gouvernement serre la vis.
Actuellement, pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé six mois au cours des 24 derniers mois, qui constituent la période de référence d’affiliation. À partir du 1er décembre, il faudra avoir travaillé huit mois sur une période de référence de 20 mois seulement. La durée maximale d’indemnisation sera réduite de 18 à 15 mois pour les moins de 57 ans « dans les conditions actuelles », c’est-à-dire si le taux de chômage continue à évoluer dans une fourchette comprise entre 6,5% à 9% de la population active. Actuellement les salariés âgés de 53 et 54 ans peuvent être indemnisés jusqu’à 22,5 mois, et ceux âgés de 55 ans et plus jusqu’à 27 mois. Le premier palier disparaîtra et le bénéfice d’une indemnisation plus longue sera réservé aux chômeurs âgés de 57 ans et plus.
Une semaine sportive à l’AEFE et pour la rédaction
L’an dernier, c’est la ville de Pau et le département des Pyrénées-Atlantiques qui ont accueilli les Jeux internationaux de la Jeunesse. En 2024, année olympique en France, l’AEFE a décidé d’organiser la 13ème édition des Jeux Internationaux de la Jeunesse à Athènes, le berceau des Jeux olympiques antiques et modernes. Organisé chaque année par l’AEFE et l’UNSS, cet évènement sportif et culturel se déroulera à tout juste deux mois de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024, du 27 mai au 2 juin. Tout au long de la semaine, notre correspondant Etienne Antelme vous fera suivre avec passion les compétitions et les animations qui vont ponctuer la semaine des jeunes qui prendront part aux Jeux internationaux de la jeunesse 2024. Chaque jour, vous retrouvez un petit résumé dans votre flash.
Jeux Internationaux de la Jeunesse
C’est ainsi que s’achève ce premier flash quotidien des expatriés, au nom de la rédaction, on souhaite le meilleur aux 400 compétiteurs des JIJ ! Courage et bonne chance à tous !
Si la Méditerranée règle ses problèmes, alors elle irriguera le monde de solutions. En commençant par le premier échelon : la survie de la Méditerranée elle-même. Il y a les nuages et le changement climatique, l’Amazonie et le Mercosur, le basculement du monde vers le Pacifique. L’Europe, la Méditerranée, ce serait du passé. Et pourtant ! L’Europe reste le premier marché du monde, 30% du commerce mondial passe par la Méditerranée.Pour sauver la planète, sauver la Méditerranée. Comment ? Par un traité de copropriété des pays riverains.
Avec un niveau de vie exceptionnel, une diversité culturelle plus exceptionnelle encore, l’Europe – et la Méditerranée sans laquelle elle serait pauvre et abandonnée – est le point d’équilibre ou de déséquilibre du monde. Qu’elle fléchisse, le monde s’écroule. Qu’elle tienne, le monde se rassure.
L’Europe est le point d’équilibre ou de déséquilibre du monde
L’Europe a deux fronts ; l’un fermé, à l’est. L’autre ouvert : la Méditerranée. Les fils qui la traversent, câbles sous-marins, espèces invasives, pétrole, containers, drogue, polices, migrants, viennent de loin, très loin, comme si la Méditerranée était le réceptacle permanent de l’humanité. Elle compte selon le calendrier égyptien, écrit en alphabets issus du phénicien, utilise la comptabilité des villes italiennes. Tous les continents du monde portent un nom venant de la Méditerranée.
Hier la Grèce était menacée de faillite. Aujourd’hui les pays du sud de l’Europe obtiennent les meilleures performances économiques des pays européens. Grèce, Portugal, Espagne, damnent le pion de la croissance à l’Allemagne et aux Nordiques. Bonne nouvelle.
Mauvaises nouvelles : La guerre explose à Gaza. Le canal de Suez est menacé par les djihadistes du Sinaï. La Méditerranée n’est pas un lac paisible. La Chine s’intéresse à Alger et au Pirée. La Russie s’installe en Syrie en Libye, au Niger. La première flotte militaire méditerranéenne est américaine. Des conflits nouveaux se préparent.
Au détroit de Gibraltar, se cachent sous les camions, les migrants. Les Marocains les chassent au sud, Algériens et Tunisiens les refoulent dans le désert. En Afrique subsaharienne, les guerres civiles débordent les frontières et les religions.
Avec le pétrole et le gaz, l’Algérie devrait être le pays le plus riche d’Afrique. Plutôt que d’investir, elle a doublé son budget militaire en deux ans. Elle fait la part belle aux Russes et aux Chinois.
Algérie et Maroc ne s’opposent pas que sur le Sahara occidental. Ils sont concurrents pour la construction d’un oléoduc jusqu’au golfe de Guinée. L’un passerait par le Sahara jusqu’en Algérie. L’autre longerait la côte africaine jusqu’au Maroc. L’algérien, paraît plus simple, ne traverse que trois pays (Nigeria, Niger, Algérie), ne coûte que 13 milliards. Le second coûte 25 milliards, relie 13 pays du Nigeria à l’Europe. Sous-marin, il est protégé des guerres du Sahel. Qui mettrait un kopeck dans un gazoduc à travers le Sahel ? L’Europe mettrait-elle un euro pour se lier à 13 pays jusqu’au golfe de Guinée ? Sinon quelle alternative énergétique ?
Le pétrole est la calamité du monde. La Libye en regorge, n’en finit pas de sombrer, divisée entre au moins deux gouvernements, chacun soutenu par des mercenaires et des puissances étrangères. Le Grand Mufti de Lybie a lancé une fatwa contre l’Afrika korps russe, appelant à un « djihad défensif » contre « l’invasion du pays par un Etat infidèle et agressif ».
Les trafics, les conflits, les échanges illicites ou non, se règlent ou dérèglent par la politique.
L’Égypte tient ses frontières, et ses prisons remplies de Frères musulmans. Elle parie, elle aussi, sur les gisements de gaz qu’elle veut exploiter avec Chypre et Israël. Les champs gaziers s’étendent, par pointillés, de la Libye au Liban. La Turquie s’en mêle, occupe la moitié de Chypre, intervient en Libye, en Syrie, en Irak, menace la Grèce, enfin se ruine. L’inflation détruit sa classe moyenne, en raison d’une politique délirante, là comme ailleurs, d’Erdogan. La Turquie survit par la contrebande de produits sous sanction, qu’ils viennent ou aillent en Iran, en Irak, en Russie.
La Turquie n’est pas le seul Etat qui vit de crimes et contrebandes : la Syrie inonde le Moyen-Orient en drogue synthétique, fabriquée et distribuée par la famille Assad. À l’Occident de l’Orient, le Maroc produit 90% du cannabis mondial. Le Parlement a légalisé la production. 400.000 personnes en vivent. Les paysans touchent 4% du chiffre d’affaires, les trafiquants 95%. La mafia marocaine, liée au crime italien, contrôle Rotterdam et Anvers.
C’est en Méditerranée que s’inventa la politique.
Le trafic d’hommes, de femmes, d’enfants, d’armes, de drogues, passe par Malte, les Balkans, l’Italie, l’Espagne, la Grèce ; les réseaux criminels se développent de Dubaï à Rotterdam. La Méditerranée va loin. Toutes les luttes du monde sont là. Comment, sinon, les régler, du moins les réguler, les rendre plus supportables, moins tragiques ?
C’est en Méditerranée que s’inventa la politique. Il y avait bien des villes, des royaumes, des empires avant. De « Politique », il n’y en avait pas. La Méditerranée invente, modèle puis exporte le « citoyen ». Jamais les villes d’Europe, de la Hanse à Amalfi, n’oublieront l’autonomie de la cité antique. Pour que la politique soit, il faut une Res Publica : une « chose », ou plutôt une « cause commune ». Les conflits, les échanges illicites ou non, se règlent ou dérèglent par la politique.
Puisqu’il n’est pas possible de traiter tous les problèmes de la Méditerranée, il est indispensable d’en traiter un, le seul d’intérêt commun : la Méditerranée elle-même, notre « bien commun ».
Sans eau plus de vie. La Méditerranée ne se renouvelle qu’en un siècle. Toute pollution y demeure. Tout ce que déversent le Nil ou le Rhône, y reste. 80% des déchets de la mer viennent de la terre : ce qu’y jettent les 500 millions habitants qui y vivent. Ils y pêchent, dans un désordre que seules les réglementations nationales limitent. La surpêche concerne encore 73 % des espèces. Pour 0,8% de la surface maritime du globe, la Méditerranée renferme 8% des espèces mondiales.
Les pays riverains de la mer Caspienne ont convenu d’un traité pour la gérer, une sorte de traité de copropriété : c’est une mer fermée.
Définir un droit de propriété, étendre les zones maritimes jusqu’à la zone maritime des pays voisins.
La Méditerranée est une mer quasi fermée. Tous les pays riverains doivent élaborer un Traité sur la Méditerranée, pour la protéger, en responsabiliser les riverains, contrôler les utilisateurs, en exclure les surexploitations. Définir un droit de propriété des riverains, c’est étendre les zones maritimes jusqu’à la zone maritime des pays voisins. Une instance méditerranéenne réglera les conflits, mettra à disposition données et informations pour tous les pays, demandera des mesures de contrôle, la surveillance et le contrôle effectif, pour commencer dans les aires marines protégées.
La Méditerranée est la mer la plus facile à contrôler du monde.
À l’heure des satellites, il est facile de scruter le trafic maritime et les pollutions marines. Il est temps de cartographier les fonds marins, de suivre leur évolution. De qualifier, d’étalonner, de comparer la biologie sous-marine. Les coopérations scientifiques marines doivent s’étendre à toute la Méditerranée.
La France peut prendre l’initiative d’un traité international, signé d’ici cinq ans. Le proposer au prochain sommet des Nations unies sur les Océans qui aura lieu à Nice en juin 2025. L’UPM doit être, enfin, mobilisée.
Une fois mise en œuvre cette capacité à travailler ensemble, il sera possible de passer à d’autres étapes. On ne sauvera pas que la Méditerranée. Contrôler la Méditerranée permet aussi de contrôler les trafics, à commencer par celui des hommes. La vieille traite méditerranéenne a honteusement repris.
Un accord international pour sauver, surveiller, protéger, la Méditerranée habitue à la gestion des ressources, au partage de connaissances, aux investissements. Et prévient les conflits.
En contrôlant la mer, on contrôle mieux les trafics. Et les crimes. Si on sait le faire en Méditerranée, s’il est possible d’apaiser la Méditerranée, alors il sera possible de montrer comment apaiser le monde. Russes, Chinois, Iraniens viennent en Méditerranée. Ils ne règlent rien. Au contraire.
La géopolitique commence par la géographie. La géographie par la chaîne du vivant, par l’eau. En sauvant la Méditerranée, on trouvera la voie et les moyens de sauver la planète. Pour agir, commencer par le droit international, surtout quand il est piétiné ailleurs.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancaispress