Bonjour à toutes et à tous, ça y est les petits ont retrouvé le chemin de l’école, et on se retrouve comme tous les jours du lundi à vendredi pour le flash quotidien des expatriés. Ce mardi 03 septembre 2024, dans nos titres : Attention à la JDC pour les étudiants qui rentrent en France – Vers un nouveau round de consultations pour Emmanuel Macron ? – Paralympiques : Alexis Hanquinquant titré en triathlon
La journée de défense citoyenne et les jeunes expatriés étudiants : l’écueil
C’est une disposition que les plus âgés ne connaissent pas mais qui a un impact important pour les Français nés à l’étranger ou partis jeunes en expatriation. En effet, le ministère des Affaires étrangères a abandonné depuis 2 ans l’organisation des journées. Pourtant, l’attestation remise à la fin de la journée de défense citoyenne est obligatoire pour tout citoyen français qui s’inscrit dans un établissement scolaire, universitaire en France. Il est possible de la faire ou d’obtenir une autre attestation de dérogation. Tous les détails dans notre article sur Lesfrancais.press. Attention, la rentrée c’est le 26 septembre.
Beaucoup de monde à l’Élysée
C’est le moins qu’on puisse dire, les consultations s’enchaînent depuis ce lundi matin après ses deux prédécesseurs, puis Bernard Cazeneuse, Xavier Bertrant, c’est le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal et le président du Modem François Bayrou qui ont été reçus par Emmanuel Macron. Est-ce que ce mardi sera encore l’occasion de derniers rendez-vous feutrés ? En tout cas, tout le monde attend la fumée blanche avant mercredi. C’est désormais le nom de Thierry Baudet, le président du Conseil économique, social et environnemental, instituteur de formation et spécialiste des réseaux mutualistes, qui court dans les couloirs de nos institutions.
L’équipe de France bien classée aux JO Paralympiques
Quel lundi prolifique pour la délégation française ! La journée a commencé par la médaille de bronze de Lucas Mazur et Faustine Noël avant le festival en para triathlon. Jules Ribstein a ouvert le compteur avec le titre paralympique en catégorie PTS2 avant la médaille d’argent de Rigaudeau en PTVI et le bronze de Perel dans la même catégorie. Très attendu, Alexis Hanquinquant a réalisé une course parfaite pour être sacré avec la médaille d’or en PTS4. La France est bien partie pour réussir son objectif, être comme pour les JO du mois dernier, 5ème aux Paralympiques.
C’est tout pour ce mardi, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés. À demain et belle journée à toutes et à tous où que vous soyez !
Un retour en France s’accompagne souvent de nombreuses démarches à effectuer. Par exemple signaler son départ au consulat ou bien régulariser sa situation avec les services fiscaux. Contacter l’assurance maladie fait également partie des étapes à accomplir quand on (re)vient vivre dans l’hexagone. Il en existe bien d’autres encore. Cependant, quand vous avez moins de 25 ans, il existe une obligation que l’on n’oublie très souvent de remplir, et qui pourtant est une obligation : se mettre en conformité avec la « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC). La négliger peut vous causer de nombreux ennuis. Le site Lesfrancais.press vous explique tout.
La JDC : un parcours balisé en France mais plus compliqué à l’étranger
Connue sous cette appellation depuis 2010, la « Journée Défense et Citoyenneté » est donc « obligatoire pour les citoyens de nationalité française résidant en France ou à l’étranger, garçons et filles, nés en 1980 ou ensuite ». Elle s’effectue entre l’âge de 16 et 25 ans. Au cours de cette journée, sont notamment délivrés des enseignements sur les enjeux et objectifs généraux de la défense nationale, ainsi que sur le civisme. Un test d’évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française y est également intégré.
Pour les Français vivant en France, le parcours pour s’y rendre est assez simple et balisé. La personne est, dans un premier temps, recensée par les autorités consulaires. Elle reçoit alors une attestation. Celle-ci est valable jusqu’à la participation du jeune à sa JDC, et au maximum jusqu’à l’âge de 18 ans. Avant sa majorité, une convocation est dès lors envoyée au jeune, entre 10 mois et 1 an après la date de recensement, pour effectuer sa Journée Défense et Citoyenneté.
Le certificat JDC : un document obligatoire pour le bac, l’université, le permis de conduire, …
À l’issue de cette journée, un certificat individuel de participation est remis au participant. En France, ce document est très important. Il est en effet demandé à de nombreuses occasions. Sans celui-ci, il est impossible au jeune de passer son baccalauréat par exemple, ou de s’inscrire à un concours de la fonction publique. Ce justificatif est aussi demandé pour passer son permis de conduire, et également lors de l’inscription dans une université publique.
Bref, sans ce sésame, de nombreuses portes, notamment de l’enseignement supérieur restent fermées à nos ressortissants. Or, l’une des raisons d’un retour en France chez nos jeunes est souvent liée aux études. Dès lors, comment faire quand cette « Journée Défense et Citoyenneté » n’a pas été organisée dans les pays d’accueil par les autorités françaises ? De nos jours, elle n’est d’ailleurs plus programmée hors de nos frontières.
La « Journée Défense et Citoyenneté » n’est plus organisée hors de France
En effet, c’est en octobre 2018 que la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), par la voix de son directeur de l’époque, Nicolas Warnery, a annoncé l’abandon de l’organisation de JDC à l’étranger. Or, effectuer sa JDC reste obligatoire. Aussi, pour permettre à nos jeunes compatriotes vivant hors de France de se conformer aux règles, une annonce avait été faite pour la réalisation de cette « Journée Défense et Citoyenneté » grâce à un dispositif en ligne. Mais celle-ci n’a toujours pas vu le jour ! Et pourtant, ce certificat attestant de la réalisation de sa JDC reste réclamé lors d’un retour en France. Ainsi, comment faire pour respecter cette demande ?
JDC : « Les jeunes Français établis à l’étranger sont soumis aux mêmes obligations que ceux vivant en France »
Comme il est indiqué sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, vivre hors de France cela n’exempte pas de sa JDC. « Les jeunes Français qui sont établis avec leur famille à l’étranger, quel que soit leur lieu de naissance, sont soumis aux mêmes obligations que ceux vivant en France ».
Quelles étapes suivre pour être en règle avec la JDC pour nos jeunes Français vivant à l’étranger ?
Pour les jeunes ressortissants Français, garçons et filles, vivant à l’étranger, afin d’être en règle avec la « Journée Défense et Citoyenneté », voici les étapes à connaître et les documents à conserver impérativement :
Tout d’abord se faire recenser à l’âge de 16 ans. Cette démarche s’effectue auprès du Consulat dont vous dépendez. Celle-ci est automatique quand vous êtes déjà intégré au Registre des Français établis hors de France. Si ce n’est pas encore le cas, inscrivez-vous !
Le consulat vous adressera alors une attestation de recensement. Ce document est à conserver précieusement. Aucun duplicata ne sera effectivement disponible par la suite. Or, cette attestation est indispensable pour obtenir un papier officiel attestant du report de votre JDC dans la mesure où celle-ci n’est plus organisée dans vos pays d’accueil.
En effet, les consulats ne programment plus de « Journée Défense et Citoyenneté » physique pour les jeunes résidant à l’étranger. Pour autant, à partir de vos 18 ans et jusqu’à vos 25 ans, l’inscription aux concours et examen d’État français (baccalauréat ou permis de conduire par exemple) ou dans une université située dans l’hexagone ne sera possible que si et seulement si vous pouvez présenter votre attestation de report de la JDC. Celle-ci est délivrée par l’ambassade ou le consulat territorialement compétent. Elle l’est envoyée sur simple demande aux Français recensés ayant 18 ans et jusqu’à la veille de votre 25ème anniversaire.
Lors de votre retour effectif en France, et si celui-ci se fait donc avant vos 25 ans, vous devez remplir vos obligations vis-à-vis de la JDC (Article R*112-17 du code national). L’attestation de report éventuellement délivrée par votre ambassade ou consulat n’est en effet plus valable dans ce cas. Pour se mettre en conformité et informer de votre retour en France, vous devez dès lors contacter le Centre du Service National (CSN) pour les résidents à l’étranger aux coordonnées suivantes :
À savoir : le CSN vous demandera notamment de prouver votre nouvelle adresse postale officielle en France. Dès lors, une convocation pour effectuer votre JDC suivra. Faire cette journée, vous mettra alors en règle avec la loi. Vous recevrez ainsi votre attestation finale qui vous permettra, par exemple, de vous inscrire à l’université ou de passer votre permis de conduire.
À noter : si vous effectuez votre retour en France, après vos 25 ans, vous ne devrez plus effectuer votre Journée Défense et Citoyenneté.
La Journée Défense et Citoyenneté et l’exemple de la rentrée à l’université en France (H2)
À l’aube de la rentrée anniversaire, ce sont notamment ces démarches auprès du CSN qu’effectuent de nombreux jeunes citoyens français arrivant en France pour poursuivre leurs études supérieures. Ainsi, Juliette*, qui commence son Mastère en Finances à Paris Dauphine, n’a pas été surprise. « Je savais que je devais contacter ce service à Perpignan ».
Au contraire d’Arsène, qui débute son cursus en première année à l’université Claude Bernard à Lyon I. « Cette galère » nous confie-t-il ! « Je ne savais pas du tout que je devais faire cette JDC. ». Cependant, il se veut rassurant : « Au CSN, ils ont été très réactifs par e-mail. Ils vont m’envoyer prochainement une convocation ». Même partage du côté de Flavie. Cette nouvelle étudiante en économie à l’université d’Aix-Marseille a également eu « peur de ne pas pouvoir (s)’inscrire à la fac.» nous a-t-elle dit. « Je me voyais mal retourner chez mes parents à Rio de Janeiro ! » en rigole-t-elle maintenant avec son attestation de certificat de passage de sa Journée Défense et Citoyenneté en poche. « Ce serait quand même bien et plus facile que les JDC puissent s’organiser quand on est encore à l’étranger, au moins par une visio » propose-t-elle. Message envoyé au gouvernement !
Pour toutes informations complémentaires liées à la JDC, Lesfrancais.press vous recommande de consulter le site du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères :
Les Français de l’étranger sont vus depuis la métropole comme des nantis privilégiés. Pourtant parmi les 3 millions d’expatriés, ils sont nombreux à être des citoyens comme les autres et parfois comme en France, ils sont aussi soumis à des handicaps. À l’occasion des Jeux Paralympique de Paris, Lesfrancais.press fait le tour d’horizon des destinations qui recrutent ! Quel pays proposent les offres d’emplois les plus inclusives ? Expatriation et handicaps peuvent-ils faire « bon ménage » ?
Travailler comme expatrié dans une société privée
De nombreuses entreprises et groupes français ont aujourd’hui des antennes, voire des locaux à l’étranger. Avec le statut de salarié détaché, votre employeur reste le même. Seule votre localisation change ! C’est un moyen rassurant, notamment pour les personnes en situation de handicap, car la politique de l’entreprise restera la même. En fonction du poste demandé, celui-ci peut être temporaire ou permanent.
Pour les personnes demandeuses d’emploi, n’oubliez pas que France Travail possède un pôle international ! Celui-ci vous proposera également des offres d’emplois, mais à l’étranger et avec l’accompagnement de France Travail. La structure peut ainsi vous aider dans vos démarches et la mise en place de votre dossier pour réussir à l’étranger. Que cela soit la mise à jour de votre CV aux normes du pays d’accueil ou bien les politiques et types de contrats sur place.
Le VIE (Volontariat International en Entreprise)
Le Volontariat international en entreprise (VIE) est également un bon moyen pour les jeunes ressortissants de pays de l’Union européenne de découvrir un métier à l’étranger ! Les VIE, ou VIA pour l’administration, sont possibles dans un nombre important de pays, plus de 120, sur l’ensemble des continents. Il faut toutefois être compris dans la tranche d’âge de 18 à 28 ans. Lesdites missions professionnelles sont comprises pour une durée de 6 à 24 mois, suivant les conditions préalables.
Le PVT (Permis Vacances Travail)
Le Permis Vacances Travail (PVT), ou Working Holiday Visa en anglais, occupe aujourd’hui une place de choix chez les personnes désirant travailler à l’étranger. En effet, avec plus de 18 états partenaires de la France dans le monde entier, mais également des conditions ouvertes au plus grand nombre, dépendant principalement de l’âge et de la nationalité, il est aisé de comprendre pourquoi !
Parmi les 18 pays ayant passé des accords avec la France, nous pouvons noter le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine, le Chili, Le Brésil, la Corée du Sud, le Japon… et 10 autres destinations ! Le PVT permet de travailler sur place pendant une durée d’un ou deux ans, suivant les destinations. C’est une bonne manière de travailler une langue, de découvrir un pays et sa culture et de s’immerger dedans ! Enfin, la communauté des PVTistes est très active. Il est aisé de trouver des réponses à ses questions au sein des forums et FAQ qui y sont associés. Y compris en ce qui concerne le handicap !
Les aides pour handicapés non-résidents
En plus des possibilités de travailler, sachez que la France n’abandonne pas ses enfants, même lorsqu’ils vivent hors du territoire national. Il existe ainsi de nombreuses aides.
Ainsi, l’allocation « adulte handicapé » ne peut être servie à un résident français d’un pays de l’Espace économique européen mais hors Europe, l’aide sociale aux Français résidant hors du territoire national est dispensée par les postes consulaires, après avis du Conseil Consulaire, réuni en formation « protection et action sociale ». L’allocation pour l’éducation de l’enfant handicapé, peut, elle, être octroyée à un jeune Français résidant dans un pays de l’EEE.
Aussi, il existe une autre allocation qui est, elle, attribuée aux adultes d’au moins 20 ans, de nationalité française, titulaire d’une carte mobilité inclusion mention invalidité présentant un taux d’invalidité permanent égal ou supérieur à 80%, régulièrement inscrits au registre des Français établis hors de France et disposant de revenus personnels inférieurs au « taux de base » des allocations ou inférieurs au double du taux si mariés, non séparés ou vivant maritalement.
Rapprochez de vos élus consulaires ou du service social du consulat pour découvrir et faire valoir vos droits.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a reçu les honneurs cérémoniaux à l’Elysée lors de sa rencontre jeudi avec le président français Emmanuel Macron, après avoir lancé un avertissement sur la marche de l’extrême droite en Europe.
Relancer les relations avec l’Union européenne
Le Premier ministre a également évoqué la perspective d’une “réinitialisation” de l’approche britannique à l’égard de l’Europe après le Brexit après sa visite à Berlin en route vers Paris, mais a exclu la volonté du dirigeant allemand Olaf Scholz de relancer la libre circulation des jeunes.
Après sa rencontre avec Emmanuel Macron, Keir Starmer a déclaré : “Nous avons discuté de la situation en Ukraine, de la situation au Moyen-Orient, des questions bilatérales en termes de commerce, de défense et de sécurité, mais aussi de la réinitialisation plus large. Je veux par rapport à nos relations, pas seulement avec la France, mais avec l’UE en général.”
Les Paralympiques
Avant son rendez-vous avec M. Macron, Keir Starmer a rencontré jeudi matin les athlètes paralympiques britanniques lors de leur camp de préparation à Saint-Germain-en-Laye, à l’ouest de Paris.
Il a convenu qu’un accord avec l’Allemagne serait conclu d’ici la fin de l’année à la suite de discussions avec son homologue Olaf Scholz, et a également souligné qu’il s’agissait d’une opportunité « unique dans une génération ».
Les deux pays ont également convenu d’élaborer un “plan d’action commun pour lutter contre l’immigration clandestine.”
“Je suis absolument clair sur le fait que nous voulons une réinitialisation (..) Cela ne signifie pas renverser le Brexit ou réintégrer le marché unique ou l’union douanière, mais cela signifie une relation plus étroite sur plusieurs fronts. »
Sir Keir Starmer.
Que pensent les Français du Royaume-Uni de cette inflexion ?
Lesfrançais.press a voulu interviewer des expatriés pour leur demander ceux qu’ils pensent du Premier ministre britannique, qui a pris le pouvoir le 5 juillet 2024 et sur le Brexit et l’Europe.
Patricia Connell, Présidente du Conseil Consulaire (Angleterre, Pays de Galles, Irlande du sud Nord), Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger (Europe du Nord) a déclaré:
“Je suis heureuse que le Premier Ministre britannique ait pris cette initiative très positive. Les jeunes qui, malheureusement n’ont pas pu voter lors du référendum, sont les plus affectés par le Brexit et la fin de la liberté de mouvement. Du jour au lendemain, ce qui avait toujours été une sorte de droit de passage pour des millions de jeunes a disparu. Aller travailler quelques mois ou quelques années comme jeunes filles au pair, stagiaires, serveurs…pour apprendre l’anglais n’est aujourd’hui plus possible. Je me réjouis de cette tentative de pas en avant mais je reste tout de même perplexe. L’Allemagne ou la France seule, ne pourront pas décider pour les autres membres de l’UE. La route risque d’être encore longue même si nous pouvons entrevoir une lueur d’espoir.”
Florence Mele, une Française installée depuis près de 20 au Royaume-Uni et fortement impliqué dans la vie associative franco-britannique est aussi positive :
“On ne peut que se féliciter du nouveau message lancé par Keir Starmer sur la réinitialisation du Brexit. En effet, ce changement de rhétorique de la part du gouvernement britannique travailliste par rapport aux années conservatrices va, on l’espère, entamer une amélioration de l’image du Royaume Uni à l’international, image très endommagée ces dernières années où le Royaume Uni est passé d’un statut de grand rayonnement avec une forte attractivité à son état actuel de petite nation fermée et isolée. Toutefois, méfions-nous des effets d’annonce. En effet, Keir Starmer invente cette expression de « réinitialiser le Brexit », tout en précisant qu’on ne revient sur rien, et sans la faire vraiment suivre d’initiatives concrètes. Bref, je me demande un peu ce que cela veut dire et je ne vois pas ce que cela va changer à une situation économique assez catastrophique, avec une explosion de la dette nationale à 99.4% du PIB et des taux d’intérêt à 5%.”
Quatre ans après que le pays a officiellement quitté l’UE, Starmer a déclaré qu’il souhaitait reconstruire des liens tendus par des années de querelles de mauvaise humeur sur les conditions du Brexit.
Prédire le taux de croissance à trois, six, douze ou vingt-quatre mois relève bien souvent de l’art divinatoire, même si les économistes recourent à des modèles de plus en plus sophistiqués. Les prévisions sont réalisées « toutes choses étant égales par ailleurs », en prenant en compte les données du passé et en extrapolant des tendances. Le problème est que la vie économique est pleine d’aléas. « Prévoir est un art difficile, surtout en ce qui concerne l’avenir », disait Pierre Dac.
Selon la lauréate du prix Nobel d’économie Esther Duflo, se fondant sur des calculs réalisés par l’hebdomadaire The Economist, l’écart d’erreur du FMI sur le taux de croissance du PIB entre 2000 et 2014 a atteint 2,8 points à deux ans. L’économiste souligne dans son livre coécrit avec Abhijit V. Banerjee, « Économie utile pour des temps difficiles », que l’art de la prévision économique a peu d’intérêt. Elle insiste, à juste titre, sur le fait que « le monde est si incertain et si compliqué, que ce que les économistes ont de plus précieux à partager n’est pas leur conclusion mais le chemin qu’ils empruntent pour y parvenir ». Les deux auteurs mentionnent que l’économie, comme la physique, doit admettre le doute et récuser les certitudes absolues. Avec humour, ils admettent que bien souvent, les économistes ne sont pas « des physiciens », mais plutôt « des plombiers » qui « résolvent les problèmes par un mélange d’intuition basée sur la science, de conjectures fondées sur l’expérience, et d’une bonne dose d’essais et d’erreurs ».
Un divorce ancien entre les conjoncturistes et l’opinion publique
Les économistes tendent à être en moyenne plus optimistes que le reste de la population. Certains, cependant, se rangent du côté des pythies de mauvais augure après une cruelle expérience. En matière d’économie, il existe un divorce ancien entre les conjoncturistes et l’opinion publique. Cette dernière ne croit guère aux analyses économiques et aux statistiques. Même en période de croissance, rares sont ceux qui considèrent que la situation leur est favorable.
Ces dernières années, les erreurs de prévision sont légion car les aléas sont nombreux. En 2008, peu d’économistes avaient pronostiqué la crise des subprimes, la plus importante depuis 1929. De même, la crise des dettes souveraines en Europe n’avait pas été anticipée. Les statistiques faussées de la Grèce ont créé un voile empêchant de percevoir les défaillances de l’économie de ce pays. Ni l’épidémie de Covid, ni la guerre en Ukraine en 2022, malgré certains signaux annonciateurs, n’ont été anticipées.
Les prévisions économiques, qu’elles soient nationales ou internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE, Union européenne), peuvent influencer les politiques économiques des États et les réactions des investisseurs. En 1997, une note de la Direction de la Prévision du Ministère de l’Économie, en France, soulignait qu’un risque de fort ralentissement de la croissance était possible en 1998. Cette note a incité le Président de la République à anticiper les élections législatives. Or, nulle récession n’est survenue, bien au contraire, la croissance s’est accélérée.
@adobestock
L’optimisme excessif des économistes favoriserait les crises financières.
En matière d’endettement, les écarts de prévision ne sont pas sans conséquence. Une surestimation erronée de 0,5 point du taux de croissance sur vingt ans peut provoquer le quasi-doublement du poids de la dette publique au sein du PIB (une dette de 50 % du PIB en année 1 passe à 90 % en année 20).
Selon une étude de Paul Beaudry de l’Université de la Colombie Britannique et de Tim Willems du FMI, l’optimisme excessif des économistes favoriserait les crises financières. Ils constatent qu’une croissance annuelle moyenne surestimée d’un point de pourcentage sur trois ans, comme le fait le FMI dans 40 % des cas, réduit la croissance trois ans plus tard d’un point de pourcentage. L’optimisme ne semble donc pas payer.
En août 2024, la simple publication du rapport sur l’emploi du mois de juillet aux États-Unis a conduit les investisseurs à une révision brutale de leurs prévisions. Ils ont estimé que la première puissance économique mondiale se dirigeait vers une récession, bien que la croissance en rythme annuel ait atteint 2,8 % au deuxième trimestre 2024. Cette crainte a provoqué la chute des indices boursiers. Cette réaction peut sembler exagérée.
Depuis la crise des subprimes, périodiquement, les investisseurs croient à la survenue d’une récession ; or, en règle générale, ils sont démentis par les faits. Un examen des dernières données suggère que l’économie américaine n’est pas en danger.
Le taux de chômage américain est passé de 3,4 % en avril 2023 à 4,3 % en juillet 2024. Les expériences passées suggèrent qu’une augmentation de cette ampleur est prémonitoire d’une récession. En effet, une hausse du chômage signifie une baisse de la production et des revenus. Cette corrélation pourrait ne pas se vérifier. La hausse du chômage intervient alors que les marchés de l’emploi étaient sous pression, avec de nombreux secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Depuis quelques mois, les entreprises peuvent sélectionner un peu plus leurs salariés.
Le taux d’activité au sein de l’OCDE atteint des niveaux jamais vus.
Les gains de productivité, qui avaient disparu entre 2020 et 2023, tendent à revenir, ce qui permet de maintenir, voire d’accroître la production. La progression du taux de chômage ne s’accompagne pas de destructions d’emplois. Au cours du dernier trimestre, l’emploi a augmenté de 0,8 % en Australie et de 0,6 % au Canada. La hausse du chômage est avant tout provoquée par l’arrivée de nouvelles personnes sur le marché du travail.
@adobestock
Le taux d’activité au sein de l’OCDE atteint des niveaux jamais vus. Preuve de la vitalité de l’économie américaine, les entreprises réalisent des profits en hausse. Selon une étude de la Deutsche Bank, au premier trimestre de cette année, la croissance des bénéfices reste à son plus haut niveau depuis sept trimestres. Sur un an, les bénéfices des entreprises américaines ont progressé de plus de 10 %. De nombreux indicateurs américains et mondiaux témoignent non pas d’un ralentissement mais d’une accélération de la croissance. L’indicateur de la Banque fédérale de réserve de Dallas, qui suit de manière hebdomadaire l’activité économique américaine, ne montre que peu de signes de faiblesse. L’indice composite mondial des directeurs d’achats (PMI) reste solide. L’indicateur d’activité réalisé par la banque Goldman Sachs semble prouver une amélioration de la situation de l’économie mondiale. Seuls deux pays pourraient connaître un ralentissement : l’Autriche et la France.
Les craintes des investisseurs et des analystes peuvent être autoréalisatrices : c’est leur principal danger.
L’inflation est en baisse dans de nombreux États. Après avoir atteint 10 % fin 2022, elle se rapproche de la cible des 2 %. En juin, les prix au sein de l’OCDE ont augmenté de 2,6 % sur un an. Un quart des pays de l’OCDE ont désormais une inflation inférieure à 2 %. Les craintes des investisseurs et des analystes peuvent être autoréalisatrices ; c’est leur principal danger. La baisse des cours des marchés actions pourrait conduire les ménages et les entreprises aux États-Unis à opter pour l’attentisme. Celui-ci conduirait à une réduction des dépenses de consommation et au report des projets d’investissement. Les incertitudes électorales pourraient également favoriser un tel scénario aux États-Unis. Mais au-delà de ces considérations, toutes choses étant égales par ailleurs, l’économie mondiale se porte mieux en cette fin d’été 2024 que l’année dernière.
La Serbie a signé jeudi 29 août l’achat de douze avions de combat Rafale sous le regard du président français Emmanuel Macron, en visite à Belgrade pour concrétiser plusieurs accords économiques avec ce pays des Balkans qui conserve des liens amicaux avec la Russie. Un article de notre partenaire Euractiv.
Le président serbe Aleksandar Vučić s’est dit « reconnaissant » de « rejoindre le prestigieux club Rafale ».
Les chasseurs-bombardiers français doivent remplacer la flotte vieillissante de Mig russes de l’aviation serbe, et doivent être livrés à la Serbie d’ici 2029. Belgrade achète neuf Rafale monosiège et trois biplace, pour 2,7 milliards d’euros, a précisé le président serbe Aleksandar Vučić juste après la signature.
Accueilli à sa sortie de l’avion par son homologue, Emmanuel Macron, qui fait le déplacement malgré la crise politique en France où il doit nommer un nouveau Premier ministre, a également assisté à la signature de plusieurs accords portant sur le traitement des déchets ou les matériaux rares.
La question des Rafale est sensible : Belgrade, candidate à l’adhésion à l’Union européenne (UE), maintient des relations avec Moscou malgré l’invasion de l’Ukraine, et n’a pas imposé de sanctions à la Russie depuis le début de la guerre en 2022.
Auprès de l’AFP, le président serbe a plaidé que la quasi-totalité des « avions intercepteurs » serbes et « l’ensemble » des « avions de combat venaient de Russie ». « Nous devons évoluer, changer nos habitudes et tout le reste afin de préparer notre armée », a-t-il déclaré.
La France met aussi cet argument en avant, évoquant une logique « d’arrimage de la Serbie à l’Union européenne ». Belgrade peut faire le « choix stratégique » de « coopérer avec un pays européen » pour renouveler sa flotte, espère-t-on à Paris.
Si la France ne prend pas la place « par exemple avec des Rafale » des avions russes utilisés en Serbie, « cette enclave qui est au milieu de l’Union européenne deviendra un point d’entrée pour l’instabilité sur notre continent et pour tous les régimes autoritaires de la Russie à la Chine », a abondé jeudi matin sur la radio France Info Jean-Noël Barrot, ministre démissionnaire chargé de l’Europe.
Pour Vuk Vuksanovic, du Centre for Security Policy, un cercle de réflexion de la capitale serbe, « Vučić cherche une solution pour remplacer ses Migs vieillissants ». « S’il n’en trouve pas, la Croatie voisine, avec ses propres Rafale, aura une supériorité aérienne dans les Balkans occidentaux. Et l’ego de Vučić ne peut pas accepter cela », explique-t-il.
« De plus, il pense qu’en achetant ces Rafale, qui sont un produit extrêmement coûteux de l’industrie française de l’armement, il achètera la protection politique et les faveurs du président Macron. »
Vuk Vuksanovic, du Centre for Security Policy
Les deux pays n’ont pas évoqué de contreparties à la transaction. Mais la France soutient officiellement le processus d’adhésion de la Serbie à l’UE, défendu par Aleksandar Vučić malgré les préoccupations qui s’expriment au sein de la population.
Dans une lettre parue le 29 août 2024 dans la presse serbe, Emmanuel Macron a répété que la Serbie avait « toute sa place » au sein de l’UE.
« Je reviens aujourd’hui en Serbie avec un message simple : l’Union européenne et ses États membres ont besoin d’une Serbie forte et démocratique à leurs côtés et la Serbie a besoin d’une Union européenne forte et souveraine »
le président de la République dans une lettre parue jeudi dernier dans la presse serbe
Huit mois après les élections législatives serbes entachées de fraudes selon l’OCDE et le Parlement européen, remportées par le parti présidentiel, l’Élysée estime que ce processus d’adhésion doit pousser Belgrade à « consolider l’État de droit ».
Emmanuel Macron a aussi prôné la « normalisation des relations avec le Kosovo », « partie intégrante » de ce « rapprochement » avec les Vingt-Sept. Depuis l’indépendance du Kosovo en 2008, que la Serbie n’a jamais reconnue contrairement à de nombreux pays occidentaux, les tentatives d’apaisement et de dialogue ont échoué.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenus dans le mois septembre, c’est la rentrée, courage à tous ! Et vous écoutez le flash quotidien des expatriés du lundi 02 septembre 2024. Aujourd’hui, dans nos titres : Bernard Cazeneuse, Premier ministre, telle est la question du jour en France ? – 3 présidents à l’Elysée ce lundi – Anne Genetet : mobiliser pour le budget des armées
Bernard Cazeneuve, favori pour Matignon
L’annonce devait avoir lieu dans le week-end, mais face à la résistance des membres du Nouveau Front Populaire, Emmanuel Macron. Mais le Président de la République recevra le favori ce lundi matin à l’Elysée dans le cadre de ses consultations en vue de la nomination du nouveau premier ministre. Alors que son nom circule depuis plusieurs jours comme premier ministre possible, « Bernard Cazeneuve n’est pas demandeur, mais s’il le fait, c’est par devoir et pour éviter des difficultés supplémentaires au pays », précise l’entourage de M. Cazeneuve.
Source : Service photographique de Matignon – Bernard Cazeneuve dans son bureau de Premier minsitre en janvier 2017
Sarkozy et Hollande consultés par Macron
En plus de Bernard Cazeneuve, Emmanuel Macron va aussi recevoir au palais son prédécesseur, François Hollande, ainsi que le prédécesseur de celui-ci, Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État pourrait ainsi chercher le soutien de l’ancien président socialiste pour faire aboutir la solution Cazeneuve qui a été ministre de l’Intérieur de François Hollande au moment des attentats de novembre 2015, et premier ministre des derniers mois de son quinquennat.
Anne Genetet, première invitée de la deuxième saison d’En toute confidence
Cette année sur lesfrancais.press et la French Radio, chaque dimanche et lundi, vous pourrez découvrir un nouvel épisode d’une des 4 émissions mensuelles. Pour ce premier dimanche du mois de septembre, c’est En toute confidence qui ouvre le bal en recevant Anne Genetet, députée des Français de la Xième circonscription (Europe de l’extrême Est, Asie et Océanie). Depuis sa réélection, elle milite pour que les forces armées ne soient pas victimes de la coupe budgétaire. Au cours de ce podcast, on parle évidemment de la situation géopolitique, mais aussi des problèmes propres à sa circonscription comme la Caisse des Français de l’étranger. À découvrir sur toutes les plateformes de streaming, sur les chaînes Telegram, et sa petite sœur sur Whatsapp et bien sûr sur nos réseaux sociaux et nos sites.
En Toute Confidence – Saison 2
C’est tout pour le flash quotidien des expatriés du lundi 02 septembre 2024, bon courage pour la rentrée, on en parlera dès demain ! Belle journée à toutes et à tous !
Une boule de feu a traversé le ciel de l’est de la France le 27 août. Était-ce l’étoile mystérieuse de Tintin qui annonçait la fin du monde ? Un missile égaré? Un ballon d’espionnage chinois ? Une soucoupe extraterrestre ? L’étoile des rois mages? Tout cela à la fois : le signe annonciateur d’un nouvel âge, quand toute vie dépend des ondes, de l’espace, d’ailleurs… un nouveau monde !
Le satellite Starlink 2382 s’est désintégré au-dessus de Belfort à 28 800 km/h, 8 km/seconde. 12.000 satellites Starlink, gravitant au-dessus de la terre, permettent un accès à internet n’importe où dans le monde. La Nasa a fait appel à Space X d’Elon Musk pour sauver ses deux astronautes coincés dans la station spatiale internationale. Sans Space X, ils seraient perdus. Observant la guerre d’Ukraine, les Chinois veulent en construire l’équivalent, nommés Qianfan ou Guowang, dragons célestes lancés dans la compétition spatiale pour occuper les meilleures orbites autour de la terre. Une fois le réseau des anges constitué, voici la rente quasi monopolistique de la prière, et voici pourquoi Elon Musk se sent le maître du monde.
Quels services rend ce Martien et ses pareils ? Mille. Personne ne s’en passe, ni ne s’en passera, sauf à subir plus encore leur pratique sous forme de loi céleste. L’an prochain, le système Direct to cell, donnera, gratuitement, dans le monde entier, un accès à un numéro d’urgence. Le Téléphone ? Musk. Les pompiers ? Musk. La défense ? Musk. Le streaming ? Musk. Le système de paiement ? Musk. La voiture ? Musk. Si ce n’est lui, c’est donc son frère.
Comme les frères Pavel et Nicolaï Durov, patrons de Telegram, le réseau crypté aux 900 millions d’utilisateurs. Nicolaï est un petit génie, plusieurs fois champion du monde des olympiades des mathématiques. Pavel a seulement quatre nationalités, dont la Française, sous le nom de Paul de Rove. C’était gentil de sa part de la demander. Son arrestation a eu un écho mondial et soulève, outre des questions de liberté (la liberté c’est aussi accepter la possibilité du mal) des questions de pouvoir.
Pavel Durov, PDG-Fondateur de Telegram
Si les régimes autoritaires ne contrôlent pas l’information et la désinformation, ils meurent. Ils peuvent donc mourir.
Le premier à avoir interdit Telegram, (son prédécesseur VKontakt) est Poutine. Maintenant Russes et Ukrainiens ne peuvent s’en passer, pour communiquer à l’abri de l’ennemi. Une vingtaine de pays ont suivi l’exemple ou menacent de le faire. « X », ex-Twitter, subit aussi menaces et interdiction. Un juge a ordonné la suspension de « X » au Brésil et le blocage des comptes de Starlink. Au regret des populations dispersées du Sertão et d’Amazonie, pauvres coupés du monde sans l’outil du milliardaire. Musk crie au scandale, en appelle à la liberté d’expression, dénonce une vengeance politique, (il a soutenu Bolsonaro comme il soutient Trump), mais courtise le Parti communiste chinois, investit des centaines des millions en Chine. La Chine a pourtant interdit « X », comme l’Égypte, la Turquie, l’Ouzbékistan, l’Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord, le Venezuela, la Birmanie, la Russie, le Pakistan.
Contrôler l’information et la désinformation est vital pour les régimes autoritaires. S’ils ne le font pas, ils meurent. Or l’information peut échapper à tout contrôle. Ils peuvent donc mourir. Les services russes, iraniens et chinois, utilisent les réseaux sociaux pour multiplier les fake news, alimentés par des robots « intelligents ».
Les gouvernements, même les plus démocrates, utilisent aussi ces relais de puissance, comme l’a reconnu Mark Zuckerberg, le patron de Meta. Le FBI, à propos d’informations mettant en cause le fils de Joe Biden, lui a expliqué qu’il s’agissait de fake news dues aux Russes, ce qui était faux. Le responsable, il est vrai, est le FBI, non Meta. Un journal eût subi la même manipulation.
Il ne s’agit plus de manipuler le journal, l’information, mais le vecteur lui-même. Une information se perdra dans la masse. Tout cela est possible parce qu’une révolution est en cours. Fini l’or, fini le pétrole, le blé, le fer, le cuivre, le lithium, l’uranium. La richesse, si elle ne l’a jamais été, n’est plus matérielle. Bien sûr, ceux qui possèdent des hectares, des vignes, des mines, des immeubles, ne seront ni pauvres ni ruinés. Quoique. Ils se feront racheter par les vendeurs d’ondes, d’espaces, d’algorithmes. Ce sont les calculs qui comptent, les logiciels, les idées, la connaissance, les données, le savoir.
La Chine, qui consomme la moitié du pétrole mondial, la moitié du charbon, qui produit la moitié de l’énergie renouvelable, a déployé ses robots animés par l’Intelligence Artificielle lors du Salon mondial de la robotique, 13 000 participants venus d’une dizaine de pays, 250.000 visiteurs. Des robots très humains, promettant de faire la guerre, ou l’amour. Bientôt les Jeux Olympiques. La Chine veut coloniser le nouveau monde.
Le ministère de la défense français a créé un commandement de l’espace, lié à l’armée de l’air. Il prévoit 500 emplois en 2025. Starlink en emploie 6.000. Le candidat Trump, qui avait songé à interdire Tiktok, promet d’envoyer Zuckerberg en prison. Son candidat à la vice-présidence propose de démanteler Meta et Google «beaucoup trop grands, beaucoup trop puissants » .
En pleine campagne présidentielle, Donald Trump lance sa monnaie virtuelle (DeFi), propose de faire des Etats-Unis, la « capitale planétaire des cryptomonnaies ». Des millions d’Américains, électeurs, en possèdent. La promesse : se passer des banques.
Il est possible de parler avec ses parents disparus, pour 20 yuans. L’I.A. permet aussi de créer un petit ami.
À l’autre bout de la planète, le pouvoir chinois s’active à contrôler toute l’activité de la population par WeChat, le système autonome chinois. La punition, pour une dissidence, un commentaire, est simple : le compte de l’impertinent est bloqué. Comment vivre sans WeChat quand tout passe par WeChat ? La Chine du PCC voit plus loin. L’Intelligence Artificielle permet de créer son petit ami ; l’âme sœur comprend, s’attache, espionne. Mieux encore : il est possible de parler à ses parents disparus, les voir au Paradis, pour 20 yuans (2.5€). Tradition et modernité, les nouveaux fantômes chinois perpétuent le culte des ancêtres.
Alibaba, Tencent, Xiaomi, Huawei, TikTok, Shein, Temu, suivent les Routes de la soie : construire une chaîne planétaire pour les communications, suivre les produits, identifier les consommateurs, leurs désirs, leurs pensées. La Chine a déposé 74% des brevets mondiaux concernant l’IA.
Aux Etats-Unis, grâce à l’intelligence artificielle, NVIDIA a atteint une capitalisation boursière de 3000 milliards de dollars, la dette de la France. Son chiffre d’affaires a plus que doublé en un an. Les échelles de mesure commencent à différer entre le vieux et l’ancien monde.
La France se veut le centre de l’Intelligence artificielle en Europe. Les levées de fonds se multiplient, avec Google, Amazon, Microsoft (qui a investi 4 milliards en France). Facebook et Google ont chacun implanté un centre de recherche à Paris. La nécessité de l’alliance américaine dépasse de loin l’Otan et la Russie.
La législation de ce nouvel univers, qui transforme toutes les activités humaines, est un enjeu de civilisation.
Alors que l’Europe a adopté la première législation stricte sur l’IA, l’AI Act, la France doit proposer un équilibre entre innovation et réglementation. C’est un juge français qui a ordonné l’arrestation, à tort ou à raison, de Pavel Durov. Pas le gouvernement, il n’y en a plus. C’est une différence notable entre un état de droit et un état d’abus de pouvoir. Fixer les normes, voilà un enjeu mondial.
Que les « procès » de l’IA de Telegram et de X s’ouvrent. Qu’ils n’oublient ni la liberté, ni la responsabilité.Aucune société innovante ne perdure sans liberté créatrice, sans critique, qui décide de l’obsolescence des robots, et de la vanité des contrôles, parce que tout système engendre des pirates. Un système ouvert est plus créatif qu’un système fermé.
La tâche première d’un gouvernement est de penser aux nouveaux mondes
Une boule de feu dans le ciel n’annonce pas la fin du monde, mais un nouveau. Médecine, éducation, services à la personne, finances, assurances, mobilités, énergies, définition de l’Etat, compétition des pouvoirs, manipulations, abus, inégalités, les bouleversements commencent. Ce n’est pas demain, c’est.
En attendant, la France attend son gouvernement. Et si on mettait un Robot mû par l’IA, ferait-il plus d’erreurs que les précédents ? La tâche première d’un gouvernement est de penser aux nouveaux mondes.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire France pay