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  • Anne Genetet : une députée face à la « citadelle Bercy »

    Anne Genetet : une députée face à la « citadelle Bercy »

    Nous vous proposons une interview d’Anne Genetet, la députée des Français d’Asie qui clôt la réforme fiscale. En effet, elle a déposé, début octobre 2020, un amendement sur la fiscalité, adopté en commission à l’Assemblée nationale.

    Elle revient sur 2 années de débat et sur son combat face à la « citadelle Bercy » !

    Une réforme fiscale.. finalement technique

    On évoque en premier, évidemment, l’amendement déposé le 02 octobre par Anne Genetet, avec 5 autres députés des Français de l’Etranger, qui clôture la séquence de la réforme fiscale des non-résidents contribuables.

    L’objet premier de la loi votée en 2018 était de simplifier la fiscalité des expatriés. Complexe, avec des tranches différentes de nos compatriotes en France, injuste car les contribuables non-résidents n’accèdent qu’à une toute petite partie des outils de défiscalisation, difficile à recouvrir par l’administration, 3 adjectifs que la réforme devaient bannir.

    Finalement après de nombreux rebondissements, alimentés par la mobilisation sans faille de certains collectifs de citoyens, c’est le rétropédalage.. Le système en vigueur pour l’année 2018 sera, en gros, celui qui s’appliquera dans le futur. La nouveauté, il y aura un prélèvement à la source quand cela sera possible. C’est d’ailleurs le principal apport de son amendement.

    La CSG, une inégalité entre Français expatriés

    Nous abordons, en suite, le cas de la CSG. En effet, alors que les expatriés au sein de l’Espace Economique européen sont exemptés de son paiement grâce à un arrêt de la Cour européenne de justice, ce n’est pas le cas pour ceux en dehors.

    En contradiction avec la constitution, qui prévoit l’égalité de traitement entre les citoyens, le gouvernement ne modernise pourtant pas la loi fiscale. Anne Genetet, élue dans la grande circonscription de l’Asie, revient sur les arbitrages (perdus) qui bloquent la situation. Elle appelle les citoyens à prendre, là encore, les choses en main, en se regroupant au sein de « Class Actions » devant les tribunaux français.

    Les expatriés et le gouvernement : « Faire vivre la marque France »

    L’entretien se conclut sur un instant de paroles libres. La députée des Français de l’étranger revient sur l’ambiguïté de la relation entre le gouvernement et les expatriés. Evoquant la « citadelle Bercy » qui focalise son action sur ceux qui seraient « partis avec les poches pleines », elle ne mâche pas ses mots. Elle revient aussi sur les succès portés par les expatriés qui travaillent, comme les Alliances Françaises.

    Enfin, elle appelle, cette fois, l’exécutif, a être plus attentif aux Français de l’étranger, de plus les visiter et de mieux les entendre. A quelques mois des échéances électorales de 2021 et 2022, Anne Genetet fait un bilan, sans concession, de l’action des 10 députés des Français de l’étranger de la majorité présidentielle.

    Podcast Vidéo – Anne Genetet

    Interview du vendredi 09 octobre d’Anne Genetet
  • A la découverte de Shatin

    A la découverte de Shatin

    Adèle de la French Radio Hong-Kong vous fait découvrir la ville des champs sableux. Vous êtes vous déjà rendu dans la région la plus peuplée de Hong Kong ? Non, on ne vous parle pas de Kowloon city. Car aujourd’hui Adèle Marchais vous emmène à Shatin, ou la ville des champs sableux.

    Shatin, c’est une ville ou plutôt un ensemble de ville du côté Est des Nouveaux Territoires.

    Le quartier est facilement reconnaissable sur une carte car il se trouve de part et d’autre de la rivière Shing Mun, celle qui forme une brèche au dessus du renommé rocher du Lion. Il ne faut pas confondre Shatin, la ville sur la côte ouest de la rivière et la région de Shatin dont les frontières sont bien plus larges. Elle englobe Shatin bien sûr mais aussi les villes de Taiwai, Maonshan, Fotan, Siulekyuen et Maliushui. 659 794 habitants y vivent selon une étude de 2016. Cela en fait un territoire plus peuplé que Malte ou que l’Islande. 

    Mais alors, pourquoi s’y rendre ? Quel intérêt d’y aller ?

    La région de Shatin regorge d’activités diverses, de lieux à visiter et à explorer. Le site le plus connu est le Rocher du Lion qui offre une vue splendide sur Kowloon, l’île de Hong Kong et Shatin. Cette montagne a une signification particulière par sa forme de félin qui symbolise la force et le courage des Hongkongais. Si vous descendez côté Shatin, vous pouvez vous arrêter près d’un autre rocher iconique et moins connu, le Amah Rock. La légende raconte qu’une dame montait tous les jours sur sur la montagne pour attendre son mari pêcheur dans la peur que ce dernier n’ait fait naufrage. La déesse de la mer l’a transformée en pierre pour que son esprit puisse s’unir à celui de son homme. Depuis elle ne cesse de scruter l’horizon avec son bébé dans son dos du haut de ses 15 mètres de hauteur.

    C’est une légende parmi des centaines à Hong Kong et si vous voulez en apprendre plus sur les légendes Hongkongaises, je vous invite à faire un tour au musée du patrimoine. Les expositions y sont variées, allant de Bruce Lee et du kungfu à l’opéra Chinois en passant par des expositions sur Jin Yong, Jao Tsung-i ou encore Lo Ching Yuen. Il y a une partie du musée spécialement conçue pour les enfants et l’entrée est gratuite.

    Lorsque vous sortirez du musée vous serez à deux pas du parc de Shatin.

    Particulièrement apaisant, il longe la rivière Shing Mun. Il est composé d’un jardin des senteurs, d’un jardin traditionnel chinois et d’un amphithéâtre ou se déroule des cours de Qi Gong en musique. Ces huit hectares de verdure se trouvent près du centre commercial de Shatin NewTown. Ce centre commercial est connu pour être le théâtre de rassemblements pro-démocratiques. Il est connecté à plusieurs autres centres commerciaux ce qui en fait une structure complexe et massive avec des magasins qui couvrent une grande gamme de prix. Dans un centre commercial voisin on trouve une branche de l’Alliance Française de Hong Kong.

    A la place du centre commercial se trouvait avant le bourg de la ville. Une ville qui s’appelait Lek Yuen, ou la source de l’eau claire, avant la colonisation des Britanniques. Car Shatin est une région historique ! Elle était peuplée avant la dynastie Ming, c’est à dire avant le 14ème siècle. La plupart des habitants vivaient de l’agriculture. On peut suivre les traces de cette histoire au village fortifié de Taiwai qui date du 16ème siècle. Si vous aimez les villages fortifiés vous pouvez également vous rendre à la grande maison des Tsangs, Tsang Tai Uk, à 20 minutes du village de TaiWai. C’est l’un des village hakka les mieux préservé de Hong Kong. Sa construction a débuté en 1847 et a mis 20 ans a être finalisée.

    Le temple des dix milles bouddha est le lieu touristique fart de Shatin, mais de l’autre côté de la rivière Shing Mun, le Che Kung Temple est également très beau. Pas besoin de gravir la montagne pour s’y rendre, une station de métro qui porte son nom vous y conduit. La majestueuse statue dorée de Che Kung vous surprendra lorsque vos yeux se seront accoutumés à l’obscurité du temple. Cet homme était un commandant militaire de la dynastie des Song du sud. Ne repartez pas sans avoir contourné le temple, car derrière se cache le temple original, beaucoup plus petit mais à ne pas manquer.

    Shatin est un lieu de course.

    De courses de chevaux tout d’abord car la région a le deuxième hippodrome de Hong Kong après Happy Valley mais aussi des courses de dragon boat. Cette année, l’évènement sera peut être annulé par précaution sanitaire. Cela ne vous empêche pas de faire la course à vélo. Du centre de Shatin partent de nombreuses pistes cyclables allant à Maonshan ou à Tai Mei Tuk en passant par Taipo.

    Avec quatre hôpitaux, trois universités dont la plus grosse est la Chinese University et ses nombreuses résidences publiques, Shatin est loin d’être aujourd’hui un champs sableux. Cette région de 69,4 km² regorge de monuments, de lieux culturels et d’activités à découvrir.

    Ecoutez le Podcast Audio

    Honk-kong et Macao

    Un podcast de La French Radio HK

  • Les pays de l’UE s’interrogent à propos du pacte sur l’asile

    Les pays de l’UE s’interrogent à propos du pacte sur l’asile

    Les États membres ont accueilli avec une grande prudence le nouveau pacte sur la migration et l’asile proposé par la Commission européenne, bien que tous admettent l’urgence de régler une question dans l’impasse depuis plus de cinq ans.

    Le sujet a été abordé jeudi 8 octobre lors d’une vidéoconférence des ministres de l’Intérieur de l’UE. C’était la première fois que le nouveau pacte sur la migration et l’asile proposé par la Commission européenne faisait l’objet d’une discussion.

    Ce dernier propose une solidarité « à la carte », principalement axée sur l’expulsion des migrants qui ne remplissent pas les critères permettant de demander l’asile dans l’Union, soit deux tiers de ceux qui franchissent actuellement les frontières des 27.

    « Je suis optimiste », même s’il faudra « encore beaucoup de travail pour trouver un équilibre entre les intérêts des uns et des autres », a déclaré à l’issue de la réunion Horst Seehofer, le ministre allemand de l’Intérieur, dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.

    « Nous devons faire en sorte que les deux tiers (des migrants) qui arrivent et qui n’ont pas le droit de rester, repartent le plus rapidement possible », a ajouté le ministre allemand, en soulignant que cette manière de procéder répondait à la fois aux intérêts des pays en première ligne (Espagne, Italie, Grèce, Malte et Chypre) et à ceux des États qui craignent les mouvements dits « secondaires », effectués par les migrants qui entrent par un pays et se déplacent ensuite vers un autre.

    L’objectif de l’Allemagne est de parvenir à un accord politique sur l’essentiel de ce pacte d’ici à la fin de l’année. Ainsi, en plus de la réunion déjà prévue en décembre sur ce sujet, une nouvelle rencontre des ministres a été agendée en novembre, et toutes deux se dérouleront « si possible » « en présence » des participants.

    Volonté de coopérer

    « Il existe une large volonté de collaborer sur la base de cette proposition » qui aborde les points « décisifs » permettant de parvenir à des accords, a assuré Horst Seehofer. Parmi ces points clé, il cite la solidarité, la protection des frontières, les retours et les partenariats avec les pays d’origine et de transit des migrants.

    Selon le ministre, les cinq pays d’entrée – dont les représentants se sont entretenus avec lui mercredi 7 octobre lors d’une vidéoconférence – doivent obtenir « la certitude qu’ils ne devront pas garder tous les migrants qui arrivent sur leur territoire ».

    Parallèlement, les intérêts des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, République tchèque et Pologne), qui refusent d’accueillir des demandeurs d’asile, devront être pris en compte.

    « Nous trouverons une solution avec les uns et les autres »

    Host Seehofer

    Personne n’est complètement satisfait

    Ylva Johansson, la commissaire européenne aux affaires intérieures, a pour sa part reconnu qu’« aucun État membre ne s'[était] déclaré entièrement satisfait » du pacte.

    « Chacun a exprimé ses préoccupations et les choses qu’il souhaite changer. C’est ce qui est au menu des mois à venir »

    Ylva Johansson, la commissaire européenne aux affaires intérieures

    Selon elle, il est trop tôt pour que les pays se prononcent sur la manière dont ils participeront aux efforts de solidarité, car cela dépendra des situations, a-t-elle ajouté.

    Fernando Grande-Marlaska, le ministre espagnol de l’Intérieur, a prévenu lors de la réunion du 8 octobre qu’« un système dans lequel la pression [migratoire] se concentre sur cinq pays ne fonctionnera pas ».

    « Aucune politique européenne de migration et d’asile ne sera véritablement efficace sans un partenariat vaste et durable avec d’importants pays tiers ; l’efficacité de notre politique européenne de migration et d’asile dépend de cette dimension extérieure », a-t-il déclaré, selon son ministère.

    Éviter les erreurs du passé

    Le nouveau pacte entend éviter les erreurs du passé, il exclut dès lors de contraindre les pays de l’UE à accueillir des demandeurs d’asile et mise plutôt sur la protection des frontières et l’accélération des retours de ceux qui ne sont pas autorisés à rester au sein de l’Union.

    Entre autres nouveautés, il propose de doter l’UE de procédures plus efficaces de contrôle des frontières extérieures et inclut pour la première fois une « évaluation préliminaire » des migrants qui traversent illégalement la frontière ou ont été débarqués après une opération de recherche et de sauvetage en mer.

    Il prévoit également un mécanisme de solidarité qui doit être activé lorsqu’un pays est sous « pression » ou dans une situation « d’urgence ».

    Dans ces circonstances, les autres États membres (dont la France) seront obligés de choisir entre l’accueil d’une partie des migrants, la participation au refoulement ou le soutien opérationnel, par exemple en finançant la construction d’un camp de réfugiés.

    Ce dense paquet de mesures inclut d’autres idées nouvelles, et en particulier celle des « retours sponsorisés », auxquels pourront participer les pays qui ne souhaitent pas recevoir de migrants mais qui veulent apporter leur aide pour les retours.

    Cette assistance pourra consister à organiser des vols de retour ou à s’acquitter des indispensables prises de contacts diplomatiques qui doivent faciliter le retour des migrants.

    Un article d’

  • La championne mondiale de l’élevage d’insecte est  une start-up française

    La championne mondiale de l’élevage d’insecte est une start-up française

    372 millions de dollars de levée de fonds et pas un euro de chiffre d’affaires ! Un miracle de la nature, et de la French Tech.

    Une licorne made in France ?

    Il n’y aura pas de retour sur investissement avant quelques années, comme c’est la règle pour ce type de start-up. Mais le carnet de commandes se remplit et beaucoup y croient : l’élevage d’insectes dans une ferme de haute technologie. 

    Ynsect, une start-up française de la foodtech a fait de l’élevage d’insectes sa spécialité. La ferme sera construite près d’Amiens, à Poulainville,  elle produira 100.000 tonnes de farine à base d’insectes. L’usine d’Amiens devrait créer 500 emplois locaux, dont 90 emplois directs. Elle devrait être achevée en 2022. Le cout d’investissement de l’usine est estimé à 150 millions d’euros, selon Antoine Hubert, le fondateur d’Ynsect.

    130 emplois créés

    Ynsect a déjà construit un site pilote, dans le Jura et emploie déjà 130 personnes, surtout à Paris.

    Pour un kilo de protéines, la production d’insectes demande 100 fois de surfaces  que la production animale et beaucoup moins d’eau. La farine produite sera utilisée pour l’aquaculture, les animaux de compagnies, l’engrais. Son « produit » phare s’appelle le Tenebrio Molitor, ou vers de farine, une espèce de scarabée riche en protéine.  

    Levée de fonds

    Pour sa troisième levée de fonds, Ynsect a obtenu 224 millions de dollars après une première levée de 125 M$ et 23 millions de subventions européennes. Il s’agit de la plus importante levée de fonds pour une entreprise agricole non américaine. A noter, que, parmi les investisseurs, figure l’acteur Robert Downey Jr,  (Chaplin, Iron Man, Avengers, Captain America, Sherlock Holmes) à travers son fonds d’investissement, et des investisseurs belges, américains ou de Hong Kong

    Présente en Europe et en Asie, la pépite française veut s’implanter en Amérique du nord.

  • libération de Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé

    libération de Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé

    Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a recouvré la liberté au Mali en même temps qu’un prêtre et un jeune italiens ainsi que l’homme politique malien Soumaïla Cissé, après des mois voire des années de détention aux mains présumées des jihadistes, ont annoncé les autorités maliennes jeudi. 

    Des images tournées par un correspondant de TV5 Monde à l’aéroport de Bamako ont montré le fils de l’ancienne otage, Sébastien Chadaud, arrivé mardi au Mali, tomber, bouleversé, dans les bras de sa mère à la descente de l’avion, ainsi que Soumaïla Cissé faire de même avec des proches. 

  • Problèmes en cascade pour les laissez-passer des couples binationaux

    Problèmes en cascade pour les laissez-passer des couples binationaux

    Le Secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, chargé des Français de l’étranger, avait annoncé mi-août la mise en place d’une procédure dérogatoire pour permettre les retrouvailles des couples franco-étrangers (hors mariage) séparés depuis des mois par la pandémie et la fermeture des frontières. Depuis le mercredi 23 septembre les premiers “laissez-passer” ont été distribués. Mais…

    Une procédure complexe

    Pour obtenir, son laissez-passer, une procédure a été mise en place dans les consulats. Pour cela, les couples doivent fournir une foule de documents prouvant leur union : bail locatif, factures, passeports, preuves de voyages communs, ainsi que tout autre document prouvant l’union. Rien de moins normal, la procédure ne doit pas être une passoire dont profiterez les passeurs et migrants illégaux.

    Cependant au plus, il y a de documents, au plus le temps de traitement est long. Les consulats sont, en plus, débordés par les conséquences de la crise sanitaire. La plupart ont été submergés par une vague de mails et de coup de téléphones des résidents français. Les amoureux d’une autre nationalité ont le sentiment d’être la dernière roue du carrosse.

    Mais les membres du fameux groupe sur Facebook « Love is not tourisme » pointent du doigt la nécessité de présenter un plan de vol (avec une flexibilité de 15 jours) pour obtenir le fameux sésame. En pleine crise aérienne, avec des lignes gérées au jour le jour, les candidats ont souvent du mal à produire, à l’avance, le billet d’avion. Des sites internet, pour la plupart spécialisés dans les visas, proposent des réservations de billets d’avions sans obligation d’achat, mais vérifiables par les autorités consulaires, pour des tarifs de 20 à 100 euros.

    Des laissez-passer non reconnus par les autorités locales

    L’autre écueil est pas des moindres, c’est la communication en Etats.

    En effet, l’initiative du Secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, est propre à la France. Et un laissez-passer donné à un national d’un pays tiers n’est pas forcément suivi d’effets.

    E-mail de la section consulaire au Pérou

    En effet, parfois, les Etats refusent, comme au Pérou, simplement qu’un de leurs nationaux sortent du territoire. Pour compliquer le tout, la limitation de validité à 90 jours du laissez-passer. Ce délai ne permet pas, dans de nombreux pays, de faire aboutir les démarches nécessaires afin de faire appel de la décision des autorités locales.

    Dans ces situations, le problème est souvent insoluble et les couples restent donc séparés.

  • L’Algérie et la peur de la faillite

    L’Algérie et la peur de la faillite

    Le gouvernement algérien s’agite en tous sens, comme un noyé dans les sables mouvants. Politiquement, la purge d’une partie du clan Bouteflika se poursuit, la mise au pas de la presse s’intensifie, les arrestations continuent. Selon l’ONU, l’Algérie est un des 38 pays qui ont utilisé l’épidémie pour restreindre les libertés publiques. Quelques manifestants du Hirak bravent encore les interdictions. Ils sont vite arrêtés. 

    La campagne pour le référendum du 1er novembre sur le changement de Constitution a commencé le 7 octobre dans une indifférence générale, personne ne comprenant la nature des changements proposés : passer d’un régime présidentiel à un régime semi présidentiel… Le Président cherche toujours sa légitimité et espère la conforter avec un vote que ne manquent pas de lui promettre ses soutiens. Ce qui lui permettra peut-être de renforcer son autorité et prendre des mesures plus répressives, mais ne résoudra l’aspiration des Algériens à une société plus ouverte et plus libre.

    Paradoxalement, ce sont les Oulémas et le parti des Frères musulmans, le MSP, qui feront campagne contre la Constitution, pas assez islamiste à leur goût. Le PAD, qui se réclame du Hirak et se déclare laïc, appelle à boycotter le scrutin et n’a donc pas le droit de faire campagne.

    Le référendum du 1er novembre ne résoudra pas la crise politique

    Les questions politiques demeurent, les problèmes économiques ne permettront pas de calmer les choses, au contraire. 

    L’Algérie dépend des exportations d’hydrocarbures. Elles représentent 95% des exportations du pays. Avec un prix du baril à 40 $, le déficit budgétaire s’élèvera à 12% du Pib. Les investissements publics vont chuter de moitié, ils représentent plus de 40% des investissements du pays. La récession sur l’année 2020 est déjà évaluée à -5%, une des plus élevées de la région.

    Pour l’instant, la dette algérienne est quasi inexistante, les réserves de change se monteront à 44 milliards de dollars en janvier 2021, suffisantes pour couvrir 10 mois d’importations. Mais une projection les évalue à 24 milliards à la fin de l’année 2021. Ce qui permettra encore de couvrir les importations pour 6 mois, mais donnera le signal d’une faillite annoncée: moins 22 milliards en un an, la pente sera trop raide. D’autant que ces projections sont établies avec un prix moyen du baril à 50 $, alors qu’il est actuellement à 40$ et a déjà connu plus bas.

    Une récession aggravée par la chute du prix du baril. 

    Si le gouvernement algérien compte sur de bonnes nouvelles pour le prix du baril, il doit aussi s’attendre à en recevoir de mauvaises. La crise en Algérie affecte les grands groupes et les banques du pays, avec une dette de prés de 78 milliards de dollars. Si l’Etat devait recapitaliser les banques, ses capacités seraient mises à rude épreuve, et il devrait vite se tourner vers des garanties internationales.

    L’alarme de la baisse des réserves sonnera fin 2021

    Pour éviter la récession, le gouvernement algérien prévoit une politique de relance, d’une douzaine de milliards d’euros. Très insuffisant par rapport à la baisse des investissements actuels, mais suffisant pour qu’à la fin de l’année, les réserves de change soient encore réduites de 10 Milliards. En quelque sorte, une alarme sonnera, et il sera impossible de la faire taire. 

    Annulation de l’accord avec l’Union européenne 

    L’annulation de l’accord de libre échange avec l’Union Européenne, qui devait entrer en vigueur le 1er septembre, s’explique, et inquiète. 

    Il s’explique pour préserver le plus longtemps possible les réserves de change et éviter de mettre en concurrence des entreprises algériennes qui n’ont pas le niveau de compétitivité requis, preuve du retard d’investissement. Pour autant, cette annulation inquiète, car ce repli  se fera mais au détriment des consommateurs, de la modernisation des entreprises et de l’ouverture aux investissements étrangers. Garder un vieux moteur ne fait pas avance plus vite. Parce que l’UE est le premier partenaire commercial de l’Algérie, l’UE aurait intérêt à aider l’Algérie, comme elle a pu aider les pays de l’est européens à se moderniser, ce qui suppose  ouverture, confiance, échange. Un choix d’avenir que l’Algérie n’a pas osé. 

    Un partenariat repoussé

    Il ne serait pourtant impossible de penser que l’Algérie pourrait faire aussi bien, surtout avec ses réserves d’hydrocarbures, que la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie ou l’Estonie. Ce serait son intérêt, celui de l’Europe et de l’ensemble de l’Afrique.

    La porte fermée à l’accord commercial ne gêne pas outre mesure les Européens. Elle leur enlève, malheureusement, une responsabilité. Ce qui est bien dommage si l’on veut considérer que l’Europe a intérêt à asseoir une pax mediterranea.

    Le gouvernement algérien, craignant de s’engager avec les Européens, se tourne, comme bien des pays africains, avec les mêmes illusions, vers la Chine. L’Algérie avait déjà signé, il y a six ans, comme d’autres pays, un accord permettant les échanges commerciaux en Yuan. Comme ailleurs, cela n’a pas marché. Tant que le Yuan sera une monnaie administrée, cela ne marchera pas. Cela n’empêche pas le gouvernement de rêver en chinois. Le Premier ministre a même recommandé aux Algériens « d’apprendre le chinois pour se préparer à l’avenir ».

    Le rêve chinois

    Derrière ce rêve, se révèle l’espoir que les banques chinoises pourraient voler au secours des banques algériennes si besoin était. C’est ignorer le montant des dettes couvertes par les banques chinoises, en Chine. Car la Chine a ses propres soucis.  

    Peut-être la Chine serait-elle ravie de renforcer ses points d’appui en Algérie. Peut-être estimerait-elle que ce serait un investissement rentable à long terme, compte tenu de la richesse de l’Algérie en hydrocarbures. Sans doute le gouvernement algérien se félicitera-t-il de figurer dans une alliance « anti impérialiste » qui ne lui demandera jamais de compte sur la démocratie, les droits de l’homme, ou la corruption. 

    Pourtant, le gouvernement algérien n’en est qu’à moitié convaincu. Il sait que la Chine n’a pas la manne charitable, que la Chine envahira l’Algérie de ses produits plus encore que ne le font les Européens. 

    Et puis le gouvernement ne s’inquiète pas que d’économie, mais aussi du djihad au Sahel, de la guerre en Libye, et des tempêtes en Méditerranée. C’est pourquoi le gouvernement algérien a accueilli le Secrétaire d’état à la défense américain avec beaucoup d’intérêt -une première depuis 15 ans- et continue de coopérer avec la France sur les questions de renseignement et de sécurité. Le voyage de Gerald Darmanin au Maghreb en est un des multiples signes. 

    Boulimie militaire 

    Dans cet état de périls, on n’a jamais trop d’appuis. C’est pourquoi l’ami russe est soigné. Mais comme les Russes n’ont rien à vendre, si ce n’est des armes, l’Algérie est devenue avec ses achats d’armes la première puissance militaire du continent. 13,5 milliards de dollars en dix ans : 28 avions de chasse, 385 chars, 42 hélicoptères de combat, deux sous-marins, et bientôt 14 Mig 29 et 32 Sukhoï supplémentaires. De quoi faire la guerre, mais à qui ? 

    Un gouvernement incertain ne veut surtout pas paraitre faible. Et pourtant, ses amis s’étonnent de le voir essayer de faire baisser la température -économique, politique et sociale- en mettant un couvercle sur la marmite. Si le Président algérien voulait tourner le dos au passé, cela lui serait pourtant facile. La force, ce serait d’oser une société de liberté et de jouer l’alliance avec l’Europe. 

  • Le retrait des îles Caïmans de la liste noire européenne des paradis fiscaux fait des vagues

    Le retrait des îles Caïmans de la liste noire européenne des paradis fiscaux fait des vagues

    Mardi (6 octobre), les îles Caïmans ont été retirées de la liste noire européenne classant les juridictions fiscales non coopératives du monde entier. Une décision qui a déclenché les foudres de plusieurs groupes de sociétés civiles.

    Dans un communiqué publié mardi 6 octobre, la Commission européenne a déclaré que les îles Caïmans et l’Oman ne figuraient désormais plus sur sa liste noire du blanchiment d’argent, car ils avaient « respecté leurs engagements visant à supprimer un régime fiscal dommageable et à accroître la transparence fiscale ».

    Pressions ou nouvel environnement légal?

    Cette action de la part du bloc n’a rien de surprenant, étant donné que les ministres européens subissaient des pressions pour les en retirer.

    Aux yeux du chef du gouvernement des îles Caïmans, Aidan McLaughlin, le classement du pays sur la liste « constituait une source majeure d’inquiétudes pour nous ». Les autorités insulaires estimaient que leur inscription était due au fait qu’elles n’avaient pas respecté le délai imposé pour modifier la législation sur les fonds privés. Un manquement désastreux qu’elles avaient corrigé depuis lors.

    Jude Scott, PDG de Cayman Finance, s’est dit satisfait de la décision européenne.

    « Le fait que l’Union européenne reconnaisse la coopération des îles Caïmans dans les domaines de la transparence et de la fiscalité affirme l’engagement de l’île à une politique responsable de neutralité fiscale ne constituant aucun danger pour d’autres pays », a-t-il indiqué.

    Selon lui, « l’UE rejoint désormais plusieurs autres entités de renom, comme l’Organisation de coopération de développement économiques (OCDE), qui identifient les îles Caïmans comme une juridiction transparente sans régime fiscal dommageable ».

    « Notre régime fiscal neutre demeure progressif, en continuant de respecter les normes internationales de transparence et du partage des informations fiscales les plus élevées et évolutives. Notre engagement vis-à-vis de ces normes nous distingue des autres centres financiers internationaux »

    Jude Scott, PDG de Cayman Finance

    Blanchiment d’argent ?

    D’après les opposants à la liste noire, le bloc a transformé la lutte contre le blanchiment d’argent et les règles fiscales « en armes », soulignant en outre que beaucoup de pays classés étaient des anciennes colonies européennes.

    L’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) a qualifié le répertoire « d’unilatéral et discriminatoire ».

    Pour d’autres, Bruxelles est réticente à l’idée de sévir contre ses multinationales et les quelque 50 milliards de dollars qu’elles évitent de payer annuellement aux trésoreries africaines, et ce, par l’intermédiaire de conventions fiscales bilatérales.

    La société civile vent debout

    Du côté des groupes de sociétés civiles, les critiques n’ont pas tardé : Chiara Putaturo, conseillère fiscale d’Oxfam EU, a déclaré que « la désinscription des îles Caïmans, l’un des paradis fiscaux les plus connus au monde, ne faisait que prouver une nouvelle fois l’inefficacité du système en place ».

    Alex Cobham, PDG du Réseau pour la Justice Fiscale, a écrit dans un tweet cinglant qu’« il s’agit d’une décision extraordinaire. Difficile de savoir si elle constitue une preuve des efforts de lobbying du pire paradis fiscal au monde, les îles Caïmans, ou l’inefficacité méthodologique absolue du système européen de “liste noire” ».

  • Deux policiers « massacrés » en France

    Deux policiers « massacrés » en France

    Le ministre de l’Intérieur s’est déplacé ce jeudi matin dans le Val d’Oise où deux policiers ont été gravement blessés par balles la veille à Herblay.

    Les deux policiers blessés à Herblay, dans le Val-d’Oise, ce mercredi soir ont été « massacrés littéralement », selon les mots du ministre de l’Intérieur. Les agresseurs avaient « selon toute vraisemblance la claire intention de tuer », a déclaré Gérald Darmanin après avoir rendu visite à l’un des deux agents agressés.

    Touchés à plusieurs reprises

    Mercredi soir, alors qu’ils étaient en planque à Herblay, habillés en civil, les deux fonctionnaires de police ont été agressés par trois individus, qui sont parvenus à s’emparer de leur arme avant de leur tirer dessus. L’un des agents a un pronostic vital engagé, il a été blessé par balle à la jambe, au scrotum et présente une fracture du crâne. Son collègue a été blessé par balle aux jambes et présente aussi des traces de coups.

    Selon Gérald Darmanin, les deux agents de la police judiciaire de Cergy « poursuivait une enquête pour avoir des éléments sur une tentative d’enlèvement de quelqu’un qui était déjà connu des services de police lors qu’ils ont rencontré les individus ».

    « Le mot roué de coups est trop léger », a estimé le ministre de l’Intérieur, les deux policiers ont été « massacrés ». Les agresseurs « ont ensuite pris leur arme pour tirer manifestement sept reprises, et six fois les balles ont touché les policiers », a expliqué Gérald Darmanin.

    « Aucun intérêt ne justifie de massacrer de coups des hommes à terre, puis de prendre des armes, et à plusieurs reprises de tirer dessus alors qu’ils sont manifestement sans aucune défense »

    Gérald Darmanin

    Les agresseurs recherchés

    Qualifiant cette attaque « d’actes de grande sauvagerie », le ministre assure que « personne ne pouvait manifestement ignoré qu’ils étaient policiers ». « Le principal, c’est de pouvoir arrêter les auteurs de ces actes ignobles, de les confondre, et comme l’a évoqué le garde des Sceaux, de les faire condamner », a poursuivi Gérald Darmanin.

    Les trois agresseurs sont actuellement recherchés. À ce stade, leur identité et le mobile de cette agression demeurent inconnus. Le parquet de Pontoise a annoncé ce jeudi matin dans un communiqué l’ouverture d’une enquête en flagrance du « chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en bande organisée ».

  • Le Parlement européen vote pour une baisse de 60 % des émissions de CO2 d’ici à 2030

    Le Parlement européen vote pour une baisse de 60 % des émissions de CO2 d’ici à 2030

    Mardi (6 octobre), le Parlement européen a voté pour porter la réduction des émissions de gaz à effet de serre à 60 % d’ici à 2030. Celle-ci était initialement prévue à 40 %.

    Les législateurs européens ont voté en faveur d’une proposition d’amendement concernant l’objectif climatique de 2030. Les premières estimations font état de 352 votes pour, 326 contre et 18 abstentions.

    Le texte sera désormais transmis au Conseil de l’UE pour une dernière approbation. Le bloc souhaite boucler les négociations d’ici à la fin de l’année.

    Une union du centre à gauche

    Le Parlement a pris sa décision mardi soir, dans le cadre d’un vote plus large concernant une loi européenne sur le climat qui vise à rendre juridiquement contraignant l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

    « Nous l’avons fait ! Nous avons gagné avec 60 % ! », a tweeté Jytte Guteland, députée européenne suédoise de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates du Parlement européen (S & D), également rapporteure du Parlement pour la proposition de loi européenne sur le climat.

    « Mon amendement devient désormais la position officielle du Parlement », a déclaré Pascal Canfin, député français centriste membre de la commission parlementaire de l’environnement (ENVI).

    « Nous sommes maintenant en première ligne de l’ambition climatique »

    Pascal Canfin, député français centriste

    Néanmoins, le côté droit de l’hémicycle s’est montré plus réservé, arguant qu’une réduction de 60 % serait trop onéreuse à mettre en pratique au sein du secteur industriel européen.

    Peter Liese, législateur allemand du Parti populaire européen (PPE), a maintenu qu’un objectif à 60 % était « trop ambitieux » et a appelé les États membres à soutenir la proposition initiale de la Commission européenne en faveur de 55 %.

    « Je regrette que la majorité du Parlement européen n’ait pas soutenu la loi climatique proposée par l’exécutif européen et ait voté pour un objectif trop optimiste porté à 60 % »

    « Nous nous abstiendrons, car nous n’apprécions vraiment pas le nouvel objectif et pensons qu’il met en péril le marché de l’emploi »

    Peter Liese

    Le PPE représente le groupe politique le plus nombreux au sein du Parlement européen. Il a apporté son soutien à la réduction de 55 % des émissions de CO2, car « il s’agit de l’option la plus faisable », selon les estimations de la Commission européenne.

    Le bloc avait proposé une mise à jour de son objectif climatique en septembre, avançant qu’une réduction de 55 % était « atteignable » et « avantageuse »pour l’économie européenne.

    « Aller au-delà de 55 % représenterait un risque dans le monde du travail. Ne soyons pas idéologiques »

    Agnès Evren, députée européenne française (PPE).

    Les écologistes aux anges

    De leur côté, les militants écologistes ont salué le vote, déclarant qu’il constituait une victoire dans la lutte contre le changement climatique. « Le Parlement européen doit être applaudi pour sa prise de position bien plus progressiste que celle de la Commission », a renchéri le WWF.

    Toutefois, le groupe environnemental a soulevé que les 60 % ne correspondaient toujours pas aux preuves scientifiques relatives aux actions qu’il conviendrait de lancer afin de maintenir les températures sous la barre des 1,5 ° C-2 °C conformément à l’Accord de Paris. « Le WWF et d’autres ONG appellent à une réduction portée à au moins 65 % d’ici à 2030 et à une séparation des objectifs entre la réduction et l’élimination de CO2. »

    En outre, les législateurs ont aussi voté en faveur de propositions garantissant que chaque État membre atteindra la neutralité carbone d’ici à 2050. L’alternative aurait été que certains pays européens soient autorisés à dépasser le délai, à condition que d’autres aient atteint le « zéro carbone en avance ».

    Les députés européens continueront de voter aujourd’hui sur d’autres aspects de la loi européenne sur le climat, comme la création d’un « Conseil européen sur le changement climatique » – un organisme scientifique examinant la pertinence des politiques européennes avec les objectifs du bloc en matière de neutralité carbone.

    La position définitive du Parlement a été confirmée ce mercredi (7 octobre) et les résultats finaux seront annoncés ce jeudi matin (8 octobre).

    Un article de notre partenaire