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  • La planète digitale en effervescence

    La planète digitale en effervescence

    Le cofondateur de l’Electronic Frontier Foundation, John Perry Barlow avait publié en 1996, une déclaration d’indépendance du cyberespace. Il prônait alors un Internet gratuit, sans frontière, symbole de la contre-culture des années 1960. Un quart de siècle plus tard, cette vision idéaliste est devenue une utopie, même pour la planète digitale. 

    En 2020, la capitalisation des sept plus grandes entreprises de la sphère numérique a dépassé 7 000 milliards de dollars, soit plus de deux fois le PIB français. Leurs bénéfices ont dépassé 260 milliards de dollars. À titre de comparaison, la capitalisation des six plus grandes entreprises pétrolières ne dépassait pas 2 500 milliards de dollars. Si le marché est de plus en plus oligopolistique, il donne lieu à des confrontations entre les différents rivaux de taille mondiale. Si hier, le pétrole conditionnait la croissance, celle-ci dépend de plus en plus des données circulant sur Internet.

    L’émergence d’un capitalisme de la donnée 

    L’émergence d’un capitalisme de la donnée voire de la surveillance a bousculé en quelques années les valeurs et les rapports de force. Entre 2005 et 2020, le nombre de données recueillies a été multiplié par plus de 80. D’ici 2025, leur nombre devrait été multiplié par plus de cinq. Avec plus de dix plateformes revendiquant des centaines de millions d’abonnés, l’écosystème du numérique est très particulier. Dans l’économie traditionnelle, le nombre de clients se chiffre par entreprise à quelques dizaines de millions. BNP Paribas en compte ainsi 7 millions. AG2R LA MONDIALE couvre, en France, 15 millions de personnes et d’ayants-droits. Le groupe Renault Nissan vend 10 millions de véhicules par an. Amazon a, de son côté, en 2020, livré 1,5 milliard de colis. Facebook dispose de plus de deux milliards d’abonnés. 

    Après la folie des années 1990, le marché du numérique s’est consolidé depuis une vingtaine d’années. Si dans les années 1990, le processus de destruction créatrice se vérifiait avec un renouvellement rapide des entreprises de pointe, depuis un quart de siècle, rares sont les nouveaux entrants sur le marché du digital. Au tournant du siècle dernier, de nombreuses entreprises phares ont disparu comme Compaq, AOL et bien d’autres. Seuls Microsoft et Apple ont réussi à se maintenir tout en changeant de modèle. Elles sont devenues des sociétés de services en se positionnant rapidement sur le cloud et sur les applications. Apple demeure un producteur important de produits électroniques avec ses smartphones et ses ordinateurs.

    L’entrée sur le marché de plus en plus difficile 

    À l’exception de ces deux entreprises, les leaders actuels du numérique sont apparus dans les années 1990-2000, Amazon en 1994, Google en 1998, Facebook en 2004. L’entrée de nouvelles entreprises sur le marché du numérique est devenue beaucoup plus difficile. Les coûts d’entrée ont augmenté par effet de taille. Pour concurrencer Apple ou Amazon, les besoins en capitaux sont bien plus importants en 2020 qu’en 2005 en raison de l’effet de taille. Ces entreprises, par leur développement, disposent de situation de rentes qu’elles n’avaient pas il y a vingt ans. La gestion des données constitue une barrière à l’entrée. La recherche, les médias sociaux, la publicité, le commerce électronique, le streaming, le covoiturage, la livraison et les paiements, etc. donnent un avantage certain à celui qui peut s’appuyer sur un stock de données important. 

    Par ailleurs, les entreprises en position dominante ont pratiqué des achats de startups préventifs pour limiter l’arrivée de nouveaux acteurs. Ainsi Facebook contrôle Instagram et WhatsApp et souhaite également entrer dans le commerce électronique et ainsi concurrencer Amazon. Microsoft qui possède LinkedIn, envisage d’acheter deux sociétés de médias sociaux, TikTok et Pinterest. En Chine, cette pratique prévaut également ; Alibaba et Tencent détiennent des participations dans certains des nouveaux entrants chinois. 

    Pendant de nombreuses années, les grandes entreprises du digital évitaient de s’attaquer de front. Alphabet verse à Apple jusqu’à 12 milliards de dollars par an pour faire de Google le moteur de recherche par défaut de l’iPhone. La demande d’iPhone est encouragée par le désir des consommateurs d’accéder au moteur de recherche de Google et à Gmail, ou aux réseaux sociaux de Facebook. Google Maps est l’application de géolocalisation majoritairement utilisée, même sur Apple. Le cloud computing bon marché fourni par Amazon se traduit par plus d’applications pour l’App Store d’Apple. Amazon est l’un des plus grands annonceurs de Google. Microsoft accorde une licence Android pour son smartphone Surface Duo. Une complémentarité s’est organisée. Ainsi, les trois recherches les plus courantes sur Microsoft Bing sont Facebook, YouTube et Google. 

    Une paix précaire entre les grands du Net

    La « pax romana » des grandes entreprises du digital semble être de plus en plus précaire malgré une augmentation de leurs chiffres d’affaires. Elles diversifient leurs activités à mesure que leurs produits de base mûrissent ainsi qu’avec l’émergence de nouvelles opportunités technologiques. Cette diversification est également la conséquence de la montée des menaces réglementaires en Amérique, en Europe ou en Chine. La part des revenus des cinq géants américains qui se chevauchent est passée de 22 à 38 % depuis 2015. Microsoft et Alphabet s’attaquent à Amazon dans le cloud. Amazon entend devenir un acteur de la publicité numérique. Facebook et Apple sont également en rivalité sur la gestion des données. Apple souhaite proposer aux utilisateurs d’iPhone de pouvoir se désengager du suivi des données de Facebook, ce qui remettrait en cause l’équation budgétaire du marché publicitaire de cette dernière. 

    Les frontières se mettent à bouger 

    La compétition devient de plus en plus âpre. Mark Zuckerberg, directeur général de Facebook, a récemment déclaré qu’Apple est « l’un de ses plus gros concurrents ». Le PDG d’Apple rappelle que «nous sommes soumis à une pression concurrentielle incroyable et qu’elle s’accroît jour après jour». 

    La bataille entre les géants du numérique est de plus en plus médiatisée. Ainsi, aux États-Unis, Facebook a diffusé des publicités attaquant Apple sur les nouveaux paramètres de confidentialité de l’iPhone qui nuiraient aux petites entreprises dans leurs relations commerciales avec leurs clients. Pour sa part, Tim Cook, le patron d’Apple, a laissé entendre que Facebook ne respecte pas les règles de confidentialité. Sur le marché sensible des smartphones, le duopole Apple-Alphabet dispose d’une position oligopolistique sur les systèmes d’exploitation et les magasins d’applications. 

    Les entreprises chinoises souhaitent développer leur propre système d’exploitation pour se prémunir des embargos imposés par les Américains, comme ce fut le cas à l’encontre de Huawei en 2019. Microsoft entend également prendre des parts de marchés dans le domaine lucratif de la publicité en ligne. Il s’est associé à des éditeurs de nouvelles européens pour développer un système similaire à celui auquel Google et Facebook. La rivalité est de plus en plus vive. Ainsi, les responsables de Google ont souligné que le soutien de Microsoft au programme australien de défense de la presse n’avait comme seul objectif « d’instituer une taxe sur un concurrent afin d’augmenter leurs parts de marché ». 

    Une remise en cause juridique des pratiques anciennes 

    Face au gigantisme des stars du monde digital, les pouvoirs publics tentent de réagir. Aux États-Unis comme en Europe, des procédures ont été engagées pour atteinte à la libre concurrence et abus de position dominante. En décembre, les autorités de la concurrence américaine ont poursuivi Facebook pour comportement anticoncurrentiel présumé, et leurs homologues chinoises ont lancé une enquête sur Alibaba. Google fait l’objet de nombreuses enquêtes anti-trust dont celles qui concernent les liens noués avec Apple. L’accord en vertu duquel Google, en contrepartie du paiement de 12 milliards de dollars par an à Apple afin que celle-ci mette son moteur de recherche par défaut sur ses smartphones, est dans le collimateur des autorités. Google est également suspecté d’avoir proposé à Facebook un accord de faveur pour ne pas prendre en charge un système publicitaire mis en place par un rival. Epic Games, une société de jeux vidéo, a attaqué Apple estimant qu’elle vole les développeurs d’applications dans son App Store. 

    L’Union européenne travaille sur des réglementations pour mieux contrôler les entreprises du digital. L’Australie vient d’adopter une loi qui oblige les plateformes à mieux rémunérer les éditeurs pour les nouvelles affichées à côté des résultats de recherche ou des flux de médias sociaux. 

    Les challengers gagnent des parts de marché

    La concurrence entre les grands acteurs du numérique n’est pas nouvelle. Au début des années 2010, toutes les grandes entreprises ont essayé de se lancer dans la fabrication d’appareils électroniques. Amazon a développé ainsi un téléphone, « Fire » qui fut un échec. Le lecteur de musique Zune de Microsoft n’a pas, quant à lui, réussi à concurrencer l’iPod. Cette concurrence a vite cessé faute d’avoir débouché sur des résultats tangibles. Dans les années 2010, la concurrence provient d’un élargissement des activités dans le secteur des services. 

    Si les parts de marchés des GAFAM sont stables au sein de leurs marchés de références, une montée en puissance des acteurs de second rang est constatée. La part des deuxième et troisième entreprises, au sein des onze secteurs clefs du numérique est passée de 18 à 26 % de 2015 à 2020. 

    Sur des secteurs moins technologiques comme la livraison de nourriture, le covoiturage ou le streaming vidéo, les numéros un enregistrent des baisses de plus de 10 % en cinq ans aux États-Unis. Même les secteurs où la part de l’opérateur historique a légèrement augmenté, comme pour le commerce électronique et les smartphones, la part globale des deux premiers challengers a progressé plus rapidement. 

    En règle générale, les deux premiers de chacun des grands secteurs du digital représentent, en 2020, un tiers ou plus du marché, contre les deux tiers en 2016. La place dévolue aux petits opérateurs tend également à diminuer. Au-delà de la quatrième ou cinquième place, leurs parts de marchés sont marginales. 

    Les anciens font de la résistance 

    Si dans le passé, les entreprises traditionnelles avaient tendance à succomber face à un changement de modèle technologique comme Kodak avec l’arrivée de photographie numérique, désormais, elles sont plus offensives et arrivent à maintenir leurs positions voire d’acquérir des parts de marché au détriment des sociétés digitales. 

    Ainsi, dans le streaming vidéo, la firme Walt Disney qui a été fondée il y a plus de 98 ans, a conquis 116 millions de nouveaux clients en 18 mois avec sa plateforme vidéo concurrente de Netflix. En 2024, elle en espère 324 millions. En 2020, Netflix comptait 200 millions d’abonnés. Walmart qui a été fondée il y a plus de 58 ans, a enregistré 38 milliards de dollars de ventes en ligne l’année dernière. Shopify, une entreprise canadienne de 14 ans, contrôle désormais un dixième du marché américain du commerce électronique, contre 1% en 2015. Sa capitalisation boursière a été multipliée par sept au cours des deux dernières années, pour atteindre 150 milliards de dollars. 

    Une concurrence de plus en plus internationale 

    À l’échelle mondiale, des concurrents aux GAFAM et à leurs homologues chinois apparaissent que ce soit en Russie, en Inde ou en Asie du Sud-Est. L’opérateur téléphonique indien Jio concurrence Google sur le marché de la publicité et entend proposer à l’échelle mondiale des plateformes de services. D’autres sociétés en Asie du Sud-Est se positionnent comme des acteurs importants. Les entreprises singapouriennes Grab et Gojek entrent ainsi en compétition avec Uber et Amazon. PayPal a l’intention d’avoir 750 millions d’utilisateurs de son application financière d’ici 2025 et concurrencer Apple Pay. 

    En Chine, la compétition entre entreprises du Net s’intensifie également. Les deux grands groupes numériques, Alibaba et Tencent, se font déjà concurrence et doivent également faire face à de nouveaux rivaux. La part d’Alibaba dans le commerce électronique chinois a culminé en 2013 à 62%. L’année dernière, en 2020, il était de 51%. Pinduoduo et jd.com qui dépendent de Tencent ont capté 24 % de l’e-commerce domaine jusqu’à maintenant réservé à Alibaba. WeChat Pay de Tencent et Alipay d’Alibaba se disputent depuis longtemps les portefeuilles numériques des acheteurs chinois. L’année dernière, Tencent a annoncé qu’il investirait 500 milliards de yuans (70 milliards de dollars) sur cinq ans, une quantité suffisante pour rattraper Alibaba dans le cloud computing.

    Diversifications à partir des métiers de base 

    Les GAFAM disposent de marges avec leurs métiers traditionnels tout en se diversifiant. S’ils sont de plus en plus concurrencés, les GAFAM peuvent néanmoins compter sur leurs métiers de base pour générer des revenus conséquents. En 2020, les publicités en ligne ont généré 80% des ressources d’Alphabet et 98% de celles de Facebook. 80% des revenus d’Apple en 2020 proviennent de ses produits physiques (principalement les iPhones). Microsoft continue de s’appuyer sur les logiciels d’entreprise pour une grande partie de ses revenus, et Amazon sur son magasin en ligne, bien que la plupart de ses bénéfices (comparativement maigres) aient été générés par sa branche de cloud computing, Amazon Web Services (aws). 

    Si les métiers de base restent dominants, la part des revenus issus d’activités connexes augmente progressivement. Avec la baisse du nombre de nouveaux acheteurs d’iPhone, Apple a réduit sa dépendance à ces produits physiques. Les applications et le système de paiement génèrent de plus en plus de revenus. La part des revenus issus des services atteint chez Apple 20 %, soit le double de son niveau de 2015. Certains d’entre eux, comme le streaming vidéo ou musical, sont en concurrence avec Amazon Prime Video et Prime Music, ainsi qu’avec ceux des fournisseurs dédiés tels que Netflix et Disney (pour la vidéo) ou Spotify et Deezer (pour l’audio). La part des revenus d’Amazon provenant du commerce électronique est passée de 87 % en 2015 à 72 % en 2020 ; un dixième des ventes provient désormais du cloud et 6 % de la publicité digitale. La proportion qu’Alphabet a tirée de la publicité l’année dernière était de dix points de pourcentage inférieure à celle de 2015. 

    La concurrence directe entre les grands acteurs du digital est la plus vive dans le cloud. La division de cloud computing Azure de Microsoft, créée il y a 11 ans, rapporte un chiffre d’affaires estimé à 20 milliards de dollars par an. Le cloud computing devrait représenter 12 % des revenus de Google d’ici 2024, contre 7 % en 2020.

    Commerce en ligne et réseaux sociaux 

    Le commerce électronique, que la pandémie a dynamisé, est un autre domaine courtisé par de nombreux acteurs. Facebook a développé un marché de biens d’occasion appelé Marketplace. En mai, il a lancé Facebook Shops pour s’attaquer plus directement à Amazon, offrant aux quelque 160 millions d’entreprises qui utilisent déjà le réseau social ou son application sœur, Instagram, un moyen de vendre leurs produits. Facebook et Google travaillent également tous deux avec Shopify toujours pour concurrencer Amazon. Microsoft entend également se placer sur le e-commerce de détail, bien que ce soit par une voie détournée, en proposant un système de paiement automatisé à Walmart. 

    Sur le terrain des réseaux sociaux, pour contrer Facebook, Microsoft a étudié la possibilité de racheter TikTok, une application de courtes vidéos appartenant à des Chinois. Cette année, il a envisagé d’acquérir également Pinterest, un réseau de partage de photos, concurrent d’Instagram. De son côté, Amazon a acheté Goodreads, une plateforme où les internautes évaluent des livres et trouvent des recommandations, un «Facebook centré sur la lecture».

    Nouveaux moteurs de recherche 

    Les millions de personnes qui évaluent les achats sur la plateforme d’achat en ligne d’Amazon constituent la base d’un futur réseau social. Un ancien dirigeant d’Amazon parie qu’« il sera plus facile pour Amazon de se lancer dans le réseau social que pour Facebook de se lancer dans le commerce, car la logistique de livraison, maîtrisée par Amazon, est plus délicate à organiser qu’un réseau social ». 

    Sur le terrain sensible des moteurs de rechercher, Microsoft entend relancer Bing afin de concurrencer Google. Amazon estime qu’il aurait tout avantage à également développer son moteur de recherche afin que ses marchands et ses acheteurs en ligne n’alimentent pas en données Google. Apple souhaite également rehausser son moteur Siri. À cette fin, en 2018, la marque à la pomme a débauché John Giannandrea, le responsable de la recherche et de l’intelligence artificielle chez Google. 

    L’automobile est un secteur où s’affronte également les GAFAM avec à la clef quelques déconvenues se traduisant notamment par l’abandon par Google de son projet de construction de voitures. La tendance est actuellement à la coopération avec des constructeurs traditionnels afin de gérer l’informatique embarquée. Plusieurs milliards de dollars sont investis chaque année par les GAFAM et leurs concurrents chinois dans ce domaine. Amazon a acheté Zoox, une startup spécialisée dans les voitures autonomes. Alibaba et Baidu, ont également plusieurs projets qui concernent les voitures.

    L’Europe absente de la compétition 

    L’Europe qui est le plus grand marché commercial du monde est absente de la compétition numérique qui met aux prises essentiellement des entreprises américaines et asiatiques. L’Europe assiste à la lutte entre géants du digital qui est autant économique que géopolitique. L’absence de l’Europe a débuté, dans les années 1950/1960 avec l’informatique où aucune entreprise que ce soit Alcatel, Siemens ou Bull n’ont pu s’imposer. Elle est devenue encore plus criante dans le domaine des grandes plateformes. Certes, comme aux États-Unis avec Wal Markt, des entreprises déjà installées tentent de se développer comme Fnac – Darty en France qui est à la fois un site de vente directe et également une place de marché. Il faut également citer « Le Bon Coin » et « Cdiscount ». Les barrières linguistiques et la faiblesse des fonds propres des acteurs français ou européens ne leur ont pas permis de prendre des parts de marchés importantes. Néanmoins, depuis trois ans, leur chiffre d’affaires en ligne progresse. 

  • Air Serbia, l’une des premières sociétés aériennes à tester le passeport Covid-19 numérique

    Air Serbia, l’une des premières sociétés aériennes à tester le passeport Covid-19 numérique

    Air Serbia, en collaboration avec l’Association internationale du transport aérien (IATA), va commencer à tester le passeport Covid-19 numérique IATA, une nouvelle application mobile aidant les voyageurs à gérer leurs déplacements facilement et en toute sécurité, conformément aux exigences gouvernementales en matière de test ou de vaccination COVID-19.

    Mettre fin aux fermetures des frontières

    La compagnie aérienne serbe a indiqué mercredi qu’elle serait l’un des premiers États européens à rejoindre l’initiative mondiale visant à rouvrir les frontières exemptes de quarantaine, à assurer la sécurité des voyages et la reprise de l’industrie du tourisme et du transport aérien.

    Une application pour voyager

    La première phase de test de l’application concernera les vols Belgrade-Zurich d’Air Serbia et sa mise en œuvre prendra quelques semaines.

    L’application IATA Travel Pass permettra aux voyageurs de stocker et de gérer les données relatives aux résultats des tests COVID-19 sur leur téléphone portable et de partager leur statut vérifié avec une compagnie aérienne avant d’arriver à l’aéroport.

    L’application offrira également des informations actualisées sur les réglementations sanitaires relatives au COVID-19, et les voyageurs pourront vérifier s’ils répondent aux dernières exigences d’entrée définies par leur pays de destination.

  • Frontières et Covid-19 : verrouillage à tous les étages

    Frontières et Covid-19 : verrouillage à tous les étages

    La France a fermé ses frontières à tous les résidents des pays extérieurs à l’UE, expatriés compris. Pour ceux en Europe, elle réclame un test PCR négatif pour entrer sur son territoire. Mais elle n’est pas la seule à avoir renforcer les restrictions.

    De nombreux pays tels que l’Allemagne, le Maroc ou encore l’île Maurice ont durci leurs restrictions et contrôles aux frontières pour contrer l’épidémie de Covid-19 et ses nouveaux variants ces derniers jours. Lesfrancais.press fait le point continent par continent.

    En Europe

    L’Espagne a rouvert ses frontières terrestres, aériennes et ferroviaires avec le reste de l’UE. Tout passager souhaitant se rendre en Espagne par avion devra toutefois compléter un formulaire personnel et non transférable : une fois ce formulaire complété et signé, le voyageur recevra un QR code associé à son voyage qu’il devra conserver sur son téléphone portable ou imprimer afin de pouvoir passer le contrôle sanitaire aéroportuaire. Un test PCR effectué moins de 72h avant l’arrivée et dont le résultat doit être négatif, est exigé à l’entrée du territoire espagnol par voie aérienne (aéroports) ou maritime (ports) uniquement.

    L’Allemagne a fermé ses frontières avec la République tchèque et le Tyrol autrichien au moins jusque début mars pour tenter de contenir la propagation de Covid-19. Les voyageurs ne peuvent désormais entrer en Allemagne que s’ils présentent aux gardes aux frontières un test PCR négatif. Berlin exige un test PCR ou antigénique de moins de 48h à l’entrée sur son territoire depuis la Moselle depuis le 2 mars.  Il sera également demandé aux Français qui se rendent en Allemagne depuis la Moselle de remplir une « déclaration électronique à chaque entrée sur le territoire allemand, selon des modalités à préciser ». Chaque jour, 16 000 Français passent la frontière afin d’aller travailler en Allemagne.

    La Belgique a interdit les voyages à l’étranger pour tous ses citoyens jusqu’au lundi 18 avril 2021 et a renforcé ses contrôles à la frontière avec la France.

    Au Portugal, la réouverture des frontières a eu lieu le 1er juillet. Aucune quarantaine n’est exigée pour les voyageurs français. Les visiteurs doivent cependant présenter un test négatif au COVID-19 réalisé dans les 72h avant d’embarquer. Les vols avec le Royaume Uni et le Brésil sont suspendus, excepté les vols humanitaires ou de rapatriement.

    Compte tenu de l’évolution de la pandémie au Royaume-Uni, seules seront autorisées à se déplacer en France ou à y transiter depuis le Royaume-Uni, les Français et les ressortissants de l’Espace européen et les ressortissants britanniques ou de pays tiers qui soit résident habituellement en France, dans l’Union européenne ou dans l’Espace européen.

    Depuis le 16 janvier, tous les voyageurs doivent présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures à leur arrivée en Irlande. Vous devrez également remplir un formulaire Passager (Passenger Locator Form) à votre arrivée.

    Le gouvernement néerlandais déconseille fortement de se rendre à l’étranger avant le 31 mars, tout particulièrement dans les régions touchées par la Covid-19 (dont la France). Depuis fin janvier, le gouvernement néerlandais impose à tous les voyageurs, y compris européens, en avion ou navire vers les Pays-Bas, de fournir un test antigénique négatif effectué au plus tard 4h avant leur départ, en plus du test PCR négatif déjà obligatoire 72 heures avant l’arrivée. Les voyageurs devront de plus respecter la quarantaine à domicile prévue pendant 10 jours après leur arrivée.

    Pour se rendre en Grèce, tous les voyageurs doivent obligatoirement remplir un formulaire en ligne au moins 24h avant le voyage et présenter à leur embarquement, les résultats rédigés en anglais d’un test négatif au coronavirus Covid-19 (RT-PCR) de moins de 72h pour toutes les arrivées. Il est également obligatoire de se soumettre à un test rapide en arrivant en Grèce, ainsi qu’à une quarantaine préventive de 7 jours.

    La présentation d’un test PCR de moins de 72 heures est exigée par les autorités maltaises pour tous les voyageurs en provenance de France, à l’exception de ceux empruntant les aéroports de la région Île-de-France. En tout état de cause, tout voyageur se rendant à Malte par voie aérienne est tenu de se munir d’un formulaire de déclaration de voyage et d’un formulaire de localisation de passager

    Les Français peuvent à nouveau franchir la frontière avec l’Andorre depuis le 1er juin.

    Depuis fin août, la France est considérée comme un pays  » fermé  » et les touristes en provenance de France métropolitaine ne seront pas admis au Danemark. Depuis la France, seules les personnes pouvant faire valoir un motif légitime et justifié seront autorisées à accéder au territoire danois.

     La Norvège déconseille les voyages non essentiels vers la France. La France est désormais classée « rouge » sur la carte de l’Institut norvégien de santé publique (FHI). A partir de cette date, toute personne arrivant de France en Norvège devra effectuer une quarantaine de 10 jours.

    En Islande, toute personne arrivant de l’étranger (résident et voyageur) doit respecter une quarantaine de 14 jours. Pour raccourcir ce délai, il est possible de se faire tester dès son arrivée à l’aéroport international de Keflavik (pour un coût de 11000 ISK sur place, ou 9000 ISK si prépaiement en ligne), puis d’observer une quarantaine stricte jusqu’au second test PCR (gratuit) dans l’un des centres de dépistage du pays.

    Depuis le 30 juin, peuvent entrer librement en Croatie : les citoyens des Etats membres de l’Union européenne ou de l’espace Schengen, quel que soit leur lieu de résidence, ainsi que les membres de leurs familles.

    Depuis le 7 octobre, la France figure parmi les pays soumis à une quatorzaine. Toute personne ayant séjourné en France au cours des 14 jours précédant son entrée en Roumanie est concernée.

    Les voyages à destination de Chypre sont impossibles jusqu’à nouvel ordre.

    En Asie

    La Chine bloque désormais l’arrivée des voyageurs en provenance de France et d’une dizaine d’autres pays très touchés par le Covid-19.

    Les voyageurs français ne peuvent actuellement se rendre au Japon sans visa. Seuls les déplacements pour motif professionnel peuvent donner lieu à une demande de visa, auprès de l’ambassade du Japon en France. Les déplacements touristiques sont actuellement interdits.

    Depuis le 18 mars, les frontières extérieures de la Russie sont fermées, et aucun ressortissant étranger n’est autorisé à pénétrer en Russie, y compris les étrangers munis d’un titre de séjour temporaire

    Les Maldives rouvriront leurs frontières pour le voyage à l’étranger et le gouvernement autorise les hôtels à recevoir des visiteurs depuis le 15 juillet.

    Pour les autres pays d’Asie, consultez les informations actualisées sur cette page du ministère des Affaires étrangères.

    Aux Amériques

    Des mesures de restriction d’accès au territoire des Etats-Unis sont mises en œuvre par les autorités américaines pour les voyageurs en provenance de France et des autres pays de l’espace Schengen ou y ayant séjourné dans les 14 jours précédant leur voyage. Tous les voyageurs souhaitant se rendre aux Etats-Unis par avion devront désormais présenter, à partir du 26 janvier, un test négatif au Covid-19 afin d’être autorisés à voyager.

    Le Canada a prolongé la fermeture de ses frontières aux étrangers dont la présence n’est pas jugée essentielle. La fermeture de la frontière entre les Etats-Unis et le Canada à tous les déplacements non essentiels a été prolongée de un mois – jusqu’au 21 mars –, a indiqué vendredi le gouvernement canadien.

    Les frontières demeurent fermées à Cuba, au Brésil, en Argentine, en Colombie au Paraguay, au Costa Rica, au Guatemala, au Honduras, au Panama. La Boliviel’Équateur, et le Pérou ne sont plus desservi par avion depuis l’Europe.

    Il est déconseillé de se rendre au Mexique.

    Pour les autres pays d’Amérique consultez les informations actualisées sur cette page du ministère des Affaires étrangères.

    En Afrique

    L’immense majorité des pays africains gardent leurs frontières fermées pour le moment. La Tunisie est le seul pays ayant annoncé la réouverture de ses frontières maritimes, terrestres et aériennes depuis le 27 juin.

    L’état d’urgence sanitaire est en vigueur au Maroc depuis le 20 mars 2020 et est prolongé tous les mois depuis cette date. Dans le cadre de l’état d’urgence, les frontières aériennes, terrestres et maritimes du Maroc sont fermées. Toutefois, le Maroc a autorisé la reprise des liaisons aériennes et maritimes pour permettre à certaines catégories de personnes d’entrer sur le territoire marocain et d’en ressortir : citoyens marocains, citoyens étrangers ayant le statut de résidents au Maroc et citoyens étrangers se rendant au Maroc pour une mission officielle. Toutes les personnes voyageant vers le Maroc doivent présenter à l’embarquement un test PCR négatif de moins de 72 heures.

    En Egypte, « nous préparons le terrain pour que les touristes du monde entier trouvent une destination […] dans des conditions sanitaires exemplaires », assure le ministre du Tourisme Khaled El-Enani, lors d’un entretien avec l’AFP.

    Les habitants de l’île Maurice, dans l’océan Indien, entament un deuxième confinement, qui doit durer jusqu’au 25 mars, pour freiner la propagation du coronavirus. L’ensemble des frontières ont été fermées depuis dimanche 7 mars 2021, donc aucun passager ne sera autorisé à entrer ou à transiter par Maurice et à Rodrigues pour au moins une semaine.

    Le Maroc continue de restreindre un peu plus l’accès au Royaume, avec vingt pays désormais concernés : l’Algérie et l’Egypte se sont ajoutés à la Belgique, la France ou la Suisse entre autres dans une liste de pays d’où les vols passagers sont interdits, jusqu’au 21 mars au moins. L’état d’urgence au Maroc a été prolongé jusqu’au 10 avril.

    Pour les autres pays d’Afrique, consultez les informations actualisées sur cette page du ministère des Affaires étrangères.

    En Australie

    L’Australie va étendre d’au moins trois mois, jusqu’au 17 juin 2021, la fermeture de ses frontières internationales, une politique d’auto-isolation visant à la protéger du Covid-19 déjà en vigueur depuis un an.

  • Yves Bigot, Laurier d’or pour son travail à TV5MONDE

    Yves Bigot, Laurier d’or pour son travail à TV5MONDE

    Organisée par le Club de l’Audiovisuel, la très attendue cérémonie des Lauriers se devait cette année se de réinventer pour rendre compte d’une diversité des programmes audiovisuels français ayant littéralement explosé sur tous les écrans en 2020 du fait des confinements et de la pandémie.

    Une cérémonie pour les médias français

    Les organisateurs ont voulu maintenir une cérémonie, 100% en ligne, afin de récompenser la richesse et la grande qualité des programmes de télévision et de radio qui ont informé et fédéré des spectateurs confinés chez eux. Pandémie ou pas, les lauriers de l’audiovisuel n’ont, donc, pas voulu faire une année blanche et ont annoncé, lundi soir, leur 26e palmarès dans une cérémonie à distance, enregistrée en avance et présentée par Hapsatou Sy et Patrick Bézier, président du Club de l’audiovisuel qui organise la cérémonie.

    Un palmarès de 14 lauréats

    Parmi les jurés cette année, Mathieu Gallet, Christine Kelly, Roger-André Larrieu, Gilles Leclerc, Christine Orban, Jean-Claude Petit, Gérard Saint-Paul, Pierre Santini, Monique Trnka. Ensemble, ils ont attribué 14 prix (palmarès complet disponible en fin d’article).

    Le Laurier du « Programme Radio » a été attribué à l’émission « La Voix est livre » de Nicolas Carreau diffusée sur Europe 1 devant « LSD, la série documentaire » par Perrine Kervran sur France Culture et devant « Les Chemins de la philosophie » par Adèle Van Reeth diffusée également sur France Culture.

    Coté télévision, un Laurier d’Honneur a été remis au journaliste Jean-Pierre Pernaut pour l’ensemble de sa carrière après son départ du Journal de 13 heure de TF1.

    TV5 MONDE – Yves BIGOT, Directeur General

    Mais le prix qui a retenu l’attention de tous, c’est le Laurier d’or. Cette année, il a été décerné au Directeur général de TV5 Monde, Yves Bigot. Il a été couronné du Laurier d’or pour son travail à la tête de la chaîne TV5MONDE et de la plateforme TV5MONDEplus ainsi que pour son dévouement à la francophonie.

     «La télévision est aussi difficile que la politique et la boxe. Notre métier n’a jamais été aussi important à une époque où il échappe à la génération Z, captée par les réseaux sociaux. Notre devoir est de transmettre une information fiable et vérifiée au moment où les citoyens e décident sur l’avenir de leurs pays aux quatre coins du monde», a-t-il souligné.

    Yves Bigot

    REGARDEZ LA CEREMONIE

    Tout le palmarès

    LAURIER FICTION :  La loi de Damien – L’égal des Dieux (France 3)

    LAURIER SÉRIES : Dérapages (Arte)

    INTERPRÉTATION : Sophie Breyer et Marie Colomb dans Laetitia (France 2) & Samuel Labarthe dans De Gaulle, l’éclat et le secret (France 2)

    LAURIER DOCUMENTAIRES : Vie et Destin du Livre noir, la destruction des juifs d’URSS (France 5)

    LAURIER CIVISME ET GRANDES CAUSES : Quand l’hôpital retient son souffle (France 5)

    LAURIER CULTURE : Un été à la Garoupe (France 5)

    LAURIER MAGAZINE : 28 minutes (Arte)

    LAURIER NUMÉRIQUE : La trilogie de l’Opéra National de Paris (Chaîne Opéra youTube)

    LAURIER MUSIQUE : Michel Portal, pour la musique de Un été à la Garoupe (France 5)

    LAURIER INFORMATION TÉLÉVISION : Anne-Elisabeth Lemoine pour C’est à vous (France 5)

    LAURIER PROGRAMME RADIO : La voix est livre par Nicolas Carreau (Europe 1)

    LAURIER JEUNESSE : Askip, Le collège se la raconte (Okoo, France.tv)

    LAURIER D’OR : Yves BigotLAURIER D’HONNEUR : Jean-Pierre Pernaut

  • 13 au 21 mars 2021 : la semaine de la Francophonie

    13 au 21 mars 2021 : la semaine de la Francophonie

    En mars, la Semaine de la Francophonie est chaque année le rendez-vous des amoureux des mots en France comme à l’étranger. Les expatriés sont naturellement les premiers ambassadeurs de la langue française mais ils ne sont pas les seuls. Le Français est aujourd’hui la langue maternelle de près de 500 millions de personne, la langue se vit et se réinvente aux quatre coins de la planète.

    À l’aide de différents ateliers présentés pendant la semaine du 13 au 21 mars 2021, l’enjeu est d’offrir au grand public «l’occasion de fêter la langue française en lui manifestant son attachement et en célébrant sa richesse et sa modernité».

    L’air, ce bien commun à préserver

    Cette année, la thématique est l’air, et sera mise en valeur à travers le choix de dix termes emblématiques: «aile, allure, buller, chambre à air, décoller, éolien, foehn, fragrance, insuffler, vaporeux.»

     La Délégation générale de la langue française et des langues de France (DGLFLF), l’un des acteurs de cette Semaine, justifie ainsi le choix de ce thème: «L’air est une ressource naturelle, un bien commun à préserver pour l’avenir de l’humanité (…)»

    Un mot et une planche de bande dessinée

    Les mots retenus sont une «invitation au voyage, à la réflexion, au plaisir, à la poésie», lit-on sur la présentation de l’événement par la DGLFLF. Ils sont regroupés dans un livret de soixante pages, baptisé cette année «Dis-moi dix mots qui (ne) manquent pas d’air», et réalisé par le réseau OPALE (Organismes francophones de politique et d’aménagement linguistiques). Chaque mot est accompagné d’une définition, «extraite du Petit Robert de la langue française (2019)», et d’une planche de bande dessinée. C’est une manière de valoriser les bédéistes francophones, également au cœur du dispositif cette année.

    Sensibiliser à la francophonie

    Présentée comme une «opération de sensibilisation francophone», la Semaine de la langue française et de la francophonie est constituée de cinq partenaires francophones: la Fédération Wallonie-Bruxelles, la France, le Québec et la Suisse romande, ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Fait inédit cette année: le livret «Dis-moi dix mots» comporte un carnet de jeux pédagogiques à la fin, réalisé par le Réseau Canopé. Les jeux s’inscrivent dans les Niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).

    Quel programme pour les expatriés ?

    Chaque année en Serbie, des centaines de chanteurs amateurs de 13 à 28 ans tentent leur chance au Concours de la Chanson francophone organisé par l’Institut français, avec l’appui du Centre Culturel étudiant de Niš. Depuis sa création en 2004, plus de 1.000 jeunes apprenant le français ont déjà participé. En 2021, le concours se fera sur Instagram.

    Mises en oeuvre par les ambassades, les consulats, l’Institut français de Russie à Moscou et Saint-Pétersbourg et la Francothèque (BLE), des journées se déploieront tout au long du mois à travers tout le pays en partenariat avec les 13 Alliances françaises, les centres de ressources francophones au sein des universités et les établissements scolaires et universitaires où le français est enseigné.

    A Glascow comme à Londres, les Instituts Français organisent le « IFCinéma à la carte » . Accessible du monde entier par internet, vous aurez l’occasion unique de regarder depuis votre salon des films français en tout genre !

    A Manille, comme à Riga, c’est un concours de récitation de poésie francophone qui vous est proposé.

    Sur toute la planète, les établissements de la « diplomatie culturelle » française (Alliances françaises, établissements scolaires, Instituts Français et parfois Consulats et Ambassades) vous proposent de nombreux évènements en présentiel, quand cela est possible, sinon en ligne, pour le plus grand bonheur des francophones. Retrouvez le programme en cliquant ICI.

  • Qui contrôle le commerce international contrôle le monde

    Qui contrôle le commerce international contrôle le monde

    Vingt ans après l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce, les relations commerciales sont entrées dans un nouveau cycle. Le commerce international après avoir connu un essor important avec la mondialisation et l’éclatement des chaînes de valeur doit faire face au retour d’un certain souverainisme. Par ailleurs, la digitalisation des activités conduit à une forte progression des services au détriment des échanges de biens. 

    Le centre de gravité du commerce international qui s’est situé longtemps entre l’Europe et les États-Unis a basculé en Asie avec la Chine qui est devenue le premier pays exportateur mondial. Le commerce international est l’une des expressions des rapports de force géopolitiques. 

    Après le Congrès de Vienne en 1815, l’Europe et surtout l’Angleterre dominent le monde et imposent leurs règles pour les échanges. Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis, qui, jusqu’alors étaient protectionnistes, fixent un cadre libre-échangiste qui leur permet d’assurer leur prédominance sur le monde libre.

    Un débat sur la propriété de la mer  

    Au XVIIe siècle, un débat sur la propriété de la mer occupa les chancelleries. La mer est-elle un bien public, espace de liberté ou obéît-elle aux règles de souveraineté terrestres ? Les Britanniques, les Portugais et les Espagnols étaient favorables à un contrôle national des mers et des océans. Le juriste hollandais, Hugo Grotius, publia un livre qui fonda le droit maritime international, « mare liberum ». Il prônait une mer ouverte et libre à tout le monde. Le Britannique, John Selden, argumenta à l’inverse en faveur d’une « mare clausum » (1635), une mer fermée pouvant être possédée par des nations. Hugo Grotius l’emporta même si la domination militaire en mer des Britanniques leur permit pendant deux siècles de dicter leurs règles aux autres nations. 

    Par ailleurs, pour les eaux littorales, la souveraineté nationale s’est appliquée. La France qui n’a jamais réellement eu de tradition maritime tenta néanmoins dans son histoire à plusieurs reprises de contrôler à son profit les échanges. Richelieu, dans son avis au Roi de 1629, écrivit que «la première chose qu’il faut faire est de se rendre puissant sur la mer qui donne entrée à tous les États du monde ». Sous Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert s’inspira de la politique de Richelieu pour développer une marine marchande et créer la Compagnie des Indes Orientales et celle des Indes Occidentales (1664). Il écrivait au sujet des échanges que « le commerce est la source de la finance et la finance est le nerf de la guerre ». L’objectif restait avant tout militaire. Faute de moyens et faute de persévérance, la France n’arriva pas à concurrencer les Anglais.

    Puissance maritime et modèle de développement 

    En contrôlant les principaux points du monde et en disposant de relais dans de nombreux ports, les Britanniques étaient la première puissance maritime qui était au service de leur industrie. Au tournant du XIXe siècle, l’Allemagne récusa le modèle libre échangiste teinté de protectionnisme du Royaume-Uni afin de pouvoir s’imposer économiquement et militairement. Les grandes puissances européennes menèrent alors une compétition pour façonner de grands empires coloniaux censés leur garantir un accès aux matières premières et des débouchés commerciaux. La Guerre de 14/18, au-delà de l’attentat de Sarajevo, trouve son origine dans la concurrence de plus en plus frontale entre le Royaume-Uni et l’Allemagne qui était entravée dans sa fabrication de cuirassés. 

    Les États-Unis ont, de leur côté, construit un modèle de développement protectionniste en récusant le libre-échange de l’ancienne puissance coloniale. Au nom de la théorie Monroe, ils ont étendu leur espace commercial à l’ensemble du continent américain, Nord et Sud. La Pax americana, en 1945, était la conséquence d’une suprématie économique sans partage. 

    Les États-Unis ont pu fixer les règles à leurs alliés et anciens adversaires avec les accords du GATT et l’instauration du FMI ainsi que de la Banque mondiale. Les États-Unis ont néanmoins toujours conservé des réflexes protectionnistes comme en témoignent l’adoption de quotas ou de majoration de droits de douane depuis les années 1980 contre des produits européens, japonais ou chinois.

    Guerre commerciale et multilatéralisme 

    La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, lancée à partir de 2017 par Donald Trump, illustre le changement de rapport de force et la volonté de la première puissance économique mondiale de ne pas perdre le contrôle du commerce international. En récusant le multilatéralisme, l’ancien Président indiquait clairement ce dernier ne servait plus les intérêts américains. 

    Le nouveau rapport de force économique et social aboutit à ce que les Chinois se présentent comme les hérauts du libre-échange quand les Américains renouent avec des pratiques protectionnistes. La situation est moins manichéenne qu’elle pourrait en donner l’impression. Ainsi, la Chine dispose d’un arsenal protectionniste encore important grâce à son statut de pays émergent qui lui autorise de bénéficier de la clause de la « nation la plus favorisée » quand de leur côté les États-Unis restent un des pays les plus ouverts aux échanges extérieurs. 

    Le Président chinois défend le principe d’un commerce international qui n’obéirait pas à une logique de domination politique. Il met en avant que le fait que la Chine n’a pas colonisé d’autres États (en oubliant la Mongolie et le Tibet) et qu’elle n’impose pas ses valeurs dans le cadre des échanges comme peuvent le faire l’Europe ou les États-Unis. Si la Chine ne s’enquière pas de la gouvernance des pays en développement ou émergents avec lesquels elle commerce, elle demande bien souvent un soutien sans faille au sein des instances internationales. Elle peut également, en cas de problème de financement, imposer des transferts de propriété aboutissant à la création de comptoirs.

    Une nouvelle route de la soie très politique 

    Avec la nouvelle route de la soie, la Chine entend sécuriser ses approvisionnements et ses exportations à l’échelle planétaire. Cette route est plurielle, elle est routière, ferroviaire, aérienne et également spatiale. Elle couvre tous les réseaux physiques et virtuels. La Chine ne souhaite pas se soumettre au droit international multilatéral pour les différends concernant sa politique commerciale. Elle a ainsi créé trois tribunaux de commerce dédiés. Consciente de l’importance des routes maritimes, la Chine contrôle un nombre important de ports. 

    Parmi les vingt premiers ports mondiaux, neuf sont chinois, auxquels il faut ajouter Taïwan. En Europe, 10 % des capacités des terminaux de containers appartiennent à des entreprises chinoises. En 2025, ce taux pourrait dépasser 25 %. Le Pirée, port que la Chine a acheté à la Grèce, est devenu, en 2019, le premier port de Méditerranée pour les conteneurs. La Grèce refuse depuis 2017 de s’associer aux autres États membres de l’Union pour dénoncer les atteintes aux Droits de l’Homme en Chine… 

    En Afrique, la Chine a également acheté des ports et installé des équipements portuaires modernes afin de faciliter ses échanges. Depuis 2017, elle dispose d’une base militaire à Djibouti, située à proximité du port international. 250 soldats chinois y sont postés en permanence. Selon les projections, ils pourraient être 10 000 en 2026. 

    Au niveau ferroviaire, la Chine étend sa toile en construisant des lignes entre la Grèce, la Bulgarie, la Serbie ou la Hongrie. Une ligne à grande vitesse entre Belgrade et Budapest est ainsi prévue. Les Chinois déploient pour les transports terrestres également une logistique importante, entrepôts notamment et mise aux normes des routes que ce soit en Asie ou en Europe centrale. 

    Pour la réalisation de la nouvelle route de la soie, la Chine s’appuie sur des structures de financement comme la Banque Asiatique d’Investissement qui se veut être un embryon de Banque Mondiale. 

    Les autorités américaines ont, à plusieurs reprises, alerté leurs alliés, et en particulier l’Italie, qui a adhéré à la route de la soie, sur un risque de dépendance. 

    Les rivalités commerciales entre grandes puissances se terminent mal

    Dans l’histoire, les rivalités commerciales entre grandes puissances se terminent mal comme l’a souligné l’auteur américain Graham Allison dans son essai publié en 2019, L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ? Comme pour la guerre du Péloponnèse (-431 à -404) décrite par Thucydide, les États-Unis et la Chine, même si leurs intérêts les incitent à coopérer, pourraient comme Sparte et Athènes recourir à des pratiques belliqueuses. Sparte qui était la puissance dominante vivait de plus en plus mal l’essor d’Athènes dont la sphère d’influence augmentait. Malgré les complémentarités des deux cités, la guerre s’imposa et entraîna leur déclin. Les États-Unis accepteront-ils de partager leur pouvoir en particulier au niveau commercial ou opteront-ils comme sous Donald Trump pour un protectionnisme offensif ? 

    L’opposition des modèles politiques et économiques peut faire craindre une montée aux extrêmes surtout si la croissance demeurait incertaine dans les prochaines années. La volonté de Pékin de contrôler la mer de Chine et d’intégrer Taïwan sont sources de conflits d’autant plus que deux alliés américains pourraient se sentir fragilisés en cas de non-réaction des États-Unis, à savoir la Corée du Sud et le Japon. 

    Ces deux pays sont des acteurs clefs du commerce international et sont actuellement liés aux Américains. Le centre de gravité de l’économie et du commerce se situant désormais en Asie, tout conflit dans cette zone est de nature mondiale comme cela était le cas auparavant pour l’Europe.

  • l’UE en VRP des traités de libre-échange

    l’UE en VRP des traités de libre-échange

    Le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis a défendu mardi devant les députés français la politique commerciale de l’Union européenne, en prenant bien soin de montrer que la France en était l’un des principaux bénéficiaires.

    Le Mercosur expliqué

    Concernant l’accord conclu avec le Mercosur en 2019, qui a fait l’objet de nombreuses questions de députés, il a rappelé que les « gains tarifaires étaient estimés à 4 milliards d’euros par an », soit « quatre fois » les bénéfices résultant de l’accord commercial avec le Japon et « huit fois » ceux résultant de l’accord avec le Canada.

    Quant à la France, qui refuse de signer l’accord tant que les pays concernés (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) ne prennent pas d’engagements mesurables sur la déforestation, elle en est « le deuxième bénéficiaire après l’Allemagne », a fait valoir le vice-président de la Commission européenne, ajoutant que « 100.000 emplois en France dépendent des exports vers le Mercosur ».

    Alignant les chiffres, Valdis Dombrovskis a également fait valoir que l’industrie agro-alimentaire tricolore, premier exportateur de produits laitiers vers les pays du Mercosur, aurait tout à y gagner.

    Riester opposé

    Face au ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, qui a réitéré le refus du gouvernement de ratifier l’accord en l’état, le commissaire a assuré partager les « inquiétudes » françaises et travailler « à des engagements que le Mercosur pourrait prendre » en matière de respect de l’environnement, comme « le respect de l’accord de Paris ».

    Au sujet de la déforestation, « la forme précise de ces engagements est toujours à déterminer », a-t-il dit, sans s’avancer sur un calendrier de ratification.

    Canada, Maroc et Sahara occidental

    Le commissaire s’est livré au même exercice au sujet du traité de libre-échange conclu en 2019 entre l’UE et le Canada, le Ceta, ainsi que sur l’accord de principe sur les investissements conclu en décembre avec la Chine, veillant à chaque fois, chiffres à l’appui, à montrer le gain qui en a résulté – ou en résultera – pour la France, ne ménageant pas ses efforts pour convaincre des députés souvent sceptiques.

    Concernant l’accord commercial entre l’UE et le Maroc, qui permet à Rabat d’exporter des produits agricoles du Sahara occidental à un tarif préférentiel, « nous avons ajusté nos accords avec le Maroc pour refléter les décisions de la Cour de justice européenne », a assuré M. Dombrovskis, en réponse à une question du député communiste Jean-Paul Lecoq.

    La Cour avait jugé en 2016 que cet accord ne pouvait s’appliquer à ce territoire disputé, mais les indépendantistes du Front Polisario ont saisi la justice européenne début mars au motif que l’UE ne respectait pas cette décision.

  • Chine : la révolution ou la ruine

    Chine : la révolution ou la ruine

    « – Y aurait-il une sentence capable de ruiner un pays ? 

    Il n’est de paroles susceptibles de produire un tel résultat, répliqua Confucius, mais ce qui n’en est pas loin, c’est l’adage : « le seul plaisir du prince est de n’être jamais contredit ». Par cette seule sentence ne sommes-nous pas sur le point de précipiter le pays dans la ruine? » 

    Entretiens de Maître Kong

    Citer cet extrait des Entretiens de Maître Kong vaudrait en Chine bien des ennuis, à l’heure où 3000 députés de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP), ont, au Grand Palais du peuple, salué le génie de Xi Jinping comme ils ont coutume de le faire une fois l’an.

    Le seul plaisir du prince est de n’être jamais contredit 

    La Chine a vaincu le Covid-19. La Chine a maintenu une croissance positive en 2020. La Chine a publié un rapport sur les violations des droits de l’Homme aux Etats-Unis. La Chine veille à ce que seul des « patriotes » soient élus à Hong Kong fin 2021. La Chine lutte contre le terrorisme dans le Xinjiang, grâce à des centres de formation pour les Ouighours, que des journalistes malintentionnés appellent « camps d’internements ». Heureusement, peu de journalistes couvriront l’Assemblée Nationale Populaire qui élève peu à peu Xi Jinping au rang de Mao, comme si c’était un compliment d’être associé à un des plus grands assassins de l’histoire. Reporters sans Frontières classe la Chine au 177ème rang pour la liberté d’expression, sur 180 pays, peu de chance de se voir contredit.

    Xi Jinping, surnommé Winnie l’Ourson, (désormais interdit en Chine) a déjà fêté en février  sa victoire sur la grande pauvreté: 770 millions de Chinois en sont sortis en quarante ans, dont 100 millions depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping.

    « Un miracle qu’aucun autre pays n’a pu accomplir en si peu de temps », rappelle-t-il. Chapeau, il a raison. Encore que tout dépend du point de départ : Sur le temps long (depuis 1800), toute l’Europe fait mieux. Depuis 1900, le Japon fait mieux. Depuis la guerre (1945), Taïwan et al Corée du sud font beaucoup mieux, ce qui presque insultant. Et depuis 2000, l’Inde fait mieux. L’exploit de la Chine est spectaculaire, impressionnant par le gigantisme démographique, il n’est pas miraculeux.« 

    Xi Jinping

    600 millions extrêmement pauvres et 1058 milliardaires  

    Il n’empêche : la Chine réussit, et c’est tant mieux pour les Chinois et pour l’humanité. La question est de savoir si la Chine est devenu le nouveau modèle, et si la pente restera ascendante.

    Comment est définie « la Grande Pauvreté » ? Moins de 4000 yuans par an, soit 1.69$ par jour. Le seuil de la Banque Mondiale est de 1.9$ par jour, pour les pays pauvres. Le seuil pour les pays à revenu intermédiaire, comme l’est devenue la Chine, est de 5.5$. En respectant ce critère, plus proche des réalités, 40% de la population chinoise  – 600 millions d’après le Premier ministre Li Kequiang, qui ont un revenu de moins de 1000 yuans par mois – serait encore « extrêmement pauvre ». 

    En juillet, la Chine fêtera les cent ans du Parti communiste chinois et de ses 1058 milliardaires (bien plus que les Etats-Unis). Une célébration qui veut démontrer la supériorité du «modèle chinois », bien plus inégalitaire que le modèle occidental, et parachever vers l’Empire du milieu le basculement du monde. La tentation chinoise n’agite-elle pas depuis longtemps les voisins asiatiques, les Africains, les Russes ? Même l’Europe hésite à rejoindre les Etats-Unis dans une confrontation presque perdue d’avance : La Chine dominera le Monde, c’est écrit.

    La Chine rassemble ses voisins dans la crainte

    Vraiment ? Pendant le nouvel an chinois, Japonais et Américains simulaient en Mer de Chine une riposte navale antibalistique face à Pékin. La France les rejoindra, en juin. L’Inde et la Chine interdisent les armes à leurs gardes frontières qui s’entretuent à mains nues : 24 morts récemment. L’Australie, punie par Pékin, se rebiffe. Taïwan, privé du marché chinois pour ses ananas, s’en gave civiquement. Partout, la puissance chinoise, son expansionnisme, soude contre elle de plus en plus de pays de l’Asie du sud-est, ce qui ravit la nouvelle équipe de Biden, alors que Trump avait fait la grossière erreur d’abandonner le traité transpacifique. Pékin augmente cette année son budget militaire de 6.8%, ce qui ne rassure personne parmi ses voisins. 

    Certes, craintes et jalousies pourraient être vite dissipées, tant la puissance, même inconvenante, sait se faire respecter ; à condition de maintenir le même rythme de croissance. 

    Lacunes chinoises

    Le déclin démographique chinois annonce des temps difficiles.  Au cours de la prochaine décennie, la proportion de personnes en âge de travailler diminuera, tandis que le nombre de retraités va s’accroitre. La croissance chinoise, encore de 6% avant la coronacrise, son plus faible taux depuis 1999, devrait retomber vers 5 puis 3, voire 2%, soit le niveau des autres pays développés. Très dépendante de l’exportation, l’économie chinoise n’a pas réussi sa reconversion vers la demande intérieure. La consommation des ménages ne représente plus que 39% du PIB contre 48% en 2000.

    Le droit de critiquer, l’exemple des cent fleurs 

    Malgré ses tentatives, financièrement, la Chine n’a pas réussi à entamer la primauté du dollar : Lui manque transparence et fiabilité. L’endettement global de la Chine (Etat, collectivités, ménages, entreprises) dépasse 300% de son PIB. Or la dette croit désormais plus vite que le PIB, ce qui est insoutenable à terme, d’autant que les investissements ne sont pas toujours, loin de là, dictés par la rentabilité. Bon nombre d’entreprises d’état sont surendettées et protégées.

    Disposer d’un génie au sommet conduit à s’entêter dans de mauvais choix, amplifie les phénomènes de cour, suscite intrigues, complots et punitions, fait fuir ceux qui craignent l’arbitraire, falsifie les comptes et fausse la concurrence. La société de surveillance en cours d’édification concerne les citoyens et les entreprises, notées selon des critères « moraux »  c’est-à-dire politiques. Un tel système est un système de préférence -autrement dit de corruption- rarement efficace. A terme, jamais.  

    Pour toutes ces raisons, Maitre Kong avait vu juste : Le plus sûr moyen de mener un pays à la ruine est d’avoir un Prince qui n’est jamais contredit. A moins, évidemment, que la Chine ne s’éveille aussi politiquement. Qui sait, la révolution chinoise est peut-être devant nous ? 

  • L’Institut Français de Londres fait de la résistance

    L’Institut Français de Londres fait de la résistance

    Dans le monde, la pandémie, véritable catastrophe culturelle, a décimé le secteur, entraînant une vague de fermetures et d’annulations. Seuls quelques établissements de la galaxie « Diplomatie culturelle » ont su tirer leur épingle du jeu, dont l’Institut Français de Londres.

    Malgré des mois de fermeture et de “stop and go“ liés aux mesures restrictives de la Covid-19, l’antenne londonienne dirigée par son nouveau directeur, Bertrand Buchwalter, a su résister.

    Aujourd’hui, le nouveau directeur a repris le flambeau de l’ancienne directrice de l’Institut, Claudine Ripert-Landler. le grand défi : faire vivre la culture française dans la capitale britannique.

    Un ancien Consul Général à sa tête

    Le nouveau directeur de l’Institut Français, a donc choisi la capitale britannique pour rejoindre le réseau culturel. Il a voulu se porter candidat sur ce poste, particulier, basé à Londres. 

    “C’est un poste où vous avez une double responsabilité. Car vous êtes aussi Conseiller culturel au sein de l’équipe de l’Ambassade de France.”

    Bertrand Buchwalter, nouveau directeur de l’Institut Français de Londres

    Diplomate de carrière, il a pris, il y a 20 ans, ses premières fonctions au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Après une première affectation en Turquie, il a parcouru les postes diplomatiques, avant un retour à Istanbul, comme Consul Général. Aujourd’hui, c’est donc Londres, son nouveau port d’attache.

    L’Institut Français est son premier poste au sein de ce qu’appellent les initiés : le « Réseau culturel Français ». La particularité de cette « branche » du Ministère des Affaires étrangères réside dans le traitement des enjeux de diplomatie culturelle et d’influence. Dans ces précédentes fonctions, il avait déjà couvert ces sujets notamment à Istanbul.

    Aujourd’hui, il a envie de s’impliquer davantage au cœur de “notre diplomatie culturelle française.”

    Un directeur investi

    D’après Bertrand Buchwalter “prendre ses fonctions en plein confinement est un beau défi.“ Première difficulté : rencontrer les partenaires britanniques au sein de leurs institutions, malheureusement, la situation sanitaire ne le permet pas pour le moment.

    En attendant, des jours meilleurs, ils se parlent “en Visio » et réinventent ensemble l’accès à la culture. D’ailleurs, l’Institut n’a jamais arrêté de fonctionner et a multiplié ses activités en ligne. Le festival de la Nuit des Idées en est un exemple parmi tant d’autres.  

    Moment crucial pour la relation franco-britannique

    C’est ”un moment crucial pour faire rayonner la culture française au Royaume-Uni compte tenu de l’année pivot avec la sortie du pays de l’Union Européenne. Il faut redéfinir et repenser notre relation avec le Royaume-Uni dans le domaine de l’éducation et la culture qui ont toujours été au cœur de notre relation et qui doivent le rester.« 

    Bertrand Buchwalter, nouveau directeur de l’Institut Français de Londres

    Le Brexit, les tensions liées à l’avenir de l’Eurotunnel, les migrants, la frontière britannique sur le sol français à Calais, la fin des « jobs d’été », le coût des universités britanniques pour les européens dont les Français, les oppositions, donc, entre Français et Britanniques ne manquent pas. La culture, héritage commun, est désormais le pont qui peut accrocher le Royaume-Uni au continent et la France, par sa proximité géographie, son histoire commune, est l’éclaireuse de cette ambition.

    Bertrand Buchwalter est heureusement un homme de défis. Pandémie et Brexit se sont invités à son projet et il relève le challenge !

    “Un défi qui est encore plus passionnant à relever dans le contexte de 2021. Car c’est un nouveau cadre dans la relation franco-britannique qui découle de l’Accord de Commerce et de Coopération qui a été conclu en décembre 2020. Des obstacles sont apparus et il faut agir différemment. Pendant quarante ans, nous étions dans le programme européen et aujourd’hui, cela n’existe plus de la même manière. Il faut réinventer une nouvelle façon d’être ensemble et recréer des connexions pour éviter les décrochages. Le Royaume-Uni est un partenaire essentiel et stratégique. Et, des liens historiques et géographiques très forts existent.”  

    Bertrand Buchwalter, nouveau directeur de l’Institut Français de Londres

    “L’Institut Français à Londres est l’un des instituts les plus anciens.”

    Ce défi sera relevé dans un écrin d’exception. En effet, l’Institut Français de Londres est un des plus anciens du réseau. Fondé en 1910 à l’initiative de Marie d’Orliac sous le nom d’université des lettres françaises, il fonctionne à partir de 1913 avec le soutien de l’université de Lille à laquelle il est rattaché. L’établissement a déménagé à plusieurs reprises avant l’achèvement de la construction (en 1939) de l’actuel bâtiment Art déco, aujourd’hui classé.

    ”L’Institut français est le fer de lance de notre coopération de la culture et du Français. Il est l’un des joyaux de notre réseau dans le monde. L’Institut existe depuis 1910, il est le plus ancien. C’est une magnifique institution et je trouve que c’est l’un des plus beaux jobs du réseau culturel. Car il existe un réseau exceptionnel et nous possédons des outils et des programmes remarquables. Et, l’équipe est formidable.”

    Bertrand Buchwalter, nouveau directeur de l’Institut Français de Londres

    Servi par une programmation d’exception

    Si un nouvel air franco- Britannique souffle sur l’Institut, Bertrand Buchwalter prolongera, le travail de qualité, de son prédécesseur.

    ”Londres et le Royaume-Uni restent une place forte de la culture, de l’éducation. Ensemble, nous avons beaucoup de choses à réaliser. La crise sanitaire nous a obligés de fermer l’Institut au public. Actuellement, nous sommes en train de réfléchir à la suite concernant le calendrier du déconfinement. Pendant la Journée internationale de la Femme le 8 mars et pour le mois de la Francophonie, nous aurons un beau programme à proposer.”

    Bertrand Buchwalter, nouveau directeur de l’Institut Français de Londres

    Depuis aujourd’hui, lundi 8 mars, la première étape des allègements des restrictions est lancée en Angleterre, les écoles dont les établissements français ont réouvert.

    Encouragés par le calendrier du gouvernement britannique, les expatriés, mais aussi les amoureux de la culture française, espèrent la réouverture au public de l’Institut Français au public dans les prochaines semaines.

    D’ici là ils pourront profiter de l’offre de cinéma en ligne. Le Ciné Lumière 3, en hommage aux Frères Lumière, qui inventèrent le cinéma, offre une programmation riche et dense. Profitant du mois de la francophonie qui vient de débuter, chaque jour, tout à chacun, à Londres, ou ailleurs dans le monde, et gratuitement, pourra regarder une sélection de 5 films dont le Beau monde de Julie Lopes-Curval ou Slamon de Charlène Favier.

    Immergé désormais pleinement dans le XXIème siècle, l’Institut Français de Londres a su se réinventer et garder le lien avec les amoureux de la France au Royaume-Uni. Un bel exemple alors que notre diplomatie culturelle traverse sa plus grande crise depuis 100 ans.

  • Interview de Meghan et Harry : les précisions de TV5MONDE

    Interview de Meghan et Harry : les précisions de TV5MONDE

    Pas de réaction officielle de la part du Palais de Buckingham après l’interview choc du Prince Harry et de Meghan. Notre correspondante à Londres nous en dit plus.

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