Le certificat Covid européen délivré à travers l’UE pour prouver la vaccination d’une personne, un dépistage ou le rétablissement après maladie, pourra désormais être délivré également aux citoyens du Vatican et de Saint-Marin. La Commission européenne a annoncé en effet début aout avoir adopté des décisions d’équivalence pour les certificats Covid de ces deux micro-Etats qui ne font pas partie de l’UE. Cette décision fait grincer des dents chez les expatriés hors d’Europe. Pourquoi ? Car ces deux principautés ont vacciné avec le Sputnik V et son équivalent chinois le Sinovac. Deux protocoles qui n’ont pas été homologué par l’Agence européenne.
« Pour notre propre territoire, on ne rentre pas en France avec le pass sanitaire si on a un vaccin russe ou chinois, pas parce qu’on discrimine une nationalité mais parce que c’est ça qui est sûr, ce sont les seuls quatre vaccins qui ont été validés par l’Agence européenne. »
Clement Beaune, Secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes
Logiquement, la nouvelle de ces homologations par l’UE des vaccinés à Saint-Marin et au Vatican a induit un sentiment d’injustice pour nos compatriotes ayant reçus ces doses.
« Une brèche ouverte pour la reconnaissance des vaccins dit non homologués (Sputnik V, Sinovac) pour la France«
Roselyn Cordin, président de l’UFE Sousse et élue consulaire en Tunisie
Car les conséquences sont lourdes pour les Français établis dans les pays ayant distribué ces vaccins. Ils doivent pour accéder au territoire français et accéder aux lieux régis par le Passe sanitaire soit se plier à la règle du dépistage toutes les 72h soit accepter de recevoir 2 autres doses de vaccins, eux reconnus par l’Union européenne. Un cocktail que certains refusent de peur d’éventuelles complications après avoir reçu une troisième puis une quatrième dose.
Quelles perspectives pour le certificat européen ?
Porté par le sénateur des Français de l’étranger, Olivier Cadic, un amendement, alertant le gouvernement sur cette situation et demandant l’accélération de la procédure de reconnaissance propre à la France du vaccin russe, a été adopté le 23 juillet. La situation est d’autant plus étonnante que la Hongrie mais également la Grèce ou la Suisse ont déjà reconnu la solution russe. Ceux qui ont reçu le Sputnik V dans ces pays peuvent eux donc aussi recevoir le sésame européen ! Enfin, cette semaine, des discussions ont été ouvertes pour une éventuelle reconnaissance mutuelle entre l’Europe et la Russie, certaines se risquent à avancer un calendrier sur le mois de septembre.
Pour le vaccin chinois, le Sinovac, les tensions diplomatiques et les doutes sur son efficacité ne permettent d’entrevoir une homologation à cour terme ni à moyen terme.
Le président américain s’est entretenu mardi 17 août par téléphone de la victoire des talibans en Afghanistan avec le Premier ministre britannique. Les deux dirigeants ont convenu d’organiser, la semaine prochaine, une réunion virtuelle du G7 pour discuter d’une stratégie et d’une approche communes. Un article de notre partenaire Euractiv.
Sommet virtuel
Le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont convenu lors d’un entretien téléphonique mardi 17 août de participer la semaine prochaine à un sommet virtuel du G7 sur l’Afghanistan, ont fait savoir la Maison Blanche et Downing Street dans deux communiqués.
Les deux hommes « se sont mis d’accord pour tenir un sommet virtuel des chefs d’État et de gouvernement du G7 la semaine prochaine afin de discuter d’une approche et d’une stratégie commune »
Communiqué de la présidence américaine.
Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du « groupe des 7 » (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), avait appelé lundi à la tenue d’un tel sommet, alors que la communauté internationale réagit pour l’heure en ordre dispersé.
Premier entretien de Joe Biden avec un chef d’État depuis la chute de Kaboul
Dans leur conversation, le Premier ministre britannique et le président américain ont« salué la coopération des États-Unis et du Royaume-Uni »dans les opérations d’évacuation, selon Downing Street.
Ils ont également évoqué « le besoin de poursuivre une étroite coopération entre alliés et partenaires démocratiques » au sujet de l’Afghanistan, a indiqué de son côté la présidence américaine.
Il s’agit du premier entretien de Joe Biden avec un chef d’État ou de gouvernement depuis la chute de Kaboul, après vingt années d’intervention militaire d’une coalition internationale emmenée par les États-Unis, et dans laquelle le Royaume-Uni a joué un rôle important.
La décision de Joe Biden de retirer les derniers soldats américains d’Afghanistan au plus tard le 31 août, et la gestion de cette opération par Washington ont été ouvertement critiqués au Royaume-Uni.
L’UE et les talibans
L’UE « devra parler » aux talibans « aussi vite que nécessaire », car ces derniers « ont gagné la guerre » en Afghanistan, mais sans que cela implique de reconnaître formellement le nouveau régime dans l’immédiat, a déclaré mardi (17 août) Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
« Les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux, afin d’engager un dialogue aussi vite que nécessaire pour éviter une catastrophe humanitaire et potentiellement migratoire. Ce dialogue devra aussi se concentrer sur les moyens d’empêcher le retour d’une présence terroriste étrangère en Afghanistan »
Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
Il a néanmoins précisé que de telles discussions n’impliquaient pas pour autant une prompte reconnaissance officielle du régime taliban par Bruxelles.
Pas encore de reconnaissance
M. Borrell s’exprimait devant la presse à l’issue d’une réunion en visioconférence des ministres européens des Affaires étrangères, à l’heure plusieurs États membres de l’UE renforcent leurs efforts pour accélérer l’évacuation de ressortissants occidentaux et de personnels afghans depuis l’aéroport Kaboul.
« Il ne s’agit pas de reconnaissance officielle (des talibans), il s’agit d’être en contact. Si je veux que 400 personnes, des Afghans qui travaillaient pour l’UE et leurs familles, puissent rejoindre l’aéroport (pour être évacués), alors je dois parler aux autorités des talibans. Dans le cas contraire, ce sera extrêmement difficile pour eux d’atteindre l’aéroport. C’est une opération logistique assez compliquée, donc on doit communiquer avec les talibans«
Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
Les talibans seront jugés « selon leurs actions », a abondé après la réunion le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. « Ce qui importe avant tout, c’est que la transition se fasse de façon pacifique », a-t-il martelé.
Les ministres européens se sont également penchés mardi sur les circonstances de l’effondrement soudain des forces afghanes face à l’offensive éclair des talibans.
« Nous devons reconnaître les erreurs que nous avons commises, particulièrement sur l’évaluation des capacités militaires » locales, alors que « l’apport de ressources sans précédent n’a eu que de médiocres résultats en termes de capacité de résistance de l’armée et de l’État afghans », a observé Josep Borrell.
Le premier objectif de l’intervention occidentale, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, « était de détruire Al-Qaïda », mais « notre mission a graduellement évolué vers la construction d’un État moderne », a-t-il souligné.
« Aujourd’hui, on peut dire que nous avons réussi pour le premier objectif. Pas pour le second ».
Après la Covid-19, c’est maintenant le virus Ebola qui menace la Côte d’Ivoire. Un cas de la fièvre hémorragique a été détecté dans le pays pour la première fois depuis 1994. Une campagne de vaccination vient de débuter.
Les Accords de Bretton Woods du mois de juillet 1944 fixaient les nouvelles règles financières et monétaires de l’économie mondiale, du moins pour les Etats qui acceptaient de s’y plier. Après la crise de 1929 et ses conséquences, les quarante-quatre Etats signataires avaient comme objectifs le rétablissement de la liberté des paiements internationaux pour relancer le commerce international et la stabilité des taux de change. Ce nouveau système reposait sur le dollar qui était la seule monnaie convertible directement en or. Ce choix entérinait la position dominante des Etats-Unis. Le système monétaire n’a pas réellement fonctionné comme escompté.
Le retour de la convertibilité des devises fut long à se dessiner ; pour le Franc il fallut attendre 1958. Après la pénurie de dollars des années 1945/1955, le monde doit faire face au phénomène inverse en lien avec les déficits croissants de la balance des paiements courants américaine et l’essor des eurodollars dont le marché est progressivement devenu supérieur à celui des Etats-Unis. La guerre du Vietnam avec les besoins financiers qu’elle générait, les problèmes politiques, la faible croissance en comparaison à celle qu’enregistraient l’Europe ou le Japon créaient un climat de défiance à l’encontre des Etats-Unis.
Dès 1964, sous l’impulsion du Général de Gaulle, la France demande la conversion des excédents de dollars en or. Elle fut suivie un peu plus tard par d’autres pays dont l’Allemagne. La parité de 35 dollars l’once était intenable du fait de l’augmentation du prix du métal précieux sur le marché libre. Dans ces conditions, afin de ne pas voir disparaître le stock d’or de la Réserve Fédérale, Richard Nixon pouvait soit procéder à une importante dévaluation au risque de provoquer une vague inflationniste, soit suspendre la convertibilité.
Au mois de mars 1973, les Etats membres du FMI optent pour les changes flottants ; le cours des devises sont fixés par le marché. Le 8 janvier 1976, les accords de la Jamaïque entérinent l’abandon du rôle légal de l’or. Le métal jaune s’était imposé comme étalon en raison de sa rareté, sa durabilité, sa densité, sa ductilité et sa facile identification. Le recours à l’or constituait une garantie pour les échanges et pour les placements.
La valeur d’une devise dépend de la situation comparée des économies
Ce système a toujours été fragile car dépendant de la production d’or. L’arrivée de l’or des Amériques a ainsi déstabilisé l’Espagne et le Portugal au XVIe siècle. Dans une économie complexe et mondialisée, la référence à un bien physique pour déterminer la valeur des monnaies devenait de plus en plus difficile à tenir d’autant plus que l’or est également une matière première utilisée dans de nombreux secteurs économiques. Au vu des crises encaissées depuis 1971 par l’économie mondiale, il apparaît difficile d’imaginer aujourd’hui un système monétaire reposant sur l’or dont l’once vaut au mois d’août 2021 autour de 1800 dollars, soit 51 fois le cours légal d’il y a cinquante ans. La valeur d’une devise dépend de la situation comparée des économies et des politiques monétaires mises en place. Si le pouvoir d’influence des Etats est moindre que dans le passé, il en est de même pour la spéculation qui trouvait un terrain favorable avec les dévaluations et les réévaluations.
La fin de la convertibilité est la cause et la conséquence du développement des marchés financiers dont le poids au sein des économies a fortement augmenté dans les années 1990/2000. Les besoins de financement croissant des Etats, les importants excédents commerciaux des pays pétroliers, de l’Allemagne, du Japon ou de la Chine le rôle de plus en plus important des multinationales nourrissent la sphère financière qui a, en outre, bénéficié des nombreux progrès technologiques avec la digitalisation de ses activités.
Concurrence entre les monnaies
L’abandon de la convertibilité en 1971 a, par ailleurs, conduit vingt ans plus tard à l’adoption par les Etats membres de l’Union européenne du Traité de Maastricht instituant l’euro. Pour sécuriser le marché unique ainsi que la politique agricole commune, les Européens ont, en effet, décidé d’abandonner leurs monnaies soumises à d’incessantes fluctuations.
Cinquante ans plus tard, la fin de la convertibilité du dollar en or apparaît comme une évidence. Avec la crise sanitaire qui a abouti à une augmentation sans précédent des bases monétaires grâce aux rachats d’obligations effectués par les banques centrales, certains s’interrogent sur la valeur à terme des devises. Celle-ci dépend avant tout des avantages comparés. Le dollar demeure la monnaie première et de loin au niveau mondial en raison de la surface économique et financière et du poids militaire du pays qui l’émet. Les Etats-Unis sont jugés sûrs et offrent encore un potentiel de croissance pour les prochaines années. Néanmoins, face à l’accumulation de dettes, un nombre croissant de personnes imaginent que l’avenir monétaire passe par les cryptomonnaies.
Après la fin de l’étalon or en 1971, les prochaines années pourraient être celles de la concurrence monétaire à l’intérieur des pays avec la cohabitation de plusieurs cryptomonnaies avec les devises officielles à moins que les banques centrales l’interdisent…
Les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles ce mardi 17 aout. Ils n’étaient pas les seules, dans la capitale belge, où sont installés le siège des institutions européennes et le QG de l’OTAN, les sirènes des convois diplomatiques ont résonné toute la journée dans les rues désertes en cette mi-d’aout. Sous la drache bruxelloise, l’avenir de milliers d’Afghanistan s’est donc décidé alors que Kaboul vit sa deuxième journée comme capitale de l’Emirat islamique d’Afghanistan.
Entre amnistie et représailles
Aujourd’hui, les afghans qui ont de l’électricité se sont réveillés avec une télévision d’État qui diffuse essentiellement des programmes islamiques, pré-enregistrés. Maulvi Ishaq Nizami a repris ses fonctions de directeur des media afghans qu’il occupait vingt ans auparavant.
Tolo TV, première chaîne privée du pays qui a connu un grand succès au cours des deux dernières décennies avec ses jeux télévisés, ses feuilletons et ses concours de jeunes talents, a cessé d’émettre ses programmes habituels, laissant place à des rediffusions d’une série turque sur l’Empire ottoman. Elle a toutefois diffusé un journal télévisé dans lequel une présentatrice interviewe un responsable taliban.
Tolérance contre reconnaissance
Cette ouverture des talibans est en accord avec les déclarations des nouveaux dirigeants du pays. Ce mardi après-midi, ils ont ainsi promulgué une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d’État, les appelant à retourner au travail dès demain.
Mais quelles seront leurs réactions une fois la reconnaissance internationale acquise ? une fois que leurs engagements auprès des Russes et des Chinois de ramener l’ordre et le calme dans le pays seront réalisés ? Déjà des femmes ont osé manifester dans les rues de Kaboul..Ou seront-elles demain ?
Conscients des risques pour tous ceux qui ont collaboré avec les occidentaux, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé, ce mardi 17 aout, de prendre en charge ces derniers et leurs familles. Pour cela les différents pays ont accordé leurs politiques de visas. En parallèle, le calme étant revenu à l’aéroport, les vols ont pu reprendre.
De la Belgique à la Pologne, tous les pays européens ont listé ainsi les prestataires et salariés afghans de ces vingt dernière années. l’Allemagne et à la France ont ainsi reçu une liste de près de 1000 personnes. Ces deux pays sont les seuls à avoir mis des moyens en oeuvre pour assurer l’évacuation des européens.
La France, dont l’ambassade à l’aéroport poursuit son travail, doit de son côté encore rapatrier un peu plus d’une centaine de ses collaborateurs et les quelques expatriés restant sur place. Ce mardi après-midi, elle a enfin pu jeter les bases de son pont aérien entre Kaboul et sa base aux Emirats arabes unis. Les partenaires européens pourront ainsi en profiter pour rapatrier ressortissants et protégés.
Un premier avion évacuant des Français et certains Afghans de Kaboul y est arrivé tôt ce mardi matin.
la France a «posé les bases d’un pont aérien entre Kaboul et les Émirats arabes unis». «Cette opération ne pourrait pas avoir lieu sans un puissant soutien des Émirats arabes unis»
la ministre des Armées Florence Parly sur RTL
Dès l’après-mid un Airbus A310 à destination de Paris CDG a décollé d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. A son bord 45 ressortissants français et de pays partenaires exfiltrés de Kaboul par les autorités françaises, a indiqué à l’AFP le ministère des Armées.
D’autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir pour évacuer tous les ressortissants français, et les Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises.
Car oui, le pays est définitivement revenu à ceux que l’organisation avait chassés il y a 20 ans suite aux attentats du 11 septembre 2001. L’OTAN n’a d’autre choix, comme tous, d’acter la nouvelle situation. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fustigé mardi «l’échec des autorités afghanes» à s’opposer aux talibans et à empêcher leur prise du pouvoir à Kaboul, tout en défendant l’engagement des troupes de l’Alliance dans le pays.
Les forces de l’OTAN «ont combattu bravement» en Afghanistan «mais n’ont pas réussi à sécuriser le pays», car «en fin de compte, les autorités politiques afghanes ont échoué à s’opposer aux talibans et à parvenir à une solution pacifique (…) C’est l’échec des autorités afghanes qui a conduit à ce que nous voyons aujourd’hui»
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN en conférence de presse
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN
Et les Alliés devront serrer les rangs. La Russie comme la Chine ne se privent pas d’enfoncer le clou devant l’échec de la campagne menée par les Américains. Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a durement critiqué le bilan humain de deux décennies d’intervention américaine.
«En Irak, en Syrie et en Afghanistan, ce qu’on a vu c’est une armée américaine qui laisse en partant des troubles, des divisions, des familles dévastées et décimées. Ils ont laissé une terrible pagaille, ont laissé ces endroits dans un état désastreux. La puissance et la fonction des États-Unis, c’est de détruire, pas de bâtir»
Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.
Un sentiment de gâchis
Chez tous les participants à la grande coalition contre les talibans en 2001, un sentiment de gâchis s’est répandu. Lundi soir, lors de l’allocution télévisée, Emmanuel Macron s’est adressé directement « à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés » en Afghanistan.
« Nous n’oublierons pas nos soldats, nous n’oublierons pas nos morts, 90 au total », après avoir affirmé que dans ce pays « notre combat était juste et c’est l’honneur de la France de s’y être engagée. »
Emmanuel Macron, Président de la République française, le 16 aout 2021
Pourtant, des voix se sont élevées pour dénoncer ces « morts pour rien ». Comme celle du père de Damien, militaire français, qui est mort dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan, le 18 août 2008. Treize ans plus tard, Jean-François Buil est désemparé, devant les images des talibans qui s’emparent à nouveau du pouvoir en Afghanistan.
« Je ne comprends pas du tout, je suis complètement écoeuré par ce qui se passe, quand je pense à tout ces soldats. Ce sont 3500 soldats de l’Otan et américains qui sont décédés là-bas, et à toutes ces familles endeuillées, je pense que ça n’a servi à rien »
Jean-François Buil sur BFMTV ce mardi 17 aout 2021
L’onde de choc continue de se propager, personne n’avait imaginé un tel retour des talibans. Surtout aussi rapidement, avant même le départ des dernières troupes américainessoit officiel. L’Occident, choqué, finira, peut-être, par s’interroger sur l’universalité de son modèle? Les femmes et les démocrates Afghans, loin des caméras, vivront, eux, et cela est sûr, de nouveau sous la tyrannie de leurs bourreaux
Du 01 au 07 aout, nous vous avons consulté sur le Passe sanitaire, sa mise en place et ses conséquences. Vous avez été 3509 à répondre à notre questionnaire.
La première leçon de cette consultation, c’est la prise de conscience des expatriés. Ils ont bien intégré que leur capacité de voyage dépendra de leur situation vaccinale ainsi 90% des consultés ont répondu être vaccinés.
Par contre, faire reconnaitre sa vaccination en France semble être toujours un parcours du combattant. Seulement 48% des vaccinés ont réussi à obtenir leur QR code européen/français. La grande majorité c’est tout simplement car ils ont été vaccinés au sein de l’Union européenne. Par contre, 1/3 des expatriés vaccinés hors de l’UE ayant participé à la consultation n’ont pas eu de retour après avoir écrit aux adresses emails censées transcrire la vaccination réalisée hors UE en QR code européen.
… mais souvent sans Passe sanitaire
Si les problèmes de compatibilité de lecture des QR codes émis dans les autres pays européens ont été résolus au cours de la deuxième partie de l’été, ils ont entravé les vacances de nos compatriotes pendant de longues semaines. En effet, jusqu’au 20 juillet, l’application TousAntiCovid grand public ne lisait pas les QR codes des autres pays et ne pouvait donc pas activer le Passe sanitaire pour les vaccinés en Europe. Les autres ? Ils sont, eux, en attente du QR code émis par la cellule du Ministère des Affaires étrangères. Ce dernier validera leur vaccination en France et dans les autres pays participant au programme européen. L’opération étant manuelle, les retards s’accumulent. Au final, ils sont près de de 78% à déclarer ne pas avoir pu activer leur Passe sanitaire.
Gratuité des tests PCR, l’info ne passe pas
Sans vaccination reconnue, seule solution pour espérer pouvoir profiter des activités en France au cours de ce mois d’aout, c’est de procéder à un test PCR ou antigénique en France, toutes les 72h. Facile d’accès, des tentes de dépistage en 10/15 minutes se sont multipliés sur tout le territoire, c’est la solution qu’on retenu de nombreux expatriés.
Et là un autre problème surgit ! Alors que Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a mis en place la gratuité des tests de dépistages pour les expatriés comme pour tous les Français jusqu’au 15 octobre 2021, l’information n’est pas ou peu connue des professionnels. Ils réclament souvent la carte vitale ou une attestation de droit. Dans les secteurs touristiques comme Paris ou la Côte d’Azur, les retours d’expérience démontrent que les pharmaciens et autres praticiens sont mieux informés. Cependant, 73% des expatriés ayant répondus à cette question (2117) ont déclaré ne pas avoir pu réaliser de tests gratuitement (Retrouvez les infos sur la gratuité des tests).
Le séjour estival en France ? C’est sacré
On le voit le séjour en France n’est pas de tout repos entre la rareté des vols, les risques de mise en quarantaine lors de son retour dans son pays de résidence, les procédures administratives et sanitaires, etc.
Et pourtant ? Les Français établis hors de France dans leur grande majorité ont relevé le défi ! Hors de question de louper ce rendez-vous annuel avec la famille, les amis en France. 62% des expatries ayant répondu à cette question (3398) ont donc déclaré être venus ou venir en France au cours de cet été 2021. Seulement 19% des Français de l’étranger ont renoncé à visiter l’hexagone pour ces vacances du fait de la Covid-19.
Une saga politico-judiciaire a secoué le climat d’investissement à Moscou ces dernières années. Une nouvelle étape a été franchie le 06 aout avec le verdict du premier procès. Sans surprise, le Français Philippe Delpal a été condamné à de la prison avec sursis… Si cela peut paraitre une bonne nouvelle, ce ne l’est pas ! Pendant les 5 ans où l’emprisonnement serait possible en cas de récidive, le banquier français ne peut pas quitter le territoire russe.
Cette situation crée une tension franco-russe supplémentaire. La juge du tribunal Mechcthanski a repris les conclusions de l’enquêtrice puis du procureur : selon elle, la culpabilité de Philippe Delpal, celle du fondateur américain du fonds Michael Calvey et de leurs cinq collègues russes a été « entièrement prouvée ». Ils ont été condamnés à de la prison avec sursis : quatre ans et demi pour le Français, cinq ans et demi pour l’Américain, de trois ans et demi à cinq ans pour les Russes.
L’enjeu ? la banque Vostotchny
Depuis le début de l’enquête, des voix influentes dans les milieux économiques russes et étrangers ont publiquement défendu la cause de ces hommes d’affaires, des investisseurs respectés en Russie depuis de nombreuses années.
Assigné à résidence depuis août 2019 – une assignation légèrement assouplie en novembre 2020 -, Philippe Delpal avait plaidé non coupable comme l’ensemble de ses collègues. Pour chacun d’entre eux, pas de doute : cette procédure était une tentative de pression d’Artiom Avetissian, désireux de mettre la main sur la banque Vostotchny.
Prochaine étape : la cour d’appel
Déçu par le verdit, Philippe Delpal avait déjà interjeté appel avant même sa sortie du tribunal.
« Même si c’est avec du sursis et même si certains de mes collègues russes me disent un sursis en Russie c’est une victoire, je suis désolé moi je ne suis pas du tout sur cette approche : une condamnation, ce n’est pas une victoire. »
Philippe Delpal
Conforté par la présence, durant les audiences, des responsables du milieu des affaires européens et français et par des représentants de l’ambassade de France, Philippe Delpal continue de croire en la justice.
Après le séisme qui a frappé samedi la moitié sud-ouest d’Haïti, les opérations de secours sont confrontées au problème des groupes armés. Le temps presse avec l’arrivée de la tempête tropicale Grace. Les autorités comptent sur l’aide des pays de la région.
Depuis plus de 20 ans, l’économie mondiale se tertiarise au détriment de l’industrie. Cette déformation de la production avait comme vertu de ralentir les émissions de gaz à effet de serre en réduisant la consommation de matières premières et de d’énergie.
Les plans de relance contribuent à l’augmentation de la demande en produits industriels
Depuis le début de la crise du Covid, la structure de la demande évolue fortement en faveur des biens. Les ménages tendent à acheter davantage de matériel informatique et électronique ainsi que des biens d’équipements pour leur logement quand, les entreprises, de leur côté, investissent dans des matériels nécessaires à la digitalisation, au télétravail et à la transition énergétique.
Les plans de relance, comme celui de l’UE, contribuent également à l’augmentation de la demande en produits industriels et en produits destinés au bâtiment ainsi qu’aux travaux publics. Cette évolution constitue donc une rupture par rapport à un cycle engagé dans les années 1990 et qui s’était accéléré avec la crise des subprimes.
Si jusqu’en 2002, la production industrielle pour les pays de l’OCDE progressait au même rythme que le PIB, un premier décrochage est intervenu entre 2002 et 2007. De 2010 à 2019, la production industrielle progresse faiblement en volume quand le PIB s’accroît de plus de 16 %.
Ce phénomène est encore plus net pour l’ensemble de l’économie mondiale. Plusieurs facteurs ont contribué à la forte croissance du secteur tertiaire. Plus le niveau de vie des ménages augmente, plus la part du budget consacrée aux services progresse. Ces vingt dernières années, les populations des pays émergents ont connu une forte progression de leur pouvoir d’achat, conduisant à une expansion du secteur tertiaire. Les loisirs, les services à la personne et la santé connaissent une progression plus rapide que celle du PIB avec l’accroissement des classes moyennes.
Un vif mouvement de désindustrialisation
Au sein des pays occidentaux, le vieillissement de la population contribue au développement des services. La saturation des besoins en produits industriels a pu également jouer. Cette transformation de la demande a conduit à la création d’emplois dans les services, emplois moins sophistiqués et moins payés.
Le ratio pétrole/PIB a diminué de 40%.
Les pays de l’OCDE ont connu un vif mouvement de désindustrialisation, accentué par le développement industriel des pays d’Asie du SudEst. Cette mutation a pour conséquence une moindre progression des émissions des gaz à effet de serre. Pour l’OCDE, le volume des émissions ont, en vingt ans, pour un point de croissance, baissé de 60 %. Pour l’ensemble de l’économie mondiale, la diminution est de 40 %. Depuis 2009, la consommation de métaux au sein de l’OCDE a diminué de 30 % ; pour l’ensemble de l’économie mondiale, la hausse a été de 5 %. De 1990 à 2019, le ratio consommation de pétrole sur PIB a diminué de 40 %. La croissance est moins consommatrice de produits pétroliers. Cette évolution est la conséquence d’une plus grande efficience dans l’utilisation des matières premières et de l’énergie et de la moindre dépendance de la croissance à la production industrielle.
Cette évolution favorable au climat est-elle durable ? La crise sanitaire semble prouver le contraire. L’épidémie a provoqué une hausse rapide et forte de la demande en produits industriels. En raison des confinements et de l’essor du télétravail, les ménages ont augmenté leurs dépenses en produits informatiques et électroménagers ainsi que celles liées à l’équipement des logements.
La transition énergétique pourrait provoquer dans un premier temps une augmentation des émissions des gaz à effet de serre. Les investissements nécessaires pour la décarbonation de la production sont sources d’émissions de CO2. La fabrication d’éoliennes, de panneaux solaires, le remplacement des véhicules, l’isolation des logements, etc. donnent lieu dans le cadre des circuits de production à de fortes émissions de gaz à effet de serre. Faute de pouvoir circuler facilement ou librement, les ménages pourraient à nouveau privilégier l’équipement de leurs logements. Il en résultera une augmentation de la consommation de matières premières et des émissions de CO2.
Pour respecter les objectifs climatiques, les États ne pourront plus compter sur le déclin de l’industrie, d’autant plus qu’au sein de l’OCDE, la tendance est à la relocalisation. Afin de contenir l’augmentation de la température à l’échelle mondiale à 1,5 degré, ce dont doutent de plus en plus les scientifiques du GIEC, les États-Unis, l’Europe, le Japon et la Chine sont censés faire disparaître les émissions nettes de CO2 entre 2050 et 2060. Cet objectif ambitieux peut-il être réalisé en maintenant un taux de croissance de l’économie mondiale autour de 3% nécessaire pour améliorer la situation des pays en développement et émergents? Faut-il que les pays dits avancés acceptent une décroissance?
Une plus grande efficience dans les processus de production
De 1990 à 2019, les émissions de CO2 ont progressé de 60% ; depuis 2009, la hausse est plus contenue, +12,5 % sur ces dix dernières années en lien, par ailleurs, avec un affadissement de la croissance.
La nécessité d’une décorrélation entre croissance et émission de gaz à effet de serre s’impose. Cela suppose de réelles avancées technologiques en matière d’énergie décarbonée, dans le domaine de la construction de bâtiments (l’acier, le béton et le ciment sont des importants émetteurs) ou de l’agriculture. La recherche d’une plus grande efficience dans les processus de production industrielle sera donc indispensable; l’autre voie, difficilement acceptable, étant la décroissance.
En Afghanistan l’évacuation des occidentaux se déroule dans un chaos. Dans la journée et la soirée du dimanche 15 aout , les Talibans se sont emparés de la capitale Kaboul et du palais présidentiel. Depuis de nombreux ressortissants étrangers, principalement des employés diplomatiques et d’institutions privées, cherchent à quitter le pays par les voies aériennes. De leur côté, des milliers de citoyens afghans se rendent également à l’aéroport de la ville pour tenter de fuir.
Si l’aéroport de Kaboul est bondé, les rues de la ville sont désertes, rapporte des journalistes sur place, selon la BBC. De nombreux magasins ont fermé leurs portes, tout comme les cafés. Face à la prise de pouvoir imminente des talibans, certaines activités risquent de disparaître.
Members of Taliban forces gesture as they check a vehicle on a street in Kabul, Afghanistan, August 16, 2021. REUTERS/Stringer
L’Ambassade française en Afghanistan poursuit son travail
Délocalisée dimanche de la zone verte de Kaboul jusqu’à l’aéroport internationale comme nous l’annoncions hier, l’Ambassade française en Afghanistan est toujours au travail.
L’ambassadeur David Martinon et toute l’équipe mobilisée à Kaboul travaillent à s’assurer de l’évacuation de tous les Français et de leurs alliés encore sur place. Ils préparent visas et autres documents pour les vols spéciaux prévus par la France.
En effet, deux avions ont quitté le sol français ces dernières heures et devraient débuter leurs opérations d’ici la fin de journée dans le cadre de l’opération Apagan. Cependant, les 60 Français et leurs entourages encore présents sur place ont le plus grand mal à rejoindre l’aéroport pris d’assaut par la population locale.
Anne Genetet
« Aujourd’hui, il reste quelques dizaines de Français, peut-être un peu plus si on compte ce qu’on appelle ‘les familles’, c’est-à-dire les personnes sous protection rapprochée, des personnes qui ne sont pas forcément de nationalité française mais font partie de leur famille »
Anne Genetet – députée des Français d’Asie et d’Europe orientale
Une fois évacués, Florence Parly, la ministre des Armées, a précisé les conditions d’accueil pour les Français qui auront pu quitter l’Afghanistan.
« Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Emirats arabes unis les conditions d’accueil des premiers évacués (…) ». La base française aux Emirats « va servir de hub militaire pour assurer des norias entre Abou Dhabi et Kaboul et ensuite le rapatriement jusqu’en France »
Florence Parly, la ministre des Armées.
Rappelons que les Français présents en Afghanistan avaient été invités dès le mois d’avril à quitter le pays et un vol spécial (gratuit) avait été affrété par les autorités françaises le 16 juillet.
L’aéroport sous haute tension
A l’aéroport international de Kaboul, que l’armée américaine a assuré avoir sécurisé ce lundi matin, les scènes de chaos se succèdent depuis dimanche soir. À tel point que les services de l’aéroport ont annoncé la suspension des vols commerciaux dans la matinée.
Car des milliers d’Afghans, fuyant les talibans et la précarité de leur situation, ont envahi les pistes. Afin de tenter de remettre un semblant d’ordre, les troupes américaines – dont le contingent doit encore grossir de 1000 soldats, pour atteindre 6000 militaires – ont tiré en l’air. Le Wall Street Journal rapporte qu’au moins trois personnes sont mortes par balles, ce lundi, à l’aéroport de la capitale afghane, sans préciser de quel côté provenaient les tirs.
Selon les communiqués officiels, la France met actuellement « tout en oeuvre pour assurer la sécurité des Français » encore en Afghanistan, sa « priorité absolue ». En parallèle, Emmanuel Macron « suit heure par heure la dégradation très préoccupante de la situation » . Dans une allocution ce lundi 16 aout à 20h, Emmanuel Macron a indiqué que le « devoir et la dignité » de la France était de « protéger » les Afghans qui l’ont aidée et qui sont menacés par l’arrivée des talibans au pouvoir. Le président a par ailleurs indiqué au cours de son allocution vouloir porter une initiative européenne visant à « anticiper » et « protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » qui « nourrissent les trafics de toute nature ».
« C’est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les Etats-Unis et l’Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes »,
Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 aout
Anne Genetet, députée des Français d’Asie et d’Europe orientale, vice présidente du groupe d’amitié France-Afghanistan, s’est aussi exprimée sur différents médias nationaux et assure le relais entre les autorités et les expatriés sur place quand elle le peut.