L'affaire des vaccinés du Vatican au Sputnik V

L'affaire des vaccinés du Vatican au Sputnik V

Le certificat Covid européen délivré à travers l’UE pour prouver la vaccination d’une personne, un dépistage ou le rétablissement après maladie, pourra désormais être délivré également aux citoyens du Vatican et de Saint-Marin. La Commission européenne a annoncé en effet début aout avoir adopté des décisions d’équivalence pour les certificats Covid de ces deux micro-Etats qui ne font pas partie de l’UE. Cette décision fait grincer des dents chez les expatriés hors d’Europe. Pourquoi ? Car ces deux principautés ont vacciné avec le Sputnik V et son équivalent chinois le Sinovac. Deux protocoles qui n’ont pas été homologué par l’Agence européenne.

Deux poids, deux mesures ?

Actuellement, les expatriés vaccinés avec ces deux même vaccins sont exclus du dispositif permettant une reconnaissance de leur vaccination et l’activation de leur Passe sanitaire en France comme l’obtention d’un QR code européen pour voyager.

« Pour notre propre territoire, on ne rentre pas en France avec le pass sanitaire si on a un vaccin russe ou chinois, pas parce qu’on discrimine une nationalité mais parce que c’est ça qui est sûr, ce sont les seuls quatre vaccins qui ont été validés par l’Agence européenne. »

Clement Beaune, Secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes

Logiquement, la nouvelle de ces homologations par l’UE des vaccinés à Saint-Marin et au Vatican a induit un sentiment d’injustice pour nos compatriotes ayant reçus ces doses.

« Une brèche ouverte pour la reconnaissance des vaccins dit non homologués (Sputnik V, Sinovac) pour la France« 

Roselyn Cordin, président de l’UFE Sousse et élue consulaire en Tunisie

Car les conséquences sont lourdes pour les Français établis dans les pays ayant distribué ces vaccins. Ils doivent pour accéder au territoire français et accéder aux lieux régis par le Passe sanitaire soit se plier à la règle du dépistage toutes les 72h soit accepter de recevoir 2 autres doses de vaccins, eux reconnus par l’Union européenne. Un cocktail que certains refusent de peur d’éventuelles complications après avoir reçu une troisième puis une quatrième dose.

Quelles perspectives pour le certificat européen ?

Porté par le sénateur des Français de l’étranger, Olivier Cadic, un amendement, alertant le gouvernement sur cette situation et demandant l’accélération de la procédure de reconnaissance propre à la France du vaccin russe, a été adopté le 23 juillet. La situation est d’autant plus étonnante que la Hongrie mais également la Grèce ou la Suisse ont déjà reconnu la solution russe. Ceux qui ont reçu le Sputnik V dans ces pays peuvent eux donc aussi recevoir le sésame européen ! Enfin, cette semaine, des discussions ont été ouvertes pour une éventuelle reconnaissance mutuelle entre l’Europe et la Russie, certaines se risquent à avancer un calendrier sur le mois de septembre.

Pour le vaccin chinois, le Sinovac, les tensions diplomatiques et les doutes sur son efficacité ne permettent d’entrevoir une homologation à cour terme ni à moyen terme.

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