Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Les LR en campagne dans le monde

    Les LR en campagne dans le monde

    Si en France, certaines grandes figures du parti de droite gouvernementale, Les Républicains, n’ont pas joué le jeu de la candidature de Valérie Pécresse, hors de France, la fédération des Français de l’étranger, rassemblée autour de son président, le sénateur Ronan Le Gleut, s’est mobilisée. Ces dernières semaines, aux quatre coins du monde, les LR étaient en campagne.

    Bruxelles, Lisbonne, Jérusalem, Londres, Lausanne, etc.

    Si la Covid-19 a limité les actions lors de la première phase de la campagne électorale, du côté du parti Les Républicains on a rapidement intégré les levées de restrictions aux frontières françaises et dans les autres pays.

    Les sections LR, sous l’impulsion du sénateur Ronan Le Gleut, ont donc organisé des réunions publiques dans différentes villes du monde et à défaut des conférences en ligne ont fleuri sur le web.

    A Lisbonne, Madrid comme à Bruxelles, Lausanne ou à Londres, les militants ont répondu présent. Un peu plus de cent cinquante Français et Françaises de l’étranger se sont ainsi retrouvés dans chacune des ces villes autour du Président de la fédération et du responsable local, souvent le futur candidat soutenu par le parti pour les législatives. Sur le vieux continent, Michel Barnier s’est régulièrement joint à la délégation envoyée par la candidate Valérie Pécresse.

    Réunion publique à Bruxelles le 12 mars 2021

    A Jérusalem, aussi, on s’est mobilisé. Le soutien du seul député non affilié à la majorité présidentielle, Meyer Habib, a contribué au succès de ce déplacement. Il recevra sûrement la réciproque en juin 2022 alors que l’UDI, parti d’origine de M. Habib, a totalement disparu du paysage politique des expatriés. Eric Ciotti, l’adversaire à la primaire de la candidate à l’élection présidentielle, était aussi du voyage.

    Une réunion en ligne avec Valérie Pécresse

    Mais l’évènement qui a marqué la campagne du côte du parti Les Républicains, c’est la réunion en ligne, menée le 16 février depuis le siège de campagne parisien. Selon l’organisation, ils étaient plus de 1000 à s’être connectés pour échanger avec Valérie Pécresse. Depuis, la vidéo a été vue par plus de 7200 personnes sur YouTube. Vous pouvez la retrouver ci-dessous.

    Une interview sur Lesfrancais.press

    Autre évènement médiatique, l’interview exclusive que nous avons menée pour les Français établis hors de France. Nourrie des remontées du terrain grâce à la grande implantation de son parti à l’étranger, Valérie Pécresse nous avait dévoilé un programme bien ficelé et équilibré. Sera-t-il suffisant pour faire adhérer les Français de l’étranger à son projet ? Réponse le 10 avril au soir.

    Dernier évènement en ligne avant le premier tour e

    Pour ceux qui s’intéressent au programme du parti Les Républicains et aux valeurs et idées portées par Valérie Pécressse, une réunion zoom sera organisée ce lundi 04 avril. Pour y participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous.

    https://valeriepecresse.fr/agenda/reunion-zoom-benelux-avec-ronan-le-gleut/?fbclid=IwAR3F9V9uIovQ4Gw7P_IY9lZ_Q7rpSgkw2lpqHyrwQbUBgJVdSaKQUcy5RIM
  • Mondialisation, est-ce vraiment la fin ? 

    Mondialisation, est-ce vraiment la fin ? 

    La crise de 2008/2009 a été un tournant, les opinions publiques occidentales devenant de plus en plus sceptiques à l’égard des gains de la mondialisation. À compter de cette crise, le commerce international n’a jamais retrouvé le rythme de croissance qui était le sien dans les années 1990/2000. 

    Les sanctions unilatérales décidées à l’encontre de la Chine ont symbolisé le changement d’état d’esprit de la première puissance économique mondiale vis-à-vis du commerce international et du libre-échange. La crise sanitaire a également mis à mal la mondialisation en soulignant les risques de la dépendance économique et en démontrant la fragilité des chaînes de valeurs éclatées tout autour de la planète. Le conflit ukrainien accentue la prise de conscience face à ces risques. 

    Avant les ports assiégés de la mer Noire, les champs privés de semis et les sanctions contre la Russie, un choc d’approvisionnement a frappé de plein fouet l’économie mondiale. Les prix du blé ont augmenté de 40 %, ceux de certaines matières premières dont le nickel, utilisé dans les batteries atteignent des sommets. Des constructeurs automobiles sont à nouveau contraints de mettre certaines de leurs usines à l’arrêt faute de matières premières ou de biens intermédiaires. 

    Est-il prudent pour les sociétés démocratiques ouvertes d’entretenir des relations économiques avec des sociétés autocratiques, telles que la Russie et la Chine ? User de l’arme commerciale pour faire pression sur un État n’est pas nouveau : de la Sparte antique à la Russie de 2022, les exemples ne manquent pas. Fréquemment utilisées dans le cadre de conflits militaires par les belligérants, les sanctions commerciales sont plus rarement décidées dans le cadre d’un droit d’ingérence. 

    Dans le passé, le cas le plus célèbre est celui l’Afrique du Sud dans les années 1980 et 1990 où de telles mesures avaient été prises afin de sanctionner l’apartheid. Pour la Corée du Nord et l’Iran, les embargos ont été décidés afin d’infléchir autant que possible la position des dirigeants au sujet du développement d’armes nucléaires. La menace que font peser ces États sur leurs voisins voire sur la communauté internationale justifie les sanctions. 

    Que ce soit avec les pays du Moyen-Orient, les pays africains ou la Chine, le respect des droits de l’Homme était peu mis en avant jusqu’à maintenant en ce qui concerne les échanges commerciaux. La Chine depuis son ouverture au monde en 1978 n’a pas changé de régime politique. Si des périodes de tensions ont existé notamment après la répression des manifestations de la Place Tien An Men en 1989, cela n’a pas nui aux relations commerciales. 

    Les démocraties sont censées maximiser leur commerce extérieur sans compromettre leur sécurité nationale.

    La guerre en Ukraine, en mettant en jeu deux États européens fortement intégrés dans les circuits économiques et diplomatiques, est d’une autre nature. La crainte que ce conflit débouche sur une remise en cause des équilibres géopolitiques internationaux a justifié l’adoption de sanctions commerciales. Ce n’est pas tant la nature intrinsèque du régime russe qui est en question que le risque de contagion de la guerre à d’autres États européens membres de l’Union et de l’OTAN. La dépendance à l’encontre de la Russie est jugée comme une faiblesse. 

    Les démocraties sont censées maximiser leur commerce extérieur sans compromettre leur sécurité nationale. Les moyens d’y parvenir sont complexes comme le prouve la difficulté de mettre en œuvre un embargo sur l’énergie russe. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, même durant les périodes de tensions internationales, les échanges commerciaux ont été maintenus entre l’Occident et le bloc soviétique. Des échanges d’énergie et de céréales ont été réalisés mais les économies étaient faiblement connectées. Après la chute du mur de Berlin, l’interdépendance est devenue la règle. 

    Au nom de la « fin de l’Histoire », les démocraties avaient gagné la grande bataille des libertés. Au fur et à mesure de la montée en puissance des échanges, les valeurs démocratiques devaient infuser tous les pays. La baisse des tarifs douaniers, l’essor des flux d’investissement direct, l’éclatement des chaînes de production ont rythmé l’économie des années 1990. En quelques mois, après la fin de l’URSS, Mc Donald’s et les grandes enseignes occidentales se sont installées à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Eltsine était alors conseillé par de jeunes économistes américains. En 2000, Bill Clinton affirmait que l’entrée de la Chine dans l’Organisation Mondiale du Commerce inaugurait une nouvelle ère et la victoire des droits de l’Homme et la liberté politique.

    La part des personnes vivant dans des démocraties tombant en dessous de 50 %.  

    Depuis une dizaine d’années, les valeurs démocratiques sont battues en brèche. La part des personnes vivant dans des démocraties tombant en dessous de 50 %. En Chine et au Moyen-Orient, la marche vers la libéralisation des régimes est peu probable. Au sein même des pays classés comme démocratiques, des reculs sont constatés, en Pologne, en Bulgarie, en Hongrie, etc. Aux États-Unis comme dans de nombreux autres pays dits avancés, des partis se font les avocats d’un populisme assumé.

    Les autocraties représentent un tiers du PIB mondial. 

    Au niveau mondial, les autocraties jouissent d’un réel poids en représentant un tiers du PIB mondial. Les pays occidentaux réalisent désormais moins de la moitié du PIB mondial, contre plus de 70% en 1973. Contrairement à la période de la guerre froide, pays autoritaires et pays démocrates sont interdépendants sur le plan économique. Un tiers des importations de biens de ces derniers proviennent des premiers. Un tiers des investissements multinationaux dans les autocraties ont comme origine des investisseurs basés au sein des États démocratiques. Les États démocratiques échangent pour plus de 15 milliards de dollars par jour avec les États autoritaires. 

    Chaque jour, les premiers achètent des ordinateurs, de l’électroménager, du pétrole et vendent des produits de luxe et des avions. L’Europe et les États-Unis prennent conscience que l’achat de pétrole à la Russie a facilité la modernisation de l’armée de cette dernière. De nombreuses industries sont devenues dépendantes des intrants, notamment les engrais et les métaux. Une telle dépendance peut renforcer les autocraties, affaiblir la détermination des démocraties et les exposer à des représailles dans une guerre. 

    Le libre-échange a été une source de croissance et d’augmentation du pouvoir d’achat. Au moment où les populations occidentales éprouvent une lassitude face à la crise sanitaire, face à l’austérité, l’idée que le conflit ukrainien nécessite de leur part de nouveaux efforts est difficile à partager.

    Construire un modèle alternatif à l’Occident

    Le principe du découplage se diffuse tant dans les démocraties qu’au sein des régimes autoritaires. Vladimir Poutine souhaite limiter l’influence occidentale au sein de son pays quand les autorités chinoises entendent réduire la dépendance de leur pays aux exportations en renforçant la demande intérieure. Elles sont conscientes qu’en l’état actuel, elles pourraient subir de fortes pressions en cas d’entrée en guerre contre Taïwan. Même si des divergences existent entre les deux pays, le rapprochement de la Russie et de la Chine obéit à une volonté commune de construire un modèle alternatif à l’Occident. 

    La Chine imagine un monde recomposé autour de plusieurs pôles. Elle a l’ambition de dominer l’Asie, quand la Russie aurait un droit de veto sur la sécurité européenne et les États-Unis sur leur continent. L’objectif serait de mettre un terme à la domination américaine issue de la Seconde Guerre mondiale. Pour Xi Jinping et Vladimir Poutine, la période actuelle de réajustement des forces est par nature instable en étant marquée par le déclin du système occidental et libéral. Le gouvernement chinois espère que le conflit ukrainien lui permettra de vendre son modèle alternatif avec à la clef un affaiblissement du dollar. Si les sanctions commerciales et financières échouent, il en tirera des conclusions positives pour le cas échéant mener des opérations militaires au sein de sa sphère d’influence. Si elles réussissent, les autorités chinoises pourront toujours considérer que leur prise de position prudente aura été salutaire. 

    Le soutien chinois à la Russie a comme limite la faible taille du marché russe. Les banques et les entreprises chinoises ne veulent pas perdre des affaires en bafouant les sanctions à l’encontre d’un pays dont le poids économique est comparable à celui de l’Espagne. Une Russie affaiblie convient également à la Chine, car ses prétentions à l’est seront diminuées. Le rapport de force économique sera bien meilleur pour les Chinois qui pourront augmenter le prix de leurs exportations. Vladimir Poutine sera également contraint d’accorder aux Chinois l’accès aux ports du nord de la Russie, pour répondre aux intérêts croissants de leur pays.

    La Chine entend sortir gagnante de ce conflit 

    La Chine entend sortir gagnante de ce conflit qui concerne deux États européens anciennement membres de l’URSS. Pour les responsables chinois, ce conflit est subalterne. Il est aux marges des deux empires russe et américain. Ils restent convaincus que le grand combat du XXIe siècle se déroulera entre la Chine et l’Amérique. L’affaiblissement de l’Occident provoqué par la crise ukrainienne n’est pas une mauvaise nouvelle pour les Chinois sous réserve que le flux d’exportations ne soit pas touché, par ricochet, par la potentielle baisse du pouvoir d’achat des ménages européens et américains. 

    La réponse unanime des Occidentaux a a contrario a surpris les autorités chinoises qui s’attendaient à une fragmentation du continent européen. La résolution des États de l’Union européenne à faire bloc et à augmenter leur effort de défense traduit un changement d’état d’esprit qui ne peut pas laisser indifférent les autorités chinoises surtout dans la perspective de la prise de contrôle de Taïwan. 

    Pour le moment, les autocraties du monde n’arrivent pas à former un bloc économique cohérent du fait de leur histoire et de leurs relations diplomatiques. Elles convergent néanmoins dans leur désir de réduire l’influence de l’Occident dans des domaines allant de la technologie aux réserves de change. 

    Si l’Arabie Saoudite demeure proche des États-Unis, ses dirigeants ont pris soin de ne pas s’opposer frontalement avec le Kremlin. De son côté, l’Occident est tenté de se tourner vers un type de commerce plus limité avec des alliés fiables partageant les mêmes valeurs. Joe Biden, lors de son dernier discours de l’Union a souhaité que « tout, du pont d’un porte-avions à l’acier des glissières de sécurité des autoroutes, puisse être désormais fabriqué en Amérique du début à la fin. Tout ». Ce changement de cap serait une mutation profonde du monde avec des effets en chaîne nombreux.

    La mondialisation a permis la sortie de la pauvreté de plus d’un milliard d’habitants au sein des pays en développement. 

    La mondialisation a permis, ces vingt dernières années, la sortie de la pauvreté de plus d’un milliard d’habitants au sein des pays émergents et en développement. Elle a permis à trois milliards de personnes de participer à la société de consommation en tant que membres de la classe moyenne. Une guerre commerciale frontale entre l’Occident et les dictatures aboutirait à exclure du développement près des deux tiers de la population mondiale. Le retour à l’autosuffisance serait une régression. Le protectionnisme a toujours été porteur de guerres et de crises. Si une reconfiguration de la mondialisation peut apparaître souhaitable, celle-ci doit avant tout prendre la forme d’une réduction des dépendances grâce à une diversification des fournisseurs et des sources d’énergie. 

    Par facilité, les pays occidentaux ont opté pour le gaz et le pétrole russes depuis le milieu des années 1980 sans intégrer le risque géopolitique. Les goulets d’étranglement au niveau du commerce mondial, subis depuis le milieu de l’année 2021, sont avant tout la conséquence d’un sous-investissement et d’une politique de réduction au maximum des stocks. En matière de commerce, dès qu’un fournisseur possède plus de 10 % d’un marché, il y a un risque pour les acheteurs. Le monde issu des années 1990, marqué par la victoire sans bataille des démocraties s’est fissuré. Le libre-échange cède le pas au protectionnisme comme dans les années 1930. Déjà à l’époque la crise se nourrissait du surendettement et de l’inflation. Si les entreprises doivent être plus regardantes en matière de dépendance économique, elles ont tout à gagner à participer au commerce international, cet avantage valant autant pour leurs salariés que pour les consommateurs.

  • « Fahavalo, Madagascar 1947 » : une mémoire oubliée

    « Fahavalo, Madagascar 1947 » : une mémoire oubliée

    Il y a 75 ans, le 29 mars 1947, des insurgés malgaches attaquaient la caserne militaire française pour chasser les colonisateurs. Une insurrection durement réprimée. Marie-Clémence Andriamonta-Paes en a fait un documentaire : « Fahavalo, Madagascar 1947. »

    La grande révolte de 1947

    Les 29 et 30 mars 1947, une insurrection éclate sur l’île de Madagascar, alors colonie française. Des centaines de Malgaches attaquent villes, camps militaires et concessions coloniales.

    Les causes de l’insurrection sont d’abord à rechercher dans les tares structurelles du système colonial instauré à la fin du XIXe siècle : le travail forcé, le code de l’indigénat, la justice indigène (confiée aux administrateurs qui cumulent et confondent les pouvoirs) et enfin le racisme de contact colonial au quotidien. La promesse, faite pendant la Seconde guerre mondiale d’une indépendance rapide si les Malgaches combattaient pour la France libre, n’a pas été tenue par ceux qui succèdent au Général De Gaulle.

    Un pouvoir colonial qui s’accroche

    A partir d’octobre 1946, le pouvoir colonial se raidit dans une politique de répression, qui se traduit notamment par l’arrestation de nombreux cadres du parti nationaliste du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM).

    3.500 rebelles appartenant au Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (M.D.R.M.) revendiquant l’indépendance de l’Ile de Madagascar se rendent le 25 septembre 1947 dans la région de Tamatave (30 kms). AFP PHOTO

    Parallèlement, au sein du MDRM, grandit un courant radical qui rejette l’idée d’une indépendance « dans le cadre de l’Union française », comme définie dans la nouvelle Constitution de la IVe République. Une société secrète, la Jina (Jeunesse nationaliste), est à l’origine de l’insurrection du 29 mars 1947.

    Du sang des deux côtés

    Les 29 et 30 mars, des centaines d’hommes hâtivement rassemblés, armés de sagaies et d’antsy (coupecoupe malgache), sont lancés contre Moramanga et son camp militaire, contre les villes côtières de Manakara et de Vohipeno, et contre les concessions coloniales de ces districts qui ont le plus souffert de la colonisation. Outre les Européens, les insurgés attaquent tous ceux qui sont plus ou moins réputés pro-Français, par exemple des membres du Padesm (Parti des déshérités de Madagascar).

    Les forces coloniales françaises entament alors une longue répression militaire et judiciaire faisant environ 40 000 morts. S’il n’y a pas eu de volonté exterminatrice de la part des Français, des crimes de guerre ont bien été commis : fusillades, prisonniers jetés d’avion, massacres.

    Devoir de mémoire

    Alors que 75 ans nous séparent de ces évènements, la chaine francophone mondiale reçoit Marie-Clémence Andriamonta-Paes, une productrice et réalisatrice de cinéma franco-malgache, qui défend sa double culture.

    Regardez l’entretien avec Marie-Clémence Andriamonta-Paes sur TV5MONDE

    Retrouvez nos articles sur Madagascar en cliquant ICI

  • Comment les candidats concilient transition numérique et environnementale ?

    Comment les candidats concilient transition numérique et environnementale ?

    Alors que les enjeux climatiques font partie intégrante du programme des candidats à l’élection présidentielle française, tous appellent à ce que les entreprises du numérique participent pleinement à la transition environnementale.

    Numérique et obsolescence programmée

    La part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre en France était de 2 % en 2019, et pourrait bien atteindre 6,7 % d’ici à 2040, selon un rapport du Sénat paru en 2020.

    C’est fort de ce constat — parfois nuancé tant il est complexe parfois de chiffrer les externalités positives que la tech peut produire dans la lutte contre le réchauffement climatique — que les candidats à l’élection présidentielle entendent bien agir.

    « L’économie numérique n’est pas une économie en plus, c’est une économie qui est en train de structurer nos sociétés », a déclaré le candidat écologiste, Yannick Jadot, appelant à « penser les technologies en fonction de leur impact ».

    Dans son programme, l’eurodéputé indique notamment vouloir instaurer un « budget carbone pour le numérique » et mieux informer les consommateurs pour qu’ils puissent faire les bons choix au moment d’acheter un nouvel équipement.

    « On ne croit pas à l’écologie des petits gestes », défend pour sa part Jill-Maud Royer, responsable du volet numérique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. « Il y a des usages qui posent un problème, ce sont ces usages qu’il faut réguler et pas culpabiliser les gens sur la quantité de streaming qu’ils regardent », explique-t-elle à EURACTIV.

    M. Jadot et M. Mélenchon appellent tous les deux à faire de la lutte contre l’obsolescence programmée une priorité, alors que la fabrication des terminaux est responsable à hauteur de 70 % du bilan carbone du numérique, toujours selon les sénateurs.

    Les deux hommes veulent également mieux encadrer les data centres, avec des normes plus restrictives sur leur production électrique ou en les incitant à réutiliser la chaleur qu’ils produisent.

    « On peut probablement trouver une bonne entente avec les industriels » car leurs dépenses énergétiques représentent leurs principaux coûts, estime Mme Royer.

    L’impact des data centres est-il si dramatique ? Pas si sûr selon une récente étude de l’Agence internationale de l’énergie qui estime certes qu’ils sont responsables de 1 % de la demande mondiale en électricité, mais que cette proportion est restée stable ces dernières années, alors que le trafic a lui explosé.

    ©Euractiv

    Réemploi et reconditionnement

    Les programmes des candidates Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, quant à eux, font la part belle au réemploi et au reconditionnement.

    L’actuelle maire socialiste de Paris proposera d’accélérer la filière française, contribuant au passage au mouvement de réindustrialisation du pays qu’elle appelle de ses vœux, en lui faisant bénéficier d’un taux réduit de TVA.

    Valérie Pécresse souhaite, elle, créer un « chèque récupération » (10 € pour les téléphones, 50 € pour les ordinateurs) pour inciter les particuliers à ramener les équipements qu’ils n’utilisent plus et alimenter le marché.

    « Il y a un potentiel de filière industrielle dans le reconditionnement du matériel informatique », explique à EURACTIV Nelly Garnier, conseillère régionale et porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse pour les questions numériques. « L’idée du chèque récupération est de créer un effet d’appel pour lancer du volume », précise-t-elle, soulignant qu’il existait déjà des usines en France prêtes à répondre à l’appel.

    « Nous imposerons l’ouverture du marché des pièces détachées et des manuels techniques aux constructeurs (comme pour l’automobile) », peut-on également lire dans le programme de la candidate les Républicains.

  • Le Lycée français de Moscou est-il vraiment gratuit pour les Français, comme l’affirme BFMTV ?

    Le Lycée français de Moscou est-il vraiment gratuit pour les Français, comme l’affirme BFMTV ?

    Le 30 mars au matin, le chroniqueur Cédric Faiche, qui arpente normalement les chemins de France pour aller au contact de la réalité quotidienne des Français, a été délocalisé en Russie pour découvrir le quotidien des Français en Russie. Etape indispensable : le Lycée Français de Moscou…

    Les professeurs sont hors de Russie

    Le journaliste de BFMTV revient sur la situation particulière du Lycée Français de Moscou. En effet, depuis le 27 février, les Français en Russie ont été invités à regagner la France de toute urgence. Une consigne justifiée par la coupure des liaisons aériennes qui étaient alors à venir. Evidemment, les professeurs détachés étaient aussi concernés par cette consigne.

    Après avoir avancé les vacances, puis réintroduit le dispositif de cours en ligne, inventé lors de la pandémie, la direction de l’AEFE espère pouvoir rouvrir l’établissement dès ce premier avril. Les professeurs qui sont en France ne pourront être présents ? Comment pourraient-ils rejoindre leur poste ? Ne pourraient-t-ils pas être utilisés pour des raisons de propagande par le régime russe ?

    Cependant, cela ne remet pas en cause, un retour, même partiel, des élèves au Lycée français de Moscou ce vendredi 1 avril avec les professeurs recrutés localement qui sont francophones, mais pas forcément et qui sont le plus souvent d’une autre nationalité. Ils sont donc toujours en Russie.

    La gratuité du Lycée Français de Moscou ?

    En fin de vidéo, disponible en cliquant ICI, le journaliste, Cédric Faiche, nous apprend que les parents russes sont désorientés car ils ont payé les frais de scolarité pour le trimestre voire pour l’année. Il précise même que la situation ne concerne pas les parents des petits Français car pour eux l’établissement serait gratuit.

    Comme beaucoup de Français résidant en France, la scolarité est naturellement et logiquement gratuite pour les petits citoyens expatriés. Après tout ils sont français et notre constitution garantit l’accès libre à l’Education. Mais vous le savez, hors de France, même s’il existe des tarifs différenciés pour les jeunes expatriés, le coût de la scolarité est un poids important pour les familles.

    Nous sommes tout de même allés vérifier auprès des services concernés, au cas où l’information nous aurait échappé. Et pas de surprise, les jeunes Français doivent aussi payer des frais de scolarité. En effet, une année scolaire est facturée de 5000 euros pour la maternelle à près de 7000 euros pour le Lycée.

    Tarifs disponibles sur le site du Lycée français de Moscou

    Vous avez été nombreux suite à la diffusion de ce reportage à nous contacter pour comprendre ces déclarations, nous y avons répondu et malheureusement c’est bien une erreur du journaliste.

  • Jean-Luc Mélenchon : éducation gratuite, sécu mondiale et imposition universelle

    Jean-Luc Mélenchon : éducation gratuite, sécu mondiale et imposition universelle

    Dans le cadre de notre série d’interviews dédiées à l’élection présidentielle, nous recevons Florence Poznanski, la responsable du pôle Français de l’étranger de la France Insoumise, afin de décrypter le programme proposé par Jean-Luc Mélenchon pour les Français établis hors de France.

    Florence Poznanski et des militants établis hors de France lors de la réunion publique du 20 mars 2022, place de la République à Paris ©LFI

    L’expatriation vue par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise

    On commence naturellement sur la vision internationaliste du parti, La France Insoumise, et sur le propre parcours de Jean-Luc Mélenchon. Né au Maroc, il a donc connu ce sentiment d’être « Français à l’international ».

    Des Français qui vivent aux 4 coins du monde non pour être des ambassadeurs de la France, comme certains candidats les y invitent, mais des « lanceurs d’alertes » conscients des droits des femmes et des hommes comme ceux de la nature au XXIème siècle, un rôle plein d’ambitions morales pour nos compatriotes à l’étranger.

    Les services aux citoyens

    Dans ce podcast, on fait une large place aux services aux citoyens à l’étranger. Rôle du consulat, accès à l’éducation française à l’étranger, couverture santé et retraite, on explore les propositions du candidat Jean-Luc Mélenchon.

    Les consulats

    Comme nous le rappelle Florence Poznanski, c’est le devoir de l’Etat de permettre aux Français établis hors de France d’accéder à des services publics de qualité. Pour La France Insoumise, le Consulat doit être la mairie des Français de l’étranger. Pour cela, si le candidat Jean-Luc Mélenchon ne s’oppose pas à la dématérialisation, il refuse qu’elle soit une excuse pour réduire le personnel en place dans les consulats. Dans le podcast, sa représentante revient en détail sur les mesures spécifiques que le Président Mélenchon mettrait en place.

    L’Education française à l’étranger

    Autre sujet qui anime la communauté des Français établis hors de France, le coût de l’Education française à l’étranger. Pour Jean-Luc Mélenchon, il y a une corrélation entre l’explosion des frais de scolarité et la montée en puissance des opérateurs privés au sein du réseau homologué par l’Agence Française française à l’étranger (AEFE). Florence Poznanski répond sans détour sur ce point : revenir au service public et tendre vers la gratuité pour les enfants de nationalité française. Retrouvez tous les détails de cette proposition dans le podcast.

    La sécurité sociale

    Avec Jean-Luc Mélenchon au pouvoir, c’est la sécurité sociale qui s’exporterait. Autour de la CFE, la France insoumise veut créer une sécurité sociale transnationale qui accompagnerait les Français où qu’ils soient dans le monde.

    On le voit, c’est donc bien une vision internationaliste de la nationalité qui est le pilier de la politique pour les Français établis hors de France. Si sur le plan social, on ne peut y trouver que des avantages, il y aussi un pendant.

    La fiscalité : l’impôt universel

    Pour financer toutes ces nombreuses nouvelles dépenses, le candidat Jean-Luc Mélenchon reprend une proposition qu’il avait déjà faite en 2017 et en 2012, soit la mise en place d’un impôt universel. Un projet identique avait déjà été proposé par Nicolas Sarkozy avant de rapidement l’abandonner.

    L’objectif du candidat de La France Insoumise c’est bien évidemment de mettre fin à l’exil fiscal. Si aujourd’hui, il concerne peu de citoyens hors de France, pour Jean-Luc Mélenchon, l’exil fiscal représente un « manque à gagner » conséquent pour l’Etat. De ces nouvelles ressources, l’équipe mélanchoniste pense pouvoir tirer les moyens pour financer le large volet social qu’elle propose pour les Français de l’étranger. On décortique en détail dans le podcast les conséquences de cette proposition.

    Ecoutez le podcast avec Florence Poznanski pour Jean-Luc Mélenchon

    A retrouver sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste

  • Télétravail : les accords seront finalement prolongés

    Télétravail : les accords seront finalement prolongés

    Finalement, les accords de télétravail seront tous prolongés en France et chez 5 de ses voisins.

    Du côté des Luxembourgeois et des Belges, la volonté était forte de voir se prolonger les accords fiscaux encadrant les salaires reçus pour un emploi effectué en télétravail. Du côté allemand, on l’était moins comme chez les Suisses. En Espagne, on ne veut pas en attendre parler, mais la convention fiscale est bien différente de celles en cours avec les autres Etats voisins de la France. Et donc finalement, alors que Bercy avait envoyé des signes en début d’année faisant craindre que la prolongation ne soit plus à l’ordre du jour, l’État français est favorable à une prolongation de l’accord exceptionnel permettant le télétravail illimité des frontaliers français sans impact fiscal. Celui-ci sera prolongé jusqu’au 30 juin prochain.

    Allemagne

    L’Etat allemand était plutôt opposé à la prolongation de ces accords. Mais sous la pression populaire (manifestation et pétition), l’Allemagne s’est alignée sur ses voisins. Mieux, elle réfléchit à pérenniser le dispositif tout en le limitant à 55 jours par an. Réponse en fin de printemps ou à la rentrée de septembre.

    Belgique

    Le télétravail illimité des frontaliers qu’ils soient en Belgique ou en France reste sans conséquence pour eux au niveau fiscal. Une prolongation de trois mois se concrétise soit jusqu’au 30 juin 2022. Mais attention, avec la Belgique, il n’y a plus que le volet fiscal. Sur le plan social, les travailleurs d’une entreprise française seront assujettis aux charges sociales belges. Un casse-tête à venir pour les employeurs. Vu la différence aussi des montants réclamés entre l’ONSS belge et l’URSSAF française, il y a de fortes chances que le télétravail français réalisé en Belgique se réduise rapidement.

    ©Stockadobe

    Espagne

    Pour faire simple, il n’y a pas eu d’accord et il n’y en aura pas ! En effet, un ressortissant français sera considéré comme résident fiscal espagnol dès lors qu’il aura résidé de manière continue en Espagne pendant plus de 183 jours. Toutefois, l’Espagne ne permet pas de fragmenter l’année fiscale si bien que la détermination de la résidence vaudra pour toute l’année concernée.

    Cela permet tout de même d’envisager 182 jours en télétravail. Le fait d’aller travailler chaque jour hors d’Espagne est considérée par la convention fiscale entre les deux Etats comme une discontinuité de la résidence sur place. De fait, les travailleurs en France sont imposés en France, ceux imposés en Espagne travaillent en Espagne, dans les deux cas quel que soit le lieu de résidence, mais à la condition qu’ils effectuent cette tâche depuis un établissement de l’entreprise, en cas de télétravail, il n’y a pas de discontinuité de la présence sur place…

    Italie

    Sur la même ligne que ses voisins, l’Italie a accepté de prolonger les accords sur le télétravail, mais le gouvernement italien a indiqué ne pas vouloir aller au-delà du 30 juin 2022 et ne prévoit pas d’adapter sa fiscalité à ce nouveau mode de travail.

    Luxembourg

    Les frontaliers français, quel que soit leur lieu de résidence comme le lieu du siège social de leur employeur, vont pouvoir télétravailler depuis leur domicile jusqu’au 30 juin, sans conséquence au niveau fiscal et social. La prolongation de trois mois du télétravail illimité sera, en effet effective dès ce vendredi entre les deux pays.

    Suisse

    Finalement en Suisse aussi le régime dérogatoire courra jusqu’au 30 juin. Un délai qui plonge entreprises et personnel dans l’inquiétude, ils voudraient voir une pérénisation de ce dispositif. C’est ainsi qu’ils justifient l’appel à fixer un seuil minimal de télétravail de 25% sans impact sur la fiscalité. Car, faute d’accord, Genève n’aura d’autre choix que d’interdire ou, au mieux, suspendre le télétravail des frontalières et frontaliers dès le premier juillet, ont expliqué les représentants genevois lors d’une conférence de presse ce 14 mars 2022.

  • La partition du monde, à quel prix ? 

    La partition du monde, à quel prix ? 

    Le conflit ukrainien souligne l’interdépendance économique des États en matière d’approvisionnement en énergie, en matières premières ou en produits agricoles. La crise sanitaire avait également révélé la fragilité des chaînes de valeur et les risques de dépendance pour certains produits (masques, microprocesseurs, etc.). Depuis la crise financière de 2008, de plus en plus de voix en appellent à une déglobalisation et à une réindustrialisation au sein des pays occidentaux. Si pour le moment, les passages à l’acte sont assez limités, la montée des tensions géopolitiques pourrait changer la donne. La partition du monde est-elle en route ?

    Si la fin de la mondialisation devenait une réalité, quelles en seraient les conséquences ?

    Le conflit ukrainien aboutit à une mise à l’index de la Russie qui est la 12e puissance économique mondiale. La Chine qui est la deuxième, fait de plus en plus l’objet de critiques de la part des Occidentaux tant sur le terrain des droits de l’homme que sur les risques qu’elle fait peser au niveau de l’indépendance économique. Si la fin de la mondialisation devenait une réalité, quelles en seraient les conséquences ? 

    En 2021, les importations de l’OCDE en provenance de la Russie représentaient 0,5 % du PIB quand les exportations vers ce même pays s’élevaient à 0,2 % du PIB. Ces dernières avaient été divisées par deux depuis l’annexion de la Crimée en 2014, les importations ont de leur côté baissé de 30 %. Malgré la contraction des échanges, la Russie demeure incontournable pour certaines matières premières. Elle est à l’origine, au niveau mondial, de 44 % de la production de palladium, de 16 % du gaz naturel, de 16 % du titanium, de 12 % du pétrole, de 11 % du blé, de 7 % du nickel, de 6 % de l’aluminium, de 4 % du cuivre et de 3,8 % de l’acier. 

    Si la taille de l’économie russe est relativement faible, elle faisait néanmoins l’objet d’importants flux d’investissements directs de la part des entreprises des pays occidentaux. Selon les années, ces flux atteignent entre 50 et 100 milliards de dollars. La mise au ban des nations de la Russie a et aura des incidences importantes mais supportables sur les pays occidentaux.

    La segmentation du monde en deux blocs signifierait une forte inflation et une diminution du pouvoir d’achat.  

    En revanche, la situation serait tout autre si la Chine était également rangée dans la liste des États pas ou peu fréquentables. Depuis plusieurs années, les relations se tendent entre l’Occident et la Chine. Des sanctions ont été prises pour limiter l’accès à certaines technologies. La montée aux extrêmes pourrait intervenir en cas de conflit autour de Taïwan. Un découplage de la Chine entraînerait des conséquences considérables compte tenu de son poids dans le commerce mondial et de l’importance des investissements étrangers dans ce pays. La Chine représente 17 % des exportations et 13 % des importations mondiales. Le montant des investissements directs étrangers s’élève à 300 milliards de dollars par an. 

    La segmentation du monde en deux blocs signifierait, dans un premier temps, une forte inflation avec une diminution du pouvoir d’achat des ménages. Les coûts de production de la Chine sont inférieurs de 30 % à ceux de l’OCDE. Les prix de l’énergie et des matières premières pourraient être multipliés par deux. Le prix des biens électroniques, informatiques, celui des vêtements et de nombreux autres produits pourraient augmenter de 30 à 70 %. Il y aurait un effet direct sur la consommation des ménages avec des arbitrages à réaliser.

    Le coût de l’instauration d’un nouveau rideau de fer 

    Les investisseurs occidentaux devraient faire, par ailleurs, l’impasse sur tout ou partie du stock de capital qu’ils possèdent en Chine ou en Russie, près de 4 000 milliards de dollars. Le commerce international connaîtrait une forte contraction, autour de 20 %. Les flux financiers seraient profondément modifiés par l’instauration d’un nouveau rideau de fer. 

    La Chine détient plus de 3 500 milliards de dollars de réserves en devises occidentales (essentiellement dollars et euros). Ce pays développerait son propre système financier indépendamment de celui des Occidentaux. 

    La partition du monde s’accompagnerait par une baisse de la croissance et par une réorganisation des économies dans un environnement protectionniste. Les États en mettant l’accent sur la réindustrialisation seraient en effet tentés de remettre au goût du jour des mesures de protection de leur marché intérieur. L’emploi industriel qui ne représente plus que 11 % du total au sein de l’OCDE devrait augmenter tout comme le poids de la valeur ajoutée de l’industrie au sein du PIB. Celle-ci est inférieure à 14 % quand elle dépassait 30 % dans les années 1970.

  • France : « deux poids, deux mesures » dans l’accueil des réfugiés

    France : « deux poids, deux mesures » dans l’accueil des réfugiés

    Dans le pays des droits de l’Homme et de l’universalisme, l’accueil des réfugiés est à multiples facettes. Publié ce mardi, le volet 2021-2022 du rapport annuel d’Amnesty sur le respect des libertés publiques et des droits humains dénonce des différences de traitement pratiquées en France envers les migrants, selon leur nationalité.

    Les réfugiés ukrainiens en ligne de mire

    En ligne de mire, l’accueil particulièrement volontaire des réfugiés ukrainiens, alors qu’une politique répressive est mise en place concernant les autres nationalités fuyant la guerre : « Ce qu’on a vu depuis quelques semaines tranche singulièrement avec la manière dont, l’année dernière, les pouvoirs publics ont parlé de l’accueil des Afghans » après la reprise du pouvoir des talibans mi-août, a souligné devant la presse Nathalie Godard, directrice de l’Action à Amnesty International France.

    Réfugiées à leur arrivée en France ©AFP

    L’État a mis sur pied un schéma d’accueil et d’hébergement proposant « au moins 100 000 places », selon Jean Castex, pour les réfugiés fuyant la guerre en Ukraine. Le 16 août, dans son intervention sur l’Afghanistan, Emmanuel Macron avait appelé à « anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants », grince Amnesty International.

    Ainsi, la France est « très loin de l’exemplarité qu’on pourrait attendre d’elle » en matière de respect des libertés publiques et des droits humains, dénonce Amnesty International dans son rapport 2021 publié mardi, critiquant notamment une politique d’accueil des migrants différente selon qu’ils soient ukrainiens ou d’autres nationalités.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Le dispositif électoral 2022 pour les Français de l’étranger

    Le dispositif électoral 2022 pour les Français de l’étranger

    A moins de 15 jours du premier tour, nous faisons le point avec Frédérique MORCILLO, chef de la Cellule de communication de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire. Nombre d’électeurs, bureaux de vote, vote en ligne, décompte, on vous dévoile tout sur le dispositif électoral pour l’élection présidentielle 2022 dans cette interview exclusive.

    Lesfrancais.press : Quel est le nombre d’électeurs chez les Français de l’étranger ?

    Frédérique MORCILLO : Le nombre d’électeurs inscrits sur les LEC était de 1 416 107 au 31 décembre 2021

    Lesfrancais.press : Dans combien de pays trouvera-t-on des bureaux de vote pour les élections présidentielles et législatives ? Comment les lieux sont-ils définis ?

    Frédérique MORCILLO : Il y aura des bureaux de vote dans plus de 150 pays pour ces scrutins avec environ 1000 bureaux de vote pour les élections présidentielles et plus de 700 pour les élections législatives. Il s’agit là d’un maillage fin qui, associé aux tournées consulaires effectuées par les postes pour recueillir les procurations, permet au plus grand nombre de nos compatriotes établis à l’étranger de pouvoir participer à ces élections, où qu’ils se trouvent.

    Lesfrancais.press : Pour l’ensemble de ce dispositif électoral, quel est le budget total pour l’organisation des élections présidentielles et législatives pour les Français de l’étranger ? Et cela implique combien de personnes environ ?

    Frédérique MORCILLO : Le budget total prévisionnel pour l’organisation des élections présidentielles et législatives est de l’ordre de 17 millions d’euros.

    Au-delà de ce chiffre, il faut souligner et saluer l’implication de l’ensemble des équipes de nos postes du réseau et l’ensemble des équipes de la Direction des Français de l’étranger au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui sont renforcées par des vacataires recrutés spécialement pour l’organisation de ces évènements.

    L’organisation de ces élections repose également sur plus de 10 000 volontaires qui se mobilisent pour tenir les bureaux de vote, avec les agents du réseau diplomatique et consulaire.

    Lesfrancais.press : Quel est votre objectif de mobilisation ?

    Frédérique MORCILLO : Le taux de participation pour les dernières élections de 2017 était de 45.84% (2ème tour de la présidentielle de 2017) et de 16.44% (2ème tour des élections législatives). Nous anticipons une augmentation de la participation pour les élections législatives en raison de la possibilité de vote par internet qui sera proposée aux Français de l’étranger pour ce scrutin (sous réserve de l’homologation de la solution de vote électronique).

    Lesfrancais.press : Que redoutez-vous principalement dans l’organisation de ces élections ?

    Frédérique MORCILLO : Nous restons très attentifs à l’évolution de la situation sanitaire et au fait que, dans le cas d’une dégradation de celle-ci dans certains pays, des mesures de confinement ou de limitations des déplacements pourraient restreindre l’accès aux bureaux de vote pour les électeurs concernés. C’est pourquoi nos postes consulaires redoublent d’efforts pour organiser autant que possible des tournées consulaires pour recueillir des procurations pour permettre aux Français de voter, quelles que soient les circonstances locales.

    Lesfrancais.press : Pourquoi peut-on voter par internet pour l’élection législative et pas pour l’élection présidentielle ?

    Frédérique MORCILLO : En l’état actuel des textes (article L.330-13 du code électoral), le vote par internet n’est possible, pour les Français résidant à l’étranger, que pour les élections législatives et consulaires. S’agissant des autres types de scrutin auxquels participent les Français de l’étranger, les textes ne prévoient que le vote à l’urne et par procuration comme modalités de participation. Ainsi, pour l’élection présidentielle, le vote par internet n’est pas mentionné par la loi organique n° 76-97 du 31 janvier 1976 relative aux listes électorales consulaires et au vote des Français établis hors de France pour l’élection du Président de la République.

    A la différence des élections législatives, pour l’élection présidentielle, tous les électeurs français (inscrits sur des listes électorales communales ou des listes consulaires) votent pour les mêmes candidats et font partie de la même circonscription. C’est pourquoi il est considéré que l’utilisation de la modalité de vote par internet pour l’élection présidentielle pour les seuls Français de l’étranger constituerait une rupture d’égalité entre les électeurs. D’autre part, si la modalité de vote par internet venait à rencontrer une difficulté, qu’elle soit technique ou en lien avec un incident de cybersécurité majeur compte tenu des enjeux propres à ce scrutin, cela pourrait avoir des conséquences sur l’élection présidentielle dans son ensemble, en fonction des résultats de cette élection.

    Pour les élections législatives, les Français de l’étranger ont quatre modalités de vote à disposition : le vote à l’urne et le vote par procuration (ces deux modalités sont communes avec les Français inscrits sur une liste communale), mais également le vote par correspondance et le vote par internet (modalités propres aux Français de l’étranger). La multiplicité des modalités de vote pour les élections législatives permet aux électeurs de pouvoir voter d’une autre manière en cas de blocage de la solution de vote par internet. Les électeurs peuvent initier en parallèle un envoi par correspondance et faire une procuration à un autre électeur tout en votant par internet. Ainsi si leur vote par internet est validé, le vote par correspondance ou le vote par procuration ne seront pas recevables car le suffrage par internet de l’électeur aura bien été pris en compte.

    Lesfrancais.press : Ce système de vote par internet est-il cependant entièrement sécurisé ? Comment s’assurer que les résultats ne sont pas modifiés lors du transfert des urnes électroniques?

    Frédérique MORCILLO : Le déploiement de la solution de vote par internet doit faire l’objet d’une homologation préalable. L’homologation est l’acte qui autorise la mise en service par l’administration d’un système d’information du point de vue de la sécurité. Elle est prononcée après avis d’une commission d’homologation composée de représentants de l’administration et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    En vue de l’homologation du nouveau système de vote mis en place pour les élections législatives au printemps 2022, plusieurs audits ont été réalisés (expertise indépendante prévue par la délibération n°2019-053 de la CNIL, en date du 25 avril 2019, portant adoption d’une recommandation relative à la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique, analyse de risque, audit de sécurité réalisé par l’ANSSI, etc.).

    Deux tests grandeur nature (TGN) sont organisés en amont de l’élection. Les TGN permettent de tester de bout en bout le déroulement d’une élection dans une configuration la plus proche de la réalité en mettant à contribution des électeurs volontaires répartis dans le monde entier, représentant environ 1% du corps électoral. Ils se déroulent en présence d’un expert indépendant et sous le contrôle du bureau du vote électronique (BVE).

    Le BVE veille au bon déroulement des opérations électorales et vérifie l’effectivité des dispositifs de sécurité. Présidé par un membre du Conseil d’Etat, il est composé de représentants de l’administration, de l’ANSSI ainsi que du Président et des Vice-Présidents de l’Assemblée des Français à l’étranger et de leurs suppléants.

    Lesfrancais.press : L’identité numérique de La Poste a fait ses preuves pour s’assurer de l’identité de la personne, et donc de l’électeur, pourquoi ne pas l’avoir utilisé ?

    Frédérique MORCILLO : A ce jour, la procédure d’enrôlement à l’identité numérique de La Poste n’est possible que depuis un nombre limité de pays. En conséquence, cette solution n’est pour le moment pas adaptée au vote par internet des Français de l’étranger.

    Lesfrancais.press : Comment se fera le décompte des voix pour la présidentielle ? Par pays ? Par circonscription ou de manière globale « Français de l’étranger ? »

    Frédérique MORCILLO : Le décompte global des voix des Français de l’étranger pour l’élection présidentielle sera transmis à l’issue du scrutin au ministère de l’Intérieur, qui procédera à la publication des résultats provisoires sur le site internet https://www.elections.interieur.gouv.fr/resultats/resultats-en-direct. Dès la validation des résultats par la commission nationale de recensement, une publication définitive des résultats sera réalisée et accessible depuis la même URL. En parallèle, les résultats par pays seront publiés sur le site France Diplomatie du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

    Lesfrancais.press : Y a-t-il un bureau centralisateur à Paris ? Comment fonctionnera-t-il ?

    Frédérique MORCILLO : Non, il n’y a pas de bureau de vote centralisateur à Paris. Cependant, une permanence sera organisée H24 à Paris pour assister les postes tout au long de ces week-ends électoraux. En effet, les opérations de vote, en fonction des fuseaux horaires, nous mobilisent du samedi midi au dimanche jusque tard dans la nuit.

    Les bureaux de vote centralisateurs se trouvent dans chaque poste consulaire pourvu d’une liste électorale consulaire. A l’issue du scrutin, ils remontent les résultats agrégés par circonscription consulaire à la DFAE qui les transmet ensuite au ministère de l’Intérieur.

    Lesfrancais.press : Comment se passe la récupération des urnes à destination de la France ? Dans quel temps ? A quoi cela sert-il ?

    Frédérique MORCILLO : Les urnes restent dans chaque pays. Chaque bureau de vote centralisateur transmet informatiquement, à l’issue des scrutins, à l’administration centrale à Paris ses résultats et ses procès-verbaux via une application informatique dédiée, cela permet une centralisation des résultats et des procès-verbaux, puis une transmission de ces documents au conseil constitutionnel. Dans un second temps, les originaux des procès-verbaux sont envoyés depuis les postes à l’administration centrale.